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Les formes de la vigne

Que veut dire taille de la vigne en gobelet, en Guyot ou encore en cordon de Royat?

Le vigneron peut donner plusieurs formes à son pied de vigne. Tout dépend de ce qu'il veut, des conditions du sol, du climat, du cépage, du rendement recherché, de la mécanisation, de l'orientation par rapport au Soleil.

Il y a aussi la tradition, les modes, les expériences. Certaines tailles sont aussi adaptées à la mécanisation. Elles permettent la vendange à la machine et facilitent l'épandage des produits de traitement chimiques ou non. Il y a aussi les tailles courtes et les tailles longues; les simples et les doubles.

VeraVino Tv présente sur YouTube trois vidéos qui nous expliquent bien les différences entre les trois principales tailles de vigne les plus utilisées dans le monde.

La taille de la vigne en gobelet
Répandue en Méditerranée
(3 min 25)
Tradionnelle.

La taille de la vigne en Guyot
Répandue à Bordeaux
(3 min 58)
Simple ou double.

La taille de la vigne en cordon de Royat
(6 min 4)
Plus moderne. Simple ou double.

 

Ce sont les principales formes de conduites de la vigne. Il y a plusieurs autres formes de taille, mentionnons la lyre, la chablis, la marne champagne, en archet, en hautin, en treille et la pergola.

Vocabulaire du pied de vigne
Baguette: sarment taillé long et laissé sur le cep.
Bourgeon: embryon de rameau constitué d’ébauches de feuilles et de grappes.
Bourrillon: bourgeon le plus gros des yeux de la couronne situés sur l’empattement des sarments.
Bras: branche qui part du cep et sur laquelle naissent les sarments.
Courson: sarment taillé court (deux yeux francs) sur lequel se développeront des rameaux fructifères ou non.
Greffe: assemblage d’un greffon (bois à 1oeil de 4 cm de long du cépage cultivé) sur un porte-greffe
(dit bois américain) pour sa résistance au phylloxéra.
oeil: bourgeon.
Sarment: bois d’un an.

  (Tiré de La taille de la vigne, un savoir en construction, Supagro (PDF)
 

Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, consultez aussi les sites suivants:

Les vins de Telmo Rodriguez

Telmo Rodriguez produit des vins dans neuf régions d'Espagne. Des blancs, des rouges et un muscat sucré. Il utilise presque exclusivement des cépages locaux: tempranillo, ganarcha, graciano, godello, viuja, mencía, verdejo et monastrell.

Il a étudié à Bordeaux et fait des stages à Cos d'Estournel, en Rhône et en Provence (Chave et Trevallon) puis il a travaillé 10 ans dans la propriété familiale Remelluri en Rioja. Il s'en occupe de nouveau avec sa soeur depuis quelques années. Au début, il achetait des raisins comme c'est courant en Rioja. Puis il acheta des vignes. Il tend à utiliser des techniques ancestrales de culture (vignes en gobelet) et d'élaboration des vins. Ancestrale: d'avant la mode du tout à la barrique de chêne neuve. Il utilise surtout les cuves ciment et les foudres.

La taille des vignes est faite en gobelet comme autrefois, comme au temps des Romains. Donc non palissées sur files. Les vignes résistent ainsi mieux aux vents, aux excès de température et les raisins sont mieux protégés des ardeurs du soleil et plus près du sol, donc murissent plus rapidement comme sur l'image de droite de vigne à Cebreros. (Je parlerai des différentes tailles de la vigne demain.)

Une partie de ses vignes sont bio et certaines sont conduites en biodynamie. Il a aussi des contrats avec des vignerons collaborateurs.

L'entreprise Compañia de Viños Telmo Rodriguez a démarré en 1994 et est l'oeuvre de deux hommes: Telmo Rodriguez et Pablo Eguzkiza.

La compagnie a maintenant des vignes dans neuf régions d'Espagne: Rioja, Ribera del Duero, Toro, Galicia, Cigales, Rueda, Celebros, Valdeorras et Malaga.

L'Académie du vin de l'Outaouais a présenté en mai un atelier sur les vins de Telmo Rodriguez. L'atelier de dégustation a été mené par M. Philippe Muller.

Voici un résumé de la dégustation de onze vins de cette maison réputée d'Espagne.

Basa Rueda 2013
Un vin blanc fait principalement de verdejo, accompagné de viura (macabeo) et d'un peu sauvignon blanc . D'ailleurs au nez on croit d'emblée percevoir les arômes typiques du sauvignon. Le vin est vif, presque mordant avec de belles saveurs de lime et de pamplemousse. C'est sec, désaltérant, très beau. Le vin a du caractère. C'est le 2014 qui est actuellement sur les rayons à 16,45 $. Un très bon rapport qualité-prix.

Gaba do Xil Godello 2013
Un vin blanc de la région de Valdeorras en Galice fait du cépage godello. Un beau vin blanc aux jolies saveurs rappelant un peu la pêche. Ce cépage godello fait penser un peu au chenin ou au viognier. Ici le fruité est accompagné de notes de miel. Les arômes et saveurs évoluent au fur et à mesure que le vin se réchauffe dans le verre. Alc. 13 %. Sucre: 3,2 g/l.
18,10 $  11896113

Gaba do Xil Mencia 2013
Un très beau vin rouge dont les flaveurs rappellent les syrahs du Rhône. Le cépage est le mencía. Le vin est un peu brouillé. C'est léger, les tanins sont très fins avec un petit amer en finale. C'est délicieux. Alc. 12,5 %. 18,45 $. Il n'y en a plus au Québec, mais on attend 3000 bouteilles du même millésime cet été.

LZ 2012
Un nez sur les fruits sucrés et une note de menthol et de réglisse. Une bouche riche et ferme. C'est friand. Un vin de soif. Élégant. Région Rioja. Élevage cuve ciment. Cépages: tempranillo, graciano et grenache. Pas de passage sous bois. Importation privée agence Trialto. 19,10 $. 15,95 $ à la LCBO.

Lanzanga 2008
Un vin de la Rioja fortement boisé avec des arômes de cirage à chaussures. Les tanins sont beaux, mais l'après-goût est sur le bois. La bouteille présentée à la table voisine était beaucoup plus belle, plus riche, équilibrée et son boisé bien discret! Tempranillo, graciano et grenache. Culture en biodynamie. 28,80 $. Il en reste dans 6 magasins. 11157151

Altos de Lanzaga 2006
J'ai noté «on monte d'une grosse coche!» Le vin de la soirée! Le nez est malheureusement bien discret, mais c'est superbe en bouche. Un beau fruit, de jolis tanins. Une très belle structure. Finale très persistante. Du grand vin. Rioja. Tempranillo, graciano et grenache. Vigne en gobelet. Biodynamie. 98 $ Le 2009 est 94 $ dans les deux magasins Signature.

Il est à noter ici que la maison n'utilise pas la hiérarchie crianza, reserva et gran reserva commune en Rioja. Elle met plutôt sur le terroir et les cépages plutôt que sur l'élevage en barriques.

Deseha Gago 2012
Appellation Toro. Opaque, épicé, rond, ferme. Aucun bois. Agréable et très beau tempranillo non greffé. Le 2013 est 18,60 $.

Gago 2010
Appellation Toro. Nez discret de petits fruits. Bouche ample sur un fruité gras. De la mâche. De très beaux tanins d'un beau granulé. Le vin est presque opulent et long en bouche. Une belle surprise. 100 % tempranillo. Alc. 14,5 %. 12153194

Pegaso Pizarra 2009
Le vin est pâle. Il a de belles saveurs rappelant la cerise. Le fruité est fin, l'acidité est rafraîchissante. La finale est longue et sur les épices. «Un vin féminin», a dit une participante. Grenache à 100 %. Bio. Alc. 15 %. So2 total: 58 mg/l. Vinos de la Tierra de Castilla y León. Cebreros (Avila). 45 $ Courrier vinicole, mars 2014.

Metallana 2004
La première bouteille était très boisée, d'un fruité riche, ample et même un peu pâteux. La finale est sur le bois. Pas très intéressant. La deuxième avait de fortes odeurs de céleri et des saveurs oxydées. Le vin a peut-être passé trop de temps sur les rayons de la SAQ. Un vin bio, moins de soufre, plus sensible, peut-être, s'interroge l'organisateur de l'évènement? Un vin de Ribera del Duero. Tinto fino (tempranillo). 108,75 $. Il en reste dans 21 magasins.

Molino Real, Moscatel 2007
Un vin doux très aromatique aux jolies saveurs qui rappellent les gâteaux aux fruits, le pain frais et les abricots. C'est riche, mais pas trop sucré. Élégant. Une très longue finale. Un grand muscat somptueux et raffiné. Appellation Malaga. 61 $ le 500 ml. Dans les deux magasins Signature. 11638835.

Donc une très belle dégustation de vins fort intéressants. Ces vins espagnols ne goûtent pas la vanille comme trop souvent dans ce pays. Les tanins sont très fins. Telmo Rodriguez fait surtout des vins pour l'exportation. Encore là, on a noté une grande variation d'une bouteille à l'autre, surtout sur deux vins. Chaque bouchon de liège est unique et peut donc donner des vins différents. Est-ce amplifié aussi parce que le producteur y met moins de soufre? Ces vins devraient probablement être conservés dans des endroits frais, ce qui n'est pas le cas dans les magasins de la SAQ.

La maison Telmo Rodriguez produit plus d'un million de bouteilles de vin par année. Onze de ses vins sont disponibles actuellement dans les magasins de la SAQ. Quelques autres sont disponibles à la caisse en importation privée auprès de l'agence Trialto.
Un vin, le LZ, est à la LCBO. D'autres vins sont disponibles dans d'autres provinces canadiennes.

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Liens externes
Les vins de Telmo Rofriguez dans le site de l'agence Trialto. (Très bien documenté)
Le site de Telmo Rodriguez (en anglais). (Voir les belles photos)
Voir avoir l'entrevue faite à l'équipe Cellier en 2011.
Au sujet des cépages utiliés en Espagne voir www.vino-iberico.com et www.decantalo.com

Sucre dans le vin

On indique la quantité de sucre résiduel dans le vin en grammes par litre (g/l).

Un vin est dit sec lorsqu'il contient moins de 4 grammes de sucre par litre (4 g/l).
À 2 grammes et moins par litre on dit qu'un vin est bien sec.

La fermentation du vin ne transforme pas toujours tout le sucre du raisin en alcool. Il peut rester un sucre résiduel. Ça peut être aussi le choix du producteur qui désire laisser un soupçon de sucre dans son vin ou même plus. Il peut alors choisir d'arrêter la fermentation en injectant des sulfites dans le moût.

Le producteur peut aussi sucrer son vin en y ajoutant du moût de raisin concentré. Les copeaux de bois ajoutent aussi un peu de sucrosité au vin.

Il peut y avoir aussi des sucres non fermenticides dans le vin comme l’arabinose (sucre de pectine) et le xylose (sucre de bois) de 0,5 à 1,7 g/l.

Des vins rouges populaires modernes de style Nouveau Monde peuvent contenir plus de 4 grammes, même 10 et 17 grammes dans certains cas.

Des vins blancs d'Alsace peuvent contenir plus de 15 grammes de sucre. Des portos et des sauternes contiennent plusieurs dizaines de grammes de sucre et même plus de 100 grammes pour certains.

Plus il y a de sucre qui reste dans le vin, plus les risques de refermentation en bouteille seront grands. Le producteur ajoute dans ces cas plus de sulfites (soufre, SO2) afin d'empêcher cette fermentation indésirable.

La perception du sucré varie d'une personne à l'autre et peut être modifiée par la quantité et la force de l'acidité (pH) dans le vin. Ainsi, plus l'acidité d'un vin sera forte, plus sa perception sucrée sera atténuée.

Depuis mai 2015, le site internet de la SAQ, saq.com donne le taux de sucre réducteur des vins. Ce ne sont pas tous les sucres, mais seulement ceux qui réagissent au test de Fehling. Le saccharose (sucrose), le sucre de table, n'est pas un sucre réducteur. Le théalose n'est pas non plus mesuré par la SAQ. Donc sucre réducteur et sucre résiduel ne sont pas équivalents.

La LCBO indique aussi dans son site internet le taux de sucre des vins. Toutefois, les chiffres des deux monopoles pour les mêmes vins sont souvent différents! Ceux de l'Ontario sont en général plus élevés!

Nous reproduisons ces données de la SAQ sur la quantité de sucre réducteur à titre indicatif dans vinquebec.com. Plus il y a de sucre dans le vin plus le vin aura de calories. C'est une donnée bien importante et même vitale pour les diabétiques et prédiabétiques.

Donc, moins de 4g/l c'est sec; 2 g/l et moins c'est bien sec.

Lire aussi Taux de sucre dans le vin rouge.

Les Terrasses du Larzac

Vous connaissez les Terrasses du Larzac? C'est juste au pied du Larzac, le plateau du Larzac, le causse du Larzac. Ce fut le lieu d'un épisode épique de l'histoire récente de France.

Je ne vais pas vous parler d'histoire aujourd'hui, mais plutôt de vin, des vins des Terrasses du Larzac. Les vignerons de ce coin du Languedoc (nord-est du Languedoc) viennent d'être promus en AOC. Leurs vins ne sont plus que des vins du Languedoc, que des vins des Coteaux du Languedoc, mais des vins de l'AOC Terrasses du Larzac. Ils montent en grade.

Obtenir l'AOC, le label Appellation d'Origine Controlée, est un processus long et fastidieux. Toutefois, ce fut fait bien rapidement pour les vins de ces secteurs de l'ouest et du nord-ouest de Montpellier. L'organisme de reconnaissance, l'INAO n'a mis que quatre ans à étudier et à approuver le dossier. Comme le dit le président de la nouvelle AOC, l'INAO ne crée rien, elle ne fait que reconnaitre un fait existant. La qualité était là et les vins de bon niveau.

Une AOC méritée
J'ai pu déguster une bonne partie des 39 vins de cette toute nouvelle appellation présentés à l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc, le dimanche 19 avril au château de Flaugergues. Et je dois dire que j'ai été bien impressionné par la qualité d'ensemble de ces vins.

Le comité interprofessionnel des vins du Languedoc avait convoqué plusieurs journalistes du monde pour une semaine de dégustation de vins du Languedoc. Il y avait 1200 vins.

La jeune AOC Terrasses du Larzac m'a semblé de bon niveau, presque du niveau des vins de Faugères (le top du Languedoc) et aussi bien que l'AOC Saint-Chinian.
Les vins dégustés m'ont semblé assez homogènes en qualité et presque tous de bon niveau.

Il y a d'autres grandes appellations en Languedoc, telles Corbières et Minervois, mais la qualité est inégale dans ces deux appellations de grande superficie.

Voici donc les vins du Larzac qui m'on semblé les plus intéressants. Il faut tenir compte ici du fait que ce fut une dégustation debout et rapide. Nous avons dégusté et non bu. Donc, il ne s'agit pas ici d'un jugement définitif, mais seulement d'un survol de ce qui se fait dans les Terrasses du Larzac.

Les meilleurs Larzac
Le vin qui a été le plus agréable est le
Nuit Grave 2013 du Mas des Chimères (bio) du très beau fruit.
  Syrah 52 %, grenache 30 %, mourvèdre 18 %. 11 €

Puis trois autres vins ont sorti le goulot du lot.
Château Crès Ricards Stéria 2013 du domaine Paul Mas
  Syrah 60 %, grenache 25 %, carignan 15 %. Terra Vitis 12,5 €

Les Maros 2013, Le Clos du Serres
  60 % grenache, 20 % cinsault, 20 % carignan. 14 €. Conversion bio.
Caminarem 2012 (bio), du Mas des Chimères
  Syrah, grenache, mourvèdre, grenache et cinsault à pars égales. 14 €.

Puis cinq autres vins de grande qualité
Hauts des Privats 2012, Vignoble des Deux Terres
  Syrah 75 %, grenache 18 % et carignan 7 %.  7.50 €
Cuvée Charles 2012, Domaine La Croix Chaptal
  Grenache 36 %, syrah 32 % et carignan 32 %. 15 €
La Réserve d'O 2012, Domaine de la Réserve d'O (biodynamie)
  Syrah 45 %, grenache 45 % et cinsault 10 %. 15 €.
Émotion 2012 (bio),  Mas de l'Écriture
  Syrah 35 %, grenache 35 %, cinsault 20 % et carignan 20 %. 12,50 €.

Puis d'autres belles découvertes
Les Garioles 2013 (bio), Domaine Coston 16 €
 Syrah 50 %, grenache 50 %.
Les Combariolles 2013 (bio), La Jasses Castel, 27 €
Terrasses du Larzac 2013 (bio), Domaine Coston
Lasade 2013, Château de Jonquières.

On note une grande diversité dans l'utilisation des 3 principaux cépages.

Ces vins des Terrasses du Larzac m'ont semblé dans l'ensemble plus intéressant que les vins de la La Clape, Grès de Montpellier, Pic Saint-Loup et Montpeyroux dégustés ce matin-là. Je parlerai des beaux vins de ces secteurs bientôt.

Donc, une AOC méritée pour les vignerons des Terrasses du Larzac. Ils s'approchent du niveau de Faugères.

Territoires et cépages
Les terrasses bénéficient de la fraicheur du plateau montagneux du Larzac. L'amplitude jour/ nuit peut atteindre 20 degrés en été, dit-on. Ce qui «favorise une maturation lente et progressive des raisins bénéfique pour la complexité aromatique et la fraicheur des vins.» (AOC Larzac)

Deux des cinq cépages languedociens doivent être utilisés dans les vins de l'AOC. Les cinq cépages sont la grenache, la syrah, le mourvèdre, le cinsault et le carignan.

«Le carignan, l’un des plus anciens cépages du Languedoc, constitue l’ossature du vin. Le grenache noir l’enveloppe de sa chair onctueuse, la syrah de sa complexité aromatique et de son ampleur, le mourvèdre de son élégance. Le cinsault, plus discret, apporte sa touche de finesse.» (www.coteaux-languedoc.com)

La vigne est présente sur ce territoire depuis l'époque romaine et a pris son essor grâce à l'action des abbayes bénédictines, dont celle de Saint-Guilhem-le-Désert.

Ses vignerons disent rechercher à produire des vins sur l'équilibre entre la profondeur et l'élégance, la complexité et la vivacité, la garde et l'accessibilité avec une gamme aromatique qui va des fruits mûrs aux épices, en passant par la garrigue, l'olive noire et la réglisse.

Il y a 65 domaines, 5 caves coopératives et 10 négociants. Quelques noms: Mas des Brousses, Cal Demoura, Causse d'Arborras, Mas des Chimères, Mas Julien, Mas de l'Écriture, Montcalmès, Plan de l'Homme, Réserve d'O...
Plusieurs d'entre eux ne veulent pas utiliser de produits chimiques sur leurs terres et travaillent en bio et même en biodynamie. L'appellation est en rouge uniquement.

Pas de villes dans ce secteur, mais des villages, dont Aniane, Jonquières, Montpeyroux, Saint-Jean de Fos et les Pegairolles.
Une superficie revendiquée en 2013: de 388 hectares pour une production de 12 000 hl.
1,1 million de bouteilles vendues en 2013-2014.
Sols: argilo-calcaire, ruffes, galets, schistes...

Larzac en Québec
Les Terrasses du Lazac ne sont pas encore très présentes chez nous à la SAQ, mais il y a tout de même deux vins du Montcalmès, un du Mas des Chimères, un de Mas Julien et un du domaine des Saveurs Oubliées. (www.saq.com).

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Le site de l'appellation : www.terrasses-du-larzac.com
Voir aussi un reportage de FR3 sur un vignoble de cette nouvelle AOC france3-regions.francetvinfo.fr

Vins en ligne : offre limitée

Les employés de la SAQ affectés aux ventes de vin en ligne ne réussissent pas à augmenter l'offre de produits en ligne.

Deux mois après le lancement du nouveau service en ligne appelé Magasinez en ligne, il y a toujours moins du tiers (31 %) des vins que nous pouvons effectivement acheter en ligne.

De plus, ce sont surtout les vins déjà présents dans la plupart des succursales (les vins les moins chers) que l'on peut acheter dans internet et faire livrer à une succursale; alors que les vins les moins bien distribués (les plus chers) sont rarement offerts en ligne. Ce qui est un non-sens, absolument illogique et contre-productif.

En effet, la moitié des vins de moins de 20 $ sont disponibles en ligne, mais seulement 12 % des 3155 vins haut de gamme.

Vins en ligne
8 mars 21 mai
$
saq.com
SAQ


saq.com SAQ
-15 298 543 55 % 44 % 245 553
15-20 724 1468 49 % 50 %
738 1470
20-30 1005 2323 43 % 40 % 925 2268
30-40 286 945 30 % 29 % 261 890
40 + 409 3173 13 % 12 %
367 3155

2610
8452
30 %
31 % 2625 8336
Vins au format 750 ml          @vinquebec.com

Les ventes en ligne ont totalisé 83,4 millions $ en 2014-2015. C'était 79,7 l'année précédente et 66,1 en 2012-2013. Les ventes totales de la SAQ sont de 3 milliards de dollars.

Baisse des ventes de vin par habitant au Québec

Les Québécois ont consommé moins de vin par habitant lors de la dernière année.
C'est ce que nous disent les chiffres compilés par Statistique Canada.
La consommation par habitant était de 23 litres au Québec au cours des deux années précédentes. Elle a diminué à 22,7 pour l'année 2013-2014.

La consommation en Ontario a diminué aussi, passant de 14,3 à 14,1 litres par habitant.

Pendant ce temps, la consommation de vin par habitant augmentait ou restait stable dans toutes les autres provinces du Canada. En Colombie-Britannique elle est passée de 16,4 à 16,9.

Consommation de vin par habitant (de 15 ans et plus)
  2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
 
Canada 14,8 15,0 15,4 15,7 15,7
Nouvelle-Écosse 10,3 10,5 10,8 11,1 11,5
Nouveau-Brunswick 8,0 8,1 8,4 8,9 9,2
Québec 21,6 22,2 23,0 23,0 22,7
Ontario 13,7 13,6 13,8 14,3 14,1
Alberta 10,9 11,4 11,8 12,3 12,3
Colombie-Brit. 15,6 15,6 15,9 16,4 16,9

Près d'un million de bouteilles de moins
Le volume des ventes totales de vin a diminué au Québec l'an dernier. Du jamais vu depuis la grève des employés de la SAQ en 2004. Une diminution de 990 000 bouteilles à 208 millions de bouteilles.

En Ontario, les ventes de vin ont augmenté de 430 000 bouteilles à 212 millions de bouteilles.

En Alberta, les ventes de vin augmentent constamment, passant de 42 millions de bouteilles en 2009 à 53 millions.

En dollars
Les ventes de vin ont été de 2,2 milliards $ au Québec en 2014 et de 2,1 en Ontario.
En 2014, le Québec est la province qui a connu les hausses de ventes en valeur les plus faibles des provinces canadiennes. Ce fut 1,3 %, contre 9,1 % pour Terre-Neuve, 4,4 % pour l'Alberta et 2 % pour l'Ontario.

Québec est la seule province qui dépense plus de dollars pour le vin comme nous le montre le tableau suivant.

  2014
Bière Vin Spiritueux Autres
Total
  milliers de dollars
Québec 2 179 118 2 213 615 638 963 67 835 5 099 531
Ontario 2 997 117 2 156 829 1 818 994 241 054 7 213 994
Alberta 1 055 224 516 559 722 705 108 473 2 402 961
Colombie-Brit. 1 085 592 962 666 747 874 147 563 2 943 695

Le Québécois est le seul au Canada qui dépense plus pour le vin que pour la bière. Il y consacre 320 $ par année contre 315 $ pour la bière et 92 $ pour les spiritueux. D'ailleurs, le Québécois dépense beaucoup moins pour les spiritueux que la moyenne des Canadiens qui y consacre 162 $ par année.

  Bière Vin Spiritueux Autres
Total
  dollars
Canada 294 216 162 23 696
Nouvelle-Écosse 341 158 204 29 733
Nouv-Brunswick 302 121 142 29 596
Québec 315 320 92 9 739
Ontario 263 189 160 21 635
Saskatchewan 315 92 231 44 684
Alberta 322 157 220 33 733
Colombie-Britan. 278 246 191 37 753

 

Bières et spiritueux
La consommation de bière a aussi diminué au Québec, comme dans tout le reste du Canada. Elle est passée de 96,2 litres par habitant en 2009-2010 à 86,2 en 2013-2014. La consommation de bière au Canada est passée de 83,6 à 75,9 litres par habitant.

La consommation des spiritueux a diminué aussi dans presque toutes les provinces, selon les derniers chiffres publiés par Statistique Canada.
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Source : Contrôle et vente des boissons alcoolisées, pour l'exercice se terminant le 31 mars 2014 Statistique Canada, 4 mai 2015.

Le prix d'une bouteille de vin au Québec

Comment se décompose le prix d'une bouteille de vin importée que vous achetez 16,95 $ à la SAQ.

Une bouteille de vin importée
Prix du fournisseur (incluant le transport, la commission de l'agence et les frais de promotions) 5,72$
Majoration de la SAQ (131 %) 7,50$
Taxes :
   - spécifique du Québec : 1,05 $
   - Taxe fédérale, accise et douane : 1,21 $
   - Taxe provinciale Québec : 1,47 $
3,73$
TOTAL 16,95$

Les taxes sont calculées sur le prix producteur plus la marge de la SAQ.

Ainsi, sur une bouteille que nous payons près de 17 $, le producteur, le vigneron, reçoit moins de 5,70 $. Il doit aussi payer les frais de promotion et la commission de 15 % de son agent au Québec.

Ce sont les marges pour un vin importé vendu à la SAQ se détaillant 16,95 $. Ce sont les chiffres qui seront publiés dans le rapport annuel de la SAQ qui sera rendu public le mois prochain.

Les proportions pour les vins plus chers sont différentes, mais la société d'État refuse de les révéler.

Le gouvernement du Québec empoche une bonne partie de la marge de 7,50 $ de la SAQ (1 milliard de $ par année), en plus de la taxe spécifique (235 millions $) et de la taxe provinciale (335 millions $). Donc plus de 1, 5 milliard. Le fédéral reçoit 390 millions $.

Vino Business — le film

L’auteur, Isabelle Saporta, journaliste spécialisée dans les questions agricoles, a passé un an dans le vignoble pour mener son enquête, qui est d’abord sorti en version papier chez Albin Michel au printemps dernier.

Documentaire de 1 heure 19 minutes sur la fabrication et le business du vin. Des vignerons, des producteurs, des financiers, des oenologues, des pesticides, des bios, de la chimie, de la biodynamie, des cuves, des barriques, des copeaux, des craintes, des espoirs...

Québec imposera la consigne sur les bouteilles de vin

Le gouvernement du Québec imposera une consigne de 20 à 25 cents sur les bouteilles de vin, rapporte ce matin le quotidien La Presse sous la plume de Denis Lessard.

Les fonctionnaires du ministère de l'Environnement ont reçu la commande de préparer un projet de loi qui sera déposé avent la fin de la session de l'Assemblée nationale.

Les bouteilles vides de vin seraient récupérées par des machines placées dans ou à l'extérieur des succursales de la SAQ.

La direction de la SAQ, les détaillants en alimentation et les propriétaires de dépotoirs ont mené un fort lobby pour s'opposer au recyclage du verre. Actuellement, la plupart des bouteilles de vin vides sont jetées dans les dépotoirs.

La SAQ estimait que la consigne couterait 250 millions de dollars sur 5 ans; le ministère de l'Environnement l'estime plutôt à 27 millions de dollars par année.

La récupération des bouteilles serait mise en place progressivement en débutant par un projet pilote de quelques machines récupératrices qui seraient installées dans les stationnements de certaines SAQ ou de centres commerciaux.

Les machines récupératrices automatisées de verre seraient fabriquées par la compagnie canadienne norvégienne Tomra, toujours selon La Presse. Ces gobeuses de verre sont déjà utilisées en Norvège, en Allemagne, en Suisse, en Chine et dans quelques états américains.

Voir une vidéo du fonctionnement d'une ce ces machines.

Les vins les plus populaires au Québec

Le Wallaroo Trail est encore une fois le vin le plus populaire au Québec.

Il s'en est vendu l'équivalent de 2,3 millions de bouteilles en 2014.
C'est un shiraz importé en vrac d'Australie et vendu dans les épiceries et dans les SAQ dépôts. (Le 2,3 millions ne comprend pas les 750 ml vendus en SAQ-dépôt.)

Il est suivi du Merlot Grand Sud, du Cliff 79 (lui aussi importé en vrac) et du Ménage à Trois.
Les ventes de ce dernier ont diminué de plus de 250 000 bouteilles en 2014.

Ceux qui consomment ces vins populaires ont la dent sucrée. En effet, la grande majorité de ces vins sont sucrés. Ils dépassent pour la plupart les 4 grammes de sucre au litre.
Un vin dit sec a moins de 4 grammes de sucre. Un vin très sec en a moins que 2 grammes au litre.

Certains des vins les plus vendus ne sont disponibles qu'en épicerie.

Les vins les plus populaires au Québec en 2014
 
Sucre
g/l
équivalent
750 ml
1 Wallaroo Trail Bin 212 rouge Australie 1 097 011 L et 208 853 4 L
8,4 2 294 000
2 Merlot Grand Sud P. d'Oc 1 474 262 litres 8,8 1 960 000
3 Cabernet/Shiraz Cliff 79 Australie 920 343 bout. et 233 983  3 litres
8,6 1 853 000
4 Ménage à Trois, Californie rouge 12,0 1 474 000
5 White Zinfandel Gallo, Californie rosé 39,0 1 228 000
6 Wallaroo 313 blanc 902 290 litres épicerie *
6,1 1 200 000
7 Nicolas Laloux Le Gentlemen Bohème les Chais 550 blanc 803000L Épiceries
>5,0 1 067 000
8 Pinot grigio Barefoot Californie 9,5 1 054 000
9 Chenin blanc Robertson Afr-du-sud 5,9 1 054 000
10 Chardonnay Grand Sud  778 189 litres 6,9 1 035 000
11 Merlot Donini Delle Venezie  755 065 litres 6,2 1 004 000
12 Bottero rouge 734 938 litres 4,0 977 000
13 Toro Loco rouge Esp. 730 279 litres  épicerie
  971 000
14 Apothic Red Californie 17 950 000
15 Bottero Di Cello Bianco Veneto i.g.t.  695 000 litres 4,2 925 000
16 Shiraz/Cab Jacob's Creek Australie 5,1 801 000
17 Wallaroo Trail Bin 717 rouge 569 686 litres  épicerie
  758 000
18 Chardonnay Lindemans Bin 65 Australie 6,0 749 000
19 Modello Masi Delle Venezie i.g.t. 6,1 670 000
20 Zinfandel Barefoot Lodi Californie 7,1 670 000
21 Sauvignon Fumées Blanches Gascogne 8,4 641 000
22 Monasterio de Las Vinas Crianza Carinena 2,5 603 000
23 Gros Manseng/Sauvignon Brumont 4,9 570 000
24 Ruffino Chianti 2,6 540 000
@vinquebec.com

Il est à noter que le taux de sucre peut varier selon le format, selon les données de la SAQ.
Voir le tableau de l'an dernier.

En 2009-2010, le Fuzion (8,15 $) était le plus gros vendeur avec 2,3 millions de bouteilles. Il est plus dans le top 50 des produits les plus vendus depuis 2012-2013.

Taux de sucre dans le vin: précisions de la SAQ

La Société des alcools a commencé à publier le taux de sucre dans les vins dans son site internet lundi.
Le communiqué publié alors laissait entendre que ce taux ne serait pas révisé à chaque millésime, comme c'est le cas pour le taux d'alcool. «La teneur en sucres réducteurs indiquée sur chaque fiche est celle du dernier lot ayant fait l’objet d’une analyse.» (Le sucre gelé de la SAQ, 12 mai)

La SAQ a publié aujourd'hui un communiqué précisant que le taux de sucre de chaque vin sera analysé au moins une fois par année, ou au changement de millésime. «Le taux affiché dans les fiches des produits sur SAQ.com sera donc modifié au gré des arrivages de nouveaux millésimes.»

Nous avions noté aussi une grande disparité entre les chiffres de la SAQ et ceux de la LCBO concernant les taux de sucre pour les mêmes vins. La SAQ laisse entendre dans son communiqué que les taux de la LCBO ne seraient pas actualisés, donc concerneraient un millésime précédent. «Les données fournies sur SAQ.com correspondent à l’analyse la plus récente effectuée par notre laboratoire. Or, pour un même produit, les taux affichés pourraient ne pas correspondre à ceux sur le site de la LCBO.»

La LCBO n'a pas encore répondu à nos questions posés depuis deux jours à ce sujet.

En ce qui concerne les taux d'alcool publiés sur le site saq.com et qui diffèrent souvent de ceux apparaissant sur les étiquettes, la SAQ n'a pas encore donné d'explications. Il est tout de même étonnant que l'on mette à jour à chaque millésime le taux de sucre, mais qu'on ne le fasse pas pour le taux d'alcool!

La prochaine étape serait d'indiquer le taux réel de sulfite
Actuellement, on se contente d'afficher «Contient des sulfites». Toutefois, une bouteille de vin peut contenir de 20 à plus de 500 mg de sulfites. Il serait opportun d'informer le consommateur de la teneur exacte de ce produit déclaré allergène qu'on utilise pour stabiliser les vins.

Un magasin Signature à Gatineau ?

Il pourrait y avoir un troisième magasin de la bannière Signature de la SAQ au Québec. Il serait situé à Hull dans la municipalité de Gatineau.

La SAQ dit, via Twitter, «sonder l'intérêt des clients de Gatineau pour les produits Signature», mais dit qu'il n'y a pas de nouvelle succursale de prévue.

Toutefois, si le projet va de l'avant, on procèderait à l'agrandissement de la succursale près du Casino de Hull afin d'y aménager ce magasin. Il pourrait ouvrir fin 2015 ou début 2016.

Signature est la bannière des vins de luxe de la société d'État. Actuellement, il n'y a que deux succursales: une à Québec et l'autre à Montréal.

Le marché du vin en Outaouais est très actif. De plus, la proximité avec Ottawa est un facteur important. Les acheteurs de vins de luxe d'Ottawa sont plutôt négligés par la LCBO qui concentre ses opérations de ventes de vins de grand prix à Toronto. De plus, la section Vintages de la LCBO a réduit son choix de vins de haut de gamme pour se concentrer sur le milieu de gamme au cours des dernières années.

C'est d'autant plus intéressant pour les Ontariens que les vins haut de gamme sont moins chers au Québec qu'en Ontario. En effet, alors que la marge de la LCBO est transparente, publique et uniforme; celle de la SAQ est modulable et secrète selon la volonté des fonctionnaires de la société d'État. Ainsi, la SAQ majore moins les vins chers que les vins de moins de 20 $.

Hull a déjà hébergé une des quatre succursales prestigieuses qu'on appelait Maison des vins dans les années 80 et 90 avec Montréal, Québec et Trois-Rivières.

Plus de 1300 vins sont actuellement disponibles exclusivement dans ces deux magasins de Québec et de Montréal. Les prix vont de 22 $ à 3000 $.

L'hiver québécois et la vigne

Le mois dernier, le ministère de l'Agriculture du Québec (MAPAQ) publiait un relevé de l'état des bourgeons dans les vignes du Québec après cet hiver particulièrement rigoureux. (Un dur hiver pour les vignes du Québec)

Dans ce premier bulletin de l'état de la vigne, on disait constater que le taux de survie des bourgeons primaires était très bas.

Toutefois, dans un deuxième portrait publié le 5 mai, les résultats des sondages dans les vignes laissent apparaître des résultats beaucoup moins catastrophiques. «Ce deuxième portrait de l’état des bourgeons pour la saison 2015 met en évidence l’importance du site en ce qui a trait au gel.»

En Montérégie, le taux de survie des cépages rustiques Frontenac et Sabrevois est très élevés, soit plus de 95 %. Dans les Laurentides, les taux de survie du Seyval est de 80 % et plus de 90 % pour les autres cépages rustiques.

Donc, à première vue, rien de catastrophique.
Le MAPAQ observe que les variations de l’état des bourgeons au sein d’une même région «soulignent l’influence des facteurs (rusticité des cépages, pratiques culturales, position du site dans le paysage, etc.) autres que la température sur la survie des bourgeons.»

D'autres résultats seront publiés dans les prochains jours, notamment pour les cépages non rustiques.

______
Source: État des bourgeons primaires des cépages rustiques dans quelques vignobles pilotes du Québec. www.agrireseau.qc.ca

Le sucre gelé de la SAQ

À la demande populaire, les dirigeants de la Société des alcools du Québec ont finalement accepté d'indiquer le taux de sucre des vins dans leur site internet.

Il y aura toutefois un problème: ce taux sera gelé. C'est-à-dire qu'il ne sera pas modifié au gré des arrivages.

De plus, nous constatons qu'il y a une grande différence entre les chiffres publiés aujourd'hui par la SAQ et ceux qui apparaissent sur le site du monopole du vin de l'Ontario, la LCBO. La différence est souvent de 50 % et quelquefois de 100 % comme dans le cas du Fuzion.

La SAQ dit que «le vin étant un produit "vivant" qui ne cesse d’évoluer, ses caractéristiques peuvent varier d’un lot à l’autre pour un même produit. C’est pourquoi la teneur en sucres réducteurs indiquée sur chaque fiche est celle du dernier lot ayant fait l’objet d’une analyse. Conséquemment, pour un même produit, cette information sera sujette à de légères variations selon le millésime, le lot ou la cuvée.»

C'est la même chose pour le taux d'alcool indiqué sur saq.com. Il est celui du dernier millésime analysé et il n'est pas mis à jour dans les millésimes suivants. Ce qui fait que le site internet n'indique pas le même taux que celui réel et actuel affiché sur l'étiquette.

Le taux de sucre peut varier de plusieurs grammes d'un millésime à l'autre. Ceci dépend de la météo, de la date de récolte, de l'action des levures, des choix de vinification du producteur...

Ainsi saq.com affiche un taux de sucre de 12 g/l (12 grammes au litre) pour le Ménage à Trois rouge; alors que le site de la LCBO affiche 14 g/l. C'était 15 g/l en 2013.
(19 g/l de sucre c'est l'équivalent de 5 sachets de sucre. Les personnes diabétiques doivent en tenir compte.)
Cupcake Red Velvet 12 g/l SAQ — 18 g/l LCBO.
Cardinal Zin 11 g/l SAQ —  14 g/l LCBO.

Liano 10 g/l SAQ — 14 g/l LCBO
Yellow Tail  9,9 g/l SAQ — 14 g/l LCBO.
Fuzion Shiraz Malbec  4 g/l  pour le 750 ml;  2,3 g/l pour le 1 litre à la SAQ; mais 8 g/l à la LCBO.
La SAQ dit que le taux de sucre du Fuzion des deux millésimes précédents étaient de 6,6 et de 6,9 g/l.

Alion 2009 2,3 g/l SAQ — 6 g/l LCBO
Tignanello 2,7 g/l SAQ  — 6 g/l LCBO
Vila regia 2,2 g/l SAQ  — 5 g/l LCBO

Il y a donc de grandes différences entre les chiffres publiés aujourd'hui sur le site de la SAQ et ceux publiés par la LCBO.

Un vin sec est un vin qui contient moins de 4 grammes de sucre au litre.

Ne pas mettre à jour les taux de sucre fera ainsi en sorte qu'ils n'auront ainsi plus grande valeur au bout d’une seule année, étant donné leur imprécision et le fait qu'il ne reflète plus la réalité.

De plus, au delà de 60 grammes de sucre, la SAQ ne donne pas le chiffre et se contente d'indiquer « > 60 g/l ».

Cette demande des consommateurs de connaitre le taux de sucre des vins découle de la profusion de vins rouges sucrés qui ont envahi le marché québécois depuis quelques années. Voir à ce sujet notre texte intitulé Taux de sucre dans le vin rouge, 13 mars 2013.

 

13 mai, 16 h 25
Pourquoi les taux de sucre diffèrent tant de la SAQ à la LCBO? La réponse de la SAQ. «En réponse à votre courriel, les taux de sucre affichés sur SAQ.com pourraient ne pas correspondre à ceux inscrits sur le site de la LCBO. Les données fournies sur SAQ.com correspondent à l’analyse la plus récente effectuée dans notre laboratoire. Le taux affiché par la LCBO peut avoir été analyse sur un lot différent et/ou d’un autre millésime, par exemple.»
La SAQ dit aussi aujourd'hui via Twitter que «les taux de sucres réducteurs affichés seront modifiés lors de l'arrivée de nouveaux millésimes», contrairement à ce que laissait entendre le communiqué.

 

Sujets connexes:  

Brett ou pas

Depuis quelque temps, nous tombons de plus en plus sur des vins défectueux. Des vins avec de fortes odeurs de cuir ou d'écurie et même pire. Nous associons souvent cela à des levures Brettanomyces. (*) Certains dégustateurs et chroniqueurs vin ont même développé ce que je nommerais une intolérance aux Brett.

En fait, les Brett ne seraient pas en cause dans tous les cas.

Le 13 avril, je publiais une note sur le vin bio Canet Valette Une et Mille nuits Saint-Chinian 2012. «Des odeurs de cuir et d'écurie. Une bouche amère. Pas de fruit! Que s'est-il passé? À retourner.»

Le même vin dégusté à la fin du mois à Montpellier (France) a donné le même résultat. Des collègues m'ont affirmé que ce vin était contaminé par ces fameuses Brett.

De retour au pays et intrigué, j'ai écrit au producteur pour lui demander ce qu'il en était.

M. Marc Valette m'a répondu très gentiment qu'il avait lui aussi goûté à certaines de ses bouteilles au mauvais goût. «Le problème m'est personnellement arrivé et croyez que depuis, je mets tout en oeuvre pour comprendre le phénomène et le corriger afin de ne plus avoir ce genre de désagréments. Ceci est d'autant pus difficile que cela ne concerne qu'une partie des bouteilles pour une mise unique du millésime.»

M. Valette a fait faire des analyses microbiologiques qui n'ont pas trouvé la présence de Brett, ni de bactéries acétiques susceptibles de se développer. Toutefois, il y a des bactéries qui peuvent se développer dans des conditions extrêmes (grands écarts de température.

 Nous touchons là à un problème que nous avons trop longtemps sousestimé. Je parle ici pour tous les vins, conventionnels, ou biologiques; car pour des PH de 3,69 (voir analyse jointe) comme pour le "une et mille nuits 2012", il faudrait avoir des doses de SO2 très importantes (50mg de libre) pour empêcher le développement de ces bactéries ou filtrer stérile (0,2micron) pour les tuer.»

Nous voyons encore là l'importance des pH bas et de leur relation avec l'usage des sulfites. M. Valette dit prendre tout les mesures pour contrer ce problème.

«Les pistes de réflexion que j'ai mises en pratique dès la récolte 2014 sont:
- évidemment, mesures d'hygiène renforcées à toutes les étapes de la vinification.
- couverture en gaz (azote ou gaz carbonique) lors de toutes les manipulations.
- attention très particulière sur les soutirages : mise à l'écart des fonds de cuves et réintégration après collage.
- importance de l'intégration et de la dose de SO2 à amener afin d'avoir un taux de total faible pour un taux de libre relativement important.
- attention particulière à la mise en bouteille (hygiène, rôle de l'oxygène dissout) et aux matières sèches (bouchons, bouteilles).»

On voit que ce n'est pas simple et que cela demande une attention constante.

M. Valette conclu «Croyez bien que ce problème me préoccupe au plus haut point et que je fais tout pour y remédier. Étant passionné de vin et celui-ci étant pour moi, avant tout instigateur de moments de plaisir, il est inacceptable tant pour le consommateur que pour le producteur de se trouver face à de telles bouteilles.»

Tout ceci est bien intéressant. On produit de plus en plus des vins qui ont moins d'acidité (réchauffement climatique et pratique vinicole), au pH élevé (pH 3,6 et +), en voulant y mettre le moins de souffre possible et cela entraîne des risques.

Ceci peut donner des vins avec des odeurs rappelant les écuries que nous journalistes attribuons souvent aux Brett, ce qui ne serait pas toujours le cas.

Merci beaucoup à monsieur Marc Valette d'avoir répondu avec beaucoup de détails à notre question — ce qui nous fait comprendre un peu mieux la fabrication du bon vin — et nous lui souhaitons du succès dans ses recherches.

 Brettanomyces
Communément appelé Brett, des levures (champignons) qui donne une odeur d'écurie, de ferme, de médicament, de caoutchouc brûlé au vin. On en retrouve de plus en plus à cause du réchauffement climatique et de la diminution des quantités de soufre utilisées pour protéger le vin. Voir aussi notre article Les odeurs d'écurie dans le vin.

 

 

La SAQ devant la commission des finances

Le président de la Société des alcools a comparu hier devant la commission des finances de l'Assemblée nationale à Québec. C'est une comparution annuelle. M. Brunet a dû répondre à des questions des députés sur la performance de la SAQ. La plupart des questions ont été posées par le député de Granby, François Bonnardel, de la CAQ.

Le député a posé plusieurs questions demandant pourquoi nous étions le pays qui paie le plus cher les vins achetés dans le monde. Le Canada est le 4e plus gros importateur de vin au monde, pourtant nous sommes le pays qui paie le plus cher les vins que nous achetons dans la plupart des pays producteurs. (*)

M. Brunet a répondu à chaque fois en disant que nous payons le moins cher parmi les acheteurs canadiens!

M. Bonnardel a demandé aussi pourquoi la SAQ ne négocie pas directement avec les producteurs afin d'éviter la commission de 15 % des agents représentants les producteurs. Une somme évaluée à 150 millions de dollars. M. Brunet a répondu que c'était le système d'affaires courant.

Il a demandé aussi à la SAQ d'être plus transparent et d'afficher ses vins en vrac.

Le député a aussi demandé pourquoi ne pas permettre aux dépanneurs d'afficher les cépages. Le président de la SAQ a répondu qu'était un règlement qui dépend de la Régie des alcools.

Finalement, le député a demandé si la SAQ n'était pas juge et parti en faisant analyser les vins par ses propres employés au lieu de passer par un laboratoire indépendant. M. Brunet a répondu que «nous sommes parmi les meilleurs au monde».

* Voir Nos monopoles paient plus cher les vins du monde.

Vous pouvez visionner les travaux de la commission des finances à cette adresse assnat.qc.ca.

Limoux que c'est bon!

J'avais bien hâte de faire mon pèlerinage annuel dans le Languedoc, pour déguster, entre autres, les crémants de Limoux.
 
Pourquoi particulièrement les crémants de Limoux? Parce qu'un relevé de dégustation de la Revue du vin de France avait été bien sévère envers les mousseux de cette région.
 
Dans l'édition de mars de la revue, une dégustarticre d'Alsace affirmait que les crémants de Limoux n'étaient pas bons. En fait, un seul a été jugé digne de mention, contre un grand nombre pour l'Alsace. Elle disait que les crémants de Limoux étaient déséquilibrés!

Ainsi, arrivé au Château de Flaugergues pour la semaine de dégustation Terroirs et Millésimes en Languedoc, j'attendais avec intérêt la journée de dégustation des vins de Limoux. Ce fut mercredi, les crémants qui y étaient présentés étaient au nombre de 10. Je ne sais pas si ce sont les mêmes que la RVF a dégustés. Ils n'ont malheureusement pas publié la liste des échantillons reçus.
 
Cinq de ces dix crémants étaient parfaitement délicieux. Mon préféré a été le Taudou 10 €, fin et savoureux, puis le Eugénie 9,60 et l'Héritage brut 2012 10,40 d'Antech, l'Imperial Brut Tendre de la Maison Guinot et le Robert 2011 de la Société des Vins Robert

À cette dégustation de Montpellier, il y avait aussi des Blanquettes de Limoux. Les Blanquettes sont faites exclusivement du cépage mauzac, cépage limouxin. Blanquettes et crémants sont élaborés selon la méthode traditionnelle, dite aussi méthode champenoise en Champagne. Encore là, mon préféré a été celui de la maison Taudou 8 , puis le Réserve de la maison Antech 7,90 , suivit du Domaine de Fourn 9 (20,10 $ SAQ) et du Château Rives-Blanques 12,50 .

«La Blanquette de Limoux trouve son origine, en 1531, dans les caves de l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, lorsqu'un moine découvrit que le vin qu'il avait mis en bouteilles et soigneusement bouché de liège formait des bulles, comme s'il commençait une nouvelle fermentation.» (www.limoux-aoc.com)

Finalement, nous avons pu déguster trois Blanquettes Méthode ancestrales. Ce sont des vins qui ne font pas de deuxième fermentation en bouteille. Le bien nommé Doux et Fruité Antech 7 , le Taudou 7,30 et le Doux de Robert 9 € sont absolument délicieux

À la SAQ, nous avons malheureusement peu de vins de Limoux. Notons toutefois, en plus de la Blanquette de Fourn, la Cuvée Expression 2013 d'Antech à 20,55 $ et 
Le Laurens Clos des Demoiselles Tête de Cuvée 2012 à 22,65 $. Nous trouvons aussi ici la Première Bulle de la coopérative Sieurs d'Arques. 

Il se fait aussi du crémant rosé à Limoux (le temps à manquer pour les déguster) et des Limoux blanc aux délicieuses saveurs de chardonnay dont Los Salvios 2013 du Domaine Girard, deux vins 2013 de Paul Mas le Ch. Martinolles VV et le Arrogant Frog
Il s'y fait aussi du Limoux rouge qui m'a moins impressionné. Notons tout de même la Grande Cuvée 2013 du Domaine Denois

Comment est faite la mystérieuse Blanquette ancestrale?
Voici ce qu'on peut lire sur le site de l'AOC Limoux. 
«La fermentation de la Blanquette Méthode Ancestrale, si elle est mystérieuse est aussi entièrement naturelle. Elle n'a pas recours à la sophistication de l'assemblage et du vieillissement.» On n'ajoure pas non plus de liqueur de tirage ni de liqueur d'expédition.

«Le sucre contenu dans le Mauzac vendangé, ainsi que les conditions climatiques, interviennent exclusivement. Les moûts fermentent jusqu'à l'obtention de 5/6° d'alcool, la mise en bouteilles est ensuite effectuée au mois de mars toujours au moment de la vieille lune, ou lune descendante. Alors, le vin prend mousse et atteint finalement 6/7 ° d'alcool.» (www.limoux-aoc.com)

Suggestions à la SAQ
Nous devrions avoir ici des Blanquettes Méthodes ancestrales, ainsi que les vins de la maison Taudou.
 
Quelques chiffres sur Limoux
Limoux est à quelques kilomètres au sud de Carcassonne.
L'AOC a 7800 hectares sur une altitude de 200 à 300 mètres.

Une cinquantaine de caves particulières et deux coopératives regroupant 500 vignerons et huit maisons de négoce.
La Blanquette c'est 4,6 millions de bouteilles en moyenne par année; le crémant c'est 5 millions, l'ancestrale 750 000 cols.

Exportations: 33 %. Belgique, États-Unis, Grande-Bretagne et Canada.
 
Les cépages
Blanquette de Limoux: 90 % mauzac minimum, 10 % chardonnay, chenin.
Crémant de Limoux: 90 % maximum chardonnay et chenin, (chenin minimum 20 % - maximum 40 %), 20 % maximum de cépages accessoires, mauzac et pinot noir ensemble, pinot noir seul limité à 10 %.
Blanquette Méthode Ancestrale : 100 % mauzac
 
Pour en connaître plus sur ces vins de Limoux, consultez le site www.limoux-aoc.com
Pour en savoir plus sur l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc, regardez le reportage de
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Ces vins ont été dégusté lors de l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc, à l'invitation du Comité interprofessionnel des vins du Languedoc (regroupement des producteurs de vins du Languedoc)
Je vous parlerai bientôt des vins des Terrasses du Larzac et d'autres AOC, ainsi que des surprenants blancs du Languedoc.

Vins nature interdits en région!

Je reviens d'un voyage de presse en France et je découvre que la Société des alcools du Québec a mis en vente 6 nouveaux vins nature. Bravo!

Mais il y a un petit problème... un gros problème même! Il n'y en a aucun dans ma région! (Ni dans la vôtre d'ailleurs!)

En fait, ces vins sont indisponibles dans tout le Centre-du-Québec, tout le Bas-Saint-Laurent, Chaudières-Appalaches, Côtes-Nord, toute l'Estrie, Gaspésie, Lanaudière, Sagnenay, Lac-Saint-Jean et Mauricie entière. Le désert nature en région!

En Montérégie, seule la Dix-30 est pourvue sur 68 succursales. Dans les Laurentides, seule Rosemère a une caisse (entière!) de 12 (dans l'arrière-boutique, je suppose). Dans toute la région de Québec, seules deux succursales sur les 43 en ont. Les deux dans la ville de Québec même.

De plus, seulement trois de ces vins sont disponibles pour achat en ligne. (Il est à noter que les vignerons nature demandent de ne pas transporter ces vins à plus de 14 degrés Celcius. Ils ont peu de sulfite, qui est un antibactérien, donc peuvent se détériorer rapidement. Vin nature France)

SAQ, ça se dit un réseau de distribution!
Pourquoi réserver tous ces vins aux seuls habitants des centres-ville de Montréal et de Québec? Pourquoi interdire la découverte des vins nature aux habitants des régions? Dites-moi!

18 % des ventes de la SAQ se font en SAQ Dépôt

Huit des 400 magasins de la Société des alcools du Québec font 18 % des ventes de la SAQ. Ce sont les 8 SAQ-Dépôt. Ils étaient six. Ils sont maintenant huit et seront dix bientôt selon le président de la société d'État cité par Carl Renaud dans le Journal de Montréal d'hier.

«L’été prochain, l’enseigne comptera 10 magasins avec Repentigny et Mirabel. C’est le nombre d’établissements à escompte qu’un grand réseau doit avoir. L’enseigne génère 18 % de nos ventes», dit le président Alain Brunet.

18 % des ventes en argent, ça veut donc dire que plus d'une bouteille sur 5 vendues à la SAQ l'est dans les SAQ Dépôt. En effet, les vins y sont moins chers. Ils sont réduits de 15 % si on achète 12 bouteilles. Ces succursales ont de 300 à 800 vins. C'est moins que dans les succursales Sélections, mais ils y sont en plus grande quantité. La plupart de ces produits sont aussi dans les autres succursales, mais il y a 136 vins qui ne se retrouvent que dans les SAQ Dépôt. La plupart sont à moins de 20 dollars. Jusqu'à 20 % des vins sont exclusifs dans les deux nouvelles succursales dépôts.

Des économies?
Les gens ont l'impression d'y faire des économies, mais il faut nuancer. Ce n'est pas la SAQ qui donne le 15 % de rabais, mais plutôt le producteur. Celui-ci ajuste donc son prix en conséquence. En somme, il hausse son prix affiché pour le réduire à la caisse.

De plus, si nous achetons ces vins dans les autres succursales, nous les payons 15 % plus cher.

J'avais remarqué dans une recherche faite l'an dernier que ces vins sont encore plus chers qu'en Ontario. La différence est beaucoup plus élevée que pour les autres vins disponibles dans les succursales ordinaires!

Ça fonctionne par appels d'offres. La SAQ dit qu'elle bénéficie ainsi des budgets de promotion des fabricants. Ce sont les gros fabricants qui obtiennent ces espaces sur les rayons dans les dépôts. Ils peuvent fournir de grandes quantités de bouteilles.

Donc, ne nous imaginons pas qu'on nous fait un cadeau. Nous payons le prix. Même après la réduction de 15 % c'est tout de même plus cher qu'en Ontario, comme nous le montre le tableau suivant!

Prix vins Québec vs Ontario
  SAQ LCBO Diff Diff %
Georges Duboeuf Beaujolais-Villages 16,50 14,95 1,55 24%
Carmen Reserva Carmenere 13,95 11,45 2,50 21%
Bolla Valpolicella Classico 16,05 13,95 2,10 24%
Monasterio de Las Vinas Gran Reserva 20,10 16,95 3,15 19%
Masi Passo Doble 17,00 13,95 3,05 15%
Cusumano, Syrah 14,20 11,95 2,25 19%
Santa Cristina 15,80 13,00 2,80 22%
Carpineto Dogajolo 17,60 14,40 3,20 22%
Fuzion shiraz malbec 10,05 7,95 2,10 26%

  En fait, la différence est encore plus grande. Il faut en effet enlever de 0,20 $ de consigne aux vins de la LCBO.

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Un dur hiver pour les vignes du Québec

Cet hiver a été l'un des plus froids que nous ayons connu au Québec. «Ce froid a malheureusement causé des dommages aux bourgeons des vignes.» Comme nous le signale une note du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Des conseillers viticoles ont fait des prélèvements dans les vignes et ont constaté des dommages importants. La survie des bourgeons primaires varie de 10 à 100 %. La Montérérie et Lanaudière ont été plus touchées. En Montérégie-Est, le taux de survie des premiers bourgeons de Frontenac est de 90 %, mais ceux des Marquette n'est que de 40 %.

En Lanaudière, le taux de survie des cépages Frontenac et Marquette est inférieur à 59 %.

En Estrie, c'est mieux, mais variable d'un site à l'autre de 33 à 80 % de taux de survie.

Pourtant, ce sont des cépages rustiques.
Les résultats pour les cépages non rustiques seront connus plus tard.

Si j'ai bien compris, les bourgeons primaires sont ceux qui donnent les raisins de meilleure qualité. Après la mort de ces bourgeons primaires, il apparait aussi des bourgeons secondaires, mais ils donnent de moins belles grappes et donc des vins de qualité inférieure.

«Selon les premiers résultats obtenus, la situation se compare à celle de 2014», selon la note du Réseau d’avertissements phytosanitaires.

Fait étonnant, l'hiver précédent il y a eu plus d'heures à -20 Celcius en Estrie qu'à Québec. En effet, il y a eu 375 heures à moins de -20 C en Estrie, mais 331 à Québec au cours de l'hiver 2013-2014. Le moins d'heures à -20 C ont été relevées en Montérégie-Est, soit 141 heures. Il faut noter ici que ces chiffres varient énormément d'un site à l'autre.

Cette année, la température minimale moyenne a été de -16 en janvier dans plusieurs secteurs et de -19 en février.

Il a donc fait très froid et longtemps, ce qui fait dire au vigneron Anthony Carone sur sa page Facebook qu'«après des années d'avertissement à mes collègues vignerons du danger de ne pas protéger même des vignes rustiques, le pire a finalement eu lieu. Heureusement, les vignerons intelligents ont stocké des niveaux de vins pour accueillir les pertes pour les trois prochaines années!»

Source: Réseau d’avertissements phytosanitaires – Avertissement N˚ 1 – Vigne – 14 avril 2015

Baisses des importations de vin de France au Canada

Les importations de vin de France ont baissé en 2014 par rapport à l'année précédente.

En volume, la baisse est de 4 %; en valeur c'est une chute de 12 %.

Il y a chute sans presque toutes les AOP (appellation d'origine protégée), sauf pour le champagne qui a connu une petite hausse de 0,52 % (arrondie à 1 dans le tableau).

Par contre, nous avons importé plus de vin IGP (indication géographique protégée) une hausse de 3 %. Du côté des vins sans indication (vin de France) la hausse a été de 0,6 %.

Parmi les AOC, les plus grandes baisses ont été du côté des Bordeaux (-15%) et des Bourgognes et Provence (-14%) et des Beaujolais (-13%).

Si l'on regarde les chiffres d'importation en valeur, la chute est plus forte. C'est -26 % pour Bordeaux de 72 millions € en 2013 à 53 millions € en 2014.

Seuls les vins sans indication géographique (SIG) et les IGP ont connu des hausses.

Importations en volume de vin de France au Canada en milliers d'hectolitres et millions €
  Volume   Valeur
  mhl %   %
IGP 160 3   51 1
SIG 84 1   14 5
Bordeaux 61 -15   53 -26
Bourgogne 38 -14   36 -16
Rhône 37 -7   26 -16
Languedoc 36 -5   15 -7
Beaujolais 24 -12   14 -15
Loire 17 -10   12 -10
Alsace 15 -5   9 -9
Champagne 12 1   38 -10
Autres mousseux 10 -2   6 -1
Provence 7 -14   4 -14
Autres AOP 37 -4   16 -9
Total vins 554 -4
300 -12

Source: Douanes françaises, BusinessFrance / Département Agrotech Interoc-service économique.

Le prix moyen du litre de vin de France importé au Canada est de 5,41 €; soit 4 € la bouteille ou 5,40 $.

Aux extrêmes, le prix du litre de champagne est de 31 € le litre (31 $ /bouteille); alors que les vins IGP sont 3,13 € le litre; soit 3,15 $ la bouteille.
 

Le meilleur en dégustation, le moins bon à table

L'expérience se répète souvent: le vin le meilleur en dégustation ne tient pas sa place à table!
 
Le vin le mieux noté en dégustation perd des points lorsque nous mangeons.
Autrement dit, le meilleur prétendant fait le moins bon mariage!
 
Nous dégustons deux vins rouges: A et B. Le premier est léger, plutôt acide, peu tannique, peu aromatique, agréable et bien fait. Le deuxième est plus aromatique, plus gras, plus complexe, nous semble bien meilleur que l'autre. Nous lui donnons une meilleure note.
 
À table, nous refaisons le même exercice en mangeant. Toutefois, nous constatons que nous buvons plus le A que le B. Nous éprouvons plus de plaisir à boire le vin souple que le vin plus costaud.  Au final, la bouteille du A est presque vide alors que celle du B est à mi-chemin.
 
Il faut dire que ce phénomène se reproduit souvent. J'aime déguster plusieurs vins avant le repas et poursuivre à table. La première fois que j'ai fait mention ici de ce genre de résultats, c'est en 2008 dans un texte intitulé Premier en dégustation, dernier au repas et vice-versa où le meilleur costières-de-Nîmes en dégustation devint le moins bon à table.
 
Ceci me rappelle aussi une expérience contée par Michel Dovaz juge au fameux Jugement de Paris organisé par Stephen Spurrier en 1976 à Paris. Au soir de cet évènement, M. Dovaz apporte des vins de ce concours pour les regoûter au repas avec un ami. Ils constatent alors que le champion lasse vite et ils finissent le repas avec un autre vin!
 
Cette découverte pose un problème de taille pour un prescripteur de vin. En effet, quel vin doit-on recommander?  Celui qui a une meilleure note en dégustation ou celui qui a la meilleure note à table? Qu'elle note doit-on mettre? Celle obtenue en dégustation pure ou celle de la table?
Et que valent ces notes données à des dizaines de vins dégustés et jugés d'une gorgée sans manger?
 
Comment les consommateurs vont-ils eux juger ce vin? Par la première gorgée prise ou lors du repas? Nous savons que la plupart du temps le vin est acheté pour accompagner un repas.
 
Mais pourquoi le meilleur vin en dégustation ne tient-il pas sa place à table?
Tentative d'explication. L'acidité et le gras.
 
Souvent le vin qui obtient la meilleure note en dégustation est le vin le plus gras, le plus riche. Il est souvent aussi le vin le plus aromatique et est dit plus complexe.
 
Toutefois, lorsqu'on le boit à table, il est confronté à un autre corps gras: la nourriture.
Gras sur gras, on se lasse, ça devient un peu lourd et peut-être parfois pâteux.
Pendant ce temps, le vin moins gras, dont l'acidité est plus apparente — je dis plus apparente car dans l'absolu il n'est pas toujours le plus acide, mais vu qu'il est moins gras, il semble plus acide — donc le vin qui semble plus acide, plus léger aussi, s'avère plus agréable avec la nourriture. Il l'accompagne, il n'additionne pas gras sur gras. Son acidité souvent même coupe dans le gras.
 
De plus à table, le côté aromatique, la richesse du bouquet ainsi que la complexité du vin mieux noté semblent moins importants qu'en pure dégustation. 
 
D'autres fois, c'est un vin tannique en dégustation, mais qui s'assouplit en présence d'un met. Ou encore un vin au boisé intégré en dégustation, mais dont le boisé vanillé, cocoaté ou caféié devient écoeurant à table!
 
Ceci est assez déroutant, mais très intéressant. Il faut poursuivre les expériences afin de mieux comprendre ce phénomène.
 
Lire aussi

Attention: de plus en plus de mauvais vins bio

Nous rencontrons de plus en plus de vins bio ayant des défauts!
Est-ce un hasard? Est-ce dû au fait que nous en dégustons plus? Est-ce dû aux conditions de conservation?
Le fait est que depuis quelque temps, le nombre de vins bio oxydés, brettés ou contaminés par des bactéries est plus grand.

Nous sommes à la recherche de vins bio. Donc, nous en testons plus. Malheureusement, le taux de rejet s'est accru ces derniers temps. Pourquoi? Nous allons tenter de donner des pistes de réponses.

La première piste: la température
Les producteurs de vin bio mettent moins de sulfites dans leurs vins. Ce dioxyde de soufre est un préservatif efficace. Il aide à la conservation des vins. Il est essentiel selon plusieurs. Des vignerons réussissent à produire de bons vins avec très peu de sulfites ajoutés. Toutefois, ils doivent prendre des précautions supplémentaires d'hygiène à la vigne, à la cave et lors de l'embouteillage. Ils (et leurs employés) doivent être très méticuleux.

De plus, les conditions de transports et d'entreposages doivent être idéales.

Ces vins traversent l'Atlantique, sont entreposés dans d'immenses locaux à Montréal, sont ensuite distribués dans les 400 succursales par temps très froids et très chauds, sont conservés un temps dans les arrière-magasins (quelquefois surchauffés) des succursales; puis sont placés sur les rayons de nos petites et grandes surfaces que sont les succursales SAQ. La température y est réglée pour le confort des employés et non pour celui des vins. Il y fait 22 degrés Celsius.

«Sur le plan microbiologique, les populations de microorganismes dénombrés sont plus conséquentes à tous les stades», écrit l'Institut français de la vigne et du vin qui a mené des tests sur les vins qui contiennent moins de sulfites. «La question de l’évolution et de la tenue de ces vins au cours de leur conservation en bouteilles se pose.» Après si peu que deux ans en bouteilles «au niveau sensoriel des écarts significatifs apparaissent» L'IFV recommande de «repenser les conditions de transport et de conservation des vins conditionnés» avec moins de sulfites. (1)

Les auteurs du site 1001 Dégustations notent aussi que «le soufre étant un stabilisant, les vins faiblement dosés présentent un risque de moins bonne conservation, notamment lors de variations de température.» (2)

Piste 2: le bouchon
Ces vins bio qui contiennent moins de sulfites sont plus sensibles à l'oxydation et aux développements potentiels de bactéries. «Sur le plan microbiologique, les populations de microorganismes dénombrés sont plus conséquentes à tous les stades», écrit encore l'IFV. Il leur faut donc des bouchons très étanches de très bonne qualité. Le bouchon est le maillon faible ici.

La demande de bouchon de liège a explosé à la suite des hausses de production de vin dans le Nouveau Monde. Il est ainsi plus difficile d'avoir les meilleurs. Nous avons même vu des bouteilles de vin bio obturées avec des bouchons de plastique. Ce sont les bouchons réputés les moins étanches. Donc à éviter. Vin bio et bouchon de plastique à éviter. Ce n'est pas toujours possible, car nous savons rarement ce qu'il y a dans le goulot.

Piste 3 : ascorbique
Afin d'utiliser le moins de sulfites possible, le producteur doit tout de même assurer la conservation de son vin. Il peut se tourner alors vers d'autres moyens. L'utilisation de l'acide ascorbique en est un. C'est aussi un antioxydant. Il a ses qualités et ses défauts. En effet, la charte des vins bio de la FNIVAB recommande la «prudence avec l’acide ascorbique, qui permet certes de minorer les apports en SO2, mais qui peut se révéler à terme hyper oxydant lors de certaines évolutions.»

Finalement, ça peut être une combinaison de plusieurs facteurs. Le vin bio moins bien protégé est plus sensible aux variations de température et nécessite un bouchon de meilleure qualité.

L'avenir
Le nombre de vins bio augmente et continuera d'augmenter. Les risques d'en rencontrer de plus en plus de défectueux s'accroitront alors. À moins d'être plus prudent dans le transport, l'entreposage et dans la présentation en magasins. Ces vins devraient être conservés dans la section la plus fraiche des magasins.

La Société des alcools du Québec doit lancer bientôt quelques vins nature. Ces vins qui contiennent très peu de soufre ajouté sont très sensibles à la température. Ils doivent généralement être conservé à des températures inférieures à 14 C. Est-ce qu'ils le seront?

À retourner
Quoi qu'il en soit, si vous débouchez une bouteille qui est défectueuse vous pouvez la retourner. En effet, la Loi de protection du consommateur du Québec oblige les commerçants à reprendre tout produit défectueux. Malheureusement, très peu de consommateurs retournent les bouteilles défectueuses. Ce n'est pas ainsi que nous allons améliorer la situation.

_____

(1) Limiter l’utilisation du SO2 tout en préservant la qualité du vin
(2) Vins Bio, vins biologiques, vins certifiés AB
(3) Charte vin bio FNIVAB

Vin argentin : c'est 95 % acidifié

Les vins argentins sont à 95 % acidifiés, dit un vigneron argentin.
Vincent Wallard affirme de plus que les vins de l'Argentine sont réduits à l'eau, parce que trop alcooleux. Il ajoute que les rendements sont trop élevés et que les vins sont levurés. Finalement il soutient qu'il n'a pas vraiment de vignerons, ou si peu, en Argentine, mais plutôt des investisseurs.

 En Argentine, d’ailleurs, le vin c’est pas la joie: C’est à 95 % levuré, à 95 % acidifié, c’est des rendements qui dépassent l’entendement. C’est une tromperie générale sur la marchandise, avec des vins qui sont mouillés, parce que vendangés à 16-17° de potentiel, c’est-à-dire invendables. Globalement, il n’y a pas de vignerons. Il y a des investisseurs." Sans compter l’inflation et "des lois protectionnistes hallucinantes. C’est Kafka".» Vincent Wallard, Domaine Cuatro Manos, dans Tronches de vin 2.

M. Wallard produit un malbec sur un vignoble collé à la Cordillère des Andes à 1400 mètres d'altitude avec un associé près de Tupungato. Un vin bio, naturel. Il dit qu'il met tout de même 15 mg de soufre parce qu'il ne veut pas prendre trop de risque vu qu'il ne contrôle pas le transport.

Tendances SAQ: Portugal, États-Unis et cashers

La Société des alcools a publié des chiffres concernant les tendances des ventes et des produits en développement dans sa section des spécialités.

Pour les 12 derniers mois, les catégories en hausse:

  1. Portugal 20 %   (188 produits; ventes 16 millions $)
  2. États-Unis 14 %  (573 produits; ventes 57 millions $)
  3. Cashers 10 %  (64 produits; ventes 4 millions $)
  4. Vénétie 6 %   (186 produits; 26 millions)

En baisse:

  1. Canada -12 %   (103 produits 3,7 millions $)
  2. Bourgogne blanc -10 %  (391 produits; 12 millions $)
  3. Piémont - 5 % (280 produits: 9 millions $).

Pour les prochains mois, la SAQ indique à ses fournisseurs qu'elle veut bonifier son offre dans les secteurs suivants:

Les catégories gelées seront le Rhône et le Bourgogne blanc.

Bouchon de liège: nuisance

Quand vous y pensez, la chose la moins satisfaisante dans une bouteille de vin - le seul point ennuyeux - c'est le bouchon. Le bouchon de liège, avouons-le, c'est une peste.»

C'est le réputé Hugh Johnson qui l'écrit dans le magazine de Decanter du mois de mai.

Il n'est pas le seul à pester contre le morceau de liège qui sert encore de bouchon sur les bouteilles de vin en 2015.

J’en ai vraiment ras-le-bol du bouchon en liège et, au passage, de tous ceux que le défendent, par ignorance ou par intérêt. C’est un des pires systèmes de fermeture des bouteilles de vin. Et mon énervement va croissant quand il s’agit des vins dits "de garde", forcément chers et aussi devenus rares (et donc encore plus chers) avec le temps. Ces vins-là, mais ils ne sont pas les seuls, sont régulièrement abîmés ou diminués par la faute d’un petit morceau de bois.»

C'est David Cobbold qui s'irrite dans le blogue Les 5 du vin.

Ce petit morceau de bois qui sert de bouchon en exaspère donc plusieurs.

M. Cobbold nie que le liège aide à conserver le vin et nie surtout qu'il aide à le bonifier. «On entend d’ailleurs toutes sortes de sornettes autour du besoin qu’aurait un vin de "respirer" à travers le liège. C’est simplement faux, soutient le célèbre blogueur qui écrit aussi pour la revue québécoise Vins et Vignobles.

Il ajoute que le liège ne laisse pas passer la même quantité d'oxygène d'un bouchon à l'autre. Il arrive que le liège fasse correctement son travail «de temps en temps, et d’une manière totalement aléatoire, les bouchons de liège font bien leur travail.» 

M. Cobbold se demande pourquoi on utilise encore cette technique si peu efficace et si hasardeuse datant du 17e siècle. Est-il raisonnable d'utiliser encore ce morceau d'écorce alors qu'il existe de nos jours deux autres «techniques autrement plus performantes sur tous les plans».

Le spécialiste du vin n'en a pas seulement contre le fameux goût de bouchon, mais surtout contre l’expression aromatique très variable d’un flacon à un autre dans un même lot que donne cet improbable bouchon non toujours hermétique. Défaut qui s'accroit avec l'âge du vin.

Je pense que cela relève de la paresse intellectuelle, doublée d’un singulier manque de courage, que de continuer à fermer ses bouteilles avec un petit morceau d’écorce d’arbre», dit M. Cobbold.

La suite :  Ras le bouchon ! David Cobbold, Les 5 du vin, 23 mars 2015.

Personnellement, je crois que le problème principal du liège est dû au fait qu'il n'est pas sur le goulot, mais dans le goulot. Ainsi l'air passe dans l'espace entre le bouchon et la paroi de verre du goulot. Ou plus précisément entre le silicone ou la paraffine qui recouvre le liège et la paroi intérieure de verre du goulot.

Sur le même sujet Le pire ennemi du vin : le liège, oct. 2012.

Gran Selezione

Vous allez voir de plus en plus cette inscription sur certains vins de Chianti classico: Gran Seleczione.

Une grande sélection. C'est un nouveau niveau au haut de la pyramide des chiantis classicos. L'association de producteurs de vins de cette région trouvait que l'appellation Riserva ne menait à rien et n'avait pas de notoriété et a décidé d'ajouter ce niveau au-dessus. Il y a peu de changements sauf que les raisins ne peuvent être achetés d'un autre producteur, le taux d'alcool doit être de 13 % minimum; le vin âgé de 30 mois et contenir plus d'extraits secs. De plus, les vins sont approuvés par un comité de dégustation.

Il n'y a pas de modification au niveau de l'assemblage qui reste à 80 % sangiovese minimum, ni de délimitation de zone géographique.

Le consortium s'attend à ce que de 10 à 20 % du chianti classico soit gran selezione.
Le chianti classico est un vin fait en Italie, mais il n'est pas bu par les Italiens. Il est plutôt exporté à 80 %. Les Américains à eux seuls achètent 31 % de la production.


Plusieurs ont reproché au consortium de ne pas avoir plutôt cherché à améliorer la pyramide en créant des crus basés sur des terroirs spécifiques, des zones géographiques plus qualitatives. Ils craignent que ces gran selezione deviennent des vins de style quasi Nouveau Monde qu'on ne pourra boire qu'avec le steak.

Il y a déjà 7 de ces vins de la classe Gran Selezione à la SAQ des millésimes 2009 à 2011. 

Il devait y avoir une opération de promotion de vins de la classe Gran Selezione à la SAQ en mars, mais elle n'a pas eu lieu!

Comparaison prix vin Ontario-Québec: l'Italie

On entend beaucoup parler ces jours-ci des différences de prix des vins dans les provinces du Canada. Une étude dit que c'est plus cher ici, une autre dit que c'est plus cher ailleurs.

Alons voir ce qu'il en ait aux répertoires des monopoles du Québec et de l'Ontario. Prenons pour exemple les vins rouges italiens. On pourrait faire l'exercice, pour les vins du Portugal ou d'autres régions.

Voici les 10 vins rouges italiens les moins chers au répertoire du monopole des vins en Ontario (LCBO) et à celui du monopole des vins au Québec (SAQ).

LCBO
$ SAQ
$
Velletri Centurio 7,35 Giacondi Nero d'Avola 9,50
Montepulciano d'Abruzzo Dragani 7,45 Sicalia Rosso IGT Terre Siciliane 9,70
Castelli Romani Fontana di Papa 7,45 Fantini Farnese Sangiovese 9,90
Montepulciano d'Abruzzo Quartana Spinelli 7,50 Sonovino 9,95
Montepulciano d'Abruzzo Bosco 7,55 Giacondi Sangiovese Puglia 2013 10,05
Merlot Delle Venezie Cesari 7,60 Firriato Nari Nero d'Avola 10,95
Sangiovese Terre Di Chieti Citra 7,75 Mezzo Mondo Negroamaro 11,25
Montepulciano d'Abruzzo Citra 7,75 Montalto Nero d'Avola Cab Siciliane
11,30
Merlot/C. S. Casal Thaulero 7,75 Pasqua Sangiovese 11,45
Sangiovese Casal Thaulero (IGT) 7,75 Firriato Primula Nero d'Avola 11,45

La différence saute aux yeux. Les 10 vins rouges italiens les moins chers en Ontario sont de 7,35 $ à 7,75 $; alors qu'au Québec, c'est de 9,50 $ à 11,45 $.

Ainsi si vous achetez les 10 vins de la LCBO il vous en coutera 75,90 $. Par contre, pour les 10 vins de la SAQ ce sera 105,95 $. Une différence de 30,05 $; soit 40 % de plus.

Il faut aussi ajouter qu'en Ontario, on vous donnera des Air Miles pour votre 75,90 $. De plus, on vous remboursera 2 $ lorsque vous retournerez les bouteilles vides consignées.

P.-S. Une question posée sur les réseaux sociaux; est-ce que ces vins vendus à la LCBO sont meilleurs ou moins bons que les vins de dépanneurs vendus au Québec?

 

 

Acidité dans le vin : pas la même en France

4 grammes d'acidité dans le vin en France, c'est 6 en Italie!
 
Est-ce que c'est parce que les Italiens ne comptent pas comme les Français?
Oui!
 
Que signifie la mention «acide 4 g/l» qu'on lit sur la contre-étiquette des bouteilles de vin (rarement), dans les commentaires des chroniqueurs vins (quelquefois) et plus souvent dans les fiches techniques des vins ou dans les sites web des producteurs?
On indique ainsi le poids de l'acidité dans le vin.
 
Cependant, il faut savoir que 4 grammes peuvent égaler 6 grammes!
En effet, on ne mesure pas de la même façon le poids acide total en France et dans le reste du monde.
 
En France, le poids acide des vins est mesuré en équivalence sulfurique; alors que dans le reste du monde, on l'indique en équivalence tartrique.
 
Ces deux acides n'ont pas le même poids du tout. En effet 75 g d'acidité sulfurique égalent à 49 g de tartrique.
 
Donc un vin qui a 4 g d'acidité en France aura 6 g en Italie.
 
Comme le recommande l'oenologue Jérémie d'Hauteville de RJ Oenology, il faut être plus précis lorsqu'on indique 4 g d'acidité. Il faut absolument indiquer dans quelle équivalence on mesure. Nous parlons ici d'acidité totale qui est la somme de l'acidité fixe et de l'acidité volatile.
 
Ce doit être 4 g/l (sulfurique), qu'on indique aussi 4 g/l (H2SO4) ou 6 g/l (tartrique).
 
Pour faire la conversion entre les deux équivalences on multiplie par 1,53. Ou plus rapidement par 1,5.
 
Ainsi un vin qui a 4 g/l d'acidité en France est équivalent à un vin de 6 g/l dans le reste du monde.
 
Mentionnons en terminant qu'il y a une manière plus précise d'indiquer le niveau d'acidité que son poids, c'est le pH. Car le poids n'indique pas la force de l'acidité puisque chacune des principales acidités (tartrique, malique, lactique, citrique et succinique) a une puissance acide différente. Il y a donc des acides plus acides que d'autres. Voir à ce sujet l'article Le pH de votre goût.
 
__________
Sources
Connaissance et travail du vin, Jacques Blouin et Émile Peynaud, Dunod, 5e édition, 2012
L'oenologie, C. Navarre et F. Langlace, 7e édition, Lavoissier Tec et Doc 2010

Doit-on privatiser la SAQ?

Doit-on privatiser la SAQ?
C'est le titre du document présenté aujourd'hui à la presse par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).
 
La réponse à cette question des auteurs du groupe de recherches et de pressions est: «non».
 
L'IRIS a fait une étude sur le sujet à la demande du principal syndicat des employés de la SAQ, le SEMB-SAQ qui a d'ailleurs financé une partie du travail.
 
Dans son document de 54 pages, l'IRIS réfute les propositions du rapport Godbout-Montmarquette, ainsi que les affirmations d'Éric Duhaime dans son livre intitulé «La SAQ pousse le bouchon !». 
 
Les chercheurs Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin nous disent que la privatisation totale ou partielle envisagée dans le rapport Godbout-Montmarquette ne serait pas une bonne idée.
«Les deux scénarios étudiés sont sans équivoque. La privatisation partielle de la SAQ n’est pas une bonne solution si le gouvernement veut réduire l’endettement de l’état. Au mieux, il s’agit d’une politique relativement neutre au plan budgétaire et, au pire, d’une stratégie qui fragiliserait les finances de l’état.»
 
Le cas de l'Alberta
Puis les auteurs comparent le marché de l'alcool au Québec avec celui de l'Alberta afin de tenter de démontrer que la privatisation n'est pas nécessairement une bonne avenue pour le Québec.
 
Ils concluent que «pour le prix du vin, il apparaît évident que la privatisation n’a pas permis à l’Alberta de voir ses prix baisser. Au contraire, ceux-ci ont augmenté plus rapidement qu’au Québec et au Canada, et ce, même en comparaison de leur IPC respectif.» (IPC; indice des prix à la consommation.
 
Le milliard
La SAQ rapporte un milliard $ par année. Sa vente ferait perdre ce milliard. Au final, il n'y a pas de gain à faire en vendant la SAQ.
 
Ils calculent que s'il y a privatisation, pour conserver le milliard de dollars que la SAQ donne au gouvernement du Québec, il faudrait imposer une taxe de 2.10 $ par bouteille de vin.
 
Ils constatent que «depuis 2006, Québec demande systématiquement à ses sociétés d’état (Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ) de verser davantage de dividendes afin de compenser les différentes baisses d’impôts consenties. En ce sens, ces dividendes deviennent un palliatif de plus en plus commode pour le gouvernement.»
 
Québec mieux que  l'Alberta, mais moins que le Canada
Résultat des courses, le prix du vin augmente plus vite au Québec que dans l'ensemble du Canada.
«Comme on le voit, le prix du vin au Québec a crû à 75 % de la croissance du prix des autres produits tandis qu’en Alberta, la croissance du prix du vin a suivi celle du coût de la vie. Dans l’ensemble du Canada, le prix du vin a crû à 55 % de la croissance de l’IPC. En d’autres mots, le Québec fait nettement mieux que l’Alberta, mais les données sur l’ensemble du Canada montrent que les autres provinces ont vu le prix de leur vin croître encore moins vite que celui du Québec par rapport au prix des autres produits.»
 
Les auteurs de l'IRIS constatent que «les revenus gouvernementaux de l’Alberta et du Québec, par litre d’alcool vendu, sont identiques.» Soit 2 $ par litre d'alcool vendu.
 
«En 2013, les gouvernements de l’Alberta et du Québec ont perçu, à travers leurs revenus spécifiques sur l’alcool, le même montant d’argent sur chaque litre vendu. À première vue, pour le gouvernement, les deux modèles peuvent donc sembler équivalents. Le gouvernement du Québec pourrait ainsi privatiser la SAQ et augmenter de façon importante sa taxe sur les boissons alcooliques pour compenser la perte de dividendes.»
 
Ils affirment que le nombre de produits disponibles au Québec est plus élevé que celui en Alberta. Ils y ajoutent les produits en importation privée qui serait au nombre de 16 640.
 
Spiritueux
Pour ce qui est des spiritueux, ils affirment que «le prix des spiritueux au Québec a crû à 40 % de la croissance de l’IPC de 1992 à 2014. Durant la même période, l’Alberta et le Canada voyaient le prix de leurs spiritueux croître respectivement de 55 % et 54 %. Donc, comme pour le vin, le prix des spiritueux augmente plus rapidement en Alberta, malgré (ou à cause de ?) la privatisation.» Ils omettent toutefois de mentionner que la SAQ taxe moins les spiritueux que les autres provinces.
 
Bière et dépanneur
Puis, les auteurs étudient les marchés quasi concurrentiels de la bière et du vin en épicerie au Québec. Ils constatent que les épiciers se prennent une marge de 25 % sur le vin. Ils disent que la SAQ n'a pas voulu leur fournir le montant de sa marge pour ces produits pour des raisons concurrentielles!
 
Pour ce qui est de la bière, ils mentionnent que son prix à augmenté plus vite que celui du vin. Toutefois, ils ne précisent pas si c'est dû aux taxes.
 
Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin concluent donc qu'il n'y a pas d'avantages à privatiser si on se fie à ce qui a été fait en Alberta où à ce qui se fait actuellement au Québec dans la vente de la bière ou à ce qui se fait pour la vente de vin dans les dépanneurs. Ils prétendent même que ce serait néfaste. «Nous concluons qu’une privatisation, même partielle de la SAQ, serait une erreur majeure du gouvernement. Elle priverait l’état québécois d’importants revenus tout en désavantageant les consommateurs et consommatrices d’ici.»
 
Le document Doit-on privatiser la SAQ est disponible sur le site du groupe d'études et de pressions www.iris-recherche.qc.ca.
 
Selon son site internet, l’IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et progressiste qui diffuse un contre-discours aux perspectives que défendent les élites économiques. Contrairement aux tenants d’un néolibéralisme, il fait la promotion d’un équilibre entre l’intérêt collectif et la liberté individuelle.