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Interdit de commander du vin du Canada

Le gouvernement du Québec annonce qu'il sera toujours interdit de commander du vin d'une autre province du pays.

Le bureau du ministre des Finances Carlos Leitao a précisé hier qu'il permettra — ce qui se fait déjà et est toléré — de rapporter 12 bouteilles de vin du Canada, mais pas d'en commander, ni de s'en faire livrer.

Ceci semble être une façon de court-circuiter les négociations fédérales-procinciales sur les barrières au commerce prévues dans quelques jours.

En effet, le ministre fédéral de l'Industrie, James Moore, a annoncé au début du mois qu'il veut réduire les barrières qui nuisent au commerce intérieur canadien.

«Nous avons aujourd’hui des ententes avec 43 pays. Nous sommes maintenant dans une situation où les entreprises étrangères ont accès à notre économie plus librement que les entreprises canadiennes. Ce n’est pas une situation qui peut continuer», a déclaré le ministre. (Le paradoxe du commerce canadien, La Presse, 7 juillet)
 
Le gouvernement fédéral a tenté il y a deux ans de lever les barrières du commerce du vin au Canada avec la Loi C-311, mais toutes les provinces sauf le Manitoba ont posé des restrictions. Maintenant le Québec, confirme son opposition.

C-311 dit ceci :  «l’importation de vin d’une province à une autre province par un particulier, si celui-ci l’apporte ou le fait apporter selon les quantités et les modalités permises par les lois de cette dernière, pour sa consommation personnelle et non pour la revente ou autre usage commercial.»

Donc, le ministre Leitao ferme la porte à la livraison du vin d'une autre province au Québec. Il contredit aussi son collègue le ministre de l'Économie Jacques D'Aoust qui s'était dit ouvert au libre commerce entre les provinces.

Il serait pourtant si simple de commander du vin d'une autre province tout en payant ses taxes au Québec. Le fournisseur, la LCBO ou le vigneron pourrait facturer la taxe québécoise au lieu de la taxe locale comme cela se fait pour d'autres produits, livres, meubles, appareil électroniques...

La rencontre fédérale-provinciale sur les barrières provinciales au commerce devrait se tenir au mois d'août.

Rappelons aussi que cette annonce du ministre Leitao avait été faite en mars dernier par le gouvernement Marois. (Il sera légal de rapporter du vin canadien, 2 mars 2013)

Disons aussi que l'achat de vin en Ontario est très répandu dans les régions frontalières, comme l'Outaouais. Le Québec encourage même les Ontariens à venir acheter des spiritueux moins chers en Outaouais en ayant installé sa succursale SAQ Dépôt à Hull à deux pas d'un pont venant d'Ottawa.

 

Le président de la SAQ évalue à 80 millions de dollars les achats faits à l'extérieur de la province de Québec.

Si vous voulez aller chercher du vin en Ontario, voici une sélection de bons vins qui y sont moins chers.

Prix vins Québec vs Ontario
  SAQ LCBO Diff Diff %
Georges Duboeuf Beaujolais-Villages 16,00 12,95 3,05 24%
Carmen Reserva Carmenere 13,95 11,45 2,50 22%
Bolla Valpolicella Classico 15,75 12,95 2,80 22%
Monasterio de Las Vinas Gran Reserva 20,60 16,95 3,65 22%
Masi Passo Doble 16,95 13,95 3,00 22%
Cusumano, Syrah 14,45 11,95 2,50 21%
Wolf Blass Yellow Cab-Sauv 18,00 14,95 3,05 20%
Santa Cristina 15,50 12,90 2,60 20%
Château Puyfromage 17,85 14,95 2,90 19%
Carpineto Dogajolo 17,90 15,10 2,80 19%
Cousino Macul Cabernet sauvignon 18,95 16,00 2,95 18%
Gato Negro cab sauv 10,45 8,95 1,50 17%
Château Timberlay 18,55 15,95 2,60 16%
Hoya de Cadenas Tempranillo Res 14,50 12,55 1,95 16%
Celeste Torrres 21,30 18,75 2,55 14%
Gigondas Guigal 36,25 31,95 4,30 13%
Clos de los Siete 24,85 21,95 2,90 13%
Bila-Haut Chapoutier 16,90 14,95 1,95 13%
Georges Duboeuf Brouilly 19,95 17,95 2,00 11%
Folonari 15,50 13,95 1,55 11%
Guigal Côtes du Rhone 20,95 18,95 2,00 11%
Penfolds Koonunga Shiraz/Cab 18,55 16,95 1,60 9%
Monasterio de Las Vinas Reserva 16,30 14,95 1,35 9%
Folonari Ripasso 19,50 17,95 1,55 9%
Liberty School Syrah 20,45 18,95 1,50 8%
@vinquebec 

Entrevues radio de l'auteur sur ce sujet:

Acheter à SAQ Dépôt: avantageux ou non?

Je répondrai oui et non. Ou plutôt non et oui.
 
Le choix de vins s'est amélioré énormément dans les SAQ dépôt. Auparavant on y trouvait surtout des bas de gamme et du vin en vrac. Maintenant, il y a des vins de plus haut niveau, des vins des grandes maisons que sont Antinori, Guigal, Chapoutier et même des vins bio.
 
Il y a même maintenant 143 vins qui sont exclusivement dans ces grandes succursales.
 
Il y a sept de ces supermarchés du vin au Québec. Si on achète 12 bouteilles ont obtient 15 % de rabais. Douze  bouteilles de n'importe quel vin, on peut faire des panachés.
 
En faisant une recherche pour vous suggérer les meilleurs vins qu'on y trouve, j'ai fait une étonnante découverte. 
 
Des vins aux SAQ dépôt sont beaucoup plus cher qu'en Ontario.

Pourquoi percevons-nous les sensations en bouche si différemment?

La réponse: la salive!
Au mois de mai, je faisais une présentation sur les vins du cépage malbec, avec 11 vins à l'appui. Pour l'un des vins, un des participants dit qu'il est très acide et très tannique; un autre s'étonna et affirma que le vin est parfaitement équilibré; puis un troisième se déclara totalement en désaccord affirmant que ce vin est bien mou!

Pourquoi il y a-t-il une si grande différence de perception gustative des tanins et de l'acidité d'une personne a l'autre!
La réponse: la salive.

L'acidité
Nous ne percevons pas l'acidité directement sur la langue, car l'acidité est diluée par la salive. Donc, ce que nous sentons sur la langue, c'est le mélange acide-salive.

Il faut aussi savoir que la production salivaire varie de 1 à 15 selon les individus.
«Le flux salivaire varie d'environ 0,1-0,2 à 1,2-1,5 millilitre par minute.» (Jacques Blouin: Le dictionnaire du vin et de la vigne (Dunod). À l'article Saveurs).

Prenons donc un vin assez vif avec un taux d'acidité de 6 g/l et un pH de 3,3.
Puis deux individus: Gertrude et Gaspard.
Gertrude produit 1 millilitre de salive pendant que Gaspard en produit 15. Lorsque Gertrude va recevoir ce vin, elle va dire que c'est de l'acide à batterie; alors que Gaspard va le trouver mou.

Mais ici Gertrude et Gaspard sont des cas extrêmes; fort heureusement peu nombreux.
En statistique, il y a une forme que l'on rencontre souvent, c'est celle de la cloche.
Sur la verticale, on a la population; sur l'horizontale, la production salivaire: de 1 à 15.

On voit ainsi que ceux qui produisent peu de salive à gauche ainsi que ceux qui en produisent beaucoup à droite sont peu nombreux. La majorité de la population se retrouve au centre, au haut de la cloche où les écarts sont moins grands. Mais tout de même de 6 à 9. Donc un écart de 50 %. Ce qui explique en partie les écarts d'appréciation de l'acidité d'un produit.

Tanins
Maintenant, comment expliquer les différences de sensation tannique d'une personne à l'autre?
La salive encore. Oui, la salive agit comme tampon entre le liquide tannique et la langue, les gencives et le palais.

Qu'est-ce qui confère le caractère lubrifiant de la salive? Les protéines. Que font les tanins lorsqu'ils arrivent en contact avec les protéines? Ils les érodent, leur faisant perdre leurs propriétés salivaires.

Alors, imaginons Gertrude avec sa petite quantité de salive, donc de protéines. Elle aura l'impression d'avoir une boule de papier sablé dans la bouche. Pendant ce temps Gaspard dira que ça commence à être intéressant!

Il y a bien sur aussi d'autres facteurs qui peuvent modifier nos facultés gustatives: tels la nourriture qu'on a absorbée, le temps écoulé depuis le dernier repas, le dentifrice, les médicaments, la fatigue, les stimulations, les émotions, notre état physiologique, nos expériences... Une odeur peut nous faire saliver, la vue d'une belle étiquette, un bruit, le pop d'un bouchon, une pensée réjouissante... La crainte, la peur ou le stress fait le contraire.

Donc, pour une même personne, la production salivaire peut varier d'un moment à l'autre faisant ainsi apparaître un vin tannique; alors qu'il était souple l'instant d'avant ou l'inverse.

En moyenne, au repos la production salivaire est l'équivalent de 100 ml/jour, si nous sommes stimulés c'est 10 fois plus. La production moyenne est de 1,5 litre par jour.

Ainsi, il ne faut pas s'étonner de voir des différences énormes de description d'un vin d'une personne à l'autre. Nous sommes bien différents, uniques même.

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LE VIN BIO EST MEILLEUR

Est-ce que le vin bio est meilleur?
Aujourd'hui, je réponds oui. 
En général, le vin bio est meilleur que le vin en agriculture chimique.
 
Constatation surprenante !
Lors du dernier Millésime en Languedoc, cinq jours de dégustations, où l'on est en contact avec plus de mille vins, j'ai fait une expérience.
 
Il y a tellement de vin, plus de 200 offerts devant nous chaque matin, sans compter les vins aux diners, dans la nature en après-midi, au souper et en soirée. 
 
Alors, comment se faire un plan de match? Les vins sont groupés par couleurs, puis par appellations et par millésimes. Je commence par les rouges. Puis par certaines appellations. Mais là encore, ça fait beaucoup de vin. Je ne peux pas tout goûter. 
 
Je choisis donc de déguster surtout les vins bio. Mais comment les identifier, les retrouver dans cette masse de vins?
 
Il y avait un grand connaisseur dans la place: Pascal Patron, enseignant à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) auteur de deux guides de vins bio.
 
Alors, dès 9 h 30 chaque matin, nous nous lançons dans la dégustation de vins bio. Toutefois, de temps en temps, j'ai dérogé, j'ai dégusté aussi des vins non bio, soit au hasard, soit de producteurs que je connais ou de vignerons réputés. Mais rares furent les vins non bio qui étaient aussi bons que les bio! Ce qui m'a beaucoup étonné!
 
Ainsi, lors de ces cinq jours de dégustation de vins du Languedoc, la proportion de bons et surtout de très bons vins bio était beaucoup plus grande que celle des vins non bio.
 
Donc, je suis porté à en déduire qu'en général les vins bio, du moins ceux du Languedoc, sont bien meilleurs que les vins non bio.

 

 
Des vins bio  vinquebec.com/bio
Il y a 243 vins affichés bio sur le site saq.com.
 

Pourquoi le Ménage à Trois est si populaire

Il y avait une discussion hier sur le réseau social Twitter au sujet du succès du vin Ménage à Trois. La sommelière Jessica Harnois a lancé la discussion en demandant «Pourquoi le monde aime le vin Ménage à Trois?».

C'est le vin le plus vendu au Québec avec plus d'un million et demi de bouteilles. C'est un vin rouge sucré. Il contient l'équivalent de 14 grammes de sucre au litre. On considère qu'un vin est sec lorsqu'il contient 4 grammes et moins. (14 grammes, c'est comme ajouter 3 cuillers à thé de sucre au litre.) (Son prix a été baissé maintenant au niveau de celui de l'Ontario, soit de 19,20 $ à 16,95 $.)

En plus d'être sucré, il n'est pas tannique, pas vif (pas acide) et n'a pas d'amertume. Ce qui fait dire à plusieurs grands connaisseurs de vin que ce n'est pas du bon vin. Plusieurs ne comprennent pas pourquoi ce vin (détesté par les connaisseurs) est si populaire.

C'est la même chose pour le rosé le plus vendu au Québec. C'est un rosé très sucré avec l'équivalent de 37 grammes de sucre au litre et seulement 8,5 % d'alcool, le White Zinfandel de Gallo. (SAQ 11,55 $ - LCBO 9,45 $)

On qualifie ces vins de pelucheux, doucereux, doucinés, compotés et pommadés.

Vin comme bière
C'est pourtant bien simple. C'est le même phénomène avec la bière. Les connaisseurs de bières préfèrent les bières artisanales bien gouteuses; alors que les grands buveux de bière préfèrent la Budweiser ou les bières dry.

Les bières dry ont été mises au point en 1989 pour les Japonais qui n'aimaient pas l'amertume de la bière, mais voulaient quand même en boire. On a donc inventé la Dry en enlevant l'amertume de la bière. Ce fut un succès.

Le Ménage à Trois, c'est un peu comme le Pepsi. C'est sucré et ça répond au «goût de bébé» que nous avons conservé en Amérique. C'est un peu comme mettre trois sucres dans notre café, si on n'aime pas l'amertume du café.

Il n'y a rien d'étonnant à commencer dans le monde du vin par du vin sucré. C'est ce qu'on fait les gens de ma génération. Jeunes nous avons pris contact avec le monde du vin par les Black Tower (29 g/l sucre), Leibfraumilch (38 g/l), Blue Nun (32 g/l). Nos tantes buvaient de l'Oiseau Bleu (voir la vidéo). Des vins blancs sucrés fort populaires à l'époque. Ils sont passés de mode maintenant au Québec.

Aujourd'hui, nous apprécions les vins plus vifs, plus tanniques, plus secs, plus tendus même et quelquefois avec un petit amer en finale.

C'est un processus normal: du sucré vers le sec.
Certains resteront toujours au sucré; d'autres progresseront vers des vins plus secs. Le vin sucré est agréable à boire par lui-même, mais avec la nourriture, il finit par lasser.

Sur le même sujet, voir aussi:

La SAQ perd 400 000 bouteilles!

La SAQ perd la trace d'un grand nombre de bouteilles chaque année.
Le quotidien Le Soleil rapporte ce matin que la SAQ a indiqué dans ses états financiers une perte nette d'inventaire au prix coutant de 2,6 millions de dollars cette année. Si on y ajoute la marge de la SAQ de 135 %, plus les taxes, ça donne 7,8 millions de dollars de perte pour le contribuable.

Si on évalue le prix moyen des bouteilles à 20 $, ça donne une perte de 400 000 bouteilles.

C'est énorme! Plusieurs centaines de milliers de bouteilles dont on perd la trace chaque année.

Des caisses de 11 bouteilles
Il vous est peut-être arrivé de chercher un vin sur saq.com et de constater qu'il n'en reste qu'une bouteille dans la succursale près de chez vous. Vous vous rendez à la succursale et on vous répond que si le site indique qu'il n'en reste qu'une bouteille, «on ne la trouvera pas.» Si ça indique une — et même des fois 2 — on nous dit qu'on ne les trouvera pas.

Prenons quelques exemples sur des vins commentés dernièrement sur vinquebec.com. Commençons par le Gewurztraminer Alois Lageder 10780400, saq.com indique qu'il y en a dans 9 succursales. Mais il n'en reste qu'une bouteille dans 5 de ces 9 succursales; et 2 bouteilles dans une autre. Des bouteilles qu'on ne trouvera pas.

La même chose pour le Estate Argyros Assyrtiko 11901091. Saq.com indique qu'il en reste dans 18 magasins. Toutefois, 6 de ces 18 magasins n'en ont qu'une bouteille.

Et ainsi de suite pour plusieurs autres vins commentés dernièrement:
Baron de Ley 30,25 $ 10 des 84 succursales indiquent en avoir qu'une.
Château Lamartine, Cuvée Expression 2009 40,50 $, 7 des 28 succursales n'en ont qu'une.
Pour le Petit Clos Cahors 19,65 $, c'est 5 des 18 succursales.

Pour plusieurs produits de spécialité, les succursales reçoivent une ou deux caisses. Mais souvent à la fin, l'ordinateur indique qu'il reste une bouteille, mais elle est introuvable. À croire qu'on a des caisses de 11 bouteilles.

De la casse, du vol, des erreurs, des échantillons... Où sont donc passées ces 400 000 bouteilles?

Reprise des négociations sur le commerce interprovincial du vin

Le ministre fédéral de l'Industrie relance les négociations sur l'abolition des barrières au commerce interprovincial.

Dans une entrevue accordée à La Presse, le ministre James Moore a déclaré que «l’élection d’un gouvernement fédéraliste à Québec est le dernier morceau du casse-tête qui manquait pour relancer les négociations entre Ottawa et les provinces pour éliminer les entraves au commerce intérieur.»

Le protectionnisme interprovincial entraînerait des pertes estimées de 40 à 60 milliards de dollars, notamment dans les contrats gouvernementaux et dans le commerce du vin.

Le ministre originaire de la Colombie-Britannique a dit à La Presse qu'il a rencontré son homologie québécois, Jacques D'Aoust, qui lui aurait affirmé que c’est un dossier important et qui est sur le radar de Québec. «C’est la première fois que j’entendais un tel discours (de Québec)», dit le ministre Moore.

«Nous avons aujourd’hui des ententes avec 43 pays. Nous sommes maintenant dans une situation où les entreprises étrangères ont accès à notre économie plus librement que les entreprises canadiennes. Ce n’est pas une situation qui peut continuer», a ajouté le ministre.

Le gouvernement fédéral a tenté il y a deux ans de lever les barrières du commerce du vin au Canada, mais toutes les provinces sauf le Manitoba ont posé des restrictions.

Ce sujet sera à la rencontre au sommet des ministres de l'Industrie au mois d'août.

James Moore souhaite relancer les négociations pour abolir les barrières, Joël-Denis Bellavance, La Presse+ 7 juillet 2014

Les 30 vins de moins de 10 $ représentent 8 % des ventes de la SAQ

Alain BrunetLe nouveau président de la Société des alcools, Alain Brunet, s'est fait poser plusieurs questions sur les prix élevés du vin au Québec, lors de sa comparution devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale le 2 juillet.

Les députés lui ont fait remarquer que l'offre de vin de moins de 15 $ diminuait par rapport à celle des vins plus chers.

M. Brunet a répondu que les vins en bas de 15 dollars étaient très importants pour la SAQ.
Ces vins sont essentiellement dans la section des produits courants. Ce sont de 1000 à 1100 produits. «Le gros des affaires se passe à ce niveau-là. 75 % des ventes se font à l'intérieur de ce répertoire régulier»
M. Brunet a donné quelques chiffres:

  • 8 % des ventes sont faites par les vins à moins 10 $;
  • 24 % pour les vins de 10 à 12,50 $;
  • 25 % pour les vins de 12,50 à 15 $.

«Le pain, pis le beurre, le gros de la business c'est le 1100 produits réguliers.»
«On travaille ça. On convient qu'il faut améliorer ça.»

Pourtant, a une autre question, de Mme Rita de Santis, députée libérale de Bourassa-Sauvé, M. Brunet a répondu que la croissance se fera sur la qualité et non la quantité.
«Les vins en bas de dix dollars sont des vins qui sont en chute libre au niveau des ventes, leur part de marché a baissé constamment au cours des dernières années».

Je ferai remarquer ici que ces vins de moins de 10 $ sont au nombre de 30 actuellement — 30 des 8 000 vins qui représentent à eux seuls 8 % des ventes de la SAQ, selon les chiffres de M. Brunet, c'est remarquable —
Ces vins de moins de 10 $ étaient au nombre de 183 en 2009, 90 en 2012 et de 67 l'an dernier.

Le président de la SAQ ajoute que les besoins du consommateur ont beaucoup évolué au cours des dernières années.

«La croissance elle va venir beaucoup par la qualité des vins et l'offre diversifiée de produits de toutes provenances. Cela a un impact naturellement sur le prix de détail et sur le volume de vente.» Les ventes en volume baissent en partie parce «que les gens vont vers des vins de qualité.»

«Le prix moyen à la SAQ est autour de 15 $ et ça s'apprécie tout le temps. Vous savez qu'il y a une montée en gamme, où les clients sont de plus en plus connaissants.»

Des questions ont été posées sur le recyclage du verre, mais personne n'a mentionné la consigne du verre. Des questions ont aussi été posées sur Twist, sur les succursales dans les supermarchés, mais on n'en a pas appris plus que ce qui a été dit ici et dans les journaux dernièrement. M.Brunet a aussi dit beaucoup s'inquiété de la hausse du coût du pied carré des succursales.

D'autre part, il a nié l'information voulant que la SAQ ne cherche pas vraiment à obtenir le meilleur prix des producteurs.

Concernant les pertes vers l'Ontario, M. Brunet les évalue à 90 millions de dollars au total: Ontario et ailleurs. On a appris aussi que le marché de l'alcool en Outaouais était en croissance de 7 %. M. Brunet n'a toutefois pas répondu au député Marc Carrière qui lui demandait de quantifier cette hausse.

M. Brunet a aussi dit que les ventes par internet ont doublé de 40 à 80 millions, mais il y inclut les achats des restaurateurs qui utilisent maintenant internet pour leurs commandes.

M. Brunet a affirmé à plusieurs reprises qu'il travaille à améliorer l'offre de vins à moins de 15 $. Portant, le site internet de la SAQ semble le contredire aujourd'hui encore.

En effet, sur les 57 nouveautés annoncées sur le site SAQ.com, il y a seulement 5 vins de moins de 15 $.

Le président du conseil d'administration de la SAQ, M. Sylvain Simard, n'était pas à la commission. On l'a dit en voyage.

 Étude des crédits budgétaires 2014-2015 du Ministère des Finances, Vidéo  SAQ à 02,12,00 du début

Le nouveau président de la SAQ comparait en commission parlementaire

Le nouveau président de la SAQ a été interrogé hier à la Commission des finances publiques au Parlement du Québec sur les prix élevés des vins au Québec.

Le député Christian Dubé, porte-parole de la Coalition Avenir Québec sur les Finances et le Conseil du Trésor a fait remarqué au nouveau président que les prix des vins étaient très élevés au Québec. Il lui a demandé s'il en était conscient et s'il allait essayer de les réduire.

M. Brunet a répondu que «dans le modèle, c'est une équation qui est un équilibre fragile entre les revenus de l'État et le prix des consommateurs.» M. Brunet a ajouté qu'il «avait travaillé là-dessus» notamment en réduisant le prix du champagne au niveau de celui de l'Ontario.
M. Brunet ajoute que «cependant il faut ramener les revenus et travailler sur le consommateur.»

Le député Dubé a alors demandé à M. Brunet s'il pouvait envisager de réduire la majoration de la SAQ de sorte qu'un vin acheté 5 $ ne se retrouve pas automatiquement à 16 $ pour le consommateur. Ceci afin de contrer la baisse des ventes et de fournir du vin à bon prix aux consommateurs.

M. Brunet a répondu que «c'est une équation qui est très engageante. Si on parle des vins de 15 piastres autour, c'est 200 à 300 millions des profits, du dividende qui sont là-dedans. Alors, on joue avec des gros chiffres.»

Voir la vidéo qui est un extrait de 3 minutes.

 

Un litre de vin sur trois vendus au Québec est canadien!

Le Québec et l'Ontario sont les deux plus gros consommateurs de vin au Canada.
Au cours de l'année 2012-2013, il s'est vendu 159 millions de litres de vin au Québec; 167 millions en Ontario, 78 millions en Colombie-Britannique, 58 millions en Alberta et seulement 10 millions de litres au Manitoba.

En valeur, au Québec la vente de vin équivaut à 2,3 milliards de dollars, 2,2 milliards en Ontario, 1 milliard en Colombie-Britannique, 614 millions en Alberta et 146 millions de dollars au Manitoba.

Ce qui donne 14,59 $ le litre de vin au Québec; 13,53 $ en Ontario; 12,82 $ en Colombie-Britannique; 10,58 $ en Alberta et 14,60 $ au Manitoba.

Toutefois, ce qui est le plus surprenant dans ces chiffres qu'a publié Statistique Canada en mars, c'est qu'un litre de vin sur trois vendu au Québec est dit «vin canadien». Selon l'organisme de statistique du gouvernement fédéral, 54 des 159 millions de litres vendus au Québec sont du vin canadien!

Statisque Canada divise ses chiffres sur le vin en deux groupes; importés et canadiens.
«Boissons canadiennes - produites au Canada ou mélangées avec les boissons canadiennes.
Boissons importées - boissons importées, soit en bouteilles, soit en vrac et embouteillées par les régies d'alcool.
» (Formulaire de SatCan envoyés aux régies des alcools)

À ma connaissance, les régies n'embouteillent plus, ainsi ce qui est embouteillé au Canada est dit vin canadien. C'est du vin importé en vrac, embouteillé ici et vendu dans les épiceries, dans les magasins des monopoles ainsi que mélangé à la production locale. (C'est un peu comme l'huile d'olive italienne qui provient surtout d'Espagne et de Grèce, mais est embouteillée en Italie.)

Selon Statistique Canada, ce vin canadien représente 503 millions de dollars des 2,3 milliards de ventes de vin au Québec!

C'est en gros les mêmes proportions de vins canadiens pour chaque province. Donc, un litre de vin canadien pour deux litres importés. En Colombie-Britannique, la proportion est plus grande, plus de la moitié du vin y est déclaré canadien.

Si l'on croise ces chiffres de Statistique Canada avec le rapport annuel 2013 de la SAQ, on voit que les épiciers vendent 40 millions de litres de vin, alors si l'on enlève la part des vins québécois (moins de 1 million litres) et les vins de reste du Canada (qui peuvent contenir du vin étranger), on constate que la SAQ vend entre 10 et 12 millions de litres de vin de dépanneur. Les épiciers en vendent pour 321 millions $; alors la SAQ vend pour environ 175 millions de dollars de vins de dépanneurs.

Le vin est près de 40 % plus cher au Québec qu'en Alberta!
On remarque aussi que les prix du vin sont plus élevés au Québec et au Manitoba, soit 38 % plus cher qu'en Alberta où le monopole a été aboli en 1993.

 

Finalement, le vin au Québec est 8 % plus cher que le vin vendu en Ontario, selon les chiffres fournis par les monopoles et provinces à Statistique Canada.

Vins
Québec
Ontario
C.B.
Alb.
Man.
Volume millions litres 159 167 78 58 10
  Vin canadien
54
66
45
23
3
Valeur millions $ 2320 2260 1000 614 146
   Prix par litre.
14,59$
13,53
12,82
10,58
14,60
           
 Vin canadien millions$ 503 740 491 162 40
@vinquebec

Voici un des tableaux de Statistique Canada pour le Québec.

Type de boissons= Total vins