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Hausse des importations de vin au Canada

Le Canada a de nouveau accru son volume d’importation de vin entre 2014 et 2015 de 300 000 hectolitres (+7,4%), passant ainsi la barre des 4 millions d'hectolitres. La valeur globale de ces importations a également progressé de 10,4 %, pour atteindre 1,6 milliard d'euros, selon les chiffres colligés par l'Organisation mondiale de la vigne et du vin (OIV).

Le Canada est le cinquième importateur de vin en valeur et le sixième en volume.

Près de 30 % des importations de vin se font en vrac au Canada, soit 28 %. Plus que les États-Unis où le vrac constitue 25 % des importations.

Le principal exportateur de vin est l'Espagne avec 24 millions d'hectolitres, suivis de l'Italie avec 20 millions et de la France avec 14 millions.

Toutefois en valeur, le principal exportateur est toujours de loin la France avec 8,2 milliards d'euros, suivi de l'Italie avec 5,3; pendant que l'Espagne ne récolte que 2,6 milliards d'Euros pour ses exportations pléthoriques.

Les principaux pays consommateurs sont les États-Unis en hausse de 1 %; la France en baisse de -1,2 %; l'Italie en hausse de 0,3 % et l'Allemagne en hausse de 1,1 %.

Selon les chiffres de l'OIV, le principal producteur de vin est l'Italie qui a accru sa production de 12 % entre 2014 et 2015. Il est suivi de la France, en hausse de 2 % et de l'Espagne en baisse de -6 %.

Nous payons le vin américain plus cher que tout le monde

L'importation de vin américain au Canada a connu une croissance en volume en 2015 malgré un taux de change défavorable.

La hausse des achats en volume a été de 5,8 % à 99 millions de litres.

Par contre, exprimées en dollars américains, les ventes ont été en baisse de 5,3 % à 461 millions de dollars américains. Il faut dire ici que plusieurs vins américains sont négociés en dollars canadiens.

«Les ventes de vin de la Californie ont continué à être fortes au Canada l'an dernier, malgré des taux de change défavorables. En 2015, les ventes de vins américains ont dépassé les vins de France et d'Italie pour la première fois accaparant ainsi la plus grande part du marché des vins de table à l'importation sur le marché canadien», a déclaré Rick Slomka, directeur commercial pour le Canada du California Wine Institute.

Pendant ce temps, les ventes de vin américain en Europe ont connu une croissance de 5 % en volume et de 20 % en valeur. Soit 238 millions de litres pour 621 millions de dollars.

Il est étonnant de constater que les Européens paient en moyenne 2,60 US$ pour un litre de vin américain; alors que nos monopoles du Canada le paient près du double à 4,90 US$.

Le prix moyen mondial pour le vin américain a été de 3,60 US$ en 2015.

Prix moyen payé pour un litre de vin importé des États-Unis en 2015
Mondial Europe Canada
3,60 US$ 2,60 US$ 4,90 US$

Le Canada avec 99 millions de litres est le deuxième marché en importance pour le vin américain après l'Europe (225 millions). Le troisième acheteur est le Japon avec 25 millions de litres. Les exportations totales de vin américain totalisent 442 millions de litres, selon le Wine Institute des États-Unis.

La SAQ a aujourd'hui 713 vins (750ml) des États-Unis à son répertoire, dont seulement 36 sont à moins de 15 $ !

Voici un extrait du tableau préparé par le Wine Institute des États-Unis.

U.S. WINE EXPORTS
Year to Date: January-December
2015 and 2014

 

 

Value (U.S. Dollars)

Variance
’15 v ‘14

Volume (Liters)

Variance
’15 v ‘14

PARTNER COUNTRY
Ranked by 2015 Value

 

2015

2014

Percent

2015

2014

Percent

European Union Total**

 

621,904,744

517,622,655

20.15%

238,587,949

225,918,167

5.61%

Canada

 

461,192,662

487,047,858

-5.31%

99,757,425

94,260,404

5.83%

WORLD TOTAL

 

1,606,826,382

1,494,057,715

7.55%

461,014,596

442,693,188

4.14%

**Stats for the 28 EU countries are combined because transshipments to final destinations in neighboring countries make a country-by-country breakdown not reflective of actual consumption in each country. Wine Institute.

 

De gros vins américains

Est-ce que gros vin est synonyme de grand vin ?

Est-ce qu'un grand vin doit être gros ?

J'ai eu l'honneur de participer à une dégustation de ce qu'on appelle des «grands vins de Californie». Des vins des maisons Sterling, Caymus, Dominus, Phelps, Grgich et autres à l'Académie du vin de l'Outaouais.

Des vins payés, à l'époque (vers 2009) jusqu'à 120 $. Plusieurs de ces vins sont plus chers aujourd'hui.

Des vins qui ont reçu de fortes notes des commentateurs américains. Ce sont des vins appelés «meritage», de cépages bordelais. À l'origine, ces producteurs tentaient d'imiter les vins de Bordeaux. Aujourd'hui, ce n'est plus aussi évident.

Ce sont de gros vins dans ce sens qui ont beaucoup de tout. Beaucoup de fruit, souvent confituré, beaucoup d'alcool, beaucoup de vanille, beaucoup de tanins.

Ces vins plaisent beaucoup aux grands commentateurs de vins américains parce qu'ils sont gras, amples, joufflus, nourris, boisés, tanniques, confiturés, riches, impressionnants et opulents. Ils en mettent plein la bouche. Ce n'est pas la finesse qui est recherchée ici, mais plutôt l'opulence. Le producteur veut que son vin frappe, impressionne et plaise à la première gorgée.

Il faut dire aussi que les chroniqueurs vin n'en prennent souvent qu'une gorgée et que celle-ci doit les impressionner suffisamment pour qu'il accorde une bonne note au vin. Ces chroniqueurs, Parker, Suckling et autres, jugent ces vins au moment de leur mise en marché et même quelquefois avant la mise en bouteilles. Dans leur jeunesse, ils sont souvent très impressionnants.

Quand est-il au bout de 10 ans?
Est-ce que ces vins s'améliorent, s'affinent?
Est-ce qu'ils digèrent bien le boisé de leur jeunesse? Est-ce que les gros tanins s'affinent? Est-ce que ce fruité confituré devient plus fin?
Certains oui, d'autres non.

Merlot 2005, Sterling Vineyards
Belle texture quoiqu'un peu surette, un peu asséchant. Pas sucré, sec, vanillé et assez équilibré. Bien bon **1/2
14,2 %/vol. Contient du cabernet franc, gros verdot (fer servadou?), petite sirah (pas tout à fait un « meritage »), malbec et petit verdot. 25 $.

Cabernet sauvignon 2005, Joseph Phelps
Foncé, fruité, vanillé, plus rond que le précédent, alcool très marqué, finale un peu amère.  Bon. **
14,5 %/vol. 90 % cabernet sauvignon, 6 % merlot et 4 % petit verdot. 25 % des raisins achetés de vignerons indépendants. 10 mois dans du chêne français et américain de 2 à 4 ans. 80 $

Napa Valley Red 2006, Pahlmayer
Opaque, fruité, costaud, riche, alcooleux, floral violette, médicamenteux, peu tannique, du fruit en masse. Long. Très bon. ***
15,2 %/vol. 81 % cabernet sauvignon, 10 % merlot, 6 % cabernet franc, 2 % petit verdot et 1 % malbec. 18 mois en chêne français, 80 % neuf. Non collé, non filtré. 95 RMP (déc.’08), 93 S.Tanzer (juin’09), 90 WS (nov.’09). 120 $

Cabernet sauvignon 2006, Estate Grown, Grgich Hills
Rugueux, tannique astringent, finale piquante. Il a été le préféré du groupe. (voir le commentaire dans Facebook) Bien bon. **1/2
14,5 %/vol. 90 % cabernet sauvignon, 6 % petit verdot, 3 % merlot et 1 % cabernet franc.
21 mois de chêne français. En biodynamie. 75 $

Cabernet sauvignon 2006, Cakebread Cellars
Nez différent, plus juteux, tannique, beau nez végétal, sérieux, ample. Très bon. ***
14,2 %/vol. 78 % cabernet sauvignon, 16 % merlot, 4 % cabernet franc et 2 % malbec. 100$

Cabernet sauvignon 2006, Caymus
Très aromatique, violette, fruité sucré, alcool un peu brulant, un peu pâteux. Bien bon.  **1/2
14,5 %/vol. 92 WS (déc.’08), 90 S.Tanzer (déc.’08), 17,5/20 Jancis Robinson (août’09). 90 $

Cabernet sauvignon 2007, Joseph Phelps
Opaque, végétal, fougère, choux, bois vernis, asséchant, fait faire une grimace, le plus mauvais du groupe.
14 %/vol. 84 % cabernet sauvignon, 10 % merlot, 3 % petit verdot, 2 % cabernet franc et 1 % malbec. 41 % des raisins achetés de vignerons indépendants. 18 mois en chêne français et américain, 50 % neuf, 50 % 1 à 2 ans. 75 $

Mountain Cuvée 2007, Chappellet
Le vin est vert, vanillé et la finale est brulante. Le deuxième plus mauvais du groupe.
14,9 %/vol. 51 % cabernet sauvignon, 46 % merlot, 1 % petit verdot, 1 % malbec et 1 % cabernet franc. 40 $

Dominus 2007, Dominus Estate
Un vin crémeux, riche et un peu pâteux. Finale un peu brulante.  Correct. *
14,2 %/vol. 94 % cabernet sauvignon, 3 % cabernet franc, et 3 % petit verdot. 40 % de barriques neuves.  120$

Cabernet sauvignon 2008, Special Selection, Caymus
Très aromatique, très fruité. tutti-frutti, peu tannique, réglisse, violette et porto, très différent des autres, mon préféré. Excellent. ****
15,4 %/vol. Ce serait le premier millésime à contenir 14 % de merlot. 98 J.Suckling, 94 RMP, 94 WS, 93 S. Tanzer  120 $.

Donc, ce n'est pas parce que c'est gros et bien coté par les coteurs américains que c'est nécessairement encore bon ou meilleur après quelques années de vieillissement en cave. Ce qui est étonnant c'est de voir les prix demandés pour ces vins. Ils ne sont vraiment pas gênés ces producteurs de gros vins de Californie!

Vite un bon petit vin du Rhône, de la Loire, de l'Espagne ou de la Sicile pour replacer les papilles!

Progressions plus lentes des bénéfices de la SAQ

Les bénéfices de la Société des alcools augmentent beaucoup moins vite aujourd'hui qu'il y a 4 ans.

De 2006 à 2012, la croissance variait de 5,5 % à 9,3 % pour des hausses annuelles de revenus de 47 à 85 millions de dollars par année.

Par contre, ces dernières années, la croissance des revenus de la SAQ est allée de -2,6 % à 3 % pour des revenus maximums de 31 millions de dollars.

C'est en 2013-2014 que l'élastique a cassé!
Les bénéfices de la SAQ ont alors chuté de 27 millions de dollars.

Puis en 2014-2015, la croissance a été de 3 %.

Pour l'année en cours, la SAQ prévoyait que sa croissance sera de seulement 1,5 %.

Progression des bénéfices de la SAQ en millions $ et en %
  2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
$ 53 51 47 59 48 85 30 -27 31 16
% 8 % 7 % 6 % 7,3 % 5,5 % 9,3 % 3 % -2,6 % 3 % 1,5 %

 

Le bénéfice de la SAQ a atteint 1 milliard en 2011 et s'accroît plus lentement depuis ce temps. Ces sommes sont versées au gouvernement du Québec. Son bénéfice s'est accru rapidement après la grève de 2004-2005 jusqu'en 2013. La croissance est toutefois très faible depuis ce temps comme nous le montre ce tableau établi par la SAQ et le ministère des Finances du Québec.

Un million de litres de vin de plus aux Fêtes

Il s'est vendu un million de litres de vin de plus au trimestre se terminant le 2 janvier dernier au Québec.

Ce million supplémentaire, les Québécois l'ont acheté à 500 000 litres dans les succursales de la SAQ et à 500 000 litres aussi dans les épiceries et dépanneurs.

Ce qui représente une hausse des ventes de 2,5 % dans les succursales et de 3,6 % en épicerie.
En dollars, la hausse a été plus forte là encore dans les dépanneurs; soit +5 %, contre +1 % dans les succursales.

  Volume vin
(millions de litres)

Ventes $
(millions dollars)
  Noël
2014
Noël
2015

 
Noël
2014
Noël
2015
 
Succursales 40,9 41,4 2,5%   684,1 690,9 1%
Épiceries 13,6 14,1 3,6%   108,4 113,9 5%

(En dollars, ce sont les chiffres de ventes de la SAQ aux épiciers et non les chiffres de ventes des épiciers à leurs clients.)

Pour le trimestre de Noël 2013, la hausse avait été de 800 000 litres, dont 500 000 dans les épiceries. Pour Noël 2012, il y avait eu par contre une forte baisse des ventes.

Le Québécois achète son vin une bouteille sur quatre en épicerie.

D'après ces chiffres, la SAQ vend la bouteille de vin de 750 ml en moyenne 12,51 $ (avant taxes) en succursale et 6,05 $ aux épiciers.

Baisse dans les restaurants
Alors que les ventes en volume augmentent dans les succursales et les épiceries, elles diminuent dans les restaurants. En effet, au cours des 40 dernières semaines, la SAQ a vendu  200 000 litres de vins et de spiritueux de moins aux bars et restaurants.

Vins du Québec
Les ventes de vins du Québec ont connu une hausse de 9,3 % au cours des 40 dernières semaines; soit 319 000 litres. Par contre, elles ont baissé de 1,3 % au dernier trimestre de Noël.

La SAQ a publié ce matin ses résultats financiers pour les 40 premières semaines de l'année qui se terminera le 31 mars. Ses ventes se sont accrues de 1,7 %; ce qui est moins que la même période de l'année précédente où c'était une hausse de 2,7 %.

_______
Source: Rapports trimestriels SAQ.

14 % des ventes de la SAQ se font dans seulement 10 succursales

410 millions de dollars des ventes de 3 milliards de la Société des alcools du Québec se font dans seulement 10 succursales des 413 succursales.

C'est-à-dire que 14 % des ventes de la SAQ se font dans seulement 2,5 % des succursales.

De plus, de ces 10 succursales championnes, 7 sont des SAQ-Dépôt. Plus encore : 2 des autres succursales sont des fournisseurs de dépanneurs et épiceries. Elles approvisionnent les agences SAQ situées en région.

C'est ce que nous apprend la lecture des chiffres publiés ce matin par la journaliste Karyne Duplessis-Piché dans le journal La Presse. (SAQ: des dépôts et des succursales payantes)

Qu'elle est la leçon à tirer de ces chiffres?
Les SAQ-Dépôt tiennent un inventaire principalement composé de vins à moins de 20 $. La dépôt du marché central de Montréal qui a un chiffre d'affaire de 90 millions de dollars a 671 vins en stock, dont 512 à moins de 20 $; soit 76 % de son offre.

Cette succursale a 217 vins à moins de 15 $; soit 32 % de son offre.

Alors que pour l'ensemble des succursales de la SAQ, l'offre de vin à moins de 15 $ ne représente que 7 %; et l'offre à moins de 20 $ n'est que de 25 %.

Les consommateurs veulent donc du vin à bon prix!

La direction de la SAQ a finalement compris le message et a ajouté l'an dernier 4 succursales dépôts qui sont maintenant au nombre de 10.

De plus, maintenant 130 vins ne sont offerts que dans ces succursales dépôt, dont 11 au format d'un litre.

Les gens y achètent le vin à la caisse, profitant d'un rabais de 15 %.
Mais est-ce vraiment un rabais? Ça fonctionne par appel d'offres. Les (gros) producteurs paient le rabais. Ils haussent donc le prix de leurs vins pour offrir ce 15 %.

Ainsi, si on achète ces vins (plus de 500) dans les succursales ordinaires, on paie une surprime qui permet de réduire le prix pour ceux qui achètent dans les succursales dépôt.

Vin Québec a 19 ans

Le site Vin Québec a 19 ans ce mois-ci! 19 ans déjà !
En effet, c'est en mars 1997 qu'a commencé cette belle aventure.

Dix-neuf ans de recherches, d'études, de lectures, de dégustations, d'expérimentations, de voyages et de découvertes. Une passion qui perdure.

Un rappel : Vin Québec est un magazine gratuit et indépendant d'information sur le vin, sur le monde du vin.
Nous ne sommes pas en relation d'affaires avec la SAQ et ne sollicitions pas d'argent des producteurs de vins.

Notre mission : découvrir, apprécier, apprendre et informer.

Vin Québec est la revue du vin la plus consultée au Québec avec 350 000 lecteurs.

vinquebec.com depuis 1997

Du glyphosate dans le vin de Californie

Nous entendons beaucoup parler de cet herbicide puissant le glyphosate, contenu, entre autres, dans le pesticide de marque Roundup de la maison Monsanto. Une recherche dans Google Actualité nous donne des milliers de résultats juste pour le mois de mars.

Selon certains agriculteurs, on ne peut plus s'en passer. Par contre, d'autres disent qu'il faut maintenant l'interdire. C'est le cas de députés européens qui veulent faire interdire l'épandage de ce produit dans les campagnes européennes. Le glyphosate serait cancérigène et un perturbateur endocrinien. Il est devenu le numéro 1 des pesticides dans le monde. Il a été introduit en 1974 et depuis l'expiration du brevet en 2000, on le retrouve dans 750 produits phytosanitaires.

La lutte sera intense entre les pro et anti glyphosate.
En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (l'agence de l'Organisation mondiale de la santé chargée d'inventorier les substances cancérogènes) a classé le glyphosate «cancérogène probable» pour l'homme. C'est le niveau le plus élevé avant le niveau «certain».
Le renouvellement de son autorisation en Europe doit être décidé dans les prochaines semaines.

Le très puissant produit est utilisé pour désherber. Il est considéré comme étant très efficace par les agriculteurs qui ne savent plus comment s'en passer. On le retrouve aussi dans des fertilisants.

Le glyphosate est très répandu en Europe et en Amérique. La revue américaine Eco Watch rapporte qu'on en trouve dans le vin de Californie. La revue cite des chiffres du laboratoire Microbe Inotech de Saint-Louis qui en a trouvé dans des vins des vallées de Napa, Sonoma et Mendocino en Californie. Les quantités trouvées vont de 0,6 ppb à 18 ppb (parties par milliard). La plus faible quantité a été trouvée dans un vin bio.

Aux États-Unis, il n'y a pas de limite concernant le glysophate dans le vin. Toutefois, il y a une limite dans le raisin, et cette limite est de 200 ppb.

En février dernier, c'était l'émoi en Allemagne. On a trouvé du glyphosate dans le produit alimentaire phare de la Germanie: la bière. Dans les 14 bières analysées par l'Institut de l'environnement de Munich tous contenaient de 4 à 300 fois plus de glysophate que la quantité permise dans l'eau. En Allemagne la concentration permise dans l'eau serait de 1 µg/L. Au Canada, c'est 280 µg/L ! (280 microgrammes au litre ou 280 ppb)

Puis, on apprend que presque tous les Allemands seraient exposés au glyphosate. Le journal Le Monde rapporte que sur 2000 Allemands testés on a détecté 5 fois plus de glyphosate dans leur urine que la dose autorisée pour l'eau. De plus, ce taux était de 15 à 42 fois plus élevé pour 22 % des personnes analysées.

Le glyphosate aura donc la vie dure au cours des prochaines semaines.

Suivez ce dossier dans le fil de presse de Google Actualité.

 

Si c'est écrit Extra-sec, c'est que ce n'est pas sec !

L'autre jour, j'ouvre une bouteille de vin effervescent, un prosecco, un mousseux d'Italie.
Je le verse, et à la surprise de plusieurs, le vin n'est pas sec. Il a une belle saveur sucrée. Quelqu'un me fait remarquer qu'il est pourtant écrit «Extra-Sec» sur la contre-étiquette!

Je réponds que si c'est écrit «Sec» ou «Extra-Sec» que ce n'est pas sec!
Un mousseux vraiment sec sera étiqueté «Brut nature» ou «Non dosé» ou encore «Dosage zéro».
Il contiendra alors moins de 3 grammes de sucre au litre (3 g/l).

Un vin mousseux étiqueté «Brut» pourrait aussi paraître sec, si sont acidité est élevée. En effet, la réglementation européenne sur l'étiquetage réserve cette mention de «Brut» à des vins mousseux qui ont moins de 12 grammes de sucre, avec une tolérance allant jusqu'à 15 grammes.

On dit qu'en général la majorité des gens détecteront le sucre dans le vin à partir de 3 ou 4 grammes.
Cependant, si le vin est très acide, soit avec 6 à 7 grammes d'acidité en équivalence tartrique pour les vins hors France (ou 4-5 en équivalence H2SO4 pour les vins français) le seuil de perception montera alors à 5 ou 6 g/l de sucre pour une majorité de consommateurs.

Donc, en résumé, lorsque c'est écrit «Sec» ou «Dry» sur une bouteille de mousseux, c'est sucré!

Ces imprécisions sur le niveau de sucre des vins mousseux sont dommageables et nuisent aux ventes de ces vins. En effet, plusieurs consommateurs hésitent à acheter des vins mousseux craignant de tomber sur un vin sucré. Un mousseux sucré avec des fruits de mer ou du poisson ne fait pas bon ménage.

Voici donc les 7 mentions qui sont autorisées pour les vins mousseux sur le territoire de l'Union européenne et leur équivalence en grammes de sucre par litre.

Mentions Teneur en sucre

Brut nature
Extra brut
Brut
Extra dry
Sec
Demi-sec 
Doux

- 3 g/l
0 - 6 g/l
- 12 g/l
12 - 17 g/l
17 - 32 g/l
32 - 50 g/l
50 g/l et +

Il faut ajouter à ces chiffres la tolérance de 3 grammes.
En effet, le règlement dit que «la teneur en sucre ne peut être ni supérieure ni inférieure à plus de 3 g/l à l’indication figurant sur l’étiquette.»

Vous voyez ainsi que «Sec» c'est très sucré; soit jusqu'à 10 fois plus que ce qui est dit sec pour un vin non mousseux.
Ceci s'applique à tous les mousseux d'Europe: champagne, cava, prosecco, crémant et autres.

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Source : Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées, Maj : 05/2012 Guide d'étiquetage. (PDF)

Moins de choix à la SAQ

La Société des alcools du Québec a réduit le nombre de vins disponibles dans ces magasins.

Il y a aujourd'hui 662 vins de moins que l'an dernier.
Soit 7748 contre 8410 le 1er février dernier.
À notre connaissance, c'est la plus faible quantité de produits depuis novembre 2013.

Il y a 194 vins de moins dans la catégorie des 40 $ et plus.
C'est 171 de moins dans celle de 30 à 40 $.
Puis 188 de moins parmi les 20 à 30 $.
Puis 118 vins de moins dans les 15-20 $.
Il n'y a que dans la catégorie des vins de moins de 15 $ que le choix augmente légèrement pour revenir au niveau de janvier 2015.
 

Prix 1 Février 2015 24 Mars 2016 Diff
Nombre de vins (format 750 ml)
Total 8410 7748 -662
       
+40$ 3120 2926 -194
30-40 924 753 -171
20-30 2317 2129 -188
15-20 1514 1396 -118
-15$ 535 544 +9

Arsenic dans le vin: un tribunal rejette la plainte

Un juge américain a rejeté la demande de recours collectif contre 5 des 6 plus grands producteurs de vin californien dont les vins contiennent plus d'arsenic que la moyenne.

Les poursuivants prétendaient que ces fabricants de vin devraient informer le consommateur que leurs produits contiennent plus d'arsenic que le maximum permis pour l'eau.

Le juge a rejeté la cause disant que rien dans la loi ne les oblige à le faire.

En mars dernier, un laboratoire de Denver au Colorado a découvert que des vins de bas de gamme de 5 gros fabricants de vins de la Californie contenaient jusqu'à 25 fois plus d'arsenic que d'autres vins et cinq fois plus que la dose maximale pour l'eau.

Certains vins contenaient 50 parties par milliard d'arsenic par litre. Parmi les vins incriminés il y avait le fameux Ménage à Trois, si populaire au Québec.

Le juge John Shepard Wiley de la Cour supérieure de Californie rejette donc la demande de recours collectif.

Les poursuivants ont déclaré qu'ils en appellerait de cette décision.

Des questions en suspens
Plusieurs questions restent donc sans réponses.
Pourquoi ces vins bas de gamme contiennent-ils beaucoup plus d'arsenic que d'autres vins?
Pourquoi les vins du plus gros producteur de vin de Californie, Gallo, ne font-ils pas partie du groupe?

Pourquoi tant d'arsenic?
Pourquoi ces vins contiennent-ils tant d'arsenic? Nous émettons l'hypothèque que c'est à cause d'une forte utilisation d'eau et de pesticides.
Ces vins sont produits à partir de vignes établies en plaine et cultivées de manière intensive et fortement arrosées (irriguées) d'eau. L'eau contient plus d'arsenic en Californie qu'ailleurs. Soit souvent 3 ppm, contre moins de 1 ppm ailleurs. L'arsenic d'accumule dans le sol et les raisins. Ces vignes sont ensuite protégées par de fréquents arrosages de pesticides. Puis ces raisins sont traités de manière industrielle dans des usines à vin.

Y a-t-il danger?
L'arsenic et l'alcool ne font pas bon ménage, comme l'a démontré une étude faite au New Hampshire. L'alcool et l'arsenic forment un effet cocktail indésirable. En effet, notre foie en présence de l'alcool et de l'arsenic va traiter l'alcool en premier, laissant l'arsenic s'accumuler dans le sang.

Que doit faire le consommateur?
Comme dans toute chose concernant l'alimentation, la prudence est de mise. Vaut mieux choisir la qualité que la quantité à bas prix.

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Sur le même sujet:

Le site web de la poursuite : www.taintedwine.com

 

Le goût de bouchon ne vient pas toujours du TCA

Le goût de bouchon est détectable par une odeur de liège, de moisi ou de cave humide. Il est en général causé par un contaminant qui vit dans le bouchon; le TCA ou 2,4,6-Trichloroanisole.

À forte concentration, la plupart des amateurs de vin peuvent le détecter.
Toutefois, à faible concentration, on ne le détectera pas au nez. Toutefois il camoufle complètement les saveurs du vin, même à faible concentration. Le vin est alors dit fade.

On apprend maintenant que le TCA n'est pas le seul à donner ce goût de bouchon.
Un autre composé le MDMP (2-méthoxy-3,5-diméthylpyrazine donne aussi un gout de liège au vin.

Le laboratoire Excell de Bourdeaux dit dans un communiqué que «la 2-méthoxy-3,5-diméthylpyrazine (MDMP) qui communique un arôme plus complexe évoquant à la fois le "liège humide" (caractère "liégeux"), la "noisette fraîche" (caractère "végétal") et jusqu’à une odeur franchement "moisie" ou "terreuse" (pomme de terre) lorsque la concentration est élevée.»

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Origine et Incidence de la 2-Méthoxy-3,5-Diméthylpyrazine (MDMP), composé à l’arôme « moisi » et « liégeux », détectable dans les bouchons en liège et les copeaux de bois de chêne placé au contact des Vins, Laboratoire Excell, Bordeaux

Goût de bouchon dans les vins : EXCELL s'investit

Forte hausse des ventes de vins bio au Québec

Les ventes de vins bio se sont accrues de 16 % en volume au cours des 2 dernières années dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Pendant ce temps, les hausses de ventes en volume du total des vins dans les succursales, en épicerie et chez les agences n'ont été que de 1,9 %.

En dollars, c'est une hausse de 18 % pour les bio contre 3,7 % pour l'ensemble des vins.

Donc, le vin bio a finalement le vent dans les voiles!

L'offre de vins bio s'est aussi accrue à la SAQ au cours des deux dernières années. En effet, il y avait 215 vins bio indiqués comme tels sur le site saq.com fin 2013 et c'est monté à 370 en décembre 2015.

Sur 8000 vins c'est encore bien peu. Toutefois, il faut dire ici que le nombre de vins bio à la SAQ est plus élevé qu'indiqué dans le site du monopole. En effet, plusieurs producteurs ne veulent pas être étiquetés bio. De plus, la direction de la SAQ a des règles très strictes concernant l'étiquetage. Ce qui fait que certains producteurs ne peuvent pas indiquer «bio» sur leurs bouteilles.

Projet bio à la SAQ
La direction de la SAQ a dans ses cartons des projets de valorisation des vins bio. La firme Ad Hoc Recherche a été mandatée pour sonder les consommateurs sur les vins bio.

Ce n'est pas la première fois que la SAQ commande un sondage sur le sujet. En juin 2011, la société d'État avait publié les résultats d'un tel sondage. À la question «Vous arrive-t-il d'acheter des vins agrobiologiques?»  les réponses ont été: À l'occasion 42 %; Souvent 9 %; Rarement 34 % et Jamais 15 %.

Aujourd'hui, la SAQ se demande s'il faut regrouper les vins bio sous une même enseigne dans les magasins de la SAQ, comme elle l'a fait pour les produits «Origine Québec».

Il y a déjà eu des sections bio dans des magasins de la SAQ. Elles ont été fermées en mars 2011. On a dit alors que les producteurs préféraient que leurs vins restent dans leurs sections géographiques.

Depuis ce temps, suivant la demande de consommateurs, des conseillers en vin ont recommencé à regrouper certains vins bio dans une section de leurs succursales.

La demande de produits bio progresse rapidement dans les commerces d'alimentation. Il est normal que ce soit le cas aussi pour le vin.

Toutefois, dans le domaine du vin, l'offre n'est pas encore très évidente du moins dans les succursales de la SAQ. Ces produits sont éparpillés, peu identifiés et peu valorisés.

En Europe, la demande est galopante. En France, la consommation de vin bio a triplé en 10 ans, passant de 189 millions € en 2005 à 572 millions € en 2015. Le pourcentage de vigne bio est maintenant de 8 % en France; de 9 % en Espagne et de 10 % en Italie et en Autriche.

Même le monopole des alcools de la Suède le Systembolaget, qui vend surtout du vin en vigniers, s'est donné comme objectif de doubler ses ventes de vins bio.

Les reportages récents des médias sur les dangers des pesticides ne sont surement pas étrangers à cet engouement pour les vins faits avec des raisins bio. La sensibilisation écologique s'accroît chez les consommateurs et chez les vignerons. Il a même des vignerons qui demandent carrément l'interdiction des herbicides pour obtenir le label AOC en 2017, comme viennent de l'exiger des vignerons de Champagne.

Bio, pas cher et capsule à vis se vendent vite

Fuenteseca, Macabeo Sauvignon Blanc 2014
Ce vin blanc bio d'Espagne, bouché d'une capsule à vis et pas cher (12,75 $) s'est vendu à la vitesse de l'éclair!

Il y en avait en ligne et dans 108 magasins de la SAQ le 12 février.

Moins d'un mois plus tard, il n'en reste plus,
sauf une caisse de 12 oubliée dans l'arrière-boutique d'une succursale de Rivière-du-Loup. (Cette caisse de 12 a été ouverte en après-midi.)

Voir nos commentaires sur ce vin.

De même, le Cademusa Nero d'Avola Syrah, un vin bio d'Italie pas cher (11,50 $) et obturé par une capsule à vis s'écoule aussi à la vitesse grand V. Il y en avait dans 145 magasins le 4 mars. Il n'en reste plus que dans 77 magasins!

Voir nos commentaires sur ce Néro d'Avola bio.

Qui dit que les vins bio ne sont pas populaires au Québec?
Qui médit des capsules à vis?
Qui dit que les vins à petits prix sont tous des picrates?
 

Les 15 vins les moins chers en Ontario et au Québec

Les 15 vins les moins chers en Ontario

Pinot Gris Reserve Baron de Hoen France 7,25 $
Foris Pinot Gris  États-Unis   7,35 $
Colli Albani Fontana di Papa  Italie  7,45 $
Castelli Romani Fontana di Papa Italie  7,45 $ (10 $/Litre SAQ)
Candidato Oro Espagne  7,55 $
Velletri Centurio Italie    7,65 $
Velletri Superiore Villa Ginetti (DOC) Italie 7,65 $
Chardonnay Terre Di Chieti Quartana Spinelli Italie 7,70 $
Sangiovese di Romagna Tini Italie 7,75 $
Alandra Rouge Finagra Portugal     7,80 $
Terra Boa Tinto Aliança   Portugal  7,85 $
Cuvée St-Pierre Rouge Mommessin Export France 7,95 $  (9,95 $ SAQ)
Merlot Delle Venezie Cesari   Italie      7,95 $ (11,55 $ SAQ)
Montepulciano d'Abruzzo Dragani 7,95 $
Vila Regia Sogrape                    7,95 $  (10,60 $ SAQ)

 

Les 15 vins les moins chers à la SAQ

Fre Merlot 2013 États-Unis    8,05 $
Bonne Nouvelle Merlot France 8,20 $
Bonne Nouvelle Chardonnay France 8,25 $
Los Molinos Tempranillo Espagne  9,25 $
Fre Chardonnay 2013  États-Unis 9,25 $
Innovacion Argentine  9,25 $
Bodegas Casa del Valle Acantus Espagne 9,30 $
Fonte do Nico   Portugal       9,35 $
Casal Mendes   Portugal       9,55 $
Giacondi Nero d'Avola Italie 9,55 $
Santa Florentina Malbec / Syrah  Argentine 9,80 $
Sonovino Italie 9,95 $
Mommessin Cuvée Saint-Pierre France  9,95 $ (7,95 $ en Ontario)
Santa Rita 120 Cabernet-Sauvignon Rosé Chili 9,95 $
Castillo de Liria Bobal / Shiraz Espagne 9,95 $

À la LCBO, les 15 vins les moins chers sont tous en bas de 8 $.
À la SAQ, les 15 vins les moins chers sont tous en haut de 8 $.

La LCBO à 33 vins à moins de 8 $.
La SAQ n'a aucun vin à moins de 8 $.

La LCBO va surtout chercher ses petits prix en Italie (7 des 15 vins).

Répartition régionale de l'offre de la SAQ

Est-ce que l'offre de produits de la Société des alcools est équitable dans toute la province.
Les défenseurs du monopole des vins affirment qu'un des avantages de ce monopole est qu'il offre une grande variété de choix dans toutes les régions de la province.

Mais est-ce vrai?
Est-ce que l'offre de vin est aussi bonne à Gatineau, Rimouski, Val-d'Or, Chicoutimi, Trois-Rivières qu'à Montréal?

Allons-y voir.

Offre de la SAQ à Montréal et en région
Succursales Produits Vins Mousseux Bio 20-30$ +40$
Montréal - Marché Atwater 4078 2643 175 120 753 473
Montréal - Rockland 3480 2262 169 116 653 484
Montréal - Beaubien 3269 2088 152 90 572 333
Montréal - Westmount 3063 1925 185 79 571 273
             
Sherbrooke
3137 2061 110 89 671 202
Laval - Centropolis 3124 2015 162 74 583 286
Gatineau - Casino Signature
3066 1809 150 78 479 281
Chicoutimi
2810 1847 134 65 555 231
Sept-îles
2707 1769 111 75 531 138
Saint-Jérome Nord
2707 1764 123 62 504 186
Rimouski - Méga centre 2505 1576 86 64 466 125
Val d'Or 2330 1476 93 45 398 82
Trois-Rivières
2331 1494 102 45 363 164

Nous constations ici une grande disparité de l'offre entre Montréal et les grandes villes des régions.
La différence est notable dans toutes les catégories analysées ici. Nous ne parlons pas ici de quantité de bouteilles (normalement plus élevée dans une métropole), mais du nombre de produits différents, de marques différentes.

  • Le nombre de produits bio est deux et trois fois moins grand en région qu'à Montréal.
  • Le choix des mousseux est aussi moins élevé en région.
  • Le choix parmi les vins de haut de gamme (+40 $) est de trois à quatre fois plus réduit en région.
  • Même la sélection des vins de milieu de gamme (20-30 $) est moins élevée hors Montréal.

Hausse de prix: la défense de la SAQ

La direction de la SAQ a publié ce matin un rectificatif concernant sa dernière hausse de prix.

La direction du monopole écrit qu’«au cours des derniers jours, quelques médias ont parlé des ajustements de prix effectués par la SAQ sur quelques centaines de produits. Nous avons notamment écouté l'entrevue qu'a accordée hier matin le professeur en économie Frédéric Laurin à l'animateur Paul Arcand. Pour nous assurer que tous obtiennent l'heure juste et bénéficient de la même information exacte, nous publions ici un rectificatif de certaines affirmations faites par M. Laurin.

Notez que la SAQ ne parle pas de hausses de prix, mais «d'ajustements».
Les patrons actuels de la SAQ tiennent à donner l'heure juste suite, entre autres, à ce propos du professeur Laurin qui a dit ceci :

Ce que la SAQ a eu tendance à faire, c’est éliminer les vins les moins chers vers 10 $ pour les remplacer par des vins qui sont plus chers, autour de 15 $. Sans augmenter le prix d’une bouteille, ce qu’on fait c’est qu’on change le choix qui est offert au consommateur.» (Frédéric Laurin)

Voici «l'heure juste» donnée par la SAQ:

«La SAQ offre près de 700 vins courants disponibles dans toutes ses succursales.  Dans la dernière année, près de 60 % des ventes de vins courants l’ont été pour des vins dont le prix se situe entre 10 et 15 $. En ce moment,  le nombre de vins vendus à moins de 12 $ est le même qu’il y a 4 ans. Il est donc faux de prétendre qu’ils ont été remplacés.»
(Rectificatif SAQ)

M. Laurin parle des vins de 10 $ et de 15 $. Dans sa réponse, la SAQ donne plutôt l'exemple des moins de 12 $. C'est une réponse intéressante, mais invérifiable. Car ça ne fait que 15 mois que la SAQ indique ses vins de moins de 12 $ dans son site Internet. Ils ne sont d'ailleurs que 154 aujourd'hui. Auparavant, c'étaient deux catégories: moins de 10 $ et moins de 15 $.

Or, depuis 4 ans, le nombre de vins à moins de 15 $ est passé de 902 à 536 dans le site saq.com. Ces chiffres tendent donc à confirmer plutôt les propos de M. Laurin.

  Novembre 2012 Mars 2016
Nombre de vins de moins de 15 $ dans saq.com 902 536

Voici ici l'entrevue du professeur d'économie Frédéric Laurin donnée à une radio locale de Montréal.

 

Mis en ligne le jeudi 03 mars 2016 dans Puisqu'il faut se lever avec Paul Arcand

Voir le rectificatif de la direction de la SAQ.

L'euro est-il vraiment responsable de la hausse des prix?

La SAQ a haussé le prix de plusieurs vins invoquant la hausse de l'euro.

Le Vi-No-Ze-Ro, un vin désalcoolisé, vendu à la Société des alcools passe de 7,30 $ à 7,75 $ en un jour.

Les dirigeants de notre monopole ont haussé les prix de plusieurs produits le 2 mars.
Les chiffres mentionnés vont de 180 à 800.
Ce serait près de 200 vins en produits courants et près de 600 en produits de spécialité.

La direction de la SAQ ne veut pas donner plus de détails et se fait aussi peu transparente et aussi cachotière que possible. Elle a, entre autres, refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada Gatineau-Ottawa.

Un porte-parole de la SAQ a toutefois mentionné un chiffre, soit 180, à quelques médias. Étonnamment ce chiffre ne concerne que les produits courants. Pourtant la hausse est constatée aussi dans la section des produits de spécialité.

Elle est parfois très forte, comme pour le Boutari Naoussa 2013 qui fait un joli bond de 15,05$ à 16,80$.

Un porte-parole de la SAQ a dit au Journal de Montréal que ces hausses étaient dues à la faiblesse de notre dollar fasse à l'euro.

Il est à noter que ce ne sont pas de nouveaux achats de la SAQ, mais plutôt des vins qui sont déjà sur les tablettes et qui ont déjà été payés. Donc, la SAQ hausse les prix des vins déjà ici en invoquant une raison postérieure à l'achat.

L'euro: le coupable?
La valeur de notre dollar par rapport à l'euro fluctue continuellement.
D'après les chiffres de la Banque du Canada, notre dollar vaut aujourd'hui 68 cents d'euro. La moyenne des 12 derniers mois est de 69 cents.

Quelle est la moyenne des 10 dernières années ?  69 cents
Comme nous le montre ce tableau de la Banque du Canada du 3 mars 2006 au 2 mars 2016.

Europe, euro

Bas [Haut] 2012-08-15 1,2153 CAD [0,8228 EUR]
Moyenne 2006-03-03 — 2016-03-02 1,4345 CAD [0,6971 EUR]
Haut [Bas] 2008-12-29 1,7316 CAD [0,5775 EUR]

(Taux quotidiens : recherche - dix dernières années
http://www.banqueducanada.ca/taux/taux-de-change/recherche-dix-dernieres-annees/)

Donc, la valeur de note monnaie fluctue continuellement, mais la valeur des 12 derniers mois est la même que celle des 10 dernières années; soit 69 cents.

À partir de 2010, la valeur du dollar canadien a fortement augmenté par rapport à l'euro passant de 0,63 à 0,79 €. A-t-on vu des baisses de prix à la SAQ?

Nous sommes revenus aujourd'hui un peu au même niveau qu'en mars 2014 alors que notre dollar valait 65 cents, soit même moins qu'aujourd'hui, comme nous le montre ce tableau de la Banque du Canada.

 


Aujourd'hui, notre dollar faut 0,68 euro et l'euro vaut 1,46 $ comme en octobre dernier.


Nous comprenons ainsi pourquoi les dirigeants de la SAQ sont gênés et ne veulent pas parler aux médias.

Voici des vins dont les prix ont été haussés

Vi-No-Ze-Ro Müller-Thurgau  7,30  7,75$
Los Molinos Tempranillo   8,80  9,25
Sicalia Rosso Terre Siciliane  9,75  10,30
Cesari Adesso Chardonnay   9,75  10,30$

Jean-Noël Bousquet Terre à Terre   10,45   11,05$
Campobarro Tempranillo   10,50  11,10
Herdade das Albernoas  10,50    11,10
Saveurs Oubliées 10,60   11,20
Si Italia Rosso IGT Veneto 10,90  11,55
Cesari Adesso Merlot delle Venezie 10,90  11,55$

Rapitala Nero d'Avola 2014   15   15,45$
Boutari Naoussa 2013   15,05   16,80
Lady Lola Delle Venezie  15,15   16,15
Sainte-Odile   15,20   16,20
Ijalba Genoli 2014   15,20  16,20
Quintas das Amoras Reserve 2013  15,20   16
Vina Urbezo Carinena 2014  15,30  16,65
Fontal Crianza Tempranillo / CS 2012   15,30  16,25
Laderas de El Seque Alicante 2014   15,30   16,30$

Prà Otto Soave Classico 2014  20  21,20$
Mara Ripasso 2013   20,05  21,30
Palacios La Montesa  20,05  21,30
Château L'Escart Julien 2014  20,05  21,25
Monasterio de Las Vinas Gran Reserva  20,20  21,45
Vieux Château Champs de Mars  22,85   24,40
Laurens, Clos des Demoiselles, Crémant de Limoux  23,25   24,80$

Les producteurs ont le droit de hausser le prix de leurs vins, comme les consommateurs ont le droit d'acheter ce qu'ils veulent, mais la société d'État entre les deux ne devrait-elle pas jouer franc jeu?
 

Le Canada est un des pays où l'on paie le plus cher pour le vin

Prix moyen du litre de vin

Irlande
17,94
Norvège
17,56
Inde
16,14
Corée Sud
14,96
N. Zélande
14,16
Japon
14,00
Suède
13,76
Canada
12,03
Chine
11,69
Belgique
11,11
Australie
11,06
Russie
9,84
Italie
9,71
Roy-Uni
9,63
Portugal
9,48
Danemark
9,30
Mexique
9,11
Hollande
9,06
Moyenne
9,06
États-Unis
8,91
France
8,44
Espagne
8,07
Hongrie
7,01
Allemagne
6,63
Brésil
6,32
Afri Sud
6,18
Pologne
5,72
Turquie
4,63

 

Le prix moyen mondial pour un litre de vin acheté en 2015 est de 9 euros. (Ce qui représente 9,50 $ la bouteille de 750 ml.)

Au Canada, le prix moyen d'un litre de vin acheté en 2015 est de 12 euros. (Soit 12,60 $ par bouteille) C'est 33 % plus cher que la moyenne mondiale.

Le Canada se situe juste après la Suède pour le prix moyen du vin payé en 2015. En Suède, comme au Canada, le commerce du vin est sous la main d'un monopole.

C'est en Irlande et en Norvège que les vins sont les plus chers; soit 17 euros.
Suivi de l'Inde, où le prix moyen du litre de vin est de 16 euros.

Puis, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Suède où le prix moyen se situe entre 13 et 15 euros.

Le Canada est en 8e place dans ce palmarès entre la Suède et la Chine.

On paie moins cher le vin en Belgique et en Australie; soit 11 euros.

C'est 9 euros en Russie, en Italie, au Royaume-Uni, au Portugal, au Danemark, au Mexique et en Hollande.

Aux États-Unis, le prix moyen du litre de vin est d'un peu moins de 9 euros; soit 8,91 €.

C'est 8 euros en France et en Espagne.

En Hongrie, c'est 7 euros.

En Allemagne, au Brésil et en Afrique du Sud c'est 6 euros.

En Pologne, c'est 5 euros le litre.

En Turquie, le litre de vin est de 4,63 euros.

Donc, le Canada se situe en 8e position parmi ces 28 pays où l'on consomme du vin. Nous le payons deux fois plus cher qu'en Allemagne et en Afrique du Sud; et 50 % plus cher qu'en France.

Le prix moyen payé par litre au Canada (12,03 €) a augmenté de 2,7 % de 2010 à 2015.

Consommation par habitant
Le Canadien a consommé en moyenne 13,5 litres de vin par année en 2015. C'est une hausse de 14 % depuis 2010. Ce qui est beaucoup moins qu'en France, en Italie, au Portugal et au Danemark où l'on consomme entre 41 et 43  litres de vin par habitant par année.
(Au Québec, c'est 23 litres par habitant)

La consommation par habitant de plusieurs pays du monde se situe entre 20 et 30 litres. C'est le cas pour l'Allemagne, l'Australie, la Belgique (29), la Hollande, la Hongrie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et la Suède (25).

Entre 10 et 20 litres de consommation par habitant, nous trouvons, en plus du Canada (13 litres), l'Espagne (17), les États-Unis (10), l'Irlande (18), la Norvège (14) et la Russie (10).

Dépenses par habitant
Le Canadien a dépensé en 2015 163 € (soit 230 $). C'est 17 % de plus que 5 ans auparavant. C'est un peu moins que les Allemands (170 €) et les Hongrois (170 €).

Ce sont les Italiens qui dépensent le plus pour le vin par année soit 425 €. Ils sont suivis des Portugais (397 €), des Danois (364 €), des Français (362 €), des Suédois (353 €), des Irlandais (325 €), des Belges (324 €) et des Néo-Zélandais (323 €).

Les Américains ne dépensent que 90 € en moyenne par habitant par année.

Consommation en volume
La consommation mondiale de vin a augmenté de 8 % de 2010 à 2015.
Au Canada, la hausse a été plus forte que la moyenne; soit 20 %.
Tout comme au Brésil, au Danemark et en Irlande.
En Suède et en Russie, ce fut un peu plus, soit 27 et 29 %.
C'est en Chine que la hausse a été la plus forte: 132 %.
Aux États-Unis, la hausse a été de 10 % ainsi qu'en Belgique, en Australie et au Japon.

Par contre, dans les pays producteurs, la consommation de vin a diminué. Ce fut de - 7 % en France, de - 6 % en Italie et de - 18 % en Espagne.

Prévisions de croissance
Selon la Constanza Business & Protocol School de Madrid, qui a compilé ces chiffres, la consommation de vin au Canada devrait connaître une croissance de 21 % en volume d'ici 2019. Les dépenses par habitant devraient aussi s'accroitre du même ordre pour atteindre 199 €. En volume, les auteurs de l'étude El Gasto en Vino prévoient que la consommation par habitant atteindra presque 16 litres en 2019, soit 17 % de plus qu'aujourd'hui.

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Ces chiffres sont tirés du Boletín de Investigación de Constanza Business & Protocol School: El Gasto en Vino, Madrid, janvier 2016. Ils ont été compilés à partir des données du MarketLine-Datamonitor et du Fonds monétaire international
(Étonnamment, les auteurs n'ont pas relevé les chiffres de la Suisse ni de l'Argentine.)

La conversion de l'euro en dollar canadien est faite au taux moyen de l'année 2015 établi par la Banque du Canada; soit 1 x 1,41.

 

Est-ce que le vin bio a meilleur goût?

Des producteurs de vin se lancent dans la culture bio. Ils disent le faire pour leur santé, celle de leur famille, de leurs employés et de leurs voisins. Ils déclarent aussi que c'est mieux pour l'environnement.

De plus, certains affirment vouloir faire ainsi de meilleurs vins. Ils supposent que le sol, la vigne et les raisins étant moins pollués par les pesticides que leurs vins seront de meilleure qualité.

Mais est-ce tangible? Est-ce vrai? Est-ce mesurable?

C'est la question que se sont posée trois professeurs d'économie et d'administration, Magali A. Delmas et Jinghui Lim de l'Université de Californie à Los Angeles et Olivier Gergaud du KEDGE Business School (campus de Bordeaux).

Leur étude vient d'être publiée dans le site de l'association américaine des économistes du vin.

Ils ont analysé les notes de dégustations des trois principaux magazines de vin des États-Unis: le Wine Advocate de Robert Parker, le Wine Spectator et le Wine Enthusiast. Ils ont compilé les notes de 74 000 commentaires de dégustation de vin de 3800 vignobles de Californie des millésimes 1998 à 2009.

Les principaux dégustateurs ont été Robert Parker pour le Wine Advocate, James Laube pour le Wine Spectator et Steve Heimoff pour le Wine Enthusiast.

Le nombre de vins bio de cet échantillon est de 1,1 %. L'agriculture bio représente seulement 2 % des surfaces cultivées en Californie.

Ils ont cherché à savoir si les vins bio obtiennent de meilleures notes ou de moins bonnes notes que les vins en agriculture conventionnelle.

La réponse est :
Les vins bio obtiennent une note moyenne supérieure de 0,46. C'est d'ailleurs constant pour les trois magazines; soit 0,43 pour le Wine Spectator; 0,45 pour le Wine Enthousiast et 0,51 pour Robert Parker.

Les chercheurs ont fait la ventilation des résultats en rouge et en blanc. Les rouges obtiennent une note moyenne supérieure de 0,638 à l'ensemble des vins. Pour les blancs, c'est seulement +0,154.

Nos résultats indiquent que l'éco-certification est associée à une augmentation statistiquement significative de l'évaluation de la qualité des vins.»

Il serait intéressant de faire la même étude pour des vins plus récents et surtout en Europe ou la proportion de vin bio atteint maintenant 8 % en France.

En Europe
Donc, les vins bio sont mieux jugés que les vins conventionnels. En 2014, au Concours général Agricole, près d’un vin bio sur 2 a été médaillé alors qu’en moyenne 23% des vins en compétition sont primés.
 
Puis, au concours international du magazine Decanter (Decanter Wolrd Wine Awards), près de 65% des vins bio présentés ont été primés. En général, le nombre total de médailles dans les concours tourne autour de 33%, disent les organisateurs de Millésime Bio 2015.

Sujets connexes :

Voir aussi la section des vins bio de Vin Québec et la sélection des meilleurs vins bio commentés récemment.
_____
Les résultats de cette étude sur les vins de Californie viennent d'être publiés dans le site de l'American Association of Wine Economics. Does Organic Wine taste better? An Analysis of Experts’ Ratings. (Document PDF) AAWE Woring Paper No. 190 – Economics. Magali A. Delmas, Olivier Gergaud & Jinghui Lim.

Ajout le 5 mars. Écoutez aussi l'entrevue qu'a donnée Magali Delmas à l'émission Bien dans son assiette le 3 mars.

Le vin en vrac : 40 % des parts de marché au Québec

On ne s'en doute pas, mais le vin importé en vrac et embouteillé au Québec représente maintenant un peu moins d'une bouteille de vin sur deux consommées au Québec.

En effet, selon les chiffres de la firme SECOR/KPMG dévoilés par l'Association des viniculteurs négociants du Québec, les trois principaux embouteilleurs de vin au Québec accaparent 36,7 % des parts de marché du vin au Québec.

Vrac :      +/- 60 millions L
Bouteille : +/- 90 millions L

C'est 57,4 millions de litres sur les 156,5 millions de litres qui coulent sur marché québécois.

Ce 36,7 % est l'addition des ventes des trois principaux embouteilleurs et ne comprend pas la production des autres, telle Julia Wine.

Ces trois embouteilleurs sont Constellation Brands avec son usine de Rougemont; La Maison des Futailles avec ses deux usines de Montréal et de Saint-Hyacinthe et Lassonde avec l'usine de sa division Arista à Rougemont. Ces trois entreprises totalisent 375 emplois.

Ces entreprises vendent le vin une fois embouteillé à la SAQ. Cette dernière en écoule une partie dans ses 403 succursales et vend une autre partie aux épiciers et dépanneurs du Québec.

Vin en vrac
En 1999, 6 bouteilles de vin sur 10 consommées au Québec étaient du vin importé en vrac et embouteillé par trois compagnies.
Aujourd'hui, c'est 4 bouteilles sur 10
.

Parts de marché de 60 à 40 %
On ne s'en doutait pas non plus, mais étonnamment 6 bouteilles de vin sur 10 consommées au Québec en 1999 étaient du vin importé en vrac et embouteillé par ces trois compagnies.

Cette proportion diminue depuis ce temps. En effet, la part de marché de l’industrie des vins conditionnés au Québec a régressé de 22 points de pourcentage de 1999 à 2014. «Alors qu’elle se situait à près de 60% au tournant des années 2000, elle est désormais inférieure à 37 %», dit l'association de ces trois embouteilleurs. Ce qui est une baisse de près de 38 %.

C'était 59 % en 1999; puis 41 % en 2006 et 36,7 % en 2014.

En 2006, la SAQ a vendu ses parts dans La maison des Futailles à la compagnie Kruger.

En dollars, les ventes de vins embouteillés ici par ces trois entreprises totalisent 625 millions de dollars; soit 28 % des ventes totales de vin au Québec qui sont de 2,2 milliards de dollars.

Le vin embouteillé ici est vendu en moyenne 3,41 $/litre à la SAQ qui le revend aux dépanneurs. Le consommateur le paie en moyenne 11 $ le litre avant taxes. Soit un multiple de 3,41.

Secor écrit que «la part des dividendes de la SAQ au gouvernement du Québec provenant des ventes de vins fabriqués ou distribués par l’industrie est estimée à près de 133,1 M$ en 2014.»

De plus, Secor dit que les vins embouteillés au Québec représentent «2,2 fois plus de recettes par caisse pour le gouvernement du Québec» que les vins importés en bouteille. Ceci en tenant compte des emplois générés ici par cette industrie.

Finalement, les embouteilleurs estiment qu'il est plus écologique d'importer du vin en vrac qu'en bouteille.

Ces renseignements sont tirés du mémoire que l'Association des viniculteurs négociants du Québec a déposé à la Commission des Finances du Parlement de Québec et rendu publique le 19 février 2016.

La vente de vin en épicerie a été autorisée au Québec en 1978. Le gouvernement a alors délivré 12 permis de production industrielle. Il y a 8000 épiciers et dépanneurs qui vendent du vin au Québec.
 

Laboratoire de la SAQ : inutile ?

À quoi sert le laboratoire de la SAQ ?

Le Québec, la SAQ, importe des milliers de vins du monde.
Des échantillons de chacun de ces vins sont analysés par le laboratoire de la SAQ.
Mais pourquoi?
La question : à quoi sert donc le laboratoire de la SAQ?
La réponse : à vérifier ce qui a déjà été vérifié !

Le laboratoire de la SAQ analyse 70 000 produits par année, dit un de ses employés à Télé-Québec. Au cours des 5 dernières années, seulement 28 vins ont été rejetés. (Voir un exemple d'un vin refusé ici)

Pourquoi revérifier ce qui a déjà été vérifié à la source?
Les vins de France, d'Italie, d'Espagne ou d'autres pays sont contrôlés dans leur pays respectif. N'est-ce pas suffisant?

Est-ce que les États-Unis et la Grande-Bretagne, les plus gros importateurs de vin au monde revérifient tous les lots de vin qui entrent chez eux?

Le laboratoire vérifie même les vins en importation privée. «Le même produit pour le même millésime, même si nous en commandons 8 fois durant l’année, passera à l’analyse chaque fois», nous dit un agent. Est-ce nécessaire? Est-ce abusif?

Est-ce qu'on vérifie tous les lots des liquides, des produits alimentaires qui entrent au Québec?

Est-ce que des contrôles ponctuels sur les vins importés ne seraient pas suffisants?
 

L'Ontario libéralise la vente de vin

L'Ontario devance le Québec et permet la vente de vin par l'entreprise privée.

La première ministre Kathleen Wynne annonce que la vente de vin sera permise dans 300 supermarchés.

Des permis seront donnés à 70 magasins l'été prochain afin qu'ils puissent commencer à vendre du vin, de la bière et ce qui est appelé «des vins de fruits» dès cet automne. Puis 80 autres permis seront octroyés par après.

De plus, 150 magasins situés actuellement hors supermarchés seront autorisés en s'installer dans ces supermarchés avec des caisses partagées. Ces 150 épiceries seront autorisées à vendre tout vin de l’Ontario de même que de la bière et du cidre.

Les gens de l’Ontario pourront enfin acheter leur vin et leurs victuailles au même endroit», dit la première ministre de l'Ontario.

Le gouvernement dit vouloir y aller progressivement afin de ne pas brusquer le marché et aider à la fois les producteurs ontariens et étrangers.

Toutefois, la moitié des détenteurs de ces nouveaux permis devront s'engager à ne vendre que du vin ontarien, certifié VQA Ontario, pendant les trois premières années, afin de protéger temporairement les producteurs de vin de la province, dit la première ministre.

La vente de cidre sera aussi autorisée dans les commerces où l'on vend de la bière.

L'Ontario espère que ces mesures lui permettront d'accroitre ses revenus.

L'AMARONE, ce grand vin d'Italie

L'amarone, avec le barolo et le brunello fait partie du trio de tête des trois grands vins d'Italie.
Ces trois vins sont considérés comme étant des produits haut de gamme et demandent des prix en conséquence.

L'Amarone le moins cher à la SAQ est à 30 $. Cinq des 32 amarones de la SAQ sont de 30 à 40 $; neuf sont de 40 à 50 $; les autres sont à plus de 65 $.

La particularité de l'amarone c'est qu'il est fait de raisins séchés pendant 60 à 120 jours dans des greniers. C'est la technique de l'appassimento ou passerillage. Les baies perdent ainsi de 35 à 40 % de leur liquide. Ce qui donne des vins concentrés, légèrement sucrés (4 à 12 g/l) et au degré d'alcool élevé de 14 à 17. Le taux d'acidité de ces vins est souvent très élevé aussi, ce qui fait que dans les meilleurs on ne perçoit pas le sucre.


Les raisins sèchent de 60 à 120 jours.

Ces vins sont élevés en barriques neuves et moins neuves, petites de 225 litres à plus grosses, des tonneaux, de Slovénie, de France et des États-Unis.

La technique permettant de faire l'amarone a été développée dans les années 1950 lorsqu'on a découvert une famille de levure, la Saccharomyces bayanus, permettant de transformer presque tout le sucre en alcool. La compagnie Banfi a alors popularisé ce vin aux États-Unis. Le vigneron démarre souvent la fermentation avec les levures indigènes puis ajoute la bayanus. Cette souche est aussi utilisée pour les beaujolais nouveaux et les tokaji.

Le vin blanc se conserve plus longtemps que le rouge

Combien de temps peut-on conserver une bouteille de vin une fois ouverte?

C'est la question qui revient souvent dans les forums, dans les blogues et dans Facebook.

Cette question est d'ailleurs commentée aujourd'hui dans le blogue SAQ Tchin-Tchin et dans la page Facebook de la SAQ.

Je déguste des vins régulièrement. Je ne les bois pas tous loin de là. Après dégustation, je place certaines de ces bouteilles dans une glacière. Il y en a une quinzaine que je redéguste les jours suivants et que je renouvelle au fur et à mesure des arrivages.

À ma grande surprise, j'ai constaté ces dernières années que les blancs se conservent beaucoup plus longtemps que les rouges. Certains blancs peuvent être aussi bons et même meilleurs après 5-8 et même 10 jours! C'est étonnant!

Pour ce qui est de la conservation des rouges, c'est beaucoup plus variable et restreint. Certains rouges dépérissent après deux jours, d'autres tiennent 4-5 jours, mais rarement.

Pourquoi est-ce ainsi? L'hypothèse que j'ose avancer, c'est que les blancs sont plus acides et cette acidité préserverait ses saveurs et ses arômes.

Donc, contrairement à la croyance populaire, le vin blanc se conserve plus longtemps que le vin rouge, une fois la bouteille ouverte et au frais. Le rouge c'est 2-4 jours; le blanc c'est 4-8 jours et plus quelques fois.

Les rouges québécois
La sommelière Véronique Rivest nous dit «que de façon très générale
qu'il est plutôt vrai que les blancs se gardent en général mieux et plus longtemps ou du moins ils se détériorent moins vite, mais perdent quand même pas mal de peps et de fraîcheur».

Cependant, Mme Rivest dit avoir constaté dans son bar à vin de Gatineau Soif que ce sont les vins rouges québécois qui se conservent le plus longtemps. «Les vins qui se sont le mieux gardés (parmi les vins secs) étaient des rouges québécois (des Pervenches et des Météores).» «Ce doit être l'acidité!» ajoute la réputée sommelière.

Les cidres du Québec dans les épiceries

L'association des producteurs de cidre du Québec se dit favorable à la vente de cidre et de vin dans les épiceries du Québec.

 

Il y a 78 producteurs de cidre artisanaux au Québec. Vingt-deux d'entre eux ont aussi un permis de production industrielle.

 

Selon le producteur Michel Jodoin, producteur de cidre et président de l'association, il s'est produit 1,8 million de litres de cidre en 2013 et 2,5 millions en 2014 pour des ventes de 23 millions de dollars.

 

L'Association des cidriculteurs artisans du Québec a fait part de ses commentaires ce matin devant la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale qui étudie le projet de loi 88 qui permettra la vente de produits alcoolisés artisanaux dans les épiceries.

 

Selon M. Jodoin les 8000 points de vente des épiceries et dépanneurs représentent une bonne occasion de croissance. Il ajoute qu'il souhaite que la SAQ continue toute de même de faire la promotion du cidre du Québec et que ce soit inscrit dans sa mission.

De la confiture ajoutée dans le vin italien ?

Quanto è dolce il vino italiano!

Un journaliste italien du vin Carlo Macchi s'étonne de voir que le vin de son pays vendu au Québec est si sucré.

M. Macchi a découvert dans le site de la SAQ que le taux de sucre y est indiqué. Après avoir consulté quelques-uns des 1500 vins italiens du répertoire de la SAQ, il dit que «il vino italiano sta prendendo forse una piega “cocacolesca”». Le vin italien prend un pli Coca-Cola. Il dit s'étonner de cette tendance dans son article Quanto è “dolce” il vino italiano! (1) (Comme est doux le vin italien!)

Le journaliste affirme qu'en Italie le vin est réputé sec et doit contenir moins de 2 grammes de sucre. Il se demande si ces mêmes vins rouges vendus aussi en Italie contiennent autant de sucre. Car si c'est le cas, il ne peuvent plus être considérés comme étant secs.

L'auteur signale que des producteurs ajoutent du MRC à leur vin lors de l'embouteillage. C'est dans le langage des oenologues du «mout rectifié corrigé», un concentré de jus de raisin décoloré, une confiture, un sirop qui sucre le vin. C'est vendu dans le commerce des produits oenologiques. (2)

Un des commentateurs de l'article signale aussi que des producteurs en ajoutent plus ou moins selon les pays de destination.

Cette technique était à l'origine destinée à accroitre le taux d'alcool (3). On ajoutait alors ce sirop avant la fermentation pour faire monter le taux d'alcool d'un degré. Il semble maintenant qu'on l'ajoute après la fermentation pour accroitre la douceur, la sucrosité du vin et ainsi réduire le gout acide des vins. C'est une technique courante en Champagne où on l'appelle liqueur d'expédition.

On voudrait ainsi plaire à de nombreux consommateurs qui n'aiment pas les vins acides, mais aiment plutôt les vins d'une certaine sucrosité.

Ceci est assez étonnant surtout pour les vins italiens. L'on sait que les Californiens et les Australiens produisent des vins d'une bonne sucrosité. Toutefois, les vins rouges italiens étaient reconnus pour leur acidité rafraichissante qui en fait des vins de repas.

Le vin italien le plus vendu à la SAQ, le Modello Masi (670 000 bouteilles) contient 6 grammes de sucre, le deuxième meilleur vendeur, le Liano Cesari, en contient 10 grammes de sucre au litre, donc 5 fois plus qu'un vin sec. Ce qui est même plus élevé que le taux de sucre que l'amarone ce vin rouge italien demi-sec qui contient souvent de 4 à 8 grammes de sucre. Le troisième en ligne, le Chianti Ruffino contient moins de sucre : 2,2 g/l.

Le vin français le plus populaire, le Merlot Grand Sud (13$/litre - 1,4 million de litres vendu en 2014) contient 8,8 grammes de sucre.

Des producteurs italiens semblent vouloir concurrencer les Californiens et les Australiens qui font des affaires d'or au Québec en vendant des vins rouges sucrés.

Les champions du rouge sucré au Québec sont les Californiens avec le Ménage à Trois à 12 grammes de sucre et l'Apothic Red (950 000 bouteilles) à 17 grammes. Le meilleur vendeur toutes catégories au Québec est l'australien Wallaroo Trail (2 500 000 bouteilles) à 11 grammes de sucre.

Il faut ajouter ici que le taux de sucre indiqué sur le site de la SAQ n'est pas le taux total, pas le taux de sucre résiduel, mais le taux de sucre réducteur comme nous l'indique notre collège retraité Claude Langlois. Il faut donc y ajouter entre 0,5 et 1,7 g/l pour avoir le portrait réel. (4)

Une question en terminant : ne devrait-on pas indiquer sur la bouteille le taux de sucre, le taux d'acidité, le pH, les pesticides et la quantité de sulfite ?

  Pour en savoir plus sur le sucre dans le vin rouge voir Taux de sucre dans le vin rouge

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1. Quanto è “dolce” il vino italiano! Winesurf, 14 février 2016

2. Le MCR SUCRAISIN® est élaboré à partir de jus de raisin dont on extrait tous les composants « non sucres ». Après concentration, on obtient un sirop de sucre incolore et pur. Il est parfaitement neutre. Il se compose de glucose et fructose. Disponible en contenants de 10 litres à plus de 1000 litres.
www.grapsud.com/nos-produits/oenologie/mout-concentre-rectifie-mcr

3 L'enrichissement des moûts à l'aide de techniques additives, Vigne et vin.

4 Sucres résiduels et sucres réducteurs, Journal de Montréal, 16 janvier.
 

Du vin privé dans les épiceries de l'Ontario dès l'automne prochain

L'Ontario annonce qu'elle va permettre l'installation de magasins privés de vente de vin dans les supermarchés de la province.

Le gouvernement va délivrer des permis pour 70 de ces kiosques de vins privés cette année. Le nombre montera à 150 par après.

La vente de cidre va ensuite aussi être autorité par le privé.

Toutefois, la régie des alcools de l'Ontario conservera le monopole des spiritueux.

Il y a déjà des magasins privés de vente de vin en Ontario, mais ils vendent exclusivement les vins de deux compagnies Wine Rack et Wine Shop.

L'Ontario a déjà enclenché la vente de bière dans les épiceries. Cette année 160 épiceries vendront de la bière, ce nombre passera à 450 d'ici 3 ans.

  Ontario should go faster on opening up wine sales, The Star
  Du vin en vente dans les épiceries de l'Ontario dès cet automne, Radio-Canada

Le vin québécois doit être 100 % québécois

Les embouteilleurs de vin en vrac demandent que le vin québécois qui sera vendu en épicerie soit fait à 100 % de raisins québécois.

Ils ont fait cette demande aujourd'hui aux audiences de la commission parlementaire sur le projet de loi 88 concernant la vente de vin québécois en épicerie.

Les dirigeants de l'Association des viniculteurs négociants du Québec disent que la norme 85-15 n'existe pas dans le monde du vin pour la provenance des raisins, mais seulement pour la proportion des cépages.

Les embouteilleurs de vin qui mettent en marché 37 % des vins au Québec, soit 77 millions de bouteilles, s'opposent donc à ce que les vignerons du Québec inclue du vin ou des raisins étrangers dans leurs bouteilles. «Un vin québécois doit provenir à 100 % du Québec; comme un vin du Chili embouteillé au Québec provient à 100 % du Chili.»

Ils disent que si on donne des subventions aux vignerons québécois qui mettent des vins étrangers dans leurs bouteilles qu'on donne alors les mêmes subventions aussi aux embouteilleurs de vin étrangers en vrac.

Ils s'opposent ainsi à l'association des vignerons du Québec qui demande qu'on permette aux vignerons de mettre jusqu'à 15 % de vin étranger dans leurs bouteilles qui seront vendues en épicerie.

Les embouteilleurs veulent aussi que ne soit plus interdit la mention des cépages sur les étiquettes.

Les vignerons du Québec veulent continuer à vendre à la SAQ

Les vignerons du Québec disent vouloir continuer à vendre leurs vins surtout à la SAQ.
C'est ce qu'a déclaré ce matin, le président de leur association principale, Yvan Quirion.

Témoignant devant la commission parlementaire des finances qui étudie le projet de loi 88 sur la vente de vin québécois en épicerie, M. Quirion a dit que «les épiceries se comparent à la Ligue de hockey junior majeure du Québec et la SAQ est l'équivalent de la Ligue nationale.»

Le président de l'AVQ qui dit représenter 95 % de la production de vin du Québec affirme que le «le message des vignerons du Québec est limpide : ils veulent jouer sur la patinoire de la Ligue nationale,» donc celle de la SAQ. «C'est là où ils pourront se comparer aux appellations étrangères et amener les vins d'ici à des sommets inégalés.»

L'association des vignerons exige aussi que les vins qui seront vendus en épicerie soient faits avec au moins 85 % de raisins québécois.

Ils demandent de plus que l'indication des cépages et millésime soient autorisé. Ce qui semble faire l'unanimité dans le milieu du vin. Ils veulent aussi pouvoir choisir librement un transporteur pour livrer leurs vins en épicerie.

  Voir le témoignage de deux dirigeants de l'Association des vignerons du Québec devant la commission parlementaire des finances, lors de l'étude du projet de loi 88.

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