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Campagne ridicule de la SAQ!

Cadeau de Noël
Un nouveau jeu inventé par la direction de la SAQ
Un rabais si vous faites livrer du vin dans une succursale qui a déjà !

La direction de la Société des alcools du Québec annonce «une grosse vente» pour aujourd'hui et demain.

«À L'APRÈS-NOËL ON MAGAZINE», dit la publicité de la SAQ.
«Jusqu'à 20 % de rabais - seulement en ligne»
On ajoute «quantités limitées - jusqu'à épuisement des stocks»
«Seulement en ligne»

À première vue, ça semble logique. On voudrait encourager l'achat en ligne. Toutefois, vérification faite, cette opération est parfaitement ridicule !

Le premier des 9 vins annoncés pour rabais est le Brolio Chianti-Classico, coiffé du titre «Rabais de 5,00 $ accordé au panier». On clique sur le produit et on lit «Livraison en succursale gratuite à l'achat de 75 $ ou plus.» Et «Livraison à domicile pour 12 $ par commande». Il y en a 1656 en ligne. Donc, on peut le faire livrer dans 265 succursales. Toutefois, ce qui est ridicule c'est que ce produit est disponible dans presque toutes les succursales (378 des 403). Alors, expliquez-nous pourquoi vouloir faire livrer un vin dans sa succursale, s'il y est déjà?

De plus, ce produit est aussi dans 3 SAQ-Dépôt, là où on peut l'avoir à 15 % de rabais.

C'est la même chose pour le deuxième produit en ligne: le Secco-Bertani Verona est offert avec un rabais minime de 3,65 $ au panier pour livraison dans 265 succursales alors qu'il est déjà dans 342 succursales ainsi que dans les 10 SAQ Dépôt à 15 % de rabais !

Puis le Prosecco Zonin 15,95 $ à un «Rabais de 2,00 $ accordé au panier». Ce vin est pourtant disponible dans 300 magasins et dans 3 SAQ Dépôt ! De plus il est 14,80 $ en Ontario.

Bravo pour l'effort d'illogisme !

Ou est-ce un nouveau jeu, cadeau de Noël de la direction de la SAQ?
Faites livrer dans une succursale près de chez vous du vin qui s'y trouve déjà!
 

Préparez votre visite à la SAQ

La semaine du 21 au 27 décembre est la semaine la plus achalandée de l'année dans les magasins de la société des alcools du Québec.
«La semaine de Noël est celle qui enregistre le plus grand nombre de transactions», nous dit la SAQ.

«Quant aux ventes, la journée la plus importante de l’année est généralement le 23 décembre.»
Il y a du monde dans les magasins. Vaut mieux alors se préparer.

Voici deux moyens pour vous aider à faire vos achats sans trop stresser.

1. Faire une liste d'achat
Pour cela vous pouvez utiliser les services gratuits de vinquebec.com. Vous y trouverez des listes toutes prêtes à être imprimées, comme celles-ci vinquebec.com/lesmeilleursvins
Dans chaque liste, nous avons inclus le numéro du produit. En cliquant sur celui-ci, vous pouvez voir quelles sont les succursales qui ont ce vin en stock. En cliquant sur le nom du vin, vous trouverez aussi une description de celui-ci.
Vous pouvez aussi consulter l'inventaire du magasin avant d'y aller.

2. Consultez l'inventaire de votre succursale
Depuis deux ans, nous pouvons voir le stock de la succursale avant d'y aller.
On clique sur ce lien Trouver une succursale. Puis, on choisit la succursale que l'on s'apprête à visiter.

On voit alors ce menu qui nous permet de faire défiler tous les produits du magasin et de sélectionner par catégories: vin rouge; vin blanc; mousseux...

Par exemple, si vous cliquez sur mousseux, vous pouvez alors voir tous les mousseux disponibles à cette succursale. Vous pouvez aussi les sélectionner par prix, par pays et par région. C'est très utile !

De l'aide
Sur place, n'hésitez pas à poser des questions au personnel. Ils n'ont pas goûté tous les vins de leur stock, mais la plupart des employés de la SAQ se feront un plaisir de vous conseiller et de vous trouver les bouteilles désirées.

Arrière-boutique
L'inventaire nous monte aussi les vins en arrière-boutique.
Il y a beaucoup de vins en magasin cette semaine. Tout n'est pas sur les tablettes. Souvent, certaines belles bouteilles que vous voulez sont encore dans l'arrière-boutique, dans l'entrepôt du magasin. Il ne faut pas hésiter à demander au personnel d'aller les chercher. Ils le feront pour vous.

Donc
Une liste d'achat lesmeilleursvins
Ou voir l'inventaire du magasin.

Joyeux Noël !

Qui a peur de perdre le milliard de la SAQ?

La CSN a lancé une campagne d'information pour contrer la libéralisation de la vente du vin au Québec.
Le principal argument invoqué par le secrétaire général du syndicat est le milliard de dollars que la SAQ verse chaque année au gouvernement. M. Jean Lortie affirme que nous perdrions ce milliard qui irait à l'entreprise privée.

«La SAQ retourne des profits de 1 milliard $ à l’État. Si on donne cet argent au secteur privé, nous ne l’aurons plus pour financer la santé, l’éducation et les infrastructures», rapporte TVA nouvelles.

Vérification des faits: c'est faux.
Il n'a jamais été question de remettre ce milliard à l'entreprise privée.
Je m'étonne que personne n'a relevé l'inexactitude de l'argument du patron du syndicat!

Ce milliard provient des ventes en succursales de la SAQ, mais aussi des ventes en épicerie, en restauration et en importation privée. Donc, même les 8000 épiceries et dépanneurs qui sont toutes privées contribuent à ce dividende d'un milliard. Car une bouteille de vin sur quatre achetée au Québec l'est en épicerie. Sur chaque bouteille de vin achetée en épicerie et dépanneur, de 4 à 7 dollars vont à la SAQ qui l'inclue dans ce milliard versé au gouvernement.

Ce dividende de 1 milliard est un montant exigé chaque année par le ministre des Finances. Advenant une libéralisation, le gouvernement ne laissera pas tomber ce milliard. Il n'est donc pas question de le donner à l'entreprise privée. C'est un revenu de l'État et une forme de taxe.

Ainsi, l'Alberta lorsqu'elle a privatisé son réseau de distribution d'alcool a conservé son dividende qui était de 400 millions à l'époque et qui est maintenant de plus de 700 millions de dollars.

Donc, il n'y a aucune crainte à avoir; cessons de nous faire des peurs; nous conserverons ce milliard. Ouf!

  Lire aussi Le milliard de la SAQ, novembre 2014
  Entrevue de Jean Lortie de la CSN à Radio-Canada, La CSN lance la campagne notre SAQ. 18 décembre 2015
  La CSN à la défense de la SAQ  TVA Nouvelles , 14 décembre
 

 

La SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat!

On entend beaucoup parler du soi-disant fort pouvoir d'achat de la Société des alcools du Québec (SAQ).
Notre monopole serait le plus grand acheteur de vin importé au monde.

La semaine dernière, le président de la SAQ a mentionné à plusieurs reprises dans une entrevue à Radio-Canada  ce pouvoir d'achat.

Pourtant, son pouvoir d'achat, la SAQ ne l'utilise pas; sauf pour un type de vin!

La SAQ ne veut pas avoir de vin à bas prix!
Lorsque la SAQ veut acheter du vin, elle ne demande pas le moins cher. Ce n'est pas comme cela que ça marche.
La SAQ procède par appels d'offres pour garnir son répertoire de vins courants.
Et elle fixe un prix minimum pour chaque appel d'offres.

Prenons un exemple actuel. La SAQ annonce qu'elle a besoin de deux vins rouges de la vallée du Rhône pour son répertoire de vins courants. Elle lance un appel d'offres. Elle dit qu'elle va retirer trois vins de cette section pour les remplacer par deux nouveaux. Toutefois, elle fixe un prix minimum : 17,50 $

Ça peut sembler étrange! En effet, lorsqu'un grossiste recherche un nouveau produit, il vise à avoir ce produit au plus bas prix, mais pas les acheteurs de la SAQ. D'ailleurs, ils fixent l'appel d'offres en fonction non pas du prix de gros (le coutant), mais du prix de détail après majoration et taxes.

Donc, la SAQ lance un appel d'offres «Plan d'introduction: 2 vins; 17,50 $ à 19,95 $ segment prioritaire stratégique pour la catégorie Vin rg France Vallée du Rhône»


Pourquoi ce prix. Il n'y a qu'un vin dans ce groupe de prix de cette catégorie et ses ventes ont été en baisse de -6,2 % au cours de la dernière année. Par contre, les 6 vins du segment de 12,00 $-14,95 $ a connu une hausse de 10,5 % !

Le vigneron et son agent
L'appel d'offres est lancé. Prenons maintenant un exemple (fictif) de conversation entre un producteur de vin et son agent au Québec qui veulent remporter cet appel d'offres.

Vigneron — «Je veux entrer à la SAQ. Je vais assembler un vin qui se nommera Cuvée du Papy. Il me coûte 3 $, je vais le vendre à la SAQ 4 $.

Agent — Ce n'est pas comme ça que ça marche! Si tu offres ton vin à 4 $, il se détaillera après majoration SAQ et taxes à 14,25 $. À ce prix, tu n'es pas conforme à l'appel d'offres. Fais un effort supplémentaire.

Vigneron — Ok, je vais vous le vendre à 6 $.

Agent — Oui, à 6 $, ça donnera 17,45 $ et là, ta demande sera étudiée. (Voir tableau)

Vigneron — Bravo, je vais faire pas mal d'argent!

Agent — Pas si vite. Oui, mais pas tant que ça, parce qu'il faut prévoir un budget de promotion. Il faut que tu t'engages à dépenser de l'argent pour la pub. Je propose que tu t'engages à dépenser X $ dans les circulaires de la SAQ. De plus, la SAQ a une revue Tchin Tchin, tu devrais promettre Y $ en pub. Puis, il faut aussi promettre de dépenser Z $ en pub sur ton vin dans la presse.

Vigneron — D'accord.

Agent — Il faut aussi acheter des points.

Vigneron — Des points? Acheter des points! Qu'est ce que c'est que ça?

Agent — C'est nouveau et super. La SAQ a maintenant une carte de fidélité appelée SAQ Inspire. Je propose que tu t'engages à offrir 1000 points pour ton vin un week-end par semestre.

Vigeron — 1000 points! C'est beaucoup!

Agent — Bien non, ce n'est rien. Ce n'est qu'un dollar par bouteille. De plus, ce serait bien de promettre une réduction de 2 $ sur ta bouteille pendant la vente du printemps.

Vigneron — 2 $ c'est beaucoup, non ?

Agent — Bien non, tu vends ton vin 2 $ de plus que tu voulais à l'origine.»

C'est ainsi que cela fonctionne. Alors, expliquez-nous monsieur le président où est le fort pouvoir d'achat de la SAQ et en quoi le consommateur en bénéficie?

Ils sont tous pareils
La SAQ n'est pas le seul monopole du vin à agir ainsi. La Régie des alcools de l'Ontario (RAO LCBO) fait de même. Elle se l'est déjà fait reprocher d'ailleurs par le vérificateur général de l'Ontario.

«Dans le secteur privé, les grands détaillants profitent de leur pouvoir d’achat pour négocier des prix inférieurs auprès des fournisseurs. Bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs d’alcool au monde, la RAO ne met pas l’accent sur l’obtention du prix le plus bas possible pour un produit. Le prix qu’elle paye est plutôt fondé sur le prix de détail qu’elle veut demander pour le produit. La RAO soumet aux fournisseurs une fourchette de prix dans laquelle elle souhaite vendre un produit», écrit le vérificateur général de l'Ontario.

Le vérificateur de l'Ontario notait que ce système est le même qu'à la SAQ. «Dans notre Rapport annuel 2011, nous avions noté que la RAO avait de nombreuses pratiques d’approvisionnement bien établies comparables à celles d’autres administrations canadiennes et d’autres monopoles gouvernementaux.»

Mandat de rapporter de l'argent
En somme «la structure de prix fixes de la RAO ne favorise pas la négociation de prix de gros inférieurs, qui entraîneraient des prix de détail moins élevés qui, à leur tour, généreraient moins de profits. Cela va à l’encontre du mandat de la RAO, qui vise à générer des profits pour la province.»

C'est ainsi que cela fonctionne dans nos monopoles d'achats. On veut payer cher, pour vendre cher et donner au ministre des Finances le milliard qu'il a commandé.

J'ai dit en début d'article que les acheteurs de la SAQ n'utilisaient la force de leur pouvoir d'achat que pour un seul type de vin. Lequel? Le grand cru. Ils obtiennent de bons prix pour les grands crus de Bordeaux, de Bourgogne et de Bolghérie. De plus, la marge qu'ils appliquent à ces vins est trois fois plus petite que celle des vins dits à petit prix. Alors, bravo pour les riches qui peuvent en profiter, mais nous petits consommateurs, on profite de nous!


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Le nombre de vins à moins de 15 $ remonte à 600

Le choix de vins à moins de 15 $ recommence à monter à la Société des alcools du Québec.

Après avoir connu un creux de 493 en août 2014; le nombre de vins à moins de 15 $ s'établit aujourd'hui à 600.

Il revient ainsi au niveau de février 2014. Mais on est loin des 900 de 2013 et de 1040 de 2009.

Après avoir été fortement critiqué pour la diminution de son offre de vins à bon prix; après avoir constaté la stagnation de ses ventes en volume; ainsi que la hausse des ventes en épiceries, la direction de la société d'État a décidé de faire marche arrière et de revamper son offre de vins à moins de 15 dollars.

De ces 600 vins de moins de 15 $: 141 sont de France et 96 d'Italie; sont 362 rouges et 31 se retrouvent seulement dans les SAQ Dépôts.

La SAQ a ainsi fait entrer dans ses succursales les forts populaires vins de dépanneurs de la marque Wallaroo Trail — meilleur vendeur en épicerie et dans tout le Québec — ainsi que plusieurs vins de cépage à moins de 12 dollars.

Moins de 12 $
L'offre de ces vins de moins de 12 $ est ainsi passée de 127 en janvier à 171 aujourd'hui.
Ils sont surtout rouges (106); 31 d'Italie et 29 de France; 13 sont exclusivement dans les SAQ Dépôts et 51 de la pastille «Fruité et généreux».

De son côté, la sélection de vins de moins de 10 $ qui était tombée à 19 à l'été 2014 est remontée à 32 $, soit au même niveau qu'en 2013. Ces vins étaient au nombre de 180 en 2009; puis de 90 en 2012; de 60 au début 2013 et étaient tombés à 30 à la fin de l'année 2013.

Donc, l'offre en quantité de vins à bon prix recommence à s'améliorer. Est-ce que c'est la même chose du côté qualité ? C'est plus difficile à juger.

La SAQ a aussi étendu fortement son réseau de succursale Dépôt. Elles étaient au nombre de six, elles sont maintenant dix. Il y en a dans 9 des 17 régions du Québec. Un certain nombre de vins (120) y sont d'ailleurs vendus en exclusivité.

Est-ce qu'il y a de bons vins à moins de 15 dollars ?
Oui.
Essayez en rouge le Bonpas, Des Challières à 14,95 $; le Monasterio de las Viñas Crianza à 12,70 $; le Vila Regia Douro à 10,55 $; en blanc le Vento di Mare, Pinot Grigio à 10 $ et La Hitaire, Les Tours à 10,45 $; puis en mousseux le Hungaria à 13,95 $.

Vous en trouverez d'autres ici en rouge et ici en blanc.

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Sujet connexe
Plus de vins à moins de 15 $, septembre 2015

Enquête, Radio-Canada: le vin, les pesticides et autres combines

La télévision de Radio-Canada a présenté un reportage-choc hier à son émission phare «Enquête». C'est intitulé «Vin français: la gueule de bois. Une enquête sur les pesticides et autres résidus chimiques que l'on retrouve dans certains vins en France.»

C'est une adaptation d'une émission qui avait été diffusée en France au printemps dernier. J'en avais alors parlé le 4 avril (Comment est vraiment fait le vin).

On y montre l'utilisation de pesticides dans les vignes et les résidus qui se retrouvent dans le vin. On y voit aussi, à caméra cachée, des producteurs qui ajoutent toutes sortes de produits dans le vin: tanins, acides, copeaux, levures aromatisantes...

C'est la réalité, tout ça est vrai et c'est choquant. Il n'y a qu'a voir les effets sur les résultats sociaux.

Les pesticides dans les vins maintenant après on dira qu'un verre de vin par jour ça garde en santé  #enquete    Lise C @cylise

#enquete L'univers de la tricherie ! À vomir. Les fruits, les légumes, le vin, le poisson, les athlètes et nous, les dindons de la farce.    sonia i. thibault @soniaisabeltibo

Après la semaine de bads news sur l'alimentation, vous m'avez rachevé avec votre reportage sur le vin chimique #Enquête @iciradiocanada  Bonneville Sophie @Edgarthedunkey

Dans cette enquête, on nous montre la situation en France, où tout est règlementé et contrôlé; alors, imaginez ce que ça peut être dans les pays du Nouveau Monde où il y a peu de règlements et de contrôles sur la fabrication du vin.

On y apprend aussi qu'on utilise un pesticide interdit en Europe, le carbendazine, que l'on retrouve dans un vin vendu au Québec. (Ce produit peut être commandé de la Chine via internet.)

Ceci dit, il faut remettre les choses en perspective.
Ce que montre ce reportage sur l'industrie du vin n'est pas unique. C'est la même chose dans toute l'industrie alimentaire. Des pesticides, on en utilise partout et à profusion. Sauf chez nous, où on n'a plus le droit d'en mettre dans nos jardins ni même sur nos pelouses ! Pourtant, on est rare à manger nos pelouses ! 

Ce qui est le plus choquant, c'est que l'on retrouve ces pesticides dans le vin, comme probablement dans plusieurs fruits et légumes.

Oui, il y a des pesticides dans les vignes, sur les raisins et dans les vins. Lesquelles et en quelle quantité ? Ça peut varier et il n'ont pas tous la même dangerosité. Ce qui serait le plus dangereux, c'est l'effet cocktail résultant du mélange de ces produits dans notre organisme. Mais ça personne ne l'étudie.

Si l'on ne veut pas avoir de pesticides dans notre organisme, il n'y a qu'une seule solution: manger et boire bio.

Il y aussi la confiance. On peut faire confiance à de bons vignerons et producteurs qui nous assurent utiliser le moins de fongicides, acaricides et autres.

En général, les vignerons qui cultivent eux-mêmes leurs vignes sont plus fiables que ceux qui achètent des raisins cultivés par des inconnus. Faites-vous confiance aux vins de dépanneurs?

Pour ce qui est des ajouts, ce qu'on appelle les intrants oenologiques, tanins, acide, copeaux, levures, c'est légal, mais non transparent. Sauf pour quelques rares vignerons qui utilisent les levures naturelles de leurs vignes et qui l'indiquent sur les fiches techniques. Mais là encore, rares sont les journalistes qui le mentionnent dans leurs recommandations et ça n'apparaît pas sur le site de la SAQ.

Au sujet des levures ajoutées, c'est courant et on le fait aussi pour le pain. Notre pain quotidien! C'est certain qu'un vigneron qui arrose ses vignes de produits chimique ne pourra pas utiliser les levures naturelles de ses raisins puisqu'il les aura tuées lors de l'épandage des pesticides.

Le monde du vin a une auréole angélique, pastorale, béatifiante. C'est toutefois un monde de fabrication d'un produit transformé, comme pour la majorité des aliments que nous consommons.

Il faut décrasser le monde du vin de cette couche angélique et le voir tel qu'il est: un monde agricole avec toutes ses qualités et ses défauts.

Il faut informer, s'informer, apprendre, connaître afin de mieux pouvoir choisir ce qui a le moins de risque de nous empoisonner.

Vous pouvez voir le reportage de l'émission Enquête de radio Canada ici.

La version originale française ici.

Écoutez aussi la réaction intéressante du sommelier Jacques Orhon à l'émission Bien dans son assiette ici.

Vin nature : difficile d'aimer

C'est le retour aux sources ! Des vignerons veulent produire des vins nature, des vins naturels, des vins faits le plus naturellement possible, sans produits chimiques et sans ingrédients oenologiques améliorateurs. Des vins encore vivants.

Ces vins se distinguent particulièrement par l'absence de sulfite. Ils sont souvent aussi peu ou pas filtrés.

Le résultat est souvent étonnant, désarmant et peut nous décontenancer.

Nous avons participé dernièrement à une dégustation de vins, dont plusieurs étaient des vins dits nature au bar à vin Soif. Des vins présentés par la grande sommelière Véronique Rivest.

Un sondage rapide par après auprès de quelques participants permet de constater que la moitié des dégustateurs ont aimé la moitié des vins. Je dirais même que la plupart des participants ont détesté la moitié des vins dits nature. Plusieurs ont dit qu'ils n'achèteraient jamais ces vins. Pourquoi ?

La question est facile, mais la réponse l'est moins.
Ces vins s'éloignent beaucoup de ce qu'on est habitué de boire. Les arômes, les saveurs et parfois les textures ne sont pas familiers.

Dans les vins courants, les gens disent sentir les fraises, les framboises et les cerises pour les rouges; puis les pêches, les poires et les pommes pour les blancs. (1)

Toutefois, on ne trouvait pas que cela dans les vins dégustés ce soir-là. C'étaient des senteurs soit inconnues, soit difficiles à décrire, soit incongrues, comme de rhubarbe, jus de tomate, graines de sésame, pistache, tarte aux pommes, fougère, feuille de tomate, arachide, odeur de saucisse (2), boisson gazeuse Sprite ou encore la sensation de bière éventée...

Ça décoiffe ! On est à des lieux des fraises et petites fleurs blanches habituellement évoquées pour décrire les vins.

Est-ce que l'usage des sulfites lisse les vins, les rends plus sobres, plus nets, plus précis, plus conventionnels?

Est-ce que c'est parce qu'on n'est pas habitué à ce genre de vin ou plus précisément qu'on est habitué à un certain type de vin; et que si on s'éloigne trop de ce modèle on est perdu?

Est-ce que le vin nature est plus vivant et se modifie au gré du voyage, des températures, des cycles lunaires ou même des ambiances?

Est-ce que notre palais est formaté à un type de goût ou à un certain nombre de modèles assez semblables?

Tout ça est possible.

Des participants ont dit aussi que ces vins sont chers.

On s'habitue à tout. Il y a même des gens qui se sont habitués au goût de Retsina, au vin vanillé, au vin pipi de chat, au vin pétrolé, au barolo astringent... Alors le vin au goût de saucisse ou de graines de sésame?

Après les arômes de ces vins nature, il y a aussi les textures qui peuvent être différentes. Le fruité est souvent plus expressif, plus vivant. Ces vins non filtrés offrent une texture plus onctueuse. Il peut aussi y avoir un petit perlant, une sensation de bulles ou de mousse sur la langue. L'alcool n'est jamais brulant, les tanins plus enrobés. Donc, c'est moins lissé et ça peut paraître plus brut.

C'est un peu comme comparer un jus de pomme industriel avec un jus de pomme artisanal. Ce dernier est plus brouillon. Ainsi est souvent le vin nature: un peu brouillon... Ou est-ce le dégustateur?

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(1) En fait il n'y a ni pêche ni fraise dans le vin; mais ce ne sont là que des évocations, des tentatives de reconstruction d'arômes, car nous n'avons pas de mots spécifiques, propres au vin, ou si peu, pour récrire ses arômes.

(2) Le vin Dom. de la Grande Colline Marsanne vin de France 2009 (Primavin) 46 $ avait un goût de saucisse ou de saucisson selon plusieurs participants.

Prix moyen d'une bouteille de vin au Québec : 10,40 $

Selon les chiffres de la SAQ, il s'est vendu 38,1 millions de litres de vin pour 528,5 millions de dollars au Québec au cours du dernier trimestre terminé le 12 septembre : ce qui donne 13,87 $ le litre; soit un prix moyen par bouteille de 750 ml de 10,40 $.

(En Ontario, c'est 13,16 $ (en 2014), soit 9,87 $ la bouteille.)

Donc, le prix moyen d'une bouteille de vin au Québec est de 10,40 $.

Après taxes ce sera : 13,72 $
((10,40$ + taxe d'accise fédérale de 0,48$ + taxe spécifique du Québec de 1,05$) x TPS 5% x TVQ 9,95% = 13,72 $.

En France,
En France, c'est 3,14 €, soit 4,57 $ la bouteille.
Toutefois, dans l'hexagone, le prix varie d'une région à l'autre. Il est de 5,53 $ en région parisienne et 2,70 $ dans le centre ouest, selon les chiffres de Bonial.

 

En épicerie
La SAQ vend aussi du vin aux épiciers et dépanneurs. Elle leur en a vendu 75,1 millions de litres pour 9,2 millions de dollars; soit 6,12 $ par bouteille.

D'autres chiffres
L'an dernier, il s'est vendu 160 millions de litres de vin au Québec; soit l'équivalent de 212 millions de bouteilles. Le prix moyen par bouteille était de 10,60 $.

Le répertoire de la SAQ indique 170 vins tranquilles (750 ml) à moins de 12 $ (après taxes); 400 à 12 à 15 $ et 7700 vins de plus de 15 $.

Les dépanneurs bien contents de vendre du «vin pas de dépanneur»

Les dépanneurs du Québec se disent bien heureux de pouvoir vendre d'autres vins que «le vin de dépanneur.»

L'association qui représente 6400 dépanneurs du Québec applaudit le projet de loi 88 qui va leur permettre de vendre du vin québécois. Ce qui leur était interdit jusqu'à maintenant. Ils ne pouvaient vendre que du vin étranger importé en vrac.

«L'initiative du gouvernement libéral est une véritable bouffée d'air frais pour les 6 400 dépanneurs du Québec qui sont durement malmenés par une règlementation rigide et étouffante», déclare le président de l'association Michel Gadbois.

Lucide, M. Gadbois ajoute que règlementation actuelle «a donné naissance au fameux "vin de dépanneur" qui octroie une marge limitée aux détaillants et un registre tout aussi limité aux consommateurs».

Le président Gadbois soutient toutefois qu'il faudra bonifier le projet de loi afin de lever l'interdiction d'afficher les millésimes et les cépages.

Marge de 150 %
L'Association québécoise des dépanneurs en alimentation envisage de meilleurs profits pour eux ainsi que pour les vignerons. «Plus marquant encore est le fait que producteurs et détaillants pourront désormais négocier la vente et la commercialisation de ces vins directement, sans passer par la SAQ, donc en escamotant la majoration de près de 150 % qu'elle exige présentement sur les vins québécois, de sorte que ces derniers seront éventuellement beaucoup moins chers tout en procurant des marges supérieures aux dépanneurs et producteurs.»

«Ce projet fait d'une pierre deux coups : stimuler l'industrie viticole du Québec tout en injectant un dynamisme nouveau dans la commercialisation des vins du Québec. Avec leurs 6 400 points de vente, les dépanneurs sont mieux placés que quiconque pour rapprocher les vins du terroir du quotidien des Québécois», de déclarer M. Gadbois.

D'autres objectifs
De son côté, l'Association des vignerons du Québec qui regroupe 67 vignerons se rejoint elle aussi de cette libéralisation tant attendue de la vente de vin d'ici. Le président de l'association qualifie ce projet de loi 88 d' «étape majeure dans le développement de l'industrie.»

M. Yvan Guirion ajoute «et nous continuerons à travailler dans les prochains mois avec le gouvernement afin d'atteindre d'autres objectifs pour le développement.»

Enfin !
Puis, l'Association des détaillants en alimentation du Québec qui réclamait cela depuis 15 ans dit «enfin»! «Je suis heureuse que Québec règle enfin cette aberration», a rappelé Annick Gazaille, propriétaire du IGA Gazaille de Magog et ex-présidente de l’association.

Ceci «leur permettra enfin d’avoir accès aux points de vente de leur choix parmi un réseau composé de plus de 8000 points de vente.»

«La diversité des points de vente et leur répartition sur l’ensemble du territoire permettront aux producteurs de se développer graduellement selon leur rythme de production et selon leur stratégie d’affaires», comme l'on fait «plus récemment les microbrasseries», dit le communiqué de l'association des détaillants en alimentation.

En effet, les microbrasseries du Québec ont connu un essor fulgurant ces dernières années. Elles ne sont pas sous le joug de la SAQ ce qui leur a permis de croître. Les vignerons libres du Québec pourront peut-être profiter de cette désoviettisation pour finalement sortir la tête de la cuve.

Sujets connexes :

 

Hausse des ventes de vin en épiceries

Les ventes de vin en épiceries augmentent plus vite que dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

D'après les chiffres que vient de dévoiler la société d'État, les ventes de vin en volume ont augmenté de 9,5 % en épiceries contre 3,3 % des ventes totales (vins et spiritueux) dans les succursales de la SAQ.

«L’ouverture de trois nouvelles succursales Dépôt depuis le début de l’exercice, dont deux au cours du deuxième trimestre, a contribué à cette bonne performance (de 3,3 %)», dit le rapport financier intermédiaire de la SAQ.

Au deuxième trimestre (terminé au 12 septembre), les épiceries ont vendu 9,2 millions de litres de vin pendant qu'il s'en vendait 28,9 millions de litres dans les succursales, les restaurants et les importations privées ensemble. Ainsi, une bouteille de vin sur quatre est achetée dans les épiceries.

Les ventes de vin en volume ont augmenté de 1,9 million de litres au Québec au cours des 12 semaines de ce deuxième trimestre; de ce nombre, la moitié, soit 800 000 litres est l'oeuvre des épiciers et dépanneurs.

Les ventes de vin en épicerie ont totalisé 75 millions de dollars contre 436 millions pour les succursales, les restaurants et les importations privées.

Dans l'ensemble des réseaux, les ventes de vins représentent 81 % des volumes et 74 % des dollars.

Les ventes de vins Origine Québec ont augmenté en volume de 12,3 %, selon les chiffres de la SAQ.

Les ventes totales de tous les produits de tous les réseaux ont augmenté de 4,8 % à 711 millions de dollars.

Au total, pour ce deuxième trimestre, la SAQ et les épiceries ont donné un peu plus de 500 millions de dollars aux gouvernements, soit près de 7 % de plus que pour la même période en 2014.

Prix moyen d'une bouteille de vin au Québec : 10,40 $

Selon les chiffres de la SAQ, il s'est vendu 38,1 millions de litres de vin pour 528,5 millions de dollars: ce qui donne 13,87 $ le litre; soit un prix moyen par bouteille de 750 ml de 10,40 $.

Après taxes ce sera : 13,72 $
((10,40$ + taxe d'accise fédérale de 0,48$ + taxe spécifique du Québec de 1,05$) x TPS 5% x TVQ 9,95% = 13,72 $.
 

 

La survie du vin d'Italie passe par les OGM

«Les vignes génétiquement modifiées sont le salut du vin italien!» dit Angelo Gaja.

Des propos étonnant de la part d'un des plus prestigieux producteurs de vin d'Italie. Le producteur dont les vins se vendent de 62 à 260 $ à la SAQ affirme que l'avenir de la viticulture en Italie passe par les OGM, les organismes génétiquement modifiés.

Le roi du Barbaresco écrit «Sì agli Ogm per salvare ivini»; oui aux OGM pour sauver les vins» de Barbaresco et de Barolo. Sauver de quoi? Du réchauffement climatique.

En effet, Angelo Gaja écrit qu' «avec l'augmentation de la température, les millésimes de bonne qualité sont plus fréquents, ce qui rend certains vignerons heureux.

Cependant il y a un revers à la médaille: la chaleur et de la rareté des pluies apportent d'anciennes et nouvelles maladies parasitaires; les vignes souffrent lors de longues périodes sans pluie; et les raisins qui arrivent à la cave sont trop chaud et encore couverts des agents antiparasitaires qui n'ont pas été lessivés par manque de pluie.»

L'influent producteur demande donc de permettre «de faire usages de nouvelles technologies.»

«Si les chercheurs ne sont pas autorisés à appliquer les nouvelles techniques génétiques, nos vignobles n'ont aucun avenir, attaqués par les chaleurs et les parasites.»

M. Gaja semble convaincu que son monde est en péril. «Face à des ennemis comme le mildiou qui assèche feuilles et raisins ainsi que l'oïdium qui infecte tous les organes verts de la plante, vous ne pouvez pas rester immobile.» (Mildiou et oïdium sont des champignons qui nuisent à la vigne.)

Le pape du vin demande qu'on autorise ce qu'il appelle le cisgenesi (cisgénèse), le transfère artificiel de gênes de plantes d'une même espèce, soit la transgénèse, mais entre espèces apparentées, mais pas de la même variété.

Ce n'est pas la première fois que le grand producteur parle des techniques génétiques pour la vigne. En 2011, il disait déjà qu'il fallait faire des expériences sur le sujet, mais pas à Pétrus ni à Barbaresco.

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Vins du Québec dans les épiceries

Le gouvernement du Québec dépose un projet de loi permettant la vente de vin et de boissons artisanales du Québec dans les épiceries.

Le projet de loi no 88 a été déposé à 10 h 10 ce matin à l'Assemblée nationale par le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão.

Il s'intitule «Loi sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales.»

Les produits alcooliques artisanaux (maximum 16 % Alc.) devront toutefois être présentés au préalable pour analyse au laboratoire de la Société des alcools du Québec ou a un laboratoire autorisé par la SAQ.

Pour être vendus dans les épiceries, les vins québécois ne pourront plus indiquer ni les cépages ni le millésime.

Jusqu'à maintenant, les vignerons du Québec ne pouvaient vendre leurs vins qu'au vignoble ou à la SAQ. La SAQ ayant indiqué qu'elle n'avait pas de place sur ses tablettes pour tous les vins du Québec; le gouvernement autorise donc leur vente dans les 8000 épiceries et dépanneurs de la province.

Rappelons que les 8000 épiceries du Québec n'ont le droit de vendre que les vins embouteillés ici dans la province.

Voici la déclaration du ministre Leitão présentant ce projet de loi à l'Assemblée nationale.

«Ce projet de loi autorise le titulaire d'un permis de production artisanale à vendre et à livrer des boissons alcooliques qu'il fabrique, autres que les alcools et spiritueux, au titulaire d'un permis d'épicerie.

Le projet de loi habilite les titulaires de permis de producteur artisanal de bière à vendre leurs produits sur les lieux de fabrication pour consommation dans un autre endroit.

Le projet de loi crée un permis de coopérative de producteur artisan qui autorise son titulaire à fabriquer et à embouteiller, pour le compte des titulaires de permis de production artisanale membres de cette coopérative, des alcools et spiritueux que ceux-ci sont autorisés à fabriquer.

Enfin, le projet de loi prévoit que le titulaire d'un permis de production artisanale ne peut offrir en vente de ses alcools et ses spiritueux sans les avoir fait au préalable analyser par la Société des alcools du Québec ou par un laboratoire reconnu par celle-ci afin de confirmer l'innocuité et la qualité et sans avoir transmis le rapport de cette analyse à la Régie des alcools, des courses et des jeux.»

Ce projet de loi modifie trois lois actuelles, dont celle sur le monopole de la SAQ.

Les boissons visées par cette loi sont celles qui n'ont pas plus de 16 % d'alcool par volume.

Il sera interdit d'y indiquer le ou les cépages ainsi que le millésime pour être vendues en épicerie.

Réactions des vignerons
L'Association des vignerons du Québec se réjouit de la publication de ce projet de loi qui les autorise à vendre directement dans les épiceries sans passer par la SAQ.

«Le Projet de Loi 88 est un pas important qui va stimuler la production de vins de qualités fabriqués à partir de raisins cultivés au  Québec et produits par des vignerons enqagés et passionnés.  Cette ouverture à un réseau de distribution élargi s'inscrit dans le plan stratégique de l'industrie et nous continuerons à travailler dans les prochains mois avec le gouvernement afin d'atteindre d'autres objectifs pour le développement», écrit le président de l'association Yvan Quirion.

Et internet?
Le projet de loi ne prévoit pas la vente de vin québécois par internet. Ce qui fait dire à certains qu'il est déjà obsolète!

Cédric Fontaine de l'épicerie en ligne Terroirs Québec dit qu'« il faut modifier la loi pour qu’elle autorise la vente en ligne (...) Sinon, les acheteurs québécois commanderont leur alcool en ligne dans le reste du Canada ou ailleurs dans le monde...» comme ils le font pour bien des produits.

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Projet de loi 88 - Loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales (PDF)
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4 décembre
Des réactions dans les régions

Les pesticides modifient le goût du vin

Le vin goûte la fraise! C'est peut-être dû à un pesticide!
Il pourrait s'appeller iprodione, fenhexamide, iprovalicarbe, pyriméthanil ou boscalid.
C'est du moins ce que laissent entendre deux démonstrations faites par un spécialiste des pesticides de l'Université de Caen en Normandie.

Le professeur Gilles-Éric Séralini a fait goûter deux vins blancs provenant d'un même terroir à un groupe de 22 professionnels du vin et vignerons en janvier 2015. Un vin contenait les cinq fongicides énumérés plus haut «pour un total de 864 ppb, soit 8640 fois plus que ce qui avait rendu nos rats malades avec du Roundup», nous dit M. Séralini dans un courriel. L'autre vin était bio et ne contenait aucun des 200 pesticides testés. Au finale, 16 des 22 personnes ont pu détecter le vin non bio. Les dégustateurs, dont Anne-Claude Leflaive du Domaine Leflaive à Puligny-Montrachet ont détecté un «nez avec une sensation de carton, de chlore, même de fruit ou bonbon chimique à la fraise artificielle».

«Le vin biologique était complètement dénué de pesticides détectables. 16 personnes sur 22 ont reconnu le vin sans pesticide pour ses parfums aromatiques plus riches, subtils, et plus persistants !»

«Les "mimes d’arômes" que sont les pesticides seront donc moins fugaces et dégradables que nos hormones, parce qu’ils sont issus du pétrole tout comme les plastiques via ces réactions chimiques de fossilisation très lentes, puis le raffinage. Nous n’avons pas dans ce cas les enzymes pour les digérer. Ils tromperont donc nos récepteurs, nos sensations comme des pseudo-hormones»,  dit le biologiste Gilles-Éric Séralini.

La démonstration a été répétée hier devant public avec deux vins de viognier de deux domaines voisins: l'un bio, l'autre contenant des résidus de pesticides. Les participants ont pu constater que des produits chimiques altèrent le goût. «Les pesticides n'ont pas toujours de goût, mais il y en a un en particulier qui assèche la bouche et a un goût de fraise et est facilement repérable» selon Jérôme Douzelet chef cuisinier au Mas de Rivet à Barjac, dans le Gard. De plus, des pesticides nuiraient à la détection des arômes.

Le professeur Gilles-Éric Séralini travaille au Comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN) où il fait des recherches sur les pesticides et les OGM.

Il dit aux professionnels du vin «réveillons-nous, faisons plus de tests ensemble.» Ces démonstrations n'ont peut-être pas de valeurs scientifiques, mais tendent à démontrer que les pesticides altèrent le goût du vin ou encore lui donne un goût.

Les pesticides, particulièrement les fongicides (qui tuent les champignons mildiou, oïdium et botrytis) sont utilisés en grand nombre dans l'agriculture, y compris en viticulture. D'ailleurs, le Commissariat général au développement durable de France a publié hier une lettre d'information dévoilant que presque tous les cours d'eau de France sont contaminés par des pesticides. «La présence de pesticides est avérée dans 92 % des 2 950 points de surveillance de la qualité des cours d’eau français.»

Le pesticide qui donne un goût de fraise au vin est le fenhexamide. «De la mauvaise fraise artificielle», ajoute le professeur Séralini dans un courriel.

La plupart de ces pesticides sont dérivés du pétrole et s'attaquent au foie et au rein qui sont nos principaux organes détoxifiants. Ces pesticides ne se retrouvent pas seulement dans les vins, mais dans plusieurs aliments, dit le biologiste, qui ajoute, dans une entrevue à FR3 «que ce n'est pas inoffensif pour notre santé... Ce sont des poisons.»

Le professeur Séralini a écrit un livre sur le sujet avec le chef Jérôme Douzelet «Plaisirs cuisinés ou poisons cachés» (Actes Sud Ed, Prix Chapitre Nature de l'Essai 2015).

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  1. Pesticides et goûts Expériences originales (PDF) 2015
  2. Vins: à la recherche des pesticides, Midi Libre (PDF) 8 février 2015
  3. Consommation : du vin au goût de… pesticides ! Sud-Ouest France (PDF) 19 novembre 2015
  4. Les pesticides altèrent le goût du vin, la démonstration du Professeur Seralini, FR3 Basse-Normandie, 1 décembre 2015
  5. Comité de recherche et d'information indépendante sur le génie génétique
  6. Les pesticides dans les cours d’eau français en 2013 Chiffres et statistiques, novembre 2015
  7. Plaisirs cuisinés ou poisons cachés | Gilles-Éric Sérlini et Jérôme Douzelet Vidéo
  8. Selon le professeur Séralini on mange peu près 36 pesticides par jour FR3 novembre 2014

Magasin SAQ Signature à Gatineau

La Société des alcools du Québec inaugure aujourd'hui sa section Signature à Gatineau.

C'est logé dans le magasin du Carrefour du Casino dans le secteur Hull.

C'est un beau retour pour les vins haut de gamme dans l'Outaouais.

Dans les années 1980, il y avait une maison des vins au centre-ville de Hull, à Montréal et à Québec.
Elles ont été fermées par après pour être remplacées par des magasins Signature dans ces deux dernières villes, mais Gatineau avait été oubliée.
C'est corrigé, du moins en partie.

Il y a maintenant trois magasins Signature au Québec. Selon un responsable de la SAQ rencontré sur place, il n'est pas question d'en ouvrir d'autres pour le moment.

Il y a aujourd'hui 186 produits Signature dans cette succursale de Hull. Le stock devrait monter à 300 dans les prochaines semaines. (Montréal 1770; Québec 1679)

Les prix des 99 vins tranquilles disponibles à Hull vont de 44 $ à 1330 $. Pour les 75 spiritueux, c'est de 35 $ à 699 $.

Certains de ces vins peuvent être dégustés sur place dans le stand à dégustation pour quelques dollars. Il peut ainsi être pertinent de goûter avant de dépenser de telles sommes.

Vous pouvez voir le stock en tout temps en suivant ce lien SAQ Signature Hull.

La CAQ dépose un projet de loi pour permettre la vente d'alcool québécois dans les épiceries

Le député de Granby à l'Assemblée nationale, François Bonardel, dépose un projet de loi pour permettre la vente de vin et d'alcool québécois dans les épiceries.

Actuellement, les 8000 épiceries du Québec ne peuvent vendre que des vins embouteillés ici par de grandes comopagnies sauf des vins produits au Québec.

Le projet de loi 498 intitulé Loi modifiant la Loi sur la Société des alcools du Québec et la Loi sur les permis d'alcool afin de créer un permis d'agriculteur-distillateur créerait un nouveau permis de production d'alcool destiné spécialement aux agriculteurs québécois ce qui leur permettrait de vendre eux-mêmes leur alcool, sans passer par la SAQ.

«Les mesures que la CAQ met de l'avant sauront satisfaire nos producteurs, dont la majorité d'entre eux se considèrent otages de la société d'État (SAQ)», déclare François Bonnardel dans un communiqué de presse.

«Il est question ici d'agriculteurs qui utilisent des matières premières issues du terroir québécois pour produire leur alcool. Grâce à ce nouveau permis, ils pourront vendre leur alcool chez eux, sur leurs terres agricoles, ainsi que chez tous les commerçants qui détiennent un permis de vente d'alcool, sans pour autant devoir passer par la SAQ. Là est leur véritable avantage », explique François Bonnardel.

Le député caquiste dit avoir espoir de voir son projet de loi soit appelé et étudié par le gouvernement.

Le gouvernement du parti libéral a déjà promis à plusieurs reprises d'adopter un tel projet de loi qui permettrait aux vignerons de vendre librement leurs vins au Québec.

La SAQ a déjà dit qu'elle n'avait pas de place sur ses tablettes pour tous les vins du Québec.

Du vin sans soufre - Château le Puy

Du vin sans soufre qui voyage!
Du vin sans soufre qui ne craint pas la chaleur!
Du vin sans soufre qui s'améliore en vieillissant!
Du vin sans soufre qui est très bon!

On entend souvent dire que le vin nature, le vin sans soufre, doit toujours être conservé à moins de 14 degrés; qu'il ne voyage pas bien; qui doit se boire jeune... Ce qui semble vrai pour la plupart des vins nature.

Pourtant, nous avons bu cette semaine du vieux vin sans soufre qui a voyagé et qui n'a pas été conservé à 14 degrés! Et surtout, qui est très bon.

Des vins du Château le Puy 2014, 2012, 2011, 2010, 2001, 1990, 1964 et 1959. En rouge, rosé en blanc.

Jean-Pierre Amoreau du Château le Puy a fait le voyage de Bordeaux à Gatineau pour présenter ses vins aux habitués du bar à vin Soif de Véronique Rivest.

En pleine forme, le jeune homme de 77 ans nous explique avec enthousiasme comment lui et sa famille font le vin. C'est en culture en bio, en biodynamie, sans sulfites ajoutés, sans pesticides de synthèse, sans levures ajoutées.

Du très bon vin sans soufre ajouté, sans pesticides, sans levures ajoutées, c'est donc possible! Mais pourquoi alors des producteurs nous disent que c'est impossible ou trop difficile? «Si je peux le faire, tous peuvent le faire», nous répond Jean-Pierre Amoreau.

Avec son garçon, Pascal, les Amoreau en sont à la quatorzième génération sans chimique. «Mon grand-père était trop radin pour acheter du chimique lorsque les fabricants de bombes sont venus lui présenter leur nitrate et potasse après la Grande Guerre.»

Accords difficiles vins et fromages

S'il y a des accords mets-vins difficiles à faire, c'est bien ceux entre le vin et le fromage.

Le fromage est un aliment gras, souvent très savoureux et qui se suffit à lui même. Il n'a pas besoin d'accompagnent et dans les mariages il a fortement tendance à dominer. S'il ne domine pas, il parait mal! C'est un célibataire endurci difficile à marier!

Malgré tout, nous persistons à vouloir le marier avec des vins.

Depuis une dizaine d'années, l'Académie de vin de l'Outaouais organise une dégustation annuelle de vins et fromages. On y présente 10 vins et 10 fromages. Avec des amis, je participe aux préparatifs.

Cette année, les préparatifs ont été bien planifiés. Nous avions trois comités de trois personnes devant marier chacun 3 ou 4 fromages. Pour ce faire, chaque comité avait 10 à 15 vins que ses membres avaient apportés prévoyant faire de beaux accords. Chacun des comités pouvait piger dans les vins des deux autres groupes. Donc, un peu plus de 40 vins pour trouver de beaux accords avec 10 fromages.

Nous avons été étonnés de constater qu'un grand nombre de vins que nous croyons qui s'accorderaient bien avec les fromages désignés se chicanaient plutôt.

En effet, plusieurs vins s'écrasaient devant ces fromages, d'autres, par contre écrasaient le fromage. Dans certains cas, le vin paraissait pâteux ou mince ou quelques fois étrangement métallique.

Après une dizaine d'années de pratique et de recherche d'accord vin/fromage, certaines règles ont émergé.

Masi c'est plus cher au Québec

Mais si, c'est plus cher au Québec!

La SAQ annonce un rabais pour achats en ligne sur quelques vins pour vendredi et samedi prochain, dont deux vins de la maison Masi.

De beaux rabais! Toutefois, lorsque l'on regarde les prix des vins de cette seule maison Masi, nous constatons de bonnes différences entre l'Ontario et le Québec.

Prenons juste l'exemple des vins de la maison Masi distribués au Québec et en Ontario.
Tous ces vins, sauf  deux, sont plus chers à la SAQ.
Est-ce que l'on augmente les prix le reste de l'année pour offrir un rabais pendant deux jours?


Ont SAQ  
Masi Modello blanc 11,95$ 13,95$ +2,00$
Modello delle Venezie Rosso Masi 12,95$ 14,95$ +2,00$
Tupungato Passo Doble Masi 14,95$
16,95$
+2,00$
Masi Bonacosta 15,00$ 16,95$ +1,95$
Pinot Grigio/Verduzzo Masianco Masi 15,00$
réduit à 14,00$
16,95$
+1,95$
+2,95$
Campofiorin Masi  19,95$
réduit à 16,95$
21,50$
réduit à 20,50$
+1,55$
+4,55$
Brolo Campofiorin Oro Masi 2010 26,95$ 26,95$  
Amarone Classico Costasera Masi 39,95$
réduit à 36,95$
42,25$ +2,30$
+5,30$
Amarone Riserva Costasera Masi 2009 69,95$ 65,25$ -4,75$

La notion d'équilibe dans le vin

On dit d'un vin de qualité qu'il est équilibré.
De plus, un vin déséquilibré est jugé mauvais.

Mais qu'est-ce que l'équilibre dans un vin?
C'est la relation, la position, la force de ces principaux éléments l'un par rapport à l'autre.

Quels sont les principaux éléments du vin?
L'alcool, le fruité (sucré), l'acidité, les tanins, l'amertume et le boisé.

L'équilibre d'un vin est donc le poids et la relation entre ces différents éléments qui s'influencent l'un et l'autre et qui laissent une impression en bouche. Si l'impression est belle, on dit alors le vin est équilibré, par contre si l'un des éléments domine trop et semble nuire aux autres alors le vin est dit déséquilibré. Ce qui est un défaut et le vin est alors jugé moins bon ou carrément mauvais.

L'alcool
Prenons un exemple concernant l'alcool. Vous vous versez un vin rouge qui vous laisse une sensation de brûlure en bouche. L'alcool est trop puissant par rapport au fruité. Il y a là déséquilibre qui fait que vous juger le vin alcooleux.

Le fruité
Un deuxième exemple au sujet du fruité. Un vin blanc ou un rouge vous laisse une forte sensation sucrée en bouche. Vous le jugez trop sucré, mou et même pâteux. C'est probablement parce que sa proportion de sucre est trop forte par rapport à son niveau d'acidité.

Les tanins
Un vin vous semble trop tannique, astringent. Il provoque une sensation désagréable sur vos gencives. C'est qu'il y a trop de tanins, qu'ils sont de mauvaise qualité ou que l'acidité trop forte accentue l'astringence de ces tanins.

L'amertume
C'est rare aujourd'hui d'avoir des vins amers. Mais un peu d'amertume en finale peut rendre un vin plus complexe. Trop le tuera.

Le boisé
Un excès de la mode. Si le boisé domine ou est trop envahissant, il peut alors cacher les autres qualités du vin. On dit que le boisé est comme le sel du vin. Mais trop de sel tue.

L'acidité
C'est peut-être le plus important parce qu'il affecte et modifie le fruité et la sensation tannique. Trop d'acidité par rapport au sucre alors le vin peut être coupant et même acerbe. Peu d'acidité peut aussi faire paraître un vin trop sucré ou mou.

Il y a donc six éléments distinctifs et perceptibles dans le vin qui forment le corps du vin. Chacun est un des éléments importants de la charpente.

Niveaux de perception
Toutefois, tout ceci est relatif et dépend des niveaux de perception (de tolérance) de chacun de nous pour chacun de ces éléments.

Nous n'avons pas tous la même sensibilité à chacun de ces éléments. Prenons le sucre. En général, la plupart d'entre nous percevront un vin sucré s'il a 4 grammes de sucre au litre. Toutefois, certains le diront sucré à 3 grammes; alors qu'il en faudra 6 pour que d'autres en disent autant.

De plus cette sensation sucrée sera modifiée par la force de l'acidité dans le vin. Et là encore, notre perception de l'acidité dépendra de la quantité de salive que chacun produit.

Tout ceci n'empêche pas que la notion d'équilibre soit importante et surtout utile. Utile à chacun de nous selon nos perceptions, mais pas nécessairement semblable à celle de tous nos voisins.

Trop équilibré
Équilibre ne veut pas dire platitude! L'équilibre n'est pas absolu ni mathématique. Ainsi, un vin dont l'acidité, ou le sucre ou les tanins ou l'amertume dépassent un peu pourra être jugé tout de même équilibré et bien plaisant. C'est souvent même le cas des grands vins. Le jupon peut dépasser un peu, ce qui nous fait constater que la fille est bien jolie!

Sujets connexes :

Les vignerons québécois seront-ils payés?

Le gouvernement de Mme Marois avait augmenté les subventions aux vignerons du Québec.
Ils recevaient depuis environ 4 $ par bouteille vendue à la SAQ.

Cependant, depuis la prise du pouvoir par les Libéraux, les chèques ont été bogués et les vignerons se plaignent de ne plus être payés.
Ils disent avoir augmenté leur production pour satisfaire la demande à la SAQ. Ils ont livré leurs produits, mais les chèques ne viennent plus.

Une question a été posée à ce sujet au ministre Carlos Leitão hier à l'Assemblée nationale par le député André Villeneuve du Parti Québécois.

La réponse du ministre des Finances fut: «Nous allons déposer un projet de loi d'ici 9 jours sur l'accès au marché des vins du Québec (...) pour ce qui est du programme d'aide spécifique d'aide aux entrepreneurs, ça c'est un programme séparé.»

Le député Villeneuve est revenu à la charge en disant «qu'il n'y a pas besoin de projet de loi pour envoyer un chèque aux vignerons. Il a demandé au ministre de s'engager à verser les sommes dues.»

Le ministre Leitão a répondu «qu'on travaille là-dessus.»

Le ministre a tenu à ajouter qu'il allait déposer un projet de loi «qui va clarifier l'action au marché.»

On s'attend donc à ce que le gouvernement permette la vente du vin québécois dans les épiceries et dépanneurs du Québec étant donné que la direction de la SAQ dit ne pas avoir assez de place sur ses tablettes pour tous les vins québécois.

Voir la vidéo de cette intervention à l'Assemblée nationale.

Beaujolais nouveaux 2015

Je lis tellement de bien du beaujolais nouveau dans la presse française que je suis allé en acheter quelques bouteilles.

Celui de Jean-Paul Brun et celui de Pierre-Marie Chermette; en plus du muscadet nouveau.

Il n'y avait pas affluence devant le rayon du vin nouveau ce matin à ma succursale. J'ai été un des premiers clients a en acheter à 11 heures. Il faut dire que la SAQ n'a pas fait de publicité là-dessus. Seulement un petit communiqué à 17 heures hier.

J'ai mis les deux rouges au congélateur 12 minutes pour les rafraîchir.

Les Griottes, Jean-Marie Chermette, Gamay Nouveau 2015
Il ne porte pas l'appellation Beaujolais Nouveau, mais est déclaré Vin de France.
Il est bouché avec un bouchon de silicone. Il a un beau nez de petits fruits acidulés. La bouche est fraiche, acidulée, peu tannique, bien vive d'une bonne acidité. C'est léger. La finale est fruitée et légèrement acidulée. Bel après-goût, il laisse une belle impression. Alc. 13 %. 17,70 $.  12846986 **

L'Ancien, Beaujolais Nouveau 2015
Du domaine Jean-Paul Brun. Nez de petits fruits. Ça ne sent pas le beaujolais nouveau, ça sent le vin ! Bouche assez intense. C'est surprenant. Un petit tanin sur un bon fruité. Moins acide que le précédent. Finale aromatique courte, mais gustative longue, mais d'une longueur asséchante. Plus gros et moins fin que le Chermette. Il ne laisse pas une belle bouche, mais une sensation pâteuse en après-goût. Je dirais correct. Je dois ajouter toutefois qu'il a mieux paru à table. Alc. 12 %.    11923994  19,75 $  *

Le Chermette est plus appétissant, plus fruité, plus typique beaujolais nouveau! Et surtout, il laisse une plus belle impression en bouche. De plus, il est moins cher. En France, les bons beaujolais nouveaux sont entre 5 et 7 euros (7-10$) selon la revue Le Point. Donc ici nous les payons deux fois plus cher. Nous payons pour le kérosène de l'avion.

Il y en a très peu au Québec. La mode est passée ici. Pour deux raisons: la qualité n'était pas au rendrez-vous et la SAQ n'achetait pas le meilleur.

Le Chermette est dans 212 succursales, mais à une caisse par succursale, sauf à celles d'Atwater et Rolland-Therrien à Longueuil où il y en a quatre.

Bon! Là, j'ai un peu mal à la tête ! Est-ce les sulfites, l'histamine, les amines biogènes, autres molécules dans le vin, ou parce que j'ai faim? Soyez prudents.

Deux conseils:

  • Aérez fortement pour tenter d'évacuer une partie des sulfites;
  • Servez frais à 12-14 degrés.

 

Le blanc maintenant.
J'ai aussi acheté le blanc nouveau. Parce qu'il est blanc et Bio!

Blanc puis Rouge rien de boug, Muscadet Nouveau 2015
Il dégage de beaux arômes de fruits blancs, de poire, sur une fine note de miel. Les mêmes saveurs reviennent en bouche. C'est bien sec. La finale est un peu asséchante. Il manque un peu de fruit. C'est original. Alc. 12 %.
 12847073 18,95 $ **
Dans 214 magasins, une caisse par succursale, sauf dans quatre succursales qui en ont 2 caisses.

Il est à noter que les vins nouveaux de la LCBO sont 2 à 3 dollars moins chers que ceux de la SAQ.

Des gagnants d'une compétition secrète à La Grande dégustation de Montréal

Les organisateurs de La Grande dégustation de Montréal ont annoncé lors du salon des vins les gagnants d'une compétition de vins mousseux.

Cinq gagnants dans quatre catégories de ce Palmarès Bulles du monde de La Grande Dégustation de Montréal 2015 ont été choisis.

Parmi eux, le meilleur cava a été le Segura Viudas Cuvée Heredad (non disponible à la SAQ); meilleur Crémant est le Vitteaut-Alberti...

On dit dans le communiqué que ce fut «un choix difficile» parmi 167 produits. Le jury présidé par Guénäel Revel était composé principalement de sommeliers, d'employés et de collaborateurs de la SAQ.

Mais quels étaient ces 167 produits?

Je ne peux pas vous fournir ces informations», nous répond La Grande dégustation de Montréal, «Uniquement les infos sur les gagnants.»

Étrange secret !

Ils sont les meilleurs parmi lesquels? Est-ce qu'il y avait de grands cavas, de grands crémants et de grands proseccos dans ce concours? Ou tous les autres vins sont-ils juste de la bibine? Lors d'une compétition, lors des Jeux olympiques, on donne les noms de tous les participants. Pourquoi pas pour ce concours? Qu'a-t-on à cacher? Que craint-on?

Des gagnants, mais pas de perdants !

Pourquoi ce manque de transparence ?

La Grande dégustation de Montréal est organisée par l'Association québécoise des agences de vins et de spiritueux (AQAVBS)  et par la Société des alcools du Québec (SAQ).

 

ÉcrisVins gentils et complaisants

Une citation :

Admettons toutefois que la situation, relativement sensible en matière de journalisme du vin, diffère d’un pays à l’autre. Les Anglo-Saxons manient très bien la plume, avec parfois autant de sévérité que d’humour. Les Français, en général peu flatteurs, n’ont pas la langue dans leur poche et sortent les crocs sans trop se gêner. De leur côté, les Belges ne laissent pas leur place, avec en prime un soupçon de dérision. Les Suisses sont assez accommodants, softs pourrait-on dire. À l’image du Québec où la plupart du temps il faut être gentil, respectueux et politiquement correct en faisant le moins de vagues possible. Ce qui, en corollaire, conduit plusieurs, au mieux à rester dans le propos nébuleux et imprécis, au pire à pratiquer une démagogie et une complaisance qui alimentent et renforcent des contre-vérités.» (Les caractères gras sont de la rédaction)

Ceci est un extrait du chapitre intitulé «ÉcrisVins» du livre à paraître cette semaine «Le vin snob» de Jacques Orhon, aux Éditions de l'Homme, Québecor Média.

Le journaliste québécois du vin gentil et complaisant !
Oui, nous le constatons aussi. Toutefois, nous pouvons nous demander si c'est seulement dû au bon caractère gentil du Québécois.

Ici nous vivons sous la coupe du Soviet des alcools, qualificatif donné par un chroniqueur de La Presse. Le journaliste du vin d'ici se sent peut être obligé de se comporter comme un journaliste de la Pravda: être bien gentil s'il craint de ne plus profiter des faveurs de la direction du monopole du vin, de ne plus être invité aux dégustations de prestige, de ne pas bénéficier de la pub de la SAQ pour son guide de vin, ses écrits et pire d'être boycotter par les mousquetaires du service de presse de la société d'État, comme c'est le cas de certains d'entre nous.  

Il n'y a qu'à consulter les quelques blogues d'ici sur le vin pour constater que des blogueurs gaspillent leur liberté de parole en tenant des propos lénifiants sur les vins et nos beaux monopoles.

Il y a là matière à réflexion.

Pour ce qui est du «les Français ...qui n'ont pas la langue dans leur poche et sortent les crocs». Oui et non! En privé, les journalistes du vin de France en général sont très critiqueux comme on dit en québécois, toutefois lorsque je lis La Revue du vin de France et pire la revue Terres de vin, ce n'est souvent ce qui semble être que des textes promotionnels et louangeurs l'un après l'autre.

Le vin snob, le dernier livre de Jacques Orhon, sortira mercredi. Je vous invite à le lire. Il y a là-dedans bien d'autre chose et des plus intéressantes. J'en parlerai cette semaine.

Quand je vous disais que la typicité est un défaut

«Ça ne goûte pas le pinot. Ce n'est pas ça du pinot. Ce n'est pas ça pour moi du pinot. Ça ne pinote pas!»
«Ce n'est pas un très bon champagne, il ne goûte pas le biscuit, la brioche.»

J'entends cela souvent. Je suis tenté alors de répondre que le bon pinot, ça ne goûte pas le pinot. Le bon champagne, ça ne goûte pas la brioche. C'est commun. Le bon sauvignon ne goûte pas la pelouse; le bon chardonnay ne goûte pas le beurre. Le bon riesling ne goûte pas nécessairement le pétrole. Le meursault ne goûte pas toujours le jus de madrier. Ce sont des arômes communs, soit, mais commun dans le sens de presque vulgaire.

Les très bons vins ont plus que ça à offrir et surtout pas ça! On dirait que des gens cherchent le générique, le repère. Ils se sont fixé un standard aromatique qu'ils cherchent à retrouver dans tous les vins d'un même cépage, d'une même appellation. Il me semble que ça doit devenir monotone. Pourtant, ça semble réconfortant. On se retrouve en terrain connu.

Certains ont même tendance à rejeter un vin s'il n'est pas conforme à l'idée qu'ils se font des arômes et du goût du cépage principal du vin. «Ce n'est pas ça du cahors, ce n'est pas ça du bordeaux», entend-on! Pourtant, le plaisir du vin n'est-il pas dans la diversité, dans la surprise, dans l'étonnement, dans le dépassement, dans le hors de l'ordinaire?

Le beaujolais d'aujourd'hui, le bon, ne goûte pas le beaujolais d'il y a 10 ans. Il aurait perdu sa typicité! Et c'est tant mieux. Certains beaujolais ne goûtent pas le beaujolais, et ce sont souvent les meilleurs.

Est-ce que cette recherche de la typicité ne nous mène-t-elle pas droit à la plate standardisation?
La typicité n'est-ce pas une mode? On suit la mode du moment. Ça doit goûter ceci, alors fabriquons-le de façon à ce qu'il goûte ceci. La mode est au sauvignon poivron, au chardonnay beurré, au riesling pétrolé, au pinot pastille à la cerise, au cabernet vanillé. C'est lassant!

Les vins du Nouveau Monde nous semblent souvent typiques. Ces producteurs suivent une recette. Ils cherchent à atteindre un style donné, prédéterminé. Ailleurs, on s'égare, on nous égare, on nous déboussole, on est perdu, pour notre plus grand plaisir.

Je goûtais le mois dernier un vin blanc de la Loire original. Des arômes difficiles à décrire. Je suis en terrain inconnu. Mais c'est très bon. Je lis alors sur la contre-étiquette: sauvignon et chardonnay. Deux cépages communs très répandus. Des cépages français qu'on dit internationaux, tellement, ils sont répandus. Toutefois, je ne reconnais aucune des caractéristiques aromatiques attribuées généralement à ces cépages. Est-ce dire que le vin n'est pas bon? Pas du tout, il est très bon. Alors quoi?

Des vignerons disent qu'ils visent à refléter le terroir dans leur vin, mais pas les arômes variétaux du cépage. Ils affirment que si ces arômes typiques du ou des cépages dominent, alors ils ont manqué leur coup et n'ont pas réussi à préserver et à transmettre le goût du terroir à leurs vins!

C'est peut-être ce qui s'est passé dans ce vin de la Loire. Pas typique des cépages, mais peut-être typique du terroir. Allez savoir!

Le goût typique du cépage n'est-il pas dû à des modes de fabrication et à l'usage de levures typiques, de levures destinées à accentuer les arômes variétaux. Il y a de plus en plus de vignerons qui retournent aux levures indigènes, aux levures présentes dans leur environnement, n'ajoutant pas de levures exogènes achetées. On risque alors d'avoir des vins plus originaux que typiques. Et c'est tant mieux!

  Voir aussi le texte La typicité est un défaut.

Salon des vins de Montréal

La grand-messe annuelle du vin se tient cette semaine à Montréal.
Le salon des vins de Montréal, appelé La Grande dégustation de Montréal se déroulera du jeudi 5 au samedi 7 novembre. Le jeudi est réservé aux professionnels de l'industriel; le vendredi et le samedi sont ouverts au grand public. C'est organisé par l'Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux (AQAVBS) et la SAQ.

Près de 200 producteurs seront représentés. Cette année, c'est l'Espagne qui est mise en valeur avec son cépage le grenache (garnacha).

Dans ce genre de salon, il est toujours intéressant de rencontrer le producteur, le vigneron, ou tout au moins l'oenologue; soit celui ou celle qui fait le vin. À La Grande dégustation, il y aura aussi des directeurs export, des ambassadeurs de marque; des directeurs régionaux; des directeurs commerciaux...

Voici une liste, vite faite des tables à visiter. J'ai mis l'accent sur celles où on aura la possibilité de rencontrer celui ou celle qui fait le vin. Commençons par l'Espagne avec le nom de la maison, son représentant, sa fonction et le numéro de la table.

Espagne
Juve y Camps  Meritxell Juvé   Directrice export   I27  (des bulles)
Bujanda Martinez    Fiego Martinez  Dir. des ventes  I23
Parés Balta  Joan Cusiné  propriétaire  H18
Vins Bonhomme Nathalie Bonhomme propriétaire G25
Buil et Giné   Xavi Buil y Giné  propriétaire  J10
Montecillo  Rocio Osborne  vigneron  H23
Thelmo Rodriguez   Ricardo Etchats  Dir. général  H19
Ijalba  Bernard Robin  consultant export I16
Segura Viudas  Mary-Ann Yewen   I20
Cusumano Elvio Mobili  vp export  B13
Borsao  Inigo Alberto Dir. commercial  H09 (Alto Moncayo)
Muga  Jesus Viguera   Dir. export  G28
Juan Gil  Loren Gil   Dir. commercial  H09
Palacio   Federico Vasquez Amoedo  Dir. export  G27
Raventos i Blanc  Sabrina Grino  Directrice export  H05  (des bulles)
Gonzalez Byass  Christopher Canale-Parola  Dir. ventes Canada  I21
 

De Grèce
Gaia  Leon Karatsalos  copropriétaire  E18
Alpha Estate Angelos Iatridis  vigneron  B17
Semeli  Leonidas Nassiakos  Dir. générale  C17

De France
Laurent Miquel    Président  F03  (Cazal-Viel)
Ch. Sainte-Eulalie Isabelle Coustal B12
Vignobles Famille Quiot Jérome Quiot propriétaire C14  (Vieux Lazaret, Duclaux, Trignon)
Ch. D'Estieux Christian Dauriac  propriétaire  B10
Ch. Rouquette sur Mer  François Boscary propriétaire  B21
Gérard Bertrand  Jean-Philippe Turgeon Dir. Canada  H04 (Cigalus, de l'Aigle)
Champagne Deutz  Fabrice Rosset Dir. général  A19
Dom des Aubuissières  (Loire) Bernard Fouquet  Président  E02

D'Italie
Mazzei  Philippo Mazzei  propriétaire  B19 (Fonterutoli)
Punset  Marina du Marcarino  propriétaire  C16

Du Canada
Dom du Ridge Denis Paradis  propriétaire  D28
Bachelder   Thomas Bachelder propriétaire   G12 (Queylus)
Osoyoos Larose  Mathieu Mercier  oenologue  H06
 

Et tant d'autres, des vins d'Arménie à D11; François Chartier sera à la table G21 et Ricardo Larivée au I24.

Plus de 1000 vins et spiritueux. Des cépages originaux: Areni, Kangun, Xarel-Lo, Palomino, Merseguera, Caladoc, Mataro, Souson, Auxerrois, Assyrtiko, Limniodas. Mouhtaro, Negroamaro, Sorbara, Grasparossa, Traminer Aromatico, Albarossa, Baga, Arinto, Rabigato et encore...

La Grande Dégustation de Montréal
5-6-7 novembre. Jeudi (11-17h pour les pro); vendredi (15-21h) et samedi (13-21h)
Place Bonaventure Montréal
www.lagrandedegustation.com

Le vin le plus populaire au Québec maintenant à la SAQ

Le vin rouge le plus populaire au Québec est maintenant disponible à la SAQ!
De plus, le vin blanc le plus populaire au Québec est aussi maintenant disponible à la SAQ!

Ça peut sembler étonnant que les deux vins les plus vendus en rouge et en blanc ne fussent pas à la SAQ, mais en épicerie. Il faut toutefois savoir qu'une bouteille de vin sur quatre vendue au Québec l'est en épicerie. (39 millions sur 156,5 millions de litres.) Et cette proportion est probablement beaucoup plus élevée si l'on ne regarde que les vins d'entrée de gamme.

 

 

Ainsi, le vin le plus populaire au Québec, le Wallaroo Trail rouge est maintenant disponible dans près de 300 succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Au cours des trois dernières années, ce vin importé en vrac d'Australie et embouteillé ici au Québec par la compagnie Constellation a connu des records de vente. Il a fait fureur au format 4 litres, 1 litre et 1/2 litre sur les rayons des épiceries. Il s'en est vendu l'équivalent de 2,2 millions de bouteilles en 2014 dans les épiceries, loin devant le Merlot Grand Sud (1,9 Mbout); le Clif 79 rouge (1,8 Mbout) et le Ménage à Trois (1,4 Mbout) dans les succursales SAQ.

Devant cet engouement, la SAQ a commencé à l'introduire dans ses SAQ-Dépôt à l'hiver dernier.

Puis, depuis quelques jours, la direction de la SAQ l'a inscrit dans son offre Nouveauté à petits prix dans la plupart de ses succursales. Le rouge est dans 290 magasins aujourd'hui; tandis que le blanc est dans 269 succursales. Les deux vins sont à 11,25 $ le format de 750 ml. Ils sont 12,49 $ le litre avant taxe chez IGA et 42,69 $ au format de 4 litres.

Le Wallaroo Trail rouge est un vin de facture moderne, de style Nouveau Monde, peu acide et légèrement sucré. Il est fait principalement de shiraz, mais peut être complété de petit verdot et de cabernet selon l'arrivage.

Dans les épiceries, où il est interdit de mentionner le cépage, on le nomme Bin-Lot 212. Il contient 11 grammes de sucre résiduel au litre; tandis que le blanc en a 6,1 g/l. Rappelons qu'un vin est dit sec s'il contient 4 grammes et moins de sucre.

Mentionnons ici que la SAQ a toujours vendu des vins dits d'épicerie, soit des vins importés en vrac et embouteillés ici. Elle avait même sa propre usine d'embouteillage, La Maison des Futailles, qu'elle a vendue à l'entreprise privée Kruger en 2006.

La SAQ avait ralenti ses achats de vins embouteillés ici depuis quelques années. Toutefois devant la hausse
constante de la marge exigée par le gouvernement du Québec et les hausses répétées de la taxe dite spécifique (maintenant à 1,05 $ la bouteille), la direction de la SAQ a augmenté son stock de tels vins afin d'alimenter la population en vin à «petits prix».

En Ontario aussi
Ce vin est aussi vendu en Ontario dans les 120 magasins Wine Rack de la firme Constellation. Il est décrit comme étant un «International Canadian Blend». Il est vendu 12 $ (750 ml) ou 2 pour 20 $. On y précise qu'il contient 114 calories par 5 onces (148 ml).

Texte modifié le 31 octobre afin d'y ajouter l'information concernant l'Ontario.

Hausse de 2 % de la production mondiale de vin

L'Organisation mondiale de la Vigne et du Vin vient de publier ses prévisions de production de vin pour l'année 2015.
Elle prévoit une production totale de 275 millions d'hectolitres (275 Mhl), une hausse de 2 % par rapport à 2014.

La production mondiale de vin est en gros du même niveau depuis 1999. Les chiffres de 2015 sont du même ordre que ceux de 1999 et 2000. Les niveaux les plus bas avaient été enregistrés en 2012 et 2012; les plus élevés en 2004 et 2013.

Voici les grandes lignes des prévisions de l'OIV pour 2015.

  • L’Italie avec 48,9 Mhl redevient le 1er producteur mondial, suivi par la France (47,4 Mhl)
  • L’Espagne retrouve un niveau moyen de production (36,6 Mhl)
  • Les États-Unis enregistrent pour la deuxième année consécutive un niveau de production élevé de 22,1 Mhl (+0,5% par rapport à 2014)
  • En Amérique du Sud, la production argentine (13,4 Mhl) recule, tandis que le Chili (12,87 Mhl) affiche un record de production
  • Les productions australienne (12 Mhl) et néozélandaise (2,4 Mhl) sont quasi-stables depuis 3 ans, si on exclut la production exceptionnelle néozélandaise de 2014.

L'OIV estime la consommation totale pour 2015 dans une fourchette de 235 à 249 Mhl, donc inférieure à la production de 275 Mhl.

Le plus intéressant est de regarder les niveaux de production par pays depuis 5 ans. La production monte et descend un peu chaque année et varie peu sauf pour le Chili. (En Mhl)

  2010 2015
Italie 48 48
France 44 47
Espagne 35 36
États-Unis 20 22
Argentine 16 13
Chili 8 12
Australie 11 12
Chine 13 11
Afrique du Sud 9 11
Allemagne 6 8
Portugal 7 6
 
Total OIV
254
275

Du vin en épicerie chez IGA fait jaser en Italie

Des Italiens s'inquiètent du fait que du vin de Chianti classé DOCG soit importé en vrac au Québec et embouteillé ici.

DOCG veut dire «dénomination d'origine contrôlée et garantie». C'est un niveau supérieur à DOC dans la hiérarchie des vins d'Italie. (www.made-in-italy.com)

Le site internet italien Winesurf Giornale di Enogastronomia pose la question en éditorial «Chianti DOCG sfuso e imbottigliato in Canada…parliamone!» Chianti DOCG en vrac et embouteillé au Canada ... Parlons-en!

On y présente l'image d'un vin vendu dans les épiceries IGA au Québec. Le Chianti DOCG Mazia (15,89$), embouteillé au Québec par la firme Constellation pour le compte de la Société des alcools du Québec (SAQ) qui le revend aux épiciers.

L'auteur Carlo Macchi pose des questions concernant l'exportation de vin en vrac à bas prix et vendu 10 à 12 fois plus cher «uno sfuso comprato a meno di un euro può essere tranquillamente rivenduto a 10-12, con guadagni facilmente immaginabili», procurant des gains inimaginables.

Contrôlé et garantie dit le petit collant sur la bouteille. «Qui contrôle quoi?», se demande M. Macchi qui ajoute que la présence de ce vin dans nos épiceries lui a été signalée par un Canadien. Ce Canadien aurait écrit au président du consortium garantissant les vins du Chianti pour lui demander des explications sur le fait que ce vin soit exporté en vrac. La réponse du président Alessandro Bani «l'informazione che ci sta chiedendo è di natura sensibile e non siamo tenuti a divulgarla se non agli Organi preposti». «L'information que vous demandez est de nature sensible et nous ne sommes pas tenus d'y répondre».

Une réponse qui sème le doute chez le responsable du site d'information Winesurf qui se demande alors où en est la soi-disant traçabilité souvent invoquée par ces consortiums supposément garants de cette traçabilité?

Nous avions mentionné ici dans Vin Québec en novembre 2009 l'existence de ce vin chez IGA. L'étiquette indique le nom de Antolini Mazia, comme si c'était le nom du producteur. En fait cette Antolini Mazia n'existe pas. Un représentant de la firme Vincor (Constellation) nous a dit à l'époque que c'est en fait une marque de commerce et non le nom du producteur.

Si je me souviens bien, le chianti classico (qui provient de la zone centrale du chianti) ne peut être exporté en vrac, par contre le non-classico, même DOCG peut, lui, être exporté en vrac.

Le journaliste italien Carlo Macchi conclue son article en écrivant avoir beaucoup de questions à poser au président du Consortium du Chianti concernant les règles de l'appellation et surtout sur l'image du vin italien à l'étranger «l'immagine del vino italiano nel mondo

Quelques jours plus tard
Le 1er novembre, M. Macchi publie un autre texte après avoir rencontré un directeur du consortium qui lui dit que tout cela est légal. Le Chianti DOCG peut être exporté en vrac et embouteillé à l'étranger. Il signale d'ailleurs 17 cas d'exportation en vrac. Pour ce qui est de la question de traçabilité: alors là c'est impossible. (Chianti DOCG sfuso in Canada: interessanti novità)

 Texte modifié le 2 novembre pour y ajouter la mise à jour du dernier paragraphe.

Du vrac canadien aux États

Saviez-vous que le Canada exporte du vin en vrac aux États-Unis?

Le Canada est même devenu le deuxième exportateur de vin en vrac aux États-Unis après le Chili et devant l'Australie et l'Argentine.

En 2010, le Canada accaparait 7 % des importations de vin tranquille en vrac aux États-Unis, derrière l'Australie (34%), le Chili (28%) et l'Argentine (14%).

En 2014, le vin du Canada représente 22 % des importations de vin tranquille en vrac aux États-Unis, derrière le Chili (31%) et devançant maintenant l'Australie qui tombe à 20 %.

«Les importations américaines de vin en vrac ont explosé après 2005. Elles se sont effectuées en provenance de l’Australie et du Chili dans un premier temps. Par la suite, l’Argentine et plus récemment le Canada ont également vu leurs exportations de vin en vrac à destination du marché américain progresser.» C'est ce que nous révèlent les derniers chiffres de France Agrimer provenant de Global Trade Atlas.

Ce serait, d'après le tableau de Global Trade Altlas, plus de 500 000 hectolitres, l'équivalent de 66 millions de bouteilles.

Par contre, pour ce qui est des vins en bouteille, le Canada n'est même pas dans les 8 premiers. C'est l'Italie qui accapare 35 % du marché d'importation des vins tranquilles en bouteille, loin devant l'Autralie (16 %) et la France à 13 %, puis l'Argentine et le Chili à 9 % chacun.

Du gros volume: 27 % du vin importé aux États-Unis l'est en vrac. Par contre, ce vrac ne représente que 5 % des importations de vin en dollars.

Évolution des importations américaines de vin tranquille en vrac par pays fournisseur, en volume
(en milliers d’hectolitres)

Vins moins chers en hausse, vins plus chers en baisse

Les ventes de vins courants ont connu des baisses en valeur au cours de la dernière année. Les vins de presque tous les pays ont connu des baisses de ventes dans cette section des produits courants, dit aussi produits réguliers.

Cependant, à l'analyse des chiffres nous constatons qu'il y a de grandes différences de variation des ventes d'un segment de prix à l'autre.

La SAQ divise les ventes de ses vins courants par région et à l'intérieur de ces régions par segments de prix: moins de 10 $; entre 10 $ et 12 $, ainsi de suite.

Nous allons analyser ici les résultats pour la dernière année financière d'avril 2014 à fin mars 2015 dans les principales catégories régionales de vin.

Rappelons que la section des vins courants est celle qui entraîne le plus de ventes à la SAQ. C'est celle généralement située au milieu du magasin avec renouvellement continu des stocks. C'est un plus de 1200 vins qui génèrent plus de 75 % des ventes. L'autre section, souvent le long des murs, est celle des vins de spécialité. Ces derniers sont des vins plus chers, disponibles en moins grande quantité et de temps en temps.

Commençons par le Languedoc.

Languedoc
Il y a 58 vins rouges du Languedoc dans la section des produits courants à la SAQ. C'est 80 millions de dollars de ventes. Des vins qui se vendent d'un peu moins de 10 $ à 25 $, avec un prix moyen de 12,38 $.

Les ventes de cette catégorie ont décru de -0,6 % au cours de la dernière année. Mais ce chiffre cache une autre réalité. C'est que les ventes des vins de plus de 15 $ des rouges du Languedoc ont connu une chute de près de -30 %; ceux de 10 à 12 $ ont par contre connu une croissance de 47 %. De plus, la hausse de la section de moins de 10 $ a été de 320 %, selon les chiffres de la SAQ.

La SAQ cherche donc d'autres vins rouges de moins de 10 $ pour profiter de cet engouement.

L'Espagne
Pour ce qui est des vins rouges d'Espagne (décroissance moyenne de -0,6 %) toujours dans la section des vins courants, on note aussi une baisse des ventes des vins de plus de 17,50 $ de -20 %; alors que les ventes des vins de 12 à 15 $ augmentent de 11 %.

Le prix moyen des 48 vins rouges d'Espagne est de 13,58 $ pour des ventes de 69 millions de dollars. La SAQ cherche 5 vins de moins de 17,50 $ pour bonifier cette catégorie.

Afrique du Sud
Baisse moyenne de -11 % des ventes de la catégorie. Là encore ces chiffres cachent une autre réalité c'est que les 5 vins de moins de 12 $ ont été en hausse de 11 % et les 10 autres plus chers sont en baisse - 20 %.
Prix moyen 13,73 $. Ventes de 11,7 millions $.

Argentine
Même scénario: baisse moyenne de -5,3 %, mais hausse de 21 % pour les 7 vins de moins de 10 à 12 $.
27 vins; prix moyen 12,28 $; ventes 32,7 millions $.

Chili
Idem. Hausse des ventes de 8 % pour les 10-12 $ et de 16 % pour les 12-15 $, mais baisse de -15 % pour les plus chers. 26 vins; prix moyen de 13,81; ventes de 24 millions $.
Trois vins seront retirés et remplacés par deux autres.

États-Unis
Une catégorie qui regroupe 50 vins rapportant 115 millions de dollars. Tous les segments de prix en baisse, sauf celui des 9 vins de moins de 12 $ qui a connu une hausse des ventes de 13 %. Le reste des vins ont connu des ventes en baisse de - 12 %. Baisse moyenne de la catégorie: -10 %.

Australie
En hausse moyenne de 6 %, surtout dans les segments des 5 vins de 10 à 12 $ + 90 % et + 43 % pour les 3 vins de 20 à 25 $. Prix moyen 14,24 $;32 vins, ventes de près de 50 millions $.

Bordeaux
30 vins, 33 millions $. Hausses de 1 à 5 % pour les 14 vins de moins de 15 $; mais baisses des ventes de -6 % à -30 % pour les plus chers. Prix moyen: 17,57 $.

Rhône
Hausse de 10 % des vins de 10 à 12 $; mais baisse -35 % des vins 20 à 40 $.

Sicile et Sardaigne
Hausses de 26 % à 134 % des ventes des vins rouges de moins de 15 $; mais -17 % à - 45 % pour les plus chers.

Portugal
La section des vins rouges du Portugal s'est, elle, améliorée, tous prix confondus, les ventes se sont accrues de 18 %. Le prix moyen des 15 vins rouges du Portugal est de 12,31 $. C'est le segment des 15-17,50 $ qui a vu la plus forte hausse des ventes à 42 %. Ventes totales: 29 millions $.

Sud-Ouest
Baisse des ventes de -13 % des 13 vins rouges à 15,8 millions $. Prix moyen 15,21 $.

Vénétie
Baisse des ventes de -11 % des 38 vins rouges à 66 millions $. Prix moyen 13,89 $.

Toscane
Baisse des ventes de -8 % des 26 vins rouges à 37 millions $. Prix moyen 18,76 $.
Deux vins seront retirés de cette catégorie.

Voilà pour les rouges. On remarque que c'est dans les segments les moins chers, de 9-15 $ que les ventes sont en général en hausse. Par contre, les ventes sont en baisse pour la plupart des catégories pour les vins de plus de 15 $ dans la section des vins courant.

EN BLANC Maintenant
Vins blancs d'Australie
La même tendance là aussi. Hausse de 11 % pour les vins de moins de 15 $; mais baisse de -23 % pour les plus chers.

États-Unis
Tendance partagée. Hausse de 15 à 25 % pour les moins chers et les plus chers, mais baisse des ventes de -5 à -25 % pour les 15 à 20 $. 26 vins; 40 millions $; prix moyen 13,87 $.

Champagne
Il y a 19 champagnes dans la section des produits courants. Les ventes ont augmenté en moyenne de 2,5 %. Prix moyen 69,88 $. C'est dû surtout à la hausse des ventes de 43 % pour les 4 champagnes de moins de 50 $. Pendant ce temps, les 8 champagnes blancs de plus de 50 $ ont entraîné des baisses moyennes de -4 %. Ventes totales de 25 millions $.

Mousseux
Ils sont au nombre de 27 au prix moyen de 19,31 $. Ventes totales de 45 millions $. Les deux seuls segments qui ont connu des hausses sont les moins chers: + 2 % pour les 15-17,50 $ et +3 % pour les 12-15 $.

Les vins blancs ne représentent que 26 % des ventes de vins à la SAQ. Les rouges sont beaucoup plus populaires. Nous constatons là aussi en blanc, dans les catégories les plus vendues, que ce sont en général les vins les moins chers qui ont connu des hausses de ventes.
En conclusion, nous constatons que les ventes des vins dans la plupart des catégories étudiées ici ont baissé de quelques points de pourcentage au cours de l'exercice financier 2014-2015. Cette baisse est notable dans les segments des vins plus chers, soit ceux de plus de 15 $ ou 17,50 $ selon les régions.

Finalement, ce qui ressort clairement c'est que pendant ce temps les ventes ont augmenté, parfois fortement, dans les catégories des vins moins chers, soit les vins de moins de 15 $.

 

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