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Des pesticides dans le vin conventionnel, mais pas dans le vin bio

Pyrimethanil«Le divin nectar est-il souillé par des produits chimiques dangereux pour la santé?»

Telle est la question que pose la rédaction du journal La Gazette de Montpellier.

Le journal a fait analyser 15 vins (la plupart du Languedoc), 12 conventionnels et trois bio. La moitié des vins conventionnels contiennent des résidus de pesticides, mais pas les vins bio. On cherchait la présence de 35 produits.

Les produits trouvés sont : dimétomorphe (diméthomorphe), métalaxyl, pyriméthanil et boscalid, ainsi que la mycotoxine ochratoxine A.(1)

«Vous avez recherché "seulement" 35 résidus phytosanitaires. Alors qu'il existe plus de 5 000», dit Charles Sultan, professeur d'endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier. «Certains n'apparaissent peut-être pas dans votre étude parce que, tout simplement, vous ne les avez pas cherchés.»

Il n'y a pas de norme en Europe (ni ailleurs?) concernant les limites légales de résidus autorisés de pesticides dans le vin. Il y en a pour le raisin, mais pas pour le vin. De toute manière «le non-franchissement de la LMR, quelle qu'elle soit, ne garantit pas l'innocuité du produit. Parce que les effets de chaque pesticide sur la santé humaine sont encore mal connus.»

Un cocktail nocif

De plus, il y a l'effet cocktail. «On sait aujourd'hui que quand on mélange différents pesticides, ils se potentialisent, ils renforcent leurs effets», dit le Pr Sultan. «Ce n'est pas une simple addition, mais une multiplication dont on ne connaît pas encore le véritable impact.»

L'endocrinologue fait une mise en garde : «Les pesticides peuvent être stockés dans le sang et s'accumuler tout le long de la vie. Or, les limites officielles de résidus autorisés ne prennent en compte que les effets toxiques immédiats. C'est d'autant plus important qu'à long terme certains pesticides modifient les gènes et les réponses cellulaires aux maladies.»

«Faut-il pour autant arrêter de boire du vin ? Certainement pas. D'une part, parce que toute la chaîne agroalimentaire est contaminée.»

Le vin n'est pas le seul aliment contaminé : «En 2007, la Commission européenne a analysé 62 000 produits alimentaires achetés dans toute l'Union. Verdict: 41 % d'entre eux contenaient des pesticides.»

Favoriser la culture bio

L'Europe consciente des risques potentiels pour la santé veut réduire de 50 % l'usage de ces produits dans l'agriculture et la production alimentaire.

De son côté, le gouvernement régional du Languedoc-Roussillon veut «favoriser une agriculture respectueuse de l'environnement et de la biodiversité. Sur la période 2005-2009, elle a investi 6,5 millions d'euros dans le développement de l'agriculture biologique. Cela a naturellement favorisé la viticulture bio régionale, première de France. En pleine croissance, surtout depuis l'an dernier, celle-ci regroupe 798 exploitations qui couvrent 5% des surfaces viticoles (12661 hectares).»

Il y a encore pas mal de chemin à faire. La vigne qui couvre 3,5 % des surfaces en Europe absorbe 15 % des pesticides. (2) Une étude du ministère français de l'Agriculture a démontré en 2005 que «presque un tiers des pesticides appliqués aux raisins sont effectivement "transférés" dans le vin.»

1. La Commission européenne a fixé une teneur maximale d'ochratoxine A dans les vins pour la commercialisation à 2 μg/l. Le Canada refuse l'importation des vins présentant plus de 1 μg/l d'ochratoxine A. (Wikipedia)
2. Statistiques de la Commission européenne (2007, cité dans Le vin au naturel, François Morel.

  Deux articles intéressants de La Gazette de Montpelier du 20 septembre 2010

Le Morgon de Lapierre vendu en quelques heures

Qui dit que les beaujolais ne sont pas populaires!
Les 1800 bouteilles du Morgon 2009 de Marcel Lapierre se sont vendues en une journée lors de l'opération Cellier du 16 septembre.

Ces bouteilles ont été mises sur les tablettes jeudi matin, et vendredi matin, il n'en reste plus!

À l'agence Rezin on se dit bien satisfait de ce résultat et pas trop étonné puisque ce producteur a une très belle réputation. D'ailleurs ce vin (dans d'autres millésimes et non sulfité) est disponible depuis quelques années en importation privée.

Le vin vendu à la SAQ a été sulfité afin de pouvoir survivre à quelques jours sur les tablettes un peu chaudes de la SAQ.  En effet, les vins sans soufre doivent être maintenus constamment à des températures inférieures à 14 °C. On en commande d'ailleurs très peu l'été.

Le même produit mais non sulfité peut être commandé en importation privée auprès de l'agence Rezin, à 27,55 $. Il sera livré à la fin octobre ou au début novembre. Toutefois, la commande minimale est d'une caisse de 12.

Il ne faut pas oublier que les vins nature doivent être conservés à moins de 14 °C. De plus, ils peuvent contenir un peu de gaz carbonique. En effet, le producteur y laisse un peu de gaz qui compense le manque de soufre afin de préserver le vin de l'oxygénation. Donc, à l'ouverture, on suggère d'aérer un peu le vin pour dégager ce gaz.

Encore de la natamicine dans des vins argentins

Les autorités sanitaires allemandes retirent des tablettes des vins argentins qui contiennent de la natamicine.

C'est un fongicide qui sert au nettoyage du matériel vinicole et au contrôle des levures brettanomyces. «La contamination par Brettanomyces se traduit par des défauts qualifiés d’animaux, de phénolés, de pharmaceutiques, …, dus à la présence de composés volatiles malodorants.» (Thèse Dr Barbin)

C'est la deuxième fois que l'Allemagne rejette des vins de l'Argentine pour cette raison.

En décembre 2009, plusieurs vins argentins, dont un de la gamme Fuzion, avaient été retirés du marché allemand. (Un fongicide dans le Fuzion)

Cette fois-ci, les inspecteurs ont analysé 237 vins provenant de l'Espagne, du Chili, de l'Afrique du Sud, du Mexique, des États-Unis et de l'Argentine. Seuls des vins de ce dernier pays contenaient des résidus de natamicine. En fait, 7 des 42 argentins étaient fautifs. On a ordonné qu'ils soient retirés des tablettes.

Pourtant, l'Argentine s'est dotée en avril d'un appareil permettant de détecter la présence de traces de ce pesticide et de garantir que ses vins sont exempts de ce produit interdit dans plusieurs pays.

L'Argentine exporte 27 % de sa production vinicole. Elle est la cinquième productrice de vin au monde et la dixième exportatrice mondiale. Le total de ses expéditions de vins représente 700 millions de dollars, une hausse de 465 % en sept ans. (Agroinformacion)

En Europe, il est interdit de traiter les vins avec la natamicine et d'importer des vins qui en contiennent.

La natamicine est un produit difficile à détecter. Depuis la découverte de décembre, la LCBO s'est dotée de l'équipement pour vérifier sa présence dans le vin.

  (Source Detectan nuevamente restos de antibióticos en vinos argentinos)

Aérez le vin pour réduire les sulfites

On peut réduire la quantité de sulfites libre dans le vin de 70 % en aérant le liquide.

Une étude des Laboratoires Maska démontre qu'en aérant le vin on réduit énormément la quantité de SO2 libre.

Le laboratoire a fait une étude pour le compte de la maison Vinearius qui produit un aérateur à vin appelé Decantus.

Neuf vins ont été testés, trois américains, deux français, deux espagnols et deux italiens.
Les vins américains analysés contiennent le plus de soufre (21 mg/l), les italiens, la moitié moins.

Après ventilation avec l'aérateur Decantus, le taux de soufre libre a diminué de 33 % à 73 % selon les vins, pour une moyenne de réduction de 56 %.

Malheureusement, le laboratoire n'a pas fait ou pas publié de résultats pour une simple aération manuelle du vin dans le verre.

On peut se demander si le simple fait de brasser un peu le vin dans le verre donnerait des résultats similaires.

Il faut noter ici qu'on parle bien de SO2 libre. Une bonne partie du SO2 n'est pas libre, mais bien intégré aux molécules du vin, donc non volatile. On dit toutefois que ce dernier serait plus digeste.

Voilà donc une autre belle raison de bien aérer son vin dans le verre ou encore en carafe. Ceci permet d'éliminer les odeurs de réduction (soufre, moisi, oeuf, poussière, chou, ail, noisette); d'éliminer une partie des sulfites (soufre, SO2); de mettre en valeur le fruité du vin et même quelques fois d'assouplir la texture du vin.

Pour bien aérer le vin, il s'agit d'en mettre peu dans le verre (un tiers du verre au maximum) et en le tenant par le pied de lui donner un mouvement rotatif afin que le liquide s'étende sur les parois du verre et présente ainsi une plus grande surface au contact de l'air. On peut aussi transvaser énergiquement le vin dans un autre verre ou dans une carafe.

   Voir cette vidéo pour un bel exemple d'aération du vin.

  (Pour plus de détails sur des résultats du test, consultez le communiqué de Vinarius)

Chez Bien, enfin un APV à Hull

En dehors de Montréal, les amateurs de bons vins ne son pas choyés par la restauration APV.
Il y a très peu de bons restaurants Apportez-votre-vin en région.
Par exemple, Gatineau en est presque dépourvu.
Je viens toutefois d'en découvrir un bon.

Il se nomme Chez Bien. Bien est le prénom du propriétaire, un Vietnamien au pays depuis déjà un bon nombre d'années. Il a travaillé chez Ohlala à Aylmer et dans d'autres restaurants de la rue Preston à Ottawa.

Puis, il s'installe sur Taché à Hull (Gatineau) avec une licence de vin. Il y a un an, il déménage sur Saint-Joseph. Il abandonne sa licence de vin. «Nous ne nous connaissons pas dans le vin», me dit sa femme, «donc, on aime mieux laisser les clients choisir et apporter leur vin. Et nous en ouvrons de belles bouteilles depuis un an!»

Bien sûr, il s'agit Chez Bien, d'une cuisine vietnamienne, mais M. Bien, en bon cuisinier, aime essayer autre chose de temps en temps.

Samedi, il y avait au menu du jour des côtes d'agneau. De belles grosses côtes d'agneau de l'Australie, tendres et succulentes, enrobées de fines herbes et accompagnées de pommes de terre savoureuses elles aussi aux fines herbes et de légumes variés al dente. En entrée, la soupe Won Ton était très bonne.

Nos deux convives, qui ont choisi de manger végétarien, on bien aimé leurs soupes épicées et leurs plats.

Comme dans beaucoup de restaurants vietnamiens, le décor n'a rien d'éclatant, le service est familial, assuré par le chef lui-même et sa conjointe, mais l'important est dans l'assiette.

On y apporte son vin et même sa bière. On se sert dans les gros verres ballon. Le seau à glace est un simple pichet d'eau qui a bien étonné les clients d'une table voisine qui y ont déposé leurs vins rosés.

J'ai apporté un cahors pour l'agneau, un vin du Rhône aurait été mieux.
Le chardonnay du Jura ainsi que celui du Beaujolais ont très bien accompagné la viande et les plats végétariens.

Au menu, de nombreux plats de fruits de mer (crevettes, pétoncles), poulet, boeuf, porc... à essayer la prochaine fois.

Donc, pour amateurs de bons vins :

Chez Bien
277 boulevard Saint-Joseph
Hull (Gatineau)
819 775-9558

   Pour accompagner cette cuisine, pigez dans cette sélection de vins blancs disponibles à la SAQ.

Mouton Cadet Grand Cru

Le Mouton Cadet 2006 à 15 $ obtient une notre de 84 %, un peu moins que le 86 % du Château Margaux 2006 à 865 $.

C'est le résultat du match comparatif de la revue Cellier d'automne 2010.

Donc 850 $ pour un petit deux points de pourcentage de plus. Est-ce qu'il vaut la peine de payer une telle somme pour obtenir si peu de plus?

Le Langoa-Barton 2006 à 81 $ obtient lui 88 %, quelques rangs derrière le Ch. Mouton Rothschild (89 %) et le Lafite (90 %). Ces deux derniers vins se vendent pourtant à un prix dix fois plus élevé de 865 $.

Ces dégustations à l'aveugle nous ramènent à un peu de sagesse. Des dégustateurs expérimentés habitués à chercher les nuances, les qualités et les défauts des vins, à les analyser, à déguster tous les jours, ne perçoivent que si peu de différences de qualité entre ces vins; comment l'amateur qui boit une telle bouteille qu'une fois par semaine ou par mois pourra, lui, percevoir de grandes différences de qualité entre un Mouton Cadet et un Mouton Rothschild?

Ce jury de Cellier a aussi analysé des sauternes. Un loupiac et un sauternes à moins de 30 $ ont obtenu une note de 86 %, seulement trois points de moins que l'Yquem qui coûte pourtant 1331 $!

Les mythes de la cave à vin

Dans cette même revue, vous trouverez un autre article qui bouscule les mythes, cette fois du côté des températures et du taux d'humidité prétendument essentielles à la préservation des vins. Un producteur de Bourgogne dit que sa cave va de 7 °C en hiver à 20 °C en été et ses volnays 1928 se portent encore très bien!

Le thème de Cellier de cette saison est le beaujolais. Est-ce qu'il y a un mythe de ce côté-là aussi ? «Un petit vin devenu grand?»

Le monde du vin n'est pas un monde stagnant. Tout — ou presque — évolue. On est appelé constamment à refaire ses jugements, à dépoussiérer ses croyances, à repousser ses préjugés, à redécouvrir. Une chose semble vraie un jour, mais plus le lendemain. C'est fascinant!

La revue Cellier est gratuite dans les SAQ Sélections, ainsi que sur internet à cette adresse publications.saq.com.

Je dois dire ici en toute transparence que je collabore à la revue Cellier.

13 770 lecteurs en août à Vin Québec

On pourrait croire que l'été, l'été chaud, éloigne les gens d'internet. Mais ce ne fut pas le cas du tout pour vinquebec.com.

Le nombre de visiteurs pour le chaud mois d'août a été de 17 770. Donc plus de 17 000 personnes qui sont venues 27 600 fois et ont consulté 69 609 pages de ce site.

L'été, on consomme du vin, quelquefois du blanc, du plus léger, mais aussi des vins costauds pour le barbecue. On veut connaître les nouveautés, les nouveaux arrivages, les bons rapports qualité-prix.

Plusieurs visiteurs (37 %) sont venus ici directement, plusieurs autres (11 %) en écrivant «vin québec» dans un moteur de recherche, 6 % en passant par des sites référents, la majorité (41 %) ont atterri ici à la suite d'une recherche sur internet (des noms de vin, d'appellation ou de cépages; amarone, vacqueyras, saint-joseph, vins, vins acide, tawny, sulfite, vin corsé, sangiovese, vin et fromage, porto conservation, barolo, etc.)

Les pages les plus visitées en août, après la page d'entrée et la deuxième page, ont été les sections Qualité-prix, Recherche, Grands vins, Arrivages SAQ, Pour la cave, Liste d'achats, Meilleurs vins à moins de 20 $, Informations, Mousseux, Cépages et Bio.

Ces statistiques sont fournies par Google Analytics.

Des chiffres encourageants, donc nous continuons.

Bonne fin d'été!

Les premiers vins du Québec certifiés

La viticulture commerciale est jeune au Québec. Elle a à peine 30 ans. Jusqu'ici il n'y avait pas de programme de certification comme il en existe ailleurs; telles les AOC, AOP, IGT, DOC, VQA...

Il n'y avait pas de normes. Les raisins pouvaient provenir d'ailleurs.

L'Association des vignerons du Québec a décidé d'implanter d'un tel programme de contrôle de qualité.

L'Italie et l'Australie leaders des importations de vin aux États-Unis

Les vins italiens et australiens sont les vins étrangers préférés des Américains.
En volume, ces deux pays contrôlent chacun 26 % des parts de marché des vins importés aux États-Unis.

En valeur, toutefois, l'Italie est de loin en avance avec 32 % des parts de maché en dollars.

Les Américains ont acheté pour 422 millions de dollars de vin d'Italie dans les cinq premiers mois de l'année 2010. Ce qui est 11 % de plus que pour la même période l'année précédente. Le vin italien en vrac, par contre, a connu une chute de 41 %.

En valeur, c'est la France qui suit l'Italie avec des ventes de 230 millions de dollars, juste devant les vins d'Australie (229 millions $).

Puis, suivent l'Argentine (93), le Chili (91), La Nouvelle-Zélande (74), l'Espagne (69) et l'Allemagne (54 millions $).

Les importants de vin ont augmenté de 6 % aux États-Unis au cours de cette période.

Les prix par bouteille
Le vin qui est payé le plus cher par les importateurs américains est toujours de vin de France à 8,05 $ le litre (hors vrac), celui de Nouvelle-Zélande est de 7,27 $, d'Italie de 4,92 $.

En vrac
Les prix payés pour les vins en vrac sont beaucoup plus bas : 0,72 $ le litre pour le vrac australien; 1,88 $ pour l'italien et 3,01 $ pour le vin en vrac de France.

Parts de marché
En valeur : Italie (32 %), France (17,4 %), Australie (17,3 %);
En volume : Australie (26,6 %), Italie (26,2 %), Chili (13,7 %). Argentine (9,5 %), France (8,9 %).

Source Italian Wine & Food Institute

Bill a raison!

Le meilleur vin n’est pas toujours le plus cher!
Le plus gros, le plus costaud, le plus riche, le plus puissant n’est pas toujours le meilleur.

Il peut arriver lorsqu’on goûte des vins de calibres différents que notre évaluation de ces produits varie d’un moment à l’autre.

Cela dépend de deux choses. De notre goût et de ce que l’on mange à ce moment-là.

Notre goût

On peut préférer en général les vins costauds, corpulents, généreux, très fruités, bien boisés, les gros vins.

Ou bien on aime plutôt les vins plus légers, plus acides, plus élégants, plus fins.
On est du type A ou B, comme j’ai déjà expliqué ici.

Ce que l’on mange

Cependant, notre préférence peut varier d’un moment à l’autre dépendant de ce l’on mange.
Si le plat est léger, le vin généreux n’ira pas. Si le plat est costaud, sucré, salé, le vin délicat paraîtra fluet.

Prenons l’exemple de ce vin, Le Petit Clos de Trigedina à 17 $. C’est le «petit» vin de la maison de Jean-Claude Baldès. Normalement, lorsqu’on le déguste avec les autres grands vins de ce vigneron, on devrait le trouver moins bon que Le Clos (21 $) ou le Probus (30 $). Ces deux derniers ayant beaucoup plus de matière et coutant plus cher.

Mais ce n’est pas toujours ainsi. Lors d’un repas, je verse deux verres, un du Petit Clos 2006 (17$) et l’autre du Clos 2004 (21 $). Nous mangeons des pâtes de riz avec des légumes, champignons et des côtes levées. Le Petit nous semble alors bien meilleur que son grand frère. Il y a peut-être là aussi un effet de millésime (2004 et 2006).  Le Petit paraît plus sérieux (plus acide), le Clos nous semble trop boisé et un peu mou ou un peu lourd! Pourtant, la veille, ce Clos a très bien accompagné le steak barbecue.

Donc, en plus de dépendre de son goût, l’évaluation du vin dépend aussi du goût du moment, de l’occasion, du plat, de la sauce, des condiments, des accompagnements...

Léger peut être bien

Le sommelier Bill Zarcharkiw explique très bien cela dans un article intitulé Light can be right publié dans le quotidien anglophone montréalais The Gazette. Il y écrit «one thing still confuses me : the fascination many wine lovers have with ''powerfull'' wines.» La fascination pour les vins puissants!

Il explique cela en disant que ce qu’on aime aujourd’hui découle des premiers vins qu’on a bus dans sa jeunesse. «Much of what we like seems to depend on what we drank when we first got into wine.»

Bill est sommelier, il observe que les clients (anglophones?) dans les restaurants préfèrent souvent les vins puissants même si ces vins très boisés et alcooleux nuisent aux mets.

Il se fait éducateur, apôtre du bon vin, du vin différent. Il incite ses clients à faire l’expérience de vins plus acides.

L'acidité

Car, tout est là: l’acidité. On en parle peu, mais c'est pourtant l'élément essentiel de tout vin. C'est la saveur la plus importante au niveau du goût, car elle affecte et modifie toutes les autres saveurs, toutes les autres sensations : le sucré, l'astringence, le minéral, le gras, etc. «Après le choc initial d’avoir quelque chose de plus acide dans la bouche, la grande majorité des gens se surprennent à vider la bouteille», écrit-il.

«Ainsi pour tout ceux qui sont amateurs de ces gros et alcooleux vins, je vous invite à essayer mes suggestions de la semaine. Ils sont différents, certes, mais vous allez découvrir qu’ils sont les vins idéals pour le reste de l’été.»  Il énumère un vinho verde, un muscadet, un vin de Savoie, en picpoul et un blanc de Toscane. (The Gazette, 7 août)

Je lève mon verre à Bill l’apôtre, le missionnaire des bons vins!

Bill is right!
Light can be right!

Définition officielle du terroir

L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a finalement adopté une résolution officielle du concept de terroir:

La définition suivante du terroir a été adoptée par consensus dit une résolution du congrès de l'OIV tenu à Tbilissi en Géorgie, en juin:

Le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace.»
(Résolution OIV/Viti 333/2010)

Les versions anglaise, allemande, espagnole et italienne de la résolution utilisent aussi le mot terroir, sans traduction.

La notion de terroir est surtout utilisée en Europe et depuis peu dans le Nouveau Monde. L'OIV a mené des réflexions depuis quelques années afin de trouver une définition qui satisferait le plus grand nombre. En 2006, Jacques Fanet avait publié une étude et une proposition de définition du concept de terroir (OIV 327).

Voir aussi la définition de terroir donnée par Jacques Puisais. «Il y a autant d'air que de terre dans le terroir du vin

Le brunello n'est pas pur sangiovese

Le brunello n'est pas pur brunello! Un aveu.

Le nouveau président du consortium des producteurs de brunello l'avoue «L'80% dei vini di Montalcino non era sangiovese in purezza.» 80 % des brunellos di Montalcino n'étaient pas de purs sangiovese, dit Ezio Rivella.

Le cavaliere Rivella, oenologue consultant de la maison Banfi, ajoute même que «cela est une pratique généralement admise» parmi les 250 embouteilleurs de brunello.

Il dit toutefois qu'on n'ajoute pas plus de 3 à 5 % d'autres cépages.

Pourtant les règles de l'appellation de la première DOCG d'Italie sont claires : le brunello di Montalcino doit être fait uniquement avec le cépage sangiovese. (voir Le scandale du brunello) D'ailleurs, le sangiovese s'appelle brunello dans la région de Montalcino.

Interrogé à savoir si le nouveau prédisent allait faire changer le règlement, M. Rivella répond que la Loi dit que ce sont les producteurs qui décident comment est fait le vin, et les producteurs ont maintenu qu'il devait être 100 % sangiovese. (Vote 96 % des producteurs en faveur du maintien de la règle du 100 % sagiovese en octobre 2008, WS) Toutefois, le président dit «qu'il faudra en rediscuter parce qu'on a besoin de faire des changements.»

Monsieur Rivella a fait ces étonnantes révélations au journaliste Carlo Macchi du site Winesurf - giornale di enogastronomia. Le journaliste dit avoir été tellement stupéfait «affermazioni che, in alcuni casi, hanno stupito me per primo,» qu'il préfère ne pas commenter l'entrevue «non commenterò i due video-intervista al Cav. Ezio Rivella» (Winesurf)

M. Ezio Rivella,  ancien président de l'association internationale des oenologues, est aussi vice-président de l'Office internationale de la vigne et du vin et auteur du livre Brunello, Montalcino and I: The Prince of Wines' True Story.

Sources : Winesurf; Dobianchi; VinoWire.

Le vin du Portugal, cet inconnu pourtant bien consommé au Québec

Les Québécois ont acheté 3,4 millions de bouteilles de vin portugais rouge, blanc et rosé (hors porto) au cours de la dernière année (2009-2010). C’est deux fois plus qu’en 2005.

Lors de la période précédente de 1995 à 2005, les ventes de vin portugais avaient même triplé au Québec.

Par contre, les ventes de porto ne cessent de chuter. On en achetait l’équivalent de 2,1 millions de bouteilles de 750 ml en 2005, c’est maintenant 1,5 million. En valeur, c’est 36 millions de dollars au lieu de 50 millions de dollars, il y a cinq ans.

Le Canada est l’un des principaux clients du vignoble portugais après l’Angola, le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l’Allemagne et la Belgique.

Est-ce que l'on connaît les vins du Portugal?

Les appellations : Douro, Dao, Vinho Verde, Alentejo, Porto…
Les cépages : touriga nacional, tinta roriz en rouge; alvarinho et encruzado en blanc, et tant d'autres.

Les principales régions de production en rouge sont le Douro (où on fait aussi le fameux porto), le Dao et l’Alentejo.

On y fait aussi du rosé. J’ai parlé dernièrement du Mateus.

Les vins du Portugal ont commencé à être exportés en Angleterre au 17e siècle lors du conflit anglo-français. Les marchands londoniens ajoutaient de l’alcool aux vins de Porto à leur arrivée aux quais en Angleterre. Ainsi est né le porto. Maintenant, on ajoute de l’alcool à Porto même.

Les cépages du Portugal

Les cépages du Portugal seraient au nombre de 300. Le plus connu est le touriga national. On en fait même une confiture délicieuse. Ce serait le cépage le plus planté, «le plus planté sur l’étiquette», nous dit un portugais du cru, qui ne veut pas qu’on l’identifie sur cette citation.

De toute manière, «le Portugal n’est pas un pays de cépage», ajoute Salvador Guedes, un des grands patrons de la maison Sogrape. Propos confirmés par trois œnologues de la maison.

Ils préfèrent faire des assemblages, plutôt que des vins de monocépage.
Ils sont d’ailleurs très fiers des cépages autochtones. Ils ont su éviter la mode des cépages français, qu’on appelle maintenant cépages internationaux, merlot, cabernet sauvignon et chardonnay, que l'on retrouve dans tous les pays. La seule exception est la syrah qu’on a plantée dans la région d’Alentejo.

Le groupe Sogrape

Est-ce que vous connaissez la maison Sogrape?
Si je vous dis Callabriga, Ferreirinha, Vinha Grande, Barca Belha, Vila Regia, Dugue de Viseu, ou encore Ferreira, Offley, Sandeman, Gazela et Mateus…
Eh bien, tout ça, c’est Sogrape.
C’est une entreprise familiale qui a plusieurs domaines (quintas) au Portugal.

Si vous buvez un vin du Portugal, il y a de fortes probabilités que ce soit un vin de cette maison. En effet, il semblerait que 50 % des vins portugais exportés le sont par Sogrape.

Au Québec, il y a actuellement, à la SAQ, 38 produits de cette maison. C’est peu sur l’ensemble des 450 produits portugais sur les tablettes.

 

La série Callabridga

C’est ainsi que sont faits les vins de la série Callabridga. Ils sont au nombre de six, dont trois reservas. Deux pour chaque région: Douro, Dao et Alentejo. (www.callabriga.eu)

L’œnologue responsable de la gamme, Miguel Pessanha, nous explique qu’il vise à produire des vins de qualité internationale avec uniquement des cépages locaux.

Ce sont des vins de facture moderne adaptés au goût du jour. Des vins fruités et assez boisés. «Des vins nouveaux de l’Ancien Monde.» Les six vins ont un cépage commun, le tinta roriz, appelé aussi aragonês (se prononce aragonèche). Cépage qui est associé dans chaque appellation à deux autres. Pour le Douro, ce sont la touriga franca et la touriga national; le Dao, la touriga nacional et l’alfrocheiro et dans l’Alentejo, l’alfrocheiro et l’alicante bouschet.

Lequel de ces six vins allez-vous préférer ? Pour en avoir une idée, prêtez-vous à ce petit jeu Blend your Feelings.

J’aime particulièrement le Callabriga de l’Alentejo 2007. Il a un côté floral, des arômes de violette, ses tanins sont fins. Il me semble d’une texture plus serrée que celles des Dao et Douro. Le boisé est moins perceptible aussi.

Le Reserva 2004 de la même région est encore plus profond, plus costaud, enveloppant, tannique et même astringent. Il a de belles saveurs d’olives et de prune.

Au Québec, nous avons le Callabriga Douro 2007, dont j’ai déjà parlé ici. En Ontario, il est trois dollars moins cher.

Il y a aussi un vin de la série Callabridga produit à la Quinta Ferreirinha.

Vinha do Monte

Les vins de la série Vinha do Monte, moins chers, ont aussi une belle personnalité. Le blanc 2009 est floral, légèrement muscaté. Le fruité est assez gras sur une belle acidité. Bien long. Ses cépages sont principalement le roupeiro, l’antao vaz et l’arinto.

Son pendant en rouge, le Vinha do Monte rouge 2008 a de belles saveurs de fruits chauds. Un vin de caractère à prendre avec des grillades. Cépages : aragonês, alfrocheiro, trincadeira, syrah et alicante bouschet. Oui, la  syrah semble bien adaptée à cette région d’Alentejo. Disponible à la SAQ à 11,35 $. 501486
 
Ce sont des vins d’appellation régionale vinifiés à la cave Herdade do Peso et provenant d’achats auprès de producteurs des environs.

Le domaine Herdade do Peso

À retenir, deux beaux vins, le Coleita Alentejo 2007 du vignoble Herdade do Peso, d’une belle fraîcheur et le Coleita 2007 de la Quinta dos Carvalhais, d’un beau fruité, agréable, à servir frais. La maison appose de terme colheita (millésime) sur certaines étiquettes pour désigner des vins de qualité supérieure.

Les œnologues de Sogrape disent vouloir éviter de produire des vins rustiques, trop extraits, trop lourds. «Nous préférons l’élégance», dit Miguel Pessanha lors d’une visite à Herdado do Peso. C’est un domaine planté en 1993 et acheté par Sogrape en 1997. On l’a fait passer de 40 hectares à 160 hectares, surtout en rouge, avec un peu de blanc (8 hectares).

Dans cette région de l’Alentejo, les nuits peuvent être fraîches en septembre (15-16°) et les journées bien chaudes (34-36°). Cette grande amplitude thermique permet d’obtenir des baies de qualité. Les sols argilocalcaires et d'argile rouge retiennent bien l’eau. C’est indispensable, car il n’y a plus que deux saisons maintenant dans cette région : l’hiver où il pleut abondamment et l’été où il pleut rarement. Les vignes sont irriguées si nécessaire avec un système de tubulaires qui courent au bas des plants. En juin, lors de notre visite, on ne l’avait toutefois pas encore utilisé. Au besoin, on arrosera en profondeur.

Les vins blancs portugais

Quinta de AzevedoLe Portugal est surtout connu pour ses portos et ses vins rouges. Pourtant, je dois dire que lors de ce voyage de presse, j’ai été charmé par leurs vins blancs. Est-ce le Soleil, l’ambiance, la nourriture ? Les vins blancs m’ont paru d’une grande fraicheur et surtout d’un bel équilibre. Assez vif, peu ou pas boisé, sec, rond et bien rafraîchissant.

Le versant blanc du vignoble portugais est donc à explorer.
 
On produit du blanc dans plusieurs régions, mais surtout dans le Minho, où on élabore le vinho verde. Les Portugais prononcent vigno verde.

À l’origine, c’était un vin rustique, peu alcoolisé et légèrement effervescent.

Aujourd’hui, l’on y trouve deux types de vinho verde. Le traditionnel, auquel on ajoute un peu de gaz carbonique afin de lui donner ce petit perlant comme autrefois. Il a aussi un taux d’alcool peu élevé et un peu de sucre résiduel.

Un bel exemple de ce type de vin est le Gazela. Le taux d’alcool est peu élevé, soit 9 %. Son perlant et son sucré léger équilibrent une acidité rafraîchissante. Il a presque 12 grammes de sucre et 7,5 grammes d’acide, pour un pH de 3,1. Le cépage principal est le loureiro. Sa bouteille est maintenant obturée par une capsule à vis, mais pas au Portugal, grand producteur de liège.

Le vinho verde de type dit moderne est sec, non gazé et souvent très acide. Un bel exemple est celui de la Quinta de Azevedo disponible en Ontario. Fait du même cépage que la Gazela. Son taux d’alcool est par contre plus élevé à 11 %. C’est sec, léger, floral et bien fruité. Il a 6 grammes de sucre, mais on ne le perçoit pas puisqu’il contient encore plus d’acide, soit 7,8 grammes. (pH de 3)

On trouve aussi en Ontario, un vinho verde plus costaud, le Morgadio da Torre (17,95 $). Il est fait du cépage alvarinho. Son taux d’alcool atteint les 13 %, le vin est vif. On ne goûte pas le sucre (4 grammes) tellement l’acidité est élevée (7,34 grammes). Idéal pour accompagner des poissons gras.

Les vinhos verdes sont des vins à forte acidité. Le double des autres vins blancs. C’est un caractère recherché pour accompagner les mets locaux.

Lorsque j’ai dégusté ces trois vins, à jeun, j’ai préféré le Gazela ; puis en mangeant quelques bouchées, le Azevedo est devenu plus intéressant. Avec un repas, le Morgadio aurait sûrement pris le dessus. Donc, trois types de vins, pour des accompagnements différents.

Le grand patron de la maison Sogrape, Fernando Guedes, nous a fait visiter les vignes de sa Quinta de Azevedo. Il en est très fier. Il a tout rénové les bâtiments et le vignoble. Il y a quelques années, on y laissait pousser les vignes très haut, à deux mètres. Aujourd’hui, on replante tout, plus serré, et on taille bas. Le peu d’eau disponible se disperse ainsi moins dans le feuillage. On obtient plus de sucre dans les raisins.

Le domaine a développé sa propre levure. La QA 23, la Quinta de Azevedo 23. Elle est utilisée pour démarrer et contrôler la fermentation. C’est un succès, elle est maintenant utilisée en France, en Australie et aux États-Unis. (Voir aussi l'article Le vinho verde ou les vinhos verdes.)

On fait du vin blanc dans d’autres régions du Portugal. En voici quelques exemples.

Planalto 2009, un vin blanc frais, d’une belle acidité et d’un beau fruité. Souvent disponible en Ontario à 13,95 $.

Duque de Viseu blanc 2009, de la Quinta dos Carvalhais, très aromatique, gras, des arômes de cire, on dirait du chenin. Il évolue très bien en bouche. «La mode aujourd’hui est de faire des vins avec un fruité tropical.  Je lutte contre cela. Ces vins s’écrasent en bouche. Je préfère les vins minéraux. Celui-ci est élevé en fût de chêne avec beaucoup de bâtonnage pour augmenter le volume», nous dit son vinificateur Manuel Vieira. Il est disponible en Ontario à 12,95 $.

Villa Regia 2009, vivifiant, parfumé, un beau fruité de malvasia.

Étiquetage du MateusLe Portugal en recherche

En somme, le Portugal est un immense vignoble. En plus du porto, on y fait énormément de vin sec rouge, blanc et rosé.

La production y est très variée, les styles aussi. En fait, au niveau du style, je crois qu’on se cherche encore. On essaie de suivre la mode, on boise un peu trop et le fruité des rouges est quelquefois très généreux aux dépens de l’acidité.

On fait peu de monocépage. On devrait peut-être, si ce n’est juste pour permettre aux consommateurs de découvrir, de connaître et d’apprécier ces cépages, les jaen, loureiro, encruzado, tinta roriz, touriga nacional et autres.


 Pour en connaître plus sur les vins du Portugal, visitez les sites de l’Institut des vins du Portugal et de la société Sogrape Vinhos.
   Ce voyage de presse a été fait à l’invitation de la société Sogrape et grâce à la collaboration de la compagnie aérienne Sata.
     Des vins du Portugal...

Disponible en ligne

Savez-vous qu'il coute un peu moins de 6 $ pour faire livrer du vin à la maison; que ce soit une bouteille ou une caisse de 12.

Près de 30 % des produits de la SAQ sont disponibles en ligne, soit 3242 sur 10426 produits en stock le 22 juillet 2010.

Dans la section vinique, c'est 34 % des vins qui peuvent être achetés en ligne pour livraison; soit 2958 vins sur les 8517 actuellement disponibles.

Vous pouvez faire livrer chez vous, chez un ami, chez un parent, chez votre voisin...

Les détails sur le site de la SAQ.

Le Château Musar rejeté

Le dernier millésime du réputé Château Musar a été refusé par la SAQ.

«Le produit ne peut être commercialisé au Canada en raison du taux de carbamate d'éthyle qui est supérieur à la norme fixée par Santé Canada», nous dit Linda Bouchard, responsable des relations de presse à la SAQ.

C'est la deuxième fois qu'un millésime de ce grand producteur du Liban est rejeté par la Société des Alcools du Québec.

En novembre dernier, le Château Musar 2000 a été retiré des tablettes pour les mêmes raisons.

Quelques bouteilles au prix de 50,75 $ ont tout de même été écoulées, mais il n'y a pas eu de rappel auprès du public. La SAQ a jugé qu'il n'y avait pas de danger pour le consommateur, «toutefois, on se doit de respecter les normes de Santé Canada, et ce produit contenait une dose de carbamate d'éthyle supérieure au maximum fixé.»

Plusieurs rhums ne peuvent pas non plus entrer au Canada parce qu'ils contiennent trop de carbamate d'éthyle.

Sur le site du European Food Safety Authority, on apprend que «Le carbamate d’éthyle est naturellement présent dans les aliments fermentés tels que le pain, la sauce de soja et le yaourt, ainsi que dans les boissons alcoolisées telles que le vin, la bière, les spiritueux et, plus particulièrement, les eaux-de-vie de fruit à noyau. Plusieurs précurseurs présents dans les aliments et les boissons tels que l’acide cyanhydrique, l’urée et l’éthanol peuvent conduire à la formation de carbamate d’éthyle pendant le traitement et la conservation des aliments.

Le carbamate d’éthyle est un composé génotoxique et cancérogène multi-site chez les animaux et il est probablement cancérogène aussi chez l’homme.»

«Cette molécule est produite par toutes les levures quelle que soit la souche.» (Vitisphere)

Elle peut représenter un danger pour la santé si le vin est entreposé à des températures élevées.

«Le carbamate d'éthyle présente un risque pour la santé humaine, ce composé étant classé cancérigène (à des doses toutefois beaucoup plus fortes que dans les vins). Le carbamate d'éthyle a plusieurs origines: métabolisme des levures et des bactéries; en particulier il se forme lors de déviations bactériennes pouvant avoir lieu lors de la conservation des vins. Au cours du vieillissement des vins il est formé à partir de la combinaison de l'éthanol et de l'urée.

La teneur en carbamate d'éthyle augmente régulièrement dans le temps pendant le stockage en vrac et en bouteilles, en particulier si la température est élevée. Cette augmentation se manifeste sur plusieurs années.» (www.miseenbouteille.info)

Les limites maximales de carbamate d'éthyle tolérées dans les alcools par Santé Canada sont 30 ppb pour les vins de table, 100 dans les vins fortifiés, 150 dans les spiritueux, 200 dans les sakés et 400 dans les eaux de vie et les ligueurs. (Normes canadiennes ( "limites maximales" ) concernant divers contaminants chimiques dans les aliments, Santé Canada)

Le Château Musar  est considéré comme étant un grand vin par plusieurs connaisseurs. Il a une saveur caractéristique de fruits surets, de thé noir et de figues que plusieurs amateurs savent reconnaître. Il est fait de cabernet sauvignon, de cinsault et de carignan. Il est mis en marché sept années après les vendanges. C'est un vin acide de type A, donc il n'obtient pas de bonnes notes des chroniqueurs américains de type B.

Il est à noter que la société des alcools de l'Ontario, la LCBO, n'a jamais cessé de distribuer ce vin.

Réaction du producteur

Interrogé sur ce rejet, M. Gaston Hochar nous dit qu'il s'est toujours efforcé de faire des vins de la manière la plus naturelle possible. «Ceci entraine et donne parfois des caractéristiques particulières à nos vins, du point de vue organoleptique et analytique, ce qui fait le bonheur de certains amateurs avertis.

La SAQ a ces règles de fonctionnement et d'achat, et je ne peux qu'accepter ses décisions, même si je les regrette.»

Texte modifié le 16 juillet afin d'y ajouter le point de vue de M. Hochar.

DES VINS QUI CONTIENNENT MOINS DE SULFITES

Voici une question qui revient souvent :

«On dit que même dans les vins bio, il y a des sulfites. Est-ce le cas? Et si oui, est-il possible de trouver des vins avec moins de sulfites ou même pas du tout?»

Oui, il y a des sulfites, du soufre, dans plus de 99 % des vins.
Oui, il est possible de trouver des vins qui en contiennent moins.

Le sulfite est un antiseptique et un antioxydant nécessaire à la conservation du vin. Les producteurs peuvent en ajouter à plusieurs étapes de la production du vin.

Voici les vins qui en contiennent généralement moins :

Les vins bio
   Les producteurs bio obtiennent des raisins de meilleure qualité et contrôlent plus rigoureusement l'ajout de sulfites.

Les vins faits sans levures ajoutées.
  Si on ajoute des levures achetées, on doit tuer les levures naturelles avec du sulfite.

Les vins rouges
   On y met moins de soufre que dans les blancs, car il contiennent des antioxydants naturels : les tanins.

Les vieux vins
  Le soufre se dissout à la longue.

Les vins provenant de vendanges récoltées à la main.
  Les raisins ne sont pas abimés par les machines, donc on ajoute moins de soufre à l'arrivée des baies dans les cuves.

Les vins contenus dans les bouteilles obturées avec une capsule à vis.
  La capsule à vis étant plus étanche, on ajoute moins de soufre.

Les vins de petits producteurs.
  Il est plus facile de contrôler une petite production.

Les vins de qualité.
  Des vignerons contrôlent rigoureusement toutes les étapes de production afin d'ajouter moins de sulfite à l'embouteillage.

Pour en savoir plus, lire les articles Sulfites dans le vin et Une réaction au sulfite.

Progression du biodynamisme dans le monde

Le nombre de domaines viticoles en biodynamie continue de s'accroître.

Le site Wine Alchemy en énumère 500 dans sa liste mise à jour en juin.

Ce ne sont plus seulement de petits domaines de quelques hectares dans les régions reculées. Il y en a même à Bordeaux. On savait que Pontet-Canet travaillait en biodynamie depuis quelque temps. Bien le réputé domaine Smith Haut-Lafitte travaille maintenant «une partie en biodynamie et le reste en bio organique», me confirme le maître des lieux Daniel Cathiard.

Parmi les autres domaines députés, il y a aussi Pavie-Macquin à Bordeaux. Ils sont toutefois peu en Bordelais, seulement 26 selon la liste établie par P.C. Goward.

Même la Champagne réputée pour sa forte consommation de produits chimiques se tourne lentement vers la biodynamie avec 21 producteurs.

Il y en a même trois au Canada! Blue Montain en Colombie-Britannique et Feast of the Fields et Southbrook en Ontario.

Voici une liste non exhaustive de domaines en biodynamie, dont les produits sont disponibles au Québec : Chapoutier, Trévallon, Bott-Geyl, Ostertag, Marcel Diess, Weinbach, Zind-Humbrecht, Dauvissat, Vougeraie, Gaillard (Loire), Briderie, L'Écu, des Huards, Huet, Roches Neuves, Romanin, des Béates, Aphillanthes, Alois Lageder, Tenute Loacker, Palacios, Grgich, Phelps, DeLoach, Hedges... Voir la liste sur le site www.winealchemy.com

Le vinho verde ou les vinhos verdes

Le vinho verde est un vin peu connu qui a beaucoup évolué au cours des dernières années. Un peu comme le beaujolais, il avait (a encore) mauvaise réputation. C'était un vin souvent beaucoup trop vert, trop acide et parfois dilué.

Ça change et ça va continuer de changer. De nombreux vignerons proposent maintenant des vinhos verdes de belle qualité.

Le vinho verde traditionnel contient un peu de gaz carbonique et est légèrement sucré. Aujourd'hui, on fait aussi des vinhos verdes bien secs et sans bulles.

Au Portugal, on prononce vigno verde.

Il se produit 50 millions de bouteilles de vinho verde blanc en appellation contrôlée, 20 millions de rouges et 2,5 millions de rosés. En plus, 1,2 million de bouteilles sont étiquetées vin régional Minho.

Plus de 18 millions de bouteilles vont à l'exportation. Les principaux marchés sont les États-Unis, l'Allemagne, la France, l'Angola, le Canada, la Suisse et le Brésil.

La région viticole des Vinhos Verdes a été délimitée en 1908. Sa superficie est de 34 000 hectares, soit près de 15 % de la surface viticole totale du Portugal. Elle compte 26 000 viticulteurs. Environ 600 d'entre eux embouteillent. Ils produisent bon an mal an 120 millions de bouteilles.

Il pleut beaucoup dans cette région en hiver, en moyenne 1200 mm. Les sols sont variés, surtout granitiques et peu profonds.

Dans le passé, les vignes y étaient cultivées en pergolas. Elles poussaient entrelacées autour des arbres, sur des fils entre les arbres, sur les clôtures...

On y produit des vins blancs, rouges et rosés, légèrement pétillant ou non, sec ou demi-sec, ainsi que des mousseux.

Autrefois, des vins faibles en alcool, de 8 à 11 %, maintenant, ils peuvent atteindre 14 %, comme tous les vins modernes et même 15 % pour les vins régionaux (Vin régional Minho).

On rencontre des vinhos verdes blancs (8 à 11,5°) et des vinhos verdes blancs avec mention de cépage (8 à 14,5°). Le taux d'acidité minimum est de 5,4. Il y a aussi des vinhos verdes avec mention de sous-région. Le taux d'alcool minimum est alors de 9 % et il n'y a pas de maximum. On a aussi l'exception du vinho verde alvarinho avec un minimum de 11,5 % d'alcool. Ces deux derniers types de vin peuvent être moins acides avec un minimum de 4,5 g/l.

La plupart des producteurs ne font pas de fermentation malolactique. Ils veulent conserver les arômes primaires du raisin et son acidité rafraîchissante.

Il y a sept cépages recommandés en blancs et 18 autres autorisés. Les cépages recommandés sont : alvarinho, arinto, avesso, azal, batoca, loureiro et trajadura.

Certains producteurs préfèrent étiqueter leurs vins sous la dénomination moins restrictive de Vin régional Minho. Le taux d'alcool peut alors atteindre 15 % et le vin peut contenir moins d'acide (4,5 g/l).

Finalement, on produit depuis peu des vinhos verdes mousseux en plus des eaux de vie qu'on appelle aguardente.

Le vinho verde blanc accompagne bien les salades, fruits de mer, moules, crabe, poissons, saumon fumé, viandes blanches et mets asiatiques. Les plus légers, légèrement sucrés et perlants font de bons appéritif et accompagnent à merveille les amuses-bouches et amuses-gueules.

  Pour en savoir plus sur cette région du Vinho Verde consultez le site www.vinhoverde (en anglais et en portugais) et cette brochure en français.

 Sur les vins du Portugal, lire aussi Le vin du Portugal, cet inconnu pourtant bien consommé au Québec

Prix moyen de la bouteille achetée par les Québécois: 14,81 $

Prix moyen de la bouteille achetée à la SAQ : 14,81 $.

C'était 13,51 $ en 2008 et 10 $ en 1997.

C'est environ 10 dollars de plus qu'en France. En effet, le prix moyen d'une bouteille de vin en France était de 3,54 euros (4,50 $) en 2008. (Figaro)

La couleur du vin : rouge à 73 %, blanc à 23 % et rosé à 4 %.
Les Québécois préfèrent de beaucoup le rouge au blanc et ne sont pas encore conquis par la sélection de rosés que nous avons ici.

Les taxes :
Pour une bouteille de 15,95 $
Prix fournisseur et transport  5,65 $
Majoration SAQ (46 %)   7,33 $
Taxes 2,97 $

   (Source : rapport annuel SAQ 2009-2010)

Quelques vins de 14 et de 15 $

Héritages Ogier, Côtes du Rhône 2007
Surprenant pour le prix!
Un très beau côtes-du-rhône élégant et épicé.
Au fruité fin et frais sur des notes de fines herbes.
Les tanins sont élégants. C'est souple et suave.
Une belle finale qui laisse une belle impression en bouche.
Un assemblage de grenache, de syrah et de mourvèdre.
2007 un très beau millésime en Vallée du Rhône.
Disponible dans plus de 90 succursales.
14,55 $   535849

Merlot Tudernum 2008
Un vin italien de la région d'Ombrie (Umbria) très aromatique.
Un joli fruité avec des notes végétales.
Intense, ample, agréable. Il a du corps.
Les tanins sont ronds soutenus par une belle acidité.
C'est goûteux, équilibré et assez long.
Aussi bon que dans les millésimes précédents.
Fermentation avec des levures indigènes.
Disponible dans 70 succursales.
14,75 $   10781963 

Teleki, Cabernet franc 2007
Il n'y a que 12 vins hongrois sur les tablettes de la SAQ, dont seulement 3 rouges.
Ce Teleki est très aromatique et bien attirant avec ses arômes de petits fruits rouges écrasés.
C'est juteux, vivace et chaleureux. Assez plein, tanins bien enveloppants.
Le fruité est bien agréable.
La finale un peu chaude (alc. 14,8 %) est sur le fruit jeune avec une touche qui rappelle la cassonade.
Servir frais à 15 °C.
Disponible en ligne et dans près de 80 succursales.
15,95 $ 11200446 

Domaine Haut Saint-George, Corbières 2008
Les vins du Languedoc gagnent en popularité : une hausse des ventes de 11 % au cours de la dernière année.
Ce corbières a un beau nez profond, du fruit et de la crème.
La texture est bien plaisante. C'est assez gras, enveloppé et velouté. Une légère saveur de vanille (boisé bien intégré) et de poivre. Une finale chaleureuse. Alc. 14 %.
Servir à 16 °C.
Un assemblage de grenache, carignan, syrah, mourvèdre et cinsault.
Un vin de Gérard Bertrand disponible en ligne et dans 35 succursales.
15,95 $  853796 

Carmen Gran Reserva, Chardonnay Casablanca 2008
Un vin blanc d'une belle couleur dorée aux teintes vertes.
De beaux arômes de chardonnay, fleurs et noisettes.
Une bouche expressive, vive.
C'est chaleureux avec des saveurs de fruits, de noix et de beurre.
Vivace et intense.
Alc. 13,5 %.
Disponible en ligne et dans près de 100 succursales.
14,90 $ 552539 

L'Italie, la championne des vins les moins chers

Il y a 150 vins de moins de 10 $ (format 750 ml et 1 l) sur les tablettes de la Société des Alcools du Québec. (Sur un total de 7524 vins)

Quel est le pays qui est le mieux représenté dans cette gamme de prix?
C'est l'Italie.

De plus, ce pays a un grand nombre de bouteilles d'un litre parmi les vins à moins de 10 $.

La bouteille de 750 ml la moins cher (Vi-no-ze-ro à 6,70 $) nous vient par contre d'Allemagne. Le litre de moins cher (7,95 $) provient d'Italie.

 

Vins de moins de 10 $

Vins rouges de moins de 10 $

Il y a actuellement 88 vins rouges à moins de 10 $ de format 750 et 1 litre sur les tablettes de la SAQ.

C'est l'Italie qui a le plus de produits dans cette catégorie, avec 20 vins dont même 12 bouteilles d'un litre.

L'Espagne et la France arrivent en deuxième et troisième place.

 

  Italie  20, dont 12 bouteilles de 1 litre
Espagne  19, dont trois 1 l
France 16, dont une bouteille de 1 l
Argentine  10
États-Unis 5
Chili 5
Portugal 2
Grèce 2
Uruguay  2
Bulgarie 2
Afrique du Sud 2
Australie 1
Roumanie 1
Algérie 1

 

Vins blancs de moins de 10 $

Il y a beaucoup moins de vins blancs de moins de 10 dollars de ces formats actuellement sur les tablettes de la SAQ, soit 42.

Encore une fois, c'est l'Italie qui est la championne de cette catégorie.

 

Italie  17, dont dix 1 litre
France 5
Argentine 5
Espagne 4, avec deux 1 litre
Grèce  3
Portugal 1
Allemagne 2
États-Unis 2
Chili 1
Afrique du Sud 1
 

Il y a aussi 14 rosés et 6 vins de dessert à moins de 10 $.

Vins d'épicerie

Ils ont mauvaise réputation, ce sont des vins embouteillés au Québec. Soit qu'on fasse venir le liquide d'ailleurs, ou les mouts pour les vinifier ici.

Le magazine Protégez-Vous, nous présente dans son édition de juillet une sélection de vins d'épicerie. Le jury a été formé par le réputé chroniqueur de vin Marc Chapleau.

Les membres du jury (Nadia Fournier, Nick Hamilton et Raymond Chalifoux) ont testé 22 rouges et 10 blancs d'épicerie. Aucun vin n'a obtenu la note moyenne d'exceptionnel, d'excellent, ni même de très bon, mais deux vins ont obtenu la note «bon», la note de 80 % donnée par les membres du jury. Ceux-ci ne savaient pas qu'ils jugeaient des vins de dépanneurs, mais un juré s'en est douté.

Les deux vins qui ont obtenu les meilleures notes sont en rouge le Caleta Reserva d'Argentine à 9,75 $ (83 %) et en blanc le Marquis de Méricourt, 1 litre à 10,85 $ (80 %).

Caleta est une marque de commerce de la compagnie Vincor, et Marquis de Méricourt est une marque de la Maison des Futailles.

Pourquoi les bons vins n'obtiennent pas de médailles d'or?

Vous voulez savoir pourquoi les bons vins n'obtiennent pas de médailles d'or?

Pour avoir un début de réponse, il s'agit de consulter un exemple de fiche de dégustation utilisé dans plusieurs de ces 590 concours de vin qui se déroulent chaque année de par le monde.  (fiche de Vinofed)

On y donne beaucoup de points pour l'intensité aromatique et pour l'intensité du goût. Mais aucun point pour la finesse ni pour l'élégance.

On y attribue un bon nombre de points pour la franchise de l'odorat et la franchise du goût?  Mais qu'est-ce que la franchise du goût? Un vin qui goûte franchement le bois, l'alcool, la confiture? Moi qui aime les vins hypocrites, un peu tordu et complexe!

On y donne aussi beaucoup de points pour la vue (15 %). Un vin industriel très filtré l'emportera sur un vin bio. (Voir la fiche de l'OIV en annexe 3.1 de ce document.)

Un vigneron qui fait un vin fin, racé, peu filtré, peu collé, le plus nature possible, élégant, raffiné, va-t-il le présenter à ces concours?

Parlons-en des médailles d'or et de la franchise. Dans certains concours, on a éliminé la médaille de bronze. Ce qui fait que les moins bons obtiennent la médaille d'argent; les moyens ont la médaille d'or et l'on a créé une médaille grand-or (sic), grande médaille d'or, platine, trophée et autres tromperies.

Alors si vous voyez une médaille d'or sur une bouteille, il s'agit souvent d'une médaille d'argent. Si l'on trompe ainsi le consommateur sur la couleur des médailles, sur quoi d'autre le trompe-t-on aussi?

Un peu plus de franchise justement serait de mise. On dit franc comme l'or, net, sans équivoque.

Forte hausse des ventes de vin américain au Québec

Les ventes de vin tranquille en provenance des États-Unis connaissent une forte croissance au Québec. Les Québécois ont acheté deux millions de bouteilles de vin américain de plus que l'année précédente. C'est une hausse de près de 22 %.

Au cours des cinq dernières années, la croissance annuelle moyenne des ventes en volume de vin américain a été de 20,2 %. Ce pays dépasse ainsi l'Argentine et l'Espagne et se hisse en troisième place des pays producteurs les plus prisés par la clientèle de la SAQ.

Les ventes de vin d'Afrique du Sud et de Nouvelle-Zélande sont aussi en hausse de plus de 20 %, mais il s'agit dans ces cas de petits volumes.

Cependant, la France conserve toujours la faveur des Québecois avec 31,2 % des parts de marché. L'Italie arrive en deuxième place avec 23 %, suivit des États-Unis qui accroissent leurs parts de marché de 7,1 % à 8,4 %.

Donc, une bouteille sur trois vendue ici provient de la France, et une sur cinq de l'Italie.

Les ventes de vins d'Argentine et d'Espagne ont diminué de 4 % au cours de l'année 2009-2010 (avril à mars).

  Millions de
bouteilles

Parts de
marché

Variations
parts de marché

Variations
Ventes

France
Italie
États-Unis
Argentine
Espagne
Australie

Canada
Chili
Afrique du Sud
Portugal
Nlle-Zélande

Allemagne
Japon
Roumanie
Grèce
Bulgarie

41
30
11
10
 9
 8

 5
 4
 3
 3
 1

 

31,2 %
23,2
8,4
8,1
7,5
6,1

4,4
3,3
2,9
2,7
0,8

0,6
0,3
0,2
0,2
0,1

(0,2)
0,2
1,3
(0,7)
(0,6)
0,1

(0,5)
(0,1)
0,6
(0,2)
0,1

 

3,3 %
5,2
21,9
(4,3)
(3,8)
7,2

(7,5)
(3,3)
29,3

23,1

4,7
(3,5)
(2,7)
(0,5)
(7,9)


Il y a actuellement sur les tablettes de la SAQ 460 vins des États-Unis, dont 386 de la Californie, 40 de l'état de Wahington et 22 de l'Oregon. Il y en a 3600 de la France, 1300 de l'Italie et 369 de l'Espagne. (vin de table, format 750 ml)

Notez que dans la catégorie Canada qu'il s'agit surtout de vins étrangers embouteillés au Québec.

Source : Rapport annuel de la SAQ.
Voir aussi les chiffres équivalents de 2008-2009, 2007-2008, 2004-2005.

Les 10 vins les plus populaires au Québec en 2009-2010

Quelques changements dans le top 10 des vins les plus vendus au Québec cette année!
Il y a de nouveaux membres du club des meilleurs vendeurs, quelques-uns changent de rang et d'autres vins sont expulsés du palmarès.

Palmarès qui est encore une fois cette année dominé par le Fuzion Shiraz-Malbec à 8,25 $. Le scandale de la natamycine (Lire Un fongicide dans le Fuzion) qui a accablé sa maison de production Zuccardi ne semble pas avoir trop affecté ses ventes. Elles chutent tout de même de 18,7 à 15 millions de dollars, passant de 2,3 millions de bouteilles à 1,8 million de bouteilles.

Il y a quatre nouveaux membres danc ce palmarès des ventes par volumes: le Ménage à Trois (en rouge), le Merlot Grand Sud au format d'un litre, le Malbec Finca Flichman (qui était dans le top en volume, mais pas encore en valeur) et le Mouton Cadet qui revient en force.

Voici donc le palmarès des meilleurs vendeurs en valeurs (ventes totales en dollars), ainsi que le palmarès en volume (par caisses).

Top 10 des ventes

1   Shiraz/Malbec Fuzion Zuccardi Mendoza 8,25 $
2   Brouilly Georges Duboeuf 18,95 $.  Il était en 4e place l'an dernier
3   Modello Masi Delle Venezie i.g.t. 13,95 $
4   Merlot/cabernet J.P. Chenet vin de pays d'Oc 12,95 $. Était en 5e place
5   Merlot Vivolo di Sasso Veneto i.g.t. 11,20 $. Était en 2e
6   Mouton Cadet Bordeaux 15,95 $
7   Ménage à Trois Folie à Deux Californie (rouge) 19,60 $
8   White Zinfandel Ernest & Julio Gallo Californie rosé 10,90 $. Était 6e.
9   Merlot Grand Sud vin de pays d'Oc, 1 L 10,45 $
10  Malbec Finca Flichman Mendoza 8,00 $

Top 10 en volume

1   Shiraz/Malbec Fuzion Zuccardi Mendoza 8,25 $.
2   Merlot Grand Sud vin de pays d'Oc 10,45 $.
3   Bottero Veneto i.g.t. 1 L 9,30 $
4   Malbec Finca Flichman Mendoza 8,00 $. Était en 7e position
5   Modello Masi Delle Venezie i.g.t. 13,95 $
6   Merlot Vivolo di Sasso Veneto i.g.t. 11,20 $.  Était 3e.
7   White Zinfandel Ernest & Julio Gallo Californie rosé 10,90 $
8   Merlot/cabernet J.P. Chenet vin de pays d'Oc 12,95 $
9   Citra Montepulciano d'Abruzzo 1 L 9,75 $
10  Brouilly Georges Duboeuf 18,95 $

  (Source: SAQ)

  Voir aussi les chiffres de l'année précédente et du palmarès 2007-2008.

Encore des bénéfices records à la SAQ

La SAQ bat encore son propre record.
Depuis quelques années, la SAQ accumule bénéfice record sur bénéfice record.
Cette fois-ci la hausse des bénéfices est de 7,5 %, ce qui représente 867 millions de dollars. C'est 54 millions de plus que prévu.

Pour l'exercice 2009-2010, se terminant fin mars, les ventes se sont élevées à 2,5 milliards de dollars, une hausse de 5,1 %. Le bénéfice (7,5 %) progresse donc plus que les ventes.

En plus de ce bénéfice, il faut ajouter les taxes, ce qui fait que la SAQ remet 1,6 milliard de dollars au gouvernement.

Donc, 1,6 sur les ventes de 2,5 c'est un excellent ratio.
Sur une dépense de 25 $, le consommateur remet donc 16 $ au gouvernement.

«Ces résultats de ventes, de bénéfice net et de dividende constituent des sommets historiques,» dit le communiqué de la SAQ.

Le vin constitue le principal des revenus «plus de 80 % de la croissance globale des ventes nettes consolidées du dernier exercice.»

La SAQ explique ainsi son succès. «Un rapport qualité-prix amélioré pour plusieurs produits, des campagnes promotionnelles bien ciblées et soutenues par des offres de rabais intéressantes, une prestation de service de qualité et l'intérêt grandissant des Québécois pour le vin et les produits alcoolisés en général sont autant de facteurs qui expliquent ces succès d'affaires.»

Et ça va continuer «Au cours du prochain exercice, l'organisation continuera de déployer les plans d'action des nombreuses initiatives prévues à son nouveau plan stratégique adopté récemment par le gouvernement du Québec. Ce plan vise notamment l'étude de nouvelles occasions d'affaires et la mise en place de mesures d'optimisation touchant les pratiques commerciales et administratives.

Les 7,8 millions de Québécois ont consommé 174 millions de litres (6 de plus que l'an dernier) de vin, de bière et de spiritueux, ce qui donne 22 litres par habitant.

Qu'est-ce que le terroir?

Une explication limpide du réputé oenologue Jacques Puisais

Il y a autant d'air que de terre dans le terroir du vin.
Cette terre va vous façonner la matière, vous donnez son style.
Et l'air, tous les ans, par les caprices du climat, va apporter la silhouette.

Le terroir, c'est quelque chose d'impalpable et de réel.
Ça ne se définit que par le sensoriel.
Le terroir, c'est un parterre de plaisir.

C'est à l'homme d'être fidèle à ce terroir.

Il faut un vin pour la cuisse et un autre pour l'aile.
Vous prenez un cahors de silice pour l'aile et un cahors d'argilocalcaire pour la cuisse.

Le consommateur va boire le vin et le coteau où est fait le vin... il va le recevoir en lui.
C'est le vent, les nombreux vents de la France, différents chaque année qui donnent l'accent de nos vins.»

Une vidéo de 9 min 31 où le réputé oenologue Jacques Puisais nous explique le terroir.
Vidéo présentée par l'Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors dans le cadre des Journées internationales du Malbec.

Comment le consommateur choisit son vin à la SAQ?

Selon les études de la SAQ, la motivation principale du consommateur qui entre dans une succursale est de trouver un ou des vins qui lui permettront de réussir un accord mets et vins.

Le choix est généralement fait dans le magasin même à 66 %.

Est-ce que l'appellation, le cépage ou le millésime à une importance?

Ce sont des «critères rarement utilisés.» «Quelques passionnés seulement», selon le sondage de la firme Ad hoc fait pour le compte de la SAQ.

Le consommateur arrive en succursale en disant avoir une fourchette de prix prédéterminé entre 15 et 20 $. (Il finit souvent par acheter un vin de moins de 13 $.) Il choisit son vin par type : rouge ou blanc. Si c'est rouge, il y va par origine pays/région. Puis dépendant du temps qu'il a, vers un vin connu ou bien il cherche la découverte.

S'il a le temps et opte pour la découverte, alors il s'intéressera aux pastilles de couleurs, au look de la bouteille ou au rabais, et peut-être même au conseiller.

Le conseiller intimide

Il ira rarement voir les conseillers. «Hésite, intimidé par le conseiller.» Il visite rarement la section des vins de spécialité. «Barrière psychologique vers les spécialités, la plupart n’y vont jamais (hormis passionnés/connaisseurs)».

S'il opte pour un vin blanc, son choix se fera par habitude ou vers les produits réfrigérés, puis par pays et cépage.

Pas de logique de classement

Le consommateur «ne perçoit pas de logique de classement au sein d’une section spécifique.» De plus, la signalisation et la vue d’ensemble du magasin sont déficientes à ses yeux.

Le consommateur «ne veut pas trop prendre de risque, aime ses valeurs sûres, être rassuré dans ses choix.» Toutefois, il est aussi «à l’affût de découvertes.»

Le consommateur est-il intéressé au bio?

Vous arrive-t-il d'acheter des vins agrobiologiques?

  • À l'occasion 42 %
  • Souvent 9 %
  • Rarement 34 %
  • Jamais 15 %

(nombre de répondants 414)

Êtes-vous prêt à payer plus cher pour un vin bio?

  • 26 % disent oui.

Combien de plus pour une bouteille de 15 $?

  • 2,17 $.

(Sondage Ad Hoc pour la SAQ.)

Les régions et pays gagnants

Quelques données pour les amateurs de chiffres.
Qui sont les gagnants? Qui sont les perdants de cette dernière année sur les tablettes de la SAQ?
Les mousseux, les vins du Languedoc, du Sud-Ouest de la France, de l'Alsace deviennent de plus en plus populaires, pendant que les vins de Bordeaux, de Bourgogne et de Champagne perdent du terrain.

Voici des chiffres sur les variations des ventes de vins de France.

FRANCE
Les gagnants
Mousseux  14,5 %
Sud-Ouest  11 %
Languedoc 11 %
Alsace 11 %

Les stagnants
Rhône 3,5 %
Loire 2 %
Autres régions France 2,7 %

Les perdants
Bordeaux blanc  - 7 %
Bordeaux rouge - 3,4 %
Beaujolais - 2 %
Champagne - 1,6 %
Bourgogne - 1,2 %
 

 

Prix moyen des bouteilles

Languedoc rouge  11,79 $
Languedoc blanc 12,67 $
Sud-Ouest 13,78 $
Rhône  14,49 $

Mousseux  16 $
Bordeaux rouge  16,26 $
Alsace 16,93 $
Beaujolais 16,98 $

Bourgogne rouge 17,17 $
Bourgogne blanc 18,57 $
Champagne 66 $
 

En valeur totale, les leaders sont le Languedoc (154 M$), Bordeaux (111 M$), Rhône (57), mousseux (52) et Sud-Ouest (50 M$). Total France (620 M$)

EUROPE HORS FRANCE
Les gagnants
Piémont  18 %
Vénétie blanc 15 %
Italie rouge autres régions 13 %
Sicile  11 %
Toscane rouge 10 %
Italie blanc autres régions 9 %

Les stagnants
Portugal blanc 3 %
Portugal rouge 1,5 %
Espagne  0,6 %
Vénétie rouge  0,3 %

Le perdant
Porto  - 7 %
 

 

Prix moyen des bouteilles

Italie rouge autres régions 9,64 $
Espagne 10,85 $
Portugal 11,07 $
Vénétie blanc  11,88 $
Sicile  11,91 $
Vénétie  rouge 12,36 $
Piémont  16,30 $
Toscane 17,30 $
Porto  21,96 $

 

Italie (226 M$), Espagne (108)
Portugal (40), Porto (36 M$)

 

L'Argentine avait connu une montée fulgurante en 2008, elle est maintenant dépassée par les États-Unis.

NOUVEAU MONDE
Les gagnants
Canada   45 %
Afrique du Sud  26 %
États-Unis rouge 24 %
États-Unis blanc  23 %
Terroir 16 %
Chili 13 %
Divers pays blanc 15 %
Divers pays rouge 6 %

Les stagnants
Australie rouge 4,7 %
Australie blanc  2 %

Le perdant
Argentine -4,5 %

 

Prix moyen des bouteilles

Argentine  9,67 $
Afrique du Sud 12,04 $
États-Unis blanc  12,08 $
Chili 13,03 $
Canada  13,57 $
Australie rouge 14,82 $
États-Unis rouge 14,85 $
Terroir  31,91 $

 

En valeur totale,
les États-Unis (137 M$), l'Argentine (100)
et l'Autralie (90) sont les leaders
dans la catégorie Nouveau Monde.
Afrique du Sud (44), Canada (29)

Source : Blitz d'information SAQ, mai 2010.

Coûteuses promotions de la SAQ

Le journaliste Jacques Benoît aborde à son tour le sujet des coûteuses promotions de la SAQ.

«Les viticulteurs (...) déplorent qu'il soit devenu si coûteux d'introduire de leurs vins sur le marché du Québec.»

«La façon habituelle de procéder, pour le fournisseur, est d'inclure ce budget de promotion dans le prix facturé à la SAQ (...) à peu près 10 % de cette somme ira à la promotion. "Auparavant c'était 5 %", raconte un vieux routier du milieu. Au bout du compte (horreur!), c'est le consommateur qui paie la note!»

La concurrence est féroce pour rester sur les tablettes des produits courants. La SAQ a doublé la cible. «Le quota à atteindre la première année est le double,» — 740 000 $ — «Faute de quoi le vin est écarté du répertoire l'année suivante.»

L'article de M. Benoit est publié dans le quotidien Le Droit d'Ottawa aujourd'hui et devrait l'être aussi dans La Presse de samedi.

À lire aussi sur ce sujet Des rabais! Vraiment?

Le vin cancérigène: une erreur de traduction

Vous vous souvenez de cette histoire sortie par un organisme français l'INCA qui affirmait que le vin peut causer le cancer et qu'il ne fallait pas en boire, qu'il y avait un risque dès le premier verre. Une alarme répétée sans vérifications par une grande partie de la presse de France. (Vin et cancer: un pavé dans la cuve, février 2009)

L'INCA disait se baser sur un rapport du World Cancer Research Found publié en 2007.

Eh bien, on apprend maintenant que la conclusion de l'INCA était tout simplement due à une simple erreur de traduction.

C'est ce qu'affirme le professeur David Khayat, chef du service oncologie à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris. «Cette position de l’INCa s’appuie sur une monstrueuse erreur de traduction aux conséquences très lourdes», dit le médecin dont les propos ont été recueillis par Thomas Bravo-Maza, pour la Revue des Vins de France de mai 2010.

Le Pr Khayat ajoute qu'à la «page 162 du rapport (la RVF a pu s’en procurer une copie), concernant le lien entre cancers de la bouche et alcool, les experts concluent par la phrase «No threshold was identified», que l’on doit traduire en français par «aucun seuil n’a été identifié». Or, l’INCa l’a traduite par «il n’y a pas de seuil». Et s’il n’y a pas de seuil, le vin est effectivement cancérigène dès le premier verre. Mais ce n’est pas ce que disent les conclusions des experts du WCRF

En fait, selon le médecin, toutes les études tendent à démontrer que la consommation modérée de vin est bonne pour la santé. «Je peux dire que toutes les études mondiales ont toujours montré, depuis les travaux de Serge Renaud en 1992, que la consommation modérée de vin est bénéfique pour la santé. Même si, il faut bien le reconnaître, nous ne savons pas encore parfaitement pourquoi car le vin est un produit très complexe.»

Pas bon, le jambon américain

D'autre part, dans cette entrevue avec la RVF, le spécialiste du cancer et de la nutrition nous met en garde contre les comparaisons trop rapides entre études américaines et françaises concernant la nutrition.

Il affirme que certains aliments transformés aux États-Unis sont trop chimiques et néfastes pour la santé. Les mêmes aliments sont moins nocifs en France. Il donne l'exemple d'une étude américaine qui dit que la consommation de 100 grammes de jambon hausse de 29 % le risque de cancer du côlon.

«Le jambon n’est pas identique en France et aux États-Unis». Le jambon américain contient deux fois plus de calories que le jambon français, Il contient moins de vrai porc, de plus il est «additionné en éléments chimiques néfastes (conservateurs, exhausteurs de goûts, colorants, arômes).»

En conclusion, «en clair, nos produits fabriqués avec raison par une agriculture raisonnable; dès lors qu’ils sont consommés de façon équilibrée ne peuvent pas nuire à notre santé.»

Le Dr Khayat est l'auteur du livre Le Vrai Régime anticancer qui vient d'être publié aux éditions Odile Jacob.

  L'entrevue avec le professeur David Khayat est retranscrite sur le site www.viticulture-oenologie-formation.fr.

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