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Beaucoup de lectures sur le vin

Il y a beaucoup de textes intéressants sur le vin publiés aujourd'hui.

Commençons par les allergies au vin, ou plutôt les intolérances au vin qu'on attribuait à tort aux sulfites. Ce serait faux. L'intolérance au vin serait plutôt causée par l'éthanal, voir le texte de Karyne Duplessis-Piché dans le journal La Presse de ce matin. Quelle est la cause de l'intolérance au vin?

Toujours dans La Presse un très beau texte de Mario Girard sur Michel Phaneuf Le goût de vaincre.

Puis, Les cinq du vin, le meilleur blogue du vin au monde (pour faire mon Américain), reprend un texte intitulé Pourquoi il y a-t-il toujours autant de vins défectueux sur le marché?
Vous avez peut-être déjà lu le texte ici, mais il faut lire les commentaires publiés à la suite de l'article par de grands spécialistes du vin. Vous trouverez aussi d'autres commentaires sur la page Facebook de Vincent Pousson. N'hésitez pas à publier d'autres informations, suggestions et opinions dans ces forums.
 

Pourquoi il y a toujours des vins défectueux?

Pourquoi y a-t-il encore des vins défectueux sur notre marché?

Il y a des vins qui sentent le moisi, le carton, le linge salle, les sandales mouillées, l'écurie, la ferme, les légumes bouillis, le liège, la cave humide, les saucisses et même les égouts!

Et ça continue, ça ne semble pas s'améliorer, tout au contraire, on en trouve de plus en plus.

Lors d'une dégustation récente de trois vins de trois millésimes, il y avait un vin défectueux dans chacune des séries!

On commence par trois vins de saint-émilion du domaine Château Fonbel des millésimes 2006, 2008 et 2009. Le premier a des odeurs d’écurie et est très amer.

Puis on continue avec trois Léoville-Poyférré, de la commune de Saint-Julien, les 1990, 1995 et 2000. Les deux premiers sont délicieux, le 2000 sent la cave humide, le liège et goute le petit vin. Donc attaqué par les TCA.

La troisième série nous amène en Espagne avec le fameux Mas la Plana, des millésimes 2000, 2001 et 2006. À l'aveugle, la plupart des 16 dégustateurs présents ont pris le dernier pour le plus vieux. Il sent les légumes bouillis, la viande faisandée, il n’a plus de fruit en bouche. Il est visiblement oxydé. Son bouchon n’était donc pas étanche.

Ces neuf vins proviennent de la même cave.

Pourquoi un taux de défaut aussi élevé. Pourquoi un si pauvre contrôle de la qualité chez ces grands et gros producteurs?

Imaginez si on trouvait la même chose dans les laits, les yogourts, les confitures, ou autres produits! On en entendrait parler et les fournisseurs amélioreraient le contrôle de la qualité de leurs produits vendus.

Toutefois, dans le domaine du vin, c’est le silence, c’est l'angélisme, c’est l'omerta. On ne parle pas de cela, on ne mentionne pas les produits défectueux. Donc, il n’y a pas de correction, pas d’amélioration et il n’y en aura pas tant que cela est maintenu secret.

Il faudrait que les consommateurs se rebiffent, se plaignent. Ils ne peuvent pas compter sur les critiques de vin, ça n’existe pas. (Comme il y a des critiques de restaurants, de livres, de cinéma...) Les chroniqueurs vins ne font que louanger les vins.

La SAQ elle non plus ne fait rien, d’autant plus que peu de consommateurs font l'effort de retourner les mauvaises bouteilles.

La plupart des défauts des vins sont dus à des bouchons défectueux. Ce sont toujours des bouchons de liège qui soit contaminent le vin, soit laissent passer trop d’air. Le liège est-il le pire ennemi du vin? Il y a aussi les bactéries et les levures de type brettanomyces.

Mais si on n’en parle pas, si on ne dénonce pas, il n’y aura jamais d’amélioration. Tout ce qu'on lit au sujet du vin, ce sont des louanges, alors quoi changer et pourquoi?

Consommateurs de vins, sommes-nous condamnés à être les dindons de la farce. À quand une association de défense des intérêts des consommateurs de vin?

Plan d’action
Que faut-il faire?
Les chroniqueurs vin devraient mentionner à chaque foi un vin défectueux et le publier. Les blogueurs aussi.

Les consommateurs devraient retourner systématiquement les vins défectueux à la SAQ, la Loi de protection du consommateur l'oblige à reprendre ses produits défectueux.

Ainsi en travaillant tous ensemble, nous pourrions améliorer la distribution, la régularité et la constance des vins de qualité sur notre marché.

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Il y a même un coffret qui se vend cher pour nous aider à détecter 12 odeurs défectueuses du vin. Le Nez du vin.

Pour aller plus loin sur ce sujet : Défauts et qualités du vin

La SAQ réduit les prix des coolers de 15 %

La direction de la SAQ réduira le prix des coolers de 15 % à compter du 9 novembre.

Elle coupe ainsi dans sa marge prise sur ces mélanges de spiritueux et de jus appelés coolers.

Les ventes de ces mixtures n'ont cessé de diminuer depuis plusieurs années. En 2006, les coolers, panachées et coktails représentaient 7 % des ventes totales en volume. Ce n'est plus que 3,9 % cette année.

La direction de la SAQ ne dit pas qu'elle est sa marge sur ces produits. Elle ne dit pas non plus quel est le but de cette réduction. Elle déclare toutefois que «cette démarche s’inscrit en complémentarité avec d’autres actions mises en place au cours des derniers mois pour bonifier l’expérience client.»

La SAQ a déjà réduit dans le passé sa marge sur les 1,5 litre ainsi que sur les champagnes.

À quand la réduction de son énorme marge sur les vins?

«D’autres initiatives sont actuellement à l’étude, dont la révision de la structure de majoration pour d’autres catégories de produits», écrit la SAQ. Il y a donc de l'espoir pour les consommateurs de vin.

La direction de la société d'État s'est souvent fait reprocher de taxer plus les pauves que les riches. Ainsi un vin acheté 3,90 $ aux vignerons est vendu 14 $; donc 260 % de plus; alors qu'un vin acheté 50 $ est vendu 99 $; soit 99 % de plus. (Cette majoration comprend la marge de la SAQ qui inclue ses frais d'exploitation et la taxe théorique exigée par le gouvernement et appelée dividende; la taxe spécifique de 1,05 $ la bouteille ainsi que toutes les taxes fédérales et provinciales.)

Les riches acheteurs de vin se trouvent donc à être taxés au taux de 99 %; pendant que les plus pauvres sont taxés à 260 %.

Des députés ont demandé lors de la dernière comparution du président de la SAQ de corriger cette injustice. Le président Alain Brunet a alors promis de tenter de modifier sa politique de marge pourvu que ce soit à coût nul.

Ces coolers sont au nombre de 64. Ils sont un mélange d'alcool et de jus. 41 sont faits au Canada et 18 aux États-Unis. La plupart sont au format de 330 et de 355 millilitres. Des noms: Clamato; Brezzer; Snapple; Dos Locos Lime Tequila; Smirnoff Ice; Palm Bay Ocean Peach Pomelo et autres Mudshake.

Sujets connexes :

Plus de vins blancs

Le vin blanc est négligé au Québec. Pourtant, nous trouvons maintenant de très beaux vins blancs ici.
De plus, le vin blanc s'accorde avec tous les mets, sauf un.

Autrefois, le Québécois était un consommateur de vin blanc, mais la qualité n'était pas au rendez-vous. Depuis, nous nous sommes tournés en masse vers le gros rouge.

Toutefois, depuis quelques années le choix de vin blanc offert au Québec s'est amélioré grandement. Les vignerons en font du meilleur, les représentants au Québec en proposent du meilleur aux gens de la SAQ et les acheteurs de la SAQ en choisissent de meilleurs.

On trouve ainsi de moins en moins de ces blancs acerbes, verts et trop acides.
Pourquoi alors, a-t-on encore de la difficulté à opter pour le blanc?
Parce que l'on craint de tomber sur un vin trop acide ou trop sucré.
C'est effectivement un réel problème, mais qui est moins fréquent qu'autrefois.

Il y a aussi un problème plus grave, mais qui est facile à régler. C'est que nous servons les blancs trop froids, à la sortie du frigo. Ils sont alors à 3 ou 4 degrés. Il faut les laisser monter à 10 ou 12 degrés. À ce niveau l'acidité sera moins tranchante, le fruité plus agréables, le vin aura plus de volume et de rondeur.

Je disais que le vin blanc va avec tout ou presque. En effet, il est le compagnon idéal pour les saucisses, le porc, les volailles, les riz, les salades, les fruits, les fromages, les mets épicés, les poissons, les pizzas, les mets sucrés, les mets grillés, les mets gras, tout, tout sauf la viande rouge saignante. Cependant, si le boeuf est arrosé d'une sauce sucrée ou épicée, le blanc sera préférable.

Vous voyez donc que nous pouvons boire du vin blanc avec plus de 90 % de nos plats!
Faites l'essai au cours des prochaines semaines et vous m'en donnerez des nouvelles.
 

On n'est pas obligé de vider le bouteille!
Les vins blancs se conservent plus longtemps que les rouges au réfrigérateur.
Alors qu'un rouge va s'abimer dans les 3 jours; plusieurs vins blancs vont se conserver 5 jours.
C'est possiblement dû à leur bonne acidité. Les blancs ont des pH souvent inférieurs aux rouges.
Certains blancs seront même meilleurs le lendemain et le surlendemain de leur ouverture.
La qualité des vins blancs offerts au Québec s'améliore encore.
Les ventes augmentent aussi.
En 2009, le vin blanc représentait 23 % des ventes en volume de la SAQ. C'est maintenant 29,6%.
Pendant ce temps, les rouges sont passés de 73 % à 65,8 %.
À la SAQ, il a 8200 vins, dont 2100 blancs.  En ligne: 850 blancs; 2200 rouges.
De France: 1000 blancs; 2700 rouges.   D'Italie: 250 blancs; 1100 rouges.
Donc, on essaie quelques blancs! Vous trouverez ici une belle sélection de vins blancs vinquebec.com/meilleursblancs

La fabuleuse escroquerie de Rudy Kurniwan

Un jeune Chinois arrive d'Indonésie et vend pour des dizaines de millions de dollars de vieilles bouteilles de grands crus à des millionnaires américains. Il emprunte le nom d'un champion de badminton de son pays : Rudy Kurniwan.
Ces supposés vieux grands crus sont en fait composés dans sa cuisine et reproduits en grand nombre par des membres de sa famille en Indonésie.
C'est l'histoire d'un habile fraudeur qui a berné de riches collectionneurs de vin.
Il s'est fait prendre grâce à la ténacité d'un vigneron et de détectives.
Mais des milliers de ces faux grands crus sont encore en circulation dans le monde.
Regardez ce très beau documentaire d'une durée de 1 heure 24 minutes sur ARTE France.
Ça s'appelle Raisins amers. C'est captivant.
 

http://info.arte.tv/fr/raisins-amers-le-film

Les vins de vedettes

Est-ce que les vins de vedettes se vendent bien?

La sommelière télévisuelle Jessica Harnois vient de lancer trois vins d'Italie à son nom.
Elle suit un peu les traces du sommelier François Chartier qui poursuit sa lancée dans les vins en harmonie avec la nourriture.

Il y a aussi le réputé cuisinier de la télévision Ricardo qui vend des casseroles, des recettes et des vins.

On n'aime beaucoup nos vedettes locales au Québec. Eh c'est tant mieux, car on s'est longtemps autoflagellé en disant que l'on se tondait réciproquement la laine sur le dos. Entendons ici que l'on critiquait plus fortement nos vedettes locales, ceux et celles qui on réussi.

Avec Brad Pitt, Gretzki et des joueurs de golf qui mettent leurs noms sur des étiquettes de bouteille de vin, l'exemple est fort et ça semble fonctionner. Les vins de François Chartier se vendent bien. Nous verrons pour ceux de Jessica Harnois.

Mais qu'en est-il des vins de Ricardo Larrivée? Il y a des rumeurs que ses vins vont être retirés du répertoire de la SAQ!

Eh, bien non. Ils ne sont pas retirés. Toutefois, ils changent de répertoire. Ses deux vins d'Afrique du Sud passent du répertoire courant à celui des spécialités, et ce à la demande de son agente, nous dit son agente.

Je vous ai déjà expliqué qu'il faut en vendre beaucoup de bouteilles pour rester dans la section des produits courants. Ce sont des vins qui sont placés dans au centre la plupart des succursales et qui doivent remplir des conditions bien sévères imposées par la direction de la SAQ. Il faut, entre autres, que vous en achetiez pour plus de 1 million de dollars par année; donc 62 000 bouteilles à 16 $. C'est industriel!

Les vins pour la section des spécialités sont achetés en plus petites quantités, ont des objectifs de vente moins élevés et sont placés le long des murs dans les succursales de la SAQ.

Coût des vins importés

Combien ont couté les vins importés au Canada au cours des 6 premiers mois de l'année 2016?

D'où proviennent nos importations?
Est-ce que les prix et les quantités ont augmenté ou diminué?

Chili
3,69
Afr Sud
3,98
Portugal
4,24
Allemagne
4,51
Argentine
4,53
Australie
4,99
Italie
5,13
Espagne
5,31
France
6,05
USA
6,47
N Zélande
7,43

Le Canada a importé 132 millions de litres au cours des 6 premiers mois de 2016, au coût de 955 millions de dollars au prix moyen de 7,21 $ le litre, soit 5,40 $ la bouteille.

C'est une hausse des importations de 0,4 %. Le prix moyen a été haussé de 3 %.

Nous avons surtout importé du vin d'Italie, soit 28 millions de litres. C'est suivi des États-Unis (25), de la France (22) et de l'Australie.

Combien avons-nous payé ces vins. Le prix moyen est de 5,40 $ la bouteille. Toutefois, cette moyenne cache de grandes disparités selon la provenance.

Ainsi, les bouteilles du Chili ont été achetées à 3,69 $ l'unité; celles du Portugal à 4,24 $; celles d'Australie à près de 5 $; celles d'Italie et d'Espagne à un peu plus de 5 $; celles de France à 6 $.

Les prix les plus élevés ont été payés pour les vins des États-Unis (6,47 $) et ceux de Nouvelle-Zélande (7,43 $).

Les prix des bouteilles de France, d'Espagne et d'Argentine ont connu une hausse de 5 % et plus. Ceux du Portugal et de l'Allemagne ont connu une très faible baisse; alors que les autres ont été haussés de 0,3 à 4,1 %.

Ces chiffres proviennent des données de Wine by Numbers publié en août 2016. Ils ne concernent que les vins tranquilles et non les mousseux.

Combien vaut le vin en épicerie?

Le vin que nous achetons dans les épiceries et dépanneurs est du vin importé en vrac et embouteillé dans des usines d'embouteillage au sud de Montréal.

Le vin est transporté ici par bateau dans d'immenses conteneurs de 25 000 litres. Il est embouteillé dans un des 7 ou 8 centres d'embouteillages par des compagnies privées et est vendu à la Société des alcools du Québec qui le revend aux 8000 épiciers du Québec.

Combien ont-ils couté?

Prix du vrac au litre
Afr Sud 0,70$
Espagne
0,71$
Chili 0,74$
Australie 0.89$
Italie 1,40$
USA 1,49$
France 1,64$

Ça dépend beaucoup du pays d'origine. Ça va de 0,70 $ le litre pour le vin en vrac importé de l'Afrique du Sud à 1,80 $ pour celui importé de la Nouvelle-Zélande. Le prix moyen est de 0,96 $ le litre soit l'équivalent de 0,73 $ la bouteille de 750 ml.

Selon les chiffres du Wine by Numbers, le Canada a importé 6 millions de litres de vin en vrac d'Afrique du Sud au cours des 6 premiers moins de l'année 2016 au prix de 0,70 $ le litre. D'Espagne, ce fut presque autant à un cent de plus. Trois fois plus du Chili à quelques cents de plus. Puis 15 millions de litres d'Australie à 0,89 $.

On voit dans le tableau que le vrac d'Europe est beaucoup plus cher. Soit de 1,40 $ pour le vrac d'Italie et 1,64 $ le litre pour celui de France.

Pourtant, les épiciers nous vendent ces vins entre 12 et 15 dollars la bouteille de 750 ml!

Donc, lorsque vous irez à l'épicerie chercher votre vin, vous aurez une idée de ce qu'a couté le liquide dans la bouteille. Soit moins de 0,80 $ à 1,64 $ le litre.

Le vin importé en bouteille a été payé en moyenne 7,21 $ le litre, soit 5,40 $ la bouteille de 750 ml au cours des 6 premiers mois de 2016. 

Nos monopoles raffolent du vrac
Les monopoles du Canada achètent de plus en plus de vin en vrac. Au Québec, la SAQ en vendit 41 millions de litres pour 327 millions $ aux épiceries l'an dernier. La SAQ vend aussi de ces vins dans ses succursales, mais ne l'indique pas sur les bouteilles.

Selon les chiffres du Wine by Numbers, le Canada a importé 64 millions de litres de vin en vrac au cours des 6 premiers mois de 2016. C'est une hausse de 7,2 %. Pendant ce temps, le Canada a importé 132 millions de litres de vin en bouteille; soit une faible hausse de 0,4 %.

Le Québec est le plus gros importateur de vin en vrac du pays. Nous achetons 38 % du vrac qui rentre au Canada d'après les chiffres de Statistiques Canada. (vinquebec.com/node/13073)

Le vin en vrac qui est entré au Canada au cours de ces 6 premiers mois venait surtout du Chili (18 millions de litres) et d'Australie (15 millions de litres).


Wine By Numbers, Il Corriere vinicolo, Import january-june 2016

À lire : Comment est fait le vin en vrac   

Dans la série Le marché du vin au Québec 

Les vins de la sommelière Jessica Harnois

Après François Chartier et Ricardo Larrivée, la réputée sommelière Jessica Harnois lance une gamme de vins signés de son nom. Ça se nomme Bù. Ce sont trois produits faits de vins importés en vrac d'Italie et embouteillés ici au Québec par la compagnie Constellation Brands. Celle qui embouteille les très populaires Wallaroo Trail et Red Revolution. C'est la plus grosse compagnie de vin au Canada et parmi les plus grandes dans le monde avec des ventes de 7 milliards de dollars.

Deux des vins de la série Bù sont vendus en épiceries ainsi qu'à la SAQ; l'autre seulement en épicerie.

Ces trois vins sont en épicerie depuis quelques jours et deux viennent d'arriver aujourd'hui dans près de 300 succursales de la SAQ.

Le communiqué de presse dit que ces vins ont été fait «grâce au travail colossal effectué par la sommelière Jessica Harnois et l'équipe d'experts en vins, dont trois oenologues aguerris.»

Jessica Harnois est une dame qui entreprend beaucoup de choses ces jours-ci. Elle a sa propre entreprise Vin au féminin et a créé le jeu Dégustation Vegas. Pendant quelques années, elle a été acheteuse de vins de prestige pour la SAQ.

Vous trouvez mes commentaires pour chacun de ces vins dans ces pages.

Ce sont des vins achetés en vrac et vendus en épiceries et à la SAQ.

Importé du vin en vrac permet de faire des économies. En effet, le vin importé d'Italie en vrac au Canada a coûté en moyenne cette année l'équivalent de 1,40 $ le 750 ml; alors que le vin importé déjà en bouteille coutait 5,13 $.

Toutefois, nous remarquons que rendu au niveau du consommateur, le vin en vrac embouteillé ici se vend presque au même prix que le vin importé en bouteille!

Deux des vins de Mme Harnois sont vendus à la fois en épicerie et à la SAQ. La SAQ se donne le droit de vendre du vin d'épicerie; alors que les épiciers n'ont pas le droit d'acheter du vin de qualité à la SAQ!

Est-ce que j'achèterais ces vins?
Non.
Pourquoi?
Premièrement, parce qu'ils sont trop chers pour la qualité. Les deux rouges devraient se vendre de 8 à 11 $.
Deuxièmement, ces deux rouges ressemblent à des centaines d'autres rouges déjà sur notre marché.

Sont-ils meilleurs que d'autres vins vendus en épicerie?
Oui, meilleur que ces nombreuses piquettes vendues en épicerie et dans les dépanneurs.
Être pris pour acheter en épicerie, je prendrais la bouteille de vin blanc signée par Jessica.

Jessica Harnois dit vouloir redorer l'image des vins en épicerie. Son vin blanc est une petite amélioration de l'offre en épicerie — une goute de vin dans les 8000 dépanneurs. Toutefois, la vraie solution pour améliorer l'offre en épicerie c'est de permettre aux épiciers d'acheter du vin de qualité, du vin au répertoire de la Société des alcools du Québec.

Si la SAQ a le droit de vendre du vin de dépanneurs; les dépanneurs devraient avoir le droit de vendre du vin de la SAQ.

Les trois vins de Jessica
Bù Spendido
Bù Glissando
Bù Vivere

Pic Saint Loup obtient l'AOC

Le terroir de Pic Saint Loup passe finalement en AOC. Il était nommé jusqu'ici Côteaux du Languedoc Pic Saint Loup. Il suit ainsi les traces  des Terrasses du Larzac qui a été reconnu l'an dernier.

C'est un terroir situé juste au nord de la ville de Montpellier au pied du Pic Saint Loup à 30 kilomètres de la Méditerranée.

Lors d'une dégustation à Terroirs et Millésimes en Languedoc en avril dernier, plusieurs vins de cette nouvelle appellation se sont démarqués par leur grande qualité, dont le Jamais Content 2012 du Domaine de Mortiès, ainsi que le Carra 2013 du Château Lascaux et le Clos Marginiai 2012 du Domaine Zumbaum Tomasi, tous en culture bio.

Puis sur place au pied du Pic, nous avons apprécié la Tour du Roc; un Mortiès 2013; en rosé: l'Arbouse 2014 du Mas de Bruguière et le Mescladis de Pierre Clavel.

Les cépages de l'appellation sont la syrah, le grenache et le mourvèdre. On utilise aussi du carignan et du cinsault. On autorise aussi la counoisse, le grenache gris et le morrastel. On y produit du rouge et un peu de rosé.  Il y a 58 domaines, dont certains bien connus au Québec : le Château de Lancyre; le Domaine de l'Hortus et le Château de Caseneuve.

Le climat y est particulier au pied des Cévennes et à quelques pas de la Méditerranée. Donc, du froid, du chaud et des pluies et de grandes amplitudes thermiques. Des vents traversent ce couloir de vigne: la Tramontante, le Mistral et le Marin.

La vigne a été dévastée par un violent orage de grêle le 17 août dernier, détruisant près de 50 % de la récolte. Certains vignerons ont presque tout perdu.

L'AOC reconnait donc le caractère qualitatif et original des vins de Pic Saint Loup. Voici un extrait du cahier de charges.

«Au nord de Montpellier, la zone géographique forme un ensemble adossé au massif calcaire du pic Saint-Loup (658 mètres) et de l’Hortus (512 mètres). La succession de crêtes, falaises calcaires et de combes protège le vignoble des vents violents venant du Nord. Secteur parmi les plus frais de la région languedocienne, avec température moyenne de 12,3°C, il bénéficie d’une pluviométrie annuelle moyenne de 900 millimètres. Ces conditions sont particulièrement favorables au cépage syrah N. Avec une couleur variant du grenat au pourpre, les vins rouges développent des arômes de fruits rouges plus ou moins confits, de réglisse, ainsi qu’une belle fraîcheur, avec finesse et élégance, tandis que les vins rosés sont frais et gourmands.»

Pour en savoir plus sur cette belle appellation Pic Saint Loup consultez le site www.pic-saint-loup.com

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Un critique qui ose critiquer

Il y a des critiques de cinéma, des critiques de restaurant, des critiques de livre, d'opéra, de théâtre... mais est-ce qu'il y a des critiques vin ?
Ils sont très rares ceux qui osent critiquer les vins.
Et pour cause. Il se font critiquer lorsqu'ils osent.

C'est ce qui vient d'arriver à un excellent journaliste du vin, David Cobbold. Il écrit dans plusieurs médias français. Cette semaine il a commenté une de ses dégustations sur le très bon blogue Les cinq du vin. Une dégustation de vin de la maison Muré en Alsace. Il a jugé les vins pas très bons. «Herbacé, austère, peu de plaisir, amertume, métallique, dur, peu agréable, bouchonné», sont parmi les mots qu'il a employés pour décrire six vins de cette maison. Un seul vin a semblé bon.

Le critique met des gants blancs! «Voilà, j’ai essayé d’être honnête envers mes sensations en dégustant les vins, à la bonne température et dans de bons verres, faut-il le préciser. Cela ne me fait pas plaisir de dire du mal de vins d’un producteur, à fortiori un producteur dont j’ai très souvent loué les qualités. Mais la déception fait partie de notre métier, et il faut toujours l’assumer», at-il écrit en conclusion.

II devait s'y attendre — car il est en France — les commentaires ont fusé: «Je me demande s'il est heureux de rédiger un article comme celui-ci»; «cela va à l'encontre du système établi»; «Boire une bouteille de vin qui se trouve sur une table sans avoir piétiner/marcher dans la vigne et sans avoir rencontrer les vignerons!… reste un jugement de peu de valeur»; «Vous faites ici littéralement un procès immonde à ce producteur et votre argumentaire se base sur une dégustation réalisée dans une période où les habitués du domaine savent pertinemment que de nombreux vins ne peuvent pas s'exprimer correctement».

Comme on dit les wine lovers sont nombreux, mais les wine critics sont rares.

Vous lisez louanges après louages sur les vins; et tout d'un coup arrive un gars qui dit que des vins ne sont pas bien bons. Ça frappe!

Pourtant, dans les critiques de film il y en a de toutes les sortes, des bons films, des très bons et des navets. Pourquoi dans le monde du vin tout doit être toujours bon?

Dans le monde du cinéma, le critique est loin du cinéaste. Pendant que dans le monde du vin, le chroniqueur vin (je n'ose employé le mot critique) est proche du vigneron et de ses agents. Il craint de ne plus être invité, de ne plus recevoir d'échantillon. C'est probablement la promiscuité qui rend la critique presque impossible dans le bucolique monde du vin. Il y a peut-être aussi autre chose, cherchons, nous y reviendrons.

 C'est à lire La déception fait partie de notre métier, malheureusement.
    Lire ainsi que les commentaires.

Sur le même sujet :

La LCBO n'utilise pas son fort pouvoir d'achat

La régie des alcools de l'Ontario (LCBO) est une société d'État qui a le monopole de la vente de vin importé en gros et de détail en Ontario.

Pourtant, la LCBO ne fonctionne pas comme un grossiste ou un détaillant privé classique et n'y ressemble même pas, nous dit le premier rapport du Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux.

L'examen de ce conseil révèle que «contrairement à ce que de nombreux Ontariens croient, la LCBO n'établit pas réellement le prix de détail des boissons alcoolisées dans la province.»

Comment les prix sont-ils fixés alors?
Automatiquement!
En effet, la LCBO fixe le prix de détail en appliquant simplement et mécaniquement une majoration fixe pour tous les vins.

Le prix de détail est fixé automatiquement par un multiple du prix d'achat.

«Bien que la LCBO cherche à offrir le meilleur prix aux consommateurs dans ses fourchettes de pris, elle n'établit pas le prix de gros ou le prix de détail des produits qu'elle achète et vend; sa marge d'exploitation découle tout simplement de cette majoration fixe.»

Ce mode de fonctionnement entraine des aberrations.

«Comme la majoration de la LCBO sur le vin et les spiritueux correspond à un pourcentage du prix du fournisseur, les diminutions de prix que les fournisseurs consentent ont pour effet de réduire le bénéfice de la LCBO.»

«Par conséquent, la LCBO a peu intérêt à utiliser son pouvoir d'achat pour réduire le prix qu'elle paie aux fournisseurs et, par extension, le prix qu'elle demande aux consommateurs.»

Gros acheteur, petit négociateur
Ainsi, «la LCBO est l'un des plus gros acheteurs de boissons alcoolisées dans le monde, mais elle n'a pas intérêt à utiliser son grand pouvoir d'achat pour réduire le cout des produits vendus (CPV), comme le ferait tout autre grossiste ou détaillant commercial typique.»

De plus, comme la fixation des prix se fait dans un carcan rigide, les employés de la société des alcools ne se donnent pas la liberté de faire varier les prix en fonction des volumes de ventes, des saisons, des fêtes, des évènements, des occasions de ventes, comme le font les autres commerces de détail.

Paye plus cher
Le Conseil de la première ministre de l'Ontario a aussi analysé les prix d'achat et de vente de 42 produits disponibles dans les magasins d'alcools du Canada d'après une liste fournie par l'Association canadienne des sociétés des alcools.

«Nous avons été surpris par les résultats selon lesquels, dans de nombreux cas, les fournisseurs reçoivent des prix plus élevés en Ontario que dans d'autres provinces.»
Cet écart moyen est de 3 % pour les vins.

La LCBO paie plus cher les vins que les autres monopoles!

Donc, les acheteurs de la LCBO paient plus cher les mêmes vins que les autres monopoles du Canada!

Malgré cela, les prix de détail de la LCBO sont inférieurs à la moyenne nationale! C'est que les marges des autres monopoles sont plus élevées.

Ce système de majoration fixe est néfaste pour les consommateurs, pour les contribuables et pour le gouvernement de l'Ontario. «En raison du recours à la majoration fixe, la LCBO ne peut maximiser ses profits et, en fait, transfère l'argent des contribuables aux fournisseurs.»

Dans un deuxième rapport, mise à jour en mars dernier, le Conseil note que des intervenants se sont opposés à ce que la LCBO profite de son fort pouvoir d'achat. Sans nommer ces intervenants, le Conseil écrit qu'ils «font valoir qu'il serait inapproprié pour la LCBO de profiter pleinement de son pouvoir d'achat puisque l'organisme constitue en somme un monopole d'État.»

Un parallèle  avec la SAQ
Ceci nous rappelle ce qu'a dénoncé la vérificatrice générale du Québec qui a aussi reproché à la Société des alcools du Québec ne ne pas utiliser son grand pouvoir d'achat.

Deux monopoles, deux monopoles semblables !

______
Sources :

Rapport initial : Le Conseil consultatif de la
première ministre pour la gestion des biens provinciaux,
Section 3; 23 décembre 2015

Atteindre un juste équilibre : Modernisation de la vente au détail et de la distribution du vin et des spiritueux en Ontario, 18 février 2016, mis à jour 4 marts 2016

Rapport 2016 de la Vérificatrice générale du Québec, Chapitre 6, art 34, p. 12

Sujets connexes :

 

La LCBO est peu rentable !

La Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) est peu rentable !

Ceci semble étonnant et difficile à comprendre vu que cette société d'État transmet près de 2 milliards de dollars par année au gouvernement de l'Ontario.

Pourtant, c'est bien ce que dit le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux.

«La LCBO, comme la plupart des détaillants, est une entreprise dont la marge bénéficiaire est très faible», dit le conseil consultatif présidé par Ed Clark, anciennement PDG de la Banque Toronto Dominion.

Comment expliquer ce qui semble être un paradoxe?
La LCBO calcule mal son rendement, dit le Conseil, par «une surévaluation des bénéfices : en combinant les impôts théoriques aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.»

La LCBO confond donc ses profits avec ce que le Conseil appelle les «taxes théoriques»; ces dernières sont le total des sommes exigées par le ministre des Finances au titre de redevances.

Le Conseil estime donc «que la LCBO peut être améliorée en traitant de façon distincte son réel profit et les taxes théoriques qu'elle perçoit».

Le Conseil demande donc aux dirigeants de la société d'État de modifier leurs rapports financiers pour qu'il soit «possible d'évaluer plus précisément les marges bénéficiaires de la LCBO.»

Parallèle avec la SAQ
Les mêmes remarques pourraient s'appliquer à la Société des alcools du Québec. En effet, la direction de la SAQ prétend que le milliard exigé en début d'année par le ministre des Finances fait partie de son profit; alors que c'est plutôt une taxe théorique. Incidemment, le gouvernement pourrait transformer ce soi-disant dividende en taxes qui pourrait être de 5 $ la bouteille ou en pourcentage du prix ou les deux.

Revenons à la LCBO
Le Conseil de la première ministre a aussi étudié les coûts d'exploitation, dont les salaires des 7700 employés de cette société d'État. La main-d'oeuvre compte pour près de la moitié de ses frais d'exploitation.

Au Québec, le dernier rapport annuel de la SAQ nous dit que la rémunération de ses 7537 employés représente 68% des frais d'exploitation.

«Notre examen consultatif a comparé les salaires de la LCBO à ceux de plusieurs sociétés comparables du secteur privé (Canadian Tire, Pharmaprix et La Source) et a établit qu'en moyenne, les salaires de la LCBO étaient de 90 % supérieurs à ceux des détaillants canadiens typiques.»

Pire, le salaire moyen des employés permanents est de 26$ alors qu'il est de 11 $ dans les sociétés comparables, dit le rapport du Conseil.

Il note aussi que le travail le dimanche est rémunéré comme étant deux jours et demi. «Cela n'est pas conforme à la situation de la concurrence et fait en sorte qu'il est extrêmement couteux d'ouvrir les magasins le dimanche.»

Autre aberration: «dans 30 magasins du réseau de la LCBO, le gérant du magasin, qui n'est pas syndiqué, gagne moins que l'assistant-gérant, qui est syndiqué.»

En conclusion, le Conseil de la première ministre lance un avertissement. «Il est dans l'intérêt de tous les intervenants que la LCBO puisse évoluer en tant qu'organisme axé sur le client. Si elle ne peut pas s'adapter, les pressions visant à accroitre la concurrence au-delà de ce que nous avons proposé s'accentueront.»

Le conseil consultatif a proposé que l'on permette la vente de vin importé dans un certain nombre d'épiceries. Ce que le gouvernement a accepté.

______
Source : Rapport initial : Le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, Section 3; 23 décembre 2015

Demain : La LCBO ne veut pas utiliser son fort pouvoir d'achat !

Du vin dans des épiceries de l'Ontario

Des épiceries de l'Ontario pourront vendre des vins importés.

Jusqu'à maintenant, seule la LCBO, tout comme la SAQ au Québec, pouvait vendre des vins importés en bouteilles.

Le gouvernement de l'Ontario a choisi 70 épiceries qui pourront vendre du vin canadien et importé dès le 28 octobre.

Parmi ce premier groupe d'épiceries choisies par la LCBO il y a des succursales de Loblaws, Metro, Sobeys, Fresh Marquet Foods, Wal-Mart et autres.

D'ici quelques années ce seront 300 des 1500 épiceries de la province qui pourront vendre du vin.

Plusieurs épiceries de l'Ontario ont déjà la permission de vendre de la bière et du cidre. Elles seront à terme au nombre de 450. Donc, certaines épiceries pourront vendre à la fois de la bière, du cidre et du vin.

Les épiceries achèteront le vin importé par l'intermédiaire de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) comme le font déjà 217 magasins-agences en milieu rural. Elles devront vendre le vin au prix indiqué par la LCBO.

Elles ne pourront pas vendre de vin en bas de 10,95 $ la bouteille de 750 ml ou de moins de 14,05 $ le litre; ni de vin de gros producteurs pour les 3 prochaines années; ni de vin fait de mélange de vin ou de raisins provenant de différents pays. Les épiciers devront respecter toute une série de restrictions.

Ils ne pourront pas offrir des produits gratuits ou à prix réduit subordonnés à l'achat de bière ou de vin; ni accepter de paiement dans le cadre de programme de fidélité ou de programme de récompenses de marketing, y compris des coupons, des billets, des points ou des récompenses.

Une loi spéciale a été adoptée à cet effet, loi étrangement appelée Sale of liquor in government stores. Ontario Regulation 232/16.

Cette autorisation de vendre du vin dans les épiceries découle des recommandations du Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, dirigé par Ed Clark ancien PDG de la banque Toronto Dominion.

Le ministre des Finances de l'Ontario dit que «les changements apportés à la vente de vin au détail en Ontario donneront aux producteurs vinicoles l’accès à un nouveau canal de distribution au détail, permettront aux épiciers d’accroître leur chiffre d’affaires et offriront plus de commodité et de choix aux consommateurs. Le fait de pouvoir acheter du vin en plus d’autres produits d’alimentation offrira plus de commodité. Les consommateurs profiteront aussi d’un plus grand choix de vins ontariens locaux, ainsi que de vins de partout au pays et d’ailleurs dans le monde.»

La SAQ vend deux fois plus cher le vin en succursale qu'aux épiceries

Le dernier sommaire des ventes de la SAQ pour le premier trimestre 2016 d'avril à juin nous apprend que la SAQ a vendu 35,4 millions de bouteilles de vin dans ses succursales pendant qu'elle en vendait l'équivalent de 13,4 millions de bouteilles de 750 ml aux épiceries.

Tout ceci pour un total de 434 millions de dollars en succursales et 82,4 millions de dollars aux épiceries. (1)

Ce qui signifie que le vin vendu en succursales est au prix moyen de 12,25 $ pendant que le vin vendu aux épiciers l'est à 6,15 $ la bouteille. (Avant taxes de ventes dans les deux cas.)

Ce vin vendu par la SAQ aux épiceries est du vin qui est importé en vrac.

Le prix moyen du vin en vrac acheté par les monopoles canadiens en 2015 est de 0,74 $ (2). Ce vin est mis en bouteille dans des installations privées au Canada puis revendu à la SAQ qui le vend ensuite aux épiciers qui le revendent aux consommateurs à environ 12 $ la bouteille.

Nous ne savons pas quel est le prix que la SAQ paye aux embouteilleurs Constellation Kruger-Maison des Futailles et autres.

Ce que nous savons toutefois, c'est que ce vin est importé à 0,74 $ la bouteille, est embouteillé au Québec, puis vendu 6,15 $ par la SAQ aux épiciers qui le revendent 12 $. C’est tout un pactole et surtout tout un bénéfice pour ces trois intermédiaires que sont la SAQ, les embouteilleurs et les épiciers.

Ainsi, lorsque le vigneron reçoit moins de 1 dollar pour son vin, des intermédiaires au Québec se font plus de 10 dollars sur son vin!

Ventes vin SAQ 1er trimestre 2016
  Bouteilles
millions
Dollard
millions
Prix
bouteille
Succursales SAQ 35,4 434   12,25$
Épiceries et dépanneurs 13,4 82,4 6.15$

 

Sujets connexes:

_____
  (1) Rapport trimestriel SAQ, 1er trimestre 2016
  (2) Selon les chiffres de Wine by Numbers

Vin : croissance en épicerie; décroissance en succursale SAQ

La SAQ annonce des résultats mitigés pour le premier trimestre de 2016 terminé le 18 juin.
 
Elle révèle de faibles hausses des ventes de 0,8 % et des bénéfices de 1,1 %.
 
Toutefois lorsque nous regardons ces chiffres plus en détail, nous constatons une grande différence entre les ventes en succursales et aux épiceries.
 
Ventes totales en volume
Épiceries      + 11 %   10,1 millions de litres
Succursales - 2,5 %  34,6 millions de litres
 
En argent, la SAQ annonce des ventes en hausse de 0,8 % à 690 millions $.
 
Dans les succursales ce fut en fait une baisse de 612 à 608 millions $, compensée par une hausse de 73 à 82 millions $ aux épiceries.
 
C'est la troisième fois de suite que les ventes baissent en succursales lors du premier trimestre.
2014    614,7  M$
2015    612,1
2016    608,4
 
La SAQ affiche un bénéfice brut en hausse de 1,1 % à 368,5 M$.
Là encore, la hausse est due aux ventes aux épiceries dont le bénéfice est passé de 36 à 41 millions $; pendant que celui en succursales baissait de 327,9 à 327,1 millions de dollars.
 
La SAQ explique ces faibles hausses par le fait que les ventes de Pâques ont été comptabilisées dans le trimestre précédent.

  Source : Rapport trimestriel SAQ, 1er trimestre 2016-2017

Les cépages les plus répandus à la SAQ

Cabernet sauvignon 1046
Pinot noir 922
Syrah 915
Merlot 857
Chardonnay 663
Grenache 643
Cabernet franc 463
Sauvignon 303
Sangiovese 295
Mourvèdre 277
Tempranillo 230
Carignan 223
Petit Verdot 185
Riesling 162
Nebbiolo 160
Shiraz 137
Viognier 134
Gamay
134

Plusieurs amateurs de vin achètent le vin en fonction du cépage.

Il y a des amateurs de cabernet sauvignon, de pinot noir, de chardonnay, de riesling...

Le site internet de la SAQ indique 365 cépages pour ses 7593 vins au format de 750 ml. (Site consulté le 9 août.)

Le plus répandu est le cabernet sauvignon avec plus de 1000 vins qui en contiennent.

Il est suivi d'assez près par le pinot noir dans 922 vins et par la syrah dans 915 vins. Si on ajoute les 137 shiraz à ce dernier, on obtient 1052 vins. Donc la syrah/shiraz serait alors le cépage le plus répandu dans le répertoire de la SAQ.

Le merlot suit avec 857 vins et plus loin nous retrouvons le chardonnay et le grenache noir avec plus de 640 vins chacun.

Beaucoup plus loin, nous voyons le cabernet franc dans 463 vins et le sauvignon blanc dans 303 vins, suivis par le sangiovese à 295 vins et le mourvèdre dans 277 vins.

Dans un peu plus de 220 vins, nous voyons ensuite le tempranillo et le carignan.

Ce décompte ne teint pas compte des vins mousseux.

De nombreux cépages ne se retrouvent que dans un seul produit.

Connaissez-vous les suivants : le bursona longanesii; le baroque; le callet-fogoneu; le chenanson; le sussumaniello; le vien de nus; le nuragus; le grand noir et le cococciola?

Pour connaitre un peu certains de ces cépages, consultez notre page sur les cépages.

Trop grands nos magasins de la SAQ

Les magasins de la SAQ sont trop grands. Il y a trop de produits.
«J’entre dans un magasin de la SAQ, et c’est comme arriver dans la Tour de Babel».

Ce n'est pas un client ordinaire qui dit cela. C'est la rédactrice en chef de la revue Vins et Vignobles.

Mme Nicole Barette Ryan est dans le monde du vin depuis des dizaines d'années. Elle en connait plus que la moyenne du consommateur lambda. Si elle-même s'y perd dans ces grandes surfaces que sont nos SAQ; alors, imaginez comment se sent le consommateur ordinaire devant ces mille bouteilles.
C'est un commentaire qu'on entend souvent. — Trop, c'est trop. On ne sait pas quoi choisir!

Mme Barette aimerait retrouver ici ces magasins comme à Paris qui se spécialisent dans le bio ou la biodynamie ou les vins nature; ou encore les vins du Rhône, de la Loire, des champagnes ou autres. On y fait de petites dégustations et le client peut choisir du vin à son goût. «Maintenant que les Québécois ont apprivoisé le vin, je crois qu’ils seraient prêts à expérimenter le vin autrement», dit-elle en terminant son éditorial par un «On peut toujours rêver !!!»

C'est un point de vue fort intéressant. Vive la diversité, mais pas dans la confusion!
Vous pouvez lire son éditorial dans l'édition courante du magazine Vins et Vignobles.

Pour avoir une idée de ce qu'est ce genre de magasin, voyez le texte de Marie-Louise Banyols sur un caviste de Barcelone.
 

Loire, Italie et Nouvelle-Zélande en hausse

Les vins de Loire, d'Italie, de Nouvelle-Zélande, du Languedoc, du Chili, d'Argentine et les rouges de Bourgogne sont en hausse aux rayons des vins de spécialité de la SAQ.

Par contre les vins d'Australie et d'Alsace sont en baisse.

Les ventes des 490 vins de Loire, en rouge et en blanc se sont accrues de 18 %, à 21,8 millions $, dans la section des vins de spécialité de la SAQ.

Pendant ce temps, les 1700 vins rouges de Bourgogne ont connu une hausse de 11 % à près de 15 millions $.

Les ventes des 830 vins d'Italie (hors Piémont, Toscane, Vénitie et les îles) ont monté de 10 % à 32 millions $.
Ce fut 10 % pour les 323 vins du Chili à 13 millions $.

Celles des 500 vins du Languedoc ont connu une hausse de 9 % à près de 23 millions $.

L'Argentine aussi est en hausse de 8 % à 16 millions $ pour ses 280 vins.

Les 660 vins d'Australie ont baissé de 4 % à 8 millions.
Les 312 vins d'Alsace ont baissé encore de 2 % à 3,7 millions.

Devant ces tendances, la SAQ cherche à bonifier son offre pour les blancs de la Loire; de Nouvelle-Zélande; d'Italie; du Languedoc-Roussillon et d'Argentine entre autres.

 

Appels d'offres à prix planché par la SAQ

La direction de la SAQ ne nie pas qu'elle fait des appels d'offre à prix plancher! 

Le Journal de Québec publie aujourd'hui en première page que la SAQ fait des appels d'offres en demandant un prix pas trop bas, ce que pourtant lui avait reproché la Vérificatrice générale du Québec.

«Fustigée récemment par la vérifi­catrice générale pour cette prati­que, la Société des alcools du Québec (SAQ) continue de lancer des appels d’offres avec un prix de vente plancher fixé d’avance dans les succursales», écrit je journaliste Pierre Couture.

En effet, la SAQ a lancé un appel d'offres pour deux mousseux rosés, mais exige qu'ils soient proposés à un prix qui devra être supérieur à 11,95 $. Ceci empêche des producteurs de proposer des vins à un prix plus bas.

Comme, nous l'écrivions en juin: un producteur qui a un surplus ou qui voudrait faire un rabais pour entrer sur notre marché ne pourra pas nous faire de rabais. Il devra hausser son prix de départ pour atteindre le prix de détail plancher fixé par la SAQ.

La vérificatrice générale, Mme Guylaine Leclerc, avait critiqué ce procédé. «Pour aider les fournisseurs, la SAQ leur fournit une calculette afin qu’ils puissent déterminer si leur produit se situe dans la fourchette de prix mentionnée
dans l’appel d’offres. Si leur produit ne se classe pas dans cette fourchette de prix de détail, il sera refusé par la SAQ. En procédant ainsi, cette dernière annonce à l’avance le prix qu’elle veut payer. Si leur produit ne se classe pas dans cette fourchette de prix de détail, il sera refusé par la SAQ. En procédant ainsi, cette dernière annonce à l’avance le prix qu’elle veut payer.» (Chap 6; art. 34)

La SAQ annonce donc à l'avance le prix qu'elle veut payer. La direction de la SAQ avait promis de corriger. Mais non, on continue.

Se produit aussi
La réponse de la direction de la SAQ à l'article du journal est délicieuse. «Précisons que le phénomène inverse à la situation énoncée dans l’article se produit aussi», dit le communiqué appelé «rectificatif» de la SAQ. 

La SAQ ajoute aussi que ces prix sont aussi bons que ceux de la LCBO, mais oublie de mentionner que la LCBO fait aussi de tels appels d'offres à prix plancher comme le lui avait reproché le vérificateur général de l'Ontario en 2011.

Dans son communiqué d'aujourd'hui, la direction de la SAQ précise que «Dans son rapport déposé en mai dernier, la vérificatrice générale du Québec recommandait "d’examiner périodiquement la Politique d’achat et de mise en marché pour y inclure les meilleures pratiques en matière d’acquisition et mettre en place des moyens pour favoriser l’obtention des conditions d’achat les plus avantageuses". La SAQ avait alors souscrit publiquement à cette recommandation et travaille en ce sens.»

Le Québec est un des plus gros fournisseurs de vin en vrac aux É.-U.

Le Québec est un des plus gros exportateurs de vin en vrac aux États-Unis.

Ça semble incroyable, n'est-ce pas?

L'organisme FranceAgriMer publie des chiffres sur les exportations de vin aux États-Unis. Ces chiffres mis en ligne hier nous apprennent que les importations de vin en vrac ont fortement augmenté aux États-Unis ces dernières années.

On y apprend aussi que les deux principaux exportateurs de vins en vrac vers ce pays sont le Chili et le Canada. Chacun d’eux accapare 26 % des parts de marché de vin en vrac importé aux États-Unis.

L'an dernier, c'était 31 % pour le Chili et 21 % pour le Canada.

Le Canada a ainsi dépassé l'Australie et l'Argentine.

Le Canada exporte donc plus de vin en vrac aux États-Unis que l'Australie, l'Argentine, l'Italie et l'Espagne.

Le Canada exporte même deux fois plus de vin en vrac aux É.-U. que l'Italie!

Le Canada a exporté 71 millions de litres de vin en vrac en 2015, selon les chiffres de Statistique Canada (exportations domestiques au format de 2 litres et plus).

Qui au Canada exporte tant de vrac?
Je supposais l'Ontario, mais non, c'est le Québec.

En effet, toujours d'après Statistique Canada, le Québec a exporté 45 de ces 71 millions de litres, pendant que l'Ontario n'en exportait que 8 millions, la Colombie-Britannique 0 et l'Alberta 18 millions. Étonnant!

Exportations domestiques, vin, litres (2015)
Canada 71 000 000
  Québec 45 000 000
  Alberta 18 000 000
  Ontario  8 000 000

Mais d'où vient ce vin exporté par l'Alberta et le Québec?
Est-ce de la réexportation?
D'après Statistique Canada, la réexportation de vin en vrac a été de seulement 19 231 litres pour tout le Canada et ce fut envoyé à Hong Kong et à Saint Pierre et Miquelon!

Donc, le Québec exporte 45 millions de litres de vin en vrac outre frontière. Pour vous donner une idée de ce que représentent 45 millions de litres, disons que les ventes totales de vin au Québec, en SAQ et en épicerie ont été de 160 millions de litres en 2014-2015, toujours selon les chiffres de Statistique Canada.

Donc, nous exportons en vrac, l'équivalent du quart de notre consommation totale de vin.

L'organisme fédéral nous apprend aussi que ces 45 millions de litres se sont vendus pour 26 millions de dollars. Ça ne fait pas cher le litre! Soit 0,58 $ le litre.

Comment ce fait-il qu'on ne peut pas avoir de vin à moins de 10 $ le litre au Québec, alors qu'on en vend 44 millions aux Américains à 58 cents?

Mais où va ce vin aux États-Unis?
Les chiffres de Statistique Canada nous disent que ça va principalement au Kentucky, en Illinois, en Arkansas et au Maine. Il y en a même presque 1 million de litres qui vont directement en Californie.

58 cents le litre, c'est une moyenne.

Les 21 millions de litres vendus à l'Illinois, en 2015,  l'ont été pour 4 millions de dollars; soit à 20 cents le litre. (Pour y être distillés peut-être.)

C'est un marché en pleine croissance puisqu'en 2010 le Québec exportait 10 millions des 13 millions de litres de vin canadien en vrac aux États-Unis.

D'après les tableaux des douanes compilés par Statistique Canada, l'exportation de vins québécois en vrac aux États-Unis a débuté en 1997 avec une expédition de 141 000 litres en Alaska. Puis cela a rapidement monté à 12 millions de litres en 2002, destiné presque entièrement au New Jersey. Puis, pour retomber à moins de 2 millions de litres en 2006; pour reprendre à 6 millions en 2008, principalement au Maryland; puis 10 millions en 2010; 17 en 2013; 36 en 2014 et notre 45 millions de litres l'an dernier. (L'Alberta a commencé en 2003; l'Ontario en 1988.)

Nous exportons du vin en vrac seulement aux États-Unis, sauf pour un petit 640 litres (1452$) à Saint Pierre et Miquelon en 2015. L'Ontario a aussi exporté une petite quantité à fort prix à Cuba: 62 000 litres (260 000$).

La production de vin fait avec des raisins vraiment du Québec est d'environ 2 millions de litres. Alors qu'est-ce que ce 45 millions de litres?

L'importation
Étrangement, le Québec a importé presque la même quantité de vrac en 2015, soit 44,5 millions de litres; principalement d'Australie et d'Espagne à un peu plus de 1,00 $ le litre.

Le dernier rapport annuel de la SAQ nous dit qu'elle en a vendu 41 millions de litres aux épiceries et dépanneurs et que la SAQ en a vendu elle-même plusieurs millions de litres dans ses succursales et agences en épiceries.

By Unknown early 1900s text writing in coptic and arabic [Public domain], via Wikimedia CommonsCeci n'explique pas cela. Alors d'où viennent ces 45 millions de litres que le Québec vend aux Américains moins cher que ce qu'on importe?

Les noces de Cana (da)
Et qu'en est-il de l'Alberta qui a exporté 18 millions de litres de vin en vrac et qui en a importé seulement 627 000 litres?

Il est tout de même étrange que Québec, qui n'est pas un grand producteur de vin, se trouve à être dans le peloton de tête des exportations de vin en vrac aux É-U avec de grands producteurs comme le Chili et l'Australie. Est-ce que cela ressemble aux Noces de Cana? — Ou sont-ce les noces de Canada?

Le Québec semble donc avoir développé une expertise dans le domaine du vin en vrac!

Sources :
Les importations étrangères - bilan 2015, FranceAgriMer, 28 juillet 2016
Statistique Canada, Base de données sur le commerce international canadien de marchandises, Tableau 980-0022   22. Exportations domestiques
Rapport annuel 2016 SAQ
Du vrac canadien aux États-Unis, Vin Québec, oct. 2015

Une caisse ou deux à la SAQ Dépôt

On trouve de plus en plus de belles choses dans les 10 magasins SAQ Dépôt de la SAQ.

Ces succursales à rabais sont devenues les endroits les plus populaires du réseau des 406 magasins de la SAQ.

Les ventes de ces 10 magasins approchent les 300 millions de dollars. Deux de ces magasins entrepôts vendent chacun pour plus de 50 millions de dollars.

La plupart des clients achètent au moins 12 bouteilles afin de profiter du rabais de 15 %.
Ce rabais est payé par les fabricants et non par la SAQ.

On y trouve maintenant des vins des grandes maisons, telles Antinori, Chapoutier, Perrin, Boissset, Jolivet, Batasiolo, et Willm. On y vend aussi le Chateau Simard et le grand vin d'Osoyoos Larose. On peut y dénicher des portos de Taylor Flagate et Offley, des champagnes des maisons Laurent-Perrier, Mumm, Pommery et Duval-Leroy; ainsi que des mousseux de Parés Balta, d'Antech et de Laurens.

On y trouve même des vins de François Chartier et de Ricardo Larrivée.

La plupart des vins y sont à moins de 20 $ dans ces 10 dépôts.
Il y a même 127 vins qui sont réservés exclusivement à ces magasins.

Toutefois, certaines régions sont dépourvues de ces grands magasins, dont le Bas-Saint-Laurent; la Gaspésie, la Côte-Nord et l'Abitibi.

La SAQ Dépot de Montréal est la mieux garnie avec 1000 produits, dont 780 vins.

Il n'y a plus seulement que des vins bas de gamme dans ces gros magasins. On peut maintenant y faire de belles trouvailles.

Nous mettrons donc à jour régulièrement la liste des meilleurs vins à la SAQ Dépôt vinquebec.com/meilleursdepot

Voici quelques-uns de ces vins qu'il est préférable d'acheter dans ces magasins afin de profiter du rabais de 15 %.

$/L indique le prix au litre.

Des Québécois honorés par l'Organisation internationale du vin

Des Québécois reçoivent un prix de l'Organisation de la Vigne et du Vin (OIV) pour leurs publications.

Le Jury des Prix de l’OIV a attribué 12 prix et 13 mentions spéciales parmi 40 ouvrages sélectionnés à partir de 76 candidatures reçues de 27 pays.

Pascal Patron, Kathleen McNeil et Jean-Luc Jault reçoivent le prix de la catégorie encyclopédie pour leur Manuel de sommellerie professionnelle. Une brique de 754 pages éditée par l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ). (Voir un compte-rendu de ce livre ici.)

De son côté, Jacques Orhron, professeur de sommellerie retraité et auteur, reçoit le prix de la catégorie littérature pour son livre Le vin snob.
Le prof. Orhon y tient des propos décapants sur le milieu des sommeliers qui ont tendance à se prendre trop au sérieux. (Voir le compte-rendu ici.)

Parmi les 12 grands prix, il y a aussi la réédition du Dictionnaire encyclopédique des cépages de Pierre Galet et The Oxford Companion of Wine de Jancis Robinson.

Voyez le Palmarès de l'Édition 2016 de l'OIV dans le site de l'organisme.

 

Achats en ligne à la LCBO

La boutique d'achats en ligne de la LCBO est maintenant ouverte.

Elle démarre avec 5000 produits. La LCBO dit que ce sera 16 000 l'an prochain. (À la SAQ c'est toujours 5000 après plusieurs années.)

De nombreux produits sont même disponibles exclusivement en ligne. C'est le cas pour 450 des 1200 vins rouges et pour près de 200 vins blancs.

Les vins de l'Ontario y sont en assez grand nombre: 135 rouges et 142 blancs. Il y a seulement 11 vins de la Colombie-Britannique.

La livraison est gratuite dans une succursale et 12 $ plus taxe pour livraison à la maison.

La livraison se fera par Postes Canada dans les 2 ou 3 jours à domicile, par contre ça prendra d'une à quatre semaines en succursales.

Le montant minimum de la commande est de 50 $.

La LCBO tient à préciser qu'elle ne livrera pas en dehors de la province de l'Ontario. Toutefois, les résidants de toutes les provinces (et même de l'Afghanistan) peuvent commander, mais doivent faire livrer dans une succursale de l'Ontario.

Le site de livraison de la LCBO est à cette adresse www.lcbo.com
 

Hausse du prix du vin de seulement 7 % depuis 2002

Indice prix à la consommation
Vin acheté en magasin

  2002
2015
Québec 100 107,7
Ontario 100 105,0
Alberta 100 118,8

Le prix des vins avant taxes n'a augmenté que de 7 % au Québec depuis 2002.

C'est évidemment le prix avant taxes.

En Ontario, ce fut une hausse de 5 % et en Alberta de 18 %.

Il est à noter que le prix en Alberta n'a pas augmenté depuis 2009. Il y est depuis ce temps à l'indice 118.

Pendant cette même période, l'indice des prix à la consommation de l'ensemble des produits a augmenté de 24 % au Québec; de 27 % en Ontario et de 33 % en Alberta. (D'après les chiffres de Statistique Canada - tableau CANSIM-0020).

Par contre, le consommateur paie maintenant plus ce +7 %.
C'est que lorsqu'on achète du vin au Québec, on ne voit pas le montant pour les taxes qui sont très nombreuses. En effet, en plus de la marge de 135 % de la SAQ; il y a une taxe spécifique de 1,05 $ la bouteille, en plus de la TVQ et de la TPS. (Voir Le prix d'une bouteille de vin au Québec)


Achat en ligne à la LCBO bientôt

Le monopole des alcools de l'Ontario (LCBO) annonce la mise sur pied bientôt d'un site d'achat en ligne sur lcbo.com.

Ce sera plus de 4000 produits, des vins, des bières et des spiritueux, «dont presque tous vos grands favoris en succursale, à partir de votre téléphone, de votre tablette ou de votre ordinateur», dit la LCBO.

Actuellement, il possible d'acheter en ligne en Ontario, mais seulement sur le site des produits de luxe de la société d'État www.vintagesshoponline.com. On y trouve aujourd'hui environ 400 vins — la plupart à plus de 50 $.

On ne donne pas plus de détails sur ce nouveau service de la LCBO.

Au Québec, saq.com affiche plus de 5000 produits disponibles pour achat en ligne et livraison à la maison ou dans une succursale.

Vin québécois en épicerie : est-ce légal?

Les vignerons du Québec auront bientôt le droit de vendre leurs vins dans les épiceries de la province. Les vignerons étrangers et même canadiens n'auront pas ce droit. Leurs vins sont toujours interdits de vente dans les 8000 épiceries du Québec.
 
Le gouvernement de Colombie-Britannique a aussi permis la vente de vin dans les épiceries de sa province, mais seulement les vins produits dans cette province. Les vignerons du reste du Canada et des autres pays sont exclus.
 
Est-ce légal selon les règles du commerce international?
 
Il semble que non. D'ailleurs, la première ministre de la Colombie-Britannique a reçu une lettre diplomatique de plusieurs gouvernements étrangers.
 
En effet, Glen Korstrom du journal Business in Vancouver rapporte dans son édition d'hier que des représentants au Canada de la Communauté européenne ont envoyé une missive à la première ministre de la province.
 
«B.C. implemented new wine-sale regulations that only allow sales of B.C. wine on grocery store shelves. In that the regulations appear on their face to accord less favourable treatment to imported wine than they do to B.C. wine, we question whether they are consistent with Canada’s commitments as a member of the World Trade Organization – specifically the national treatment obligations

Traduction

«La Colombie-Britannique a imposé de nouvelles règles qui ne permettent que la vente de vin de Colombie- Britannique dans les épiceries. Dans ces règles, il apparait clairement qu'on accorde un traitement moins favorable aux vins importés qu'aux vins de la Colombie-Britannique, nous nous demandons si ces règles sont compatibles avec les engagements du Canada en tant que membre de l'Organisation mondiale du commerce - en particulier les obligations de traitement national.»

La lettre, au ton bien diplomatique, est aussi signée par les représentants au Canada des États-Unis, de l'Australie, du Chili, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande et de l'Argentine.

Mais quelles sont ces «obligations de traitement national»?

Voici ce que dit le traité de l'Organisation mondiale sur le commerce à ce sujet:.

«2. Traitement national: égalité de traitement pour les étrangers et les nationaux. Les produits importés et les produits de fabrication locale doivent être traités de manière égale, du moins une fois que le produit importé a été admis sur le marché. (...) Ce principe du “traitement national” (accorder à d’autres le même traitement que celui qui est appliqué à ses propres nationaux) figure aussi dans tous les trois principaux Accords de l’OMC (article 3 du GATT, article 17 de l’AGCS et article 3 de l’Accord sur les ADPIC)».(OMC)
 
Imaginons donc un instant si ces pays faisaient de même en donnant un traitement défavorable aux produits étrangers  chez eux. Comment pourrions-nous alors exporter nos avions CSeries de Bombardier, nos trains Bombardier, notre papier, nos livres, nos logiciels, nos cidres et nos vins de glace?

Achats de vin en ligne dans trois provinces

Le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique permettront à leurs résidants d'acheter en ligne du vin de chacune de ces provinces via un site internet commun.

Les premiers ministres de ces provinces en sont venus à une entente intérimaire afin de permettre à leux citoyens et producteurs d'acheter et de vendre du vin dans ce «marché commun» de trois provinces.

L'annonce en a été faite aujourd'hui par les premiers ministres Philippe Couillard, Kathleen Wynne et Christy Clark.

La première ministre de l'Ontario a annoncé que la LCBO mettra en ligne un site internet qui regroupera les vins produits dans ces trois provinces. Ce site sera accessible aussi via le site de BC Liquor et de SAQ.com.

Les consommateurs pourront ainsi commander en ligne des vins des autres provinces et le faire livrer par Postes Canada à la maison ou dans un magasin d'une des sociétés d'alcool.

Cette annonce a été faite à 11 h ce matin (heure de Whitehorse ou 14 h heure de l'Est) en marge de la conférence des premiers ministres des provinces du Canada.

Pourquoi ne pas permettre aux consommateurs de commander directement des vignerons des autres provinces?
Le premier ministre du Québec a répondu que cela sera plus compliqué et aurait demandé encore plus de négociations. «Ça aurait pris encore deux ans de négociations» a dit M. Couillard. En attendant de faire mieux, nous posons ce jalon et il y en aura d'autres. Au moins cela permettra en attendant aux consommateurs de commander du vin de l'Ontario et de la Colombie-Britannique et cela permettra à nos vignerons de faire connaitre leurs produits au reste du Canada. C'est un progrès pour les consommateurs et les producteurs.»

«Nous sommes en train de revoir le modèle d'affaire de la SAQ. La réflexion est en cour. C'est un jalon et il y en aura d'autres», a ajouté le premier ministre du Québec.

M. Couillard a aussi invité les autres provinces à se joindre à ce système commun d'achats en ligne. La Nouvelle-Écosse serait intéressée, dit-il.

Un comité de travail interprovincial sera formé afin de trouver des moyens d'améliorer la circulation du vin, de la bière et des spiritueux au pays.

La première ministre de la Colombie-Britannique poussait depuis quelques années ce genre d'entente. Les vins de sa province auront ainsi un accès au vaste marché de l'Ontario et du Québec. L'Ontario profitera aussi du marché du grand nombre  d'amateurs de vins du Québec.

Pour ce qui est du Québec, ce marché commun profitera surtout aux consommateurs friands de nouveautés et de découvertes, les vignerons québécois étant encore trop petits pour tenter de percer dans les deux autres marchés. Ils ont encore à convaincre et conquérir les consommateurs d'ici. De plus, d'ici quelques semaines, ils pourront commencer à vendre leurs vins dans les épiceries de la province.

La Colombie-Britannique produit l'équivalent de plus de 50 millions de bouteilles par année; pour l'Ontario c'est 84 millions de bouteilles. (Chiffres de 2011, Frank et Rimerman)

Cependant, les trois quarts de cette production sont constitués de mélange de vin canadien et de vin étranger. C'est du vin dit «élaboré au Canada» ou «Cellared in Canada» ou encore «International Canadian Blended». Le vin vraiment fait avec des raisins de ces provinces, ceux qui ont le label VQA, représentent 25 % de ces chiffres.

Le Québec déclare l'équivalent 50 millions de bouteilles de vin. Toutefois, plus de 90 % de cette production est le fait d'usines qui embouteillent du vin importé en vrac. La production de vin fait principalement de raisins québécois serait inférieure à 3 millions de bouteilles.

La direction de la SAQ dit accueillir favorablement cette annonce. «La SAQ travaillera de concert avec la LCBO et la LDB afin que l’accessibilité aux produits locaux des trois provinces concernées soit simplifiée pour leurs clients réciproques. Au final, ce sont eux qui seront gagnants!»

De son côté, le député conservateur fédéral Dan Albas qui représente la circonscription viticole de Central Okanagan—Similkameen—Nicola dit que cette entente est «un progrès, mais que c'est décevant. Ce n'est pas ça le libre échange.

Le défenseur du libre commerce du vin au Canada dit que les consommateurs de toutes les provinces devraient être autorisés à communiquer avec les vignerons du pays et se faire livrer leurs vins sans intermédiaire provincial comme la LCBO ou la SAQ.

  Les trois derniers paragraphes ont été ajoutés le 23 juillet à 9 h 40.