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Un cours sur la chimie du vin pour tous

Le vin c'est le résultat de la fermentation de raisins. C'est un processus chimique complexe qui donne les aromes, les saveurs et les textures du divin nectar. Le vin peut se décrire par des mots poétiques, mais il peut surtout se comprendre par la chimie, car il est le résultat de réactions chimiques.

«Il y a plus de 600 aromes et 1000 composés chimiques dans le vin.»

Pour mieux comprendre le vin, il faut donc en connaitre les raisons chimiques.

C'est ce qu'offre un professeur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en présentant un cours sur la chimie du vin. «Cours d'intérêt général ouvert à un large public», nous dit le descriptif de l'UQAM.

Le cours se donnera en septembre. C'est un cours magistral. Il pourrait donc se donner à distance. Des amateurs de vins de partout au Québec seraient probablement intéressés. Serait-il alors possible de suivre ce cours sur la chimie du vin à distance?  Le professeur Benoit Marsan répond que «le cours de l’automne, qui sera le premier offert, n’a pas été initialement prévu pour être suivi à distance, ne connaissant pas à l’avance les demandes extérieures pour ce type de cours. Votre message me motive cependant à réfléchir sérieusement à cette éventualité pour le prochain cours qui pourrait, si la demande est suffisamment populaire, est offert à l'hiver.»

Alors, si un tel cours vous intéresse, faites-le savoir au professeur Marsan en lui écrivant à cette adresse marsan.benoit@uqam.ca.

Voici un résumé du sommaire du cours que vous trouverez à cette adresse UQAM-CHI2020.

Mise à niveau de quelques notions de base en chimie. Composition chimique des raisins et du vin, et impact des différents composants. Classification et rôle des composés phénoliques. Rôle et activité des sulfites ajoutés. Analyse sensorielle et interprétation dans l'identification d'un vin: les perceptions visuelles, olfactives et gustatives, et les sensations tactiles et pseudo-thermiques; mécanismes chimiques et biochimiques impliqués. Molécules odorantes et récentes découvertes sur le sens de l'odorat. Perception de minéralité: réflexion sur son origine controversée. Oxydation et réduction: vieillissement du vin en barrique de chêne et en bouteille. Bouchons et conservation des vins. Nature et origines des défauts potentiels du vin.

Tout ça semble bien intéressant. C'est un cours de 45 heures. Il n'y a pas de dégustations de vin en classe, mais des travaux de dégustation à faire à la maison.

Vous pouvez aussi écouter le professeur Benoît Marsan qui en parle à l'émission radiophonique Bien dans son assiette.

Le conseiller en vin à la SAQ

«Pourquoi constate-t-on des écarts considérables dans le choix, la variété, la quantité 
et la qualité des vins offerts d'une succursale "Sélection" à une autre?
» 

C'est la question que me pose un lecteur qui demande aussi quel est le rôle du conseiller en vin d'une succursale de la SAQ dans le choix des vins de la succursale et quelle est la formation de ces conseillers?

C'est une très bonne question. Je vais essayer d'y répondre au meilleur de mes connaissances.

Il y a en général un conseiller en vin par succursale. Il est souvent difficile à identifier. Il est chargé de conseiller la clientèle et les autres employés de la succursale. Il s'occupe aussi du choix des vins de spécialité de sa succursale.

Comme l'a constaté ce lecteur, en effet le choix de vin peut varier énormément d'une succursale à l'autre. Ceci dépend de plusieurs facteurs.

D'après ce que j'en sais, pour ce qui est des produits courants, c'est le siège social de Montréal qui décide.
Par contre pour les produits de spécialité, c'est le conseiller en vin de la succursale qui est chargé de la sélection, sauf pour certains produits obligatoires.

Toutefois, les succursales ne sont pas toutes égales. Il y a une hiérarchie. Si je me souviens bien c'est de 7 niveaux. Les succursales en haut de la hiérarchie ont un choix prioritaire sur les nouveaux arrivages.

Chaque mercreci, le conseiller en vin reçoit une circulaire contenant la centaine de nouveaux produits à être livrés dans deux semaines. Il fait alors son choix et obtient les vins en fonction de la part de marché de sa succursale, de son rang dans la hiérarchie et des demandes des autres succursales.

Bien entendu, si le conseiller n'est pas aux aguets, pas assez vite, est absent ou en congé il n'y a pas de commandes. Toutefois, le premier caissier dans certains cas peut prendre la relève. Donc, le choix en succursale peut varier d'une semaine à l'autre.

Toutefois, il ne faut pas toujours se fier à ce que l'on voit sur les tablettes. Il faut aussi vérifier les stocks dans l'arrière-boutique. Il arrive souvent que les employés n'aient pas le temps ou l'espace tablette pour placer les vins.

Il faut alors aller voir dans le site saq.com et consulter les vins indiqués pour la succursale. Si on indique 12 ou 6 bouteilles, c'est souvent parce que le vin est encore dans l'arrière-boutique. C'est souvent là que je trouve les nouveaux vins que je cherche. (Voir l'inventaire de sa succursale SAQ)

Pour ce qui est de la formation des conseillers, elle est très variée. Plusieurs sont des autodidactes, des passionnés. Il est aussi question d'ancienneté, syndicat oblige. Plusieurs conseillers sont aussi ce que la SAQ appelle des conseillers accrédités, c'est qu'ils ont suivi une formation de quelques semaines à l'ITHQ.

Le gros handicap des conseillers en vin, c'est qu'ils ne dégustent pas suffisamment les vins qu'ils ont en magasin.
Ils ne peuvent pas alors nous dire ce que le vin goute. Les dégustations sont très rares. En général, ce sont les agents promotionnels représentants les vignerons qui leur font gouter les vins lors de leurs visites. Toutefois, les conseillers en vin du centre-ville de Montréal peuvent participer à de nombreux salons.

En Ontario, tous les conseillers ont l'occasion de déguster tous les nouveaux vins. Ils sont dégagés une journée par mois pour cela.

Quoi qu'il en soit, la situation s'est améliorée à la SAQ ces dernières années. J'ai connu un conseiller qui n'aimait pas le vin. Il y de plus en plus de gens passionnés qui travaillent dans les SAQ, et ils ne sont pas tous conseillers, et certains sont très bons. Les conseillers accrédités sont mieux motivés et peuvent nous faire de bonnes recommandations sur les accords mets-vins.

Le rôle du conseiller est justement de conseiller la clientèle. Il ne faut donc pas hésiter à lui poser des questions et à lui demander conseil.

Le vin est nécessaire à la fête dit le Saint Père

En préparation de cette fin de semaine de la fête des Pères, je vous rappelle les paroles du pape François premier qui a dit que «le vin est nécessaire à la fête».

Le 8 juin dernier, sur la place Saint-Pierre de Rome, commentant le récit évangélique des Noces de Cana, le pape a dit: « Une fête de noces où le vin manque fait honte aux nouveaux époux. Imaginez de finir la fête de noces en buvant… du thé ! Le vin est nécessaire à la fête ».

Il ajoute, selon le journal La Croix Urbi et Orbi, «Nous sommes tous invités à ces noces, pour que le nouveau vin ne manque plus !»

«Tandis que l’eau est nécessaire pour vivre, le vin, lui, exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête», a dit le pape rapporte le journal La Liberté.

Le vin «exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête à laquelle nous sommes appelés», rapporte Radio Vatican.

Bonne fête et bon vin !

Le Ménage à Trois est retiré des tablettes de la SAQ

Le Folie à Deux Ménage à Trois Sonoma County Zinfandel 2012 (25,35 $)* a été retiré des tablettes des magasins de la SAQ.
Il n'est disponible qu'en ligne (1599 en ligne et 1353 vendredi matin.)

C'est le cas aussi de 8 autres vins, dont le Masi Brolo Campofiorin Oro 26,95 $; le Podere Castorani Amorino  26,15 $; le Domaine du Vieil Aven Tavel 2015 rosé  18,95 $; le Zolo Cabernet-Sauvignon 2015 18,60 $ (1363); le Côtes-du-Rhône Guigal et le Charles Meunier Brutus 13,55 $, un mousseux du Québec!

De grandes quantités de ces vins seront disponibles pour achat en ligne seulement. C'est 4184 pour le Masi.

Les acheteurs de ces produits obtiendront des points supplémentaires pour leur carte SAQ Inspire, ainsi qu'un rabais de 2 $ à 5.75 $ «accordé au panier». «Les rabais et points bonis mentionnés au-dessus de chaque produit sont valides exclusivement en ligne et le 16 juin seulement.» dit le site saq.com. Puis on annonce que le solde sera prolongé vendredi.

Ce sont des vins qui sont pourtant disponibles dans presque toutes les succursales de la SAQ !

Il semble que ces vins ne quittent pas réellement les succursales. C'est une opération pour inciter les gens à acheter en ligne. Donc, à commander du vin en ligne pour une soi-disante livraison dans une succursale où il y en a déjà !

Ces vins sont remis sur les rayons vendredi.

  (*) C'est comme les mousquetaires, ils sont quatre. Ce vin est le grand frère du Ménage à Trois de base (17,50 $) très populaire à la SAQ. Il est moins sucré. Il y a quatre vins rouges Ménage à Trois à la SAQ.

Protégez-Vous: le vin est moins cher en Ontario

Le magazine Protégez-Vous a recensé le prix de plus de 500 produits qui sont vendus à la fois à la SAQ et à la LCBO de l'Ontario. Voici ses conclusions.

Les bouteilles de vin populaires se vendent en moyenne 9 % plus cher à la SAQ qu’à la LCBO.
Ça va même jusqu'à 21 % pour le rosé le plus populaire au Québec le Gallo White Zinfandel, rosé.

La SAQ offre à ses clients 2 200 vins à moins de 20 $, alors que la LCBO en propose plus de 3 300.

«Quelques comparaisons similaires ont été faites par divers médias au cours des dernières années, mais elles ont souvent été réalisées avec un nombre limité de produits, ce qui conduisait à des conclusions fragmentaires. Parmi les 12 500 produits offerts à la SAQ, très peu sont vendus ailleurs au Canada.»

Les spiritueux sont 4 % moins chers au Québec.

   Alcool : moins cher en Ontario? Martin Dionne, Protégez-Vous, juin 2016

Encore une preuve que la SAQ ne veut pas payer les vins le moins cher possible

Encore une preuve que les dirigeants actuels de la SAQ ne veulent pas payer les vins le moins cher possible.

La SAQ lance un appel d'offres pour deux rosés pétillants pour l'été prochain et elle fixe un prix minimum de 11,95 $. L'appel qui prend vin le 30 juin se lit comme suit:

 

Les offres présentées devront répondre aux critères suivants:
MOUSSEUX ROSÉ
ENVIRON DEUX (2) mousseux rosés
Format : 750 ml
Prix de détail suggéré : entre 11,95$ et 17,95$
Pays : Espagne, Hongrie, Italie
Disponibilité minimale : 1000 caisses standards (9 litres)
Marque : Marque Leader déjà commercialisée à la SAQ
(Appel d'offres produits estivaux mousseux - campagne estivale 2017 (MOUS17))

 

Ainsi tous les producteurs qui peuvent nous vendre leurs vins moins chers seront refusés ou devront augmenter leurs prix.

 

De plus, c'est ainsi fermer la porte à tous les producteurs qui pourraient vouloir faire une entrée en masse au Québec en nous proposant un premier vin à très bas prix. D'autant plus qu'en exigeant que le vin soit d'une marque «déjà commercialisée à la SAQ» ferme la porte à bien des opportunités.

 

Un producteur qui a un surplus ou qui voudrait faire un rabais pour entrer sur notre marché ne pourra pas nous faire de rabais. Il devra hausser son prix de départ pour atteindre le prix de détail plancher fixé par la SAQ.

 

De plus, on limite l'appel d'offres à seulement trois pays, empêchant ainsi les producteurs du Chili, d'Australie, de  France, de Bulgarie, du Portugal, du Canada et autres de soumissionner.

 

Pourtant, le président de la SAQ a répété à plusieurs reprises dernièrement qu'il voulait avoir les plus bas prix possible. N'est-il pas au courant des pratiques de sa propre entreprise?

 

En agissant ainsi, la SAQ empêche les consommateurs d'avoir un vin à 9, 10 ou 11 $.

La SAQ coince ses fournisseurs dans de strictes catégories de prix.

Est-ce qu'un petit rosé à 10,50 $ est moins bon que le même rosé à 11,95 $.

 

Lorsqu'un consommateur veut avoir une auto, un livre, un téléphone, fixe-t-il un prix minimum?

 

Sujets connexes:


Parts de marché des vins au Québec: Portugal et Chili en hausse

Portugal et Chili en hausse
États-Unis et Argentine en baisse

Les vins du Portugal ont accru leur part de marché de 13,8 % au Québec au cours de l'année 2015-2016.
Le Chili a aussi connu un fort succès avec une hausse des ventes en volume de 13,5 %.
Du côté de l'Italie et de l'Espagne, la hausse a été d'un peu plus de 4,5 %.
L'Afrique du Sud a connu une hausse des ventes de 3,6 %.

Du côté des perdants, l'Argentine a vu ses ventes de vin en volume diminué de 10 %. Les États-Unis ont subi le même sort. La chute du Ménage à Trois suite aux révélations sur l'arsenic est surement responsable pour une bonne partie de cette décote.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont aussi subi une baisse des ventes en volume.

La France est toujours le leader en parts de marché au Québec avec 30 % des ventes en volume de vin tranquille. Une hausse de 1,9 % sur l'année précédente. Elle est talonnée par l'Italie avec des parts de marché de 23 %.

Ces chiffres ne comprennent pas les vins en épicerie.

Si l'on regarde les chiffres des dernières années, les parts de marché des différents pays ont peu changé pour les deux leaders que sont toujours la France et l'Italie. Par contre, le troisième a connu de grands changements. L'Argentine est passée de la troisième place en 2009 à la septième aujourd'hui. Pendant ce temps, les États-Unis progressaient de la cinquième à la troisième. L'Espagne tient bon en quatrième. L'Australie est monté de la sixième à la cinquième place.

 

 

Nombre de vins tranquilles aujourd'hui au répertoire de la SAQ :
France 3880 —  Italie 1380  —  États-Unis 740  —  Espagne 580   —  Australie 280  —  Canada 207 — Portugal 180  —  Argentine 169  —  Chili 166  —  Afrique du Sud 148 —  Nouvelle Zélande  97 —  Allemagne  65 — Grèce 65  —  Autriche 43  —  Liban 28 — Israël  22   —  Uruguay  21  —  Suisse 18  —  Hongrie 12  —  Roumanie 7  —  Brésil 6  —  Bulgarie 4  —  Maroc 4.

Légère hausse des ventes de vin au Québec 2015-2016

La direction de la Société des alcools du Québec (SAQ) vient de publier son rapport annuel 2015-2016.

Les faits saillants :
Les ventes de vins blancs augmentent en volume.
   Elles passent de 28 % à 29,6 % du total des ventes de vin tranquille.
   La proportion des vins rouges baisse de 67,5 % à 65,8 %.

Les ventes en volume de vins Portugal et du Chili sont en forte hausse de plus de 13 %.
   Celles des États-Unis et d'Argentine en baisse de 10 %.
   Pour l'Italie et l'Espagne c'est une hausse de plus de 4,5 %.

Origines Québec
Le volume des ventes d'alcool de fruits du Québec est en hausse de 31 %; les spiritueux de 22 % et les vins québécois de 13 %.

La croissance des ventes totales en volume de SAQ a été de 1,8 %. C'est peu comparé aux croissances annuelles de 3,4 % à 6,5 % des années 2007 à 2012.

Croissance annuelle des ventes en volume
  2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
% 6,5 3,9 3,4 3,5 3,7 4,7 1,2 -0,9 1,7 1,8

Les ventes de vin en volume en 2015-2016 ont été en hausse de
   1,6 % dans les succursales et étagères saq dans les épiceries;
   1,4 % dans les épiceries.

Nombre de litres de vin vendu:
   41 millions dans les épiceries
   122 millions dans les succursales et étagères saq dans les épiceries.
 
Pour les spiritueux, la croissance a été de 4,1 %. 

Les bénéfices nets de la SAQ ont été en hausse de 3,2 % à 1,067 milliard $.

Progression annuelle des bénéfices de la SAQ en millions $ et en %

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
$ 53 51 47 59 48 85 30 -27 31 33
% 8% 7% 6% 7,3% 5,5% 9,3% 3% -2,6% 3% 3,2%

Les ventes en ligne se sont accrues de 111 % au cours de la dernière année.
Tout fier, le président de la SAQ écrit que «notre site Web est le site québécois qui offre aujourd'hui le plus grand choix de produits alcooliques.»
 

D'autres chiffres. La SAQ a 406 succursales; 7537 employés (241 en informatique, 107 aux finances, 78 au juridique; 1001 aux approvisionnements, 5765 aux ventes 31 aux communications...); 95 ans d'expérience; 13500 produits en provenance de 77 pays; son président a un salaire de 390 540 $ plus un boni annuel de 47 884 $; les principaux vice-présidents ont des salaires de 234 000 à 300 000 $ en plus de bonis de 26 000 à 64 000 $. 

Un VP qui craint l'intérêt d'un journaliste pour les prix de la SAQ

Retour sur l'Histoire

Voici un extrait d'un courriel d'un vice-président de la SAQ au président-directeur général.

«Conséquemment, il faut, dès maintenant, mettre [le VP aux affaires publiques et aux communications et adjoint au PDG] et son équipe dans le coup et se préparer à répondre (entre autres) aux questions portant sur notre stratégie de partage de la différence de coûtant entre le fournisseur, la SAQ et le consommateur (...). C’est exactement le genre de question qui intéresserait au plus haut point un [journaliste] lorsque l’on connaît l’intérêt marqué que ce dernier porte sur la question des prix à la SAQ.»
Signé [VP aux achats et à la mise en marché]»  11 décembre 2005.

Ce courriel a été écrit lors de la préparation de ce qui fut appelé le scandale de l'euro.

Effectivement, 17 jours plus tard, le journaliste Jacques Benoit en collaboration avec Marie Tison écrit dans le quotidien La Presse que «la SAQ incite des fournisseurs à augmenter leurs prix de gros».

Cet extrait de courriel a été publié dans le rapport annuel 2006 du vérificateur général du Québec.
Le rapport 2006 du vérificateur consacre une quarantaine de pages à cette saga qu'il a intitulée «Opération de décembre 2005» C'est intéressant à lire.


Les vins de spécialité, le point faible de la SAQ

Le connaisseur de vin se régale surtout dans la section des vins de spécialité des magasins de la société des alcools du Québec. C'est là que l'on trouve les produits nouveaux, originaux et distinctifs.

Pourtant, la vérificatrice générale du Québec dit que le secteur des vins de spécialité est très mal géré a la SAQ.

Vins au répertoire SAQ
Courant 1300
Spécialité continue 1000
Spécialité par lot 11700

En 2014-2015, il y a 1300 vins courants à la SAQ et 12 700 vins de spécialité. Parmi ces derniers il y en a 1000 en approvisionnement continu, mais 11 700 en approvisionnement par lot. C'est dans ce dernier lot que ça va mal selon la vérificatrice.

Pourquoi? Parce que le taux de roulement de ces vins est trop bas, dit-elle. Le taux de roulement est un indice de rentabilité d'un produit. Plus un produit est populaire, plus il roule vite, plus il est profitable.

Taux de roulement
Courant    x 12
Spécialité continue x 10
Spécialité lot    x 5

Le taux de roulement des vins approvisionné par lot, c'est-à-dire renouvelé de temps en temps, est deux fois moins élevé que celui des vins courants et de spécialité en approvisionnement continue. Soit 5 pour vins par lots, 10 pour les vins en spécialité continue et 12 pour les produits courants. Ça veut dire que ces derniers vins roulent 12 fois sur les tablettes en un an. Pendant ce temps, les vins renouvelés de temps en temps ont un rendement deux fois moindre.

La rotation a un coût dit la vérificatrice «Dans le commerce au détail, un produit pour lequel le taux de rotation des stocks est plus faible va normalement avoir un prix majoré plus élevé. Plus un commerçant a un nombre élevé de produits qui s’écoulent lentement, plus cela augmente ses coûts. Pour cette raison, les détaillants suivent de près le taux de rotation des stocks.»

Pourtant, la SAQ a décidé que «la même structure de majoration s’applique aux produits de spécialité et aux produits courants, sauf quelques exceptions», constate la vérificatrice.

Depuis 5 ans, la SAQ a diminué de 8 % le nombre de produits courant et a haussé de 8 400 à 11 700 celui des vins de spécialité.

La vérificatrice recommande donc à la SAQ d'«effectuer le suivi des produits de spécialité de façon à maximiser sa performance en fonction de ses stratégies de commercialisation.»

Toutefois, la vérificatrice générale ne semble pas avoir étudié en profondeur le fonctionnement de ces achats par lots. Elle dit qu'elle s'est surtout concentrée sur les achats des produits courants.

Mais pourquoi ça roule si mal parmi les vins par lot?
En tant que journaliste j'entends souvent des récriminations de la part des amateurs de vins et des producteurs. Certains vins se vendent très vite, mais malgré cela ne sont pas renouvelés, ou le sont 6 mois plus tard alors que l'engouement est passé.

Comment ça se passe à la SAQ?
D'après ce que j'en sais c'est un employé derrière son ordinateur qui décide si un vin sera renouvelé et quand. Ses critères ne me sont pas connus, ni par les agents ni des producteurs à ce que j'entends.

Pourtant, la politique d'achat de la SAQ dit qu’«Un produit offert en vente à titre de produit de spécialité peut faire l’objet d’une nouvelle commande (reconduction) lorsqu’il continue de répondre à la définition d’un produit de spécialité (clause 2.11) et lorsque le volume de ses ventes, le taux de rotation de ses stocks, son prix d’achat et l’intérêt qu’il suscite auprès des consommateurs le justifient.»

Malgré cela, le fait qu'un vin s'est vendu rapidement ne semble pas un être un critère du préposé au renouvellement. Il préférera renouveler un vin qui s'est vendu il y a 6 mois, même si ce fut lentement. «Chacun son tour», semble-t-il dire! Il peut aussi décider (seul ou avec des collèges?) que cette semaine on avantage des vins du Chili, par exemple.

Ses critères ne semblent pas être d'ordre économique. Mais pourquoi alors les vignerons ne se plaignent pas, ne font pas pression sur lui? Ne lui fassent pas remarquer qu'un tel vin s'écoule rapidement; est en grande demande, qu'il doit le renouveler de suite pour répondre à l'engouement et satisfaire le consommateur?

Ils ont peur de se faire barrer, de le fâcher, qu'il remette le renouvellement de la commande à plus tard!

C'est étonnant et même dérangeant d'entendre cela. On a peur de sa réaction!

Quelquefois, un vigneron ou son agent pose des questions, fait pression pour ce faire répondre une chose un jour et autre chose un autre jour!

On se retrouve ainsi avec des vins qui encombrent les tablettes longtemps alors que d'autres, jugés bons par les vinophiles disparaissent vite et ne sont pas renouvelés prestement. Ce mode de renouvellement bureaucratique n'est pas rentable pour la SAQ, ni pour le gouvernement, ni pour le consommateur, ni pour le producteur.

Cela frustre les consommateurs et enrage les vignerons.

Ce système de renouvellement bureaucratique devrait être modifié.

Prix des vins rouges importés dans quatre provinces

Certains nous disent que le vin est plus cher dans telle province, d'autres disent le contraire. Chacun prend un échantillon de quelques vins disponibles dans toutes ces provinces. Mais cela fausse la réalité, car ce ne sont pas les mêmes vins qui sont dans toutes ces provinces.

Alors, le meilleur moyen d'avoir un portrait réaliste est de prendre l'ensemble des vins disponibles dans chacune des provinces. C'est ce que fait Statistique Canada.

Nous avons donc extrait ici un tableau de Statistique Canada qui nous donne le volume et la valeur totale avant taxes des vins rouges importés pour quatre provinces.

Nous pouvons constater que les prix les plus élevés sont au Québec (12,68$) et en Colombie-Britannique (13,41$). Il faut toutefois ajouter 1,05 $ de taxe spécifique (TS) au Québec. Ce qui nous donne un prix moyen de 14,18 $ au Québec.

Mentionnons ici à titre indicatif que le prix moyen du vin en France est de 3,14 € le litre; soit 4,58 $ ou 3,44 $ la bouteille de 750 ml.

Vins rouges importés, prix avant taxes provinciales et fédérales
(données en milliers)

Géographie Valeur et
volume
2014-2015 litre
750 ml
TS
 
Québec $
1 136 904 16,91$ 12,68$* 14,18$
L 67 207
Ontario $ 838 925 15,75$ 11,81$  
L 53 239
Alberta $ 279 518 15,36$ 11,52$  
L 18 189
Colombie-Britannique $ 339 158 17,88$ 13,41$**  
L 18 958

 * Pour le Québec, il faut ajouter une taxe spécifique de 1.40 $ le litre ou 1,05 $ la bouteille de 750 ml.

 ** En Colombie-Britannique, il y a autant de vins importés que de vins locaux. Le gouvernement provincial avantage les vins locaux. La moyenne de prix pour les vins locaux est de 13,23 $ le litre ou 9,92 $ la bouteille.

À ces prix, il faut ajouter les taxes fédérales et provinciales.

Source : Statistique Canada Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools et d'autres points de vente au détail selon la valeur, le volume Tableau 183-0024 Vins rouges importés.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié

Un peu de lecture pour faire le point en ce début de semaine.

La SAQ veut payer les vins cher pour nous les vendre cher, nous dit la vérificatrice générale du Québec.
C'est une révélation pour certains, mais pas pour d'autres.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié et ce n'est pas d'hier.

Un peu d'Histoire, de retour en 2005.

En 2005, un article du quotidien La Presse titre «La SAQ incite des fournisseurs à augmenter leurs prix de gros.» (Jacques Benoit et Marie Tison) C'est ce qu'on a appelé le scandale de l'euro qui a conduit au congédiement de deux vice-présidents puis à celui du président. Tentative d'escroquerie de la SAQ? décembre 2005

Au début de 2006, la SAQ fait un pas en arrière et annonce une réduction de prix sur les vins européens.  La SAQ recule et baisse le prix de certains vins, 21 janvier 2006.

François Chartier dit que «Les dirigeants de la SAQ sont aveuglés par l'appât du gain...», 31 janvier 2006.

Le 2 février, le président de la SAQ présente ses excuses. Selon M. Toutant, deux vice-présidents et 9 employés auraient mal interprété les politiques de la SAQ et lui auraient caché la vérité. Le président de la SAQ: «désolé de ce cafouillage».

Puis quelques jours plus tard, nous apprenons qu'un groupe de journalistes québécois a reçu des révélations étonnantes de vignerons d'Amérique latine sur la manière de négocier des acheteurs de la SAQ. Des gens de notre société d'État auraient demandé aux vignerons d'Uruguay de leur vendre leurs vins plus cher. À lire : Le scandale des prix du vin à la SAQ: pas une première, janvier 2006.

Un mois plus tard, La Presse révèle un courriel d'un vice-président de la SAQ qui dit que «les journalistes pourraient finir par s'intéresser à cette affaire»! (L'affaire de l'euro)  Toutant mis au courant dès le 11 décembre, 8 février 2006.

Quelques jours plus, le réputé chroniqueur vin Michel Phaneuf écrit dans la revue l'Actualité du 15 mars 2006 que la SAQ ne peut plus nous garantir de bons prix et ne peut plus distribuer adéquatement de nouveaux produits. «Un seul acheteur ne peut distribuer tous les vins du monde», écrit-il.  Michel Phaneuf se prononce pour la privatisation.

En décembre 2006, le rapport annuel du vérificateur général du Québec dit que «l’opération de décembre 2005 a dévié de son objectif. De fil en aiguille, les actions ont convergé vers l’objectif, discutable du point de vue éthique, d’amener les fournisseurs payés en euros à augmenter le prix départ chais de leurs produits...»

Ce rapport du vérificateur général démontrait que le prix départ chais pour les vins d'entrée de gamme était déjà de 20 % supérieur à celui qu'obtenait la LCBO. (Graphique 1, page 271)

En 2009, on apprend que la société des alcools du Nouveau-Brunswick a a ordonné à ses fournisseurs de hausser le prix de leurs vins de 2 % et d'augmenter leurs frais d'expédition de 3 autres pour cent. L'opposition crie au scandale. Le ministre des Finances de la province répond que ce n'est qu'une opération routinière.

En 2010, nous apprenons que nous payons plus cher le vin du Chili que tous les autres pays acheteurs dans  le monde!  Un jury canadien pour des vins chiliens que nous payons très cher, janvier 2010.

En 2011, le vérificateur général de l'Ontario dit que «La RAO (LCBO) n'utilise pas son pouvoir d'achat pour obtenir des prix inférieurs auprès des fournisseurs.»  Les monopoles canadiens ne veulent pas acheter à meilleur prix

Puis, en 2012, nous payons encore plus cher les vins du Chili, la situation se détériore.  Le Canada paie toujours plus cher les vins du Chili, février 2012. Encore en 2014. La même chose pour les vins américains.

Point tournant, en août 2012, on apprend que 100 vins de moins de 10 $ ont disparu du répertoire de la SAQ.

En janvier 2013, nous constatons que plusieurs vins sont retirés et remplacés par des vins plus chers. C'est l'opération dite de «montée en gamme».

En 2011, 2012 et 2013, la direction de la SAQ demande à ses employés de faire en sorte que leurs clients repartent avec un vin plus cher que celui qu'ils étaient venus chercher. C'est l'opération 4A+.

En septembre 2013, la SAQ se rend compte qu'elle a exagéré qu'elle a trop diminué l'offre de vin à bon prix et que ses ventes en volume baissent.

En novembre 2013, il ne reste plus que 30 vins à moins de 10 $ à la SAQ. Ce nombre sera maintenu jusqu'à aujourd'hui.

En juin 2014, c'est au tour de 100 vins de moins de 15 $ de disparaitre des rayons en seulement 6 mois.  Le nombre de vins à moins de 15 $ est coupé de moitié en 5 ans. Le 12, la SAQ fait un pas en arrière et dit vouloir maintenant des vins moins chers.

En septembre 2014, on comprend finalement comment la SAQ fait disparaitre des vins de moins de 15 $.

Le 31 août 2015, la Commission Robillard recommande de «de revoir le modèle d'affaires de la SAQ; de libéraliser les marchés des vins et spiritueux et de mettre la SAQ en concurrence.»

En décembre 2015, on explique pourquoi la SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat.

Finalement, en mai 2016, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, remet un rapport confirmant que les dirigeants de la SAQ ne cherchent pas à avoir le plus bas prix de gros possible.

Elle écrit que «la SAQ leur fournit (aux fournisseurs) une calculette afin qu’ils puissent déterminer si leur produit se situe dans la fourchette de prix mentionnée dans l’appel d’offres.»

Puis le 2 juin, une étude de trois chercheurs tend à démontrer que la démonopolisation du commerce du vin accroitrait les revenus de l'État tout en faisant baisser légèrement le prix des vins.

Où s'en va la SAQ maintenant. On ne le sait pas trop. Elle n'a pas publié de plan stratégie pour cette année ni pour les années prochaines. Son dernier plan date de 2013-2015.

Donc, les trois monopoles du vin du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick établissent leurs prix de manière très bureaucratique ce qui mène à ses situations incongrues et peu éthiques. Il faudrait trouver une autre méthode de négociation des prix de gros auprès des fournisseurs.

COMPRENDRE LE VIN

Le vin: le comprendre; le connaître; le déguster; le servir: le conserver; ses défauts; ses finances; son marché et la santé...

La notion d'équilibre dans le vin; le goût sucré des vins secs; l'importance du pH; le goût de bouchon; le bio; les sulfites; le vocabulaire du vin; la recherche du vin en succursale; le vin et la santé...

Connaître et comprendre le vin, c'est un processus progressif et continu. Chaque jour sa peine, comme on dit! Nous en apprenons tous les jours!

Voici une série de textes publiés dans vinquebec.com et regroupés par thèmes afin de vous aider à mettre à jour vos connaissances sur ce merveilleux monde du vin.

Il y a ici des articles pour tous les goûts et tous les niveaux. Prenez votre temps. Lisez-les un par jour ou tous à la suite ou dans le désordre... comme vous voulez... en dégustant un bon vin.

La dégustation
Connaissance du vin
Le marché du vin au Québec
Le service et la conservation du vin
Défauts et qualités
Santé
Finances (L'argent du vin)
Comprendre la SAQ
Bio
La vigne
Les régions du vin
Autres

 

Ces listes d'articles sont mise à jour régulièrement.
Dernière mise à jour : 5 juin 2016


Pour une ouverture du commerce du vin au Québec

Une démonopolisation du commerce de l’alcool ne signifierait pas une perte de recettes pour le gouvernement. Au contraire, il y plusieurs raisons de croire que le gouvernement pourrait faire plus d’argent, tout en permettant une baisse de prix pour les consommateurs.»

Le Québécois paierait son vin moins cher et l'État ferait plus d'argent si on libéralisait le commerce des alcools au Québec!

C'est ce que soutiennent trois chercheurs dans une étude rendue publique ce matin.

Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université de Trois-Rivières: Paul Daniel Muller, économiste et le journaliste spécialisé en vin Yves Mailloux affirment dans un document de 44 pages que le monopole de la SAQ sur le commerce des alcools est un frein au développement de cette industrie.

Les auteurs démontent un à un tous les arguments favorisant le maintien du monopole et proposent plutôt ce qu'ils appellent la démonopolisation du commerce du vin et des spiritueux. Ce qui entrainement, selon eux, un meilleur choix de produits, de meilleurs prix tout en rapportant plus de revenus au gouvernement.

Les vins seraient achetés moins cher, vendus moins cher en plus grande quantité par un plus grand nombre de détaillants.

La SAQ n'est pas efficace, ne veut pas payer les vins moins cher, pénalise les petits producteurs typiques, est un goulot d'étranglement sur la diversité des produits, nuit à la liberté de choisir du consommateur et taxe plus les moins nantis.

Un cépage peut en être un autre

On croit cultiver un cépage et on découvre que ce n'est pas lui.

Il est très difficile de reconnaitre et de différencier les différents cépages à la vigne.
Les plants de vigne mutent, se transforment, ne sont pas homogènes, ils sont de plusieurs clones, de plusieurs biotypes, de variétés différentes sur des porte-greffe différents.

L'ampélographie n'est pas facile. Elle est maintenant aidée de l'ampélologie.

Des vignerons peuvent cultiver un cépage pendant de nombreuses années en se méprenant sur le nom du cépage en question.

C'est arrivé encore à des vignerons des environs de l'Etna d'après ce que rapporte Ian d'Agata dans son livre Native Wine grapes of Italie (2014). Ils disaient cultiver du nerello cappuccio qui est un cépage qu'ils assemblent souvent avec du nerello mascalese.

Pour les besoins d'une étude publiée en 2010 (Branzanti et.al. 2010) des chercheurs ont prélevé 41 échantillons du dénommé cépage nerello cappuccio dans 15 endroits. Après tests génétiques, il s'est révélé que 70 % des échantillons étaient en fait du carignan, 10 % du sangiovese et du ciliegiolo, finalement seulement 20 % étaient du nerello mascalese.

Achat en ligne : du progès

Vous avez peut-être remarqué que la SAQ a commencé à réserver une plus grande quantité de bouteilles de certains vins pour les achats en ligne.

Lorsque le programme Achetez Ramassez a été lancé, il n'y avait souvent que 12 ou 24 bouteilles de chaque vin disponibles en ligne. Ce qui faisait que ces stocks s'épuisaient très vite.

Nous constatons depuis un mois que les quantités disponibles pour achat en ligne dépassent même la centaine pour certains vins.

Toutefois, le nombre total de vins disponibles en ligne est toujours inférieur au tiers des produits. C'est actuellement 2700 des 8200 vins.

La moitié des vins de moins de 12 $ sont disponibles en ligne; alors que c'est le cas de seulement le tiers des vins de 20 à 30 $.

C'est pire pour la catégorie des vins de plus de 40 $ dont seulement 680 des 3120 produits peuvent être achetés en ligne.

Les vins disponibles pour achat à distance devraient être ceux qui sont dans le moins grand nombre de succursales; alors que c'est actuellement le contraire.

Les vins qui peuvent être achetés en ligne sont encore trop souvent, les vins qui sont déjà disponibles dans la plupart des succursales. Certains vins disponibles dans toutes les succursales sont aussi disponibles en ligne pour livraison dans une succursale.

Par contre, il y a aussi très peu de demi-bouteilles en ligne; soit seulement 24 des 136 vins de format 375 ml.

Les 130 vins exclusifs aux 10 SAQ-Dépôts ne peuvent pas être achetés en ligne.

Notons en terminant que l'on peut maintenant aussi acheter des vins en utilisant l'application SAQ pour téléphone.

Selon la SAQ, les ventes en ligne représentent 1 % des ventes totales. La SAQ voudrait que cette proportion soit décuplée d'ici 2 à 3 ans et monte à 10 %.

La facture moyenne d'achat en ligne dépasse les 200 dollars ce qui est 4 fois plus élevé qu'en magasin.

Pourquoi le vin est plus cher au Québec qu'en Ontario

Le vin est en général beaucoup plus cher dans les magasins de vin du Québec (SAQ) que dans ceux de l'Ontario (LCBO).

Pourquoi? La Vérificatrice génerale du Québec a répondu à cette question dans son dernier rapport annuel.

La SAQ se prend une marge beaucoup plus grande sur le vin que sa collègue de l'Ontario. En plus, la SAQ ajoute toutes sortes de frais cachés. Le gouvernement du Québec ajoute aussi une taxe spécifique de 1,05 $ la bouteille.

La marge de la SAQ est variable selon le prix; alors que celle de la LCBO est fixe à 71,5 %.

Dans son rapport, la vérificatrice générale du Québec donne des exemples.
Pour un vin payé 2,14 $ par les deux monopoles, soit 25,63 $ la caisse, la SAQ ajoute des frais cachés de 3,89 $. Ces frais cachés sont pour «Éduc'alcool, l'Environnement et Frais de service». «Pour la SAQ ces frais sont confidentiels», écrit la Vérificatrice générale.

Après le transport 4,21 $ et les droits de douane et d'accise de 5,75$ par caisse pour les deux monopoles, cela donne un prix de base par caisse de 35 $ à la LCBO, mais de 39 $ à la SAQ.

Comment inciter un producteur à nous vendre son vin cher

La vérificatrice générale du Québec a dénoncé avant hier la politique d'achat des dirigeants de la SAQ qui ne vise pas à obtenir les meilleurs prix pour les vins.

«En 2014-2015, la SAQ a effectué cinq appels d’offres. Les besoins figurant dans l’appel d’offres sont déterminés non pas en fonction d’un prix départ chais, mais plutôt selon une fourchette de prix de détail que la SAQ a établie pour répondre aux besoins liés à la gestion par catégorie.»

«Si leur produit ne se classe pas dans cette fourchette de prix de détail, il sera refusé par la SAQ. En procédant ainsi, cette dernière annonce à l’avance le prix qu’elle veut payer.»

Mme Leclerc recommande donc à la direction de la société d'État «d'examiner périodiquement la politique d’achat et de mise en marché pour y inclure les meilleures pratiques en matière d’acquisition et mettre en place des moyens pour favoriser l’obtention des conditions d’achat les plus avantageuses

Pensez-vous que la direction de la société d'État a compris le message?
Bien non!
Dès le lendemain, la SAQ lance un appel d'offres et continue de faire ce que lui reproche Mme Guylaine Leclerc. Et en pire! Comme vous allez le voir.

La SAQ veut payer cher

La vérificatrice du Québec vient de dire aujourd'hui ce que nous constations depuis plusieurs années :

Les dirigeants de la Société des alcools veulent payer les vins cher pour pouvoir nous les vendre cher.

«Le prix départ chais constitue la base de la détermination du prix de détail. La conséquence en est que plus le prix départ chais descend, plus la majoration appliquée par la SAQ baisse, ce qui, par le fait même, diminue sa rentabilité.» C'est ce que dit la vérificatrice du Québec, Guylaine Leclerc dans son rapport remis à l'Assemblée nationale aujourd'hui.

C'est que les patrons de la SAQ appliquent une majoration élevée sur le prix coutant. Ainsi, plus ils paient cher les vins, plus ils rapportent de l'argent au gouvernement. Ils ne sont ainsi pas intéressés à acheter des vins à bas prix, parce cela leur procurerait moins de revenus. Le vérificateur général de l'Ontario avait fait les mêmes observations concernant la LCBO en 2011.

La direction de la SAQ a adopté plusieurs tactiques ces dernières années pour payer cher les vins. Nous en avons observé trois de ces tactiques. Ce sont :

Hausse des importations de vin d'Italie au Canada

Les Canadiens aiment beaucoup des vins d'Italie. Du moins, les importateurs, puisqu'au Canada ce sont des employés de l'État qui décident quels vins seront importés.

Le Canada a importé 282 millions de litres de vin tranquille en bouteille en 2015. Les importations d'Italie occupent la première place avec 60 millions de litres, en hausse de près de 8 % par rapport à l'année précédente.

L'Italie est talonnée de près par les États-Unis avec 55 millions de litres, en hausse de 2,5 %.

La France arrive en troisième place avec près de 48 millions de litres (ML), en hausse de 1,7 %.

Puis, c'est l'Australie (30 ML) et le Chili (20 ML) qui a vu ses ventes augmentées de 7 %.

L'Argentine est en baisse de 1 % à 18 millions L. Pendant que l'Espagne est en hausse de 14 % à 15 millions L. Suivent la Nouvelle-Zélande (10 ML); le Portugal (9 ML); l'Afrique du Sud (8 ML) et l'Allemagne avec 4 millions de litres.

Ceci pour les volumes. En dollars, ce sont toutefois, les États-Unis qui sont en première place avec des importations de 472 millions $, devant l'Italie (412 M$) et la France (374 M$).

Maintenant, du côté des vins en vrac, le portrait est un peu différent.
Pendant que nous importons 282 millions de litres de vin en bouteille, nous en importons 117 millions en vrac. Ce vrac provient surtout d'Australie à hauteur de 33 millions de litres, puis du Chili (21 ML); des États-Unis (17 ML); d'Espagne (14 ML); d'Afrique du Sud (11 ML); de France (6 ML) et d'Italie (5 ML).

Hausse des importations de vin en vrac au Canada

Les importations de vin en vrac au Canada augmentent trois fois plus vite que celles en bouteille.

Nos monopoles d'État de vin sont de plus en plus friands des vins en vrac.

En effet, les importations de vin en vrac ont augmenté de 34 % de 2010 à 2015 au Canada.
Pendant ce temps, les importations de vin en bouteille n'ont augmenté que de 12 %.

Les importations de vrac sont passées de 87 millions de litres en 2010 à 117 millions de litres en 2015.

C'est que le prix du vin en vrac est 7 fois plus bas que celui du vin en bouteille; soit 0,99 $ le litre pour le vrac et 7,15 $ pour la bouteille en 2015.

De plus, le prix du vrac est redescendu. Il est passé de 0,93 $ en 2010 à 1,06 $ en 2013 pour descendre à 0,99 $ en 2015. Pendant ce temps, le prix du vin embouteillé augmentait régulièrement passant de 6,17 $ en 2010 à 7,15 $ le litre en 2015.

Nos monopoles ont ainsi décidé de hausser leur importation de vrac de 11 % en 2014 et de 13,5 % en 2015.

À 0,99 $ le litre, le vin en vrac est très avantageux. Il revient à l'équivalent de 0,74 $ la bouteille. Ces bouteilles sont ensuite revendues dans les magasins des monopoles ou dans les épiceries à plus de 11-14 $.

Ce vrac vient surtout d'Australie à 87 cents le litre et du Chili encore moins chers à 77 cents le litre.
Puis des États-Unis à 1,53 $; de la France à 1,60 $ et d'Espagne au prix très bas de 0,66 $ le litre.

En 2015, le Canada a importé 117 millions de litres de vin en vrac et 282 millions de litres en bouteille, selon les chiffres compilés par Il Corriere vinicolo.

Frais de gestion élevés à la SAQ

La direction de la Société des alcools a annoncé hier qu'elle mettrait fin à la publication de ses trois magazines Cellier, Tchin Tchin et Le courrier vinicole.

Le mois dernier, la SAQ avait annoncé qu'elle supprimerait 90 emplois pour alléger sa structure administrative.

De plus, hier, la vice-présidente principale de la SAQ a dit à une journaliste du journal La Presse que la SAQ ouvrira le magasin de l'avenir à l'automne à Montréal. Mme Catherine Dagenais a déclaré que la SAQ «veut créer une succursale "fluide"» Il y aura «un mur avec des photos de produits et des codes à barres pour les acheter au moyen de son téléphone».

Des photos de produits au lieu des bouteilles de vin dans un magasin comme ici dans une station de métro de Montréal. Pour réduire les coûts.

De plus Mme Dagenais a dit espérer que les ventes par internet soient décuplées d'ici deux ou trois ans.

La société d'État est en train de tenter de réduire ses frais administratifs.

En août dernier, la Commission Robillard avait constaté que «la SAQ est l’agence provinciale ayant le ratio des frais d’administration sur les ventes nettes le plus élevé, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador.»

Par la suite, le gouvernement du Québec a demandé à la SAQ d'améliorer son efficience. C'est ce que semble essayer de faire la direction de la SAQ.

C'est que les frais administratifs de la SAQ sont jugés trop élevés. Si l'on compare avec les autres sociétés des alcools au Canada, l'on constate une grande différence dans les dépenses.

Pour des ventes presque du même niveau de 2,5 milliards à 3 milliards de dollars, trois provinces ont des frais administratifs très différents.

Pour des revenus assez prêts de ceux du Québec, la société des alcools de la Colombie-Britannique a des frais administratifs deux fois moindre que ceux de la société des alcools du Québec; soit 321 millions contre 634 millions $ au Québec. Pour ce qui est de l'Alberta, c'est 20 fois moins: soit seulement 32 millions de dollars.

Ce qui veut dire que pour 1 dollar de vente, la société des alcools du Québec dépense 0,21 $; alors que celle de Colombie Britannique en dépense la moitié soit 0,11 $ et l'Alberta 20 fois moins, une cenne!

 

Ventes et frais d'administration de trois régies des alcools du Canada 2014-2015

Québec Colombie-
Britannique
Alberta
Ventes 3000 2800 2500
Frais d'aministration 634 321 32
       
Ratio dépenses/ventes 0,21
0,11
0,01
Ces chiffres sont tirés des données de Statistiques Canada, Tableau CANSIM 183-0025, 10 mai 2016

Mort des trois magazines de la SAQ

La direction de la SAQ annonce par l'entremise du journal La Presse la mort de ses trois magazines Cellier, Tchin Tchin et Le Courrier vinicole.

Ils cesseront d'être publiés « dans leur format actuel » a dit la vice présidente Catherine Dagenais en exclusivité à La Presse.
Pourquoi d'ailleurs cette exclusivité. Pourquoi la direction de la SAQ choisit-elle ce journal pour publier ses communiqués? L'information n'apparait même pas dans le site de la SAQ ni à la section Nouvelles, ni à la section des communiqués de presse.

La SAQ dit aussi à La Presse que les circulaires seront moins nombreuses.
L'article ne dit pas combien coute la production de ces trois magazines ni ne parle des coûts de production des circulaires.

L'accent sera mis sur internet et sur la carte de fidélité Inspire.

Une phrase est étonnante dans ce texte du journal La Presse : «souligne Catherine Dagenais, qui mentionne que depuis l'automne, seulement 50 000 personnes (sur 1,5 million de membres Inspire) ont acheté le meilleur vendeur de la SAQ, pourtant écoulée à des millions d'exemplaires.»

La journaliste Marie-Eve Fournier ne mentionne pas le nom de ce vin. D'après des chiffres de la SAQ, le meilleur vendeur est le Red Revolution. Ce produit est vendu surtout dans les épiceries et dépanneurs, qui a notre connaissance n'acceptent pas la carte de fidélité de la SAQ. Si on exclue les ventes en épicerie, le meilleur vendeur est le Merlot Grand Sud.

La SAQ nous dit aussi par l'entremise de La Presse que les ventes en ligne ont doublé depuis un an; qu'elles représentent maintenant 1 % des ventes et que d'ici deux ou trois ans  ce sera 10 % des ventes qui se feront en ligne.

La SAQ essaye d'améliorer son efficience comme lui a ordonné le gouvernement du Québec à la suite de la publication du rapport de la commission Robillard. Ces magazines coutent probablement bien cher et rapportent fort peu.

La SAQ dévoile ses nouvelles stratégies en exclusivité à La Presse, 19 mai 6h28

Le cabernet franc

Le cabernet franc est un cépage plutôt méconnu.
Il est souvent à l'ombre du cabernet sauvignon et du merlot.
Il est aussi souvent assemblé avec ces deux cépages.
Il est entre le velouté merlot et le robuste cabernet sauvignon.
Il est moins tannique que le cabernet sauvignon, mais quelquefois plus aromatique.

C'est un cépage plus précoce que le cabernet franc, ce qui fait qu'il peut être utilisé dans les zones plus froides. Il lui faut toutefois un sol bien drainé et assez humide, car il supporte mal la sécheresse et le stress hydrique.

Le choix du porte-greffe aurait une grande influence sur ses arômes et saveurs. Le choix du sol aussi, comme nous le constaterons à la dégustation. On lui connait plus de 100 clones conservés en Anjou et dans le Bordelais.

En France, il est utilisé dans un grand nombre d'appellation, dont les suivantes:  Médoc, Graves, Saint-Émilion, Bergerac, Pécharmant, Côtes de Duras, Buzet, Madiran, Irouléguy, Béarn, Côtes du Marmandais, Côtes du Brulhois, Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Chinon, Saumur, Saumur-Champigny, Touraine, Coteaux du Loir, Anjou, Orléans-Cléry, Cheverny, Coteaux du Vendômois, Coteaux d'Ancenis, Vins du Thouarsais, Haut Poitou, Malepère, Cabardès, Limoux...

On le retrouve aussi dans plusieurs pays, dont l'Italie, le Canada, l'Australie, la Hongrie et les États-Unis.

Le cabernet franc est aussi utilisé pour faire du rosé.

Le spiritueux le plus vendu au Québec : un rhum

Le spiritueux le plus vendu au Québec est un rhum: c'est le Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré (alc. 35 %) au format de 40 oz (1,13652 litre) à 39,75 $.
Il est disponible en ligne et dans 395 des 400 magasins de la SAQ.

Il est suivi d'une vodka et d'un Baileys.

La consommation de spiritueux a augmenté de 72 % au Québec de 1997 à 2013, passant de 2 litres à 3,5 litres selon les chiffres de Statistique Canada.
Malgré cette hausse, le Québécois consomme toujours moins de spiritueux que tous les autres Canadiens.

Voici la liste des 10 meilleurs vendeurs parmi les spiritueux à la SAQ pour l'année 2015.

 1 Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré  40 oz (1,14 l) 39,75$
 2 Smirnoff triple distillation vodka  40 oz 35,25 $
 3 Baileys l'original boisson à la crème irlandaise  40 oz  39,75 $
 4 Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré  750 ml 27,80 $
 5 Smirnoff triple distillation vodka  375 ml 13,75 $
 6 Grey Goose vodka  750 ml 47,75 $
 7 Smirnoff triple distillation vodka   750 ml 29,95$
 8 Baileys l'original boisson à la crème irlandaise  750 ml 29,95 $
 9 Bacardi Superior rhum blanc  40 oz  39,25$
10 Bombay Sapphire London dry gin   40 oz  39,75$

Du bon vin dans des viniers?

Vous connaissez les viniers? Ils n'ont pas bonne réputation auprès des connaisseurs ici au Québec.

C'est du vin en boite; en fait dans un sac de plastique contenu dans une boite de carton.
Nos cousins de France les appellent bag in box, ou bib.
Ce format est assez populaire en France et très populaire en Suède.

La revue Protégez-Vous a demandé à quatre experts de les tester. Ils en ont goûté 27.

Les meilleurs: en blanc, le Cuvée Saint-Pierre Blanc (45 $ le 4 litres); en rouge le Giacondi Nero d'Avola (32,75 $ le 3 litres). Ils ont obtenu la note de 79 %. Ils reviennent à 8,40 $ et 8,20 $ la bouteille.
Le rouge s'est conservé pendant seulement 7 jours; un blanc plus longtemps. C'est que le plastique est moins étanche que le verre, nous dit Protégez-vous.

Plusieurs de ces vins en viniers ont été jugés trop sucrés ou dilués. La plus basse note (70 %) a été donnée au Big House Cardinal Zin.

Le magazine nous dit de vérifier la date de péremption avant d'acheter. «Lors de notre test, nous avons dû retirer un vinier de notre sélection, le Murari Valpolicella. Sa date de péremption était dépassée depuis plus de sept mois»!

Pour tous les détails de ce test voir Les viniers au banc d'essai, Protégez-Vous, Clémence Lamarche, en ligne mai 2016, en magazine juin 2016.

La SAQ te souhaite bon anniversaire

C'est votre anniversaire et vous recevez un courriel de la direction de la Société des alcools du Québec (SAQ) vous disant «Joyeux anniversaire! Célébrez avec des points qui font pop. 10 X les points sur votre bouteille de BULLES préférée».

Le courriel dit que c'est valable pour les 7 prochains jours.

Qu'en penserez-vous?
Vous avez une la carte de fidélité SAQ-Inspire comme 1,5 million d'autres Québécois et la société d'État vous offre d'aller dépenser un peu d'argent dans un de ses magasins!

Un client de la SAQ n'a pas apprécié. Voici ce qu'il m'a écrit récemment.

«Aujourd'hui, le jour de mon anniversaire, je reçois un courriel de SAQ Inspire. Promotion spéciale pour mon anniversaire: 10X les points sur l'achat d'un mousseux et ce, valable pour les 7 prochains jours. Je suis sidéré», m'écrie-t-il.
 
Il ajoute: «Est-ce éthique? J'en doute. Je n'aime pas ce type de marketing utilisant des données personnelles. D'ailleurs, la date de naissance était un champ obligatoire lors de l'inscription à Inspire. Je n'aimais pas l'idée de partager cette info avec la SAQ... maintenant on voit le résultat

«À XX ans, on ne se laisse pas manipuler ainsi.... enfin pour les trucs évidents ... Qu'en est-il des plus jeunes ?  Très dangereux
 
Ce n'est peut-être qu'un début!
«Quelle est la prochaine étape?» se demande notre correspondant. «Utiliser mon profil d'acheteur: étude de ce que j'achète, les SAQ que je fréquente, ma consommation selon certaines dates fériées ... Tout cela est peut-être déjà en cours. L'étude de consommation d'un produit de luxe peut révéler une foule de renseignements à un organisme gouvernemental..

En effet, monsieur pose des questions pertinentes. Est-ce éthique, surtout de la part d'une société d'État, d'inciter des citoyens à aller acheter de l'alcool? Jusqu'où les dirigeants de notre société d'État vont-ils aller pour accroitre leurs ventes de vins mousseux, de spiritueux et de bière?

Le but de cette opération est évident. C'est d'inciter à dépenser et ainsi d'accroitre les ventes du commerce. Pourtant, au moment du lancement de la carte Inspire, on nous disait au bureau du ministre Carlos Leitão responsable de la SAQ «qu'il n'y aura pas de sollicitation

Les gens de la SAQ sont poussés par le ministère des Finances à rapporter continuellement plus d'argent, alors ils sont incités ainsi à trouver de nouveaux moyens pour remplir des objectifs de rendement de plus en plus élevés.

_________

Sur le même sujet voir SAQ Inspire, quel est le but? 1 oct 2015
 

Le modèle d'affaires de la SAQ sera revu

Le modèle d'affaires de la Société des alcools du Québec pourrait être modifié.

En effet, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déclaré en Commission parlementaire des Finances que «le modèle d'affaires de la SAQ sera revu».

Monsieur Leitão a répété cela à plusieurs reprises mardi lors d'une audience du projet de loi 88 sur la vente de vin québécois dans les épiceries. «Oui, nous sommes en train de revoir le modèle d'affaires au total de l'entreprise.»

Toutefois, le ministre n'a pas donné plus de précisions sur ces changements à venir.

Le ministre titulaire de la SAQ a fait cette déclaration lorsque le député François Bonardel a proposé un amendement au projet de loi 88 pour y inscrire l'obligation de la SAQ de faire la promotion des vins du Québec. «La Société a également pour fonction de soutenir la fabrication des boissons alcooliques du Québec et d'en promouvoir les produits.»
Le ministre a toutefois refusé d'ajouter cette phrase à la future  loi sans vraiment dire pourquoi.

Carlos Leitão a aussi dit qu'il avait mentionné lors de la présentation du budget en mars que le modèle d'affaires de la SAQ serait revu.

D'ailleurs, c'était une des principales recommandations de la Commission Robillard en août 2015. La commission demandait alors de libéraliser le marché des vins et spiritueux et de mettre la SAQ en concurrence.

Québec-Alberta: 10 ans en vin

L'un est un marché de vin dominé par un monopole.
L'autre est un marché de libre commerce du vin.

On compare souvent ces deux marchés canadiens parce qu'ils ont deux modèles d'affaires différents.
La vente d'alcool en Alberta a été libéralisée en 1993; alors que celle du Québec est toujours sous la domination d'un monopole du moins pour le vin.

Lequel est le plus efficace?
Si l'on étudie les ventes de vin dans les deux provinces au cours des 10 dernières années l'ont obtient le tableau suivant. (10 dernières années parce que ce sont les années où les données sont disponibles)

Les résultats sont très éloquents. Les ventes de vin progressent presque deux fois plus vite en Alberta qu'au Québec.

  1. En 10 ans, les ventes en dollars ont progressé de 69 % au Québec et de 116 % en Alberta.
  2. En volume, la progression des ventes est de 46 % au Québec et de 85 % en Alberta.

Au Québec, les ventes de vin sont passées en 10 ans de 1,3 milliard à 2,2 milliards $: soit une hausse de 69 %. (Ventes dans les épiceries comprises)
Pendant ce temps en Alberta, les ventes passent de 261 millions à 565 millions $; une hausse de 116 %.

En volume, c'est une hausse de près de 50 % au Québec, pendant qu'en Alberta le volume de vin écoulé a presque doublé!

Ventes de vin en valeur et en volume Québec et Alberta
  Québec
Alberta
  2004-2005 2014-2015 + %
2004-2005 2014-2015 + %
Ventes en $ 1 341 815 2 264 245 69   261 416 565 672 116
Ventes en litres 110 027 160 166 46   23 507 43 608 85
Litres/habitant 17,6 23,1 31   9 12,9 43
Ce tableau a été établi à partir des données de Statistique Canada publiées le 9 mai 2016
@vinquebec.com

Par conséquent, la consommation de vin par année par habitant s'est accrue aussi beaucoup plus en Alberta qu'au Québec.

Si l'on regarde maintenant les progressions annuelles pour le volume des ventes de vin, nous constatons que ces volumes croissent beaucoup moins vite au Québec d'année en année et la situation s'est détériorée au cours des 3 dernières années. Les ventes en volume ont même diminué en 2013-2014 au Québec pour remonter légèrement de 2,3 % en 2014-2015. Pendant cette dernière année, les volumes de vente de vin ont augmenté de 8,2 % en Alberta.

Variations annuelles en pourcentage des ventes en volume Québec et Alberta
    2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Québec
  7,5 6,5 4,7 3,8 3,8 4,4 4,5 1,4 -0,5 2,3
Alberta
  10,8 10,8 6,9 2,1 3,7 6,3 4,9 6,9 3,5 8,2
Extrait du tableau 183-0023 1, 2 Ventes et les ventes par habitant de boissons alcoolisées des régies des alcools et d'autres points de vente au détail, selon la valeur et le volume (variation en pourcentage (d'une année à l'autre)) annuel.

On pourrait penser que ces fortes hausses de ventes de vin en Alberta se sont faites au détriment des autres alcools. Mais non, les ventes de bière et de spiritueux ont aussi augmenté dans cette province.

Vente de vin: Québec à la traine!

Faible hausse des ventes de vin au Québec

Le Québec est, avec la Nouvelle-Écosse, la province où les ventes de vin ont le moins augmenté au Canada au cours de l'année dernière.

Pendant que les ventes de vin augmentaient de 5,1 % en moyenne au Canada, ce fut de seulement 2,3 % au Québec et 1,8 % en Nouvelle-Écosse.

En Ontario, la hausse des ventes de vin a été de l'ordre de 5,8 % de 2014 à 2015, selon les chiffres publiés cette semaine par Statistique Canada. En Alberta ce fut encore mieux avec +9,5 % et +7,1 % en Colombie-Britannique.

Pendant ce temps, les ventes de bière au Québec ont augmenté de 3,2 % ce qui un peu au-dessus de la moyenne canadienne (3,1 %).

Par contre, le Québec est champion canadien pour la hausse des ventes de spiritueux avec une hausse de 4 % alors que la moyenne canadienne est de 2,7 %.

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