L'Australie déclare la guerre du vin au Canada

«Canada wine war launched»
Tel est le titre de la première page du 17 janvier du quotidien australien The Australian.

Le gouvernement australien accuse le Canada et ses provinces d'avoir des pratiques commerciales discriminatoires envers les vins des autres pays et de favoriser indument les vins canadiens au détriment des vins de l'Australie.

L'Australie a déposé une plainte formelle à ce sujet auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le journal The Australian cite le ministre du Commerce de l'Australie Steve Ciobo qui dit que "L'Australie a demandé des consultations formelles à l'OMC sur les mesures discriminatoires à l'encontre des importations australiennes de vin que nous considérons comme manifestement incompatibles avec les engagements pris par le Canada dans le cadre de l'OMC. Les mesures incompatibles du Canada comprennent des taxes supplémentaires, des frais et des majorations sur le vin importé, des canaux de distribution distincts réservés au vin canadien et limitant la vente de vin importé dans les épiceries».

De plus, le directeur général de l'association des producteurs de vin de l'Australie, Tony Battaglene, déclare que les restrictions imposées par le Canada ont une incidence sur les exportations australiennes.

«Les provinces canadiennes ont adopté des mesures non tarifaires qui favorisent les vins produits locaux.»
M. Battaglene ajoute qu'il y a des problèmes depuis longtemps sur l'égalité d'accès au marché canadien, mais que le niveau de protection a encore augmenté au cours des deux dernières années.

Ainsi, pendant que le Canada proteste contre des pratiques commerciales déloyales des États-Unis, d'autres pays protestent contre les pratiques commerciales déloyales du Canada.

C'est ainsi le cas de l'Australie qui proteste contre les pratiques commerciales discriminatoires du Canada dans le domaine du vin.

En octobre dernier, les États-Unis ont fait les mêmes plaintes particulièrement contre la Colombie-Britannique accusée de favoriser les vins de cette province.

Devant ces plaintes, le gouvernement fédéral a répondu, selon la CBC, que les règles de la distribution et de la vente de l'alcool relèvent des provinces.

Les gouvernements de Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Québec ont adopté l'an dernier des lois et des règlements qui favorisent les vins locaux au détriment des vins étrangers dans les épiceries.

Selon les règles de l'OMC, le Canada a 60 jours pour régler ce différend avec l'Australie. Par après, l'Australie pourrait demander à l'OMC de forcer le Canada à modifier ses lois. L'Australie pourrait aussi adopter des mesures de rétorsion et imposer des sanctions commerciales au Canada.

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Canada wine war launched through WTO, The Australian
Australia complains to WTO about Canadian rules on selling wine, CBC

Forte hausse de la production de vin au Canada

La production de vin au Canada a été multipliée par 5 de 2003 à 2016.

C'est une hausse de 531 %.

En 2003, le Canada produisait 251,000 hectolitres de vin. En 2016, c'est 1 585 000 hectolitres de vin qui sortent des vignes du pays. Ce qui est l'équivalent de 210 805 000 de bouteilles de 750 millilitres.

La croissance de la production au pays s'est surtout fait sentir à partir de 2013 où elle a doublé en un an selon les chiffres colligés par le Il Corriere vinicolo.

Ce 1,5 million d'hectolitres place le Canada à la 19e place des pays producteurs de vin juste après l'Autriche et la Grèce.

Ce 1,5 million est toute de même encore bien loin des 43, 45 et 52 millions d'hectolitres de vin de l'Espagne, de la France et de l'Italie.

La production mondiale de vin est relativement stable dans le monde. Elle oscille entre 256 millions et 296 millions au cours des 14 dernières années.

Elle était de 264 millions d'hectolitres en 2003 et 271 millions en 2016.

Les 4 principaux pays producteurs (Italie, France, Espagne et États-Unis) produisent 70 % de ce vin; soit 189 des 271 millions de litres.

Consommation
Le Canada produit maintenant 28 % de sa consommation. En effet, la consommation de vin au Canada est passée de 3 millions d'hectolitres en 2002 à 5,7 millions d'hectolitres en 2016. Soir une hausse de la consommation de vin de 4,3 %.

Les Canadiens préfèrent les rouges.  C'est 3,1 millions hl en rouge; 2 millions en blanc et un peu de  rosé 158 000 hl. Pour le mousseux, c'est 182 000 hectolitres.

Les vins canadiens se vendent très peu au Québec. Sur les 8500 vins au répertoire de la SAQ, il y a 270 du Canada (y compris 114 du Québec).

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Source : Vino in Cifre, Unione Italiana Vini.

Chinon, Thélème 2012

Un beau cabernet franc de la Loire.
C'est riche, ample, ferme, charnu sur de très beaux tanins.
C'est velouté et d'un beau granulé.
Les aromes sont fins sur les fruits rouges et une légère note terreuse typique du cabernet franc de la Loire.
Un vin jeune de bon caractère.
Pour 3-5 ans de cave.
Producteur: Alain Lorieux.
Alc. 12,5 %. Sucre 1,5 %.
Commenté aussi en avril dernier.
En ligne (6) et dans 35 magasins.

3 étoiles
Prix: 
26,45 $

Ras le bouchon de liège !

Le bouchon de liège est le pire ennemi du vin et ce problème est loin d'être réglé.
Il y a quelquefois des coups de gueule, des protestations contre l'usage de ce morceau d'écorce d'arbre pour boucher le vin. C'est un produit non consistant et qui a de nombreux défauts.

Toutefois, le conservatisme des producteurs, vendeurs et même de certains consommateurs fait en sorte que de belles quilles sont encore bouchées avec ce vilain petit morceau de liège.

De temps en temps, le sujet refait surface dans l'actualité. Cette semaine, c'est la gang des Cinq du vin qui repart à la charge contre le vilain cylindre.

«Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !» titre le journaliste David Cobbold. «Je ne peux m’empêcher de pousser un nouveau coup de gueule contre ces abominables petits morceaux de liège qui abiment tant des bonnes...»

«Il est grand temps de tourner la page du bouchon de liège massif ...évitons de continuer à le laisser en contact avec nos vins.»

À lire, ainsi que les dizaines de commentaires. «Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !»

COMPRENDRE LE VIN

Le vin: le comprendre; le connaître; le déguster; le servir: le conserver; ses défauts; ses finances; son marché et la santé...

La notion d'équilibre dans le vin; le goût sucré des vins secs; l'importance du pH; le goût de bouchon; le bio; les sulfites; le vocabulaire du vin; la recherche du vin en succursale; le vin et la santé...

Connaître et comprendre le vin, c'est un processus progressif et continu. Chaque jour sa peine, comme on dit! Nous en apprenons tous les jours!

Voici une série de textes publiés dans vinquebec.com et regroupés par thèmes afin de vous aider à mettre à jour vos connaissances sur ce merveilleux monde du vin.

Il y a ici des articles pour tous les goûts et tous les niveaux. Prenez votre temps. Lisez-les un par jour ou tous à la suite ou dans le désordre... comme vous voulez... en dégustant un bon vin.

La dégustation
Connaissance du vin
Le marché du vin au Québec
Le service et la conservation du vin
Défauts et qualités
Santé
Finances (L'argent du vin)
Comprendre la SAQ
Bio
La vigne
Les régions du vin
Autres

 

Ces listes d'articles sont mise à jour régulièrement.


Avis de Vin Fort 2016

Un vin très pâle à l'étiquette indiquant «Avis de vin fort» ! C'est contradictoire. En demandant au conseiller de la SAQ si ce vin était bon, il me répondit qu'il craignait beaucoup les retours, car il y a de gros dépôts très apparents au fond de cette bouteille de vin rouge translucide.

C'est un vin très léger. On ne perçoit pas du tout les tanins. C'est sur les petits fruits légèrement acidulés, le jello fin et une note d'épice. C'est délicat, rafraichissant, mais tout de même rassasiant. Une belle découverte! C'est fait de cabernet franc. Je ne reconnais pas du tout ce cépage dans ce vin. L'étiquette indique «clairet», c'est en effet très clairet, comme on essayait de faire les vins rouges autrefois.
Servir frais à 12 degrés.
Vendanges manuelles. Alc. 12,5 %. Sucre <1,2 g/l.
«Fermentation alcoolique puis fermentation malolactique en levures et bactéries naturelles en cuve bois grenier.»
Une production de Catherine et Pierre Breton. Appellation Bourgueil.
Dans 30 magasins.

3 étoiles
Prix: 
26,25 $

Marie de Beauregard, Chinon 2016

De très beaux aromes de fruits noirs sur une fine note terreuse typique des cabernet franc de la Loire.
Bouche fine et ample. Tanins élégants.
Un vin charmant, délicieux et raffiné.
Jolie longue finale sur les fruits fins.
Alc. 12,5 %. Sucre 1,6 g/l.
De la maison Saget qui possède 840 hectares en Loire.
En ligne (13) et dans 37 magasins.

3 étoiles
Prix: 
21,10 $

Cami Salié, Juranson sec 2015

Le vin est jaune. Il est très aromatique. Fruits exotiques et surtout du miel.
La texture est d'une belle viscosité. C'est ample, savoureux et les saveurs de miel reviennent en bouche. Le vin est sec, agréable. La finale est longue, miellée et laisse une belle bouche.
Un vin de caractère.
Cépages gros et petit manseng vendangés à la main en octobre.
Producteur Lionel Osmin
Un bel apéritif, bon aussi avec les riz, les fromages...
Sucre 2,2 g/l. Alc. 14 %.
En ligne (14) et dans 32 magasins.

3 étoiles
Prix: 
25,30 $

Doudet-Naudin, Pinot noir 2016

Très belle attaque sur le fruit et les épices.
Délicieux. Tanins fins. Belle texture souple, juteuse et assez généreuse.
Des saveurs de gelée de fruits.
Très belle finale fruitée.
Plaira à ceux qui n'aiment pas les pinots trop acidulés.
Suprenant de qualité pour le prix.
Servir à 14-15 degrés.
Pinot noir en vendanges manuelles. Vallée de l'Aude (Carcassonne, Narbonne).
Capsule à vis.
Vin de France.
Alc. 12,5 %. Sucre 6,4 g/l.
Dans 125 magasins.

3 étoiles
Prix: 
15,10 $

Comment les minéraux entrent dans le vin

On entend beaucoup parler de la minéralité des vins. Mais comment ces minéraux du sol peuvent-ils entrer dans la vigne, dans le raisin puis se retrouver dans le vin?

Les minéraux sont insolubles donc non assimilables par les racines des vignes. Ce sont les microbes qui modifient ces minéraux afin de les rendre solubles dans l'eau et ainsi assimilables par les racines de la vigne.

C'est ce qu'affirme l'agronome Claude Bourguignon, éminent spécialiste des sols de la vigne.

Il a fait une présentation de ses dernières découvertes sur ce sujet à la 15e matinée des oenologues de Bordeaux en avril dernier.

Voici ce qu'il y a dit.

Quel est le rôle du sol dans la dégustation des vins?
Le lien entre le gout du vin et le lieu se situe à deux niveaux.

  • Au niveau de la nutrition de la vigne.
  • Au niveau du toucher en bouche qui permet de ressentir la texture du sol.
Les sols argileux donnent toujours un côté collant au vin. On a l'impression que ça colle entre le palais et la langue.
Les sols sableux donnent toujours un côté pétillant. On a l'impression que ça sautille entre la langue et le palais.
Et les limons vous donnent toujours un côté poudreux, parfois même poudre de chocolat.
Par contre, on n'a aucune donnée scientifique sur la faculté qu'a la texture du sol de modifier notre toucher de bouche.

Organique et minérale
Le gout du vin est lié à deux types de molécules: les molécules organiques, les aromes, les tanins, les alcools. Et les molécules minérales. Ces molécules vont interagir entre elles.
Le sodium, le potassium, le magnésium vont modifier votre perception des aromes, des alcools et des tanins.

La vigne se nourrit dans l'atmosphère et dans le sol. En fait, 94 % de la matière sèche provient de l'atmosphère. La vigne va y chercher du carbone, de l'oxygène et de l'hydrogène. C'est une alimentation en quantité, mais pas tellement en qualité. Les deux premiers vont donner le sucre. Les viticulteurs contrôlent cette alimentation par la taille des feuilles de la vigne.

La qualité du vin vient du sol
Le sol ne fournit que 6 % de la matière, mais elle provient de 24 atomes. La qualité vient donc du sol.

Ce sont les enzymes qui synthétisent les molécules aromatiques que nous percevons dans le vin. Il y a des milliers de ces enzymes.

Une plante est incapable de se nourrir dans le sol sans l'aide des microbes.
Car pour qu'un élément soit assimilable par la vigne, il faut qu'il soit soluble dans l'eau.
Les microbes transforment les minéraux du sol en les mettant sous forme anionique (d'ions négatifs).

Par exemple, l'azote est transformé en nitrite, puis en nitrates (NO3-) assimilables par la vigne. C'est aussi le cas pour le soufre transformé en sulfates et pour le phosphore transformé en phosphates.

Tous les autres éléments du sol ne sont pas solubles. Les microbes utilisent pour ces autres éléments la chélation (prononcé kélation). Les microbes vont prendre l'oligoélément — le fer, le sélénium, le zinc, le cobalt — et vont l'attacher à un acide organique. Ce chélate deviendra soluble dans l'eau, comme le nitrate de fer.

Pour cela il faut que le sol soit aéré. Aéré par la faune, par les microbes, par un sol vivant non compacté.

Dans un gramme de sol aéré, on peut trouver des centaines de millions de microbes (champignons, bactéries et autres). Ça donne 2 à 3 tonnes de microbes à l'hectare. Ils ont une énergie biochimique au poids 350 fois supérieur à celle de l'humain. Ainsi 1 kilo de bactéries a autant de force que 350 kilos d'être humain. C'est la plus grosse énergie biochimique de la planète, affirme monsieur Bourguignon.

De plus, la fermentation va accroitre le taux de minéralité dans le vin.
Par exemple, les sols de magnésium de l'Italie vont donner cette amertume commune à beaucoup de vin de ce pays.

Donc, M. Bourguignon explique ainsi comment ces minéraux théoriquement insolubles se retrouvent dans le vin grâce à l'action des microbes. Malheureusement, on tend souvent à remplacer cette force par des engrais. Engrais qui vont interférer entre les microbes et les racines de la vigne.

Une présentation étonnante que je vous invite à visionner ici.

La microflore du sol : une alliée de choix pour la nutrition qualitative de la vigne
15e Matinée des Oenologues de Bordeaux / "Les minéraux, du sol au palais"
, Claude Bourguignon, Vidéo de 15 minutes.
 

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