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Les prix sont bons au Québec, dit le président de la SAQ

«Les prix sont bons au Québec, les prix sont dans la bonne moyenne» a dit le président de la Société des alcools du Québec à une émission radiophonique locale à Montréal ce matin. 1
«On ne paie pas plus cher... Les prix sont dans la bonne moyenne en Amérique du Nord... on fait une bonne job», dit M. Alain Brunet
Il dit qu'un blogue rapporte «1 ou 2 % d'écart».

Pourtant si on regarde les chiffres, on n'a pas le même portrait du tout.
«Les spiritueux se vendent en moyenne 11 % plus cher au Québec que partout ailleurs dans cette recherche, alors que pour le vin, il s’agit d’une différence de plus de 23 %.» 2

C'est ce qu'on lit dans le document de recherche Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux présenté par Maxime Péloquin pour l'obtention de sa maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Le chercheur a étudié les prix de 50 vins et de 50 spiritueux disponibles dans trois monopoles et dans trois grands magasins privés en Amérique du Nord.

Les monopoles sont ceux du Québec, de l'Ontario et de la Pennsylvanie. Les grands marchands privés sont Bev-Mo (Californie), 67 Wine and Spirits (New York) et Crown Wine and Spirits (Floride).

On y lit qu' «au final, 85 % des produits, quels qu’ils soient, se retrouvent à des prix supérieurs sur les tablettes des deux monopoles canadiens.»

Le résultat, pour le vin seulement, c'est 23 % plus cher à la SAQ que dans les 5 autres commerces, taxes et taux de change compris.
Comparé à l'Ontario, le vin est 7,63 % plus cher au Québec.

Même le monopole de la Pennsylvanie fait mieux que la SAQ et la LCBO. «En fait, cette société d’État (américaine) est même plus compétitive au niveau des prix que certaines entreprises privées utilisées dans la base de données», note M. Péloquin dans son mémoire de maîtrise.

1. 98,5 fm, Paul Arcand interroge Alain Brunet, 6 novembre 2014

2. «Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux», Maxime Péloquin, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke, avril 2014, 72 pages.

Comment la SAQ fait disparaître des vins de moins de 15 $

Le nombre de vins à moins de 15 $ ne représente plus que 6 % de l'offre de la SAQ, alors que c'était 15 % il y a 5 ans.

Comment en est-on rendu là?
Les gens des relations publiques de la société d'État disent que c'est à cause de l'inflation et des taxes. Pourtant, l'inflation est minime et les taxes n'ont été haussées que de quelques 25 cents. La chef des relations publiques de la SAQ a même déjà laissé entendre que c'était parce que les Québécois voulaient des vins plus chers!

Ce n'est pas suffisant pour expliquer la chute du nombre de vins de moins de 15 $ au répertoire de la SAQ. Rappelons-le, les «petits vins» c'est 6 % du répertoire qui rapportent 58 % des ventes de la SAQ.

Alors comment on fait pour éliminer les vins de moins de 15 $?
La réponse est simple: on fait comme on a fait pour éliminer les vins à moins de 10 $.

Objectifs plus élevés pour les petits
Plusieurs stratagèmes sont employés. Je vais en mentionner deux ici. Le premier consiste à fixer des objectifs de vente plus élevés pour les vins moins chers.

Vin Alberta Québec

On a beaucoup comparé les prix des vins en Alberta et au Québec au cours de cette année dans les médias québécois.
En mai dernier, un journaliste du Journal de Québec, Pierre Couture, va faire une tournée en Alberta et nous rapporte que le vin y est moins cher, quelquefois 50 % moins cher.

Lundi, c'est une employée de la SAQ qui va y faire un tour et nous dit que certains vins y sont plus chers et d'autres moins chers.

Mais pourquoi se comparer avec l'Alberta? Pourquoi pas le Dahomey, le New Hampshire ou la Belgique?

Si l'on regarde les chiffres de Statistique Canada, l'Albertain dépense en gros le même montant que le Québécois pour l'alcool. Mais il y a alcool et alcool. Pour la bière, on est pareil. Nous dépensons 330 $ par année en bière. Mais pour le vin c'est bien différent. Le Québécois y consacre 339 $; pendant que l'Albertain dépense 193 $. Par contre, ce dernier dépense le double du Québécois en spiritueux.

Ventes de boissons alcoolisées par habitant de 15 ans et plu
pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013
(millions de dollars)
  Bière Vin Spiritueux Total
Québec 337 339 104 780
Alberta 332 193 235 761

www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/140410/dq140410a-fra.htm

Maintenant, les prix
Si l'on étudie le tableau 183-0015 de Statistique Canada, intitulé Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools, des producteurs de vins et des brasseries, selon la valeur et le volume, exercices financiers se terminant le 31 mars, et qu'on y extrait les chiffres concernant les ventes de vin en volume et en valeur pour l'Alberta et le Québec, on obtient le tableau suivant.

Ventes vin
Millions litres et dollars (2013)
  Alberta Québec
Litres 58 159
Dollars 614 2320
Prix moyen au litre de vin
10,58$
14,59$

On constate qu'il se vent trois fois moins de vin en Alberta qu'au Québec: 58 millions de litres contre 159 millions au Québec. L'Albertain n'a pas la réputation de s'ouvrir un petit rosé de Provence le vendredi soir, mais plutôt de se prendre une bonne Bud! En dollars, c'est 614 millions en Alberta et 2,3 milliards au Québec.

Ce qui nous donne un prix moyen au litre de vin de 10,50 $ en Alberta et de 14,50 $ au Québec.
Donc, le vin est en moyenne 38 % plus cher au Québec qu'en Alberta.

Le document de l'employée de la SAQ, diffusé sur le site de la CSN, nous apprend toutefois que les prix sont plus élevés dans les localités touristiques de l'Alberta et que plusieurs employés ne connaissent pas beaucoup le vin.

Revenons maintenant à Statisque Canada qui nous apprend que les ventes de vins en Alberta en volume ont augmenté de 36 % de 2009 à 2013. Au Québec, ce fut 12 %; soit trois fois moins.

En terminant, dans la vidéo de la CSN-SAQ, ils nous disent que si nous perdons la SAQ, nous perdrons sa marge de profit de 1 milliard. Ce qui est totalement faux. En effet, ils omettent de mentionner que l'Alberta n'a pas abandonné sa majoration en privatisant sa société d'État et que la province fait maintenant plus d'argent qu'avant en ne vendant plus d'alcool! (Il y avait 208 succursales en 1993 qui rapportaient 400 millions $ au gouvernement; mainrtenant c'est 1340 magasins privées qui rapporte 729 millions à la province).

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De l'alcool à prix imbattable, Journal de Québec, Pierre Couture, 27 mai 2004
Rouges et blancs au pays de l'or noir, SEMB SAQ CSN Vidéo de 14 minutes, 3 novembre 2014
Contrôle et vente des boissons alcoolisées, pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013, Statistique Canada, 10 avril 2014
Privatiser la SAQ ne servirait ni l’État ni ses citoyens, dit la CSN, Le Devoir, 4 novembre.

La proportion de vins à moins de 15 $ est passée de 15 % à 6 %

La proportion de vins à moins de 10 dollars diminue constamment sur les rayons de la Société des alcools du Québec.

En 2009, sur les 6920 vins de la SAQ, 1040, soit 15 % étaient à moins de 15 $.
En 2012, cette proportion est tombée à 10 %.
En 2013, ça baisse à 8 %.
Aujourd'hui, la proportion de vins à moins de 15 $ n'est plus que de 6 %.
En 5 ans, nous avons perdu la moitié des vins de bon prix. On est passé de 1040 à 522.
La proportion de vins à moins de 15 $ est tombée de 15 % à 6 % au répertoire de la SAQ.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars 2009
Nov 2012
Nov 2013
Nov 2014
-15 $ 1040 902 641 522
15 $ et +
5920 7357 7319 7735
total 6960 8259 7960 8257
 % - 15 $ 15 %
10 %
8 %
6 %
  @vinquebec.com

Comment en est-on rendu là?
Pourtant, de l'aveu même du nouveau président de la SAQ, en commission parlementaire, ces vins de moins de 15 $ représentent 57 % des ventes de la SAQ.

Les dirigeants de la SAQ semblent toutefois entendre la critique et réagir.
Alors qu'en mars dernier, sur les 83 nouveaux vins, seulement 5 étaient à moins de 15 $, soit 6 % de l'arrivage.

Aujourd'hui, sur les 74 nouveautés 23 sont à moins de 15 $; soit 31 %. Ils sont dans la section des produits courants.

Il semble donc que les dirigeants du monopole veulent maintenant acquérir des vins moins chers, afin de ralentir cette chutte de l'offre de vins à prix raisonnable!

 

Des Québécois envahissent la LCBO

Sur l'heure du midi, il y aura beaucoup de Québécois à la succursale de la LCBO de la rue Rideau à Ottawa.

 

En effet, 250 amateurs de vin de la région de Québec débarqueront dans le stationnement de la succursale principale de la société des alcools de l'Ontario à Ottawa.

 

Un animateur de la station de radio FM93 à Québec a nolisé 5 autobus pour amener des Québécois magasiner à Ottawa en guide de protestation contre les hausses continuelles de prix des vins au Québec et la réduction graduelle des vins à bon prix à la SAQ.

 

L'animateur radiophonique Sylvain Bouchard a baptisé cette opération «les vendanges des cols rouges». Il dit qu'il a 500 candidats à ce voyage, mais seulement 5 autobus.

Faire du vin sans sulfites

Comment faire du vin sans sulfites ou avec peu de sulfites ajoutés?
Les sulfites, appelés aussi soufre ou SO2 ont mauvaise réputation, surtout depuis qu'on est obligé d'en indiquer leur présence sur l'étiquette. Les vignerons veulent donc en réduire l'utilisation.

Lors de la vendange, les baies fraichement cueillies et le mout qui en résulte sont des cibles vivantes et chaudes qui peuvent facilement être polluées par des bactéries nuisibles qui spolient alors cette belle récolte.

C'est pourquoi on ajoute des sulfites pour tuer ces bactéries. Si on augmente encore plus la quantité de SO2 ont tue aussi les levures ce qui empêche le démarrage trop rapide de la fermentation. Dans ce dernier cas, on doit ajouter par la suite des levures sèches achetées dans le commerce pour démarrer la fermentation au moment voulu. C'est ainsi que procèdent la plupart des producteurs.

Mais il y a d'autres moyens d'empêcher la colonisation de la récolte par des bactéries indésirables. Le principe est simple: il s'agit de coloniser avec des microorganismes désirables qui en prenant toute la place empêchent les autres microbes de polluer la cuve.

Plusieurs techniques sont ainsi employés depuis trois ans. Le stade expérimental vient d'être dépassé par plusieurs et ces moyens commencent à se répandre dans les régions viticoles.

On a déjà parlé ici à Vin Québec, des vins de la série Naturae de Gérard Bertrand. Des vins sans soufre ajouté. M. Bertrand ne veut pas donner sa recette. Toutefois, d'autres donnent et même vendent leurs recettes.

Bioprotection
Ces techniques sont regroupés sous le nom de bioprotection.
Une de ces techniques consiste à ajouter des levures non-saccharomyces, des levures non fermenticides qui occupe la place désirée par les bactéries.

À Bordeaux, le groupe d'oenologues Eono-Team propose «d'occuper le milieu microbiologique avec des microorganismes connus (des levures ou des bactéries) qui permettent de contenir les populations indésirables. Ces microorganismes sélectionnés sont issus de la surface de raisins et ont été multipliés afin de pouvoir protéger la vendange», dit Eco-Team dans un communiqué de presse.

Ceci implique toutefois que la récolte soit saine. À la mise en bouteille, on fait tout de même un léger sulfitage. Château de Cérons à Graves utilise ce procédé.

Primafolia occupe le terrain
La maison oenoconseil Immélé propose, elle, un produit appelé Primafolia, c'est un mélange de levures, d’écorces de levures et de bactéries lactiques. «Très bonne occupation du terrain, limite le développement aux flores indésirables comme Brettanomyces ou les bactéries lactiques productrices d'amine biogène. Réduit l’oxydation des jus par captation d’oxygène.» (Fiche technique Primafolia)

Okay mange le SO2
D'autres proposent l'utilisation d'une levure consommatrice de SO2.
Les levures saccharomyces produisent elles-mêmes des sulfites, parfois en grande quantité (30 à 100 mg/l). Certaines levures reconsomment ces sulfites, d'autres non. Donc, il s'agit ici d'utiliser une levure qui consomme le SO2. C'est le cas de la Lalvin Icv Okay, développée par l’Icv, l'Inra, Sup'Agro et la firme de commercialisation de levures Lallemand.

Malo avant
Finalement, la maison CHR Hansen propose de faire la fermentation malolactique avant la fermentation alcoolique. On ajoute un produit appelé Nova lactobacillus plantarum dès l'arrivée au chai. «La FA s’enclenche (par levurage ou non), et au final, toutes les fermentations sont achevées au bout d’une dizaine de jours.» (Réussir Vigne)

Certains de ses procédés auraient aussi l'avantage de limiter la progression des levures Brettanomyces (qui donnent des odeurs d'écurie, de ferme) et de réduire la formation d'acidité volatile.

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La Lune influence-t-elle le goût du vin?

Il y a de ces jours où les vins sont très bons et d'autres jours où ils sont moins bons.
 
La texture d'un même vin peut nous sembler différente d'un jour à l'autre.
 
Vendredi dernier, avec quelques amis, nous dégustions une vingtaine de vins en préparation d'un vins et fromages. Et sauf, peut-être deux ou trois, il n'y a pas eu vraiment de coups de coeur. Des vins que nous connaissons semblaient moins bons que d'habitude, surtout les rouges.
 
J'ai alors demandé à la blague si nous étions un jour racine!
 
D'après le calendrier lunaire, nous sommes jour feuille aujourd'hui, donc les vins ne se goûteraient pas bien!
 
J'ai écrit un article à ce sujet en 2009, lorsqu'on a appris que les deux plus grandes entreprises d'achats de vin de Grande-Bretagne dégustaient les vins en fonction du calendrier lunaire.
Je vous invite à le lire ici si vous n'êtes pas familier avec le sujet.
 
De nouvelles recherches
Est-ce qu'il y a du nouveau sur ce sujet depuis 2009?
Peu de choses publiées, sinon une expérience menée l'an dernier chez le réputé producteur François Lurton.
 
On y a testé l’influence du calendrier biodynamique sur la dégustation des vins de la maison.  Neuf dégustateurs, neuf séances, quatre rouges et quatre blancs. «La dégustation est réalisée sans connaître le cycle lunaire en cours. La notation des vins se fait selon une grille formalisée».
 
Les résultats
«Le  type de jour influence essentiellement l’intensité aromatique et la structure des vins.»
«Aromatiquement les vins ressortiront plus complexes en jours fruit.»
«Pour les vins rouges, il est préférable de boire le vin en jour fruit pour avoir un vin ouvert au nez et une bouche dense et équilibrée. En jour fleur, le vin sera également agréable surtout au nez.»
 
Donc, eux aussi disent qu'il faut déguster les vins les jours fruits. Mais quels sont-ils ces jours fruits. Les calendriers lunaires ne sont pas tous d'accord.
 
On trouve plusieurs de ces calendriers sur le web. Ils ne concordent pas tous! Il y a même une application iPhone vendue sur iTunes. When wine taste Best (vidéo

Les jours fruits, selon Jardiner avec la Lune, c'est lorsque «la lune passe devant les constellations du Verseau, des Gémeaux, et de la Balance» 

 
Les prochains salons
D'après un calendrier lunaire Le Passeur de vin, ce sera jours fleurs les 31 octobre et 1er novembre pour Montréal Passion Vin; jours fleurs et feuilles pour le Salon des vins d'importation privée (1-3 novembre); jour feuille aussi pour le Salon des vins d'Italie du 5 novembre; et jour fruit le 6 novembre, mais racine les 7 et 8 pour La grande dégustation de Montréal. Puis, à la fin du mois, ce sera jours fruits pour les deux derniers jours de la Fête des vins du Québec (28,29 et 30).
 
Selon le calendrier lunaire biodynamique, il n'y a que 6 à 8 jours fruits par mois.
 
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Des Québécois vont magasiner à Ottawa

Cinq autobus vont quitter Québec le 1er novembre pour aller déposer 260 Québécois qui feront des achats dans le magasin de la LCBO au coin Rideau et King-Edouard à Ottawa.

Le voyage est organisé par un animateur radio de Québec, Sylvain Bouchard du FM93, qui veut dénoncer les prix abusifs de la SAQ. Interrogé par le Journal de Québec, il dit «On veut envoyer un message à la SAQ. On s’en va magasiner notre vin de façon tout à fait légale à la LCBO»

Il y aurait même une liste d'attente de 250 noms. Donc, plus de 500 citoyens de la région de Québec ont ainsi accepté de débourser 20 $ pour aller acheter une caisse de 12 vins en Ontario. Une caisse de 12, c'est la limite permise par la loi.

«Les économies réalisées peuvent parfois dépasser 3 $ par bouteille», écrit le journaliste Pierre Couture dans le Journal de Québec de ce matin. Il donne comme exemple le Dogajolo qui est 17,85 $ à la SAQ, mais 14,60 $ en Ontario. L'article cite aussi le réputé sommelier de Québec Philippe Lapeyrie qui suggère d'en profiter pour «acheter des vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique qui ont de "l'âme" et une "colonne vertébrale" On peut payer jusqu'à 5 $ de moins par bouteille», dit l'article.

Le journal dit que «la direction de la succursale LCBO de la rue Rideau d’Ottawa a été mise au courant de cette visite de clients québécois et s’attend de vendre plus de 3000 bouteilles lors de cette occasion.»

Et ajoute qu'«au cours des derniers mois, l’écart de prix entre les bouteilles de vin vendues à la SAQ et à la LCBO s’est d’ailleurs creusé.»

Le vin est en moyenne 8 % moins cher en Ontario qu'au Québec. C'est en Alberta qu'il y a les meilleures aubaines. Le vin y est près de 40 % moins cher, selon les chiffres que nous avons extraits des tableaux de Statistique Canada.

En juillet dernier, Vin Québec a compilé les prix de 25 vins populaires au Québec, tous moins chers en Ontario. la différence de prix varie de 8 et 24 %. (voir ici)

La LCBO a encore près de 200 vins à moins de 10 $, contre 24 seulement à la SAQ. On trouve même en Ontario des vins à moins de 8 $ et quelques vins à moins de 7 $.

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  Voyages organisés en partance de Québec pour acheter du vin en Ontario
, Pierre Couture, Journal de Québec, 22 octobre 2014

Permettre aux commerces d’alimentation de vendre l’ensemble des vins

La Fédération des chambres de commerce du Québec demande au gouvernement de permettre la vente des vins et spiritueux dans les commerces d'alimentation.

«Le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement», dit le mémoire présenté hier à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise et à la Commission de révision permanente des programmes.

Actuellement, les commerces d'alimentation ne peuvent vendre que le vin acheté en vrac et embouteillé dans les usines québécoises, ce qui empêche l'achat de produits de meilleure qualité.

«Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables», dit la fédération.  «En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs.»

Ce qui ferait en sorte que «les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire ferait plus d’argent», selon la fédération.

La fédération dit que «la SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite;» et propose «d’aller nettement plus loin dans cette voie.»

Voici l'extrait du mémoire de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui concerne la SAQ.

«Distribution de vins et spiritueux - Le commerce de l’alcool doit demeurer une source de financement pour l’État. Notre objectif : accroître les revenus pour le gouvernement sans pour autant augmenter le prix pour les consommateurs. Pour ce faire, il est possible de réaliser des économies sur le plan de la distribution au détail de vins et spiritueux. Pour ce faire, le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement. Le coût de distribution au détail dans les commerces d’alimentation du secteur privé est significativement inférieur au coût du réseau de succursales de la SAQ, notamment en raison des conditions de travail hors normes dont bénéficie le personnel en succursale par rapport à la moyenne du commerce de détail. En Europe et dans plusieurs juridictions, les vins et spiritueux sont vendus dans les commerces d’alimentation sans pour autant engendrer de problème d’alcoolisme supérieur à celui du Québec. Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables. En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs. Les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire feraient plus d’argent. La SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite; la FCCQ est d’avis que, sur la base de l’évaluation de cette expérience, il y a probablement lieu d’aller nettement plus loin dans cette voie.

La SAQ conserverait la fonction d’acheteur quasi monopolistique afin de conserver son pouvoir d’achat. Elle conserverait aussi un monopole sur la fonction de distribution en gros. En conservant ce monopole sur le gros, la société d’État s’assurerait d’imposer sa majoration sur l’ensemble du volume de vins et spiritueux distribués au détail. Par ailleurs, elle pourrait aussi continuer de mettre en valeur les produits québécois.» (FCCQ)

Le vin de Corse

Le vin de Corse est peu connu au Québec.
C'est une petite production: 48 millions de bouteilles, dont seulement 20 % est exporté.
Les principaux clients sont les États-Unis et l'Allemagne avec respectivement 2,6 millions et 2 millions de bouteilles. Le Canada est le 7e client avec le Japon et la Chine avec seulement 133 000 bouteilles.

Il n'y a que 22 vins de Corse à la SAQ et très peu de chaque: quelques dizaines de caisses dans quelques dizaines de succursales.

 
La Corse produit du blanc, du rosé, du rouge et du muscat un vin doux muté.

On fait du vin en Corse depuis longtemps, mais on n'y fait du vin de qualité que depuis quelques années. En 2008, on a lancé le plan de relance de la viticulture corse.

La viticulture a passé proche de disparaître de l'île; du moins la viticulture commerciale, lors de la fin des subventions pour le transport sur le continent.  Dans les années 1960-1970, on cultivait 25 000 hectares, aujourd'hui c'est 5,800 (équivalent du Chablis, trois fois moins qu'en Alsace, vingt fois moins que Bordeaux). On a arraché les plants de vigne en plaine.

Le plan de redressement de 2008 était prévoyant. On y lit que «le marché est en pleine évolution, les consommateurs quotidiens d’un produit d’entrée de gamme disparaissent au profit de nouveaux consommateurs à la recherche de qualité, d’originalité, d’éclectisme, mais également soucieux de leur santé. Le prix du produit peut être élevé s'il correspond aux exigences de ces nouveaux consommateurs.» Les axes de développement étaient la recherche de la qualité, l’innovation, et l’originalité.

Les autorités viticoles ont donc fait des recherches et mis en place une charte des bonnes pratiques viticoles. «Puis les compétences de l’ensemble des techniciens de la filière ont été mobilisés pour les mettre en application dans le vignoble et former les vignerons.» L'accent a été mis sur «la maîtrise de pratiques respectueuses de l’environnement.»

Il y a 300 000 habitants seulement en Corse, à peine plus qu'à Gatineau. Toutefois, il y a 3 millions de touristes par année.

Il y a 110 caves particulières et 4 coopératives.
Il n'y a pas de grands domaines. Peu dépassent 30 hectares.

Le climat est méditerranéen avec influence montagnarde et maritime. Plusieurs vignobles en AOC sont à plus de 140 mètres d'altitude.
Les Corses sont très fiers de leurs vins. D'ailleurs, on en trouve dans toutes les épiceries et dans la tous les restaurants. Dans plusieurs restaurants, il n'y a même que du vin corse.
Le vin représente la première exportation insulaire en valeur.

J'ai passé 17 jours de vacances sur l'île de Beauté. J'ai pu y boire une quarantaine de vins, surtout des vins de la Haute-Corse.
Je vais vous donner ici mes impressions générales.

De beaux rouges
Les rouges m'ont semblé bien plus intéressants que les blancs. Des vins rouges avec de belles acidités, du fruité légèrement épicé, des tanins fins, pas de boisé apparent. Des vins pour accompagner les repas.
Ils sont faits de niellucciu (sangiovese), de sciaccarellu et certains sont complétés avec de la syrah et du grenache.

 
Muscat
Le meilleur vin que j'ai goûté en Corse est un vin du domaine Gentile, un vin sucré, la Cuvée Authentique,
Un muscat non muté, donc non AOC. Mais beaucoup plus fin que les Muscats AOC Cap de Corse, qui sont souvent très longs en bouche, mais donnent une sensation de brulure en finale. Il est difficile d'en prendre deux verres.

Les blancs sans saveurs
Il y a beaucoup de poisson et de fruits de mer dans la gastronomie corse.
Évitez toutefois les langoustes qui sont horriblement chères et ressemblent à des queues de homard trop cuites et hargneuses.
Les poissons sont frais et bien présentés, mais les vins blancs que j'y ai goûtés ne sont pas à la hauteur. Ils sont faits de vermentino et sont sans arômes et presque sans saveurs.

 
Les rosés sont souvent friands et bien agréables.
Une belle note pour le muscat pétillant de la maison Casanova qui fut un bel apéritif à plusieurs reprises.

Notons aussi les bières Pietra et Colomba qui sont bien désaltérantes, ainsi que l'eau gazeuse Orezza qui m'a permis de bien digérer les repas copieux servis dans les restaurants corses.

Du vin en bidons de plastique
Au Domaine Lazzarini, les clients se présentent avec leurs bidons de plastique et M. Lazzarini se fait un plaisir de les remplir à même des citernes de rouge, rosé et blanc à 2,50 euros le litre.

Donc, il y a de belles découvertes à faire en Corse. Et ça bouge, de nombreux jeunes ont pris en mains des vignobles à flanc de coteaux. Les productions sont petites, les prix un peu élevés dans certains cas (8 à 20 euros). Toutefois dans les restaurants, les prix des vins sont raisonnables et pas beaucoup plus chers que dans les magasins, de 20 à 30 euros.

Fait remarquable, dans les restaurants et même sur les terrasses le personnel a presque toujours pu nous parler avec grandes précisions des vins qu'ils ont à leurs cartes.
 

Des coups de coeur
Plusieurs coups de coeur. En particulier pour les vins du Domaine Gentile à Patrimonio. Des vins plus fins et plus élégants. Une belle gamme de vins de grande qualité.

Voici des vins d'autres domaines qui m'ont paru très bons et que l'on devrait retrouver sur notre marché au Québec.

Domaine de Gioielli Coteaux du Cap Corse  - Petit fruit fin, un pur délice aie-je noté.
Domaine Renucci  Calvi rouge 2011 - Très beaux tanins, très bon.
Clos Colombu rouge 2013  - Épicé, élégant, rappelle certaines syrahs. Bien meilleur que son blanc. Des vins de ce domaine sont disponibles ici.
Domaine Fiumicicoli, rouge Sartène 2013 - Très beaux tanins, fruité épicé, très bon, bio. D'ailleurs, la plupart des vins de Corse sont bio. Il fait si beau, c'est sec, il vente souvent, donc, ils n'ont pas besoin de produits chimiques pour combattre les champignons et autres maladies.

Clos Venturi 1769 rouge 2012  -  Année de naissance de Napoléon, une vedette du coin avec Tino Rossi; niellucciu, sciaccarellu et un peu de syrah.
Clos Venturi rouge 2011  -  Costaud et très bon.
Petra Bianca, Figari 2011  -  Très différent, plus fruité, chocolaté, tout en ayant une belle acidité.
Domaine Pieretti, rosé Cap Corse  -  Rosé gris élégant, fin et délicieux. Les rosés que j'ai goûtés en Corse, m'ont, sauf un, paru très agréables.
Orenga de Gaffory rosé - Un rosé corsé, bien fruité, plutôt costaud, qui a bien accompagné l'agneau.
Domaine Orenga de Gaffory , Muscat Cap Corse  -  Un muscat fin.
Clos Capitoro blanc  - Agréable et facile à boire.
Orenga de Gaffory blanc  - Bien.
Domaine Saparale, Sartène blanc  -  Correct
Clos Nicrosi blanc 2012  -  Presque sans saveurs.
Les vins de Lazzarini  -  correct
Les vins du Domaine de Piana  -  correct.
 
Les cépages corses
Niellucciu
À la base de la renommée des vins de Patrimonio, on le trouve aujourd’hui dans
de nombreuses autres appellations. Frère jumeau du sangiovese. Ce cépage noir est le cépage principal puisqu’il représente 35% des surfaces. Arômes épicés, de réglisse et de petits fruits rouges. Bien charpenté.
 
Sciaccarellu
Sciaccarellu veut dire croquant. Il représente 15% des surfaces, surtout dans l'Ouest. Souple, fin, bouquet poivré et de garrigue.
 
Vermentinu
Cépage blanc, malvoisie de Corse. 17 % des surfaces. Le cépage principal de toutes les AOC blancs de Corse. Donne des vins très secs et acidulés.
 
En Corse, le o et le ou deviennent souvent u; et de prononce ou. Ils escamotent souvent la dernière syllabe des mots. Le Corse est un dialecte originaire du nord de l'Italie. L`île a été gérée cinq siècles par les Génois, de 1284 à 1768.
 
Les appellations
Les trois principales AOC sont
Patromonio 907 ha, 19,491 hl et 35 caves particulières;
Ajaccio 242 ha, 8175 hl. 12 caves particulières;
Calvi 276 ha 8141 hl et 12 caves particulières.
Puis Sartène 163 ha 6590 hl et 10 caves;
Figari 130 ha 4585 hl et 6 caves.
Porto-Vecchio 89 h 3220 hl et 6 caves;
Coteaux du Cap Corse 34 ha 969 hl et 5 caves.
Une appellation régionale: Vins de Corse avec 1456 ha 69 000 hl 19 caves particulières et 4 coopératives.
Vin doux muté Muscat du cap Corse sur 98 ha une production moyenne de 2800 hl par 35 caves particulières. (source dossier de presse Civc 2014)

Des chiffres sur la viticulture en Corse
5800 hectares
663 ha certifiés bio et 52 ha en conversion (Agence bio)
360 000 hectolitres (2013)
dont 110 000 hl en AOC.
100 000 hl sont consommés sur place.

60 000 hl exporté.
Le reste en France.
AOC
9 AOC 35 % de la production; IGP 61 % et vin de table 5 %.
AOC 55 % rosé; 31 % rouge; 14 % blanc.
AOC 60 % consommé sur place; 10 % export et 30 % continent.

IGP 60 % rosé; 20 % rouge et 17 % blanc. Sur place: 18 %, continent 56 % et 26 % export.
110 caves; 350 producteurs, 4 coopératives.
 

 
Site web du Comité interprofessionnel des vins de Corse
www.vinsdecorse.com
 

Reportages promotionnels des journalistes du Soleil ?

Confusion au quotidien Le Soleil

Voici comment l'emploi abusif (ou erroné) des mots «journaliste», «équipe», «reportage», dans un quotidien de Québec, peut semer la confusion.

J'écrivais ce matin :

Que pensez de cette proposition du quotidien Le Soleil de Québec envoyée aux entreprises qui vendent du vin ou des accessoires de vin?

«Le Soleil vous invite à participer à la réalisation d’un tout nouveau dossier spécialement conçu pour les mordus de bon vin qui sera publié au cœur de notre quotidien le jeudi 20 novembre 2014.»

«Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).»

2995 $ pour une page; 1555 $ pour 1/2 page... 650 $ pour 1/5 de page...

«À découvrir dans ce dossier :
• L’ABC du vin et de l’alcool  • L’art de la dégustation • Les nouveautés sur le marché  • La cote des vins  • Les accords vins et mets   • Les pastilles de goût  • Les accessoires  • Et plus encore !»

Ce qui m'a fait tiquer c'est «et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe)

Donc, si je vends du vin ou des accessoires de vin et que j'achète de la publicité, l'équipe rédactionnelle du quotidien Le Soleil va me faire un joli reportage promotionnel ! Est-ce bien cela ?

Que veut dire «Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).» ?

Voici la réponse du Soleil
«Suite à votre courriel, en effet, nous offrons aux annonceurs dans ce dossier la possibilité d’avoir une collaboration rédactionnelle dans ce nouvel environnement, en effet, chacun des intervenants présents dans le dossier seront contactés par un de nos journalistes; une belle opportunité pour appuyer les positionnements.»

Ceux qui achètent de la publicité seront contactés par les journalistes du Soleil. Le travail des journalistes sera donc subordonné aux acheteurs de publicité!

Confusion
Suite à la publication de cet article, M.Frédéric Morneau, Directeur des ventes, cahiers spéciaux du Soleil nous dit, en fin d'après-midi, qu'il y a eu confusion dans le libellé du courriel; qu'on n'aurait pas dû mentionner le mot journaliste, mais qu'il s'agira plutôt «de rédacteurs publicitaires ou de pigistes qui appelleront les commerçants pour écrire un article qui ne sera pas signé et de plus le client aura droit de regard sur la rédaction finale de l'article. C'est le client qui approuvera l'article.» M. Morneau ajoute que ce sera une première au Soleil. Il dit qu'il est conscient qu'il peut y avoir confusion dans ce genre de publication, que malgré le fait que le mot «promotion» sera imprimé dans le haut de chaque page, qu'il se peut que le lecteur ne voit pas nécessairement que c'est de la publicité.
Le directeur principal de l'information du Soleil, Gilles Carignan, tient à me dire, aussi en fin d'après-midi, qu'aucun journaliste de la salle des nouvelles ne participera à ce cahier. 

En effet, il y a confusion dans l'emploi des mots «journaliste», «notre équipe», «reportage» de la part du personnel du quotidien.

Information ou publicité
Cette histoire (cet imbroglio) m'amène (en début de soirée) à poser une autre question.
Au lieu de laisser ce travail aux gens de la publicité, pourquoi l'équipe du Soleil ne fait-elle pas un vrai cahier d'information sur le vin avec de vrais journalistes (ou chroniqueurs vin ou auteurs) qui feraient alors de vrais reportages pour les mordus de bons vins?

D'autres vins de moins de 10 $

Les dirigeants de la Société des alcools du Québec ont autorisé l'entrée de six nouveaux vins rouges à moins de 10 $ sur notre marché.

On a beaucoup reproché à la direction du monopole d'abandonner ce segment des vins dits d'entrée de gamme.

Ces six nouveaux vins proviendront du Portugal, d'Italie et d'Argentine. Ce sont:
Du Portugal: le Fonte do Nico
D'Italie: Sicalia, Rosso IGT Terre Siciliane
Sonovino, Nero d'avola Shiraz Terre Siciliane IGT
Motepulciano d'Abruzzo Cadetto Podere Castorani
Merlot Primitivo Luna Di Luna IGT Salento
Et d'Agentine: Innovacion, Tempranillo Malbec.

De plus, quelques vins de 10 à 12,45 $ seront aussi introduits sur notre marché.
Le nombre de vins à moins de 10 $ a beaucoup chuté sur notre marché depuis 2009.
On remarquera dans le tableau suivant que le nombre de vins à plus de 15 dollars est stable à la SAQ depuis 2 ans; alors que celui des vins à moins de 15 $ chute constamment.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars
2009
Nov
2012
Nov
2013
Oct
2014
-10 $ 183 90 30 20
-15 $ 1040 902 641 515
15 $ et +
5920 7357 7319 7727
  @vinquebec.com

 

Les vignerons du Québec déchantent

L'État tarde à payer les vignerons du Québec. Certains attendraient des sommes dépassant 100 000 $.

L'an dernier, le gouvernement du Parti Québécois annonçait une aide supplémentaire aux vignerons du Québec. En gros: deux dollars de plus par bouteille aux deux dollars et quelques cents actuellement données à ceux qui vendent à la SAQ.

Mais selon ce qu'on apprend à la lecture de La Terre de chez nous, le gouvernement actuel rechigne à payer ce que le gouvernement précédent a promis.

«À la suite de ces annonces, on a mis le paquet pour être à la SAQ. On a investi dans la promotion, etc. Car le réseau de la SAQ est le plus beau au monde et les vignerons québécois veulent prendre leur place», dit le vigneron Charles-Henri de Coussergues à La Terre de chez nous.

En juillet dernier, les porte-paroles de la SAQ se vantaient d'avoir fait augmenter les ventes de vins québécois de 40 %. 40 % de quoi? De presque rien! C'était en fait 41 000 bouteilles de plus que les 100 000 vendues précédemment. C'est minime si on compare aux ventes du seul Wallaroo Trail avec 2 millions 551 mille bouteilles. En fait, il se vend plus de bouteilles de ce vin importé en vrac d'Australie et embouteillé au Québec que l'ensemble de la production de vin du Québec qui serait de près de 2 millions de bouteilles.

En novembre 2013, les dirigeants du monopole du vin annonçaient faire plus de place aux vins du Québec. «C’est avec enthousiasme que la SAQ participe aujourd’hui à l’annonce conjointe du plan de commercialisation et de mise en valeur des vins québécois», lisait-on dans le communiqué de presse de la SAQ du 29 novembre 2013.

Il y avait alors 59 vins du Québec au répertoire saq.com. Aujourd'hui, il y en a 68; donc seulement 9 de plus qu'en novembre 2013.

Notons qu'il y a 65 vins de l'Ontario et 44 de la Colombie-Britannique (vin tranquille 750 ml).

En Ontario, les vins de cette province occupent de 40 à 45 % du marché, dit la revue La Terre de chez nous. Au Québec, les ventes de vins locaux ne représentent que 1 % du marché, M.Charles-Henri de Coussergues veut porter ce chiffre à 5 % et exige plus de subventions du gouvernement.

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Les vignerons du Québec recevront plus pour leurs vins
, 4 décembre 2013
Vins québécois dans les épiceries: loin de la coupe aux lèvres, 11 juillet 2014
Les vignerons du Québec en attente de paiements, La Terre de chez nous, 15 octobre 2014

Soif, bar à vin de Véronique Rivest

La grande sommelière, championne du monde, Véronique Rivest a ouvert un bar à vin dans sa région.
Soif, sur Montclam à Hull, Gatineau.

C'est un rêve qu'elle caressait depuis longtemps.
Véronique est une collègue et une amie. Je suis allé lui rendre visite avec des amis mercredi soir.

L'endroit est bondé. Il vaut mieux réserver. L'accueil est sympathique. Le personnel est courtois, serviable, connaisseur, disponible, proactif. C'est vraiment plaisant.

La carte des vins invite à la découverte. Peu de gros bordeaux et bourgognes, californiens ou australiens, mais plutôt des vins fins, élégants, souples et originaux, les vins que préfère Véronique.

Plus de 100 vins, près de la moitié disponible au verre. Des verres de 2 onces (56 ml) de 4,50 $ à 9 $ et de 4 onces (113 ml) de 7,50 $ à 13 $.

À la bouteille, la plupart sont entre 49 $ et 71 $. La maison applique un multiple de 2 + 5 $.
Beaucoup de vins sont bio et certains sont dits naturels (sans soufre ajouté).

J'y ai goûté un surprenant païs du Chili, un beau carignan du Languedoc, un délicat poulsard du Jura, un original aliatico de Crête, un léger pinot de Corse, un rosé de Sicile déstabilisant, une petite douceur du Jurançon...

Donc, on peut s'éclater et aller dans des horizons peu connus. Il y a aussi des vins du Québec, de l'Ontario, de la Loire, d'Alsace, du Rhône, d'Italie...

La nourriture est au format tapas. On peut partager ou manger dans son coin. Il y a aussi des petits plats, le boudin à 11 $ est léger et fin, l'onglet de boeuf à 16 $ est consistant.

Les moins: le niveau sonore est élevé, les murs, plafonds et planchers en liège ne semblent pas absorber le bruit; de plus, il y fait chaud. Ces deux points peuvent être corrigés.

Donc, un endroit agréable, un choix magnifique de vins à découvrir pas trop chers, un personnel compétent et avenant. Le sourire et l'enthousiasme de Véronique. Je vais y retourner.
Unique en Outaouais et supérieur à des bars à vin de Montréal que j'ai visité.

Un plus, cet hiver:
Véronique et son équipe vont inviter des vignerons à venir présenter leurs vins aux nombreux amateurs de la région. Donc, de la belle visite!

Soif
Bar à vin
88 rue Montcalm
Hull, Gatineau,
819-600-7643
soifbaravin.ca
www.facebook.com/Soif.Gatineau

Pour juger un vin, il faut le boire

Juger un vin c'est dire s'il est correct, bon, très bon, excellent, exceptionnel ou mauvais.
Quoique plusieurs refusent de dire qu'un vin est mauvais!
Certains mettrons des étoiles, d'autres des 90, d'autres des 16 sur 20, d'autres seulement des mots.
 
Comment juge-t-on un vin?
Comme on juge, un plat, un restaurant, un film, une auto, un livre.
Le travail du critique de vin est comme celui du critique de film, de théâtre, de livre, de restaurant...
 
Il faut prendre connaissance du produit, l'essayer, l'analyser, le retourner dans tous les sens, se poser des questions à son sujet, réfléchir...
 
Peut-on juger un livre en lisant deux pages, juger un restaurant en y prenant la soupe, juger un film en voyant un extrait?
Non! Pourtant, nous jugeons souvent un vin après une seule gorgée!
 
Est-ce juste? Est-ce bien faire son travail?
Est-ce que le taux d'erreur n'est pas trop grand?
 
Pourtant les critiques de vin participent souvent à ces séances marathons où l'on déguste 10, 20, 30 vins; et plus encore dans les concours.
 
Je participe quelquefois à ces exercices. C'est commode, on peut faire le tour rapidement d'un grand nombre de vins et remplir notre calepin, notre guide, notre page de journal.
 
Mais souvent, après ces séances, nous regoûtons, ou plutôt buvons quelques-uns de ces vins à table et alors notre avis change. Le mieux coté nous déçoit à table; un autre moins bien noté se révèle meilleur!
 
Lors de ces séances, j'essaie souvent de prendre deux gorgées au lieu d'une. Mais est-ce suffisant?
 
Hier, j'ouvre une bouteille de mousseux. La première gorgée me semble agressive. La cote n'aurait pas été haute: une étoile. Mais je persiste, la deuxième est un peu plus agréable, mais encore pas deux étoiles. Plus tard, le vin s'est réchauffé dans le verre, les bulles et l'acidité sont moins agressives. Le fruité ressort, on monte à deux étoiles. Puis, on change de verre, on verse le contenant de la flute dans un verre plus grand, un verre de M. Ricardo; là le vin a plus d'éclat, il s'ouvre, il s'est réchauffé, il coule mieux, ce sera deux étoiles et demie. Il passe même l'étape de la table avec un plat de légumes.
 
Avant hier, c'est un rouge, de belle facture, je le note bien après la première gorgée recrachée, la deuxième encore mieux, puis je pousse le crachoir et je commence à le boire. Je me lasse, le vin me semble maintenant mou. Il perd des étoiles. De très bons (***) il passe à bon (**).
 
Un autre jour, un vin est meilleur après 10 minutes dans le verre à s'être réchauffé. Puis, c'est un autre qui est meilleur 15 minutes plus tard, il s'est aéré. Puis, c'est un autre qui sera meilleur après un retour quelques minutes au froid.
 
Un vin nous surprend pas ses arômes tellement expressifs, explosifs; mais quelques minutes plus tard, on le trouve trop gros, vulgaire, guidoune.
 
Dans les dégustations de groupe, les avis diffèrent plus au début lorsqu'on déguste qu'au bout de quelques minutes lorsque chacun des participants a bu les vins.
 
C'est souvent ainsi. Il y a donc quelque chose qui cloche dans notre désir de vouloir juger rapidement un ou des vins. Ce n'est peut-être pas très sérieux.
 
Toutefois, il faut admettre que si on devait boire un verre ou deux (80-150 ml) (j'en mets peu à la fois dans mon verre) de chaque vin que l'on veut juger, il deviendrait très difficile, sinon impossible de publier un guide du vin.
 
Alors que faire?
À la maison, dans mon bureau, à la cuisine; je déguste avec un crachoir, puis je bois les meilleurs et les très bons je les regoûte à table, puis souvent je redébouche une ou deux bouteilles de la veille ou de l'avant veille et les compare avec celle ou celles que j'ouvre aujourd'hui.
 
Bien sûr, il faut aussi participer à ces dégustations de 5-10 vins ou plus, mais peut-être à ces moments-là nous devrions le dire dans nos commentaires sur ces vins. Décrire le protocole serait probablement plus juste.
 
Un grand gourou de la dégustation à la SAQ, m'a déjà dit lors d'une semaine de dégustation de grands crus à Bordeaux que «c'est la première gorgée qui compte dans le jugement d'un vin». Je dirais plutôt que c'est la dernière gorgée qui compte dans le jugement d'un vin.
 
Pour bien juger un vin, il ne suffit pas d'en prendre une gorgée!
Il faut en prendre au moins un verre!

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