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Achats de vin en ligne dans trois provinces

Le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique permettront à leurs résidants d'acheter en ligne du vin de chacune de ces provinces via un site internet commun.

Les premiers ministres de ces provinces en sont venus à une entente intérimaire afin de permettre à leux citoyens et producteurs d'acheter et de vendre du vin dans ce «marché commun» de trois provinces.

L'annonce en a été faite aujourd'hui par les premiers ministres Philippe Couillard, Kathleen Wynne et Christy Clark.

La première ministre de l'Ontario a annoncé que la LCBO mettra en ligne un site internet qui regroupera les vins produits dans ces trois provinces. Ce site sera accessible aussi via le site de BC Liquor et de SAQ.com.

Les consommateurs pourront ainsi commander en ligne des vins des autres provinces et le faire livrer par Postes Canada à la maison ou dans un magasin d'une des sociétés d'alcool.

Cette annonce a été faite à 11 h ce matin (heure de Whitehorse ou 14 h heure de l'Est) en marge de la conférence des premiers ministres des provinces du Canada.

Pourquoi ne pas permettre aux consommateurs de commander directement des vignerons des autres provinces?
Le premier ministre du Québec a répondu que cela sera plus compliqué et aurait demandé encore plus de négociations. «Ça aurait pris encore deux ans de négociations» a dit M. Couillard. En attendant de faire mieux, nous posons ce jalon et il y en aura d'autres. Au moins cela permettra en attendant aux consommateurs de commander du vin de l'Ontario et de la Colombie-Britannique et cela permettra à nos vignerons de faire connaitre leurs produits au reste du Canada. C'est un progrès pour les consommateurs et les producteurs.»

«Nous sommes en train de revoir le modèle d'affaire de la SAQ. La réflexion est en cour. C'est un jalon et il y en aura d'autres», a ajouté le premier ministre du Québec.

M. Couillard a aussi invité les autres provinces à se joindre à ce système commun d'achats en ligne. La Nouvelle-Écosse serait intéressée, dit-il.

Un comité de travail interprovincial sera formé afin de trouver des moyens d'améliorer la circulation du vin, de la bière et des spiritueux au pays.

La première ministre de la Colombie-Britannique poussait depuis quelques années ce genre d'entente. Les vins de sa province auront ainsi un accès au vaste marché de l'Ontario et du Québec. L'Ontario profitera aussi du marché du grand nombre  d'amateurs de vins du Québec.

Pour ce qui est du Québec, ce marché commun profitera surtout aux consommateurs friands de nouveautés et de découvertes, les vignerons québécois étant encore trop petits pour tenter de percer dans les deux autres marchés. Ils ont encore à convaincre et conquérir les consommateurs d'ici. De plus, d'ici quelques semaines, ils pourront commencer à vendre leurs vins dans les épiceries de la province.

La Colombie-Britannique produit l'équivalent de plus de 50 millions de bouteilles par année; pour l'Ontario c'est 84 millions de bouteilles. (Chiffres de 2011, Frank et Rimerman)

Cependant, les trois quarts de cette production sont constitués de mélange de vin canadien et de vin étranger. C'est du vin dit «élaboré au Canada» ou «Cellared in Canada» ou encore «International Canadian Blended». Le vin vraiment fait avec des raisins de ces provinces, ceux qui ont le label VQA, représentent 25 % de ces chiffres.

Le Québec déclare l'équivalent 50 millions de bouteilles de vin. Toutefois, plus de 90 % de cette production est le fait d'usines qui embouteillent du vin importé en vrac. La production de vin fait principalement de raisins québécois serait inférieure à 3 millions de bouteilles.

La direction de la SAQ dit accueillir favorablement cette annonce. «La SAQ travaillera de concert avec la LCBO et la LDB afin que l’accessibilité aux produits locaux des trois provinces concernées soit simplifiée pour leurs clients réciproques. Au final, ce sont eux qui seront gagnants!»

De son côté, le député conservateur fédéral Dan Albas qui représente la circonscription viticole de Central Okanagan—Similkameen—Nicola dit que cette entente est «un progrès, mais que c'est décevant. Ce n'est pas ça le libre échange.

Le défenseur du libre commerce du vin au Canada dit que les consommateurs de toutes les provinces devraient être autorisés à communiquer avec les vignerons du pays et se faire livrer leurs vins sans intermédiaire provincial comme la LCBO ou la SAQ.

  Les trois derniers paragraphes ont été ajoutés le 23 juillet à 9 h 40.

Libre circulation du vin: le dossier avance

Le Québec, la Colombie-Britannique et l'Île-du-Prince-Édouard se prononcent en faveur de la libre circulation du vin au Canada.

Après une journée de discussions à Whitehorse au Yukon, les négociations sur le libre commerce entre les provinces canadiennes progressent.

Le dossier du vin et de la bière y est un enjeu important pour le fédéral et plusieurs provinces.

Le Québec semble maintenant favorable à une libéralisation de la circulation du vin d'une province à l'autre.
Du moins si on se fit aux rapports de presse publiés après la première journée de rencontre des premiers ministres.

La Presse Canadienne rapporte que le premier ministre du Québec Philippe Couillard a dit que la circulation du vin et de la bière est un enjeu important pour le Québec.

«M. Couillard a affirmé qu’un accord pourrait être conclu sans un consensus sur la circulation des boissons alcoolisées, mais a souligné que cela ne serait pas dans l’intérêt des producteurs et des consommateurs.
Il a indiqué que ce dossier était important pour les citoyens, qui se demandent pourquoi ils ne peuvent pas obtenir plus facilement des vins d’une autre juridiction.»

Puis, le Journal de Québec cite M. Couillard qui a dit que «nous faisons maintenant du très bon vin au Québec». Le journal écrit qu'il «s’agit, selon lui, de permettre non seulement aux producteurs locaux d’avoir accès à de nouveaux marchés au Canada, mais aussi de répondre aux besoins des citoyens.»

Commerce du vin entre les provinces: rencontre des premiers ministres

Les premiers ministres des provinces du Canada sont réunis pendant deux jours à Whitehorse dans le Yukon pour discuter, entre autres, du renouvellement de l'Accord sur le commerce intérieur. Cet accord date de 1994.

Parmi les éléments de l'accord ou du désaccord, il y a la question de la libre circulation des boissons alcooliques entre les provinces. Actuellement, plusieurs provinces imposent de fortes limites au commerce du vin entre les provinces et limitent aussi les droits des consommateurs canadiens à s'approvisionner en vin dans les autres provinces du pays.

«La libéralisation du commerce des boissons alcooliques est l’un des nombreux sujets ayant fait l’objet de discussions au cours des derniers mois, y compris lors de la dernière rencontre des ministres à Toronto (le 8 juillet 2016)», nous dit le responsable des relations média du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

M. Jean-Pierre D'auteuil ajoute que lors de la rencontre d'aujourd'hui et demain que les premiers ministres recevront un rapport sur l’état des travaux visant le renouvellement de l’Accord sur le commerce intérieur, lesquels sont menés par les ministres responsables du commerce intérieur.

«L’enjeu des boissons alcooliques pourrait être brièvement abordé dans ce contexte, au même titre que plusieurs autres enjeux touchant au commerce interprovincial, mais aucune discussion "de fond" n’est prévue à ce sujet.

Taux de sucre SAQ versus LCBO


Un même vin, mais deux taux d'alcool différents!

Comment se fait-il que les taux de sucre indiqués pour les mêmes vins ne soient pas les mêmes à la SAQ et à la LCBO?

Les taux de sucre indiqués dans le site de la SAQ sont systématiquement moins élevés que dans le site de la LCBO.

Par exemple le Pinot Gris Réserve Trimbach 2012 est indiqué contenir 5,7 grammes de sucre au litre dans le site de la SAQ; alors que la LCBO lui donne 13 grammes!

La différence est presque systématiquement de 2 grammes de moins au Québec et elle même plus du double dans certains cas; et même le triple comme dans le cas du Beaujolais de Georges Duboeuf (LCBO 212480 - SAQ 212480) illustré dans l'image du haut. Voici quelques exemples dans ce tableau.

Taux de sucre SAQ/LCBO
  SAQ LCBO
Pinot Gris Réserve Trimbach 2012 5,7 13
Cono Sur Bicicletta Pinot noir rosé 2015 7,1 15
Beaujolais Duboeuf 2 6
Liano 9,6 16
Pasqua sangiovese 2015 9,4 14
Merelot Grand Sud 8,8 13
Centine 2013 7 9
Red Revolution 11 13
Ménage à Trois 12 14
Champagne Brut Cordon Rouge Mumm 9,6 11
Mateus 15 19

Pourtant, autant la SAQ que la LCBO disent utiliser la même méthode. Ils affirment calculer le taux de sucre réducteur, et ce une fois par année.

Il se peut donc qu'à certaines occasions ils n'analysent pas le même millésime. Toutefois, c'est une réponse insatisfaisante vu le grand nombre de différences entre les chiffres des deux monopoles.

Sujets connexes:

La SAQ Dépôt de Hull déménage à Gatineau

Ça faisait plus de deux ans que les dirigeants de la société d'État cherchaient un local à Gatineau pour y déménager son magasin entrepôt de Hull.

En 2000, la SAQ a ouvert ses 6 premiers magasins SAQ-Dépôt. Celui de l'Outaouais a été installé dans une ancienne épicerie à quelques pas de la frontière ontarienne. On y vendait alors du vin et des spiritueux en vrac. Les Ontariens y venaient nombreux remplir des bidons.
La vente de vin en vrac a cessé en 2009.

La SAQ Dépôt de Hull déménage donc dans les locaux de l'ancien magasin Future Shop au 25 rue de la Savanne, dans le secteur des grands centres commerciaux. Elle sera à 200 mètres d'une succursale SAQ Express et à 1300 mètres d'une succursale SAQ-Sélection. Il y aura donc trois succursales de la SAQ dans le même quartier commercial des Promenades Gatineau.

La succursale Dépôt de Hull est parmi les moins performantes des 10 SAQ Dépôt. Elle est avant-dernière place avec des ventes de 13,2 millions $ devant la nouvelle succursale de Vaudreuil. Elle est tout de même en 13e position de toutes les 406 succursales du Québec pour les ventes de produits courants. Elle vend toutefois à peine plus que les trois principales succursales Sélection de Gatineau (Plateau 13 millions $; Casino 11,5 et Maloney 11 millions $).

La SAQ a ouvert 4 nouveaux magasins entrepôt ces dernières années au Québec. Ils sont maintenant au nombre de 10. Selon, le président de la SAQ, ces 10 magasins accaparent maintenant près de 20 % des ventes des 406 succursales de la société d'État. Les deux principales SAQ Dépôt de Montréal et de Québec ont un chiffre d'affaires de 57 millions $.

Ce sont des magasins à rabais où les prix sont déduits de 15 % si on achète une caisse de 12 bouteilles de n'importe quel produit. Ce rabais est illusoire, car le producteur hausse son prix affiché pour pouvoir offrir le supposé rabais.

La SAQ Dépôt de Hull a 680 produits, dont 432 vins; la majorité (357) à moins de 20 $; dont 175 vins à moins de 15 $.

  Donc, 40 % des vins y sont à moins de 15 $; alors que ces vins ne représentent que 7 % de l'offre dans l'ensemble des succursales.

Plus de 100 de ces produits sont exclusifs, c'est-à-dire qu'ils ne sont vendus que dans les SAQ-Dépôt. On y vend aussi une quinzaine de vins aux formats de 3 et 4 litres.

La SAQ-Dépôt quitte donc le centre-ville de Hull pour s'installer en novembre dans le quartier des centres commerciaux de Gatineau.

Trop d'alcool dans le vin blanc

C'est l'été. Il fait chaud. On veut prendre un apéritif léger. On ouvre alors une bouteille de vin blanc — Amaya Chardonnay 2013 — puis on s'exclame «du jus d'alcool». Le vin a une finale chaude, brulante et même caustique — aucune fraicheur. Ce n'est pas désaltérant. On a l'impression de boire un alcool, un spiritueux! On fait la grimace.

Puis on prépare un repas léger par cette journée de belle chaleur. On ouvre une autre bouteille de chardonnay — Domaine La Lieue 2015 — là encore le vin nous laisse une bouche sèche, le liquide a peu de fruits, l'alcool est bien marqué, sa finale est dure, pas de finesse, pas de plaisir!

Taux d'alcool dans les vins blancs du Chili
Alcool
n
12,5 %
2
13
2
13,4
3
13,5
13
13,9
1
14
6
14,4
1
14,5
2
14,7
1

Pourquoi des vins blancs se prennent-ils pour de gros rouges? Pourquoi tant d'alcool dans des vins qui devraient désaltérer?

Ce phénomène est très répandu dans le Nouveau Monde. Lorsque l'on consulte le taux d'alcool affiché dans le site saq.com pour les 31 vins blancs du Chili, on obtient ce tableau.

Il n'y a aucun vin qui a 12 % d'alcool; seuls 2 vins ont un taux de 12,5 %; 2 autres affichent 13 %; tous les autres ont plus de 13 % d'alcool. On joue même dans la précision ici avec 3 vins qui n'osent pas afficher 13,5 %: un autre qui affiche 14,4 % et un dernier qui frôle les 15 %.

Ces forts taux d'alcool pour les vins blancs représentent une tendance qui se répand aussi en Europe, particulièrement sur les chardonnays.

Je ne veux pas généraliser et dire que tous les vins blancs de plus de 13 % d'alcool sont déséquilibrés. Non! Certains ont beaucoup de matière, de fruit et peuvent supporter ces forts taux d'alcool. Par contre, d'autres, plus fluets, en fruit n'ont que l'alcool pour leur donner de la consistance.

Toutefois, si vous recherchez cette sensation d'alcool ou si vous y êtes peu sensible, ça ne vous dérangera pas. Cependant, pour les autres ce sera du déplaisir.

Donc, méfiez-vous. Si vous voyez plus de 13 % sur l'étiquette d'un vin blanc, il y a des risques que le vin ne soit pas agréable.

Des finales chaudes, asséchantes ou brulantes ne donnent pas de plaisir.

 Consultez la liste de beaux vins blancs pas alcooleux... par cote ou par prix.

Le vin d'une province à l'autre

L'agence Presse canadienne rapportait la semaine dernière que les ministres provinciaux et fédéral en étaient venus à une entente sur le libre commerce entre les provinces.

Malgré le fait que le Canada soit un pays depuis l'acte constitutionnel de 1867, il reste encore des barrières au commerce entre les provinces et à la libre circulation des biens, des services et des travailleurs.

L'entente est secrète. Elle doit être approuvée par chacun des gouvernements. Elle toucherait un grand nombre de produits, dont le vin et la bière.

Comme le rapporte la PC «Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, rappelait d’ailleurs en avril que le commerce intérieur au Canada est en fait moins libre, à certains égards, que le commerce extérieur.»

Les premiers ministres étudieront cette entente lors de leur prochaine rencontre à Whitehorse, au Yukon, à la fin de mois.

En fait, on ne sait même pas avec certitude si l'entente en question concerne le vin. Toutefois, l'on sait que le gouvernement fédéral veut libéraliser le commerce des produits entre les provinces. «Les obtacles au libre commerce sont un frein au développement du pays», a dit le ministre fédéral du Développement économique Navdeep Bains.

Ce dernier a aussi dit qu'il était favorable à la libre circulation du vin et de la bière d'une province à l'autre.

Il y a un mois, le Sénat disait aussi vouloir se pencher «sur les absurdités du commerce interprovincial» «Le gouvernement fédéral multiplie les accords commerciaux avec d'autres pays, mais il demeure incapable d'établir une véritable zone de libre-échange entre les provinces, à l'intérieur des frontières canadiennes», comme le rapportait La Presse.

Donc, ça bouge ! Qu'est-ce que cela veut dire pour les consommateurs et les producteurs de vin?

C'est ce que j'ai tenté d'expliquer dans cette entrevue de 6 minutes à TVA-Gatineau.

Le Nouveau-Brunswick réduit le prix de la bière pour concurrencer le Québec

Le monopole des alcools du Nouveau-Brunswick annonce une réduction du prix de certaines bières. Cette vente vise à inciter les Néobrunswickois à acheter de la bière chez eux au lieu d'aller au Québec.

Le prix de la bière au Québec est en général deux fois moins évevé qu'au Nouveau-Brunswick.

La bière au Québec ne passe pas par le monopole de la SAQ; alors que celle du Nouveau-Brunswick passe par le monopole NB Alcool qui se prend une bonne cote au passage.

Pour profiter du rabais, il faudra acheter quatre caisses de cannettes parmi les produits Labatt (Budweiser, Bud Light), Molson (Molson Canadian, Coors Light) et Moosehead (Alpine, Moosehead Light) au prix de 74,99$, ce qui représente un prix de 18,75$ la caisse contrairement à 27,99$ l’unité, selon les calculs du journal Acadie Nouvelle. La caisse de bière est souvent 24,99 $ de l'autre côté de la frontière, ce qui fait que plusieurs consommateurs de l'Acadie s'approvisionnent au Québec.

Le porte-parole d'Alcool NB prétend que ce rabais ne vise pas à concurrencer les achats au Québec. Pourtant, le vice-président de la brasserie Moosehead, Trevor Grant dit que c'est évident que cela vise à contrer les achats au Québec.

Il a dit espérer que cette opération entraine une hausse de ses ventes, sinon sa compagnie pourrait perdre beaucoup d'argent. Il ajoute ne pas avoir eu de choix de participer à cette opération.

On s'attend maintenant que cela ait un effet aussi en Nouvelle-Écosse où des consommateurs pourraient vouloir profiter de ce rabais du Nouveau-Brunswick. Ce rabais sera en vigueur jusqu'au 4 septembre.

Rappelons le contexte; un juge du Nouveau-Brunswick (Affaire Comeau-Leblanc) a déclaré anticonstitutionnelle la loi provinciale qui interdit d'acheter de la bière en dehors de la province. Ce jugement a été porté en appel par le gouvernement libéral.

Pour en savoir plus sur ce sujet d'actualité:
Alcool NB lance une contre-attaque sur le prix de la bière, Acadie Nouvelle
New Brunswickers say cheers to new beer promotion offering Quebec prices  CTV News
NB Liquor price cut is a risk, Moosehead says, CBC News

La liste des ingrédients sur la bière

Des brasseries des États-Unis afficheront la liste des ingrédients de leurs produits.
Le Beer Institute, association qui regroupe la plupart des brasseurs de bières des États-Unis, annonce qu'elle demande à ses membres d'indiquer le nombre de calories et les ingrédients contenus dans les bouteilles de bière.

Les quatre grands producteurs de bière Anheuser-Busch InBev, MillerCoors, Heineken et Constellation Brands ont aussitôt déclaré qu'ils suivront cette recommandation de leur association.

La liste des calories sera indiquée sur les bouteilles et une liste des ingrédients pourrait être disponible via un code-barre ou sur le site internet du fabricant.

Le Beers Institute dit qu'un sondage récent mené aux États-Unis révélait que 72 % des consommateurs considèrent qu'il est important de connaitre les éléments nutritifs des aliments et des breuvages avant de les acheter.

On peut se demander maintenant quand les producteurs de vin feront la même chose.

   Communiqué du Beer Institute Brewers' Voluntary Disclosure Initiative

Le Vatican premier consommateur de vin au monde: c'est faux

On a vu cette «nouvelle» dernièrement concernant la consommation de vin au Vatican.
Des titres du genre : — Qui consomme le plus de vin au monde? Le Vatican! — Les prêtres et les religieuses du Vatican "se noient" dans le vin? — Et le plus grand consommateur de vin au monde est… le Vatican.

C'est faux. Les habitants du Vatican ne sont pas les plus gros consommateurs de vin au monde.

Mais d'où vient cette erreur? Selon certains médias les 900 habitants du Vatican consommeraient plus de 50, 60 et même 74 litres de vin chacun par année; soit 2 à 3 fois plus que les Québécois.

Selon les chiffres compilés par le Wine Institute de Californie, en 2015, il s'est vendu 45 000 litres de vin au Vatican qui avait une population de 836 personnes.

Toutefois, ces 836 personnes ne sont pas les seules à acheter du vin. Il y a plus de 5000 employés et employés retraités qui peuvent acheter du vin peu taxé au supermarché Spaccio dell’Annona du Vatican.

Donc, les ventes totales devraient être divisées par le nombre d'acheteurs soit près de 6000 et non divisées par le nombre d'habitants.

C'est la même distorsion statistique que l'on observe en Andore et au Luxembourg où un grand nombre d'étrangers achètent du vin à bon prix.

Le sucré des vins d'Alsace

Quel est le taux de sucre des vins d'Alsace?
Il varie énormément d'un vin à l'autre.
Comment s'y retrouver alors?

Il y a 104 vins blancs d'Alsace à la SAQ. La société d'État indique le taux de sucre pour la plupart de ces vins, soit 68, mais pas pour tous! Ce qui est étonnant!

Sans compter les vendanges tardives et grains nobles, le taux de sucre des vins alsaciens varie de 1 à 52 grammes de sucre au litre parmi les 68 vins d'Alsace dont la SAQ communique cette information.

Beaucoup de consommateurs hésitent à acheter des vins d'Alsace parce qu'ils craignent qu'ils soient trop fruités ou trop sucrés.

Un vin sec est un vin qui contient moins de 2 grammes de sucre. Toutefois pour les vins blancs qui sont plus acides que les rouges on ne détectera pas de sensation sucrée en bas de 4 grammes dans la plupart des cas.

De plus, pour certains vins bien acides qui ont des pH inférieurs à 3,3, le sucre ne dépassera pas trop même jusqu'à 9 ou 10 grammes de sucre selon les sensibilités.

Afin de vous aider dans vos achats, j'ai compilé ici la liste des vins blancs d'Alsace disponible à la SAQ en fonction des taux de sucre réducteurs donnés par la SAQ.

Attention, je ne dis pas ici que les vins qui ont un taux de sucre élevé ne sont pas bons. Tout au contraire, ils sont souvent délicieux. Toutefois, ces vins plus sucrés s'accordent mieux avec des mets épicés que des plats à base de poisson ou de fruits de mer.

Il y a 860 vignerons qui embouteillent du vin en Alsace, pourtant, la SAQ a moins de 30 producteurs à son répertoire.

Vins blancs d'Alsace $ sucre
René Muré Sylvaner 2014 18,80 <1,2
Domaine Barmès Buecher Trilogie 2014 20,85 1,6
Léon Beyer Pinot Gris 2014 22,60 2
Josmeyer Riesling Le Kottabe 2012 29,55 2,4
Sainte-Odile 15,65 2,6
Léon Beyer Riesling Cuvée des Comtes d'Eguisheim 2007 50,00 3,2
Trimbach Pinot Blanc 2015 19,55 3,4
Laurent Bannwarth Pinot Gris QVERVI 2011 49,00 3,4
Bestheim Pinot blanc Muscat 18,35 3,7
Michel Chapoutier Riesling Schieferkopf 2014 19,80 3,9
Léon Beyer Réserve Riesling 19,65 4,1
Gentil Hugel
17,95 4,4
Domaine Barmès Buecher Herrenweg Riesling 2014 27,15 4,5
Domaine Ostertag Riesling "Vignoble d'E" 2014 27,40 4,5
Domaine Ostertag Pinot Gris "Barriques" 2012 35,25 4,7
Willm Réserve Riesling
18,70 4,8
Hugel Riesling 2014 19,25 4,8
Rieflé Bonheur Convivial Riesling 18,85 4,9
Domaine Fernand Engel Riesling Réserve 2013 18,80 5,2
Willm Muscat Réserve 2011
18,10 5,3
Domaine Weinbach Pinot Blanc Réserve 2015 29,00 5,3
Willm Riesling Grand Cru Kirchberg de Barr 2013 25,75 5,5
Domaine Marcel Deiss Alsace 2014 26,45 5,5
Trimbach Réserve Pinot Gris 2012 27,40 5,7
Domaine Ostertag Fronholz Pinot Gris 2014 52,50 6,1
Willm Réserve Pinot Blanc 16,85 6,3
Wolfberger Signature Riesling 2013 19,95 6,3
Domaine Barmes Buecher Pinot Gris Rosenberg 2012 32,99 6,3
Domaine Bott Geyl Points Cardinaux Métiss 2013 20,80 6,4
Pfaff Pinot Blanc Grande Réserve 15,95 6,5
Pfaff Riesling Cuvée Jupiter 18,95 7,4
Domaines Schlumberger Cuvée S 20,80 7,4
Pfaff Muscat Cuvée Diane 2013 19,00 7,6
Wolfberger W3 Riesling Muscat Pinot gris 17,90 8,3
Domaine Bott-Geyl Les Éléments Pinot Gris 2013 26,15 8,5
Zeyssolff Pinot Auxerrois 2014 17,50 8,6
Jean-Louis Schoepfer Gewurztraminer 2014 22,85 8,9
Domaine Ostertag Muenchberg Riesling 2014 53,00 8,9
Paul Buecher Réserve Personnelle Pinot Gris 2014 25,15 9,1
Trimbach Riesling Cuvée Frédéric Émile 2007 51,50 9,1
Trimbach Gewurztraminer 2013 26,10 9,3
Domaine Marcel Deiss Riesling 2014 32,50 9,9
Hugel Gewurztraminer 2013 21,00 10
Dirler Belzbrunnen Riesling 2012 28,25 10
Dopff & Irion Double Impact 2013 19,55 11
Jean-Baptiste Adam Muscat 2013 19,85 11
Pfaff Black Tie 2015 19,95 11
Domaine Albert Mann Pinot Gris Cuvée Albert 2013 28,00 11
Gentil de Pfaff 2013 16,90 12
Willm Réserve Pinor Gris 17,80 12
Cave Vinicole de Hunawihr Riesling Grand Cru Rosacker 2014 28,30 12
Domaine Marcel Deiss Alsace Engelgarten 2012 47,50 13
Pfaff Pinot Gris 17,50 15
Albert Mann Gewurztraminer 2014 28,80 15
Auxerrois Vieilles Vignes Domaine Albert Mann 2013 22,95 17
Trimbach Gewurztraminer Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre 2007 54,50 17
Pfaff Gewurztraminer Cuvée Bacchus 19,95 19
Preiss-Zimmer Réserve Personnelle Pinot Gris 2014 23,50 19
Domaine Barmes Buecher Gewurztraminer Rosenberg 2013 32,00 22
Ruhlmann Gewurztraminer Vieilles Vignes 2014 22,10 24
Kientz Gewurztraminer 2013 23,20 26
Pfaff Pinot Gris Grand Cru Steinert 2009 28,00 26
Domaine Weinbach Cuvée Théo Gewurztraminer 2014 47,75 29
Domaine Ostertag Gewurztraminer Vignoble d'Epfig 2014 38,50 37
Domaine Marcel Deiss Pinot Gris Beblenheim 2012 26,15 39
Rolly-Gassmann Moenchreben de Rorschwihr Auxerrois 2007 ***1/2
24,60 40
Domaine Barmes Buecher Pinot Gris Rosenberg 2012 32,00 40
Domaine Bott-Geyl Sonnenglanz Grand Cru Pinot Gris 2009 41,00 52

La SAQ ne donne pas le taux de sucre pour les vins de 55 $ et plus ainsi que pour certains vins moins chers!

Quelques statistiques sur les vins d'Alsace
4200 viticulteurs; 860 vignerons embouteilleurs.
150 millions de bouteilles.
Exportation: 28 %. Le Canada est le 6e acheteur en volume et le 4e en valeur avec 6,5 % des exportations. Le principal client est la Belgique, suivi des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la Suède.

Le pinot blanc a représenté 25 % de la production en 2014; le riesling 21 %; le pinot gris 16 %; le gewurztraminer 14 %; le sylvaner 7 % et le muscat 2 %.
L'Alsace c'est 18 % de la production française de vin blanc en AOP.

Le vin alsacien le moins cher à la SAQ est 15,65$.
Il y a 17 vins d'Alsace en produits réguliers. Les 6 vins de moins de 17,50 $ vendent pour 9,5 millions $; ceux de 17,50 $ à 20 $ vendent pour 7,7 millions $.

Il y a de plus en plus de vins bouchonnés : plus de 10 %

«Environ 10% des bouteilles de vin ont un bouchon contaminé susceptible de gâcher la dégustation.»  

Il y a de plus en plus de vins bouchonnés ou contaminés nous disent les experts du laboratoire Excell de Bordeaux.

Le taux de vins contaminés par les molécules TCA et autres dépasse maintenant les 10 % selon les tests de ce laboratoire de Mérignac.

Pendant que des marchands de vin et de bouchon nous disent le contraire que le taux de bouchons défectueux diminuent, le laboratoire Excell dit «qu'on se rend compte qu'il y a de plus en plus de lots de bouchons contaminés. À l'heure actuelle, on peut estimer à plus de 10 % des lots qui ont une contamination qui peut avoir un effet néfaste sur le vin.»

Le TCA (trichloroanisole) peut communiquer une forte odeur de liège, de poussière, de moisi au vin. Il peut aussi à faible dose ne pas communiquer d'odeur, mais masquer en partie ou totalement les aromes et saveurs d'un vin. «Pour finalement enlever tout attrait, tout plaisir et toute reconnaissance», dit un oenologue de l'Institut de la Vigne et du vin, interrogé par France TV3 Aquitaine.

La TCA n'est pas la seule impliquée dans la détérioration du vin en bouteille. Il y a aussi le gaïacol qui donne un goût de fumée ou de viande séchée et les methoxypyrazines qui communiquent des odeurs végétales au vin.

Ces molécules ont des effets pervers sur le vin. «À des seuils perceptibles très élevés, on va sentir la molécule elle-même, mais à des seuils olfactifs très bas, ces molécules ont un rôle de suppresseur d'arome», dit le laboratoire Excell.

Alors, si vous sentez ces aromes désagréables ou pas d'arome du tout dans le vin, c'est qu'il est probablement contaminé. Vous pouvez alors le retourner à la SAQ qui vous le remboursera si la bouteille est encore au trois quarts pleine.

Source : Pourquoi certains vins ont le goût du bouchon ? Reportage vidéo de 2 min 31, France TV 3 Aquitaine.

Pourquoi tant de Québécois aiment les vins rouges sucrés

Notre sensibilité aux molécules aromatiques diffère en fonction de notre culture. «Au Mexique, les consommateurs préfèrent les vins très fruités. Ils perçoivent mieux ces caractères, car ils sont habitués depuis l’enfance à boire beaucoup plus de jus, et à consommer davantage de fruits », remarque Miguel A. Pedroza.

Les vins rouges les plus populaires au Québec sont des vins rouges sucrés. Pourquoi ?

Cet extrait d'un article de la revue Vigne Réussir intitulé «Les neurosciences à l'assaut du vin» peut nous aider à comprendre ce phénomène.

Plusieurs des vins les plus populaires au Québec sont des vins rouges qui contiennent plus de 10 grammes de sucre, ce qui est 5 fois plus que ce doit contenir un vin dit sec.

* La compagnie Folie à deux a même lancé un Ménage à Trois dit Silk, du pinot noir et malbec encore plus sucré à 13,5 grammes de sucre.

Cette consommation de vin Ménage à Trois (12 grammes au litre)*; Apothic Red (17); Liano (10); Wallaroo Trail (11) Merlot Grand Sud (9), Little Pinguin (14) et autre Red Revolution (11 g/l) déconcerte plusieurs chroniqueurs de vin et grands amateurs de vin au Québec.

C'est pourtant la réalité et le fait de jeunes consommateurs à la dent sucrée. On a tendance à dire que c'est parce qu'ils n'aiment pas l'acidité. Acidité qui est censée être le signe de vin de qualité. Mais c'est peut-être plutôt parce que ces jeunes aiment beaucoup le sucre parce qu'ils ont été élevés au sucre.

Nous avons abreuvé nos enfants de jus de pomme et de jus d'orange toujours présent et facilement accessible dans nos frigos depuis la fin des années 1970. Ils s'en sont servi de grands verres au petit déjeuner, à la collation, au retour à la maison après l'école et parfois au coucher. Ce serait aussi un peu la raison de tant d'embonpoint d'une bonne part de notre jeunesse d'aujourd'hui.

Ainsi nos jeunes élevés au jus sucré désirent, rendus adultes, retrouver cette belle sensation de douceur dans les breuvages de l'âge adulte. Voilà peut-être une belle explication du phénomène de l'engouement pour le ménage à trois du vin, du rouge et du sucre.

Les puristes du vin crient au sacrilège et se désespèrent de cette jeunesse conrompue aux douceurs du sucre et des vins édulcorés et douçâtres qui font la richesse de certains producteurs industriels.

Il ne faut pas désespérer pour autant. Nous constatons qu'un certain nombre de jeunes finissent par se lasser de ces vins sucrés qu'ils finissent par trouver pâteux qui font de bons apéritifs, mais de mauvais compagnons à table. Ces vins s’accordent moins bien avec la nourriture. Ces jeunes consommateurs en viennent alors à préférer les vins plus classique, plus acide qui mordent dans le gras.

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Un cours sur la chimie du vin pour tous

Le vin c'est le résultat de la fermentation de raisins. C'est un processus chimique complexe qui donne les aromes, les saveurs et les textures du divin nectar. Le vin peut se décrire par des mots poétiques, mais il peut surtout se comprendre par la chimie, car il est le résultat de réactions chimiques.

«Il y a plus de 600 aromes et 1000 composés chimiques dans le vin.»

Pour mieux comprendre le vin, il faut donc en connaitre les raisons chimiques.

C'est ce qu'offre un professeur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en présentant un cours sur la chimie du vin. «Cours d'intérêt général ouvert à un large public», nous dit le descriptif de l'UQAM.

Le cours se donnera en septembre. C'est un cours magistral. Il pourrait donc se donner à distance. Des amateurs de vins de partout au Québec seraient probablement intéressés. Serait-il alors possible de suivre ce cours sur la chimie du vin à distance?  Le professeur Benoit Marsan répond que «le cours de l’automne, qui sera le premier offert, n’a pas été initialement prévu pour être suivi à distance, ne connaissant pas à l’avance les demandes extérieures pour ce type de cours. Votre message me motive cependant à réfléchir sérieusement à cette éventualité pour le prochain cours qui pourrait, si la demande est suffisamment populaire, est offert à l'hiver.»

Alors, si un tel cours vous intéresse, faites-le savoir au professeur Marsan en lui écrivant à cette adresse marsan.benoit@uqam.ca.

Voici un résumé du sommaire du cours que vous trouverez à cette adresse UQAM-CHI2020.

Mise à niveau de quelques notions de base en chimie. Composition chimique des raisins et du vin, et impact des différents composants. Classification et rôle des composés phénoliques. Rôle et activité des sulfites ajoutés. Analyse sensorielle et interprétation dans l'identification d'un vin: les perceptions visuelles, olfactives et gustatives, et les sensations tactiles et pseudo-thermiques; mécanismes chimiques et biochimiques impliqués. Molécules odorantes et récentes découvertes sur le sens de l'odorat. Perception de minéralité: réflexion sur son origine controversée. Oxydation et réduction: vieillissement du vin en barrique de chêne et en bouteille. Bouchons et conservation des vins. Nature et origines des défauts potentiels du vin.

Tout ça semble bien intéressant. C'est un cours de 45 heures. Il n'y a pas de dégustations de vin en classe, mais des travaux de dégustation à faire à la maison.

Vous pouvez aussi écouter le professeur Benoît Marsan qui en parle à l'émission radiophonique Bien dans son assiette.

Le conseiller en vin à la SAQ

«Pourquoi constate-t-on des écarts considérables dans le choix, la variété, la quantité 
et la qualité des vins offerts d'une succursale "Sélection" à une autre?
» 

C'est la question que me pose un lecteur qui demande aussi quel est le rôle du conseiller en vin d'une succursale de la SAQ dans le choix des vins de la succursale et quelle est la formation de ces conseillers?

C'est une très bonne question. Je vais essayer d'y répondre au meilleur de mes connaissances.

Il y a en général un conseiller en vin par succursale. Il est souvent difficile à identifier. Il est chargé de conseiller la clientèle et les autres employés de la succursale. Il s'occupe aussi du choix des vins de spécialité de sa succursale.

Comme l'a constaté ce lecteur, en effet le choix de vin peut varier énormément d'une succursale à l'autre. Ceci dépend de plusieurs facteurs.

D'après ce que j'en sais, pour ce qui est des produits courants, c'est le siège social de Montréal qui décide.
Par contre pour les produits de spécialité, c'est le conseiller en vin de la succursale qui est chargé de la sélection, sauf pour certains produits obligatoires.

Toutefois, les succursales ne sont pas toutes égales. Il y a une hiérarchie. Si je me souviens bien c'est de 7 niveaux. Les succursales en haut de la hiérarchie ont un choix prioritaire sur les nouveaux arrivages.

Chaque mercreci, le conseiller en vin reçoit une circulaire contenant la centaine de nouveaux produits à être livrés dans deux semaines. Il fait alors son choix et obtient les vins en fonction de la part de marché de sa succursale, de son rang dans la hiérarchie et des demandes des autres succursales.

Bien entendu, si le conseiller n'est pas aux aguets, pas assez vite, est absent ou en congé il n'y a pas de commandes. Toutefois, le premier caissier dans certains cas peut prendre la relève. Donc, le choix en succursale peut varier d'une semaine à l'autre.

Toutefois, il ne faut pas toujours se fier à ce que l'on voit sur les tablettes. Il faut aussi vérifier les stocks dans l'arrière-boutique. Il arrive souvent que les employés n'aient pas le temps ou l'espace tablette pour placer les vins.

Il faut alors aller voir dans le site saq.com et consulter les vins indiqués pour la succursale. Si on indique 12 ou 6 bouteilles, c'est souvent parce que le vin est encore dans l'arrière-boutique. C'est souvent là que je trouve les nouveaux vins que je cherche. (Voir l'inventaire de sa succursale SAQ)

Pour ce qui est de la formation des conseillers, elle est très variée. Plusieurs sont des autodidactes, des passionnés. Il est aussi question d'ancienneté, syndicat oblige. Plusieurs conseillers sont aussi ce que la SAQ appelle des conseillers accrédités, c'est qu'ils ont suivi une formation de quelques semaines à l'ITHQ.

Le gros handicap des conseillers en vin, c'est qu'ils ne dégustent pas suffisamment les vins qu'ils ont en magasin.
Ils ne peuvent pas alors nous dire ce que le vin goute. Les dégustations sont très rares. En général, ce sont les agents promotionnels représentants les vignerons qui leur font gouter les vins lors de leurs visites. Toutefois, les conseillers en vin du centre-ville de Montréal peuvent participer à de nombreux salons.

En Ontario, tous les conseillers ont l'occasion de déguster tous les nouveaux vins. Ils sont dégagés une journée par mois pour cela.

Quoi qu'il en soit, la situation s'est améliorée à la SAQ ces dernières années. J'ai connu un conseiller qui n'aimait pas le vin. Il y de plus en plus de gens passionnés qui travaillent dans les SAQ, et ils ne sont pas tous conseillers, et certains sont très bons. Les conseillers accrédités sont mieux motivés et peuvent nous faire de bonnes recommandations sur les accords mets-vins.

Le rôle du conseiller est justement de conseiller la clientèle. Il ne faut donc pas hésiter à lui poser des questions et à lui demander conseil.

Le vin est nécessaire à la fête dit le Saint Père

En préparation de cette fin de semaine de la fête des Pères, je vous rappelle les paroles du pape François premier qui a dit que «le vin est nécessaire à la fête».

Le 8 juin dernier, sur la place Saint-Pierre de Rome, commentant le récit évangélique des Noces de Cana, le pape a dit: « Une fête de noces où le vin manque fait honte aux nouveaux époux. Imaginez de finir la fête de noces en buvant… du thé ! Le vin est nécessaire à la fête ».

Il ajoute, selon le journal La Croix Urbi et Orbi, «Nous sommes tous invités à ces noces, pour que le nouveau vin ne manque plus !»

«Tandis que l’eau est nécessaire pour vivre, le vin, lui, exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête», a dit le pape rapporte le journal La Liberté.

Le vin «exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête à laquelle nous sommes appelés», rapporte Radio Vatican.

Bonne fête et bon vin !

Le Ménage à Trois est retiré des tablettes de la SAQ

Le Folie à Deux Ménage à Trois Sonoma County Zinfandel 2012 (25,35 $)* a été retiré des tablettes des magasins de la SAQ.
Il n'est disponible qu'en ligne (1599 en ligne et 1353 vendredi matin.)

C'est le cas aussi de 8 autres vins, dont le Masi Brolo Campofiorin Oro 26,95 $; le Podere Castorani Amorino  26,15 $; le Domaine du Vieil Aven Tavel 2015 rosé  18,95 $; le Zolo Cabernet-Sauvignon 2015 18,60 $ (1363); le Côtes-du-Rhône Guigal et le Charles Meunier Brutus 13,55 $, un mousseux du Québec!

De grandes quantités de ces vins seront disponibles pour achat en ligne seulement. C'est 4184 pour le Masi.

Les acheteurs de ces produits obtiendront des points supplémentaires pour leur carte SAQ Inspire, ainsi qu'un rabais de 2 $ à 5.75 $ «accordé au panier». «Les rabais et points bonis mentionnés au-dessus de chaque produit sont valides exclusivement en ligne et le 16 juin seulement.» dit le site saq.com. Puis on annonce que le solde sera prolongé vendredi.

Ce sont des vins qui sont pourtant disponibles dans presque toutes les succursales de la SAQ !

Il semble que ces vins ne quittent pas réellement les succursales. C'est une opération pour inciter les gens à acheter en ligne. Donc, à commander du vin en ligne pour une supposée livraison dans une succursale où il y en a déjà !

Ces vins sont remis sur les rayons vendredi.

  (*) C'est comme les mousquetaires, ils sont quatre. Ce vin est le grand frère du Ménage à Trois de base (17,50 $) très populaire à la SAQ. Il est moins sucré. Il y a quatre vins rouges Ménage à Trois à la SAQ.

Protégez-Vous: le vin est moins cher en Ontario

Le magazine Protégez-Vous a recensé le prix de plus de 500 produits qui sont vendus à la fois à la SAQ et à la LCBO de l'Ontario. Voici ses conclusions.

Les bouteilles de vin populaires se vendent en moyenne 9 % plus cher à la SAQ qu’à la LCBO.
Ça va même jusqu'à 21 % pour le rosé le plus populaire au Québec le Gallo White Zinfandel, rosé.

La SAQ offre à ses clients 2 200 vins à moins de 20 $, alors que la LCBO en propose plus de 3 300.

«Quelques comparaisons similaires ont été faites par divers médias au cours des dernières années, mais elles ont souvent été réalisées avec un nombre limité de produits, ce qui conduisait à des conclusions fragmentaires. Parmi les 12 500 produits offerts à la SAQ, très peu sont vendus ailleurs au Canada.»

Les spiritueux sont 4 % moins chers au Québec.

   Alcool : moins cher en Ontario? Martin Dionne, Protégez-Vous, juin 2016

Encore une preuve que la SAQ ne veut pas payer les vins le moins cher possible

Encore une preuve que les dirigeants actuels de la SAQ ne veulent pas payer les vins le moins cher possible.

La SAQ lance un appel d'offres pour deux rosés pétillants pour l'été prochain et elle fixe un prix minimum de 11,95 $. L'appel qui prend vin le 30 juin se lit comme suit:

 

Les offres présentées devront répondre aux critères suivants:
MOUSSEUX ROSÉ
ENVIRON DEUX (2) mousseux rosés
Format : 750 ml
Prix de détail suggéré : entre 11,95$ et 17,95$
Pays : Espagne, Hongrie, Italie
Disponibilité minimale : 1000 caisses standards (9 litres)
Marque : Marque Leader déjà commercialisée à la SAQ
(Appel d'offres produits estivaux mousseux - campagne estivale 2017 (MOUS17))

 

Ainsi, tous les producteurs qui peuvent nous vendre leurs vins moins chers seront refusés ou devront augmenter leurs prix.

 

De plus, c'est ainsi fermer la porte à tous les producteurs qui pourraient vouloir faire une entrée en masse au Québec en nous proposant un premier vin à très bas prix. D'autant plus qu'en exigeant que le vin soit d'une marque «déjà commercialisée à la SAQ» ferme la porte à bien des opportunités.

 

Un producteur qui a un surplus ou qui voudrait faire un rabais pour entrer sur notre marché ne pourra pas nous faire de rabais. Il devra hausser son prix de départ pour atteindre le prix de détail plancher fixé par la SAQ.

 

De plus, on limite l'appel d'offres à seulement trois pays, empêchant ainsi les producteurs du Chili, d'Australie, de  France, de Bulgarie, du Portugal, du Canada et autres de soumissionner.

 

Pourtant, le président de la SAQ a répété à plusieurs reprises dernièrement qu'il voulait avoir les plus bas prix possible. N'est-il pas au courant des pratiques de sa propre entreprise?

 

En agissant ainsi, la SAQ empêche les consommateurs d'avoir un vin à 9, 10 ou 11 $.

La SAQ coince ses fournisseurs dans de strictes catégories de prix.

Est-ce qu'un petit rosé à 10,50 $ est moins bon que le même rosé à 11,95 $.

 

Lorsqu'un consommateur veut avoir une auto, un livre, un téléphone, fixe-t-il un prix minimum?

 

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Parts de marché des vins au Québec: Portugal et Chili en hausse

Portugal et Chili en hausse
États-Unis et Argentine en baisse

Les vins du Portugal ont accru leur part de marché de 13,8 % au Québec au cours de l'année 2015-2016.
Le Chili a aussi connu un fort succès avec une hausse des ventes en volume de 13,5 %.
Du côté de l'Italie et de l'Espagne, la hausse a été d'un peu plus de 4,5 %.
L'Afrique du Sud a connu une hausse des ventes de 3,6 %.

Du côté des perdants, l'Argentine a vu ses ventes de vin en volume diminué de 10 %. Les États-Unis ont subi le même sort. La chute du Ménage à Trois suite aux révélations sur l'arsenic est surement responsable pour une bonne partie de cette décote.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont aussi subi une baisse des ventes en volume.

La France est toujours le leader en parts de marché au Québec avec 30 % des ventes en volume de vin tranquille. Une hausse de 1,9 % sur l'année précédente. Elle est talonnée par l'Italie avec des parts de marché de 23 %.

Ces chiffres ne comprennent pas les vins en épicerie.

Si l'on regarde les chiffres des dernières années, les parts de marché des différents pays ont peu changé pour les deux leaders que sont toujours la France et l'Italie. Par contre, le troisième a connu de grands changements. L'Argentine est passée de la troisième place en 2009 à la septième aujourd'hui. Pendant ce temps, les États-Unis progressaient de la cinquième à la troisième. L'Espagne tient bon en quatrième. L'Australie est montée de la sixième à la cinquième place.

 

 

Nombre de vins tranquilles aujourd'hui au répertoire de la SAQ :
France 3880 —  Italie 1380  —  États-Unis 740  —  Espagne 580   —  Australie 280  —  Canada 207 — Portugal 180  —  Argentine 169  —  Chili 166  —  Afrique du Sud 148 —  Nouvelle Zélande  97 —  Allemagne  65 — Grèce 65  —  Autriche 43  —  Liban 28 — Israël  22   —  Uruguay  21  —  Suisse 18  —  Hongrie 12  —  Roumanie 7  —  Brésil 6  —  Bulgarie 4  —  Maroc 4.

Légère hausse des ventes de vin au Québec 2015-2016

La direction de la Société des alcools du Québec (SAQ) vient de publier son rapport annuel 2015-2016.

Les faits saillants :
Les ventes de vins blancs augmentent en volume.
   Elles passent de 28 % à 29,6 % du total des ventes de vin tranquille.
   La proportion des vins rouges baisse de 67,5 % à 65,8 %.

Les ventes en volume de vins Portugal et du Chili sont en forte hausse de plus de 13 %.
   Celles des États-Unis et d'Argentine en baisse de 10 %.
   Pour l'Italie et l'Espagne c'est une hausse de plus de 4,5 %.

Origines Québec
Le volume des ventes d'alcool de fruits du Québec est en hausse de 31 %; les spiritueux de 22 % et les vins québécois de 13 %.

La croissance des ventes totales en volume de SAQ a été de 1,8 %. C'est peu comparé aux croissances annuelles de 3,4 % à 6,5 % des années 2007 à 2012.

Croissance annuelle des ventes en volume
  2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
% 6,5 3,9 3,4 3,5 3,7 4,7 1,2 -0,9 1,7 1,8

Les ventes de vin en volume en 2015-2016 ont été en hausse de
   1,6 % dans les succursales et étagères saq dans les épiceries;
   1,4 % dans les épiceries.

Nombre de litres de vin vendu:
   41 millions dans les épiceries
   122 millions dans les succursales et étagères saq dans les épiceries.
 
Pour les spiritueux, la croissance a été de 4,1 %. 

Les bénéfices nets de la SAQ ont été en hausse de 3,2 % à 1,067 milliard $.

Progression annuelle des bénéfices de la SAQ en millions $ et en %

2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
$ 53 51 47 59 48 85 30 -27 31 33
% 8% 7% 6% 7,3% 5,5% 9,3% 3% -2,6% 3% 3,2%

Les ventes en ligne se sont accrues de 111 % au cours de la dernière année.
Tout fier, le président de la SAQ écrit que «notre site Web est le site québécois qui offre aujourd'hui le plus grand choix de produits alcooliques.»
 

D'autres chiffres. La SAQ a 406 succursales; 7537 employés (241 en informatique, 107 aux finances, 78 au juridique; 1001 aux approvisionnements, 5765 aux ventes 31 aux communications...); 95 ans d'expérience; 13500 produits en provenance de 77 pays; son président a un salaire de 390 540 $ plus un boni annuel de 47 884 $; les principaux vice-présidents ont des salaires de 234 000 à 300 000 $ en plus de bonis de 26 000 à 64 000 $. 

Un VP qui craint l'intérêt d'un journaliste pour les prix de la SAQ

Retour sur l'Histoire

Voici un extrait d'un courriel d'un vice-président de la SAQ au président-directeur général.

«Conséquemment, il faut, dès maintenant, mettre [le VP aux affaires publiques et aux communications et adjoint au PDG] et son équipe dans le coup et se préparer à répondre (entre autres) aux questions portant sur notre stratégie de partage de la différence de coûtant entre le fournisseur, la SAQ et le consommateur (...). C’est exactement le genre de question qui intéresserait au plus haut point un [journaliste] lorsque l’on connaît l’intérêt marqué que ce dernier porte sur la question des prix à la SAQ.»
Signé [VP aux achats et à la mise en marché]»  11 décembre 2005.

Ce courriel a été écrit lors de la préparation de ce qui fut appelé le scandale de l'euro.

Effectivement, 17 jours plus tard, le journaliste Jacques Benoit en collaboration avec Marie Tison écrit dans le quotidien La Presse que «la SAQ incite des fournisseurs à augmenter leurs prix de gros».

Cet extrait de courriel a été publié dans le rapport annuel 2006 du vérificateur général du Québec.
Le rapport 2006 du vérificateur consacre une quarantaine de pages à cette saga qu'il a intitulée «Opération de décembre 2005» C'est intéressant à lire.


Les vins de spécialité, le point faible de la SAQ

Le connaisseur de vin se régale surtout dans la section des vins de spécialité des magasins de la société des alcools du Québec. C'est là que l'on trouve les produits nouveaux, originaux et distinctifs.

Pourtant, la vérificatrice générale du Québec dit que le secteur des vins de spécialité est très mal géré a la SAQ.

Vins au répertoire SAQ
Courant 1300
Spécialité continue 1000
Spécialité par lot 11700

En 2014-2015, il y a 1300 vins courants à la SAQ et 12 700 vins de spécialité. Parmi ces derniers il y en a 1000 en approvisionnement continu, mais 11 700 en approvisionnement par lot. C'est dans ce dernier lot que ça va mal selon la vérificatrice.

Pourquoi? Parce que le taux de roulement de ces vins est trop bas, dit-elle. Le taux de roulement est un indice de rentabilité d'un produit. Plus un produit est populaire, plus il roule vite, plus il est profitable.

Taux de roulement
Courant    x 12
Spécialité continue x 10
Spécialité lot    x 5

Le taux de roulement des vins approvisionné par lot, c'est-à-dire renouvelé de temps en temps, est deux fois moins élevé que celui des vins courants et de spécialité en approvisionnement continue. Soit 5 pour vins par lots, 10 pour les vins en spécialité continue et 12 pour les produits courants. Ça veut dire que ces derniers vins roulent 12 fois sur les tablettes en un an. Pendant ce temps, les vins renouvelés de temps en temps ont un rendement deux fois moindre.

La rotation a un coût dit la vérificatrice «Dans le commerce au détail, un produit pour lequel le taux de rotation des stocks est plus faible va normalement avoir un prix majoré plus élevé. Plus un commerçant a un nombre élevé de produits qui s’écoulent lentement, plus cela augmente ses coûts. Pour cette raison, les détaillants suivent de près le taux de rotation des stocks.»

Pourtant, la SAQ a décidé que «la même structure de majoration s’applique aux produits de spécialité et aux produits courants, sauf quelques exceptions», constate la vérificatrice.

Depuis 5 ans, la SAQ a diminué de 8 % le nombre de produits courant et a haussé de 8 400 à 11 700 celui des vins de spécialité.

La vérificatrice recommande donc à la SAQ d'«effectuer le suivi des produits de spécialité de façon à maximiser sa performance en fonction de ses stratégies de commercialisation.»

Toutefois, la vérificatrice générale ne semble pas avoir étudié en profondeur le fonctionnement de ces achats par lots. Elle dit qu'elle s'est surtout concentrée sur les achats des produits courants.

Mais pourquoi ça roule si mal parmi les vins par lot?
En tant que journaliste j'entends souvent des récriminations de la part des amateurs de vins et des producteurs. Certains vins se vendent très vite, mais malgré cela ne sont pas renouvelés, ou le sont 6 mois plus tard alors que l'engouement est passé.

Comment ça se passe à la SAQ?
D'après ce que j'en sais c'est un employé derrière son ordinateur qui décide si un vin sera renouvelé et quand. Ses critères ne me sont pas connus, ni par les agents ni des producteurs à ce que j'entends.

Pourtant, la politique d'achat de la SAQ dit qu’«Un produit offert en vente à titre de produit de spécialité peut faire l’objet d’une nouvelle commande (reconduction) lorsqu’il continue de répondre à la définition d’un produit de spécialité (clause 2.11) et lorsque le volume de ses ventes, le taux de rotation de ses stocks, son prix d’achat et l’intérêt qu’il suscite auprès des consommateurs le justifient.»

Malgré cela, le fait qu'un vin s'est vendu rapidement ne semble pas un être un critère du préposé au renouvellement. Il préférera renouveler un vin qui s'est vendu il y a 6 mois, même si ce fut lentement. «Chacun son tour», semble-t-il dire! Il peut aussi décider (seul ou avec des collèges?) que cette semaine on avantage des vins du Chili, par exemple.

Ses critères ne semblent pas être d'ordre économique. Mais pourquoi alors les vignerons ne se plaignent pas, ne font pas pression sur lui? Ne lui fassent pas remarquer qu'un tel vin s'écoule rapidement; est en grande demande, qu'il doit le renouveler de suite pour répondre à l'engouement et satisfaire le consommateur?

Ils ont peur de se faire barrer, de le fâcher, qu'il remette le renouvellement de la commande à plus tard!

C'est étonnant et même dérangeant d'entendre cela. On a peur de sa réaction!

Quelquefois, un vigneron ou son agent pose des questions, fait pression pour ce faire répondre une chose un jour et autre chose un autre jour!

On se retrouve ainsi avec des vins qui encombrent les tablettes longtemps alors que d'autres, jugés bons par les vinophiles disparaissent vite et ne sont pas renouvelés prestement. Ce mode de renouvellement bureaucratique n'est pas rentable pour la SAQ, ni pour le gouvernement, ni pour le consommateur, ni pour le producteur.

Cela frustre les consommateurs et enrage les vignerons.

Ce système de renouvellement bureaucratique devrait être modifié.

Prix des vins rouges importés dans quatre provinces

Certains nous disent que le vin est plus cher dans telle province, d'autres disent le contraire. Chacun prend un échantillon de quelques vins disponibles dans toutes ces provinces. Mais cela fausse la réalité, car ce ne sont pas les mêmes vins qui sont dans toutes ces provinces.

Alors, le meilleur moyen d'avoir un portrait réaliste est de prendre l'ensemble des vins disponibles dans chacune des provinces. C'est ce que fait Statistique Canada.

Nous avons donc extrait ici un tableau de Statistique Canada qui nous donne le volume et la valeur totale avant taxes des vins rouges importés pour quatre provinces.

Nous pouvons constater que les prix les plus élevés sont au Québec (12,68$) et en Colombie-Britannique (13,41$). Il faut toutefois ajouter 1,05 $ de taxe spécifique (TS) au Québec. Ce qui nous donne un prix moyen de 14,18 $ au Québec.

Mentionnons ici à titre indicatif que le prix moyen du vin en France est de 3,14 € le litre; soit 4,58 $ ou 3,44 $ la bouteille de 750 ml.

Vins rouges importés, prix avant taxes provinciales et fédérales
(données en milliers)

Géographie Valeur et
volume
2014-2015 litre
750 ml
TS
 
Québec $
1 136 904 16,91$ 12,68$* 14,18$
L 67 207
Ontario $ 838 925 15,75$ 11,81$  
L 53 239
Alberta $ 279 518 15,36$ 11,52$  
L 18 189
Colombie-Britannique $ 339 158 17,88$ 13,41$**  
L 18 958

 * Pour le Québec, il faut ajouter une taxe spécifique de 1.40 $ le litre ou 1,05 $ la bouteille de 750 ml.

 ** En Colombie-Britannique, il y a autant de vins importés que de vins locaux. Le gouvernement provincial avantage les vins locaux. La moyenne de prix pour les vins locaux est de 13,23 $ le litre ou 9,92 $ la bouteille.

À ces prix, il faut ajouter les taxes fédérales et provinciales.

Source : Statistique Canada Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools et d'autres points de vente au détail selon la valeur, le volume Tableau 183-0024 Vins rouges importés.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié

Un peu de lecture pour faire le point en ce début de semaine.

La SAQ veut payer les vins cher pour nous les vendre cher, nous dit la vérificatrice générale du Québec.
C'est une révélation pour certains, mais pas pour d'autres.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié et ce n'est pas d'hier.

Un peu d'Histoire, de retour en 2005.

En 2005, un article du quotidien La Presse titre «La SAQ incite des fournisseurs à augmenter leurs prix de gros.» (Jacques Benoit et Marie Tison) C'est ce qu'on a appelé le scandale de l'euro qui a conduit au congédiement de deux vice-présidents puis à celui du président. Tentative d'escroquerie de la SAQ? décembre 2005

Au début de 2006, la SAQ fait un pas en arrière et annonce une réduction de prix sur les vins européens.  La SAQ recule et baisse le prix de certains vins, 21 janvier 2006.

François Chartier dit que «Les dirigeants de la SAQ sont aveuglés par l'appât du gain...», 31 janvier 2006.

Le 2 février, le président de la SAQ présente ses excuses. Selon M. Toutant, deux vice-présidents et 9 employés auraient mal interprété les politiques de la SAQ et lui auraient caché la vérité. Le président de la SAQ: «désolé de ce cafouillage».

Puis quelques jours plus tard, nous apprenons qu'un groupe de journalistes québécois a reçu des révélations étonnantes de vignerons d'Amérique latine sur la manière de négocier des acheteurs de la SAQ. Des gens de notre société d'État auraient demandé aux vignerons d'Uruguay de leur vendre leurs vins plus cher. À lire : Le scandale des prix du vin à la SAQ: pas une première, janvier 2006.

Un mois plus tard, La Presse révèle un courriel d'un vice-président de la SAQ qui dit que «les journalistes pourraient finir par s'intéresser à cette affaire»! (L'affaire de l'euro)  Toutant mis au courant dès le 11 décembre, 8 février 2006.

Quelques jours plus, le réputé chroniqueur vin Michel Phaneuf écrit dans la revue l'Actualité du 15 mars 2006 que la SAQ ne peut plus nous garantir de bons prix et ne peut plus distribuer adéquatement de nouveaux produits. «Un seul acheteur ne peut distribuer tous les vins du monde», écrit-il.  Michel Phaneuf se prononce pour la privatisation.

En décembre 2006, le rapport annuel du vérificateur général du Québec dit que «l’opération de décembre 2005 a dévié de son objectif. De fil en aiguille, les actions ont convergé vers l’objectif, discutable du point de vue éthique, d’amener les fournisseurs payés en euros à augmenter le prix départ chais de leurs produits...»

Ce rapport du vérificateur général démontrait que le prix départ chais pour les vins d'entrée de gamme était déjà de 20 % supérieur à celui qu'obtenait la LCBO. (Graphique 1, page 271)

En 2009, on apprend que la société des alcools du Nouveau-Brunswick a a ordonné à ses fournisseurs de hausser le prix de leurs vins de 2 % et d'augmenter leurs frais d'expédition de 3 autres pour cent. L'opposition crie au scandale. Le ministre des Finances de la province répond que ce n'est qu'une opération routinière.

En 2010, nous apprenons que nous payons plus cher le vin du Chili que tous les autres pays acheteurs dans  le monde!  Un jury canadien pour des vins chiliens que nous payons très cher, janvier 2010.

En 2011, le vérificateur général de l'Ontario dit que «La RAO (LCBO) n'utilise pas son pouvoir d'achat pour obtenir des prix inférieurs auprès des fournisseurs.»  Les monopoles canadiens ne veulent pas acheter à meilleur prix

Puis, en 2012, nous payons encore plus cher les vins du Chili, la situation se détériore.  Le Canada paie toujours plus cher les vins du Chili, février 2012. Encore en 2014. La même chose pour les vins américains.

Point tournant, en août 2012, on apprend que 100 vins de moins de 10 $ ont disparu du répertoire de la SAQ.

En janvier 2013, nous constatons que plusieurs vins sont retirés et remplacés par des vins plus chers. C'est l'opération dite de «montée en gamme».

En 2011, 2012 et 2013, la direction de la SAQ demande à ses employés de faire en sorte que leurs clients repartent avec un vin plus cher que celui qu'ils étaient venus chercher. C'est l'opération 4A+.

En septembre 2013, la SAQ se rend compte qu'elle a exagéré qu'elle a trop diminué l'offre de vin à bon prix et que ses ventes en volume baissent.

En novembre 2013, il ne reste plus que 30 vins à moins de 10 $ à la SAQ. Ce nombre sera maintenu jusqu'à aujourd'hui.

En juin 2014, c'est au tour de 100 vins de moins de 15 $ de disparaitre des rayons en seulement 6 mois.  Le nombre de vins à moins de 15 $ est coupé de moitié en 5 ans. Le 12, la SAQ fait un pas en arrière et dit vouloir maintenant des vins moins chers.

En septembre 2014, on comprend finalement comment la SAQ fait disparaitre des vins de moins de 15 $.

Le 31 août 2015, la Commission Robillard recommande de «de revoir le modèle d'affaires de la SAQ; de libéraliser les marchés des vins et spiritueux et de mettre la SAQ en concurrence.»

En décembre 2015, on explique pourquoi la SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat.

Finalement, en mai 2016, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, remet un rapport confirmant que les dirigeants de la SAQ ne cherchent pas à avoir le plus bas prix de gros possible.

Elle écrit que «la SAQ leur fournit (aux fournisseurs) une calculette afin qu’ils puissent déterminer si leur produit se situe dans la fourchette de prix mentionnée dans l’appel d’offres.»

Puis le 2 juin, une étude de trois chercheurs tend à démontrer que la démonopolisation du commerce du vin accroitrait les revenus de l'État tout en faisant baisser légèrement le prix des vins.

Où s'en va la SAQ maintenant. On ne le sait pas trop. Elle n'a pas publié de plan stratégie pour cette année ni pour les années prochaines. Son dernier plan date de 2013-2015.

Donc, les trois monopoles du vin du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick établissent leurs prix de manière très bureaucratique ce qui mène à ses situations incongrues et peu éthiques. Il faudrait trouver une autre méthode de négociation des prix de gros auprès des fournisseurs.

Pour une ouverture du commerce du vin au Québec

Une démonopolisation du commerce de l’alcool ne signifierait pas une perte de recettes pour le gouvernement. Au contraire, il y plusieurs raisons de croire que le gouvernement pourrait faire plus d’argent, tout en permettant une baisse de prix pour les consommateurs.»

Le Québécois paierait son vin moins cher et l'État ferait plus d'argent si on libéralisait le commerce des alcools au Québec!

C'est ce que soutiennent trois chercheurs dans une étude rendue publique ce matin.

Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université de Trois-Rivières: Paul Daniel Muller, économiste et le journaliste spécialisé en vin Yves Mailloux affirment dans un document de 44 pages que le monopole de la SAQ sur le commerce des alcools est un frein au développement de cette industrie.

Les auteurs démontent un à un tous les arguments favorisant le maintien du monopole et proposent plutôt ce qu'ils appellent la démonopolisation du commerce du vin et des spiritueux. Ce qui entrainement, selon eux, un meilleur choix de produits, de meilleurs prix tout en rapportant plus de revenus au gouvernement.

Les vins seraient achetés moins cher, vendus moins cher en plus grande quantité par un plus grand nombre de détaillants.

La SAQ n'est pas efficace, ne veut pas payer les vins moins cher, pénalise les petits producteurs typiques, est un goulot d'étranglement sur la diversité des produits, nuit à la liberté de choisir du consommateur et taxe plus les moins nantis.

Un cépage peut en être un autre

On croit cultiver un cépage et on découvre que ce n'est pas lui.

Il est très difficile de reconnaitre et de différencier les différents cépages à la vigne.
Les plants de vigne mutent, se transforment, ne sont pas homogènes, ils sont de plusieurs clones, de plusieurs biotypes, de variétés différentes sur des porte-greffe différents.

L'ampélographie n'est pas facile. Elle est maintenant aidée de l'ampélologie.

Des vignerons peuvent cultiver un cépage pendant de nombreuses années en se méprenant sur le nom du cépage en question.

C'est arrivé encore à des vignerons des environs de l'Etna d'après ce que rapporte Ian d'Agata dans son livre Native Wine grapes of Italie (2014). Ils disaient cultiver du nerello cappuccio qui est un cépage qu'ils assemblent souvent avec du nerello mascalese.

Pour les besoins d'une étude publiée en 2010 (Branzanti et.al. 2010) des chercheurs ont prélevé 41 échantillons du dénommé cépage nerello cappuccio dans 15 endroits. Après tests génétiques, il s'est révélé que 70 % des échantillons étaient en fait du carignan, 10 % du sangiovese et du ciliegiolo, finalement seulement 20 % étaient du nerello mascalese.

Achat en ligne : du progrès

Vous avez peut-être remarqué que la SAQ a commencé à réserver une plus grande quantité de bouteilles de certains vins pour les achats en ligne.

Lorsque le programme Achetez Ramassez a été lancé, il n'y avait souvent que 12 ou 24 bouteilles de chaque vin disponibles en ligne. Ce qui faisait que ces stocks s'épuisaient très vite.

Nous constatons depuis un mois que les quantités disponibles pour achat en ligne dépassent même la centaine pour certains vins.

Toutefois, le nombre total de vins disponibles en ligne est toujours inférieur au tiers des produits. C'est actuellement 2700 des 8200 vins.

La moitié des vins de moins de 12 $ sont disponibles en ligne; alors que c'est le cas de seulement le tiers des vins de 20 à 30 $.

C'est pire pour la catégorie des vins de plus de 40 $ dont seulement 680 des 3120 produits peuvent être achetés en ligne.

Les vins disponibles pour achat à distance devraient être ceux qui sont dans le moins grand nombre de succursales; alors que c'est actuellement le contraire.

Les vins qui peuvent être achetés en ligne sont encore trop souvent, les vins qui sont déjà disponibles dans la plupart des succursales. Certains vins disponibles dans toutes les succursales sont aussi disponibles en ligne pour livraison dans une succursale.

Par contre, il y a aussi très peu de demi-bouteilles en ligne; soit seulement 24 des 136 vins de format 375 ml.

Les 130 vins exclusifs aux 10 SAQ-Dépôts ne peuvent pas être achetés en ligne.

Notons en terminant que l'on peut maintenant aussi acheter des vins en utilisant l'application SAQ pour téléphone.

Selon la SAQ, les ventes en ligne représentent 1 % des ventes totales. La SAQ voudrait que cette proportion soit décuplée d'ici 2 à 3 ans et monte à 10 %.

La facture moyenne d'achat en ligne dépasse les 200 dollars ce qui est 4 fois plus élevé qu'en magasin.

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