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Peu de bois neuf à Chablis: une raison historique

Plusieurs vignerons de Chablis n'utilisent pas de barriques de bois neuf pour élaborer leurs vins. C'est le cas de Jean-Paul Durup et de son équipe du Château de Maligny.
 
M. Durup dit qu'il n'a pas besoin de bois pour produire un bon vin. Il veut conserver la fraîcheur, la minéralité conférées par les sols de son domaine.
Lors de son passage au pays, il nous a dit qu'il y avait des raisons historiques expliquant pourquoi on n'utilise pas traditionnellement des barriques neuves en Chablis.
 
«C'est que nous sommes près de Paris. Nos vins quittaient le domaine jusqu'à Auxerre en barriques embarquées sur des charettes, puis prenaient le bateau sur l'Yonne et la Seine. Les barriques revenaient. Donc, on utilisait toujours les mêmes barriques.
 
C'était le cas aussi pour les vignerons de Champagne. Par contre, ce n'était pas le cas pour les autres vignobles loin de Paris qui ne récupéraient pas leurs fûts parce ça revenait trop cher de les faire revenir. Ils devaient donc utiliser des barriques neuves à chaque fois. De plus, à cause des longues distances, leurs vins arrivaient souvent oxydés dans la capitale. Ce qui n'était pas le cas des vins de Chablis qui y arrivaient tous frais et pimpants, d'où leurs succès auprès des consommateurs.»
 
Voilà donc, dit-il une explication historique à la non-utilisation du bois neuf en Chablis. De plus, on n'est pas tombé dans cette mode parce qu'on n'a en pas besoin, explique Jean-Paul Durup.
«Dans le but de rester proche de Dame Nature et afin de conserver au vin toutes ses caractéristiques naturelles, la vinification se fait uniquement en cuves et ne passe pas dans le bois.» Peut-on lire sur le site internet du domaine.
 
Maligny plus rond
Lors de cette rencontre un soir d'octobre à Montréal avec Jean-Paul Durup, quelques journalistes lui ont dit qu'ils trouvaient ses vins plus ronds et plus amples depuis quelques millésimes.
 
M. Durup nous expliqua qu'en effet, il y avait eu quelques modifications dans la manière de faire son vin. «On disait que notre vin n'était pas assez gras. Nous avons fait des tests de batonnage (remuage du vin sur ses lies), mais nous n'étions pas satisfaits. Le vin devenait plus gras, mais perdait en saveur et en minéralité.
 
Avec l'aide d'un nouvel oenologue depuis 2011, nous avons changé de levure. La nouvelle levure que nous utilisons contient de la poudre d'écorce et nous donne de meilleurs vins.» Il est possible aussi, comme l'admet le producteur, que le réchauffement climatique soit maintenant plus favorable à des régions nordiques comme Chablis.
 
Cette levure BRG, développée à Dijon dans les années 1990  «se distingue pour ses capacités de libération de mannoprotéines pendant et après la fermentation alcoolique ce qui renforce la rondeur en bouche», lit-on sur la fiche du produit. Elle développe des mannoprotéines comme le fait le batonnage.
 
Des problèmes de bouchon
Lors de cette rencontre, quelques collèges journalistes ont dit qu'ils étaient tombés sur plusieurs vins du domaine gâchés par de mauvais bouchons de liège.
 
M. Durup a admis qu'il avait eu de gros problèmes de bouchons ces dernières années et qu'il avait pris des mesures. Il utilise maintenant des bouchons de la marque Diam pour la moitié de sa production.
 
Ce sont des bouchons faits de liège en poussière qui sont reformés et ont l'allure de bouchons naturels. Ce sont aussi des bouchons plus étanches. Il hésite toutefois à l'étendre à toute sa production, «car je crois que l'échange d'air plus constant des bouchons naturels peut être bénéfique pour mes vins.»
 
Des vins élégants
«Que c'est bon du chablis!» c'est exclamé un collège en dégustant quatre vins du Château de Maligny. En effet, ces vins des premiers crus Vigne de la Reine, Fourchaume, Homme Mort et Montée de Tonnerre du millésime 2013 sont savoureux, ronds, tout en conservant une bonne tension, une grande fraîcheur et une belle minéralité. 

La Vigne de la Reine m'a semblé plus ronde avec de belles saveurs de beurre frais, de caramel même, du chardonnay typique, on l'aurait même cru boisé! Les trois autres m'ont paru plus tendus; l'Homme Mort a une belle acidité et la Montée de Tonnerre a un caractère minéral bien tranché. 

Ces vins sont dotés d'une belle acidité naturelle. Il ne faut pas alors hésiter à les laisser se réchauffer dans le verre. L'expression de leurs saveurs et de leurs textures peut varier énormément selon la température du vin: plus acide et rafraichissant lorsque le vin est servi froid et plus rond et savoureux au fur et à mesure qu'ils se réchaufferont. 

Les vins blancs de qualité ne craignent pas 10-14 Celcius. Ils se révèlent même plus à ces températures plus élevées.
 

Les meilleurs vins en ligne

Les régions du Québec sont moins bien desservies par la SAQ que l'île de Montréal.
Les nouveaux arrivages n'atteignent pas toujours nos rivages.
Il y a un moyen de contourner en partie l'offre inférieure faite en région par notre société étatique des alcools.
C'est par les achats en ligne.
Toutefois, sur les 8400 vins au format 750 ml présentement au répertoire de la SAQ, seulement 2600 sont disponibles en ligne.
C'est le même nombre qu'en 2009.
Sur ces 2600 vins, seulement 224 sont à moins de 15 $; 8 à moins de 10 $. 717 sont de 15 à 20 $; la plupart, soit 1024 sont de 20 à 30 $.

Du côté des bulles 144 des 478 mousseux (tous formats) sont disponibles en ligne. Pour ce qui est des vins de dessert, le choix est très limité: seulement 24 des 294 liquoreux.

Ce service est efficace et la livraison revient à 6-7 $ la caisse.

Voici les meilleurs vins disponibles en ligne dégustés au cours des derniers mois.
(Les prix peuvent varier)
 

Vins SAQ Cote Prix
Offley 20 ans 5 60,50$
Château Fortia, C.du Baron, Châteauneuf 2010 4 42,00$
Badia a Passignano 2008 4 42,50$
Offley, Late Bottled Vintage, Porto 2009 3,5 19,95$
Ijalba Graciano Rioja 2012 3,5 21,55$
Château Lamartine, Cuvée Particulière 2011 3,5 23,60$
La Moussière Sancerre 2013 3,5 29,25$
Tautavel, Grand Terroir 2011, Gérard Bertrand 3 18,75$
Bernard-Massard Cuvée de L'Écusson Brut 3 19,75$
Michel Gassier, Les Piliers, Viognier 2013 3 20,20$
Douro Reserva 2012 Sogrape 3 20,45$
Poggibano 2010 3 22,10$
Les Millères 2011, Jean Gardiés 3 23,55$
Ruché 2011 3 24,90$
Bourgogne pinot noir Les Ursulines 2012 3 24,95$
Pic Saint Loup, Zumbaum-Tomasi, Maginiai 2008 3 25,65$
Cum Laude 2010 3 30,25$
Predicador 2011 3 36,25$
Vila Regia 2013 2,5 10,50$
Marquis de Goulaine, Sauvignon Réserve 2013 2,5 16,00$
Prince Philippe, Bourgogne Aligoté 2013 2,5 16,45$
Carpenè Malvolti Prosecco Brut 2,5 17,20$
Ciliegiolo Grillesino 2013 2,5 17,55$
Pasqua Sangivese, Puglia 2013 2
11,40$
Borsao rosé 2013 2
12,90$

 

Pour savoir comment acheter en ligne, consultez le site de la SAQ : Comment acheter dans saq.com.

Alcool 10 % ! Comment faites-vous ?

Je vous ai parlé dernièrement d'un vin qui ne titre que 10 degrés d'alcool le Terrroir Grinou, un vin blanc de la région de Bergerac. Je me suis demandé «comment font-ils?» et j'ai posé la question au vigneron.

M. Guy Cuisset du Château Grinou m'a répondu d'une longue lettre dans laquelle il explique sa démarche et comment il en est venu à produire ce vin à 10 % d'alcool et qui est si bon.

D'ailleurs le vin ne contient même pas les 10,5 degrés minimum imposés par la plupart (sinon tous) des cahiers des charges des appellations AOC/AOP en vins secs.

Sa lettre est tellement intéressante et pleine d'enseignement que je veux la partager avec vous tous. J'ai donc demandé au vigneron la permission d'en publier de larges extraits.

Les sous-titres et les caractères gras sont de moi.

Les restaurateurs demandent des rabais à la SAQ

Lors d'un voyage en Italie, j'avais été bien étonné de voir que les prix des vins dans certains restaurants étaient les mêmes que chez le caviste d'en face.

C'est que le restaurateur achète en gros, il a droit à un rabais. Il achète aussi souvent directement du producteur.

Ici au Québec, il n'y a qu'un seul grossiste et c'est la SAQ. Elle n'offre pas de rabais de volume.
Les restaurateurs paient presque le même prix que les clients individuels (1 à 2 $ de moins la bouteille). Donc, même à la caisse, il n'y a pas de prix de gros.
Ce qui fait qu'ici au Québec, le prix du vin est très élevé dans les restaurants.
Un vin acheté 5 $ par la SAQ est vendu 15 dollars au restaurateur qui le vend 45 $ au client.

Les restaurateurs demandent donc un rabais de 10 %. «Étant donné l’important volume d’achats généré par le secteur de la restauration, les membres de l’industrie demandent (...) que soit instauré un programme de rabais automatique et universel par la SAQ.» C'est ce qu'on lit dans le rapport du Groupe de travail sur l'encadrement des conditions de ventes et de service des boissons alcooliques dans les restaurants. Ce rapport a été déposé le 27 octobre au ministère des Finances du Québec.

Les restaurateurs disent acheter l'équivalent de 14 % du chiffre d'affaires de la SAQ.
Ils soutiennent qu'ils bénéficient des meilleurs prix des produits alimentaires et des ristournes sauf de la SAQ. «Selon l’industrie, un programme de rabais est d’autant plus essentiel que le gouvernement doit prendre en compte le fait qu’une bouteille de vin de 0,75 litre vendue au restaurant rapporte deux fois plus en taxes que la même bouteille vendue à la SAQ.»

Toutefois, l'affaire n'est pas simple. Si le gouvernement accorde un rabais de 10 %, ceci occasionnerait une perte de près de 50 millions pour la SAQ qui devra aller les chercher ailleurs. Où?

La vente de vin est très importante pour les restaurants. C'est là qu'est le profit. Le profit facile et non pas sur la nourriture et la préparation des repas. L'alcool représente souvent de 20 à 30 % du chiffre d'affaires d'un restaurant.

La ministre de la Sécurité publique (hic), Lise Thibault, doit annoncer bientôt un projet de loi dépoussiérant la Loi sur la vente d'alcool. Le projet de loi 68 (avril 2012) sur le même sujet avait dû être abandonné lors de la chute du gouvernement du Parti Québécois.

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Source
Dépôt du rapport du Groupe de travail sur l’encadrement des conditions de vente et de service des boissons alcooliques dans les restaurants, 27 octobre 2014. Ministère des Finances du Québec. Document PDF, 40 pages.

Le milliard de la SAQ

Qui veut perdre le milliard?
Dans sa propagande contre la libéralisation de la vente du vin au Québec, la direction du syndicat de ses employés affirme que nous perdrions un milliard si on touchait à la SAQ.

Cet argument ne résiste pas à l'analyse. Ce milliard est la somme exigée de la SAQ par le gouvernement du Québec. C'est la majoration qu'applique la SAQ sur le prix coutant (ex. 135 % sur les vins de 16 $). Il fait partie des revenus exigés du ministre des Finances, c'est donc une taxe.

Même si le commerce du vin est libéralisé — même si à l'extrême tout ce commerce est privatisé comme en Alberta — jamais le gouvernement n'abandonnera ce milliard. D'ailleurs lorsque l'Alberta a privatisé son commerce de l'alcool, elle n'a pas abandonné sa majoration qui était de 400 millions $. Les points de vente sont plus nombreux et la majoration de l'Alberta sur la vente d'alcool rapporte maintenant 729 millions de dollars.

Notons aussi qu'il se vend du vin en épicerie au Québec (11% des ventes s'y font, soit 313 millions $ et un autre 6 % dans les agences), et la majoration de la SAQ s'applique, même si le vin n'est pas vendu dans les succursales de l'État, mais en commerce privé. Finalement, le vin en importation privé est aussi majoré.

Donc, nous pouvons relaxer et continuer paisiblement ce débat, car nous ne perdrons pas notre milliard!

Oui, rouge avec dinde, malgré le syndicat SAQ

Une vidéo de propagande contre le système privatisé de vente de vin en Alberta nous montre des employés albertains des commerces de vin de cette province proposant du vin rouge avec de la dinde. C'est présenté comme étant une mauvaise suggestion. La conseillère de la SAQ «a reçu des conseils douteux, comme d'accompagner de la dinde avec du rouge.» lit-on dans le site Canoe.

Pourtant, dans le site même de la SAQ, la plupart des vins donnés en suggestion pour accompagner la dinde sont des rouges.

Sur le site français PlatsnetVins, tous les premiers vins suggérés pour accompagner la dinde sont des rouges.

Dans «La bible des accords mets et vins» de France de Palma en collaboration avec Les Connaisseurs SAQ, on recommande aussi du rouge avec certains plats de dinde.

«La dinde de Noël s'accommode très bien de vins rouges corsés, et même puissants», écrit Jacques Benoit dans La Presse.

Jacques Orhon propose une petite-syrah (rouge) ou un saint-chinian rosé avec un sandwich de rôti de dinde à l'émission Des kiwis et des hommes.

La dinde c'est blanc, alors on propose du vin blanc! Ça me semble une belle réponse de fonctionnaire.
Va-t-on proposer un rosé avec notre bifteck rosé?

«Côté accord, la viande de la dinde est également plutôt polyvalente, et permet de jouer à la fois dans la cour des rouges et des blancs», nous dit Simon Gaudreault sur le bloque de la société d'État blogue.saq.com/tchin-tchin/cest-le-temps-dune-dinde

Donc, rouge ou blanc avec la dinde?
Je vais répéter ici ce que j'ai écrit en décembre 2010.

Des vins pour la dinde
Quel vin servir avec la dinde? Du rouge, du blanc?
C'est selon vos goûts, ceux de vos invités et selon la sauce et les condiments qui accompagnent la digne volaille.
Pour une sauce et des condiments épicés, je suggère plus blanc que rouge.
Sinon, ce sera plus rouge que blanc.
Recherchez les vins avec une bonne acidité pour trancher dans cette volaille robuste, les vins peu tanniques et au fruité non confituré.
Si vous avez des vins vieux, ce sera encore mieux.

C'est le Pakistanais qui vend le vin!

Une publicité du syndicat de la Société des alcools du Québec a semé tout un émoi dans la presse canadienne anglaise.

Dans sa vidéo anti privatisation de 14 minutes, le syndicat Semb-SAQ fait entendre un Albertain qui dit «ici en Alberta, c'est le Pakistanais, ou c'est l'Indien qui ne connait rien du vin qui ne boit même pas du vin qui vend le vin.»

Après les protestations des médias anglophones, la direction du syndicat a promis d'enlever ce segment de sa vidéo.

Il est intéressant de noter qu'aucun média écrit n'a mentionné que l'Albertain en question est un noir et qu'aucun média francophone n'a mentionné cette controverse (du moins dans ce qui est rapporté par Google Actualité).

Vous pouvez voir et entendre l'extrait censuré sur le site de la Gazette de Montréal.

Les titres de Google News concernant la SAQ:

Quebec liquor store union sorry for offensive video CBC.ca
Union apologizes for racist remark in video defending Quebec's liquor monopoly
bnn
Quebec union apologizes for racist comments targeting Alberta's private liquor ...
CTV News
Union apologizes for racist remark shown in video defending Quebec's liquor ...
CTV News 
Union edits 'Indians' and 'Pakistanis' comment out of SAQ video
CJAD 
'Racist' comment to be excised from liquor-store video
Montreal Gazette
Racist wine video sparks outrage 
The Drinks Business

 

Les prix sont bons au Québec, dit le président de la SAQ

«Les prix sont bons au Québec, les prix sont dans la bonne moyenne» a dit le président de la Société des alcools du Québec à une émission radiophonique locale à Montréal ce matin. 1
«On ne paie pas plus cher... Les prix sont dans la bonne moyenne en Amérique du Nord... on fait une bonne job», dit M. Alain Brunet
Il dit qu'un blogue rapporte «1 ou 2 % d'écart».

Pourtant si on regarde les chiffres, on n'a pas le même portrait du tout.
«Les spiritueux se vendent en moyenne 11 % plus cher au Québec que partout ailleurs dans cette recherche, alors que pour le vin, il s’agit d’une différence de plus de 23 %.» 2

C'est ce qu'on lit dans le document de recherche Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux présenté par Maxime Péloquin pour l'obtention de sa maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Le chercheur a étudié les prix de 50 vins et de 50 spiritueux disponibles dans trois monopoles et dans trois grands magasins privés en Amérique du Nord.

Les monopoles sont ceux du Québec, de l'Ontario et de la Pennsylvanie. Les grands marchands privés sont Bev-Mo (Californie), 67 Wine and Spirits (New York) et Crown Wine and Spirits (Floride).

On y lit qu' «au final, 85 % des produits, quels qu’ils soient, se retrouvent à des prix supérieurs sur les tablettes des deux monopoles canadiens.»

Le résultat, pour le vin seulement, c'est 23 % plus cher à la SAQ que dans les 5 autres commerces, taxes et taux de change compris.
Comparé à l'Ontario, le vin est 7,63 % plus cher au Québec.

Même le monopole de la Pennsylvanie fait mieux que la SAQ et la LCBO. «En fait, cette société d’État (américaine) est même plus compétitive au niveau des prix que certaines entreprises privées utilisées dans la base de données», note M. Péloquin dans son mémoire de maîtrise.

1. 98,5 fm, Paul Arcand interroge Alain Brunet, 6 novembre 2014

2. «Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux», Maxime Péloquin, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke, avril 2014, 72 pages.

Comment la SAQ fait disparaître des vins de moins de 15 $

Le nombre de vins à moins de 15 $ ne représente plus que 6 % de l'offre de la SAQ, alors que c'était 15 % il y a 5 ans.

Comment en est-on rendu là?
Les gens des relations publiques de la société d'État disent que c'est à cause de l'inflation et des taxes. Pourtant, l'inflation est minime et les taxes n'ont été haussées que de quelques 25 cents. La chef des relations publiques de la SAQ a même déjà laissé entendre que c'était parce que les Québécois voulaient des vins plus chers!

Ce n'est pas suffisant pour expliquer la chute du nombre de vins de moins de 15 $ au répertoire de la SAQ. Rappelons-le, les «petits vins» c'est 6 % du répertoire qui rapportent 58 % des ventes de la SAQ.

Alors comment on fait pour éliminer les vins de moins de 15 $?
La réponse est simple: on fait comme on a fait pour éliminer les vins à moins de 10 $.

Objectifs plus élevés pour les petits
Plusieurs stratagèmes sont employés. Je vais en mentionner deux ici. Le premier consiste à fixer des objectifs de vente plus élevés pour les vins moins chers.

Vin Alberta Québec

On a beaucoup comparé les prix des vins en Alberta et au Québec au cours de cette année dans les médias québécois.
En mai dernier, un journaliste du Journal de Québec, Pierre Couture, va faire une tournée en Alberta et nous rapporte que le vin y est moins cher, quelquefois 50 % moins cher.

Lundi, c'est une employée de la SAQ qui va y faire un tour et nous dit que certains vins y sont plus chers et d'autres moins chers.

Mais pourquoi se comparer avec l'Alberta? Pourquoi pas le Dahomey, le New Hampshire ou la Belgique?

Si l'on regarde les chiffres de Statistique Canada, l'Albertain dépense en gros le même montant que le Québécois pour l'alcool. Mais il y a alcool et alcool. Pour la bière, on est pareil. Nous dépensons 330 $ par année en bière. Mais pour le vin c'est bien différent. Le Québécois y consacre 339 $; pendant que l'Albertain dépense 193 $. Par contre, ce dernier dépense le double du Québécois en spiritueux.

Ventes de boissons alcoolisées par habitant de 15 ans et plu
pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013
(millions de dollars)
  Bière Vin Spiritueux Total
Québec 337 339 104 780
Alberta 332 193 235 761

www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/140410/dq140410a-fra.htm

Maintenant, les prix
Si l'on étudie le tableau 183-0015 de Statistique Canada, intitulé Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools, des producteurs de vins et des brasseries, selon la valeur et le volume, exercices financiers se terminant le 31 mars, et qu'on y extrait les chiffres concernant les ventes de vin en volume et en valeur pour l'Alberta et le Québec, on obtient le tableau suivant.

Ventes vin
Millions litres et dollars (2013)
  Alberta Québec
Litres 58 159
Dollars 614 2320
Prix moyen au litre de vin
10,58$
14,59$

On constate qu'il se vent trois fois moins de vin en Alberta qu'au Québec: 58 millions de litres contre 159 millions au Québec. L'Albertain n'a pas la réputation de s'ouvrir un petit rosé de Provence le vendredi soir, mais plutôt de se prendre une bonne Bud! En dollars, c'est 614 millions en Alberta et 2,3 milliards au Québec.

Ce qui nous donne un prix moyen au litre de vin de 10,50 $ en Alberta et de 14,50 $ au Québec.
Donc, le vin est en moyenne 38 % plus cher au Québec qu'en Alberta.

Le document de l'employée de la SAQ, diffusé sur le site de la CSN, nous apprend toutefois que les prix sont plus élevés dans les localités touristiques de l'Alberta et que plusieurs employés ne connaissent pas beaucoup le vin.

Revenons maintenant à Statisque Canada qui nous apprend que les ventes de vins en Alberta en volume ont augmenté de 36 % de 2009 à 2013. Au Québec, ce fut 12 %; soit trois fois moins.

En terminant, dans la vidéo de la CSN-SAQ, ils nous disent que si nous perdons la SAQ, nous perdrons sa marge de profit de 1 milliard. Ce qui est totalement faux. En effet, ils omettent de mentionner que l'Alberta n'a pas abandonné sa majoration en privatisant sa société d'État et que la province fait maintenant plus d'argent qu'avant en ne vendant plus d'alcool! (Il y avait 208 succursales en 1993 qui rapportaient 400 millions $ au gouvernement; mainrtenant c'est 1340 magasins privées qui rapporte 729 millions à la province).

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De l'alcool à prix imbattable, Journal de Québec, Pierre Couture, 27 mai 2004
Rouges et blancs au pays de l'or noir, SEMB SAQ CSN Vidéo de 14 minutes, 3 novembre 2014
Contrôle et vente des boissons alcoolisées, pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013, Statistique Canada, 10 avril 2014
Privatiser la SAQ ne servirait ni l’État ni ses citoyens, dit la CSN, Le Devoir, 4 novembre.

La proportion de vins à moins de 15 $ est passée de 15 % à 6 %

La proportion de vins à moins de 10 dollars diminue constamment sur les rayons de la Société des alcools du Québec.

En 2009, sur les 6920 vins de la SAQ, 1040, soit 15 % étaient à moins de 15 $.
En 2012, cette proportion est tombée à 10 %.
En 2013, ça baisse à 8 %.
Aujourd'hui, la proportion de vins à moins de 15 $ n'est plus que de 6 %.
En 5 ans, nous avons perdu la moitié des vins de bon prix. On est passé de 1040 à 522.
La proportion de vins à moins de 15 $ est tombée de 15 % à 6 % au répertoire de la SAQ.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars 2009
Nov 2012
Nov 2013
Nov 2014
-15 $ 1040 902 641 522
15 $ et +
5920 7357 7319 7735
total 6960 8259 7960 8257
 % - 15 $ 15 %
10 %
8 %
6 %
  @vinquebec.com

Comment en est-on rendu là?
Pourtant, de l'aveu même du nouveau président de la SAQ, en commission parlementaire, ces vins de moins de 15 $ représentent 57 % des ventes de la SAQ.

Les dirigeants de la SAQ semblent toutefois entendre la critique et réagir.
Alors qu'en mars dernier, sur les 83 nouveaux vins, seulement 5 étaient à moins de 15 $, soit 6 % de l'arrivage.

Aujourd'hui, sur les 74 nouveautés 23 sont à moins de 15 $; soit 31 %. Ils sont dans la section des produits courants.

Il semble donc que les dirigeants du monopole veulent maintenant acquérir des vins moins chers, afin de ralentir cette chutte de l'offre de vins à prix raisonnable!

 

Des Québécois envahissent la LCBO

Sur l'heure du midi, il y aura beaucoup de Québécois à la succursale de la LCBO de la rue Rideau à Ottawa.

 

En effet, 250 amateurs de vin de la région de Québec débarqueront dans le stationnement de la succursale principale de la société des alcools de l'Ontario à Ottawa.

 

Un animateur de la station de radio FM93 à Québec a nolisé 5 autobus pour amener des Québécois magasiner à Ottawa en guide de protestation contre les hausses continuelles de prix des vins au Québec et la réduction graduelle des vins à bon prix à la SAQ.

 

L'animateur radiophonique Sylvain Bouchard a baptisé cette opération «les vendanges des cols rouges». Il dit qu'il a 500 candidats à ce voyage, mais seulement 5 autobus.

Faire du vin sans sulfites

Comment faire du vin sans sulfites ou avec peu de sulfites ajoutés?
Les sulfites, appelés aussi soufre ou SO2 ont mauvaise réputation, surtout depuis qu'on est obligé d'en indiquer leur présence sur l'étiquette. Les vignerons veulent donc en réduire l'utilisation.

Lors de la vendange, les baies fraichement cueillies et le mout qui en résulte sont des cibles vivantes et chaudes qui peuvent facilement être polluées par des bactéries nuisibles qui spolient alors cette belle récolte.

C'est pourquoi on ajoute des sulfites pour tuer ces bactéries. Si on augmente encore plus la quantité de SO2 ont tue aussi les levures ce qui empêche le démarrage trop rapide de la fermentation. Dans ce dernier cas, on doit ajouter par la suite des levures sèches achetées dans le commerce pour démarrer la fermentation au moment voulu. C'est ainsi que procèdent la plupart des producteurs.

Mais il y a d'autres moyens d'empêcher la colonisation de la récolte par des bactéries indésirables. Le principe est simple: il s'agit de coloniser avec des microorganismes désirables qui en prenant toute la place empêchent les autres microbes de polluer la cuve.

Plusieurs techniques sont ainsi employés depuis trois ans. Le stade expérimental vient d'être dépassé par plusieurs et ces moyens commencent à se répandre dans les régions viticoles.

On a déjà parlé ici à Vin Québec, des vins de la série Naturae de Gérard Bertrand. Des vins sans soufre ajouté. M. Bertrand ne veut pas donner sa recette. Toutefois, d'autres donnent et même vendent leurs recettes.

Bioprotection
Ces techniques sont regroupés sous le nom de bioprotection.
Une de ces techniques consiste à ajouter des levures non-saccharomyces, des levures non fermenticides qui occupe la place désirée par les bactéries.

La Lune influence-t-elle le goût du vin?

Il y a de ces jours où les vins sont très bons et d'autres jours où ils sont moins bons.
 
La texture d'un même vin peut nous sembler différente d'un jour à l'autre.
 
Vendredi dernier, avec quelques amis, nous dégustions une vingtaine de vins en préparation d'un vins et fromages. Et sauf, peut-être deux ou trois, il n'y a pas eu vraiment de coups de coeur. Des vins que nous connaissons semblaient moins bons que d'habitude, surtout les rouges.
 
J'ai alors demandé à la blague si nous étions un jour racine!
 
D'après le calendrier lunaire, nous sommes jour feuille aujourd'hui, donc les vins ne se goûteraient pas bien!
 
J'ai écrit un article à ce sujet en 2009, lorsqu'on a appris que les deux plus grandes entreprises d'achats de vin de Grande-Bretagne dégustaient les vins en fonction du calendrier lunaire.
Je vous invite à le lire ici si vous n'êtes pas familier avec le sujet.
 
De nouvelles recherches
Est-ce qu'il y a du nouveau sur ce sujet depuis 2009?
Peu de choses publiées, sinon une expérience menée l'an dernier chez le réputé producteur François Lurton.
 
On y a testé l’influence du calendrier biodynamique sur la dégustation des vins de la maison.  Neuf dégustateurs, neuf séances, quatre rouges et quatre blancs. «La dégustation est réalisée sans connaître le cycle lunaire en cours.

Des Québécois vont magasiner à Ottawa

Cinq autobus vont quitter Québec le 1er novembre pour aller déposer 260 Québécois qui feront des achats dans le magasin de la LCBO au coin Rideau et King-Edouard à Ottawa.

Le voyage est organisé par un animateur radio de Québec, Sylvain Bouchard du FM93, qui veut dénoncer les prix abusifs de la SAQ. Interrogé par le Journal de Québec, il dit «On veut envoyer un message à la SAQ. On s’en va magasiner notre vin de façon tout à fait légale à la LCBO»

Il y aurait même une liste d'attente de 250 noms. Donc, plus de 500 citoyens de la région de Québec ont ainsi accepté de débourser 20 $ pour aller acheter une caisse de 12 vins en Ontario. Une caisse de 12, c'est la limite permise par la loi.

«Les économies réalisées peuvent parfois dépasser 3 $ par bouteille», écrit le journaliste Pierre Couture dans le Journal de Québec de ce matin. Il donne comme exemple le Dogajolo qui est 17,85 $ à la SAQ, mais 14,60 $ en Ontario. L'article cite aussi le réputé sommelier de Québec Philippe Lapeyrie qui suggère d'en profiter pour «acheter des vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique qui ont de "l'âme" et une "colonne vertébrale" On peut payer jusqu'à 5 $ de moins par bouteille», dit l'article.

Le journal dit que «la direction de la succursale LCBO de la rue Rideau d’Ottawa a été mise au courant de cette visite de clients québécois et s’attend de vendre plus de 3000 bouteilles lors de cette occasion.»

Et ajoute qu'«au cours des derniers mois, l’écart de prix entre les bouteilles de vin vendues à la SAQ et à la LCBO s’est d’ailleurs creusé.»

Le vin est en moyenne 8 % moins cher en Ontario qu'au Québec. C'est en Alberta qu'il y a les meilleures aubaines. Le vin y est près de 40 % moins cher, selon les chiffres que nous avons extraits des tableaux de Statistique Canada.

En juillet dernier, Vin Québec a compilé les prix de 25 vins populaires au Québec, tous moins chers en Ontario. la différence de prix varie de 8 et 24 %. (voir ici)

La LCBO a encore près de 200 vins à moins de 10 $, contre 24 seulement à la SAQ. On trouve même en Ontario des vins à moins de 8 $ et quelques vins à moins de 7 $.

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  Voyages organisés en partance de Québec pour acheter du vin en Ontario
, Pierre Couture, Journal de Québec, 22 octobre 2014

Permettre aux commerces d’alimentation de vendre l’ensemble des vins

La Fédération des chambres de commerce du Québec demande au gouvernement de permettre la vente des vins et spiritueux dans les commerces d'alimentation.

«Le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement», dit le mémoire présenté hier à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise et à la Commission de révision permanente des programmes.

Actuellement, les commerces d'alimentation ne peuvent vendre que le vin acheté en vrac et embouteillé dans les usines québécoises, ce qui empêche l'achat de produits de meilleure qualité.

«Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables», dit la fédération.  «En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs.»

Ce qui ferait en sorte que «les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire ferait plus d’argent», selon la fédération.

La fédération dit que «la SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite;» et propose «d’aller nettement plus loin dans cette voie.»

Voici l'extrait du mémoire de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui concerne la SAQ.

«Distribution de vins et spiritueux - Le commerce de l’alcool doit demeurer une source de financement pour l’État. Notre objectif : accroître les revenus pour le gouvernement sans pour autant augmenter le prix pour les consommateurs. Pour ce faire, il est possible de réaliser des économies sur le plan de la distribution au détail de vins et spiritueux. Pour ce faire, le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement. Le coût de distribution au détail dans les commerces d’alimentation du secteur privé est significativement inférieur au coût du réseau de succursales de la SAQ, notamment en raison des conditions de travail hors normes dont bénéficie le personnel en succursale par rapport à la moyenne du commerce de détail. En Europe et dans plusieurs juridictions, les vins et spiritueux sont vendus dans les commerces d’alimentation sans pour autant engendrer de problème d’alcoolisme supérieur à celui du Québec. Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables. En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs. Les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire feraient plus d’argent. La SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite; la FCCQ est d’avis que, sur la base de l’évaluation de cette expérience, il y a probablement lieu d’aller nettement plus loin dans cette voie.

La SAQ conserverait la fonction d’acheteur quasi monopolistique afin de conserver son pouvoir d’achat. Elle conserverait aussi un monopole sur la fonction de distribution en gros. En conservant ce monopole sur le gros, la société d’État s’assurerait d’imposer sa majoration sur l’ensemble du volume de vins et spiritueux distribués au détail. Par ailleurs, elle pourrait aussi continuer de mettre en valeur les produits québécois.» (FCCQ)

Le vin de Corse

Le vin de Corse est peu connu au Québec.
C'est une petite production: 48 millions de bouteilles, dont seulement 20 % est exporté.
Les principaux clients sont les États-Unis et l'Allemagne avec respectivement 2,6 millions et 2 millions de bouteilles. Le Canada est le 7e client avec le Japon et la Chine avec seulement 133 000 bouteilles.

Il n'y a que 22 vins de Corse à la SAQ et très peu de chaque: quelques dizaines de caisses dans quelques dizaines de succursales.

 
La Corse produit du blanc, du rosé, du rouge et du muscat un vin doux muté.

On fait du vin en Corse depuis longtemps, mais on n'y fait du vin de qualité que depuis quelques années. En 2008, on a lancé le plan de relance de la viticulture corse.

La viticulture a passé proche de disparaître de l'île; du moins la viticulture commerciale, lors de la fin des subventions pour le transport sur le continent.  Dans les années 1960-1970, on cultivait 25 000 hectares, aujourd'hui c'est 5,800 (équivalent du Chablis, trois fois moins qu'en Alsace, vingt fois moins que Bordeaux). On a arraché les plants de vigne en plaine.

Le plan de redressement de 2008 était prévoyant. On y lit que «le marché est en pleine évolution, les consommateurs quotidiens d’un produit d’entrée de gamme disparaissent au profit de nouveaux consommateurs à la recherche de qualité, d’originalité, d’éclectisme, mais également soucieux de leur santé. Le prix du produit peut être élevé s'il correspond aux exigences de ces nouveaux consommateurs.» Les axes de développement étaient la recherche de la qualité, l’innovation, et l’originalité.

Les autorités viticoles ont donc fait des recherches et mis en place une charte des bonnes pratiques viticoles. «Puis les compétences de l’ensemble des techniciens de la filière ont été mobilisés pour les mettre en application dans le vignoble et former les vignerons.» L'accent a été mis sur «la maîtrise de pratiques respectueuses de l’environnement.»

Il y a 300 000 habitants seulement en Corse, à peine plus qu'à Gatineau. Toutefois, il y a 3 millions de touristes par année.

Il y a 110 caves particulières et 4 coopératives.
Il n'y a pas de grands domaines. Peu dépassent 30 hectares.

Le climat est méditerranéen avec influence montagnarde et maritime. Plusieurs vignobles en AOC sont à plus de 140 mètres d'altitude.
Les Corses sont très fiers de leurs vins. D'ailleurs, on en trouve dans toutes les épiceries et dans la tous les restaurants. Dans plusieurs restaurants, il n'y a même que du vin corse.
Le vin représente la première exportation insulaire en valeur.

J'ai passé 17 jours de vacances sur l'île de Beauté. J'ai pu y boire une quarantaine de vins, surtout des vins de la Haute-Corse.
Je vais vous donner ici mes impressions générales.

De beaux rouges
Les rouges m'ont semblé bien plus intéressants que les blancs. Des vins rouges avec de belles acidités, du fruité légèrement épicé, des tanins fins, pas de boisé apparent. Des vins pour accompagner les repas.
Ils sont faits de niellucciu (sangiovese), de sciaccarellu et certains sont complétés avec de la syrah et du grenache.

 
Muscat
Le meilleur vin que j'ai goûté en Corse est un vin du domaine Gentile, un vin sucré, la Cuvée Authentique,
Un muscat non muté, donc non AOC. Mais beaucoup plus fin que les Muscats AOC Cap de Corse, qui sont souvent très longs en bouche, mais donnent une sensation de brulure en finale. Il est difficile d'en prendre deux verres.

Les blancs sans saveurs
Il y a beaucoup de poisson et de fruits de mer dans la gastronomie corse.
Évitez toutefois les langoustes qui sont horriblement chères et ressemblent à des queues de homard trop cuites et hargneuses.
Les poissons sont frais et bien présentés, mais les vins blancs que j'y ai goûtés ne sont pas à la hauteur. Ils sont faits de vermentino et sont sans arômes et presque sans saveurs.

 
Les rosés sont souvent friands et bien agréables.
Une belle note pour le muscat pétillant de la maison Casanova qui fut un bel apéritif à plusieurs reprises.

Notons aussi les bières Pietra et Colomba qui sont bien désaltérantes, ainsi que l'eau gazeuse Orezza qui m'a permis de bien digérer les repas copieux servis dans les restaurants corses.

Du vin en bidons de plastique
Au Domaine Lazzarini, les clients se présentent avec leurs bidons de plastique et M. Lazzarini se fait un plaisir de les remplir à même des citernes de rouge, rosé et blanc à 2,50 euros le litre.

Donc, il y a de belles découvertes à faire en Corse. Et ça bouge, de nombreux jeunes ont pris en mains des vignobles à flanc de coteaux. Les productions sont petites, les prix un peu élevés dans certains cas (8 à 20 euros). Toutefois dans les restaurants, les prix des vins sont raisonnables et pas beaucoup plus chers que dans les magasins, de 20 à 30 euros.

Fait remarquable, dans les restaurants et même sur les terrasses le personnel a presque toujours pu nous parler avec grandes précisions des vins qu'ils ont à leurs cartes.
 

Des coups de coeur
Plusieurs coups de coeur. En particulier pour les vins du Domaine Gentile à Patrimonio. Des vins plus fins et plus élégants. Une belle gamme de vins de grande qualité.

Voici des vins d'autres domaines qui m'ont paru très bons et que l'on devrait retrouver sur notre marché au Québec.

Domaine de Gioielli Coteaux du Cap Corse  - Petit fruit fin, un pur délice aie-je noté.
Domaine Renucci  Calvi rouge 2011 - Très beaux tanins, très bon.
Clos Colombu rouge 2013  - Épicé, élégant, rappelle certaines syrahs. Bien meilleur que son blanc. Des vins de ce domaine sont disponibles ici.
Domaine Fiumicicoli, rouge Sartène 2013 - Très beaux tanins, fruité épicé, très bon, bio. D'ailleurs, la plupart des vins de Corse sont bio. Il fait si beau, c'est sec, il vente souvent, donc, ils n'ont pas besoin de produits chimiques pour combattre les champignons et autres maladies.

Clos Venturi 1769 rouge 2012  -  Année de naissance de Napoléon, une vedette du coin avec Tino Rossi; niellucciu, sciaccarellu et un peu de syrah.
Clos Venturi rouge 2011  -  Costaud et très bon.
Petra Bianca, Figari 2011  -  Très différent, plus fruité, chocolaté, tout en ayant une belle acidité.
Domaine Pieretti, rosé Cap Corse  -  Rosé gris élégant, fin et délicieux. Les rosés que j'ai goûtés en Corse, m'ont, sauf un, paru très agréables.
Orenga de Gaffory rosé - Un rosé corsé, bien fruité, plutôt costaud, qui a bien accompagné l'agneau.
Domaine Orenga de Gaffory , Muscat Cap Corse  -  Un muscat fin.
Clos Capitoro blanc  - Agréable et facile à boire.
Orenga de Gaffory blanc  - Bien.
Domaine Saparale, Sartène blanc  -  Correct
Clos Nicrosi blanc 2012  -  Presque sans saveurs.
Les vins de Lazzarini  -  correct
Les vins du Domaine de Piana  -  correct.
 
Les cépages corses
Niellucciu
À la base de la renommée des vins de Patrimonio, on le trouve aujourd’hui dans
de nombreuses autres appellations. Frère jumeau du sangiovese. Ce cépage noir est le cépage principal puisqu’il représente 35% des surfaces. Arômes épicés, de réglisse et de petits fruits rouges. Bien charpenté.
 
Sciaccarellu
Sciaccarellu veut dire croquant. Il représente 15% des surfaces, surtout dans l'Ouest. Souple, fin, bouquet poivré et de garrigue.
 
Vermentinu
Cépage blanc, malvoisie de Corse. 17 % des surfaces. Le cépage principal de toutes les AOC blancs de Corse. Donne des vins très secs et acidulés.
 
En Corse, le o et le ou deviennent souvent u; et de prononce ou. Ils escamotent souvent la dernière syllabe des mots. Le Corse est un dialecte originaire du nord de l'Italie. L`île a été gérée cinq siècles par les Génois, de 1284 à 1768.
 
Les appellations
Les trois principales AOC sont
Patromonio 907 ha, 19,491 hl et 35 caves particulières;
Ajaccio 242 ha, 8175 hl. 12 caves particulières;
Calvi 276 ha 8141 hl et 12 caves particulières.
Puis Sartène 163 ha 6590 hl et 10 caves;
Figari 130 ha 4585 hl et 6 caves.
Porto-Vecchio 89 h 3220 hl et 6 caves;
Coteaux du Cap Corse 34 ha 969 hl et 5 caves.
Une appellation régionale: Vins de Corse avec 1456 ha 69 000 hl 19 caves particulières et 4 coopératives.
Vin doux muté Muscat du cap Corse sur 98 ha une production moyenne de 2800 hl par 35 caves particulières. (source dossier de presse Civc 2014)

Des chiffres sur la viticulture en Corse
5800 hectares
663 ha certifiés bio et 52 ha en conversion (Agence bio)
360 000 hectolitres (2013)
dont 110 000 hl en AOC.
100 000 hl sont consommés sur place.

60 000 hl exporté.
Le reste en France.
AOC
9 AOC 35 % de la production; IGP 61 % et vin de table 5 %.
AOC 55 % rosé; 31 % rouge; 14 % blanc.
AOC 60 % consommé sur place; 10 % export et 30 % continent.

IGP 60 % rosé; 20 % rouge et 17 % blanc. Sur place: 18 %, continent 56 % et 26 % export.
110 caves; 350 producteurs, 4 coopératives.
 

 
Site web du Comité interprofessionnel des vins de Corse
www.vinsdecorse.com
 

Reportages promotionnels des journalistes du Soleil ?

Confusion au quotidien Le Soleil

Voici comment l'emploi abusif (ou erroné) des mots «journaliste», «équipe», «reportage», dans un quotidien de Québec, peut semer la confusion.

J'écrivais ce matin :

Que pensez de cette proposition du quotidien Le Soleil de Québec envoyée aux entreprises qui vendent du vin ou des accessoires de vin?

«Le Soleil vous invite à participer à la réalisation d’un tout nouveau dossier spécialement conçu pour les mordus de bon vin qui sera publié au cœur de notre quotidien le jeudi 20 novembre 2014.»

«Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).»

2995 $ pour une page; 1555 $ pour 1/2 page... 650 $ pour 1/5 de page...

«À découvrir dans ce dossier :
• L’ABC du vin et de l’alcool  • L’art de la dégustation • Les nouveautés sur le marché  • La cote des vins  • Les accords vins et mets   • Les pastilles de goût  • Les accessoires  • Et plus encore !»

Ce qui m'a fait tiquer c'est «et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe)

Donc, si je vends du vin ou des accessoires de vin et que j'achète de la publicité, l'équipe rédactionnelle du quotidien Le Soleil va me faire un joli reportage promotionnel ! Est-ce bien cela ?

Que veut dire «Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).» ?

Voici la réponse du Soleil
«Suite à votre courriel, en effet, nous offrons aux annonceurs dans ce dossier la possibilité d’avoir une collaboration rédactionnelle dans ce nouvel environnement, en effet, chacun des intervenants présents dans le dossier seront contactés par un de nos journalistes; une belle opportunité pour appuyer les positionnements.»

Ceux qui achètent de la publicité seront contactés par les journalistes du Soleil. Le travail des journalistes sera donc subordonné aux acheteurs de publicité!

Confusion
Suite à la publication de cet article, M.Frédéric Morneau, Directeur des ventes, cahiers spéciaux du Soleil nous dit, en fin d'après-midi, qu'il y a eu confusion dans le libellé du courriel; qu'on n'aurait pas dû mentionner le mot journaliste, mais qu'il s'agira plutôt «de rédacteurs publicitaires ou de pigistes qui appelleront les commerçants pour écrire un article qui ne sera pas signé et de plus le client aura droit de regard sur la rédaction finale de l'article. C'est le client qui approuvera l'article.» M. Morneau ajoute que ce sera une première au Soleil. Il dit qu'il est conscient qu'il peut y avoir confusion dans ce genre de publication, que malgré le fait que le mot «promotion» sera imprimé dans le haut de chaque page, qu'il se peut que le lecteur ne voit pas nécessairement que c'est de la publicité.
Le directeur principal de l'information du Soleil, Gilles Carignan, tient à me dire, aussi en fin d'après-midi, qu'aucun journaliste de la salle des nouvelles ne participera à ce cahier. 

En effet, il y a confusion dans l'emploi des mots «journaliste», «notre équipe», «reportage» de la part du personnel du quotidien.

Information ou publicité
Cette histoire (cet imbroglio) m'amène (en début de soirée) à poser une autre question.
Au lieu de laisser ce travail aux gens de la publicité, pourquoi l'équipe du Soleil ne fait-elle pas un vrai cahier d'information sur le vin avec de vrais journalistes (ou chroniqueurs vin ou auteurs) qui feraient alors de vrais reportages pour les mordus de bons vins?

D'autres vins de moins de 10 $

Les dirigeants de la Société des alcools du Québec ont autorisé l'entrée de six nouveaux vins rouges à moins de 10 $ sur notre marché.

On a beaucoup reproché à la direction du monopole d'abandonner ce segment des vins dits d'entrée de gamme.

Ces six nouveaux vins proviendront du Portugal, d'Italie et d'Argentine. Ce sont:
Du Portugal: le Fonte do Nico
D'Italie: Sicalia, Rosso IGT Terre Siciliane
Sonovino, Nero d'avola Shiraz Terre Siciliane IGT
Motepulciano d'Abruzzo Cadetto Podere Castorani
Merlot Primitivo Luna Di Luna IGT Salento
Et d'Agentine: Innovacion, Tempranillo Malbec.

De plus, quelques vins de 10 à 12,45 $ seront aussi introduits sur notre marché.
Le nombre de vins à moins de 10 $ a beaucoup chuté sur notre marché depuis 2009.
On remarquera dans le tableau suivant que le nombre de vins à plus de 15 dollars est stable à la SAQ depuis 2 ans; alors que celui des vins à moins de 15 $ chute constamment.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars
2009
Nov
2012
Nov
2013
Oct
2014
-10 $ 183 90 30 20
-15 $ 1040 902 641 515
15 $ et +
5920 7357 7319 7727
  @vinquebec.com

 

Les vignerons du Québec déchantent

L'État tarde à payer les vignerons du Québec. Certains attendraient des sommes dépassant 100 000 $.

L'an dernier, le gouvernement du Parti Québécois annonçait une aide supplémentaire aux vignerons du Québec. En gros: deux dollars de plus par bouteille aux deux dollars et quelques cents actuellement données à ceux qui vendent à la SAQ.

Mais selon ce qu'on apprend à la lecture de La Terre de chez nous, le gouvernement actuel rechigne à payer ce que le gouvernement précédent a promis.

«À la suite de ces annonces, on a mis le paquet pour être à la SAQ. On a investi dans la promotion, etc. Car le réseau de la SAQ est le plus beau au monde et les vignerons québécois veulent prendre leur place», dit le vigneron Charles-Henri de Coussergues à La Terre de chez nous.

En juillet dernier, les porte-paroles de la SAQ se vantaient d'avoir fait augmenter les ventes de vins québécois de 40 %. 40 % de quoi? De presque rien! C'était en fait 41 000 bouteilles de plus que les 100 000 vendues précédemment. C'est minime si on compare aux ventes du seul Wallaroo Trail avec 2 millions 551 mille bouteilles. En fait, il se vend plus de bouteilles de ce vin importé en vrac d'Australie et embouteillé au Québec que l'ensemble de la production de vin du Québec qui serait de près de 2 millions de bouteilles.

En novembre 2013, les dirigeants du monopole du vin annonçaient faire plus de place aux vins du Québec. «C’est avec enthousiasme que la SAQ participe aujourd’hui à l’annonce conjointe du plan de commercialisation et de mise en valeur des vins québécois», lisait-on dans le communiqué de presse de la SAQ du 29 novembre 2013.

Il y avait alors 59 vins du Québec au répertoire saq.com. Aujourd'hui, il y en a 68; donc seulement 9 de plus qu'en novembre 2013.

Notons qu'il y a 65 vins de l'Ontario et 44 de la Colombie-Britannique (vin tranquille 750 ml).

En Ontario, les vins de cette province occupent de 40 à 45 % du marché, dit la revue La Terre de chez nous. Au Québec, les ventes de vins locaux ne représentent que 1 % du marché, M.Charles-Henri de Coussergues veut porter ce chiffre à 5 % et exige plus de subventions du gouvernement.

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Les vignerons du Québec recevront plus pour leurs vins
, 4 décembre 2013
Vins québécois dans les épiceries: loin de la coupe aux lèvres, 11 juillet 2014
Les vignerons du Québec en attente de paiements, La Terre de chez nous, 15 octobre 2014

Soif, bar à vin de Véronique Rivest

La grande sommelière, championne du monde, Véronique Rivest a ouvert un bar à vin dans sa région.
Soif, sur Montclam à Hull, Gatineau.

C'est un rêve qu'elle caressait depuis longtemps.
Véronique est une collègue et une amie. Je suis allé lui rendre visite avec des amis mercredi soir.

L'endroit est bondé. Il vaut mieux réserver. L'accueil est sympathique. Le personnel est courtois, serviable, connaisseur, disponible, proactif. C'est vraiment plaisant.

La carte des vins invite à la découverte. Peu de gros bordeaux et bourgognes, californiens ou australiens, mais plutôt des vins fins, élégants, souples et originaux, les vins que préfère Véronique.

Plus de 100 vins, près de la moitié disponible au verre. Des verres de 2 onces (56 ml) de 4,50 $ à 9 $ et de 4 onces (113 ml) de 7,50 $ à 13 $.

À la bouteille, la plupart sont entre 49 $ et 71 $. La maison applique un multiple de 2 + 5 $.
Beaucoup de vins sont bio et certains sont dits naturels (sans soufre ajouté).

J'y ai goûté un surprenant païs du Chili, un beau carignan du Languedoc, un délicat poulsard du Jura, un original aliatico de Crête, un léger pinot de Corse, un rosé de Sicile déstabilisant, une petite douceur du Jurançon...

Donc, on peut s'éclater et aller dans des horizons peu connus. Il y a aussi des vins du Québec, de l'Ontario, de la Loire, d'Alsace, du Rhône, d'Italie...

La nourriture est au format tapas. On peut partager ou manger dans son coin. Il y a aussi des petits plats, le boudin à 11 $ est léger et fin, l'onglet de boeuf à 16 $ est consistant.

Les moins: le niveau sonore est élevé, les murs, plafonds et planchers en liège ne semblent pas absorber le bruit; de plus, il y fait chaud. Ces deux points peuvent être corrigés.

Donc, un endroit agréable, un choix magnifique de vins à découvrir pas trop chers, un personnel compétent et avenant. Le sourire et l'enthousiasme de Véronique. Je vais y retourner.
Unique en Outaouais et supérieur à des bars à vin de Montréal que j'ai visité.

Un plus, cet hiver:
Véronique et son équipe vont inviter des vignerons à venir présenter leurs vins aux nombreux amateurs de la région. Donc, de la belle visite!

Soif
Bar à vin
88 rue Montcalm
Hull, Gatineau,
819-600-7643
soifbaravin.ca
www.facebook.com/Soif.Gatineau

Pour juger un vin, il faut le boire

Juger un vin c'est dire s'il est correct, bon, très bon, excellent, exceptionnel ou mauvais.
Quoique plusieurs refusent de dire qu'un vin est mauvais!
Certains mettrons des étoiles, d'autres des 90, d'autres des 16 sur 20, d'autres seulement des mots.
 
Comment juge-t-on un vin?

Le grand vin cher c'est 80 % d'image

«Un parfum c'est 98 % d'image», dit Philippe Warren, professeur de sociologie à l'Université Concordia de Montréal. (1)
 
Et si c'était la même chose pour le vin?
 
Comment faire la part d'illusion dans la description des grands vins à prix élevés?
 
Il y a des vins à 10 $, d'autres à 20 $, d'autres à 30 $, certains à 40 $, à 80 $, à 100 $, à 200 $; il y en a même à 500 $ et à 1000 $.
 
Quelle est la différence entre un vin à 20 $ et un autre à 100 $?
L'image. C'est l'image qu'on s'en fait qui justifie la différence.
 
Qu'est-ce que l'image du vin?
Comme pour le parfum, l'image du vin c'est la réputation, la célébrité, l'ostentatoire, la parure, l'estime, l'impression de luxe, le rêve, le désir, le fantasme, l'icône, l'élitisme et la mode.
C'est la représentation qu'on s'en fait. Ce n'est pas liquide, mais psychique, imaginaire.
 
Le coût de production des vins va de 1 à 20 $ la bouteille. Au-delà c'est l'image. 
 
C'est en gros la même chose pour le vin, pour le champagne, le porto... que pour le parfum.
 
Les propriétaires de grandes marques de Bordeaux et de Champagne l'on comprit. Ils construisent de grands châteaux, des chais luxueux et dépensent des fortunes en publicité et promotion. Ils travaillent sur l'image; à améliorer l'image du produit.

Le système de notation sur 100 points

Vous avez sûrement vu ces petits collants sur les bouteilles indiquant 90 points, 92 points, 94pts, Parker 90, Suckling 91, Wine Enthusiast 94, WS 95, etc.

C'est un système de notation qui vient du système scolaire américain et qui a été popularisé dans le monde du vin par le gourou Robert Parker. «Le système de notation à 100 points est utilisé par nombre de publications sur les vins, dont les magazines Wine Spectator, Wine Enthusiast et International Wine Cellar, et par la plupart des critiques canadiens», nous dit la revue Vintages de la LCBO. (www.vintages.com/fr/archive_fr/140830_fr.pdf)

À l'origine, ce devait être un système de compilation de notes où l'on donnait X points pour la couleur, Y points pour l'odeur, Z points pour la texture et on additionnait.

Toutefois, je n'ai jamais vu personne utiliser une calculette pour additionner les points.
D'ailleurs qui donne des points pour la couleur?

La moyenne des points attribués tourne autour de 90-92. Du moins dans les revues américaines ou canadiennes. Toutefois, au Québec, il peut donner des résultats très différents. En général, les dégustateurs anglophones donnent des notes de 80 à 100. Plus de 70 % des vins notés dans les revues américaines ont 90 points et plus. (Une inflation de 90 points)

Par contre, nous avons remarqué que lorsqu'il est demandé à des dégustateurs québécois francophones d'utiliser ce système, certains vont donner des 70, 60 et même 50 points, ce qui massacre énormément la moyenne dans un jury. (Comme on l'a vu ici et .)

Les chroniqueurs québécois sont plus habitués de noter sur 5 (5 étoiles) et pour eux, 90 est une haute note, alors que pour des Américains c'est la note de passage.

Plus ou moins 90
Le système de 100 points est fort simple. Oubliez la calculette et demandez-vous si le vin vaut 90 points (un très bon vin). Sinon, est-ce -1, -2, -3 ou pire (89, 88, 87...). Ou bien, est-ce +1, +2, +3 ou plus encore (91, 92, 93...). Ainsi en général, 90 % des notes se retrouvent à plus ou moins 2 ou 3 autour de 90 comme c'est le cas dans les revues américaines et canadiennes.

Sujets connexes

Protégez-vous... des vins d'épicerie

Le magazine de protection du consommateur Protégez-vous a évalué 13 vins d'épicerie de plus de 17 $.

Sous le titre «Vins d’épicerie: découvertes étonnantes», le magazine écrit que «les résultats montrent bien que les vins d’épicerie haut de gamme ne vous décevront pas. Nos experts n’y ont repéré aucun défaut flagrant. Le rapport qualité-prix n’est toutefois pas vraiment au rendez-vous: à la SAQ, vous en trouverez d’aussi bons – voir mieux – pour quelques dollars de moins, selon notre expert-conseil Marc Chapleau.»

Les quatre dégustateurs ne savaient pas que c'était des vins de dépanneur, donc des vins importés en vrac et embouteillés ici. Des vins dont le prix va de 17 $ à 115$.

Aucun vin n'obtient une note supérieure à 85 %. La note de passage pour les très bons vins est de 90 % dans ce système de notation popularisé par Robert Parker.

La meilleure note, soit 85 %  est allé au Figs 2008, 36 $ chez Costco et IGA, un assemblage bordelais de Californie noté «frais, bonne acidité, amer».

Le vin le plus cher, le Julia Wine no 75, 115 $ chez Costco, obtient 84 % «bien typé, astringent».

La même note pour les Hautes Terres no 82 (IGA) 19,50 $. «Bon fruit, acidité marquée et finale asséchante»; et pour L'excentris, 19,50 $ chez des dépanneurs. «Equilibré, sans vice ni vertu».

En blanc, la meilleure note a été de 83 % pour le Morgan Hill 18,40 $ chez les dépanneurs. Un sauvignon de Nouvelle-Zélande jugé «bien typé, impression sucrée».

Les organisateurs ont placé un intrus dans la dégustation: le Château Couspaude 2010 (85 $) St-Émilion qui a obtenu la note de 87.

Les notes ne sont pas élevées: de 70 à 87. C'est souvent le cas dans les jurys formés de dégustateurs québécois francophones qui sont plus sévères (ou moins généreux) que les dégustateurs américains et canadiens-anglais. (Je parlerai de ce phénomène demain.) Le Couspaude est noté 92 par Parker et 92-93 par Suckling. (www.mondovino.com)

Protégez-vous donne trois conseils pour l'achat de vin en épicerie.

«Pour éviter que le vin soit altéré et ne manque pas de fraîcheur:

  • approvisionnez-vous dans des commerces, épiceries et dépanneurs, qui ont un bon roulement de produits;
  • ne choisissez pas les bouteilles poussiéreuses ou exposées à la lumière du jour;
  • vérifiez si le millésime est indiqué sur la bouteille et choisissez les vins les plus jeunes; les vins d’épicerie ne gagnent pas à vieillir, il vaut mieux les boire dès leur commercialisation.»

Vous trouverez tous les résultats de cette dégustation dans le magazine de l'édition d'octobre et sur le site internet www.protegez-vous.ca/vins-epicerie


Payez pour indiquer les cépages à l'épicerie

Il est interdit d'indiquer le nom des cépages ou des appellations sur les vins vendus en épicerie.

Seuls huit produits ont le droit de le faire. On m'avait dit que c'était en vertu de droits acquis, mais selon le magazine Protégez-vous, ce n'est pas ça. Il faut payer!

Selon, le magazine de protection du consommateur (édition papier), «en vertu du Réglement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques, seuls huit vins de "dépanneur" choisi par appel d'offres peuvent afficher un cépage ou une appellation d'origine.» (Pourtant, ce règlement ne mentionne pas l'exception pour ces huit vins!)

Donc, selon ce règlement sur les programmes éducatifs, le consommateur n'a pas le droit de connaitre la composition ni l'origine du vin!

Pour huit vins, les importateurs-embouteilleurs doivent payer. «La SAQ a refusé de nous dévoiler combien», dit Protégez-vous dans son édition d'octobre 2014.

Ces embouteilleurs indiquent tout de même ces informations sur leur site internet, mais selon Linda Bouchard, porte-parole de la SAQ, ils trichent. Elle a dit à Protégez-vous que «pour nous (la SAQ), l'information ainsi véhiculée sur un site internet est une façon détournée de contrevenir à la règle (disant) qu'on ne peut pas en faire l'affichage sur les étiquettes des bouteilles et dans les publicités.»

Donc, consommateurs de vins de dépanneur, soyez et demeurez ignorants de ce que contiennent les bouteilles que vous y achetez!

Ce Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques dit bien à l'article 5 que « Dans une publicité, toute représentation relative à une boisson alcoolique doit être exacte. En outre, aucune publicité, qu'elle soit sonore, visuelle, imprimée, informatisée ou autre, ne peut indiquer le nom du cépage ou le nom de l'appellation d'origine d'un vin de table vendu par un épicier sous une marque exclusive.»

Tour ça est bien éducatif!

Les Québécois favorables à la privatisation de la SAQ

La majorité des Québécois se disent favorables à la privatisation de la Société des alcools du Québec.
 
En effet, 42 % des Québécois interrogés par Léger Recherche pour le compte du quotidien Le Devoir répondent oui à la question Êtes-vous favorable ou non à la privatisation de la Société des alcools du Québec (SAQ)?
 
Par contre, 37 % disent ne pas être favorables; pendant que 20 % répondent ne pas savoir et 1 % préfère ne pas répondre.
 
Si on ne tient compte que de ceux qui ont une opinion, ça donne 53 % qui se disent favorables à la privation de cette société d'État contre 47 %. 
 
Ce sondage a été fait par internet auprès de 1038 répondants du 21 au 25 août 2014. Il porte surtout sur les intentions de vote des Québécois.
 
Privatisation ou libéralisation
On peut se demander si la question est bien posée et si tout le monde comprend bien ce que l'on veut dire ici par privatisation de la SAQ. En effet, plusieurs personnes peuvent comprendre que le monopole d'État serait privatisé au profit d'un monopole privé. Ou encore que les profits de notre société d'État seraient dorénavant accaparés par des sociétés privées.
 
Au lieu de parler de privatisation de la SAQ, l'on devrait plutôt utiliser l'expression privatisation du commerce du vin, ou encore libéralisation de la vente du vin. Car, il est bien certain que dans tous les cas le gouvernement du Québec n'acceptera pas de se départir des profits et taxes générés par la vente d'alcool. D'ailleurs, un gouvernement n'est pas obligé de vendre lui même un produit pour percevoir des taxes élevées. (Comme c'est le cas pour l'essence et le tabac). 
 
Deux milliards de dollars
Donc, même s'il y a privatisation ou libéralisation, les deux milliards de dollars collectés par les gouvernements du Québec et par celui d'Ottawa continueront d'être versés dans les coffres de l'État. 
Il s'agit d'un milliard de dollars de la marge bénéficiaire de la SAQ versée à Québec et d'un milliard de taxes transmis aux deux gouvernements de Québec et d'Ottawa.
 
D'autre part, il y a une multitude de situations mitoyennes possibles. On n'est pas obligé de tout privatiser. La SAQ pourrait conserver le monopole des spiritueux et des vins très chers.
La vente de vin pourrait être faite par le commerce privé, comme c'est le cas actuellement pour la bière.
 
Privatisation de la SAQ et allégeance politique
Le sondage de Léger nous montre aussi la répartition des réponses en fonction des allégeances politiques. Ce qui donne ceci:
  • PLQ: favorable 49 %, non 27 %, ne savent pas 23 %;
  • CAQ: favorable 52 %, non 34 % et 13 %; 
  • PQ: favorable 32 %, non 52 % et 16 %;
  • QS: favorable 21 %, non 61 % et 13 %;
  • Autres: favorable 60 %, non 29 % et 11 % ne savent pas. 
Bénéfices en baisse
Les ratios d'exploitation de la SAQ sont en baisse constante. Au dernier trimestre (avril, mai et juin), le bénéfice brut (en pourcentage des ventes) a été de 52,8 %, contre 53 % et plus pour le même trimestre les quatre années précédentes. Le résultat net stagne à 33,8 %, contre 35,3 % en 2012.

Sujets connexes

Le vin dans le libre-échange Canada-Europe

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe devrait être signé bientôt.
Toutes les discussions ont été menées à huis clos.

Toutefois, un média allemand a publié ce qu'il dit être une partie du texte final de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe, soit 500 des 1500 pages.

Le gouvernement canadien n'a pas voulu commenter la fuite.
Le document de 519 pages en anglais contient quelques articles sur le vin.
On y mentionne, entre autres, que les monopoles des alcools (et leurs filiales) ne doivent pas concurrencer les autres entreprises en dehors de leurs territoires respectifs.

Le document limite aussi le nombre de magasins qui peuvent vendre exclusivement du vin canadien à 60 en Colombie-Britannique et à 292 en Ontario.

Il y aurait actuellement 21 de ces magasins en Colombie-Britannique. En Ontario, il y a des magasins de compagnies vinicoles qui ne vendent que les vins de leur domaine et les 167 magasins Wine Rack.

Le document mentionne aussi le désir de l'Europe de voir diminuer d'ici 5 ans les différences de marges entre les vins locaux et importés dans les magasins privés.

  - Le supposé texte de l'accord de libre-échange Canada-Europe

Deux textes qui rapportent les craintes à ce sujet dans des médias canadiens-anglais:

Un vin blanc obturé avec des bouchons différents va donner des vins différents!

Vous prenez un vin blanc, vous lui mettez huit bouchons différents et vous aurez huit vins différents!

C'est ce qu'a démontré l'étude de Valérie Lavigne de l’Institut des sciences de la Vigne et du Vin.

Dans sa recherche intitulée «Incidence de l’obturateur sur l’évolution aromatique des vins», elle a constaté que les bouchons n'ont pas du tout la même perméabilité.

Après quatre ans, un même vin bouché avec des bouchons différents ne contient pas la même quantité d'oxygène dissout, de sulfites et d'arômes.

Valérie Lavigne a étudié 2 vins blancs pendant 48 mois obturés avec 8 différents types de bouchons. Un vin blanc élevé en cuve et un autre en barrique. Château d’Haurets 2007, appellation Bordeaux et Château Le Sartre 2007, appellation Pessac Léognan.

Elle a mesuré l'oxydation, le soufre libre, l'arôme typique du sauvignon le 3-mercaptohexanol (pamplemousse) et le marqueur du vieillissement: le sotolon.

Espagne et Italie en hausse; Bourgogne, Alsace et Australie en baisse

Les régions vinicoles du monde qui montent au Québec et celles qui descendent dans la section des vins de spécialité des magasins de la Société des alcools du Québec:

En hausse: Espagne, Italie, Loire et Languedoc.
En baisse: Alsace, Bourgogne, Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine et Chili.

Au cours des 12 mois se terminant en avril 2014, les 432 vins d'Espagne en produits de spécialité à la SAQ ont vu leurs ventes augmenter de 20 % à 45 millions de dollars.

Espagne         + 20 %
Italie (autres)*  + 19 %
Loire              +  9 %

Alsace        - 26 %
Bourgogne   - 18 %
Australie      - 17 %

Les 426 vins d'Italie des régions autres (*) que la Toscane, le Piémont, la Vénétie, Sicile et Sardaigne ont vu leurs ventes augmenter de 19 % à 27 millions de dollars.

Pour les 234 vins de Loire, c’est une hausse de 9 % à 17 millions de dollars.

Puis les 429 vins du Languedoc-Roussillon ont augmenté de 1 % à 19 millions $, selon les chiffres de la SAQ.

Les perdants
Pendant ces 12 mois, les ventes des 119 vins d'Alsace ont connu une forte baisse de -26 % à 3,6 millions de dollars.
Celles des nombreux (685) vins de Bourgogne de -19 % à 12 millions $.
Les 279 vins d'Australie connaissent une chute de -17 % à 13 millions $.
Les 107 néo-zélandais chutent de -9 % à 3 millions $.
Les 279 argentins baissent de -4 % à 13 millions $ et les 191 chiliens, de -3 % à 12 millions $.

La fête aux spiritueux
Du côté des spiritueux, c'est la joie. Une hausse de 70 % des ventes des dry gins et de 58 % des rhums.

L'avenir
Les acheteurs de la SAQ  consacreront leurs efforts de septembre-novembre sur la recherche de vins blancs de la Loire (Sancerre, Pouilly-Fumé, Muscadet et Menetou) de moins de 35 $; ainsi que sur les vins de moins de 25 $ d'Espagne, du Languedoc-Roussillon et de l'Italie autres régions.
Pour la Bourgogne, ils rechercheront des vins régionaux et communaux.

______
 (*) Les autres régions d'Italie:
Abruzzes, Basilicate, Calabre, Campanie, Émilie-Romagne, Frioul, Latium, Les Marches, Les Pouilles, Ligurie, Lombardie, Molise, Ombrie, Trentin Haut-Adige et Vallée d'Aoste.

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