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Brett ou pas

Depuis quelque temps, nous tombons de plus en plus sur des vins défectueux. Des vins avec de fortes odeurs de cuir ou d'écurie et même pire. Nous associons souvent cela à des levures Brettanomyces. (*) Certains dégustateurs et chroniqueurs vin ont même développé ce que je nommerais une intolérance aux Brett.

En fait, les Brett ne seraient pas en cause dans tous les cas.

Le 13 avril, je publiais une note sur le vin bio Canet Valette Une et Mille nuits Saint-Chinian 2012. «Des odeurs de cuir et d'écurie. Une bouche amère. Pas de fruit! Que s'est-il passé? À retourner.»

Le même vin dégusté à la fin du mois à Montpellier (France) a donné le même résultat. Des collègues m'ont affirmé que ce vin était contaminé par ces fameuses Brett.

De retour au pays et intrigué, j'ai écrit au producteur pour lui demander ce qu'il en était.

M. Marc Valette m'a répondu très gentiment qu'il avait lui aussi goûté à certaines de ses bouteilles au mauvais goût. «Le problème m'est personnellement arrivé et croyez que depuis, je mets tout en oeuvre pour comprendre le phénomène et le corriger afin de ne plus avoir ce genre de désagréments. Ceci est d'autant pus difficile que cela ne concerne qu'une partie des bouteilles pour une mise unique du millésime.»

M. Valette a fait faire des analyses microbiologiques qui n'ont pas trouvé la présence de Brett, ni de bactéries acétiques susceptibles de se développer. Toutefois, il y a des bactéries qui peuvent se développer dans des conditions extrêmes (grands écarts de température.

 Nous touchons là à un problème que nous avons trop longtemps sousestimé. Je parle ici pour tous les vins, conventionnels, ou biologiques; car pour des PH de 3,69 (voir analyse jointe) comme pour le "une et mille nuits 2012", il faudrait avoir des doses de SO2 très importantes (50mg de libre) pour empêcher le développement de ces bactéries ou filtrer stérile (0,2micron) pour les tuer.»

Nous voyons encore là l'importance des pH bas et de leur relation avec l'usage des sulfites. M. Valette dit prendre tout les mesures pour contrer ce problème.

«Les pistes de réflexion que j'ai mises en pratique dès la récolte 2014 sont:
- évidemment, mesures d'hygiène renforcées à toutes les étapes de la vinification.
- couverture en gaz (azote ou gaz carbonique) lors de toutes les manipulations.
- attention très particulière sur les soutirages : mise à l'écart des fonds de cuves et réintégration après collage.
- importance de l'intégration et de la dose de SO2 à amener afin d'avoir un taux de total faible pour un taux de libre relativement important.
- attention particulière à la mise en bouteille (hygiène, rôle de l'oxygène dissout) et aux matières sèches (bouchons, bouteilles).»

On voit que ce n'est pas simple et que cela demande une attention constante.

M. Valette conclu «Croyez bien que ce problème me préoccupe au plus haut point et que je fais tout pour y remédier. Étant passionné de vin et celui-ci étant pour moi, avant tout instigateur de moments de plaisir, il est inacceptable tant pour le consommateur que pour le producteur de se trouver face à de telles bouteilles.»

Tout ceci est bien intéressant. On produit de plus en plus des vins qui ont moins d'acidité (réchauffement climatique et pratique vinicole), au pH élevé (pH 3,6 et +), en voulant y mettre le moins de souffre possible et cela entraîne des risques.

Ceci peut donner des vins avec des odeurs rappelant les écuries que nous journalistes attribuons souvent aux Brett, ce qui ne serait pas toujours le cas.

Merci beaucoup à monsieur Marc Valette d'avoir répondu avec beaucoup de détails à notre question — ce qui nous fait comprendre un peu mieux la fabrication du bon vin — et nous lui souhaitons du succès dans ses recherches.

 Brettanomyces
Communément appelé Brett, des levures (champignons) qui donne une odeur d'écurie, de ferme, de médicament, de caoutchouc brûlé au vin. On en retrouve de plus en plus à cause du réchauffement climatique et de la diminution des quantités de soufre utilisées pour protéger le vin. Voir aussi notre article Les odeurs d'écurie dans le vin.

 

 

La SAQ devant la commission des finances

Le président de la Société des alcools a comparu hier devant la commission des finances de l'Assemblée nationale à Québec. C'est une comparution annuelle. M. Brunet a dû répondre à des questions des députés sur la performance de la SAQ. La plupart des questions ont été posées par le député de Granby, François Bonnardel, de la CAQ.

Le député a posé plusieurs questions demandant pourquoi nous étions le pays qui paie le plus cher les vins achetés dans le monde. Le Canada est le 4e plus gros importateur de vin au monde, pourtant nous sommes le pays qui paie le plus cher les vins que nous achetons dans la plupart des pays producteurs. (*)

M. Brunet a répondu à chaque fois en disant que nous payons le moins cher parmi les acheteurs canadiens!

M. Bonnardel a demandé aussi pourquoi la SAQ ne négocie pas directement avec les producteurs afin d'éviter la commission de 15 % des agents représentants les producteurs. Une somme évaluée à 150 millions de dollars. M. Brunet a répondu que c'était le système d'affaires courant.

Il a demandé aussi à la SAQ d'être plus transparent et d'afficher ses vins en vrac.

Le député a aussi demandé pourquoi ne pas permettre aux dépanneurs d'afficher les cépages. Le président de la SAQ a répondu qu'était un règlement qui dépend de la Régie des alcools.

Finalement, le député a demandé si la SAQ n'était pas juge et parti en faisant analyser les vins par ses propres employés au lieu de passer par un laboratoire indépendant. M. Brunet a répondu que «nous sommes parmi les meilleurs au monde».

* Voir Nos monopoles paient plus cher les vins du monde.

Vous pouvez visionner les travaux de la commission des finances à cette adresse assnat.qc.ca.

Limoux que c'est bon!

J'avais bien hâte de faire mon pèlerinage annuel dans le Languedoc, pour déguster, entre autres, les crémants de Limoux.
 
Pourquoi particulièrement les crémants de Limoux? Parce qu'un relevé de dégustation de la Revue du vin de France avait été bien sévère envers les mousseux de cette région.
 
Dans l'édition de mars de la revue, une dégustarticre d'Alsace affirmait que les crémants de Limoux n'étaient pas bons. En fait, un seul a été jugé digne de mention, contre un grand nombre pour l'Alsace. Elle disait que les crémants de Limoux étaient déséquilibrés!

Ainsi, arrivé au Château de Flaugergues pour la semaine de dégustation Terroirs et Millésimes en Languedoc, j'attendais avec intérêt la journée de dégustation des vins de Limoux. Ce fut mercredi, les crémants qui y étaient présentés étaient au nombre de 10. Je ne sais pas si ce sont les mêmes que la RVF a dégustés. Ils n'ont malheureusement pas publié la liste des échantillons reçus.
 
Cinq de ces dix crémants étaient parfaitement délicieux. Mon préféré a été le Taudou 10 €, fin et savoureux, puis le Eugénie 9,60 et l'Héritage brut 2012 10,40 d'Antech, l'Imperial Brut Tendre de la Maison Guinot et le Robert 2011 de la Société des Vins Robert

À cette dégustation de Montpellier, il y avait aussi des Blanquettes de Limoux. Les Blanquettes sont faites exclusivement du cépage mauzac, cépage limouxin. Blanquettes et crémants sont élaborés selon la méthode traditionnelle, dite aussi méthode champenoise en Champagne. Encore là, mon préféré a été celui de la maison Taudou 8 , puis le Réserve de la maison Antech 7,90 , suivit du Domaine de Fourn 9 (20,10 $ SAQ) et du Château Rives-Blanques 12,50 .

«La Blanquette de Limoux trouve son origine, en 1531, dans les caves de l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, lorsqu'un moine découvrit que le vin qu'il avait mis en bouteilles et soigneusement bouché de liège formait des bulles, comme s'il commençait une nouvelle fermentation.» (www.limoux-aoc.com)

Finalement, nous avons pu déguster trois Blanquettes Méthode ancestrales. Ce sont des vins qui ne font pas de deuxième fermentation en bouteille. Le bien nommé Doux et Fruité Antech 7 , le Taudou 7,30 et le Doux de Robert 9 € sont absolument délicieux

À la SAQ, nous avons malheureusement peu de vins de Limoux. Notons toutefois, en plus de la Blanquette de Fourn, la Cuvée Expression 2013 d'Antech à 20,55 $ et 
Le Laurens Clos des Demoiselles Tête de Cuvée 2012 à 22,65 $. Nous trouvons aussi ici la Première Bulle de la coopérative Sieurs d'Arques. 

Il se fait aussi du crémant rosé à Limoux (le temps à manquer pour les déguster) et des Limoux blanc aux délicieuses saveurs de chardonnay dont Los Salvios 2013 du Domaine Girard, deux vins 2013 de Paul Mas le Ch. Martinolles VV et le Arrogant Frog
Il s'y fait aussi du Limoux rouge qui m'a moins impressionné. Notons tout de même la Grande Cuvée 2013 du Domaine Denois

Comment est faite la mystérieuse Blanquette ancestrale?
Voici ce qu'on peut lire sur le site de l'AOC Limoux. 
«La fermentation de la Blanquette Méthode Ancestrale, si elle est mystérieuse est aussi entièrement naturelle. Elle n'a pas recours à la sophistication de l'assemblage et du vieillissement.» On n'ajoure pas non plus de liqueur de tirage ni de liqueur d'expédition.

«Le sucre contenu dans le Mauzac vendangé, ainsi que les conditions climatiques, interviennent exclusivement. Les moûts fermentent jusqu'à l'obtention de 5/6° d'alcool, la mise en bouteilles est ensuite effectuée au mois de mars toujours au moment de la vieille lune, ou lune descendante. Alors, le vin prend mousse et atteint finalement 6/7 ° d'alcool.» (www.limoux-aoc.com)

Suggestions à la SAQ
Nous devrions avoir ici des Blanquettes Méthodes ancestrales, ainsi que les vins de la maison Taudou.
 
Quelques chiffres sur Limoux
Limoux est à quelques kilomètres au sud de Carcassonne.
L'AOC a 7800 hectares sur une altitude de 200 à 300 mètres.

Une cinquantaine de caves particulières et deux coopératives regroupant 500 vignerons et huit maisons de négoce.
La Blanquette c'est 4,6 millions de bouteilles en moyenne par année; le crémant c'est 5 millions, l'ancestrale 750 000 cols.

Exportations: 33 %. Belgique, États-Unis, Grande-Bretagne et Canada.
 
Les cépages
Blanquette de Limoux: 90 % mauzac minimum, 10 % chardonnay, chenin.
Crémant de Limoux: 90 % maximum chardonnay et chenin, (chenin minimum 20 % - maximum 40 %), 20 % maximum de cépages accessoires, mauzac et pinot noir ensemble, pinot noir seul limité à 10 %.
Blanquette Méthode Ancestrale : 100 % mauzac
 
Pour en connaître plus sur ces vins de Limoux, consultez le site www.limoux-aoc.com
Pour en savoir plus sur l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc, regardez le reportage de
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Ces vins ont été dégusté lors de l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc, à l'invitation du Comité interprofessionnel des vins du Languedoc (regroupement des producteurs de vins du Languedoc)
Je vous parlerai bientôt des vins des Terrasses du Larzac et d'autres AOC, ainsi que des surprenants blancs du Languedoc.

Vins nature interdits en région!

Je reviens d'un voyage de presse en France et je découvre que la Société des alcools du Québec a mis en vente 6 nouveaux vins nature. Bravo!

Mais il y a un petit problème... un gros problème même! Il n'y en a aucun dans ma région! (Ni dans la vôtre d'ailleurs!)

En fait, ces vins sont indisponibles dans tout le Centre-du-Québec, tout le Bas-Saint-Laurent, Chaudières-Appalaches, Côtes-Nord, toute l'Estrie, Gaspésie, Lanaudière, Sagnenay, Lac-Saint-Jean et Mauricie entière. Le désert nature en région!

En Montérégie, seule la Dix-30 est pourvue sur 68 succursales. Dans les Laurentides, seule Rosemère a une caisse (entière!) de 12 (dans l'arrière-boutique, je suppose). Dans toute la région de Québec, seules deux succursales sur les 43 en ont. Les deux dans la ville de Québec même.

De plus, seulement trois de ces vins sont disponibles pour achat en ligne. (Il est à noter que les vignerons nature demandent de ne pas transporter ces vins à plus de 14 degrés Celcius. Ils ont peu de sulfite, qui est un antibactérien, donc peuvent se détériorer rapidement. Vin nature France)

SAQ, ça se dit un réseau de distribution!
Pourquoi réserver tous ces vins aux seuls habitants des centres-ville de Montréal et de Québec? Pourquoi interdire la découverte des vins nature aux habitants des régions? Dites-moi!

18 % des ventes de la SAQ se font en SAQ Dépôt

Huit des 400 magasins de la Société des alcools du Québec font 18 % des ventes de la SAQ. Ce sont les 8 SAQ-Dépôt. Ils étaient six. Ils sont maintenant huit et seront dix bientôt selon le président de la société d'État cité par Carl Renaud dans le Journal de Montréal d'hier.

«L’été prochain, l’enseigne comptera 10 magasins avec Repentigny et Mirabel. C’est le nombre d’établissements à escompte qu’un grand réseau doit avoir. L’enseigne génère 18 % de nos ventes», dit le président Alain Brunet.

18 % des ventes en argent, ça veut donc dire que plus d'une bouteille sur 5 vendues à la SAQ l'est dans les SAQ Dépôt. En effet, les vins y sont moins chers. Ils sont réduits de 15 % si on achète 12 bouteilles. Ces succursales ont de 300 à 800 vins. C'est moins que dans les succursales Sélections, mais ils y sont en plus grande quantité. La plupart de ces produits sont aussi dans les autres succursales, mais il y a 136 vins qui ne se retrouvent que dans les SAQ Dépôt. La plupart sont à moins de 20 dollars. Jusqu'à 20 % des vins sont exclusifs dans les deux nouvelles succursales dépôts.

Des économies?
Les gens ont l'impression d'y faire des économies, mais il faut nuancer. Ce n'est pas la SAQ qui donne le 15 % de rabais, mais plutôt le producteur. Celui-ci ajuste donc son prix en conséquence. En somme, il hausse son prix affiché pour le réduire à la caisse.

De plus, si nous achetons ces vins dans les autres succursales, nous les payons 15 % plus cher.

J'avais remarqué dans une recherche faite l'an dernier que ces vins sont encore plus chers qu'en Ontario. La différence est beaucoup plus élevée que pour les autres vins disponibles dans les succursales ordinaires!

Ça fonctionne par appels d'offres. La SAQ dit qu'elle bénéficie ainsi des budgets de promotion des fabricants. Ce sont les gros fabricants qui obtiennent ces espaces sur les rayons dans les dépôts. Ils peuvent fournir de grandes quantités de bouteilles.

Donc, ne nous imaginons pas qu'on nous fait un cadeau. Nous payons le prix. Même après la réduction de 15 % c'est tout de même plus cher qu'en Ontario, comme nous le montre le tableau suivant!

Prix vins Québec vs Ontario
  SAQ LCBO Diff Diff %
Georges Duboeuf Beaujolais-Villages 16,50 14,95 1,55 24%
Carmen Reserva Carmenere 13,95 11,45 2,50 21%
Bolla Valpolicella Classico 16,05 13,95 2,10 24%
Monasterio de Las Vinas Gran Reserva 20,10 16,95 3,15 19%
Masi Passo Doble 17,00 13,95 3,05 15%
Cusumano, Syrah 14,20 11,95 2,25 19%
Santa Cristina 15,80 13,00 2,80 22%
Carpineto Dogajolo 17,60 14,40 3,20 22%
Fuzion shiraz malbec 10,05 7,95 2,10 26%

  En fait, la différence est encore plus grande. Il faut en effet enlever de 0,20 $ de consigne aux vins de la LCBO.

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Un dur hiver pour les vignes du Québec

Cet hiver a été l'un des plus froids que nous ayons connu au Québec. «Ce froid a malheureusement causé des dommages aux bourgeons des vignes.» Comme nous le signale une note du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Des conseillers viticoles ont fait des prélèvements dans les vignes et on constaté des dommages importants. La survie des bourgeons primaires varie de 10 à 100 %. La Montérérie et Lanaudière ont été plus touchées. En Montérégie-Est, le taux de survie des premiers bourgeons de Frontenac est de 90 %, mais ceux des Marquette n'est que de 40 %.

En Lanaudière, le taux de survie des cépages Frontenac et Marquette est inférieur à 59 %.

En Estrie, c'est mieux, mais variable d'un site à l'autre de 33 à 80 % de taux de survie.

Pourtant, ce sont des cépages rustiques.
Les résultats pour les cépages non rustiques seront connus plus tard.

Si j'ai bien comprix, les bourgeons primaires sont ceux qui donnent les raisins de meilleure qualité. Après la mort de ces bourgeons primaires, il apparait aussi des bourgeons secondaires, mais ils donnent de moins belles grappes et donc des vins de qualité inférieure.

«Selon les premiers résultats obtenus, la situation se compare à celle de 2014», selon la note du Réseau d’avertissements phytosanitaires.

Fait étonnant, l'hiver précédent il y a eu plus d'heures à -20 Celcius en Estrie qu'à Québec. En effet, il y a eu 375 heures à moins de -20 C en Estrie, mais 331 à Québec au cours de l'hiver 2013-2014. Le moins d'heures à -20 C ont été relevées en Montérégie-Est, soit 141 heures. Il faut noter ici que ces chiffres varient énormément d'un site à l'autre.

Cette année, la température minimale moyenne a été de -16 en janvier dans plusieurs secteurs et de -19 en février.

Il a donc fait très froid et longtemps, ce qui fait dire au vigneron Anthony Carone sur sa page Facebook qu'«après des années d'avertissement à mes collègues vignerons du danger de ne pas protéger même des vignes rustiques, le pire a finalement eu lieu. Heureusement, les vignerons intelligents ont stocké des niveaux de vins pour accueillir les pertes pour les trois prochaines années!»

Source: Réseau d’avertissements phytosanitaires – Avertissement N˚ 1 – Vigne – 14 avril 2015

Baisses des importations de vin de France au Canada

Les importations de vin de France ont baissé en 2014 par rapport à l'année précédente.

En volume, la baisse est de 4 %; en valeur c'est une chute de 12 %.

Il y a chute sans presque toutes les AOP (appellation d'origine protégée), sauf pour le champagne qui a connu une petite hausse de 0,52 % (arrondie à 1 dans le tableau).

Par contre, nous avons importé plus de vin IGP (indication géographique protégée) une hausse de 3 %. Du côté des vins sans indication (vin de France) la hausse a été de 0,6 %.

Parmi les AOC, les plus grandes baisses ont été du côté des Bordeaux (-15%) et des Bourgognes et Provence (-14%) et des Beaujolais (-13%).

Si l'on regarde les chiffres d'importation en valeur, la chute est plus forte. C'est -26 % pour Bordeaux de 72 millions € en 2013 à 53 millions € en 2014.

Seuls les vins sans indication géographique (SIG) et les IGP ont connu des hausses.

Importations en volume de vin de France au Canada en milliers d'hectolitres et millions €
  Volume   Valeur
  mhl %   %
IGP 160 3   51 1
SIG 84 1   14 5
Bordeaux 61 -15   53 -26
Bourgogne 38 -14   36 -16
Rhône 37 -7   26 -16
Languedoc 36 -5   15 -7
Beaujolais 24 -12   14 -15
Loire 17 -10   12 -10
Alsace 15 -5   9 -9
Champagne 12 1   38 -10
Autres mousseux 10 -2   6 -1
Provence 7 -14   4 -14
Autres AOP 37 -4   16 -9
Total vins 554 -4
300 -12

Source: Douanes françaises, BusinessFrance / Département Agrotech Interoc-service économique.

Le prix moyen du litre de vin de France importé au Canada est de 5,41 €; soit 4 € la bouteille ou 5,40 $.

Aux extrêmes, le prix du litre de champagne est de 31 € le litre (31 $ /bouteille); alors que les vins IGP sont 3,13 € le litre; soit 3,15 $ la bouteille.
 

Le meilleur en dégustation, le moins bon à table

L'expérience se répète souvent: le vin le meilleur en dégustation ne tient pas sa place à table!
 
Le vin le mieux noté en dégustation perd des points lorsque nous mangeons.
Autrement dit, le meilleur prétendant fait le moins bon mariage!
 
Nous dégustons deux vins rouges: A et B. Le premier est léger, plutôt acide, peu tannique, peu aromatique, agréable et bien fait. Le deuxième est plus aromatique, plus gras, plus complexe, nous semble bien meilleur que l'autre. Nous lui donnons une meilleure note.
 
À table, nous refaisons le même exercice en mangeant. Toutefois, nous constatons que nous buvons plus le A que le B. Nous éprouvons plus de plaisir à boire le vin souple que le vin plus costaud.  Au final, la bouteille du A est presque vide alors que celle du B est à mi-chemin.
 
Il faut dire que ce phénomène se reproduit souvent. J'aime déguster plusieurs vins avant le repas et poursuivre à table. La première fois que j'ai fait mention ici de ce genre de résultats, c'est en 2008 dans un texte intitulé Premier en dégustation, dernier au repas et vice-versa où le meilleur costières-de-Nîmes en dégustation devint le moins bon à table.
 
Ceci me rappelle aussi une expérience contée par Michel Dovaz juge au fameux Jugement de Paris organisé par Stephen Spurrier en 1976 à Paris. Au soir de cet évènement, M. Dovaz apporte des vins de ce concours pour les regoûter au repas avec un ami. Ils constatent alors que le champion lasse vite et ils finissent le repas avec un autre vin!
 
Cette découverte pose un problème de taille pour un prescripteur de vin. En effet, quel vin doit-on recommander?  Celui qui a une meilleure note en dégustation ou celui qui a la meilleure note à table? Qu'elle note doit-on mettre? Celle obtenue en dégustation pure ou celle de la table?
Et que valent ces notes données à des dizaines de vins dégustés et jugés d'une gorgée sans manger?
 
Comment les consommateurs vont-ils eux juger ce vin? Par la première gorgée prise ou lors du repas? Nous savons que la plupart du temps le vin est acheté pour accompagner un repas.
 
Mais pourquoi le meilleur vin en dégustation ne tient-il pas sa place à table?
Tentative d'explication. L'acidité et le gras.
 
Souvent le vin qui obtient la meilleure note en dégustation est le vin le plus gras, le plus riche. Il est souvent aussi le vin le plus aromatique et est dit plus complexe.
 
Toutefois, lorsqu'on le boit à table, il est confronté à un autre corps gras: la nourriture.
Gras sur gras, on se lasse, ça devient un peu lourd et peut-être parfois pâteux.
Pendant ce temps, le vin moins gras, dont l'acidité est plus apparente — je dis plus apparente car dans l'absolu il n'est pas toujours le plus acide, mais vu qu'il est moins gras, il semble plus acide — donc le vin qui semble plus acide, plus léger aussi, s'avère plus agréable avec la nourriture. Il l'accompagne, il n'additionne pas gras sur gras. Son acidité souvent même coupe dans le gras.
 
De plus à table, le côté aromatique, la richesse du bouquet ainsi que la complexité du vin mieux noté semblent moins importants qu'en pure dégustation. 
 
D'autres fois, c'est un vin tannique en dégustation, mais qui s'assouplit en présence d'un met. Ou encore un vin au boisé intégré en dégustation, mais dont le boisé vanillé, cocoaté ou caféié devient écoeurant à table!
 
Ceci est assez déroutant, mais très intéressant. Il faut poursuivre les expériences afin de mieux comprendre ce phénomène.
 
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Attention: de plus en plus de mauvais vins bio

Nous rencontrons de plus en plus de vins bio ayant des défauts!
Est-ce un hasard? Est-ce dû au fait que nous en dégustons plus? Est-ce dû aux conditions de conservation?
Le fait est que depuis quelque temps, le nombre de vins bio oxydés, brettés ou contaminés par des bactéries est plus grand.

Nous sommes à la recherche de vins bio. Donc, nous en testons plus. Malheureusement, le taux de rejet s'est accru ces derniers temps. Pourquoi? Nous allons tenter de donner des pistes de réponses.

La première piste: la température
Les producteurs de vin bio mettent moins de sulfites dans leurs vins. Ce dioxyde de soufre est un préservatif efficace. Il aide à la conservation des vins. Il est essentiel selon plusieurs. Des vignerons réussissent à produire de bons vins avec très peu de sulfites ajoutés. Toutefois, ils doivent prendre des précautions supplémentaires d'hygiène à la vigne, à la cave et lors de l'embouteillage. Ils (et leurs employés) doivent être très méticuleux.

De plus, les conditions de transports et d'entreposages doivent être idéales.

Ces vins traversent l'Atlantique, sont entreposés dans d'immenses locaux à Montréal, sont ensuite distribués dans les 400 succursales par temps très froids et très chauds, sont conservés un temps dans les arrière-magasins (quelquefois surchauffés) des succursales; puis sont placés sur les rayons de nos petites et grandes surfaces que sont les succursales SAQ. La température y est réglée pour le confort des employés et non pour celui des vins. Il y fait 22 degrés Celsius.

«Sur le plan microbiologique, les populations de microorganismes dénombrés sont plus conséquentes à tous les stades», écrit l'Institut français de la vigne et du vin qui a mené des tests sur les vins qui contiennent moins de sulfites. «La question de l’évolution et de la tenue de ces vins au cours de leur conservation en bouteilles se pose.» Après si peu que deux ans en bouteilles «au niveau sensoriel des écarts significatifs apparaissent» L'IFV recommande de «repenser les conditions de transport et de conservation des vins conditionnés» avec moins de sulfites. (1)

Les auteurs du site 1001 Dégustations notent aussi que «le soufre étant un stabilisant, les vins faiblement dosés présentent un risque de moins bonne conservation, notamment lors de variations de température.» (2)

Piste 2: le bouchon
Ces vins bio qui contiennent moins de sulfites sont plus sensibles à l'oxydation et aux développements potentiels de bactéries. «Sur le plan microbiologique, les populations de microorganismes dénombrés sont plus conséquentes à tous les stades», écrit encore l'IFV. Ils leur faut donc des bouchons très étanches de très bonne qualité. Le bouchon est le maillon faible ici.

La demande de bouchon de liège a explosé à la suite des hausses de production de vin dans le Nouveau Monde. Il est ainsi plus difficile d'avoir les meilleurs. Nous avons même vu des bouteilles de vin bio obturées avec des bouchons de plastique. Ce sont les bouchons réputés les moins étanches. Donc à éviter. Vin bio et bouchon de plastique à éviter. Ce n'est pas toujours possible, car nous savons rarement ce qu'il y a dans le goulot.

Piste 3 : ascorbique
Afin d'utiliser le moins de sulfites possible, le producteur doit tout de même assurer la conservation de son vin. Il peut se tourner alors vers d'autres moyens. L'utilisation de l'acide ascorbique en est un. C'est aussi un antioxydant. Il a ses qualités et ses défauts. En effet, la charte des vins bio de la FNIVAB recommande la «prudence avec l’acide ascorbique, qui permet certes de minorer les apports en SO2, mais qui peut se révéler à terme hyper oxydant lors de certaines évolutions.»

Finalement, ça peut être une combinaison de plusieurs facteurs. Le vin bio moins bien protégé est plus sensible aux variations de température et nécessite un bouchon de meilleure qualité.

L'avenir
Le nombre de vins bio augmente et continuera d'augmenter. Les risques d'en rencontrer de plus en plus de défectueux s'accroitront alors. À moins d'être plus prudent dans le transport, l'entreposage et dans la présentation en magasins. Ces vins devraient être conservés dans la section la plus fraiche des magasins.

La Société des alcools du Québec doit lancer bientôt quelques vins nature. Ces vins qui contiennent très peu de soufre ajouté sont très sensibles à la température. Ils doivent généralement être conservé à des températures inférieures à 14 C. Est-ce qu'ils le seront?

À retourner
Quoi qu'il en soit, si vous débouchez une bouteille qui est défectueuse vous pouvez la retourner. En effet, la Loi de protection du consommateur du Québec oblige les commerçants à reprendre tout produit défectueux. Malheureusement, très peu de consommateurs retournent les bouteilles défectueuses. Ce n'est pas ainsi que nous allons améliorer la situation.

_____

(1) Limiter l’utilisation du SO2 tout en préservant la qualité du vin
(2) Vins Bio, vins biologiques, vins certifiés AB
(3) Charte vin bio FNIVAB

Vin argentin : c'est 95 % acidifié

Les vins argentins sont à 95 % acidifiés, dit un vigneron argentin.
Vincent Wallard affirme de plus que les vins de l'Argentine sont réduits à l'eau, parce que trop alcooleux. Il ajoute que les rendements sont trop élevés et que les vins sont levurés. Finalement il soutient qu'il n'a pas vraiment de vignerons, ou si peu, en Argentine, mais plutôt des investisseurs.

 En Argentine, d’ailleurs, le vin c’est pas la joie: C’est à 95 % levuré, à 95 % acidifié, c’est des rendements qui dépassent l’entendement. C’est une tromperie générale sur la marchandise, avec des vins qui sont mouillés, parce que vendangés à 16-17° de potentiel, c’est-à-dire invendables. Globalement, il n’y a pas de vignerons. Il y a des investisseurs." Sans compter l’inflation et "des lois protectionnistes hallucinantes. C’est Kafka".» Vincent Wallard, Domaine Cuatro Manos, dans Tronches de vin 2.

M. Wallard produit un malbec sur un vignoble collé à la Cordillère des Andes à 1400 mètres d'altitude avec un associé près de Tupungato. Un vin bio, naturel. Il dit qu'il met tout de même 15 mg de soufre parce qu'il ne veut pas prendre trop de risque vu qu'il ne contrôle pas le transport.

Tendances SAQ: Portugal, États-Unis et cashers

La Société des alcool a publié des chiffres concernant les tendances des ventes et des produits en développement dans sa section des spécialités.

Pour les 12 derniers mois, les catégories en hausse:

  1. Portugal 20 %   (188 produits; ventes 16 millions $)
  2. États-Unis 14 %  (573 produits; ventes 57 millions $)
  3. Cashers 10 %  (64 produits; ventes 4 millions $)
  4. Vénétie 6 %   (186 produits; 26 millions)

En baisse:

  1. Canada -12 %   (103 produits 3,7 millions $)
  2. Bourgogne blanc -10 %  (391 produits; 12 millions $)
  3. Piémont - 5 % (280 produits: 9 millions $).

Pour les prochains mois, la SAQ indique à ses fournisseurs qu'elle veut bonifier son offre dans les secteurs suivants:

Les catégories gelées seront le Rhône et le Bourgogne blanc.

Bouchon de liège: nuisance

Quand vous y pensez, la chose la moins satisfaisante dans une bouteille de vin - le seul point ennuyeux - c'est le bouchon. Le bouchon de liège, avouons-le, c'est une peste.»

C'est le réputé Hugh Johnson qui l'écrit dans le magazine de Decanter du mois de mai.

Il n'est pas le seul à pester contre le morceau de liège qui sert encore de bouchon sur les bouteilles de vin en 2015.

J’en ai vraiment ras-le-bol du bouchon en liège et, au passage, de tous ceux que le défendent, par ignorance ou par intérêt. C’est un des pires systèmes de fermeture des bouteilles de vin. Et mon énervement va croissant quand il s’agit des vins dits "de garde", forcément chers et aussi devenus rares (et donc encore plus chers) avec le temps. Ces vins-là, mais ils ne sont pas les seuls, sont régulièrement abîmés ou diminués par la faute d’un petit morceau de bois.»

C'est David Cobbold qui s'irrite dans le blogue Les 5 du vin.

Ce petit morceau de bois qui sert de bouchon en exaspère donc plusieurs.

M. Cobbold nie que le liège aide à conserver le vin et nie surtout qu'il aide à le bonifier. «On entend d’ailleurs toutes sortes de sornettes autour du besoin qu’aurait un vin de "respirer" à travers le liège. C’est simplement faux, soutient le célèbre blogueur qui écrit aussi pour la revue québécoise Vins et Vignobles.

Il ajoute que le liège ne laisse pas passer la même quantité d'oxygène d'un bouchon à l'autre. Il arrive que le liège fasse correctement son travail «de temps en temps, et d’une manière totalement aléatoire, les bouchons de liège font bien leur travail.» 

M. Cobbold se demande pourquoi on utilise encore cette technique si peu efficace et si hasardeuse datant du 17e siècle. Est-il raisonnable d'utiliser encore ce morceau d'écorce alors qu'il existe de nos jours deux autres «techniques autrement plus performantes sur tous les plans».

Le spécialiste du vin n'en a pas seulement contre le fameux goût de bouchon, mais surtout contre l’expression aromatique très variable d’un flacon à un autre dans un même lot que donne cet improbable bouchon non toujours hermétique. Défaut qui s'accroit avec l'âge du vin.

Je pense que cela relève de la paresse intellectuelle, doublée d’un singulier manque de courage, que de continuer à fermer ses bouteilles avec un petit morceau d’écorce d’arbre», dit M. Cobbold.

La suite :  Ras le bouchon ! David Cobbold, Les 5 du vin, 23 mars 2015.

Personnellement, je crois que le problème principal du liège est dû au fait qu'il n'est pas sur le goulot, mais dans le goulot. Ainsi l'air passe dans l'espace entre le bouchon et la paroi de verre du goulot. Ou plus précisément entre le silicone ou la paraffine qui recouvre le liège et la paroi intérieure de verre du goulot.

Sur le même sujet Le pire ennemi du vin : le liège, oct. 2012.

Gran Selezione

Vous allez voir de plus en plus cette inscription sur certains vins de Chianti classico: Gran Seleczione.

Une grande sélection. C'est un nouveau niveau au haut de la pyramide des chiantis classicos. L'association de producteurs de vins de cette région trouvait que l'appellation Riserva ne menait à rien et n'avait pas de notoriété et a décidé d'ajouter ce niveau au-dessus. Il y a peu de changements sauf que les raisins ne peuvent être achetés d'un autre producteur, le taux d'alcool doit être de 13 % minimum; le vin âgé de 30 mois et contenir plus d'extraits secs. De plus, les vins sont approuvés par un comité de dégustation.

Il n'y a pas de modification au niveau de l'assemblage qui reste à 80 % sangiovese minimum, ni de délimitation de zone géographique.

Le consortium s'attend à ce que de 10 à 20 % du chianti classico soit gran selezione.
Le chianti classico est un vin fait en Italie, mais il n'est pas bu par les Italiens. Il est plutôt exporté à 80 %. Les Américains à eux seuls achètent 31 % de la production.


Plusieurs ont reproché au consortium de ne pas avoir plutôt cherché à améliorer la pyramide en créant des crus basés sur des terroirs spécifiques, des zones géographiques plus qualitatives. Ils craignent que ces gran selezione deviennent des vins de style quasi Nouveau Monde qu'on ne pourra boire qu'avec le steak.

Il y a déjà 7 de ces vins de la classe Gran Selezione à la SAQ des millésimes 2009 à 2011. 

Il devait y avoir une opération de promotion de vins de la classe Gran Selezione à la SAQ en mars, mais elle n'a pas eu lieu!

Comparaison prix vin Ontario-Québec: l'Italie

On entend beaucoup parler ces jours-ci des différences de prix des vins dans les provinces du Canada. Une étude dit que c'est plus cher ici, une autre dit que c'est plus cher ailleurs.

Alons voir ce qu'il en ait aux répertoires des monopoles du Québec et de l'Ontario. Prenons pour exemple les vins rouges italiens. On pourrait faire l'exercice, pour les vins du Portugal ou d'autres régions.

Voici les 10 vins rouges italiens les moins chers au répertoire du monopole des vins en Ontario (LCBO) et à celui du monopole des vins au Québec (SAQ).

LCBO
$ SAQ
$
Velletri Centurio 7,35 Giacondi Nero d'Avola 9,50
Montepulciano d'Abruzzo Dragani 7,45 Sicalia Rosso IGT Terre Siciliane 9,70
Castelli Romani Fontana di Papa 7,45 Fantini Farnese Sangiovese 9,90
Montepulciano d'Abruzzo Quartana Spinelli 7,50 Sonovino 9,95
Montepulciano d'Abruzzo Bosco 7,55 Giacondi Sangiovese Puglia 2013 10,05
Merlot Delle Venezie Cesari 7,60 Firriato Nari Nero d'Avola 10,95
Sangiovese Terre Di Chieti Citra 7,75 Mezzo Mondo Negroamaro 11,25
Montepulciano d'Abruzzo Citra 7,75 Montalto Nero d'Avola Cab Siciliane
11,30
Merlot/C. S. Casal Thaulero 7,75 Pasqua Sangiovese 11,45
Sangiovese Casal Thaulero (IGT) 7,75 Firriato Primula Nero d'Avola 11,45

La différence saute aux yeux. Les 10 vins rouges italiens les moins chers en Ontario sont de 7,35 $ à 7,75 $; alors qu'au Québec, c'est de 9,50 $ à 11,45 $.

Ainsi si vous achetez les 10 vins de la LCBO il vous en coutera 75,90 $. Par contre, pour les 10 vins de la SAQ ce sera 105,95 $. Une différence de 30,05 $; soit 40 % de plus.

Il faut aussi ajouter qu'en Ontario, on vous donnera des Air Miles pour votre 75,90 $. De plus, on vous remboursera 2 $ lorsque vous retournerez les bouteilles vides consignées.

P.-S. Une question posée sur les réseaux sociaux; est-ce que ces vins vendus à la LCBO sont meilleurs ou moins bons que les vins de dépanneurs vendus au Québec?

 

 

Acidité dans le vin : pas la même en France

4 grammes d'acidité dans le vin en France, c'est 6 en Italie!
 
Est-ce que c'est parce que les Italiens ne comptent pas comme les Français?
Oui!
 
Que signifie la mention «acide 4 g/l» qu'on lit sur la contre-étiquette des bouteilles de vin (rarement), dans les commentaires des chroniqueurs vins (quelquefois) et plus souvent dans les fiches techniques des vins ou dans les sites web des producteurs?
On indique ainsi le poids de l'acidité dans le vin.
 
Cependant, il faut savoir que 4 grammes peuvent égaler 6 grammes!
En effet, on ne mesure pas de la même façon le poids acide total en France et dans le reste du monde.
 
En France, le poids acide des vins est mesuré en équivalence sulfurique; alors que dans le reste du monde, on l'indique en équivalence tartrique.
 
Ces deux acides n'ont pas le même poids du tout. En effet 75 g d'acidité sulfurique égalent à 49 g de tartrique.
 
Donc un vin qui a 4 g d'acidité en France aura 6 g en Italie.
 
Comme le recommande l'oenologue Jérémie d'Hauteville de RJ Oenology, il faut être plus précis lorsqu'on indique 4 g d'acidité. Il faut absolument indiquer dans quelle équivalence on mesure. Nous parlons ici d'acidité totale qui est la somme de l'acidité fixe et de l'acidité volatile.
 
Ce doit être 4 g/l (sulfurique), qu'on indique aussi 4 g/l (H2SO4) ou 6 g/l (tartrique).
 
Pour faire la conversion entre les deux équivalences on multiplie par 1,53. Ou plus rapidement par 1,5.
 
Ainsi un vin qui a 4 g/l d'acidité en France est équivalent à un vin de 6 g/l dans le reste du monde.
 
Mentionnons en terminant qu'il y a une manière plus précise d'indiquer le niveau d'acidité que son poids, c'est le pH. Car le poids n'indique pas la force de l'acidité puisque chacune des principales acidités (tartrique, malique, lactique, citrique et succinique) a une puissance acide différente. Il y a donc des acides plus acides que d'autres. Voir à ce sujet l'article Le pH de votre goût.
 
__________
Sources
Connaissance et travail du vin, Jacques Blouin et Émile Peynaud, Dunod, 5e édition, 2012
L'oenologie, C. Navarre et F. Langlace, 7e édition, Lavoissier Tec et Doc 2010

Doit-on privatiser la SAQ?

Doit-on privatiser la SAQ?
C'est le titre du document présenté aujourd'hui à la presse par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).
 
La réponse à cette question des auteurs du groupe de recherches et de pressions est: «non».
 
L'IRIS a fait une étude sur le sujet à la demande du principal syndicat des employés de la SAQ, le SEMB-SAQ qui a d'ailleurs financé une partie du travail.
 
Dans son document de 54 pages, l'IRIS réfute les propositions du rapport Godbout-Montmarquette, ainsi que les affirmations d'Éric Duhaime dans son livre intitulé «La SAQ pousse le bouchon !». 
 
Les chercheurs Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin nous disent que la privatisation totale ou partielle envisagée dans le rapport Godbout-Montmarquette ne serait pas une bonne idée.
«Les deux scénarios étudiés sont sans équivoque. La privatisation partielle de la SAQ n’est pas une bonne solution si le gouvernement veut réduire l’endettement de l’état. Au mieux, il s’agit d’une politique relativement neutre au plan budgétaire et, au pire, d’une stratégie qui fragiliserait les finances de l’état.»
 
Le cas de l'Alberta
Puis les auteurs comparent le marché de l'alcool au Québec avec celui de l'Alberta afin de tenter de démontrer que la privatisation n'est pas nécessairement une bonne avenue pour le Québec.
 
Ils concluent que «pour le prix du vin, il apparaît évident que la privatisation n’a pas permis à l’Alberta de voir ses prix baisser. Au contraire, ceux-ci ont augmenté plus rapidement qu’au Québec et au Canada, et ce, même en comparaison de leur IPC respectif.» (IPC; indice des prix à la consommation.
 
Le milliard
La SAQ rapporte un milliard $ par année. Sa vente ferait perdre ce milliard. Au final, il n'y a pas de gain à faire en vendant la SAQ.
 
Ils calculent que s'il y a privatisation, pour conserver le milliard de dollars que la SAQ donne au gouvernement du Québec, il faudrait imposer une taxe de 2.10 $ par bouteille de vin.
 
Ils constatent que «depuis 2006, Québec demande systématiquement à ses sociétés d’état (Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ) de verser davantage de dividendes afin de compenser les différentes baisses d’impôts consenties. En ce sens, ces dividendes deviennent un palliatif de plus en plus commode pour le gouvernement.»
 
Québec mieux que  l'Alberta, mais moins que le Canada
Résultat des courses, le prix du vin augmente plus vite au Québec que dans l'ensemble du Canada.
«Comme on le voit, le prix du vin au Québec a crû à 75 % de la croissance du prix des autres produits tandis qu’en Alberta, la croissance du prix du vin a suivi celle du coût de la vie. Dans l’ensemble du Canada, le prix du vin a crû à 55 % de la croissance de l’IPC. En d’autres mots, le Québec fait nettement mieux que l’Alberta, mais les données sur l’ensemble du Canada montrent que les autres provinces ont vu le prix de leur vin croître encore moins vite que celui du Québec par rapport au prix des autres produits.»
 
Les auteurs de l'IRIS constatent que «les revenus gouvernementaux de l’Alberta et du Québec, par litre d’alcool vendu, sont identiques.» Soit 2 $ par litre d'alcool vendu.
 
«En 2013, les gouvernements de l’Alberta et du Québec ont perçu, à travers leurs revenus spécifiques sur l’alcool, le même montant d’argent sur chaque litre vendu. À première vue, pour le gouvernement, les deux modèles peuvent donc sembler équivalents. Le gouvernement du Québec pourrait ainsi privatiser la SAQ et augmenter de façon importante sa taxe sur les boissons alcooliques pour compenser la perte de dividendes.»
 
Ils affirment que le nombre de produits disponibles au Québec est plus élevé que celui en Alberta. Ils y ajoutent les produits en importation privée qui serait au nombre de 16 640.
 
Spiritueux
Pour ce qui est des spiritueux, ils affirment que «le prix des spiritueux au Québec a crû à 40 % de la croissance de l’IPC de 1992 à 2014. Durant la même période, l’Alberta et le Canada voyaient le prix de leurs spiritueux croître respectivement de 55 % et 54 %. Donc, comme pour le vin, le prix des spiritueux augmente plus rapidement en Alberta, malgré (ou à cause de ?) la privatisation.» Ils omettent toutefois de mentionner que la SAQ taxe moins les spiritueux que les autres provinces.
 
Bière et dépanneur
Puis, les auteurs étudient les marchés quasi concurrentiels de la bière et du vin en épicerie au Québec. Ils constatent que les épiciers se prennent une marge de 25 % sur le vin. Ils disent que la SAQ n'a pas voulu leur fournir le montant de sa marge pour ces produits pour des raisons concurrentielles!
 
Pour ce qui est de la bière, ils mentionnent que son prix à augmenté plus vite que celui du vin. Toutefois, ils ne précisent pas si c'est dû aux taxes.
 
Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin concluent donc qu'il n'y a pas d'avantages à privatiser si on se fie à ce qui a été fait en Alberta où à ce qui se fait actuellement au Québec dans la vente de la bière ou à ce qui se fait pour la vente de vin dans les dépanneurs. Ils prétendent même que ce serait néfaste. «Nous concluons qu’une privatisation, même partielle de la SAQ, serait une erreur majeure du gouvernement. Elle priverait l’état québécois d’importants revenus tout en désavantageant les consommateurs et consommatrices d’ici.»
 
Le document Doit-on privatiser la SAQ est disponible sur le site du groupe d'études et de pressions www.iris-recherche.qc.ca.
 
Selon son site internet, l’IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et progressiste qui diffuse un contre-discours aux perspectives que défendent les élites économiques. Contrairement aux tenants d’un néolibéralisme, il fait la promotion d’un équilibre entre l’intérêt collectif et la liberté individuelle.
 

Québec, société distincte du commerce des alcools

Au Québec, le commerce de la bière est aussi important que celui du vin. C'est 2,3 milliards de dollars pour chacun. On a tendance à l'oublier. On parle tellement de vin — du commerce difficile et très règlementé du vin — alors que le commerce de la bière, plus libre, est très florissant.

Le Québec est la seule province ou les deux industries sont au coude à coude. Ailleurs au Canada, la vente de la bière est deux à trois fois plus importante en valeur que celle du vin.

Le Québec est aussi la seule province où le commerce des spiritueux est beaucoup moins important que celui de la bière. En fait, trois fois moins. La SAQ taxe très peu les spiritueux comparés aux autres provinces. (Voir ici)

Le Québec est la seule juridiction canadienne où le vin rapporte trois fois plus que les spiritueux.

On compare souvent le marché québécois à celui de l'Alberta, mais ce sont les deux marchés les plus différents au Canada. En Alberta, le vin arrive en troisième place du commerce après les spiritueux et la bière. Alors qu'au Québec, c'est le contraire, le vin rapporte plus.

Au Québec, situation unique, la bière et le vin rapportent chacun trois fois plus que les spiritueux. Dans 10 provinces et territoires, les spiritueux rapportent plus que le vin.

  Commerce des alcools 2013 - millions de $
Bière Vin Spiritueux
Canada 9 142 6 807 5 406
Terre-Neuve 233 66 142
Île-du-Prince-Édouard 43 17 28
Nouvelle-Écosse 295 130 197
Nouveau-Brunswick 212 85 109
Québec 2 308 2 320 713
Ontario 3 172 2 263 2 069
Manitoba 312 146 250
Saskatchewan 293 91 239
Alberta 1 056 614 749
Colombie-Britannique 1 170 1 054 871
Yukon 19 8 12
Territoires du Nord-Ouest 20 7 21
Nunavut 3 .7 1
Chiffres de Statistique Canada : Ventes de boissons alcoolisées pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013

En volume, les 4 millions d'Albertains consomment autant de spiritueux que les 8 millions de Québécois. Soit 27 millions de litres contre 28 pour le Québec. Au niveau de la bière, ils sont deux fois moins nombreux et consomment deux fois moins. Par contre, au niveau du vin, ils consomment trois fois moins qu'au Québec. Le vin en Alberta est pourtant 40 % moins cher qu'au Québec.

Achat en ligne à la SAQ : moins de choix!

Il y a exactement un mois, la direction de la Société des alcools du Québec lançait son nouveau service Magazinez en ligne et ramassez en succursales.

Le but de l'opération est de permettre à tous les consommateurs de la province d'avoir accès au plus grand choix de vins possible.

Toutefois, un mois après le lancement, il n'y a toujours que 30 % des vins qui sont disponibles en ligne. Et la situation s'est même détériorée.

De plus — anomalie — ce sont surtout les vins les moins chers, donc les vins déjà accessibles dans un grand nombre de succursales qui sont disponible en ligne! Étonnant! Ainsi, 48 % des vins de moins de 20 $ sont disponibles en ligne.

Par contre, les vins plus rares, ceux qui sont distribués dans un moins grand nombre de succursales sont peu disponibles pour achat en ligne. En effet, seulement 12 % des vins de 40 $ et plus peuvent être acheté en ligne!

Ainsi sur les 39 Chambole-Musigny, un seul est disponible en ligne.
Sur les 98 chateauneuf du pape, seulement 22 en ligne.
Sur les 134 saint-émilion-grand-cru, seulement 26 en ligne.
Il n'y a qu'un seul macvin à la SAQ et il n'est pas disponible en ligne.
Seulement 13 des 81 grands portos sont en ligne.
Seulement 5 des 41 sauternes sont disponibles pour achat en ligne.
Seulement 10 des 101 vins bio de 40 $ et plus sont en ligne.
Sur les 41 nouveaux arrivages de Cellier, seulement 8 sont en ligne.
Et ainsi de suite!

Vins en ligne vs offre totale
8 mars 7 avril
$
saq.com
SAQ


saq.com SAQ
-15 298 543 55 % 50 %
272 537
15-20 724 1468 49 % 48 % 691 1439
20-30 1005 2323 43 % 39 % 881 2275
30-40 286 945 30 % 30 % 268 892
40 + 409 3173 13 % 12 %
356 3076
  2610
8452
30 %
30 %
2468
8219
Vins au format 750 ml          @vinquebec.com

La direction de la SAQ dit avoir pris une direction; cependant, les services chargés de l'appliquer ne suivent pas.

La SAQ accentue sa concurence des dépanneurs

La direction de la Société des alcools du Québec prolonge les heures d'ouverture de certaines de ses succursales afin de mieux concurrencer les dépanneurs.

Après 18 h, les samedis, dimanches, lundis, mardis et mercredis, les consommateurs devaient aller s'approvisionner en vin dans les dépanneurs et épiceries. La SAQ corrige en partie ce «problème». En effet, 23 de ses 400 succursales, surtout situées à Montréal et à Québec, prolongeront leurs heures d'ouverture jusqu'à 20 h du samedi au mercredi.

Dans son communiqué, la direction de la société d'État écrit que «la SAQ a le souci constant de s'harmoniser à la dynamique commerciale de chacune de ses succursales. Les heures d'ouverture et de fermeture sont parfois ainsi ajustées pour mieux répondre aux  besoins spécifiques de leurs clients.»

Il n'y a aucune succursale sélection dans le lot. Ce sont toutes des succursales de la bannière classique qui ont la plupart entre 900 et 1500 produits.

Ce seront 7 succursales de Montréal; 8 de la Rive-Sud de Montréal; 4 de la Rive-Nord et 4 de Québec qui resteront ouvertes plus tard en début de soirée. (Voir la liste dans le site de la SAQ.)

Actuellement, il 31 succursales express qui sont ouvertes jusqu'à 22 heures tous les soirs.

Comment est vraiment fait le vin

Vous voulez savoir comment est vraiment fait le vin? Comment est fabriqué une bonne partie des vins vendus dans les magasins, supermarchés, épiceries, succursales saq et cavistes.

Ce n'est pas dans les livres de vin ou dans les magazines de vin — magazines pipoles — que vous l'apprendrez. Dans ces livres et magazines, on nous présente une vision angélique, édulcorée, pastorale et passéiste de la fabrication du vin. En gros, on vous dit comment était fait le vin il y a 100 ans et on nous fait croire que c'est encore comme ça. Mais aujourd'hui, comment est vraiment fait le vin?

Vous l'apprendrez en regardant ce documentaire de 54 minutes, présenté le 23 mars à l'émission Spécial Investigation de Canal +. C'est intitulé Vin français la gueule de bois.

Donatien Lemaître a passé 6 mois dans les vignes, dans les caves. Il s'est fait engagé comme stagiaire dans un domaine de Bordeaux. Il a fait faire des analyses en laboratoire de plusieurs vins. Ce qu'il a découvert est loin de l'image bucolique que nous présentent les vendeurs de vin: des pesticides utilisés à grande échelle; dans les caves des employés qui jouent aux petits chimistes; des bouts de bois dans les fûts de chêne; des produits ajoutés...

Il interroge des producteurs, des employés, l'INAO, Georges Duboeuf, des cavistes, des oenologues, des sommeliers...

C'est à voir dans le blogue de l'émission Vin français la gueule de bois ou ici dans le site de vidéos MonqBiz.

Il faut voir la réalité en face! Après ça, nous pourrons partir à la recherche de bons vins.

 

Rabais de 10 % sur l'achat de 100 $ du 2 au 4 avril

Il y aura un rabais de 10 % sur les achats de 100 $ et plus, du 2 au 4 avril dans les succursales de la SAQ, aux deux SAQ Signature ainsi que pour les achats en ligne dans saq.com.
Donc, jeudi, vendredi et samedi.

Lors de la dernière opération 10 % de rabais à l'automne, ce fut «la plus importante importante promotion de l'année, selon le service des ventes de la SAQ,  les ventes ont été de 62,4 millions $ en trois jours, soit une croissance en dollars de 6,2 %.» (6,2 % de plus que lors de la même opération rabais 10 % de l'année précédente.)

Pour l'Action de grâce ce fut une «journée de 23,6 M$ de ventes, ce qui représente un gain de plus de 10,7 M$ quand il n’y a pas de promotion.» Donc, en gros, la SAQ double presque ses ventes lors de ces ventes rabais de 10 %.

Pour vous aider à faire votre sélection de bons vins pour Pâques, pigez dans les sections suivantes.

Les meilleurs vins

Suggestions
En rouge

En blancs

Réforme du marché du vin au Québec

Les lois sur le commerce du vin au Québec datent de 1921.

Presque un siècle plus tard, nous nous rendons compte qu'elles ont pris de l'âge. Le système de distribution du vin au Québec a rendu de grands services, mais maintenant il est vieillot et sclérosé.

L'ensemble des règles encadrant le commerce du vin au pays a mal vieilli et est devenu un système contraignant qui limite le développement de ce marché qui pourtant devrait être en pleine croissance.

Cet ensemble de règles qui visaient à empêcher l'ivrognerie et le commerce de boissons frelatées doit être révisé.

Les crises répétées concernant la SAQ, les vins de dépanneurs, les vins du Québec, les hausses répétées de prix et le commerce interprovincial des vins nous ouvrent les yeux et nous forcent à réfléchir.

Comment donc améliorer ce système, sans foutre le bordel? Comment remettre de l'eau propre dans le bain sans jeter le bébé?

Certains proposent la privatisation et le démantèlement de la SAQ. C'est un projet qui ne fait pas consensus et qui semble trop drastique à une bonne partie de la population. Ce n'est probablement pas la meilleure solution à ce moment-ci.

Toutefois, il y a un ensemble de petites réformes qui peuvent être faites successivement et qui permettraient de revaloriser le commerce du vin au Québec.

Voici donc une série de propositions visant à rendre plus fluide la distribution du vin au Québec. Elles pourraient être mises en oeuvre dans un horizon de 12 à 36 mois. Sans se presser, mais en faisant les choses correctement. Autrement dit, hâtons-nous lentement!

Vin Québec a 18 ans

Vin Québec a 18 ans ce mois-ci.
En effet, c'est en mars 1997 qu'a commencée cette belle expérience.
Ce fut à temps partiel au début, puis à temps plein à partir de septembre 2004.
 
Vinquebec.com est devenu comme le disait un journaliste de la télévision dernièrement un service d'intérêt public.
 
De plus, c'est quotidien et gratuit.
 
Le vin ce n'est pas seulement un liquide alimentaire c'est aussi de la géographie, de l'histoire, de la culture, de la chimie, de l'économie, du commerce, du marketing et encore...
 
Grâce au vin nous parcourons le monde, nous découvrons de nouveaux horizons. Le vin c'est la découverte, le partage, la convivialité.
 
C'est un monde immense et infini de connaissance. Dix-huit ans! Ce n'est qu'un début. Nous avons tellement à découvrir et à apprendre encore.
 
C'est le plaisir de découvrir, de fouiller, de rechercher, de vérifier, de goûter et de partager... le vin et l'info.
 
Prenons un verre de bon vin à notre santé!

Longue vie en santé à tous!

Du si bon vin en importation privée

Du vin de soif chez Véronique Rivest !   
Nous avons participé à une dégustation étonnante organisée par l'Académie du vin de l'Outaouais en collaboration avec la réputée sommelière Véronique Rivest à son bar à vin de Gatineau Soif.

Une dégustation à l'aveugle de 9 vins. Des vins déroutants, certains ont semblé bizarres à plusieurs des 28 participants. Nous sortions des sentiers battus; impossible, ou presque de reconnaître les cépages. Des vins fins, digestes, pour la table nous dit la sommelière Véronique.

«Les gros vins, c'est pour prendre avant de manger. À table, on a souvent plus de plaisir avec les vins plus fins, plus acides.»

Des vins bio, en biodynamie et certains natures.

Alors, ça commence avec un vin blanc floral, assez rond, qui semble acide à certains, moins à d'autres et même un peu sucré pour quelques autres. Nous sommes conquis dès le départ. C'est un vin de cépage grüner vetliner, Nikolaihof Hefeabzug de Wachau 2013 (Autriche).

Puis un Leccia Biancu Gentile, Corse 2012 aux étonnantes saveurs rappelant les biscuits à l'avoine.

Des succursales plus petites à la SAQ

Plus de ventes par internet, mais des succursales plus petites. Tels sont les plans de la direction du monopole d'État pour les prochaines années.

La nouvelle succursale de Bromont aura une superficie de moins de 5000 pieds carrés au lieu des 7000 pieds habituels, rapporte le magazine La Terre de Chez nous

La plus grande tâche actuelle de la SAQ est la distribution des produits dans ces 830 points de vente répartis sur le grand territoire du Québec.

«La SAQ se positionne pour être un leader dans la consommation en ligne», a expliqué Alain Brunet, président de la SAQ à Martine Giguère de Terre de Chez nous.

La succursale virtuelle saq.com doit devenir de loin la plus grande succursale du Québec. Elle a déjà 2800 vins différents à offrir pour achat en ligne. Six grands soldes sont prévus en ligne pour la prochaine année. Les soldes sur le web fonctionnent bien. Au Black Friday, les 10 produits de spécialité en rabais jusqu'à 40 % ont permis de faire 5500 transactions, 4500 caisses pour une vente totale de 1,9 million de dollars en 4 jours.

De plus, les acheteurs en ligne pourront se procurer les vins des arrivages Cellier 7 jours avant qu'ils soient en succursales.

La direction de la SAQ veut doubler le nombre de ses produits sur saq.com: les faire passer de 12 000 à 25 000 même 30 000 d'ici quelques années a dit M. Brunet. (Est-ce que les vins d'importation privée seront ajoutés à saq.com?)

D'autre part, le nombre d'agences dans les épiceries ne sera pas augmenté à court terme a promis la direction du monopole à ses syndicats. Il y a actuellement plus ou moins 401 succursales et 430 agences.

Budget Leitão et vin

Soupir de soulagement! À première vue, le budget québécois déposé hier par le ministre Carlos Leitão ne prévoit pas de hausse de taxe sur les vins.

«Pour l’année 2016-2017, les revenus attendus croîtront légèrement, de 0,2 %, en raison de la faible hausse des résultats prévus de Loto-Québec et de la Société des alcools du Québec», lit-on dans le budget 2015-2016 déposé jeudi à l'Assemblée nationale.

Le ministre des Finances s'attend donc à recevoir de la SAQ 1,040 milliard $ en 2015-2016 et 1,045 milliard $ l'année suivante. Il a reçu 1,021 milliard $ cette année.

Sans compter la marge de 1 milliard de la SAQ, les taxes sur les boissons alcoolisées ont été haussées continuellement rapportant 440 millions $ en 2011 et 551 millions $ en 2014.

Sur 3 milliards $ de ventes annuelles, la SAQ remet 2 milliards aux deux gourvernements. Soit 1 milliard en marge bénéficiaire, plus 551 millions $ en taxes provinciales et 386 millions $ en taxe fédérale.

Ce qui représente pour une bouteille de vin achetée 5,44 $ (incluant le transport): 7,34 $ pour la majoration de 134 % de la SAQ; 0,84 $ taxes spécifiques; 1,40 $ TVQ; 1,18 $ au fédéral. Résultat : un vin payé 16,20 $ par le consommateur-contribuable. (Rapport annuel SAQ)

La pression sera donc moins forte sur les dirigeants de la SAQ et surtout sur les amateurs consommateurs de vin.

Le message a donc été entendu. La réalité s'impose. On a suffisamment pressé le citron (le raisin) du consommateur de vin. Les ventes stagnent en volume depuis 18 mois. Il y avait péril dans la hausse continue des prix. D'ailleurs la direction de la SAQ a déjà annoncé qu'elle faisait marche arrière et recommence à nous fournir des vins à meilleurs prix.

D'autre part, le gouvernement annonce dans ce budget une simplification dans la gestion des permis d’alcool pour les bars. Il y aura un permis unique pour la vente d’alcool pour consommation
sur place dans les établissements et non pas un permis par salle. De plus, il y aura simplification de l'administration des contraventions en matière de boissons alcooliques.

   Source : Budget Québec 2015-2016

Les nouvelles du vin au compteur

Les nouvelles concernant le monde du vin sont très populaires.
Le compteur de Vin Québec est monté au plafond ces derniers jours.

Le nombre de visiteurs sur le site est constant à plus ou moins 1000 personnes par jour; et 21 000 visiteurs par mois (plusieurs reviennent plusieurs fois dans le mois).

Cependant, le lundi 16 mars, avec la publication du texte Des vins de dépanneur à la SAQ, et l'éditorial intitulé De la piquette à la SAQ ! ? le nombre de visiteurs double et monte à 2400. Il s'est maintenu de 1600 à 2200 quotidiennement jusqu'à vendredi soir.

Samedi, le texte De l'arsenic dans le Ménage à Trois (publié vendredi à 18 h 26) fait monter le nombre de visiteurs à 28 500 (plus en une journée que durant tout le mois précédent).

Dimanche, un record en 18 ans, le compteur monte à 55 000 visiteurs et 80 000 pages vues pour une seule journée! (Source Google Analytics)

5 fois plus d'arsenic dans le Ménage à Trois et 55 fois plus de visiteurs sur vinquebec.com

 

À qui profite ce flot de nouvelles sur l'arsenic

À qui profite la crise ?
Qui profitera de ce flot d'informations sur l'arsenic dans le vin et sur les vins de dépanneurs?

Il se pourrait bien que les consommateurs de vin, plus informés, se tournent maintenant vers les producteurs de vins bio.

Comment s'assurer d'avoir les produits les plus sains possible? Des vins qui contiennent le moins de produits chimiques?

Les vins vendus au Québec respectent les normes nationales. Soit, mais comment faire pour savoir quels sont les vins qui contiennent le moins d'arsenic et autres produits toxiques.

La SAQ dit que les produits sont dans les normes, mais ne publie pas le taux d'arsenic dans les vins incriminés. Une responsable du laboratoire de la société d'État dit qu'il serait autour de 20 parties par milliards. L'agence qui représente les vins de la marque Ménage à Trois ne veut pas non plus publier ces taux d'arsenic dans ses produits. À une demande en ce sens, l'agence Philippe Dandurand répond

Ce que je peux vous confirmer c’est que les taux d’arsenic contenus dans les vins de Trinchero se situent en deçà des normes émises par Santé Canada.  Tous les vins commercialisés au Québec sont testés par la SAQ, qui confirme ces résultats. Il n’y a donc aucun risque ou danger pour la santé des consommateurs tel que stipulé dans les communiqués émis par Trinchero, California Wine Institute ainsi que la SAQ.»

Pourquoi ne pas donner les chiffres et laisser le consommateur juger par lui-même?
Pourquoi aussi certains vins contiennent 5 fois plus d'arsenic que les autres?

À qui profitera la crise se demande M. Sammy Rabbat dans sa lettre circulaire envoyée aux gens du monde du vin au Québec.

Le peu de transparence démontré par les gros producteurs et les dirigeants de la SAQ profitera vraisemblablement aux producteurs de vin bio. Ils ont des normes beaucoup plus strictes concernant les produits utilisés pour la fabrication de leurs vins.

Les acheteurs de la SAQ et des agences font de plus en plus d'effort pour nous procurer des vins bio. Voici donc une sélection de bons vins bio commentée dernièrement.
(Les prix peuvent avoir été modifiés)

Nom Région SAQ Cote Prixicone de tri
Pircas Negras, Malbec 2013 Argentine 3,0 16,85$
Terroir Grinou, tradition, sauv sémillon 2013 Sud-Ouest 2,5 17,15$
Parés Baltà mousseux brut Espagne 2,5 17,20$
TETPAMYΘOΣ - Tetramythos, Kalavryta 2013 Grèce 3,0 17,40$
Château Cluzeau 2012 Sud-Ouest 2,0 17,70$
Autrement Languedoc 2012 Gérard Bertrand Languedoc 2,0 17,80$
Château Pelan Bellevue 2009 Bordeaux 2,5 17,80$
L'Impertinent 2012 Languedoc 3,5 18,05$
Naoussa, Thymiopoulos, J. V. Xynomavro 2012 Grèce 3,0 18,65$
Nerello Mascalese, Di Giovanna 2012 Italie 2,5 18,95$
Mas Elena, Parés Baltà 2011 Espagne 3,0 19,20$
Pieropan Soave Classico 2013 Italie 3,0 19,20$
Perrin Nature Côtes du Rhône 2011 Rhône 3,0 20,00$
Michel Gassier, Les Piliers, Viognier 2013 Rhône 3,0 20,20$
Château Seigneurs de Pommyers, Bordeaux 2010 Bordeaux 3,5 20,20$
Clos Château Gaillard, Les Vieilles Vignes 2009 Loire 3,0 20,30$
Les Terres Rouges, Saumur Champigny 2012 Loire 3,5 20,70$
Château la Tour de l'Évêque Blanc  2013 Provence 3,0 20,90$
Bourgogne aligoté Jean-Claude Boisset 2011 Bourgogne 2,5 21,50$
Château la Tour de l'Évêque rouge 2012 Provence 3,5 21,70$

Il y a arsenic et arsenic

On a beaucoup parlé ces derniers jours de l'arsenic dans le vin.
Le sujet nous touche particulièrement parce qu'un des vins impliqués dans la controverse est un chouchou ici au Québec.

Le Ménage à Trois, le troisième meilleur vendeur en volume et le premier en valeur en 2014 à la SAQ.

Une poursuite en action collective aux États-Unis affirme qu'il contiendrait plus de 10 parties par milliard d'arsenic, soit plus que ce qui est autorisé pour l'eau.

La poursuite reproche surtout à ces compagnies vinicoles d'avoir vendu du vin qui contient de l'arsenic inorganique. C'est la forme la plus dangereuse d'arsenic.

Il y a des normes au Canada concernant l'arsenic dans le vin. C'est 100 parties par milliard. Toutefois, on calcule l'arsenic total. Les chimistes affirment maintenant qu'il y a 6 sortes d'arsenic, dont deux, les formes III et V très toxiques.

Il se pourrait que les organismes de règlementation, telle la FDA des États-Unis, révisent les normes concernant les taux tolérables d'arsenic dans les produits alimentaires.

La poursuite intentée en Californie pourraient nous en apprendre plus sur le sujet et clarifier ce dossier.
 

L'Italie importe du vin en vrac

L'Italie est le deuxième principal client du vin en vrac américain et le quatrième client du vrac espagnol.

L'un des principaux producteurs de vin au monde a importé 135 millions de litres de vin en vrac d'Espagne et 47 millions de litres de vin en vrac des États-Unis en 2014.

L'importation de vin américain en vrac en Italie est assez étonnante!
C'est quatre fois plus que ce qu'importe le Canada des États-Unis en vrac (12 millions de litres)!
Le principal client du vrac américain est l'Allemagne avec 60 millions de litres.

Le vin américain en vrac est exporté à l'Italie au prix moyen de 1,05 $US le litre.

Le vrac espagnol est exporté en Italie au prix moyen de 0,38 euro le litre (0,52 $CAN le litre)

L'Italie importe aussi 9 millions de litres de vrac de l'Australie; 96 000 litres de vin en vrac de l'Argentine.

Selon les chiffres du Corriere Vinicolo, l'Italie exporte aussi du vrac: 6 millions de litres aux États-Unis. Son principal client est toutefois l'Allemagne avec une quantité énorme de 292 millions de litres.

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