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Permettre aux commerces d’alimentation de vendre l’ensemble des vins

La Fédération des chambres de commerce du Québec demande au gouvernement de permettre la vente des vins et spiritueux dans les commerces d'alimentation.

«Le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement», dit le mémoire présenté hier à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise et à la Commission de révision permanente des programmes.

Actuellement, les commerces d'alimentation ne peuvent vendre que le vin acheté en vrac et embouteillé dans les usines québécoises, ce qui empêche l'achat de produits de meilleure qualité.

«Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables», dit la fédération.  «En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs.»

Ce qui ferait en sorte que «les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire ferait plus d’argent», selon la fédération.

La fédération dit que «la SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite;» et propose «d’aller nettement plus loin dans cette voie.»

Voici l'extrait du mémoire de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui concerne la SAQ.

«Distribution de vins et spiritueux - Le commerce de l’alcool doit demeurer une source de financement pour l’État. Notre objectif : accroître les revenus pour le gouvernement sans pour autant augmenter le prix pour les consommateurs. Pour ce faire, il est possible de réaliser des économies sur le plan de la distribution au détail de vins et spiritueux. Pour ce faire, le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement. Le coût de distribution au détail dans les commerces d’alimentation du secteur privé est significativement inférieur au coût du réseau de succursales de la SAQ, notamment en raison des conditions de travail hors normes dont bénéficie le personnel en succursale par rapport à la moyenne du commerce de détail. En Europe et dans plusieurs juridictions, les vins et spiritueux sont vendus dans les commerces d’alimentation sans pour autant engendrer de problème d’alcoolisme supérieur à celui du Québec. Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables. En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs. Les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire feraient plus d’argent. La SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite; la FCCQ est d’avis que, sur la base de l’évaluation de cette expérience, il y a probablement lieu d’aller nettement plus loin dans cette voie.

La SAQ conserverait la fonction d’acheteur quasi monopolistique afin de conserver son pouvoir d’achat. Elle conserverait aussi un monopole sur la fonction de distribution en gros. En conservant ce monopole sur le gros, la société d’État s’assurerait d’imposer sa majoration sur l’ensemble du volume de vins et spiritueux distribués au détail. Par ailleurs, elle pourrait aussi continuer de mettre en valeur les produits québécois.» (FCCQ)

Le vin de Corse

Le vin de Corse est peu connu au Québec.
C'est une petite production: 48 millions de bouteilles, dont seulement 20 % est exporté.
Les principaux clients sont les États-Unis et l'Allemagne avec respectivement 2,6 millions et 2 millions de bouteilles. Le Canada est le 7e client avec le Japon et la Chine avec seulement 133 000 bouteilles.

Il n'y a que 22 vins de Corse à la SAQ et très peu de chaque: quelques dizaines de caisses dans quelques dizaines de succursales.

 
La Corse produit du blanc, du rosé, du rouge et du muscat un vin doux muté.

On fait du vin en Corse depuis longtemps, mais on n'y fait du vin de qualité que depuis quelques années. En 2008, on a lancé le plan de relance de la viticulture corse.

La viticulture a passé proche de disparaître de l'île; du moins la viticulture commerciale, lors de la fin des subventions pour le transport sur le continent.  Dans les années 1960-1970, on cultivait 25 000 hectares, aujourd'hui c'est 5,800 (équivalent du Chablis, trois fois moins qu'en Alsace, vingt fois moins que Bordeaux). On a arraché les plants de vigne en plaine.

Le plan de redressement de 2008 était prévoyant. On y lit que «le marché est en pleine évolution, les consommateurs quotidiens d’un produit d’entrée de gamme disparaissent au profit de nouveaux consommateurs à la recherche de qualité, d’originalité, d’éclectisme, mais également soucieux de leur santé. Le prix du produit peut être élevé s'il correspond aux exigences de ces nouveaux consommateurs.» Les axes de développement étaient la recherche de la qualité, l’innovation, et l’originalité.

Les autorités viticoles ont donc fait des recherches et mis en place une charte des bonnes pratiques viticoles. «Puis les compétences de l’ensemble des techniciens de la filière ont été mobilisés pour les mettre en application dans le vignoble et former les vignerons.» L'accent a été mis sur «la maîtrise de pratiques respectueuses de l’environnement.»

Il y a 300 000 habitants seulement en Corse, à peine plus qu'à Gatineau. Toutefois, il y a 3 millions de touristes par année.

Il y a 110 caves particulières et 4 coopératives.
Il n'y a pas de grands domaines. Peu dépassent 30 hectares.

Le climat est méditerranéen avec influence montagnarde et maritime. Plusieurs vignobles en AOC sont à plus de 140 mètres d'altitude.
Les Corses sont très fiers de leurs vins. D'ailleurs, on en trouve dans toutes les épiceries et dans la tous les restaurants. Dans plusieurs restaurants, il n'y a même que du vin corse.
Le vin représente la première exportation insulaire en valeur.

J'ai passé 17 jours de vacances sur l'île de Beauté. J'ai pu y boire une quarantaine de vins, surtout des vins de la Haute-Corse.
Je vais vous donner ici mes impressions générales.

De beaux rouges
Les rouges m'ont semblé bien plus intéressants que les blancs. Des vins rouges avec de belles acidités, du fruité légèrement épicé, des tanins fins, pas de boisé apparent. Des vins pour accompagner les repas.
Ils sont faits de niellucciu (sangiovese), de sciaccarellu et certains sont complétés avec de la syrah et du grenache.

 
Muscat
Le meilleur vin que j'ai goûté en Corse est un vin du domaine Gentile, un vin sucré, la Cuvée Authentique,
Un muscat non muté, donc non AOC. Mais beaucoup plus fin que les Muscats AOC Cap de Corse, qui sont souvent très longs en bouche, mais donnent une sensation de brulure en finale. Il est difficile d'en prendre deux verres.

Les blancs sans saveurs
Il y a beaucoup de poisson et de fruits de mer dans la gastronomie corse.
Évitez toutefois les langoustes qui sont horriblement chères et ressemblent à des queues de homard trop cuites et hargneuses.
Les poissons sont frais et bien présentés, mais les vins blancs que j'y ai goûtés ne sont pas à la hauteur. Ils sont faits de vermentino et sont sans arômes et presque sans saveurs.

 
Les rosés sont souvent friands et bien agréables.
Une belle note pour le muscat pétillant de la maison Casanova qui fut un bel apéritif à plusieurs reprises.

Notons aussi les bières Pietra et Colomba qui sont bien désaltérantes, ainsi que l'eau gazeuse Orezza qui m'a permis de bien digérer les repas copieux servis dans les restaurants corses.

Du vin en bidons de plastique
Au Domaine Lazzarini, les clients se présentent avec leurs bidons de plastique et M. Lazzarini se fait un plaisir de les remplir à même des citernes de rouge, rosé et blanc à 2,50 euros le litre.

Donc, il y a de belles découvertes à faire en Corse. Et ça bouge, de nombreux jeunes ont pris en mains des vignobles à flanc de coteaux. Les productions sont petites, les prix un peu élevés dans certains cas (8 à 20 euros). Toutefois dans les restaurants, les prix des vins sont raisonnables et pas beaucoup plus chers que dans les magasins, de 20 à 30 euros.

Fait remarquable, dans les restaurants et même sur les terrasses le personnel a presque toujours pu nous parler avec grandes précisions des vins qu'ils ont à leurs cartes.
 

Des coups de coeur
Plusieurs coups de coeur. En particulier pour les vins du Domaine Gentile à Patrimonio. Des vins plus fins et plus élégants. Une belle gamme de vins de grande qualité.

Voici des vins d'autres domaines qui m'ont paru très bons et que l'on devrait retrouver sur notre marché au Québec.

Domaine de Gioielli Coteaux du Cap Corse  - Petit fruit fin, un pur délice aie-je noté.
Domaine Renucci  Calvi rouge 2011 - Très beaux tanins, très bon.
Clos Colombu rouge 2013  - Épicé, élégant, rappelle certaines syrahs. Bien meilleur que son blanc. Des vins de ce domaine sont disponibles ici.
Domaine Fiumicicoli, rouge Sartène 2013 - Très beaux tanins, fruité épicé, très bon, bio. D'ailleurs, la plupart des vins de Corse sont bio. Il fait si beau, c'est sec, il vente souvent, donc, ils n'ont pas besoin de produits chimiques pour combattre les champignons et autres maladies.

Clos Venturi 1769 rouge 2012  -  Année de naissance de Napoléon, une vedette du coin avec Tino Rossi; niellucciu, sciaccarellu et un peu de syrah.
Clos Venturi rouge 2011  -  Costaud et très bon.
Petra Bianca, Figari 2011  -  Très différent, plus fruité, chocolaté, tout en ayant une belle acidité.
Domaine Pieretti, rosé Cap Corse  -  Rosé gris élégant, fin et délicieux. Les rosés que j'ai goûtés en Corse, m'ont, sauf un, paru très agréables.
Orenga de Gaffory rosé - Un rosé corsé, bien fruité, plutôt costaud, qui a bien accompagné l'agneau.
Domaine Orenga de Gaffory , Muscat Cap Corse  -  Un muscat fin.
Clos Capitoro blanc  - Agréable et facile à boire.
Orenga de Gaffory blanc  - Bien.
Domaine Saparale, Sartène blanc  -  Correct
Clos Nicrosi blanc 2012  -  Presque sans saveurs.
Les vins de Lazzarini  -  correct
Les vins du Domaine de Piana  -  correct.
 
Les cépages corses
Niellucciu
À la base de la renommée des vins de Patrimonio, on le trouve aujourd’hui dans
de nombreuses autres appellations. Frère jumeau du sangiovese. Ce cépage noir est le cépage principal puisqu’il représente 35% des surfaces. Arômes épicés, de réglisse et de petits fruits rouges. Bien charpenté.
 
Sciaccarellu
Sciaccarellu veut dire croquant. Il représente 15% des surfaces, surtout dans l'Ouest. Souple, fin, bouquet poivré et de garrigue.
 
Vermentinu
Cépage blanc, malvoisie de Corse. 17 % des surfaces. Le cépage principal de toutes les AOC blancs de Corse. Donne des vins très secs et acidulés.
 
En Corse, le o et le ou deviennent souvent u; et de prononce ou. Ils escamotent souvent la dernière syllabe des mots. Le Corse est un dialecte originaire du nord de l'Italie. L`île a été gérée cinq siècles par les Génois, de 1284 à 1768.
 
Les appellations
Les trois principales AOC sont
Patromonio 907 ha, 19,491 hl et 35 caves particulières;
Ajaccio 242 ha, 8175 hl. 12 caves particulières;
Calvi 276 ha 8141 hl et 12 caves particulières.
Puis Sartène 163 ha 6590 hl et 10 caves;
Figari 130 ha 4585 hl et 6 caves.
Porto-Vecchio 89 h 3220 hl et 6 caves;
Coteaux du Cap Corse 34 ha 969 hl et 5 caves.
Une appellation régionale: Vins de Corse avec 1456 ha 69 000 hl 19 caves particulières et 4 coopératives.
Vin doux muté Muscat du cap Corse sur 98 ha une production moyenne de 2800 hl par 35 caves particulières. (source dossier de presse Civc 2014)

Des chiffres sur la viticulture en Corse
5800 hectares
663 ha certifiés bio et 52 ha en conversion (Agence bio)
360 000 hectolitres (2013)
dont 110 000 hl en AOC.
100 000 hl sont consommés sur place.

60 000 hl exporté.
Le reste en France.
AOC
9 AOC 35 % de la production; IGP 61 % et vin de table 5 %.
AOC 55 % rosé; 31 % rouge; 14 % blanc.
AOC 60 % consommé sur place; 10 % export et 30 % continent.

IGP 60 % rosé; 20 % rouge et 17 % blanc. Sur place: 18 %, continent 56 % et 26 % export.
110 caves; 350 producteurs, 4 coopératives.
 

 
Site web du Comité interprofessionnel des vins de Corse
www.vinsdecorse.com
 

Reportages promotionnels des journalistes du Soleil ?

Confusion au quotidien Le Soleil

Voici comment l'emploi abusif (ou erroné) des mots «journaliste», «équipe», «reportage», dans un quotidien de Québec, peut semer la confusion.

J'écrivais ce matin :

Que pensez de cette proposition du quotidien Le Soleil de Québec envoyée aux entreprises qui vendent du vin ou des accessoires de vin?

«Le Soleil vous invite à participer à la réalisation d’un tout nouveau dossier spécialement conçu pour les mordus de bon vin qui sera publié au cœur de notre quotidien le jeudi 20 novembre 2014.»

«Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).»

2995 $ pour une page; 1555 $ pour 1/2 page... 650 $ pour 1/5 de page...

«À découvrir dans ce dossier :
• L’ABC du vin et de l’alcool  • L’art de la dégustation • Les nouveautés sur le marché  • La cote des vins  • Les accords vins et mets   • Les pastilles de goût  • Les accessoires  • Et plus encore !»

Ce qui m'a fait tiquer c'est «et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe)

Donc, si je vends du vin ou des accessoires de vin et que j'achète de la publicité, l'équipe rédactionnelle du quotidien Le Soleil va me faire un joli reportage promotionnel ! Est-ce bien cela ?

Que veut dire «Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).» ?

Voici la réponse du Soleil
«Suite à votre courriel, en effet, nous offrons aux annonceurs dans ce dossier la possibilité d’avoir une collaboration rédactionnelle dans ce nouvel environnement, en effet, chacun des intervenants présents dans le dossier seront contactés par un de nos journalistes; une belle opportunité pour appuyer les positionnements.»

Ceux qui achètent de la publicité seront contactés par les journalistes du Soleil. Le travail des journalistes sera donc subordonné aux acheteurs de publicité!

Confusion
Suite à la publication de cet article, M.Frédéric Morneau, Directeur des ventes, cahiers spéciaux du Soleil nous dit, en fin d'après-midi, qu'il y a eu confusion dans le libellé du courriel; qu'on n'aurait pas dû mentionner le mot journaliste, mais qu'il s'agira plutôt «de rédacteurs publicitaires ou de pigistes qui appelleront les commerçants pour écrire un article qui ne sera pas signé et de plus le client aura droit de regard sur la rédaction finale de l'article. C'est le client qui approuvera l'article.» M. Morneau ajoute que ce sera une première au Soleil. Il dit qu'il est conscient qu'il peut y avoir confusion dans ce genre de publication, que malgré le fait que le mot «promotion» sera imprimé dans le haut de chaque page, qu'il se peut que le lecteur ne voit pas nécessairement que c'est de la publicité.
Le directeur principal de l'information du Soleil, Gilles Carignan, tient à me dire, aussi en fin d'après-midi, qu'aucun journaliste de la salle des nouvelles ne participera à ce cahier. 

En effet, il y a confusion dans l'emploi des mots «journaliste», «notre équipe», «reportage» de la part du personnel du quotidien.

Information ou publicité
Cette histoire (cet imbroglio) m'amène (en début de soirée) à poser une autre question.
Au lieu de laisser ce travail aux gens de la publicité, pourquoi l'équipe du Soleil ne fait-elle pas un vrai cahier d'information sur le vin avec de vrais journalistes (ou chroniqueurs vin ou auteurs) qui feraient alors de vrais reportages pour les mordus de bons vins?

D'autres vins de moins de 10 $

Les dirigeants de la Société des alcools du Québec ont autorisé l'entrée de six nouveaux vins rouges à moins de 10 $ sur notre marché.

On a beaucoup reproché à la direction du monopole d'abandonner ce segment des vins dits d'entrée de gamme.

Ces six nouveaux vins proviendront du Portugal, d'Italie et d'Argentine. Ce sont:
Du Portugal: le Fonte do Nico
D'Italie: Sicalia, Rosso IGT Terre Siciliane
Sonovino, Nero d'avola Shiraz Terre Siciliane IGT
Motepulciano d'Abruzzo Cadetto Podere Castorani
Merlot Primitivo Luna Di Luna IGT Salento
Et d'Agentine: Innovacion, Tempranillo Malbec.

De plus, quelques vins de 10 à 12,45 $ seront aussi introduits sur notre marché.
Le nombre de vins à moins de 10 $ a beaucoup chuté sur notre marché depuis 2009.
On remarquera dans le tableau suivant que le nombre de vins à plus de 15 dollars est stable à la SAQ depuis 2 ans; alors que celui des vins à moins de 15 $ chute constamment.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars
2009
Nov
2012
Nov
2013
Oct
2014
-10 $ 183 90 30 20
-15 $ 1040 902 641 515
15 $ et +
5920 7357 7319 7727
  @vinquebec.com

 

Les vignerons du Québec déchantent

L'État tarde à payer les vignerons du Québec. Certains attendraient des sommes dépassant 100 000 $.

L'an dernier, le gouvernement du Parti Québécois annonçait une aide supplémentaire aux vignerons du Québec. En gros: deux dollars de plus par bouteille aux deux dollars et quelques cents actuellement données à ceux qui vendent à la SAQ.

Mais selon ce qu'on apprend à la lecture de La Terre de chez nous, le gouvernement actuel rechigne à payer ce que le gouvernement précédent a promis.

«À la suite de ces annonces, on a mis le paquet pour être à la SAQ. On a investi dans la promotion, etc. Car le réseau de la SAQ est le plus beau au monde et les vignerons québécois veulent prendre leur place», dit le vigneron Charles-Henri de Coussergues à La Terre de chez nous.

En juillet dernier, les porte-paroles de la SAQ se vantaient d'avoir fait augmenter les ventes de vins québécois de 40 %. 40 % de quoi? De presque rien! C'était en fait 41 000 bouteilles de plus que les 100 000 vendues précédemment. C'est minime si on compare aux ventes du seul Wallaroo Trail avec 2 millions 551 mille bouteilles. En fait, il se vend plus de bouteilles de ce vin importé en vrac d'Australie et embouteillé au Québec que l'ensemble de la production de vin du Québec qui serait de près de 2 millions de bouteilles.

En novembre 2013, les dirigeants du monopole du vin annonçaient faire plus de place aux vins du Québec. «C’est avec enthousiasme que la SAQ participe aujourd’hui à l’annonce conjointe du plan de commercialisation et de mise en valeur des vins québécois», lisait-on dans le communiqué de presse de la SAQ du 29 novembre 2013.

Il y avait alors 59 vins du Québec au répertoire saq.com. Aujourd'hui, il y en a 68; donc seulement 9 de plus qu'en novembre 2013.

Notons qu'il y a 65 vins de l'Ontario et 44 de la Colombie-Britannique (vin tranquille 750 ml).

En Ontario, les vins de cette province occupent de 40 à 45 % du marché, dit la revue La Terre de chez nous. Au Québec, les ventes de vins locaux ne représentent que 1 % du marché, M.Charles-Henri de Coussergues veut porter ce chiffre à 5 % et exige plus de subventions du gouvernement.

_________
Les vignerons du Québec recevront plus pour leurs vins
, 4 décembre 2013
Vins québécois dans les épiceries: loin de la coupe aux lèvres, 11 juillet 2014
Les vignerons du Québec en attente de paiements, La Terre de chez nous, 15 octobre 2014

Soif, bar à vin de Véronique Rivest

La grande sommelière, championne du monde, Véronique Rivest a ouvert un bar à vin dans sa région.
Soif, sur Montclam à Hull, Gatineau.

C'est un rêve qu'elle caressait depuis longtemps.
Véronique est une collègue et une amie. Je suis allé lui rendre visite avec des amis mercredi soir.

L'endroit est bondé. Il vaut mieux réserver. L'accueil est sympathique. Le personnel est courtois, serviable, connaisseur, disponible, proactif. C'est vraiment plaisant.

La carte des vins invite à la découverte. Peu de gros bordeaux et bourgognes, californiens ou australiens, mais plutôt des vins fins, élégants, souples et originaux, les vins que préfère Véronique.

Plus de 100 vins, près de la moitié disponible au verre. Des verres de 2 onces (56 ml) de 4,50 $ à 9 $ et de 4 onces (113 ml) de 7,50 $ à 13 $.

À la bouteille, la plupart sont entre 49 $ et 71 $. La maison applique un multiple de 2 + 5 $.
Beaucoup de vins sont bio et certains sont dits naturels (sans soufre ajouté).

J'y ai goûté un surprenant païs du Chili, un beau carignan du Languedoc, un délicat poulsard du Jura, un original aliatico de Crête, un léger pinot de Corse, un rosé de Sicile déstabilisant, une petite douceur du Jurançon...

Donc, on peut s'éclater et aller dans des horizons peu connus. Il y a aussi des vins du Québec, de l'Ontario, de la Loire, d'Alsace, du Rhône, d'Italie...

La nourriture est au format tapas. On peut partager ou manger dans son coin. Il y a aussi des petits plats, le boudin à 11 $ est léger et fin, l'onglet de boeuf à 16 $ est consistant.

Les moins: le niveau sonore est élevé, les murs, plafonds et planchers en liège ne semblent pas absorber le bruit; de plus, il y fait chaud. Ces deux points peuvent être corrigés.

Donc, un endroit agréable, un choix magnifique de vins à découvrir pas trop chers, un personnel compétent et avenant. Le sourire et l'enthousiasme de Véronique. Je vais y retourner.
Unique en Outaouais et supérieur à des bars à vin de Montréal que j'ai visité.

Un plus, cet hiver:
Véronique et son équipe vont inviter des vignerons à venir présenter leurs vins aux nombreux amateurs de la région. Donc, de la belle visite!

Soif
Bar à vin
88 rue Montcalm
Hull, Gatineau,
819-600-7643
soifbaravin.ca
www.facebook.com/Soif.Gatineau

Le grand vin cher c'est 80 % d'image

«Un parfum c'est 98 % d'image», dit Philippe Warren, professeur de sociologie à l'Université Concordia de Montréal. (1)
 
Et si c'était la même chose pour le vin?
 
Comment faire la part d'illusion dans la description des grands vins à prix élevés?
 
Il y a des vins à 10 $, d'autres à 20 $, d'autres à 30 $, certains à 40 $, à 80 $, à 100 $, à 200 $; il y en a même à 500 $ et à 1000 $.
 
Quelle est la différence entre un vin à 20 $ et un autre à 100 $?
L'image. C'est l'image qu'on s'en fait qui justifie la différence.
 
Qu'est-ce que l'image du vin?
Comme pour le parfum, l'image du vin c'est la réputation, la célébrité, l'ostentatoire, la parure, l'estime, l'impression de luxe, le rêve, le désir, le fantasme, l'icône, l'élitisme et la mode.
C'est la représentation qu'on s'en fait. Ce n'est pas liquide, mais psychique, imaginaire.
 
Le coût de production des vins va de 1 à 20 $ la bouteille. Au-delà c'est l'image. 
 
C'est en gros la même chose pour le vin, pour le champagne, le porto... que pour le parfum.
 
Les propriétaires de grandes marques de Bordeaux et de Champagne l'on comprit. Ils construisent de grands châteaux, des chais luxueux et dépensent des fortunes en publicité et promotion. Ils travaillent sur l'image; à améliorer l'image du produit. Et souvent ça fonctionne.
 
Le producteur du Château Angelus compare même son vin à un foulard de luxe. Un foulard Hermès à plus de 200 $, un vin à un prix attrape-nigaud autrement dit.
 
La grandeur du stationnement et le luxe de la salle de dégustation font même partie des notes attribuées aux vins de Saint-Émilion qui méritent la mention «grand cru classé». (2)
 
Ainsi, si vous achetez un vin à 100 $, vous payer environ 80 $ pour l'image et 20 $ pour le contenu.
 
Vous déboursez 200 $ pour une bouteille de vin; 170 $ pour l'image et 30 $ pour le contenu.
Le grand cru de Bordeaux, de Bourgogne, de Californie, d'Australie ou d'ailleurs à 500 $ vous fait payer 460 $ pour l'image et environ 40 $ pour le contenu.
 
C'est l'image, la réputation du vin, du producteur, du millésime qui constituent la plus grande partie (70-90%) de la différence de prix entre un vin à 10-20 $ et un autre à 50 $ et plus.
 
Dans les dégustations à l'aveugle de vins de prix différents, souvent un tiers des participants vont préférer un des vins les moins chers, pour un autre tiers ce sera un des vins les plus chers, et pour les autres ce sera entre les deux.
 
Si l'on connait le prix du vin, alors son goût ne sera pas le même. La plupart des dégustateurs préféreront le plus cher. Il a déjà été démontré que le prix du vin influence la perception de son goût. (3)(4)
 
Le prix des vins, tout comme celui des parfums, est, au-delà d'un certain montant (50 $ la bouteille de 750 ml), constitué à plus ou moins 80 % de l'image qu'il projette ou de l'image qu'on s'en fait, ou encore de l'image que son acheteur veut projeter.
 
Autrement dit: au-delà de 50 $, on donne une fichue de bonne prime au vendeur.
 
N.B. Au répertoire de la Société des alcools du Québec, il y a actuellement 1100 vins (tranquilles et mousseux) à plus de 100 $ et 530 à moins de 15 $.
 
_______
(1) Cité par Stéphane Baillargeon, L’ombre d’une ombre, Le Devoir, 4 octobre.
 (Ce sont les propos de M. Warren qui ont inspiré cet article.)
(2) Saint-Émilion: questions pour un classement
(3) Le plaisir de déguster un vin influencé par son prix, Psychomedia

Le système de notation sur 100 points

Vous avez sûrement vu ces petits collants sur les bouteilles indiquant 90 points, 92 points, 94pts, Parker 90, Suckling 91, Wine Enthusiast 94, WS 95, etc.

C'est un système de notation qui vient du système scolaire américain et qui a été popularisé dans le monde du vin par le gourou Robert Parker. «Le système de notation à 100 points est utilisé par nombre de publications sur les vins, dont les magazines Wine Spectator, Wine Enthusiast et International Wine Cellar, et par la plupart des critiques canadiens», nous dit la revue Vintages de la LCBO. (www.vintages.com/fr/archive_fr/140830_fr.pdf)

À l'origine, ce devait être un système de compilation de notes où l'on donnait X points pour la couleur, Y points pour l'odeur, Z points pour la texture et on additionnait.

Toutefois, je n'ai jamais vu personne utiliser une calculette pour additionner les points.
D'ailleurs qui donne des points pour la couleur?

La moyenne des points attribués tourne autour de 90-92. Du moins dans les revues américaines ou canadiennes. Toutefois, au Québec, il peut donner des résultats très différents. En général, les dégustateurs anglophones donnent des notes de 80 à 100. Plus de 70 % des vins notés dans les revues américaines ont 90 points et plus. (Une inflation de 90 points)

Par contre, nous avons remarqué que lorsqu'il est demandé à des dégustateurs québécois francophones d'utiliser ce système, certains vont donner des 70, 60 et même 50 points, ce qui massacre énormément la moyenne dans un jury. (Comme on l'a vu ici et .)

Les chroniqueurs québécois sont plus habitués de noter sur 5 (5 étoiles) et pour eux, 90 est une haute note, alors que pour des Américains c'est la note de passage.

Plus ou moins 90
Le système de 100 points est fort simple. Oubliez la calculette et demandez-vous si le vin vaut 90 points (un très bon vin). Sinon, est-ce -1, -2, -3 ou pire (89, 88, 87...). Ou bien, est-ce +1, +2, +3 ou plus encore (91, 92, 93...). Ainsi en général, 90 % des notes se retrouvent à plus ou moins 2 ou 3 autour de 90 comme c'est le cas dans les revues américaines et canadiennes.

Sujets connexes

Protégez-vous... des vins d'épicerie

Le magazine de protection du consommateur Protégez-vous a évalué 13 vins d'épicerie de plus de 17 $.

Sous le titre «Vins d’épicerie: découvertes étonnantes», le magazine écrit que «les résultats montrent bien que les vins d’épicerie haut de gamme ne vous décevront pas. Nos experts n’y ont repéré aucun défaut flagrant. Le rapport qualité-prix n’est toutefois pas vraiment au rendez-vous: à la SAQ, vous en trouverez d’aussi bons – voir mieux – pour quelques dollars de moins, selon notre expert-conseil Marc Chapleau.»

Les quatre dégustateurs ne savaient pas que c'était des vins de dépanneur, donc des vins importés en vrac et embouteillés ici. Des vins dont le prix va de 17 $ à 115$.

Aucun vin n'obtient une note supérieure à 85 %. La note de passage pour les très bons vins est de 90 % dans ce système de notation popularisé par Robert Parker.

La meilleure note, soit 85 %  est allé au Figs 2008, 36 $ chez Costco et IGA, un assemblage bordelais de Californie noté «frais, bonne acidité, amer».

Le vin le plus cher, le Julia Wine no 75, 115 $ chez Costco, obtient 84 % «bien typé, astringent».

La même note pour les Hautes Terres no 82 (IGA) 19,50 $. «Bon fruit, acidité marquée et finale asséchante»; et pour L'excentris, 19,50 $ chez des dépanneurs. «Equilibré, sans vice ni vertu».

En blanc, la meilleure note a été de 83 % pour le Morgan Hill 18,40 $ chez les dépanneurs. Un sauvignon de Nouvelle-Zélande jugé «bien typé, impression sucrée».

Les organisateurs ont placé un intrus dans la dégustation: le Château Couspaude 2010 (85 $) St-Émilion qui a obtenu la note de 87.

Les notes ne sont pas élevées: de 70 à 87. C'est souvent le cas dans les jurys formés de dégustateurs québécois francophones qui sont plus sévères (ou moins généreux) que les dégustateurs américains et canadiens-anglais. (Je parlerai de ce phénomène demain.) Le Couspaude est noté 92 par Parker et 92-93 par Suckling. (www.mondovino.com)

Protégez-vous donne trois conseils pour l'achat de vin en épicerie.

«Pour éviter que le vin soit altéré et ne manque pas de fraîcheur:

  • approvisionnez-vous dans des commerces, épiceries et dépanneurs, qui ont un bon roulement de produits;
  • ne choisissez pas les bouteilles poussiéreuses ou exposées à la lumière du jour;
  • vérifiez si le millésime est indiqué sur la bouteille et choisissez les vins les plus jeunes; les vins d’épicerie ne gagnent pas à vieillir, il vaut mieux les boire dès leur commercialisation.»

Vous trouverez tous les résultats de cette dégustation dans le magazine de l'édition d'octobre et sur le site internet www.protegez-vous.ca/vins-epicerie


Payez pour indiquer les cépages à l'épicerie

Il est interdit d'indiquer le nom des cépages ou des appellations sur les vins vendus en épicerie.

Seuls huit produits ont le droit de le faire. On m'avait dit que c'était en vertu de droits acquis, mais selon le magazine Protégez-vous, ce n'est pas ça. Il faut payer!

Selon, le magazine de protection du consommateur (édition papier), «en vertu du Réglement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques, seuls huit vins de "dépanneur" choisi par appel d'offres peuvent afficher un cépage ou une appellation d'origine.» (Pourtant, ce règlement ne mentionne pas l'exception pour ces huit vins!)

Donc, selon ce règlement sur les programmes éducatifs, le consommateur n'a pas le droit de connaitre la composition ni l'origine du vin!

Pour huit vins, les importateurs-embouteilleurs doivent payer. «La SAQ a refusé de nous dévoiler combien», dit Protégez-vous dans son édition d'octobre 2014.

Ces embouteilleurs indiquent tout de même ces informations sur leur site internet, mais selon Linda Bouchard, porte-parole de la SAQ, ils trichent. Elle a dit à Protégez-vous que «pour nous (la SAQ), l'information ainsi véhiculée sur un site internet est une façon détournée de contrevenir à la règle (disant) qu'on ne peut pas en faire l'affichage sur les étiquettes des bouteilles et dans les publicités.»

Donc, consommateurs de vins de dépanneur, soyez et demeurez ignorants de ce que contiennent les bouteilles que vous y achetez!

Ce Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques dit bien à l'article 5 que « Dans une publicité, toute représentation relative à une boisson alcoolique doit être exacte. En outre, aucune publicité, qu'elle soit sonore, visuelle, imprimée, informatisée ou autre, ne peut indiquer le nom du cépage ou le nom de l'appellation d'origine d'un vin de table vendu par un épicier sous une marque exclusive.»

Tour ça est bien éducatif!

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