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Les premiers vins du Québec certifiés

La viticulture commerciale est jeune au Québec. Elle a à peine 30 ans. Jusqu'ici il n'y avait pas de programme de certification comme il en existe ailleurs; telles les AOC, AOP, IGT, DOC, VQA...

Il n'y avait pas de normes. Les raisins pouvaient provenir d'ailleurs.

L'Association des vignerons du Québec a décidé d'implanter d'un tel programme de contrôle de qualité.

Ce système de certification vise à garantir la provenance des vins. Autrement dit, qu'ils soient faits vraiment de raisins provenant du Québec. On veut aussi s'assurer de la qualité des produits vitivinicoles utilisés dans la vigne et dans les caves (salubrité, innocuité, traçabilité) pour une viticulture durable.

Pour obtenir la certification, les vins proposés devront aussi passer l'étape de «l'évaluation organoleptique afin de s’assurer que le vin respecte un standard défini de qualité.» Donc, ils sont dégustés par les membres d'un comité d'agrément.

Vingt-deux vins ont été présentés à la première séance de dégustation le 14 juillet. Ils ont ensuite été envoyés à un laboratoire qui en a fait une analyse chimique afin s'assurer qu'ils respectent bien la réglementation canadienne. Vingt des vingt-deux vins ont ainsi été agréés. Ils proviennent de onze vignobles.

Afin de garantir l'impartialité de ce programme, le contrôle en est assuré par un organisme externe de certification

L'Association des vignerons du Québec (AVQ) a confié ce contrat à la firme Concert, une filiale d'Écocert. «Des mesures de contrôle sévères permettent d’exercer un suivi à chaque étape de la viticulture, de la vinification et de l’élevage des produits « Vin Certifié du Québec ». Une traçabilité continue assure l’identification et le suivi rigoureux des vins. D’ailleurs, avec ce suivi rigoureux sur les Vins Certifiés, l’A.V.Q. devient ainsi un des leaders canadiens les plus sévères en matière de contrôle.» (La certification des vins, AVQ)

«Voilà donc les premiers certifiés, d'autres si ajouteront au fur et à mesure des embouteillages. Une autre dégustation aura lieu en septembre et la suivante en décembre», nous écrit Charles-Henri de Coussergues, président de l'Association des vignerons du Québec.

Voici donc les 20 premiers vins certifiés du Québec :

Domaine du Ridge
  Clos du Maréchal 2009 rouge
 
Vignoble de Sainte-Pétronille
  Voile de la Mariée 2009 blanc
 
Domaine des Côtes d'Ardoise
  Givré d'Ardoise rosé 2009 vin de glace
  Givré d'Ardoise riesling 2009 vin de glace
  Givré d'Ardoise blanc 2009 vin de glace
 
Vignoble Gagliano
  Levante 2009 rouge
  Trinita 2009 rouge
  Frontenac gris 2009
  Tinello rouge 2009
 
Artisans du terroir
  Roze 2009 rosé
 
Vignoble les Pervenches
  Chardonnay Seyval 2009 blanc
  Solinou 2009 rouge
  Cuvée Montmollin 2009 rouge
 
Domaine St-Jacques

  Réserve St-Jacques 2009 rouge
 
Rivière du Chêne
  Bulles de Gabrielle 2009 rosé effervescent
  Rosé Gabrielle 2009
 
Le Cep d'Argent
  Cep d'Argent blanc 2009
 
L'Orpailleur
  Orpailleur Classique 2009 blanc
  Orpailleur élevé en Fût de Chêne 2009 blanc
 
La Halte des Pélerins
  L'Archange 2009 vin de glace

Sur le même sujet, regardez le reportage de l'émission La semaine verte intitulé Vin québécois certifié à 100 % diffusé le 7 août sur tou.tv.

L'Italie et l'Australie leaders des importations de vin aux États-Unis

Les vins italiens et australiens sont les vins étrangers préférés des Américains.
En volume, ces deux pays contrôlent chacun 26 % des parts de marché des vins importés aux États-Unis.

En valeur, toutefois, l'Italie est de loin en avance avec 32 % des parts de maché en dollars.

Les Américains ont acheté pour 422 millions de dollars de vin d'Italie dans les cinq premiers mois de l'année 2010. Ce qui est 11 % de plus que pour la même période l'année précédente. Le vin italien en vrac, par contre, a connu une chute de 41 %.

En valeur, c'est la France qui suit l'Italie avec des ventes de 230 millions de dollars, juste devant les vins d'Australie (229 millions $).

Puis, suivent l'Argentine (93), le Chili (91), La Nouvelle-Zélande (74), l'Espagne (69) et l'Allemagne (54 millions $).

Les importants de vin ont augmenté de 6 % aux États-Unis au cours de cette période.

Les prix par bouteille
Le vin qui est payé le plus cher par les importateurs américains est toujours de vin de France à 8,05 $ le litre (hors vrac), celui de Nouvelle-Zélande est de 7,27 $, d'Italie de 4,92 $.

En vrac
Les prix payés pour les vins en vrac sont beaucoup plus bas : 0,72 $ le litre pour le vrac australien; 1,88 $ pour l'italien et 3,01 $ pour le vin en vrac de France.

Parts de marché
En valeur : Italie (32 %), France (17,4 %), Australie (17,3 %);
En volume : Australie (26,6 %), Italie (26,2 %), Chili (13,7 %). Argentine (9,5 %), France (8,9 %).

Source Italian Wine & Food Institute

Bill a raison!

Le meilleur vin n’est pas toujours le plus cher!
Le plus gros, le plus costaud, le plus riche, le plus puissant n’est pas toujours le meilleur.

Il peut arriver lorsqu’on goûte des vins de calibres différents que notre évaluation de ces produits varie d’un moment à l’autre.

Cela dépend de deux choses. De notre goût et de ce que l’on mange à ce moment-là.

Notre goût

On peut préférer en général les vins costauds, corpulents, généreux, très fruités, bien boisés, les gros vins.

Ou bien on aime plutôt les vins plus légers, plus acides, plus élégants, plus fins.
On est du type A ou B, comme j’ai déjà expliqué ici.

Ce que l’on mange

Cependant, notre préférence peut varier d’un moment à l’autre dépendant de ce l’on mange.
Si le plat est léger, le vin généreux n’ira pas. Si le plat est costaud, sucré, salé, le vin délicat paraîtra fluet.

Prenons l’exemple de ce vin, Le Petit Clos de Trigedina à 17 $. C’est le «petit» vin de la maison de Jean-Claude Baldès. Normalement, lorsqu’on le déguste avec les autres grands vins de ce vigneron, on devrait le trouver moins bon que Le Clos (21 $) ou le Probus (30 $). Ces deux derniers ayant beaucoup plus de matière et coutant plus cher.

Mais ce n’est pas toujours ainsi. Lors d’un repas, je verse deux verres, un du Petit Clos 2006 (17$) et l’autre du Clos 2004 (21 $). Nous mangeons des pâtes de riz avec des légumes, champignons et des côtes levées. Le Petit nous semble alors bien meilleur que son grand frère. Il y a peut-être là aussi un effet de millésime (2004 et 2006).  Le Petit paraît plus sérieux (plus acide), le Clos nous semble trop boisé et un peu mou ou un peu lourd! Pourtant, la veille, ce Clos a très bien accompagné le steak barbecue.

Donc, en plus de dépendre de son goût, l’évaluation du vin dépend aussi du goût du moment, de l’occasion, du plat, de la sauce, des condiments, des accompagnements...

Léger peut être bien

Le sommelier Bill Zarcharkiw explique très bien cela dans un article intitulé Light can be right publié dans le quotidien anglophone montréalais The Gazette. Il y écrit «one thing still confuses me : the fascination many wine lovers have with ''powerfull'' wines.» La fascination pour les vins puissants!

Il explique cela en disant que ce qu’on aime aujourd’hui découle des premiers vins qu’on a bus dans sa jeunesse. «Much of what we like seems to depend on what we drank when we first got into wine.»

Bill est sommelier, il observe que les clients (anglophones?) dans les restaurants préfèrent souvent les vins puissants même si ces vins très boisés et alcooleux nuisent aux mets.

Il se fait éducateur, apôtre du bon vin, du vin différent. Il incite ses clients à faire l’expérience de vins plus acides.

L'acidité

Car, tout est là: l’acidité. On en parle peu, mais c'est pourtant l'élément essentiel de tout vin. C'est la saveur la plus importante au niveau du goût, car elle affecte et modifie toutes les autres saveurs, toutes les autres sensations : le sucré, l'astringence, le minéral, le gras, etc. «Après le choc initial d’avoir quelque chose de plus acide dans la bouche, la grande majorité des gens se surprennent à vider la bouteille», écrit-il.

«Ainsi pour tout ceux qui sont amateurs de ces gros et alcooleux vins, je vous invite à essayer mes suggestions de la semaine. Ils sont différents, certes, mais vous allez découvrir qu’ils sont les vins idéals pour le reste de l’été.»  Il énumère un vinho verde, un muscadet, un vin de Savoie, en picpoul et un blanc de Toscane. (The Gazette, 7 août)

Je lève mon verre à Bill l’apôtre, le missionnaire des bons vins!

Bill is right!
Light can be right!

Définition officielle du terroir

L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a finalement adopté une résolution officielle du concept de terroir:

La définition suivante du terroir a été adoptée par consensus dit une résolution du congrès de l'OIV tenu à Tbilissi en Géorgie, en juin:

Le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace.»
(Résolution OIV/Viti 333/2010)

Les versions anglaise, allemande, espagnole et italienne de la résolution utilisent aussi le mot terroir, sans traduction.

La notion de terroir est surtout utilisée en Europe et depuis peu dans le Nouveau Monde. L'OIV a mené des réflexions depuis quelques années afin de trouver une définition qui satisferait le plus grand nombre. En 2006, Jacques Fanet avait publié une étude et une proposition de définition du concept de terroir (OIV 327).

Voir aussi la définition de terroir donnée par Jacques Puisais. «Il y a autant d'air que de terre dans le terroir du vin

Le brunello n'est pas pur sangiovese

Le brunello n'est pas pur brunello! Un aveu.

Le nouveau président du consortium des producteurs de brunello l'avoue «L'80% dei vini di Montalcino non era sangiovese in purezza.» 80 % des brunellos di Montalcino n'étaient pas de purs sangiovese, dit Ezio Rivella.

Le cavaliere Rivella, oenologue consultant de la maison Banfi, ajoute même que «cela est une pratique généralement admise» parmi les 250 embouteilleurs de brunello.

Il dit toutefois qu'on n'ajoute pas plus de 3 à 5 % d'autres cépages.

Pourtant les règles de l'appellation de la première DOCG d'Italie sont claires : le brunello di Montalcino doit être fait uniquement avec le cépage sangiovese. (voir Le scandale du brunello) D'ailleurs, le sangiovese s'appelle brunello dans la région de Montalcino.

Interrogé à savoir si le nouveau prédisent allait faire changer le règlement, M. Rivella répond que la Loi dit que ce sont les producteurs qui décident comment est fait le vin, et les producteurs ont maintenu qu'il devait être 100 % sangiovese. (Vote 96 % des producteurs en faveur du maintien de la règle du 100 % sagiovese en octobre 2008, WS) Toutefois, le président dit «qu'il faudra en rediscuter parce qu'on a besoin de faire des changements.»

Monsieur Rivella a fait ces étonnantes révélations au journaliste Carlo Macchi du site Winesurf - giornale di enogastronomia. Le journaliste dit avoir été tellement stupéfait «affermazioni che, in alcuni casi, hanno stupito me per primo,» qu'il préfère ne pas commenter l'entrevue «non commenterò i due video-intervista al Cav. Ezio Rivella» (Winesurf)

M. Ezio Rivella,  ancien président de l'association internationale des oenologues, est aussi vice-président de l'Office internationale de la vigne et du vin et auteur du livre Brunello, Montalcino and I: The Prince of Wines' True Story.

Sources : Winesurf; Dobianchi; VinoWire.

Le vin du Portugal, cet inconnu pourtant bien consommé au Québec

Les Québécois ont acheté 3,4 millions de bouteilles de vin portugais rouge, blanc et rosé (hors porto) au cours de la dernière année (2009-2010). C’est deux fois plus qu’en 2005.

Lors de la période précédente de 1995 à 2005, les ventes de vin portugais avaient même triplé au Québec.

Par contre, les ventes de porto ne cessent de chuter. On en achetait l’équivalent de 2,1 millions de bouteilles de 750 ml en 2005, c’est maintenant 1,5 million. En valeur, c’est 36 millions de dollars au lieu de 50 millions de dollars, il y a cinq ans.

Le Canada est l’un des principaux clients du vignoble portugais après l’Angola, le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l’Allemagne et la Belgique.

Est-ce que l'on connaît les vins du Portugal?

Les appellations : Douro, Dao, Vinho Verde, Alentejo, Porto…
Les cépages : touriga nacional, tinta roriz en rouge; alvarinho et encruzado en blanc, et tant d'autres.

Les principales régions de production en rouge sont le Douro (où on fait aussi le fameux porto), le Dao et l’Alentejo.

On y fait aussi du rosé. J’ai parlé dernièrement du Mateus.

Les vins du Portugal ont commencé à être exportés en Angleterre au 17e siècle lors du conflit anglo-français. Les marchands londoniens ajoutaient de l’alcool aux vins de Porto à leur arrivée aux quais en Angleterre. Ainsi est né le porto. Maintenant, on ajoute de l’alcool à Porto même.

Les cépages du Portugal

Les cépages du Portugal seraient au nombre de 300. Le plus connu est le touriga national. On en fait même une confiture délicieuse. Ce serait le cépage le plus planté, «le plus planté sur l’étiquette», nous dit un portugais du cru, qui ne veut pas qu’on l’identifie sur cette citation.

De toute manière, «le Portugal n’est pas un pays de cépage», ajoute Salvador Guedes, un des grands patrons de la maison Sogrape. Propos confirmés par trois œnologues de la maison.

Ils préfèrent faire des assemblages, plutôt que des vins de monocépage.
Ils sont d’ailleurs très fiers des cépages autochtones. Ils ont su éviter la mode des cépages français, qu’on appelle maintenant cépages internationaux, merlot, cabernet sauvignon et chardonnay, que l'on retrouve dans tous les pays. La seule exception est la syrah qu’on a plantée dans la région d’Alentejo.

Le groupe Sogrape

Est-ce que vous connaissez la maison Sogrape?
Si je vous dis Callabriga, Ferreirinha, Vinha Grande, Barca Belha, Vila Regia, Dugue de Viseu, ou encore Ferreira, Offley, Sandeman, Gazela et Mateus…
Eh bien, tout ça, c’est Sogrape.
C’est une entreprise familiale qui a plusieurs domaines (quintas) au Portugal.

Si vous buvez un vin du Portugal, il y a de fortes probabilités que ce soit un vin de cette maison. En effet, il semblerait que 50 % des vins portugais exportés le sont par Sogrape.

Au Québec, il y a actuellement, à la SAQ, 38 produits de cette maison. C’est peu sur l’ensemble des 450 produits portugais sur les tablettes.

 

La série Callabridga

C’est ainsi que sont faits les vins de la série Callabridga. Ils sont au nombre de six, dont trois reservas. Deux pour chaque région: Douro, Dao et Alentejo. (www.callabriga.eu)

L’œnologue responsable de la gamme, Miguel Pessanha, nous explique qu’il vise à produire des vins de qualité internationale avec uniquement des cépages locaux.

Ce sont des vins de facture moderne adaptés au goût du jour. Des vins fruités et assez boisés. «Des vins nouveaux de l’Ancien Monde.» Les six vins ont un cépage commun, le tinta roriz, appelé aussi aragonês (se prononce aragonèche). Cépage qui est associé dans chaque appellation à deux autres. Pour le Douro, ce sont la touriga franca et la touriga national; le Dao, la touriga nacional et l’alfrocheiro et dans l’Alentejo, l’alfrocheiro et l’alicante bouschet.

Lequel de ces six vins allez-vous préférer ? Pour en avoir une idée, prêtez-vous à ce petit jeu Blend your Feelings.

J’aime particulièrement le Callabriga de l’Alentejo 2007. Il a un côté floral, des arômes de violette, ses tanins sont fins. Il me semble d’une texture plus serrée que celles des Dao et Douro. Le boisé est moins perceptible aussi.

Le Reserva 2004 de la même région est encore plus profond, plus costaud, enveloppant, tannique et même astringent. Il a de belles saveurs d’olives et de prune.

Au Québec, nous avons le Callabriga Douro 2007, dont j’ai déjà parlé ici. En Ontario, il est trois dollars moins cher.

Il y a aussi un vin de la série Callabridga produit à la Quinta Ferreirinha.

Vinha do Monte

Les vins de la série Vinha do Monte, moins chers, ont aussi une belle personnalité. Le blanc 2009 est floral, légèrement muscaté. Le fruité est assez gras sur une belle acidité. Bien long. Ses cépages sont principalement le roupeiro, l’antao vaz et l’arinto.

Son pendant en rouge, le Vinha do Monte rouge 2008 a de belles saveurs de fruits chauds. Un vin de caractère à prendre avec des grillades. Cépages : aragonês, alfrocheiro, trincadeira, syrah and alicante bouschet. Oui, la  syrah semble bien adaptée à cette région d’Alentejo. Disponible à la SAQ à 11,35 $. 501486
 
Ce sont des vins d’appellation régionale vinifiés à la cave Herdade do Peso et provenant d’achats auprès de producteurs des environs.

Le domaine Herdade do Peso

À retenir, deux beaux vins, le Coleita Alentejo 2007 du vignoble Herdade do Peso, d’une belle fraîcheur et le Coleita 2007 de la Quinta dos Carvalhais, d’un beau fruité, agréable, à servir frais. La maison appose de terme colheita (millésime) sur certaines étiquettes pour désigner des vins de qualité supérieure.

Les œnologues de Sogrape disent vouloir éviter de produire des vins rustiques, trop extraits, trop lourds. «Nous préférons l’élégance», dit Miguel Pessanha lors d’une visite à Herdado do Peso. C’est un domaine planté en 1993 et acheté par Sogrape en 1997. On l’a fait passer de 40 hectares à 160 hectares, surtout en rouge, avec un peu de blanc (8 hectares).

Dans cette région de l’Alentejo, les nuits peuvent être fraîches en septembre (15-16°) et les journées bien chaudes (34-36°). Cette grande amplitude thermique permet d’obtenir des baies de qualité. Les sols argilocalcaires et d'argile rouge retiennent bien l’eau. C’est indispensable, car il n’y a plus que deux saisons maintenant dans cette région : l’hiver où il pleut abondamment et l’été où il pleut rarement. Les vignes sont irriguées si nécessaire avec un système de tubulaires qui courent au bas des plants. En juin, lors de notre visite, on ne l’avait toutefois pas encore utilisé. Au besoin, on arrosera en profondeur.

Les vins blancs portugais

Le Portugal est surtout connu pour ses portos et ses vins rouges. Pourtant, je dois dire que lors de ce voyage de presse, j’ai été charmé par leurs vins blancs. Est-ce le Soleil, l’ambiance, la nourriture ? Les vins blancs m’ont paru d’une grande fraicheur et surtout d’un bel équilibre. Assez vif, peu ou pas boisé, sec, rond et bien rafraîchissant.

Le versant blanc du vignoble portugais est donc à explorer.
 
On produit du blanc dans plusieurs régions, mais surtout dans le Minho, où on élabore le vinho verde. Les Portugais prononcent vigno verdé.

À l’origine, c’était un vin rustique, peu alcoolisé et légèrement effervescent.

Aujourd’hui, l’on y trouve deux types de vinho verde. Le traditionnel, auquel on ajoute un peu de gaz carbonique afin de lui donner ce petit perlant comme autrefois. Il a aussi un taux d’alcool peu élevé et un peu de sucre résiduel.

Un bel exemple de ce type de vin est le Gazela. Le taux d’alcool est peu élevé, soit 9 %. Son perlant et son sucré léger équilibrent une acidité rafraîchissante. Il a presque 12 grammes de sucre et 7,5 grammes d’acide, pour un pH de 3,1. Le cépage principal est le loureiro. Sa bouteille est maintenant obturée par une capsule à vis, mais pas au Portugal, grand producteur de liège.

Le vinho verde de type dit moderne est sec, non gazé et souvent très acide. Un bel exemple est celui de la Quinta de Azevedo disponible en Ontario. Fait du même cépage que la Gazela. Son taux d’alcool est par contre plus élevé à 11 %. C’est sec, léger, floral et bien fruité. Il a 6 grammes de sucre, mais on ne le perçoit pas puisqu’il contient encore plus d’acide, soit 7,8 grammes. (pH de 3)

On trouve aussi en Ontario, un vinho verde plus costaud, le Morgadio da Torre (17,95 $). Il est fait du cépage alvarinho. Son taux d’alcool atteint les 13 %, le vin est vif. On ne goûte pas le sucre (4 grammes) tellement l’acidité est élevée (7,34 grammes). Idéal pour accompagner des poissons gras.

Les vinhos verdes sont des vins à forte acidité. Le double des autres vins blancs. C’est un caractère recherché pour accompagner les mets locaux.

Lorsque j’ai dégusté ces trois vins, à jeun, j’ai préféré le Gazela ; puis en mangeant quelques bouchées, le Azevedo est devenu plus intéressant. Avec un repas, le Morgadio aurait sûrement pris le dessus. Donc, trois types de vins, pour des accompagnements différents.

Le grand patron de la maison Sogrape, Fernando Guedes, nous a fait visiter les vignes de sa Quinta de Azevedo. Il en est très fier. Il a tout rénové les bâtiments et le vignoble. Il y a quelques années, on y laissait pousser les vignes très haut, à deux mètres. Aujourd’hui, on replante tout, plus serré, et on taille bas. Le peu d’eau disponible se disperse ainsi moins dans le feuillage. On obtient plus de sucre dans les raisins.

Le domaine a développé sa propre levure. La QA 23, la Quinta de Azevedo 23. Elle est utilisée pour démarrer et contrôler la fermentation. C’est un succès, elle est maintenant utilisée en France, en Australie et aux États-Unis. (Voir aussi l'article Le vinho verde ou les vinhos verdes.)

On fait du vin blanc dans d’autres régions du Portugal. En voici quelques exemples.

Planalto 2009, un vin blanc frais, d’une belle acidité et d’un beau fruité. Souvent disponible en Ontario à 13,95 $.

Duque de Viseu blanc 2009, de la Quinta dos Carvalhais, très aromatique, gras, des arômes de cire, on dirait du chenin. Il évolue très bien en bouche. «La mode aujourd’hui est de faire des vins avec un fruité tropical.  Je lutte contre cela. Ces vins s’écrasent en bouche. Je préfère les vins minéraux. Celui-ci est élevé en fût de chêne avec beaucoup de bâtonnage pour augmenter le volume», nous dit son vinificateur Manuel Vieira. Il est disponible en Ontario à 12,95 $.

Villa Regia 2009, vivifiant, parfumé, un beau fruité de malvasia.


Le Portugal en recherche

En somme, le Portugal est un immense vignoble. En plus du porto, on y fait énormément de vin sec rouge, blanc et rosé.

La production y est très variée, les styles aussi. En fait, au niveau du style, je crois qu’on se cherche encore. On essaie de suivre la mode, on boise un peu trop et le fruité des rouges est quelquefois très généreux aux dépens de l’acidité.

On fait peu de monocépage. On devrait peut-être, si ce n’est juste pour permettre aux consommateurs de découvrir, de connaître et d’apprécier ces cépages, les jaen, loureiro, encruzado, tinta roriz, touriga nacional et autres.


 Pour en connaître plus sur les vins du Portugal, visitez les sites de l’Institut des vins du Portugal et de la société Sogrape Vinhos.
   Ce voyage de presse a été fait à l’invitation de la société Sogrape et grâce à la collaboration de la compagnie aérienne Sata.
     Des vins du Portugal...

Disponible en ligne

Savez-vous qu'il coute un peu moins de 6 $ pour faire livrer du vin à la maison; que ce soit une bouteille ou une caisse de 12.

Près de 30 % des produits de la SAQ sont disponibles en ligne, soit 3242 sur 10426 produits en stock le 22 juillet 2010.

Dans la section vinique, c'est 34 % des vins qui peuvent être achetés en ligne pour livraison; soit 2958 vins sur les 8517 actuellement disponibles.

Vous pouvez faire livrer chez vous, chez un ami, chez un parent, chez votre voisin...

Les détails sur le site de la SAQ.

Le Château Musar rejeté

Le dernier millésime du réputé Château Musar a été refusé par la SAQ.

«Le produit ne peut être commercialisé au Canada en raison du taux de carbamate d'éthyle qui est supérieur à la norme fixée par Santé Canada», nous dit Linda Bouchard, responsable des relations de presse à la SAQ.

C'est la deuxième fois qu'un millésime de ce grand producteur du Liban est rejeté par la Société des Alcools du Québec.

En novembre dernier, le Château Musar 2000 a été retiré des tablettes pour les mêmes raisons.

Quelques bouteilles au prix de 50,75 $ ont tout de même été écoulées, mais il n'y a pas eu de rappel auprès du public. La SAQ a jugé qu'il n'y avait pas de danger pour le consommateur, «toutefois, on se doit de respecter les normes de Santé Canada, et ce produit contenait une dose de carbamate d'éthyle supérieure au maximum fixé.»

Plusieurs rhums ne peuvent pas non plus entrer au Canada parce qu'ils contiennent trop de carbamate d'éthyle.

Sur le site du European Food Safety Authority, on apprend que «Le carbamate d’éthyle est naturellement présent dans les aliments fermentés tels que le pain, la sauce de soja et le yaourt, ainsi que dans les boissons alcoolisées telles que le vin, la bière, les spiritueux et, plus particulièrement, les eaux-de-vie de fruit à noyau. Plusieurs précurseurs présents dans les aliments et les boissons tels que l’acide cyanhydrique, l’urée et l’éthanol peuvent conduire à la formation de carbamate d’éthyle pendant le traitement et la conservation des aliments.

Le carbamate d’éthyle est un composé génotoxique et cancérogène multi-site chez les animaux et il est probablement cancérogène aussi chez l’homme.»

«Cette molécule est produite par toutes les levures quelle que soit la souche.» (Vitisphere)

Elle peut représenter un danger pour la santé si le vin est entreposé à des températures élevées.

«Le carbamate d'éthyle présente un risque pour la santé humaine, ce composé étant classé cancérigène (à des doses toutefois beaucoup plus fortes que dans les vins). Le carbamate d'éthyle a plusieurs origines: métabolisme des levures et des bactéries; en particulier il se forme lors de déviations bactériennes pouvant avoir lieu lors de la conservation des vins. Au cours du vieillissement des vins il est formé à partir de la combinaison de l'éthanol et de l'urée.

La teneur en carbamate d'éthyle augmente régulièrement dans le temps pendant le stockage en vrac et en bouteilles, en particulier si la température est élevée. Cette augmentation se manifeste sur plusieurs années.» (www.miseenbouteille.info)

Les limites maximales de carbamate d'éthyle tolérées dans les alcools par Santé Canada sont 30 ppb pour les vins de table, 100 dans les vins fortifiés, 150 dans les spiritueux, 200 dans les sakés et 400 dans les eaux de vie et les ligueurs. (Normes canadiennes ( "limites maximales" ) concernant divers contaminants chimiques dans les aliments, Santé Canada)

Le Château Musar  est considéré comme étant un grand vin par plusieurs connaisseurs. Il a une saveur caractéristique de fruits surets, de thé noir et de figues que plusieurs amateurs savent reconnaître. Il est fait de cabernet sauvignon, de cinsault et de carignan. Il est mis en marché sept années après les vendanges. C'est un vin acide de type A, donc il n'obtient pas de bonnes notes des chroniqueurs américains de type B.

Réaction du producteur

Interrogé sur ce rejet, M. Gaston Hochar nous dit qu'il s'est toujours efforcé de faire des vins de la manière la plus naturelle possible. «Ceci entraine et donne parfois des caractéristiques particulières à nos vins, du point de vue organoleptique et analytique, ce qui fait le bonheur de certains amateurs avertis.

La SAQ a ces règles de fonctionnement et d'achat, et je ne peux qu'accepter ses décisions, même si je les regrette.»

Texte modifié le 16 juillet afin d'y ajouter le point de vue de M. Hochar.

DES VINS QUI CONTIENNENT MOINS DE SULFITES

Voici une question qui revient souvent :

«On dit que même dans les vins bio, il y a des sulfites. Est-ce le cas? Et si oui, est-il possible de trouver des vins avec moins de sulfites ou même pas du tout?»

Oui, il y a des sulfites, du soufre, dans plus de 99 % des vins.
Oui, il est possible de trouver des vins qui en contiennent moins.

Le sulfite est un antiseptique et un antioxydant nécessaire à la conservation du vin. Les producteurs peuvent en ajouter à plusieurs étapes de la production du vin.

Voici les vins qui en contiennent généralement moins :

Les vins bio
   Les producteurs bio obtiennent des raisins de meilleure qualité et contrôlent plus rigoureusement l'ajout de sulfites.

Les vins faits sans levures ajoutées.
  Si on ajoute des levures achetées, on doit tuer les levures naturelles avec du sulfite.

Les vins rouges
   On y met moins de soufre que dans les blancs, car il contiennent des antioxydants naturels : les tanins.

Les vieux vins
  Le soufre se dissout à la longue.

Les vins provenant de vendanges récoltées à la main.
  Les raisins ne sont pas abimés par les machines, donc on ajoute moins de soufre à l'arrivée des baies dans les cuves.

Les vins contenus dans les bouteilles obturées avec une capsule à vis.
  La capsule à vis étant plus étanche, on ajoute moins de soufre.

Les vins de petits producteurs.
  Il est plus facile de contrôler une petite production.

Les vins de qualité.
  Des vignerons contrôlent rigoureusement toutes les étapes de production afin d'ajouter moins de sulfite à l'embouteillage.

Pour en savoir plus, lire les articles Sulfites dans le vin et Une réaction au sulfite.

Progression du biodynamisme dans le monde

Le nombre de domaines viticoles en biodynamie continue de s'accroître.

Le site Wine Alchemy en énumère 500 dans sa liste mise à jour en juin.

Ce ne sont plus seulement de petits domaines de quelques hectares dans les régions reculées. Il y en a même à Bordeaux. On savait que Pontet-Canet travaillait en biodynamie depuis quelque temps. Bien le réputé domaine Smith Haut-Lafitte travaille maintenant «une partie en biodynamie et le reste en bio organique», me confirme le maître des lieux Daniel Cathiard.

Parmi les autres domaines députés, il y a aussi Pavie-Macquin à Bordeaux. Ils sont toutefois peu en Bordelais, seulement 26 selon la liste établie par P.C. Goward.

Même la Champagne réputée pour sa forte consommation de produits chimiques se tourne lentement vers la biodynamie avec 21 producteurs.

Il y en a même trois au Canada! Blue Montain en Colombie-Britannique et Feast of the Fields et Southbrook en Ontario.

Voici une liste non exhaustive de domaines en biodynamie, dont les produits sont disponibles au Québec : Chapoutier, Trévallon, Bott-Geyl, Ostertag, Marcel Diess, Weinbach, Zind-Humbrecht, Dauvissat, Vougeraie, Gaillard (Loire), Briderie, L'Écu, des Huards, Huet, Roches Neuves, Romanin, des Béates, Aphillanthes, Alois Lageder, Tenute Loacker, Palacios, Grgich, Phelps, DeLoach, Hedges... Voir la liste sur le site www.winealchemy.com

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