Éditorial

Bravo Karyne Duplessis Piché

Le monde du journalisme vin était assoupi au rythme du petit ronron habituel ponctué seulement de chroniques vins hebdomadaires louangeuses.

Tout d'un coup: le tonnerre. Une jeune journaliste du quotidien La Presse nous révèle que les dirigeants de la Société d'État des alcools du Québec ont menti de façon répétée aux consommateurs.

Dans un article publié dans le site internet de La Presse, mais non encore dans l'édition papier, Mme Duplessis Piché écrit que «la Société des alcools du Québec (SAQ) prétend depuis deux ans ne pas avoir payé pour les dégustations du critique américain James Suckling, qu'elle utilise dans l'une de ses campagnes de promotion. Or, contrairement à ce qu'elle avance, elle a payé près de 24 000$ pour les services de cet ancien chroniqueur du Wine Spectator

La plupart des chroniqueurs se doutaient bien que la SAQ et M. Suckling mentaient. Cependant, c'est la plus jeune d'entre nous qui a osé et fait les efforts nécessaires pour faire éclater la vérité. Elle et son journal ont utilisé la Loi d'accès à l'information pour obliger les dirigeants de la société d'État, nos fonctionnaires, à nous dire la vérité, à cesser de nous mentir dans cette affaire.

Bravo Mme Duplessis Piché, bravo Karyne!

Bravo aussi aux patrons de La Presse qui semblent avoir appuyé et fait confiance à leur recrue.

C'est d'autant plus méritoire que la SAQ est le seul commanditaire de la section vin du site internet de La Presse. (Il y a là une anomalie qu'il faudrait corriger. Les lecteurs de la rubrique achètent aussi d'autres produits.)

Comme dirait M. James Suckling «I am 100 points on that!»

Confusion dans le monde du vin au Québec

Peut-on à la fois vendre du vin et être critique de vin?
Peut-on être payé par un vendeur de vin pour critiquer les vins qu'il vend?

Que penserions-nous d'un journaliste financier qui vendrait aussi des actions, d'un chroniqueur automobile vendeur d'auto, d'un critique de restaurant qui possèderait des restaurants...?

On qualifie cela de mélange des genres et de conflit d'intérêts. On fait deux métiers contradictoires. D'un côté on vend un produit et de l'autre on commente les produits des concurrents.

Le monde des chroniqueurs de vin est en ébullition au Québec. Le mélange des genres est en pleine progression depuis deux ans. Des critiques de vin font de la publicité et des publicitaires font des critiques de vins.

Des compagnies, des magazines, des médias embauchent des publicitaires du vin pour faire des chroniques sur le vin.

Il y a nette confusion entre information sur le vin et publicité sur le vin; entre critique de vin et promotion de vin.

Voici quelques éléments qui nous portent à réfléchir sur le travail de la critique vinicole.

Premièrement, le scandale de l'affaire James Suckling. Karyne Duplessis Piché du journal La Presse nous apprend que l'ancien critique de vin du Wine Spectator a été payé par la Société des Alcools du Québec pour commenter des vins vendus par cette même société. Après avoir nié, la SAQ reconnait finalement lui avoir donné 24 000 $. Il y a ici confusion entre critique et promotion.

Deuxièment, nous apprenons que le Guide de vin Phaneuf aura de nouveaux collaborateurs. Toutefois, l'on sait que ces personnes font la promotion de certains vins au Québec. Comment vont-ils parler de leurs concurrents dans le guide? Y a-t-il confusion possible ou apparence de conflit d'intérêts?

Troisièmement, un magazine féminin convie demain tout le monde du vin au Québec à participer à une dégustation virtuelle sur le web intitulée L'art de l'accord vins et fromages. C'est mené par une agente de promotion de vin. En regardant la liste des vins, nous constatons qu'ils sont tous de la même région! Donc, une opération commerciale financée par des marchands de vin de cette région.

Finalement, le plus étonnant c'est cette vidéo du critique de vin d'un hebdomadaire et magazine vin intitulée «Les Grands Arrivages – Un nouveau concept de vin exclusif à IGA». Il y a là confusion entre publicité et critique de vin.

Dans tous les cas, il faudrait que les médias identifient clairement ce qui est de la publicité et ce qui est de l'information.

Peut-on à la fois vendre du vin ou être payé par des vendeurs de vin et chroniquer librement sur le vin sans apparence de conflit d'intérêts?

Je me rends bien compte qu'il est difficile de gagner sa vie en étant uniquement chroniqueur de vin.

Cela dit, je crois que les métiers de chroniqueur de vin et de publicitaire sont deux métiers aux objectifs opposés et qui doivent donc être faits par des personnes différentes. 

L'arrogant Mas

Notre ami Mathieu Turbide nous apprend sur son blogue Les méchants raisins que les Arrogant Frog ne seront plus vendus au Québec!

«On ne peut pas expliquer qu’on fait un million de cols (de bouteilles) en Australie, quasiment la même chose en Hollande, et que ça ne marche pas au Québec… C’est pas possible», dit le fabricant de ces vins M. Jean-Claude Mas.

La pente est difficile à monter!

Je me suis étouffé deux ou trois fois à la lecture de ce texte!

Et ça continue, M. Mas dit qu'il n'est pas question de modifier son vin pour qu'il soit au goût du Québec. Comme si ce n'était pas déjà un vin modifié au goût du Nouveau Monde!

M. Mas dit ne pas comprendre que son vin ne plaise pas aux consommateurs du Québec. En fait M. Mas ne comprend pas le Québec, tout court.

Bien sûr au Québec, une bonne partie des consommateurs aiment le vin du Nouveau Monde, peu acide, fruité sucré, souple et généreux, mais ils l'achètent au Nouveau Monde. C'est peut-être le côté imitation NM que les Québécois n'ont pas aimé.

Lorsque le Québécois achète du vin français, il s'attend à un certain style. Il n'aime pas les imitations. Alors pourquoi achèterions-nous un vin français qui tente d'imiter un vin américain ou australien en se donnant un nom anglais visiblement destiné au marché américain?

Il y a tellement de vin du Nouveau Monde sur notre marché, pourquoi des Français essayeraient, de nous inonder d'hectolitres d'imitation de style qui n'est pas le leur? Il y a beaucoup de ces vins Coca-Cola. Le marché en est saturé.

Monsieur Mas, si nous voulons du vin du Nouveau Monde, nous savons où le trouver. Vendez votre vin du Languedoc Nouveau Monde en Australie ou en Hollande, sinon vendez-le en vrac à la Chine qui nous le refilera au Costco sous l'étiquette No 101.

M. Mas présente au Québec d'autres vins dont les Vignes de Nicole et le Clos des Mûres.
Les Domaines Paul Mas c'est 320 hectares en propriété et 800 hectares sous contrat.

 Supplément: Jean-Claude Mas explique son vin dans cette vidéo Le Luxe rural (7 min 35); et interrogé par Jacques Orhon (vidéo 6 min 12)

Bouchon de farine de liège

Il y aurait «plus de 150 molécules polluantes naturellement présentes dans le liège, dont la redoutable TCA (Trichloroanisole)». C'est ce que nous dit Philippe Maurange dans un article de la Revue du vin de France de décembre 2011.

Intitulé Le bouchon en liège sans goût de bouchon! L'article nous décrit la fabrication du bouchon de liège de marque DIAM en Espagne. «La phase de fabrication primordiale reste le traitement de la farine de liège au "CO2 super critique"» Ce serait le même procédé utilisé aujourd'hui pour décaféiner le café, nous dit M. Maurange.

D'après mes recherches sommaires, supercritique voudrait dire ici chauffer au-delà de sa température critique. Ce qui serait 31 ºC pour le CO2. (www.actu-environnement.com)

L'article de la RVF nous dit que l'écorce de liège est séchée plusieurs mois, puis gonflée à l'eau bouillante «sa structure en nid d'abeille se dilate, ce qui amplifie son élasticité, qualité essentielle d'un bon bouchon.» Puis «le liège est ensuite broyé, puis transformé en farine.» Bonjour abeille et élasticité!

Dans l'article, on montre une photo d'un appareil avec cette vignette «Le coeur de l'innovation technologique Diam : cette machine impulse (sic) le procédé "CO2 supercritique"». Puis, plus loin, on lit que «600 fois par semaine, les laboratoires du groupe analysent les lots de bouchons afin de s'assurer de la non-présence de TCA, la molécule à l'origine du goût de bouchon».

Surprise supercritique: il pourrait y avoir encore un goût de bouchon!

Cette farine de liège est «assemblée à un liant» qui n'est pas nommé! De la colle? «Et à des microsphères alimentaires», précise-t-on. Alimentaires? Quel aliment? Pour qui et pour quoi? C'est non précisé! De la bouillie pour les chats, peut-être?

À la fin de ce reportage superpeucritique coiffé d'un surtitre Magazine Portofolio on se demande pourquoi on n'a pas écrit Publireportage en petits caractères au bas des quatre pages, dont deux de photos.

Enfarinés nous sommes, pauvres consommateurs un peu critiques!

Allez donc comprendre ces gens qui font du vin dans des contenants de métal, cuves d'inox, les embouteillent dans du verre, mais ne veulent pas de bouchon de métal ni de verre!

À quand les bouchons de farine de bois, de farine de verre, de farine de métal? 

Les terroristes des accords mets et vins et des publireportages

On nous annonce le lancement d'une nouvelle revue «un nouveau magazine unique sur l'art de marier les vins et les mets» à l'intention des Québécois!

Ma première réaction: est-ce que cela ne commence pas à ressembler à du harcèlement?
Est-ce qu'on en est rendu à terroriser les Québécois avec ces supposées règles, lois et règlements sur les accords mets et vins?
Est-ce qu'on ne se complique pas la vie pour rien?
Sommes-nous un peu masochistes?

Bon, c'est un peu à fleur de peau. Ma réaction est un peu trop émotive, vous allez me dire!

Sur la couverture: deux gros titres. Les accords mets et vin pour tous et Découvrir l'Autriche gourmande et vinicole.

Je feuillette la revue avant de commencer à la lire. Du bon monde, du monde que je connais. Beaucoup de pub. Puis j'arrive à l'article principal Les accords mets et vins: des bases faciles à maîtriser. Je vais vite au paragraphe qui parle des tanins (car je viens de faire une recherche sur ce sujet). Je lis ceci «... les tanins des rouges corsés ayant séjourné en barrique, comme la plupart des vins californiens et des chiliens, ceux du sud des Côtes du Rhône à base de cabernet sauvignon...»

Est-ce que les vins chiliens sont tanniques? Est-ce que vous en buvez souvent des vins du Rhône à base de cabernet sauvignon?

Je passe à l'article suivant L'ABC de la dégustation. On nous dit que le sucré se détecte sur le bout de la langue et l'acidité sur le côté de la langue! Ça fait 20 ans que l'on sait que ce n'est pas vrai. Il n'y a pas de zones de la langue réservées à des saveurs particulières. C'est un mythe dû à une erreur de traduction. Puis une vérité «quand le vin est liquoreux, il est très sucré.» 

Puis, je passe quelques pages de publicité pour aller à l'autre article titre L'Autriche vinicole:un bijou à déguster. On nous dit que le vignoble autrichien est le plus méconnu d'Europe, mais qu'il gagne des médailles «dans toutes les compétitions internationales». Puis je vois en bas de cette page, en tout petits caractères: PUBLIREPORTAGE.

Ah! Bien là, ça commence à faire! J'abandonne cette pub de quatre pages et je tourne à Découverte. Trois recettes, jolies photos et trois vins et Explication de l'ACCORD VIN. Mais en bas des trois pages, encore PUBLIREPORTAGE. 

J'arrête là. Je ne me rends même pas à l'article ou on me promet que je vais découvrir les préférences de Françis Reddy.

Le vin du Canada est en train de perdre son marché

Les médias canadiens ont fait grand état la semaine dernière de la baisse des parts de marché des vins canadiens.

Dans une publication des plus confuses de BMO ont dit que les vins du Canada perdent des parts de marché au pays en plus d'avoir de la difficulté à s'exporter.

On prétend que ce serait la faute du huard. Les Américains et les Chinois, les principaux clients, auraient donc réduit leurs achats de vins du Canada.

Réglons tout de suite le cas des exportations, essentiellement des vins de glace. La mode du vin de glace s'atténue, les prix montent et la contrefaçon fait perdre confiance.

Pour ce qui est de la consommation intérieure, on dit que la production de vin canadien a augmenté, mais que ses parts de marché ont diminué.

Qu'est-ce que du vin canadien? C'est une notion assez confuse. Les statistiques englobent souvent les vins embouteillés au Canada dans la catégorie des vins canadiens. Ainsi un DOCG Chianti vendu dans les supermarchés IGA est comptabilisé dans la colonne des vins canadiens!

En fait, c'est tout comme l'huile d'olive italienne qui est produite en grande majorité en Espagne et en Grèce, mais embouteillée en Italie et donc «légalement» déclarée «produit d'Italie».

Mais concentrons-nous sur les vins réellement faits au Canada. (Quoique plusieurs contiennent aussi du jus provenant de l'étranger.)  Les viticulteurs canadiens voudraient bien en produire plus et surtout vendre plus. Mais comment faire?

Dans le reste du Canada, dans le ROC, hors Québec, le sentiment national peut jouer et inciter les consommateurs à acheter local. Mais au Québec, ce sentiment joue peu ou pas du tout. On est ici sur un marché du vin très sophistiqué. Les Québécois ont une culture du vin très développée qui s'est formée progressivement au cours des 20 dernières années. Le Québécois s'est habitué à goûter du bon vin fait en France, puis en Italie et maintenant un peu dans les pays du Nouveau Monde.

Des exportateurs réussissent à faire du vin de grande qualité qu'on nous vend à 18 $, 12 $ et même 8 $. Ces maisons bien approvisionnées en raisins de qualité achetés à bas prix produisent des centaines de milliers voire des millions de bouteilles.

Que peuvent faire les petits producteurs locaux pour les concurrencer? Qu'est ce qu'on produit au Canada? En Colombie-Britannique c'est trop souvent des vins alcooleux et hyperboisés; en Ontario, des vins acres au goût de levure et au Québec des vins acerbes. Des vins d'entrée de gamme qu'on essaie de vendre à plus de 12 dollars (9 €).

Face à des Finca Flichman, Fuzion, Cazal-Viel, Vila Regia, Seteniter, Pater, Lagrézette, Ruffino, C'est la Vie et autres, les vins canadiens font piètre figure et font faire des grimaces.

De toute manière, la plupart des bons vins canadiens ne sont disponibles qu'aux domaines!  Il faut aller les acheter sur place. Ceux-là, produits en petites quantités, se vendent bien.

Mais alors que faire pour accroitre ses parts de marché? La solution n'est sûrement pas de tenter de faire des vins californiens en Colombie-Britannique, des vins du Nouveau Monde en Ontario ou des vins sucrés au Québec. Le Canada étant un pays froid, il peut mieux réussir ses vins blancs. Je crois que l'avenir du vin canadien, sauf rares exceptions, est en blanc. Blanc comme neige! Mais ce ne sera pas facile, le blanc n'étant pas à la mode.

Au Québec, la production est microscopique et le restera. L'avenir est à la microproduction vendue sur place accouplée à l'oenotourisme. Toutefois, je crois qu'on devrait aussi se lancer dans la production de mousseux. Notre climat n'est-il pas plus près de celui de la Champagne que de celui du Languedoc? Les raisins ici sont très acides et manquent de sucre. Alors pourquoi ne pas tenter sa chance du côté des pétillants?

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(1) The Canadian Wine Industry: A Summary View (PDF)
(2) Presse anglophone
(3) Presse francophone
(4) Reportage de l'émission Classe économique, Radio-Canada.

Des critiques qui critiquent!

Texte modifié le 21 mai 2015

Quel est le rôle d'un critique?
   De critiquer, me direz-vous.

Mais pourquoi tant de critiques de vin critiquent si peu, certains même jamais?
  Pas de place pour critiquer, on ne parle que de ce qui est bon, nous répond-on!

Critiquer c'est mettre en relief les qualités et les défauts, nous dit Antidote.
Lorsqu'on ne parle que des qualités ou de ce qui est beau et bon, ce n'est pas de la critique, mais de la louange.

Des sommeliers, des amateurs de vin nous reprochent de dire quelquefois qu'un vin est mauvais, bouchonné ou défectueux. Ils préfèrent qu'on retourne la bouteille et qu'on se taise.

Le rôle du sommelier est de vendre du vin; celui du journaliste est tout autre. Il doit décrire la réalité, décrire ce qu'il constate.

Pour informer, il faut dire le beau et le moins beau, n'est-ce pas?

Que dirait-on des critiques de cinéma, de théâtre, de restaurants, de livre, d'auto, de sport qui ne parleraient que des bons films, des bons restos, des bonnes pièces de théâtre?

La critique est requise de servir quatre maîtres différents, qui tous veulent lui imposer ses règles. Alors que sa raison d’être est ailleurs.» (Tiré de À quoi sert la critique de cinéma)

Dans le monde du vin, est-ce que tout est beau et bon?
Un vin est bon, on le dit, on le vante. Le millésime suivant est médiocre, on n'en dit mot.
Un nouveau vin est lancé sur le marché, il est bon, on le dit. L'année suivante, on met de la bibine derrière la même étiquette, alors silence!

C'est donc la vie en rose. On a des lunettes roses. C'est Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Allélouia!

Dire du bien d'un vin c'est facile, en dire du mal, c'est plus difficile. (Un vigneron du Québec m'a déjà dit ne jamais m'approcher à moins d'un kilomètre de son vignoble!)

On critique tellement peu dans le monde du vin que lorsqu'on lit quelqu'un qui critique, on est tout surpris, alors que ça devrait être la règle. (Exemple Rosons le rosé).

Pourtant, on ne doit pas avoir peur de critiquer. Car, l'on sait très bien que le critique n'est pas infaillible. «C'est plus la diversité des opinions que nos vaines tentatives personnelles d'atteindre l'objectivité parfaite, qui peut aboutir à une forme d'objectivité», dit Hervé Lalau.  

On comprend que dans les revues de vin, on ne peut pas critiquer, car elles sont financées par des compagnies de vin qui noyautent leur espace publicitaire. Mais pourquoi si peu de critiques dans les journaux, à la radio, à la télévision et sur internet? De quoi a-t-on peur?

On lit très peu de critiques de vin, on lit surtout des louanges. Sommes-nous des critiques de vin ou des louangeurs de vin?
Est-ce le règne de la facilité?

On comprend que les sommeliers lorsqu'ils s'improvisent chroniqueurs louangent les vins. Ils ont été formés ainsi. «Le but d’un sommelier est de faire plaisir au client», dit le maître sommelier Gérard Basset. Mais les autres, les journalistes, pseudojournalistes et chroniqueurs vinicoles, pourquoi ne disent-ils toujours que du bien de tous les vins?

À croire que les mauvais vins n'existent pas, qu'il n'y a pas de vins bouchonnés, jamais de vins trop boisés, trop verts, trop acides, trop doucoureux, trop amers...

Pourtant, dans la réalité, on en voit, même beaucoup trop. 

Certains disent qu'il ne faut pas nommer les vins bouchonnés parce que ce n'est pas la faute du vigneron! Mais qui donc choisit et met le bouchon?

Le critique doit renseigner et non pas faire la promotion.
Une première bouteille est bouchonnée, on la retourne et on décrit la deuxième bouteille sans mentionner que la première était bouchonnée. Ce n'est pas dire toute la vérité.

Si un vin est bouchonné, oxydé ou a tout autre défectuosité, il faut le dire. Ainsi, on averti le consommateur qu'il peut tomber lui aussi sur une telle bouteille; et si le producteur est à l'écoute, il pourra acheter de meilleurs bouchons.

Pourquoi est-ce si difficile de dire la réalité?

Terminons sur une citation tirée du monde de la critique culturelle:

Le discours critique contemporain contient typiquement des éléments de trois natures : descriptifs, analytiques (fournissant un contexte interprétatif pour comprendre l’œuvre) et évaluatifs (sous la forme de jugements positifs ou négatifs). Cette dernière dimension invite le lecteur à cultiver une relation affective avec le journaliste-critique (par opposition au journaliste-reporter), impliquant la confiance, au risque bien sûr de l’antipathie.» (Le rôle de la critique de presse dans le champ de l’industrie culturelle)

Lire aussi De mauvais vins, mars 2012;  Toutes les critiques sont positives, mars 2014; Métier critique, livre de Catherine Voyer-Léger, Éditions Septentrion, 2015 et Un critique qui ose critiquer, 2016 

Des chroniqueurs vin qui disent la réalité: un acte politique!

Les journalistes du vin sont souvent bien frileux. Ils préfèrent vendre du rêve que de la réalité. Plusieurs refusent de faire face au monde d'aujourd'hui, préférant rester coincés dans les mythes du passé.

Ils résistent, ne veulent pas voir les changements, les désirs, les craintes et les besoins des consommateurs, leurs lecteurs.

Puis, un bon jour, ils se réveillent.

Les journalistes vin du San Francisco Chronicle et de Decanter vont finalement afficher les taux d'alcool des vins qu'ils commentent.

L'éditeur du San Francisco Chronicle dit «nous avons résisté à indiquer régulièrement le taux d'alcool parce que l'acte d'introduire l'alcool dans la discussion d'un vin est en soi politique.»

Le rédacteur en chef de Decanter est du même avis «révéler le taux d'alcool risque de peindre un tableau simpliste du vin.»

Ces gens vendent du rêve et non la réalité. Ne dire que ce qui est beau dans le vin finit par ressembler plus à de la propagande qu'à de l'information.

Finalement, ils vont nous dire la vérité, ou une partie de la vérité. Le premier commence cette semaine à mentionner le taux d'alcool dans le vin et la revue britannique le fera dans sa prochaine édition mensuelle.

C'est toujours la même chanson: «un vin à 15 % peut être équilibré!», oui, mais pourquoi cacher l'information? Peur de la vérité, de la réalité, de dévier de l'image idyllique du vin. On nous nomme des odeurs sorties du fin fond de sa propre zone corticale préfrontale, mais on ne veut pas nous dire le simple taux d'alcool.

«Cependant, nous estimons maintenant que ce sujet est devenu tellement important pour le consommateur que nous devons dorénavant fournir l'information aux lecteurs afin qu'ils puissent se faire leur propre opinion de l'importance de la chose», écrit Guy Woodward sur le site de Decanter.

Il ajoute que «ce n'est pas seulement la question de l'impact du volume d'alcool sur le goût du vin, mais c'est aussi la santé qui est en jeux, la capacité de conduire un véhicule et le risque d'intoxication. Si vous voulez apprécier plus d'un vin au dîner, la différence entre un 12 et un 15 % peut être importante.»

Mais est-ce que l'étiquette dit la vérité? Le San Francisco Chronicle a fait vérifier le taux d'alcool indiqué sur plusieurs étiquettes de vins américains, et certains 14 % se sont révélés être des 15 %.

Le consommateur ne veut pas être éduqué!

«Les vins français doivent être moins ésotériques, moins élitistes, plus compréhensibles et le consommateur ne veut pas être éduqué...»

C'est ce que dit FranceAgrimer chargé de la promotion des produits agricoles français à l'étranger.

Ces affirmations seraient le résultat d'une étude sur 11 pays vinicoles qui font la promotion de leurs vins dans neuf pays clés: Allemagne, Belgique, Canada, Chine, États-Unis, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Russie.

Les Français s'inquiètent de voir leurs parts de marché se rétrécir dans ces neuf pays face à la concurrence de l'Italie, de l'Espagne et des pays du Nouveau Monde.

Alors FranceAgrimer dit que «les producteurs de vins français ne peuvent se contenter de vivre sur leur acquis.» Selon Mme Anne Haller «les consommateurs veulent bien boire du vin français mais pour eux ce doit être un service facile, ils ne souhaitent pas faire des efforts, être éduqués.»

Je vais ici donner mon opinion sur les résultats de cette étude. Je veux bien croire que le vin français doit être plus compréhensible, mais je ne peux croire que le consommateur veut moins de vins élitistes et qu'il ne veut pas être éduqué.

Au sujet de l'élitisme, on n'a qu'à observer le succès des grands crus de Bordeaux, de Bourgogne, de Champage — Y a-t-il plus élitiste que ça?  — les buveux d'étiquette sont nombreux et dépensent beaucoup d'argent pour acquérir ces flacons autant au Canada, en Chine qu'aux États-Unis.

Mais là où je suis en complet désaccord, c'est lorsqu'on dit que le consommateur ne veut pas être éduqué. C'est contraire à ce que j'observe du moins ici au Québec. Les gens ont une soif énorme de connaissance. Ils veulent en savoir plus sur le vin, sur tous les aspects du vin et ils disent que le vigneron (l'étiquette) ne leur en dit pas assez. Ils veulent connaître les cépages, les modes de fabrications, l'utilisation du bois, les substances ajoutées, les régions, l'histoire du vin, etc.

Oui, le vin français est concurrencé par les vins italiens et espagnols, mais ce n'est pas parce qu'ils sont plus «compréhensifs», mais tous simplement moins chers et offrent une variété, une originalité.

Pour ce qui est des vins du Nouveau Monde, ils plaisent parce qu'ils sont sur un fruité plus sucré plus accessible aux jeunes. Plusieurs de ces nouveaux consommateurs viendront un bon jour aux vins plus sophistiqués, plus fins de France et d'Italie.

Si j'ai un conseil à donner aux vignerons français, c'est plutôt de faire le contraire de ce que dit FranceAgrimer, c'est d'en dire le plus possible au consommateur, c'est de contribuer à l'éduquer et surtout de faire des vins beaux, bons, pas trop chers et originaux. Finalement, n'essayez pas d'imiter les autres; laissez plutôt les autres continuer de vous imiter.

Moi, je veux être éduqué!

  Les vins français doivent simplifier leur présentation à l'export, AFP

Une note de 90: un jeu puéril?

Noter un vin en lui donnant une note de 90, 92, 97+, 100 points est-ce sérieux, ou un jeu enfantin?

Est-ce qu'un vin peut valoir 92 %?

Vous mangez un spaghetti, ce vin de 92 points bien joufflu, boisé à point et tannique vous semblera un piètre vin auquel vous auriez donné un petit 84.

Par contre, un petit vin un peu sévère, au fruité bien acidulé auquel les critiques américains et canadiens de vin auront donné un 87 vaudra bien plus que le gros 92 pour votre plat de pâtes.

Le lendemain, vous mangez un steak saignant, là le vin tannique montera de 84 à 92 points peut-être.

Oui, mais vous me dites qu'il faut choisir un vin pour impressionner les amis. Alors, il nous faut un 92.
Mais vos amis sont impressionnés par quoi? Les vins au fruité corpulent, au boisé coco?

Ou si vos amis sont moindrement sophistiqués et recherchent plutôt les vins élégants?

Comment alors s'y retrouver?
J'ai souvent constaté après achat que je préférais habituellement les vins cotés 89 aux vins cotés 90 par les chroniqueurs américains et canadiens.

J'ai un petit indice pour vous. En général, ceux qui donnent des notes de 90, préfèrent les vins au fruité sucré: le goût américain, le goût de bébé. Ou bien, ils notent l'intensité. Plus le vin est intense, plus la note sera élevée.

Si vous avez ce type de goût, ou si c'est pour accompagner un plat qui nécessite un gros vin alors ça va. Sinon, méfiez-vous et lisez bien les descriptions qu'ils donnent du vin.

Par contre, si vous n'avez pour seul renseignement qu'un chiffre, soit-il un 90, alors là c'est la loterie, comme ici Vidéo 90+++.

Des résolutions pour 2011

C'est une tradition de prendre des résolutions au début de chaque année.
Alors, j'en propose quelques-unes que je vais tenter de respecter.

  • Boire plus de bons bourgognes, de bons pinots noirs.
  • Commander de la bière au lieu du vin au restaurant afin d'avoir moins l'impression de me faire plumer.
  • Dénicher plus de vins qui contiennent peu de pesticides.
  • Élargir ma palette de vins blancs.
  • Consommer plus de bons millésimes, déjà prêts (ex. 2005 en Piémont et Toscane).
  • Regarnir ma cave qui se vide trop vite.
  • Rester ouvert aux découvertes, positif, en mode «vouloir aimer».
  • Si c'est mauvais, ne pas craindre de le dire.
  • Trouver sept bons vins du Chili et cinq d'Afrique du Sud.

Pas de médailles d'or dans la majorité des catégories au Ottawa Wine Challenge

Jugez de la qualité des vins présentés au Ottawa Wine Challenge.
 Le meilleur cabernet sauvignon : Mission Hill Reserve Cabernet Sauvignon 2008
 Le meilleur rouge :  Yering Station Little Yering Cab/Shiraz/Merlot 2005 Australia
 Le meilleur blanc : Kahurangi Estate Trout Valley Riesling 2008 New Zealand.

Les membres du jury ont dû évaluer 400 vins dans 18 catégories. Ils n'ont pas donné de médailles d'or dans 10 de ces 18 catégories. Donc aucune médaille d'or parmi les Chardonnay, Pinot gris, Pinot noir, Riesling Dry, Riesling off-dry, Merlot, Mousseux, et autres vins du monde!

Un seul européen parmi les médaillés d'or, un italien.
Où sont les belles syrahs du Rhône, les beaux pinots de Bourgogne ou de Nouvelle-Zélande, les malbecs de Cahors, les rieslings d'Alsace, les vins du Piémont, de la Rioja, de la Loire et de Bordeaux?

J'ai fait partie de ce jury à plusieurs reprises dans le passé, mais j'ai abandonné vu la piètre qualité des vins qui y étaient présentés. Ça ne semble pas s'être amélioré.

Je ne dis pas que ces médaillés d'or sont de mauvais vins, mais une médaille d'or veut dire le meilleur de sa catégorie.
«À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire!» (Pierre Corneille)

Voici les médaillés d'or du Ottawa Wine Challenge :

Sauvignon Blanc
      Errazuriz Estate Sauvignon Blanc 2010 Chile Philippe Dandurand Wines Ltd.
      120 Sauvignon Blanc Santa Rita 2009 Chile Mark Anthony Grouop
Cabernet Sauvignon
      Mission Hill Reserve Cabernet Sauvignon 2008 Canada Mark Anthony
Shiraz/Syrah
      Liberty School Syrah 2007 USA - California Noble Estates Wines & Spirits Inc.
      Robertson 2009 South Africa Churchill Cellars
Malbec
      Pascual Toso Malbec Limited Edition 2008 Argentina Eurovintage International
Red Blends
      Castello di Nipozzano Chianti Rufi na Riserva 2007 Italy Lifford Schiralli Agencies
      Yering Station Little Yering Cab/Shiraz/Merlot 2005 Australia Select Wine Merchants
Other white varietals
      Marques de Riscal DO Rueda 2009 Spain Classique Imports
White Blends
      White Conception 2009 Canada Fielding Estate
      Generation Seven White V.Q.A. 2009 Canada Chateau des Charmes

Ce concours est ouvert aux vins disponibles en Ontario. Plus du tiers des médailles ont été données à des vins produits en Ontario, soit 53 sur 149. Le Wine Council of Ontario se félicite de cette belle performance (CNW).

Site du Ottawa Wine Challenge : www.ottawawineandfoodshow.com/wine-challenge.html

LE PRIX DU VIN AU RESTAURANT: UNE MONTÉE DE LAIT

Je lisai un article concernant un restaurant de Montréal, La Montée de lait, sur le site Guide Resto Voir, où on fait l'éloge de ce bistrot tout en regrettant toutefois que le prix des vins soit très élevé.

L'article est suivi des commentaires d'un consommateur qui écrit «La carte des vins (...) avec la plupart des bouteilles dépassant les 100 $ chacune nous a découragées. Nous nous sommes rabattus sur une étiquette privée (L'Engoulevent, un Saint-Chinian) à 61 $ (plus taxes et service!) (...) Mais comment comparer? Quel multiple ont-ils utilisé pour établir le prix? Une fois et demie, deux fois, deux fois et demie le prix établi par la SAQ?»

Oui, deux fois et demie! Vérifications faites, ce vin L'Engoulevent de Yannick Pelletier, se vend 24,63 $ en importation privée auprès de l'agence Les Flavones.

Donc, un bénéfice de 36 dollars sur cette bouteille de 24 $!

Le restaurateur achète une bouteille le mardi et la vend 61 $ le samedi qui suit. Est-ce qu’ouvrir la bouteille, verser deux verres et placer la bouteille sur la table vaut vraiment les 36 $ plus service, donc 42 $? Si la bouteille est conservée en cave cinq ans ou dix, on pourrait demander un prix élevé. Mais ici, il n'y a pas de plus value.

Il y a abus! Un bénéfice de 7 à 10 $ serait sûrement une rémunération suffisante pour le restaurateur.

Est-ce qu'il ne serait pas mieux de hausser le prix des plats afin de vendre le vin à un prix honnête?

Est-ce que le consommateur amateur de bon vin va accepter longtemps de se faire plumer ainsi?

Pourquoi les bons vins n'obtiennent pas de médailles d'or?

Vous voulez savoir pourquoi les bons vins n'obtiennent pas de médailles d'or?

Pour avoir un début de réponse, il s'agit de consulter un exemple de fiche de dégustation utilisé dans plusieurs de ces 590 concours de vin qui se déroulent chaque année de par le monde.  (fiche de Vinofed)

On y donne beaucoup de points pour l'intensité aromatique et pour l'intensité du goût. Mais aucun point pour la finesse ni pour l'élégance.

On y attribue un bon nombre de points pour la franchise de l'odorat et la franchise du goût?  Mais qu'est-ce que la franchise du goût? Un vin qui goûte franchement le bois, l'alcool, la confiture? Moi qui aime les vins hypocrites, un peu tordu et complexe!

On y donne aussi beaucoup de points pour la vue (15 %). Un vin industriel très filtré l'emportera sur un vin bio. (Voir la fiche de l'OIV en annexe 3.1 de ce document.)

Un vigneron qui fait un vin fin, racé, peu filtré, peu collé, le plus nature possible, élégant, raffiné, va-t-il le présenter à ces concours?

Parlons-en des médailles d'or et de la franchise. Dans certains concours, on a éliminé la médaille de bronze. Ce qui fait que les moins bons obtiennent la médaille d'argent; les moyens ont la médaille d'or et l'on a créé une médaille grand-or (sic), grande médaille d'or, platine, trophée et autres tromperies.

Alors si vous voyez une médaille d'or sur une bouteille, il s'agit souvent d'une médaille d'argent. Si l'on trompe ainsi le consommateur sur la couleur des médailles, sur quoi d'autre le trompe-t-on aussi?

Un peu plus de franchise justement serait de mise. On dit franc comme l'or, net, sans équivoque.

Honte à la presse du vin de France

Je ne fais pas souvent des éditoriaux, mais ici je ne peux résister.
L'Association de la presse du vin de France vient de remettre au Sénat de ce pays les Grands prix de la presse du vin.

On dit qu'on donne ces prix à ceux qui ont contribué à «promouvoir le vin de qualité».

Étrange! Est-ce que le rôle de la presse est de promouvoir?
Je croyais et crois encore que le rôle de la presse est d'informer.

La promotion ne relève-t-elle pas des agents de relations publiques, du marketing, etc?

Le groupe qui a donné les prix ajoute, tel que rapporté par Claire en France, vouloir «contrer ainsi une désinformation sur les supposés dangers qu'entrainerait une consommation, même modérée, du précieux liquide...»

De plus, cette association donne même un prix citron «aux responsables d'Envoyé spécial (France 2) pour un reportage sur le vin jugé malhonnête, partial, et contribuant ainsi à cette désinformation...»

Pourtant, est-ce que ces gens de France 2, en cherchant la vérité, et non la promotion, ont peut-être été ceux qui ont vraiment fait un travail journalistique.

Dans le site de l'Association de la presse du vin de France ont lit que «L'AFJEV/APV réunit 250 membres adhérents journalistes, chroniqueurs et écrivains du Vin et des Spiritueux, ainsi que 110 membres associés, attachés de presse et chargés de relations publiques.» Le président est Michel Bettane.

Comment voulez-vous avoir confiance en ces gens de la presse du vin de France s'ils font de la promotion au lieu du travail d'information journalistique?

Malheureusement, dans le monde dit de la presse du vin il y a souvent ce genre de confusion entre information et promotion. Ce sont deux choses totalement différentes.

Il y a aussi confusion entre journaliste et chroniqueur. En gros le journaliste recherche et publie les faits, le chroniqueur donne son opinion.

Est-ce que les membres de la presse du vin devraient travailler pour les producteurs ou pour les consommateurs? Qui est notre client? Le projet de code de déontologie des journalistes de France dit bien que le journaliste «refuse toute confusion entre information et promotion ou publicité.» À moins que je me trompe, ce code n'a pas encore été adopté.

«Le rôle essentiel des journalistes est de rapporter fidèlement, d'analyser et de commenter le cas échéant les faits qui permettent à leurs concitoyens de mieux connaître et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.» Guide de déontologie des journalistes du Québec.

À mon humble avis, la presse du vin comme la presse en général ne doit pas chercher à promouvoir les produits des producteurs de vin, mais plutôt viser à informer le lecteur consommateur.
 

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