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Pas de Languedoc Grand Cru


Le Comité interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL) s'est fait remettre à l'ordre par l'INAO de France.

Le CIVL avait annoncé un projet de hiérarchisation des vins du Languedoc : AOC du Languedoc, Grand Vin du Languedoc et Grand Cru du Languedoc. On voulait que 10 % pour cent des vins soient classés Grand Cru, 60 % Grand Vin et 30 % resteraient en AOC de base!

Les candidats grands crus étaient: Corbières Boutenac, Minervois La Livinière, Terrasse du Larzac, Grès de Montpelier, Pic Saint Loup, Pézenas, La Clape, Saint-Chinian Roquebrun, Saint-Chinian Berlou, Limoux tranquille blanc et effervescent.

Le Comité interprofessionnel des vins du Languedoc disait avoir comme objectif de «rester sur une culture de la rareté et de maîtriser l'offre globale.» Donc, une politique de maintien et de hausse des prix.

Actuellement, seules trois régions de France peuvent utiliser l'expression Grand Cru soit l'Alsace, la Bourgogne et Bordeaux.
C'est une expression protégée en Europe maintenant, justement à la demande de la France.

Devant ce refus, le CIVL va essayer de trouver quelque chose d'autre pour mettre en valeur certains terroirs de sa région. On mentionne le terme «terroir d'exception».

Jérôme Villaret, du CIVL, a déclaré à Vitisphère que «jamais nous n’avons eu autant d’articles de presse sur les vins haut de gamme de la région. Nous allons poursuivre avec l’INAO cette hiérarchisation, l’objectif étant à terme d’obtenir le classement des meilleurs terroirs en grands crus ».

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Languedoc : La hiérarchisation des AOC à la peine, Vitisphène, 27 juin 2011
Le Languedoc hiérarchise son vin dans la controverse, Karyne Duplessis-Piché, Cyberpresse, 24 mai 2011
Hiérarchie en Languedoc, Vin Québec, 14 décembre 2010
Hiérarchie des vins du Languedoc (partie 2), Vin Québec,  16 septembre 2010

Le Vinho Verde: le vin verd(e)

Le vinho verde se fait en blanc, rosé, rouge et pétillant.
Il peut être sec ou sucré. Il peut aussi être légèrement perlant ou tranquille.
Son taux d'alcool peut être de 8 degrés à plus de 14.

Les vins sont étiquetés DOC Vinho Verde ou Vin régional de pays Minho.

On prononce «vigno verd(e)», et non pas verdé comme si c'était en espagnol.

Le vinho verde «n'est pas un vin de concours, nous dit un responsable de la commission de viticulture, pas un vin complexe, mais un vin populaire.»

Il s'en est vendu 504 000 bouteilles au cours de la dernière année au Québec, pour des ventes de 5,3 millions de dollars. C'est en hausse de 10 % sur l'année précédente.

Ce ne sont pas des vins chers. Ils dépassent rarement les 20 dollars. Il n'y en a que 7 actuellement sur les rayons de la SAQ, mais presque le double en Ontario, soit 16.

Le vinho verde blanc est surtout un vin d'été qui va très avec les mets épicés, asiatiques, des fruits de mer, les poissons, les salades et les fromages, ou encore en apéritif.

Les rosés sont particulièrement charmeurs et attrayants. Malheureusement, on n'en a pas actuellement au Québec.

Les rouges sont rustiques, tanniques et très acides, souvent servis dans des bols. Au Portugal, ils accompagnent la lamproie et la morue. Jugés trop astringents, ils sont peu exportés.

Ces vins se boivent dans l'année suivant la récolte. Certains s'améliorent jusqu'à trois ans après la récolte. Ils s'oxydent très rapidement.

La région du vinho verde est divisée en 9 sous-régions. Une seule a vraiment une grande réputation, celle de Monção totalement au nord, longeant le fleuve Minho à la frontière avec l'Espagne. Le cépage principal y est l'alvarinho. C'est aussi le cépage le plus considéré dans tout le Vinho Verde. Il est aussi maintenant produit dans d'autres sous-régions.

Les règlements d'étiquetage sont très contraignants. La règlementation est assez complexe et peut sembler confuse. D'autant que contrairement à bien d'autres pays, elle semble respectée ici au Portugal. Je ne vais pas vous embêter avec cela. D'autant plus qu'elle pourrait changer. Notons tout simplement que les vinhos verdes blancs, rosés et rouges sans mention de cépage ou de sous-régions ne doivent pas dépasser 11,5 % d'alcool, les autres peuvent aller à 14 %. Et il est à prévoir que ce dernier chiffre va monter.

Des producteurs ont développé des astuces pour simplifier notre vie.  Ils font des contre-étiquettes plus «marketing» qui passent à nos yeux pour être l'étiquette. L'étiquette légale est alors reléguée à ce qui nous semble être l'arrière de la bouteille.

Donc, le cépage le plus réputé et la sous-région la plus reconnue sont au nord. Que reste-t-il aux huit autres sous-régions? Eh bien, elles cultivent aussi de l'alvarinho, mais ne peuvent l'indiquer sur l'étiquette  DOC vinho verde à moins d'obter pour l'appellation Vin régional Minho. (On prononce Migno)

Il y a d'autres cépages blancs très intéressants; le loureiro, le trajadura, l'arinto, l'azal et l'avesso.

Une grande partie des vins courants sont composés de loureiro à 60 % et d'arinto et de trajadura pour 20 % chacun.

Le vinho verde blanc traditionnel est peu alcoolique, (9 %), légèrement pétillant et un peu sucré.

Le vinho verde est toujours très acide (C'est même inscrit dans la Loi) minimum 4,5 à 5,4 grammes par litre. Et c'est de l'acidité forte, de la malique et pas de la lactique. Les pH sont de 3 à 3,2.

En comparaison, un vin français a souvent un pH de 3,4 ou 3,5. Un vin de 3,4 est 26 % plus acide qu'un vin de 3,5. À chaque dixième de degré de pH on gagne en force de 25,9 %. Donc, un vin au pH de 3,1 est 100 % plus acide, deux fois plus acide qu'un vin de 3,5.

C'est en dégustant les vinhos verdes au Portugal que je me suis rendu compte encore plus de l'importance de l'indice pH. On comprend mieux ces vins lorsqu'on en connait le pH. Cette forte acidité qui équilibre le sucre.
 
Il y a quelques années, la plupart des vinhos verdes titraient de 9 à 11 degrés, maintenant plusieurs sont à 13-14 degrés. Plus ce vin a un degré d'alcool élevé moins il est sucré.

Comme pour les vins d'Alsace cette présence ou non de sucre résiduel peut causer des soucis aux consommateurs. On sait rarement avant d'acheter la bouteille si son contenu est sucré ou non.

La plupart des consommateurs ne s'en formaliseront pas. Toutefois, les puristes, les amateurs de blancs bien secs devront s'informer avant de faire leur achat. Les producteurs devraient d'ailleurs indiquer si le vin est sec, demi-sec, demi-doux...

L'indication de la quantité de sucre résiduel ne sera pas suffisante. J'ai vu des vins à 12 grammes de sucre et au pH 3,1 paraître beaucoup plus secs que d'autres à 6 grammes de sucre, mais au pH de 3,4.

Un mot sur les vins régionaux Minho, un peu comme en Italie avec ses IGT, sous ces étiquettes d'une appellation moins prestigieuse et aussi moins contraignante, on découvre des vins d'une grande qualité et bien souvent meilleurs que ceux qui affiche DOC.

Quelques producteurs, assez rares pour le moment, font aussi des vins blancs boisés pour plaire à un public amateur de notes de caramel, de vanille et de noix.

Plusieurs vinho verde contiennent du gaz carbonique, on dit perlant. Ça va des bulles à peine perceptibles sur la langue au presque pétillant. Il faut aussi savoir avant d'acheter ou accepter d'être surpris, ce qui ne fait pas mal.

Ajout de CO2Ces fines bulles sont une tradition en Vinho Verde. Autrefois, c'était dû à la fermentation en bouteille. Maintenant on ajoute un peu de gaz à l'embouteillage. Ces bulles ajoutent de la vivacité, de la fraîcheur et modulent l'effet du sucre sur la langue.

On en ajoute (Gaz Co2) avec cet appareil selon les marchés, on en met plus pour certains marchés qui sont plus friands de bulles, moins pour d'autres et pas pour certains pays. On en met aussi dans les échantillons envoyés aux magazines et aux chroniqueurs vin.

Vous voyez que choisir son vinho verde relève de l'art! Il faut aller à la découverte et se laisser surprendre.

Je vous ai dit qu'il y a 9 sous-régions de vinho verde. Vous les verrez rarement indiquées sur l'étiquette. Sauf une. À un producteur à qui nous avons demandé pourquoi il ne l'imprimait pas: «je n'en vois pas la nécessité; sauf si je produisais dans le Monção.»

La conduite de la vigne varie beaucoup d'un producteur à l'autre.
Les bons vins ne sont plus faits avec des vignes sur les arbres, sur les poteaux, en croix comme on l'affirme dans les vieux livres et sur Wikipédia. Elle se fait sous plusieurs formes: cordon simple ascendant ou descendant, cordon bilatéral, cordon double (superposé ou non) ascendant et descendant (Lys), souvent à deux mètres de haut. Il existe encore beaucoup de vigne en treilles, tonnelles, en fils entre les arbres, très décoratives et qui servent encore à délimiter les parcelles et peut-être à produire du vin maison.

Les rendements sont très élevés, souvent plus 80 et 100 hl/ha.

Il n'y a presque pas de culture bio dans cette région. Les viticulteurs nous disent que c'est parce qu'il y a trop d'humidité. Pourtant, dans un minisalon nous avons goûté deux bons vins rouges Tinto Bom. Toutefois, il faut dire qu'ils sont produits dans la région d'Amarante à l'est de Porto et donc plus loin de l'océan.

Les exportations de vinho verde sont en hausse depuis 2005. Le Canada est le cinquième client.

Les cépages
Alvarinho
Cépage de grande qualité. Surtout dans le nord dans la plaine alluviale du Minho. Il donne des raisins riches en sucre, donc d'un bon niveau d'alcool potentiel. Son acidité est modérée. Il confère au vin des saveurs de pêche, de citron, de miel, de banane quelques fois. Rond, peut être corsé et persistant. On lui doit souvent les meilleurs vins de la région.

Il y a en gros deux type d'alvahinho: celui récolté tardivement qui donne un vin floral et bien gras qu'on boit dans la deuxième ou troisième année et celui fait avec des raisins récoltés tôt pour plus de fraicheurs, de vivacité. Deux styles de vin.
 
Loureiro
Plus aromatique, rond, fleurs et agrumes, fruité, légèrement acidulé.

Arinto
Très acide, sucre moyen. Meilleur dans les zones intérieures. Saveurs citron, pomme et poire.

Avesso
Produit surtout dans les secteurs du sud. Acidulé, orange, pêche, fruits secs.

Azal
Citron, pomme verte et quelques fois corsée.

Trajadura
Moins acide que les précédents. Utilisé justement dans les assemblages pour réduire l'acidité totale.
Saveurs de pêche, de poire.

En rouge
Vinhão
Ils le prononcent comme un miaulement de chat «vignainho». Cultivé dans toute la région. Très colorant, teinturier, donne des vins opaques, vineux, riches en sucre et astringent.

Espadeiro
Plus acide, il donne de bons rosés.

Route des vins et tourisme
La région de Vinho Verde est verdoyante. La végétation est luxuriante. Le climat y est plus frais et plus humide que dans le reste du Portugal. C'est la région la plus peuplée. On voit les maisons, des hameaux, des petits villages partout. C'est une région de collines. Le réseau routier est très développé. On devine qu'on y a mis beaucoup d'argent.
Les villes de Porto, de Gimarães et de Ponte de Lima sont magnifiques. Le Vinho Verde commence à quelques kilomètres au nord de Porto.
De nombreux Portugais parlent français, très bien même.

Il pleut beaucoup en hiver, 1200 mm, quelques années jusqu'à 2000 mm (comparé à 800 à Bordeaux). Le printemps et l'été sont chauds et secs. Le sol est granitique.

La gastronomie
Les sardines bien sûr, la morue appelée Balcahau, les fruits de mer, le chevreau et les légumes. La cuisine est copieuse. Les Portugais sont gourmands. Vous en aurez pour votre argent dans l'assiette même dans les zones touristiques.

Des chiffres :
Blanc 70 % de la production
Rouge 26 %
Rosé 3 % en hausse.

35 000 hectares
26 000 viticulteurs
600 embouteilleurs
1000 marques

Le vinho verde s'est 18 % de la production vinicole du Portugal.
Une production de 70 millions de litres; dont 14 millions sont exportés surtout aux États-Unis, en Allemagne, en France, en Angola, au Canada, au Brésil et en Grande-Bretagne.

Des producteurs
Au cours de ce voyage, notre petit groupe de Québécois, de Suisses et d'un Allemand a visité 14 domaines, des petits, des moyens et des gros.

Quinta de Paços
À la Quinta de PacosLa maison vieille de 400 ans a plusieurs domaines sur 200 hectares. Trois très bons vins. (http://www.quintapacos.com)

Casa de Paços Loureiro e Arinto 2010
Floral, aromatique, semble bien sec malgré son 6 grammes de sucre.  Minéral, une petite note de vanille, on le dirait boisé, une longue finale minérale. 1,59 € *

(* Un vin vendu 2 euros export (taux de change 1,3791) par le vigneron reviendra à 12,10 $ en importation privée au Québec; 3 euros ce sera 15,25 $ et 4 euros 17,90 $. Un peu moins si vendu dans les succursales de la SAQ.)

Casa De Paços, cépage Fernao Pires, vin régional Minho 2010
Floral, minéral, parfumé, un peu plus gras. Nez muscaté. On s'attend à avoir un vin sucré, mais semble bien sec en bouche (10 g). Finale minérale. Original. 1,70 €

Morgado do Pedigao Alvarinho et Loureiro, vin régional 2010
Légères saveurs de pêche. Acidité rafraîchissante, encore plus minérale, de la roche, solide. 3 €

Quinta da Seara
Un domaine d'une grande beauté. Hébergement touristique et 4,5 ha de vigne.
(http://www.quintadaseara.com)

MonteFaro 2010 Vinho Verde Branco
Servi dans une flute, Citronné et frais. On ajoute un peu de Co2 à la mise en bouteille. Alc. 11 %, pH de 3,15.

MonteFaro Vinho Verde Grande Escolha 2010
Un passage de 6 mois en barrique de 3 ans lui donne une petite note de cire. Alc. 11,5 %

MonteFaro Vinhão DOC, Grande Escolha 2010
Notre premier rouge du voyage. Servi dans un bol. C'est foncé, fruité et rugueux. Alc 11,5 %. 8,3 g/l d'acide pour un pH de 3,21.

Adega sa Casa da Torre
De très belles installations en bois. Le père du producteur a fait fortune dans les boutons. Le textile est maintenant du domaine des Asiatiques, alors la famille se tourne vers la terre, le vin.
(adega-casa-da-torre)

Quinta do Cruzeiro, vinho verde 2010
Aromatique et fruité. Ici aussi on s'attend à un vin sucré, mais il ne l'est pas (3,9 g/l, pH de 3,2). Un fruité frais et gras agréable. C'est frais et bien équilibré. Loureiro, arinto et trajadura. Pas typique des autres vinho verde de la région. Très bon. 2,5 €

Sousa Lopes, vinho rehional 2010
Loureiro et chardonnay. Différent, une certaine dureté, petit amer en finale. Bon.  2,75 €.

Quinta da Aveleda
Probablement la maison de production de vinho verde la plus connue au Québec. Un des plus gros domaines de la région. (www.aveleda.pt)
C'est elle qui produit le Fonte, très populaire ici. (vinquebec.com/node/8608)
   
Casal Garcia rosé 2010   
Nez un peu réduit, mais belle bouche acide et sucrée. Correct. Capsule à vis au Canada. SAQ   11445574 12,10 $

Casal Garcia, vinho verde 2010
9 millions de bouteilles d'un vin floral et facile à boire. Capsule à vis ou liège selon les marchées. Correct, 2 €.

La maison fait aussi des vins de la série Follies, le Follies Alvahinho-Loureiro 2010. Assez gras, intense, sec et long.

Plusieurs vins de cette maison son régulièrement disponible au Québec et en Ontario.

Quinta da Lourosa
On fait beaucoup d'expérimentation à la vigne dans cette quinta. On y mène une expérience sur la vigne conduite sous la forme d'un lys sur ce domaine de 27 ha. Une production totale de 100 000 bouteilles.  (www.quintadelourosa.com)

Quinta da Lourosa Vinho Verde branco 2010
Pas de gaz, du fruité au sucré fin, du bonbon.  3,5  €.

Quinta de Lourosa Alvarinho, régional 2010
6000 bouteilles d'un vin droit et simple, pas compliqué, mais cher. 5,5  €.

Quinta da Lixa
Une grande quinta avec affiche néon.
On y fait des expériences de sélection massale de levures. Levures qui seront ensuite lypholisées et enregistrées.
50 ha. 3 millions de bouteilles, 40 % exportées.
(www.quintadalixa.pt)
Produit des vins secs. Ajoute du CO2 pour ses vins destinés au Canada.

Trajadura Branco 2010
Fruité fin, agréable et bien long. Petit fruité exotique qui rappelle certains sauvignons. Pas très exubérant, mais bien équilibré. Pas mal bon. 2  €.

Loureiro 2010
Très aromatique, pamplemousse, beau fruité gras sur une belle acidité. Bien bon. Sec.

Vinho Verde Branco 2010
Beaucoup de petites bulles. Belle fraicheur. Sec. Bien long.

Vinho Verde Alvarinho Monçao 2010
Frais, fruité vert pas trop acide. Sec. À servir avec les crevettes.

Alvarinho régional 2010
Bouteille bordelaise. Beau fruité plus gras. Contient plus de sucre, mais acidité très élevée, pH 3,08.

Certains de ses vins sont disponibles à l'occasion en Ontario.

Terras do Minho rosé Touriga national 2010
De belles saveurs de framboise. Un des meilleurs rosés du voyage. Quantité de gaz ajouté différent selon les marchés.
Le producteur dit «si les gens aiment le nez du vin, 60 % est gagné.» 1,95 €.
Importation privée au Québec auprès de Oenotria. (www.oenotria.fr)

Quintas de Melgaço
Une grande coopérative de 530 membres située dans Monçao.
Région qu'on appelle d'ailleurs maintenant Monçao et Melgaço. Les vins sont corrects. On y fait un blanc aux saveurs d'amende obtenu en immergeant des planches de chêne dans les cuves. On y fait aussi un mousseux méthode champenoise classique dont les levures sont contenues dans des bulles de gel, de la lécithine, je crois, évitant ainsi de faire des remuages.

Provam
SardinesUn groupe de 10 viticulteurs qui achètent 75 % des raisins d'autres viticulteurs.
Portal do Fidalgo Alvarinho 2008
Un 2008, donc un vieux vinho! Doré, saveurs de tilleul, de lavande, de résine. Sec. Pas de bulles. Très bon.
Le 2009 est vif et très agréable. Le 2010 est parfumé, perlant et bien jeune. 4,5 €.
On y fait aussi un vin boisé de Vinha Antiga 2009 aux saveurs de caramel.
(www.provam.com)

Vineverde
La coopérative située à Ponte da Barca produit 5 millions de litres.
Estreia 2010 Vinho Verde Branco
Estreia signifie première. Un vin léger, pétillant et petit sucré On ajoute du mout non fermenté à la fin. Capsule à vis ou liège selon les marchés. Sucre 8 grammes. 1,30 €. Le rouge est rustique mais sympathique. (www.viniverde.pt)

Général romain Ponte de LimaPonte de Lima
Ponte de Lima est la plus ancienne ville du Portugal. C'est très joli, sauf le stationnement sur la plage. (Vidéo  www.youtube.com)
L'Adega cooperativa Ponte de Lima regroupe 2000 membres sur 1800 hectares, dirigée par la sympathique présidente Maria Celeste Oliveira do Patrocinio. (www.adegapontelima.com)
Vinho Verde Branco 2010 a de beaux arômes rappelant la banane. La bouche est ronde, fraiche et pas compliquée. 11 % d'alcool, 6 grammes de sucre et d'acide pour un pH de 3,12. L'Adamado comme son nom l'indique est plus sucré et bien bon. 1,80 €.

Le Selecçao disponible à 15 $ en Ontario est plus foral, bien sec et plus costaud. 3 €.

Le rouge Vinho Verde Tinto fait des vinhao, borraçal et espadeiro est goûteux et plein.

Quinta de Carapeços
Dans la région d'Amarante. Les vins sont ici plus chers, de 3 à 5  € (prix hors chais export). Ils sont différents, plus secs, un titre alcool plus élevé, deux de leurs vins Reserva et Escolha sont boisés et ont des saveurs de cire et de caramel. Les deux blancs le sont frais et bien rafraichissants. Ces quatre vins portent l'étiquette Vinho regional Minho.
Le rosé Vinho Verde Espareiro et bien bon avec ses raisins récoltés en novembre. Les producteurs ne veulent pas l'exporter. Il n'est pas filtré, donc ils craignent que la refermentation reparte en bouteille.
(www.quintadecarapecos.pt)

Vinhos Norte
Situé dans le village de Varzea Cova encastré entre des collines et un immense parc de roches. Une production de 9 millions de litres de vins de belle qualité.
Le Vinho Verde Norte Branco a avec son petit pétillant des saveurs très «verd», citronné sur une note sucrée. Loureiro, trajadura et arinto. Alc. 9 %.
Le Vinho Verde Tapada Dos Monges Branco 2010 est plus floral, gras, moins acide sur une finale moelleuse. Sucre et acides 7 g, Alc. 11 %, pH 3,14, 2,35  €. Le Loureiro, disponible quelques fois à la LCBO est un peu plus sec sur une belle finale rafraîchissante. 2,90  €.
Le Alvarinho 2009 est jaune avec des saveurs de miel et de résine. Fait avec des raisins de la région de Monçao. On le dirait un peu oxydé. Très bon. Plus cher. 7,50  €.
Le mousseux Miogo Brutto 2007, méthode champenoise est à la fois costaud et fin. Très bon. Exporté en Espagne. 6,99  €.
Le rouge Vinho Verde Tapada Dos Monges Espadeiro 2010 mousse en bouche. Très agréable. 3,4  €.
Le Vinho Verde Tapada Dos Monges Tinto 2010 est plus fin et plus accessible à nos palais. Cépages vinhao, amaral et padeiro.

Quinta da Raza
Situé sur une colline au milieu d'une vallée, abrité au nord par des montagnes et protégé des vents de l'Atlantique. Le secteur semble beaucoup plus chaud. Le sol qui contient du schiste et de l'argile en plus du granit est aussi différent. Altitude 250 mètres. Les vins aussi sont différents. Les taux d'alcool sont plus élevés, affichés jusqu'à 13,5 %.
Le Alvarinho-Trajadura (3,50 €) est léger au sucré agréable ( 12,7 g/l) et long. Il est étiqueté Vin Régional, vu que l'alvarinho ne provient pas de Monçao. Mais l'oenologue affirme que la loi va changer d'ici peu et qu'il pourra inscrire DOC Vinho Verde sur l'étiquette. On ne m'a pas confirmé cela du tout au conseil régional. On doute que les producteurs de Monçao abandonnent leur monopole DOC sur ce cépage emblématique. Le Dom Diogo Azal 2010 a des aromes de champignons, fumé, coulant. Il a un sucre de 11 g. mais une acidité tellement élevée (pH 3,01) qu'on ne perçoit pas le sucre. Alc. 12,5 %.
Le Dom Diago Arinto 2010 est bien minéral. Il a de beaux arômes de sapinage. Le sucré est bien équilibré par une acidité forte. L'oenologue dit «que la majorité de ses clients préfère les vins légèrement sucrés.»
Le Raza 2010 qui sera à la LCBO bientôt a de belles bulles sur une longueur sucrée. Finalement, le rosé fait de Padeiro est bien agréable.
Le producteur nous dit que le réchauffement climatique se fait fortement sentir sur son domaine. «J'ai l'impression de récolter une semaine plus tôt chaque année depuis quelque temps.» (www.quintadaraza.pt)

Quinta das Arcas
La dernière quinta visitée. On y voit encore des vignes en croix. Leurs vins sont disponibles en Ontario et en Suisse.
Conde Villar Branco 2010
Aromatique, floral, fruits exotiques, demi-sec, beau pétillant.  Conde Villar Rosé 2010 aux belles saveurs de pêches et de fraises. Conde Villar Alvarinho 2010 frais d'une belle verdeur.
(www.quintadasarcas.com)

Mentionnons en terminant un vin dégusté dans un minisalon et qui m'a beaucoup plu: le Vinho Verde Reguenco de Melgaço. Un alvahrino moins acide (pH 3,42) produit sur un sol de sable argileux. (www.reguengodemelgaco.pt/)

Ce que je retiens des vinho verde: des vins d'été, des vins «verd», frais et vif et souvent perlant pour accompagner les plats épicés, les fruits de mer. Des gens sympathiques qui aiment leur région et qui sont heureux d'y vivre. Une très belle campagne verdoyante.

Le voyage s'est fait à l'invitation de la Commission de viticulture de la région de Vinho Verde.

Liens
www.vinhoverde.pt
Les cépages du Portugal (en anglais)

Lire aussi Le vinho verde ou les vinhos verdes, 30 juin 2010

Les Français néophytes en matière de vin

Les Français se disent néophytes en matière de vin à 63 % et amateurs éclairés à 35 %.

C'est ce que nous dit un sondage mené sur Internet auprès de 1200 personnes pendant la première semaine de février par l'agence-conseil en marketing vin Sowine.

Une majorité des répondants (63 %) dit qu’il est important d’avoir un minimum de connaissances pour apprécier le vin.

Une forte proportion des répondants (74 %) estime qu’il est important de se renseigner avant d’acheter du vin.

Les principales sources d'information pour préparer un achat en France sont les recommandations de cavistes, sommeliers, serveurs (49 %), les conseils de l'entourage (46 %), les salons des producteurs (14 %), Internet (13 %); les guides spécialisés (7 %), les magazines (7 %).

Il faut noter ici que le sondage a été fait auprès des internautes sur Internet.

Environ 5% des acheteurs réguliers sont membres de sites payants de notes de dégustation.

Seulement 10 % achètent dans Internet principalement sur les sites de producteurs, puis sur les sites de ventes en ligne et ceux des cavistes en ligne.

Le budget moyen consacré à l’achat d’une bouteille et le nombre de bouteilles sont doublés lorsque l’achat se fait en ligne.

Les amateurs de vin utilisent très peu les applications vin pour téléphone mobile.

Les auteurs de l'étude concluent que les réseaux sociaux dédiés au vin en France n'ont pas encore trouvé leur place; que la place de l’humain est capitale «dans un contexte "virtuel", le consommateur de vin plébiscite le dialogue et l’échange «réel», que ce soit dans sa recherche d’informations ou en contexte d’achat.»

Un conseil aux vendeurs de vin : «la stratégie d’influence est incontournable, mais elle doit se faire en multipliant les canaux et relais de prescription, les conseils de l’entourage restant la première source d’information.»

Voir aussi les résultats du sondage de Sowine de l'an dernier.

   Source: Sowine

Cépages et AOC

À lire : les propos de Michel Bettane sur les cépages et les AOC de France.
Voici quelques extraits:


«Le vigneron qui veut planter en plus grande densité, pour faire un meilleur vin, est hors la loi!

C'est le terroir qui fait l'appellation, ce n'est pas le cépage.
Des petits défauts sont nécessaires. Ce sont les signes d'une certaine originalité.

Impossibilité de mentionner le cépage sur les étiquettes. Il n'y a que les Français pour avoir inventé une règle aussi stupide.

Ce qui fait le prix d'un grand cru : d'un côté, le désir de ce cru, et de l'autre, le niveau économique de l'acheteur.

On commence par les vins de cépage, simples, faciles à mémoriser, et puis on progresse avec des vins d'appellation plus complexes, plus subtils.

Même s'il y a un gros marché pour le vin industriel, il y aura toujours une demande pour des vins de qualité

Seulement 20 % des vins d'appellation d'origine méritent ce statut.
La plupart des vins de Minervois font honte à l'appellation.

Le ministre de l'Agriculture dit une chose stupide.»

Le cépage est un instrument au service du terroir, Le Monde, 23 juin 2011.

Méfiez-vous de Wikipédia

Quelle est la véracité des informations sur les pages de la section «vin» de Wikipédia?

Je reviens d'un voyage de presse au Portugal dans la région de Vinho Verde. Avant de rédiger mon article, je fais des recherches sur internet afin de voir ce qui a été écrit dernièrement sur cette région viticole. Je tombe alors sur la page Vinho Verde du site web Wikipédia.

Oh surprise! Dans le haut de la page, il est écrit «Rendement moyen à l'hectare 19 hl / ha». Une erreur, c'est beaucoup plus élevé que cela.

Puis, plus loin «Ses vignes, longtemps cultivées en hautain, sont conduites sur cruzeta au XXIe siècle, ce qui faisait constater à Louis Orizet dans les années 1970 :»

L'année 1970 serait donc au XXIe siècle ou postérieur au XXIe siècle!
 
De plus, ça fait plus de 30 ans que les vignes ne sont généralement plus conduites en croix (cruzeta) dans le Vinho Verde.

Enfin sous une photo montrant des vignes droites, on lit «conduit sur cruzetas», ce qui n'est pas le cas.

Wikipédia est dit «Le projet d’encyclopédie libre que vous pouvez améliorer», tel qu'il est écrit en haut de la page d'accueil de cette encyclopédie participative.

On y lit aussi que «Wikipédia a pour objectif d’offrir un contenu librement réutilisable, objectif et vérifiable, que chacun peut modifier et améliorer.»

Donc, je modifie les informations et corrige ces erreurs sur la page du Vinho Verde. Mais deux minutes plus tard (!), une personne efface les corrections et remet le texte erroné. Mes tentatives ultérieures de corrections sont rapidement annulées par une autre personne (ou la même utilisant un autre pseudonyme).

Ce n'est pas la première fois que je constate ces bizarreries sur Wikipédia. Je contribue depuis quelques années à cette «encyclopédie» en ligne. L'an dernier, lors d'un premier voyage de presse dans cette même région du Vinho Verde, j'avais été étonné de voir le nombre d'erreurs sur cette même page. Les informations désuètes décrivaient la région telle qu'elle était en 1970 et non aujourd'hui. Les contributeurs s'étaient basés sur des livres qui citaient de vieilles sources. Étonnant à l'âge d'Internet.

Pourtant, l'article avait été jugé «Article de qualité», par ces mêmes contributeurs. J'ai alors corrigé beaucoup d'erreurs et mis à jour les informations, mais après de nombreux blocages de personnes anonymes qui voulaient conserver les vieilles informations dépassées. L'une d'elles qui a refusé de s'identifier et qui se dit «administrateur» prétendait qu'«il n'y a pas erreur du moment que cette information est sourcée (sic) avec (resic) le livre de ...» Le livre en question a été écrit il y a quelques années et citait des sources encore plus vieilles!

Je ne suis pas le seul à avoir tenté de corriger les erreurs sur Wikipédia. Un oenologue de France m'écrit «Je suis œnologue français et contributeur de longue date à Wikipédia. Pourtant je ne contribue (plus) jamais aux articles sur la vigne et le vin. (...) ceux-ci sont verrouillés par un petit nombre de contributeurs (...) qui ne tolèrent aucune critique quitte à laisser des erreurs facilement rectifiables (...) Dommage parce qu'il y a beaucoup à faire et pas mal d'erreurs à rectifier.»

Donc, méfiez-vous des articles en français sur le vin dans le site Wikipédia.

Si vous voulez juger du sérieux des contributeurs à ces articles, cliquez sur l'onglet «Afficher l'historique» et lisez les signatures de ces auteurs. La plupart se cachent derrière des pseudonymes et ce sont les mêmes qui reviennent très souvent.
C'est dommage!

Top 10 des régions, ventes vins de spécialité

Les vins de spécialité se sont les bouteilles qui sont au fond des succursales de la SAQ, dans un espace un peu intimidant, où la plupart des gens n'osent pas aller, pensant peut-être n'y trouver que des vins trop cher. Cette section est aussi appelée Cellier. C'est ici que se tient le conseiller en vin de la succursale. Un personnage souvent mal identifié qui en connait généralement plus que les autres employés de la SAQ.

C'est aussi ici qu'on voit dans quelques succursales, la station dégustation, trop souvent peu utilisée.

Pourtant, c'est dans cette section dite «des vins de spécialité» qu'on trouve la plupart des meilleurs vins, la plupart des nouveautés, la majorité des vins originaux.

Il y a là des vins de tous les prix, des vins en moins grande quantité, des vins qui n'y sont que pour quelques semaines, voire quelques jours dans certains cas.

L'an dernier, on a eu le choix entre 7466 vins. Certains arrivent par lot, d'autres en continu. La plupart sont entre 20 et 40 $. Mais il y en a tout de même plusieurs à moins de 20 $. C'est souvent là que je déniche les meilleurs rapports qualité-prix (voir section Qualité-Prix).

Ils y sont classés sur les rayons par pays. Ça va changer. Ils seront bientôt classés par catégories.

La plupart des vins mentionnés à Vin Québec proviennent de cette section.

C'est la section fréquentée par les connaisseurs, les aventureux, les passionnés, les curieux, les amateurs de découvertes.

Ceux-ci y ont dépensé 541 millions de dollars au cours de la dernière année. Soit 6 % de plus que l'année précédente. Les produits de spécialité représentent 20 % des ventes de la SAQ; les produits courants 80 %.

Qu'est ce qu'on y achète? Les préférés des connaisseurs et aventureux sont les Bordeaux rouges. On en a acheté pour 38 millions de dollars. Puis les rouges des États-Unis (principalement Californie)(probablement dû au populaire Ménage à Trois) (35 millions $); les rouges de Toscane et ceux d'Espagne (31); les rouges de Vénétie (24); les autres rouges d'Italie (27 millions $).

Il faut noter ici que les vins rouges provenant d'Italie totalisent 83 millions de dollars de vente.

Après le Bordelais, l'autre région de France la plus populaire dans cette section est celle des rouges du Languedoc avec des ventes de 17 millions de dollars, suivie des rouges du Rhône avec 15 millions $.

Les vins blancs les plus populaires de la section des spécialités seraient ceux des États-Unis qui génèrent des ventes de 14 millions de dollars, puis les blancs de Bourgogne avec 12 millions de dollars.

Ce top 10 totalise 47 % des ventes de vins de la section des spécialités.

  Source : Blitz d'information SAQ, mai 2011.

Le Québécois consomme 22 litres de vin par année, surtout du rouge de France et d'Italie

Le Québécois boit rouge. En effet, 71 % des vins vendus par la SAQ sont rouges. Les blancs représentent 23 % des ventes et les rosés 4 %. Toutefois, les ventes de blancs progressent, soit de 11 % au cours de la dernière année. La hausse des ventes de rosés en volume est de 8 %.

C'est ce qu'on apprend à la lecture du rapport annuel 2011 de la Société des Alcools du Québec.

Les vins préférés des Québécois proviennent de la France et de l'Italie. La France accapare 30 % des parts de marché, suivies de l'Italie à 23 %. Ces deux pays contrôlent donc plus de la moitié du marché du vin au Québec. Les autres concurrents sont les États-Unis 10 %, l'Espagne 7 %, l'Argentine et l'Australie 6 %; puis le Chili et le Portugal à environ 3 %, l'Afrique du Sud 2 % et la Nouvelle-Zélande 1 %. (Vins tranquilles. Chiffres arrondis)

Les ventes des trois premiers sont en hausse : États-Unis 30 %, Italie 5 % et  France 2 %. La Nouvelle-Zélande a fait d'énormes progrès sur notre marché avec une hausse de 28 %. Le Portugal et l'Espagne sont en hausse de 9 et 8 %. Le Chili et l'Autralie de près de 5 %.

Par contre, les ventes de vins d'Argentine ont baissé de 12 %, et de 8 % pour l'Afrique du Sud.

Les Québécois de 15 ans et plus (sic) consomment maintenant 22 litres de vin par année.
Ils devancent ainsi les habitants du Yukon par un litre. Les chiffres équivalents pour la Colombie-Britannique sont 20 litres, Alberta 15, Ontario 13, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse c'est 10 litres par habitant de 15 ans et plus.

La SAQ a 414 succursales et 396 agences qui distribuent 11 000 produits provenant de 65 pays. Chaque année, la gamme de produits est renouvelée d'environ 10 %. La dernière année, elle a ajouté 730 nouveaux produits de spécialité, 360 à Signature et 120 produits courants.

La SAQ fait affaire avec 180 agents et 2500 fournisseurs.
Plus de 78 % des produits vendus sont des vins.

En 2010 le Québécois (de 15 ans et plus) a consommé 22 litres de vin et dépensé 307 $ en moyenne à ce chapitre; alors qu'en 2001, il en avait bu 16 litres et dépensé 181 $.

Une bouteille de vin vendue 16,10 $ est payée 5,65 $ au fournisseur (transport compris), soit 35 % du prix. Le reste est la majoration, les frais de ventes, bénéfices et taxes.

   Voir aussi des chiffres sur les années précédentes...

   Source : Rapport annuel 2011 de la SAQ.

La hausse du taux d'alcool dans le vin n'est pas due au réchauffement climatique

La hausse du taux d'alcool dans le vin est le résultat de la main de l'homme.
C'est la conclusion d'une étude menée par l'American Association of Wine Economists.

Les chercheurs ont analysé les hausses de température observée dans plusieurs pays du monde au cours des dernières années et en viennent à la conclusion qu'elles sont insuffisantes pour expliquer les fortes hausses du taux d'alcool dans le vin.

Selon les chercheurs, les hausses de taux d'alcool dans le vin varient d'une région à l'autre et sont surtout fortes dans les pays du Nouveau Monde. La hausse de température a un léger effet «Some, but not much» sur cette hausse. Ce haut taux d'alcool est plutôt le résultat de la volonté humaine, «our findings lead us to think that the rise in alcohol content of wine is primarily man-made

Les auteurs se basent sur une étude de la LCBO (monopole de l'importation du vin en Ontario) qui a analysé 129 000 vins de plusieurs pays sur 18 ans (1992 à 2009).

Entre autres, la LCBO a analysé les taux de sucre des raisins californiens et les taux d'alcool de tous les vins californiens importés et conclue que les changements climatiques n'ont pas grand-chose à voir avec la hausse des taux de sucre et d'alcool dans le vin «that climate change does not appear to account for much of the recent increase in sugar content of grapes or in the alcohol content of wine in California». De plus, la LCBO note que les taux d'alcool indiqués par les producteurs américains ne disent pas la vérité «the label claims about the alcohol content of wine exhibit systematic errors

Les économistes californiens ont retenu les données de 91 000 vins analysés par la LCBO, après avoir exclu les vins allemands et les vins de desserts. Puis, ils ont obtenu les chiffres des variations climatiques de chaque région viticole du monde et ont comparé les deux types de données.

Leurs conclusions : le changement climatique n'est pas le facteur principal expliquant la hausse régulière et systématique du taux d'alcool dans le vin «For now we must conclude that climate change has not been the main factor driving the steady, systematic, and pervasive rise in the alcohol content of wine

Donc, il faut chercher ailleurs l'explication de la hausse du taux d'alcool dans le vin; soit du côté des modes de production, des désirs des producteurs, des préférences des consommateurs, des notes des experts...

Oui, les notes des experts! C'est du moins ce qu'affirme le chroniqueur vin du magazine internet Slate, Mike Steinberger, qui dit que Robert Parker est en grande partie responsable de la hausse du taux d'alcool dans le vin. (Les vins supportent-ils bien l'alcool?)

  Splendide Mendax: False label claims about high and rising alcohol content of wine, American Association of Wine Economists, Julian M. Laston et al.

 

Hausse des bénéfices, satisfaction de la clientèle et bouchonnage à la SAQ

Chaque année, au mois de juin, j'ai l'impression d'écrire le même texte!
La SAQ accroît encore ses bénéfices.
Cette année, c'est une hausse de 5,5 %.
Le bénéfice net consolidé est de 34 % dit le communiqué de la SAQ «il s’agit du meilleur rendement d’exploitation de la décennie.»

Sur des ventes totales de 2,6 milliards de dollars, la SAQ donne 1,7 milliard aux gouvernements du Québec et d'Ottawa en dividendes et en taxes.

En Ontario aussi les affaires vinicoles vont bien: «Cela fait 16 années de suite que la LCBO réalise un chiffre d'affaires record

Dans son communiqué, la SAQ dit aussi qu'elle se donne comme but d'améliorer la satisfaction de la clientèle.

«Au cours du prochain exercice, les efforts de l’entreprise continueront de porter sur la satisfaction de sa clientèle.» La société d'État dit vouloir utiliser les médias sociaux.

À ce chapitre, il semble y avoir pas mal de travail à faire.

Justement sur les réseaux sociaux, la SAQ est fortement critiquée. On l'accuse d'agir d'une manière hautaine dans l'application de sa politique de retour des vins bouchonnés.

Des clients affirment qu'on refuse de rembourser des vins qu'ils disent bouchonnés. La SAQ dit faire des tests de laboratoire indiquant que les vins ne sont pas bouchonnés. Puis, on précise que ces tests consistent à sentir le vin, «nous à la SAQ on ne fait pas l’analyse du TCA, on se sert tout simplement de notre nez pour détecter le bouchon»!

Un autre client qui aurait retourné une de ses deux bouteilles de Barbaresco 2000 de Gaja, se serait fait répondre que l'analyse de laboratoire «indique que votre bouteille n'est pas bouchonnée ni vinaigrée, mais bien que le vin est trop vieux.......qu'il est mort.....Bu trop tard.»

Il faudrait demander à monsieur Gaja si son Barbaresco 2000 (+200$) est déjà trop vieux.

Si tout ça est vrai, je comprends l'étonnement de certains amateurs de vin et clients de la SAQ. Est-ce que le capitaine est à bord? Il y a effectivement du travail à faire au niveau du contact avec la clientèle.

À la SAQ, on me répond qu'on ne peut pas ouvrir sans discernement la porte à tous les retours et remboursements. «Nous devons être vigilant et faire des vérifications.» Il y a la politique de retour des vins de moins d'un an et les «procédures internes» de remboursement des vins de garde. «S'il y a un doute, des bouteilles peuvent être envoyées au laboratoire qui tranchera», nous dit Linda Bouchard, responsable des relations avec les médias. Mais si un client n'est pas satisfait de la réponse, est-ce qu'il peut y avoir contre expertise, contestation? «C'est l'opinion d'un particulier contre celle d'un spécialiste du laboratoire», répond Mme Bouchard.

Des vins bouchonnés, est-ce qu'il y en a beaucoup? «Sur 2000 bouteilles évaluées récemment pour un appel d'offres, nous en avons détecté seulement 21.» (On peut supposer que parmi ces 2000, il y avait plusieurs capsules à vis, bouchons de plastique et lièges agglomérés.)

Est-ce qu'il y a plus de refus? Mme Bouchard n'a pas la réponse. Il est certain qu'on entend plus parler de ces cas depuis la venue des médias sociaux.

Autrefois, chaque client insatisfait était seul dans son coin. Aujourd'hui grâce aux médias sociaux chacun peut publier sa plainte, faire part de son mécontentement, conter ses déboires suite aux décisions des grands marchands et même comme ici susciter 250 interventions et 5000 visites sur un forum.

Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous.
(Montesquieu)

Ces incidents peuvent prendre de l'ampleur et exigent des réponses, des réactions plus rapides des commerçants.

Les relations clients-commerçants sont appelées à changer dans ce monde de publications instantanées.

Dans le cas des procédures de remboursement des vins défectueux à la SAQ, on voit à la lecture des forums qu'il y a matière à amélioration afin de viser à réduire les abus (des deux côtés) et de satisfaire les deux parties.

Sources:

Les Tre Bicchieri de Cambero Rosso au Québec

La deuxième opération québécois Tre Bicchieri se fera cette année le 8 juin.

Il s'agit de mettre en vente 144 vins qui ont obtenu la note maximale de Tre bicchieri (trois verres) au concours du Gambero Rosso.

J'ai pu déguster 45 de ces vins lors d'une dégustation organisée par la SAQ pour la presse spécialisée.

Je me méfie des vins de concours, cependant je dois dire que j'ai été agréablement surpris par la qualité générale des vins présentés. Toutefois, ce sont peut-être tous des Tre bicchieri, mais ce ne sont pas tous des trois étoiles.

Ces vins se divisent facilement en deux groupes: les vins juteux et les gros vins.

Le poison est dans l'assiette et dans le verre

La faillite des normes de contrôle
«Dans Notre poison quotidien, Marie-Monique Robin démontre le peu de valeur scientifique de la norme utilisée internationalement pour définir le seuil d'innocuité des pesticides»
Louis-Gilles Francoeur, www.ledevoir.com

Notre poison quotidien ou comment l’industrie chimique nous empoisonne
«L'auteure fait le lien dans son ouvrage entre l’épidémie de "maladies évitables" – telles les cancers, les troubles de la reproduction, l’obésité, le diabète, l’Alzheimer, le Parkinson, etc. –  et l’utilisation depuis plus de 50 ans d’une multitude de produits chimiques – pesticides et autres molécules chimiques utilisées à toutes les sauces.»
Audrey Lavoie, www.journalmetro.com/blogue

Manger, un poison quotidien
«Ce qu'on mange contient des résidus de pesticides, de fongicides et d'insecticides, de l'aspartame et des colorants artificiels. Et ça nous rend malades, dit la Française Marie-Monique Robin dans Notre poison quotidien, la responsabilité de l'industrie chimique dans l'épidémie des maladies chroniques, qui vient de paraître chez Stanké.»
Marie Allard, www.cyberpresse.ca

Le poison est dans l’assiette
«Et s’il vous-plait, ne dites pas comme tant de gens que j’ai croisés aujourd’hui que vous ne voulez pas savoir tout ça parce que c’est trop effrayant.»
Marie-Claude Lortie, blogues.cyberpresse.ca

Les pharmaciens contre le vin en France

Si l'on en croit le rédacteur en chef de la Revue du vin de France, les nombreuses campagnes contre le vin dans son pays sont l'oeuvre des compagnies pharmaceutiques.

Denis Saverot affirme dans son dernier éditorial que le lobby des compagnies pharmaceutiques voit le vin comme un concurrent aux anxiolytiques, les médicaments contre l'anxiété.

Le monde viticole français a été secoué par des campagnes successives de démonisation du vin au cours des deux dernières années. On a dit qu'il est cancérigène, puis dangereux après un seul verre.

M. Saverot parle de «dénigrement répété du vin par les pouvoirs publics.» La dernière campagne anti vin a été lancée par la secrétaire d'État à la Santé qui décrète «pas plus de 21 verres par semaine pour un homme, 14 pour une femme».

Pourquoi 21 verres? Pourquoi pas 19 ou 25? «La secrétaire d'État n'a su donner aucune explication.» Mme Nora Berra a reconnu ne jamais boire de vin.

La RVF dit que Mme Berra a travaillé pendant dix ans pour l'industrie pharmaceutique, comme l'ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Le journaliste ajoute que beaucoup de membres des cabinets des ministres sont recasés dans les entreprises pharmaceutiques.

Un lobbying infernal dit Denis Saverot. «Ce système est infernal. Parce que les laboratoires sont riches, ils infiltrent et financent le personnel politique pour défendre leurs intérêts. Or à leurs yeux, le verre de vin partagé le soir, entre amis, reste le grand concurrent de leurs anxiolytiques. Pour garder la main sur un marché d'autant plus lucratif qu'il est remboursé par la Sécurité sociale, ils poussent l'État à multiplier les campagnes contre le vin.»

L'éditorial s'intitule Un verre sur ordonnance. Vous pouvez le lire ici.

Il semble que 15 % des hommes de 40 ans et plus consomment plus de trois verres par jour en France. C'était 25 %, il y a cinq ans. (Le Figaro). Mme Bera dit «qu'au-delà de 3 verres par jour, ils sont en danger ! Quant aux femmes, elles ne doivent pas dépasser deux verres par jour.»  Dans son discours, Mme Bera ne dit pas de quelle quantité sont ces verres, mais on peut supposer que ce sont des verres de 100 ml de vin à 12° (à 14,5° ce sera 80 ml).

L'information sur l'étiquette et le prix modifient le goût du vin

L'habit fait le moine!
La connaissance du produit en améliore le goût. C'est vrai surtout dans le monde du vin.

C'est le phénomène du goût altéré par une information sur l'aliment.

Si l'on sait que le vin est réputé ou d'appellation de haut niveau ou de bon millésime ou encore de prix élevé, son goût sera meilleur. Ça peut sembler difficile à croire, mais c'est ce que démontrent plusieurs expériences sur le sujet.

Je me souviendrai toujours d'un incident au mariage d'une de mes collègues journalistes où on m'avait nommé responsable du vin. Le vin avait été acheté en cruches de 4 litres (à l'époque un gallon) — peut-être la Cuvée des Patriotes — et je l'avais transvidé dans des bouteilles vides.

Plusieurs convives sont venus me féliciter de la qualité particulièrement élevée d'un des vins. Pourtant, c'était le même vin dans toutes les bouteilles. Je n'ai pas osé leur dire pour ne pas les décevoir. Tant mieux s'ils avaient tant aimé.

La vue de l'étiquette est l'élément essentiel de l'appréciation d'un vin. Un même vin dans deux bouteilles aux étiquettes différentes sera jugé différemment même par des étudiants en sommellerie.

La vue communique un ensemble d'information au cerveau bien avant que l'on ne mette le vin en bouche. «Le cerveau donne le signal neurologique.» Autrement dit, notre cerveau a déjà fait son choix et nous l'impose avant qu'on goûte le vin.

  Lire aussi :

Les ventes de vins de la Loire stagnent au Canada

Les vins de la Loire peinent à accroitre leur présence sur le marché canadien.

Si on regarde les chiffres de l'an dernier, il y a eu hausse moyenne de 7 % en volume, essentiellement en blanc avec une hausse de 11 %, pendant que les rouges et rosés se retiraient de - 15 %.

Toutefois ces chiffres sont cycliques et si on analyse les volumes sur une plus longue période, l'on constate que la vente de vins de Loire diminue en volume au Canada.

En effet, en 2000, on a importé 20 000 hectolitres de vins de Loire. Dix ans plus tard, on en importe 17 000 hectolitres.

En dollars toutefois, il y a eu hausse de 7,5 millions d'euros en 2000 pour 9,4 millions en 2010.

Le Canada est le sixième acheteur de vins de Loire.
On achète surtout du muscadet, du vin de Touraine, et du sancerre.

Les effets de l'irrigation du vignoble

Est-ce que l'irrigation peut permettre de limiter les fortes variations de qualité d'un millésime à l'autre?

C'est un des sujets discutés au Colloque Narbonne 2011 en février dernier.
On y a parlé aussi du dépérissement de la syrah observée dans la plupart des pays producteurs.
Des vidéos des présentations de ces sujets sont accessibles sur le site de l'Institut français de la vigne et du vin (IFV).

Au sujet de l'irrigation, des tests ont été faits dans le vignoble du Languedoc. Les résultats ont été communiqués au colloque par Jean-Christophe Payan, ingénieur à l'IFV.

Des cristaux au fond de la bouteille

Il arrive qu'on trouve des petits cristaux au fond des bouteilles de vin. On me demande ce que c'est. Ça ressemble à du sucre, mais cela n'a aucun goût ni odeur.

Il s'agit de cristaux de tartre. Ils ne sont pas nuisibles, mais peuvent nous surprendre lorsqu'ils arrivent en bouche.

L'acide tartrique est le principal acide du vin, avec l'acide citrique et l'acide malique.

«Au cours de l'hiver, des cristaux de tartre se forment naturellement dans les cuves et se déposent sur le fond. Ces cristaux ne nuisent en rien à la qualité du vin (...) C'est pour éviter ce genre de problème que le viticulteur provoque délibérément une baisse de température de la cuve et donc une cristallisation du tartre avant l'embouteillage.» (Le travail du vin) C'est ce qu'on appelle la précipitation tartrique.

Les précipitations tartriques «ont un effet bénéfique sur les vins très acides, qui perdent en acidité et gagnent en rondeur et en saveur.» (R. Schlag, oenologue)

On utiliserait aussi de la gomme de cellulose ou des acides métatartiques pour cette stabilisation tartrique. (Stabilisation des vins)

«Les sels de l’acide tartrique sont les tartrates qui sont toujours à craindre et sont évités en traitant le vin par le froid, pour éliminer le maximum de tartre, éventuellement en ajoutant un inhibiteur de cristallisation (acide métatartrique).» (Acide tartrique - Wikipédia)

Mais, il peut arriver qu'une certaine quantité de ces cristaux se retrouve en bouteille.
On voit ces cristaux surtout dans des vins blancs, mais il y en a aussi dans les vins rouges.

Ils peuvent aussi s'agglomérer sur le bouchon si la bouteille a été conservée un moment goulot en bas. (Les cristaux de tartre sur les bouchons)

Donc, on n'a pas à s'inquiéter. Il s'agit de les laisser au fond de la bouteille ou du verre.

LE PÉTROLE DANS LE RIESLING

Ce vieux sujet revient dans l'actualité aujourd'hui par la voie de Michel Chapoutier qui dit que l'odeur de pétrole détectée dans les rieslings est un défaut. «Le riesling ne devrait jamais sentir le pétrole», dit M. Chapoutier, cité par la revue Decanter. Il ajoute que «c'est absurde qu'un défaut historique du vin puisse être considéré comme une caractéristique du vin.»
Ce serait un défaut de vinification, et non dû au cépage ou au terroir, selon ce producteur du Rhône et maintenant d'Alsace. (Decanter)

Michel Chapoutier a fait cette déclaration au lancement de sa nouvelle gamme de vin d'Alsace. Un bon coup de marketing! Il a développé son propos lors d'une entrevue en français à DMW, faisant la comparaison avec le vin jaune.

Il n'est pas le premier producteur de riesling à affirmer cela. Lors d'un salon des vins à Montréal, un producteur d'Alsace m'avait dit exactement la même chose.

D'autres disent que c'est un défaut si on le perçoit lorsque le vin est jeune, mais que c'est une qualité dans les vieux rieslings!

Quoi qu'il en soit c'est une odeur (défaut), un arôme (qualité) qu'on sent souvent dans les rieslings. Est-ce typique des rieslings? Des bons rieslings, ou des mauvais rieslings?

D'ailleurs à ce sujet, on s'entend que la typicité est un défaut, n'est-ce pas? Les vins typiques ne sont jamais les meilleurs de leur appellation.

Ça se rapproche un peu des débats sur les odeurs d'écurie (brettanomyces) ou de pelouse fraîche (sauvignon pas mûr), ou encore de poivron dans les cabernets francs. On pourrait ajouter les odeurs de brioches (levure EC 118) dans le champagne: un défaut commun, une qualité commune, ou tout simplement quelque chose de commun (dans tous les sens de ce mot).

Est-ce qu'un défaut peut-être plaisant? Si ces odeurs, ces arômes nous plaisent alors peut-on toujours parler de défauts?

Voici ce qu'en dit un grand producteur d'Alsace, Pierre Trimbach.

L’odeur de pétrole est en principe une qualité pour des Rieslings issus de terroir calcaire, marno – calcaire – marno – calcaro – gréseux.
Certains dégustateurs apprécient énormément ce type de Riesling, d’autres moins, c’est aussi une affaire de goût personnel.
Les millésimes anciens sont plus concernés.
Les millésimes plus récents suite aux améliorations techniques (pressurage, débourbage, etc.) sont moins marqués par cette odeur de pétrole.   On parle aujourd’hui plus de minéralité.

Pierre Trimbach

Ou encore, un peu de défauts, n'ajoute-t-il pas à la perception de la complexité d'un vin. Ça devient alors un «défaut» recherché, une caractéristique voulue.

Une qualité si vous aimez cette odeur particulière. Mais il y a gout de pétrole et gout de pétrole. En tout cas ce gout est habituel sur les rieslings alsaciens et s'apparente à la minéralité.

Alex Heinrich, La Cave des Vignerons de Pfaffenheim, Dopff Irion, Ch. Isenbourg

Pourtant sur le site officiel des vins d'Alsace, on lit «dans son évolution, le Riesling est unique car en fonction du sol sur lequel il est planté, il développe des arômes minéraux (pierre à fusil, silex, "pétrole"…» (www.vinsalsace.com)

Par contre, le grand producteur de riesling en Allemagne, Ernst Loosen, dit que c'est une odeur indésirable.(Harpers)

Voici l'opinion de Marc Hugel sur ce sujet.

Le terme "odeur de pétrole" est à mon sens dans le même registre que celui, plus moderne de "minéralité". Chacun a sa propre idée de ce que cela représente. Ce sont des caractères propres au cépage Riesling en phase de maturité et peuvent apparaître d'une manière très raffinée, harmonieuse et plaisante ou alors d'une manière grossière, vulgaire et déplaisante.
Ces caractères sont d'une variabilité infinie et il n'est donc pas pensable de se prononcer d'une manière systématique.
Cela dépend du terroir, de la vinification, de l'âge du vin et bien entendu du dégustateur (de son propre goût) ainsi que de l'environnement de la dégustation.
À mon sens, la seule vraie question à se poser est la suivante : est-ce que je trouve cela agréable ou pas. Et cela, personne ne peut le dire à votre place.

Marc HUGEL

Un peu de pétrole, d'écurie, de pelouse, de brioche, de poivron serait une qualité, trop d'un de ces éléments serait un défaut? (À moins qu'on aime beaucoup ces odeurs.)

Donc, encore une fois : la modération aurait bien meilleur goût!

Est-ce que cela ne serait pas tout simplement une question de goût? Un défaut si l'odeur nous déplait, une qualité si on aime cet arôme.
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Des défauts du vin: botrytis, caoutchouc, écurie, goudron, herbacé, hydrocarbure, poivron... (Définition des mots de refus à l'appellation)
L'odeur pétrolée serait une molécule appelée trimethyl dihydronaphtalène TDN.(International Riesling Foundation)
Un bon texte sur le riesling et son pétrole A Petrol Crisis: trying to undestand riesling, Tom Stevenson.
Le réchauffement climatique ferait en sorte qu'on ait plus d'odeur de pétrole dans certains vins (www.20dalsace.com).
L'odeur pétrolée est accentuée par l'exposition trop rapide de la baie au rayon du Soleil (Cornell).
Lire aussi l'entrevue donnée à DMW par Michel Chapoutier.

 

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Première version du texte le 10 mai et modifiée le 11 mai afin d'y ajouter les réponses de Marc Hugel, d'Alex Heinrich et de Pierre Trimbach.
Modifiée aussi le 12 avec l'ajout du lien vers DMW.

Saviez-vous qu'on ferait du grand pinot noir en Autriche?

Une nouvelle : on ferait du très bon pinot noir en Autriche et nous ne le saurions pas!
Du très bon, excellent même.
Même meilleur que ce qui se fait en Bourgogne. Même meilleur que ce qui se fait à la Romanée-Conti! Ce dernier domaine est réputé être le meilleur producteur de pinot noir du monde.

Lors d'une dégustation à Singapour en avril, les vins d'une maison autrichienne, Markowitsch, ont été trouvés meilleurs que ceux de la Romanée Conti et que ceux des maisons Felton Road en Nouvelle-Zélande, Bass en Australie, et Serene en Oregon.

Un peu plus de 100 connaisseurs ont dégusté 15 vins, trois de chacun de ces domaines. C'est la maison autrichienne qui a collecté le plus de bonnes notes.

Aucun des vins de la Romanée Conti n'a obtenu la première place dans les trois panels.

Si je vous conte cela ce n'est pas pour vous dire que la Romanée Conti fait de moins bons vins que ces autres domaines. Les grands vins gagnent rarement dans ce genre de concours. De toute manière, il suffirait de changer quelques membres du jury pour obtenir un classement différent. C'est une question de goût. Vous préférez les pinots acides, sucrés, tanniques ou boisés? Le Wine Spectator qui aime les fruités sucrés boisés a donné 82/100 au Carnuntum Reserve 2006, «dry, stemmy finish» pourtant un favori à Singapour!

C'est plutôt que ça fait apparaître qu'il y aurait du bon pinot noir qui se fait en Autriche. C'est une nouvelle pour moi. À ma connaissance, on n'a pas de pinot noir autrichien au Québec.

En fait, il n'y a que quatre vins de ce pays ici, des cépages Saint-Laurent, Blaufrankisch et Zweigelt. Très bons d'ailleurs.

Bon, peut-être que nos amis de la SAQ pourraient pratiquer leur autrichien et nous dénicher quelques bons pinots noirs de cette contrée pour qu'on puisse voir si nos goûts se rapprochent de ceux de Singapour.

Une question que je me pose aussi, si les gens de ce coin du monde préfèrent les pinots noirs autrichiens, néozélandais et orégonais, ils pourraient peut-être acheter un peu moins de grands vins français et nous en laisser un peu plus, n'est-ce pas?

Pour en savoir plus sur cette dégustation de Singapour lire Burghound in Asia: Results Domaine de la Romanée-Conti vs. the World Blind Tasting.

Lire aussi si ça vous chante les propos d'Andrew Jefford qui a participé à la dégustation Jefford on Monday: The European difference - Tannin.

La SAQ et son site américain: mieux comparer les prix

On a beaucoup parlé ces derniers temps de l'acquisition par la SAQ d'une entreprise de vente de vin par internet aux États-Unis.

On a noté rapidement dans les médias (ici aussi d'ailleurs dans ces pages) que les prix des vins indiqués sur le site de l'entreprise achetée JJ Buckley étaient de beaucoup inférieurs à ceux affichés sur le site de la SAQ.

Peut-être trop rapidement en effet!

Car selon l'économiste Marc Duhamel «cette comparaison de La Presse est boiteuse et erronée car on y compare des pommes avec des oranges.»

Dans un article sur son blogue Du vin et d'économie, M. Duhamel nous dit que les prix du site JJ Buckley sont avant taxes et transports.

Il faut donc ajouter ces taxes et coûts de transports afin d'avoir une idée plus précise des différences de prix.

Comme nous le démontre Marc Duhamel, après ces calculs, cette différence est vraiment moins importante, du moins pour l'échantillon retenu par La Presse. «Si on compare correctement les prix avant les taxes et les frais de livraison chez ces deux détaillants, on se rend compte que la différence du coût total pour la demi-caisse de vin sélectionnée par La Presse n'est que de 0,4 % !»

M. Duhamel observe par contre que les écarts de prix mesurés varient beaucoup en fonction de l'échantillon retenu. Pour un échantillon élargi à une caisse complète il note qu'en «ajoutant les frais de livraison, et la formule de rabais de la SAQ pour les livraisons à domicile, alors l'écart se rétrécit à 13,5 %.»

Certains vins sont même moins chers au Québec après calculs des taxes et frais de livraison!

Donc à lire: La SAQ vend moins cher aux Américains: beaucoup de bruit pour rien?  Marc Duhamel, Du vin et d'économie.

La SAQ a maintenant son blogue

La SAQ a mis en ligne son blogue il y a quelques jours.

Sa section Cellier est animée par Frédéric Fortin, tandis que la section Tchin Tchin l'est par Vanessa Cournoyer.

On y lit que le «blogue de la SAQ se veut une communauté où passion et discussions se rencontrent. Divisé en deux sections, soit CELLIER et TCHIN TCHIN, le blogue souhaite rejoindre toutes personnes ayant un intérêt pour le vin, les cocktails et la gastronomie.»

Cinq articles ont été publiés à ce jour par les deux animateurs. Il n'y a pas encore de commentaires.

L'adresse : blogue.saq.com

Elle a commencé aujourd'hui à mettre du contenu sur sa page Facebook.

C'est cher, donc c'est bon!

Un bon vin est un vin qui se vend!

Un domaine de Bordeaux hausse le prix de son vin de 20 € à 90 €!

En décembre dernier le magazine Terre de Vins écrivait «Cette dégustation le confirme: les grands bordeaux abordables existent. Surprises de ce numéro : en rouge, deux châteaux, Haut-Bacalan (16,50€) et Le Sartre (13,80€) décrochent la troisième place ex-aequo derrière Pape-Clément et Couhins-Lurton.» (www.terredevins.com)(Palmarès 2007)

Puis en février, dans la même revue, on lit  «Récemment, une équipe a débarqué au Château Haut-Bacalan pour tourner le film L'Amour jusqu'au bout, une série très populaire en Chine, qui a influencé pendant une décennie les 25-35 ans d'aujourd'hui. Ce film plutôt fleur bleue, qui sort le 12 février à Pékin à l'occasion de la Saint-Valentin, met en scène plusieurs châteaux des vignobles Gonet : Château Lesparre, à Beychac-et-Caillau, et Haut-Bacalan, en Pessac-Léognan. Résultat : avant même d'attendre la sortie sur les écrans, les grossistes chinois ont acheté la totalité de cinq millésimes de Haut-Bacalan !»

Ce mois-ci, l'édition mars-avril de Terre de Vin nous apprend que les propriétaires du Château Haut-Bacalan demandent maintenant 90 € pour le 2009 en primeur. Il était 20 € en janvier.

Le cogérant du domaine, Frédéric Gonet dit que des Chinois ont acheté d'avance la quasi-totalité des millésimes de 2010 à 2015. Il ne garde que 5000 de ses 30 000 bouteilles pour ses clients traditionnels et les restaurants locaux.

M Gonet affirme que «parce que le vin est cher, ils (les Chinois) disent aussi que "c'est cher, donc c'est bon" Et c'est quoi un bon vin? Pour moi, un bon vin est un vin qui se vend.»

Le domaine Haut-Bacalan appartient à l'entreprise Michel Gonet et fils (Champagne et Bordeaux Gonet).

Le marché des boissons alcoolisées au Canada atteint presque les 20 milliards de dollars

Le marché de la vente d'alcool au Canada c'est 19,9 milliards de dollars en 2010.
Soit une hausse de 2,8 % par rapport à la période précédente. C'est ce que nous apprend Statistique Canada qui a rendu public cette semaine ses chiffres sur le contrôle et la vente des boissons alcoolisées au Canada pour la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2010.

De cette somme, 5,6 milliards forment les revenus nets des sociétés des alcools du Canada.

La bière est toujours le produit alcoolique le plus apprécié des Canadiens avec des ventes totalisant 9,2 milliards de dollars. Les Canadiens apprécient de plus en plus les bières importées. Ainsi en 2010, le volume des ventes de bières importées a augmenté de 7,8 %, tandis que celui des ventes de marques canadiennes a connu une hausse de seulement 0,4 %.

En 2010, la bière importée représentait 14 % du marché de la bière au Canada, soit le double de sa part de marché de 7 % enregistrée en 2000.

Les bières importées proviennent à 24 % des États-Unis, 20 % du Mexique et 17 % des Pays-Bas.

Fait à noter, la vente de bière s'est accrue de 14,7 % à Terre-Neuve; et 3,8 % dans l'ensemble du pays.

Toutefois, le vin gruge lentement les parts de marché de la bière. Il y a 10 ans, la bière accaparait 52 % de ce marché contre 23 % pour le vin. Les chiffres de 2009-2010 sont 46 % pour la bière et 29 % pour le vin.

Le vin c'est 5,8 milliards de dollars de vente. Une hausse de 3,1 % en valeur et de 3,4 % en volume. La croissance des ventes de vins importés (+3,8 %) a été supérieure à celle des ventes de vins canadiens (+2,9 %).

Le vin vendu au Canada est rouge ou rosé à 62 % et seulement 38 % blanc.  Un peu plus de 75 % de tous les vins rouges vendus au Canada sont importés, comparativement à 61 % des vins blancs.

La valeur monétaire des ventes de vins rouges a plus que doublé (+168,9 %) entre 2000 et 2010, tandis que celle des ventes de vins blancs a augmenté à un rythme beaucoup plus lent (+56,4 %).

Durant l'exercice se terminant le 31 mars 2010, les régies des alcools et leurs agents ont vendu pour 4,9 milliards de dollars de spiritueux, en hausse de 0,7 % par rapport à l'année précédente. Cette hausse a été principalement attribuable à un accroissement de 4,3 % des ventes de vodka et à une hausse de 3,0 % des ventes de rhum.

Le Québec est la seule province où les ventes de vins (2 milliards $) atteignent presque celles de la vente de bières (2,5).

Le Québec, société distincte, est la seule province où on dépense plus pour le vin que pour la bière.
Le Québécois de 15 ans et plus consacre 307 $ par année à l'achat de vin, 386 $ pour la bière et 95 $ pour les spiritueux.  La moyenne canadienne est 207 $ pour le vin, 326 $ pour la bière et 174 pour les spiritueux.

Statistique Canada nous rappelle que le bénéfice net de la Société des Alcools du Québec a été de 1 milliard de dollars, en hausse de 6,3 %. En Ontario, la LCBO a fait 1,9 milliard de dollars (+0,9 %).

La SAQ veut acheter un site web de vente de vin aux États-Unis

Le quotidien La Presse nous rapporte ce matin que la SAQ veut acheter un petit site web de vente de vin aux États-Unis.

Si la transaction se conclut, il pourrait être gênant pour la SAQ que des consommateurs du Québec comparent les prix des vins que la SAQ vendra aux États-Unis avec ceux qu'elle demandent aux Québécois.

Ainsi, le site convoité J.J. Buckley vend actuellement le Santa Cristina IGT à 10,99 $, alors la SAQ en demande 14,95 $ à ses clients actuels.

Pire, la SAQ vend le Belle-Vue Médoc 2009 à 29 $; alors que le site américain le propose à 17 $.

D'autres exemples:
Le Cambon la Pelouse 2009 est 18 $ sur le site américain, mais 24 $ et 30 $ à la SAQ dans d'autres millésimes.

Le populaire Codorniu Brut est 13,55 $ ici, 8,99 $ là-bas.

Encore mieux, le site américain fait des rabais:
Le Conde de Valdemar reserva est réduit de 18 $ à 14 $, alors que la SAQ nous le détaille à 21 $!

Le St-Estèphe Le Crock 2009 est 23 $, alors qu'ici on a encore le 2005 à 48 $.
La Croix Mouton 2009 est 12 $, ici le 2006 est 25 $.

Pour terminer, le très connu  Guigal Côtes-du-rhône 2007 est 11,99 $ sur le site américain, mais 17,50 $ sur le site québécois!

Un dernier coup!
Le Coup de coeur de la semaine de la conseillère de la SAQ, le Champagne Charles Heidsieck réserve est 61 $ sur le site d'ici, mais il était 29,99 $ sur le site de là-bas.

Nouveau salon des vins de Montréal

Nous vous en avons parlé à deux reprises ici, c'est maintenant confirmé le Salon des vins de Montréal change de formule.

L'évènement sera annuel ou lieu de bisannuel. De plus, il n'y aura plus de stands par agence, mais plutôt des tables tenues par des producteurs.

«Nous comptons faire découvrir le meilleur de la production mondiale avec une formule plus actuelle et conviviale basée sur la relation directe entre le producteur et le consommateur», écrit dans un communiqué Daniel Richard, président de l'Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux (AQAVBS).

Ce sera 300 vignerons et 2000 produits.
«Les kiosques seront remplacés par des tables nappées sur lesquelles les producteurs feront étalage de leurs vins, bières et spiritueux, heureux d’accueillir les visiteurs, de parler de leur métier et de leurs produits, et de partager un moment privilégié de dégustation.»

La France sera le pays vedette pour la première année. Les bulles et le whisky seront mis en valeur. De 80 à 85 % des produits seront des importations privées.

Le coût d'entrée sera de 15 $ et il faudra aussi payer pour chaque dégustation.

Donc, La Grande Dégustation de Montréal, c'est son nom, aura lieu du 27 au 29 octobre 2011 au Palais des congrès de Montréal.

Mais à cette date, plusieurs vignerons ne sont-ils pas encore aux chais? Les organisateurs répondent qu'il y a déjà plusieurs vignerons d'inscrits et qu'en général cette date ne devrait pas causer de problèmes.

De leur côté, les membres du Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins (RASPIPAV) ne participeront pas à salon, mais tiendrons leur propre salon une semaine après, les 6 et 7 novembre.

  (La photo a été prise au Salon des vins bio de Montpellier en janvier dernier)

Plus on croit que c'est cher et réputé, meilleure est la saveur

Dites que c'est très cher et réputé...
  et le client aimera le vin!

En effet, des études démontrent que plus on pense que le vin est cher, plus on l'aime.
De la même manière, plus on croit qu'un vin est réputé, plus on le trouvera bon!
La connaissance du prix (vrai ou faux) et de la réputation (réelle ou inventée) augmentent la qualité de la saveur du vin!

En somme, ceux qu'on appelle les buveurs d'étiquettes ont peut-être raison. À quoi ça sert de se compliquer la vie? Buvons cher et réputé.

En effet, des études menées chez des consommateurs de vin sous un appareil de détection d'images en résonnance magnétique ont démontré que «l’importance du prix et de la réputation du vin augmentaient le caractère hédonique de sa saveur, attesté par une augmentation de l’activité de perfusion dans le cortex orbitofrontal médian.» (Revue des oenologues)

Une augmentation de l’activité de perfusion dans le cortex orbitofrontal médian, c'est donc ça que je ressens après une bonne gorgée de vin. Mais il semble qu'on puisse le ressentir juste à voir le prix et l'étiquette! 

FranceAgrimer a beau dire qu'il ne faut pas éduquer le consommateur; on a juste à lui dire un gros prix et lui montrer une étiquette réputée!

Si je comprends bien, je vais aller déguster chez Margaux, Lafitte et Latour, on me fera boire n'importe quoi et je trouverai cela bien bon! C'est un peu pour cela que les propriétaires des grands crus de Bordeaux ne laissent pas les gourous américains déguster leurs vins à l'aveugle.

  Lire aussi :

On ne nous vend pas les mêmes vins que ceux commentés par les chroniqueurs internationaux

Comment se fait-il que des vins jugés superbes par la Revue du Vin de France, le Gamberro Rosso ou des revues américaines se révèlent bien ordinaires même insignifiants lorsqu'arrivés au Québec?

Le chroniqueur vin du Journal de Montréal, Claude Langlois, aborde cette semaine la question des échantillons fournis aux journalistes.

«Si je me fis à mon expérience personnelle, je suis loin d'être convaincu que les critiques américains, français ou italiens qui ont publié ces notes ont goûté les mêmes choses que nous», écrit Claude Langlois qui parle de vins notés 90 par le Wine Spectator ou bien cotés par le Gambero Rosso et qu'il a «trouvé ordinaire et végétal».

Il ajoute «j'ai fait moi-même l'expérience de nombreuses fois à propos, par exemple, de vins portés aux nues par la Revue du Vin de France, pour ne mentionner que celle-là, qui une fois goûtés ici (...) étaient, tout au mieux, quelconques. De là à conclure que les échantillons goûtés, en l'occurrence, par les collègues de la RVF étaient différents de ceux qui sont fournis à la presse d'ici...»

En France, aux États-Unis, en Italie et ailleurs, les vins dégustés par les chroniqueurs sont fournis par les producteurs. Ce sont ce qu'on appelle des échantillons. La tentation est alors grande de «préparer» de belles bouteilles au goût du chroniqueur.

Il y a plusieurs autres raisons expliquant cette différence de goût entre ce qu'ils dégustent et ce que nous achètons. En effet, des producteurs produisent des cuvées spécifiques pour des marchés et certains font des embouteillages à la demande.

Alors, la note de dégustations des revues françaises, italiennes et américaines a peu de crédibilité parce qu'on ne sera jamais certain que ce qu'ils ont bu est ce que l'on a dans la bouteille achetée au magasin.

M. Langlois nous dit bien «que la dite note, qu'elle soit publiée dans le Wine Spectator, dans le Wine Advocate de ce cher Robert Parker, dans la Revue du vin de France ou même dans le Gambero Rosso, ne correspond que rarement à la réalité (...) à celle que je trouve dans la bouteille de vin vendue à la SAQ.» (Les bonnes notes, Journal de Montréal, 19 mars)

Au Québec, les chroniqueurs de vin ne dégustent pas des échantillons préparés et envoyés par les producteurs. Tous les vins proviennent de la SAQ. Donc, les chroniqueurs d'ici goûtent ce qui se vend ici.

Voir aussi à ce sujet :

Faux amarone vendu en Ontario

La société des alcools de l'Ontario, la LCBO, a retiré de ses tablettes l'Amarone Classico Negrar 2006 dont le numéro DOC (Denominazione d'Origine Controllata) est AAA 09439731.

La direction du monopole de la vente de vin en Ontario dit que ce vin est un faux amarone. Les bouteilles qui portent ce numéro seraient contrefaites et n'auraient pas été produites par la maison Cantina della Valpolicella de Negrar. La LCBO invite ceux qui ont acheté ces bouteilles à les retourner pour un remboursement. Il se vend 35 $.

Selon la LCBO, les bouteilles de l'Amarone Classico Negrar 2006 qui portent un numéro DOC différent sur l'étiquette de col sont authentiques. «Le personnel s'est aperçu que certaines bouteilles retournées dans nos succursales différaient de celles que nous avions importées. Nous voulons nous assurer que nos clients ont acheté le produit authentique.»

L'étiquette du faux amarone ressemble beaucoup à la vrai, toutefois la bouteille est un peu plus courte, moins élancée. Le produit goûterait le vin maison.

Chaque bouteille de DOC italienne, a un numéro de contrôle différent sur la collerette. Ici, les fausses amarone ont le même numéro.

Ce faux amarone de la maison Negrar ne serait pas dangereux pour la santé. «Toutefois, les analyses de laboratoire et de goût révèlent que le profil chimique et organoleptique du produit présumé contrefait diffère de celui du produit authentique.»

La direction de la LCBO a demandé à la police de faire enquête sur cette affaire de fraude. Il semblerait que ces bouteilles se soient retrouvées sur les tablettes de la LCBO à Toronto après que des personnes les aient rapportées pour remboursement en disant qu'ils en avaient acheté en trop!

Des caisses de ce faux amarone auraient aussi été vendues au Québec. Elles étaient écoulées 240 $ par des gens qui disaient participer à une campagne de financement pour un groupe de jeunes sportifs de l'Ontario. (Ajout le 21 mars)

SAQ : hausse des bénéfices nets de près de 8 %

La Société des Alcools du Québec se dirige encore cette année vers des bénéfices records.

Pour le troisième trimestre de 2010-2011, la SAQ affiche un bénéfice net de 7,8 % sur des ventes en hausse de 5,1 %.

Les ventes trimestrielles approchent le milliard de dollars, soit 965 millions de dollars.

Les Québécois ont acheté 3,2 millions de bouteilles de vin de plus au cours de cette période de trois mois, une hausse de 5 %, pour un total de 72 millions de bouteilles.

Le bénéfice net de la période équivalente l'an dernier était de 7,2 %.

   Source: Communiqué de la SAQ.

L'amateur de vin du Québec ne profite pas de la force du dollar canadien

Dans son article L'argent du vin. Question de prix (encore!), de samedi dans le quotidien La Presse, le chroniqueur Vincent Marissal pose cette question : «Est-il normal que le consommateur québécois profite si peu de la force du dollar canadien et de l'incroyable pouvoir d'achat de la SAQ?»

Pour répondre à la question, il faut connaître les principes de détermination des prix des vins dans le monde et au Québec en particulier.

Au Québec, le vin est un produit considéré comme étant de luxe, vecteur de taxe et vendu par un monopole.

Primo, le prix du vin est fixé de manière arbitraire. Un producteur peut très bien décider de vendre son vin 14 ou 24 $ selon les marchés ou les occasions. Ça dépend souvent comment le producteur estime son vin et comment il pense que les consommateurs vont eux l'estimer.

On dit souvent ici au Québec que «plus le vin est cher, meilleur il est». M. Marissal donne l'exemple d'un vin rouge de Coppola vendu 24 $ au Québec et 14 $ aux États-Unis. À plus de 20 $, il entre dans la catégorie des vins excellents, le consommateur est amené à penser qu'il est bon. Mais à 14 $ il tomberait dans la catégorie des vins ordinaires. Il s'en vendrait probablement moins.

Prenons l'exemple d'un vin blanc de la même maison, le Diamond, Chardonnay Francis Coppola Collection 2009. Il est offert au prix des très bons vins à 23 $. Mais en réalité c'est un vin ordinaire, correct sans plus, avec peu de fruit et beaucoup d'alcool, il ne vaut pas plus de 10 $. Mais à 10 $ il ne se vendrait peut-être pas. Par contre, à 23 $, on se dit qu’il est peut-être bon.

Au Québec, nous sommes souvent des buveurs d'étiquette. On cherche moins les aubaines que les Américains. Mais, ça tend à changer. Les jeunes sont en général moins snobs que les baby-boomers.

Deuxio, les nouveaux vins qui entrent au Québec iront dans la section dite des Spécialités. Il y entre peu de vins à moins de 20 $ dans cette section. Il y a 5103 vins rouges actuellement sur les tablettes de la SAQ au format de 750 ml. La plupart, soit 3500 sont à plus de 20 $. Seulement une bouteille de vin rouge sur cinq est à moins de 17 $. Le prix médian est 27 $.

Tertio, le but de la SAQ est de rapporter de l'argent dans les caisses de l'État. Plus le vin est cher, plus il rapporte. Les producteurs savent cela. Ils savent que la SAQ a déjà demandé à des producteurs de lui vendre leurs vins plus cher. (1)(2)

J'ai déjà abordé l'exemple du Chili Un jury canadien pour des vins chiliens que nous payons très cher, revenons-y avec un exemple plus récent. L'an dernier le prix moyen par caisse de vin chilien vendu au Royaume-Uni était de 20 $; 27 $ au États-Unis, mais 38 $ au Canada. Nous sommes les clients qui payons le plus cher pour le vin du Chili! (Cierre anual de exportaciones, Vinos de Chile) Pire, de 2009 à 2010, le prix moyen que nous payons pour le vin chilien a augmenté de 8,9 %; alors qu'il a baissé de 6 % pour le Danemark et de 5 % pour l'Irlande, qui achètent pourtant moins de vins chiliens que le Canada. (*) Alors, il est où «l'incroyable pouvoir d'achat de la SAQ»? Il ne semble pas faire baisser les prix, tout au contraire. D'ailleurs si la SAQ vendait ses vins moins cher, elle rapporterait moins à l'État et ainsi elle ne remplirait pas son mandat.

(*) Au sujet de cette hausse de 8,9 % du prix payé pour les vins chiliens, la porte-parole de la SAQ tient à préciser que ce serait dû au fait qu'on a acheté des vins de meilleure qualité.
(Ajout au texte le 16 mars)

Bien sûr, en théorie, plus notre pouvoir d'achat est fort — prenons l'exemple de Costco et de Walmart — plus on pourrait acheter et vendre à meilleur prix. Mais cette théorie ne s'applique pas ou peu dans le monde du vin d'ici qui est un monde de produits de luxe, de consommation ostentatoire. Elle s'applique encore moins au Québec à cause de la situation monopolistique et du fait que le vin est un outil permettant de récolter des taxes.

Ceci étant dit, et malgré cela, il faut continuer à être attentif et à questionner régulièrement le système comme le fait M. Marissal afin de tenter de maintenir les prix de nos vins au niveau le plus bas possible.

Les vignobles les plus herbicides de France

Herbicides dans les régions de France

Le désherbage chimique est encore très répandu dans les vignobles de France.

Les zones les plus chimiques sont la Champagne, le Beaujolais, la Provence et la Loire (rouge, jaune et vert).

Bordeaux, l'Alsace et le Rhône sont les vignobles ou les superficies proportionnelles sans désherbants chimiques sont les plus grandes (vert foncée).

«L’enquête a mis en évidence une disparité régionale importante» dans les surfaces concernées par le désherbage chimique.

Le facteur économique serait le frein principal au développement des alternatives sans herbicides chimiques. «Les techniques alternatives au désherbage chimique nécessitent des temps de travaux supplémentaires». Il y a aussi crainte d'une perte de rendement due à la concurrence entre l'herbe et la vigne.

Le travail du sol sans désherbant chimiques coûterait 440 €/ha. «Dans un contexte de crise viticole qui perdure, les surcoûts et la baisse de productivité (temps de travail accru, rendement diminué) sont les principaux freins au développement des alternatives au désherbage chimique.»

Pour en savoir plus, lire le document Réduire l'impact environnemental des herbicides en viticulture de l'Institut français de la vigne et du vin.

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