Informations

Vins grecs plus chers au Québec

La direction de la Société des alcools du Québec a promis de réduire les prix de ces vins au niveau de ceux de l'Ontario. Des efforts ont été faits. Toutefois, il reste encore du travail à accomplir. De nombreux vins sont de 1 à 3 $ plus chers à la SAQ qu'à la LCBO de l'Ontario.

Une rapide comparaison entre les vins grecs disponibles dans les magasins de nos deux monopoles nous permet de constater des différences de prix notables. En effet, sur les 17 vins disponibles, 12 sont plus chers au Québec.

Vins disponibles à la SAQ et à la LCBO
   SAQ  LCBO
Cavino Ionos 10,50  9,95
Rapsani Tsantali 11,80 13,05
Boutari Nemea 14,55 13,20
Paranga Kir-Yianni 14,50 14,50
Boutari Moschofilero 15,40 13,20
Tetramythos Roditis 15,40 13,95
Spiropoulos Mantinia 17,25 16,15
Boutari Naoussa 16,45 13,95
Thimiopoulos JV Naoussa 17,65 17,95
Rapsani Tsantali Reserve 18,55 20,95
Mercouri Rouge 22,30 19,35
Tselepos Driopi 21,25 20,95
Gaia Agiorgitiko 21,55 24,30
Sigalas Assyrtiko Athiri 23,15 21,95
Gerovassiliou Malagousia 25,05 23,95
Ch Porto Carras 2006 25,15 21,95
Mega Spileo 28,85 27,95

Les meilleurs mousseux pour les Fêtes

Voici une sélection des meilleurs mousseux pour les Fêtes. Il y a là des champagnes, des cavas, des crémants, des proseccos et autres bulles.

Les champagnes ne sont pas toujours les meilleurs. Ils sont par contre les plus chers parce que leur prix est contrôlé par l'association des producteurs et celle des grandes maisons comme expliqué dans ce texte Le prix du champagne sous contrôle. Il arrive souvent que les crémants et cavas soient plus savoureux que des champagnes, et ce pour des prix plus raisonnables. Toutefois, l'image du champagne est plus prestigieuse.

La plupart de ces vins sont disponibles en ligne, comme indiqué par le «l» de la deuxième colonne. Plusieurs sont aussi disponibles dans des SAQ-Dépôts, indiqué par la lettre «d».

En cliquant sur le nom du produit, vous en aurez une courte description.

Pol Roger Champagne Brut ld Champagne 3,5 62,25$
Veuve Clicquot 2008 l Champagne 3,5 99,50$
Villa Conchi, Cava Brut Selección ld Espagne 3 15,30$
Louis Bouillot, Perle Rare, 2014 ld Bourgogne 3 21,60$
Laurens, Clos Des Demoiselles 2014
Languedoc 3 22,55$
Crémant du Jura Brut, André et Mireille Tissot l Jura
3 28,75$
Champagne Gardet Premier Cru Brut l Champagne 3 41,75$
Paul Goerg, Blanc de blancs, Premier Cru Brut ld Champagne 3 46,25$
Jacquart, Brut Mosaïque l Champagne 3 47,25$
Drappier Brut Nature, Pinot Noir Zéro Dosage
Champagne 3 49,75$
Nicolas Feuillatte Brut Réserve ld Champagne 3 48,50$
Laurent-Perrier Champagne Brut ld Champagne 3 64,00$
Louis Roederer, Brut Premier l Champagne 3 70,00$
Henriot, Blanc de blancs brut
Champagne 3 78,75$
Parés Baltà, Cava Brut Bio
l Espagne 2,5 16,75$
Elyssia, Freixenet, Gran Cuvée Brut ld Espagne 2,5 18,20$
Sumarroca Brut Nature, Gran Reserva 2012   Espagne 2,5 18,65$
Sumarroca Brut Nature, Gran Reserva 2012   Espagne 2,5 18,85$
Moingeon Prestige, Crémant
ld Bourgogne 2,5 19,25$
Château Moncontour, Vouvray Brut,Prédilection 2014 ld Loire 2,5 19,60$
Nino Franco Prosecco Valdobbiane Brut l Italie 2,5 21,30$
Roederer Estate Brut Anderson Valley l Californie 2,5 32,85$
Champagne Drappier, Carte d'Or Brut l Champagne 2,5 47,75$
Delamotte Brut l Champagne 2,5 51,75$
Taittinger Brut Réserve ld Champagne 2,5 59,75$
Mateus, Baga et Shiraz, Brut rosé ld Portugal 2 14,95$
Santa Margherita Valdobbiadene Prosecco
ld Italie 2 18,60$

Joyeuses Fêtes !

Les monopoles des alcools devant la Cour suprême

La légitimité des monopoles des alcools des provinces du Canada a été discutée pendant deux jours devant la Cour suprême du Canada.

L'affaire s'est retrouvée là parce qu'un résidant du Nouveau-Brunswick, Gérard Comeau, est allé acheter des caisses de bière au Québec. Il a été accusé de ne pas avoir acheté sa bière auprès du monopole de sa province. Il a contesté prétextant que la constitution canadienne lui permet d'acheter des biens où il veut au pays.

Le juge Ronald Leblanc de Campbellton lui a donné raison, car l'article 121 de la constitution de 1867 dit bien que tous les articles produits au Canada doivent être admis en franchise dans toutes les provinces. «shall be admitted free».

Toutefois, ce n'est pas tout le monde qui interprète cet article de cette façon. D'ailleurs, depuis l'arrêt Gold Seal de la Cour suprême de 1921, admis en franchise veut dire admis sans droits tarifaires et ne veut pas dire que des droits non tarifaires ne peuvent pas être imposés. Telle est la loi depuis 1921. Cependant, depuis ce temps, cette interprétation est contestée et souvent considérée comme étant une erreur du passé, du temps de la prohibition. C'est ce qu'affirme d'ailleurs le juge Leblanc du Nouveau-Brunswick.

Devant, les 9 juges, les avocats des provinces sont venus protéger les monopoles en disant que les provinces ont le droit d'imposer des règlements limitant le commerce de biens des autres provinces; pendant que des avocats des consommateurs et des commerçants sont venus dire que «free» veut dire «free» et qu'on a le droit d'acheter des produits d'ailleurs au Canada.

Le Canada est-il un pays de libre-échange? Non, selon les provinces; oui, il le devraient selon les consommateurs et commerçants.

Dans un monde de commerce électronique, peut-on encore empêcher un citoyen de faire venir un produit d'une autre province? Les provinces veulent conserver leurs monopoles parce qu'ils rapportent de l'argent, mais ne peuvent-elles pas obtenir cet argent d'une autre façon? Sont-elles obligées de vendre un produit pour le taxer; alors qu'elles peuvent très bien taxer l'essence et les cigarettes sans les vendre?

Que décideront les juges?
Accepter le jugement Comeau c'est remettre en question le fonctionnement actuel de la fédération et aller à l'encontre de la volonté des gouvernements des provinces.
Renier le jugement Gold Seal, reconnaitre l'erreur de la Cour Suprême de 1921, c'est entrer dans un monde inconnu. C'est refaire la loi, c'est modifier les règles actuelles et tout ce que cela implique de complications, de changements, d'incertitude, de litiges et de futures contestations, comme l'a exprimée clairement la juge en chef. Le chaos après la bière libre.
Les juges auront-ils cette audace? Le statu quo n'est-il pas plus facile à vivre que le changement!
Le jugement est attendu pour la fin mai.

 

Des constitutionnalismes représentent quelquefois la constitution comme étant un arbre. Un arbre vivant qui grandit au rythme de la société et qui doit suivre l'évolution de cette société. S'il en est ainsi, la question pertinente à se poser n'est-elle pas — au lieu de se demander ce que les Pères de la Confédération, à la racine, voulaient dire par l'expression free — mais plutôt de se demander ce que les petites feuilles d'érable au bout des branches veulent entendre aujourd'hui  par ce mot qui évoque la liberté ?

________
Sa Majesté la Reine c. Gerard Comeau, Cour Suprême du Canada
Registre des procédures Sa Majesté la Reine c. Gerard Comeau, Cour Suprême
Les mémoires déposés devant la Cour Suprême
Diffusions web archivées des audiences de la Cour suprême
Le jugement Gérard Comeau, juge Ronald Leblanc, Campbellton, août 2016
Section 121 of the Constitution Act, 1867 Wikipedia en anglais
La théorie de l'arbre vivant
Cause de Gérard Comeau : plaidoyer pour une libre circulation des biens entre les provinces, Catherine Allard, Radio-Canada
Le vin à la Cour suprême
L’arrêt Comeau : vers une libéralisation du commerce interprovincial canadien? La Cour suprême du Canada tranchera. Desgagné et Griffin, avocats
Booze battle : could there be chaos ? The Telegraph

Est-ce que la SAQ est rentable ?

La question peut sembler impertinente; pourtant elle est très pertinente.
Est-ce que la SAQ est rentable?
J'ai deux réponses possibles:
   – très peu rentable;
      ou
   – je ne sais pas du tout.

Cette dernière est la plus juste vu l'état actuel de nos connaissances.

Vous allez me dire que la SAQ rapporte 1 milliard de dollars par année au gouvernement.
Oui, mais la LCBO de l'Ontario rapporte 2 milliards au gouvernement de cette province et elle a été jugée très peu rentable!

Oups! Ça peut sembler étrange! Mais c'est que ces milliards sont surtout des revenus fiscaux et non pas seulement des revenus d'entreprises. Si le montant exigé du gouvernement était calculé à part, quel serait le revenu propre de l'entreprise? Tout est mêlé et confondu dans les rapports annuels de ces deux monopoles d'État. Quelle est la part de revenus de l'entreprise et la part exigée par le gouvernement, soit le revenu fiscal. Ce que le président de la SAQ appelle la marge fiscale versus la marge d'affaires.

Au Québec, il n'y a pas eu, à ma connaissance, d'études sur la rentabilité de la SAQ. Les rapports financiers de la société d'État ne permettent pas d'avoir une réponse, de démêler ce qui est la marge d'affaires de la marge fiscale.

En Ontario, par contre, il y a eu une étude sur le sujet. Un comité dirigé par un ancien PDG de la banque Toronto Dominion a été chargé par la première ministre d'étudier la LCBO. Et son verdict a été que «la LCBO est peu rentable».

La LCBO calcule mal son rendement, a dit Ed Clark en septembre 2016 par «une surévaluation des bénéfices : en combinant les impôts théoriques aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.»

Un faux sentiment d'être riche. C'est peut-être ce qui explique pourquoi la SAQ paye ses employés permanents à temps double dans le temps des Fêtes au lieu d'utiliser 70 % de ses employés à temps partiel, comme nous le rappelle Radio-Canada.

«Les employés des succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont travaillé près de 200 000 heures supplémentaires pendant le temps des Fêtes au cours des deux dernières années financières. À 42,85 $ de l'heure en moyenne, la facture s'élève à plus de 8,5 millions de dollars pour la société d'État.» (Radio-Canada, 5 décembre 2017)

Pendant ce temps, la majorité des employés qui sont temporaires peinent à faire 16 heures et doivent faire 2 succursales pour atteindre un horaire hebdomadaire raisonnable pour vivre!

On paye en heures supplémentaires le quart des employés qui font déjà 38 heures par semaine; alors que l'on pourrait donner plus d'heures à temps simple aux trois quarts des employés temporaires ! C'est parfaitement illogique.

La SAQ se défend en disant que c'est prévu à la convention collective. Oui, le faux sentiment de rentabilité; le sentiment de richesse!

La LCBO était jugée peu rentable, parce que, entre autres, sa main-d'oeuvre compte pour près de 50 % de ses frais d'exploitation. Et la SAQ alors, où sa main-d'oeuvre compte pour 68 % des frais d'exploitation? (chiffres de 2015-2016).

La SAQ est-elle rentable. Le président nous a dit dernièrement qu'on pourra en avoir une idée l'an prochain, car «les états financiers seront plus transparents et l'on séparera la marge fiscale de la marge d'affaires de l'entreprise». M. Alain Brunet nous a dit aussi que les charges d'exploitation sont et seront réduites.

Donc, est-ce que la SAQ est rentable? Est-ce qu'il en coute cher pour donner 1 milliard de dollars au gouvernement? Est-ce qu'il pourrait en couter moins cher pour rapporter encore plus? Est-ce que tous les réseaux — succursales, agences, épiceries, dépanneurs, commandes privées, en ligne et autres — sont maximisés? Surement pas. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

_______

Le vin à la Cour suprême

 

La Cour suprême entend aujourd'hui et demain la cause Comeau qui conteste la constitutionnalité des monopoles d'alcool au Canada. Neuf procureurs généraux et une quinzaine d'autres intervenants présentent leurs arguments pour et contre devant les neuf juges de la cour. C'est diffusé en direct sur le web à partir de 9 h 30.
Ce matin, les avocats représentant les provinces sont venus dire qu'il ne fallait pas trop tenir compte de l'article 121 de la Constitution de 1867 sur la libre circulation des biens au pays, mais plutôt de prendre en considération les droits des provinces de légiférer. Les provinces veulent protéger et maintenir leurs monopoles des alcools.

Un résumé des audiences de ce matin est fait par Pierre Alexandre Borduc de Radio-Canada, Moncton à l'émission Midi-Info. (Audio 3 min 25)

Demain, ce sera au tour d'organismes représentant des producteurs, commerçants et des consommateurs qui exposeront leurs arguments.

 

La Cour suprême du Canada se prononcera sur la légalité des lois limitant le commerce du vin et autres alcools au Canada.

La situation du commerce du vin au Canada est l'une des plus aberrantes et inefficaces au monde. Les vignerons, les commerçants et les consommateurs de vin n'ont pas la liberté d'acheter ni de vendre du vin d'une autre province.

Les juges de la Cour suprême du Canada entendront mercredi et jeudi une demande d'appel concernant un incident qui s'est produit à la frontière du Nouveau-Brunswick. Un citoyen de cette province est allé acheter de l'alcool de l'autre côté de la rivière au Québec et l'a rapporté chez lui. Le choix de bières, vins et spiritueux est si lamentable et si cher au Nouveau-Brunswick que la majorité des clients des dépaneurs et de la succursale de la Société des alcools du Québec de Pointe-à-la-Croix sont des Néo-Brunswickois. (1)

Le samedi 6 octobre 2012, Gérard Comeau de Tracadie se fait arrêter après avoir traversé le pont qui relie le Québec au Nouveau-Brunswick et est accusé d'avoir rapporté illégalement de l'alcool acheté dans une autre province. Monsieur Comeau conteste disant que la loi provinciale obligeant les citoyens à acheter exclusivement l'alcool de la société des alcools de la province est anticonstitutionnelle.

Il gagne sa cause. Le juge Ronald Leblanc dit que la constitution de 1867 permet de transporter de l'alcool d'une province à l'autre. « L’alinéa 134b) de la Loi sur la réglementation des alcools du Nouveau-Brunswick constitue un obstacle commercial qui contrevient à l’art. 121 de la Loi constitutionnelle de 1867 et, en conséquence, il est inopérant contre Gérard Comeau.»  L'article 121 de la Loi constitutionnelle de 1867 dit que «Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.»(«be admitted free into each of the other Provinces», dans la version anglaise.)

Selon le juge Leblanc, les Pères de la Confédération voulaient le libre-échange entre les provinces suite à la fin du libre-échange avec les États-Unis à la fin de la guerre de Sécession. Le juge écrit que «beaucoup d’Américains avaient l’impression que les habitants de l’Amérique du Nord britannique étaient des sympathisants de la Confédération sudiste. À tort ou à raison, ils leur reprochaient d’aider le Sud dans la guerre de Sécession américaine. Cela a amené les États-Unis à imposer une panoplie d’obstacles non tarifaires aux produits importés des colonies britanniques(1)

C'est gros! Ça touche beaucoup de monopoles au Canada. L'affaire se retrouve donc cette semaine en Cour suprême.

Les citoyens contre les politiciens
Les provinces canadiennes et plusieurs groupes ont demandé de se faire entendre de la Cour dans cette affaire. Il y a plus de 20 intervenants dont les procureurs généraux de la plupart des provinces, le Consumers Council of Canada, des représentants des commerçants et des vignerons.

Les consommateurs et commerçants sont favorables au libre commerce du vin alors que les dirigeants politiques des provinces sont contre. Vous pouvez lire leurs arguments en suivant les liens au bas de ce texte. À lire ces arguments — c'est citoyens contre politiciens. Chacun choisit de présenter des arguments favorables à ses intérêts. Ils seront entendus les 6 et 7 décembre à Ottawa.

Les citoyens, eux, se sont déjà prononcés sur le sujet. En effet, 84 % des Canadiens se disent favorables au libre commerce du vin, selon un sondage mené en octobre par la maison Ipsos. (2)

Il est question ici de la liberté des citoyens opposée à la volonté des gouvernements provinciaux de limiter cette liberté pour protéger des intérêts locaux.

Les arguments
Voici quelques extraits des plaidoiries qui seront présentées aux juges.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick
«A literal interpretation of the Constitution is to be avoided.»

Gérard Comeau
«S. 121 prohibits all internal trade barriers, both tariff and non-tariff.»

Le gouvernement fédéral
«le présent pourvoi donne à la Cour l’occasion de se pencher sur la portée de cette disposition d’une façon plus nuancée, vu la nécessité d’interpréter la Constitution d’une manière évolutive qui tienne compte des réalités d’aujourd’hui.»

Le gouvernement du Québec
«Si cette Cour maintenait l’interprétation de l’article 121 de la L.C. de 1867 donnée par le juge de première instance, celle-ci aurait des impacts sur une multitude d’aspects du commerce, notamment les suivants. A) La mise en marché collective B) Les monopoles et entreprises d’État et les accords de commerce.»

Le gouvernement de l'Ontario
«it is not the Court’s role to determine whether liquor monopolies are wise or unwise public policy.»

Le gouvernement de la Colombie-Britannique
«Since Section 134 of New Brunswick’s Liquor Control Act is necessarily incidental to the existence of a publicly-owned provincial monopoly on the distribution and sale of alcoholic beverages, and since such monopolies further legitimate policy objectives, section 134 is consistent with section 121 of the Constitution Act, 1867.»

Consumers Council of Canada
​«the sale of alcoholic beverages, as ones where internal trade barriers affect consumer rights.»

​​Institut économique de Montréal
«The Court should eliminate non-tariff trade barriers through a broad interpretation of section 121 that recognizes modern economic realities.»

Canadian Chamber of Commerce
«The key issue on this appeal is how the interpretation of s. 121 can be modernized so as to prohibit some non-tariff barriers while still leaving space for provincial activity that may affect interprovincial trade.»

Chacun des intervenants sera entendu une dizaine de minutes mercredi et jeudi devant les juges de la Cour suprême à Ottawa. Ça sera diffusé sur le web. Le jugement devrait être rendu en mai.

Les intervenants dans l'affaire Comeau en Cour suprême du Canada
(tel qu'affiché dans le site de la Cour suprême)

______________
(1) Le jugement Gérard Comeau, juge Ronald Leblanc, Campbellton, août 2016
(2) Le cas Comeau, sondage d'opinion canadien. Favorables au libre commerce 
 Le commerce de l'alcool en Cour Suprême

  Texte publié le 4 décembre et mis à jour le 6 décembre.  

70 % des Québécois favorables au libre commerce du vin

Les Canadiens sont pour la liberté du commerce du vin, les Québécois un peu moins!

La grande majorité des Canadiens (84 %) disent qu'ils devraient être autorisés à commander du vin directement d'un vignoble d'une autre province.

C'est ce que nous dit un sondage de la maison Ipsos commandé par l'Institut économique de Montréal.

C'est en Colombie-Britannique que ce désir est le plus fort à 91 %.

Toutefois, c'est au Québec où il est le moins fort à 70 %. La réponse est en haut de 80 % dans toutes les provinces, sauf au Québec.

 

Voici les résultats à cette question :
«Les Canadiens devraient être autorisés à commander du vin directement à partir d’une vinerie d’une autre province.»

   CB  91 %
   ALB 87 %
   SASK-MAN 88 %
   ATL 88 %
   ONT 87 %
   NB   80 %
   QC  70 %
   ______
   CAN  84 %

Pourquoi les Québécois sont moins favorables à la liberté d'achat de vin dans une autre province? C'est peut-être tout simplement parce qu'ils n'aiment pas les vins canadiens en général et qu'ils les jugent moins bons et moins intéressants que les vins européens.

De plus, dans l'ensemble du pays, ce sont les répondants de plus de 55 ans qui sont les plus favorables à la liberté de commander du vin partout au pays à 90 %, contre 76 % pour les jeunes de moins de 34 ans.

Ce sondage a été fait auprès de 1103 Canadiens parmi le panel internet Ipsos Je-Dis, du 26 octobre au 1er novembre, pour le compte de l'Institut économique de Montréal.

Il intervient à quelques jours de l'appel en Cours Suprême du Canada de l'affaire Gérard Comeau du Nouveau-Brunswick. La cour devra décider si les gouvernements provinciaux ont le droit de limiter le commerce des citoyens entre les provinces du pays.

____________
Les résultats du sondage
  Le cas Comeau – Sondage d’opinion canadien PDF

Au sujet de l'affaire Comeau, voir :
  La Cour suprême accepte de se prononcer sur le commerce interprovincial de l'alcool

Le droit de critiquer le vin

Est-ce qu'un critique de vin a le droit de critiquer le vin?

Au début de l'année, il y a eu un débat intéressant lancé par le sommelier Alain Laliberté sur les réseaux sociaux au sujet des critiques de vin, des chroniqueurs de vin. On se demandait si l'on avait le droit de mentionner un mauvais vin. Les propos sur Facebook étaient souvent très tranchés. Certains disent qu'on devait s'interdire de mentionner les mauvais vins!

C'est tout de même étonnant! Alors que l'on accepte qu'un critique de cinéma dise qu'un film est un navet; que l'on accepte qu'un chroniqueur de restaurant rapporte qu'un restaurant est mauvais; on ne pourrait pas ou on ne devrait pas avoir la même liberté dans le monde du vin?

Lorsque l'on compare le travail de chroniqueur de restaurant, de film, de livre à celui de chroniqueur de vin, on constate de grandes différences dans les résultats. Alors que les critiques sont très variés dans les autres champs de critique, ils sont, par contre, presque toujours louangeurs dans le monde du vin.

Tous les vins seraient donc bons?
Pourtant, on en goûte des mauvais. Pourquoi ne pas le dire à nos lecteurs.

Depuis que je travaille dans la critique de vin, cette différence entre ces champs de critique m'a toujours étonné. À quoi est due cette différence? Pourquoi la critique de vin semble-t-elle si peu exister?

Pourtant, il y en a des gens qui écrivent sur le vin, que ce soit dans les magazines, les journaux et de plus en plus dans des blogues. Et c'est presque toujours louanges sur louanges. Ça ressemble à des publireportages.

Un monde sans défauts
Le monde du vin est-il un monde sans défauts? Tout le monde il est beau tout le monde il y est gentil!

Pourtant, il y a de plus en plus de problèmes causés par le réchauffement climatique et les nouveaux modes de vinification: vins oxydés, brettés, refermentés, contaminés...

Lorsque nous lisons des revues de vin, on est porté à se demander si c'est de la publicité. Tout y est toujours bon. Il est vrai que ces magazines sont financés par la publicité payée par des producteurs de vin. Ces rédacteurs ne peuvent donc pas critiquer ceux qui les financent. C'est un monde de clients. On ne mord pas la main qui nous nourrit. De plus, ces magazines, particulièrement en France, organisent souvent maintenant des salons de vin et des concours. Ils font payer les producteurs pour participer à ces évènements. Il n'y a donc plus là place possible pour la critique, mais plutôt pour l'autocensure. On doit bien faire paraitre son client, c'est tout.

Il faut dire aussi que ces magazines semblent plutôt lus par les vignerons que par les consommateurs en général. Ces rédacteurs s'adressent donc à leurs clients les vignerons et non plus aux amateurs de vin.

Des louanges dans internet
Maintenant, lorsque nous naviguons dans l'internet, nous voyons de plus en plus de blogueurs de vin et là aussi c'est louanges sur louanges. C'est à qui donnerait la plus belle note, la plus haute note. On en donne des 90 et des 4 étoiles à tout vent. C'est à qui donnerait le plus de compliments.

Pourtant, la plupart de ces rédacteurs à plein temps ou du dimanche se disent des spécialistes du vin. On n'ose tellement pas critiquer que l'on entend dire que si le vin est bouchonné ce n'est pas la faute du vigneron parce qu'il n'a pas fait le bouchon! C'est de l'angélisme et un argument fallacieux, car le vigneron n'a pas fait non plus les levures, les barriques, les tanins et acides ajoutés. Il est pourtant responsable de son produit.

Il faut dire ici que beaucoup de ces gens ont ou se donnent une formation en sommellerie et le sommelier n'est pas formé pour critiquer, mais pour vendre le vin. Ceci contribue peut-être à expliquer cette incapacité de critiquer, mais pas totalement.

Des consommateurs critiques
Si ces spécialistes ne critiquent pas, par contre, on peut trouver des gens ordinaires qui eux osent critiquer les vins. On trouve cela sur des sites de commentaires de vin tel que Cellartracker. Ces individus, malheureusement trop souvent anonymes, nous renseignent sur les mauvais vins. Ils osent dire qu'un vin sent mauvais, sent la ferme, l'écurie, qu'un autre a refermenté en bouteille, qu'un autre est souvent bouchonné... Toutes des choses que les spécialistes nous cachent.

Pourquoi ces cachotteries de la part des spécialistes, des professionnels?
Ici, je vais entrer dans le domaine des hypothèses. Il y aurait l'histoire, les habitudes, la tradition. «Ça s'est toujours fait comme cela», entendons dire. Il y aurait aussi la formation de certains de ces spécialistes, formés comme sommelier à vendre le vin, à communiquer les qualités du vin.

Autocensure
Il y a aussi surement beaucoup la proximité avec les producteurs. Alors que les critiques de cinéma et de restaurants sont loin des réalisateurs et des restaurateurs; les chroniqueurs de vin sont près des producteurs et de leurs agents. On se visite, on déguste ensemble, on reçoit des échantillons, on voyage...

Il est plus difficile de critiquer le travail de ceux qui sont proches de nous et que l'on rencontre fréquemment. On peut craindre de ne plus recevoir d'échantillons, de ne plus être invité aux dégustations et aux voyages de presse.

On s'autocensure aussi, parce que nos médias préfèrent trop souvent les bonnes nouvelles, les informations jovialistes. Quelle est alors la crédibilité de ces critiques qui ne critiquent pas? C'est plus difficile à établir.

Sommelier ou critique?
Suite à une longue discussion sur ce sujet dans Facebook, un chroniqueur de vin de Québec a publier un texte intitulé «Je ne suis pas un critique de vin». http://www.journaldequebec.com/2017/03/12/je-ne-suis-pas-un-critique-de-vin. Le commentaire est franc, le sommelier Philippe Lapeyrie dit qu'il aime mieux «rester dans le positif et la bonne humeur.»

C'est le point de vue du sommelier, peut-être de toute la profession. C'est honnête, mais est-ce qu'il y a place pour la critique dans le monde du vin.

Le rôle du critique
Comment alors bien informer le consommateur? Qui osera dire aux consommateurs d'éviter tel ou tel vin. Ou de dire qu'un vin bon l'an dernier ne l'est plus autant dans le millésime suivant?

«La critique est un examen raisonné, objectif, qui s'attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur», nous dit le dictionnaire en ligne CNRTL.

Le consommateur veut-il savoir?
Le spécialiste des vins Alain Laliberté me dit avoir demandé à ses lecteurs «Préférez-vous être informés sur les bons achats uniquement ou désirez-vous aussi connaître ce qu'il faut éviter ? Plus de 90% souhaitaient tout savoir.»

Quel est l'avenir alors de ces nombreux blogues de louange de vin? Comment former de futurs critiques de vin?

Prenons conscience que les chroniques de vins ressemblent trop souvent plus à du travail d'attachés de presse que du travail de journaliste. Il faut qu'on se réveille sinon nous aurons aussi peu de crédibilité que les chroniqueurs de voyage qui se sont fait remplacer par Tripadvisor.

Je ne suis pas sommelier, mais journaliste et critique de vin.

Au sujet de la critique, voir le livre de Catherine Voyer-Léger Métier Critique, aux éditions Septentrion.

 

Avis aux consommateurs
Si vous ouvrez une bouteille de vin qui sent mauvais, qui sent les égouts, la cave humide, l'écurie ou pire et que ça persiste plus de quelques minutes, retournez la bouteille à la SAQ. Car en vertu de la Loi de protection du consommateur, tout produit défectueux doit être soit réparé, remplacé ou remboursé. (Remboursement de vin défectueux)

 

Entrevue à ce sujet à l'émission radiophonique de Sophie Durocher à BLVD 102,1 : Le droit de critiquer le vin (15 min).
_______________
Est-ce que les critiques de vin devraient aussi commenter les vins à éviter? Discussion dans Facebook lancée par Alain Laliberté.

«Je ne suis pas un critique de vin»
, Philippe Lapeyrie, Journal de Québec

Sujets connexes


Le vin en épicerie

L'an dernier, les Québécois ont acheté un peu plus de 160 millions de litres de vin. Ces achats se sont faits  dans les 406 succursales de la SAQ, dans près de 8000 épiceries et dépanneurs, ainsi que pour une moindre mesure chez les producteurs locaux.

De ses 160 millions de litres, 120 millions ont été achetés dans les succursales de la société d'État et 40 millions dans les épiceries.

Le marché du vin en épicerie est en forte croissance depuis quelques années. On peut maintenant aussi y acheter du vin québécois. Des sommeliers réputés se lancent aussi à la conquête de ce nouveau Klondike.

L'émission L'Épicerie de Radio-Canada se penche sur ce phénomène. «L’épicerie a voulu savoir si le nouveau marché du vin d'épicerie offre un bon rapport qualité/prix.»

Voir l'émission du 22 novembre de L'Épicerie.


Pour en savoir plus sur le commerce du vin en épicerie

SAQ: hausse des prix des grands vins?

Après la baisse des prix des petits vins à la SAQ, est-ce que l'on doit s'attendre à une hausse des prix des vins de milieux de gamme et des grands vins?

La direction de la SAQ veut appliquer une majoration linéaire comme celle de la LCBO en Ontario pour remplacer sa majoration régressive qui taxe plus les vins à bas prix.

La SAQ a réduit le prix de 1600 de ces vins courants, ses plus gros vendeurs.

En effet, avec sa marge linéaire — la même pour tous les vins — l'Ontario offre des vins à petits prix moins chers qu'au Québec, toutefois, ses vins de plus de 20 $ sont souvent plus chers qu'à la SAQ. À tel point qu'en Outaouais des restaurateurs d'Ottawa s'approvisionnent à l'occasion dans des SAQ de Gatineau pour obtenir leurs vins de plus de 30 $ inscrits à leurs cartes de vin et souvent plus chers ou en rupture de stock à la LCBO!

Un exemple, le Beringer Knights Valley Cabernet-Sauvignon 36,10 $ à la SAQ, mais 44,95 $ à la LCBO
Ce vin est vendu dans plusieurs restaurants d'Ottawa, dont un le Al's Steakhouse de la rue Elgin l'affiche à  105 $ à sa carte de vins!

Il nous arrive même de voir chez des cavistes en France des vins français de 30-100 euros plus chers là qu'ici à la SAQ!

C'est bien beau réduire les prix des vins à moins de 15 $, mais si c'est pour augmenter les prix de ceux à plus de 20 $ — ceux qu'on achète — nous nous serons perdants dans cette affaire-là, me dit l'ami Pierre.

Allez-vous taxer les riches?
Les vins achetés 5 $ sont triplés à 15 $ à la SAQ (avant la baisse de 1,40 $); pendant que ceux achetés 50 $ sont seulement doublés à 98 $.

Je pose donc la question au président de la Société des alcools du Québec. Vous avez été accusé de taxer plus les pauvres avec votre marge régressive. Vous avez réduit cette marge. Allez-vous maintenant taxer plus les riches pour compenser?

Je ne veux pas créer un choc tarifaire auprès de la clientèle. On ne veut pas créer un choc pour les vins en haut de 30 $,» nous dit le président Alain Brunet.

Nous sommes à la deuxième année de notre plan de trois ans, ajoute M. Brunet. Dans la première année, on a baissé les prix des vins d'entrée de gamme. On a appliqué rapidement une solution pour nous amener le plus vite possible à la parité avec l'Ontario. «On a procédé à vitesse grand V». Le travail s'est bien fait rapidement. «Et on l'a vu, on a mesuré que la perception de prix s'est améliorée de 15 % auprès des clients.»

Donc on a fait ce travail, mais ce n'est pas assez, il faut que cela soit durable et solide. «Nous sommes en train de faire beaucoup de simulations. Il faut bien le faire parce que là on est dans le coeur financier de l'organisation. On va la présenter cette nouvelle marge. Elle sera linéaire, égale pour tous et on préservera la parité avec les marchés limitrophes (l'Ontario)», nous dit M. Brunet qui ajoute que de toute manière y a très peu de volume sur les vins au-delà de 30 $ que ça n'équilibrerait pas la baisse sur les vins courants.

C'est pour ça que la SAQ a fait un virage financier, dit-elle. Elle a compressé ses coûts, entre autres en réduisant de 30 % son personnel administratif, en négociant plus sérieusement avec ses fournisseurs afin «de subventionner la baisse de prix». De plus, la direction de la SAQ a convenu avec le gouvernement que l'augmentation du bénéfice sera de seulement 1 % pour les 2 ou 3 prochaines années, affirme le président.

C'était le temps d'agir
«On a donc répondu rapidement à la demande du client qui était la plus visible. C'était le temps d'agir. Ça a fait le travail. C'était parfait. Mais ce que l'on veut ce n'est pas faire juste un coup de circuit et un coup publicitaire. Il faut que ce soit pondéré, durable et transparent.»

La baisse des prix de 1,40 $ — soit 9 % selon M. Brunet — a été compensée en partie par une hausse des ventes en volume de 6,6, % au cours des 6 derniers mois. (Voir Forte hausse des ventes de vin à la SAQ.)

Au sujet de la transparence, M. Brunet ajoute «qu'il faudra que le consommateur voie ce qui est notre marge d'affaires et notre marge fiscale.» C'est-à-dire qu'il faudra que l'on distingue la différence entre les deux marges. Autrement dit que l'on voit si la SAQ est vraiment profitable.

La SAQ profitable? La SAQ rentable ou non?
La question semble étrange pour une entreprise qui rapporte 1 milliard $ au gouvernement, mais elle est pertinente. La même question a été posée à la LCBO. Et la réponse a été que la LCBO est peu rentable! Pourtant, elle donne 2 milliards de dollars au gouvernement de l'Ontario chaque année!

«La LCBO, comme la plupart des détaillants, est une entreprise dont la marge bénéficiaire est très faible» a dit l'an dernier le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, présidé par Ed Clark, anciennement PDG de la Banque Toronto Dominion.

«En combinant les impôts théoriques (dividendes exigés par le gouvernement) aux bénéfices de l'entreprise, la LCBO donne à la direction et aux employés un faux sentiment de rentabilité.» (Voir La LCBO est peu rentable, septembre 2016)

C'est la même chose pour la SAQ qui mêle son profit de commerce de détail (marge financière) avec le milliard exigé par le gouvernement (marge fiscale) qui est en fait une taxe imposée. La SAQ va donc être plus claire en séparant dans ses résultats financiers ses profits d'affaires de la marge fiscale exigée par le gouvernement. Ce sera ainsi plus transparent.

Donc, en résumé, pour revenir à la question du début, la direction de la SAQ rassure nos amis amateurs de grands vins: ils n'auront pas un choc en voyant les prix de leurs vins préférés montés en flèche.

Le beaujolais nouveau 2017

Le beaujolais nouveau semble vraiment passé de mode au Québec.

L'engouement n'est plus. Il est vrai aussi que la qualité n'y était pas. On nous refilait de la piquette bien acidulée et mal aromatisée.

Il y a toutefois des producteurs qui font de vrais efforts pour produire du bon beaujolais nouveau. Mais la grande masse est plutôt le fait de gros négociants en vin.

Le beaujolais nouveau est embouteillé et vendu très vite seulement quelques semaines après la récolte; alors que la plupart des autres vins s'affinent en cave jusqu'au printemps. Dans les années '60 en France, c'était une course à qui apporterait le plus rapidement son vin dans les bistrots de Paris après les vendanges.

La SAQ en commandait 200 caisses en 1975; 40 000 en 1998 — dont les deux tiers vendus dans la même journée — en 2000, ce fut 48 000 caisses — il y avait des files d'attente.

«À cette époque, on célébrait les vins nouveaux dans les restos, les bars et plus de 40 fêtes populaires soulignaient l’événement.

Des files d’attente à toutes les succursales SAQ, tôt le matin, témoignaient de la forte popularité de cet événement auprès des Québécois», se rappelle la SAQ.

Puis ce fut la baisse progressive : 31 885 en 2002; 21 500 en 2005; 14 000 en 2006; 7000 en 2007, 4100 en 2008. La qualité n'était pas au rendez-vous. Nos monopoles achetant des vins acerbes de gros négociants.

Cette année, la SAQ en a commandé 6605 caisses dont 1912 caisses de beaujolais. Les prix vont de 11,85 $ pour le nouveau Care d'Espagne à 19,95 $. (La LCBO de l'Ontario a commandé 8940 caisses de vin nouveau.)

«Malgré le fait que la popularité de l’événement ait connu une forte baisse, quelques inconditionnels prennent toujours plaisir à souligner les vendanges et c’est pourquoi la SAQ n’a pas rompu cette tradition de plus de 40 ans», nous dit la SAQ.

Cette année, la SAQ nous présente son 42e arrivage de vin nouveau. C'est 11 vins nouveaux, dont 4 du Beaujolais, 1 d'Espagne; 1 d'Italie et 5 vins de France.

C'est de 200 à 1200 caisses par produits, donc souvent une ou deux caisses par succursale et il n'y en a pas dans tous les magasins.

Les 4 du Beaujolais sont transportés par avion, ce qui explique en partie le prix élevé. Les autres ont fait le voyage en bateau.

Malgré le peu d'intérêt des consommateurs, chaque année, j'essaie d'en goûter quelques-uns. Je suis allé dans une succursale sélection et il n'y avait qu'une à deux caisses de quelques vins nouveaux. Cette fois-ci, j'ai acheté les vins nouveaux de 2 producteurs réputés du Beaujolais: Jean-Paul Brun et Pierre-Marie Chermette. Ce dernier, étiqueté Gamay Nouveau et non Beaujolais Nouveau est bien meilleur que le premier.

Le beaujolais nouveau c'est festif. C'est une occasion de briser la grisaille de novembre. On en ouvre quelques bouteilles avec des amis. Certains vont détester et médirent du le beaujolais nouveau; d'autres vont aimer le petit côté fruité guilleret. De toute manière, ça fait jaser!

 Le beaujolais nouveau est fait par la méthode de fermentation carbonique. Les raisins sont mis en cuve en entier sans être foulés. Les baies du dessus sont ainsi entières et intactes. La fermentation commence alors à l'intérieur des baies sans être en contact avec l'extérieur de la peau et des levures. Ce processus engendre une forte production de gaz carbonique qui protège le jus de l'oxydation. Les vins qui en résultent sont ainsi moins tanniques et plus légers. Ce processus est aussi utilisé pour assouplir certains carignans. (De Vignes en Vin; Vidéos; IFV)

 

Deux conseils pour le service des vins nouveaux

  1. Servez-les bien frais à 12-14 degrés, donc après 15 minutes au congélateur ou 1 h 30 au réfrigérateur.
  2. Aérez-les fortement, car ces vins vite fait peuvent contenir beaucoup de sulfite.

Les Ontariens aiment le vin de l'Ontario

Près d'une bouteille de vin consommée en Ontario a été produite en Ontario même.

Oui, les Ontariens aiment le vin de leur province. En effet, selon les chiffres de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO), les vins ontariens représentent 41 % des ventes de vins de la province en volume.

De ce 41 %, 25 points de pourcentage sont vendus par l'entremise de la LCBO, le reste est vendu par les établissements vinicoles de la province.

Les ventes de vin de l'Ontarion ont connu une hausse de 8,5 % en 2016.

Les vins de l'Ontario vendu par la LCBO totalisent 47 millions de litres pour 476 millions de dollars. Les vins de l'Italie c'est 23 millions de litres; ceux des États-Unis 20 millions; ceux d'Australie c'est 11 millions et les vins de France totalisent 9 millions de litres de vente à la LCBO.

En dollars, les vins de l'Ontario représentent des ventes de 476 millions de dollars contre 342 pour les États-Unis; 340 pour l'Italie et 197 millions $ pour les vins de France.

On voit ainsi que le marché de vin en Ontarion est très différent de celui du Québec où les vins de France sont en première place avec 30 % des parts de marché suivis de l'Italie avec 24 % des parts de marché.

______

Source: rapport annuel de la LCBO.

Des hausses de prix à la SAQ

La Société des alcools du Québec a procédé à des hausses de prix de plusieurs de ces vins le 8 novembre dernier. La plupart des hausses sont de 5,10 et 25 cents. Il y a eu aussi des baisses sur certains de ces produits. La SAQ a dit ne pas vouloir d'autres hausses de prix avant le dépôt du budget québécois au printemps prochain.

La directrice des communications de la SAQ, Mme Éliane Hamel nous dit qu' «au total, 979 produits ont augmenté (moyenne de 0,21 $), 1 306 produits n’ont pas bougé et 188 produits ont baissé (moyenne de 0,10$).»

 

En fait, selon les documents internes obtenus par Jean-Michel Genois Gagnon du journal Le Soleil c'est plutôt 1650 produits qui ont été haussés.

Mme Hamel ajoute que «sur les 350 vins en approvisionnement continu communs au Québec et à l’Ontario, 71 % ont un prix égal ou inférieur à la SAQ.»

Rappelons que la SAQ avait réduit de 1,40 $ les prix de 1600 vins depuis novembre de l'an dernier. Ces hausses de la semaine dernière réduisent un peu l'effort qui avait été fait.

Le pourquoi de ces dernières hausses de prix: «Pour les produits qui ont connu des hausses, les facteurs qui justifient cette variation sont valables, ils nous ont été présentés et nous les avons acceptés. Notre volonté de satisfaire nos clients est partagée avec nos fournisseurs et nous travaillons maintenant plus que jamais à en faire plus, ensemble, pour offrir les meilleurs prix», nous dit la porte-parole de la SAQ.

Voici quelques exemples de variation de prix parmi les vins rouges de bon rapport qualité-prix commentés dernièrement. Il est à noter que les hausses sont plus répandues sur les vins à bas prix que sur les vins de plus de 18 $ !
 

Fonte di Nico 2016  8,05$  8,00$
Vila Regia 2016  8,95$  9,00$
Chevalier de Dyonis, Pinot Noir 2015  9,45$  9,50$
Jardins de Meyrac rouge 2016  9,95$ 10,00$
Santi Nero, Pinot Nero 2016 10,50$ 10,60$
Cono Sur, Bicicleta, Pinot Noir 2016 11,10$ 11,15$
Otoñal Joven 2016 11,25$ 11,30$
Carrelots des Amants, Rouge 2014 12,00$ 12,25$
Scià 2015 12,15$ 12,45$
Clos Bagatelle 2016 12,55$ 12,60$
Sirocco 2015 12,55$    -
Tailwind, Gamay Zweigelt 2016 13,45$ 12,95$
Cabral Reserva 2014 13,95$    -
Château la Mothe du Barry 2015 14,55$ 15,05$ 
Tons de Duorum 2015 14,95$     -
Primitivo, Tenuta Viglione 2015 15,25$ 15,60$
Domaine Langlois-Chateau Saumur 2015 16,45$ 16,85$
Dao, Quinta das Maias 2013 16,65$ 16,95$
ΤΕΤΡΑΜΥΘΟΣ, Mavro Kalavrytino, 2015 17,05$ 17,85$
Le Vin Noir 2012 17,40$ 19,15$
Cosme Palacio 2014 17,50$ 17,55$
Veramonte Cabernet Sauvignon 2015 17,50$    -
Château Les Hauts d'Aglan, Cahors 2011 17,55$ 17,95$
Regaleali, Nero d'Avola 2015 17,75$    -
Saint Andéol, Cairanne 2015 17,95$ 18,30$
Tour Bouscassé, Madiran 2010 17,95$     -
Hommage, Cazes, 2014 18,05$     -
Centine, Toscana 2014 18,05$     -
Attilon, Marselan 2015 18,25$ 18,35$
Vino Rosso 2015 18,40$ 17,70$
Le Bordeaux de Citran 2015 18,45$     -
San Felice, Chianti Classico 2015 18,55$     -
La Cuvée Mythique 2014 18,55$     -
Château Paul Mas, Clos Des Mûres 2015 18,55$ 18,60$
M de Magnol 2015 18,65$ 18,60$
Marquis de Bordeaux 2015 18,65$    -
Chinon, Expression 2014 18,90$ 19,35$
Côtes-du-Rhône rouge Guigal 2013 19,25$ 19,70$
Frappato, Scoglitti 2015 19,90$     -
Trentangeli 2015 19,95$     -
L'impromptu 2015 20,55$     -
Chiroubles 2015, Domaine Ruet 20,80$     -
Ijalba Reserva 2013 20,85$ 21,60$
Morgon, Domaine Ruet, Les Grands Gras 2015 21,35$     -
Domaine Lafond, Roc-Épine, Lirac Rouge 2014 21,95$     -
Terres Rouges, Domaine de Saint-Just, Saumur-Champigny 2016 22,00$     -
Bourgogne, Pinot Noir, Les Ursulines 2016 22,35$     -
Cygnus 2013 22,45$     -
Cuvée Grain de Folie N'5, Château Puy d'Amour 2014 22,65$     -
Château La Branne, Médoc 2014 22,75$     -
Bourgueil, La Coudraye 2015 23,40$     -
Château la Tour de L'Evêque rouge 2013 23,40$     -
Heinrich, Blaufrankisch 2015 23,45$     -
Causses Marines rouge, Peyrouzelles 2015 23,60$     -
Bonpas, Vacqueyras, Silbertus 2015 24,35$     -
Le Bourgogne, Chanson, Pinot Noir 2014 24,45$ 25,05$
Vin de Savoie, Mondeuse, La Sauvage, Pascal Quénard 2015 24,50$ 25,25$
Heinrich, Zweigelt 2014 24,55$     -
Château Mont-Redon, Lirac rouge 2015 24,75$     -
Ramnista 2013 24,85$     -
Crozes-Hermitage 2014, Alleno et Chapoutier 24,95$     -
Moulin-à-vent, Vieilles Vignes 2015, Anita Kuhnel 26,40$    -
Côtes Rocheuses, Saint-Émilion 2013 27,25$ 28,00$
Château Romanin la Chapelle 2013 27,75$ 28,00$
Faustino I Gran Reserva 2005 28,45$ 28,50$
Domaine Mega Spileo 2010 28,85$    -
Claudie Jobard, Rully La Chaume 2015 29,45$    -
Château de Haute-Serre 2000 30,00$    -
L'Ecole No41 Frenchtown 2014 30,25$    -
Château Cambon La Pelouse 2014 30,75$    -
Nature d'Ursulines, Bourgogne 2015 30,75$    -
Reine de Nuit, Anita Kuhnel, Moulin-à-vent 2015 31,75$    -
Pesquera, Crianza 2013 31,75$    -
Coeur de Vigneronne, Moulin-à-vent, Anita Kuhnel 2014 34,75$    -
Château de Saint Cosme, Gigondas 2015 42,75$    -

La SAQ voulait faire du rattrapage et aligner ses prix sur ceux de la LCBO. Le journal Le Soleil nous signale ce matin qu'il y a encore beaucoup de rattrapage à faire surtout au niveau de l'offre de vin à bon prix. En effet, d'après les calcul du journaliste Jean-Michel Genois Gagnon, la SAQ offre 787 vins de moins de 15 $; alors que la LCBO en offre près du double.

Voir aussi Le prix du vin à la SAQ: il y a du progrès, mais...
  Radio blvd 102.1 (14 novembre).

Le site Hippo Vino donne d'autres exemples de hausse de prix.

Encore plus de vins bio

Le nombre de vins étiquetés bio a augmenté sensiblement sur les rayons des magasins de la Société des alcools du Québec au cours de la dernière année.

Il est passé de 400 en novembre 2016 à 640 aujourd’hui. (Au format de 750 ml.) Soit une hausse notable de 240 vins.

Rappelons qu'en 2013, il n'y avait que 160 vins bio au répertoire de la société des alcools.

C'est encore peu, 640 vins bio sur un total de 8300 vins à la SAQ, mais c'est un progrès. Il y a de plus 29 mousseux bio sur les 670 au répertoire.

La plupart de ces vins bio proviennent de France, soit 430.

Mentionnons aussi ici que les vins bio ne sont pas tous étiquetés bio à la SAQ.

Ces vins bio sont maintenant mieux identifiés sur les rayons de la Société des alcools du Québec. En effet, les étiquettes de prix des produits bio sont depuis mai de couleur verte alors qu'elles sont blanches pour les vins non bio.

Voici une belle sélection de vins bio d'un bon rapport qualité-prix.

Nom Région SAQ Cote Prixicone de tri
Masi, Tupungato, Passo Blanco 2016 Argentine 2,0 13,55 $
Château la Mothe du Barry 2015 Bordeaux 2,5 14,55 $
Tetramythos, Roditis 2016 Grèce 3,0 14,95 $
Primitivo, Tenuta Viglione 2015 Italie 3,0 15,25 $
Parés Baltà, Cava Brut Espagne 2,5 16,55 $
ΤΕΤΡΑΜΥΘΟΣ, Mavro Kalavrytino, 2015 Grèce 3,0 17,05 $
Château Les Hauts d'Aglan, Cahors 2011 Cahors 2,5 17,55 $
Hommage, Cazes, 2014 Roussillon 3,0 18,05 $
Barone Cornacchia, Montepulciano d'Abbruzo 2014 Italie 3,0 18,10 $
Attilon, Marselan 2015 Provence 2,5 18,25 $
Vignoble du Rêveur, Pierres Sauvages 2013 Alsace 2,5 19,40 $
Château Revelette, rosé 2016 Provence 3,0 19,50 $
Frappato, Scoglitti 2015 Italie 2,5 19,90 $
Trentangeli 2015 Italie 3,0 19,95 $
Calcari, xarel-lo, Parés Baltà 2016 Espagne 3,0 20,00 $
Domaine Lafond, Roc-Épine, Lirac Rouge 2014 Rhône 2,5 21,95 $
Domaine des Huards Romo 2013 Loire 3,0 21,95 $
Terres Rouges, Domaine de Saint-Just, Saumur-Champigny 2016 Loire 3,0 22,00 $
Josmeyer, Le Pinot Blanc, Mise du printemps 2016 Alsace 3,5 22,40 $
Cuvée Grain de Folie N'5, Château Puy d'Amour 2014 Bordeaux 3,0 22,65 $
Domaine d'Orfeuilles, Vouvray, Les Coudraies 2015 Loire 3,0 22,95 $
Château Coupe Roses, Schiste, Minervois Blanc 2016 Languedoc 3,0 23,20 $
Bourgueil, La Coudraye 2015 Loire 3,0 23,40 $
Heinrich, Blaufrankisch 2015 Autriche 3,5 23,45 $
Causses Marines rouge, Peyrouzelles 2015 Sud-Ouest 3,0 23,60 $
Causse Marines, Les Greilles 2016 Sud-Ouest 3,0 24,00 $
Rosé d'une Nuit, Domaine du Deffends 2016 Provence 2,5 24,40 $
Les Perrières, Domaine de Saint-Just, Saumur 2015 Loire 2,5 24,40 $
Domaine de Beaurenard, Rasteau 2014 Rhône 3,0 24,45 $
Vin de Savoie, Mondeuse, La Sauvage, Pascal Quénard 2015 Savoie 3,0 24,50 $
Heinrich, Zweigelt 2014 Autriche 3,0 24,55 $
Alsace 2015, Marcel Deiss Alsace 3,0 24,85 $
Gaun, Chardonnay, Alois Lageder 2015 Italie 3,5 26,35 $
Château Romanin la Chapelle 2013 Provence 3,0 27,75 $
Les Argiles, François Chidaine 2015 Loire 3,5 36,50 $

 

Une application mobile pour la Grande dégustation de Montréal

Une application pour votre téléphone qui peut être pratique pour planifier votre visite à la Grande dégustation de Montréal.

Elle peut vous permettre de vous y retrouver parmi les presque 200 exposants et situer leur stand sur la carte.

On y trouve la liste des producteurs, des produits.
On peut ainsi faire une recherche par vigneron, par vin, par pays, par région, par type de produit et par agence. Sélectionner ses favoris et les retrouver sur place.

De plus, l'application permet de prendre des notes par écrit ou orales.

Vous pouvez la télécharger ici.

Le salon se déroulera du 2 au 4 novembre.

Quelques vignerons à visiter:  J. Laurens; Biondi Santi; Billecart-Salmon; Destieux; Beaurenard; Schlumberger; Dr Loosen; Beyer; Parés Balta; Semeli; Bonhomme; Lungarotti; Rocca delle Macie; Hugel; Guiot; École no 41, Ste Michelle et plein d'autres qu'on ne connait pas encore. Treize maisons de champagne seront aussi représentées.

Le site de la Grande dégustation de Montréal.

Forte hausse des ventes de vin à la SAQ

Les magasins de la Société des alcools du Québec ont vendu 5 millions de bouteilles de vin de plus depuis la baisse des prix.

C'est une hausse de 6,6 % des ventes de vin dans les 407 magasins de la SAQ depuis fin mars.

La direction de la société d'État a réduit de 1,40 $ le prix de ses 1600 vins les plus populaires en 3 vagues, dont la dernière en février dernier. C'est ce qui expliquerait cette hausse des ventes de vin. (En dollars, toutefois, la hausse n'est que de 2,2 millions $, soit une faible hausse de 0,2 %.)

Les ventes de vin stagnaient dans les magasins de la SAQ depuis 2014, mais augmentaient dans les épiceries.

Par ses actions, la SAQ a réussi à inverser cette tendance. En effet, au cours des deux derniers trimestres les ventes de vin aux épiciers ont diminué de 500 000 bouteilles.

Il se peut aussi que la carte de fidélité Inspire ait joué un rôle dans ce renversement. Toutefois, nous n'avons pas de chiffres spécifiques sur les effets de la carte Inspire sur les ventes.

D'autre part, les ventes de spiritueux ont aussi été en hausse au cours des 2 derniers trimestres; soit de 400 000 litres.

Malgré ces hausses des ventes, les bénéfices de la SAQ sont en recul. La SAQ a fait 20 millions de dollars de moins au cours des 2 derniers trimestres comparés à la même période l'année précédente.

Toutefois, la direction du monopole dit que «la SAQ prévoit enregistrer une croissance de son résultat net à la fin de l'exercice grâce aux mesures d'efficience et à ses stratégies commerciales.»

Le tableau suivant montre les variations dans les ventes de vin par trimestre au cours des 4 dernières années. Les quantités sont en litres.

Ventes par trimestre
(millions de litres de vin)
  T1
2014 /2015 /2016/2017
T2
2014 /2015 /2016/2017
T3
2014 /2015 /2016
T4
2014 /2015/2016
Succursales 26,2 /27,5 /26,6/28,4 27,7 /28,9 /29,2/31,1 44,6 /41,4 /42,2 23 /23,6 /26.9
Épiceries 9,6 /9,1 /10,1/9,9 7,9 /9,2 /9,5/9,3 13,1 / 14,1 /14,8 8,4 /8,6 /7,9
@ Compilation de vinquebec.com

  Sources: les rapports annuels et trimestriels de la SAQ.

 

Le millésime du siècle en Languedoc

On a beaucoup parlé ces dernières semaines de la faible récolte de raisins, mais qu'en est-il de la qualité?

Ce pourrait être le millésime du siècle, du moins c'est ce qu'on nous dit du Languedoc. «C’est un millésime de très grande qualité, voir le millésime du siècle», écrit Jérome Villaret délégué général du Conseil Interprofessionnel des AOC du Languedoc et des IGP Sud de France.

«L’ambiance climatique est parfaite et toutes les conditions sont réunies pour construire un grand millésime qui sera marqué par un bel équilibre et une finesse de tanins.»

Mais qu'en est-il de la quantité? Certains craignent une pénurie. Un agent représentant des vignerons français au Québec, Pierre Birlichi de l'agence Raisonnance me dit que «nous allons manquer de vins qualitatifs». Toutefois, ce ne serait pas le cas en Languedoc si l'on en croit M. Villaret pour qui il n'y aura «pas de problèmes d'approvisionnement du marché».

Si les volumes s’annoncent historiquement faibles avec une baisse de 20 à 30 % selon les secteurs, Jérôme Villaret se montre rassurant dans son communiqué de presse. «Dans le cas du Languedoc, nous ne devrions pas avoir de problèmes de disponibilités. Depuis plusieurs années les AOC du Languedoc se sont constitué une réserve dans le cadre d'une gestion économique du marché, sous la forme de la Gestion Prévisionnelle des Sorties. Cette réserve pourra être mobilisée cette année pour pallier à une récolte faible.»

Dans le Roussillon, où les vendanges ne sont pas encore terminées, on nous dit qu'elles ont tout de même été précoces cette année, avec deux semaines d'avance. Il reste toutefois à rentrer les grenaches et les mourvèdres. La température a été plus élevée que la moyenne. «S’il est encore difficile de se prononcer sur les volumes, la qualité semble être au rendez-vous dans la lignée des deux millésimes précédents», nous dit le communiqué de presse du CIVR du Roussillon.

Dans le Beaujolais, on nous dit qu'il n’y a eu en 2017, aucune pression de maladie, et bien que la vigne «ait tiré la langue» par manque d’eau, l’état sanitaire était parfait, et les raisins récoltés de très belle qualité, concentrés, avec une belle balance acide.

«Unique bémol en 2017, si la qualité est au rendez-vous, les volumes, comme malheureusement dans bien d’autres vignobles français, seront faibles. La nature n’a pas épargné grand monde cette année», dit le communiqué d'Inter Beaujolais.

D'ailleurs, c'est l'écho qu'on entend de toutes les régions de France; la récolte est faible, mais la qualité est grande.

Eh bien, nous avons bien hâte de goûter à ce beau millésime 2017 !

Baisse constante du prix du vin

La production mondiale de vin fluctue beaucoup d'une année à l'autre. Elle est tributaire des conditions climatiques. Ces conditions sont peut-être aussi modifiées par le réchauffement climatique. Il y a des hauts et des bas. On a déjà produit 297,7 millions d'hectolitres en 2004, mais les prévisions pour cette année sont de 246,7  millions d'hectolitres selon les prévisions de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). La production moyenne annuelle se situe autour de 270 millions d'hectolitres depuis 2000.


Organisation internationale de la vigne et du vin, octobre 2017

 

Pendant ce temps, la consommation mondiale de vin fluctue elle aussi comme nous le montre le tableau suivant. La consommation montait progressivement depuis 2000 pour atteindre 250 millions d'hectolitres en 2008. Puis, elle a chuté lors de la crise financière de 2008, pour descendre à moins de 240 millions d'hectolitres en 2014. Selon, l'OIV, «ces évolutions conduisent à encadrer la consommation mondiale de vin dans une fourchette de 240,5 à 245,8 Miohl, soit un milieu de fourchette à 243,2 Miohl», pour l'année 2017.


Organisation internationale de la vigne et du vin, octobre 2017

 

Donc, comme nous le montrent les deux tableaux précédents, nous produisons toujours plus de vin que nous en consommons. Ce sera le cas aussi en 2017, malgré la forte chute de production à 246,7 millions d'hectolitres, notre consommation de vin sera encore inférieure à la production de vin de quelques millions d'hectolitres à 243,2.

Qu'en est-il alors du prix du vin? Le prix mondial du vin exporté baisse depuis quelques années. Comme nous le montre le tableau suivant, le prix mondial du vin (la ligne jaune) est descendu de 5,20 US$ en 2012 à 4,80 US$ en 2017. En Asie (ligne verte), la fluctuation est plus forte qu'en Europe (ligne bleue); tandis qu'en Amérique (ligne rouge) le prix est plutôt stable.


Wine by Numbers, Unione italia vini, septembre 2017

Nous pouvons supposer que la production de vin étant plus élevée que sa consommation ceci maintient les prix. De plus, il y a de nouveaux pays producteurs en croissance comme la Chine et l'Europe de l'Est qui s'ajoutent aux producteurs traditionnels, ce qui accroit l'offre et la concurrence.

_____________
Sources
Éléments de conjoncture vitivinicole mondiale 2017, Organisation internationale de la Vigne et du vin, octobre 2017;
Wine by Numbers, Unione italiana vini, septembre 2017.

Baisse de la production mondiale de vin

La production mondiale de vin a chuté de 8,6 % en 2017 par rapport à 2016. Selon les estimations de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production de vin s'établira en 2017 à 246 millions d'hectolitres. Ce qui nous ramène au niveau de 1991 et de 1994.

Il faut dire ici que la production mondiale de vin avait beaucoup augmenté ces dernières années montant même à 290 millions d'hectolitres en 2013. La production mondiale de vin se situait en moyenne autour des 265 millions d'hectolitres depuis l'an 2000.

À première vue, cette baisse de production historique semble catastrophique, mais il faut relativiser en disant que cette production de 246 millions d'hectolitres est encore supérieure à la prévision de consommation mondiale de vin qui est à 243 millions d'hectolitres selon l'OIV.

Production mondiale de vin : 246 millions d'hectolitres
Consommation mondiale de vin : 243 millions d'hectolitres

 

La production de vin en 2017 n'a pas varié de la même manière d'un pays à l'autre. Elle était même en hausse dans certains pays, dont le Portugal, l'Argentine, l'Autriche et d'autres.

Variations production de vin 2016-2017 en %
Mondial - 8
Italie -23
France -19
Espagne -15
Argentine +25
Portugal +10
Australie +6
Autriche +23
Roumanie +64
Moldavie +20
Hongrie +3

L'Italie est le premier producteur de vin avec 39 millions d'hectolitres. Il est suivi de la France avec 36 millions et par l'Espagne à 33 millions. La production américaine s'établit à environ 23 millions; celle de l'Australie à 14; l'Argentine à 12; la Chine et l'Afrique du Sud à 11; le Chili à 9; le Portigal à 6 et la Roumanie à 5 millions d'hectolitres.

La baisse de production de raisins va-t-elle entraîner une hausse du prix du vin?

La récolte de raisins a été beaucoup moins forte cet automne en Europe. On avance les chiffres de -14 % en Europe.

Est-ce que cette baisse de production va entrainer une hausse des prix?

On peut commencer à répondre en posant la question inverse. Est-ce qu'il y a baisse des prix lorsqu'il y a une hausse de la production? La réponse est NON!

Lorsque l'on regarde les courbes de production de raisins dans le monde et qu'on les compare avec la variation des prix, il n'y a aucune corrélation.

La production de vin fluctue d'une année à l'autre dans les deux sens; les prix moyens des vins exportés baissent lentement (5,20 - 4,70 US$ le litre, 2012-2017); la consommation remontent légèrement et les réservent augmentent.
 

Le vin ce n'est pas de la tomate
Lorsqu'il y a surproduction d'un bien, telle la tomate, les prix chutent; lorsqu'il y a pénurie, les prix montent. Mais le vin ce n'est pas de la tomate. Le raisin récolté à l'automne n'est pas vendu en vin la même année. Il commence à être écoulé l'année suivante, puis progressivement ou cours des années subséquentes. Des producteurs mettent leurs vins en marché deux ans après la récolte; pour d'autres c'est trois ans ou quatre ans. La production d'une année est donc écoulée sur plusieurs années.

La concurrence est très forte dans le monde du vin. Si un producteur ou un groupe de producteurs d'une région augmente trop vite ses prix sans hausser la qualité, les consommateurs vont aller voir ailleurs.

Toutefois, il peut y avoir des exceptions. Les produits de niche, très rares et destinés à des buveurs d'étiquette pourront hausser leurs prix parce que les collectionneurs voudront continuer leurs collections.

Il peut aussi y avoir tentative de hausse du côté des vins en vrac. Mais là encore la concurrence est très forte d'un pays à l'autre. Si les producteurs français haussent le prix de leur vrac, les marchands de vin de France iront s'approvisionner en Espagne comme on le voit actuellement. Historiquement le prix du vin en vrac se tient à moins de 1 dollar le litre depuis plus de 10 ans sur le marché mondial!

L a production est à la baisse presque partout (sauf en Chine et dans l'Europe de l'Est), mais la consommation est aussi à la baisse (sauf aux États-Unis, au Canada et en Angleterre). Les gens boivent moins, mais mieux; progressivement plus en qualité qu'en quantité.

La production mondiale de vin s'établie à 246 millions d'hectolitres en 2017; soit un peu plus que la consommation mondiale de vin qui serait de 243 millions d'hectolitres selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin.

Craintes au Québec!
S'il est un endroit où l'on pourrait craindre une hausse des prix du vin, c'est bien au Québec. Au cours des dernières années, la direction du monopole de la SAQ a profité de tous les prétextes pour hausser les prix.

Par contre, suite à de nombreuses critiques du public et des institutions, la direction du monopole a dû changer d'attitude. Elle n'autorise plus maintenant les hausses de prix qu'en fonction de l'inflation dans les pays producteurs. «Le pourcentage d’augmentation devra être égal ou inférieur au taux d’inflation du pays d’origine des 13 dernières périodes(Voir La SAQ ne veut presque plus de hausses de prix.)

En résumé, on n'a pas à craindre de fortes hausses de prix au cours de la prochaine année.

Doit-on boycotter Freixenet et Codorniu?

Les patrons des deux plus gros producteurs de cavas d'Espagne, Freixenet et Codorniu, menacent de quitter la Catalogne.

Le président de Freixenet qui est aussi président de la Chambre de commerce d'Espagne, Josep Lluís Bonet, dit que la séparation de la Catalogne serait une absurdité. «Les dommages causés à l’image de la région seraient alors pratiquement irréparables.»

De son côté, la direction de l'autre grosse maison de production de cava, installé en Penedès en Catalogne annonce qu'elle transférera l'adresse légale de son entreprise en Rioja. «Codorníu también se va».

Le gouvernement central d'Espagne a adopté dernièrement une loi facilitant (ou incitant) les entreprises à transférer l'adresse de leur siège social dans une autre région d'Espagne.

Ceci nous rappelle étrangement ce qui a été appelé le «Coup de la Brink's» au Québec en 1970. «Une grossière manipulation des médias et de l’électorat québécois.» (Le Devoir) De riches hommes d'affaires qui veulent faire peur au petit peuple.

En fait, Freixenet et Codorniu ne transfèreront pas leurs vignes ou leurs installations, mais seulement l'adresse légale de leur siège social. Elles suivent ainsi l'exemple de deux banques qui ont aussi menacé de quitter la catalogne à la suite du référendum sur l'indépendance de cette région. Elles prétendent que ce sera le chaos économique.

Rappelons que 90 % des participants à ce référendum ont voté pour l'indépendance de la Catalogne. Le gouvernement central de Madrid dit de son côté que l'indépendance est illégale.

Ce deux maisons produisent des mousseux que l'on appelle Cava en Espagne. Environ 95 % de la production de Cava est originaire de Catalogne. Cette région génère 22 % des revenus d'exportation des vins d'Espagne.

Au Québec, ces vins sont populaires. La SAQ en a 40 à son répertoire. Cordoniu et Freixenet sont probablement les plus vendus.

Voici d'autres noms de bons producteurs de cava : Segura Viudas; Villa Conchi; Parés Baltà; Juvé y Camps; Raventos i Blanc; Gramona; Torrès et Recaredo.

    Pour suivre ce dossier  Google actualité

Libre-échange et prix du vin au Québec

Le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne est entré en vigueur jeudi dernier. Il prévoit, entre autres, l'élimination des droits de douane sur les produits alcooliques en provenance de l'Europe.

Est-ce que cela veut dire que nous paierons le vin d'Europe moins cher?

La SAQ annonce que «Le prix de détail pour les produits actifs en approvisionnement continu dont la déclaration d’origine sera reçue avant le 6 octobre tiendra compte de l’exemption du droit de douane à compter du 8 novembre dans le réseau des succursales.»

Quel est ce droit de douane sur les vins?
«Les droits de douane s’élèvent à 0,0187 $ le litre», selon le site W2C. S'élève est ici un bien grand mot, puisque cela représente 0,014 $ la bouteille de 750 ml. Donc, une cent et demie la bouteille de vin.

Ce ne sera pas une grosse économie, d'autant plus que le gouvernement fédéral a augmenté sa taxe d'accise d'une cent à 49 cents sur les bouteilles de vin dans son dernier budget en mars dernier. Ce qui mange les deux tiers de la cent et demi.

Cette hausse de 1 cent a déjà été ajoutée aux vins de spécialité. Elle sera ajoutée aux 1600 vins courants le 8 novembre dans les succursales de la SAQ et le 4 décembre dans les épiceries.

Donc, ne retenez pas votre souffle.

La SAQ nous dit que cela pourrait entraîner une réduction maximale de 5 cents.

 


La carte SAQ Inspire est populaire

La carte de fidélité Inspire de la Société des alcools du Québec semble bien populaire.

D'après un sondage rapide dans vinquebec.com, 87 % des répondants disent utiliser la carte SAQ Inspire.

Par contre, 13 % affirment ne pas l'utiliser.

Dans son dernier rapport annuel, la SAQ dit qu'elle a 1,9 million de membres qui ont cumulé une moyenne de 1500 points par mois et que 38 % d'entre eux ont profité de leurs points au moins une fois au cours de la dernière année.

Pour plus d'information sur ce programme de la SAQ, consultez le site de la société d'État.

La SAQ ne veut presque plus de hausses de prix

La direction de la Société des alcools du Québec a annoncé aujourd'hui à ses fournisseurs qu'elle ne voulait presque plus de hausses de prix sur les vins.

Dans une missive destinée à ses partenaires d'affaires, la SAQ écrit que «Les demandes pour des hausses de prix seront autorisées et analysées deux fois par année».

Ce qui est tout un changement, puisque jusqu'à l'an dernier, la SAQ autorisait des hausses de prix 7 fois par année. Ce qui était perçu comme étant des incitations à hausser les prix. La SAQ envoyait le message qu'elle voulait des hausses afin de faire plus d'argent. (Voir Hausses de prix secrètes à la SAQ! septembre 2013 et Des hausses sur des vins déjà payés, février 2014)

En plus de réduire le nombre de hausses permises, la SAQ impose des conditions à ses deux seules autorisations de hausse de prix de ses fournisseurs, dont une édictant que la hausse ne devait pas dépasser le taux d'inflation du pays du fournisseur. «Le pourcentage d’augmentation devra être égal ou inférieur au taux d’inflation du pays d’origine des 13 dernières périodes.» Le monopole insiste aussi pour que le prix de gros ne dépasse pas celui offert aux autres monopoles canadiens. (Modifications au processus des demandes de changement de prix, Septembre 2017)

Une des hausses sera permise en novembre prochain et l'autre après le dépôt des budgets fédéral et québécois au printemps. Auparavant, les hausses étaient permises en avril, juin, août, octobre, novembre, février et mars. Ce qui a conduit à des prix de détail nettement supérieurs à ceux de la LCBO ontarienne.

Rappelons que la SAQ s'est fait reprocher plusieurs fois d'exagérer les prix; ce qui a découragé de nombreux consommateurs et ralenti les ventes de vin en volume de vin au Québec. (Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié, juin 2016).

La direction de la SAQ a depuis changé de cap. En novembre dernier, elle avait déjà annulé 3 hausses prévues et réduit de 1,40 $ le prix de ses 1600 vins les plus populaires. Elle a aussi augmenté son offre de vins à petits prix. (Le nombre de vins à moins de 10 $ multiplié par 6 à la SAQ, juin 2017)

La direction du monopole québécois des vins semble donc maintenant vouloir maintenir ses prix à des niveaux plus acceptables pour les consommateurs québécois.

Dans la série Comprendre la SAQ   

La valse des prix

Vous vous souvenez peut-être de cette grande différence de prix de ce vin Honoro Vera Garnacha entre le Québec et l'Ontario; soit 16,40 $ au Québec et 12,95 $ en Ontario. Je vous en ai parlé en janvier dernier.

Comment expliquer cette différence alors que le président de la SAQ se vente d'obtenir les meilleurs prix au Canada pour les vins importés.

Questionnée, la SAQ nous a répondu à l'époque être «en discussion avec l’agent pour corriger la situation.»

L'agence Balthazard qui représente ce producteur au Québec n'avait pas répondu à nos questions sur ce sujet. Eh bien, les discussions semblent avoir porté fruit, puisque depuis le prix de ce vin a été réduit au Québec à 13,75 $, comme on peut le constater dans le site de la SAQ.

Ce vin est vendu 5,98 US$ (7,30 $) à M.D Fine Wines aux États-Unis.

Le prosecco dangereux pour vos dents!

Le prosecco, ce mousseux italien acide et sucré serait néfaste pour vos dents selon des dentistes britanniques.

Cette nouvelle reprise par de nombreux médias britanniques a enragé de nombreux Italiens.

La controverse a commencé le 18 août par un article du magazine Bazzar du groupe Harpers intitulé How champagne could be ruining your smile (Comment le champagne peut ruiner votre sourire) qui rapporte les propos du dentiste Dr Richard Marques qui affirme que les vins pétillants peuvent être néfastes pour la santé dentaire. Ses vins contiennent beaucoup d'acide, ce qui ramollit temporairement l'émail des dents les rendant sensibles à l'érosion. De plus, les mousseux contiennent du dioxyde de carbone (ce qui donne les bulles) qui accentue l'acidité. C'est pire encore avec le prosecco qui contient beaucoup de sucre, selon le dentiste, ce qui contribuerait encore plus à détériorer l'émail des dents, dit le dentiste.
(En fait, le prosecco contient en général autour de 15 g/l de sucre, contre environ 10 g/l pour plusieurs champagnes bruts.)

Ces propos ont été répétés par deux autres dentistes et repris par la grande presse, entre autres par le Daily Mail du 27 août. How our prosecco obsession is rotting the nation's teeth: Dentists issue warning over the sparkling wine's high sugar content. On n'y mentionne plus le champagne, mais seulement le prosecco. Ils y ajoutent que le prosecco est encore plus dangereux parce que souvent consommé hors des repas. On y dit que les femmes sont particulièrement en danger d'avoir un «prosecco-smile»!

Un Brexit dentaire
Puis le réputé journal Guardian y va le lendemain d'un retentissant Save your teeth – and six other reasons to give up prosecco. (Sauver vos dents et six autres bonnes raisons d'abandonner le prosecco.) Ce qui a enragé la presse italienne, les producteurs de prosecco et même la ministre de l'Agriculture du pays. On y voit une conséquence du Brexit, un «fake news» à la Trump et un complot de l'industrie de la bière britannique. (Il Guardian attacca il prosecco italiano, c'è dietro la lobby britannica della birra?) (I dentisti inglesi alla guerra del Prosecco) (“Fa male ai denti”: il Guardian attacca il Prosecco).

J'ai recensé près d'une centaine d'articles sur le sujet dans la presse anglaise (Voir ici.)

Ce n'est pas la première fois que le journal Daily Mail aborde ce sujet. En mars 2016, il y allait d'un How PROSECCO can ruin your teeth: Think your favourite fizz is a healthy option? Sorry, but your dentist won't agree.

En janvier dernier, le site Smile Store - The Dental Specialist publiait Prosecco is bad for your teeth.

C'est une affaire de gros sous. Le prosecco est devenu très populaire en Angleterre qui en achète 40 millions de litres, soit le tiers de la production de ce vin mousseux de Vénétie. Une hausse de 36 % en un an qui concurrence la bière britannique.

La nouvelle a pris une telle ampleur qui a même surpris les dentistes britanniques qui disent que leur avertissement n'avait rien à voir avec la politique, le Brexit ou le commerce.

Est-ce vraiment dangereux pour vos dents?
En fait, tous les produits acides tels que coke, sodas, jus et vin ramollissent l'émail de vos dents. Mais ceci est temporaire. Il faut juste éviter de se brosser les dents trop tôt après en avoir consommé. Les dentistes recommandent d'attendre de trente minutes à une heure avant de se brosser les dents après avoir consommé du vin. On nous donne aussi un truc simple. Il s'agit de manger un morceau de fromage après le repas. Ce fromage rétablira vite le pH buccal, donc l'équilibre acide de votre bouche et de votre salive. En fait, ceux qui sont le plus en danger d'avoir des dents grises et ternes sont les dégustateurs. Voir à ce sujet Dégustateurs, attention à vos dents.
 

Hausse des ventes suite à la baisse de prix à la SAQ

La SAQ a fortement accru ses ventes de vin dans ses succursales depuis la baisse de ses prix.
 
La direction de la Société des alcools du Québec a effectué trois baisses de prix depuis novembre 2016.
 
Le 9 novembre, les prix de ces vins avaient été réduits de 50 cents; suivi le 10 janvier par une baisse de 40 cents et finalement une troisième réduction de 50 cents en février 2017. Une baisse totale de 1,40 $ sur ses 1600 vins les plus populaires.
 
Cette baisse des prix a entraîné une hausse des ventes de vin de 1,2 million de litres au cours des 6 premiers mois de l'année, comparé à la même période de l'année précédente.
 
Comme on le voit dans le tableau suivant, les ventes de vin en volume étaient en hausse constante de 2007 à 2012 dans les succursales de la SAQ. Puis, il y a eu une chute brutale en 2013 et une remontée en 2014.
 
Ensuite, au cours des 6 premiers mois de 2015, les ventes ont chuté de 0,3 million de litres; puis ce fut une très faible hausse de 0,1 million de litres au cours des 6 premiers mois de 2016. Finalement, après les baisses de prix, les ventes ont remonté au cours des 6 premiers mois de l'année en cours pour atteindre 51,9 millions de litres.
 
Une remontée de 1,2 million de litres qui est du même ordre que celle de 2014 et qui s'approche des hausses des années antérieures à 2013.
Ventes vin en volume / succursales SAQ
  2007
2008
2009
2010
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Millions litres 41,1 41,7 43,2 45,3 47 50,6 49,7 50,9 50,6 50,7 51,9
Variations   0,6 1,5 2,1 1,7 3,6 -1,1 1,2 -0,3 0,1 1,2
@vinquebec.com  

Ces chiffres ne comprennent pas les ventes aux épiciers, mais seulement les ventes en succursales, y compris les commandes privées et les ventes aux tenanciers de bars et de restaurants. Ces chiffres regroupent les données de la SAQ pour les trimestres T1 d'une année et T4 de l'année précédente de son année fiscale, soit en gros du premier janvier au troisième samedi de juin.

Dans la série Comprendre la SAQ  

LA SAQ DANS LES ÉPICERIES

Est-ce une bonne nouvelle?

La direction de la SAQ reprend son projet d'installer de ses succursales dans des épiceries. Une première succursale de la société d'État sera aménagée dans une épicerie de la chaine Metro dans le secteur Lasalle de Montréal, comme nous l'apprenait mardi dernier Pierre Couture du Journal de Québec. http://www.journaldequebec.com/2017/08/22/vente-de-vin-et-dalcool-une-saq-dans-un-metro
 
La SAQ installera une boutique dans l'épicerie, avec ses propres employés et ses caisses.
 
Est-ce une bonne nouvelle pour les consommateurs?
Est-ce une bonne décision pour le gouvernement?
 
La SAQ se rapproche des consommateurs.
 
Voyons les faits.
Ailleurs, dans le Monde, les consommateurs achètent surtout leur vin en faisant l'épicerie.
 
Ici au Québec, les ventes de vin en volume augmentent dans les épiceries alors qu’elles stagnent dans les succursales de la SAQ.
 
Les épiceries sont limitées à la vente de vins de bas de gamme, de vins importés en vrac et embouteillés ici, alors que la SAQ se garde le monopole des vins de meilleure qualité. 
 
En Ontario, la LCBO a entrepris l'an dernier de vendre du vin dans les épiceries. 
 
Nous allons à l'épicerie au moins une fois par semaine et beaucoup moins souvent à la SAQ. 
 
La direction de la SAQ doit maintenir ses ventes au niveau actuel ou encore mieux les augmenter.
Pour se faire, elle doit réduire ses coûts, notamment au niveau des loyers; augmenter ses points de vente sans trop augmenter ses coûts et se rapprocher encore plus des consommateurs.
 
Et c'est exactement ce qu'elle fait!
 
La SAQ pourrait toutefois le faire plus simplement en permettant aux épiciers de vendre eux-mêmes les vins importés en bouteilles par la SAQ. Elle le fait plutôt comme un monopole en conservant son contrôle absolu de distribution de vin de qualité.
 
Toutefois, en s'installant dans ces commerces, elle donnera au consommateur un meilleur choix de vins lorsqu'il fera son épicerie. Par contre, il devra faire la queue à deux caisses: celle de la SAQ et celle de l'épicier.
 
C'est un début. Ça s'en va dans la bonne direction, lentement, avec quelques contraintes. C'est tout de même une bonne nouvelle pour le consommateur. 

Achats de vin des autres provinces

Vous vous souvenez de cette annonce faite par les premiers ministres de trois provinces du Canada promettant aux consommateurs de pouvoir acheter du vin provenant de ces trois provinces.

C'était en juillet 2016. Les premiers ministres Philippe Couillard du Québec, Kathleen Wynne de l'Ontario et Christy Clark de la Colombie-Britannique annonçaient joyeusement la mise sur pied imminente du site internet d'un «marché commun» du vin de ces trois provinces.

Eh bien, un an plus tard, où en est-on avec cette promesse?

«Depuis l’annonce de l’entente entre les gouvernements du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique survenue en marge de la réunion du Conseil de la fédération en juillet 2016,  la SAQ a déployé différentes actions afin de simplifier l’accès aux vins des autres provinces.

Les vins canadiens bénéficient désormais d'une nouvelle identité visuelle en succursale pour faciliter leur repérage et nous avons également augmenté l’offre de produit en provenance de ces provinces. Une nouvelle section du site Internet de la SAQ leur est maintenant aussi dédiée, permettant ainsi aux clients de faire de belles découvertes. http://www.saq.com/content/SAQ/fr/produits/suggestions/produits-canada.html». Nous dit Renaud Dugas, responsable, relations de presse, Affaires publiques, Société des alcools du Québec.

Effectivement, le nombre de vins de l'Ontario est passé de 60 à 112 au répertoire de la SAQ. Celui des vins de Colombie-Britannique est monté de 40 à 49 et il y a même 2 vins de la Nouvelle-Écosse.

Cependant, la LCBO de l'Ontario qui affiche 55 vins de la Colombie-Britannique n'en affiche aucun du Québec.

On est loin de la promesse du soi-disant marché commun des vins au Canada et même loin du libre-échange à l'intérieur des frontières de notre propre pays! Que s'est-il passé?

Des vins rouges doux et peu acides

Un lecteur me demande de lui suggérer des vins rouges très doux et non acides.

Voici ce que j'ai pu trouver comme vins rouges doux et peu acides.

Ils sont classés par taux de sucre au litre selon ce qui est indiqué dans le site de la SAQ.

Ce sont des vins qui ont au moins 10 grammes de sucre, donc des vins demi-secs. Les vins secs ont moins de 4 grammes au litre.

La plupart proviennent de Californie et d'Australie. Certains viennent d'Italie et un de France. Plusieurs d'entre eux sont de très gros vendeurs au Québec.

Vins rouges demi-secs
    $ g/l
Originale Carpineto Italie 14,45 18
Jacob's Creek Simply Red Australie 12,55 18
Apothic Red Californie 15,65 17
Vive La Vie France 9,15 16
Ménage à Trois Silk Californie 17,10 15
Yellow Tail Big Bold Red Australie 13,95 15
Cupcake Red Velvet Californie 14,65 14
Folie à Deux Ménage à Trois Californie 16,10 13
Revolution CS Californie 9,60 12
Liano Sangiovese CS VV 2014 Italie 33,75 12
Revolution Red Californie 9,90 11
Trevini Primo Merlot/Primitivo Italie 12,55 11
Wallaroo Trail Shiraz Australie 8,85 11
Cardinal Zin Californie 13,65 11
Liano Sangiovese/CS
Italie 26,55 11
Moma
Italie 16,55
11
Love Italie 13,55
11
Gray Fox Cabernet-Sauvignon Californie 8,70 10
Beringer Collection CS Californie 19,95 10
Big Red House Californie 13,65 10
Cliff 79 Cabernet/Shiraz Australie 9,90 10

Ces vins rouges contiennent plus de sucres réducteurs que les amarones, ripassos et zinfandels.

La consommation régulière de vin diminue le risque de diabète

La consommation modérée ou élevée et régulière de vin est associée à un plus faible risque de développer le diabète.

C'est la conclusion d'une vaste étude menée au Danemark auprès de 70 000 personnes sur une période de 5 ans.

La fréquence et non seulement la quantité ont une influence sur la réduction des risques de diabète.

  1. La consommation d'alcool de 3 à 4 jours par semaine a été associée à un risque inférieur de 27 % chez les hommes et à un risque de 32 % plus faible chez les femmes que chez ceux qui ont bu moins d'une boisson par semaine.
     
  2. Les hommes et les femmes qui ont consommé 7 verres (*) ou plus de vin par semaine ont un risque de diabète de 25 à 30 % moins élevé que ceux qui avaient absorbé moins d'une boisson de vin par semaine.
     
  3. Encore plus, l'étude tend à démontrer que les hommes qui ont consommé 14 verres de vin par semaine avaient un risque 43 % plus faible que ceux qui ne buvaient pas, et les femmes qui avaient bu 9 verres de vin par semaine avaient un risque 58 % plus faible que les femmes non-buveuses.


Le bénéfice maximum pour les hommes est atteint à 14 verres par semaine pour les femmes c'est 9 verres par semaines.

Selon ces chercheurs l'effet protecteur du vin peut être associé à l'action des polyphénols sur les niveaux de sucre dans le sang. L'effet de la bière serait moins marqué que celui du vin pour les hommes et nul pour les femmes.

La fréquence et surtout la régularité de la consommation de vin auraient un effet sur le contrôle du sucre dans le sang.

«Bien que le mécanisme soit encore nébuleux, les chercheurs suggèrent que des concentrations plus élevées de tanins ont un effet inhibiteur sur l'action des enzymes réduisant les glucides. En d'autres termes, la présence de polyphénols dans le corps influencera l'effet des aliments sur le taux de sucre dans le sang pendant et après la consommation», écrit Lizette Borreli dans Medical Daily.

Par contre, les spiritueux, gin et vodka auraient un effet contraire et accroitraient les risques de diabète particulièrement chez les femmes.

L'étude a été menée par l'Institut national de santé publique de l'Université du Danemark méridional et publiée dans Diabetologia le journal  de l'Association européenne pour l'étude du diabète.

__________

(*) Au Danemark, un verre d'alcool c'est 12 grammes d'éthanol (13,6 au Canada) ou 15,2 ml d'alcool pur (17,2 au Canada). (Wikipedia) Soit environ un verre de 120 ml de vin ou 1/6 de bouteille de 750 ml. Ou encore environ 300 ml de bière.

Source : Alcohol drinking patterns and risk of diabetes: a cohort study of 70,551 men and women from the general Danish population. Charlotte Holst, Ulrik Becker, Marit E. Jørgensen, Morten Grønbæk, Janne S. Tolstrup, Diabetologia, juin 2017.

Syndiquer le contenu