Informations

​Champagne non bio, mais durable

Mon article du 16 décembre intitulé «Le champagne c'est chimique» a fait réagir en Champagne.

J'y disais que la Champagne est une région viticole très chimique. La surface de vigne cultivée en bio n'est que de 646 hectares sur les 34 000 hectares de l'appellation.

Les 300 grands producteurs de champagne, les 140 coopératives et la plupart des 15 000 vignerons ne sont pas intéressés par l'agriculture biologique.

Alors, ils ont recours à toute la panoplie des aides chimiques: insecticides, fongicides et engrais chimiques.

M. Thibaut Le Mailloux, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de Champagne a tenu à me dire que si la Champagne n'est pas bio, elle vise toutefois a être durable.

«La certification Viticulture durable en Champagne représente une surface de 12,5% de l’aire d’appellation Champagne.»

M. Thibaut ajoute «ensuite et surtout, la stratégie de la Champagne est collective, c’est-à-dire qu’elle part du principe que le fait que 100% des acteurs soient en mouvement aura un impact largement plus fort que si nous encourageons uniquement la certification, qui séduit une proportion plus faible des exploitants...»

Le porte-parole de la Champagne viticole ajoute que les quantités de pesticides utilisées en Champagne ont chuté de 50% en 15 ans; ainsi que l'usage des engrais azotés.

Il y a donc du progrès, toutefois on est loin du bio et il semble bien que l'on ne s'y rapprochera jamais.

C'est que la plupart des vignerons champenois ne produisent pas de vin, mais vendent plutôt leurs raisins à de grandes marques.

En 2016, le reportage de l'émission Cash Investigation révélait que le département de l'Aube (Champagne) est celui où se vendent le plus de pesticides dangereux. (Vidéo 2h15)

Puis, l'Association Robin des Bois publiait la carte des départements de France où il se vend le plus de pesticide. «L'Aube et la Marne sont les premières régions de France où sont vendus des pesticides avec des substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques. / © Robin des Bois» (Cliquez sur la carte pour l'agrandir.)

L'Aube et la Marne ce sont les deux départements de la Champagne.

À la suite de ces révélations, des vignerons bios ont réclamé en 2016 l'interdiction totale des pesticides dans le cahier de charge de l'appellation Champagne. «Plus de 85 % des surfaces viticoles de Champagne sont ainsi touchées par l'utilisation d'herbicides. Les fortes précipitations de ces derniers jours incitent les vignerons à traiter à nouveau les vignes avec des produits chimiques.» (France 3)

Les dirigeants de la Champagne viticole ont alors refusé la proposition d'interdire les pesticides. Le vice-président de l'Association viticole champenoise, Jean-Louis Normand, a dit que «dans nos exploitations, il y a des problématiques très diverses. Il faut laisser le temps. C'est pour cela que la Champagne a mis en place la viticulture durable qui permet à chacun de faire son autodiagnostic...) (Voir la vidéo de France 3)

Champagne
34 000 hectares
15 000 exploitants
140 coopératives
300 maisons
15 000 salariés
grappe de raisin 6 €
312 millions de bouteilles
7,2 milliards $
Exportation 4 milliards $
civc

Pourtant, ça ne semble pas être une question d'argent, car selon des producteurs de vins bios en Champagne, il n'en couterait que de 10 à 30 centimes de plus la bouteille pour y faire du vin bio.

La Champagne est en retard dans ce domaine. Elle est la région de France où l'on achète le plus de pesticides; soit 788 tonnes dans le département de l'Aube et 710 tonnes dans celui de la Marne.

Au niveau de l'épandage du controversé glyphosate (Rounbup) l'Aube a le record avec 276 tonnes en 2011-2013. (Cité par France Info en octobre 2017)

Pourtant, la Champagne est riche. Le prix du raisin y est le plus élevé au monde, soit 6 euros le kilo.

Pourquoi alors cette réticence? L'explication se trouve peut-être dans le mode de commerce du raisin dans cette région. La plupart des vignerons ne font pas de vin, mais vendent leurs raisins à des négociations; le prix du raisin est très élevé; les vignerons ont des contrats à très long terme avec ces négociations ces grandes maisons de champagne... Rien pour inciter à la production de raisins plus sains.

Est-il encore aujourd’hui concevable, acceptable, imaginable que l’on trouve dans les caisses de vendanges des raisins qu’aucun être humain et aucun animal n’oserait même porter à sa bouche...

Ainsi, s'exprimait Pierre-Emmanuel Taittinger en décembre dernier (cité par L'Est Éclair). Le président de l'Association viticole champenoise ajoutait «On ne fait pas une bonne bouteille avec des raisins pourris.» Il poursuivait en disant «Il est temps d’être ferme et catégorique sur le sujet, à moins […] qu’on en vienne à différencier les prix du raisin en raison de leur état sanitaire au moment de la cueillette.»

En effet, le raisin n'est pas payé en fonction de sa qualité, mais selon un prix fixé par contrat d'approvisionnement long terme. Un peu comme dans les vieilles coopératives. Un système de grand confort qui n'encourage peut-être pas la qualité ni n'incite à travailler plus fort pour produire le plus écologiquement possible.

Forte croissance du vin bio en France

​La filière vin bio a triplé son chiffre d'affaires en six ans en France.

En 2010, 6 % du vignoble français était bio avec 3 898 viticulteurs bios.
En 2016, 9 % du vignoble français est bio; avec 5 258 viticulteurs bios.

Le vin biologique c'était 322 millions d’euros de chiffre d’affaires en France en 2010.
C'est 792 millions d’euros en 2016.

Les ventes de vins bios se font surtout en ventes directes en France. En effet, 41 % des ventes de vins bios se font directement entre le vigneron et le client; contre 23 % en magasins bios; 19 % chez les cavistes et 17 % dans les autres magasins.

L'exportation de vin biologique représentait 145 millions d’euros en 2010; c'est monté à 419 millions en 2016.
On constate ainsi que la majorité des vins bios vont à l'exportation!

De 2015 à 2016, la valeur des exportations de vin français a diminué de - 0,8 %.
Pendant ce temps, le chiffre d’affaires des vins bios français à l’export à augmenté de + 32 %.

La plupart des vins bios sont en AOC, soit 82 %.
Ils ne sont pas trop chers, puisque 43 % des vins bios en France sont entre 5 et 9,99 € et 26 % de 10 à 14 euros.

Les vins biologiques proviennent surtout du Languedoc et du Roussillon.

La France c'est 21 % du vignoble bio mondial. L'Espagne accapare 27 % et l'Italie 23 %.

L'Allemagne est le premier importateur mondial de vins bios. Le vin bio est très populaire aussi en Suède avec 17 % des volumes de ventes.

Selon l'organisme Sudvinbio, «les jeunes générations ont plus tendance que leurs ainés à consommer du bio. En France, les moins de 35 ans, plus sensibles aux enjeux de santé et d’environnement, représentent ainsi 15 % des consommateurs de vin, mais 21 % des consommateurs de vin bio, ce qui laisse supposer une augmentation mécanique de la part de marché des vins bios du simple fait du renouvèlement des générations.»

Au Québec, le monopole des vins a augmenté substantiellement son offre de vins bios la faisant passer de 500 à 700 en un an. De plus, les vins bios sont maintenant identifiés par un mica vert sur les rayons des magasins de la SAQ. Il est a noter aussi que ce ne sont pas tous les vins bios qui sont identifiés comme tels à la SAQ.

Étonnamment, la grande majorité des vins bios à la SAQ proviennent de France; soit 450. On n'y trouve que 90 vins bios d'Italie et 40 d'Espagne alors que ces deux pays produisent 50 % du vin bio au monde!

Vous pouvez consulter notre liste des meilleurs vins bios commentés ces derniers mois ici vinquebec.com/vins-bio-qualite; ainsi que la section des vins bios vinquebec.com/bio.
__________
Source : Millésime Bio et Société des alcools du Québec.

Vos vins 15 % moins chers

Vous avez dépensé beaucoup durant le temps des fêtes. Votre portefeuille est plus mince. Vous devez économiser, mais vous voulez aussi continuer à boire du bon vin.

Savez-vous que certains des vins que vous achetez régulièrement se vendent 15 % moins cher dans certains magasins de la SAQ.

En effet, un peu plus de 800 vins du répertoire de la société des alcools du Québec sont 15 % moins chers dans les 10 magasins SAQ-Dépôts de notre cher monopole.

On y trouve des champagnes, des barolos, des bordeaux, des chiantis, des portos, des amarones, des vins du Rhône et même un brunello.

En voici quelques-uns qui sont pour la plupart de bons rapports qualité/prix.

Les prix indiqués sont avant le rabais de 15 %, si vous achetez 12 de n'importe lesquels de ces vins.

Pouilly-Fuissé, Jean-Claude Boisset 2016 Bourgogne 3,5 25,25$
Cabral 10 Anos Porto 3,5 28,60$
Pol Roger Champagne Brut Champagne 3,5 62,25$
 
Réserve des Challières, Ventoux 2015 Rhône 3,0 11,95$
Paul Mas, Vignes de Nicole blanc 2016 Languedoc 3,0 14,55$
Blanquette de Limoux, Domaine de Fourn
Languedoc 3,0 16,75$
Pétale de Rose 2016   BIO Provence 3,0 19,65$
Côtes-du-Rhône rouge Guigal 2013 Rhône 3,0 19,70$
Beaujolais Villages 2015, Grandes Mises, Mommessin Beaujolais 3,0 19,50$
Louis Bouillot, Perle Rare, 2014 Bourgogne 3,0 21,60$
Taylor Fladgate LBV 2012 Porto 3,0 21,85$
Il Grigio, Chianti Classico Riserva 2013 Italie 3,0 26,30$
Crozes-Hermitage, Guigal 2013 Rhône 3,0 27,35$
Côtes Rocheuses, Saint-Émilion 2013 Bordeaux 3,0 27,95$
Faustino I Gran Reserva 2005 Espagne 3,0 28,45$
Batasiolo, Barolo 2013 Italie 3,0 28,55$
Paul Goerg Blanc de Blancs Champagne 3,0 46,25$
Nicolas Feuillatte Brut Réserve Champagne 3,0 48,50$
Laurent-Perrier Champagne Brut Champagne 3,0 64,00$
 
Cavit, Pinot Grigio 2016 Italie 2,5 11,75$
La Vieille Ferme, blanc 2016 Rhône 2,5 13,00$
Parès Balta, Cava Brut   BIO Espagne 2,5 16,55$
Willm Riesling Réserve 2015 Alsace 2,5 17,30$
Cosme Palacio 2014 Espagne 2,5 17,55$
San Felice, Chianti Classico 2015 Italie 2,5 18,55$
Kung Fu Girl 2015 Washington 2,5 18,75$
PETITS PRIX
Fonte di Nico 2016
Portugal 2,0  8,00$
Vila Regia 2016 Portugal 2,0  8,95$
Santi Nero, Pinot Nero 2016 Italie 2,0 10,60$
Borsao rosé 2016 Espagne 2,0 11,75$

Suivez ce lien pour savoir où sont situés ces magasins à rabais.

Une suggestion pour la direction de la SAQ:
Il serait bien aussi que la SAQ offre des rabais pour les achats en ligne.

Le goût des pesticides dans le vin

Vous sentez la fraise dans un vin. On vous a dit que ça venait de la fermentation du raisin. Mais si c'était plutôt l'odeur laissée par des traces de pesticides dans ce vin?

La même chose pour la pêche, la vanille, le bonbon anglais, le bonbon tagada, l'odeur de fumée et autres.

Vous avez une sensation d'astringence. On vous dit que ça vient des tanins et du bois. On vous apprend maintenant que ça peut aussi être l'oeuvre de certains fongicides.

Le vin est court, asséchant, la finale tombe vite, c'est amer ou piquant; ça pourrait être dû à l'action d'un restant d'herbicides dans le vin.

Est-ce que les pesticides ont un gout, une saveur, des aromes? C'est la question que se sont posée le biochimiste Gilles-Éric Séralini et son ami le chef cuisinier étoilé Jérôme Douzelet.

Une dégustation de pesticides
Pour répondre à cette question,  ils ont décidé de «gouter les pesticides dans l'eau aux doses où ils sont dans le vin. Ils ont fait mesurer les quantités de pesticides dans 32 vins de France et d'Italie. Puis, ils ont choisi les pesticides les plus répandus dans ces vins et les ont mélangés chacun dans les mêmes quantités dans de l'eau. Eau qu'ils ont fait gouter à des vignerons, oenologues, sommeliers et cuisiniers.

Ainsi, ils ont trouvé une moyenne de 10 parties par milliard (10 ppb) de glyphosate dans 4 vins et ont alors versé 10 ppb de glysophate (un fongicide) dans le l'eau et l'on fait gouté à des professionnels du vin.

Sur deux ans, ils ont donc fait gouter 11 pesticides à 36 professionnels du vin, pour un total de 195 tests.

La plupart des vins bio testés ne contenaient pas de pesticides; mais tous les vins dits conventionnels en contenaient.

Des résultats étonnants
Les résultats sont surprenants. «Il exprime un gout de bonbon chimique doucereux évoquant la fraise Tagada, voire le bonbon anglais très souvent décrit dans des dégustations de vins.» C'est ainsi que s'expriment des dégustateurs après avoir gouté un verre contenant du fenhexamide à 500 ppb. Un pesticide vendu sous les noms de Lazulie et de Teldor.

On nous dit dans ce livre «qu'il est possible d'apprendre à reconnaitre le gout des pesticides, pour ensuite éviter les produits qui en contiennent.»

On y apprend aussi qu'on y traite des tonneaux de bois avec des fongicides, ce qui a donné deux fois plus de traces de pesticides dans un vin.

Après avoir conté ces expériences, les auteurs présentent à la fin de leur livre 11 fiches décrivant les pesticides retrouvés le plus souvent dans ces vins; boscalide, cyprodinil, diméthomorphe, fenhexamide, folpet et phtalimide, glyphosate et AMPA, iprodione, iprovalicarbe, pyriméthanyl.

Des exemples, des extraits de ces fiches:

Les odeurs de carton ou de chiffon peuvent provenir du diméthomorphe.

Le folpet: alcool volatil, médicamenteux, amertume, assèche l'avant du palais...

Glyphosate: acide, âcre, calcaire, nez d'essence, menthol...

Iprodione: fumée, pneu brulé, bois, vanille...

Iprovalicarbe: médicament, noix...

Pyriméthanil: essence de pin, menthol...

Roundup: faible odeur d'essence, bois putréfié, amertume, picotements...

Cyprodinil: astringence, amertume...

Le fenhexamide est «le mieux détecté, avec une saveur de bonbon chimique, à la fraise, au caramel, de chocolat, de pêche, de vanille chlorée, voire de carton.»

Caractéristiques communes de spesticides: asséchants et donnant une sensation de bouche cassante.

Terrroir, levures et pesticides

Donc, il n'y a pas que le terroir, le cépage, la fermentation, les levures qui donnent un arome et une texture au vin. Les pesticides aussi «ont une influence sur le gout final du vin.»

L'industrie appelle ces produits des phytosanitaires ce qui signifie «qui soigne les plantes». En fait, ce sont des pesticides qui tuent comme dans homicide et suicide.

On trouve des «traces de pesticides» dans le vin à des doses 11 000 fois plus fortes que dans l'eau. Il n'y a pas de normes concernant le maximum permis dans le vin, mais seulement des limites maximales de résidus dans le raisin.

Les auteurs ont découvert que même de grands vins contiennent de bonnes quantités de pesticides, comme un grand pomerol 2009 (100 points Parker) à 400 euros qu'ils n'osent pas nommer.

 

Les doses limites des pesticides acceptables dans l'eau sont de 0,1 ppb, alors qu'on en trouve 2920 fois en moyenne dans les vins. «Ces doses rendent l'eau impropre à la consommation et pourtant ces bouteilles (de vin) sont partout en vente libre, il faudrait qu'on m'explique...» dit Jérôme Douzelet.

Et plus encore
Il y a bien d'autres choses dans ce petit livre de 142 pages. Je ne vous mentionne que ce qui m'a le plus étonné. On y parle aussi des métaux lourds dans le vin, de l'arsenic longtemps permis, des métabolites et des formulants encore plus dangereux que les molécules actives déclarés par les fabricants de ces pesticides. Il est particulièrement question du glyphosate qui cache la vraie toxicité des Roundups.

Utile et formateur
«Notre petit guide est salvateur pour la santé : si chacun découvre grâce à lui les goûts des pesticides indiqués par ses professionnels, il pourra les reconnaitre et éviter à long terme les mauvais produits qui en contiennent.»

Ce livre n'est pas une étude scientifique, selon les auteurs, «il se conçoit comme un outil original pour aider à découvrir et comprendre les goûts des ingrédients chimiques dont le milieu viticole n'est pas fier, ceux des pesticides.»

Donc, un petit livre-choc qui fera surement beaucoup parler. Rappelons que l'auteur principal, ce professeur de biologie à l'université de Caen, Gilles-Éric Séralini, est très controversé. C'est lui qui a publicisé en 2012 les dangers du Roundup de Monsanto. On a dit bien du mal de lui. Monsanto a fait écrire des articles par ses employés, mais signés par des scientifiques pour contrer les travaux de M. Séralini. Ce dernier a toutefois gagné ses 7 procès en diffamation. Voir à ce sujet l'enquête de deux journalistes du quotidien Le Monde «Informations génétiquement modifiées», octobre 2017.

Le goût des pesticides dans le vin
Et Petit guide pour reconnaitre le goût des pesticides
Jérôme Douzelet et Gilles-Éric Séralini
Éditions Actes Sud. 142 pages Janvier 2018.
14,80 euros, 10,99 euros en numérique.
Je l'ai téléchargé au format PDF chez Galimard Montréal, 19,99 $
Voir aussi le communiqué de presse d'Actes Sud.

Voir aussi une entrevue faite hier soir sur ARTE avec le professeur Séralini.
 

Le champagne c'est chimique

Avez-vous déjà essayé de trouver du champagne bio?
C'est rare, très rare!

Sur les 300 champagnes disponibles aujourd'hui au répertoire de la Société des alcools du Québec, il n'y en a que 13 qui sont bio. Dont 7 sont de la même maison : Fleury.

Les champagnes bio ne représentent même pas 5 % du répertoire de la SAQ. C'est très peu!

C'est que la Champagne est une région viticole très chimique. La surface de vigne cultivée en bio n'est que de 646 hectares sur les 34 000 hectares de l'appellation. Soit 1,9 %.

Il serait plus difficile de produire bio en Champagne que dans la plupart des autres régions viticoles de France. Le climat ferait en sorte que les risques de pourriture des raisins par les champignons seraient très élevés.

Il ne faut pas compter sur les 300 «grandes maisons de Champagne» pour cultiver des raisins bio. Car ces grandes maisons ne cultivent pas ou peu de raisin, elles l'achètent.

Il y a toutefois Roederer qui a un petit 10 hectares en bio, mais là aussi les millions de bouteilles proviennent d'achats à des vignerons qui sont au nombre de 15 000.

Ces vignerons n'acceptent pas de perdre 10-20 % de la récolte en raison des aléas climatiques. Alors, il ont recours à toute la panoplie des aides chimiques: insecticides, acaricides, fongicides et engrais chimiques.

Le site de l'Association des champagnes biologiques ne mentionne que 40 vignerons bio, en plus de 16 autres en conversion bio.

Toutefois, dans le site de l'Agence Bio de France, on retrouve 165 vignerons bio en Champagne.

Ce n'est guère mieux du côté des mousseux hors Champagne. On ne trouve que 12 vins indiqués bios sur les 222 mousseux blancs au répertoire de la SAQ. Dont 7 proviennent d'Espagne.

Il est donc bien difficile de s'abreuver bio avec des bulles.

Voici tout de même quelques noms : Parés Baltà; Barmès Buecher; Pureté de Silex; Cabelier; La Vida al Camp; Gramona; Fleury; Doquet et De Sousa.

Au sujet des pesticides en Champagne, écoutez ce producteur de la région Éric De Sousa qui nous dit que l'on peu faire du vin sans chimie et même en biodynamie en Champagne.

 


 (Entrevue ajoutée dans YouTube en décembre 2012 par Génaël Revel)

L'Australie déclare la guerre du vin au Canada

«Canada wine war launched»
Tel est le titre de la première page du 17 janvier du quotidien australien The Australian.

Le gouvernement australien accuse le Canada et ses provinces d'avoir des pratiques commerciales discriminatoires envers les vins des autres pays et de favoriser indument les vins canadiens au détriment des vins de l'Australie.

L'Australie a déposé une plainte formelle à ce sujet auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le journal The Australian cite le ministre du Commerce de l'Australie Steve Ciobo qui dit que "L'Australie a demandé des consultations formelles à l'OMC sur les mesures discriminatoires à l'encontre des importations australiennes de vin que nous considérons comme manifestement incompatibles avec les engagements pris par le Canada dans le cadre de l'OMC. Les mesures incompatibles du Canada comprennent des taxes supplémentaires, des frais et des majorations sur le vin importé, des canaux de distribution distincts réservés au vin canadien et limitant la vente de vin importé dans les épiceries».

De plus, le directeur général de l'association des producteurs de vin de l'Australie, Tony Battaglene, déclare que les restrictions imposées par le Canada ont une incidence sur les exportations australiennes.

Importation de vin d'Australie en bouteilles et en vrac en millions de litres et millions de dollars.
        bout.  vrac         $
2017   24    32     208
2016   28    32     223
2015   30    33     236
2014   30    28     226
2013   30    20     226
2012   33    15     239
2011   34    15     251
2010   36    17     259
2009   35    10     252
2008   39     4      286
2007   43     7      308
2006   41    12      291
2005   38     9      273
2004   34     4      234
Statistique Canada

«Les provinces canadiennes ont adopté des mesures non tarifaires qui favorisent les vins produits locaux.»
M. Battaglene ajoute qu'il y a des problèmes depuis longtemps sur l'égalité d'accès au marché canadien, mais que le niveau de protection a encore augmenté au cours des deux dernières années.

Ainsi, pendant que le Canada proteste contre des pratiques commerciales déloyales des États-Unis, d'autres pays protestent contre les pratiques commerciales déloyales du Canada.

C'est ainsi le cas de l'Australie qui proteste contre les pratiques commerciales discriminatoires du Canada dans le domaine du vin.

En octobre dernier, les États-Unis ont fait les mêmes plaintes particulièrement contre la Colombie-Britannique accusée de favoriser les vins de cette province.

Devant ces plaintes, le gouvernement fédéral a répondu, selon la CBC, que les règles de la distribution et de la vente de l'alcool relèvent des provinces.

Les gouvernements de Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Québec ont adopté l'an dernier des lois et des règlements qui favorisent les vins locaux au détriment des vins étrangers dans les épiceries.

Selon les règles de l'OMC, le Canada a 60 jours pour régler ce différend avec l'Australie. Par après, l'Australie pourrait demander à l'OMC de forcer le Canada à modifier ses lois. L'Australie pourrait aussi adopter des mesures de rétorsion et imposer des sanctions commerciales au Canada.

________

Canada wine war launched through WTO, The Australian
Australia complains to WTO about Canadian rules on selling wine, CBC
Australia challenges Canadian provinces' wine sales at WTO, Globe & Mail
Vins: l'Australie porte plainte à l'OMC contre le Canada, La Presse Canadienne
L'Australie porte plainte à l'OMC contre les pratiques de vente du vin québécois, Radio-Canada
Le vin engendre un litige entre l’Australie et la Colombie-Britannique, Radio-Canada.

Forte hausse de la production de vin au Canada

La production de vin au Canada a été multipliée par 5 de 2003 à 2016.

C'est une hausse de 531 %.

En 2003, le Canada produisait 251,000 hectolitres de vin. En 2016, c'est 1 585 000 hectolitres de vin qui sortent des vignes du pays. Ce qui est l'équivalent de 210 805 000 de bouteilles de 750 millilitres.

La croissance de la production au pays s'est surtout fait sentir à partir de 2013 où elle a doublé en un an selon les chiffres colligés par le Il Corriere vinicolo.

Ce 1,5 million d'hectolitres place le Canada à la 19e place des pays producteurs de vin juste après l'Autriche et la Grèce.

Ce 1,5 million est toute de même encore bien loin des 43, 45 et 52 millions d'hectolitres de vin de l'Espagne, de la France et de l'Italie.

La production mondiale de vin est relativement stable dans le monde. Elle oscille entre 256 millions et 296 millions au cours des 14 dernières années.

Elle était de 264 millions d'hectolitres en 2003 et 271 millions en 2016.

Les 4 principaux pays producteurs (Italie, France, Espagne et États-Unis) produisent 70 % de ce vin; soit 189 des 271 millions de litres.

Consommation
Le Canada produit maintenant 28 % de sa consommation. En effet, la consommation de vin au Canada est passée de 3 millions d'hectolitres en 2002 à 5,7 millions d'hectolitres en 2016. Soir une hausse de la consommation de vin de 4,3 %.

Les Canadiens préfèrent les rouges.  C'est 3,1 millions hl en rouge; 2 millions en blanc et un peu de  rosé 158 000 hl. Pour le mousseux, c'est 182 000 hectolitres.

Les vins canadiens se vendent très peu au Québec. Sur les 8500 vins au répertoire de la SAQ, il y a 270 du Canada (y compris 114 du Québec).

_______
Source : Vino in Cifre, Unione Italiana Vini.

Ras le bouchon de liège !

Le bouchon de liège est le pire ennemi du vin et ce problème est loin d'être réglé.
Il y a quelquefois des coups de gueule, des protestations contre l'usage de ce morceau d'écorce d'arbre pour boucher le vin. C'est un produit non consistant et qui a de nombreux défauts.

Toutefois, le conservatisme des producteurs, vendeurs et même de certains consommateurs fait en sorte que de belles quilles sont encore bouchées avec ce vilain petit morceau de liège.

De temps en temps, le sujet refait surface dans l'actualité. Cette semaine, c'est la gang des Cinq du vin qui repart à la charge contre le vilain cylindre.

«Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !» titre le journaliste David Cobbold. «Je ne peux m’empêcher de pousser un nouveau coup de gueule contre ces abominables petits morceaux de liège qui abiment tant des bonnes...»

«Il est grand temps de tourner la page du bouchon de liège massif ...évitons de continuer à le laisser en contact avec nos vins.»

À lire, ainsi que les dizaines de commentaires. «Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !»

Comment les minéraux entrent dans le vin

On entend beaucoup parler de la minéralité des vins. Mais comment ces minéraux du sol peuvent-ils entrer dans la vigne, dans le raisin puis se retrouver dans le vin?

Les minéraux sont insolubles donc non assimilables par les racines des vignes. Ce sont les microbes qui modifient ces minéraux afin de les rendre solubles dans l'eau et ainsi assimilables par les racines de la vigne.

C'est ce qu'affirme l'agronome Claude Bourguignon, éminent spécialiste des sols de la vigne.

Il a fait une présentation de ses dernières découvertes sur ce sujet à la 15e matinée des oenologues de Bordeaux en avril dernier.

Voici ce qu'il y a dit.

Quel est le rôle du sol dans la dégustation des vins?
Le lien entre le gout du vin et le lieu se situe à deux niveaux.

  • Au niveau de la nutrition de la vigne.
  • Au niveau du toucher en bouche qui permet de ressentir la texture du sol.
Les sols argileux donnent toujours un côté collant au vin. On a l'impression que ça colle entre le palais et la langue.
Les sols sableux donnent toujours un côté pétillant. On a l'impression que ça sautille entre la langue et le palais.
Et les limons vous donnent toujours un côté poudreux, parfois même poudre de chocolat.
Par contre, on n'a aucune donnée scientifique sur la faculté qu'a la texture du sol de modifier notre toucher de bouche.

Organique et minérale
Le gout du vin est lié à deux types de molécules: les molécules organiques, les aromes, les tanins, les alcools. Et les molécules minérales. Ces molécules vont interagir entre elles.
Le sodium, le potassium, le magnésium vont modifier votre perception des aromes, des alcools et des tanins.

La vigne se nourrit dans l'atmosphère et dans le sol. En fait, 94 % de la matière sèche provient de l'atmosphère. La vigne va y chercher du carbone, de l'oxygène et de l'hydrogène. C'est une alimentation en quantité, mais pas tellement en qualité. Les deux premiers vont donner le sucre. Les viticulteurs contrôlent cette alimentation par la taille des feuilles de la vigne.

La qualité du vin vient du sol
Le sol ne fournit que 6 % de la matière, mais elle provient de 24 atomes. La qualité vient donc du sol.

Ce sont les enzymes qui synthétisent les molécules aromatiques que nous percevons dans le vin. Il y a des milliers de ces enzymes.

Une plante est incapable de se nourrir dans le sol sans l'aide des microbes.
Car pour qu'un élément soit assimilable par la vigne, il faut qu'il soit soluble dans l'eau.
Les microbes transforment les minéraux du sol en les mettant sous forme anionique (d'ions négatifs).

Par exemple, l'azote est transformé en nitrite, puis en nitrates (NO3-) assimilables par la vigne. C'est aussi le cas pour le soufre transformé en sulfates et pour le phosphore transformé en phosphates.

Tous les autres éléments du sol ne sont pas solubles. Les microbes utilisent pour ces autres éléments la chélation (prononcé kélation). Les microbes vont prendre l'oligoélément — le fer, le sélénium, le zinc, le cobalt — et vont l'attacher à un acide organique. Ce chélate deviendra soluble dans l'eau, comme le nitrate de fer.

Pour cela il faut que le sol soit aéré. Aéré par la faune, par les microbes, par un sol vivant non compacté.

Dans un gramme de sol aéré, on peut trouver des centaines de millions de microbes (champignons, bactéries et autres). Ça donne 2 à 3 tonnes de microbes à l'hectare. Ils ont une énergie biochimique au poids 350 fois supérieur à celle de l'humain. Ainsi 1 kilo de bactéries a autant de force que 350 kilos d'être humain. C'est la plus grosse énergie biochimique de la planète, affirme monsieur Bourguignon.

De plus, la fermentation va accroitre le taux de minéralité dans le vin.
Par exemple, les sols de magnésium de l'Italie vont donner cette amertume commune à beaucoup de vin de ce pays.

Donc, M. Bourguignon explique ainsi comment ces minéraux théoriquement insolubles se retrouvent dans le vin grâce à l'action des microbes. Malheureusement, on tend souvent à remplacer cette force par des engrais. Engrais qui vont interférer entre les microbes et les racines de la vigne.

Une présentation étonnante que je vous invite à visionner ici.

La microflore du sol : une alliée de choix pour la nutrition qualitative de la vigne
15e Matinée des Oenologues de Bordeaux / "Les minéraux, du sol au palais"
, Claude Bourguignon, Vidéo de 15 minutes.
 

Le vin, vous le reniflez ou vous le buvez

La dégustation géosensorielle
Vous avez surement déjà vu de ces dégustateurs renifleurs qui passent de longues minutes à renifler le vin et à vous le décrire avec un catalogue d'aromes. On croirait qu'ils en inventent. Puis, ils le mettent en bouche et tout ce qu'ils peuvent vous en dire c'est «acidité médium plus; tanins médium plus.» Leur plus grand plaisir c'est de deviner le cépage.

«L’industrie du vin, qui a fait de ce dernier un produit agro-alimentaire, un vin technique, de cépage et de marque, a simplifié la dégustation.»

C'est ce que nous dit le vigneron bourguignon Jacky Rigaux dans son livre LA DÉGUSTATION GÉO-SENSORIELLE.

«Ce livre est destiné à ramener sur le devant de la scène (...) la dégustation qui privilégie le toucher de bouche, la texture, la consistance, la souplesse, la viscosité, la minéralité… autant de descripteurs qui permettent d’apprécier les vins de terroir, les "vins de lieu"».

La lisibilité des cépages est visible avec les vins de cépage, les vins industriels. Mais ce qu'il faut lire ce sont les terroirs, nous dit l'auteur.

Deux types de dégustation
On oppose les vins techniques de cépages aux vins de terroirs. La dégustation sensorielle à la dégustation géo-sensorielle. La première se concentre sur les aromes, la deuxième sur le touché de bouche.

«Dès que l’on introduit des levures industrielles en vinification, le terroir commence à disparaitre… surtout si on a commencé à l’affaiblir en détruisant la vie dans les sols avec les pesticides, herbicides et autres fongicides, associés aux engrais chimiques. Le vin est de plus en plus "fabriqué" au cellier, de moins en moins "accouché" naturellement par le vigneron!»
 

«D’un goût de lieu on passe à un goût fabriqué.»

Le bréviaire des aromes
«La primauté accordée au nez privilégie bien évidemment les vins techniques qui, à coups d’artifices technologiques et chimiques, rassurent le consommateur en quête de parfums vantés par les critiques et les sommeliers qui se plaisent à rivaliser d’audace en identifiant toujours plus d’odeurs dans leurs commentaires.»

«Les vins naturels de terroir sont ainsi pénalisés par l’analyse sensorielle au temps de leur jeunesse.»

Mais qu'en est-il de la minéralité, de la consistance, de la texture, de la viscosité, de la souplesse et de la vivacité?

«Avec la surenchère des critiques et sommeliers qui trouvent chaque jour de nouvelles odeurs dans le vin, il est de beaux jours pour l’analyse sensorielle!»


«Le vin n’était pas fait pour être reniflé, mais pour être bu.»

«Quand on a fait tout le travail nécessaire à la vigne, pour qu’elle accouche d’un raisin à la maturité physiologique optimale, que ce dernier a été cueilli avec soin, mis en cuve après un tri sévère, il convient alors de devenir paresseux, c’est-à-dire d’intervenir le moins possible pendant la vinification, pour que chaque climat livre naturellement toute sa complexité, en réalité sa vraie nature, son originalité, son caractère unique, inimitable.»

«C’est cette viticulture de virtuose, plus que de technicien, qui est l’avenir de la filière viticole européenne.»

Séduire avec l'industrie des aromes
«De plus en plus nombreux sont les amateurs qui renouent avec l’importance du "toucher de bouche" en dégustation. La bouche est beaucoup plus sensible et fidèle au "goût du lieu" que le nez que l’on peut facilement séduire et tromper avec les artifices de l’industrie des arômes. L’identité d’un vin de terroir s’exprime en effet principalement par la sapidité, c’est-à-dire par sa saveur singulière. Cette dernière est perçue par l’organe gustatif quand le vin entre en bouche. L’analyse sensorielle a réduit cette perception aux cinq saveurs classiques:
acide, amère, salée, sucrée et alcaline. La "dégustation géo-sensorielle du gourmet", sans ignorer ces descripteurs, valorise donc le "toucher de bouche", intimement associé au ressenti de la saveur».

Apprendre les arômes des vins relève de la quadrature du cercle
«Enfin, il faut ajouter que chaque dégustateur possède un appareil olfactif différent, que nous n’avons pas les mêmes seuils de perception. On l’aura compris, apprendre les arômes des vins relève de la quadrature du cercle».

Donc, abrégeons la description des aromes qui est particulière à chacun et concentrons-nous sur le toucher de bouche; de la texture du vin, de son étoffe; de la consistance du vin, de sa sève; de sa structure, de sa charpente, de son corps (charnu, compact, épais...); de la viscosité du vin; de sa souplesse, de son attaque; de sa vivacité; de sa signature; de sa minéralité; de sa longueur en bouche; de sa sensation tactile et de sa persistance aromatique et gustative.

«Un vin de terroir, qu’il soit blanc ou rouge, se doit d’offrir un toucher de bouche qui évoque la soie, le taffetas, le velours…»

«Un encerclement progressif et sincère, pour serrer de près l’insaisissable vérité.»

Un vocabulaire étranger
Au sujet de la description des vins, l'auteur cite Pierre Poubon.
«En matière de goût, il est impossible de parvenir à une précision définitive. Ainsi le dégustateur, qui analyse un vin, procède-t-il par approximations en se servant d’un vocabulaire curieusement étranger à son sujet. De ces approximations, parfois brillantes et imagées comme une improvisation poétique, le profane ne retient que le souvenir d’une élégante jonglerie verbale autour d’un verre. Mais il s’agit, en fait, d’un encerclement progressif et sincère, pour serrer de près l’insaisissable vérité». (Dégustations de toute une vie, 2001)

Donc, un petit livre très inspirant qui nous fait réfléchir sur notre manière d'apprécier le vin. Trop souvent, nos descriptions du vin mettent l'emphase sur ses odeurs. Pourtant, les odeurs sont très personnelles. On renifle le vin au lieu de le gouter. Ceci nous éloigne du consommateur qui lui boit le vin tout simplement.

LA DÉGUSTATION GÉO-SENSORIELLE DU GOURMET
Réveil des terroirs et réveil du goût
Jacky Rigaux, 51 pages.
ici dans internet www.zindhumbrecht.fr/wp-content/uploads/presse/LA_DEGUSTATION_GEO.pdf

_____
Pour vous aider à décrire la texture de vin, consultez le petit lexique Les mots du vin
 

Statistiques de Vin Québec pour 2017

Vinquebec.com a plus de 20 ans maintenant.
Le site a atteint une certaine maturité.
Près de 250 000 personnes ont consulté le site au cours de l'année 2017.
Tout près de 1000 utilisateurs viennent le consulter chaque jour avec des pics de 1827 visiteurs le 11 mars, 1755 le 30 décembre et 1778 visiteurs le 31 décembre.
 

Les pages les plus visitées, en plus de la page d'accueil, sont les pages Meilleurs vins rouges; Qualité-prix; La conservation des portos; Sulfites dans le vin; Taux de sucre dans le vin rouge; Les meilleurs vins blancs; Les meilleurs vins à la SAq-Dépôt; La conservation du vin une fois la bouteille ouverte et Les températures de service du vin.

La majorité des visiteurs atteignent le site via un moteur de recherche (300 000); un peu plus de 100 000 arrivent directement sur le site par l'adresse vinquebec.com; 10 000 proviennent de Facebook, 7000 de Twitter, les autres sont référencés par d'autres sites.

Le site vinquebec.com existe depuis mars 1997.

Vinquebec.com est un site internet indépendant d'information sur le monde du vin. Nous ne demandons et n'acceptons aucune publicité des producteurs de vins, de leurs agents, ni de la Société des alcools du Québec.
C'est un site d'intérêt public axé sur les besoins des consommateurs.

Notre mission : découvrir, apprécier, apprendre et informer.

Qu'est ce que la SAQ veut acheter pour vous?

La SAQ a publié en décembre sa liste de produits souhaités pour l'année 2018. «Catégorie en développement pour laquelle nous souhaitons bonifier l'assortiment,» dit l'appel d'offres du monopole.

La direction de la SAQ indique ainsi aux producteurs et à leurs agents qu'elles sont les types de vins qu'elle veut ajouter sur ces rayons de vins de spécialité.

Voici donc ce que la SAQ veut acheter pour vous en produits de spécialité pour l'année 2018.

 

Bourgogne blanc: millésime 2015 appellations régionales et communales.
Loire: Sancerre, Pouilly-Fumé et crus du Muscadet.
Rhône: vins blancs toutes appellations.
Jura et Savoie: rouges et blancs.
Champagne: produit avec forte reconnaissance. Produit bio. Édition spéciale ou de collection. (Ainsi que des champagnes à moins de 40 $ pour la section des produits courants.)
Mousseux: produit en appellation Jura, Bourgogne et Espagne. Produit bio. Édition spéciale ou de collection.

Italie: Soave et Lugana en milieu et haut de gamme.
Sicile : Etna en entrée et milieu de gamme.

Afrique du Sud : pinot noir, cinsault et syrah en milieu de gamme. Et vins blancs milieu de gamme.
Canada: vins blancs VQA moyen et haut de gamme.
Grèce : assyrtiko milieu de gamme.
Allemagne : Riesling Kabinett, Spätlese, Auslese en milieu de gamme.
Nouvelle-Zélande: vins blancs, pinot gris, sauvignon et chardonnay.
Vin orange: entrée et milieu de gamme.

Pour sa section des produits courants, les acheteurs de la SAQ recherche aussi :

Tout produit dont le Nebbiolo est le cépage principal (Appellations Langhe nebbiolo, Nebbiolo d'Alba, Langhe Rosso, Piemonte).
Terre siciliane rouge et blanc en entrée de gamme.
Nous recherchons des vins des appellations Vouvray, Saumur et Touraine avec quantités suffisantes.
Soave et Lugana en entrée et milieu de gamme. Veneto IGT cépage international.

Les producteurs ou leurs agents ont jusqu'au 30 janvier pour soumettre leurs offres de nouveaux vins.
La SAQ n'indique pas combien elle en acceptera. Toutefois, elle indique ses demandes prioritaires.
Elle fait maintenant cet appel d'offres deux fois par année.
 

Les meilleurs vins rouges à moins de 12 dollars

Oui, il est possible de trouver de bons vins rouges à moins de 12 $ au Québec.
En voici 7 qui sont de très bons rapports qualité/prix.

Fonte di Nico 2016  *
Portugal 2,0 8,00$
Vila Regia 2016  *
Portugal 2,0 8,95$
Chevalier de Dyonis, Pinot Noir 2015 Roumanie 3,0 9,50$
Jardins de Meyrac rouge 2016 Languedoc 2,5 9,95$
Santi Nero, Pinot Nero 2016  *
Italie 2,0 10,60$
Cono Sur, Bicicleta, Pinot Noir 2016 Chili 2,0 11,15$
Réserve des Challières, Ventoux 2015 Rhône 3,0 11,95$

Ces vins sont aussi tous disponibles en ligne.
Ceux qui sont marqués d'un astérisque sont aussi disponibles dans des SAQ-Dépôts ce qui fait qu'on peut ainsi les obtenir à 15 % moins chers.

Vins grecs plus chers au Québec

La direction de la Société des alcools du Québec a promis de réduire les prix de ces vins au niveau de ceux de l'Ontario. Des efforts ont été faits. Toutefois, il reste encore du travail à accomplir. De nombreux vins sont de 1 à 3 $ plus chers à la SAQ qu'à la LCBO de l'Ontario.

Une rapide comparaison entre les vins grecs disponibles dans les magasins de nos deux monopoles nous permet de constater des différences de prix notables. En effet, sur les 17 vins disponibles, 12 sont plus chers au Québec.

Vins disponibles à la SAQ et à la LCBO
   SAQ  LCBO
Cavino Ionos 10,50  9,95
Rapsani Tsantali 11,80 13,05
Boutari Nemea 14,55 13,20
Paranga Kir-Yianni 14,50 14,50
Boutari Moschofilero 15,40 13,20
Tetramythos Roditis 15,40 13,95
Spiropoulos Mantinia 17,25 16,15
Boutari Naoussa 16,45 13,95
Thimiopoulos JV Naoussa 17,65 17,95
Rapsani Tsantali Reserve 18,55 20,95
Mercouri Rouge 22,30 19,35
Tselepos Driopi 21,25 20,95
Gaia Agiorgitiko 21,55 24,30
Sigalas Assyrtiko Athiri 23,15 21,95
Gerovassiliou Malagousia 25,05 23,95
Ch Porto Carras 2006 25,15 21,95
Mega Spileo 28,85 27,95

Les meilleurs mousseux pour les Fêtes

Voici une sélection des meilleurs mousseux pour les Fêtes. Il y a là des champagnes, des cavas, des crémants, des proseccos et autres bulles.

Les champagnes ne sont pas toujours les meilleurs. Ils sont par contre les plus chers parce que leur prix est contrôlé par l'association des producteurs et celle des grandes maisons comme expliqué dans ce texte Le prix du champagne sous contrôle. Il arrive souvent que les crémants et cavas soient plus savoureux que des champagnes, et ce pour des prix plus raisonnables. Toutefois, l'image du champagne est plus prestigieuse.

La plupart de ces vins sont disponibles en ligne, comme indiqué par le «l» de la deuxième colonne. Plusieurs sont aussi disponibles dans des SAQ-Dépôts, indiqué par la lettre «d».

En cliquant sur le nom du produit, vous en aurez une courte description.

Pol Roger Champagne Brut ld Champagne 3,5 62,25$
Veuve Clicquot 2008 l Champagne 3,5 99,50$
Villa Conchi, Cava Brut Selección ld Espagne 3 15,30$
Louis Bouillot, Perle Rare, 2014 ld Bourgogne 3 21,60$
Laurens, Clos Des Demoiselles 2014
Languedoc 3 22,55$
Crémant du Jura Brut, André et Mireille Tissot l Jura
3 28,75$
Champagne Gardet Premier Cru Brut l Champagne 3 41,75$
Paul Goerg, Blanc de blancs, Premier Cru Brut ld Champagne 3 46,25$
Jacquart, Brut Mosaïque l Champagne 3 47,25$
Drappier Brut Nature, Pinot Noir Zéro Dosage
Champagne 3 49,75$
Nicolas Feuillatte Brut Réserve ld Champagne 3 48,50$
Laurent-Perrier Champagne Brut ld Champagne 3 64,00$
Louis Roederer, Brut Premier l Champagne 3 70,00$
Henriot, Blanc de blancs brut
Champagne 3 78,75$
Parés Baltà, Cava Brut Bio
l Espagne 2,5 16,75$
Elyssia, Freixenet, Gran Cuvée Brut ld Espagne 2,5 18,20$
Sumarroca Brut Nature, Gran Reserva 2012   Espagne 2,5 18,65$
Sumarroca Brut Nature, Gran Reserva 2012   Espagne 2,5 18,85$
Moingeon Prestige, Crémant
ld Bourgogne 2,5 19,25$
Château Moncontour, Vouvray Brut,Prédilection 2014 ld Loire 2,5 19,60$
Nino Franco Prosecco Valdobbiane Brut l Italie 2,5 21,30$
Roederer Estate Brut Anderson Valley l Californie 2,5 32,85$
Champagne Drappier, Carte d'Or Brut l Champagne 2,5 47,75$
Delamotte Brut l Champagne 2,5 51,75$
Taittinger Brut Réserve ld Champagne 2,5 59,75$
Mateus, Baga et Shiraz, Brut rosé ld Portugal 2 14,95$
Santa Margherita Valdobbiadene Prosecco
ld Italie 2 18,60$

Joyeuses Fêtes !

Les monopoles des alcools devant la Cour suprême

La légitimité des monopoles des alcools des provinces du Canada a été discutée pendant deux jours devant la Cour suprême du Canada.

L'affaire s'est retrouvée là parce qu'un résidant du Nouveau-Brunswick, Gérard Comeau, est allé acheter des caisses de bière au Québec. Il a été accusé de ne pas avoir acheté sa bière auprès du monopole de sa province. Il a contesté prétextant que la constitution canadienne lui permet d'acheter des biens où il veut au pays.

Le juge Ronald Leblanc de Campbellton lui a donné raison, car l'article 121 de la constitution de 1867 dit bien que tous les articles produits au Canada doivent être admis en franchise dans toutes les provinces. «shall be admitted free».

Toutefois, ce n'est pas tout le monde qui interprète cet article de cette façon. D'ailleurs, depuis l'arrêt Gold Seal de la Cour suprême de 1921, admis en franchise veut dire admis sans droits tarifaires et ne veut pas dire que des droits non tarifaires ne peuvent pas être imposés. Telle est la loi depuis 1921. Cependant, depuis ce temps, cette interprétation est contestée et souvent considérée comme étant une erreur du passé, du temps de la prohibition. C'est ce qu'affirme d'ailleurs le juge Leblanc du Nouveau-Brunswick.

Devant, les 9 juges, les avocats des provinces sont venus protéger les monopoles en disant que les provinces ont le droit d'imposer des règlements limitant le commerce de biens des autres provinces; pendant que des avocats des consommateurs et des commerçants sont venus dire que «free» veut dire «free» et qu'on a le droit d'acheter des produits d'ailleurs au Canada.

Le Canada est-il un pays de libre-échange? Non, selon les provinces; oui, il le devraient selon les consommateurs et commerçants.

Dans un monde de commerce électronique, peut-on encore empêcher un citoyen de faire venir un produit d'une autre province? Les provinces veulent conserver leurs monopoles parce qu'ils rapportent de l'argent, mais ne peuvent-elles pas obtenir cet argent d'une autre façon? Sont-elles obligées de vendre un produit pour le taxer; alors qu'elles peuvent très bien taxer l'essence et les cigarettes sans les vendre?

Que décideront les juges?
Accepter le jugement Comeau c'est remettre en question le fonctionnement actuel de la fédération et aller à l'encontre de la volonté des gouvernements des provinces.
Renier le jugement Gold Seal, reconnaitre l'erreur de la Cour Suprême de 1921, c'est entrer dans un monde inconnu. C'est refaire la loi, c'est modifier les règles actuelles et tout ce que cela implique de complications, de changements, d'incertitude, de litiges et de futures contestations, comme l'a exprimée clairement la juge en chef. Le chaos après la bière libre.
Les juges auront-ils cette audace? Le statu quo n'est-il pas plus facile à vivre que le changement!
Le jugement est attendu pour la fin mai.

 

Des constitutionnalismes représentent quelquefois la constitution comme étant un arbre. Un arbre vivant qui grandit au rythme de la société et qui doit suivre l'évolution de cette société. S'il en est ainsi, la question pertinente à se poser n'est-elle pas — au lieu de se demander ce que les Pères de la Confédération, à la racine, voulaient dire par l'expression free — mais plutôt de se demander ce que les petites feuilles d'érable au bout des branches veulent entendre aujourd'hui  par ce mot qui évoque la liberté ?

________
Sa Majesté la Reine c. Gerard Comeau, Cour Suprême du Canada
Registre des procédures Sa Majesté la Reine c. Gerard Comeau, Cour Suprême
Les mémoires déposés devant la Cour Suprême
Diffusions web archivées des audiences de la Cour suprême
Le jugement Gérard Comeau, juge Ronald Leblanc, Campbellton, août 2016
Section 121 of the Constitution Act, 1867 Wikipedia en anglais
La théorie de l'arbre vivant
Cause de Gérard Comeau : plaidoyer pour une libre circulation des biens entre les provinces, Catherine Allard, Radio-Canada
Le vin à la Cour suprême
L’arrêt Comeau : vers une libéralisation du commerce interprovincial canadien? La Cour suprême du Canada tranchera. Desgagné et Griffin, avocats
Booze battle : could there be chaos ? The Telegraph

Est-ce que la SAQ est rentable ?

La question peut sembler impertinente; pourtant elle est très pertinente.
Est-ce que la SAQ est rentable?
J'ai deux réponses possibles:
   – très peu rentable;
      ou
   – je ne sais pas du tout.

Cette dernière est la plus juste vu l'état actuel de nos connaissances.

Vous allez me dire que la SAQ rapporte 1 milliard de dollars par année au gouvernement.
Oui, mais la LCBO de l'Ontario rapporte 2 milliards au gouvernement de cette province et elle a été jugée très peu rentable!

Oups! Ça peut sembler étrange! Mais c'est que ces milliards sont surtout des revenus fiscaux et non pas seulement des revenus d'entreprises. Si le montant exigé du gouvernement était calculé à part, quel serait le revenu propre de l'entreprise? Tout est mêlé et confondu dans les rapports annuels de ces deux monopoles d'État. Quelle est la part de revenus de l'entreprise et la part exigée par le gouvernement, soit le revenu fiscal. Ce que le président de la SAQ appelle la marge fiscale versus la marge d'affaires.

Au Québec, il n'y a pas eu, à ma connaissance, d'études sur la rentabilité de la SAQ. Les rapports financiers de la société d'État ne permettent pas d'avoir une réponse, de démêler ce qui est la marge d'affaires de la marge fiscale.

En Ontario, par contre, il y a eu une étude sur le sujet. Un comité dirigé par un ancien PDG de la banque Toronto Dominion a été chargé par la première ministre d'étudier la LCBO. Et son verdict a été que «la LCBO est peu rentable».

La LCBO calcule mal son rendement, a dit Ed Clark en septembre 2016 par «une surévaluation des bénéfices : en combinant les impôts théoriques aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.»

Un faux sentiment d'être riche. C'est peut-être ce qui explique pourquoi la SAQ paye ses employés permanents à temps double dans le temps des Fêtes au lieu d'utiliser 70 % de ses employés à temps partiel, comme nous le rappelle Radio-Canada.

«Les employés des succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont travaillé près de 200 000 heures supplémentaires pendant le temps des Fêtes au cours des deux dernières années financières. À 42,85 $ de l'heure en moyenne, la facture s'élève à plus de 8,5 millions de dollars pour la société d'État.» (Radio-Canada, 5 décembre 2017)

Pendant ce temps, la majorité des employés qui sont temporaires peinent à faire 16 heures et doivent faire 2 succursales pour atteindre un horaire hebdomadaire raisonnable pour vivre!

On paye en heures supplémentaires le quart des employés qui font déjà 38 heures par semaine; alors que l'on pourrait donner plus d'heures à temps simple aux trois quarts des employés temporaires ! C'est parfaitement illogique.

La SAQ se défend en disant que c'est prévu à la convention collective. Oui, le faux sentiment de rentabilité; le sentiment de richesse!

La LCBO était jugée peu rentable, parce que, entre autres, sa main-d'oeuvre compte pour près de 50 % de ses frais d'exploitation. Et la SAQ alors, où sa main-d'oeuvre compte pour 68 % des frais d'exploitation? (chiffres de 2015-2016).

La SAQ est-elle rentable. Le président nous a dit dernièrement qu'on pourra en avoir une idée l'an prochain, car «les états financiers seront plus transparents et l'on séparera la marge fiscale de la marge d'affaires de l'entreprise». M. Alain Brunet nous a dit aussi que les charges d'exploitation sont et seront réduites.

Donc, est-ce que la SAQ est rentable? Est-ce qu'il en coute cher pour donner 1 milliard de dollars au gouvernement? Est-ce qu'il pourrait en couter moins cher pour rapporter encore plus? Est-ce que tous les réseaux — succursales, agences, épiceries, dépanneurs, commandes privées, en ligne et autres — sont maximisés? Surement pas. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

_______

Le vin à la Cour suprême

 

La Cour suprême entend aujourd'hui et demain la cause Comeau qui conteste la constitutionnalité des monopoles d'alcool au Canada. Neuf procureurs généraux et une quinzaine d'autres intervenants présentent leurs arguments pour et contre devant les neuf juges de la cour. C'est diffusé en direct sur le web à partir de 9 h 30.
Ce matin, les avocats représentant les provinces sont venus dire qu'il ne fallait pas trop tenir compte de l'article 121 de la Constitution de 1867 sur la libre circulation des biens au pays, mais plutôt de prendre en considération les droits des provinces de légiférer. Les provinces veulent protéger et maintenir leurs monopoles des alcools.

Un résumé des audiences de ce matin est fait par Pierre Alexandre Borduc de Radio-Canada, Moncton à l'émission Midi-Info. (Audio 3 min 25)

Demain, ce sera au tour d'organismes représentant des producteurs, commerçants et des consommateurs qui exposeront leurs arguments.

 

La Cour suprême du Canada se prononcera sur la légalité des lois limitant le commerce du vin et autres alcools au Canada.

La situation du commerce du vin au Canada est l'une des plus aberrantes et inefficaces au monde. Les vignerons, les commerçants et les consommateurs de vin n'ont pas la liberté d'acheter ni de vendre du vin d'une autre province.

Les juges de la Cour suprême du Canada entendront mercredi et jeudi une demande d'appel concernant un incident qui s'est produit à la frontière du Nouveau-Brunswick. Un citoyen de cette province est allé acheter de l'alcool de l'autre côté de la rivière au Québec et l'a rapporté chez lui. Le choix de bières, vins et spiritueux est si lamentable et si cher au Nouveau-Brunswick que la majorité des clients des dépaneurs et de la succursale de la Société des alcools du Québec de Pointe-à-la-Croix sont des Néo-Brunswickois. (1)

Le samedi 6 octobre 2012, Gérard Comeau de Tracadie se fait arrêter après avoir traversé le pont qui relie le Québec au Nouveau-Brunswick et est accusé d'avoir rapporté illégalement de l'alcool acheté dans une autre province. Monsieur Comeau conteste disant que la loi provinciale obligeant les citoyens à acheter exclusivement l'alcool de la société des alcools de la province est anticonstitutionnelle.

Il gagne sa cause. Le juge Ronald Leblanc dit que la constitution de 1867 permet de transporter de l'alcool d'une province à l'autre. « L’alinéa 134b) de la Loi sur la réglementation des alcools du Nouveau-Brunswick constitue un obstacle commercial qui contrevient à l’art. 121 de la Loi constitutionnelle de 1867 et, en conséquence, il est inopérant contre Gérard Comeau.»  L'article 121 de la Loi constitutionnelle de 1867 dit que «Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.»(«be admitted free into each of the other Provinces», dans la version anglaise.)

Selon le juge Leblanc, les Pères de la Confédération voulaient le libre-échange entre les provinces suite à la fin du libre-échange avec les États-Unis à la fin de la guerre de Sécession. Le juge écrit que «beaucoup d’Américains avaient l’impression que les habitants de l’Amérique du Nord britannique étaient des sympathisants de la Confédération sudiste. À tort ou à raison, ils leur reprochaient d’aider le Sud dans la guerre de Sécession américaine. Cela a amené les États-Unis à imposer une panoplie d’obstacles non tarifaires aux produits importés des colonies britanniques(1)

C'est gros! Ça touche beaucoup de monopoles au Canada. L'affaire se retrouve donc cette semaine en Cour suprême.

Les citoyens contre les politiciens
Les provinces canadiennes et plusieurs groupes ont demandé de se faire entendre de la Cour dans cette affaire. Il y a plus de 20 intervenants dont les procureurs généraux de la plupart des provinces, le Consumers Council of Canada, des représentants des commerçants et des vignerons.

Les consommateurs et commerçants sont favorables au libre commerce du vin alors que les dirigeants politiques des provinces sont contre. Vous pouvez lire leurs arguments en suivant les liens au bas de ce texte. À lire ces arguments — c'est citoyens contre politiciens. Chacun choisit de présenter des arguments favorables à ses intérêts. Ils seront entendus les 6 et 7 décembre à Ottawa.

Les citoyens, eux, se sont déjà prononcés sur le sujet. En effet, 84 % des Canadiens se disent favorables au libre commerce du vin, selon un sondage mené en octobre par la maison Ipsos. (2)

Il est question ici de la liberté des citoyens opposée à la volonté des gouvernements provinciaux de limiter cette liberté pour protéger des intérêts locaux.

Les arguments
Voici quelques extraits des plaidoiries qui seront présentées aux juges.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick
«A literal interpretation of the Constitution is to be avoided.»

Gérard Comeau
«S. 121 prohibits all internal trade barriers, both tariff and non-tariff.»

Le gouvernement fédéral
«le présent pourvoi donne à la Cour l’occasion de se pencher sur la portée de cette disposition d’une façon plus nuancée, vu la nécessité d’interpréter la Constitution d’une manière évolutive qui tienne compte des réalités d’aujourd’hui.»

Le gouvernement du Québec
«Si cette Cour maintenait l’interprétation de l’article 121 de la L.C. de 1867 donnée par le juge de première instance, celle-ci aurait des impacts sur une multitude d’aspects du commerce, notamment les suivants. A) La mise en marché collective B) Les monopoles et entreprises d’État et les accords de commerce.»

Le gouvernement de l'Ontario
«it is not the Court’s role to determine whether liquor monopolies are wise or unwise public policy.»

Le gouvernement de la Colombie-Britannique
«Since Section 134 of New Brunswick’s Liquor Control Act is necessarily incidental to the existence of a publicly-owned provincial monopoly on the distribution and sale of alcoholic beverages, and since such monopolies further legitimate policy objectives, section 134 is consistent with section 121 of the Constitution Act, 1867.»

Consumers Council of Canada
​«the sale of alcoholic beverages, as ones where internal trade barriers affect consumer rights.»

​​Institut économique de Montréal
«The Court should eliminate non-tariff trade barriers through a broad interpretation of section 121 that recognizes modern economic realities.»

Canadian Chamber of Commerce
«The key issue on this appeal is how the interpretation of s. 121 can be modernized so as to prohibit some non-tariff barriers while still leaving space for provincial activity that may affect interprovincial trade.»

Chacun des intervenants sera entendu une dizaine de minutes mercredi et jeudi devant les juges de la Cour suprême à Ottawa. Ça sera diffusé sur le web. Le jugement devrait être rendu en mai.

Les intervenants dans l'affaire Comeau en Cour suprême du Canada
(tel qu'affiché dans le site de la Cour suprême)

______________
(1) Le jugement Gérard Comeau, juge Ronald Leblanc, Campbellton, août 2016
(2) Le cas Comeau, sondage d'opinion canadien. Favorables au libre commerce 
 Le commerce de l'alcool en Cour Suprême

  Texte publié le 4 décembre et mis à jour le 6 décembre.  

70 % des Québécois favorables au libre commerce du vin

Les Canadiens sont pour la liberté du commerce du vin, les Québécois un peu moins!

La grande majorité des Canadiens (84 %) disent qu'ils devraient être autorisés à commander du vin directement d'un vignoble d'une autre province.

C'est ce que nous dit un sondage de la maison Ipsos commandé par l'Institut économique de Montréal.

C'est en Colombie-Britannique que ce désir est le plus fort à 91 %.

Toutefois, c'est au Québec où il est le moins fort à 70 %. La réponse est en haut de 80 % dans toutes les provinces, sauf au Québec.

 

Voici les résultats à cette question :
«Les Canadiens devraient être autorisés à commander du vin directement à partir d’une vinerie d’une autre province.»

   CB  91 %
   ALB 87 %
   SASK-MAN 88 %
   ATL 88 %
   ONT 87 %
   NB   80 %
   QC  70 %
   ______
   CAN  84 %

Pourquoi les Québécois sont moins favorables à la liberté d'achat de vin dans une autre province? C'est peut-être tout simplement parce qu'ils n'aiment pas les vins canadiens en général et qu'ils les jugent moins bons et moins intéressants que les vins européens.

De plus, dans l'ensemble du pays, ce sont les répondants de plus de 55 ans qui sont les plus favorables à la liberté de commander du vin partout au pays à 90 %, contre 76 % pour les jeunes de moins de 34 ans.

Ce sondage a été fait auprès de 1103 Canadiens parmi le panel internet Ipsos Je-Dis, du 26 octobre au 1er novembre, pour le compte de l'Institut économique de Montréal.

Il intervient à quelques jours de l'appel en Cours Suprême du Canada de l'affaire Gérard Comeau du Nouveau-Brunswick. La cour devra décider si les gouvernements provinciaux ont le droit de limiter le commerce des citoyens entre les provinces du pays.

____________
Les résultats du sondage
  Le cas Comeau – Sondage d’opinion canadien PDF

Au sujet de l'affaire Comeau, voir :
  La Cour suprême accepte de se prononcer sur le commerce interprovincial de l'alcool

Le droit de critiquer le vin

Est-ce qu'un critique de vin a le droit de critiquer le vin?

Au début de l'année, il y a eu un débat intéressant lancé par le sommelier Alain Laliberté sur les réseaux sociaux au sujet des critiques de vin, des chroniqueurs de vin. On se demandait si l'on avait le droit de mentionner un mauvais vin. Les propos sur Facebook étaient souvent très tranchés. Certains disent qu'on devait s'interdire de mentionner les mauvais vins!

C'est tout de même étonnant! Alors que l'on accepte qu'un critique de cinéma dise qu'un film est un navet; que l'on accepte qu'un chroniqueur de restaurant rapporte qu'un restaurant est mauvais; on ne pourrait pas ou on ne devrait pas avoir la même liberté dans le monde du vin?

Lorsque l'on compare le travail de chroniqueur de restaurant, de film, de livre à celui de chroniqueur de vin, on constate de grandes différences dans les résultats. Alors que les critiques sont très variés dans les autres champs de critique, ils sont, par contre, presque toujours louangeurs dans le monde du vin.

Tous les vins seraient donc bons?
Pourtant, on en goûte des mauvais. Pourquoi ne pas le dire à nos lecteurs.

Depuis que je travaille dans la critique de vin, cette différence entre ces champs de critique m'a toujours étonné. À quoi est due cette différence? Pourquoi la critique de vin semble-t-elle si peu exister?

Pourtant, il y en a des gens qui écrivent sur le vin, que ce soit dans les magazines, les journaux et de plus en plus dans des blogues. Et c'est presque toujours louanges sur louanges. Ça ressemble à des publireportages.

Un monde sans défauts
Le monde du vin est-il un monde sans défauts? Tout le monde il est beau tout le monde il y est gentil!

Pourtant, il y a de plus en plus de problèmes causés par le réchauffement climatique et les nouveaux modes de vinification: vins oxydés, brettés, refermentés, contaminés...

Lorsque nous lisons des revues de vin, on est porté à se demander si c'est de la publicité. Tout y est toujours bon. Il est vrai que ces magazines sont financés par la publicité payée par des producteurs de vin. Ces rédacteurs ne peuvent donc pas critiquer ceux qui les financent. C'est un monde de clients. On ne mord pas la main qui nous nourrit. De plus, ces magazines, particulièrement en France, organisent souvent maintenant des salons de vin et des concours. Ils font payer les producteurs pour participer à ces évènements. Il n'y a donc plus là place possible pour la critique, mais plutôt pour l'autocensure. On doit bien faire paraitre son client, c'est tout.

Il faut dire aussi que ces magazines semblent plutôt lus par les vignerons que par les consommateurs en général. Ces rédacteurs s'adressent donc à leurs clients les vignerons et non plus aux amateurs de vin.

Des louanges dans internet
Maintenant, lorsque nous naviguons dans l'internet, nous voyons de plus en plus de blogueurs de vin et là aussi c'est louanges sur louanges. C'est à qui donnerait la plus belle note, la plus haute note. On en donne des 90 et des 4 étoiles à tout vent. C'est à qui donnerait le plus de compliments.

Pourtant, la plupart de ces rédacteurs à plein temps ou du dimanche se disent des spécialistes du vin. On n'ose tellement pas critiquer que l'on entend dire que si le vin est bouchonné ce n'est pas la faute du vigneron parce qu'il n'a pas fait le bouchon! C'est de l'angélisme et un argument fallacieux, car le vigneron n'a pas fait non plus les levures, les barriques, les tanins et acides ajoutés. Il est pourtant responsable de son produit.

Il faut dire ici que beaucoup de ces gens ont ou se donnent une formation en sommellerie et le sommelier n'est pas formé pour critiquer, mais pour vendre le vin. Ceci contribue peut-être à expliquer cette incapacité de critiquer, mais pas totalement.

Des consommateurs critiques
Si ces spécialistes ne critiquent pas, par contre, on peut trouver des gens ordinaires qui eux osent critiquer les vins. On trouve cela sur des sites de commentaires de vin tel que Cellartracker. Ces individus, malheureusement trop souvent anonymes, nous renseignent sur les mauvais vins. Ils osent dire qu'un vin sent mauvais, sent la ferme, l'écurie, qu'un autre a refermenté en bouteille, qu'un autre est souvent bouchonné... Toutes des choses que les spécialistes nous cachent.

Pourquoi ces cachotteries de la part des spécialistes, des professionnels?
Ici, je vais entrer dans le domaine des hypothèses. Il y aurait l'histoire, les habitudes, la tradition. «Ça s'est toujours fait comme cela», entendons dire. Il y aurait aussi la formation de certains de ces spécialistes, formés comme sommelier à vendre le vin, à communiquer les qualités du vin.

Autocensure
Il y a aussi surement beaucoup la proximité avec les producteurs. Alors que les critiques de cinéma et de restaurants sont loin des réalisateurs et des restaurateurs; les chroniqueurs de vin sont près des producteurs et de leurs agents. On se visite, on déguste ensemble, on reçoit des échantillons, on voyage...

Il est plus difficile de critiquer le travail de ceux qui sont proches de nous et que l'on rencontre fréquemment. On peut craindre de ne plus recevoir d'échantillons, de ne plus être invité aux dégustations et aux voyages de presse.

On s'autocensure aussi, parce que nos médias préfèrent trop souvent les bonnes nouvelles, les informations jovialistes. Quelle est alors la crédibilité de ces critiques qui ne critiquent pas? C'est plus difficile à établir.

Sommelier ou critique?
Suite à une longue discussion sur ce sujet dans Facebook, un chroniqueur de vin de Québec a publier un texte intitulé «Je ne suis pas un critique de vin». http://www.journaldequebec.com/2017/03/12/je-ne-suis-pas-un-critique-de-vin. Le commentaire est franc, le sommelier Philippe Lapeyrie dit qu'il aime mieux «rester dans le positif et la bonne humeur.»

C'est le point de vue du sommelier, peut-être de toute la profession. C'est honnête, mais est-ce qu'il y a place pour la critique dans le monde du vin.

Le rôle du critique
Comment alors bien informer le consommateur? Qui osera dire aux consommateurs d'éviter tel ou tel vin. Ou de dire qu'un vin bon l'an dernier ne l'est plus autant dans le millésime suivant?

«La critique est un examen raisonné, objectif, qui s'attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur», nous dit le dictionnaire en ligne CNRTL.

Le consommateur veut-il savoir?
Le spécialiste des vins Alain Laliberté me dit avoir demandé à ses lecteurs «Préférez-vous être informés sur les bons achats uniquement ou désirez-vous aussi connaître ce qu'il faut éviter ? Plus de 90% souhaitaient tout savoir.»

Quel est l'avenir alors de ces nombreux blogues de louange de vin? Comment former de futurs critiques de vin?

Prenons conscience que les chroniques de vins ressemblent trop souvent plus à du travail d'attachés de presse que du travail de journaliste. Il faut qu'on se réveille sinon nous aurons aussi peu de crédibilité que les chroniqueurs de voyage qui se sont fait remplacer par Tripadvisor.

Je ne suis pas sommelier, mais journaliste et critique de vin.

Au sujet de la critique, voir le livre de Catherine Voyer-Léger Métier Critique, aux éditions Septentrion.

 

Avis aux consommateurs
Si vous ouvrez une bouteille de vin qui sent mauvais, qui sent les égouts, la cave humide, l'écurie ou pire et que ça persiste plus de quelques minutes, retournez la bouteille à la SAQ. Car en vertu de la Loi de protection du consommateur, tout produit défectueux doit être soit réparé, remplacé ou remboursé. (Remboursement de vin défectueux)

 

Entrevue à ce sujet à l'émission radiophonique de Sophie Durocher à BLVD 102,1 : Le droit de critiquer le vin (15 min).
_______________
Est-ce que les critiques de vin devraient aussi commenter les vins à éviter? Discussion dans Facebook lancée par Alain Laliberté.

«Je ne suis pas un critique de vin»
, Philippe Lapeyrie, Journal de Québec

Sujets connexes


Le vin en épicerie

L'an dernier, les Québécois ont acheté un peu plus de 160 millions de litres de vin. Ces achats se sont faits  dans les 406 succursales de la SAQ, dans près de 8000 épiceries et dépanneurs, ainsi que pour une moindre mesure chez les producteurs locaux.

De ses 160 millions de litres, 120 millions ont été achetés dans les succursales de la société d'État et 40 millions dans les épiceries.

Le marché du vin en épicerie est en forte croissance depuis quelques années. On peut maintenant aussi y acheter du vin québécois. Des sommeliers réputés se lancent aussi à la conquête de ce nouveau Klondike.

L'émission L'Épicerie de Radio-Canada se penche sur ce phénomène. «L’épicerie a voulu savoir si le nouveau marché du vin d'épicerie offre un bon rapport qualité/prix.»

Voir l'émission du 22 novembre de L'Épicerie.


Pour en savoir plus sur le commerce du vin en épicerie

SAQ: hausse des prix des grands vins?

Après la baisse des prix des petits vins à la SAQ, est-ce que l'on doit s'attendre à une hausse des prix des vins de milieux de gamme et des grands vins?

La direction de la SAQ veut appliquer une majoration linéaire comme celle de la LCBO en Ontario pour remplacer sa majoration régressive qui taxe plus les vins à bas prix.

La SAQ a réduit le prix de 1600 de ces vins courants, ses plus gros vendeurs.

En effet, avec sa marge linéaire — la même pour tous les vins — l'Ontario offre des vins à petits prix moins chers qu'au Québec, toutefois, ses vins de plus de 20 $ sont souvent plus chers qu'à la SAQ. À tel point qu'en Outaouais des restaurateurs d'Ottawa s'approvisionnent à l'occasion dans des SAQ de Gatineau pour obtenir leurs vins de plus de 30 $ inscrits à leurs cartes de vin et souvent plus chers ou en rupture de stock à la LCBO!

Un exemple, le Beringer Knights Valley Cabernet-Sauvignon 36,10 $ à la SAQ, mais 44,95 $ à la LCBO
Ce vin est vendu dans plusieurs restaurants d'Ottawa, dont un le Al's Steakhouse de la rue Elgin l'affiche à  105 $ à sa carte de vins!

Il nous arrive même de voir chez des cavistes en France des vins français de 30-100 euros plus chers là qu'ici à la SAQ!

C'est bien beau réduire les prix des vins à moins de 15 $, mais si c'est pour augmenter les prix de ceux à plus de 20 $ — ceux qu'on achète — nous nous serons perdants dans cette affaire-là, me dit l'ami Pierre.

Allez-vous taxer les riches?
Les vins achetés 5 $ sont triplés à 15 $ à la SAQ (avant la baisse de 1,40 $); pendant que ceux achetés 50 $ sont seulement doublés à 98 $.

Je pose donc la question au président de la Société des alcools du Québec. Vous avez été accusé de taxer plus les pauvres avec votre marge régressive. Vous avez réduit cette marge. Allez-vous maintenant taxer plus les riches pour compenser?

Je ne veux pas créer un choc tarifaire auprès de la clientèle. On ne veut pas créer un choc pour les vins en haut de 30 $,» nous dit le président Alain Brunet.

Nous sommes à la deuxième année de notre plan de trois ans, ajoute M. Brunet. Dans la première année, on a baissé les prix des vins d'entrée de gamme. On a appliqué rapidement une solution pour nous amener le plus vite possible à la parité avec l'Ontario. «On a procédé à vitesse grand V». Le travail s'est bien fait rapidement. «Et on l'a vu, on a mesuré que la perception de prix s'est améliorée de 15 % auprès des clients.»

Donc on a fait ce travail, mais ce n'est pas assez, il faut que cela soit durable et solide. «Nous sommes en train de faire beaucoup de simulations. Il faut bien le faire parce que là on est dans le coeur financier de l'organisation. On va la présenter cette nouvelle marge. Elle sera linéaire, égale pour tous et on préservera la parité avec les marchés limitrophes (l'Ontario)», nous dit M. Brunet qui ajoute que de toute manière y a très peu de volume sur les vins au-delà de 30 $ que ça n'équilibrerait pas la baisse sur les vins courants.

C'est pour ça que la SAQ a fait un virage financier, dit-elle. Elle a compressé ses coûts, entre autres en réduisant de 30 % son personnel administratif, en négociant plus sérieusement avec ses fournisseurs afin «de subventionner la baisse de prix». De plus, la direction de la SAQ a convenu avec le gouvernement que l'augmentation du bénéfice sera de seulement 1 % pour les 2 ou 3 prochaines années, affirme le président.

C'était le temps d'agir
«On a donc répondu rapidement à la demande du client qui était la plus visible. C'était le temps d'agir. Ça a fait le travail. C'était parfait. Mais ce que l'on veut ce n'est pas faire juste un coup de circuit et un coup publicitaire. Il faut que ce soit pondéré, durable et transparent.»

La baisse des prix de 1,40 $ — soit 9 % selon M. Brunet — a été compensée en partie par une hausse des ventes en volume de 6,6, % au cours des 6 derniers mois. (Voir Forte hausse des ventes de vin à la SAQ.)

Au sujet de la transparence, M. Brunet ajoute «qu'il faudra que le consommateur voie ce qui est notre marge d'affaires et notre marge fiscale.» C'est-à-dire qu'il faudra que l'on distingue la différence entre les deux marges. Autrement dit que l'on voit si la SAQ est vraiment profitable.

La SAQ profitable? La SAQ rentable ou non?
La question semble étrange pour une entreprise qui rapporte 1 milliard $ au gouvernement, mais elle est pertinente. La même question a été posée à la LCBO. Et la réponse a été que la LCBO est peu rentable! Pourtant, elle donne 2 milliards de dollars au gouvernement de l'Ontario chaque année!

«La LCBO, comme la plupart des détaillants, est une entreprise dont la marge bénéficiaire est très faible» a dit l'an dernier le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, présidé par Ed Clark, anciennement PDG de la Banque Toronto Dominion.

«En combinant les impôts théoriques (dividendes exigés par le gouvernement) aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.» (Voir La LCBO est peu rentable, septembre 2016)

C'est la même chose pour la SAQ qui mêle son profit de commerce de détail (marge financière) avec le milliard exigé par le gouvernement (marge fiscale) qui est en fait une taxe imposée. La SAQ va donc être plus claire en séparant dans ses résultats financiers ses profits d'affaires de la marge fiscale exigée par le gouvernement. Ce sera ainsi plus transparent.

Donc, en résumé, pour revenir à la question du début, la direction de la SAQ rassure nos amis amateurs de grands vins: ils n'auront pas un choc en voyant les prix de leurs vins préférés montés en flèche.

Le beaujolais nouveau 2017

Le beaujolais nouveau semble vraiment passé de mode au Québec.

L'engouement n'est plus. Il est vrai aussi que la qualité n'y était pas. On nous refilait de la piquette bien acidulée et mal aromatisée.

Il y a toutefois des producteurs qui font de vrais efforts pour produire du bon beaujolais nouveau. Mais la grande masse est plutôt le fait de gros négociants en vin.

Le beaujolais nouveau est embouteillé et vendu très vite seulement quelques semaines après la récolte; alors que la plupart des autres vins s'affinent en cave jusqu'au printemps. Dans les années '60 en France, c'était une course à qui apporterait le plus rapidement son vin dans les bistrots de Paris après les vendanges.

La SAQ en commandait 200 caisses en 1975; 40 000 en 1998 — dont les deux tiers vendus dans la même journée — en 2000, ce fut 48 000 caisses — il y avait des files d'attente.

«À cette époque, on célébrait les vins nouveaux dans les restos, les bars et plus de 40 fêtes populaires soulignaient l’événement.

Des files d’attente à toutes les succursales SAQ, tôt le matin, témoignaient de la forte popularité de cet événement auprès des Québécois», se rappelle la SAQ.

Puis ce fut la baisse progressive : 31 885 en 2002; 21 500 en 2005; 14 000 en 2006; 7000 en 2007, 4100 en 2008. La qualité n'était pas au rendez-vous. Nos monopoles achetant des vins acerbes de gros négociants.

Cette année, la SAQ en a commandé 6605 caisses dont 1912 caisses de beaujolais. Les prix vont de 11,85 $ pour le nouveau Care d'Espagne à 19,95 $. (La LCBO de l'Ontario a commandé 8940 caisses de vin nouveau.)

«Malgré le fait que la popularité de l’événement ait connu une forte baisse, quelques inconditionnels prennent toujours plaisir à souligner les vendanges et c’est pourquoi la SAQ n’a pas rompu cette tradition de plus de 40 ans», nous dit la SAQ.

Cette année, la SAQ nous présente son 42e arrivage de vin nouveau. C'est 11 vins nouveaux, dont 4 du Beaujolais, 1 d'Espagne; 1 d'Italie et 5 vins de France.

C'est de 200 à 1200 caisses par produits, donc souvent une ou deux caisses par succursale et il n'y en a pas dans tous les magasins.

Les 4 du Beaujolais sont transportés par avion, ce qui explique en partie le prix élevé. Les autres ont fait le voyage en bateau.

Malgré le peu d'intérêt des consommateurs, chaque année, j'essaie d'en goûter quelques-uns. Je suis allé dans une succursale sélection et il n'y avait qu'une à deux caisses de quelques vins nouveaux. Cette fois-ci, j'ai acheté les vins nouveaux de 2 producteurs réputés du Beaujolais: Jean-Paul Brun et Pierre-Marie Chermette. Ce dernier, étiqueté Gamay Nouveau et non Beaujolais Nouveau est bien meilleur que le premier.

Le beaujolais nouveau c'est festif. C'est une occasion de briser la grisaille de novembre. On en ouvre quelques bouteilles avec des amis. Certains vont détester et médirent du le beaujolais nouveau; d'autres vont aimer le petit côté fruité guilleret. De toute manière, ça fait jaser!

 Le beaujolais nouveau est fait par la méthode de fermentation carbonique. Les raisins sont mis en cuve en entier sans être foulés. Les baies du dessus sont ainsi entières et intactes. La fermentation commence alors à l'intérieur des baies sans être en contact avec l'extérieur de la peau et des levures. Ce processus engendre une forte production de gaz carbonique qui protège le jus de l'oxydation. Les vins qui en résultent sont ainsi moins tanniques et plus légers. Ce processus est aussi utilisé pour assouplir certains carignans. (De Vignes en Vin; Vidéos; IFV)

 

Deux conseils pour le service des vins nouveaux

  1. Servez-les bien frais à 12-14 degrés, donc après 15 minutes au congélateur ou 1 h 30 au réfrigérateur.
  2. Aérez-les fortement, car ces vins vite fait peuvent contenir beaucoup de sulfite.

Les Ontariens aiment le vin de l'Ontario

Près d'une bouteille de vin consommée en Ontario a été produite en Ontario même.

Oui, les Ontariens aiment le vin de leur province. En effet, selon les chiffres de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO), les vins ontariens représentent 41 % des ventes de vins de la province en volume.

De ce 41 %, 25 points de pourcentage sont vendus par l'entremise de la LCBO, le reste est vendu par les établissements vinicoles de la province.

Les ventes de vin de l'Ontarion ont connu une hausse de 8,5 % en 2016.

Les vins de l'Ontario vendu par la LCBO totalisent 47 millions de litres pour 476 millions de dollars. Les vins de l'Italie c'est 23 millions de litres; ceux des États-Unis 20 millions; ceux d'Australie c'est 11 millions et les vins de France totalisent 9 millions de litres de vente à la LCBO.

En dollars, les vins de l'Ontario représentent des ventes de 476 millions de dollars contre 342 pour les États-Unis; 340 pour l'Italie et 197 millions $ pour les vins de France.

On voit ainsi que le marché de vin en Ontarion est très différent de celui du Québec où les vins de France sont en première place avec 30 % des parts de marché suivis de l'Italie avec 24 % des parts de marché.

______

Source: rapport annuel de la LCBO.

Des hausses de prix à la SAQ

La Société des alcools du Québec a procédé à des hausses de prix de plusieurs de ces vins le 8 novembre dernier. La plupart des hausses sont de 5,10 et 25 cents. Il y a eu aussi des baisses sur certains de ces produits. La SAQ a dit ne pas vouloir d'autres hausses de prix avant le dépôt du budget québécois au printemps prochain.

La directrice des communications de la SAQ, Mme Éliane Hamel nous dit qu' «au total, 979 produits ont augmenté (moyenne de 0,21 $), 1 306 produits n’ont pas bougé et 188 produits ont baissé (moyenne de 0,10$).»

 

En fait, selon les documents internes obtenus par Jean-Michel Genois Gagnon du journal Le Soleil c'est plutôt 1650 produits qui ont été haussés.

Mme Hamel ajoute que «sur les 350 vins en approvisionnement continu communs au Québec et à l’Ontario, 71 % ont un prix égal ou inférieur à la SAQ.»

Rappelons que la SAQ avait réduit de 1,40 $ les prix de 1600 vins depuis novembre de l'an dernier. Ces hausses de la semaine dernière réduisent un peu l'effort qui avait été fait.

Le pourquoi de ces dernières hausses de prix: «Pour les produits qui ont connu des hausses, les facteurs qui justifient cette variation sont valables, ils nous ont été présentés et nous les avons acceptés. Notre volonté de satisfaire nos clients est partagée avec nos fournisseurs et nous travaillons maintenant plus que jamais à en faire plus, ensemble, pour offrir les meilleurs prix», nous dit la porte-parole de la SAQ.

Voici quelques exemples de variation de prix parmi les vins rouges de bon rapport qualité-prix commentés dernièrement. Il est à noter que les hausses sont plus répandues sur les vins à bas prix que sur les vins de plus de 18 $ !
 

Fonte di Nico 2016  8,05$  8,00$
Vila Regia 2016  8,95$  9,00$
Chevalier de Dyonis, Pinot Noir 2015  9,45$  9,50$
Jardins de Meyrac rouge 2016  9,95$ 10,00$
Santi Nero, Pinot Nero 2016 10,50$ 10,60$
Cono Sur, Bicicleta, Pinot Noir 2016 11,10$ 11,15$
Otoñal Joven 2016 11,25$ 11,30$
Carrelots des Amants, Rouge 2014 12,00$ 12,25$
Scià 2015 12,15$ 12,45$
Clos Bagatelle 2016 12,55$ 12,60$
Sirocco 2015 12,55$    -
Tailwind, Gamay Zweigelt 2016 13,45$ 12,95$
Cabral Reserva 2014 13,95$    -
Château la Mothe du Barry 2015 14,55$ 15,05$ 
Tons de Duorum 2015 14,95$     -
Primitivo, Tenuta Viglione 2015 15,25$ 15,60$
Domaine Langlois-Chateau Saumur 2015 16,45$ 16,85$
Dao, Quinta das Maias 2013 16,65$ 16,95$
ΤΕΤΡΑΜΥΘΟΣ, Mavro Kalavrytino, 2015 17,05$ 17,85$
Le Vin Noir 2012 17,40$ 19,15$
Cosme Palacio 2014 17,50$ 17,55$
Veramonte Cabernet Sauvignon 2015 17,50$    -
Château Les Hauts d'Aglan, Cahors 2011 17,55$ 17,95$
Regaleali, Nero d'Avola 2015 17,75$    -
Saint Andéol, Cairanne 2015 17,95$ 18,30$
Tour Bouscassé, Madiran 2010 17,95$     -
Hommage, Cazes, 2014 18,05$     -
Centine, Toscana 2014 18,05$     -
Attilon, Marselan 2015 18,25$ 18,35$
Vino Rosso 2015 18,40$ 17,70$
Le Bordeaux de Citran 2015 18,45$     -
San Felice, Chianti Classico 2015 18,55$     -
La Cuvée Mythique 2014 18,55$     -
Château Paul Mas, Clos Des Mûres 2015 18,55$ 18,60$
M de Magnol 2015 18,65$ 18,60$
Marquis de Bordeaux 2015 18,65$    -
Chinon, Expression 2014 18,90$ 19,35$
Côtes-du-Rhône rouge Guigal 2013 19,25$ 19,70$
Frappato, Scoglitti 2015 19,90$     -
Trentangeli 2015 19,95$     -
L'impromptu 2015 20,55$     -
Chiroubles 2015, Domaine Ruet 20,80$     -
Ijalba Reserva 2013 20,85$ 21,60$
Morgon, Domaine Ruet, Les Grands Gras 2015 21,35$     -
Domaine Lafond, Roc-Épine, Lirac Rouge 2014 21,95$     -
Terres Rouges, Domaine de Saint-Just, Saumur-Champigny 2016 22,00$     -
Bourgogne, Pinot Noir, Les Ursulines 2016 22,35$     -
Cygnus 2013 22,45$     -
Cuvée Grain de Folie N'5, Château Puy d'Amour 2014 22,65$     -
Château La Branne, Médoc 2014 22,75$     -
Bourgueil, La Coudraye 2015 23,40$     -
Château la Tour de L'Evêque rouge 2013 23,40$     -
Heinrich, Blaufrankisch 2015 23,45$     -
Causses Marines rouge, Peyrouzelles 2015 23,60$     -
Bonpas, Vacqueyras, Silbertus 2015 24,35$     -
Le Bourgogne, Chanson, Pinot Noir 2014 24,45$ 25,05$
Vin de Savoie, Mondeuse, La Sauvage, Pascal Quénard 2015 24,50$ 25,25$
Heinrich, Zweigelt 2014 24,55$     -
Château Mont-Redon, Lirac rouge 2015 24,75$     -
Ramnista 2013 24,85$     -
Crozes-Hermitage 2014, Alleno et Chapoutier 24,95$     -
Moulin-à-vent, Vieilles Vignes 2015, Anita Kuhnel 26,40$    -
Côtes Rocheuses, Saint-Émilion 2013 27,25$ 28,00$
Château Romanin la Chapelle 2013 27,75$ 28,00$
Faustino I Gran Reserva 2005 28,45$ 28,50$
Domaine Mega Spileo 2010 28,85$    -
Claudie Jobard, Rully La Chaume 2015 29,45$    -
Château de Haute-Serre 2000 30,00$    -
L'Ecole No41 Frenchtown 2014 30,25$    -
Château Cambon La Pelouse 2014 30,75$    -
Nature d'Ursulines, Bourgogne 2015 30,75$    -
Reine de Nuit, Anita Kuhnel, Moulin-à-vent 2015 31,75$    -
Pesquera, Crianza 2013 31,75$    -
Coeur de Vigneronne, Moulin-à-vent, Anita Kuhnel 2014 34,75$    -
Château de Saint Cosme, Gigondas 2015 42,75$    -

La SAQ voulait faire du rattrapage et aligner ses prix sur ceux de la LCBO. Le journal Le Soleil nous signale ce matin qu'il y a encore beaucoup de rattrapage à faire surtout au niveau de l'offre de vin à bon prix. En effet, d'après les calcul du journaliste Jean-Michel Genois Gagnon, la SAQ offre 787 vins de moins de 15 $; alors que la LCBO en offre près du double.

Voir aussi Le prix du vin à la SAQ: il y a du progrès, mais...
  Radio blvd 102.1 (14 novembre).

Le site Hippo Vino donne d'autres exemples de hausse de prix.

Encore plus de vins bio

Le nombre de vins étiquetés bio a augmenté sensiblement sur les rayons des magasins de la Société des alcools du Québec au cours de la dernière année.

Il est passé de 400 en novembre 2016 à 640 aujourd’hui. (Au format de 750 ml.) Soit une hausse notable de 240 vins.

Rappelons qu'en 2013, il n'y avait que 160 vins bio au répertoire de la société des alcools.

C'est encore peu, 640 vins bio sur un total de 8300 vins à la SAQ, mais c'est un progrès. Il y a de plus 29 mousseux bio sur les 670 au répertoire.

La plupart de ces vins bio proviennent de France, soit 430.

Mentionnons aussi ici que les vins bio ne sont pas tous étiquetés bio à la SAQ.

Ces vins bio sont maintenant mieux identifiés sur les rayons de la Société des alcools du Québec. En effet, les étiquettes de prix des produits bio sont depuis mai de couleur verte alors qu'elles sont blanches pour les vins non bio.

Voici une belle sélection de vins bio d'un bon rapport qualité-prix.

Nom Région SAQ Cote Prixicone de tri
Masi, Tupungato, Passo Blanco 2016 Argentine 2,0 13,55 $
Château la Mothe du Barry 2015 Bordeaux 2,5 14,55 $
Tetramythos, Roditis 2016 Grèce 3,0 14,95 $
Primitivo, Tenuta Viglione 2015 Italie 3,0 15,25 $
Parés Baltà, Cava Brut Espagne 2,5 16,55 $
ΤΕΤΡΑΜΥΘΟΣ, Mavro Kalavrytino, 2015 Grèce 3,0 17,05 $
Château Les Hauts d'Aglan, Cahors 2011 Cahors 2,5 17,55 $
Hommage, Cazes, 2014 Roussillon 3,0 18,05 $
Barone Cornacchia, Montepulciano d'Abbruzo 2014 Italie 3,0 18,10 $
Attilon, Marselan 2015 Provence 2,5 18,25 $
Vignoble du Rêveur, Pierres Sauvages 2013 Alsace 2,5 19,40 $
Château Revelette, rosé 2016 Provence 3,0 19,50 $
Frappato, Scoglitti 2015 Italie 2,5 19,90 $
Trentangeli 2015 Italie 3,0 19,95 $
Calcari, xarel-lo, Parés Baltà 2016 Espagne 3,0 20,00 $
Domaine Lafond, Roc-Épine, Lirac Rouge 2014 Rhône 2,5 21,95 $
Domaine des Huards Romo 2013 Loire 3,0 21,95 $
Terres Rouges, Domaine de Saint-Just, Saumur-Champigny 2016 Loire 3,0 22,00 $
Josmeyer, Le Pinot Blanc, Mise du printemps 2016 Alsace 3,5 22,40 $
Cuvée Grain de Folie N'5, Château Puy d'Amour 2014 Bordeaux 3,0 22,65 $
Domaine d'Orfeuilles, Vouvray, Les Coudraies 2015 Loire 3,0 22,95 $
Château Coupe Roses, Schiste, Minervois Blanc 2016 Languedoc 3,0 23,20 $
Bourgueil, La Coudraye 2015 Loire 3,0 23,40 $
Heinrich, Blaufrankisch 2015 Autriche 3,5 23,45 $
Causses Marines rouge, Peyrouzelles 2015 Sud-Ouest 3,0 23,60 $
Causse Marines, Les Greilles 2016 Sud-Ouest 3,0 24,00 $
Rosé d'une Nuit, Domaine du Deffends 2016 Provence 2,5 24,40 $
Les Perrières, Domaine de Saint-Just, Saumur 2015 Loire 2,5 24,40 $
Domaine de Beaurenard, Rasteau 2014 Rhône 3,0 24,45 $
Vin de Savoie, Mondeuse, La Sauvage, Pascal Quénard 2015 Savoie 3,0 24,50 $
Heinrich, Zweigelt 2014 Autriche 3,0 24,55 $
Alsace 2015, Marcel Deiss Alsace 3,0 24,85 $
Gaun, Chardonnay, Alois Lageder 2015 Italie 3,5 26,35 $
Château Romanin la Chapelle 2013 Provence 3,0 27,75 $
Les Argiles, François Chidaine 2015 Loire 3,5 36,50 $

 

Une application mobile pour la Grande dégustation de Montréal

Une application pour votre téléphone qui peut être pratique pour planifier votre visite à la Grande dégustation de Montréal.

Elle peut vous permettre de vous y retrouver parmi les presque 200 exposants et situer leur stand sur la carte.

On y trouve la liste des producteurs, des produits.
On peut ainsi faire une recherche par vigneron, par vin, par pays, par région, par type de produit et par agence. Sélectionner ses favoris et les retrouver sur place.

De plus, l'application permet de prendre des notes par écrit ou orales.

Vous pouvez la télécharger ici.

Le salon se déroulera du 2 au 4 novembre.

Quelques vignerons à visiter:  J. Laurens; Biondi Santi; Billecart-Salmon; Destieux; Beaurenard; Schlumberger; Dr Loosen; Beyer; Parés Balta; Semeli; Bonhomme; Lungarotti; Rocca delle Macie; Hugel; Guiot; École no 41, Ste Michelle et plein d'autres qu'on ne connait pas encore. Treize maisons de champagne seront aussi représentées.

Le site de la Grande dégustation de Montréal.

Forte hausse des ventes de vin à la SAQ

Les magasins de la Société des alcools du Québec ont vendu 5 millions de bouteilles de vin de plus depuis la baisse des prix.

C'est une hausse de 6,6 % des ventes de vin dans les 407 magasins de la SAQ depuis fin mars.

La direction de la société d'État a réduit de 1,40 $ le prix de ses 1600 vins les plus populaires en 3 vagues, dont la dernière en février dernier. C'est ce qui expliquerait cette hausse des ventes de vin. (En dollars, toutefois, la hausse n'est que de 2,2 millions $, soit une faible hausse de 0,2 %.)

Les ventes de vin stagnaient dans les magasins de la SAQ depuis 2014, mais augmentaient dans les épiceries.

Par ses actions, la SAQ a réussi à inverser cette tendance. En effet, au cours des deux derniers trimestres les ventes de vin aux épiciers ont diminué de 500 000 bouteilles.

Il se peut aussi que la carte de fidélité Inspire ait joué un rôle dans ce renversement. Toutefois, nous n'avons pas de chiffres spécifiques sur les effets de la carte Inspire sur les ventes.

D'autre part, les ventes de spiritueux ont aussi été en hausse au cours des 2 derniers trimestres; soit de 400 000 litres.

Malgré ces hausses des ventes, les bénéfices de la SAQ sont en recul. La SAQ a fait 20 millions de dollars de moins au cours des 2 derniers trimestres comparés à la même période l'année précédente.

Toutefois, la direction du monopole dit que «la SAQ prévoit enregistrer une croissance de son résultat net à la fin de l'exercice grâce aux mesures d'efficience et à ses stratégies commerciales.»

Le tableau suivant montre les variations dans les ventes de vin par trimestre au cours des 4 dernières années. Les quantités sont en litres.

Ventes par trimestre
(millions de litres de vin)
  T1
2014 /2015 /2016/2017
T2
2014 /2015 /2016/2017
T3
2014 /2015 /2016
T4
2014 /2015/2016
Succursales 26,2 /27,5 /26,6/28,4 27,7 /28,9 /29,2/31,1 44,6 /41,4 /42,2 23 /23,6 /26.9
Épiceries 9,6 /9,1 /10,1/9,9 7,9 /9,2 /9,5/9,3 13,1 / 14,1 /14,8 8,4 /8,6 /7,9
@ Compilation de vinquebec.com

  Sources: les rapports annuels et trimestriels de la SAQ.

 

Le millésime du siècle en Languedoc

On a beaucoup parlé ces dernières semaines de la faible récolte de raisins, mais qu'en est-il de la qualité?

Ce pourrait être le millésime du siècle, du moins c'est ce qu'on nous dit du Languedoc. «C’est un millésime de très grande qualité, voir le millésime du siècle», écrit Jérome Villaret délégué général du Conseil Interprofessionnel des AOC du Languedoc et des IGP Sud de France.

«L’ambiance climatique est parfaite et toutes les conditions sont réunies pour construire un grand millésime qui sera marqué par un bel équilibre et une finesse de tanins.»

Mais qu'en est-il de la quantité? Certains craignent une pénurie. Un agent représentant des vignerons français au Québec, Pierre Birlichi de l'agence Raisonnance me dit que «nous allons manquer de vins qualitatifs». Toutefois, ce ne serait pas le cas en Languedoc si l'on en croit M. Villaret pour qui il n'y aura «pas de problèmes d'approvisionnement du marché».

Si les volumes s’annoncent historiquement faibles avec une baisse de 20 à 30 % selon les secteurs, Jérôme Villaret se montre rassurant dans son communiqué de presse. «Dans le cas du Languedoc, nous ne devrions pas avoir de problèmes de disponibilités. Depuis plusieurs années les AOC du Languedoc se sont constitué une réserve dans le cadre d'une gestion économique du marché, sous la forme de la Gestion Prévisionnelle des Sorties. Cette réserve pourra être mobilisée cette année pour pallier à une récolte faible.»

Dans le Roussillon, où les vendanges ne sont pas encore terminées, on nous dit qu'elles ont tout de même été précoces cette année, avec deux semaines d'avance. Il reste toutefois à rentrer les grenaches et les mourvèdres. La température a été plus élevée que la moyenne. «S’il est encore difficile de se prononcer sur les volumes, la qualité semble être au rendez-vous dans la lignée des deux millésimes précédents», nous dit le communiqué de presse du CIVR du Roussillon.

Dans le Beaujolais, on nous dit qu'il n’y a eu en 2017, aucune pression de maladie, et bien que la vigne «ait tiré la langue» par manque d’eau, l’état sanitaire était parfait, et les raisins récoltés de très belle qualité, concentrés, avec une belle balance acide.

«Unique bémol en 2017, si la qualité est au rendez-vous, les volumes, comme malheureusement dans bien d’autres vignobles français, seront faibles. La nature n’a pas épargné grand monde cette année», dit le communiqué d'Inter Beaujolais.

D'ailleurs, c'est l'écho qu'on entend de toutes les régions de France; la récolte est faible, mais la qualité est grande.

Eh bien, nous avons bien hâte de goûter à ce beau millésime 2017 !

Baisse constante du prix du vin

La production mondiale de vin fluctue beaucoup d'une année à l'autre. Elle est tributaire des conditions climatiques. Ces conditions sont peut-être aussi modifiées par le réchauffement climatique. Il y a des hauts et des bas. On a déjà produit 297,7 millions d'hectolitres en 2004, mais les prévisions pour cette année sont de 246,7  millions d'hectolitres selon les prévisions de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). La production moyenne annuelle se situe autour de 270 millions d'hectolitres depuis 2000.


Organisation internationale de la vigne et du vin, octobre 2017

 

Pendant ce temps, la consommation mondiale de vin fluctue elle aussi comme nous le montre le tableau suivant. La consommation montait progressivement depuis 2000 pour atteindre 250 millions d'hectolitres en 2008. Puis, elle a chuté lors de la crise financière de 2008, pour descendre à moins de 240 millions d'hectolitres en 2014. Selon, l'OIV, «ces évolutions conduisent à encadrer la consommation mondiale de vin dans une fourchette de 240,5 à 245,8 Miohl, soit un milieu de fourchette à 243,2 Miohl», pour l'année 2017.


Organisation internationale de la vigne et du vin, octobre 2017

 

Donc, comme nous le montrent les deux tableaux précédents, nous produisons toujours plus de vin que nous en consommons. Ce sera le cas aussi en 2017, malgré la forte chute de production à 246,7 millions d'hectolitres, notre consommation de vin sera encore inférieure à la production de vin de quelques millions d'hectolitres à 243,2.

Qu'en est-il alors du prix du vin? Le prix mondial du vin exporté baisse depuis quelques années. Comme nous le montre le tableau suivant, le prix mondial du vin (la ligne jaune) est descendu de 5,20 US$ en 2012 à 4,80 US$ en 2017. En Asie (ligne verte), la fluctuation est plus forte qu'en Europe (ligne bleue); tandis qu'en Amérique (ligne rouge) le prix est plutôt stable.


Wine by Numbers, Unione italia vini, septembre 2017

Nous pouvons supposer que la production de vin étant plus élevée que sa consommation ceci maintient les prix. De plus, il y a de nouveaux pays producteurs en croissance comme la Chine et l'Europe de l'Est qui s'ajoutent aux producteurs traditionnels, ce qui accroit l'offre et la concurrence.

_____________
Sources
Éléments de conjoncture vitivinicole mondiale 2017, Organisation internationale de la Vigne et du vin, octobre 2017;
Wine by Numbers, Unione italiana vini, septembre 2017.

Syndiquer le contenu