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La SAQ a réduit sa majoration de 137 % à 116 %

La direction de la Société des alcools du Québec a réduit les prix de 1600 de ses vins courants de son répertoire.
Une réduction de 1,40 $ qui s'est faite en trois étapes depuis novembre 2016.

Un vin qui se vendait 16,40 $ est maintenant à 15 $.

Ainsi sur une bouteille de vin importée achetée un peu plus de 5 $, la SAQ ajoutait 7,36 $ en 2016.
Elle ajoute maintenant 6,17 $; soit 1,19 $ de moins.

La majoration du monopole passe ainsi de 137 % à 116 % pour un vin acheté un peu plus de 5 dollars.

Voici dans ce tableau comment se décompose le prix d'une bouteille de vin qui était 16,40 $ et qui est maintenant de 15 $.

Répartition du prix de vente d'un vin importé
(mars 2016 et mars 2017)
  2016 2017
Prix coutant + transport et commission 5,38 5,34
Majoration SAQ 7,36
6,17
Taxe Québec 1,42 1,30
Taxe spécifique Québec 1,05 1,05
Taxe fédérale 0,71 0,65
Accise et douane fédérale 0,48 0,49
  16,40
15,00

Ces chiffres proviennent des rapports annuels de la SAQ de 2016 et de 2017.

La SAQ écrit dans son dernier rapport annuel que «ces baisses de prix s’inscrivent dans une démarche visant à bonifier l’expérience client.»

Baisses des ventes de vins des États-Unis au Québec

Les États-Unis, la France, l'Espagne et l'Argentine perdent des parts de marché dans les ventes en volume de vins tranquilles au Québec.

Par contre, le Chili, l'Afrique du Sud (grâce à ses vins blancs), la Nouvelle-Zélande, le Portugal (ses vins rouges) et l'Italie augmentent leurs parts de marché.

La France est toujours en avance au Québec avec 30 % des parts de marché en volume. L'Italie arrive en deuxième avec 24 %.

Les vins des États-Unis sont encore en troisième place, mais passent de 13 à 12 %. C'est la deuxième année consécutive que les États-Unis baissent. Ils avaient 15 % des parts de marché il y a deux ans.

Le Portugal passe de 4 à 5 %. l'Argentine et l'Afrique du Sud passent de 3 à 4 %.

Ensemble, la France et l'Italie détiennent 54 % des parts de marché des vins tranquille au Québec.

Les parts de marché étaient en 2008 de 32,7 % pour la France; 22,8 % pour l'Italie; 8 % pour l'Argentine; 6,3 % pour les États-Unis; et 2,3 % pour le Portugal.

Dans le reste du Canada, ce sont les vins des États-Unis et de l'Italie qui occupent la plus grande place du marché.

Le nombre de vins à moins de 10 $ multiplié par 6 à la SAQ

Après avoir réduit fortement son offre de vins à petit prix, la SAQ recommence à en offrir plus.

Le nombre de vins à moins de 10 $ est passé de 90 en novembre 2012 à 30 en mars 2013 et à 19 en août 2014.

Conséquence : l'achalandage dans les succursales de la SAQ a baissé fortement.

En 2016, conscient de la situation où elle s'était engouffrée, la direction du monopole hausse son offre de vins à moins de 10 $. Elle remonte de 19 à 30 en mai; puis à 50 en novembre; à 77 en février 2017 pour atteindre aujourd'hui les 126 vins à moins de 10 $. (Voir la liste dans saq.com)

On revient ainsi au niveau de 2011-2012.

Lorsque l'on regarde les chiffres de la SAQ des dernières années, nous constatons une certaine corrélation entre l'offre de vin à bas prix et l'achalandage dans les succursales de la SAQ.
 

Nombre de vins à moins de 10 $
et variations du nombre de transactions dans les succursales de la SAQ
  2009
2012
2013
2014
2015
2016
2017
Nombre vins à -10 $ 183 90 30 19 30 50 126
Variation transactions +4,7 +4,6 +0,9 -1,9 +0,3 +2,1 -0,3

De 2002 à 2013, l'achalandage des clients dans les succursales augmente constamment (sauf lors de la grève de 2005). Par contre, il y a un changement subit en 2013 et en 2014. Le nombre de transactions diminue lorsque le nombre de vins à moins de 10 $ chute à 30 items et tombe à son plus bas; soit seulement 19 produits en août 2014. Il y a depuis une remontée suite à la réintroduction de plus de vins à moins de 10 $. Toutefois, cette remontée dépasse à peine le niveau de 2013. La SAQ vie la stagnation. Il n'y a pour ainsi dire plus de croissance, du moins en succursales.

 


Achalandage succursales SAQ -  millions de transactions

Malgré tous ses efforts, la SAQ peine à accroitre et même à maintenir le nombre de transactions dans ses succursales. A-t-elle perdu la confiance d'une partie du public? La croissance se fait maintenant dans les épiceries comme on l'a démontré dans un texte précédent.

Pourtant, la SAQ ne ménage pas ses efforts en améliorant son offre de vins à petit prix; en proposant une carte de fidélité; en améliorant son service de vente en ligne et en réduisant de 1,40 $ les prix de 1600 vins afin de se rapprocher des prix de la LCBO en Ontario.

  J'explique plus en détail cette stagnation de la SAQ dans une entrevue accordée à l'ancienne ministre Nathalie Normandeau sur les ondes de la radio BLVD 102,1 (12 minutes).

Les vins blancs remontent la pente au Québec

Les vins blancs représentent maintenant 31,6 % des ventes de vins à la SAQ. C'était 23,9 % en 2006.

Les rouges, c'est 63,9 %; c'était 73,5 % en 2007.

La remontée des vins blancs est constante et progressive. Elle se fait au détriment des vins rouges qui baissent en popularité, pendant que les ventes de vins rosés restent plutôt stables depuis 2012.

Parts de marché - vin à la SAQ - selon les couleurs
  2006 2007
2009
2010
2012 2014 2015 2016 2017
Blancs 23,9 22,6 23 23 24,5 26,9 28 29,6 31,6
Rouges 72,7 73,5 73 73 70,9 68,8 67,5 65,8 63,9
Rosés 3,4 3,9 4 4 4,6 4,5 4,5 4,6 4,5
Source : rapports annuels SAQ

La SAQ offre de plus en plus de vins blancs de qualité et de moins en moins de blancs acides ou boisés. Vous les trouverez dans Chablis, la Loire, en Italie, au Portugal, en Autriche, au Québec et dans le Languedoc.

En voici quelques-uns

Marsannay, Jean-Claude Boisset 2014  40 $
Henri Bourgeois Etienne Henri 2013   65 $

Lagar de Cervera, Albariño 2015
   27,40 $
Charles Baker, Stratus Riesling 2013  35,50 $
Château de Maligny, Chablis Premier Cru Homme Mort 2015  36 $

Le Manoir, Alphonse Mellot 2015
  28,05 $
Etna, Planeta bianco 2015   25,95 $
Coudoulet blanc de Beaucastel 2015  30,75 $

Calcari, Parès Balta 2015
  19,95 $
Vinho Verde, Loureiro, Joao Portugal Ramos 2015  13,90 $
Preiss, Kammerling, Grüner Veltliner 2015  22,50 $

Domaine du Nival, Matière à Discussion 2015
  20 $
Clos d'Albizzi, Cassis 2015  21,85 $
La Moussiêre 2016  28,85 $

Paul Mas, Vignes de Nicole blanc 2016
  14,55 $
Vinho Verde, Loureiro, Joao Portugal Ramos 2015  13,90 $
William Blanc 2016, Vignoble Rivière du Chêne  14,65 $

 Et d'autres ici vinquebec.com/meilleursblancs

La minéralité ou des minéralités

La minéralité est un terme récent employé pour décrire le vin. Récent, mais de plus en plus fréquent.
Le Master of Wine Cees Van Casteren a même compté 27 000 emplois de mot «minerality» dans 259 000 notes de dégustation du Wine Spectator soit plus du double du mot «fruity».

«Je trouve cela un petit peu choquant», dit Jordi Ballester, enseignant chercheur à l'Institut universitaire de la vigne et du vin.

M. Ballester a présenté les résultats de ses recherches sur la minéralité à la 15e matinée des oenologues à Bordeaux le 17 avril dernier. Il a constitué un panel de 30 dégustateurs français et néozélandais qui ont dégusté 8 sauvignons blancs français et 8 sauvignons blancs néozélandais.

Il a découvert que les dégustateurs ne s'entendaient pas tous sur le sens de la minéralité dans le vin. Par contre, plusieurs employaient les mêmes descripteurs, comme agrumes, pierre à silex, fumée, pierre à fusil, craie, calcaire, mine de crayon, iode, coquille d'huître, graphite, composé soufré, amertume, concentration et structure en bouche.

Par contre, d'autres descripteurs étaient considérés comme négatifs, c'est-à-dire non minéralité; tels que buis, pipi de chat, fruits de la passion, sucrosité et astringence. Étonnamment, le descripteur acidité a été considéré par les dégustateurs français comme étant non signifiant, c'est-à-dire ni positif ni négatif d'une représentation de la minéralité. «Ce qui est très étrange», dit M. Ballester, «on avait une grosse hypothèse pour l'acidité. On espérait qu'elle soit significative pour la minéralité parce que tout ce qu'on avait lu auparavant pointait l'acidité comme un des éléments nécessaires, mais pas suffisants pour la minéralité.» Il ajoute «donc, l'acidité n'est pas forcément essentiel dans la minéralité, en tout cas dans un contexte de sauvignon blanc.»

Maintenant face à cela, est-ce que la minéralité se retrouve dans la chimie du vin. Les chercheurs ont alors étudié 33 composés volatils du vin, dont la pyrasyne (IBMPL), les soufrés, les alcools, les acides, les terpènes (terpenols), les volatiles, les esters et les acétates. «Les trucs classiques pour du sauvignon blanc.»  Plus 18 ions (Ca, K, Mg, Na, Rb, Sr, Al, Fe, Mn, Si, La, P, S, Ba, Cu, Mo, Ni,Zn).
«Et on a essayé de voir dans quelle mesure on peut expliquer que cette minéralité était perçue par la composition chimique.»

La minéralité des dégustateurs français
«On essaie de noter la minéralité mentionnée par les experts en regardant la composition chimique des vins. Il en ressort des choses très bizarres comme l'isoamyl acetate; l'odeur de banane serait un indicateur de la minéralité.» Par contre, l'acidité totale est négative, ainsi que l'acidité tartrique. «On espérait que l'acidité allait jouer, mais non on a compris qu'elle ne joue pas beaucoup.»

«Les minéraux ne sont pas significatifs. «Il n'y a pas un seul minéral qui est significatif dans cette régression linéaire», des dégustateurs français.

Par contre, le SO2 libre est un marqueur posititif et systématique de la minéralité pour eux.

La minéralité des  Néozélandais
Les résultats ont été un peu différents pour les dégustateurs néozélandais. Les marqueurs chimiques de la minéralité sont les SO2 combinés, le 3MH (pamplemousse), l'acide malique (tension acide), le calcium et le sodium. Donc, rien de commun entre les dégustateurs français et ceux de Nouvelle-Zélande. La minéralité des uns n'est pas tout à fait la même que pour les autres. «Ce qui est très intéressant c'est de voir qu'il n'y a pas un seul composé commun aux deux groupes qui serait prédicteur négatif ou positif de la minéralité.»

Conclusion de l'étude de M. Ballester
1. Il n'y a pas une minéralité, mais des minéralités;
2. Pas de définition universelle, mais des minéralités existent, car on peut les prédire à partir de la composition chimique;
3. La représentation de la minéralité est dépendante du groupe de dégustateurs et du cépage.

Donc, la question est encore ouverte. Les gens de science ont encore du travail devant eux, conclut M. Ballester.

Minéralité perçue : rôle de la composition en minéraux du vin
Jordi Ballester, Enseignant chercheur, Institut universitaire de la vigne et du vin.
15e Matinée des Oenologues de Bordeaux. "Les minéraux, du sol au palais". Vidéo 27 minutes, 14 avril 2017. Université de Bordeaux - Service Audiovisuel et Multimédia.

Voir aussi
Perceived minerality in sauvignon blanc wine: Chemical reality or cultural construct?
Wendy V. Parr, Dominique Valentin, Jason Breitmeyer, Dominique Peyron, Philippe Darriet, Robert Sherlock, Brett Robinson, Claire Grose, Jordi Ballester. Food Research International. PDF, 1 juillet 2016

Sujet connexe
La minéralité dans le vin : une thèse de doctorat

Ne cherchez plus le Royal de Neuville

Le vin pétillant rosé préféré de mon défunt beau-père n'est plus!
Il aimait nous recevoir au Royal de Neuville dans sa petite maison de Tracy.

Le Royal de Neuville, rosé pétillant qui a fait bien rire nos tantes et grand-tantes depuis des lustres a terminé sa carrière au Québec. Il était sur les rayons de Commission des liqueurs/SAQ depuis 1927.

La SAQ n'en achète plus. Il est rayé du répertoire des produits courants de la société d'État.

Notre marchand de vin étatique fait régulièrement le nettoyage de ses tablettes et le fameux Royal de Neuville fait partie des près de 200 vins qui sont tombés ou qui tomberont des tablettes bientôt.

Voici quelques autres noms qui disparaissent des rayons de la SAQ, certains après une très longue carrière chez nous, comme le Château de Cruzeau, le Bin 45, le Gold Label de Wolf Blass et les Saveurs Oubliées.

Pour les nostalgiques de ces vieilles étiquettes, il reste encore quelques bouteilles de certains de ces vins. Une dernière chance, une dernière occasion pour ces vieilles quilles.

Adieu Bin 45 et Coronas de ma vie d'étudiant, Gold Label de Wolf Blass de mes partys de jeunesse, Château Bonnet et Sainte-Odile de mes pique-niques, Montecillo de mes vendredis, Secco-Bertani Verona de ma blonde et Château Cruzeau de mes dimanches de jeunesse.  

Voici donc quelques noms qui disparaissent de notre paysage vinique.

Royal de Neuville Cuvée de Prestige vin mousseux rosé
Château de Cruzeau Pessac-Léognan
Saveurs Oubliées Côtes du Roussillon Villages
Shiraz Wolf Blass Gold Label Barossa
Merlot The Little Penguin South Eastern Australia
Cabernet-Sauvignon Bin 45 Lindeman's
Ch. Bonnet Sauv.blanc/Sémillon /Muscadelle Entre-Deux-Mers
Tempranillo Coronas Torres Catalunya
Montecillo Crianza Rioja
Borsao Crianza Campo de Borja
Sainte-Odile Alsace
L'Orangeraie de Pennautier vin-pays Cité de Carcassonne
Château Pennautier Cabardès
3 Grappes Rouges De La Chevalière vin de pays d'Oc
Côte de Brouilly Georges Duboeuf
Secco-Bertani Verona i.g.t
Antonin Rodet Coteaux Bourguignons Pinot Noir
Riesling Rieflé Bonheur Convivial Alsace
Altano Douro
    et bien d'autres.

 

Baisse des ventes de vin dans les succursales de la SAQ

Malgré 3 baisses de prix totalisant une réduction de 1,40 $ pour 1600 vins et malgré l'ajout de plusieurs vins à moins de 10 $, dont 3 à moins de 7 $, les succursales de la Société des alcools du Québec ont connu une baisse des ventes de vin en volume au cours de la dernière année se terminant fin mars.

En effet, les ventes de vin en volume ont été de 121,5 millions de litres dans les succursales cette année; soit 400 000 litres de moins que l'an dernier.

Par contre, les épiceries ont connu une forte hausse des ventes de vin; soit 1,3 million de litres; passant de 41 à 42,3 millions de litres.

Ventes de vin
(millions de litres)
  2015-2016 2016-2017
Succursales 121,9 121,5
Épiceries 41,0 42,3
Calculs tirés des tableaux page 70 (2017) et page 66 (2016) des rapports annuels de la SAQ.

C'est un phénomène étonnant. Depuis quelque temps, les ventes de vin augmentent plus vite en épicerie et stagnent en succursales (Voir ici).

L'achalandage en succursales a baissé au cours de la dernière année. Une baisse de 200 000 transactions à 59,4 millions de transactions.

En dollars, toutefois, les succursales de la SAQ ont vendu pour 600 000 $ de plus de vin que l'année précédente.

Pendant ce temps, la SAQ a accru ses ventes de spiritueux de 700 000 litres ce qui lui a rapporté 29,2 millions de dollars de plus que l'an dernier à ce chapitre.

Ainsi, le vin qui représentait 79,3 % des ventes en volume de la SAQ en 2016 est descendu à 79 %; pendant que les spiritueux sont montés de 14,8 à 15,3 % des ventes en volume.

Au final, les ventes totales en argent dans les succursales et les épiceries se sont accrues de 1,6 %. C'est la plus faible hausse des dernières années.

Les bénéfices bruts de la SAQ se sont accrus de seulement 1,8 %, essentiellement dû aux ventes de vins aux épiciers (+ 18,6 M$) et aux ventes de spiritueux dans les succursales (+ 29,2 M$).

Ceci fait en sorte que la SAQ peut remettre 1, 086 milliard $ au gouvernement; soit 1 % de plus que l'an dernier (+ 18 M$). C'est la plus faible progression du dividende de la SAQ des 10 dernières années.

_______
  Source: Rapports annuels SAQ 2015-2016 et 2016-2017.

La SAQ a-t-elle acheté le logiciel Phénix?

Vous avez surement entendu parler du nouveau logiciel de paye du gouvernement fédéral: le Phénix. Des milliers de fonctionnaires reçoivent des payes tronquées et variables alors que d'autres reçoivent des payes doubles.

Et bien, c'est à se demander si la Société ds alcools du Québec n'a pas acheté le même genre de logiciel.

En effet, il faut lire les plaintes nombreuses de restaurateurs et de sommeliers qui disent ne pas recevoir leurs commandes de vin.

Il faut voir le déferlement de plaintes et de commentaires sur les réseaux sociaux dont ici et ici. 
En voici quelques extraits.

«Toutes les livraisons de la semaine sont annulées...ils ne savent pas si ce sera rétabli pour la semaine prochaine, et c'est "débrouillez-vous à aller chercher vos produits en succursale.»

«Pas de livraison pour nous cette semaine... en début de semaine prochaine !!!???!!! Aucun avis, pas d'excuse, s'en foute... quel service..»

«j'ai finalement reçu ma commande hier avec 36 h de retard»
«J'ai beaucoup de clients avec des retards, des problèmes de facturation, belle merde!!!»

«j'ai passé par le bureau d'Alain Brunet, ça secrétaire m'a répondu en moins de deux et m'a transférée en ligne directe! Satut; aucune vanne n'est sortie hier, aujourd'hui et pas plus demain. 40 restos seront livrés samedi....»

« Et ça, c'est sans parler des commandes confirmées par les producteurs il y a 7 semaines et qui ne sont toujours pas passées...»

«C'est le gros bordel !!! La plupart de mes clients ont été livrés le lendemain, une chance ! Même leurs propres succursales n'ont pas été livrées... Et personne au bout du fil à part cette musique d'attente qui te rend fou...»
«quel mauvais timing pour implanter un si gros nouveau système informatique.»

«Same frustration different day. C'est ça une entreprise qui a le monopole.»

«Seems that there new computer software takes 3 times as long to get bottles stamped.»

«Restaurateurs pas livrés cette semaine, pensez-vous qu'il puisse s'agir d'une #grève qui ne dit pas son nom ?»

«No SAQ delivery this week! Setting up emergency plan to have wine for our clients this wkd!»

«C'est vraiment une joke monumentale. Si c'était une entreprise privée, ça serait déjà fermé»

La direction de la SAQ répond ce matin en disant que
«La SAQ éprouve effectivement des difficultés au niveau de la livraison des commandes aux titulaires de permis desservis par le CSM de Montréal (l'entrepôt) à la suite du déploiement de son nouveau système de gestion d’inventaire.

Il s’agit d’une situation qui est tout à fait exceptionnelle et les équipes mettent tout en œuvre pour s’assurer que le service revienne rapidement à la normale. Dans l’intervalle, des solutions alternatives ont été mises en place afin de continuer à offrir un service adéquat aux clients qui peuvent toujours s'approvisionner en succursale.

Les clients touchés ont été avisés par courriel de la situation et de la marche à suivre afin de se procurer les produits de leurs commandes.»

La SAQ a dépensé 9,9 millions de dollars pour le «nouveau système informationnel afin d’accroître l’efficience des activités opérationnelles des Centres de distribution», dit le rapport annuel de la société d'État.

Le gouvernement fédéral a dû ajouter 142 millions de dollars pour tenter de corriger les erreurs de son logiciel Phénix. Il reste maintenant à espérer que le nouveau logiciel de la SAQ ne coute pas trop cher aux restaurateurs et aux contribuables québécois.
 

Reprise des transferts entre succursales SAQ

La SAQ a en tout temps 8000 vins à son répertoire. Cependant, la plupart des succursales ont entre 1000 et 2000 de ces vins.

Toutefois, il y a maintenant 3500 vins disponibles pour achat en ligne. Surtout des nouveaux vins, des arrivages récents. Ce qui signifie qu'en tout temps entre 2500 et 3500 vins de la SAQ ne sont pas disponibles dans votre succursale.

Après avoir longtemps tergiversé, changer souvent de politique, puis interdire complètement les transferts entre succursales en janvier dernier, la direction de la SAQ change encore d'idée et adopte une nouvelle procédure. Payante, celle-ci.

On peut maintenant demander un transfert entre succursales moyennement 12 $ plus taxes par transfert.

Un vin peut être invendu dans une succursale et être en demande dans une autre. Ou un vin peut être longtemps, encore dans sa caisse, dans l'arrière-boutique d'une succursale pendant qu'il n'y en a plus dans d'autres succursales.

«La SAQ autorise effectivement les transferts entre succursales — sauf les SAQ Dépôt — pour les clients particuliers et les titulaires de permis», nous dit Renaud Dugas, responsable relations de presse et affaires publiques à la Société des alcools du Québec.

Voici les règles d’admissibilité, telles que communiquées par la SAQ.

  1. Le client qui demande un transfert de produit doit être un particulier ou un titulaire de permis;
  2. Le produit ne doit pas être disponible dans SAQ.com ou à la succursale de destination;
  3. Le client doit défrayer le transfert (12 $ +tx) par succursale sollicitée;
  4. La SAQ peut refuser la demande de transfert si le produit est en succursale depuis moins de 2 semaines.
    Par contre, le produit sera transféré s’il est en succursale depuis 2 semaines ou plus.

Le réchauffement climatique nous donne des vins moins équilibrés

Un reportage très intéressant de l'émission La semaine verte.
Le réchauffement climatique est perçu très nettement par les vignerons et les scientifiques dans plusieurs régions du monde ainsi qu'au Québec.

Au vignoble de l'Orpailleur, en 1982, il y avait 135 jours sans gels; aujourd'hui c'est 180 jours sans gels.
On fait pousser du chardonnay et même du pinot noir aujourd'hui au Québec.

Les conditions climatiques deviennent plus favorables dans les régions du Nord, mais plus difficiles dans les régions du Sud.

Les vendanges se faisaient fin octobre et début novembre il y a 25 ans à Bordeaux; aujourd'hui, c'est fin août et début septembre, dit Jean-Marie Nicot, du vignoble Nicot-Finet.

Il fait plus chaud et surtout les extrêmes sont encore plus élevés. La vigne est un excellent marqueur du changement climatique.

Trop de chaleur amène des vendanges hâtives ce qui compromet l'équilibre des vins entre l'alcool, l'acidité et le sucre. Le taux d'alcool augmente ainsi que la quantité de sucre, mais le taux d'acidité diminue. Ce qui donne des vins de moins bonne qualité, moins équilibrés et qui ne vieillissent pas.

On atteignait 11 ou 12 degrés d'alcool, il y a 25 ans, aujourd'hui c'est souvent 14 degrés. De plus, ces vins contiennent plus de sucre résiduel. Par contre, ils ont moins d'acidité.

Au Québec, on arrive même à faire du vin rouge à 13,5 degrés d'alcool; alors qu'autrefois on peinait à atteindre 11 degrés sans chaptaliser (ajouter du sucre).

Il devient même difficile de faire du vin de glace au Québec.

Comment s'adapter?
Plusieurs expériences sont en cours dans le monde.
Sélectionner des plants de vigne mieux adaptés à leur terroir. Planter des pépins et choisir les pieds de vigne naturellement adaptée au terroir, comme le fait un producteur de cava en Espagne.

Monter les vignes en altitude. En Espagne on perd un degré par 100 mètres d'altitude, dit Miguel Torrès.

Choisir des levures qui modifient le sucre sans trop accroitre le taux d'alcool. La firme Lallemand a mis au point une levure qui réduit le taux d'alcool de presque 1 degré et qui conserve une belle acidité.

Modifier le choix de cépage, comme planter plus de petit verdot comme on l'expérimente à Bordeaux. On songe à y remplacer le merlot par d'autres cépages moins hâtifs. On recherche du côté des cépages du Portugal.

C'est à voir, un reportage très intéressant signé Benoit Livernoche.
Adapter une culture millénaire  (21 min 20).  6 mai 2017. La semaine verte, Télévision Radio-Canada 

PLUS ON A D'INFORMATIONS SUR LE VIN, MEILLEUR IL EST !

Dans chaque magasin de la SAQ, il y a plusieurs centaines de vin. Le site de la SAQ en a plus de 8000 au répertoire.

Quelle information a-t-on sur la bouteille de vin? Le nom du vin; le nom du producteur; la région, l'appellation, le taux d'alcool et quelques fois le ou les cépages, rarement une courte inscription souvent vague sur la contre-étiquette.

Pourquoi nous donne-t-on si peu d'informations? Pourtant, il a été démontré que plus nous en savons sur le vin, meilleur il sera. C'est la démonstration que viennent de faire des chercheurs australiens.

Ils ont fait déguster 3 vins à deux reprises à 126 personnes amatrices de vins. Des personnes qui disent boire du vin au moins une fois par mois.

Lors de la première séance, on leur a servi un riesling, un chardonnay et un sauvignon à l'aveugle. On leur a demandé de noter ces vins. Puis une semaine plus tard, les mêmes vins, sans le dire aux participants, mais cette fois-ci après leur avoir fourni une courte description sur ces vins. Puis, en donnant une description plus élaborée sur la maison de production.

Résultats: les participants ont accordé de bien meilleures notes aux vins de cette deuxième dégustation et se sont dits prêts à payer plus cher pour ces vins affirmant qu'ils étaient meilleurs que les précédents.

Ils étaient disposés à payer 21 % de plus pour le sauvignon blanc, 29 % de plus pour le riesling et 37 % de plus pour le chardonnay présenté à la deuxième dégustation. Pourtant, c'était les mêmes vins que la semaine précédente.

En conclusion, les auteurs de l'étude affirment que «Les résultats ont montré que la présentation des descriptions de vins (basées uniquement sur des informations sensorielles définies objectivement) auprès des consommateurs lorsqu'ils ont goûté et évalué le vin, ont considérablement augmenté leur appréciation du vin, leur volonté de payer plus pour le vin et suscité plus d'émotions positives intenses et moins d'émotions négatives intenses par rapport à la dégustation aveugle.

En ajoutant des énoncés décrivant la qualité élevée du vin et de l'information favorable sur les vignobles, ainsi qu'une description plus vivante des caractéristiques sensorielles, les réponses positives ont encore été améliorées.»


 

Source
“I like the sound of that!” Wine descriptions influence consumers' expectations, liking, emotions and willingness to pay for Australian white wines. Lukas Dannera, Trent E. Johnsona, Renata Ristica,  Herbert L. Meiselmanc, Susan E.P. Bastian.
School of Agriculture, Food and Wine, Waite Research Institute, The University of Adelaide.

Barmès-Buecher

Des vins légers, agréables, bio, digestes...

Sophie Barmès est venue rencontrer des Québécois à Gatineau et à Montréal pour parler des vins de sa maison Barmès-Buecher. Du nom de deux familles qui se sont associées pour développer ce domaine de 17 hectares au sud de Cormar en Alsace.

Des vins, le plus nature que possible, bio et en biodynamie.
Les vins dégustés sont des vins secs. De plus, les rieslings n'ont pas des aromes pétrolées, du moins en jeunesse. Ils gagneraient ce caractère avec l'âge. Des vins frais, à boire jeune et pour certains d'entre eux, des vins de garde.

Les vins sont secs et c'est bien indiqué sur la contre-étiquette sur une échelle de sec à sucré. Il se peut que certaines années, les vins contiennent plus de sucre résiduel. Vu qu'on est en agriculture nature, on ne corrige pas. On respecte les millésimes, nous dit Sophie Barmès. Ça peut varier de 2 à 25 pour certains vins. Les Barmès-Bucher ont abandonné les trop irréguliers bouchons de liège naturels pour adopter les bouchons Diam fait de liège réduit en poussière et reconstituer.

Le Québec et les États-Unis sont les deux marchés importants pour Barmès-Buecher. Ils ont même fait une cuvée spécialement pour le Québec : la Trilogie 2015, un assemblage de 40 % de gewurztraminer, de 25 % de pinot gris, de 25 % de riesling et de 10 % pinot blanc, à 20 $.

Ils font une vingtaine de vins; 100 000 bouteilles au total, donc quelques milliers de chaque cuvée. 600 bouteilles de plusieurs sont souvent réservées pour le Québec. La SAQ a 8 de leurs cuvées aujourd'hui. La moins chère est le Crémant 2014 à 26,20 $. Un mousseux qui fait très peu de bulles, mais qui est floral, léger et délicieux. «Trop de bulles, c'est pour camoufler les défauts», nous dit David Pendon, son représentant à l'agence Oenopole. Ce crémant contient moins de 2 grammes de sucre.

Les rieslings sont secs et n'ont pas d'aromes d'hydrocarbure. Il faut absolument goûter au Riesling Grand Cru Steingrübler 2013 (51 $), du grand vin.

Le Pinot Gris Roseinberg 2014 (33,25 $) est d'une grande fraicheur, sec (2,7 grammes de sucre) et fruité fin. Le Gewurztraminer Roseinberg 2014 (33,25 $) est délicat, raffiné et élégant.

Ce sont des vins plutôt élégants qu'extravertis. Fins plutôt que gros. Des vins qui ne lassent pas, des vins pour la table, des vins digestes.
 


Sophie Barmès entourée d'amateurs de vin à la SAQ Casino-Gatineau.

Au sujet des bouchons Diam voir la vidéo préparée par la maison Hugel (3m46)
Site web de la maison Barmès-Buecher www.barmes-buecher.com

Il est à noter que les Alsaciens calculent quelquefois l'acidité en équivalence tartrique comme en Allemagne; alors que dans le reste de la France, on calcule en équivalence sulfurique. 4 grammes d'acidité sulfurique = 6 grammes tartrique.

Méfiez-vous de l'odeur de fraise dans les vins!

Un vin qui sent la fraise semblera plus sucré.

Une odeur peut modifier un goût, du moins la perception de celui-ci!

Nous savions déjà que la couleur modifie l'odeur. Un vin rouge sentira les fruits rouges; pendant qu'un vin blanc sentira les fruits blancs. Par contre, un vin blanc coloré en rouge sera décrit comme sentant les fruits rouges. C'est ce que nous ont démontré les études de Rose Pangborn dans les années 1960 et plus récemment de Gilles Morrot.

La couleur modifie la perception du vin et même sa qualité, comme l'ont démontré des études de dégustation en total aveugle. Ainsi, des vins dégustés en verre opaque noir obtiendront de moins bonnes notes des dégustateurs que ces mêmes vins dans des verres transparents. Ces notes seront aussi plus groupées.

Le dégustateur est influencé par ce qu'il voit. Le dégustateur, même expert est un «acteur traitant de l'information et non un instrument calibré destiné à produire des résultats sûrs et répétables», écrivent Wendy Parr et Dominique Valentin dans la Revue des Oenologues du mois d'avril.

Notre mémoire, notre histoire, notre culture et nos expériences modifient notre perception du vin, surtout au niveau olfactif.

Ainsi, un vin qui sentira la fraise sera perçu comme plus sucré. «Une boisson aromatisée à la fraise est jugée plus sucrée qu'une boisson ayant la même concentration de sucre, mais pas d'odeur», ajoutent Parr et Valentin.

Ce serait la mémoire du sucré de la fraise qui nous fait percevoir le vin plus sucré s'il a des odeurs de fraise. C'est l'expérience antérieure du goût sucré des fraises qui fait apparaitre le vin sentant la fraise comme étant plus sucré.

Ainsi, on peut supposer que si votre souvenir de la cerise est qu'elle a un goût peu sucré et plutôt acidulé; le vin qui sent la cerise sera jugé moins sucré que celui qui sent la fraise.

«Un stimulus, une fois détecté, active les connaissances déjà en tête... Ainsi les représentations subjectives que nous nous formons d'un vin sont dès le début modifiées par notre propre physiologie et notre histoire psychologique.»

«Nos représentations subjectives varient selon notre physiologie et nos expériences, surtout quand il est question de notre sens olfactif.»

La mémoire d'une odeur peut modifier nos émotions. Une odeur peut modifier notre humeur dépendant si l'odeur nous rappelle un souvenir heureux (parfum de maman, de notre amour, d'un lieu...) ou désagréable (caveau à patate, cave humide, moisissure, aliments détestés, litière de chat...)

Plus encore, on n'est pas obligé de s'en souvenir consciemment pour en être influencé. Le «changement de comportement en présence d'une odeur se produit même lorsque nous n'avons pas conscience de la présence de l'odorant.» Étonnant!

Les études de Brochet et Dubourdieu ont démontré que «l'expérience immédiate du dégustateur est très influencée par ce qu'il a déjà en tête.» (The color of Odors)

Il est donc presque impossible, comme nous le constatons souvent en dégustation de groupe, ou dans des concours, d'avoir un consensus sur les goûts des vins.

Plusieurs informations, si disponibles au dégustateur, modifient son jugement. C'est le cas du prix de la bouteille, du nom du producteur, du type de bouchon (liège ou capsule à vis), de l'appellation, de la typicité du vin, bio, pas bio, biodynamique, du poids de la bouteille, des commentaires des voisins, de la musique, du lieu de dégustation, du cépage en plus de la couleur et de l'odeur du vin.

«Il a été démontré qu'il existe davantage de différences interindividuelles pour les perceptions gustatives et olfactives, cruciales pour la dégustation des vins, que pour les perceptions visuelles, auditives ou trigéminales.

En terminant, nous pouvons nous demander s'il ne faudrait pas alors tenter de faire abstraction des odeurs et se concentrer uniquement sur les perceptions trigéminales, c'est-à-dire, les sensations perçues en bouche?

C'est un peu ce que proposait le dégusteur australien Max Allen en 2012 : Ne sentez pas le vin avant de le déguster.

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Source
Le sens du vin: Contribution de la psychologie cognitive à une meillure compréhension de la dégustation du vin et des dégustateurs, Wendy V. Parr et Dominique Valentin, Revues des oenologues, avril 2017.

Voir aussi

Dans la série Comprendre le vin : la dégustation  

Riesling, chardonnay et sauvignon

Riesling, chardonnay et sauvignon, trois cépages blancs parmi les plus aromatiques avec les muscats et gewurztraminers.

Trois cépages souvent très reconnaissables par certains aromes typiques.
Pour le riesling, ce sont les notes pétrolées.
Le chardonnay a souvent des flaveurs de beurre ou de caramel.
Finalement, le sauvignon est malheureusement souvent reconnaissable par ses flaveurs herbacées ou végétales.

Lors d'une dégustation à l'Académie du vin de l'Outaouais, Philippe Desrosiers et Marie-France Champagne (qui préparent leur examen de WSET 4) ont présenté 10 vins blancs à déguster à l'aveugle. Tout ce que l'on savait c'était qu'il y avait là 4 rieslings, 3 chardonnays et 3 sauvignons.

La plupart des 16 participants ont su identifier les cépages de chacun des vins. Toutefois, ce qui fut étonnant c'est que les vins préférés des participants ont été de loin 3 des 4 rieslings. Les vins parmi les moins chers de ceux présentés.

Voici de courts commentaires sur ces vins. Commençons par les préférés, les rieslings.

Grosset Springvale Riesling 2012, Australie, 38,50 $ SAQ
Très aromatique, exubérant, floral, avec des notes végétales et pétrolées. Un très beau riesling fruité et sec, bien tendu, texture serrée. Bel après-goût. Très agréable. Capsule à vis. Pour 5-6 ans de cave. Alc. 12,5 %. Sucre n.c.  ***+

Charles Baker Riesling Stratus 2013, Ontario  35,50 $ SAQ
Un riesling ontarien étonnant! Le nez est discret au début, puis s'ouvre lentement sur des notes florales, fruitées et finement pétrolées. C'est un vin élégant, sec, fin et raffiné. Il est floral avec de belles saveurs de jus de raisins blancs. La finale est très persistante sur des notes minérales. Un vin superbe.
Capsule à vis. Alc. 10,1 %. Sucre 15 g/l (SAQ); 18 g/l (LCBO). À mettre en cave pour 5-7 ans. ***+

Cuvée Frédéric Émile Trimbach Riesling 2007  Alsace 76 $
Très aromatique, hydrocarbure, ample, très savoureux, sec, texture minérale, tendue et serrée. Hyperconcentré. Très longue finale. Pour plusieurs années de cave encore. C'est le 2009 qui est à la SAQ actuellement.   ***+

Donnhoff Felsenberg Riesling 2013 Allemagne 79 $
Des aromes de fruits exotiques et de rhubarbe. C'est très expressif, sec, serré, fruité sucré. Très savoureux et très long.  ***+
C'est le 2015 qui est actuellement à la SAQ à 84 $.

Maintenant les chardonnays
Kumeu River Maté Chardonnay 2008  Nouvelle-Zélande  65 $
Doré, minéral, sec, ample, serrée, citron confit, texture huileuse, original et très bon. Capsule à vis. C'est le 2014 qui est actuellement à la SAQ.  ***+

Montelena Chardonnay 2007  Californie  91 $
Discret au début. Saveurs de beurre, de bonbons jaunes, de dates, de figues et d'amandes. Meilleur à 16-18 degrés. Alcool bien marqué.  Le 2013 est 71 $ à la SAQ.   ***

Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche, Drouhin 2002  130 $
Doré pâle. Belle bouche, ample, costaud, grasse, très beurrée. Fortes saveurs de caramel. Fruits en retrait. ***

Et finalement les sauvignons
Alphonse Mellot Génération XIX Sancerre 2011  Loire  75 $
Herbacé et arome de pelure de pomme de terre. Peu de fruit en bouche, saveur de patate. Court. Non agréable.  *

Didier Dagueneau, Cuvée Silex 2006  Pouilly-Fumé  148 $
Nez déplaisant de carton qui se dissipe au bout d'une heure trente. Herbacé en bouche, alcool très marqué. *

Pavillon blanc du Château Margaux 2007  Bordeaux  275 $
Discret, mince, fluet, presque élégant, peu de fruits, alcool marqué. *+

Il est intéressant de constater que les vins les moins chers ont été ici les meilleurs. Il est aussi étonnant de voir les prix élevés de certains vins qui nous ont très peu charmés. Rien ne vaut une belle dégustation à l'aveugle pour replacer en bonne place les bons vins et les autres vins prétentieux. L'étiquette fait le prix, mais la vraie valeur est dans le verre!

QU'EST-CE QU'UN BON VIN ?

Un mauvais vin, un vin correct, un bon vin, un très bon vin, un excellent vin, un grand vin... qu'est-ce qui fait la différence entre ces vins?

Quelle est la différence entre un vin passable et correct qui se mérite une étoile ou 83 points par les critiques de vin et un autre jugé bon (2 étoiles ou 88 points et un très bon (3 étoiles-90 points)?

La réponse est simple: c'est la quantité et la qualité de plaisir qu'ils procurent.

Si le vin vous donne un peu de plaisir, il est bon, s'il vous en donne beaucoup c'est qu'il est très bon. C'est aussi simple que ça.

Plusieurs choses peuvent donner du plaisir dans le vin.
Ça peut être
Des saveurs réconfortantes:
De la puissance, du fruité, des textures charnus;
De la finesse; de l'élégance; de la subtilité;
De la complexité des saveurs et sensations:
De la persistance aromatique et gustative agréable;
De l'originalité;
De la simplicité;
Des textures veloutées, caressantes ou séveuses, ou racées ou soyeuses ou denses ou corsées...
Des odeurs, aromes agréables, envoutants...

Pour certains, ce sera même le prix du vin, l'étiquette, la réputation du producteur ou du produit...

Songez-y. Lorsque vous dégustez un vin, demandez-vous s'il vous donne du plaisir et cherchez dans ce vin ce qui vous procure ce plaisir. Est-ce que ce sont les aromes perçus au nez; les saveurs en bouches; la texture; la finale... Est-ce que le vin vous laisse une belle bouche, une bouche fraiche, un granulé intéressant; une sensation agréable en bouche?

Plus le plaisir est intense, plus le vin est bon. Ne cherchez pas de midi à 14 heures; tout est là dans l'impression de plaisir, dans l'empreinte, la trace que laisse ce liquide dans votre bouche.

Certains amateurs de vin se concentreront surtout sur le plaisir aromatique; d'autres sur les plaisirs en bouche.

Ainsi si le vin n'a pas de mauvaises odeurs ni de mauvais goûts il sera correct. S'il n'est pas non plus trop acide ou trop rude, trop mou, trop boisé.  Si, en plus, il vous procure du plaisir, il sera bon. Si le plaisir est intense, le vin sera alors jugé très bon. Plus y donnera de plaisir et surtout des plaisirs variés, plus le vin sera dit excellent et peut-être que vous le qualifierez de grand vin.

Alors, je vous souhaite du plaisir!

Plaisir: du latin classique placere qui veut dire plaire.
Plaisir : bien-être, bon temps, bonheur, charme, contentement, délectation, délice, douceur, enthousiasme, euphorie, félicité, joie, jouissance, orgasme, passion, ravissement, réjouissance, régal, satisfaction, volupté.

 

 

Éduc'alcool: des chiffres à prendre avec un grain de sel

L'organisme Éduc'alcool publie des résultats d'un sondage de la maison CROP sur la consommation d'alcool au Québec.

Voici les faits saillants concernant le vin retenus par Éduc'alcool:

«Depuis 2002, le vin est la boisson qui est le plus régulièrement consommée contrairement aux années 1990 où c’était la bière qui détenait ce titre. Cette année encore, plus du tiers des Québécois de 15 ans et plus (31 %) consomme du vin une fois ou plus par semaine, ce qui représente une hausse considérable depuis 1991 (13 %).»

«Le taux de consommateurs selon les catégories de boissons se présente de la manière suivante : vin: 72 %; bière: 61 %; spiritueux: 47 % et autres boissons: 34 %.»

Éduc'alcool dit que, selon ce sondage, la consommation d'alcool hebdomadaire des Québécois a diminué. «En 2017, en effet, les Québécois consomment en moyenne 2,8 verres d’alcool par semaine contrairement à 3,3 verres par semaine en 2012.» Toutefois, l'organisme ne précise pas dans quel secteur (vin, bière ou spiritueux)!

Il faut prendre ces chiffres avec un grain de sel, car ils sont les résultats d'un sondage.

En effet, ces chiffres ne correspondent pas du tout avec ceux de la SAQ. Selon les rapports annuels 2011 et 2016 de la SAQ, la consommation de vin a augmenté en cinq ans de 148 millions de litres à 191 millions; celle des spiritueux a augmenté de 20,8 à 23 millions de litres. (Toutefois. la SAQ ne publie pas de chiffres sur la vente de bière au Québec.)

Il aurait alors fallu une immense baisse des ventes de bière ou une forte augmentation de la population pour que cette soi-disant diminution de la consommation d'alcool soit vraie. (La hausse de la population du Québec a été 4 % de 2011 à 2016.)

  Sources Éduc'alcool, rapports annuels SAQ et Institut de la statistique du Québec.

L'obésité et le vin

Est-ce que le vin fait engraisser?
Il est certain que le vin contient beaucoup de calories. Il y aurait en moyenne 85 calories dans un verre de vin. Alors, on peut se demander s'il y a une relation entre consommation de vin et obésité?

Pas selon le tableau distribué par l'association américaine des économistes du vin qui dit «Obesity Rates and wine consumption by state. Amazing negative correlation - even if it's not causal. R2=0.53.», dans un de ses gazouillis dans la twittosphère. Obésité et consommation du vin: une amusante corrélation négative.

En effet, lorsque l'on regarde les chiffres de l'obésité et de la consommation de vin dans chacun des États des États-Unis, l'on constate que les États les plus obèses sont ceux où l'on consomme le moins de vin (Virginie-Occidentale et Mississippi entre autres). Par contre, c'est dans les États où la consommation de vin est la plus élevée qu'il y a le moins d'obésité; soit le District de Colombia, le New Hampshire et le Massachusetts.


De l'American Association of Wine Economists
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


Juger un vin dans sa catégorie: de la poudre aux yeux?

En général, les vins sont jugés dans l'absolu. Un très bon vin, c'est un très bon vin, comme l'est un très bon film, un très bon restaurant...

Par contre, on entend quelquefois certains critiques de vin dirent qu'ils jugent le vin non pas dans l'absolu, mais dans sa catégorie. Cependant, on ne précise jamais qu'elle est la catégorie du vin.

Sont-ce des catégories en fonction de l'appellation, de la région, du taux d'alcool, des cépages, de son type (oxydatif, sucré, acide, bio, muté...) du pH ou du prix? Combien de catégories de vin? 5, 10, 50, 100, 1000 ou 10 000? Pouvez-vous nous les nommer? Un vin très bon à 19,95 $ sera-t-il jugé seulement passable si l'on monte son prix de 10 cents ou s'il perd son appellation. Combien de catégories dans Gigondas?

Bien sûr, avec ce système, presque tous les vins peuvent être dits très bons, ou se voir donner une note de 90. Ils ont presque tous alors 3 ou 4 étoiles ou 87-90. Est-ce un manque de courage de la part du critique? Ou une volonté de ne pas déplaire? De rester vague? Ou encore, un sens de la justice qui sort bien de l'ordinaire?

Un petit vin rustique du Chili ou de Turquie, pourtant moins bon, peut avoir un trois étoiles comme un très bon chateuneuf du pape ou un très bon montpeyroux. Ça permet donc d'être généreux avec tous les vins et tous les producteurs.

Si la catégorie est le prix, un vin de 15 $ est-il jugé dans la catégorie des 10-15 $ ou des 15-20 $? Où il pourrait obtenir une bonne note dans la première et une moins bonne dans la deuxième.

Le consommateur est-il ainsi berné si on ne lui dit pas à chaque fois dans quelle catégorie est le vin?

Comment alors juger un vin à l'aveugle et lui donner une note si on ne connait pas la catégorie?

Et qui détermine quelle est la catégorie de ce vin? Le producteur, les acheteurs, le chroniqueur vin? Ces catégories sont-elles les mêmes pour tous les critiques de vin?

Voilà beaucoup de questions auxquelles je n'ai pas de réponses!

Si on ne dit pas à chaque fois dans quelle catégorie est noté le vin, on donne un message tronqué, vague, totalement incomplet et inintelligible au consommateur.

Dire que l'on juge un vin dans sa catégorie est bien mystérieux et nébuleux pour moi et jusqu'à preuve du contraire ça me semble être de la poudre aux yeux.

Une dégustation de vins nature

Le vin nature est devenu à la mode. Et comme toutes les nouvelles modes, on en parle beaucoup, en bien et en mal dans la blogosphère et dans les magazines spécialisés dans le vin. C'est un peu comme le sujet de la minéralité dans le vin, certains disent que ça n'existe pas. Il y a les extrémistes, les négationnistes face aux propagandistes et aux prosélytismes. Puis, entre les deux, éberlués, il y a nous les consommateurs, les amateurs de vin, les découvreurs, les aventureux que nous sommes.

On nous dit que c'est ce qu'il y a de mieux pour la santé. Puis d'autres nous disent que c'est du mauvais vin!
Qui croirent? Mais personnes. Goutons-y.

Le vin nature est le vin fait le plus naturellement possible, donc sans ajouts, surtout sans ajouts de produits chimiques, sauf d'un peu de sulfites.

Il n'est donc pas corrigé, redressé, acidifié, tannifié, désacidifié, stabilisé, surfiltré, concentré, ni enzimé...

Il peut donc révéler une structure, des aromes, des textures différentes des vins auxquels on est habitué depuis 20-40 ans.

Je viens de lire un autre article qui dit encore bien du mal du vin nature. C'est dans la Revue du vin de France, un sommelier écrit «Vins "nature" : arrêtons de confondre terroir et gros défaut», Pierre Villa Palleja y écrit «Pour aider nos lecteurs à y voir plus clair, voici résumée la liste des aromes que l'on retrouve dans les vins "nature", ainsi que les défauts qu'ils révèlent, afin que même un néophyte puisse parfaitement les identifier.»

Voici donc ces cinq défauts aromatiques

  • gouache ou sueur, dus aux levures Brettanomyces;
  • pomme blette ou cire;
  • beurre rance ou croute de fromage;
  • dissolvant ou vernis;
  • noix et curry;
  • poil, urine, lactobacille, gout de souris;
  • allumette craquée, chou, oignon, oeuf pourri;
  • et sensation de perlant en bouche.

Le sommelier conclut «libre à chacun d'aimer certains goûts dans le vin. Mais de grâce, arrêter de parler de terroir lorsqu'il s'agit de défauts.»

Vous avez surement déjà rencontré certaines de ces odeurs dans le vin, même si vous n'avez jamais bu de vin dit nature. Ce sont des défauts qui, malgré ce que semble croire ce sommelier, peuvent se retrouver aussi dans les vins faits avec des raisins provenant de l'agriculture qui utilise des produits chimiques.

C'est avec ces odeurs en tête que je me suis rendu à une dégustation à l'aveugle organisée par l'Académie du vin de l'Outaouais et menée par la brillante sommelière Véronique Rivest dans son bar à vin Soif de la rue Montcalm, secteur Hull à Gatineau.

Le premier vin est un pétillant, le Franz Strohmeier Schilcher Frizzante. C'est fait en Autriche avec le cépage blauer wildbacher. Il est de couleur rosée pamplemousse. D'ailleurs, il goute aussi le pamplemousse, un peu la lime, mais surtout la rhubarbe. C'est très peu pétillant, léger, épicé et on perçoit très peu l'alcool. C'est très original et désaltérant. Alc. 11,2 %  26 $.

Le deuxième est le Matière à Discussion du Domaine du Nival. Un très bon vin blanc sec québécois. J'en ai parlé ici.

Puis, le Vino di Sasso, Robola de Céphalonie 2015, Un vin blanc doré avec des aromes et saveurs de bière flatte, de fromage, de sauge et de miel. C'est très expressif et bien original. Sensation tannique et minérale. Bien meilleur chaud que froid. C'est fait du cépage robola. Biodynamie. Sur l'île de Céphalonie à l'ouest de la Grèce. Vino di sasso veut dire vin de pierre en italien. (SAQ 12485877) 12,5 %. 26,95 $. En ligne et dans 62 magasins.

Un autre blanc, Les Bonnes Blanches d'Agrès et René Mosse 2012, Vin de France, Ajou, Loire. C'est doré foncé, au beau nez de fruits jaunes, de miel, de cardamome, de tourbe, de pomme blette. Il y a là beaucoup de fruits sur une belle acidité. C'est gras, complexe et très persistant. Un très beau vin. Bio.
12,5 %. 38 $ Commande privée auprès de l'agence Le vin dans les voiles.

En rouge maintenant, avec Pierre Frick et son Strangenberg Pinot Noir, Alsace 2013. Des flaveurs de petits fruits rouges sur une note terreuse. Fruits fins et légèrement acidulés sur de beaux petits tanins. Opturé d'une capsule de bière. Très bon. 12,5 % Biodynamie. Commande privée Primavin 33 $.

Du Chili, une belle surprise De Martino, Viejas Tiñajas Cinsault Itata 2014. Très aromatique sur les fruits rouges. Belle bouche fruitée, poivrée, élégante, ronde, facile, gouleyante. Finale sur le fruit et sur une petite note végétale que l'on retrouve souvent au Chili. 100 % cinsault. Très bon. Commande privée Balthazar 13 %.  29,50 $

Roagna Dolcetto d'Alba 2015  Très aromatique, fumée, cuir, végétal. Même chose en bouche. Belle attaque. Tanins fins, très sec, mais peu de fruit. Amer en finale. Pas un vin de dégustation, mais un vin de table. Assez bon. 12,5 %  Commande privée Vini Vins. 25 $

Cornas 2011 de Thierry Allemand. D'un rouge foncé et opaque. Aromes de cerises noires et de médicaments. Très belle bouche fruitée et chocolatée. Beaucoup d'extraction. Style bien moderne et bien fait. Carafé de nombreuses heures. (Ici, ce fut 5 heures car le vin était fermé et trop tannique.) Le vin évolue vite dans le verre. De la belle grosse syrah d'un domaine minuscule du Rhône. Sera peut-être meilleur dans de nombreuses années!
13,5 %. Commande privée Glou. Le prix : 135 douleurs.

Clos Saint-Jean, Cahors 2001
Opaque. Fruité avec une pointe de chou bouilli. Rustique, rugueux, et passablement oxydé. Beaucoup de tanins, le fruit est pas mal disparu, finale tout de même sur le chocolat. 13 %. Commande privée Aux bons crus 56 $

Conclusion
Une belle et intéressante dégustation de vins bio, biodynamiques (pas nécessairement certifiés). Des vins les plus nature possible. Des aromes, des saveurs et des textures différentes. Il y avait là certains des «défauts» mentionnés par M. Villa Palleja, mais rien pour écrire à sa mère. Ce sont tous de bons vins, certains même très bons. Ce ne sont peut-être pas des vins qui plairont à tous, mais il y en a pour tous les gouts. Finalement, ce sont de belles belles découvertes. La plupart de ces vins ne sont pas disponibles en magasin, mais doivent être commandés via le réseau des commandes privées.

Lire aussi les commentaires d'Alain Brault dans la page Facebook de l'Académie du vin de l'Outaouais.

Il est illégal de revendre du vin acheté en commande privée

Les achats de vin en commande privée deviennent de plus en plus populaires. C'est maintenant un marché de plus de 115 millions de dollars au Québec et de 6,4 millions de bouteilles. Ce système d'achat conçu surtout pour la restauration intéresse aussi les particuliers. Les agences spécialisées dans ce secteur improprement appellé importation privée ont fait le plein avec les restaurants et veulent depuis quelque temps atteindre directement les consommateurs.

Il y a toutefois un hic, c'est qu'il faut acheter à la caisse. Des agences invitent donc leurs clients à revendre des bouteilles de cette caisse. On dit ainsi «partagez avec des amis», regroupez-vous pour l'achat de la caisse. On le lit même dans des sites internet des agences. On incite des clients à acheter à la caisse et à revendre à l'unité.

Est-ce légal?
La Société des alcools (SAQ) nous répond que ce n'est pas légal. Est-ce qu'un particulier peut vendre du vin? «Ce n'est pas permis», nous écrit la SAQ.

Même réponse du côté de la Régie des Alcools. «Il est interdit pour un particulier de vendre du vin; seuls la SAQ et un titulaire de permis d'épicerie peuvent en faire la vente», nous répond Mme Joyce Tremblay, porte-parole de la Régie.

La SAQ est un monopole et seule elle et ses mandataires, les épiceries, ont le droit de vendre du vin.

Mais alors les agences qui incitent leurs clients à revendre des bouteilles incitent donc leurs clients à commettre un geste illégal? «Si c’est le cas, ils les incitent en effet à commettre un geste illégal», nous répond Mme Linda Bouchard, agente d'information de la SAQ.

La Loi, c'est la Loi
Interrogé à ce sujet, le président du regroupement des agences de commandes privées, le Raspipav, nous répond que «la Loi, c'est la Loi». Nous savons que c'est illégal, nous dit le président Pierre Birlichi. «Notre position est légaliste. Nous devons respecter la Loi, même nous les agents n'avons pas le droit de vendre directement du vin.»

Va-t-il alors demander à ses membres de cesser d'inciter leurs clients à commettre un geste illégal? Ce à quoi il répond que «l'association n'a pas pour rôle de jouer à la police.» M. Birlichi s'étonne aussi qu'au moment où on va légaliser la marijuana qu'il soit toujours aussi difficile de faire le commerce du vin au Québec. Il se demande aussi qu'elle est la sanction, la pénalité si un particulier se fait prendre à revendre du vin.

C'est un sujet assez étonnant. C'est une pratique qui se fait illégalement, mais ouvertement! À preuve, dans le site même de la SAQ, sous un article intitulé L'importation privée: simple, accessible et sécuritaire, la SAQ a mis un lien vers un article du journal La Presse écrivant que «la journaliste Ève Dumas a su résumer la marche à suivre dans l’article L’importation privée en trois étapes faciles. Dans lequel article cité, Mme Dumas rappelle qu'il faut acheter à la caisse; «trouvez-vous des amis pour partager!», ajoute-t-elle alors!

Cela dit, tout le monde est bien conscient que cette limitation d'achat à la caisse est un frein au développement de ce secteur dit des commandes privées. La SAQ a un projet de vente à l'unité de ces vins par internet. Le projet n'est pas encore au point. Il pourrait se réaliser dans les prochaines années, nous dit-on.

Le faire légalement
Il est toutefois possible se se regrouper pour faire une commande privée auprès de la SAQ. On passe alors par le Service de commandes privées, version «particuliers» de la SAQ et non par une agence. Le groupe peut commander des caisses et se les partager à l'unité. On y précise que «l’organisateur ne peut vendre les produits aux membres du groupe d’achat». Le chef du groupe doit fournir la liste des noms et des adresses des acheteurs et la quantité commandée par chacun. La SAQ émet alors une facture à chacun des membres du groupe indiquant que le prix des produits a été acquitté par le chef du groupe. (Voir Politique de commande privée PDF)

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