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Prix des vins rouges importés dans quatre provinces

Certains nous disent que le vin est plus cher dans telle province, d'autres disent le contraire. Chacun prend un échantillon de quelques vins disponibles dans toutes ces provinces. Mais cela fausse la réalité, car ce ne sont pas les mêmes vins qui sont dans toutes ces provinces.

Alors, le meilleur moyen d'avoir un portrait réaliste est de prendre l'ensemble des vins disponibles dans chacune des provinces. C'est ce que fait Statistique Canada.

Nous avons donc extrait ici un tableau de Statistique Canada qui nous donne le volume et la valeur totale avant taxes des vins rouges importés pour quatre provinces.

Nous pouvons constater que les prix les plus élevés sont au Québec (12,68$) et en Colombie-Britannique (13,41$). Il faut toutefois ajouter 1,05 $ de taxe spécifique (TS) au Québec. Ce qui nous donne un prix moyen de 14,18 $ au Québec.

Mentionnons ici à titre indicatif que le prix moyen du vin en France est de 3,14 € le litre; soit 4,58 $ ou 3,44 $ la bouteille de 750 ml.

Vins rouges importés, prix avant taxes provinciales et fédérales
(données en milliers)

Géographie Valeur et
volume
2014-2015 litre
750 ml
TS
 
Québec $
1 136 904 16,91$ 12,68$* 14,18$
L 67 207
Ontario $ 838 925 15,75$ 11,81$  
L 53 239
Alberta $ 279 518 15,36$ 11,52$  
L 18 189
Colombie-Britannique $ 339 158 17,88$ 13,41$**  
L 18 958

 * Pour le Québec, il faut ajouter une taxe spécifique de 1.40 $ le litre ou 1,05 $ la bouteille de 750 ml.

 ** En Colombie-Britannique, il y a autant de vins importés que de vins locaux. Le gouvernement provincial avantage les vins locaux. La moyenne de prix pour les vins locaux est de 13,23 $ le litre ou 9,92 $ la bouteille.

À ces prix, il faut ajouter les taxes fédérales et provinciales.

Source : Statistique Canada Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools et d'autres points de vente au détail selon la valeur, le volume Tableau 183-0024 Vins rouges importés.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié

Un peu de lecture pour faire le point en ce début de semaine.

La SAQ veut payer les vins cher pour nous les vendre cher, nous dit la vérificatrice générale du Québec.
C'est une révélation pour certains, mais pas pour d'autres.

Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié et ce n'est pas d'hier.

Un peu d'Histoire, de retour en 2005.

En 2005, un article du quotidien La Presse titre «La SAQ incite des fournisseurs à augmenter leurs prix de gros.» (Jacques Benoit et Marie Tison) C'est ce qu'on a appelé le scandale de l'euro qui a conduit au congédiement de deux vice-présidents puis à celui du président. Tentative d'escroquerie de la SAQ? décembre 2005

Au début de 2006, la SAQ fait un pas en arrière et annonce une réduction de prix sur les vins européens.  La SAQ recule et baisse le prix de certains vins, 21 janvier 2006.

François Chartier dit que «Les dirigeants de la SAQ sont aveuglés par l'appât du gain...», 31 janvier 2006.

Le 2 février, le président de la SAQ présente ses excuses. Selon M. Toutant, deux vice-présidents et 9 employés auraient mal interprété les politiques de la SAQ et lui auraient caché la vérité. Le président de la SAQ: «désolé de ce cafouillage».

Puis quelques jours plus tard, nous apprenons qu'un groupe de journalistes québécois a reçu des révélations étonnantes de vignerons d'Amérique latine sur la manière de négocier des acheteurs de la SAQ. Des gens de notre société d'État auraient demandé aux vignerons d'Uruguay de leur vendre leurs vins plus cher. À lire : Le scandale des prix du vin à la SAQ: pas une première, janvier 2006.

Un mois plus tard, La Presse révèle un courriel d'un vice-président de la SAQ qui dit que «les journalistes pourraient finir par s'intéresser à cette affaire»! (L'affaire de l'euro)  Toutant mis au courant dès le 11 décembre, 8 février 2006.

Quelques jours plus, le réputé chroniqueur vin Michel Phaneuf écrit dans la revue l'Actualité du 15 mars 2006 que la SAQ ne peut plus nous garantir de bons prix et ne peut plus distribuer adéquatement de nouveaux produits. «Un seul acheteur ne peut distribuer tous les vins du monde», écrit-il.  Michel Phaneuf se prononce pour la privatisation.

En décembre 2006, le rapport annuel du vérificateur général du Québec dit que «l’opération de décembre 2005 a dévié de son objectif. De fil en aiguille, les actions ont convergé vers l’objectif, discutable du point de vue éthique, d’amener les fournisseurs payés en euros à augmenter le prix départ chais de leurs produits...»

Ce rapport du vérificateur général démontrait que le prix départ chais pour les vins d'entrée de gamme était déjà de 20 % supérieur à celui qu'obtenait la LCBO. (Graphique 1, page 271)

En 2009, on apprend que la société des alcools du Nouveau-Brunswick a a ordonné à ses fournisseurs de hausser le prix de leurs vins de 2 % et d'augmenter leurs frais d'expédition de 3 autres pour cent. L'opposition crie au scandale. Le ministre des Finances de la province répond que ce n'est qu'une opération routinière.

En 2010, nous apprenons que nous payons plus cher le vin du Chili que tous les autres pays acheteurs dans  le monde!  Un jury canadien pour des vins chiliens que nous payons très cher, janvier 2010.

En 2011, le vérificateur général de l'Ontario dit que «La RAO (LCBO) n'utilise pas son pouvoir d'achat pour obtenir des prix inférieurs auprès des fournisseurs.»  Les monopoles canadiens ne veulent pas acheter à meilleur prix

Puis, en 2012, nous payons encore plus cher les vins du Chili, la situation se détériore.  Le Canada paie toujours plus cher les vins du Chili, février 2012. Encore en 2014. La même chose pour les vins américains.

Point tournant, en août 2012, on apprend que 100 vins de moins de 10 $ ont disparu du répertoire de la SAQ.

En janvier 2013, nous constatons que plusieurs vins sont retirés et remplacés par des vins plus chers. C'est l'opération dite de «montée en gamme».

En 2011, 2012 et 2013, la direction de la SAQ demande à ses employés de faire en sorte que leurs clients repartent avec un vin plus cher que celui qu'ils étaient venus chercher. C'est l'opération 4A+.

En septembre 2013, la SAQ se rend compte qu'elle a exagéré qu'elle a trop diminué l'offre de vin à bon prix et que ses ventes en volume baissent.

En novembre 2013, il ne reste plus que 30 vins à moins de 10 $ à la SAQ. Ce nombre sera maintenu jusqu'à aujourd'hui.

En juin 2014, c'est au tour de 100 vins de moins de 15 $ de disparaitre des rayons en seulement 6 mois.  Le nombre de vins à moins de 15 $ est coupé de moitié en 5 ans. Le 12, la SAQ fait un pas en arrière et dit vouloir maintenant des vins moins chers.

En septembre 2014, on comprend finalement comment la SAQ fait disparaitre des vins de moins de 15 $.

Le 31 août 2015, la Commission Robillard recommande de «de revoir le modèle d'affaires de la SAQ; de libéraliser les marchés des vins et spiritueux et de mettre la SAQ en concurrence.»

En décembre 2015, on explique pourquoi la SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat.

Finalement, en mai 2016, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, remet un rapport confirmant que les dirigeants de la SAQ ne cherchent pas à avoir le plus bas prix de gros possible.

Elle écrit que «la SAQ leur fournit (aux fournisseurs) une calculette afin qu’ils puissent déterminer si leur produit se situe dans la fourchette de prix mentionnée dans l’appel d’offres.»

Puis le 2 juin, une étude de trois chercheurs tend à démontrer que la démonopolisation du commerce du vin accroitrait les revenus de l'État tout en faisant baisser légèrement le prix des vins.

Où s'en va la SAQ maintenant. On ne le sait pas trop. Elle n'a pas publié de plan stratégie pour cette année ni pour les années prochaines. Son dernier plan date de 2013-2015.

Donc, les trois monopoles du vin du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick établissent leurs prix de manière très bureaucratique ce qui mène à ses situations incongrues et peu éthiques. Il faudrait trouver une autre méthode de négociation des prix de gros auprès des fournisseurs.

Pour une ouverture du commerce du vin au Québec

Une démonopolisation du commerce de l’alcool ne signifierait pas une perte de recettes pour le gouvernement. Au contraire, il y plusieurs raisons de croire que le gouvernement pourrait faire plus d’argent, tout en permettant une baisse de prix pour les consommateurs.»

Le Québécois paierait son vin moins cher et l'État ferait plus d'argent si on libéralisait le commerce des alcools au Québec!

C'est ce que soutiennent trois chercheurs dans une étude rendue publique ce matin.

Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université de Trois-Rivières: Paul Daniel Muller, économiste et le journaliste spécialisé en vin Yves Mailloux affirment dans un document de 44 pages que le monopole de la SAQ sur le commerce des alcools est un frein au développement de cette industrie.

Les auteurs démontent un à un tous les arguments favorisant le maintien du monopole et proposent plutôt ce qu'ils appellent la démonopolisation du commerce du vin et des spiritueux. Ce qui entrainement, selon eux, un meilleur choix de produits, de meilleurs prix tout en rapportant plus de revenus au gouvernement.

Les vins seraient achetés moins cher, vendus moins cher en plus grande quantité par un plus grand nombre de détaillants.

La SAQ n'est pas efficace, ne veut pas payer les vins moins cher, pénalise les petits producteurs typiques, est un goulot d'étranglement sur la diversité des produits, nuit à la liberté de choisir du consommateur et taxe plus les moins nantis.

Un cépage peut en être un autre

On croit cultiver un cépage et on découvre que ce n'est pas lui.

Il est très difficile de reconnaitre et de différencier les différents cépages à la vigne.
Les plants de vigne mutent, se transforment, ne sont pas homogènes, ils sont de plusieurs clones, de plusieurs biotypes, de variétés différentes sur des porte-greffe différents.

L'ampélographie n'est pas facile. Elle est maintenant aidée de l'ampélologie.

Des vignerons peuvent cultiver un cépage pendant de nombreuses années en se méprenant sur le nom du cépage en question.

C'est arrivé encore à des vignerons des environs de l'Etna d'après ce que rapporte Ian d'Agata dans son livre Native Wine grapes of Italie (2014). Ils disaient cultiver du nerello cappuccio qui est un cépage qu'ils assemblent souvent avec du nerello mascalese.

Pour les besoins d'une étude publiée en 2010 (Branzanti et.al. 2010) des chercheurs ont prélevé 41 échantillons du dénommé cépage nerello cappuccio dans 15 endroits. Après tests génétiques, il s'est révélé que 70 % des échantillons étaient en fait du carignan, 10 % du sangiovese et du ciliegiolo, finalement seulement 20 % étaient du nerello mascalese.

Achat en ligne : du progrès

Vous avez peut-être remarqué que la SAQ a commencé à réserver une plus grande quantité de bouteilles de certains vins pour les achats en ligne.

Lorsque le programme Achetez Ramassez a été lancé, il n'y avait souvent que 12 ou 24 bouteilles de chaque vin disponibles en ligne. Ce qui faisait que ces stocks s'épuisaient très vite.

Nous constatons depuis un mois que les quantités disponibles pour achat en ligne dépassent même la centaine pour certains vins.

Toutefois, le nombre total de vins disponibles en ligne est toujours inférieur au tiers des produits. C'est actuellement 2700 des 8200 vins.

La moitié des vins de moins de 12 $ sont disponibles en ligne; alors que c'est le cas de seulement le tiers des vins de 20 à 30 $.

C'est pire pour la catégorie des vins de plus de 40 $ dont seulement 680 des 3120 produits peuvent être achetés en ligne.

Les vins disponibles pour achat à distance devraient être ceux qui sont dans le moins grand nombre de succursales; alors que c'est actuellement le contraire.

Les vins qui peuvent être achetés en ligne sont encore trop souvent, les vins qui sont déjà disponibles dans la plupart des succursales. Certains vins disponibles dans toutes les succursales sont aussi disponibles en ligne pour livraison dans une succursale.

Par contre, il y a aussi très peu de demi-bouteilles en ligne; soit seulement 24 des 136 vins de format 375 ml.

Les 130 vins exclusifs aux 10 SAQ-Dépôts ne peuvent pas être achetés en ligne.

Notons en terminant que l'on peut maintenant aussi acheter des vins en utilisant l'application SAQ pour téléphone.

Selon la SAQ, les ventes en ligne représentent 1 % des ventes totales. La SAQ voudrait que cette proportion soit décuplée d'ici 2 à 3 ans et monte à 10 %.

La facture moyenne d'achat en ligne dépasse les 200 dollars ce qui est 4 fois plus élevé qu'en magasin.

Pourquoi le vin est plus cher au Québec qu'en Ontario

Le vin est en général beaucoup plus cher dans les magasins de vin du Québec (SAQ) que dans ceux de l'Ontario (LCBO).

Pourquoi? La Vérificatrice génerale du Québec a répondu à cette question dans son dernier rapport annuel.

La SAQ se prend une marge beaucoup plus grande sur le vin que sa collègue de l'Ontario. En plus, la SAQ ajoute toutes sortes de frais cachés. Le gouvernement du Québec ajoute aussi une taxe spécifique de 1,05 $ la bouteille.

La marge de la SAQ est variable selon le prix; alors que celle de la LCBO est fixe à 71,5 %.

Dans son rapport, la vérificatrice générale du Québec donne des exemples.
Pour un vin payé 2,14 $ par les deux monopoles, soit 25,63 $ la caisse, la SAQ ajoute des frais cachés de 3,89 $. Ces frais cachés sont pour «Éduc'alcool, l'Environnement et Frais de service». «Pour la SAQ ces frais sont confidentiels», écrit la Vérificatrice générale.

Après le transport 4,21 $ et les droits de douane et d'accise de 5,75$ par caisse pour les deux monopoles, cela donne un prix de base par caisse de 35 $ à la LCBO, mais de 39 $ à la SAQ.

Comment inciter un producteur à nous vendre son vin cher

La vérificatrice générale du Québec a dénoncé avant hier la politique d'achat des dirigeants de la SAQ qui ne vise pas à obtenir les meilleurs prix pour les vins.

«En 2014-2015, la SAQ a effectué cinq appels d’offres. Les besoins figurant dans l’appel d’offres sont déterminés non pas en fonction d’un prix départ chais, mais plutôt selon une fourchette de prix de détail que la SAQ a établie pour répondre aux besoins liés à la gestion par catégorie.»

«Si leur produit ne se classe pas dans cette fourchette de prix de détail, il sera refusé par la SAQ. En procédant ainsi, cette dernière annonce à l’avance le prix qu’elle veut payer.»

Mme Leclerc recommande donc à la direction de la société d'État «d'examiner périodiquement la politique d’achat et de mise en marché pour y inclure les meilleures pratiques en matière d’acquisition et mettre en place des moyens pour favoriser l’obtention des conditions d’achat les plus avantageuses

Pensez-vous que la direction de la société d'État a compris le message?
Bien non!
Dès le lendemain, la SAQ lance un appel d'offres et continue de faire ce que lui reproche Mme Guylaine Leclerc. Et en pire! Comme vous allez le voir.

La SAQ veut payer cher

La vérificatrice du Québec vient de dire aujourd'hui ce que nous constations depuis plusieurs années :

Les dirigeants de la Société des alcools veulent payer les vins cher pour pouvoir nous les vendre cher.

«Le prix départ chais constitue la base de la détermination du prix de détail. La conséquence en est que plus le prix départ chais descend, plus la majoration appliquée par la SAQ baisse, ce qui, par le fait même, diminue sa rentabilité.» C'est ce que dit la vérificatrice du Québec, Guylaine Leclerc dans son rapport remis à l'Assemblée nationale aujourd'hui.

C'est que les patrons de la SAQ appliquent une majoration élevée sur le prix coutant. Ainsi, plus ils paient cher les vins, plus ils rapportent de l'argent au gouvernement. Ils ne sont ainsi pas intéressés à acheter des vins à bas prix, parce cela leur procurerait moins de revenus. Le vérificateur général de l'Ontario avait fait les mêmes observations concernant la LCBO en 2011.

La direction de la SAQ a adopté plusieurs tactiques ces dernières années pour payer cher les vins. Nous en avons observé trois de ces tactiques. Ce sont :

Hausse des importations de vin d'Italie au Canada

Les Canadiens aiment beaucoup des vins d'Italie. Du moins, les importateurs, puisqu'au Canada ce sont des employés de l'État qui décident quels vins seront importés.

Le Canada a importé 282 millions de litres de vin tranquille en bouteille en 2015. Les importations d'Italie occupent la première place avec 60 millions de litres, en hausse de près de 8 % par rapport à l'année précédente.

L'Italie est talonnée de près par les États-Unis avec 55 millions de litres, en hausse de 2,5 %.

La France arrive en troisième place avec près de 48 millions de litres (ML), en hausse de 1,7 %.

Puis, c'est l'Australie (30 ML) et le Chili (20 ML) qui a vu ses ventes augmentées de 7 %.

L'Argentine est en baisse de 1 % à 18 millions L. Pendant que l'Espagne est en hausse de 14 % à 15 millions L. Suivent la Nouvelle-Zélande (10 ML); le Portugal (9 ML); l'Afrique du Sud (8 ML) et l'Allemagne avec 4 millions de litres.

Ceci pour les volumes. En dollars, ce sont toutefois, les États-Unis qui sont en première place avec des importations de 472 millions $, devant l'Italie (412 M$) et la France (374 M$).

Maintenant, du côté des vins en vrac, le portrait est un peu différent.
Pendant que nous importons 282 millions de litres de vin en bouteille, nous en importons 117 millions en vrac. Ce vrac provient surtout d'Australie à hauteur de 33 millions de litres, puis du Chili (21 ML); des États-Unis (17 ML); d'Espagne (14 ML); d'Afrique du Sud (11 ML); de France (6 ML) et d'Italie (5 ML).

Hausse des importations de vin en vrac au Canada

Les importations de vin en vrac au Canada augmentent trois fois plus vite que celles en bouteille.

Nos monopoles d'État de vin sont de plus en plus friands des vins en vrac.

En effet, les importations de vin en vrac ont augmenté de 34 % de 2010 à 2015 au Canada.
Pendant ce temps, les importations de vin en bouteille n'ont augmenté que de 12 %.

Les importations de vrac sont passées de 87 millions de litres en 2010 à 117 millions de litres en 2015.

C'est que le prix du vin en vrac est 7 fois plus bas que celui du vin en bouteille; soit 0,99 $ le litre pour le vrac et 7,15 $ pour la bouteille en 2015.

De plus, le prix du vrac est redescendu. Il est passé de 0,93 $ en 2010 à 1,06 $ en 2013 pour descendre à 0,99 $ en 2015. Pendant ce temps, le prix du vin embouteillé augmentait régulièrement passant de 6,17 $ en 2010 à 7,15 $ le litre en 2015.

Nos monopoles ont ainsi décidé de hausser leur importation de vrac de 11 % en 2014 et de 13,5 % en 2015.

À 0,99 $ le litre, le vin en vrac est très avantageux. Il revient à l'équivalent de 0,74 $ la bouteille. Ces bouteilles sont ensuite revendues dans les magasins des monopoles ou dans les épiceries à plus de 11-14 $.

Ce vrac vient surtout d'Australie à 87 cents le litre et du Chili encore moins chers à 77 cents le litre.
Puis des États-Unis à 1,53 $; de la France à 1,60 $ et d'Espagne au prix très bas de 0,66 $ le litre.

En 2015, le Canada a importé 117 millions de litres de vin en vrac et 282 millions de litres en bouteille, selon les chiffres compilés par Il Corriere vinicolo.

Frais de gestion élevés à la SAQ

La direction de la Société des alcools a annoncé hier qu'elle mettrait fin à la publication de ses trois magazines Cellier, Tchin Tchin et Le courrier vinicole.

Le mois dernier, la SAQ avait annoncé qu'elle supprimerait 90 emplois pour alléger sa structure administrative.

De plus, hier, la vice-présidente principale de la SAQ a dit à une journaliste du journal La Presse que la SAQ ouvrira le magasin de l'avenir à l'automne à Montréal. Mme Catherine Dagenais a déclaré que la SAQ «veut créer une succursale "fluide"» Il y aura «un mur avec des photos de produits et des codes à barres pour les acheter au moyen de son téléphone».

Des photos de produits au lieu des bouteilles de vin dans un magasin comme ici dans une station de métro de Montréal. Pour réduire les coûts.

De plus Mme Dagenais a dit espérer que les ventes par internet soient décuplées d'ici deux ou trois ans.

La société d'État est en train de tenter de réduire ses frais administratifs.

En août dernier, la Commission Robillard avait constaté que «la SAQ est l’agence provinciale ayant le ratio des frais d’administration sur les ventes nettes le plus élevé, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador.»

Par la suite, le gouvernement du Québec a demandé à la SAQ d'améliorer son efficience. C'est ce que semble essayer de faire la direction de la SAQ.

C'est que les frais administratifs de la SAQ sont jugés trop élevés. Si l'on compare avec les autres sociétés des alcools au Canada, l'on constate une grande différence dans les dépenses.

Pour des ventes presque du même niveau de 2,5 milliards à 3 milliards de dollars, trois provinces ont des frais administratifs très différents.

Pour des revenus assez prêts de ceux du Québec, la société des alcools de la Colombie-Britannique a des frais administratifs deux fois moindre que ceux de la société des alcools du Québec; soit 321 millions contre 634 millions $ au Québec. Pour ce qui est de l'Alberta, c'est 20 fois moins: soit seulement 32 millions de dollars.

Ce qui veut dire que pour 1 dollar de vente, la société des alcools du Québec dépense 0,21 $; alors que celle de Colombie Britannique en dépense la moitié soit 0,11 $ et l'Alberta 20 fois moins, une cenne!

 

Ventes et frais d'administration de trois régies des alcools du Canada 2014-2015

Québec Colombie-
Britannique
Alberta
Ventes 3000 2800 2500
Frais d'aministration 634 321 32
       
Ratio dépenses/ventes 0,21
0,11
0,01
Ces chiffres sont tirés des données de Statistiques Canada, Tableau CANSIM 183-0025, 10 mai 2016

Mort des trois magazines de la SAQ

La direction de la SAQ annonce par l'entremise du journal La Presse la mort de ses trois magazines Cellier, Tchin Tchin et Le Courrier vinicole.

Ils cesseront d'être publiés « dans leur format actuel » a dit la vice présidente Catherine Dagenais en exclusivité à La Presse.
Pourquoi d'ailleurs cette exclusivité. Pourquoi la direction de la SAQ choisit-elle ce journal pour publier ses communiqués? L'information n'apparait même pas dans le site de la SAQ ni à la section Nouvelles, ni à la section des communiqués de presse.

La SAQ dit aussi à La Presse que les circulaires seront moins nombreuses.
L'article ne dit pas combien coute la production de ces trois magazines ni ne parle des coûts de production des circulaires.

L'accent sera mis sur internet et sur la carte de fidélité Inspire.

Une phrase est étonnante dans ce texte du journal La Presse : «souligne Catherine Dagenais, qui mentionne que depuis l'automne, seulement 50 000 personnes (sur 1,5 million de membres Inspire) ont acheté le meilleur vendeur de la SAQ, pourtant écoulée à des millions d'exemplaires.»

La journaliste Marie-Eve Fournier ne mentionne pas le nom de ce vin. D'après des chiffres de la SAQ, le meilleur vendeur est le Red Revolution. Ce produit est vendu surtout dans les épiceries et dépanneurs, qui a notre connaissance n'acceptent pas la carte de fidélité de la SAQ. Si on exclue les ventes en épicerie, le meilleur vendeur est le Merlot Grand Sud.

La SAQ nous dit aussi par l'entremise de La Presse que les ventes en ligne ont doublé depuis un an; qu'elles représentent maintenant 1 % des ventes et que d'ici deux ou trois ans  ce sera 10 % des ventes qui se feront en ligne.

La SAQ essaye d'améliorer son efficience comme lui a ordonné le gouvernement du Québec à la suite de la publication du rapport de la commission Robillard. Ces magazines coutent probablement bien cher et rapportent fort peu.

La SAQ dévoile ses nouvelles stratégies en exclusivité à La Presse, 19 mai 6h28

Le cabernet franc

Le cabernet franc est un cépage plutôt méconnu.
Il est souvent à l'ombre du cabernet sauvignon et du merlot.
Il est aussi souvent assemblé avec ces deux cépages.
Il est entre le velouté merlot et le robuste cabernet sauvignon.
Il est moins tannique que le cabernet sauvignon, mais quelquefois plus aromatique.

C'est un cépage plus précoce que le cabernet franc, ce qui fait qu'il peut être utilisé dans les zones plus froides. Il lui faut toutefois un sol bien drainé et assez humide, car il supporte mal la sécheresse et le stress hydrique.

Le choix du porte-greffe aurait une grande influence sur ses arômes et saveurs. Le choix du sol aussi, comme nous le constaterons à la dégustation. On lui connait plus de 100 clones conservés en Anjou et dans le Bordelais.

En France, il est utilisé dans un grand nombre d'appellation, dont les suivantes:  Médoc, Graves, Saint-Émilion, Bergerac, Pécharmant, Côtes de Duras, Buzet, Madiran, Irouléguy, Béarn, Côtes du Marmandais, Côtes du Brulhois, Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Chinon, Saumur, Saumur-Champigny, Touraine, Coteaux du Loir, Anjou, Orléans-Cléry, Cheverny, Coteaux du Vendômois, Coteaux d'Ancenis, Vins du Thouarsais, Haut Poitou, Malepère, Cabardès, Limoux...

On le retrouve aussi dans plusieurs pays, dont l'Italie, le Canada, l'Australie, la Hongrie et les États-Unis.

Le cabernet franc est aussi utilisé pour faire du rosé.

Le spiritueux le plus vendu au Québec : un rhum

Le spiritueux le plus vendu au Québec est un rhum: c'est le Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré (alc. 35 %) au format de 40 oz (1,13652 litre) à 39,75 $.
Il est disponible en ligne et dans 395 des 400 magasins de la SAQ.

Il est suivi d'une vodka et d'un Baileys.

La consommation de spiritueux a augmenté de 72 % au Québec de 1997 à 2013, passant de 2 litres à 3,5 litres selon les chiffres de Statistique Canada.
Malgré cette hausse, le Québécois consomme toujours moins de spiritueux que tous les autres Canadiens.

Voici la liste des 10 meilleurs vendeurs parmi les spiritueux à la SAQ pour l'année 2015.

 1 Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré  40 oz (1,14 l) 39,75$
 2 Smirnoff triple distillation vodka  40 oz 35,25 $
 3 Baileys l'original boisson à la crème irlandaise  40 oz  39,75 $
 4 Captain Morgan Original Spiced rhum épicé ambré  750 ml 27,80 $
 5 Smirnoff triple distillation vodka  375 ml 13,75 $
 6 Grey Goose vodka  750 ml 47,75 $
 7 Smirnoff triple distillation vodka   750 ml 29,95$
 8 Baileys l'original boisson à la crème irlandaise  750 ml 29,95 $
 9 Bacardi Superior rhum blanc  40 oz  39,25$
10 Bombay Sapphire London dry gin   40 oz  39,75$

Du bon vin dans des viniers?

Vous connaissez les viniers? Ils n'ont pas bonne réputation auprès des connaisseurs ici au Québec.

C'est du vin en boite; en fait dans un sac de plastique contenu dans une boite de carton.
Nos cousins de France les appellent bag in box, ou bib.
Ce format est assez populaire en France et très populaire en Suède.

La revue Protégez-Vous a demandé à quatre experts de les tester. Ils en ont goûté 27.

Les meilleurs: en blanc, le Cuvée Saint-Pierre Blanc (45 $ le 4 litres); en rouge le Giacondi Nero d'Avola (32,75 $ le 3 litres). Ils ont obtenu la note de 79 %. Ils reviennent à 8,40 $ et 8,20 $ la bouteille.
Le rouge s'est conservé pendant seulement 7 jours; un blanc plus longtemps. C'est que le plastique est moins étanche que le verre, nous dit Protégez-vous.

Plusieurs de ces vins en viniers ont été jugés trop sucrés ou dilués. La plus basse note (70 %) a été donnée au Big House Cardinal Zin.

Le magazine nous dit de vérifier la date de péremption avant d'acheter. «Lors de notre test, nous avons dû retirer un vinier de notre sélection, le Murari Valpolicella. Sa date de péremption était dépassée depuis plus de sept mois»!

Pour tous les détails de ce test voir Les viniers au banc d'essai, Protégez-Vous, Clémence Lamarche, en ligne mai 2016, en magazine juin 2016.

La SAQ te souhaite bon anniversaire

C'est votre anniversaire et vous recevez un courriel de la direction de la Société des alcools du Québec (SAQ) vous disant «Joyeux anniversaire! Célébrez avec des points qui font pop. 10 X les points sur votre bouteille de BULLES préférée».

Le courriel dit que c'est valable pour les 7 prochains jours.

Qu'en penserez-vous?
Vous avez une la carte de fidélité SAQ-Inspire comme 1,5 million d'autres Québécois et la société d'État vous offre d'aller dépenser un peu d'argent dans un de ses magasins!

Un client de la SAQ n'a pas apprécié. Voici ce qu'il m'a écrit récemment.

«Aujourd'hui, le jour de mon anniversaire, je reçois un courriel de SAQ Inspire. Promotion spéciale pour mon anniversaire: 10X les points sur l'achat d'un mousseux et ce, valable pour les 7 prochains jours. Je suis sidéré», m'écrie-t-il.
 
Il ajoute: «Est-ce éthique? J'en doute. Je n'aime pas ce type de marketing utilisant des données personnelles. D'ailleurs, la date de naissance était un champ obligatoire lors de l'inscription à Inspire. Je n'aimais pas l'idée de partager cette info avec la SAQ... maintenant on voit le résultat

«À XX ans, on ne se laisse pas manipuler ainsi.... enfin pour les trucs évidents ... Qu'en est-il des plus jeunes ?  Très dangereux
 
Ce n'est peut-être qu'un début!
«Quelle est la prochaine étape?» se demande notre correspondant. «Utiliser mon profil d'acheteur: étude de ce que j'achète, les SAQ que je fréquente, ma consommation selon certaines dates fériées ... Tout cela est peut-être déjà en cours. L'étude de consommation d'un produit de luxe peut révéler une foule de renseignements à un organisme gouvernemental..

En effet, monsieur pose des questions pertinentes. Est-ce éthique, surtout de la part d'une société d'État, d'inciter des citoyens à aller acheter de l'alcool? Jusqu'où les dirigeants de notre société d'État vont-ils aller pour accroitre leurs ventes de vins mousseux, de spiritueux et de bière?

Le but de cette opération est évident. C'est d'inciter à dépenser et ainsi d'accroitre les ventes du commerce. Pourtant, au moment du lancement de la carte Inspire, on nous disait au bureau du ministre Carlos Leitão responsable de la SAQ «qu'il n'y aura pas de sollicitation

Les gens de la SAQ sont poussés par le ministère des Finances à rapporter continuellement plus d'argent, alors ils sont incités ainsi à trouver de nouveaux moyens pour remplir des objectifs de rendement de plus en plus élevés.

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Sur le même sujet voir SAQ Inspire, quel est le but? 1 oct 2015
 

Le modèle d'affaires de la SAQ sera revu

Le modèle d'affaires de la Société des alcools du Québec pourrait être modifié.

En effet, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déclaré en Commission parlementaire des Finances que «le modèle d'affaires de la SAQ sera revu».

Monsieur Leitão a répété cela à plusieurs reprises mardi lors d'une audience du projet de loi 88 sur la vente de vin québécois dans les épiceries. «Oui, nous sommes en train de revoir le modèle d'affaires au total de l'entreprise.»

Toutefois, le ministre n'a pas donné plus de précisions sur ces changements à venir.

Le ministre titulaire de la SAQ a fait cette déclaration lorsque le député François Bonardel a proposé un amendement au projet de loi 88 pour y inscrire l'obligation de la SAQ de faire la promotion des vins du Québec. «La Société a également pour fonction de soutenir la fabrication des boissons alcooliques du Québec et d'en promouvoir les produits.»
Le ministre a toutefois refusé d'ajouter cette phrase à la future  loi sans vraiment dire pourquoi.

Carlos Leitão a aussi dit qu'il avait mentionné lors de la présentation du budget en mars que le modèle d'affaires de la SAQ serait revu.

D'ailleurs, c'était une des principales recommandations de la Commission Robillard en août 2015. La commission demandait alors de libéraliser le marché des vins et spiritueux et de mettre la SAQ en concurrence.

Québec-Alberta: 10 ans en vin

L'un est un marché de vin dominé par un monopole.
L'autre est un marché de libre commerce du vin.

On compare souvent ces deux marchés canadiens parce qu'ils ont deux modèles d'affaires différents.
La vente d'alcool en Alberta a été libéralisée en 1993; alors que celle du Québec est toujours sous la domination d'un monopole du moins pour le vin.

Lequel est le plus efficace?
Si l'on étudie les ventes de vin dans les deux provinces au cours des 10 dernières années l'ont obtient le tableau suivant. (10 dernières années parce que ce sont les années où les données sont disponibles)

Les résultats sont très éloquents. Les ventes de vin progressent presque deux fois plus vite en Alberta qu'au Québec.

  1. En 10 ans, les ventes en dollars ont progressé de 69 % au Québec et de 116 % en Alberta.
  2. En volume, la progression des ventes est de 46 % au Québec et de 85 % en Alberta.

Au Québec, les ventes de vin sont passées en 10 ans de 1,3 milliard à 2,2 milliards $: soit une hausse de 69 %. (Ventes dans les épiceries comprises)
Pendant ce temps en Alberta, les ventes passent de 261 millions à 565 millions $; une hausse de 116 %.

En volume, c'est une hausse de près de 50 % au Québec, pendant qu'en Alberta le volume de vin écoulé a presque doublé!

Ventes de vin en valeur et en volume Québec et Alberta
  Québec
Alberta
  2004-2005 2014-2015 + %
2004-2005 2014-2015 + %
Ventes en $ 1 341 815 2 264 245 69   261 416 565 672 116
Ventes en litres 110 027 160 166 46   23 507 43 608 85
Litres/habitant 17,6 23,1 31   9 12,9 43
Ce tableau a été établi à partir des données de Statistique Canada publiées le 9 mai 2016
@vinquebec.com

Par conséquent, la consommation de vin par année par habitant s'est accrue aussi beaucoup plus en Alberta qu'au Québec.

Si l'on regarde maintenant les progressions annuelles pour le volume des ventes de vin, nous constatons que ces volumes croissent beaucoup moins vite au Québec d'année en année et la situation s'est détériorée au cours des 3 dernières années. Les ventes en volume ont même diminué en 2013-2014 au Québec pour remonter légèrement de 2,3 % en 2014-2015. Pendant cette dernière année, les volumes de vente de vin ont augmenté de 8,2 % en Alberta.

Variations annuelles en pourcentage des ventes en volume Québec et Alberta
    2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Québec
  7,5 6,5 4,7 3,8 3,8 4,4 4,5 1,4 -0,5 2,3
Alberta
  10,8 10,8 6,9 2,1 3,7 6,3 4,9 6,9 3,5 8,2
Extrait du tableau 183-0023 1, 2 Ventes et les ventes par habitant de boissons alcoolisées des régies des alcools et d'autres points de vente au détail, selon la valeur et le volume (variation en pourcentage (d'une année à l'autre)) annuel.

On pourrait penser que ces fortes hausses de ventes de vin en Alberta se sont faites au détriment des autres alcools. Mais non, les ventes de bière et de spiritueux ont aussi augmenté dans cette province.

Vente de vin: Québec à la traine!

Faible hausse des ventes de vin au Québec

Le Québec est, avec la Nouvelle-Écosse, la province où les ventes de vin ont le moins augmenté au Canada au cours de l'année dernière.

Pendant que les ventes de vin augmentaient de 5,1 % en moyenne au Canada, ce fut de seulement 2,3 % au Québec et 1,8 % en Nouvelle-Écosse.

En Ontario, la hausse des ventes de vin a été de l'ordre de 5,8 % de 2014 à 2015, selon les chiffres publiés cette semaine par Statistique Canada. En Alberta ce fut encore mieux avec +9,5 % et +7,1 % en Colombie-Britannique.

Pendant ce temps, les ventes de bière au Québec ont augmenté de 3,2 % ce qui un peu au-dessus de la moyenne canadienne (3,1 %).

Par contre, le Québec est champion canadien pour la hausse des ventes de spiritueux avec une hausse de 4 % alors que la moyenne canadienne est de 2,7 %.

Faut-il mettre fin au monopole de la SAQ?

L'organisme IRIS revient à la défense du monopole de la Société des alcools du Québec.
Deux chercheurs de l'organisme publient un document intitulé «Faut-il mettre fin au monopole de la SAQ?»

Les deux chercheurs, Julia Bosca et Simon-Tremblay Pepin, disent qu'il y a des magasins privés d'alcool en Colombie-Britannique et que les prix de certains vins dans certains de ces magasins y sont plus élevés qu'au Québec. Ils affirment alors qu'on n'a pas intérêt à libéraliser le commerce de l'alcool au Québec!

En effet, il y a des magasins dits privés en Colombie-Britannique, mais ils ne sont pas libres d'acheter le vin sur le marché privé. Ils doivent l'acheter au monopole de la province qui prend sa marge comme au Québec.

IRIS semble se spécialiser dans la défense du monopole de la SAQ. Le document de l'IRIS ne dit pas qui a financé l'opération. Dans un communiqué, le groupe de pression écrit seulement que «Le Syndicat des employé·e·s de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ) a participé au financement de cette étude.»

Rappelons ici que ce qui fait le prix du vin au Canada ce sont les taxes et les soi-disant dividendes des monopoles qui sont eux aussi des taxes déguisées, puisqu’exigés par les gouvernements.

Le prix du vin c'est l'ensemble des taxes
Au Québec, sur un chiffre d'affaires de 3 milliards de dollars, les produits (vins et spiritueux) ne représentent qu'un milliard, les deux autres sont des redevances aux gouvernements. Ça se divise ainsi : dividendes déclarés 1 033 millions $; taxe de vente provinciale 340 millions $; taxes spécifiques 256 millions $; droits d'accise et de douane 227 millions $; taxe sur les produits et services 170 millions $.

Le plus gros montant est le dividende exigé par le ministre des Finances; soit plus d'un milliard de dollars. Il est très important dans le calcul, puisqu'il est taxable, donc le montant des taxes dépend de son élévation. Les taxes spécifiques sont aussi taxables.

Donc, sur des ventes totales de 3 006 millions en 2015 à la SAQ (y compris les ventes en dépanneurs) les produits eux-mêmes ne totalisent que 998 millions de dollars, selon le rapport annuel 2015 de la SAQ.

Que ce soit un monopole ou non, il nous est permis de croire que ces montants seront du même ordre.

Rapport annuel SAQ 2015, page 40

Si les gens d'IRIS veulent vraiment voir les effets de la libéralisation sur marché de l'alcool, ils devraient étudier le marché de la bière au Québec.

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Voir le document de l'IRIS ici. Le rapport annuel de la SAQ ici.

Plus de sulfites dans les vins à petit prix?

Est-ce qu'il y a plus de sulfites dans les vins à petit prix?

La question a dû sembler pertinente à des députés de l'Assemblée nationale du Québec qui l'ont posée à la direction de la SAQ.

Chaque année, le président de SAQ (Alain Brunet - salaire annuel 390 540 $) apparait devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés du parti au pouvoir et de l'opposition.
Pourquoi la commission des finances et pas plutôt une autre commission?
C'est parce que la Société des alcools a comme ministre tutélaire le ministre des Finances.

Alors, des députés ont posé par écrit la question suivante, entre autres questions, en préparation de la visite du président de la SAQ à cette commission le 26 avril dernier.

Voici le libellé de la question

Question no 100
Le taux de sulfite moyen des vins vendus à la SAQ par tranche de prix au détail
 

La réponse de la direction de la SAQ

RÉPONSE :
Cette question est non pertinente à l’étude des crédits.

Si des députés ont jugé la question pertinente, pourquoi la direction de la SAQ a-t-elle donné une réponse si empreinte de mépris? Qu'est-ce que cela aurait couté à la direction de la société d'État de fournir la réponse? 
Pourquoi une réaction si hautaine du monopole? Et surtout qu'est-ce que cela cache?

Chute du Ménage à Trois

Les vins les plus populaires au Québec en 2015-2016 

La révolution rouge frappe le Québec!
Ménage à Trois en procédure de divorce!

Le populaire Ménage à Trois, le meilleur vendeur en dollars au Québec au cours des dernières années tombe en 14e position.
Il était le meilleur vendeur depuis au moins 2011. Il est maintenant 14e.

Le Ménage à Trois a été mentionné l'an dernier dans le recours collectif contre les vins qui contenaient beaucoup d'arsenic. (1) Ce qui peut expliquer sa chute dans la faveur populaire.

Le champion des ventes cette année est le Red Revolution, format 1 litre, vendu à 13,30 $ dans les épiceries du Québec. (12,89 $ au IGA) C'est aussi un vin de Californie. Il est embouteillé au Québec. Il contient du cabernet, du carignan et du shiraz. Depuis 2014, il est aussi commercialisé dans le réseau de la SAQ à 10,90 $ au format de 750 ml. La version vendue en SAQ contient 11 grammes de sucre au litre.

C'est une montée fulgurante, car il n'était même pas parmi les 50 meilleurs vendeurs l'an dernier.

Il est vendu à 10,95 $ (750 ml sucre 13) en Ontario et 10,99 $ en Colombie-Britannique.
C'est une marque de Woodbridge-Robert Mondavi.

Le deuxième meilleur vendeur en 2015-2016 est le Merlot Grand Sud (1 litre - 13 $ - sucre 8,8 g/l). Il est suivi du Sauvignon Kim Crawford (21 $ - 750 ml - sucre 4,9 g/l), puis du Wallaroo Trail Bin 212 (1 litre - 13,30 $). Ce dernier est vendu en plusieurs formats. Le litre est en épicerie, ainsi que le 4 litres et le 500 ml. Un format 750 ml est aussi vendu depuis l'an dernier dans les succursales de la SAQ (10,15 $ - 750 ml - sucre 11 g/l).

Le Wallaroo Trail était le meilleur vendeur en volume l'an dernier. L'est-il encore? Peut-être, mais nous ne pouvons l'affirmer, car la SAQ n'a pas divulgué cette année ses chiffres de vente en volume.

Le cinquième meilleur vendeur en valeur cette année est le Apothic Red (750 ml - 17 $ - sucre 17 g/l). Il est suivi du rosé White Zinfandel de Californie (12 $ -750 ml - sucre 39 g/l).

Nous constatons que les meilleurs vendeurs sont pour la plupart des vins à petit prix et au fort taux de sucre réducteur.

Les vins les plus vendus au Québec en 2015-2016
    $  
Red Revolution 1 litre 13,30 Épicerie
Merlot Grand Sud pays d'Oc i.g.p. 1 litre 13,00 SAQ
Sauvignon blanc Kim Crawford Marlborough 750 ml 21,00 SAQ
Wallaroo Trail Bin 212 rouge 1 litre 13,30 Épicerie
Apothic Red Californie 750 ml 17,00 SAQ
White Zinfandel Ernest & Julio Gallo Californie rosé 750 ml 12,00 SAQ
Pinot grigio Barefoot California 750 ml 11,00 SAQ
Shiraz/Cabernet Jacob's Creek South Eastern Australia 750 ml 15,75 SAQ
Sangiovese/Cab.-Sauv. Liano Umberto Cesari Rubicone i.g.t. 750 ml 27,95 SAQ
Brouilly Georges Duboeuf 750 ml 19,95 SAQ
Wallaroo Trail lot 313 blanc 1 litre 13,30 Épicerie
Chenin blanc Robertson Winery Robertson 750 ml 10,60 SAQ
White Revolution 1 litre 13,30 Épicerie
Ménage à Trois Folie à Deux Californie rouge 750 ml 17,45 SAQ
@vinquebec.com 

Pour les chiffres de l'an dernier : Les vins les plus populaires au Québec en 2014

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1) Arsenic dans le vin

Libre d'acheter du vin partout au Canada?

Un juge du Nouveau-Brunswick vient de déclarer illégale une loi de cette province qui interdit de rapporter de l'alcool acheté dans une autre province.

Le juge Ronald Leblanc de la Cour provincial du Nouveau-Brunswick a déclaré anticonstitutionnel l'article 134 b de la Loi sur la réglementation des alcools de cette province.

Que dit cet article 134 b

134 Sauf dans les cas prévus par la présente loi et les règlements, nul ne doit, dans la province, soit personnellement, soit par l’entremise de son commis, employé, préposé ou représentant, avoir ou garder des boissons alcooliques
b) achetées ailleurs qu’à la Société.
(Loi sur la réglementation des alcools)

Le juge dans un jugement de 88 pages déclare que

Section 134(b) of the Liquor Control Act of New Brunswick constitutes a trade barrier which violates section 121 of the Constitution Act, 1867 and is therefore of no force or effect...

Donc, une province n'aurait pas le droit d'interdire d'acheter, de rapporter ou de faire venir un bien acheté dans une autre province. La section 121 de la Constitution dit que

121. Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.
(Lois constitutionnelles de 1867 à 1982)
 

Ainsi, une province ne peut pas empêcher un citoyen de posséder un article acheté dans une autre province.

Est-ce à dire que la Loi québécoise serait elle aussi anticonstitutionnelle?

Que dit la Loi sur la Société des alcools du Québec?
À l'article 37, cette loi dite S-13, dit ceci

Sur recommandation du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et du ministre de la Sécurité publique, le gouvernement peut faire des règlements pour:
 9.2° déterminer les modalités selon lesquelles une personne peut apporter au Québec des boissons alcooliques acquises dans une autre province ou un territoire du Canada pour sa consommation personnelle et en prescrire les quantités;
(Loi sur la Société des alcools du Québec et Règlement sur la possession et le transport au Québec de boissons alcooliques acquises dans une autre province ou un territoire du Canada.)

Ainsi, si on se fie au jugement du juge Ronald Leblanc, l'article de la loi du Québec limitant le droit de rapporter un bien, en l'occurrence des boissons alcooliques, d'une autre province serait anticonstitutionnel.

Nous aurions donc le droit de faire venir du vin de n'importe où au Canada, comme nous pouvons le faire pour tout autre bien.

C'est d'ailleurs ce que veut le gouvernement fédéral qui insiste pour encourager le commerce libre entre les provinces de ce pays. Ainsi, depuis 2012, Poste Canada livre le vin partout au pays.

Et les taxes?
Il faut poser tout de même la question des taxes. La plupart des provinces utilisent le vin comme source de revenus en le surtaxant. Risquer de perdre de l'argent n'est pas une raison pour ne pas respecter la constitution. Il y aura alors plusieurs choix. Nous pourrions acheter le vin en franchise (hors-taxe) d'une autre province et payer les taxes dans notre province comme on le fait pour les meubles entre autres. Les provinces pourraient aussi décider d'harmoniser leurs taxes. Ou encore, elles pourraient décider de changer de modèle d'affaires comme l'Alberta l'a fait avec succès.

Le nombre de vins à moins de 12 dollars remonte à la SAQ

Après avoir réduit considérablement le nombre de vins à bon prix, la SAQ a recommencé à offrir des vins à «petits prix» à ces clients.

Le nombre de vins à moins de 12 $ était tombé 127 en janvier 2015. Puis il a tranquillement remonté pour atteindre 172 en janvier dernier. Pour redescendre à 152 en mars dernier et finalement remonter à 190 aujourd'hui. C'est une augmentation de 63 vins de moins de 12 $.

Le nombre de vins à moins de 10 $ varie de 23 à 31 depuis le début de 2015.

Par contre, pendant ce temps le nombre de vins de 12 à 15 $ n'a cessé de décroitre passant de 410 en janvier 2015 à 382 aujourd'hui.

Ce qui fait qu'au total le nombre de vins à moins de 15 $ n'a augmenté que de 35 unités.

  Nombre de vins par catégorie de prix  
Prix $
 janvier 2015 30 avril 2016  
-10 26 31 + 7
-12 127 190 + 63
12-15 410 382 - 28
tous 8370 7693 - 677

Dans les catégories supérieures, le nombre de vins diminue dans toutes les tranches de prix, particulièrement dans celle de 15 à 20 $.

L'offre totale de vins de la SAQ diminue depuis quelques moins. Elle était autour de 8300 produits au cours des années 2014 et 2015; elle est actuellement d'un peu moins de 7700 vins.

La loi qui limite l’importation d’alcool provenant d’une autre province est inconstitutionnelle

La loi qui limite l’importation d’alcool provenant d’une autre province est inconstitutionnelle.
C'est ce qu'a déclaré ce matin un juge de la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick.

Le juge Ronald Leblanc a rendu sa décision et donne raison à Gérard Comeau, un résidant de Tracadie qui contestait l’article 134b de la Loi sur l’alcool du Nouveau-Brunswick.
M. Comeau avait été accusé d'avoir rapporté au Nouveau-Brunswick 14 caisses de bières achetées au Québec.

Dans un jugement lu pendant 2 heures 40 minutes, le magistrat affirme que l'interdiction provinciale de rapporter de l'alcool acheté dans une autre province du pays constitue une barrière commerciale ce qui contrevient à la l'article 121 de la Constitution du Canada.

L'article 121 de la Constitution dit ceci

121. Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.

121. All Articles of the Growth, Produce, or Manufacture of any one of the Provinces shall, from and after the Union, be admitted free into each of the other Provinces.
(LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1867 à 1982)

Dans son jugement, le juge Leblanc dit qu'il était clair que les Pères de la Conférération canadienne visaient le libre échange entre les provinces lorsqu'ils ont adopté la constitution en 1867.

Le juge a également noté que les précédents ne pouvaient pas être ignorés et que la question du commerce interprovincial de l'alcool a été débattue dans les tribunaux canadiens dès 1921 dans une affaire opposant Gold Seal Ltd et l'Alberta. (Gold Seal Ltd. v. Alberta (Attorney-General))

Ce jugement pourrait changer énormément le commerce interprovincial des alcools au Canada.

Ce qui laisse entendre que la loi québécoise limitant l'achat d'alcool dans une province soit aussi anticonstitutionnelle (Loi 25, articles 195 à 197).

La couronne ne veut pas commenter la décision pour le moment. Le procureur dit qu'il est trop tôt pour dire s'il ira en appel.

Il est fort possible que ce jugement soit porté en appel par les monopoles d'alcool du pays ou par des gouvernements.

Le gouvernement fédéral a déjà abandonné en 2012 sa loi interdisant le commerce le l'alcool entre les provinces.

Toutefois, plusieurs provinces maintiennent des barrières et des limites à la libre circulation de ces produits.

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Voir à ce sujet SAQ anticonstitutionnelle?  août 2015

Voir aussi Le concept d'union économique dans la Constitution canadienne: de l'intégration commerciale à l'intégration des facteurs de production, Ivan Bernier, Les Cahiers de droit, vol. 20, n°1-2, 1979, p. 177-228.

Baisses dans les ventes de vins courants à la SAQ

Pendant que les chiffres de la Société des alcools du Québec nous indiquent des hausses dans les ventes de vins de spécialité de plusieurs pays (voir ici), nous constatons de fortes baisses dans les ventes de vins courants de nombreux pays.

Les vins courants représentent environ 80 % des ventes de la SAQ. Ils sont placés dans les rayons à l'entrée et au centre des magasins de la société d'État. Alors que les vins de spécialité sont les vins importés en plus petites quantités, disponibles pour de courtes périodes et placées sur les rayons le long des murs, au fond du magasin ou dans la section «Cellier». Il y a environ 1000 vins courants et plus de 10 000 vins sporadiques de spécialité.

Les baisses des ventes sont surtout notables parmi les vins rouges.
Entre autres, les ventes des vins rouges (en valeur) des États-Unis ont connu une baisse de -10 % pour les 12 mois se terminant en septembre 2015 (Période no 5-2015). Ces chiffres ne comprennent pas les ventes en SAQ-Dépôt.

Les vins rouges du Languedoc, de la Vénétie, de Bordeaux, du Rhône, du Chili, du Beaujolais, de Beaugogne, d'Afrique du Sud et du Piémont ont aussi connu des baisses de ventes allant jusqu'à moins - 15 %.

Pendant ce temps, les vins rouges du Portugal connaissaient une hausse des ventes de 18 %; et ceux d'Australie et de plusieurs régions d'Italie étaient en hausse.

Les vins blancs ont connu plus de succès que les rouges pour la plupart des régions.
Ce fut notable pour des blancs d'Italie en hausse de 14 % en Vénétie; de 20 % dans diverses régions d'Italie. Les blancs du Chili et du Portugal ont connu des hausses de ventes respectives de 18 et de 13 %.

Vins rouges courants
  % millions
$
États-Unis -10  115
Languedoc -,6 80
Vénétie -11  66
Espagne -,4 69
Toscane -8  37
Bordeaux -8  33
Argentine -5  32
Rhone -9  26
Chili -5  24
Beaujolais -12  22
Sud-Ouest -13  15
Bourgogne -10  11
Afrique du Sud -11  11
Piémont -15  9

Les hausses
Portugal +18  30
Australie +6  40
Sicile et Sardaigne +8  14
Italie autres régions +5  73
France autres régions +32  7
Autres pays +5  5

En blanc
États-Unis +5  40
Vénétie +14  32
Nouvelle-Zélande +2  30
Languedoc +5  29
Sud-Ouest -3  25
Bourgogne -2  24
Italie autres régions +20  24
Australie -,7
23
Alsace +5  17
Chili +18  13
Portugal +13  10
Loire +4  8
Australie -13  6
Ventes $ : Produits courants, actifs et en écoulement (exclant SAQ Dépôt) 13 périodes mobiles se terminant à la P05-2015.

Du côté des champagnes, ce fut une hausse de 2 % à 25 millions de dollars; mais une légère baisse de - 0.8 % pour les mousseux à 48 millions de dollars. Finalement, les portos sont en baisse de 8 % à 15 millions de dollars.

Hausse de 25 % des ventes des vins de spécialité du Portugal au Québec

Les ventes de vins du Portugal, de l'Afrique du Sud, du Canada, de l'Autriche, des pays de l'Est et de l'Espagne sont en hausse dans la section des vins de spécialité des magasins de la Société des alcools du Québec.

La Société des alcools a publié les chiffres des tendances de ventes des vins de sa section de spécialité.
Il en ressort des indications dans les préférences des consommateurs québécois au cours des 12 derniers mois.

Ces chiffres ne comprennent toutefois pas les ventes des gros vendeurs de la section des vins courants ni les vins des SAQ-Dépôts. (Les ventes en vins courants du Portugal ont été de 30 millions $.)

Ainsi, les vins du Portugal ont connu une hausse des ventes de l'ordre de 25 % en 2015-2016 par rapport à 2014-2015. Les ventes des 260 produits de ce pays ont totalisé près de 22 millions de dollars. L'année précédente, les 180 vins du Portugal avaient aussi connu une hausse de 20 % à 16 millions de dollars.

Les 279 vins d'Afrique du Sud sont en hausse de 23 % à 15 millions de dollars. (Mais une baisse de -11 % en vins rouges courants à 11 millions $)

Les 223 vins du Canada sont en hausse de 21 % à près de 5 millions de dollars. (En vins courants, ce fut toutefois une baisse de -10 % à 1,7 millions $)

Les vins de la section des pays divers, dont l'Autriche et les pays de l'Est, sont en hausse de 12 % à près de 18 millions de dollars.

Les 827 vins d'Espagne sont en hausse de 11 % à 55 millions de dollars.

Les vins des États-Unis sont en hausse de 6 % à 64 millions de dollars. Ils ont connu une hausse de 14 % l'année précédente. (Pour les produits courants rouges, ce fut toutefois une baisse de -10 % à 115 millions $.)

Finalement, les bourgognes blancs sont en hausse de 5 % à près de 15 millions de dollars.

Les vins de Vénétie sont en hausse de 2 % à 30 millions $ et ceux du Piémont sont stables à près de 13 millions $.

Du côté des baisses, la SAQ ne mentionne que -2 % pour le Beaujolais et les vins du Rhône.

En conséquence, la direction de la SAQ dit qu'elle mettra ses efforts à ajouter à son répertoire des vins du Swartland en Afrique du Sud; du Douro et du Vinho Verde au Portugal; du Mâconnais en Bourgogne et du Comté de Prince Édouard en Ontario.

Produits courants
En ce qui concernen les produits courants, la hausse des ventes de vins protugais a été de 18 % pour les 15 vins rouges et de 13 % pour les 4 vins blancs.
La SAQ veut ajouter un blanc du Portugal de moins de 10 $ et un blanc de 12 à 15 $ à son répertoire de vins courants; ainsi que 3 rouges de ce même pays: un rouge de 10 à 12 $; un de 12 à 15 $ et un de 15 à 17,45 $.
De plus, 2 rouges supplémentaires seront disponibles bientôt: le Lab Red à moins de 12 $ et le Herdade Grande Vinho Regional Alentejano à moins de 17,45 $.

Le prix moyen des vins rouges courants à la SAQ est de 12,31 $; celui des blancs est de 12,11 $.
Les ventes de vins blancs courants ont été de 10 millions $; tandis que celles des vins rouges courants ont été de près de 30 millions de dollars.

Voir aussi

Fin des pesticides à Bordeaux ?

Le titre est fort !
La région viticole de Bordeaux est celle qui utilise le plus de pesticides en France avec la Champagne et la Loire. (1)

Pourtant, le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) vient de se déclarer favorable «à la sortie de l'usage des pesticides» pour les vins de Bordeaux.

M. Bernard Farges a fait cette déclaration hier lors de l'assemblée générale du CIVB. «Notre filière des vins de Bordeaux, dans son intégralité, a les mêmes attentes que les associations qui nous interpellent. Oui, la filière a pour objectif la diminution forte, voire la sortie, de l'usage de pesticides.»

Déclaration qui semble étonnante de prime abord. Le CIVB est poussé de tout bord par les organisations écologistes et celle de défense de la santé qui accusent les producteurs de vins de Bordeaux de polluer la région et de nuire à la santé de ses habitants.

De plus, la région a été frappée par deux «accidents» assez graves touchant la santé d'enfants et d'écoliers du département. Les épandages de pesticides près des écoles ont fait grand bruit dans la région. (2)

Le CIVB accusé de traiter à la légère les craintes des citoyens se devait donc de faire preuve d'un peu plus de compassion et d'empressement.

Toutefois le président des vignerons de Bordeaux tempère et dit que cette sortie des pesticides ne se fera pas rapidement. «Cet objectif, la diminution forte, voire la sortie, des pesticides, ne sera pas atteint en quelques semaines ni avec des mesures simplistes.»

Il ajoute avoir «un objectif commun avec nombre d’associations nous interpellant sur le sujet. Notre chemin pour y arriver peut être différent de celui réclamé par ces associations, toutefois l’objectif est commun.»

Il ne dit pas non plus comment ça se fera, mais plutôt comment ça ne se fera pas. «Il ne sera pas atteint non plus en opposant les modèles, conventionnel, certifié, bio, biodynamie.» Il dit plutôt sans préciser que «ces solutions seront diverses et complémentaires.»

À Bordeaux, l'on parle beaucoup de culture raisonnée, mais cette expression semble peu convaincante.
La culture sans pesticides semble plus difficile dans cette région en raison du climat atlantique qui amène de l'humidité favorable à la croissance des champignons qui nuisent à la vigne. De plus, les surfaces sont plus grandes ce qui inciterait à avoir recours plus souvent au chimique.

Toutefois, certains producteurs réussissent à faire du vin sans pesticides. Certains disent même qu'on ne devrait donner l'AOC qu'aux vins bios.

La conversion des vignerons au bio est lente à Bordeaux, mais tout de même progressive. Selon les chiffres de l'Agence Bio, il y avait, en 2014, 730 producteurs bio sur près de 10 000 hectares à Bordeaux. Bordeaux est tout de même la quatrième région productrice de vin bio de France avec 100 000 hectolitres après le Languedoc-Roussillon (500 000 hl), le Rhône (250 000 hl), la Provence (130 000 hl) et avant la Loire (70 000 hl), selon les chiffres publiés en janvier 2016 par Millésime Bio.

Le bio ne représentent que 4,7 % des surfaces agricoles en Aquitaine, contre 15 % en Provence et 11 % en Languedoc-Roussillon. (3)

Autrefois, tous les vins étaient bio. Tous les vignerons étaient bio. Maintenant, des vignerons disent ne plus savoir comment faire des vins sans pesticides chimiques. D'autres ajoutent que ça coutera trop cher et qu'il y aurait trop de perte. Pourtant, certains réussissent !

Réactions
Cette déclaration de vouloir sorit le chinique de la vigne bordelaise, est-ce sérieux ou tout simplement une opération de relation publique? «Prôner la "sortie" des pesticides ressemble fort à une annonce destinée surtout à calmer le jeu médiatique et à rassurer les acheteurs de vin français, surtout à l’étranger», écrit Richard Werly correspondant du Temps (site suisse d'information) à Paris.

«Il faut que le CIVB arrête de jouer les pucelles effarouchées en nous expliquant que les pesticides ça n'a pas de conséquences et qu'on ne les utilise pas. Il faut arrêter de ne pas reconnaître la vérité», dit, de son côté, Noël Mamère, député de la 3e circonscription de Gironde et maire de Bègles, commune limotrophes de Bordeaux.

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(1) CARTE. Quels pesticides dangereux sont utilisés près de chez vous? Cash Investigation, FranceTv
(2) Est-ce que la culture de la vigne est en train de tuer des enfants, 
Le Monde au naturel
(3) Agriculture bio : votre région soutient-elle vraiment les alternatives aux pesticides? Basta Mag

 

Pourquoi certains vins nous déplaisent

Des vins qu'on aime et d'autres non!

Qu'est-ce qui fait que certains vins nous plaisent moins?

Vous êtes en train de déguster des vins avec des amis et les commentaires fusent de toute part. Certains aiment tel vin pendant que d'autres disent qu'il n'est pas bon!

Pourquoi donc des vins sont-ils jugés moins bons par plusieurs dégustateurs?

VÉGÉTAL
ACIDE
SUCRE
TANINS
ALCOOL
BOIS

Écoutons-les.
Végétal, acide, astringent, boisé, alcooleux, sucré.

Ce sont les principaux qualificatifs employés par des dégustateurs pour décrire des vins qui n'ont pas leur faveur.

Pourtant, dans les vins, il y a du végétal, de l'acidité, des tanins, du sucre, de l'alcool et quelques fois du bois. Ce sont les composants mêmes du vin et ce sont ces éléments qui font la qualité du vin.

Par contre, si on juge qu'il y a un excès d'un de ces éléments, le vin est dit moins plaisant ou carrément déplaisant.

Un vin qui a une belle acidité est dit rafraichissant. Par contre, si l'on perçois un excès d'acidité, trop d'acides on le dit vert et acerbe.

C'est la même chose pour les tanins. S'il y en a trop, le vin sera dit rugueux, âpre, astringent.

De même pour l'alcool. Si on juge qu'il y a trop d'alcool par rapport au fruit, on dira le vin alcooleux. La finale pourra alors paraitre brulante, ce qui peut être dû à la forte présence d'alcool ou encore à l'ajout de substances désaciditiantes au vin. L'abus de bois peut être jugé dévalorisant pour un vin. Si le vin a un fort goût de vanille, on pourrait le décrire comme étant du jus de madrier. Plus un amateur de vin progresse dans sa connaissance du vin, plus il sera réfractaire aux saveurs boisées.

Le sucre peut aussi déconsidérer un vin. Si le consommateur juge qu'il y a trop de sucre, le vin lui déplaira.

Donc, ce qui fait qu'un vin est moins aimé c'est souvent qu'il y a trop d'un de ses composants. Soit trop d'alcool, d'acide, de tanins, de sucre, de bois ou de végétal.

Plus rarement on dira d'un vin qu'il est moins bon parce qu'il manque d'acidité, de tanins, de sucre... Mais ça peut arriver dans le cas de certains vins dits mous, pâteux ou fluets.

Tout ceci dépend aussi des seuils de tolérance de chacun. Le niveau de perception de ces éléments varie d'une personne à l'autre.

Alors, la prochaine fois que vous jugerez un vin qui vous semble peu plaisant, essayez de mettre le doigt sur ce qu'il a de trop : acidité, végétal, bois, alcool, sucre ou tanins.

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