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Les cidres du Québec dans les épiceries

L'association des producteurs de cidre du Québec se dit favorable à la vente de cidre et de vin dans les épiceries du Québec.

 

Il y a 78 producteurs de cidre artisanaux au Québec. Vingt-deux d'entre eux ont aussi un permis de production industrielle.

 

Selon le producteur Michel Jodoin, producteur de cidre et président de l'association, il s'est produit 1,8 million de litres de cidre en 2013 et 2,5 millions en 2014 pour des ventes de 23 millions de dollars.

 

L'Association des cidriculteurs artisans du Québec a fait part de ses commentaires ce matin devant la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale qui étudie le projet de loi 88 qui permettra la vente de produits alcoolisés artisanaux dans les épiceries.

 

Selon M. Jodoin les 8000 points de vente des épiceries et dépanneurs représentent une bonne occasion de croissance. Il ajoute qu'il souhaite que la SAQ continue toute de même de faire la promotion du cidre du Québec et que ce soit inscrit dans sa mission.

De la confiture ajoutée dans le vin italien ?

Quanto è dolce il vino italiano!

Un journaliste italien du vin Carlo Macchi s'étonne de voir que le vin de son pays vendu au Québec est si sucré.

M. Macchi a découvert dans le site de la SAQ que le taux de sucre y est indiqué. Après avoir consulté quelques-uns des 1500 vins italiens du répertoire de la SAQ, il dit que «il vino italiano sta prendendo forse una piega “cocacolesca”». Le vin italien prend un pli Coca-Cola. Il dit s'étonner de cette tendance dans son article Quanto è “dolce” il vino italiano! (1) (Comme est doux le vin italien!)

Le journaliste affirme qu'en Italie le vin est réputé sec et doit contenir moins de 2 grammes de sucre. Il se demande si ces mêmes vins rouges vendus aussi en Italie contiennent autant de sucre. Car si c'est le cas, il ne peuvent plus être considérés comme étant secs.

L'auteur signale que des producteurs ajoutent du MRC à leur vin lors de l'embouteillage. C'est dans le langage des oenologues du «mout rectifié corrigé», un concentré de jus de raisin décoloré, une confiture, un sirop qui sucre le vin. C'est vendu dans le commerce des produits oenologiques. (2)

Un des commentateurs de l'article signale aussi que des producteurs en ajoutent plus ou moins selon les pays de destination.

Cette technique était à l'origine destinée à accroitre le taux d'alcool (3). On ajoutait alors ce sirop avant la fermentation pour faire monter le taux d'alcool d'un degré. Il semble maintenant qu'on l'ajoute après la fermentation pour accroitre la douceur, la sucrosité du vin et ainsi réduire le gout acide des vins. C'est une technique courante en Champagne où on l'appelle liqueur d'expédition.

On voudrait ainsi plaire à de nombreux consommateurs qui n'aiment pas les vins acides, mais aiment plutôt les vins d'une certaine sucrosité.

Ceci est assez étonnant surtout pour les vins italiens. L'on sait que les Californiens et les Australiens produisent des vins d'une bonne sucrosité. Toutefois, les vins rouges italiens étaient reconnus pour leur acidité rafraichissante qui en fait des vins de repas.

Le vin italien le plus vendu à la SAQ, le Modello Masi (670 000 bouteilles) contient 6 grammes de sucre, le deuxième meilleur vendeur, le Liano Cesari, en contient 10 grammes de sucre au litre, donc 5 fois plus qu'un vin sec. Ce qui est même plus élevé que le taux de sucre que l'amarone ce vin rouge italien demi-sec qui contient souvent de 4 à 8 grammes de sucre. Le troisième en ligne, le Chianti Ruffino contient moins de sucre : 2,2 g/l.

Le vin français le plus populaire, le Merlot Grand Sud (13$/litre - 1,4 million de litres vendu en 2014) contient 8,8 grammes de sucre.

Des producteurs italiens semblent vouloir concurrencer les Californiens et les Australiens qui font des affaires d'or au Québec en vendant des vins rouges sucrés.

Les champions du rouge sucré au Québec sont les Californiens avec le Ménage à Trois à 12 grammes de sucre et l'Apothic Red (950 000 bouteilles) à 17 grammes. Le meilleur vendeur toutes catégories au Québec est l'australien Wallaroo Trail (2 500 000 bouteilles) à 11 grammes de sucre.

Il faut ajouter ici que le taux de sucre indiqué sur le site de la SAQ n'est pas le taux total, pas le taux de sucre résiduel, mais le taux de sucre réducteur comme nous l'indique notre collège retraité Claude Langlois. Il faut donc y ajouter entre 0,5 et 1,7 g/l pour avoir le portrait réel. (4)

Une question en terminant : ne devrait-on pas indiquer sur la bouteille le taux de sucre, le taux d'acidité, le pH, les pesticides et la quantité de sulfite ?

  Pour en savoir plus sur le sucre dans le vin rouge voir Taux de sucre dans le vin rouge

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1. Quanto è “dolce” il vino italiano! Winesurf, 14 février 2016

2. Le MCR SUCRAISIN® est élaboré à partir de jus de raisin dont on extrait tous les composants « non sucres ». Après concentration, on obtient un sirop de sucre incolore et pur. Il est parfaitement neutre. Il se compose de glucose et fructose. Disponible en contenants de 10 litres à plus de 1000 litres.
www.grapsud.com/nos-produits/oenologie/mout-concentre-rectifie-mcr

3 L'enrichissement des moûts à l'aide de techniques additives, Vigne et vin.

4 Sucres résiduels et sucres réducteurs, Journal de Montréal, 16 janvier.
 

Du vin privé dans les épiceries de l'Ontario dès l'automne prochain

L'Ontario annonce qu'elle va permettre l'installation de magasins privés de vente de vin dans les supermarchés de la province.

Le gouvernement va délivrer des permis pour 70 de ces kiosques de vins privés cette année. Le nombre montera à 150 par après.

La vente de cidre va ensuite aussi être autorité par le privé.

Toutefois, la régie des alcools de l'Ontario conservera le monopole des spiritueux.

Il y a déjà des magasins privés de vente de vin en Ontario, mais ils vendent exclusivement les vins de deux compagnies Wine Rack et Wine Shop.

L'Ontario a déjà enclenché la vente de bière dans les épiceries. Cette année 160 épiceries vendront de la bière, ce nombre passera à 450 d'ici 3 ans.

  Ontario should go faster on opening up wine sales, The Star
  Du vin en vente dans les épiceries de l'Ontario dès cet automne, Radio-Canada

Le vin québécois doit être 100 % québécois

Les embouteilleurs de vin en vrac demandent que le vin québécois qui sera vendu en épicerie soit fait à 100 % de raisins québécois.

Ils ont fait cette demande aujourd'hui aux audiences de la commission parlementaire sur le projet de loi 88 concernant la vente de vin québécois en épicerie.

Les dirigeants de l'Association des viniculteurs négociants du Québec disent que la norme 85-15 n'existe pas dans le monde du vin pour la provenance des raisins, mais seulement pour la proportion des cépages.

Les embouteilleurs de vin qui mettent en marché 37 % des vins au Québec, soit 77 millions de bouteilles, s'opposent donc à ce que les vignerons du Québec inclue du vin ou des raisins étrangers dans leurs bouteilles. «Un vin québécois doit provenir à 100 % du Québec; comme un vin du Chili embouteillé au Québec provient à 100 % du Chili.»

Ils disent que si on donne des subventions aux vignerons québécois qui mettent des vins étrangers dans leurs bouteilles qu'on donne alors les mêmes subventions aussi aux embouteilleurs de vin étrangers en vrac.

Ils s'opposent ainsi à l'association des vignerons du Québec qui demande qu'on permette aux vignerons de mettre jusqu'à 15 % de vin étranger dans leurs bouteilles qui seront vendues en épicerie.

Les embouteilleurs veulent aussi que ne soit plus interdit la mention des cépages sur les étiquettes.

Les vignerons du Québec veulent continuer à vendre à la SAQ

Les vignerons du Québec disent vouloir continuer à vendre leurs vins surtout à la SAQ.
C'est ce qu'a déclaré ce matin, le président de leur association principale, Yvan Quirion.

Témoignant devant la commission parlementaire des finances qui étudie le projet de loi 88 sur la vente de vin québécois en épicerie, M. Quirion a dit que «les épiceries se comparent à la Ligue de hockey junior majeure du Québec et la SAQ est l'équivalent de la Ligue nationale.»

Le président de l'AVQ qui dit représenter 95 % de la production de vin du Québec affirme que le «le message des vignerons du Québec est limpide : ils veulent jouer sur la patinoire de la Ligue nationale,» donc celle de la SAQ. «C'est là où ils pourront se comparer aux appellations étrangères et amener les vins d'ici à des sommets inégalés.»

L'association des vignerons exige aussi que les vins qui seront vendus en épicerie soient faits avec au moins 85 % de raisins québécois.

Ils demandent de plus que l'indication des cépages et millésime soient autorisé. Ce qui semble faire l'unanimité dans le milieu du vin. Ils veulent aussi pouvoir choisir librement un transporteur pour livrer leurs vins en épicerie.

  Voir le témoignage de deux dirigeants de l'Association des vignerons du Québec devant la commission parlementaire des finances, lors de l'étude du projet de loi 88.

La SAQ ne s'oppose pas à la vente de vin québécois en épicerie

Le président de la SAQ a déclaré ce midi en commission parlementaire que la société d'État ne s'oppose pas à la vente de vin en épicerie.

M. Alain Brunet a fait cette déclaration lors des audiences sur le projet de loi 88 qui permettra aux vignerons de vendre directement leurs vins dans les épiceries et dépanneurs du Québec.

Toutefois, M. Brunet a dit craindre des problèmes au niveau du contrôle de la qualité des produits. «Il faudra s'assurer que le consommateur retrouve dans la bouteille à l'épicerie ce qui est supposé y avoir». M. Brunet dit s'interroger sur l'encadrement de ce nouveau marché.

Actuellement, la SAQ encadre et contrôle tout, du transport, de l'analyse en laboratoire, de l'entreposage, de la livraison de tous les vins au Québec... Le projet de loi 88 prévoit que les vins soient examinés par le laboratoire de la SAQ ou un laboratoire approuvé par celle-ci, mais ne prévoit pas les autres étapes du processus, comme le transport.

De plus, le président du monopole du vin dit être favorable à ce qu'on indique les cépages et les millésimes sur les étiquettes de tous les vins vendus dans les 8000 épiciers et dépanneurs du Québec comme c'est le cas à la SAQ.

Finalement, M. Brunet dit qu'il veut continuer à vendre et à promouvoir les vins du Québec dans ses 400 magasins.

  Voir le témoignage d'Alain Brunet en commission parlementaire.

Les vignerons du Québec recevront leurs subventions

Le ministre des Finances du Québec rétablit les subventions aux vignerons du Québec.

C'est un dossier difficile à suivre que celui des subventions aux viticulteurs de la Belle province.

En janvier dernier, les vignerons apprenaient que le ministère de l'Agriculture, appellé le MAPAQ, mettait fin au programme de subvention des vignerons qui écoulent leurs vins via la SAQ.

C'était 2 $ par bouteille plus 18 % de la valeur de vente de la bouteille, jusqu'à un maximum de 300 000 $ par vigneron. Donc en gros 4 à 5 dollars la bouteille.

Le ministère de l'Agriculture mettait fin au programme rétroactivement et limitait la subvention à 100 000 $ par vigneron.

Les vignerons étaient très mécontents d'autant plus qu'ils avaient déjà fait les investissements et livré le vin à la SAQ.

Aujourd'hui, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé en commission parlementaire sur le projet de loi 88 (vente de vin en épicerie) que «le programme de financement est rétabli selon ses bases initiales.»

Le vin québécois dans les épiceries québécoises

Il pourra bientôt être permis de trouver du vin québécois dans les épiceries québécoises!

En effet, presque un siècle après la Prohibition, l'Assemblée nationale étudie un projet de loi qui permettrait aux vignerons québécois d'écouler leur vin dans les épiceries et dépanneurs de la province. La vente de vin québécois est actuellement interdite dans ces 8000 magasins du Québec. Les vignerons ne pouvaient vendre qu'au domaine. Certains avaient tout de même réussi à obtenir la permission des dirigeants du monopole de la SAQ de vendre leurs vins dans quelques-uns des 400 magasins de la société d'État.

Le projet de loi 88 intitulé Loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales commence à être étudié aujourd'hui par les membres de la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale. Oui, le vin au Québec relève du ministère des Finances et non de celui de l'Agriculture!

Voici les grandes lignes du projet de loi parrainé par le ministre des Finances.
«Ce projet de loi autorise le titulaire d’un permis de production artisanale à vendre et à livrer des boissons alcooliques qu’il fabrique, autres que les alcools et spiritueux, au titulaire d’un permis d’épicerie.

Il peut également vendre et livrer les boissons alcooliques qu’il fabrique à un titulaire
de permis d’épicerie délivré en vertu de la Loi sur les permis d’alcool (chapitre P-9.1), si ces boissons remplissent les conditions suivantes :
1° elles ne sont pas des alcools ou des spiritueux;
2° elles sont obtenues par la fermentation alcoolique de jus de fruit, de jus de fruit reconstitué, de moût de fruit, de miel ou de sirop d’érable;
3° leur titre alcoométrique acquis est d’au plus 16 % d’alcool par volume;
4° elles sont embouteillées par le titulaire de permis, sans indication de cépage ou de millésime.

Le titulaire d’un permis de production artisanale ne peut offrir en vente les alcools et les spiritueux qu’il fabrique sans les avoir fait au préalable analyser par la Société ou par un laboratoire reconnu par celle-ci...»

Les auditions de la commission parlementaire se tiendront sur trois jours.
Aujourd'hui, seront entendus: l'Association des vignerons du Québec; puis la Société des alcools du Québec; le Regroupement Le Québec dans nos verres; l'Association des viniculteurs négociants du Québec; l'Association des microdistilleries du Québec et l'Union des producteurs agricoles.

Nous ferons aujourd'hui un résumé des principaux témoignages entendus lors de cette commission.

Commission des finances publiques
Web diffusion de l'audience de la commission
Loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales (PDF, 172 ko)

 

Comment se forment les bulles dans les verres de mousseux

La quantité, la grosseur et le nombre de bulles dépendent du verre.
Elles peuvent donc varier d'un verre à l'autre.

Les bulles se forment dans des cylindres microscopiques.
Ces cylindres sont généralement de fines particules de cellulose, de textile laissées par le linge à vaisselle ou par l'air ambiant.

Des fabricants de verre font aussi parfois des incisions au fond des flutes pour concentrer les bulles.

Le vin entre dans ces cylindres, s'y forme alors une bulle au fond du verre ou au milieu de la cellulose.

Sous la pression, cette bulle se divise, sort du cylindre et agglomère le gaz carbonique en remontant à la surface.
Cette opération se fait de 1 à 30 fois par seconde, avec une moyenne de 15 bulles au début.

La grosseur et la finesse des bulles dépendent de l'âge du mousseux et de la hauteur du verre. Il reste moins de bulles dans les vieux mousseux, donc les bulles sont plus fines.

De plus, plus le verre est haut, plus la bulle grossira en montant à la surface. Plus de deux millions de bulles peuvent s'échapper de la flute.

Image tirée du livre Les vins effervescents - Du terroir à la bulle

Ces renseignements sont tirés du livre Les vins effervescents - Du terroir à la bulle de Gérard Liger-Belair et Joël Rochard, Dunod.

Voilà pour le visuel. Le plus important c'est la sensation que procurent les bulles en bouche et ici c'est le fruité, le sucré, l'acidité et l'âge du vin qui font que la bulle sera fine, évanescente, grossière ou agressive.

À Vin Québec, lorsque nous parlons des bulles dans nos commentaires de mousseux, nous faisons référence aux bulles en bouche et non aux bulles dans le verre qui seront forcément différentes de celles dans votre verre.

Pour en savoir plus sur ce sujet, lisez aussi ce texte.
Si vous cherchez de bons mousseux, voir ici vinquebec.com/meilleursmousseux

Les meilleurs amarones 2012

Quels sont les meilleurs amarones qui seront mis sur le marché prochainement?
Le Consortium des vins de Valpolicella a organisé une dégustation de 78 amarones du millésime 2012 à Vérone le samedi 30 janvier. Ça s'appelait Anteprima Amarone 2012.

J'ai pu y participer avec une centaine de journalistes intaliens et de la presse étrangère. La presse canadienne y était bien représentée par une dizaine de chroniqueurs, en plus de trois du Québec.

Les vins présentés étaient jeunes, plusieurs étaient même ce qu'on appelle des bruts de cuve. C'est-à-dire qu'ils sont encore en cuve et qu'on a mis une certaine quantité en bouteille pour l'occasion. Ils devraient être embouteillés au cours des prochains mois.

La plupart des vins présentés provenaient de la région dite «classico». C'est la région historique située la plus à l'ouest et la plus près du lac de garde au nord-ouest de Vérone.

J'ai dégusté 46 des 78 vins. C'est bien sûr une dégustation assez sommaire et assez rapide: une à deux gorgées de chaque vin.

Ces vins m'ont étonné. La plupart sont relativement secs. Ils ont peut-être de 5 à 8 grammes de sucre, toutefois le taux d'acidité est très élevés ce qui équilibre ce sucre. Le taux d'alcool aussi est élevé, à 15,5 et 16 degrés, mais là encore, la grande masse de fruit atténue la sensation d'alcool.

La qualité des vins présentés était inégale. Plusieurs souffrent d'un surplus de goût vanillé dû à une mauvaise utilisation de la barrique ou à un fruité insuffisant; d'autres ont des tanins asséchants et quelques-uns se présentent avec des notes végétales. De plus, ils sont peu aromatiques parce qu'ils viennent être mis en bouteille.

Quatorze des vins dégustés m'ont semblé supérieurs; quelques autres ont été noté moyens et les autres moins satisfaisants.

Voici donc mes préférés du lot.

Scriani
De loin mon préféré. Fruité, velouté, sec, riche, très agréable et très persistant.

Pietro Zanoni, Zovo
Très tannique, riche, costaud, ample, sec et chaleureux. Non classico.

Clementi
Violet, beau, floral, agréable, irrésistible.

Corte Archi
Aromatique, très floral, violette, original, différent, beau fruité, sec et agréable.

Boscaini Carlo, San Giorgio
Épicé, parfumé, élégant, très différent des autres, note de tabac en finale.

Cà dei Frati
Fruité ample sur de beaux tanins, assez riche et sec. Non classico.

Corte Figaretto, Graal, Valpentena
Beau fruité, ample et riche, d'un équilibre parfait.

Corte Leonardi
Épicé, frais, agréable, équilibré et persistant.

Zymé
Aromatique. Très différent des autres. Une belle structure, riche et équilibré. Un fruité un peu sucré. Bien bon.

Corte Sant'Alda, Valmezanne
Il n'est pas de la zone classico. C'est le seul du groupe affiché bio Demeter. Il est d'un fruité fin épicé, sec, long, chaleureux, avec une petite saveur de pruneau. En biodynamie.

Aldegheri
Fruit, ample, bien sec, sérieux et chaleureux.

Cesari
À la fois sucré et sec et assez chaleureux.

Bolla, Le Origine
Costaud, serré, sec et chaleureux.

Albino Armani, Cuslanus
Fruité, sec, pas très expressif, mais bien beau et équilibré.

Villa Crine
Très aromatique et bien expressif, crème, beaucoup de matière.

Encore

Cà la Bionda
Beau fruité, plein, ample, assez serré, d'une pièce.

Accordini Stefano, Acinatico
Bien serré, sérieux, bien jeune.

Buglioni
Fruité, ample, costaud, très riche. Du sérieux.

Dal Bosco, Giulietta
Très aromatique, violette, beaucoup d'extraction, sec, alcool très présent.

Voilà une belle liste !
Toutefois c'est loin d'être un jugement définitif. Ces vins sont bien jeunes, la plupart sont des bruts de cuve. Donc, un prélèvement de cuve qui peut être différent de ce que sera l'assemblage final. Ils ont été dégustés et non bus, donc le jugement est partiel.

Cette dégustation a été organisée par le consortium des producteurs de vin de Valpolicella.

Je vous parlerai des vins de Valpolicella dans les prochains jours, particulièrement des amarones, de leur culture, de leur avenir, de l'exportation, du cas particulier du Canada, des pergolas et de quelques producteurs typiques.

 

Pour comprendre la biodynamie

On entend de plus en plus parler de la biodynamie dans les vignes.
C'est bio, mais en plus dynamique. Qu'est-ce à dire?
La viticulture bio a quadruplé en France depuis 4 ans.
C'est maintenant 8 % des sols. Le train est lancé.
La biodynamie c'est le rétablissement des écosystèmes.
«Le but c'est de ne plus empoisonner ni la planète, ni les sols, ni les consommateurs» (Mark Angelli).
Les explications de quelques vignerons en biodynamie dans cette vidéo de 22 minutes.

 

In Vino Vita

Pourquoi tant de pesticides dans les vignes

L'émission française Cash Investigation (France 2) révèle comment les multinationales de l'agrochimie inondent nos régions avec leurs pesticides, au risque de mettre en danger la santé de nos enfants.
Dans les vignes, dans les champs.
Pour notre santé ou contre notre santé?
Pourquoi tous ces secrets?

En France, les cultures de vignes représentent 20% des pesticides utilisés alors qu'elles n'occupent que 3 % de la surface agricole française.  Ce serait pire dans d'autres pays.

Après un an d'enquête en France, en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis, Martin Boudot révèle comment certains produits chimiques des multinationales mettent nos enfants en danger !

La région de Bordeaux (Gironde), premier département viticole de France est classé zone noire pour sa forte concentration de pesticides. «C'est l'omerta. Il faudrait revoir la façon de cultiver la vigne», dit-on. Les deux autres régions les plus bourrées aux pesticides sont la Loire et la Champagne. (voir carte)

«Les pesticides, nous en mangeons, nous en buvons et nous en respirons. Ils font la fortune de quelques géants de l’agrochimie – six, exactement – et ont des conséquences graves sur la santé publique. Le postulat de départ de l’équipe de «  Cash investigation  », sur France 2, est remarquablement illustré par ce documentaire percutant. Leur démonstration a des chances de secouer le public, encore loin de mesurer l’ampleur du problème», écrit le journal Le Monde.

Les fabricants nient tout; les gouvernements interdisent des pesticides qui finalement sont déclarés dangereux; les fabricants en fabriquent d'autres et la roue tourne. Certains, interdits depuis plus de 10 ans, sont toujours dans l'environnement.

Une enquête d'un an de France 2 : Cash Investigation Pesticides.
 

Voir le site de l'émission www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/

L'étiquette de la SAQ

Il y a quelques semaines, lors d'une dégustation avec un sympathique vigneron, j'ai passé un commentaire concernant l'étiquette sur la bouteille. Le vigneron me dit qu'il aimerait bien la changer, «mais que c'est compliqué avec la SAQ.»

Il me montra alors une image de la nouvelle étiquette qu'il avait fait faire et qui était déjà sur ses bouteilles dans les autres pays. Mais pourquoi ne pas l'apposer sur les bouteilles au Québec alors, lui demandai-je. «C'est compliqué avec la SAQ», me répéta-t-il.

Mais en quoi est-ce l'affaire de la SAQ? Le producteur ne peut-il pas mettre l'étiquette qu'il veut? «Non, pour chaque modification, pour chaque mot modifié, pour chaque couleur, pour chaque dessin, il faut demander la permission de la SAQ et négocier.»

Je dois dire que j'étais sceptique. L'étiquette n'est-elle pas l'oeuvre du producteur? À moins d'être porno, ou de contenir des éléments mensongers en quoi cela peut-il importer au monopole?

Eh bien! Le producteur disait vrai. D'ailleurs la semaine dernière, la direction de la société d'État des vins l'a rappelé à tous les vignerons dans une missive intitulée «Procédure pour un changement d'habillage». Il est écrit que «tout changement affectant l’habillage d’un produit (...) doit au préalable être soumis à la SAQ pour approbation.»

On y précise qu'on doit demander la permission pour tout changement sur l'étiquette principale; le texte de la contre-étiquette, le graphisme, le visuel et même sur la collerette, et ce «même si la modification ne touche qu’un des éléments de l’habillage.»

La missive ne précise pas quels sont les critères de refus ou d'acceptation ni ce qui est acceptable ou non; ni quels formats, couleurs, ou typographies peuvent être acceptés ou interdits!

Jusqu’où peut aller le comportement dictatorial de ces bureaucrates? C'est étonnant !

Un petit cinq cents de plus

La direction du monopole du vin au Québec a haussé de 5 cents le prix de tous les vins.

Ces vins au format de 750 ml sont au nombre de 8700.
Toutefois, un certain nombre de producteurs ont assumé eux-mêmes cette hausse.

C'est le cas, de plusieurs producteurs dont les vins se vendent 12,95 $: 14,95$; 19,95$ et qui préfèrent conserver leurs bouteilles à ces prix.

Ainsi, aujourd'hui, il y a près de 100 vins à exactement 20 $ et moins de 50 vins à 19,95 $.

Depuis 2011, la direction du monopole hausse d'un petit nickel le prix des milliers de bouteilles. «La SAQ justifie cette hausse par la nécessité de tenir compte de l'inflation» Elle avait aussi dit l'an dernier à Radio-Canada que ces nouvelles hausses «sont nécessaires pour contrer l'érosion de la marge bénéficiaire de la société.»

Hausse de 25 % des ventes de champagnes au Québec

Ventes 2015 à la SAQ
Les gagnants : champagnes (+25 %), mousseux (+15 %), Sicile, Jura et Wisky.
Les perdants : bordeaux (-10 %) et porto (-12 %).

La baisse des prix des vins de champagne et l'ajout de champagnes à moins de 40 $ ont porté fruit.

Les ventes de champagnes ont connu une croissance de 25 % en valeur l'an dernier dans la section des vins de spécialité de la SAQ. Il s'en est vendu pour 16,5 millions de dollars.

Pendant ce temps, les ventes de mousseux croissaient de 15 % à 20,6 millions de dollars. La SAQ prévoit ajouter à son répertoire des Crémants du Jura, de Limoux et de Bordeaux; ainsi que des mousseux du Royaume-Uni et des États-Unis.

D'autre part, la SAQ indique que les vins de Sicile et de Sardaigne ont aussi connu une forte croissance de 45 % à 10,9 millions de dollars. Conséquemment, la SAQ se dit à la recherche de vins de la DOC Etna à moins de 30 $.

Les vins dits des régions peu connues de France ont aussi vu une belle croissance de 20 % à 5,8 millions $. D'ailleurs, les acheteurs de la SAQ recherchent des vins du Jura à ajouter au répertoire.

Les whiskys (hors Écosse) ont connu une hausse de 42 % à 11,8 millions $; pour ceux d'Écosse, ce fut +12 % à 19 millions $. Les liqueurs ont aussi augmenté de 33 % à 13 millions de dollars.

Les ventes de vins de Toscane sont stables à 33,4 millions de dollars; ainsi que celles du Sud-Ouest de la France à 5,3 millions de dollars.

Pendant que les ventes des uns montent, les ventes de produits d'autres régions baissent. Ce fut le cas en 2015, des ventes de vins de Bordeaux qui ont chuté de -10 % à 33 millions $ et celles de Porto de -12 % à 5,3 millions $. La SAQ a présenté 2076 vins de Bordeaux en 2015.

Voir aussi les chiffres de 2014 et de 2013.

Sujets connexes:

Les 4 terroirs de Chateauneuf-du-pape

Qu'est-ce qui façonne le vin?
Est-ce le terroir?
Le vin a-t-il le goût, la texture du sol d'où il provient?
Les types de roches, de sables, de terre ont-il une grande influence sur le vin?
Certains disent que le sol est très important pendant que d'autres disent le contraire.

Il est difficile de trancher. Toutefois, un producteur nous permet de faire une expérience intéressante sur le sujet.

La maison Ogier en Châteauneuf-du-pape produit quatre vins qui sont faits de raisins provenant de quatre terroirs de Châteauneuf: les éclats calcaires; les safres (sable); les grès rouges; et les galets roulés.

Les quatre terroirs de Châteauneuf vus par Ogier

J'ai pu déguster ces quatre vins en compagnie de deux grands amateurs de vin. L'exercice s'est fait à l'aveugle. Les quatre vins sont élevés en cuve tronconique de bois de 110 hectolitres. Ils sont composés à 80 % de grenache. Les vinifications seraient en gros les mêmes. Trois sont du millésime 2011 et un de 2012.

Ils sont tous faits avec la même levure comme nous l'explique M. Édouard Guérin. «Les 4 vins sont fermentés avec une seule et même souche de levure. Le but est vraiment de limiter au maximum les paramètres pouvant influer sur la qualité du produit final. Nous voulons avoir un « extrait du terroir brut ». Nous imposons donc une souche de levure afin de s’assurer qu’une souche révélant plus telle ou telle caractéristique sur une cuve ne vienne pas « polluer » l’exercice que nous essayons de mener à bien.»

Voici les commentaires de dégustation

Grès Rouges 2011
Nez d'épices. Très belle bouche fruitée, agréable et facile à boire. Très beau.

Galets Roulés 2012
Nez de petits fruits des bois. Très beaux arômes. Très fruité en bouche, chaleureux et long. Préféré au précédent.

Éclats Calcaires 2011
Nez étrange de cuir et de vernis. Très aromatique. Puissant au nez. Bouche serrée décrite comme amère et acre par deux des dégustateurs. Le troisième a bien aimé.
Un vin défectueux selon deux des dégustateurs.

Safres 2011
Discret au début. Fruité fin, floral, très ouvert par la suite. Fruits frais et épices. Texture lisse. Qualifié d'élégant par deux dégustateurs et de mince par le troisième. Mon préféré.

Donc, des vins très différents. On en conclu à l'importance du sol dans les différents goûts et texture des vins. Toutefois, le troisième vin Éclats Calcaire pose problème. Selon deux dégustateurs, il est contaminé soit par une bactérie, soit pas une levure de type brettanomyces ou autre chose. Il a mal tourné! Ça ne vient probablement pas du sol. Le lendemain, dégusté de nouveau avec une quatrième dégustatrice qui le trouve horrible, pendant que je trouve moins mauvais que la veille!

Le vin provient des raisins de la vigne. Ces raisins sont fermentés en cuve. Lorsque l'on déguste des vins dans la cave d'un vigneron, nous constatons souvent que les vins des différentes cuves goûtent différemment même s'ils proviennent du même terroir.

Le vin se transforme donc diversement selon les cuves. Une cuve - un vin. Est-ce que la vie du vin en cuve a plus ou moins ou autant d'influence sur le produit final que la vie du raisin sur son terroir? Grande question!

Oui, le terroir contribue à faire le caractère du vin, mais il n'est pas le seul. Les levures transforment cette matière première et ces levures sont dans les cuves.

  Voir Expression de terroir Ogier.

Obligé de prendre la carte de points de la SAQ pour recevoir de l'information

Modifié le 19 janvier pour y ajouter la réponde de la SAQ. 

La direction du monopole de la SAQ veut forcer les acheteurs de grands vins à prendre sa carte de fidélité SAQ Inspire.

Plusieurs abonnés aux succursales de luxe SAQ Signature ont reçu une missive leur disant qu'à compter du 25 février, seuls ceux «inscrits à SAQ Inspire continueront de recevoir par courriel des nouvelles du Courrier vinicole, de même que des invitations à des dégustations à des repas avec des producteurs...»

Pourquoi agir ainsi? La SAQ nous dit que c'est dans «une optique de centralisation des communications.»

Donc, si vous voulez «continuer à recevoir des messages électroniques de la part de la SAQ», il faut prendre la carte. «C’est maintenant le seul moyen de transmission d’informations. Libre à vous d’utiliser ou pas la carte Inspire», nous dit la SAQ.

La carte de points du monopole semble être bien populaire auprès de ceux qui achètent des vins courants, les vins de moins de 16 $. Par contre, elle est dédaignée par les grands amateurs de vin.

Il faut dire aussi que les points supplémentaires sont surtout offerts sur des petits vins, les produits courants, les vins bas de gamme et rarement sur les vins réputés. Il faut rappeler que la plupart de ces points sont payés par les producteurs qui haussent le prix de ces vins pour pouvoir offrir ces points.

Les vins des trois magasins Signature sont presque tous à plus de 40 $. Le prix médian dans ces magasins est de 113 $.

La direction de la SAQ écrit à ces gens «Inscrivez-vous à SAQ Inspire pour rester en contact avec nous.» Est-ce une invitation ou une menace?

Le rouleau compresseur va-t-il faire son oeuvre?

La SAQ bloquera-t-elle les vins d'Israël et de Chine?

La SAQ exige maintenant que ses fournisseurs respectent les droits de l'homme, les droits de libre association et ne fassent pas de discrimination. La SAQ bloquera-t-elle alors les vins de Chine et d'Israël?

La direction de la Société des alcools du Québec a dévoilé la semaine dernière son Code de conduite des fournisseurs. On y lit que la SAQ exige que ses fournisseurs le suivent sous peine de sanction et de cessation de contrat.

Le code exige que ses fournisseurs respectent, entre autres, les droits de la personne, les droits de l'Homme, la liberté d'association et ne fassent pas de discrimination.

Les fournisseurs veillent à traiter leur personnel de façon juste et équitable, sans distinction de sexe, de race, de couleur, d’origine, d’opinions politiques ou autres, d’orientation sexuelle, de religion (...) et respecter les droits de l’homme tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. (...) Les fournisseurs doivent respecter les droits des travailleurs, y compris la liberté d’association et le droit à une représentation collective et à la négociation».

Dans son Code de conduite, la SAQ dit que le personnel de la SAQ «ne contractera et ne fera affaire qu’avec des fournisseurs respectant les normes et principes énoncés dans le présent Code.»

La Chine et les compagnies chinoises sur son territoire ne permettent pas la liberté d'association. Est-ce que la SAQ bloquera l'entrée des vins chinois au Québec?

Israël et ses producteurs de vin ne respectent pas les droits de l'homme envers les Arabes dans les territoires qu'ils occupent et revendiquent. Israël a aussi instauré un fort régime de discrimination entre les Juifs et les Arabes que même Mgr Desmond Tutu a qualifié d'apartheid (The Jerusalem Post).

Plusieurs producteurs de vin se sont installés dans des terres occupées illégalement selon les dires de l'ONU. Selon le groupe de recherche israélien Who Profits, plusieurs entreprises viticoles israéliennes se sont emparées de terres en Palestine.

Le groupe, basé à Tel-Aviv, a dressé une carte de ces vignobles établis en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan. (The Israeli Wine Industry and the Occupation) Ces vignerons occupants travaillent la vigne le pistolet à la hanche et la mitraillette à l'épaule (The Telegraph).

Devant cela, est-ce que la SAQ invoquera son nouveau Code de conduite pour cesser d'importer des vins d'Israël?

 

La SAQ interdit les pots-de-vin

La direction de la Société des alcools du Québec annonce qu'elle interdit la collusion, les complots, les conflits d'intérêts, la corruption passive comme l'active, l'extorsion, les pots-de-vin, le trafic d'influence, les malversations ainsi que les falsifications.

La direction de la SAQ a publié jeudi ce qu'elle appelle un «Code de conduite des fournisseurs».

Le temps est venu
Dans le texte destiné à ses fournisseurs et à leurs agents, la direction du monopole écrit «C’est pourquoi le temps est venu de nous doter de repères qui précisent les attentes de l’entreprise à l’égard de la conduite des activités et pratiques des fournisseurs».

Dans un texte de neuf pages, la direction du monopole des vins de la province de Québec interdit donc «toute forme de corruption passive et active, d’extorsion, de pot-de-vin, d’avantage personnel, de truquage des soumissions, de trafic d’influence, d’obtention d’information privilégiée, de malversation et de falsification.»

Les droits de la personne
De plus, dans ce document, les patrons de la SAQ indiquent que les fournisseurs ne doivent pas faire de discrimination et doivent respecter les droits de la personne ainsi que les droits de l'homme.

«Les fournisseurs veillent à traiter leur personnel de façon juste et équitable, sans distinction de sexe, de race, de couleur, d’origine, d’opinions politiques ou autres, d’orientation sexuelle, de religion ou de tout autre motif de discrimination généralement reconnu; créer un environnement libre de toute forme de harcèlement, d’intimidation ou d’abus; et respecter les droits de l’homme tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.»

Liberté
Les fournisseurs de la SAQ doivent aussi respecter la liberté d'association (la syndicalisation) de leurs employés; ne pas utiliser le travail forcé et ne pas embaucher d'enfants. «Les fournisseurs doivent respecter les droits des travailleurs, y compris la liberté d’association et le droit à une représentation collective et à la négociation».

La SAQ écrit aussi qu'elle « s’attend à ce que les fournisseurs aspirent à : éliminer le travail forcé».

La SAQ encourage la concurrence
Il sera aussi interdit de limiter la concurrence!
Dans ce code, on y lit que «Sont proscrits et interdits tout acte et toute participation à un acte de collusion, tout complot, accord ou arrangement de fixation de prix avec d’autres fournisseurs ou visant à ou ayant effet de réduire la concurrence ainsi que tout arrangement qui pourrait empêcher le déroulement normal de la relation d’affaires entre la SAQ et ses fournisseurs».

Pas de cadeaux
Les fournisseurs de la SAQ ne pourront plus faire de cadeaux aux employés, aux cadres et dirigeants de la société d'État, ni leur offrir des repas ou les inviter en voyage. «Les cadeaux, repas, voyages et faveurs ne peuvent être offerts par les fournisseurs, quelle qu’en soit la nature et quel que soit le contexte», dit expressément le document.

Le silence des ex
Concernant les anciens employés de la SAQ embauchés par les agents, on y lit que «les fournisseurs doivent éviter toute action qui mettrait en péril la capacité, pour d’anciens employés, de respecter les obligations légales ou contractuelles envers la SAQ qui survivent à la cessation de leur emploi».

Discrétion et journalistes
Plus encore! Ils doivent être discrets :«Les fournisseurs doivent protéger l’information confidentielle de la SAQ qu’ils détiennent» et ne pas la partager (NDLR: Avec les journalistes, peut-être?).

Du vin propre à la consommation
Les fournisseurs doivent aussi éviter de polluer et respecter l'environnement.

Finalement, les fournisseurs doivent vendre à la SAQ des boissons alcooliques qui peuvent «être consommées sans danger».

De plus, les fournisseurs doivent faire connaître ce code de la SAQ à tous leurs employés et à leurs sous-traitants.

Des punitions
«Tout manquement au Code est susceptible de sanction par la SAQ». Tout manquement peut aller «jusqu’à l’annulation et la résiliation du contrat avec défaut du fournisseur», précise le document de la direction de la SAQ.

Le personnel de la SAQ «ne contractera et ne fera affaire qu’avec des fournisseurs respectant les normes et principes énoncés dans le présent Code.»

La SAQ a aussi un code de conduite destiné à ses employés. Il est toutefois plus nuancé, moins sévère et moins contraignant que celui destiné à ses fournisseurs.

On peut dénoncer
La direction de la SAQ diffuse à la fin de son code de conduite des fournisseurs une adresse internet où l'on pourra dénoncer les corrupteurs, abuseurs et tous ceux qui ne respectent par les droits de la personne, de l'environnement et toutes les règles édictées dans ce document. Ça se nomme «Ligne de divulgation confidentielle d’actes répréhensibles» : 1 800 661-9675
ou www.saq.ligneconfidentielle.com

Le temps est venu?
«Afin de bien nous acquitter de notre mission et de maintenir la confiance qui nous est dévolue, nos fournisseurs doivent également agir avec intégrité et honnêteté et adhérer aux règles d’éthique, dans le respect notamment des droits des personnes et de l’environnement.»

Sauf cette phrase de la lettre de présentation à l'intention des agents et fournisseurs, rien n'indique dans le document ni dans la lettre pourquoi les patrons de la SAQ ont jugé bon de préparer et d'imposer un tel code de conduite à leurs fournisseurs à ce moment-ci.

Lire aussi  La SAQ bloquera-t-elle les vins d'Israël et de Chine?

   Voir le Code de conduite des fournisseurs de la Société des alcools du Québec.

 

Provenances des vins sur le marché québécois

(1) Importation en bouteilles
Parts de marché en %
  2015 2005
France 30 36
Italie 26 24
USA 9,5
5,4
Espagne 8,3 7,5
Australie 5,8 9,7
Portugal 5,3
3,8
Argentine 4,5 5,7
Chili 4,3 3,4
Afrique Sud 2,9
1,2
N Zélande 1,7
0,3
Allemagne 0,6 0,7
Grèce 0,5
0,2

D'où proviennent les vins importés en bouteilles au Québec?

Hier, nous avons parlé du marché des vins importés vrac au Québec, analysons aujourd'hui celui du marché des vins importés en bouteille.

Si 30 % du volume des vins consommés au Québec en 2015 est du vin importé en vrac, 70 % du vin tranquille est importé déjà embouteillé près ou sur les lieux d'origine.

D'où proviennent ces vins?
De la France principalement.
Alors que 30 % du vin de vrac provient d'Australie, 30 % des vins en bouteilles proviennent de France.

Notre deuxième source d'importation de bouteilles de vin est l'Italie avec 26 %.

Puis en moins grande quantité suivent les États-Unis avec 9,5 %; l'Espagne 8,3 %; l'Australie 5,8 %; le Portugal 5,3 %; l'Argentine 4,5 %; le Chili 4,3 %; l'Afrique du Sud 2,9 %; la Nouvelle-Zélande 1,7 %; l'Allemagne 0,6 % et la Grèce 0,5 %.

Ces chiffres sont plutôt stables et n'ont pas varié beaucoup au cours des cinq dernières années.

Toutefois, si l'on remonte à 2005, nous notons des changements notables en hausse pour les vins des États-Unis; du Portugal; de l'Afrique du Sud; de la Nouvelle-Zélande et la Grèce. Et des diminutions de la France; d'Australie et d'Argentine.

Le Québec est le plus gros importateur de vin en vrac et en bouteilles du Canada.
Nous accaparons 37 % du vin en bouteille importé au Canada.

Nous sommes de loin de plus gros importateurs de vin en bouteille de France. En effet, 68 % du vin de France importé en bouteille au Canada est réservé au Québec. Pour le vin d'Espagne et du Portugal c'est 58 %; de la Grèce c'est 54 %. Le Québec est presque le seul à importé du vin du Maroc (99,8 %), du Liban (92 %), de Roumanie, de Suisse et d'Arménie.

Bouteilles plus vrac
Si nous additionnons le total des importations en bouteilles et en vrac au Québec, l'Australie dépasse les États-Unis et l'Espagne et devient en troisième place.

(2)
vrac $ bout $
France 1,17 5,74
Australie 0,61 4,63
Espagne 0,52 4,80

Prix du vrac vs bouteilles
Il y a une grande différence de prix entre le vrac et le vin en bouteille comme nous le montre le tableau no 2.

La SAQ paie la bouteille de vin d'Espagne 4,88 $; alors que les importateurs en vrac la paient l'équivalent de 0,52 $.

Pour le vin de France, c'est 5,74 $ embouteillé en France et 1,17 $ si importé en vrac.

Ontario
L'Ontario est un marché totalement du Québec. Les principaux fournisseurs de vin en bouteilles de la LCBO sont les États-Unis et l'Italie à 23 % chacun; suivis de l'Australie à 12 %; de la France à 10 % et du Chili à 9 %.

Alberta
Les Albertains sont de grands amateurs de vins américains. Ils constituent 36 % de leurs importations en bouteilles; suivi de l'Australie à 14 %, de l'Italie à 13 % et de la France à 6 %.

Colombie-Britannique
Les parts de marché pour les vins importés en bouteilles en Colombie-Britannique sont de 21 % pour les États-Unis; 16 % pour l'Australie; 13 % pour l'Italie; 11 % pour le Chili; 10 % pour l'Argentine et 7 % pour la France.


Ces chiffres sont tirés de la Base de données sur le commerce international canadien de marchandises de Statistique Canada, consultée le 10 janvier 2016. Ils ne tiennent pas compte des vins mousseux.

 

Une bouteille de vin sur trois au Québec est du vrac

Saviez-vous que 30 % du vin que nous buvons au Québec a été importé en vrac et embouteillé dans la région de Montréal?

En effet, le Québec a importé 144 millions de litres de vin l'an dernier : 97 en bouteille, 43 en vrac. (En plus de 4 de mousseux)

Une sur trois est du vrac
La proportion de vrac est énorme:  43 sur 144, c'est 30 % ! Donc près d'une bouteille de vin sur trois consommée au Québec est importée en vrac et embouteillée dans des usines de la région de Montréal.

Trente pour cent du vin bu au Québec est du vin en vrac! C'est ce qu'on appelle aussi du vin de dépanneur. Une partie de ce vin est aussi écoulée dans les succursales de la SAQ.

Ce vin en vrac provient surtout d'Australie à 30 %. Ce fut 13 des 43 millions de litres en 2015. Notre deuxième pourvoyeur de vrac est américain avec 7,7 millions de litres (18 %), puis l'Espagne avec 6 millions et la France avec 5,7 millions de litres. Il est à noter que 91 % du vrac français qui entre au Canada est absorbé par le Québec.

0,81 $ la bouteille
Donc, nous disons 43 millions de litres de vin achetés 46 millions de dollars. Ce qui signifie que le prix moyen payé pour le litre de vin importé en vrac au Québec est de 1,08 $. Ce qui donne 0,81 $ la bouteille. Ce vin est ensuite vendu 11 $ et plus dans les épiceries et à la SAQ.

Le Québec est le plus gros importateur de vin en vrac du pays. Nous achetons 38 % du vrac qui rentre au Canada. (43 sur 113 millions de litres.)

Ailleurs au pays
En Colombie-Britannique, la proportion de vrac dans l'importation est encore plus élevée. Elle est de 52 %, donc, il y a plus de vin en vrac importé dans cette province que de vin importé en bouteille. C'est 34 millions de litres de vin en vrac; 29 millions de vin tranquille en bouteille et 2 millions de litres de mousseux. Le vrac provient à 10 millions de litres du Chili; 8 d'Australie et 6 des États-Unis. Il faut dire ici que la Colombie-Britannique produit 20 millions de litres de vin. (winebc)

En Ontario, la proportion de vrac est de 25 %. En Nouvelle-Écosse c'est 36 %. En Alberta, c'est seulement 2 %. La moyenne canadienne est de 30 % de vrac.

Ces chiffres sont tirés de la Base de données sur le commerce international canadien de marchandises de Statistique Canada, consultée le 9 janvier 2016.

Le Canada est le cinquième importateur de vin en vrac au monde
 Allemagne 884 millions de litres;
 Royaume-Uni 476 millions de litres:
 États-Unis 228 millions de litres;
 Russie 172 millions de litres:
 Canada 103 millions de litres de vin en vrac en 2014.
  (Source Wine by Numbers, déc-jan 2014, mars 2015)

 

Le vin en vrac est transporté dans les contenants appelés flexitank, ce sont de grosses poches de polyéthylène de 500 à 24 000 litres transportés dans des conteneurs. L'image du conteneur de vin (flexitank) contenant le sac de polyéthylène provient du site de la compagnie Flexitank.

Sujets connexes


Importation de vin en vrac au Québec: tout un pactole

Le Canada a importé 384 millions de litres de vin en 2014; soit 269 millions de litres de vin tranquille, 103 millions de litres de vin en vrac et 12 millions de litres de mousseux.

Le Québec est le plus gros importateur de vin au Canada avec 143 millions de litres:
soit 99 millions de litres de vin tranquille, 40 millions de litres de vin en vrac et 4 millions de litres de vin mousseux.

Pendant ce temps, l'Ontario en a importé 118 millions de litres de vin, dont 24 millions en vrac.

Le prix moyen du litre de vin tranquille importé en bouteille au Québec est de 6,78 $ (5,08 $ la bouteille).

Ce sont les chiffres de Statistique Canada tiré de leur Base de données sur le commerce international canadien de marchandises.

Vin en bouteille
  millions L millions $ $ L
Québec 99 671 6,78

Le pactole du vrac
Voyons maintenant les chiffres pour l'importation de vin en vrac.
Le Canada importe 269 millions de litres de vin tranquille en bouteille et 103 millions de litres en vrac.

Le Québec importe près de 40 % de ce volume de vin en vrac.

Ce vin en vrac est au Québec acheté et embouteillé par de grandes compagnies (Maison des Futailles-Mondia-Kruger, Constellation-Dumont-Vincor, Paul Masson, Bright, Lassonde et autres) et vendu à la SAQ qui le revend aux épiceries et dépanneurs.

Au Québec, le prix moyen du litre importé en vrac est de 1,18 $, ce qui donne 0,89 $ la bouteille de 750 ml. Ces vins sont vendus à la SAQ et en épicerie à 12, 14 et même 16 $ et plus. Imaginez l'immense bénéfice.

Au Québec, une bouteille sur quatre est achetée au dépanneur. C'est 40 millions de litres qui ont rapporté 322 millions de dollars avant taxes selon les chiffres du dernier rapport annuel de la SAQ. Tout un pactole pour ces compagnies embouteilleuses qui font venir le vin dans des conteneurs de 25 000 litres, les ajustent si nécessaire, les filtrent et les embouteillent dans leurs usines.
 

Vin en vrac
  millions L millions $ $ L
Québec 40 47 1,18

Ce vin en vrac provient en bonne partie d'Australie; soit 11 millions de litres payés 10,2 millions de dollars. C'est-à-dire 92 cents le litre, ce qui donne 69 cents la bouteille.

Parmi ces vins d'Australie, le plus vendu est le Wallaroo Trail : 10,85 $ le 750 ml à la SAQ et 12,49 $ le litre avant taxes chez IGA.

Le Québec a aussi importé 6,5 millions de litres de vin en vrac d'Espagne, payés 5,2 millions de dollars; soit 80 cents le litre. IGA vend le Toro Loco d'Espagne 11,09 $ le litre avant taxes. Un taureau fou pour un profit fou!

______
Sources :

Nos monopoles paient plus cher les vins

Nos monopoles d'achat et de vente de vin (SAQ et LCBO) se vantent d'avoir un fort pouvoir d'achat.

Pourtant, ils paient les vins plus chers que presque tous les autres marchands de vin dans le monde!

C'est ce que nous démontrent les chiffres compilés par l'économiste Paul Daniel Müller.
M. Müller a utilisé les données du Wine by Numbers, édition 2015, qui portent sur l’année 2014.

Ces chiffres révèlent que nos monopoles canadiens paient le champagne 30 euros le litre, alors que les marchands américains le paient 25 euros et que la moyenne des pays acheteurs est de 23 euros. Nos monopoles paient ainsi le champagne 21 % plus cher que les marchands américains et 31 % plus cher que la moyenne de tous les marchands du monde.

Seuls le Nigéria et les Émirats Arabes Unis paient le champagne plus cher que nos monopoles canadiens.

C'est pire encore pour les vins de l'Espagne. Nos monopoles le paient deux fois plus cher que la moyenne des acheteurs, soit 4,46 €, contre 2,06 €.

Nos monopoles paient les mousseux d'Espagne 77 % plus cher que le reste du monde.
Ils paient les vins d'Italie 34 % plus cher. Pire, malgré le fait que nos monopoles sont les principaux clients des producteurs de vin américains, ils le paient 47 % plus cher que les autres acheteurs ! Étrange !

Il y a une seule exception où nos monopoles sont performants. C'est dans l'achat des vins de Bourgogne.
 

    Canada États-Unis Ratio
Canada/ÉU
Toutes
destinations
Ratio
Canada/ Toutes destinations
Origine et catégorie Unité          
France - Champagne Euro/litre 30,06 24,91 1,21 23,02 1,31
France -  Bordeaux Euro/litre 9 10,14 0,89 8,71 1,03
France - Bourgogne Euro/litre 9,4 14,93 0,63 12,72 0,74
Italie Euro/litre 4,21 3,84 1,1 3,15 1,34
Italie - Mousseux Euro/litre 4,78 3,7 1,29 3,5 1,37
Espagne Euro/litre 4,49 4,21 1,07 2,06 2,18
Espagne - Mousseux Euro/litre 4,3 3,16 1,36 2,43 1,77
États-Unis USD/litre 7,64 NA NA 5,21 1,47
Argentine USD/litre 4,29 4,31 1 4,1 1,05
Chili USD/litre 4,2 3,21 1,31 3,35 1,25
Australie AUD/litre 5,1 3,44 1,48 4,43 1,15
Nouvelle-Zélande NZD/litre 10,15 7,55 1,34 8,17 1,24
Afrique du Sud Rand/litre 52,04 41,47 1,25 32,66 1,59

 

«La SAQ est l’un des plus grands acheteurs de vin au monde. Son président affirmait récemment (Radio-Canada, 14 décembre) que le pouvoir d’achat de la SAQ lui permet d’avoir de meilleurs prix à l’importation que dans une situation hypothétique où il aurait plusieurs importateurs au Québec. Les chiffres compilés par Wine by Numbers infirment cette assertion», écrit M. Müller.

Est-ce que ces fortes différences de prix s'expliqueraient par le fait que nos monopoles achèteraient systématiquement des vins de meilleure qualité? «Cette hypothèse n'est pas plausible», dit l'économiste, parce que la différence est dans presque toutes les catégories, même celles qui sont homogènes.

«WBN indique que les monopoles canadiens paient le vin embouteillé américain (7,64 USD) plus du double des importateurs du Royaume-Uni (3,32 USD). Pour que cette hypothèse soit vraie, il faudrait que les monopoles canadiens sélectionnent du vin américain deux fois meilleur que celui sélectionné par les importateurs du Royaume-Uni, un pays qui pourtant a l'habitude du vin européen.»

De plus, les acheteurs de la SAQ obtiennent de meilleurs prix que la moyenne pour les vins de Bourgogne, est-ce à dire qu'ils achètent les moins bons? Ça ne semble pas être le cas.

La valeur du dollar ne semble pas être en cause non plus puisque les chiffres du WBN indiquent année après année que les monopoles canadiens paient constamment plus cher. Ceci signifie aussi que la plupart de leurs transactions sont effectuées en dollars canadiens.

La SAQ veut donc délibérément payer cher les vins qu'elle nous revendra. Est-ce normal?  Pourquoi? C'est que la SAQ utilise une marge bénéficiaire fixe, écrit M. Müller. «Normalement, les détaillants privés font jouer la concurrence entre leurs fournisseurs pour faire baisser les prix de gros. Dans l’alcool par contre, plus les prix de gros sont élevés, plus la SAQ ou la LCBO font de l’argent, car leur marge bénéficiaire est fixe. La SAQ n’a donc pas intérêt à faire baisser les prix des produits importés, plutôt le contraire.»

Alors, pourquoi nos monopoles obtiennent-ils de meilleurs prix pour les vins de Bourgogne?
La question est ouverte. Si vous avez la réponse, faites-le nous savoir à info@vinquebec.com.

Le privé est plus performant
Ces chiffres concernent les vins en bouteille importés par la SAQ. Il y a aussi au Québec une autre industrie qui fait l'importation de vin en vrac pour la SAQ et les épiceries. Le choix est fait par quelques compagnies privées, comme la Maison des Futailles du groupe Kruger et la firme Constellation.

Le Canada a importé 269 millions de litres de vin embouteillé et 103 millions de litres en vrac en 2014.

Là, dans l'importation du vrac, contrairement aux prix obtenus par la SAQ pour les vins en bouteilles, les prix de ces compagnies privés sont concurrentiels et souvent inférieurs à ceux des grands acheteurs du monde, comme les Anglais et les Américains. Comme nous le montrent les chiffres du WBN, ces compagnies canadiennes obtiennent de meilleurs prix que leurs rivales au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Les importateurs canadiens paient le vin en vrac en moyenne 0,94 $ (dollar américain), contre 1,00 $ pour les importateurs américains et 1,35 $ pour ceux du Royaume-Uni. Elles désirent et réussissent ainsi à obtenir de bien meilleurs prix pour le vrac que la SAQ pour les bouteilles.

Selon les chiffres de Statistique Canada, la moyenne des prix payés par le Québec pour l'importation des vins tranquilles en 2014 est de 6,78 $ (dollars canadiens); en Ontario c'est 6,74 $; 6,65 $ au Manitoba; en Colombie-Britannique c'est 6,10 $; 5,75 $ en Saskatchewan; 5,60 $ à l`Île du Prince Édouard; 5,49 $ en Nouvelle-Écosse; 5,34 $ au Nouveau-Brunswick; 7,41 $ à Terre-Neuve et en Alberta c'est 11,25 $. La moyenne canadienne est 7,40 $.
 

_________
Source 
(Ka) Tchin - (Ka) Tchin
, Paul Müller, Économiste et consultant en politique publique.
Wine by Numbers, 2014

Les tendances vin en 2016 au Québec

Qu'elles seront les tendances dans le monde du vin pour cette année 2016 qui commence. L'amateur de vin du Québec est de plus en plus connaisseur. Toutefois l'incertitude économique limite ses ardeurs et le pousse à réfléchir un peu plus ses impulsions de dépenses. Que nous réserve cette année? C'est difficile à prévoir, mais des tendances se dessinent. C'est ce que nous analysons ici.

Bio
Nous entendrons plus souvent parler du vin bio. La tendance est là. Les Européens achètent de plus en plus de vins produits sans pesticides. Ce mouvement au Québec se lève très lentement, mais constamment. L'offre n'est pas encore très forte, presque nulle en épicerie et faible à la SAQ; soit moins de 400 vins sur 8300. Il faut dire aussi que plusieurs producteurs ne veulent pas s'afficher bio. Donc, il y en a peut-être 500 ou 600. Nous verrons aussi de plus en plus de vins dits nature.

Le vin québécois
Le vin québécois va faire son entrée en épicerie. On doit s'attendre à ce que la production québécoise s'accroisse en conséquence. Il reste à espérer que ce sera une croissance en qualité et non seulement en quantité.
Il est possible que l'accroissement des ventes en volume permette aux vignerons québécois d'investir dans la qualité.

Importation privée
Nous ne nous attendons pas à des développements du côté des importations privées. Après deux ans de croissance, elles ont atteint un plafond. Le marché est maintenant saturé. Les ventes de vins en restauration ont plafonné. À moins que le gouvernement permette les ventes à la bouteille et non plus seulement à la caisse, les importations privées vont stagner et rester au même niveau.

Bulles
L'attrait des Québécois pour les vins mousseux va s'accroître. Il y a de plus en plus de mousseux de belle qualité sur notre marché et ils sont de plus en plus publicisés. Les cavas d'Espagne et les crémants des régions de France devraient particulièrement profiter de cette vague parce qu'ils sont maintenant plus savoureux et moins chers que les champagnes.

Le vin au restaurant
Les ventes continueront de diminuer. Ce fut au rythme de 100 000 litres de moins au cours de chacun des deux derniers trimestres. Plusieurs restaurateurs de sont tournés vers les importations privées, mais ces vins sont chers étant donné que la SAQ s'y prend une surprime de 2-3 dollars par bouteille. L'avenir ou la survie des restaurants passera par la vente de vin au verre.

La SAQ
La direction du monopole n'a pas encore publié son plan stratégique pour 2016-2018. Le dernier celui de 2013-2015 prévoyait des revenus de 3,14 milliards pour 2015. Ce fut plutôt 3 milliards. Les ventes stagnent en volume. Le monopole compte sur sa carte de point Inspire pour hausser ou maintenir ses ventes. De plus, il a presque doublé son réseau de succursales à rabais SAQ-Dépôt qui sont passées de 6 à 10. Il a aussi accru le nombre de vin de dépanneur dans ses succursales afin de combler sa faible offre de vin à bas prix.  Il est à prévoir aussi que le dossier de la libéralisation va être encore très discuté.

Vin en épicerie
Les ventes de vin en épicerie progressent plus rapidement qu'en succursale SAQ. C'est maintenant une bouteille sur quatre qui est achetée en épicerie. Les rayons des 8000 épiceries sont plus accessibles et moins intimidants que ceux de la SAQ. Toutefois, l'image du vin de dépanneur n'est pas bonne et il faudra y remédier. Les épiciers sont alimentés par un oligopole d'embouteilleurs de vins importés en vrac. Il se pourrait que le gouvernement assouplisse les règles désuètes qui limitent le commerce du vin dans la province.

Régions qui monteront
Qu'elles sont les régions, les types de vin qui gagneront en popularité? Ce seront celles qui offriront des vins originaux à bon prix. Donc, à surveiller la Sicile, la Vénétie et les Pouilles en Italie; Saumur et Saumur-Champigny dans la Loire; Croze-Hermitage et Saint-Joseph dans le Rhône; Chablis ainsi que les vins du vaste Languedoc. Les vins blancs vont continuer à remonter lentement la pente. Après le gros rouge qui tache, le Québécois se tournera un peu plus vers les vins plus digestes.

Au final, ce sera la recherche de vins de meilleure qualité au meilleur prix possible qui guidera le consommateur en cette année 2016.

Vin Québec.com : 350 000 utilisateurs

Le nombre d'utilisateurs de ce site d'information sur le vin, vinquebec.com, a connu un bond remarquable en 2015.

Passant de 232 000 utilisateurs en 2014 à plus de 350 000 en 2015.

En effet, selon les chiffres de Google Analytics,  350 419 personnes ont visité le site au cours de l'année écoulée.

C'est 558 121 sessions pour 963 643 pages vues.

 

Ce grand bond est dû en bonne partie à une forte hausse de fréquentation du site en mars. En effet, pour ce seul mois de mars, il y a eu 116 000 utilisateurs, comparés à 21 000 en mars 2014.

Qu'est ce qui a causé cette forte hausse de la fréquentation?
Le samedi 21 mars, le texte De l'arsenic dans le Ménager à Trois a été lu par 29 000 personnes; puis par 58 000 le dimanche.

Ce fut ainsi le texte le plus lu de toute l'année, avec 102 000 lectures.
Le deuxième texte le plus lu (en entrées directe) en 2015 fut celui sur le soufre; en troisième place, le Taux de sucre dans le vin rouge; puis La conservation des portos et La conservation du vin une fois la bouteille ouverte.

Les sections les plus visitées du site sont : Recherche; Qualité-Prix; Les meilleurs vins rouges; Meilleurs vins rouges de 15 à 20 $; Grands vins; Listes d'achats; Meilleurs vins rouges de moins de 15 $; la section des vins bio et la liste des Meilleurs vins blancs.

Mensuel et quotidien
Le mois de décembre a été un mois très achalandé avec 38 000 utilisateurs de ce site et 115 000 pages vues; une hausse de 14 % par rapport à décembre 2014.

Le nombre d'utilisateurs mensuels se situe autour de 21 000; par semaine, c'est près de 5000 et quotidiennement c'est un peu plus de 1000 utilisateurs. (Les chiffres ne sont pas cumulatifs parce que des utilisateurs reviennent plusieurs fois.)

Sources du trafic
Selon Google Analytics, les visiteurs arrivent sur ce site à 51 % par des moteurs de recherches; pendant que 25 % y arrivent directement en tapant le lien; 19 % proviennent des réseaux sociaux, principalement de Facebook (9 fois sur 10); et 3 % proviennent d'autres sites, blogues, journaux, forums et fils de presse.

Les visiteurs proviennent à 86 % du Canada et 7 % de France. Vin Québec est surtout consulté sur un écran d'ordinateur (52 %), sur cellulaires (26 %) et sur une tablette (21 %).
 

Nous vous souhaitons une bonne année 2016 !

 Voir aussi les statistiques de l'an dernier.

 

Campagne ridicule de la SAQ!

Cadeau de Noël
Un nouveau jeu inventé par la direction de la SAQ
Un rabais si vous faites livrer du vin dans une succursale qui a déjà !

La direction de la Société des alcools du Québec annonce «une grosse vente» pour aujourd'hui et demain.

«À L'APRÈS-NOËL ON MAGAZINE», dit la publicité de la SAQ.
«Jusqu'à 20 % de rabais - seulement en ligne»
On ajoute «quantités limitées - jusqu'à épuisement des stocks»
«Seulement en ligne»

À première vue, ça semble logique. On voudrait encourager l'achat en ligne. Toutefois, vérification faite, cette opération est parfaitement ridicule !

Le premier des 9 vins annoncés pour rabais est le Brolio Chianti-Classico, coiffé du titre «Rabais de 5,00 $ accordé au panier». On clique sur le produit et on lit «Livraison en succursale gratuite à l'achat de 75 $ ou plus.» Et «Livraison à domicile pour 12 $ par commande». Il y en a 1656 en ligne. Donc, on peut le faire livrer dans 265 succursales. Toutefois, ce qui est ridicule c'est que ce produit est disponible dans presque toutes les succursales (378 des 403). Alors, expliquez-nous pourquoi vouloir faire livrer un vin dans sa succursale, s'il y est déjà?

De plus, ce produit est aussi dans 3 SAQ-Dépôt, là où on peut l'avoir à 15 % de rabais.

C'est la même chose pour le deuxième produit en ligne: le Secco-Bertani Verona est offert avec un rabais minime de 3,65 $ au panier pour livraison dans 265 succursales alors qu'il est déjà dans 342 succursales ainsi que dans les 10 SAQ Dépôt à 15 % de rabais !

Puis le Prosecco Zonin 15,95 $ à un «Rabais de 2,00 $ accordé au panier». Ce vin est pourtant disponible dans 300 magasins et dans 3 SAQ Dépôt ! De plus il est 14,80 $ en Ontario.

Bravo pour l'effort d'illogisme !

Ou est-ce un nouveau jeu, cadeau de Noël de la direction de la SAQ?
Faites livrer dans une succursale près de chez vous du vin qui s'y trouve déjà!
 

Préparez votre visite à la SAQ

La semaine du 21 au 27 décembre est la semaine la plus achalandée de l'année dans les magasins de la société des alcools du Québec.
«La semaine de Noël est celle qui enregistre le plus grand nombre de transactions», nous dit la SAQ.

«Quant aux ventes, la journée la plus importante de l’année est généralement le 23 décembre.»
Il y a du monde dans les magasins. Vaut mieux alors se préparer.

Voici deux moyens pour vous aider à faire vos achats sans trop stresser.

1. Faire une liste d'achat
Pour cela vous pouvez utiliser les services gratuits de vinquebec.com. Vous y trouverez des listes toutes prêtes à être imprimées, comme celles-ci vinquebec.com/lesmeilleursvins
Dans chaque liste, nous avons inclus le numéro du produit. En cliquant sur celui-ci, vous pouvez voir quelles sont les succursales qui ont ce vin en stock. En cliquant sur le nom du vin, vous trouverez aussi une description de celui-ci.
Vous pouvez aussi consulter l'inventaire du magasin avant d'y aller.

2. Consultez l'inventaire de votre succursale
Depuis deux ans, nous pouvons voir le stock de la succursale avant d'y aller.
On clique sur ce lien Trouver une succursale. Puis, on choisit la succursale que l'on s'apprête à visiter.

On voit alors ce menu qui nous permet de faire défiler tous les produits du magasin et de sélectionner par catégories: vin rouge; vin blanc; mousseux...

Par exemple, si vous cliquez sur mousseux, vous pouvez alors voir tous les mousseux disponibles à cette succursale. Vous pouvez aussi les sélectionner par prix, par pays et par région. C'est très utile !

De l'aide
Sur place, n'hésitez pas à poser des questions au personnel. Ils n'ont pas goûté tous les vins de leur stock, mais la plupart des employés de la SAQ se feront un plaisir de vous conseiller et de vous trouver les bouteilles désirées.

Arrière-boutique
L'inventaire nous monte aussi les vins en arrière-boutique.
Il y a beaucoup de vins en magasin cette semaine. Tout n'est pas sur les tablettes. Souvent, certaines belles bouteilles que vous voulez sont encore dans l'arrière-boutique, dans l'entrepôt du magasin. Il ne faut pas hésiter à demander au personnel d'aller les chercher. Ils le feront pour vous.

Donc
Une liste d'achat lesmeilleursvins
Ou voir l'inventaire du magasin.

Joyeux Noël !

Qui a peur de perdre le milliard de la SAQ?

La CSN a lancé une campagne d'information pour contrer la libéralisation de la vente du vin au Québec.
Le principal argument invoqué par le secrétaire général du syndicat est le milliard de dollars que la SAQ verse chaque année au gouvernement. M. Jean Lortie affirme que nous perdrions ce milliard qui irait à l'entreprise privée.

«La SAQ retourne des profits de 1 milliard $ à l’État. Si on donne cet argent au secteur privé, nous ne l’aurons plus pour financer la santé, l’éducation et les infrastructures», rapporte TVA nouvelles.

Vérification des faits: c'est faux.
Il n'a jamais été question de remettre ce milliard à l'entreprise privée.
Je m'étonne que personne n'a relevé l'inexactitude de l'argument du patron du syndicat!

Ce milliard provient des ventes en succursales de la SAQ, mais aussi des ventes en épicerie, en restauration et en importation privée. Donc, même les 8000 épiceries et dépanneurs qui sont toutes privées contribuent à ce dividende d'un milliard. Car une bouteille de vin sur quatre achetée au Québec l'est en épicerie. Sur chaque bouteille de vin achetée en épicerie et dépanneur, de 4 à 7 dollars vont à la SAQ qui l'inclue dans ce milliard versé au gouvernement.

Ce dividende de 1 milliard est un montant exigé chaque année par le ministre des Finances. Advenant une libéralisation, le gouvernement ne laissera pas tomber ce milliard. Il n'est donc pas question de le donner à l'entreprise privée. C'est un revenu de l'État et une forme de taxe.

Ainsi, l'Alberta lorsqu'elle a privatisé son réseau de distribution d'alcool a conservé son dividende qui était de 400 millions à l'époque et qui est maintenant de plus de 700 millions de dollars.

Donc, il n'y a aucune crainte à avoir; cessons de nous faire des peurs; nous conserverons ce milliard. Ouf!

  Lire aussi Le milliard de la SAQ, novembre 2014
  Entrevue de Jean Lortie de la CSN à Radio-Canada, La CSN lance la campagne notre SAQ. 18 décembre 2015
  La CSN à la défense de la SAQ  TVA Nouvelles , 14 décembre
 

 

La SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat!

On entend beaucoup parler du soi-disant fort pouvoir d'achat de la Société des alcools du Québec (SAQ).
Notre monopole serait le plus grand acheteur de vin importé au monde.

La semaine dernière, le président de la SAQ a mentionné à plusieurs reprises dans une entrevue à Radio-Canada  ce pouvoir d'achat.

Pourtant, son pouvoir d'achat, la SAQ ne l'utilise pas; sauf pour un type de vin!

La SAQ ne veut pas avoir de vin à bas prix!
Lorsque la SAQ veut acheter du vin, elle ne demande pas le moins cher. Ce n'est pas comme cela que ça marche.
La SAQ procède par appels d'offres pour garnir son répertoire de vins courants.
Et elle fixe un prix minimum pour chaque appel d'offres.

Prenons un exemple actuel. La SAQ annonce qu'elle a besoin de deux vins rouges de la vallée du Rhône pour son répertoire de vins courants. Elle lance un appel d'offres. Elle dit qu'elle va retirer trois vins de cette section pour les remplacer par deux nouveaux. Toutefois, elle fixe un prix minimum : 17,50 $

Ça peut sembler étrange! En effet, lorsqu'un grossiste recherche un nouveau produit, il vise à avoir ce produit au plus bas prix, mais pas les acheteurs de la SAQ. D'ailleurs, ils fixent l'appel d'offres en fonction non pas du prix de gros (le coutant), mais du prix de détail après majoration et taxes.

Donc, la SAQ lance un appel d'offres «Plan d'introduction: 2 vins; 17,50 $ à 19,95 $ segment prioritaire stratégique pour la catégorie Vin rg France Vallée du Rhône»


Pourquoi ce prix. Il n'y a qu'un vin dans ce groupe de prix de cette catégorie et ses ventes ont été en baisse de -6,2 % au cours de la dernière année. Par contre, les 6 vins du segment de 12,00 $-14,95 $ a connu une hausse de 10,5 % !

Le vigneron et son agent
L'appel d'offres est lancé. Prenons maintenant un exemple (fictif) de conversation entre un producteur de vin et son agent au Québec qui veulent remporter cet appel d'offres.

Vigneron — «Je veux entrer à la SAQ. Je vais assembler un vin qui se nommera Cuvée du Papy. Il me coûte 3 $, je vais le vendre à la SAQ 4 $.

Agent — Ce n'est pas comme ça que ça marche! Si tu offres ton vin à 4 $, il se détaillera après majoration SAQ et taxes à 14,25 $. À ce prix, tu n'es pas conforme à l'appel d'offres. Fais un effort supplémentaire.

Vigneron — Ok, je vais vous le vendre à 6 $.

Agent — Oui, à 6 $, ça donnera 17,45 $ et là, ta demande sera étudiée. (Voir tableau)

Vigneron — Bravo, je vais faire pas mal d'argent!

Agent — Pas si vite. Oui, mais pas tant que ça, parce qu'il faut prévoir un budget de promotion. Il faut que tu t'engages à dépenser de l'argent pour la pub. Je propose que tu t'engages à dépenser X $ dans les circulaires de la SAQ. De plus, la SAQ a une revue Tchin Tchin, tu devrais promettre Y $ en pub. Puis, il faut aussi promettre de dépenser Z $ en pub sur ton vin dans la presse.

Vigneron — D'accord.

Agent — Il faut aussi acheter des points.

Vigneron — Des points? Acheter des points! Qu'est ce que c'est que ça?

Agent — C'est nouveau et super. La SAQ a maintenant une carte de fidélité appelée SAQ Inspire. Je propose que tu t'engages à offrir 1000 points pour ton vin un week-end par semestre.

Vigeron — 1000 points! C'est beaucoup!

Agent — Bien non, ce n'est rien. Ce n'est qu'un dollar par bouteille. De plus, ce serait bien de promettre une réduction de 2 $ sur ta bouteille pendant la vente du printemps.

Vigneron — 2 $ c'est beaucoup, non ?

Agent — Bien non, tu vends ton vin 2 $ de plus que tu voulais à l'origine.»

C'est ainsi que cela fonctionne. Alors, expliquez-nous monsieur le président où est le fort pouvoir d'achat de la SAQ et en quoi le consommateur en bénéficie?

Ils sont tous pareils
La SAQ n'est pas le seul monopole du vin à agir ainsi. La Régie des alcools de l'Ontario (RAO LCBO) fait de même. Elle se l'est déjà fait reprocher d'ailleurs par le vérificateur général de l'Ontario.

«Dans le secteur privé, les grands détaillants profitent de leur pouvoir d’achat pour négocier des prix inférieurs auprès des fournisseurs. Bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs d’alcool au monde, la RAO ne met pas l’accent sur l’obtention du prix le plus bas possible pour un produit. Le prix qu’elle paye est plutôt fondé sur le prix de détail qu’elle veut demander pour le produit. La RAO soumet aux fournisseurs une fourchette de prix dans laquelle elle souhaite vendre un produit», écrit le vérificateur général de l'Ontario.

Le vérificateur de l'Ontario notait que ce système est le même qu'à la SAQ. «Dans notre Rapport annuel 2011, nous avions noté que la RAO avait de nombreuses pratiques d’approvisionnement bien établies comparables à celles d’autres administrations canadiennes et d’autres monopoles gouvernementaux.»

Mandat de rapporter de l'argent
En somme «la structure de prix fixes de la RAO ne favorise pas la négociation de prix de gros inférieurs, qui entraîneraient des prix de détail moins élevés qui, à leur tour, généreraient moins de profits. Cela va à l’encontre du mandat de la RAO, qui vise à générer des profits pour la province.»

C'est ainsi que cela fonctionne dans nos monopoles d'achats. On veut payer cher, pour vendre cher et donner au ministre des Finances le milliard qu'il a commandé.

J'ai dit en début d'article que les acheteurs de la SAQ n'utilisaient la force de leur pouvoir d'achat que pour un seul type de vin. Lequel? Le grand cru. Ils obtiennent de bons prix pour les grands crus de Bordeaux, de Bourgogne et de Bolghérie. De plus, la marge qu'ils appliquent à ces vins est trois fois plus petite que celle des vins dits à petit prix. Alors, bravo pour les riches qui peuvent en profiter, mais nous petits consommateurs, on profite de nous!


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Le nombre de vins à moins de 15 $ remonte à 600

Le choix de vins à moins de 15 $ recommence à monter à la Société des alcools du Québec.

Après avoir connu un creux de 493 en août 2014; le nombre de vins à moins de 15 $ s'établit aujourd'hui à 600.

Il revient ainsi au niveau de février 2014. Mais on est loin des 900 de 2013 et de 1040 de 2009.

Après avoir été fortement critiqué pour la diminution de son offre de vins à bon prix; après avoir constaté la stagnation de ses ventes en volume; ainsi que la hausse des ventes en épiceries, la direction de la société d'État a décidé de faire marche arrière et de revamper son offre de vins à moins de 15 dollars.

De ces 600 vins de moins de 15 $: 141 sont de France et 96 d'Italie; sont 362 rouges et 31 se retrouvent seulement dans les SAQ Dépôts.

La SAQ a ainsi fait entrer dans ses succursales les forts populaires vins de dépanneurs de la marque Wallaroo Trail — meilleur vendeur en épicerie et dans tout le Québec — ainsi que plusieurs vins de cépage à moins de 12 dollars.