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De gros changements à la SAQ!

Le dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec a été tout un électrochoc pour la direction de la SAQ.

Le président de la société d'État dit avoir eu trois mois pour présenter un plan d'action.

En voici les grandes lignes.

  1. La SAQ négociera finalement les prix de gros avec ses fournisseurs afin d'obtenir de plus bas prix;
  2. Elle ne fixera pas le prix de détail à atteindre lors de ses appels d'offres;
  3. En compensation, elle essayera d'aller chercher plus d'argent des fournisseurs en frais de marketing, de positionnement de produit;
  4. Elle modifiera le calcul régressif de sa majoration qui désavantage actuellement les vins à petits prix pour s'aligner sur une marge linéaire comme en Ontario;
  5. Elle baissera progressivement les prix de ses vins courants afin de les amener au même niveau que ceux de la LCBO de l'Ontario;
  6. Elle maintiendra le nombre de vins à petit prix à 155;
  7. Elle offrira des vins à 8 $.
  8. Elle éliminera plus rapidement les vins qui se vendent peu;
  9. Elle maximisera ses ventes via le web;
  10. Elle réduira la surface totale de ses magasins de 10 % tout en les maintenant au nombre de 400-410;
  11. Elle négociera avec ses employés des horaires en fonction de l'achalandage.

Le président Alain Brunet a présenté un plan de redressement qui contient 37 actions réalisables en 3 ans. Ceci afin de corriger les lacunes dénoncées par la Vérificatrice générale du Québec.
Ce plan a été dévoilé à la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale au début de novembre.

Nous expliquons plus en détail ces points principaux dans les textes suivants:

Le bois mort de la SAQ

  — On va mieux gérer et sortir le bois mort.

C'est ce que promet le président de la Société des alcools du Québec.
Par bois mort, il entend les bouteilles qui prennent de la poussière sur les tablettes.

M. Alain Brunet veut augmenter le taux de roulement des produits et éliminer plus vite ceux qui ne se vendent pas bien.

Il entend d'ailleurs utiliser internet pour faire rouler les vins plus vite. Il appelle ça «la mobilité transactionnelle». Ça concerne surtout les vins dits de spécialité. Ce sont les 10 000 vins en plus petite quantité, quelquefois des vins de niche.

«C'est que tous ces produits-là de spécialité sont difficiles à distribuer. Et s'ils prennent de la poussière sur les tablettes, ils prennent de l'espace, c'est du pied carré. Il ne faut plus qu'ils soient sur les tablettes à prendre de la poussière.»

«Alors, maintenant, on les garde dans l'entrepôt de la SAQ.com, puis, quand on les pousse en magasin, c'est parce qu'ils sont vendus, parce qu'ils ont été tirés par le Web. Dans notre jargon du commerce de détail, on appelle ça le «long tail» : tu gardes l'inventaire virtuel en entrepôt, tu deviens beaucoup plus efficace en matière de gestion des stocks et tu peux accélérer sur l'offre de produits.»

Ils seront poussés et distribuées par le système d'achat en ligne appelé Cliquez, achetez, ramassez. De plus, grâce au Web, la direction de la SAQ compte ainsi réduire de 10 % la surface totale de ses magasins tout en les maintenant au nombre de 400-410.

Ce système d'achat en ligne semble très profitable selon le président Brunet. Il vise aussi à accroitre l'achalandage en magasin. Les clients passent en magasin ramasser leur caisse et dans 30 % des cas, le client achète aussi autre chose.

D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que la SAQ propose en ligne, depuis peu, tous ces nouveaux vins deux semaines avant qu'il ne soit en magasin.  (Voir à ce sujet Réservez des vins qui arriveront dans deux semaines.)

La SAQ va modifier sa majoration

La direction de la Société des alcools du Québec a décidé de modifier le calcul de sa majoration sur les vins.

Longtemps accusée de surtaxer les pauvres, la SAQ a décidé de réagir aux critiques et de modifier cette majoration tant décriée.

 

La majoration actuelle est régressive, c'est-à-dire qu'elle est plus élevée pour les vins à petits prix. Ainsi, après les taxes, un vin acheté par la SAQ 4 $ est vendu 14 $ aux Québécois, soit une majoration de 260 %; pendant qu'un vin acheté 50 $ est vendu 100 $; soit une majoration de 99 %. (La SAQ taxe plus les pauvres)

(Le système actuel de majoration est expliqué plus en détail ici : La majoration de la SAQ.)

Le président de la société d'État a annoncé à un groupe de députés qu'il allait chercher à modifier la majoration de façon à ce qu'elle soit linéaire.

 

«Mais on a une structure qui est régressive ou dégressive, là, qui... dans le fond qui maximisait l'impact en pourcentage sur les petits prix. Mais, comme le volume est là, ça rapportait des grosses sommes. Et ce qu'on veut, c'est réduire le pourcentage pour amener une structure qui est beaucoup plus linéaire.

Alors, nous, ce qu'on veut, c'est rendre notre structure linéaire (comme en Ontario).»

 

En Ontario, la majoration de la LCBO est constante et transparente soit à 71 % pour tous les niveaux de prix.

 

À une question et suggestion du député Nicolas Marceau (PQ), M. Alain Brunet a répondu que «tout est ouvert, même une majoration progressive.» C'est-à-dire qu'il n'écarte pas la possibilité de taxer plus les vins chers que les vins moins chers.

 

Toutefois, M. Brunet a dit que ça ne se fera pas en un jour. «C'est un processus qui va être un long travail exigeant, qui va requérir plusieurs étapes et qui requiert des ressources financières.» Ça pourrait donc prendre 3 ans.

 

De plus le président Brunet dit qu'il ne prendra plus de marge sur les frais fixes tels que les sommes versées à Éduc'alcool et celles réservées à l'environnement. En effet, pour donner 10 cents à Educ'alcool, la SAQ prélevait 30 cents, se gardant ainsi un 20 cents supplémentaire de profit!

Des vins qui arriveront le 29 novembre

Des vins qui arriveront dans deux semaines et que vous pouvez commander aujourd'hui!

C'est une nouvelle méthode de mise en marché adoptée par la SAQ il y a déjà quelques semaines. Le président de la SAQ appelle cela «la mobilité transactionnelle».

Près d'une centaine de vins sont alors affichés en ligne entre mercredi midi et vendredi matin de chaque semaine.

La société d'État veut ainsi faire rouler les stocks plus vite et réduire le nombre de bouteilles qui prennent de la poussière sur les rayons.

M. Alain Vrunet dit que «tous ces produits-là de spécialité sont difficiles à distribuer. Et s'ils prennent de la poussière sur les tablettes, ils prennent de l'espace, c'est du pied carré. Il ne faut plus qu'ils soient sur les tablettes à prendre de la poussière. Alors, maintenant, on les garde dans l'entrepôt de la SAQ.com, puis, quand on les pousse en magasin, c'est parce qu'ils sont vendus (en partie) et parce qu'ils ont été tirés par le Web. Dans notre jargon du commerce de détail, on appelle ça le long tail : tu gardes l'inventaire virtuel en entrepôt, tu deviens beaucoup plus efficace en matière de gestion des stocks et tu peux accélérer l'offre de produits.»
 

Cette semaine, c'est 86 vins, la plupart (53) de France. De 200 à 400 bouteilles de chacun de ces vins sont réservées pour commande en ligne dès aujourd'hui.

En voici quelques-uns qu'il serait intéressant d'essayer.

Domaine Fernand Engel Riesling Réserve 2013  BIO 18,80$

Lyrarakis Kotsifali 2014 14,05$
Nyakas Sauvignon Blanc 2015 15,95$
Domaine Labbé Abymes 2015   16,95$

Domaine De Fenouillet Faugères Combe Rouge 2014   18,75$
Domaine de l'Idylle Mondeuse 2015   19,25$
Clos d'Albizzi Cassis 2015   21,85$

Marchese di Barolo Ruvei Barbera d'Alba 2014  21,95$
Château Sainte-Eulalie La Cantilène 2013   22,80$
Borgogno Barbera-d'Alba Superiore 2014   23$

Bouchard Père & Fils Bourgogne Les Coteaux des Moines 2014   23,95$
Domaine Louis Moreau Chablis 2015   25,25$
Château du Cèdre Cahors 2013   27,15 $

Clos Triguedina 2011   28,85$
Badia a Passignano Chianti-Classico Gran Selezione 2010   43$
Domaine Bott-Geyl Sonnenglanz Grand Cru Pinot Gris 2009   44,50$

Louis Roche La Rose Pauillac 2012 45,75$
Poderi Colla Roncaglie 2012   47,50$

La SAQ va finalement négocier ses prix

De gros changements à la SAQ!
À l'aube de son centenaire,
la Société des alcools du Québec
va finalement négocier les prix de gros
avec ses fournisseurs de vin!

Nous l'avons expliqué ici à plusieurs reprises. La SAQ ne cherchait pas à obtenir les meilleurs prix. Tout au contraire: elle voulait payer cher pour vendre cher.

Son système était simple et bancal. Elle fixait et communiquait à ses fournisseurs le prix de détail recherché. Puis leur donnait une calculette pour qu'ils sachent à quel prix de gros vendre le vin à la SAQ afin qu'il atteigne le prix de détail recherché après l'ajout de la marge de la SAQ et des taxes. (Voir Encore une preuve que la SAQ ne veut pas payer les vins le moins cher possible.)

C'est fini cela «nous déployons actuellement de nouvelles façons de faire», dit le président de la SAQ. «Avant, on mettait le prix de détail pour indiquer un peu ce qu'on recherchait dans les appels d'offres et on ne fait plus ça. Maintenant, on travaille vraiment à partir de la base de la négociation des coûtants.»

Alain Brunet ajoute «un exemple : on a changé la pratique de telle sorte que quand on va en appels d'offres maintenant, on identifie, dans les catégories de produits qu'on cherche, quelle devrait être la base à appuyer, à accoter, là, pour le fournisseur en termes de coûtant maintenant. On ne parle plus de prix de détail.»

Pour chaque appel d'offres pour un vin nouveau, la SAQ dit recevoir de 20 à 30 soumissions, mais ne négociait pas le prix à la baisse; puisque le prix de détail était déjà affiché. De plus, elle n'avait pas intérêt à faire baisser les prix puisque sa majoration étant en proportion du prix coutant elle aurait réduit ses bénéfices.

Mais tout ça va changer. La SAQ va aussi modifier la manière de calculer sa majoration.

Ça partait d'une bonne intention
La direction de la SAQ dit qu'elle agissait de bonne foi. «Ça fait que, quand on a un besoin qui est spécifique sur une strate de prix, on le mettait; ça partait d'une bonne intention.» Tout était orienté sur le prix de détail recherché. Ce système était vicié. (Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié)

On arrête ça
La vérificatrice générale du Québec a fortement reproché à la direction de la SAQ d'agir ainsi, de ne pas utiliser son fort pouvoir d'achat et de ne pas chercher à obtenir le meilleur prix. Ce rapport de Mme Guylaine Leclerc a été un électrochoc pour la direction du monopole. (La SAQ veut payer cher)

«Mais ce que le rapport dit (le rapport de la VG), c'est que, ça, ça amène un vice, un peu. C'est-à-dire que ça détermine tout de suite le prix que vous voulez payer, parce qu'à rebours vous pouvez arriver au coûtant. Dans notre monde, c'est comme ça que ça marche un peu. Vrai. C'est pour ça qu'on change. On a arrêté...»

C'est ce qu'a dit le président Brunet à un groupe de députés. «On a arrêté déjà cette pratique-là, O.K. On ne mettra plus le prix de détail, même si c'est bien important, mais on va le gérer autrement dans notre processus.»

C'est déjà en marche, dit M. Brunet «Oui. Mais on l'a déjà testé, on a fait déjà un appel d'offres comme ça, puis là, c'est pour ça qu'on a résolu de continuer.»

On ne gérait pas les prix
«On regarde dans le rétroviseur. On ne gérait pas le commerce de l'alcool selon les normes commerciales, les meilleures pratiques du marché, là, en général, on appelait ça la courroie de transmission. On ne gérait pas les prix, hein? Le prix rentrait, et même il y avait des banques de listing pour des agents, tout ça. On ne gérait pas les prix», finit par avouer le président directeur général de la société fondée en 1921.

Alors, comment négocier les prix?
«Il y a des choses qui émergent, il y a des choses qu'on voit, qu'on va voir, qu'on voit déjà, et on va pouvoir commencer à dresser le fondement, le principe de la structure de la majoration. Ça va émerger, ça va arriver.»

La nouvelle méthode semble un peu floue, mais le président Brunet explique qu'il veut faire plus d'argent du côté du marketing. Donc, faire payer plus cher pour le positionnement des produits, les «displays», les dégustations, les tablettes, les frigos... «Les fournisseurs, ils paient pour ça. On va beaucoup mieux gérer la négociation, pas juste des coûtants, mais du prix net. Et c'est vers ça qu'on veut aller.»

Vendre des expaces tablettes, faire payer le fournisseur pour mieux positionner son produit rapporte des dizaines de millions de dollars à la SAQ. Le président Brunet qui n'a pas voulu donner un chiffre plus précis veut intensifier cette action.

Les circulaires seront à travers le web et les réseaux sociaux, ajoute le président qui compte bien les faire payer encore plus par les fournisseurs. C'est ce qu'il appelle des «Promo Punch».

On va aller chercher des revenus supplémentaires sur les dépenses publicitaires de plus de 70 % des produits; essentiellement sur les produits courant, affirme M. Brunet.

Pourquoi ne pas l'avoir fait avant?
«En fait, pourquoi, là... encore une fois, là, on regarde dans le rétroviseur, tu sais, moi... ça fait presque 100 ans que la SAQ existe, mais on a bâti là-dessus, puis, après, faire un virage puis aller vers autre chose, bien, ça nécessite d'avoir des ressources puis de se donner une marge de manoeuvre pour le faire. C'est ambitieux, puis peut-être que ça n'a jamais été fait avant parce qu'on n'a jamais eu les bonnes conditions pour le faire.»

Le président de la SAQ a fait ces révélations lors d'une séance de la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale, en présence de la Vérificatrice générale du Québec, le 3 novembre dernier.

  Source : Journal des débats de la Commission de l'administration publique

Voir aussi
Auditions des sous-ministres et des dirigeants d’organismes publics sur leur gestion administrative – Observations, conclusions et recommandations – 35e rapport – Décembre 2016, Chapitre 3

Dans la série COMPRENDRE LA SAQ  

Du vin à 8 dollars à la SAQ

Changement de cap à la SAQ!
Après avoir presque complètement éliminé l'offre de vin à moins de 10 $, la SAQ offre des vins à 8 $.

En effet, le président de la SAQ révèle avoir lancé un appel d'offres pour des vins à ces prix en juillet dernier. (Du 30 juin au 21 juillet) «Ce qui manquait aussi dans l'offre», dit M. Alain Brunet. «On en rentre cinq nouveaux en janvier.»

Certains de ces vins seront en Tetra Pak ou PET. D'autres seront même au format de 1 litre. L'appel d'offres pour ces vins de spécialité mentionnait le «Prix de détail suggéré : Moins de 8,00 $CA».

«Dans le cadre de son effort à rejoindre tous les segments de ses clients, La Société des alcools du Québec lance un avis de recherche intitulé "Éditions limitées - Petits prix"».

On ajoutait que «la SAQ prendra en charge la mise en valeur des produits dans ses véhicules promotionnels et assurera le marchandisage en succursales. Ainsi, aucun frais promotionnel ne sera facturé aux agents/fournisseurs.» (SAQ Petits-prix 2017) (Du vin à 7,95 $)

Il y a aujourd'hui 9 vins à 8 $ et quelques sous à la SAQ.

Ce qui ramène le nombre de vins à moins de 10 $ à 50, comparé à 33 au début de novembre. Ce nombre était tombé à son plus bas, soit 23 en mars dernier.

Rappelons aussi que le nombre de vins à moins de 10 $ était de 67 en décembre 2013; de 90 en novembre 2013 et de 183 en 2009.

La SAQ essaie de se rattraper un peu et de récupérer des clients qui avaient quitté le joli monde de la consommation de vin parce que des prix trop élevés.

Si l'on compare avec sa voisine: la LCBO a un vaste choix de vins à 8 dollars. Sa gamme de prix commence d'ailleurs à 6,40 $; alors que le vin le moins cher à la SAQ est à 8,20 $.

Rappelons aussi que la SAQ a réduit de 50 cents près de 1600 vins au début du mois. Ce ne serait qu'un début selon le président du monopole.

Les journalistes de la SAQ

Le saviez-vous?
Les chroniqueurs de vin, les sommeliers chroniqueurs de vin font partie de l'écosystème de la SAQ!

Voici la retranscription des propos tenus par un député en présence du président de la Société des alcools du Québec.

M. Jean-Denis Girard, député libéral de Trois-Rivières
«Je vais retourner vers Trois-Rivières. Tout à l'heure je vais écouter la radio, et je risque d'avoir un sommelier qui va me parler d'un vin qu'il va déguster avec les animateurs de radio. Demain matin, je vais me lever, je vais ouvrir la télévision à un poste que je ne nommerai pas, mais je vais avoir une chronique vin, et qui va recommander certains vins. Curieusement, ce vin-là, je vais à la SAQ, il est sur la tablette en avant et il va se vendre comme ça ne se peut pas durant tout le week-end. Est-ce que…
Mais est-ce que ces gens-là travaillent avec vous? Est-ce qu'il y a des ententes de commercialisation, de marketing?

M. Brunet (Alain) : Non. Pas d'entente. On les laisse libres.

M. Girard : Comment ça fonctionne à ce moment-là?

M. Brunet (Alain) : On appelle ça l'écosystème SAQ. La SAQ, ce n'est pas en vase clos.
Mais c'est bien qu'on soit lié puis qu'on ait un bon réseau. C'est ça, l'écosystème.
Puis l'écosystème, c'est l'ITHQ, c'est la sommellerie, c'est les chroniqueurs en vin. Alors, oui, on leur fait des dégustations, oui, on travaille avec eux.»

(3 novembre 2016 dans un local de l'Assemblée nationale)

Et 50 cents de moins

Les dirigeants du monopole du vin au Québec ont réduit de 50 cents le prix de 1600 vins ce matin!
Comme promit par le président Brunet.

Quel est vraiment le but de cette opération de deux trente- sous?
Est-ce qu'il y aura un impact sur les ventes?
Car c'est ce qu'il y a de plus important. Au-delà de l'image, il y a le résultat.

Un des effets notables constatés ce matin est que le nombre de vins à moins de 12 $ passe ainsi de 196 (hier, tableau de gauche) à 215 (aujourd'hui, tableau de droite) et celui des vins de de 12 à 15 $ augmente de 378 à 407.

Donc, le consommateur a plus de choix en bas de 15 $ (622 au lieu de 574); soit 48 vins de plus. Cette situation devrait durée jusqu'en avril prochain, car la direction de la société d'État a annulé les 3 prochaines hausses prévues.

Ce nombre de 574 vins à moins de 15 $ nous ramène presque au niveau de février 2014.

Nombre de vins à moins de 15 $ à la SAQ
de mars 2009 à novembre 2016
mars 09
jan 13
mars 13
fév 14
mars 14
8 nov 16
9 nov 16
1040
895
641
638
546
474
622
@vinquebec.com  

Le nombre de vins à moins de 10 $ est passé de 33 hier à 51 aujourd'hui.

Le président de la SAQ, Alain Brunet, dit vouloir atteindre les prix pratiqués en Ontario d'ici 3 ans.

Importation privée et chère

Nous avons beaucoup parlé d'importation privée ces derniers jours en marge du Salon des importations privées qui se tenait à Montréal et à Québec.

Un lecteur nous a signalé un écart énorme de prix d'un vin distribué au Québec sous le système d'importation privée et le même vin dans les magasins du monopole de l'Ontario LCBO.

«Voici un écart de prix énorme pour un vin (Lopez de Haro reserva 2009 ) entre un importateur privé ici au Québec (Passion Gourmet) et la LCBO ($26,02 vs $15,95)».

En effet, la LCBO vend ce vin 17,95 $. Il est même en rabais à 15,95 $ jusqu'au 27 novembre.

Interrogé sur ce grand écart de prix, l'agent au Québec M. Jose Lopez de Passion Gourmet, nous répond que «le prix auquel vous référez est en importation privée comparativement à des achats de volume considérable avec la LCBO.»

Donc, si vous achetez 12 bouteilles de ce vin au Québec ce sera 312,24 $; alors que cette caisse vous coutera 191,40 $ en Ontario; une différence de 120,81 $.

De quoi vous permettre d'acheter en plus une caisse de vins à 10 $ à la LCBO!

«C'est un vin que j'apprécie en regard du prix et je me suis même déjà déplacé en Ontario pour en acheter, c'est ce qui a attiré mon regard», m'écrit le lecteur qui m'a signalé son étonnement face à cette différence de prix.

Dans ce cas si, il n'y a vraiment pas d'aubaine au Québec, même si on achète à la caisse!

Le site de l'agence Passion Gourmet donne une liste de vin. Il n'affiche pas les prix, mais les donne par courriel, comme dans l'image en haut à droite.

En Ontario et au Québec, ce vin est importé par les deux monopoles d'état.

Toutefois, au Québec, vu que c'est sous le chapitre «importation privée»,  c'est une agence qui choisit le vin, qui détermine le prix avec le producteur.

La SAQ paie le producteur, importe le vin, prend une bonne marge, le conserve dans son entrepôt. L'agent se charge de le faire vendre. Il agit comme intermédiaire de la SAQ. Cette dernière le livre dans une de ses succursales. Le consommateur paye la SAQ lorsqu'il va cherche la caisse, après avoir envoyé un chèque de commission à l'agence, comme l'explique l'étape 4 du site de l'agence Passion Gourmet.

Comme l'a constaté ce lecteur, il faut donc être vigilant et vérifier les prix. Ce qui est loin d'être facile.

C'est frustrant lorsque l'on constate que l'on paie presque le double de nos voisins de l'Ontario pour un même vin!

Ce n'est pas un cas isolé. Un ami sommelier nous donne dans Facebook deux autres exemples.

Nous comprenons maintenant la réticence des agences et de la SAQ à publier dans internet les prix des vins en importation privée.

Pour mieux comprendre ce système dit d'importation privée, lire vinquebec.com/importation-privee.

La SAQ ne veut plus de hausses de prix

La direction du monopole québécois des vins avertit ses fournisseurs qu'elle ne veut plus de hausse de prix d'ici la fin de son année financière, soit d'ici le 31 mars 2017.

C'est tout un changement. Car la SAQ permettait — certains diront incitait — ses fournisseurs à hausser les prix de leurs vins — des vins d'ailleurs déjà payés et déjà sur les tablettes. Ces permissions-incitations intervenaient 7 fois par année.

Toutefois, aujourd'hui, la direction de la SAQ a décrété qu'elle n'accepterait pas de hausse de prix sur les vins.

Elle annule donc ses trois prochaines fenêtres du 9 novembre, 1 février et 29 mars où des hausses étaient permises ou encouragées.

Le président de la SAQ a annoncé la semaine dernière qu'il allait ordonner une baisse de prix de 50 cents sur 1600 vins au répertoire. Il lui faut donc interdire les hausses qui auraient miné son objectif.

Le président de la SAQ, Alain Brunet, veut ramener le prix de ses vins de moins de 20 dollars au même niveau que ceux du monopole ontarien (LCBO) d'ici 3 ans. L'écart actuel est souvent de 2 dollars.

Je ne veux pas décourager le président Brunet, mais il a encore pas mal de chemin à faire avant d'accoter la LCBO. Car juste aujourd'hui cette dernière annonce l'arrivée d'un certain nombre de bons vins pour sa section Vintages du 12 novembre. Malgré le fait que la SAQ soit le plus gros importateur de vin du Canada, la LCBO affiche des prix bien inférieurs.

  LCBO SAQ
Conde de Valdemar Reserva 2009 19,95$ 23,25$
Miraval rosé 2015 22,95$ 24,95$
Wolfberger Alsace Brut 18,95$ 20,95$
Cathedral Cella Shiraz 2014 16,95$ 18,95$
Porcupine sauvignon 16,95$ 18,10$
Guicciarda Ricasoli 24,95$ 28,35$
Otazu Premium 2012 17,95$ 19,95$

 

    Voir aussi Pourquoi la SAQ baisse ses prix.

Dans la série Comprendre la SAQ    

Le monde au naturel

Voici quelques articles parus dans la revue mensuelle Le Monde au Naturel.

Les produits autorisés dans le vinNovembre 2016

Le prix améliore-t-il le goût du vin?  — Octobre 2016
 (Les images des bouteilles ne sont pas les bonnes,)

Bonny Doon, Grahm Randall et le Cigare Volant  — Septembre 2016

Des brebis dans les vignes, une expérience originale Juin 2016

Plus de grappes d'or aux vins biologiques Mai 2016

Le vin bio est meilleur et il y en a de plus en plus Avril 2016

 
 
 
 
 
 
 
Les régions les plus bio  —  Avril 2015
 
 
 
 
 
 
Les pesticides dans le vin —  Novembre 2013
 
Le goût du bouchon  —  Octobre 2013

Le vin naturel  —  Septembre 2013
 
 
 
Le vin bio  — Avril 2013

Pourquoi la SAQ baisse ses prix? Analyse et réflexion

La Société des alcools du Québec (SAQ) va réduire de 50 cents le prix de 1600 vins le 9 novembre.
La direction de la SAQ dit vouloir ainsi se rapprocher des prix de la LCBO de l'Ontario. Le communiqué de la SAQ affirme qu'il «s’agit d’une première étape pour réduire les prix des vins – une demande exprimée par la clientèle – qui s’inscrit dans un plan plus large visant à réviser la majoration sur les vins.»

Actuellement, pour les vins de moins de 20 $, il y a souvent une différence de 2 $ entre ceux vendus à la SAQ et les mêmes vins vendus à la LCBO.  La SAQ se donne trois ans pour atteindre la parité avec l'Ontario.

Après avoir nié une différence de prix; puis avoir dit que les prix étaient plus élevés au Québec parce que les Québécois avaient accepté de payer plus pour donner plus d'argent au gouvernement; puis avoir dit que les prix montaient à cause de l'euro; puis avoir dit que les consommateurs voulaient des vins de meilleure qualité – ce que la SAQ traduisait par des vins plus chers, la direction du monopole change de cap et décide de réduire certains prix.

Pourquoi la direction du monopole du vin agit-elle ainsi?

Après avoir réduit fortement et systématiquement son offre de vins à moins de 15 $ depuis 2009 – ce qui a entrainé une quasi-stagnation des ventes – puis après avoir réintroduit quelques vins dits à petits prix –   la SAQ annonce finalement une baisse de prix de 50 cents!

Une série de raisons peuvent expliquer ce retournement:

  1. Les pressions des consommateurs: la SAQ dit d'ailleurs que «c'est une demande exprimée par la clientèle.»
  2. Les articles de presse de certains médias.
  3. Les pressions des politiciens. La SAQ était d'ailleurs accusée de taxer plus les pauvres que les riches.
  4. Plusieurs consommateurs n'ont plus confiance et ont vraiment l'impression que la SAQ a exagéré les prix. Ces consommateurs se sentent exploités.
  5. Conséquence: les ventes en volume n'augmentent plus aussi vite depuis deux ans. Il y a même eu une baisse en 2014 - du jamais vue sauf lors de de deux grèves.
  6. La crainte des conséquences du jugement Leblanc.
  7. La peur de la privatisation
  8. La crainte de la libéralisation.

La SAQ a vu sa réputation descendre d'un cran à la suite du rapport de la Commission Robillard qui recommandait la libéralisation de la vente du vin et encore plus lors de la publication du dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec qui a mis en relief la mauvaise gestion des prix de la SAQ.

Est-ce la peur de la privatisation? Est-ce la crainte de la libéralisation demandée par plusieurs?

Est-ce le résultat du jugement Leblanc au Nouveau-Brunswick qui pourrait mener à la libre circulation des alcools d'une province à l'autre lorsque la Cour Suprême se prononcera sur cette affaire. En effet, le juge Ronald Leblanc de la Cour provincial du Nouveau-Brunswick a déclaré inconstitutionnelle la loi provinciale interdisant le libre commerce de l'alcool d'une province à l'autre.

C'est probablement un peu pour toutes ces raisons que la SAQ annonce cette semaine cette petite baisse de prix.

Mais comment va-t-elle faire?

Une baisse de 50 cents pour 1600 vins qui représente 80 % des ventes en volume de la SAQ, c'est 100 millions de bouteilles, donc 50 millions de dollars de moins dans les tiroirs-caisses du monopole.

La SAQ doit remettre 1 milliard 71 millions de dollars cette année au ministre des Finances. Elle pourrait récupérer une partie des achats des Quécécois effectuées en Ontario, achats évalués à 90 millions de dollars. (en 2014)

La direction de la SAQ s'apprête à commencer les négociations avec ses 5500 employés syndiqués pour renouveler la convention collective qui se termine en mars 2017. Va-t-elle essayer de récupérer une partie de ce 50 millions $ auprès de ses employés?

Va-t-elle finalement mieux négocier les prix avec ses fournisseurs? Espère-t-elle que cette annonce de baisse va entrainer une hausse des ventes en volume ce qui compenserait le manque à gagner?

Est-ce que le ministre des Finances va réduire ses exigences de rendement? Qu'arrivera-t-il de la taxe spécifique de 1,05$?

Le président de la SAQ dit avoir la marge nécessaire pour réduire les prix. Alain Brunet dit que «depuis les 10 dernières années, nous avons réduit nos coûts et augmenté notre efficacité, dans les succursales».

La majoration de la SAQ

Actuellement, la SAQ applique sa majoration en ajoutant un montant de 27 $ par caisse de vin qui arrive à Montréal. Puis elle ajoute des frais de service de 5 $ par caisse. Puis une majoration de 118 % soit 23,60$. (1)

Ainsi une caisse de 12 bouteilles de vin payé 3,33 $ la bouteille, soit 40 $ la caisse est majoré de 50 $. À cela s'ajoutent les frais de transport de 4 $ la caisse; les taxes d'accises de 6 $; les prélèvements pour Educ'Alcool de 0,12 $ et pour l'environnement de 0,24 $.

Ces mêmes chiffres s'appliquent aussi aux vins qui seront vendus plus de 20 $. Ainsi une caisse de vin payée 100 $ (8,33 $ la bouteille; détail 25 $) sera aussi majoré aussi des mêmes 50 $.

Nous constatons ainsi que les vins les moins chers sont fortement pénalisés par ce système de majoration.

Ce système désavantage les consommateurs qui achètent les vins à moins de 20 $.

Au final, avec les taxes qui s'ajoutent à ces montants, le prix consommateur revient à 3 fois le prix producteur pour les vins de 10-15 $ et deux fois pour les vins de plus de 50$. C'est-à-dire qu'un vin que le vigneron nous vend 5 $ sera 15 $; alors que celui de 50 $ sera 100 $.

Le monopole ontarien de la LCBO utilise une majoration fort différente. C'est une majoration uniforme en pourcentage qui s'applique à toutes les caisses, quel que soit le prix de base. C'est actuellement de 71 %. Donc, mis à part les frais de transport et la taxe d'accise, les vins à petit prix vendu à la LCBO ne sont pas pénalisés comme c'est le cas au Québec.

La SAQ s'est fait demander par des députés en commission parlementaire le printemps dernier de corriger cette situation défavorable aux consommateurs moins fortunés. Le président de la SAQ, Alain Brunet, a alors promis de corriger cela pourvu que ce soit à coût nul.

C'est probablement ce qu'il tente de faire actuellement.

Alors que signifie tout cela ?
Une toute simple opération de relation publique?

Plus que cela: une opération visant à plaire au gouvernement qui lui a demandé de se bouger le cul et de modifier ses façons de faire.

Le gouvernement veut d'ailleurs modifier le modèle d'affaires de la SAQ comme l'a répété à plusieurs reprises le ministre Leitão et la direction de la société d'État veut ainsi se montrer proactive.

Finalement, mentionnons qu'étrangement cette baisse la SAQ ne l'appliquera pas aux vins qu'elle vend aux épiciers et dépanneurs, ni aux restaurateurs! (700 millions $)

Donc en résumé, ce 50 cents c'est :

  1. Opération de relation publique
  2. Action pour plaire au gouvernement
  3. Opération marketing
  4. Vise à contrer la libéralisation
  5. Réaction au jugement Leblanc sur la liberté de commerce entre provinces.

(1) Ces prix datent de 2006. Ils peuvent avoir été augmentés, mais le modèle est toujours le même aujourd'hui.
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Références


Dans la série Comprendre la SAQ

Plus de vins mousseux en importation privée

Il y a 500 vins mousseux à la SAQ, est-ce suffisant?
C'est près de 300 champagnes et un peu plus de 200 mousseux hors Champagne.

Ce sont surtout des vins de gros fabricants. La SAQ est peu intéressée par les petits producteurs.

C'est une offre que cherchent alors à compléter les agences de vin en importation privée. Elles essaient de dénicher des produits de petits producteurs qualitatifs. Ce qui permet entre autres aux restaurateurs d'offrir des bulles originales (hors SAQ) à leurs clients.

Elles sont maintenant 345 de ces agences, souvent petites, qui ont un permis d'importation privée de la SAQ. Plusieurs d'entre elles sont au sein du Raspipav, un regroupement d'agences.

D'ailleurs ce regroupement a organisé une dégustation de vin mousseux en importation privée. C'étaient 31 vins pour cet évènement appellé Jugement de Montréal qui en est à sa sixième édition. Un jury d'expert composé entre autres des réputés sommelières et sommeliers Véronique Rivest, Élyse Lambert, Pascal Patron et Guénaël Rével et de quelques chroniqueurs vin.

Voici la liste des gagnants
Top 3 des mousseux à moins de 25 $

  1. Cava 1312, Maison Mestres, 22,96 $  agence Symbiose
  2. Cava Reserva Economy Brut, Maison Valldolina, 23,88 $  agence Bacchus 76
  3. Cava Gran Reserva 2011, Maison Sumarrocca, 20,75 $   agence Rézin

Top 3 des mousseux entre 25 $ et 50 $

  1. Champagne Charles Collin Brut, 45 $ agence Benedictus
  2. Blanc de Blanc Brut Cave Spring Niagara, 34 $  agence Oeno
  3. Champagne Brut Charles de Vercy, H.  Blin, 45 $  agence Cellier des Cigales

Il est à noter la présence remarquée d'un mousseux canadien dans ce lot : de la maison Cave Spring, un mousseux bien sucré. Disponible à 29,95 $ à la LCBO.
 

Je tiens aussi à signaler quelques autres vins mousseux que j'ai beaucoup appréciés lors de ce Jugement de Montréal :

  1. Spumente Di Sipio, 40,85 $ agence Olea
  2. Blanquette de Limoux, Ch. Rives Blanques 30 $ agence Benedictus
  3. et hors concours un délicieux pétillant naturel Les Bulles du facteur, Fabien Brutout 38,71 $ agence Boires.

Vous pourrez gouter ces beaux vins mousseux et peut-être vous les procurer lors du Salon des vins d'importation privée à Montréal (29, 30,31 octobre) et à Québec (1er novembre).

Mais qu'est-ce que l'importation privée?

L'importation privée

Qu'est-ce que l'importation privée de vin au Québec?

Il y a 345 personnes qui ont un permis de la Société des alcools du Québec (SAQ) pour faire de l'importation au Québec.
Chacune de ses personnes forme une agence seule ou avec des associés ou des employés. Il y a de petites, de très petites et de grosses agences. Certaines n'importent même que pour un seul restaurant.

Il y a environ 16 000 produits à l'année en importation privée. Actuellement, il y en a environ 3000 disponibles (100 000 caisses à l'entrepôt de la SAQ.) Ceci comparé à 11 500 produits à l'année à la SAQ et environ 9000 vins actuellement.

L'importation privée est constituée surtout de vins de petits producteurs, importés en petites quantités.

C'est la SAQ qui importe, pas le privé!
Elle est bien mal nommée, car l'importation n'est pas privée du tout. Elle est même illégale. «Au Québec, la loi indique que seule la Société des alcools du Québec (SAQ) est autorisée à importer des boissons alcooliques», comme l'explique en toutes lettres la SAQ dans son site. C'est en fait la SAQ qui importe. Ce qui est étrange, c'est que c'est le monopole lui-même qui a donné ce nom «importation privée» à ce secteur.
Ce qui est privé c'est le choix du vin qui est fait par un «privé» — un individu — et non par un employé de l'État. Cette personne choisit le vin à importer. C'est la SAQ qui l'importe, qui paie le producteur, qui va chercher le vin, le fait transporter et le fait livrer à son entrepôt et l'y conserve.

Le «privé» n'a pas le droit d'avoir des caisses de «son» produit dans sa place d'affaires. Tout doit passer par la SAQ qui se charge aussi de livrer le produit au client.

La SAQ prend sa marge habituelle, les taxes habituelles en plus d'une marge supplémentaire (environ 2 $ la bouteille). Par contre, c'est le «privé» qui doit se charger de vendre le vin. La SAQ se réserve le droit d'imposer des frais d'entreposage si le vin ne s'écoule pas assez vite. Elle peut même exiger le paiement total de la commande si le vin reste trop longtemps dans l'entrepôt. Par contre, si le vin devient très populaire, la SAQ peut le prendre pour le vendre dans ses propres succursales!

Le «privé» doit payer d'avance presque la totalité de ses premières commandes. Par après, la SAQ le finance jusqu'à un certain niveau.

Avantages et inconvénients

Le consommateur, le restaurateur — car ce sont surtout des restaurateurs qui achètent ces vins — peuvent ainsi obtenir des vins originaux, des vins de petits producteurs, des vins exclusifs. Il y a en importation privée un plus grand choix de vin bio et de vin nature. Un particulier ou un groupe d'amateurs peuvent aussi faire de «l'importation privée» (sic) en passant par le monopole public. Mais là il faut s'armer de patience et d'argent. (Voir Particuliers dans le site saq.com) C'est un avantage aussi pour la société d'État qui collecte plus d'argent sans avoir à s'occuper de la mise en marché de ces vins.

Par contre, le prix est plus élevé parce que la SAQ se prend une marge supplémentaire et que la commission de l'agent peut être de 10 à 60 %. La SAQ se prend aussi un frais de service de base; le même pour une caisse de 6 et de 12 bouteilles. Donc les vins en caisse de 6 sont majorés plus fortement. De plus, c'est du vin en petites quantités, le renouvellement de la commande est souvent lent. Il y a aussi, selon les agences, double facturation. Soit une facture pour la SAQ pour payer le prix du vin, les taxes et sa majoration et une deuxième facture pour payer la commission de l'agent. Le gros désavantage pour le consommateur c'est qu'il faut acheter à la caisse. Finalement, ce sont des produits difficiles à retracer puisqu'il n'y a pas encore de centrale de commande ou d'information sur ces produits dispersés auprès de 345 agences.

Il faut que les vins soient vendus rapidement, car la SAQ impose des frais d'entreposage. C'est 1 $ par caisse au 5e mois; 2 $ au bout au 6e mois. La SAQ saisit les caisses qui sont encore dans son entrepôt au 7e mois.

La SAQ peut décider, devant le succès de certains vins, de le renouveler elle-même et de le vendre dans ses succursales. Un vin de 25 $ en importation privée peut ainsi se retrouver à 18 $ en succursales. C'est dire la majoration que ces vins subissent.

C'est toutefois, un marché en croissance. Plus de 540 000 caisses ont ainsi été écoulées l'an dernier. C'est maintenant plus de 100 millions de dollars. Des agences privées, les plus grosses, essaient maintenant de rejoindre les consommateurs en plus des restaurateurs. Il y a aussi un projet — en discussion depuis plus de 4 ans — afin d'afficher ces produits dans un site internet, celui du monopole! On nous le promet pour dans 2 ans.

Donc, un marché à suivre qui peut évoluer, surtout si on finit par permettre au consommateur d'acheter à l'unité et non plus à la caisse et si on informe plus le public de la qualité et de la disponibilité de ces vins.

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Au sujet de l'agent voir Le rôle de l'agent promotionnel dans un contexte de marché monopolistique, Réal Wolfe, 2013, PDF 39 pages.

Voir des vins d'importation privée commentés dans vinquebec.com : vinquebec.com/ip

Texte modifié le 25 novembre 2016  

Le dolceto peut donc être un vin de garde

Une verticale de Bricco del Drago
On dit généralement du dolcetto qu’il donne des vins légers, fruités, pas très acides et moyennement tanniques, ce qui leur confère un potentiel de vieillissement plutôt limité (3 à 5 ans); mais est-ce toujours le cas?

Ce n’est certainement pas ce que la maison piémontaise Poderi Colla tente de faire, avec son vin d’appellation Langhe, Bricco del Drago. Lors d’une récente dégustation en compagnie de M. Tino Colla, nous avons pu le vérifier en dégustant huit millésimes de ce vin, allant du 2009 au 1970.

Ce vin est produit depuis 1969. Il portait alors la mention denominazione di origine semplice qui a été abandonnée autour de 1980 pour être remplacée par vino da tavola. Depuis 1994, il a droit à la DOC Langhe

Bricco del Drago est un vin composé principalement de dolcetto (85 %) et complété de nebbiolo, vinifiés séparément. Après assemblage,  le vin est élevé en foudres de chêne de Slavonie pendant une à deux années, selon le millésime.

Les millésimes dégustés sont les 2009 (29,90 $ SAQ 927590), 2006, 2005, 2003, 1999, 1996, 1987 et 1970.

Le vin est rubis foncé avec des reflets pourpres et sa robe évolue très lentement; ce n’est qu’à partir du millésime 1996 qu’on pouvait noter un peu d’évolution. Évidemment, le 1970 était plus pâle et plus tuilé.

Le nez est toujours très expressif, avec des arômes de fruits noirs (mûre, cerise) que l’on retrouve même dans les plus vieux millésimes, des notes épicées, parfois fumées; avec le temps, du cuir, du céleri. Somme toute, une belle complexité à laquelle s’ajoute une agréable pointe d’oxydation après une vingtaine d’années. Bien que l’assemblage soit toujours le même (85 % dolcetto et 15 % nebbiolo), le caractère aromatique du nebbiolo ressortait plus dans le millésime 2005. Autre particularité, le 1999 rappelait le style d'un bordeaux mature.

C’est un vin assez corsé, plus ou moins acide ou tannique selon le millésime, mais toujours solide, avec une belle rondeur. Le 1996 était encore astringent, mais les plus vieux millésimes avaient une texture soyeuse, plus délicate. Malgré les variations dues aux différents millésimes, le vin conserve un bel équilibre et une persistance très agréable. Seul bémol : une note chauffée dans le 2003, due sans doute aux conditions climatiques exceptionnelles de cet été-là.

On peut donc en conclure que le dolcetto n’est pas condamné à être un petit vin à boire jeune et frais, mais que, vinifié de façon appropriée, il peut constituer un vin de garde et acquérir une belle complexité avec l’âge.
 

Comment juger un vin effervescent?

La question mérite d'être posée. En effet, comment juge-t-on un vin effervescent?

Pour y répondre, on doit commencer par se demander ce que l'on cherche dans un vin effervescent.

Pour les vins tranquilles, nous recherchons la complexité aromatique et gustative, l'équilibre, la longueur en bouche, le plaisir, les sensations agréables et l'état dans lequel on se trouve après chaque gorgée.

Est-ce la même chose pour les vins effervescents?
Pas tout à fait, car on ne trouvera pas autant de complexité aromatique ni gustative dans les vins effervescents que dans les vins rouges et blancs tranquilles. Alors, on va s'attarder à autre chose.
Certains recherchent dans les bulles des saveurs de brioche, pour eux c'est un signe de qualité comme la vanille dans le vin tranquille pour d'autres. C'est en fait dû à certaines levures et à leur autolyse, comme le vanillé est dû au bois utilisé. Cette brioche peut quelquefois se transformer et être qualifiée de biscuit ou de rancio.

À la longue toutefois, on finit par se lasser de cette brioche, comme on se lasse de la vanille. Ça finit par faire répétitif, dominant, commun et vulgaire.

On peut laisser respirer le vin, le laisser se réchauffer dans le verre. Des arômes pourront alors se révéler, mais nous perdons l'effet effervescent en bouche! C'est cornélien!

L'aspect visuel alors? Oui, c'est bien beau de belles bulles qui montent dans la flute. Toutefois, le nombre et la finesse de ces bulles dépendent plus du verre que de la qualité intrinsèque du vin.

Les bulles en bouche? Oui, si elles laissent une belle impression, ne sont pas agressives, sont assez persistantes et élégantes.

Les saveurs en bouche? Les mousseux étant servis bien froids, l'on perçoit surtout le sucre s'il y en a suffisamment et l'acidité s'il y a peu de sucre. Donc ici l'équilibre entre le sucre et l'acidité devient important.

En finale alors? Là encore, les bulles, l'acidité et/ou le sucre camoufleront les flaveurs, si vraiment flaveurs il y a. Par contre, dans les très vieux champagnes de qualité — qui avec l'âge perdent de leur pétillant et commencent d'ailleurs à ressembler à des vins tranquilles —  alors oui on pourra détecter une grande complexité aromatique et gustative.

Finalement, pourquoi se casser la tête. Il n'y a pas beaucoup de grands vins effervescents comme il y a beaucoup de grands vins tranquilles. Oui, il y a de grandes étiquettes, de grands prix, mais la masse des effervescents n'est que bulles!

Alors, ne gâchons pas notre plaisir à y chercher ce qui ne s'y trouve pas et apprécions ces effervescents pour ce qu'ils sont: des vins plaisants à voir avec leurs bulles qui explosent en bouche, des vins de détentes, de fête... Certains les prennent même avec des croustilles, moi je préfère avec les huîtres ou juste comme mise en bouche.

   À vos bulles, prêt, party!

      Pour de bons mousseux voir ici vinquebec.com/mousseux

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Réservez des vins qui arriveront dans deux semaines

La SAQ veut encourager les ventes en ligne dans son site internet.
Dans ce but, elle nous propose de réserver en ligne (saq.com) des vins qui arriveront dans les succursales dans deux semaines.

La plupart de ces vins sont disponibles en ligne pour des quantités avoisinant les 400 bouteilles.

Ces vins seront mis sur les rayons d'un certain nombre de succursales le 25 octobre.

Voici quelques-uns de ces vins.

Mercouri estate Refosco/ Mavrodaphné 2013  22,15$
Yannick Amirault La Coudraye 2014   23,40$
Clos Marie L'Olivette 2014   28,15$

Château de Maligny Chablis Premier Cru Homme Mort 2014   36$
Château Mont-Redon Châteauneuf-du-Pape 2011   47,25$
Domaine André Et Mireille Tissot Les Graviers Chardonnay 2014 47,25$

Domaine Philippe Vandelle Vin Jaune L'Etoile 2009 60,75$
Château Pichon-Longueville Pauillac Reserve de la Comtesse 2012 61,75$
Gerardo Cesari Bosan Amarone 2007 82$

Beaucoup de lectures sur le vin

Il y a beaucoup de textes intéressants sur le vin publiés aujourd'hui.

Commençons par les allergies au vin, ou plutôt les intolérances au vin qu'on attribuait à tort aux sulfites. Ce serait faux. L'intolérance au vin serait plutôt causée par l'éthanal, voir le texte de Karyne Duplessis-Piché dans le journal La Presse de ce matin. Quelle est la cause de l'intolérance au vin?

Toujours dans La Presse un très beau texte de Mario Girard sur Michel Phaneuf Le goût de vaincre.

Puis, Les cinq du vin, le meilleur blogue du vin au monde (pour faire mon Américain), reprend un texte intitulé Pourquoi il y a-t-il toujours autant de vins défectueux sur le marché?
Vous avez peut-être déjà lu le texte ici, mais il faut lire les commentaires publiés à la suite de l'article par de grands spécialistes du vin. Vous trouverez aussi d'autres commentaires sur la page Facebook de Vincent Pousson. N'hésitez pas à publier d'autres informations, suggestions et opinions dans ces forums.
 

Pourquoi il y a toujours des vins défectueux?

Pourquoi y a-t-il encore des vins défectueux sur notre marché?

Il y a des vins qui sentent le moisi, le carton, le linge salle, les sandales mouillées, l'écurie, la ferme, les légumes bouillis, le liège, la cave humide, les saucisses et même les égouts!

Et ça continue, ça ne semble pas s'améliorer, tout au contraire, on en trouve de plus en plus.

Lors d'une dégustation récente de trois vins de trois millésimes, il y avait un vin défectueux dans chacune des séries!

On commence par trois vins de saint-émilion du domaine Château Fonbel des millésimes 2006, 2008 et 2009. Le premier a des odeurs d’écurie et est très amer.

Puis on continue avec trois Léoville-Poyférré, de la commune de Saint-Julien, les 1990, 1995 et 2000. Les deux premiers sont délicieux, le 2000 sent la cave humide, le liège et goute le petit vin. Donc attaqué par les TCA.

La troisième série nous amène en Espagne avec le fameux Mas la Plana, des millésimes 2000, 2001 et 2006. À l'aveugle, la plupart des 16 dégustateurs présents ont pris le dernier pour le plus vieux. Il sent les légumes bouillis, la viande faisandée, il n’a plus de fruit en bouche. Il est visiblement oxydé. Son bouchon n’était donc pas étanche.

Ces neuf vins proviennent de la même cave.

Pourquoi un taux de défaut aussi élevé. Pourquoi un si pauvre contrôle de la qualité chez ces grands et gros producteurs?

Imaginez si on trouvait la même chose dans les laits, les yogourts, les confitures, ou autres produits! On en entendrait parler et les fournisseurs amélioreraient le contrôle de la qualité de leurs produits vendus.

Toutefois, dans le domaine du vin, c’est le silence, c’est l'angélisme, c’est l'omerta. On ne parle pas de cela, on ne mentionne pas les produits défectueux. Donc, il n’y a pas de correction, pas d’amélioration et il n’y en aura pas tant que cela est maintenu secret.

Il faudrait que les consommateurs se rebiffent, se plaignent. Ils ne peuvent pas compter sur les critiques de vin, ça n’existe pas. (Comme il y a des critiques de restaurants, de livres, de cinéma...) Les chroniqueurs vins ne font que louanger les vins.

La SAQ elle non plus ne fait rien, d’autant plus que peu de consommateurs font l'effort de retourner les mauvaises bouteilles.

La plupart des défauts des vins sont dus à des bouchons défectueux. Ce sont toujours des bouchons de liège qui soit contaminent le vin, soit laissent passer trop d’air. Le liège est-il le pire ennemi du vin? Il y a aussi les bactéries et les levures de type brettanomyces.

Mais si on n’en parle pas, si on ne dénonce pas, il n’y aura jamais d’amélioration. Tout ce qu'on lit au sujet du vin, ce sont des louanges, alors quoi changer et pourquoi?

Consommateurs de vins, sommes-nous condamnés à être les dindons de la farce. À quand une association de défense des intérêts des consommateurs de vin?

Plan d’action
Que faut-il faire?
Les chroniqueurs vin devraient mentionner à chaque foi un vin défectueux et le publier. Les blogueurs aussi.

Les consommateurs devraient retourner systématiquement les vins défectueux à la SAQ, la Loi de protection du consommateur l'oblige à reprendre ses produits défectueux.

Ainsi en travaillant tous ensemble, nous pourrions améliorer la distribution, la régularité et la constance des vins de qualité sur notre marché.

___________
Il y a même un coffret qui se vend cher pour nous aider à détecter 12 odeurs défectueuses du vin. Le Nez du vin.

Pour aller plus loin sur ce sujet : Défauts et qualités du vin

La SAQ réduit les prix des coolers de 15 %

La direction de la SAQ réduira le prix des coolers de 15 % à compter du 9 novembre.

Elle coupe ainsi dans sa marge prise sur ces mélanges de spiritueux et de jus appelés coolers.

Les ventes de ces mixtures n'ont cessé de diminuer depuis plusieurs années. En 2006, les coolers, panachées et coktails représentaient 7 % des ventes totales en volume. Ce n'est plus que 3,9 % cette année.

La direction de la SAQ ne dit pas qu'elle est sa marge sur ces produits. Elle ne dit pas non plus quel est le but de cette réduction. Elle déclare toutefois que «cette démarche s’inscrit en complémentarité avec d’autres actions mises en place au cours des derniers mois pour bonifier l’expérience client.»

La SAQ a déjà réduit dans le passé sa marge sur les 1,5 litre ainsi que sur les champagnes.

À quand la réduction de son énorme marge sur les vins?

«D’autres initiatives sont actuellement à l’étude, dont la révision de la structure de majoration pour d’autres catégories de produits», écrit la SAQ. Il y a donc de l'espoir pour les consommateurs de vin.

La direction de la société d'État s'est souvent fait reprocher de taxer plus les pauves que les riches. Ainsi un vin acheté 3,90 $ aux vignerons est vendu 14 $; donc 260 % de plus; alors qu'un vin acheté 50 $ est vendu 99 $; soit 99 % de plus. (Cette majoration comprend la marge de la SAQ qui inclue ses frais d'exploitation et la taxe théorique exigée par le gouvernement et appelée dividende; la taxe spécifique de 1,05 $ la bouteille ainsi que toutes les taxes fédérales et provinciales.)

Les riches acheteurs de vin se trouvent donc à être taxés au taux de 99 %; pendant que les plus pauvres sont taxés à 260 %.

Des députés ont demandé lors de la dernière comparution du président de la SAQ de corriger cette injustice. Le président Alain Brunet a alors promis de tenter de modifier sa politique de marge pourvu que ce soit à coût nul.

Ces coolers sont au nombre de 64. Ils sont un mélange d'alcool et de jus. 41 sont faits au Canada et 18 aux États-Unis. La plupart sont au format de 330 et de 355 millilitres. Des noms: Clamato; Brezzer; Snapple; Dos Locos Lime Tequila; Smirnoff Ice; Palm Bay Ocean Peach Pomelo et autres Mudshake.

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Plus de vins blancs

Le vin blanc est négligé au Québec. Pourtant, nous trouvons maintenant de très beaux vins blancs ici.
De plus, le vin blanc s'accorde avec tous les mets, sauf un.

Autrefois, le Québécois était un consommateur de vin blanc, mais la qualité n'était pas au rendez-vous. Depuis, nous nous sommes tournés en masse vers le gros rouge.

Toutefois, depuis quelques années le choix de vin blanc offert au Québec s'est amélioré grandement. Les vignerons en font du meilleur, les représentants au Québec en proposent du meilleur aux gens de la SAQ et les acheteurs de la SAQ en choisissent de meilleurs.

On trouve ainsi de moins en moins de ces blancs acerbes, verts et trop acides.
Pourquoi alors, a-t-on encore de la difficulté à opter pour le blanc?
Parce que l'on craint de tomber sur un vin trop acide ou trop sucré.
C'est effectivement un réel problème, mais qui est moins fréquent qu'autrefois.

Il y a aussi un problème plus grave, mais qui est facile à régler. C'est que nous servons les blancs trop froids, à la sortie du frigo. Ils sont alors à 3 ou 4 degrés. Il faut les laisser monter à 10 ou 12 degrés. À ce niveau l'acidité sera moins tranchante, le fruité plus agréables, le vin aura plus de volume et de rondeur.

Je disais que le vin blanc va avec tout ou presque. En effet, il est le compagnon idéal pour les saucisses, le porc, les volailles, les riz, les salades, les fruits, les fromages, les mets épicés, les poissons, les pizzas, les mets sucrés, les mets grillés, les mets gras, tout, tout sauf la viande rouge saignante. Cependant, si le boeuf est arrosé d'une sauce sucrée ou épicée, le blanc sera préférable.

Vous voyez donc que nous pouvons boire du vin blanc avec plus de 90 % de nos plats!
Faites l'essai au cours des prochaines semaines et vous m'en donnerez des nouvelles.
 

On n'est pas obligé de vider le bouteille!
Les vins blancs se conservent plus longtemps que les rouges au réfrigérateur.
Alors qu'un rouge va s'abimer dans les 3 jours; plusieurs vins blancs vont se conserver 5 jours.
C'est possiblement dû à leur bonne acidité. Les blancs ont des pH souvent inférieurs aux rouges.
Certains blancs seront même meilleurs le lendemain et le surlendemain de leur ouverture.
La qualité des vins blancs offerts au Québec s'améliore encore.
Les ventes augmentent aussi.
En 2009, le vin blanc représentait 23 % des ventes en volume de la SAQ. C'est maintenant 29,6%.
Pendant ce temps, les rouges sont passés de 73 % à 65,8 %.
À la SAQ, il a 8200 vins, dont 2100 blancs.  En ligne: 850 blancs; 2200 rouges.
De France: 1000 blancs; 2700 rouges.   D'Italie: 250 blancs; 1100 rouges.
Donc, on essaie quelques blancs! Vous trouverez ici une belle sélection de vins blancs vinquebec.com/meilleursblancs

La fabuleuse escroquerie de Rudy Kurniwan

Un jeune Chinois arrive d'Indonésie et vend pour des dizaines de millions de dollars de vieilles bouteilles de grands crus à des millionnaires américains. Il emprunte le nom d'un champion de badminton de son pays : Rudy Kurniwan.
Ces supposés vieux grands crus sont en fait composés dans sa cuisine et reproduits en grand nombre par des membres de sa famille en Indonésie.
C'est l'histoire d'un habile fraudeur qui a berné de riches collectionneurs de vin.
Il s'est fait prendre grâce à la ténacité d'un vigneron et de détectives.
Mais des milliers de ces faux grands crus sont encore en circulation dans le monde.
Regardez ce très beau documentaire d'une durée de 1 heure 24 minutes sur ARTE France.
Ça s'appelle Raisins amers. C'est captivant.
 

http://info.arte.tv/fr/raisins-amers-le-film

Les vins de vedettes

Est-ce que les vins de vedettes se vendent bien?

La sommelière télévisuelle Jessica Harnois vient de lancer trois vins d'Italie à son nom.
Elle suit un peu les traces du sommelier François Chartier qui poursuit sa lancée dans les vins en harmonie avec la nourriture.

Il y a aussi le réputé cuisinier de la télévision Ricardo qui vend des casseroles, des recettes et des vins.

On n'aime beaucoup nos vedettes locales au Québec. Eh c'est tant mieux, car on s'est longtemps autoflagellé en disant que l'on se tondait réciproquement la laine sur le dos. Entendons ici que l'on critiquait plus fortement nos vedettes locales, ceux et celles qui on réussi.

Avec Brad Pitt, Gretzki et des joueurs de golf qui mettent leurs noms sur des étiquettes de bouteille de vin, l'exemple est fort et ça semble fonctionner. Les vins de François Chartier se vendent bien. Nous verrons pour ceux de Jessica Harnois.

Mais qu'en est-il des vins de Ricardo Larrivée? Il y a des rumeurs que ses vins vont être retirés du répertoire de la SAQ!

Eh, bien non. Ils ne sont pas retirés. Toutefois, ils changent de répertoire. Ses deux vins d'Afrique du Sud passent du répertoire courant à celui des spécialités, et ce à la demande de son agente, nous dit son agente.

Je vous ai déjà expliqué qu'il faut en vendre beaucoup de bouteilles pour rester dans la section des produits courants. Ce sont des vins qui sont placés dans au centre la plupart des succursales et qui doivent remplir des conditions bien sévères imposées par la direction de la SAQ. Il faut, entre autres, que vous en achetiez pour plus de 1 million de dollars par année; donc 62 000 bouteilles à 16 $. C'est industriel!

Les vins pour la section des spécialités sont achetés en plus petites quantités, ont des objectifs de vente moins élevés et sont placés le long des murs dans les succursales de la SAQ.

Coût des vins importés

Combien ont couté les vins importés au Canada au cours des 6 premiers mois de l'année 2016?

D'où proviennent nos importations?
Est-ce que les prix et les quantités ont augmenté ou diminué?

Chili
3,69
Afr Sud
3,98
Portugal
4,24
Allemagne
4,51
Argentine
4,53
Australie
4,99
Italie
5,13
Espagne
5,31
France
6,05
USA
6,47
N Zélande
7,43

Le Canada a importé 132 millions de litres au cours des 6 premiers mois de 2016, au coût de 955 millions de dollars au prix moyen de 7,21 $ le litre, soit 5,40 $ la bouteille.

C'est une hausse des importations de 0,4 %. Le prix moyen a été haussé de 3 %.

Nous avons surtout importé du vin d'Italie, soit 28 millions de litres. C'est suivi des États-Unis (25), de la France (22) et de l'Australie.

Combien avons-nous payé ces vins. Le prix moyen est de 5,40 $ la bouteille. Toutefois, cette moyenne cache de grandes disparités selon la provenance.

Ainsi, les bouteilles du Chili ont été achetées à 3,69 $ l'unité; celles du Portugal à 4,24 $; celles d'Australie à près de 5 $; celles d'Italie et d'Espagne à un peu plus de 5 $; celles de France à 6 $.

Les prix les plus élevés ont été payés pour les vins des États-Unis (6,47 $) et ceux de Nouvelle-Zélande (7,43 $).

Les prix des bouteilles de France, d'Espagne et d'Argentine ont connu une hausse de 5 % et plus. Ceux du Portugal et de l'Allemagne ont connu une très faible baisse; alors que les autres ont été haussés de 0,3 à 4,1 %.

Ces chiffres proviennent des données de Wine by Numbers publié en août 2016. Ils ne concernent que les vins tranquilles et non les mousseux.

Combien vaut le vin en épicerie?

Le vin que nous achetons dans les épiceries et dépanneurs est du vin importé en vrac et embouteillé dans des usines d'embouteillage au sud de Montréal.

Le vin est transporté ici par bateau dans d'immenses conteneurs de 25 000 litres. Il est embouteillé dans un des 7 ou 8 centres d'embouteillages par des compagnies privées et est vendu à la Société des alcools du Québec qui le revend aux 8000 épiciers du Québec.

Combien ont-ils couté?

Prix du vrac au litre
Afr Sud 0,70$
Espagne
0,71$
Chili 0,74$
Australie 0.89$
Italie 1,40$
USA 1,49$
France 1,64$

Ça dépend beaucoup du pays d'origine. Ça va de 0,70 $ le litre pour le vin en vrac importé de l'Afrique du Sud à 1,80 $ pour celui importé de la Nouvelle-Zélande. Le prix moyen est de 0,96 $ le litre soit l'équivalent de 0,73 $ la bouteille de 750 ml.

Selon les chiffres du Wine by Numbers, le Canada a importé 6 millions de litres de vin en vrac d'Afrique du Sud au cours des 6 premiers moins de l'année 2016 au prix de 0,70 $ le litre. D'Espagne, ce fut presque autant à un cent de plus. Trois fois plus du Chili à quelques cents de plus. Puis 15 millions de litres d'Australie à 0,89 $.

On voit dans le tableau que le vrac d'Europe est beaucoup plus cher. Soit de 1,40 $ pour le vrac d'Italie et 1,64 $ le litre pour celui de France.

Pourtant, les épiciers nous vendent ces vins entre 12 et 15 dollars la bouteille de 750 ml!

Donc, lorsque vous irez à l'épicerie chercher votre vin, vous aurez une idée de ce qu'a couté le liquide dans la bouteille. Soit moins de 0,80 $ à 1,64 $ le litre.

Le vin importé en bouteille a été payé en moyenne 7,21 $ le litre, soit 5,40 $ la bouteille de 750 ml au cours des 6 premiers mois de 2016. 

Nos monopoles raffolent du vrac
Les monopoles du Canada achètent de plus en plus de vin en vrac. Au Québec, la SAQ en vendit 41 millions de litres pour 327 millions $ aux épiceries l'an dernier. La SAQ vend aussi de ces vins dans ses succursales, mais ne l'indique pas sur les bouteilles.

Selon les chiffres du Wine by Numbers, le Canada a importé 64 millions de litres de vin en vrac au cours des 6 premiers mois de 2016. C'est une hausse de 7,2 %. Pendant ce temps, le Canada a importé 132 millions de litres de vin en bouteille; soit une faible hausse de 0,4 %.

Le Québec est le plus gros importateur de vin en vrac du pays. Nous achetons 38 % du vrac qui rentre au Canada d'après les chiffres de Statistiques Canada. (vinquebec.com/node/13073)

Le vin en vrac qui est entré au Canada au cours de ces 6 premiers mois venait surtout du Chili (18 millions de litres) et d'Australie (15 millions de litres).


Wine By Numbers, Il Corriere vinicolo, Import january-june 2016

À lire : Comment est fait le vin en vrac   

Dans la série Le marché du vin au Québec 

Les vins de la sommelière Jessica Harnois

Après François Chartier et Ricardo Larrivée, la réputée sommelière Jessica Harnois lance une gamme de vins signés de son nom. Ça se nomme Bù. Ce sont trois produits faits de vins importés en vrac d'Italie et embouteillés ici au Québec par la compagnie Constellation Brands. Celle qui embouteille les très populaires Wallaroo Trail et Red Revolution. C'est la plus grosse compagnie de vin au Canada et parmi les plus grandes dans le monde avec des ventes de 7 milliards de dollars.

Deux des vins de la série Bù sont vendus en épiceries ainsi qu'à la SAQ; l'autre seulement en épicerie.

Ces trois vins sont en épicerie depuis quelques jours et deux viennent d'arriver aujourd'hui dans près de 300 succursales de la SAQ.

Le communiqué de presse dit que ces vins ont été fait «grâce au travail colossal effectué par la sommelière Jessica Harnois et l'équipe d'experts en vins, dont trois oenologues aguerris.»

Jessica Harnois est une dame qui entreprend beaucoup de choses ces jours-ci. Elle a sa propre entreprise Vin au féminin et a créé le jeu Dégustation Vegas. Pendant quelques années, elle a été acheteuse de vins de prestige pour la SAQ.

Vous trouvez mes commentaires pour chacun de ces vins dans ces pages.

Ce sont des vins achetés en vrac et vendus en épiceries et à la SAQ.

Importé du vin en vrac permet de faire des économies. En effet, le vin importé d'Italie en vrac au Canada a coûté en moyenne cette année l'équivalent de 1,40 $ le 750 ml; alors que le vin importé déjà en bouteille coutait 5,13 $.

Toutefois, nous remarquons que rendu au niveau du consommateur, le vin en vrac embouteillé ici se vend presque au même prix que le vin importé en bouteille!

Deux des vins de Mme Harnois sont vendus à la fois en épicerie et à la SAQ. La SAQ se donne le droit de vendre du vin d'épicerie; alors que les épiciers n'ont pas le droit d'acheter du vin de qualité à la SAQ!

Est-ce que j'achèterais ces vins?
Non.
Pourquoi?
Premièrement, parce qu'ils sont trop chers pour la qualité. Les deux rouges devraient se vendre de 8 à 11 $.
Deuxièmement, ces deux rouges ressemblent à des centaines d'autres rouges déjà sur notre marché.

Sont-ils meilleurs que d'autres vins vendus en épicerie?
Oui, meilleur que ces nombreuses piquettes vendues en épicerie et dans les dépanneurs.
Être pris pour acheter en épicerie, je prendrais la bouteille de vin blanc signée par Jessica.

Jessica Harnois dit vouloir redorer l'image des vins en épicerie. Son vin blanc est une petite amélioration de l'offre en épicerie — une goute de vin dans les 8000 dépanneurs. Toutefois, la vraie solution pour améliorer l'offre en épicerie c'est de permettre aux épiciers d'acheter du vin de qualité, du vin au répertoire de la Société des alcools du Québec.

Si la SAQ a le droit de vendre du vin de dépanneurs; les dépanneurs devraient avoir le droit de vendre du vin de la SAQ.

Les trois vins de Jessica
Bù Spendido
Bù Glissando
Bù Vivere

Pic Saint Loup obtient l'AOC

Le terroir de Pic Saint Loup passe finalement en AOC. Il était nommé jusqu'ici Côteaux du Languedoc Pic Saint Loup. Il suit ainsi les traces  des Terrasses du Larzac qui a été reconnu l'an dernier.

C'est un terroir situé juste au nord de la ville de Montpellier au pied du Pic Saint Loup à 30 kilomètres de la Méditerranée.

Lors d'une dégustation à Terroirs et Millésimes en Languedoc en avril dernier, plusieurs vins de cette nouvelle appellation se sont démarqués par leur grande qualité, dont le Jamais Content 2012 du Domaine de Mortiès, ainsi que le Carra 2013 du Château Lascaux et le Clos Marginiai 2012 du Domaine Zumbaum Tomasi, tous en culture bio.

Puis sur place au pied du Pic, nous avons apprécié la Tour du Roc; un Mortiès 2013; en rosé: l'Arbouse 2014 du Mas de Bruguière et le Mescladis de Pierre Clavel.

Les cépages de l'appellation sont la syrah, le grenache et le mourvèdre. On utilise aussi du carignan et du cinsault. On autorise aussi la counoisse, le grenache gris et le morrastel. On y produit du rouge et un peu de rosé.  Il y a 58 domaines, dont certains bien connus au Québec : le Château de Lancyre; le Domaine de l'Hortus et le Château de Caseneuve.

Le climat y est particulier au pied des Cévennes et à quelques pas de la Méditerranée. Donc, du froid, du chaud et des pluies et de grandes amplitudes thermiques. Des vents traversent ce couloir de vigne: la Tramontante, le Mistral et le Marin.

La vigne a été dévastée par un violent orage de grêle le 17 août dernier, détruisant près de 50 % de la récolte. Certains vignerons ont presque tout perdu.

L'AOC reconnait donc le caractère qualitatif et original des vins de Pic Saint Loup. Voici un extrait du cahier de charges.

«Au nord de Montpellier, la zone géographique forme un ensemble adossé au massif calcaire du pic Saint-Loup (658 mètres) et de l’Hortus (512 mètres). La succession de crêtes, falaises calcaires et de combes protège le vignoble des vents violents venant du Nord. Secteur parmi les plus frais de la région languedocienne, avec température moyenne de 12,3°C, il bénéficie d’une pluviométrie annuelle moyenne de 900 millimètres. Ces conditions sont particulièrement favorables au cépage syrah N. Avec une couleur variant du grenat au pourpre, les vins rouges développent des arômes de fruits rouges plus ou moins confits, de réglisse, ainsi qu’une belle fraîcheur, avec finesse et élégance, tandis que les vins rosés sont frais et gourmands.»

Pour en savoir plus sur cette belle appellation Pic Saint Loup consultez le site www.pic-saint-loup.com

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Un critique qui ose critiquer

Il y a des critiques de cinéma, des critiques de restaurant, des critiques de livre, d'opéra, de théâtre... mais est-ce qu'il y a des critiques vin ?
Ils sont très rares ceux qui osent critiquer les vins.
Et pour cause. Il se font critiquer lorsqu'ils osent.

C'est ce qui vient d'arriver à un excellent journaliste du vin, David Cobbold. Il écrit dans plusieurs médias français. Cette semaine il a commenté une de ses dégustations sur le très bon blogue Les cinq du vin. Une dégustation de vin de la maison Muré en Alsace. Il a jugé les vins pas très bons. «Herbacé, austère, peu de plaisir, amertume, métallique, dur, peu agréable, bouchonné», sont parmi les mots qu'il a employés pour décrire six vins de cette maison. Un seul vin a semblé bon.

Le critique met des gants blancs! «Voilà, j’ai essayé d’être honnête envers mes sensations en dégustant les vins, à la bonne température et dans de bons verres, faut-il le préciser. Cela ne me fait pas plaisir de dire du mal de vins d’un producteur, à fortiori un producteur dont j’ai très souvent loué les qualités. Mais la déception fait partie de notre métier, et il faut toujours l’assumer», at-il écrit en conclusion.

II devait s'y attendre — car il est en France — les commentaires ont fusé: «Je me demande s'il est heureux de rédiger un article comme celui-ci»; «cela va à l'encontre du système établi»; «Boire une bouteille de vin qui se trouve sur une table sans avoir piétiner/marcher dans la vigne et sans avoir rencontrer les vignerons!… reste un jugement de peu de valeur»; «Vous faites ici littéralement un procès immonde à ce producteur et votre argumentaire se base sur une dégustation réalisée dans une période où les habitués du domaine savent pertinemment que de nombreux vins ne peuvent pas s'exprimer correctement».

Comme on dit les wine lovers sont nombreux, mais les wine critics sont rares.

Vous lisez louanges après louages sur les vins; et tout d'un coup arrive un gars qui dit que des vins ne sont pas bien bons. Ça frappe!

Pourtant, dans les critiques de film il y en a de toutes les sortes, des bons films, des très bons et des navets. Pourquoi dans le monde du vin tout doit être toujours bon?

Dans le monde du cinéma, le critique est loin du cinéaste. Pendant que dans le monde du vin, le chroniqueur vin (je n'ose employé le mot critique) est proche du vigneron et de ses agents. Il craint de ne plus être invité, de ne plus recevoir d'échantillon. C'est probablement la promiscuité qui rend la critique presque impossible dans le bucolique monde du vin. Il y a peut-être aussi autre chose, cherchons, nous y reviendrons.

 C'est à lire La déception fait partie de notre métier, malheureusement.
    Lire ainsi que les commentaires.

Sur le même sujet :

La LCBO n'utilise pas son fort pouvoir d'achat

La régie des alcools de l'Ontario (LCBO) est une société d'État qui a le monopole de la vente de vin importé en gros et de détail en Ontario.

Pourtant, la LCBO ne fonctionne pas comme un grossiste ou un détaillant privé classique et n'y ressemble même pas, nous dit le premier rapport du Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux.

L'examen de ce conseil révèle que «contrairement à ce que de nombreux Ontariens croient, la LCBO n'établit pas réellement le prix de détail des boissons alcoolisées dans la province.»

Comment les prix sont-ils fixés alors?
Automatiquement!
En effet, la LCBO fixe le prix de détail en appliquant simplement et mécaniquement une majoration fixe pour tous les vins.

Le prix de détail est fixé automatiquement par un multiple du prix d'achat.

«Bien que la LCBO cherche à offrir le meilleur prix aux consommateurs dans ses fourchettes de pris, elle n'établit pas le prix de gros ou le prix de détail des produits qu'elle achète et vend; sa marge d'exploitation découle tout simplement de cette majoration fixe.»

Ce mode de fonctionnement entraine des aberrations.

«Comme la majoration de la LCBO sur le vin et les spiritueux correspond à un pourcentage du prix du fournisseur, les diminutions de prix que les fournisseurs consentent ont pour effet de réduire le bénéfice de la LCBO.»

«Par conséquent, la LCBO a peu intérêt à utiliser son pouvoir d'achat pour réduire le prix qu'elle paie aux fournisseurs et, par extension, le prix qu'elle demande aux consommateurs.»

Gros acheteur, petit négociateur
Ainsi, «la LCBO est l'un des plus gros acheteurs de boissons alcoolisées dans le monde, mais elle n'a pas intérêt à utiliser son grand pouvoir d'achat pour réduire le cout des produits vendus (CPV), comme le ferait tout autre grossiste ou détaillant commercial typique.»

De plus, comme la fixation des prix se fait dans un carcan rigide, les employés de la société des alcools ne se donnent pas la liberté de faire varier les prix en fonction des volumes de ventes, des saisons, des fêtes, des évènements, des occasions de ventes, comme le font les autres commerces de détail.

Paye plus cher
Le Conseil de la première ministre de l'Ontario a aussi analysé les prix d'achat et de vente de 42 produits disponibles dans les magasins d'alcools du Canada d'après une liste fournie par l'Association canadienne des sociétés des alcools.

«Nous avons été surpris par les résultats selon lesquels, dans de nombreux cas, les fournisseurs reçoivent des prix plus élevés en Ontario que dans d'autres provinces.»
Cet écart moyen est de 3 % pour les vins.

La LCBO paie plus cher les vins que les autres monopoles!

Donc, les acheteurs de la LCBO paient plus cher les mêmes vins que les autres monopoles du Canada!

Malgré cela, les prix de détail de la LCBO sont inférieurs à la moyenne nationale! C'est que les marges des autres monopoles sont plus élevées.

Ce système de majoration fixe est néfaste pour les consommateurs, pour les contribuables et pour le gouvernement de l'Ontario. «En raison du recours à la majoration fixe, la LCBO ne peut maximiser ses profits et, en fait, transfère l'argent des contribuables aux fournisseurs.»

Dans un deuxième rapport, mise à jour en mars dernier, le Conseil note que des intervenants se sont opposés à ce que la LCBO profite de son fort pouvoir d'achat. Sans nommer ces intervenants, le Conseil écrit qu'ils «font valoir qu'il serait inapproprié pour la LCBO de profiter pleinement de son pouvoir d'achat puisque l'organisme constitue en somme un monopole d'État.»

Un parallèle  avec la SAQ
Ceci nous rappelle ce qu'a dénoncé la vérificatrice générale du Québec qui a aussi reproché à la Société des alcools du Québec ne ne pas utiliser son grand pouvoir d'achat.

Deux monopoles, deux monopoles semblables !

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Sources :

Rapport initial : Le Conseil consultatif de la
première ministre pour la gestion des biens provinciaux,
Section 3; 23 décembre 2015

Atteindre un juste équilibre : Modernisation de la vente au détail et de la distribution du vin et des spiritueux en Ontario, 18 février 2016, mis à jour 4 marts 2016

Rapport 2016 de la Vérificatrice générale du Québec, Chapitre 6, art 34, p. 12

Sujets connexes :

 

La LCBO est peu rentable !

La Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) est peu rentable !

Ceci semble étonnant et difficile à comprendre vu que cette société d'État transmet près de 2 milliards de dollars par année au gouvernement de l'Ontario.

Pourtant, c'est bien ce que dit le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux.

«La LCBO, comme la plupart des détaillants, est une entreprise dont la marge bénéficiaire est très faible», dit le conseil consultatif présidé par Ed Clark, anciennement PDG de la Banque Toronto Dominion.

Comment expliquer ce qui semble être un paradoxe?
La LCBO calcule mal son rendement, dit le Conseil, par «une surévaluation des bénéfices : en combinant les impôts théoriques aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.»

La LCBO confond donc ses profits avec ce que le Conseil appelle les «taxes théoriques»; ces dernières sont le total des sommes exigées par le ministre des Finances au titre de redevances.

Le Conseil estime donc «que la LCBO peut être améliorée en traitant de façon distincte son réel profit et les taxes théoriques qu'elle perçoit».

Le Conseil demande donc aux dirigeants de la société d'État de modifier leurs rapports financiers pour qu'il soit «possible d'évaluer plus précisément les marges bénéficiaires de la LCBO.»

Parallèle avec la SAQ
Les mêmes remarques pourraient s'appliquer à la Société des alcools du Québec. En effet, la direction de la SAQ prétend que le milliard exigé en début d'année par le ministre des Finances fait partie de son profit; alors que c'est plutôt une taxe théorique. Incidemment, le gouvernement pourrait transformer ce soi-disant dividende en taxes qui pourrait être de 5 $ la bouteille ou en pourcentage du prix ou les deux.

Revenons à la LCBO
Le Conseil de la première ministre a aussi étudié les coûts d'exploitation, dont les salaires des 7700 employés de cette société d'État. La main-d'oeuvre compte pour près de la moitié de ses frais d'exploitation.

Au Québec, le dernier rapport annuel de la SAQ nous dit que la rémunération de ses 7537 employés représente 68% des frais d'exploitation.

«Notre examen consultatif a comparé les salaires de la LCBO à ceux de plusieurs sociétés comparables du secteur privé (Canadian Tire, Pharmaprix et La Source) et a établit qu'en moyenne, les salaires de la LCBO étaient de 90 % supérieurs à ceux des détaillants canadiens typiques.»

Pire, le salaire moyen des employés permanents est de 26$ alors qu'il est de 11 $ dans les sociétés comparables, dit le rapport du Conseil.

Il note aussi que le travail le dimanche est rémunéré comme étant deux jours et demi. «Cela n'est pas conforme à la situation de la concurrence et fait en sorte qu'il est extrêmement couteux d'ouvrir les magasins le dimanche.»

Autre aberration: «dans 30 magasins du réseau de la LCBO, le gérant du magasin, qui n'est pas syndiqué, gagne moins que l'assistant-gérant, qui est syndiqué.»

En conclusion, le Conseil de la première ministre lance un avertissement. «Il est dans l'intérêt de tous les intervenants que la LCBO puisse évoluer en tant qu'organisme axé sur le client. Si elle ne peut pas s'adapter, les pressions visant à accroitre la concurrence au-delà de ce que nous avons proposé s'accentueront.»

Le conseil consultatif a proposé que l'on permette la vente de vin importé dans un certain nombre d'épiceries. Ce que le gouvernement a accepté.

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Source : Rapport initial : Le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, Section 3; 23 décembre 2015

Demain : La LCBO ne veut pas utiliser son fort pouvoir d'achat !

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