Grands Vins

Château Montrose 1986

Un vin en pleine forme, solide avec un fruit riche et une texture exemplaire. Un Montrose, un 1986 avec des tannins souples! Une complexité qui fait voyager de la torréfaction au cèdre, à la terre. Un certain caractère minéral en bouche. Le vin n’accuse pas de fatigue. Il n’est pas trop tôt pour le boire mais ce délice, s’il a été bien conservé, saura nous ravir au moins jusqu’en 2010. Ce vin bu six mois plus tôt avait pourtant déjà oublié ses jeunes années. Alors, si vous n’en avez que quelques bouteilles, il vaudrait peut-être mieux jouer de prudence. Cave à 13° C.

4.5 étoiles

Château Ducru-Beaucaillou 1988

Couleur très soutenue avec une frange à peine orangée. Le nez d’abord réservé, presque absent, se métamorphose lentement en… un roc, un pic, un cap, que dis-je une péninsule…enfin quelque chose qu’on ne pourrait enrhumer tout entier… Épices, boîte à cigare, gibier. Un Bordeaux classique. En bouche, le vin offre une matière relativement équilibrée d’une ampleur moyenne; on pourrait souhaiter un peu plus de fruit et un peu moins de tannins. Un vin savoureux, prêt à boire, mais les quelques bouteilles qui vous restent pourraient encore sommeiller quelques années. Cave à 13° C.

4 étoiles

Château Poujeaux 2000, moulis cru bourgeois SAQ

Rouge violacé très foncé. Nez intense, crémeux, notes animale, boisée et café-moka. Toujours solide en bouche avec une bonne acidité, du fruit [cerise], un boisé bien dosé et une note végétale. L’encépagement à Poujeaux est 50 % cabernet sauvignon, 40 % merlot, 5 % cabernet franc et 5 % petit verdot. Le vin passe 12 mois en chêne merrain [50 % neuf]. Cru Bourgeois Exceptionnel au dernier classement [2003], il devrait être un cru classé. Pour la longue garde [à regoûter dans 5-6 ans].

4 étoiles
Prix: 
49,00 $

Château Lascombes 2000 Margaux 2e cru classé

On détecte au premier abord de beaux arômes de vin de Bordeaux. Les notes de champignons sont très marquées. Les tanins sont abondants et de grande qualité. Un bel équilibre. Les saveurs persistent très longtemps. On n'a pas trop forcé sur l'alcool [12,5 %] ce qui est très heureux. Encore là, on voit la marque du millésime 2000 qui a permis de produire des vins formidables à Bordeaux.Cépages : 50 % merlot, 45 % cabernet sauvignon et 5 % petit verdot.

4 étoiles
Prix: 
69,00 $

Pinot noir « Clark & Telephone Vineyard » Santa Barbara County CA, Belle Glos 2002 45

Une autre bouteille de ce superbe pinot noir a fait meilleure impression. On n’y détecte aucun perlant ni piquant, mais une acidité assez mordante. Le vin manque toujours de limpidité [non filtré?], mais moins que la bouteille précédente. Devrait tenir 4-5 ans mais il est magnifique maintenant, très fruité [fraise, griotte], sucré en bouche [14,4% d’alcool] et épicé [poivre]. Les autres commentaires de la dégustation précédente tiennent toujours. Il mérite donc amplement ses .

4 étoiles

Tinto Pesquera Crianza 1989, Ribera del Duero

Il fut un temps où beaucoup d’amateurs qualifiaient Pesquera [jeune] de rare vin espagnol où le fruit l’emporte sur le bois. Le millésime 1989 faisait parti de cette catégorie. Mes notes indiquent qu’en 1999, il était encore beaucoup trop jeune [tannique]. Il n'a commencé à s’affiner qu'à partir de 2003. Il est maintenant à son apogée avec une teinte relativement intense [pour son âge] et une frange brique. Le nez est très intense et très complexe, bien mature, avec des arômes de cuir, de noix, de noyau, d’herbes [estragon frais] et de bois grillé et vanillé. La bouche aussi a bien évolué. Le vin est délicat, plus fin que gros avec une bonne acidité qui maintient l’équilibre et la vivacité. Il offre une impression sucrée sans être alcooleux. Les arômes brûlés reviennent en finale. Un rêve de caviste, surtout que ça coûtait à peine 20 $ à l’époque. Sublime !

4.5 étoiles

Porto Warre’s 1985 (Demi-bouteille)

Dégusté le 22 juin 2005
La plus vieille maison britannique de porto fait partie de l’écurie Symington [Dow, Graham, Quinta de Vesuvio…]. Certaines années comme 1985 et plus récemment 2000, la qualité de Warres rejoint celle des maisons les plus célèbres. Dans ce 85, on note d’abord une superbe couleur aux pigments ocre et rosés. Puis le nez s’égare dans un kaléidoscope de parfums : Chocolat, cerises, tabac blond, girofle, raisins de Corinthe, caramel et d’autres encore! La bouche n'offre rien de moins qu’une définition de la suavité c’est-à-dire la douceur, la grâce, et l’harmonie sauf, peut-être, pour une très légère exhalaison d’alcool. Pas d’urgence pour jouir de ce vin…mais comment résister? Je suggère d’attendre de 3 à 5 ans pour goûter le 750 ml. Cave à 13° C

4 étoiles

Coudoulet de Beaucastel 2001, Côtes-du-Rhône. LCBO et SAQ

Voici un très beau vin du Côtes-du-Rhône, peut-être le meilleur de l'appellation actuellement sur le marché. Il dégage des arômes très invitants de fumée et d'épices. L'attaque est fruitée, riche et épicée. Il y a là une très belle texture, on perçoit une grande extraction. La finale, très longue, est très syrah [bacon]. Coudoulet est produit la maison Château de Beaucastel. Cépagne : 30 % mourvèdre, 30 % grenache, 20 % Syrah et 20 % cinsault.

4 étoiles
Prix: 
30,00 $

Vieux Télégraphe 1989, Châteauneuf-du-Pape

La teinte orangée de ce vin nous montre son âge. Il a un bouquet très intéressant d'olives vertes, de zestes d'orange et d'un peu de cuir. Les tannins sont astringents. En rétro-olfaction, on a des odeurs de jus de prune et de fines herbes. Il est étonnant de voir que les tannins sont toujours si rugueux après tant de temps en bouteille. [Le 2001 est 59 $ à la SAQ, ]

4 étoiles

Savennières Clos des Perrières 1996

Que voilà un magnifique Savennières! Pas très typé parce que ni miel, ni cire d’abeille, mais existe-t-il vraiment une typicité en Savennières ou sommes-nous plutôt en présence de nombreux styles un peu comme en Châteauneuf? Le chenin blanc de la Loire demande de la patience et le Savennières exige en plus d’être apprivoisé. Mais cela en vaut la peine.

Le vin exhale des arômes riches de camomille et de lime sur une trame minérale auxquels s’ajoute un goût d’amandes en bouche. La structure étonne par sa rondeur et la qualité exceptionnelle de son acidité, parfaitement intégrée dans un fruit généreux et mûr. Déjà délicieux, le vin devrait bien évoluer encore 3 à 5 ans. Cave à 13° C.

4 étoiles

Château de Beaucastel 1986

De couleur acajou, le vin offre un nez exubérant de sous-bois, d'épices, de chocolat, de tabac blond et de cuir. Le sucré au nez se confirme en bouche. Le vin est à la fois velouté et encore charnu. La trame est serrée. La couleur ne laissait pas présager une telle ampleur. L'équilibre est parfait. C'est un vin racé et complet. Il est à son apogée. Il serait téméraire de retarder le plaisir.

4.5 étoiles

Cornas 1983, Delas

Ma dernière dégustation de ce vin remontait à 10 ans. Quelle surprise de voir ce vin encore grenat! Le nez très expressif révèle immédiatement une grande profondeur. S'entrelacent des notes animales, des notes de poivre, d'encre, d'herbes, de germes de pommes de terre et peut-être surtout de fourrure. La bouche traduit parfaitement le nez. Des tannins présents mais intégrés à un fruit généreux donnent encore un air de jeunesse à ce vin. Peu de vins affirment autant de caractère et de personnalité. Il est difficile d'imaginer que ce vin puisse devenir encore meilleur, mais bien conservé il devrait tenir de trois à cinq ans. Un grand vin.

5 étoiles

Corbec 2000 Masi Tupungato, Argentine

De la dégustation [à l’aveugle] d’Amarone du 30 mars à l’AVO, voici l’autre vin que Marc-André n’a pas commenté. Il s’agit d’un vin argentin issu d’un site nommé « la Arboleda », dans la région de Mendoza en Argentine. Ce vin est élaboré par Masi, selon la méthode « appassimento », comme un Amarone. Il est composé de corvina et de 30% de malbec [Argentine oblige]. Robe assez foncée, légère nuance violacée. Nez expressif, fruité [cerise], olive, un peu de cèdre. Solide en bouche, gras, très sec, belle acidité. Les tannins et l’alcool ressortent rapidement. Note végétale. Finale sèche, chocolatée. Très long. S’est démarqué des Amarone par un style plus délicat, plus fin [l’influence du malbec, peut-être]. Très intéressant, mais difficile à trouver.

4 étoiles

Masi Campolongo di Torbe, amarone della Valpolicella 1997

Ce Campolongo est le plus grand amarone que j'ai goûté. Il dégage des arômes intenses et de grande qualité. Il a un magnifique bouquet de raisins secs, de pruneau et même de sirop d'érable! Il nous séduit par ses belles saveurs de chocolat noir. C'est un vin vraiment suave et d'un bel équilibre. Il est plus délicat, si on peut employer ce qualificatif pour un amarone, que son frère le Mazzano.
Ce vin, ainsi que les quelques autres qui suivent, a été présenté dans une dégustation à l'aveugle à l'Académie du vin de l'Outaouais le 30 mars.

4.5 étoiles
Prix: 
88,00 $

Masi Mazzano 1997, amarone

Un grand vin qui se dévoile avec un superbe bouquet de vanille, de fruits secs, de pruneaux et de raisins de Corinthe. L'attaque est bien intéressante, on a l'impression de prendre du sirop tant le produit est concentré. Les tannins sont gras, l'alcool accentue l'impression de richesse, le boisé est perceptible. C'est un amarone très complexe. Il ne fait pas dans la dentelle. La finale est assez longue. Le vin est décidément trop jeune. Il faudrait le revoir dans quelques années.

4 étoiles
Prix: 
95,00 $

Farina Amarone della Valpolicella 1999

Ce vin fut une véritable surprise pour plusieurs. Dégusté à l'aveugle, il a fait très belle impression parmi les grands amarones de Masi tout en étant beaucoup moins cher. Il a un beau bouquet d'encens, d'anis, de réglisse et de bois de santal. Les tanins sont ronds et très agréables. Le vin est chaleureux. Il se boit très bien. La finale est assez longue. Un vrai plaisir, surtout lorsqu'on découvre le prix. Cépages : corvina, rondinella, molinara, negrara et dindarella. Pour en savoir plus sur l'amarone.

4 étoiles
Prix: 
37,00 $

Montiano 2001, Falesco, Lazio IGT

Voici un autre superbe merlot italien. Rubis, presque opaque. Moyennement expressif avec des arômes de fruits mûrs, de bois grillé, de café et de viande. Très belle texture… rond, plein, très tannique. Finale chocolatée, bois vanillé, astringente. Beaucoup trop jeune; à revoir dans 6-7 ans.

4 étoiles
Prix: 
51,00 $

Châteauneuf-du-Pape Guigal 2001, LCBO

Voici un châteauneuf très impressionnant. Il s’ouvre sur des notes de fumée, d’épices, de noyaux et de tabac. Ce sont des arômes assez intenses et de grande qualité. L’attaque en bouche est riche. Ces saveurs persistent longtemps. C’est un vin capiteux et délicieux. Du grand vin déjà bon et qui gagnera encore sûrement en saveur tout au long des cinq prochaines années. Cépages : 50 % grenache, le reste mourvèdre et syrah.

4 étoiles
Prix: 
58,00 $

Merlot 1999 Luna Vineyard Napa CA,

Aussi dégusté en avril 2004 au Salon des Vin de Montréal… une beauté! Rubis foncé avec des reflets de maturité. Un nez intense de fruits noirs [mûres], chocolat amer et une note animale. Sec en bouche, mais rond, velouté, avec des tannins enrobés et un boisé vanillé sans excès. Finale un peu végétale et bonne persistence. Cher mais prêt; tiendra encore quelques années. 18/20.

4 étoiles
Prix: 
61,00 $

Devil’s Lair 1995 Margaret River, Western Australia

La région de Margaret River près de Perth est réputée pour ses vins à base de cabernet sauvignon et Devil’s Lair [propriété de Southcorp depuis 1996] en est une des vedettes depuis sa fondation dans les années ’80. Dégusté pour la première fois en 1998, cet assemblage bordelais [74% cab, 14% merlot et 12% cab. franc] du millésime 1995 était énorme de fruit et très boisé [22 mois de barrique]. Après 7 ans de plus en cave [pas très froide] et maintenant âgé de 10 ans, ce vin est devenu magnifique de finesse et de maturité. Rouge aux reflets brique et encore foncé, il offre un nez complexe de fruits cuits, un peu végétal [tomate, betterave], avec des notes de cuir, de cèdre, de chocolat noir et une très légère oxydation. La bouche est parfaite : du corps, de l’équilibre, tout en étant soyeux, bien rond, avec une belle acidité et des tannins bien intégrés. Il reste une touche de bois vanillé et épicé [poivre].

4 étoiles

Château Saint-Pierre 1989, Saint-Julien

Ce 4e cru classé est possiblement à son apogée. Il séduit par ses arômes tertiaires d’écurie. Il fait penser un peu à un bandol. C’est un vin complexe avec ses saveurs à la fois végétales et épicées. La finale est très longue, épicée et délicieuse. Le 2000 est 79 $ à la SAQ et le 2001 à 51 $ à la BC Liquor.

4 étoiles