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LES FAUSSES IMPORTATIONS PRIVÉES

On entend de plus en plus parler des vins dits d'importation privée, qu'on abrège souvent par IP.

Toutefois, ces vins ne sont pas du tout des importations privées. Ils sont importés par la société d'État, la SAQ.

Ces vins sont choisis par des agents promotionnels et titulaires de permis de commandes privées qui demandent à la SAQ de les importer. C'est la SAQ qui paye le producteur (après avoir vérifié si le prix est justement élevé) et qui l'importe au Québec, l'entrepose et le fait livrer dans une succursale. Le client choisit le lieu de la livraison parmi les succursales désignées par la SAQ. Le client paye alors la SAQ et s'il y a lieu la commission de l'agent qui a fait la promotion de ce vin.

La SAQ appelle ce canal de vente: le service de commande privée pour particuliers et pour la restauration.

Il faut dire ici que la SAQ a déjà appelé ce service importation privée.

Il existe toutefois, un vrai couloir d'importation privée. En effet, la SAQ permet à une dizaine d'embouteilleurs locaux d'importer du vin en vrac, de l'embouteiller au Québec et de revendre ces vins en bouteille à la SAQ ou à l'étranger. La Société d'État en vend une partie dans ses succursales et revend la plupart de ces bouteilles aux épiciers. C'est un marché de 657 millions de dollars en ventes brutes. C'est une bouteille de vin sur quatre vendue au Québec.

Les commandes privées totalisent maintenant un peu moins de 150 millions de dollars par année. Ces vins sont pour la grande majorité (environ 75 %) écoulés dans les restaurants.

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POLITIQUE DE COMMANDES PRIVÉES, Version « Titulaires de permis », Adoptée par le conseil d’administration le 4 juin 2010, SAQ. (Document PDF)

TERMES ET CONDITIONS DE COMMANDES PRIVÉES, SAQ  (Document PDF)

Baisse de prix à la SAQ

La direction de la Société des alcools du Québec nous annonce une baisse de prix moyen de 5 cents sur ses produits en approvisionnement continu.

La SAQ dit que c'est entre autres dû à la baisse de l'euro. L'euro a baissé de 5 cents depuis mai dernier.

Pourtant en mai 2018, la même SAQ avait haussé les prix de ces vins de 20 cents alors que le prix de l'euro avait augmenté de 1 cent.

Donc, lorsque l'euro augmente de 1 cent, on monte les prix de 20 cents.

Par contre, si l'euro baisse de 5 cents, on baisse les prix de seulement 5 cents !

Allez donc comprendre !

Le prix de l'euro ne cesse de baisser depuis mars 2018. Il était alors 1,60 $; puis 1,56 $ au début de 2019. Il est maintenant de 1,45 $.

 

Taux de change de l'euro - Banque du Canada
deuis le 1 janvier 2019


Banque du Canada


 

Donc, lorsque l'euro augmente un peu, la SAQ augmente beaucoup ses prix.
Par contre, lorsque l'euro baisse beaucoup, la SAQ réduit de très peu ses prix!
 

De toute manière, il reste encore du chemin à faire. La SAQ baisse légèrement ses prix, mais il reste encore bien des vins qui sont beaucoup plus chers au Québec qu'en Ontario.

Le Asproudi, Monemvasia était 19,05 $. Il a été réduit à 18,95 $. Pourtant il est 16,05 $ à la LCBO.

Le Mas las Cabes du Roussillon est réduit de 17,40 $ à 17 $. Il était 15,25 $ à la LCBO.

Et le Terra Rossa à 17,85 $ n'a pas changé de prix. Pourtant il est 15,95 $ à la LCBO.

Il y a quelque chose de vraiment bizarre dans la gestion des prix au monopole des vins de la Belle province!

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LES VINS D'OCTOBRE 2019

Les vins publiés au cours du mois d'Octobre

Château Musar 2001 Liban 5,0 65,50$
Château Musar Jeune 2016 Liban 4,0 26,35$
Château Porto Carras, Côtes de Meliton 2009 Grèce 3,5 26,40$
Timorasso, Archetipo Tortonesi 2015 Italie 3,5 29,85$
Poggio al Leone, Morellino di Scansano Riserva 2015 Italie 3,5 29,95$
Cabral, Carácter, Porto Reserva Especial Porto 3,0 16,85$
Griottes, Pierre-Marie Chermette, Beaujolais 2018 Beaujolais 3,0 18,85$
El Fanio, Xarel-lo, Penedèes 2016 Espagne 3,0 21,90$
Petit Chablis, Les Ammenites, François Martenot 2018 Bourgogne 3,0 21,95$
Crémant de Bourgogne Brut, Pierre-Marie Chermette Bourgogne 3,0 26,95$
Épaulé Jeté, Cuvée Trinch, Bourgueil 2018 Loire 3,0 27,00$
Barolo, Terre Del Barolo, Vinum Vita Est 2013 Italie 3,0 29,95$
Chevalier de Dyonis, Pinot noir 2017 Roumanie 2,5  9,55$
Ventoux Réserve des Challières, Bonpas 2018 Rhône 2,5 12,20$
Mil Historias, Garnacha, Manchuela 2018 Espagne 2,5 16,25$
Pansa Blanca, Raventós D'Alella 2018 Espagne 2,5 17,30$
Félines Jourdan, Picpoul de Pinet 2018 Languedoc 2,5 17,95$
Villa Noria, Grand Prestige Rosé, Pays d'Oc 2018 Languedoc 2,5 18,80$
Marques Casa Concha, Cabernet Sauvignon 2017 Chili 2,5 21,45$
Vale da Judia 2018 Portugal 2,0 10,15$
Borsao rosé 2018 Espagne 2,0 11,85$
Hungaria Grande Cuvée Brut Hongrie 2,0 12,60$
La Vieille Ferme Rosé 2018 Rhône 2,0 13,05$
Cabral Reserva Blanc Douro 2018 Portugal 2,0 13,95$
Pinot Noir l’Orangeraie 2018 Languedoc 2,0 13,95$
Gran Passione, Rosso Veneto 2018 Italie 2,0 16,55$
Brolio, Chianti Classico 2017 Italie 2,0 23,55$
Beaumes de Venise, Muscat Rhône 2,0 23,95$
Amphibolite, Muscadet 2017 Loire 2,0 24,75$
Château de la Ragotière, Vallet Muscadet 2015 Loire 2,0 25,50$
Tinedo Cala N.1 Crianza 2016 Espagne 1,0 16,50$
Roditis Natur Tetramythos 2018 Grèce 1,0 19,75$
El Vinculo 2013 Espagne 1,0 23,20$
Les Hauts & Les Bas, Jaulin-Plaisantin Chinon 2016 Loire   23,00$

NON, LES SULFITES NE SONT PAS UN PROBLÈME DANS LE VIN !

ENCORE LES SULFITES !

Il y a des mythes et des légendes urbaines ou rurales qui persistent longtemps dans le monde du vin.

Celle des sulfites en est une bonne, car il n'a jamais été démontré que les sulfites dans le vin puissent causer des problèmes.

Ceci nous amène toute sorte de dérives comme celle des vignerons qui essaient de produire des vins sains en n'ajoutant pas de sulfites ou pas suffisamment.

Les malaises attribués à tort aux sulfites seraient plutôt dus à l'éthanal contenu dans le vin.

Je reproduis ici le texte que j'ai publié en janvier 2017 dans le magazine Le Monde au Naturel, avec leur permission.

Intolérance au vin : le coupable est l'éthanal

La consommation de vin peut causer quelquefois des réactions étranges, indésirables et inquiétantes.

Certaines personnes disent éprouver à l'occasion des sensations de chaleurs ou de rougeurs. D'autres disent qu'elles ont des picotements ou des maux de tête ou d'autres malaises subits tel que de l'hyperactivité nasale. Finalement certains disent que des vins les font tousser.

On a longtemps soupçonné les sulfites d'être responsables de ces réactions. Toutefois, les sulfites ne seraient responsables que des phénomènes de toux. Toutes les études menées sur ce sujet n'ont pu démontrer que les sulfites étaient responsables des autres malaises.

Une étude menée en double aveugle en Australie sur des sujets intolérants au vin a donné 25 symptômes de malaise.

On leur a donné 200 ml de vin dont l'un ne contenait que 9 mg de SO2 total au litre et l'autre en contenait 214 mg dont 134 mg libres. C'est le SO2 libre qui est actif.

Résultat : le vin pauvre en sulfites a causé plus de malaise, soit 13 que le vin qui contenait beaucoup de sulfite qui lui a causé 12 malaises parmi ces 20 personnes.

Il faut donc chercher ailleurs. Les chercheurs se sont alors tournés vers l'histamine et les autres amines biogènes. Des producteurs de vin d'Espagne convaincus que l'histamine était responsable de ces intolérances au vin avaient même décidé de produire du vin sans histamine.

Cependant, les travaux de la docteure Gisèle Kanny ont démontré en 1996 que l'histamine n'était pas responsable de ces malaises ni les autres amines biogènes d'ailleurs. Elle en a fait une thèse de doctorat.

Alors qui est le responsable ?
Ce serait l'éthanal, selon la docteure Kanny. L'éthanal, appelé aussi acétaldéhyde, est produit, entre autres, lors de la fermentation du jus de raisin en vin.

C'est l'éthanal mal digéré par le foie qui est aussi responsable du mal de tête du lendemain. L'éthanal est métabolisé dans notre organisme par une enzyme  : l'acétaldéhyde hydrogénase. Une carence de cet enzyme peut rendre plus difficile la consommation d'alcool. D'ailleurs, ne nombreux Asiatiques qui ont une carence génétique de cet enzyme deviennent tout rouge lorsqu'ils consomment du vin.

Alors que faire lorsque l'on rencontre ces malaises en consommant du vin ?
Il faut cesser de boire ce vin, selon la Dre Kanny qui ajoute que ce n'est pas dangereux. Il faut alors changer de vin.

Mais pourquoi cela se produit-il seulement qu'à l'occasion ?
La consommation de vin est une rencontre entre un produit et un individu. Le produit très complexe qu'est le vin contient des centaines de molécules résultantes de la fermentation et l'individu, lui aussi très complexe, a des dispositions variables selon le moment, selon sa condition physique à ce moment-là, selon ce qu'il a mangé, selon les médicaments qu'il a pris, etc. Donc, ce phénomène peut se produire une fois et ne pas se répéter.

Qu'est-ce que l'éthanal ?
Il est fabriqué, entre autres, lors de la fermentation alcoolique. Il est aussi appelé acétaldéhyde. Il peut être aussi le résultat de l'oxydation de l'éthanol (alcool). Il sentirait la pomme verte, la pomme au four ou l'évent. Il contribuerait à l’odeur du romarin, des jonquilles, de l’orange amère, du camphre, du fenouil, de la moutarde et de la menthe.

Il est produit et consommé par les levures. Certaines en produisent plus que d'autres et certaines en consomment une partie. Il y a plus d'éthanal dans les vins peu acides, c'est-à-dire dans les vins au pH élevé. «Plus un mout est sulfité, plus les levures produisent de l'éthanal», dit l'oenologue Adrien Debaut dans la revue LaVigne no 266. Deux fois plus à pH 4 qu'à pH 3. Toutes les opérations qui aèrent le vin sont susceptibles de produire de l'éthanal par oxydation de l'éthanol.

L'éthanal n'a pas que des défauts. Il assouplit le vin et stabilise sa couleur. Il permet aussi de mesurer la quantité de sulfites nécessaire à la conservation du vin. Il contribue aussi à la saveur du vin.

L'oxydation de l'éthanal donne l'acide acétique et son hydrogénation donne l'éthanol. (Universalis)

Tous les vins contiennent de l'éthanal. Au laboratoire de la SAQ, on nous dit qu'«en moyenne, on mesure environ 20 mg/L d’acétaldéhyde dans le vin. Dans la presque totalité (99%) des vins que nous avons analysés ces 5 dernières années, la teneur en acétaldéhyde mesurée est de moins de 70 mg/L».
De plus, «nos analyses nous ont permis de remarquer que les vins blancs contiennent plus d’acétaldéhyde que les vins rouges. Mais, ce sont les vins élevés sous voile (vin jaune) et les vins de dessert qui en contiennent le plus. »

Santé Canada n'a pas émis de normes maximales pour l'éthanal dans le vin.

  Publié initialement dans Le Monde au naturel, janvier 2018.
  (https://issuu.com/mondenaturel/docs/lman_-_201701) p 54-55.


SULFITOPHOBIE
Alors, est-ce que cessera cette sulfitophobie ?
Des vignerons se vantent de ne pas ajouter de sulfites dans leurs vins, mais ne disent pas combien il en contient déjà. La fermentation peut produire 30 mg de sulfites par litre.
D'autres producteurs nous affirment en ajouter peu, mais combien? Ça, ils se gardent bien de nous le dire­.

Vignerons, producteurs, fabricants et vendeurs de vin, cessez toute cette hypocrisie autour des sulfites et dites-nous tout simplement combien votre bouteille en contient. Ce sera plus honnête.

TROP D'ALCOOL DANS LE VIN

Est-ce qu'il y a trop d'alcool aujourd'hui dans le vin?

Il sont maintenant rares les vins à 12 % d'alcool.

Aujourd'hui, les vins ont souvent à 14 % d'alcool.

Vous vous dites que 14 ce n'est après tout que 2 points de pourcentage de plus que 12.

Toutefois, dans le sang, la différence peut être plus grande.

Faites le calcul en utilisant le calculateur d'alcoolémie d'Éduc'alcool.

Si vous êtes un homme pesant 80 kg (176 livres) et que vous buvez 4 verres de vin de 175 ml au taux d'alcool de 12 % de 19 h à 21 h 30 au rythme de 1 verre aux 30 minutes, votre un taux d'alcoolémie sera à 21 h 30 de 0.077 %. Donc vous pouvez conduire, vous serez juste en bas de la limite légale de 0,08 %.

Toutefois, si les quatre verres de vin font 14 % d'alcool; alors là votre taux d'alcoolémie sera à 21 h 30 de 0,098 %: et vous ne serez pas en état de conduire. Le taux d'alcool dans votre sang aura même dépassé les 0,08 % dès le troisième verre. Et vous ne serez pas en état de conduire légalement avant 23 heures.
 

Quatre verres de vin à 12 % d'alcool
0,077 % à 21 h 30


Quatre verres de vin à 14 % d'alcool
0,098 à 21 h 30


Calcolateur Éduc'alcool

 

Si vous êtes une femme de 70 kilos, il faut enlever un verre à chacun de ces deux tableaux pour arriver aux mêmes résultats. Donc, pour vous mesdames, 3 verres de 12 % d'alcool équivaut à 2 verres à 14 % d'alcool.

La différence entre 12 et 14 degrés d'alcool a beau n'être que de 16,6 %; le résultat au niveau du taux d'intoxication passe de 77 mg d'alcool/100 ml à 98 mg; soit 29 % de plus.

Ainsi, vous pouvez prendre 4 verres de vin à 12 %, mais seulement 3 verres de vin à 14 % pour ne pas dépasser la dose de 0,08 %.

Le réchauffement climatique et les modes de culture et de vinification d'aujourd'hui poussent les taux d'alcool à la hausse. Ils sont ainsi plus rares ces bons vins digestes à 12 % d'alcool.

Faites le calcul avec le calculateur d'alcoolémie d'Éduc'alcool
ou avec le Blood Alcool Calculator de Global R Ph

Il est à noter ici que le taux d'alcool réel est possiblement plus élevé que celui indiqué sur la bouteille. La SAQ tolère une différence de 1 point. Elle fait des tests sur tous les nouveaux produits. Toutefois, elle ne vérifie qu'occasionnellement le taux d'alcool des millésimes suivants. Les producteurs ne changent pas toujours leurs étiquettes chaque année. Ainsi un vin indiqué 13 % depuis 4 ans est peut-être rendu à 14,5 %. Ne vous fiez pas non plus aux taux indiqués dans le site saq.com. Ils sont rarement mis à jour.
En Europe, la limite maximale pour conduire dans la plupart des pays n'est pas de 0,08 %, mais de 0,05 % ou 0,5 g/l.
 

COMPRENDRE LE VIN

Le vin: le comprendre; le connaître; le déguster; le servir: le conserver; ses défauts; ses finances; son marché et la santé...

La notion d'équilibre dans le vin; le goût sucré des vins secs; l'importance du pH; le goût de bouchon; le bio; les sulfites; le vocabulaire du vin; la recherche du vin en succursale; le vin et la santé...

Connaître et comprendre le vin, c'est un processus progressif et continu. Chaque jour sa peine, comme on dit! Nous en apprenons tous les jours!

Voici une série de textes publiés dans vinquebec.com et regroupés par thèmes afin de vous aider à mettre à jour vos connaissances sur ce merveilleux monde du vin.

Il y a ici des articles pour tous les goûts et tous les niveaux. Prenez votre temps. Lisez-les un par jour ou tous à la suite ou dans le désordre... comme vous voulez... en dégustant un bon vin.

 

La dégustation
Connaissance du vin
Le marché du vin au Québec
Le service et la conservation du vin
Défauts et qualités
Santé
Finances (L'argent du vin)
Comprendre la SAQ
Bio
La vigne
Les régions du vin
Autres

 

Ces listes d'articles sont mises à jour régulièrement.


LE CANADA SERAIT LE PLUS GROS EXPORTATEUR DE VIN EN VRAC AUX ÉTATS-UNIS

Le Canada aurait exporté l'an dernier 92,6 millions de litres de vin en vrac aux États-Unis.

C'est considérable! Notre pays devance ainsi maintenant de beaucoup le Chili et l'Australie, selon ce tableau publié aujourd'hui par l'American Association of Wine Economists.
 

C'est un chiffre énorme, surtout lorsque l'on sait que la production de vin au Canada totalisait 160 millions de litres en 2016.

D'où proviennent ces millions de litres? De l'Ontario, de la Colombie-Britannique qui produisent beaucoup de vin? Mais non, selon Statistique Canada, 77 de ces 92 millions de litres proviennent du Québec, soit 83,6 % des exportations de vrac canadien. C'est encore plus étonnant parce que le Québec produit moins de 3 millions de litres de vin.

Les 1 pays en tête pour «décembre 2018» vers lesquels nous avons exporté la marchandise «220429 Vins de raisins,frais,nda;moûts de raisin,ferment empê/arrêtée p alco,cont > 10l» de Québec, sur base douanière, code à 6 chiffres
Rang
Pays

 
2018
Quantité
(LTRx 1 000 000 )
Valeur
($CAN millions)
Commerce
Total Le monde 77 31
1 États-Unis 77 31

  Tableau de Statistique Canada, Date de modification :     2019-10-30

Comment un tel miracle est-il possible?
Le Québec produit moins de 3 millions de litres de vin et en exporte 77 millions de litres. Serait-ce du vin en vrac importé et réexporté? Non, car selon Statistique Canada, seulement 11 000 litres de vin en vrac ont été réexportés de tout le Canada en 2018.

Le Québec importe du vin en vrac, 45 millions en 2018 (pour 55 millions $), toujours selon les chiffres de Statistique Canada. Toutefois, presque tout ce vin est embouteillé et consommé au Québec. La SAQ indique dans son dernier rapport annuel qu'elle en a vendu 41,7 millions de litres aux épiciers. La SAQ en vend aussi dans ses succursales.

Alors, d'où viennent ces 77 millions de litres de vin en vrac que nous exportons aux États-Unis. Ce chiffre ne cesse de grossir. C'était 45 millions en 2015; 10 millions en 2010; 1,5 million de litres en 2007 et seulement 1500 litres en 2006.

Chiffre encore plus étonnant, Statistique Canada indique que ces 77 millions de litres ont été vendus 31 millions de dollars, soit 40 cents le litre.

Et encore plus incroyable, l'Alberta qui ne produit pas de vin, mais du pétrole aurait exporté aux États-Unis 11 millions de litres de vin en vrac.

Par contre, les provinces qui produisent le plus de vin au Canada exportent peu. L'Ontario a exporté 4 millions de litres de vin en vrac pour 5 millions $ et moins de 1 million de litres en bouteille.

Maine et Kentucky
Ces 77 millions de litres de vin québécois seraient exportés surtout au Maine (62 millions L); au Kentucky (10 millions L) et au Missouri (3 millions L). Ceci nous permet de supposer que ce vin est soit destiné à la distillation dans ces états américains ou vendu à ces compagnies soeurs.

Résumé
Résumons tous ces chiffres afin de tenter d'y voir un peu plus clair.

  1. Le Québec importe 45 millions de litres de vin en vrac pour 55 millions de dollars qu'il consomme presque entièrement (41,7 en épicerie) et une partie à la SAQ;
  2. Tout le Canada réexporte 11 000 litres de vin en vrac à la Californie;
  3. Le Québec produit moins de 3 millions de litres;
  4. Mais le Québec exporte 77 millions de litres pour 31 millions de dollars!

D'où proviennent vraiment ces supposés millions de litres de vin en vrac?
Comment sont-ils faits ?

Nous avons demandé en septembre à Statistique Canada de nous expliquer ces chiffres étonnants. On nous a répondu le 12 septembre que «La demande a été envoyée aux États-Unis pour enquête.  Étant donné qu'il s'agit d'exportations vers les États-Unis, nous comptons sur les États-Unis pour enquêter et apporter des modifications aux données. Les États-Unis auront peut-être encore du temps à réagir.»

Nous sommes donc en attente d'une enquête et de réponses sur ces chiffres étranges.

Un mystère que nous appelons Les Noces de Cana (da) !

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LES VINS CHERS SONT-ILS VRAIMENT MEILLEURS ?

LE COMBAT DES GAMMES

Est-ce que les vins haut de gamme sont toujours meilleurs que les vins de milieu de gamme ?

Autrement dit, est-ce que les vins chers sont meilleurs que les vins moins chers ? Dans une même appellation, est-ce que les vins de plus de 70 et 100 $ sont meilleurs que ceux de 30-50 $ ?

La question est intéressante. La réponse est plus difficile à démontrer. Toutefois, l'exercice est très intéressant. C'est d'ailleurs ce qui a été fait le 9 octobre dernier à l'Académie des vins de l'Outaouais.

Les 16 dégustateurs avaient à juger à l'aveugle 10 vins présentés en 5 volées. Dont, chaque fois deux vins de même région, mais dont l'un était de 2 à 3 fois plus cher.

Je vais présenter ici mes commentaires sur ces vins ainsi que les préférences des participants à l'activité.

 

1ere volée: deux mousseux

Bailly Lapierre Vive-la-Joie 2010   30 $
Très aromatique, brioché comme un champagne. Il goute ce qu'il sent. Jolies bulles fines en bouche. Plus élégant que le Satèn et bien persistant.  Crémant de Bourgogne 

Ca'del Bosco Satèn 2010   74 $
Moyennement aromatique, aromes de biscuit. Très gouteux, très riche, beurré, caramel, costaud, moins de bulles en bouche que le précédent. Alcool marqué. Très long. Plus complexe. Franciacorta   

  71 % des participants à l'activité ont préféré le vin le moins cher.

2e volée: deux vins de Chablis

William Fèvre Chablis Les Clos 2014      124 $
Très beau nez avec une note d'échalote. Très belle attaque. Saveurs d'ananas et de caramel. Alcool marqué. Bien long.  

Jean Dauvissat, Chablis Vaillons 2012    40 $
Foncé, parfumé. Note de patate crue. Léger, peu de fruits, alcool marqué.  

   21 % des participants ont préféré ici le vin le moins cher.

3e - Deux vins de Bourgogne

Clos des Mouches 2009, Chanson     94 $
Petits bonbons acidulés, poivre, cannelle et fumée. Chaleureux et assez complexe. 

Ladoix 1er Cru, Michel Mallard 2009   55 $
Très aromatique, fruité cerise, ferme, un peu asséchant, acide et alcooleux.

   64 % des participants ont préféré ici le vin le moins cher.

4e - Deux vins de Bolgheri en Italie

Caccia al Piano, Ruit Hora 2013      14 euros
Fruits noirs, terre et crème. Riche et costaud. Chocolaté. Une très belle texture d'un beau granulé. Complexe.   

Le Serre Nuove dell'Ornellaia 2011     70 $
Aromatique, menthe. Ample. Très beaux tanins, riche et costaud. D' une pièce. 

   79 % des participants ont préféré le vin le moins cher.


Pour la 5e et derniève volée - deux vins du même producteur

Coudoulet de Beaucastel, Côtes du Rhône 2010   29 $
Très aromatique, cannelle et lavande. Chocolaté, kirch, cuir, bien sec et ferme. Longue finale chocolatée et épicée.   

Château Beaucastel, Chateauneuf du pape 2010   100 $
Beau nez invitant. Ferme et serré. Plutôt d'un pièce, unidimensionnel manque de fruits et un peu asséchant.   

   Ici, 43 % des participants ont préféré le vin le moins cher.

En résumé, j'ai préféré le vin le moins cher 2 fois sur 5 et la pour la moyenne des participants 3 fois sur 5 le vin le moins cher a été jugé le meilleur! C'est tout de même étonnant. Le président de l'Académie du vin de l'Outaouais, Alain Brault, conclut cette dégustation en disant que «l’exercice est rassurant : pas nécessaire d’hypothéquer sa maison pour se monter une belle cave, faut juste savoir choisir».

Donc, un vin plus cher n'est pas nécessairement meilleur et ça peut être le contraire, comme il a été constaté ici dans ce petit échantillon.

Les vins les plus chers le sont souvent parce qu'ils ont une meilleure réputation ou qu'ils sont d'une appellation plus renommée. Toutefois, ce n'est pas une garantie qu'ils seront meilleurs.

Des vins de milieu de gamme peuvent souvent être meilleurs que des vins de haut de gamme.

Vous pouvez consulter le compte-rendu de cette dégustation dans le site de l'Académie du vin de l'Outaouais ainsi que dans sa page Facebook.

1000 VINS BIOS À LA SAQ

Il y a aujourd'hui exactement 1020 vins bios disponibles dans les magasins de la Société des alcools du Québec.

Après avoir longtemps trainé la patte en ce domaine, la SAQ offre maintenant un nombre important de vins bios.

La croissance de l'offre de vins bios s'est faite bien lentement à la société d'État. Ils n'étaient que 160 en 2013. Puis 300 en 2014; 400 en 2016; 500 en 2017 et 700 l'an dernier.

L'offre de vin de culture biologique a donc fait un bond de 300 produits depuis un an. C'est 1020 vins tranquilles de format 750 ml sur 9250 vins. Donc un vin sur neuf à la SAQ est bio.

Étiquette vin bio européenEn 2018, constatant la hausse des ventes de vins bios de 16 % en 2015; de 30 % en 2016 et de 28 % en 2017, les acheteurs de la SAQ se sont mis à favoriser l'inscription de nouveaux vins bios à leur répertoire. (SAQ recherche vin bio, juillet 2018)

Ces vins bios proviennent surtout de France (690); puis d'Italie (125) et d'Espagne (82). Ils sont en majorité rouges (575) contre 374 blancs et seulement 51 rosés.

Le prix médian est 28,35 $ contre 27,85 $ pour l'ensemble des vins.

Près de 300 de ces vins bios sont disponibles en ligne.

Si l'on regarde les chiffres pour tous les formats de bouteilles de vin tranquille, c'est 1056 vins bios sur 9800 vins.

Du côté des vins mousseux, la proportion de bio est d'environ 1 sur 12; soit seulement 51 mousseux bios sur les 676 offerts à la SAQ.

Ces vins bios sont maintenant clairement identifiés sur les rayons de la SAQ par des étiquettes vertes. Dans certaines succursales, il y a même une petite section vins biologiques.

La proportion de vins bios serait encore plus grande parmi les vins en commandes privées, mais là nous n'avons pas de chiffres précis.

La production de vin bio est en pleine croissance dans le monde. En France, 12 % du vignoble est maintenant bio. Ce serait un peu plus en Espagne et en Italie.

Les vins bios sont souvent jugés meilleurs dans les concours internationaux de dégustation (Les vins bios sont mieux notés par les dégustateurs professionnels)

Voici donc de bons vins bios dégustés au cours des derniers mois et classés selon le rapport qualité/prix.


Nom Région SAQ Cote Prix
Cébène, Ex Arena, Brigitte Chevalier 2016 Languedoc 3,5 25,85$
Castelgufo Chianti Reserva 2015 Italie 3,0 16,30$
Mas las Cabes, Roussillon 2017 Roussillon 3,0 17,40$
Brochet Réserve, Bio, Sauvignon de la Loire 2018 Loire 3,0 19,80$
Pitti 2017 Autriche 3,0 19,85$
L'Aigue de Novi 2016 Languedoc 3,0 20,00$
Mas Bécha, Classique, Roussillon 2017 Roussillon 3,0 20,25$
Meinkland, Grüner Veltliner 2018 Autriche 3,0 20,70$
Chianti Classico, San Fabiano Calcinaia 2016 Italie 3,0 20,75$
Les Galets, Château Bonnelière, Chinon rive gauche 2017 Loire 3,0 21,55$
Domaine Ferrer Rivière, Carignan 2016 Roussillon 3,0 22,95$
Pra Morandina, Valpolicella 2017 Italie 3,0 24,30$
Prà Morandina, Valpolicella 2017 Italie 3,0 24,35$
Domaine des Huards, Pure 2018, Cheverny Loire 3,0 25,45$
La Galoche 2018, Beaujolais, Domaine Saint-Cyr Beaujolais 3,0 26,00$
Goisot, Côtes d'Auxerre Pinot noir 2917 Bourgogne 3,0 27,05$
Menti, Riva Arsiglia 2016 Italie 3,0 28,10$
Beau Bonhomme 2018 Espagne 2,5 12,95$
ATMA Blanc 2018 Grèce 2,5 15,30$
Parallèle 45, Jaboulet, Côtes du Rhône 2016 Rhône 2,5 16,05$
Côtes du Rhône, Pont du Rhône Passion 2018 Rhône 2,5 17,40$
Château Des Estanilles, l'Impertinent 2016 Languedoc 2,5 18,05$
Vernaccia di San Gimignano, Fattoria San Donato 2017 Italie 2,5 19,45$
Aglianico, Bio, Di Majo Norante 2014 Italie 2,5 20,20$
Pétale de Rose 2018 Provence 2,5 20,60$
Col d'Orcia, Rosso di Montalcino 2016 Italie 2,5 23,95$
Épaule Jeté, Cuvée la Dilettante, Vouvray 2017 Loire 2,5 24,05$
Domaine Barmès Buecher, Crémant d'Alsace 2016 Alsace 2,5 27,50$
Ciù Ciù, Falerio, Oris 2018 Italie 2,0 13,15$
Blés Blanco 2018 Espagne 2,0 13,95$
Biologik, Terre Siciliane IGT Rosso Italie 2,0 15,60$
Bio, Ibalzi, Grillo, Sicile 2017 Italie 2,0 16,60$
Tenuta San Jacopo, Poggio Ai Grilli, Chianti 2017 Italie 2,0 18,75$

  Cette sélection est mise à jour régulièrement.

DES VINS DU MILLÉSIME 2009

Dix ans c'est déjà pas mal de vécu pour du vin ! À l'Académie du vin de l'Outaouais, on aime se payer une traite et voir comment vieillissent les vins de nos caves. Alors pour cette activité «10 ans plus tard 2009-2019» nous avons ouvert quelques bouteilles du millésime 2009 fournies par les membres de l'Académie.

Le millésime 2009 a été reconnu comme un très bon millésime. Un millésime chaud, un millésime de Soleil où les vins étaient souvent très bons dès leur mise en marché. Qu'en est-il dix ans plus tard pour onze de ces vins. Voici un bref compte-rendu de cette expérience.

 
Onze vins du millésime 2009

Vouvray Pétillant Brut Réserve 2009 du Domaine Huet
En ouverture, un vin mousseux magnifique. Très aromatique, savoureux sur des notes de pomme et de coing.
Fin, raffiné et encore plein d'énergie. Un régal. Étonnamment il y en a 7 bouteilles dans une succursale de Québec à 54 $. 

Meursault Collection Bellenum 2009 de la maison Roche de Bellene
Puis deux vins blancs qui n'ont pas très bien paru après ce beau vouvray. Ce meursault est très aromatique, floral et boisé. Toutefois en bouche l'alcool domine. Le fruit est parti il ne reste que l'alcool et le bois.

Chardonnay Five Soldiers 2009 de Rustenberg
Ce chardonnay est un peu plus intéressant que le meursault. Il a de beaux aromes aussi, toutefois en bouche il a les mêmes défauts que le précédent. C'est le bois, la noix de coco, la vanille et l'alcool qui dominent. Longue finale caustique sur l'alcool. 

Pinot noir Seven Flags 2009 de Paul Cluvier
Un pinot noir aromatique sur la fumée et la cerise. Saveurs de cerise brulée en bouche. Belle acidité. Du beau petit jus. Longue finale fumée.

Rioja Imperial Gran Reserva 2009 de CVNE
Encore bien foncé. Des aromes de fruits brulés doublés d'un très beau boisé comme savent le faire les Espagnols. C'est ample, costaud et très riche. D'une très belle texture. Très longue finale délicieuse.

Saint-Joseph 2009 de Vincent Paris
Un vin épicé très aromatique. Juteux, riche, ferme et d'une belle acidité. Équilibré, juteux. Longue finale sur le fruité élégant et épicé. 

Luce 2009 de Frescobaldi
La première bouteille était bouchonnée. Ce vin est costaud, très jeune encore, boisé, ferme, d'une texture serrée. Bois de santal, fines herbes et épices sur un fruité abondant. Un vin d'une grande complexité qui a encore de l'avenir.

Tignanello 2009 de Marchesi Antinori
De beaux aromes de petits fruits, de tabac et de feuille morte. Asséchant en bouche. Plutôt oxydé. Le fruit n'est plus là.

Château Clerc-Milon 2009 de Rothschild
De très beaux aromes qui nous amènent directement à Bordeaux. Du graphite sur un fruité agréable. Une belle texture serrée. Une finale sur le fruit et le bois de santal.

Clos du Marquis 2009 de Léoville-Las-Cases
Le vin est costaud, jeune d'une pièce. Encore un peu bourru avec sa belle structure granuleuse sur une masse de fruits. À revoir dans cinq ans. 

Sauternes Château Doisy-Daëne 2009
Nous finissons la soirée avec ce magnifique vin moelleux aux belles flaveurs de marmelade. C'est rond, moelleux et délicieux.

Voilà, 10 ans plus tard, certains s'améliorent, d'autres dépérissent. Certains développent de très beaux aromes, mais perdent de la substance en bouche. D'autres nous surprennent. Une belle expérience!

   Voir aussi les commentaires d'Alain Brault dans Facebook.

LES GOUTS DE SOURIS DANS LE VIN

Réapparition du gout de souris dans le vin !

Avez-vous déjà entendu parler de ce mystérieux gout de souris dans le vin ?

Il y a fort longtemps, au début de mes études sur le vin, j'avais lu dans de vieux bouquins la mention d'un défaut bizarre qu'on appelait «gout de souris». Toutefois, j'en ai très peu entendu parler par après.

Par contre, depuis quelque temps, on nous signale la réapparition de ce fameux gout. Il y aurait résurgence de ce gout désagréable dans les vins d'aujourd'hui. En fait, on parle plus maintenant des gouts de souris au pluriel.

On dit que certains vins sentent la souris morte, la cage de souris malpropre ou la pisse de souris. D'autres vocables sont aussi mentionnés par les oenologues et dégustateurs, dont les odeurs de saucisse; de peau de saucisson; d'écaille d'arachide; de croustilles de maïs; de tortillas; de popcorn; de craquelin; de riz soufflé; de riz basmati; de biscuit à l'eau, au riz ou au fromage; de croute de pain; de serpillères; de linge mouillé; de bière et même de vomi. On mentionne aussi une amertume métallique.

Les responsables de ses mauvaises odeurs seraient les levures de type Brettanomyces et des bactéries lactiques. Ces deux complices produiraient des molécules malodorantes de type pyridine «La diversité des descripteurs vient du fait que plusieurs molécules sont impliquées dans la formation de cette déviation. À ce jour, trois molécules N-hétéocycles ont été identifiées : la 2-ethyltetrahydropyridine (ETHP), la 2-acetyltetrahydropyridine (ATHP) et la 2-acetyl-1-pyrroline (APY)», écrit Techniloire dans une note émise le 6 septembre 2019.

Ces aromes ne sont pas perçus au nez, mais plutôt en bouche après rétro-olfaction. De plus, ils laisseraient une sensation désagréable et très persistante.

Techniloire ajoute que «l’ETHP, l’ATHP et l’APY ne sont pas suffisamment volatiles au pH du vin pour être perçues en olfaction, car elles sont sous forme aminée. En revanche une fois le vin mélangé à la salive, dont le pH entre 5,76 et 7,96  favorise la forme iminée des molécules, le goût de souris est percevable et même persistant en retro-olfaction. La différence de perception est donc fonction du pH buccal qui varie selon chaque individu voire, pour chacun, selon le moment de la journée et l’état physiologique.»

«Ainsi, à pH bas, elles sont non volatiles et non perceptibles, mais à pH haut (pH de la salive) elles deviennent volatiles, donc perceptibles, avec de très longues persistances. Pour cette raison, elles sont détectées principalement en bouche, en rétro-olfaction.» (Laboratoires Dubernet oenologie)

De plus, 30 % de la population ne percevrait pas du tout ces odeurs; y compris 30 % des vignerons. Ajoutons aussi que le taux de perception de ces molécules varie énormément d'une personne à l'autre allant de 1 à 100 pour l'APY

Qu'est-ce qui entraine la réapparition de cette vieille déviance dans le vin ?

La diminution du sulfitage serait responsable de la résurgence de cette vieille tare, selon les experts. Les gouts de souris peuvent apparaitre s'il n'y a pas de SO2 actif. En effet, il ne suffit que d'une petite quantité de sulfite pour masquer ces mauvais gouts.

«Les premières descriptions du goût de souris datent de la fin du XIX siècle. Cette altération d’origine microbienne est observée sur les vins blancs, rosés, rouges, tranquilles ou effervescents depuis longtemps, mais une recrudescence de ce défaut est constatée depuis deux ans. Cette augmentation est à mettre en lien avec la diminution des doses de SO2, la hausse du pH des vins voire le recours aux flores indigènes.» (Techniloire 2019)

En effet, à cause du réchauffement climatique, le pH des vins est plus élevé, donc les vins sont moins acides. De plus, de nombreux vinificateurs diminuent l'ajout de dioxyde de soufre (sulfites) dans leurs vins. Il est aussi difficile de maintenir un état de salubrité absolue dans les caves. Certains producteurs n'ajoutent pas du tout ou trop peu de SO2 à leurs vins.

Ces mauvaises odeurs seraient particulièrement répandues parmi les vins dits nature. Le chroniqueur vin Simon J Woolf affirme que 20 % des vins dégustés au salon des vins nature de Berlin en 2016 étaient défectueux. Selon lui et plusieurs spécialistes, certains vignerons seraient trop dogmatiques en refusant d'ajouter des sulfites à leurs vins trop faibles en acidité.

«Avec la croissance du mouvement viticole naturel, nous avons assisté à la croissance correspondante d’un défaut vinicole rare», écrit Jamie Goode dans International Wine Challenge.

«La réduction voire l’absence d’ajout de dioxyde de soufre n’est pas sans poser des questions scientifiques et techniques concernant la maîtrise des communautés microbiennes lors des fermentations, de l’élevage et la stabilité microbiologique des vins. Certains défauts organoleptiques jusqu’à présent extrêmement rares (vins filants, goût de souris …) sont en recrudescence et font à nouveau l’objet de travaux de recherche.» (Isabelle Masneuf-Pomarede, Professeur en oenologie, Bordeaux Sciences Agro)

Plusieurs auteurs donnent un truc pour s'assurer qu'il s'agit bien du gout de souris. Ils suggèrent de frotter une goutte de vin dans les paumes des mains afin de rendre les aromes plus volatiles et ainsi mieux percevoir ces odeurs. On peut encore juste tremper le bout du doigt dans le vin et le sentir après quelques secondes.

On n'a pas encore trouvé de moyen de détecter ce défaut en laboratoire, donc on ne peut le faire qu'en dégustant le vin. Les oenologues suggèrent aux vinificateurs de s'assurer d'avoir suffisamment de soufre actif, sinon d'en ajouter ou d'ajouter des éllagitanins. (Labo Inter Rhône)

Vu la recrudescence de ce phénomène, des chercheurs du Rhône, de la Loire et d'Australie ont repris les recherches afin de mieux le comprendre.

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Le ou les goût(s) de souris, une altération loin d’être comprise Techniloire, septembre 2019

The mysterious and not fully understandable wine defect popping up in natural wines: mouse, Esther Mobley, San Francisco Chronicle, septembre 2019

The mystery of mousiness, Jamie Goode, International Wine Challenge, août 2019

Laboratoires Dubernet oenologie, 2019   

Les bons et les mauvais microbes au chai, Isabelle Masneuf-Pomarede, Professeur en oenologie, Bordeaux Sciences Agro, Innovin, ENSA Toulouse, mars 2018

Avoid mousy, off-flavours, ask the AWRI, 2015

Mieux cerner le défaut du “goût de souris”, Laurent Massini et Patrick Vuchot, Service technique d’Inter Rhône, 2015

Connaissez-vous « Le goût de souris » ? Nicolas Richard, Vidéo (19 min 50), Rencontres rhodaniennes 2015, laboratoire Inter Rhône. 

 L'image de la souris dans le verre provient de la présentation vidéo de Nicolas Richard d'Inter Rhône.

BAISSE DES IMPORTATIONS DE VIN AU QUEBEC

Le Québec a importé moins de vin en 2018.

En effet, la Société des alcools a importé 106 millions de litres de vin en bouteille en 2018 contre 110 millions l'année précédente.

C'est 4 millions de litres de moins que l'année précédente; soit l'équivalent de 5 millions de bouteilles.

Du côté des importations privées*, il y a aussi eu une baisse de 1,4 million de litres de 46,4 millions à 45 millions de vins en vrac. Ces vins sont importés librement par des embouteilleurs qui les revendent à la SAQ. La SAQ en vend elle-même environ 3 millions de litres dans ses succursales et les 42 autres millions sont vendus aux épiciers au prix de 346 millions $.

Donc, ça donne un total de 5,4 millions de litres de vin de moins; soit l'équivalent d'un peu plus de 7 millions de bouteilles !

En bouteille, c'est - 3,5 %; et en vrac c'est - 3,1 %.

C'est la première fois que les importations de vin diminuent tant depuis 2010.

La baisse des importations en bouteille a été très forte pour les vins des États-Unis à -17,5 %; d'Argentine à -18 %; d'Australie -8 % et du Chili -9 % et d'Afrique du Sud à -9 %.

Il y a toutefois des hausses d'importation des vins du Portugal (6 %) et de Nouvelle-Zélande (5 %).

Les importations des vins de France ont été presque stables; tandis que celles d'Italie ont baissé de -1,6 % et celles d'Espagne ont augmenté de 1,4 %.

Du côté du vin en vrac, ce fut des baisses pour la France de -14 %; de -12 % pour l'Italie; de -38 % pour les États-Unis et de - 39 % pour les vins du Chili.  Pendant ce temps, l'importation de vrac d'Australie augmentait de 20 % et celui d'Espagne de 12 %.

La valeur des importations totales a toutefois connu une hausse de 2 % en dollars pour les bouteilles et de 7 % pour le vrac à 55 millions $.

Le prix moyen du litre en vrac a été de 1,25 $; en bouteille ce fut 7,44 $.
Ce qui donne l'équivalent de 94 cents et de 5,59 $ pour des bouteilles de 750 ml.

Donc le prix moyen d'une bouteille de vin embouteillée à l'étranger et importée par la SAQ est de 5,59 $; alors qu'en vrac c'est l'équivalent de moins de 95 cents la bouteille.

Importations de vin tranquille au Québec en 2018
en bouteilles et en vrac
en millions de litres et de dollars
  en bouteilles   en vrac  
  L % $   L %  
Monde 106 -3,5 789   45 -3,1  
               
France 33 -0,1 279   6 -14  
Italie 29 -1,6 206   5 -12  
Espagne 10 1,4 70   6 12  
États-Unis 8 -17,5 73   4 -38  
Portugal 6 6 38        
Australie 5 -8,2 29   18 20  
Selon des chiffres de Statistique Canada
  @vinquebec

Cette même année, l'Ontario a importé 95 millions de litres de vin en bouteilles; une faible diminution de -0,4 %.
En vrac, elle a importé 26 millions de litres; une diminution de -9 %. En Colombie-Britannique, ce fut une hausse en bouteille de 13 %; en Alberta, ce fut une hausse de 7 %.

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 (*)Importation privée : la SAQ a délégué ses pouvoirs à des embouteilleurs locaux pour qu'ils importent le vin en vrac. Ne pas confondre avec les commandes privés faites par des particuliers et des agents qui sont abusivement appelées importations privées alors que c'est en fait la SAQ qui les importe.
 

Libre-échange bénéfique au vin de France

Cinq millions de bouteilles de vin et de spiritueux français de plus exportés au Canada !

Ce serait le résultat du traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (AECG) depuis octobre 2017.

«Aujourd’hui, concrètement, nous exportons plus de 5 millions de bouteilles supplémentaires (au Canada) et réalisons un supplément de chiffre d’affaires d’environ 40 millions d’euros», écrit Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et de spiritueux de France.

Dans un communiqué, M. Leccia affirme que «pour les vins et spiritueux français, sur la période allant d’octobre 2017 à juin 2019, la progression des exportations a été de +4% en volume et +6% en valeur. Elle a bénéficié à toutes les catégories de produits, vins mousseux (+5%), vins tranquilles (+7%) et spiritueux (+4%).»

Pourtant, l'accord appelé AECG n'est pas encore entériné officiellement par tous les parlements européens. Il est tout de même entré en vigueur de façon provisoire en septembre 2017.

M. Leccia, président aussi d'Advini, espère que les parlementaires français ratifieront cet accord qui leur est profitable.

Les producteurs français de fromage profitent aussi de cet accord. Pourtant, d'autres comme des éleveurs ne sont pas satisfaits et protestent contre les standards d'élevage canadiens moins élevés que ceux de l'Europe.

L'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne approuvé par le Parlement européen doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe.

BAISSE DES VENTES DE VIN AUX ÉPICERIES

Les ventes de vin aux épiceries ont fortement baissé au cours de premier trimestre de cette année se terminant le 22 juin.

C'est la SAQ qui alimente en vin les 7800 épiceries de la province.

Au cours de ce trimestre, la société d'État leur a vendu 8,6 millions de litres de vin pour 70,4 millions de dollars. C'est 1,2 million de litres de moins que lors du même trimestre de l'année précédente! Une baisse de 12 %. C'est une forte chute.

La SAQ attribue cette baisse aux commandes des épiciers du trimestre précédent. «La baisse des ventes effectuées auprès du réseau des grossistes-épiciers au cours du premier trimestre est principalement attribuable à l’important niveau de commandes enregistré par ce réseau auprès de la SAQ lors du quatrième trimestre de 2018-2019.» (Communiqué SAQ)

Toutefois, lorsque l'on regarde justement ces chiffres du trimestre précédent, le 4e trimestre de 2018, publiés dans les derniers rapports annuels de la société d'État, ce sont des commandes totalisant 8,8 millions de litres, soit 400 000 litres de plus que l'année précédente. On est loin du 1,2 million !

Donc, comment expliquer cette chute des ventes aux épiceries ?

Bon an, mal an, les épiciers commandent un peu plus de 40 millions de litres de vin à la SAQ au cout de 340 millions de dollars. C'était 41,7 l'an dernier et 41,3 l'année précédente. Pendant ce temps, la SAQ écoule 170 millions de litres dans ses succursales, dans les restaurants et autres.

Comme nous le rapportions hier il y a eu aussi une baisse des ventes de vin dans les succursales de la SAQ d'avril à juin dernier.

BAISSE DES VENTES DE VIN À LA SAQ

Les ventes de vin en volume continuent de diminuer dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

L'an dernier, les 409 succursales de la SAQ avaient vendu 5 millions de bouteilles de vin de moins que l'année précédente.

Et ça continue de baisser. Pour le seul premier trimestre de cette année, les chiffres de la SAQ indiquent une chute des ventes de vin de 500 000 litres, soit environ 650 000 bouteilles de moins que lors du premier trimestre de l'année précédente.

En clair, les ventes de vin dans les succursales passent de 29,6 millions de litres à 29,1 millions de litres. Toutefois, la SAQ a réussi tout de même à faire près de 7 millions de $ de plus sur ses ventes de vin;  grâce à une hausse de prix sur un certain nombre de vins.

Pendant que la société d'État vend moins de vin, elle augmente par contre ses ventes de spiritueux de 200 000 litres et celles des boissons panachées de 400 000 litres.

Ainsi, les ventes en valeur de spiritueux ont augmenté de 5,9 % en valeur et de 3,5 % en volume. Celles des boissons panachées ont augmenté de 12,6 % en valeur et de 11,4 % en volume.

En comparaison, les ventes de vin ont été de +1,5 % en valeur et de -1,7 % en volume.

La SAQ a aussi moins vendu de vin aux épiceries, 1,2 million de litres de moins, mais elle explique cela en disant qu'elle leur en avait beaucoup vendu lors du 4e trimestre. Pourtant, malgré ce que prétend la SAQ, elle ne leur en a vendu que 400 000 litres de plus à ce 4e trimestre ! Est-ce dû aux ventes de vins québécois en épicerie?

Au total, la Société des alcools a accru son bénéfice net de 0,3 %.

Ce sont les chiffres du premier trimestre 2019 s'étant terminé le 22 juin 2019.

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  Source  Rapport du premier trimestre 2019 SAQ.
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Sujets connexes

EN QUÊTE DU VIN NATURE



Vin biologique, vin biodynamique, vin nature et vin sans sulfites. Que désignent ces termes?
Ce reportage de 45 minutes tente de répondre à cette question.
Produit par Point du Jour (2018).
« En quête du vin nature »
 François Althabegoïty – Stéphanie Thomas
Diffusé à RDI et Tou.tv en juillet 2019.

LE SALON DES ASSOIFFÉS

 

Salon des assoiffés, musée de l'histoire, Gatineau

La grande sommelière Véronique Rivest a organisé un salon des vins en Outaouais. Le salon des assoiffés qui en est à sa deuxième édition et qui se tenait au magnifique musée de l’histoire (Musée des civilisations) à Gatineau.

Véronique a choisi elle-même les exposants: que de bons vignerons et que de bonnes agences de vin. Évidemment à son gout, des vins bios, biodynamiques, nature et même en cosmoculture.

La grande surprise de ce salon, pour moi et pour plusieurs de mes amis a été la grande qualité des vins québécois présentés.

Mentionnons, le Vignoble Domaine du Fleuve avec en particulier son riesling et son saint pépin appelé Saint-Laurent. Puis les domaines du Nival, Les Pervenches, Vignoble Coteaux Rougemont et Domaine Bergeville pour ses mousseux de grande qualité.

Parmi les agences mentionnons Wino Import, Balthazard, Vins Origine, Ward, Rézin, Les Vieux Garçons, VinVrai, La QV et Vini-Vins. Pas tous très connues, il y en avait même dont je n'avais jamais entendu parlé. Des vins en commandes privés et quelques vins disponibles à la SAQ.

C’était une occasion magnifique de gouter des vins québécois et des vins dits nature de grande qualité.

Parmi les vins étonnants, mentionnons un très beau vin rouge de Serbie, les bulles de Bergeville, un Julienas pur jus nature, un rosé d’Ombrie fait de cilliegio de Montemelino et de rafraichissants saint-pépins du Québec.

Au final, de beaux vins nature bien propres, bien fruités, vivants, gouleyants et appétissants.

Pas de gros vins, pas de blockboosters, pas de gros merlots ou de massifs cab. Pas de 100 points Suckling-Parker. Que des vins de soif! Bravo Véro!

Ce sont des vins que l’on peut retrouver à l’occasion au bar à vin Soif.

Véronique Rivest

 

  Voir quelques photos de l'évènement dans Facebook.
 

Non au boycottage du vin australien

Des citoyens du Québec lancent un appel au boycottage du vin australien. Le journal LeDevoir publie ce matin une lettre d’opinion intitulée «Boycottons les vins australiens», signée par M. Jean-Pierre Martel.

M. Martel reproche à l’Australie de se plaindre à l’Organisation mondiale du commerce que le Canada ne respecte pas ses obligations internationales signées lors de l’accord du GATT. Cet appel au boycott est aussi lancé par plusieurs québécois dans les réseaux sociaux.

L’Australie voudrait avoir les mêmes droits que les producteurs du Québec, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique.

Le Canada a déjà accepté pour la Colombie-Britannique en signant deux traités avec l'Australie et les États-Unis. Les vins étrangers y auront les mêmes droits que les vins locaux. Mais il n’y a pas encore d’accord pour les autres provinces.

L’accord du GATT dit, entre autres, ceci:
« 1. Tous avantages, faveurs, privilèges ou immunités accordés par une partie contractante à un produit originaire ou à destination de tout autre pays seront, immédiatement et sans condition, étendus à tout produit similaire originaire ou à destination du territoire de toutes les autres parties contractantes.» (GATT III)

Les provinces canadiennes ne respecteraient pas cet accord selon l’Australie qui est appuyée par la plupart des pays producteurs de vins dont ceux de l’Union européenne.

Au Québec, par exemple, seuls les vins embouteillés dans la province peuvent être vendus dans les supermarchés, épiceries et dépanneurs.

De plus, les vins québécois ne paient pas la marge de la SAQ; alors que les autres y sont soumis.

L’Australie, l’Europe, le Chili, l'Argentine, les États-Unis et autres veulent la réciprocité. Le Canada a le droit de commercer librement son whisky canadien, son gin québécois, son sirop d’érable et autres dans ces pays; alors ces derniers veulent avoir le même droit.

Le Canada devra donc vraisemblablement répondre favorablement à cette demande ou faire un compromis et proposer quelque chose d’autre en échange.

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Le vin importé disponible en épicerie

Le vin local perd son monopole sur les rayons des épiceries de la Colombie-Britannique.

Suite à une plainte des États-Unis devant l'Organisation mondiale du Commerce, le Canada a accepté lors des dernières négociations pour l'Alena 2 de ne plus limiter la vente de vin dans les supermarchés de la Colombie-Britannique à des vins locaux.

Le Procureur général de la Colombie-Britannique a donc ordonné que cette nouvelle politique s'applique dès cette semaine.

Il dit qu'il reviendra à chaque épicerie de vendre ou non du vin importé.

Du côté du Québec, la vente de vin importé est toujours interdite en épicieries. Mais ça pourrait changer.

En effet, l'Organisation mondiale du commerce entendra pendant deux jours la semaine prochaine la plainte de l'Australie concernant l'interdiction de vendre du vin importé dans les épiceries de certaines provinces canadienne.

L'Australie dit que le Canada ne respecte pas plusieurs articles de l'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT de 1994: Art. III, III:1, III:2, III:4, XVII, XVII:1, XXIV:12)  Selon ces articles, les taxes, lois et règlements «ne devront pas être appliqués aux produits importés ou nationaux de manière à protéger la production nationale.»

L'Australie est appuyé dans sa demande par l'Argentine; le Chili; l'Union européenne; la Nouvelle-Zélande; l'Afrique du Sud; les États-Unis; l'Uruguay et plusieus autres.

Actuellement seul les vins produits au Québec peuvent être vendu dans les épiceries. Les vins importés en vrac et embouteillé ici sont considérés comme étant des produits canadiens puisqu'ils peuvent y être modifiés et mélangés.

De plus, les vins des vignerons québécois ont un accès particulier aux épiceries puisqu'ils peuvent leur être vendu sans payer la marge de plus de 100 % de la SAQ.

La décision de l'OMC pourrait intervenir dans quelques mois.

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CHRONIQUE VIN OU PUBLICITÉ (suite)

Je reviens aujourd'hui sur cette histoire de publicité caméléon sur le vin dans le quotidien en ligne leSoleil.

C'est une forme de publicité particulièrement adaptée à internet. Elle vise, entre autres, à éviter d'être cachée par les bloqueurs de publicité et à ressembler aux articles des journalistes et ainsi se fondre dans le décor. Le lecteur ne se rend pas toujours compte que c'est de la publicité.

Ce type de publicité est appelé publicité intégrée; publicité caméléon ou encore publicité native de l'anglais native advertising.

Publicité caméléon

«La publicité native est une méthode de marketing actuellement en vogue auprès des annonceurs», écrit l'Union des consommateurs. «Elle vise principalement à se fondre dans le décor», ajoute l'Union des consommateurs dans un rapport de recherche.

Le 5 novembre dernier, l'Union des consommateurs a publié une étude bien étoffée sur le sujet. «Publicité native : entre information et mirage.» Le résultat de recherche sur le terrain. 

«Diverses méthodes sont utilisées par les médias d’information pour distinguer les contenus publicitaires des contenus journalistiques ? La divulgation du caractère publicitaire devrait toujours être explicite, claire et sans ambigüité. Or, notre recherche terrain nous a amené à constater que les bonnes pratiques constituent l’exception plutôt que la règle. Le lecteur pourra donc être manipulé par l’utilisation d’un discours incitatif qui prend la forme d’un article journalistique. Mais il y a pire : c’est le droit constitutionnel du public à une information indépendante et de qualité, assise fondamentale de l’exercice démocratique, qui est menacé.»

Les chercheurs ont constaté que les médias canadiens n'étaient pas transparents.

Les pratiques de la grande majorité des quinze médias canadiens analysés ont été jugées répréhensibles.»

L'union des consommateurs fait des recommandations aux médias d'information et aux publicitaires, dont :

  • une divulgation du caractère publicitaire d’un contenu à toutes les étapes (hyperlien et contenu) par:
  • l’utilisation d’une mention explicite du caractère publicitaire d’un contenu, avec un terme clair:«publicité» ou «contenu publicitaire», apposé à proximité du contenu et du lien;
  • la différenciation visuelle entre les contenus publicitaires et les contenus journalistiques et celle des liens qui mènent vers ces contenus;
  • des emplacements distincts qui séparent la publicité de l’information;
  • l’identification de l’annonceur (par apposition du logo ou autre);
  • l’utilisation d’une combinaison de plusieurs méthodes de divulgation;
  • l’utilisation d’un avertissement clair et visible, à proximité du contenu, sur l’implication respective du média et de l’annonceur dans la rédaction du contenu;

À l'évidence, le journal leSoleil n'a suivi aucune de ces recommandations. 

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L'Union des consommateurs est un organisme à but non lucratif qui regroupe 13 groupes de défense des droits des consommateurs. Les Associations coopératives d’économie familiale (ACEF)

Publicité native : entre information et mirage (2018 - PDF 162 pages)
  Un résumé

CHRONIQUE VIN OU PUBLICITÉ

Est-ce une chronique vin ou une publicité ?

Une mention apparue dans la page Facebook du journal LeDroit a attiré mon attention ce matin.

On y lit que « Cette semaine, Sébastien Légasse, notre chef sommelier, vous présente...» des vins. En cliquant sur le lien, ça nous même à un article du journal leSoleil intitulé «Les précieux conseils d'Alfred» et c'est signé « Contenu partenaire Alfred + Groupe Capitales Médias» !

Le Alfred en question est une entreprise qui vend du vin (Voir www.alfred.vin). D'ailleurs, le même article apparait dans le blogue de ce vendeur. La firme Alfred agit comme agent de la SAQ. Tel me mentionné dans le site de la compagnie : «Alfred a l’autorisation de La Société des alcools du Québec (SAQ) afin d’agir à titre d’agent de la SAQ afin d’effectuer l’achat et la vente de vin entre ses membres et en assurer lui-même ou par le biais de partenaires...»

Et que veut dire «Contenu partenaire » ? De la publicité cachée ?


L'article commence par « Cette semaine, Sébastien Légasse, notre chef sommelier, vous présente... »

Le chef sommelier du journal leSoleil, ou plutôt le Chef de Service expertise produit de l'entreprise Alfred, comme il apparait dans la page Linkedin de M. Légasse. (*)

Au journal leSoleil, Monsieur Gilles Carignan, éditeur adjoint et vice-président information, me répond qu' «il n’y a rien de caché: l’appellation "Contenu commandité" qui présente l’article indique bien, selon nos règles habituelles, qu’il ne s’agit pas d’un contenu rédactionnel maison, mais d’un contenu produit par un partenaire, dans ce cas-ci Alfred, que nous relayons. Le titre ne saurait être plus clair.»

Pourtant, cette indication «Contenu commandité» n'apparait pas du tout dans l'article ni dans la page vin du journal. Elle est peut-être ailleurs, mais je ne l'ai pas trouvée!

Pourquoi ne pas indiquer clairement «Publicité» au lieu de «Contenu partenaire» ?
C'est présenté comme des suggestions d'un sommelier, alors que celui-ci travaille pour un vendeur de vin.
Qui paie qui ici ?

Cette publicité apparait aussi dans les quotidiens La Tribune; Le Quotidien; Le Nouvelliste et LeDroit qui y ajoute la signature de Caroline Chagnon! Elle apparait aussi dans les comptes Twitter de ces médias (Voir ici). Elle apparait aussi dans le moteur de recherche de Google, sans aucune mention de son caractère commercial publicitaire.

De plus, le lecteur est invité à partager cet article sur les réseaux sociaux comme pour les autres articles du journal !

Il n'y a donc pas ici de distinction nette entre l'information et la publicité !

Pourquoi agir ainsi ?

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* Le Soleil a remplacé dans l'article «notre chef sommelier» par «chef sommelier d'Alfred».

Eh non, ce ne sont pas les bons cépages !

Un retour sur mon article concernant les informations non fiables dans les fiches produits du site internet de la SAQ; L'information dans le site SAQ.com est-elle fiable ?

  On a finalement trouvé les bons cépages !

Un petit rappel de l'histoire: une lectrice m'écrit pour me signaler que je ne donnais pas les mêmes cépages de la SAQ pour un vin. Alors que saq.com indiquait 80 % nero d’avola, carricante et frappato, je donnais nero d’avola, syrah et cabernet sauvignon pour ce vin, tel qu'indiqué dans la fiche technique de l'agence Trialto.

Et je disais à la dame que depuis de nombreuses années, je ne donnais pas les cépages indiqués dans le site de la SAQ, mais plutôt ceux indiqués par les producteurs et leurs agents au Québec.  «Ah, ce n’est pas brillant, quand tu cherches par cépage», dit la dame qui voulait gouter du carricante et qui ajoutait  «Il me semble que pour le prix payé des vins, on devrait avoir mieux que ça, non ?»

Les cépages et la proportion des cépages dans saq.com ne sont pas mis à jour et ils ont peut-être été les bons pour un millésime, mais ne le sont plus nécessairement. Donc, ce n'est pas fiable.

La SAQ dit que c'est la responsabilité des agences de lui indiquer les bons cépages. Pourtant, c'est bien la SAQ qui publie ces données sans les vérifier. Il y a là une certaine forme de laxisme et on ne donne pas la bonne information aux consommateurs.

Eh bien, aujourd'hui, l'agence Trialto Québec qui entretemps a changé de nom pour Noble Sélection me répond :

«On a la réponse du producteur, la cuvée est élaborée à partir de Nero d'Avola, Syrah, Gaglioppo, Perricone, Merlot et Cabernet Sauvignon.».

Ainsi, ni la SAQ ni l'agence n'indiquaient les bons cépages !

Il y a donc là du travail à faire pour bien informer l'amateur de vin.

L'agence a très vite changé la liste des cépages dans sa fiche technique. Est-ce que la SAQ en fera autant dans sa fiche du produit ?

LE SCANDALE DES VINS EN VRAC À LA SAQ

Nos monopoles des alcools au Canada achètent une grande quantité de vin en vrac à bas prix qu'ils nous revendent à prix fort.

L'an dernier, le Canada a importé 109,7 millions de litres de vin au cout de 92,8 millions de dollars américains selon les chiffres publiés cette semaine par l'Association américaine des économistes du vin dans son compte Twitter. Ces chiffres proviennent de Comtrade.

C'est 0,85 $ américain le litre; ce qui donne 1,11 $ canadien le litre; soit l'équivalent de 0,84 $ la bouteille. Ce vin acheté 84 cents la bouteille nous est revendu de 10 à 15 dollars la bouteille. C'est toute une marge; tout un bénéfice !

La SAQ est un des gros acheteurs canadiens de vin en vrac. Ce vrac provient surtout de l'Australie, du Chili, de l'Espagne, des États-Unis et de la France, selon les données de Wine by Numbers du Corriere Vinicolo.

Ce vrac est embouteillé au Québec par l'une des usines d'embouteillages privées (Artera, Arista, Futailles...) puis acheté par la SAQ qui en vend une partie aux épiciers et une partie est écoulée dans les propres succursales de la SAQ.

Selon les chiffres de la SAQ, ces vins sont embouteillés sous un peu plus de 700 étiquettes; 700 marques.

De plus, tout le vin vendu par la SAQ aux épiciers provient de cet approvisionnement en vrac.

Au cours de la dernière année, la SAQ, selon son dernier rapport annuel, en a vendu 41,7 millions de litres aux épiciers pour un montant de 346,9 millions $. Ce qui donne 6,24 $ la bouteille.

Ce vin est revendu 10-15 $ la bouteille par ces épiciers (voir liste IGA). Spendido (15,19$); Wallaroo (13,19 $)...

La SAQ vend aussi en bouteille de ce vin importé en vrac. Mentionnons Cliff (10,10 $); Lindemans (11,60 $); Boussac; Antoine Bonet; RH Philips (13,20 $); Perón;  Jackson-Triggs; Monkey Bay (13,60 $); Settler's Cove; Beringer; Lulu B. (11,65 $); Murari; Nobella; Mazzi, Faciés et autres.

Toujours, selon les chiffres de la SAQ, les ventes brutes de vins en vrac et embouteillés au Québec totalisent 650,6 millions de dollars sur les 2,9 milliards $ de vins tranquilles vendus au Québec pour l'année 2018-2019. Ce qui représente selon la SAQ 22,4 % des ventes totales de vin au Québec. (Commission des Finances publiques, Études des crédits SAQ, avril 2019).

Une bouteille sur quatre
Ainsi, presque une bouteille de vin sur quatre vendue au Québec est du vin importé en vrac et qui n'a pas couté cher. D'ailleurs, les plus gros vendeurs en volume sont des vins d'épicerie.

47 cents la bouteille
84 cents, c'est le prix moyen du vin en vrac. Selon les chiffres de Wine by Numbers (WbN), pour le premier trimestre de 2019 (janvier-mars), le prix du vin en vrac exporté par l'Espagne et l'Afrique du Sud est de 47 cents par bouteille.

Le prix moyen du vin en vrac exporté par l'Argentine est de 66 cents;  79 cents de l'Italie;  93 cents de l'Australie; 1,03 $ du Chili et 1,22 $ pour le vin en vrac de la France.

Au cours du premier trimestre de 2019, le Canada a importé du vin en vrac surtout de l'Australie, soit 11 millions de litres; puis 6 millions d'Argentine; 4 du Chili; 3 d'Espagne; 2 d'Afrique du Sud et 1,4 million de litres de France et autant d'Italie, selon les chiffres de WbN.

Au premier trimestre de 2019, le prix moyen payé par les monopoles du Canada pour le vin importé en vrac a été de 1,05 $ le litre; soit l'équivalent de 0,79 $ la bouteille. Le prix moyen qu'elles ont payé pour une bouteille de vin importée embouteillée dans son pays d'origine a été de 5,81 $. (Selon Wine by Numbers, juin 2019).

Dans les deux cas, ces vins peuvent être vendus entre 8 et 16 $ dans les magasins d'État et dans les épiceries.

C'est tout un pactole: du vin acheté, en moyenne, moins d'un dollar la bouteille et revendu de 10 à 15 fois plus cher. Quel est le profit du vigneron là-dedans : quelques sous; quels sont les profits de l'embouteilleur, de la SAQ, de la LCBO et des épiciers : de nombreux dollars.

Le consommateur québécois paie très cher, du vin qui ne vaut pas cher !

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LES VINS LES PLUS POPULAIRES À LA SAQ

Voici les 10 vins les plus populaires dans les magasins de la Société des alcools du Québec. Ce sont les vins les plus vendus en volume.

Il y a trois vins d'Italie et trois vins de France parmi les vins les plus populaires. Il y a aussi deux vins de Moldavie dans ce palmarès; un d'Afrique du Sud ainsi qu'un de Nouvelle-Zélande.

Ces chiffres ne comprennent pas les vins vendus en épicerie dont certains sont encore plus populaires que ces 10 vins.

Il est à noter que six de ces dix champions sont des vins blancs!

Le vin le plus populaire dans les magasins de la société d'État est le Merlot de Donini à 9,45 $ le litre, ce qui revient à 7,09 $ la bouteille. Il est produit par Gruppo Italiano Vino, le plus gros producteur de vin d'Italie (GIV).

LES 10 VINS LES PLUS POPULAIRES AU QUÉBEC
Merlot Donini Italie 1 litre 9,45$
Crama Regala Cabernet Sauvignon
Moldavie 750ml 7,20$
Chardonnay Citra Terre di Chieti i.g.t.    Italie 1 litre 9,65$
Cabernet-Sauvignon/syrah Etienne Marceau * France 4 litres 43,75$
Bottero Di Cello Bianco Italie 1 litre 10,00$
Merlot Grand Sud France 1 litre 11,90$
Crama Regala Sauvignon blanc Moldavie 750ml 7,20$
Chenin blanc Robertson Afri Sud 750ml 9,75$
Sauvignon blanc Kim Crawford **
No-Zel 750ml 19,90$
Sauvignon bl. Fumées Blanches C de Gascogne France 750ml 14,15$
@vinquebec.com - Tableau compilé par @vinquébec d'après des chiffres de la SAQ

  * Le Marceau est importé en vrac et embouteillé au Québec.
  ** Le Crawford est le vin le plus vendu en dollars.

Tous ces vins, sauf le Crama blanc, sont aussi disponibles dans les succursales SAQ-Dépôts, donc 15 % moins cher si on achète 12 produits. Ces produits sont tous disponibles pour achat en ligne.

Le vin Merlot Donini est 10,50 $ à la LCBO de l'Ontario.

Pour les vins vendus en épiceries, voir les chiffres de l'année précédente.

Voir aussi les meilleurs vendeurs en valeur au Québec.

L'information dans le site SAQ.com est-elle fiable ?

Les amateurs de vin aiment bien connaitre la composition des vins. Essentiellement, ils veulent savoir de quels cépages ils sont faits et dans quelles proportions.

Est-ce que tel vin est plus merlot que cabernet sauvignon?  Est-ce que ce chianti est 100 % sangiovese?

Quelle est la proportion de sauvignon, de carignan, dans tel vin?  Est il fait de grenache ou de tempranillo et dans quelle proportion?

Des amateurs recherchent particulièrement certains cépages et font des recherches en ce sens dans le site de la SAQ.

Une lectrice m’écrit me disant qu’elle a noté que les cépages et proportions de cépages pour un vin n’étaient pas du tout les mêmes dans Vin Québec que dans le site de la SAQ.

Je donne nero d’avola, syrah et cabernet sauvignon à un vin; alors que la SAQ indique 80 % nero d’avola, carricante et frappato.

L’information des cépages et taux d’alcool dans le site de la SAQ est-elle fiable?
Je réponds NON.

En effet, je ne me fis pas du tout aux informations de cépage du site de la SAQ. Elles ne sont pas à jour et correspondent souvent à un ancien millésime. J’indique plutôt les informations provenant des fiches techniques des producteurs ou de leurs agents au Québec.

J’agis de même pour ce qui est du taux d’alcool. J’indique celui sur la bouteille et non celui de SAQ.com qui peut dater de plusieurs années.

Pourquoi, y a-t-il de telles différences? Je pose la question a la SAQ.

«Les fournisseurs, les gens du labo et nos experts produits contribuent aux informations inscrites sur les fiches. La mise à jour est en continu.  Pour le taux d’alcool, un écart de + ou – 1% est accepté, sans plus. Nous sommes conscients que des erreurs peuvent se glisser, mais nous nous appliquons à les corriger aussitôt qu’elles sont soulevées», nous dit Linda Bouchard, porte-parole de la SAQ.

Puis, après avoir signalé à la SAQ qu’il y avait de nombreux écarts sur de nombreux vins. La SAQ ajoute le surlendemain.

«Et pour l’info dans SAQ.com, ce sont les agents qui inscrivent les descriptions de produits. Nous pouvons difficilement cibler ce type d’erreur, car les cépages ne sont pas toujours indiqués sur les étiquettes. Cela devient la responsabilité de l’agent de soumettre correctement le produit qu’il représente.»

Donc, ce serait les agents qui ne fourniraient pas les informations à jour sur les nouveaux arrivages. Ce qui fait que les informations dans les fiches des produits de SAQ.com ne sont pas bonnes!

Pour ce qui est du taux d’alcool, une différence entre 12 et 14 degrés d’alcool me semble grande. J’indique alors le taux indiqué sur la bouteille.

Cela dit. Il peut arriver aussi que l’information apparaissant sur les fiches techniques des producteurs et des agents ne soit pas à jour non plus. Il en est ainsi aussi pour le taux d’alcool sur la bouteille; vu que la tolérance est de plus ou moins 1 degré.

Il ne faut donc pas prendre comme vérité absolue ces informations sur les cépages.

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Les vins blancs de plus en plus populaires au Québec

Les vins blancs continuent de gagner des parts de marché au Québec au détriment des vins rouges.

En 10 ans, les vins blancs ont gagné 12 points de parts de marché; alors que les rouges en ont perdu 13.

Les vins blancs ne représentaient que 23 % des ventes de vins dans les succursales de la SAQ en 2009, contre 73 % pour les vins rouges. Les chiffres sont maintenant de près de 35 % pour les blancs et de 60 % pour les rouges.

Les rosés sont, de leur côté, remontés de près d'un point à près de 5 % des parts de marché.

  Parts de marché - vin à la SAQ - selon les couleurs
  2006 2007
2009
2010
2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Blancs 23,9 22,6 23 23 24,5 26,9 28 29,6 31,6 33,2 34,8
Rouges 72,7 73,5 73 73 70,9 68,8 67,5 65,8 63,9 62,4 60,3
Rosés 3,4 3,9 4 4 4,6 4,5 4,5 4,6 4,5 4,4 4,9
Source : rapports annuels SAQ

La SAQ a près de 3000 vins blancs à son répertoire aujourd'hui; 6000 vins rouges et près de 300 vins rosés.

Voici quelques vins blancs classés selon le rapport qualité/prix,

Rolly-Gassmann, Moenchreben de Rorschwihr, Auxerrois 2007 Alsace 3,5 25,55$
Brochet Réserve, Bio, Sauvignon de la Loire 2018 Loire 3,0 19,80$
Calcari, Parès Baltà 2017 Espagne 3,0 20,35$
Spring, Vouvray, Vincent Carême 2017 Loire 3,0 20,35$
Feudo Disisa, Chara 2017 Italie 3,0 20,40$
Shaya, Rueda 2017 Espagne 3,0 20,65$
Antalis, Vernaccia di San Gimignano Riserva 2015 Italie 3,0 23,60$
Couly-Dutheil Les Chanteaux 2016 Loire 3,0 24,05$
Savennières, Chenin sec, Domaine des Deux Arcs 2015 Loire 3,0 24,80$
Spier, Chenin Blanc 2018 Afrique du Sud 2,5 13,95$
Stadt Krems, Grüner Veltliner 2017 Autriche 2,5 14,40$
Touraine, Sauvignon, Domaine Bellevue 2018 Loire 2,5 15,75$
Muscadet, Domaine de la Potardière 2017 Loire 2,5 17,35$
Methea 2017 Grèce 2,5 17,45$
Bourgogne, Émotions Minérales 2017 Bourgogne 2,5 18,95$
Vernaccia di San Gimignano, Fattoria San Donato 2017 Italie 2,5 19,45$
Rabl, Loss, Grüner Veltliner 2017 Autriche 2,5 19,80$
Alvarinho Vinho Verde, Morgadio da Torre 2017 Portugal 2,5 19,95$
Carrelot des Amants Blanc 2018 Sud-Ouest 2,0 10,45$
Paranga, Kir-Yianni 2018 Grèce 2,0 13,90$
Nyakas Aligvárom 2017 Hongrie 2,0 13,95$
Wakefield, Promised Land, Chardonnay 2017 Australie 2,0 14,55$
Château de Pocé, Touraine, Sauvignon blanc 2018 Loire 2,0 14,95$
Codice Espagne 2,0 15,20$

De bien basses notes pour les vins québécois

Le meilleur vin blanc québécois obtient une note de 84 % !

Achèteriez-vous un vin qui n'obtient même pas la note de 85 ?

Est-ce qu'un vigneron afficherait la note de 84 sur sa bouteille de vin ?

Le magazine de protection du consommateur Protégez-vous vient de publier les notes de 23 vins blancs québécois.

La meilleure note n'est que de 84 % et elle est attribuée au Versant blanc 2017 du Coteau Rougemont.

La pire note va au Vin Gris 2017 du Vignoble Coteau St-Paul qui obtient un 73 %.

Seuls 8 vins obtiennent une note supérieure à 80 %.  Mais aucun 85; aucun 87, aucun 88; aucun 89 et aucun 90.

Si l'on compare ces notes à celles données généralement pour les commentaires de vins internationaux, aucun n'obtient la note de passage qui se situe entre 87 et 90, selon les chroniqueurs de vins.

Protégez-vous écrit toutefois que «la qualité est au rendez-vous» et qu'«aucun des 23 produits testés ne s’est révélé exceptionnel, mais la grande majorité d’entre eux ont fait bonne figure et peuvent être qualifiés de "bons" et certains de «calibre international», comme le dit Marc Chapleau, cité dans l'article.

Il faut dire aussi que ces notes se comparent à celles données aux vins d'épiceries par Protégez-vous en 2016 alors que la plus haute était de 85 %.

De plus, le magazine donne rarement des notes de 90 comme le font maintenant la plupart des noteurs de vin. Son échelle est plus conforme aux notes scolaires qu'aux notes à la Parker-Suckling et autres. (Voir aussi le système de notation de Vin Québec et les équivalences.)

Donc, ces notes se comparent plus à celles données aux réfrigérateurs par le magazine qu'aux notes que donnent généralement les commentateurs de vin.

Les trois meilleurs vins de ce palmarès sont :

COTEAU ROUGEMONT VERSANT BLANC 2017 16 $,  84 %
«Meilleur produit du test. Bon rapport qualité-prix. Commentaires des juges: un nez engageant, une odeur d'herbe fraîchement coupée et de pomme verte. En bouche, un bon goût d'ananas frais et beaucoup d'acidité. Bel équilibre d'ensemble. »

VIGNOBLE DU MARATHONIEN SEYVAL BLANC 2017  15 $,  83 %

L'ORPAILLEUR BLANC 2017 16 $,  83 %

Les vins les plus chers n'obtiennent pas les meilleurs notes. Quatre vins à plus de 20 $ obtiennent des notes inférieures à 80 %.

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  23 vins blancs québécois au banc d'essai, Protégez-vous, en ligne 19 juin 2019.

Le nombre et la valeur des ventes de bouteilles de vin à moins de 20 $

Le nombre et la valeur des ventes de bouteilles de vin à moins de 20 $

Salaires et bonis des hauts dirigeants de la SAQ

Voici les salaires et les bonis des sept plus hauts dirigeants de la Société des alcools du Québec, tel que publié dans le dernier rapport annuel de la société d'État.

En plus de salaire de plus de 250 000 $, ces dirigeants du monopole se sont versé chacun des bonis de 48 000 à 78 000 $.

RÉMUNÉRATION DES PLUS HAUTS SALARIÉS ET MEMBRES DE LA DIRECTION
    Salaire annuel Boni (1)
Alain Brunet (4) Président 436 492 49 106
Catherine Dagenais (5) Présidente 419 704 48 428
Catherine Dagenais (5) Vice-présidente 300 822 20 826
Jean-François Bergeron (6) Vice-prédident 265 000 77 971
Madeleine Gagnon Vice-présidente 261 700 78 510
Édith Filion Vice-présidente 260 000 78 000
Jacques Farcy Vice-prédident 255 951 76 786

De plus, chacune de ces personnes a reçu de 8 500 à 19 800 $ sous le titre d'autres formes de rémunération imposable. (2)

(1) Bonis de l’exercice 2018-2019 versés en juin 2019.
(2) Avantages imposables liés aux achats de boissons alcooliques, à l’utilisation d’une automobile, aux cotisations professionnelles et aux assurances collectives sur la base de l’année civile 2018.
(3) Une allocation de fin de mandat a été octroyée conformément au décret (1204-2013) de nomination du gouvernement.
(4) À compter du 26 juin 2018, M.Brunet a été affecté à la mise en oeuvre de la SQDC conformément au décret 829-2018 du gouvernement. Son salaire a été facturé entièrement à la SQDC à compter de cette date.
(5) Nommée présidente et chef de la direction le 26 juin 2018, auparavant vice-présidente et chef de l’exploitation.
(6) À compter du 1er novembre 2018, M.Bergeron a été affecté à la mise en oeuvre de la SQDC. Son salaire a été facturé à la SQDC à compter de cette date.
Il a été nommé président et chef de la direction de la SQDC le 20 mars 2019, date à compter de laquelle son salaire a été versé directement par la SQDC.

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Source : Rapport annuel SAQ 2019

 

Prix d'une bouteille de vin à la SAQ en 2019

Voici comment se décompose le prix d'une bouteille de vin ordinaire achetée à environ 5,35 $ par la SAQ.

À un vin payé 5.35 $ (transport et commissions compris) la SAQ ajoute une majoration de 6,17 $, soit 115 %. Après les taxes, ce vin se vendra 15 $ dans les succursales de la SAQ.

C'est à plus ou moins un cent, le même prix que l'an dernier et qu'en 2017.

Ce vin type se vendait par contre 1,40 $ de plus en 2016. À la suite de la grogne générale et la baisse des ventes de vin en volume, la SAQ a réduit sa majoration sur les vins de ce niveau de prix. Ce qui fait qu'un vin acheté aujourd'hui au producteur à environ 5,35 $ se vend après taxes à 15 $ au lieu de 16,40 $ en 2016.

Prix d'une bouteille de vin à la SAQ
(vin importé en approvision continue)
  2016 2019
Prix du fournisseur
(incluant le transport, la commission de l'agent et les frais de promotions)
5,38 $ 5,35 $
Majoration de la SAQ (137 % en 2016  -  115 % en 2019) 7,36 $ 6,17 $
Taxes 2016   - 2019 :
  • spécifique du Québec : 1,05 $   -   1,05 $
  • Taxe fédérale, accise et douane : 1,19 $   -  1,13 $
  • Taxe provinciale Québec : 1,42 $   -    1,30 $
3,66 $ 3,48 $
  16,40 $ 15,00 $

La majoration de la SAQ varie en fonction du prix d'achat de la bouteille.
Chiffres tirés des exemples publiés dans les rapports annuels de la SAQ 2016 et 2019.

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