Informations

Si on vous demande 40 $ pour un vin, il est mieux d'être bon!

À lire aujourd'hui l'entrevue faite par Bill Zacharkiw, du quotidien The gazette, avec Michel Phaneuf, A conversation with Quebec legend Michel Phaneuf.

Voici quelques extraits, traduits librement:

Si quelqu'un vous demande 40 $ pour un vin, il est mieux d'être bon.
J'ai toujours essayé de démontrer dans mon livre qu'il y a des artisans qui font d'excellents vins à prix abordables.
Il y aura toujours des buveurs d'étiquette, du snobisme dans le vin.
Je suis fasciné de constater qu'il il a tant de jeunes intéressés au vin aujourd'hui.
Le Québec a l'une des cultures du vin parmi les plus avancées au monde.

Michel Phaneuf a publié cette année la trentième édition de son guide du vin, le Guide Phaneuf.

A conversation with Quebec legend Michel Phaneuf, Bill Zacharkiw. The Montreal Gazette.

Pinot noir, cépage de l'arnaque?

Le pinot noir ne vieillit pas!
Les vins de pinot noir sont à boire dans les 3 à 5 ans!
Plus de 85 % de la production de pinot noir de Bourgogne est de piètre qualité!
S'il y a un cépage qui demande des prix exorbitants pour peu de qualité c'est bien le pinot noir!
C'est très rare qu'on ait un pinot qui représente un bon rapport qualité-prix!
Les chroniqueurs vins goûtent les bourgognes rouges jeunes et nous disent qu'ils vieilliront bien, mais ne nous en parlent plus lorsque ces vins ont pris de l'âge.
Les meilleurs pinots noirs sont sous capsule à vis!

Vous avez sûrement déjà entendu l'une ou plusieurs de ces sentences.

Pourtant, la première fois que j'ai été impressionné par un vin vieux, c'était justement un pinot noir, un Clos de Tart 1978.

Il y a une quinzaine d'années à un salon des vins de Montréal, je dégustais des vins de Bourgogne et, lisant la déception sur mon visage, un vieux routier me dit «les rouges de Bourgogne doivent être bu sur le fruit, en jeunesse.»

C'est en me rappelant tout ça que je me suis présenté à une dégustation de vin du cépage pinot noir présenté par l'Amicale des Sommeliers de l'Outaouais.

Des bourgognes, mais aussi des néozélandais, des oréganais et un californien. Des vins qui se vendent cher: de 58 à 178 $.

Je vous donne ici quelques commentaires sur chacun des vins, puis après quelques remarques générales et conclusions.

Pinot noir 2006, Jessie Vineyard, Cristom, Willamette Valley, Oregon  67 $
Une teinte brune. Aromatique, viande et terre. Belle bouche fruitée une peu racoleuse. Une longue finale un peu métallique et légèrement amère.

Nuits-Saint-Georges 2005, 1er cru, Les Porets, Domaine Faiveley  82 $
De beaux arômes invitants. Minéral et touche métallique. Un peu cerise surette. Un beau granulé, mais peu de fruit. Noyaux de cerise. Finale un peu asséchante. Quelqu'un a dit que le vin devrienda très bon dans quelques années. On peut supposé aussi qu'il pourrait se dessécher encore plus. 

Pinot noir 2006, Carrick, Central Otago, Nouvelle-Zélande 58 $
S'ouvre plus lentement sur une petite note de terre et de viande. Cannelle, tabac et alcool. Un peu rude. Longueur minérale. Tout de même d'un poil mon préféré des trois. 

C'était le premier volet. Une belle mise en bouche. Mais on vient tout de même de dépenser 207 $ et on n'a pas encore un très bon vin.

Pinot noir 2006, Lindsay Estates, Paul Hobbs, Russian River, Californie 129 $
Sucre d'orge et chocolat brun. Peu de tanins, un peu de sucre. Un petit tawny. Il semble que les raisins en surmaturité aient ici donné du caramel brûlé. Pas mauvais, un vin bonbon. 

Pinot noir 2006 Valli, Gibbston Vineyard, Central Otago, Nouvelle-Zélande  61,50 $
De très beaux arômes et saveurs d'épices, de fumée et de viande. Une bouche séveuse agréable. Fruit en retenu, plutôt sur les épices (bois). Long et assez complexe. Le vin est à son apogé.
La dégustation s'est faite à l'aveugle et mon préféré est un néozélandais, je suis très étonné. En plus, l'un des moins chers! Il est disponible à la SAQ. 10956057

Pinot noir 2005, Evenstad Reserve, Domaine Serene, Willamette Valley, Oregon  62 $
Un vin crémeux, fait d'une pièce, unidimensionnel, un peu carré. Si ce n'était de son acidité, on dirait un merlot.

Corton 2002, grand cru Clos du Roy, Antonin Guyon  90 $
Des odeurs de caves humides. Acide et poussiéreux. Il y avait quatre bouteilles. Quatre vins différents (Une autre bouteille m'a semblé bien). Médiocre.

Voilà pour le deuxième volet. Je m'ennuyais du premier volet. Plus de 300 $ et, sauf un vin, on est redescendu d'un cran au niveau de la qualité.

Clos des Lambrays 2002, grand cru, Domaine Taupenot-Merme  175 $
Cave humide, bouchonné. Le bouchon n'était pas trop apparent au début, mais il s'est accepté dans le verre. (Une participante m'a fait goûter son verre et c'était bien mieux.)
Une production d'une trentaine de caisses. Combien de bouchonnées? Médiocre.

Charmes-Chambertin 1996, grand cru, Domaine Taupenot-Merme  178 $
Une teinte orangée. Des saveurs d'orange, de cerise de terre et de cointreau. Légère âcreté. Un gâteau aux fruits oubliés à Noël gouté en juillet. Certains l'on trouvé complètement dépassé. Oui, il est bien dépassé, mais pas mauvais du tout. 

Charmes-Chambertin 1999, grand cru, Domaine Taupenot-Merme 161 $
Des flaveurs de jus de tomate de piètre qualité. (Une autre participante m'a fait gouté son verre et il était éclatant) Le mien médiocre.

En somme, je devrais avoir plus de chance à la loterie 6/49 ou au Super Max!

Une participante a dit «comment maintenant pourais-je acheter des pinots à ce prix pour mettre en cave sachant que j'ai de bonnes chances d'être déçu à l'ouverture?»

Fortes variations de bouteilles
Comment ce fait-il que ces vins vieillissent si mal et qu'il y ait tant de différence d'une bouteille à l'autre. Ces vins acquièrent des saveurs tertiaires très vites. Pourtant, 1996, 1999 et 2002 sont des millésimes qu'on disait très bons au moment des vendanges. Est-ce que ce serait mieux s'ils étaient bouchés avec une capsule à vis? Ce sont des vins qui ne sont pas meilleurs que bien d'autres qui se vendent autour de 25 $ (voir liste).

La dégustation s'est bien déroulée, les participants étaient très agréables. Les discussions ont été bien animées, l'ambiance était belle, les organisateurs ont bien mené tout cela, seuls les vins n'étaient pas à la hauteur.

En somme, une dégustation très intéressante qui m'a coûté 76 $, mais qui m'a permis d'économiser des centaines de dollars, ici 1063 $. Je n'achèterai jamais ces vins, surtout pas pour les faire vieillir. Je me demande si dans l'ensemble, ces vins auraient été meilleurs bus beaucoup plus jeunes.

Toutefois, je ne perds pas espoir. Je suis un éternel optimiste. Un jour, je boirai encore du très beau pinot noir, et peut-être même du bon pinot noir bien évolué.

Vins certifiés du Québec millésime 2009

L'Association des vignerons du Québec vient de publier sa deuxième liste de vins certifiés du Québec.

Une liste de 32 vins de 12 producteurs.

La certification indique que ces vins sont faits avec des raisins qui proviennent réellement du Québec.

Car, semble-t-il des producteurs de vin québécois mettent du jus de raisin provenant d'autres provinces ou d'autres pays. Ils vendent plus de vin qu'ils en produisent. Les affaires ne sont pas si mauvaises alors!

Douze producteurs... ça ne me semble pas beaucoup! Il y aurait une centaine de producteurs de vin au Québec. L'Association des vignerons du Québec en regroupe 65.

En fait, le cahier de charge des vins certifiés permet tout de même d'utiliser jusqu'à 15 % de moûts provenant d'autres provinces canadiennes. Mais cette pratique devrait cesser en 2014.

Pour obtenir la certification, 50 % du vin doit provenir du domaine. Si on inscrit «Produit et élaboré au Domaine», cette proportion doit monter à 85 %.

Le programme de certification prévoit aussi l'usage de pratiques de luttes intégrées des ravageurs afin de réduire les traitements chimiques à la vigne. On prévoit aussi un contrôle de salubrité à l'embouteillage, des analyses chimiques sur le respect des normes alimentaires canadiennes et une «évaluation organoleptique afin de s’assurer que le vin respecte un standard défini de qualité.»

De plus, afin de garantir l’impartialité du programme de certification, le contrôle du respect des normes a été confié à un organisme de certification externe, la firme Concert. Ce processus est aussi accrédité par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants du Québec.

Ça ne me semble pas trop contraignant. Mais pourquoi alors si peu de vins certifiés? Au total, c'est 145 000 bouteilles. Est-ce que les autres producteurs ont échoué les tests ou n'ont pas présenté leurs vins?

L'association des vignerons, réponds «c'est avec la récolte 2009 que s'est initié le processus de certification. Plus du tiers des vignerons membres de l'AVQ y ont adhéré la première année.  Ce chiffre fut considéré très satisfaisant par les dirigeants de l'AVQ.»

Parmi les producteurs, certains ont fait ou réussi à faire certifier un seul de leurs vins, d'autres plusieurs.

Le Cep d'Argent, troisième plus grand producteur de vin au Québec a un seul de ses vins qui est certifié. Pour sa part Alfonso Gagliano a en huit.

À noter que six des dix plus gros producteurs du Québec (en superficie) ne font pas partie de cette liste de certifiés québécois, soit Royarnois, Isle de Bacchus, Les Bromes (*), Carone, Diurnes et Montpetit.

Voici la liste des 32 vins Certifiés Québec (20 domaines). Liste format PDF.

En août dernier, une première liste de vins certifiée avait été publiée (Les premiers vins du Québec certifiés». Il y avait alors 12 producteurs et 20 vins, les mêmes reviennent dans la nouvelle liste. 

Vous pouvez aussi consulter le Cahier de charge des vins certifiés du Québec (ici au format PDF) sur le site de l'Association des vignerons du Québec.

___
(*) M.Léon Courville du Domaine Les Bromes nous signale qu'il ne vend «aucun vin du millésime 2009 présentement. Or, la certification ne s'applique qu'au millésime 2009. Nous avons subi avec succès notre audit pour la certification de 2009 et presque complété celui du millésime 2010. Il ne reste que le comité d'agrément.»
(ajout au texte le 14 mars)


Lorsqu'il fait trop beau, le vin est moins bon!

Il fait beau, il fait chaud, les vins sont bons.
Il fait trop beau, il fait trop chaud, les vins sont moins bons!

Lorsqu'il fait trop chaud, les vins sont moins bons parce qu'ils manquent d'acidité et qu'ils sont trop alcoolisés.

Le réchauffement climatique cause des soucis aux producteurs des régions méditerranéennes.

Le millésime 2009 a été un grand millésime en France. Un grand millésime à Bordeaux et en Beaujolais. Il y a fait plus chaud. Mais ailleurs, là où il fait d'habitude déjà chaud, eh bien, il y a fait un peu trop chaud.

Les raisins perdent alors leur acidité et gagnent trop de sucre. Ça donne après fermentation des vins trop chauds, trop chauds en alcool.

Déséquilibre
«La qualité la plus importante dans un vin est l'équilibre - quand l'acide, les tannins, le fruit, l'alcool et le chêne chantent en harmonie, vous avez quelque chose que vous voulez vraiment boire», nous dit Victoria Moore chroniqueuse vin au journal britannique The Telegraph.

Les oenologues conseillent aux vignerons de récolter le plus tard possible afin d'avoir des raisins les plus mûrs possible. Ce qui était un bon conseil il y a quelques années, l'est-il encore aujourd'hui?

Certains vignerons montent! Pas seulement en renommée, en prix et en estime, mais aussi en altitude. Ces futés cherchent des endroits plus frais, car on sait maintenant que les vins les plus élégants proviennent de baies récoltées en zones fraîches.

Cependant, tous ne peuvent pas prendre de l'expansion en hauteur ou déménager ou attendre un autre cycle climatique. Que peuvent-ils faire alors?

Des vins alcooleux, au fruit mort
Le vigneron ne veut pas avoir de critique comme celle de Mme Moore. «To me such wines are often clumsy: the fruit tastes dead; there’s an untidy roar of hot, sweet, porty alcohol on the finish; elegance and structure are lost, and forget freshness.» (Feeling squiffy? Why wines are getting stronger)

Des vins alcooleux, au fruit mort et sans fraicheur on en voit de plus en plus dans le Rhône et dans le Languedoc. Et je ne parle pas ici des pays plus chauds que sont les États-Unis, l'Amérique latine, l'Afrique du Sud et l'Australie.

Que faire si l'on ne peut pas déménager ses vignes plus haut sur la colline ou sur le versant nord? Il faudra que les vignerons et leurs oenologues trouvent des solutions. Et pas des solutions comme celle que m'a donnée un oenologue de Toscane il y a deux ans qui m'a dit «qu'il n'y a rien à faire, les vins font maintenant 14-15 degrés et le consommateur n'a qu'à en boire moins, c'est tout!»

Les grands crus du Languedoc
Qu'est-ce qui provoque cette montée de lait (d'alcool) d'aujourd'hui?
C'est que je voulais vous parler des grands crus du Languedoc. Oui, il y a un projet de grands crus dans le Languedoc. Je vous en ai déjà glissé un mot. Parmi les grands crus proposés, il y a Corbières Boutenac, Minervois La Livinière, Terrasse du Larzac, Grès de Montpellier, Pic Saint Loup, Pézenas, La Clape, et d'autres...

Alors je suis allé me chercher un vin de ces grands crus en devenir dans le but d'illustrer mon article et je trouve un Domaine de Jonquières 2009, terrasses du larzac, Appellation Languedoc Controlé. À 19,05 $ 
  Le vin dégage des arômes vifs de fruits compotés. En bouche, l'alcool est le premier élément qui nous touche. C'est chaleureux. Il y a tout de même du fruit, du fruit chaud, les tanins sont enrobés, un bel amer en finale, mais l'alcool reprend vite le dessus et déséquilibre le vin. Ce n'est toutefois pas aussi terrible que ce que semble avoir bu Mme Moore, mais ça manque de fraicheur, c'est un peu trop brûlant. Bien sûr en mangeant, on finit par oublier un peu l'alcool, mais il revient tout de même se faire sentir et ça gâche la sauce.  Alc. 14,5 %. 11096132  Bon, mais grand cru, non!

Au moment où on lance un projet de création de grands crus, est-ce qu'il ne serait pas aussi le moment d'entreprendre une réflexion et des recherches menant à un bel équilibre fruit-alcool dans le vin en cette période de réchauffement climatique?  Comment produire des vins plus frais, plus élégants, moins chaleureux, moins capiteux, moins alcooleux lorsqu'il fait trop beau?

Le BIB très populaire en France

Le Bag-in-box, le vin dans des boîtes en carton est très populaire en France. Un litre sur quatre acheté en grandes surfaces est en BIB. Bag-in-box, sac dans une boîte. Il s'agit d'une boîte de carton qui contient un sac flexible d'un, trois ou cinq litres. Ces deux derniers formats sont les plus populaires.

Les ventes de vin dans ce type de contenant ont été multipliées par 7 en France depuis 1998. D'après une étude faite par France Agrimer, le BIB est populaire parce qu'il est économique, pratique et permet de conserver le vin très longtemps. Le sac se rétractant au fur et à mesure qu'il se vide de vin ne laisse pas entrer l'air, «aucun autre contenant de vin ne peut garantir une conservation aussi longue». Il répond à un besoin de consommation «fractionné» du vin: un peu à la fois, un peu chaque jour.

En fait, il permettrait de conserver le vin intact de 3 à 6 semaines après ouverture; 6 à 12 mois non ouverts.

Selon l'étude d'Agrimer il est surtout populaire auprès des 50-65 ans, des retraités, des urbains de la classe moyenne inférieure. Ces consommateurs sont fidèles à ce type de contenant, ils en rachètent à 68 %. Il est surtout utilisé pour les vins rouges et rosés, mais un peu moins pour les vins blancs.

«Idéal pour la consommation du vin au verre ou si l'on ne possède pas de cave. Vous partez en vacances: laissez le bag-in-box entamé au frais, pour le retrouver intact au retour (sauf cambriolage!).»

Bag-in-Box étant une marque déposée on le nomme aussi outrevin et fontaine à vin. Surtout utilisé pour les vins en vrac, on commence lentement à s'en servir pour les vins de plus grande qualité, les AOC. Des exemples: Château Haut Condissas, AOC Médoc, micro-cuvée, haut de gamme et Château Rollan de By, AOC Médoc.

Il existe aussi des BIB de 10 et 20 litres pour le service au verre dans les restaurants et les bars à vin.

Il aurait un défaut: «il aurait le défaut de pousser à la consommation.»

Sources :

Vous ne sentez pas la violette, le muguet et le cheval en sueur!

On revient dans la blogosphère aujourd'hui sur un thème fréquemment abordé ici: les différences de perception des odeurs d'un individu à l'autre.

Sur son blogue Laurent Gotti, rédacteur en chef de la revue Bourgogne aujourd'hui, nous dit qu'«il est rigoureusement impossible que nous sentions la même chose que notre voisin.» Il rappelle l'étude du neurobiologiste Patrick Mac Leod qui démontrait que chacun de nous avons 347 gènes dédiés à la perception des odeurs et que 50 % de ces gènes sont différents d'une personne à l'autre.

M. Gotti cite aussi un article de la revue allemande Vinum de ce mois-ci qui dit que 25 % d'entre nous ne peuvent pas détecter l'odeur du muguet et pire que la moitié d'entre nous ne sentent pas la violette ou la détestent.

Dans son article Le mythe du grand nez, comment notre cerveau nous joue des tours, la journaliste Britta Wiegelmann citée par M. Gotti écrit que «beaucoup de professionnels du vin ne connaissent pas (ou pour être honnête ne veulent pas reconnaître) le rôle prépondérant de la biologie et de la physiologie dans une dégustation.»

Sauvignon-nez

Vous connaissez tous le sauvignon. Certains d'entre vous aiment, d'autres pas. Vous aimez certains types de sauvignon, d'autres beaucoup moins. Le sauvignon dégage une molécule particulièrement aromatique, la 4MMP. Mme Wiegelmann nous dit que «la qualité de l'odeur qu'elle exhale varie en fonction de sa quantité. A faible concentration le 4MMP (4-mercapto-4-méthylpentan-2-one) déploie un parfum de fleurs et d'agrumes, alors qu'à haute dose il passe progressivement du plant de tomate au pipi de chat. Maintenant imaginez deux personnes à la sensibilité très différente par rapport au 4MMP : l'une sera émerveillée par le parfum raffiné de fleurs, alors que l'autre cherchera sous la table si un matou ne s'y est pas réfugié.»

En plus de ne pas reconnaître certaines odeurs, chacun d'entre nous a une sensibilité différente aux odeurs qu'on reconnait. D'après la thèse de Sophie Tempère «les sujets les plus sensibles à l’IBMP (odeur de poivron vert dans le Cabernet Sauvignon), repèrent ce composé à des doses milles fois inférieures à celles que perçoivent les sujets les moins sensibles. Ces écarts se sont vérifiés sur d’autres composés.» (Labivin)

J'ai déjà participé à un concours ou il fallait juger des sauvignons. La moitié des jurés dégustateurs ont donné de très faibles notes aux sauvignons qu'ils qualifiaient de pipi de chat; l'autre moitié leur ont donné de fortes notes disant qu'ils sentaient les agrumes, les fruits tropicaux!

Écurie, barrique et bouchon

Faites une expérience autour de vous (ou vous l'avez peut-être déjà faite) faites dégustez un vin que vous trouvez moyennement boisé et vous verrez qu'une partie de vos amis le trouveront trop boisé et certains pas du tout. On le qualifiera de vanille, de noix de coco, même de deux-par-quatre (de madrier). La même chose avec un sauvignon herbacé, ou même un vin un peu bouchonné. On ne sent pas la même chose. Notre odorat est aussi individuel que nos empreintes digitales.

Si vous avez la chance, ou la malchance de tomber sur un vin bretté aux fortes odeurs de cheval, d'écurie, de ferme, vous constaterez que certains aiment, d'autres sont indifférents et plusieurs détestent ces vins contaminés par les levures de type Brettanomyces.

Le vin contiendrait de 100 à 500 de ces molécules différentes. Alors, si on analyse le vin seulement du point de vue olfactif, on aura des résultats fort différents d'une personne à l'autre.

Il faut ajouter à cela que les odeurs, les arômes dans le vin varient dans le temps. Un jour, on y détectera telle odeur, 20 minutes plus tard ce sera une autre. Dépendant de la température du vin, nous serons tous différemment sensibles à telle ou telle odeur.

Un dégustateur écrit «Le Puligny Montrachet Premier Cru Clos du Cailleret 2008 du Domaine des Lambrays, que j’avais qualifié de trop amer et d’austère la veille, offrait ce soir un nez élégant sur des notes végétales, du citron, de la minéralité et une touche d'ananas...» (In Vino Veritas no 146) Après aération, ou séjour dans une bouteille rebouchée, le vin sera différent le lendemain. L'oxygène modifie les arômes.

Un catalogue d'odeurs

Est-ce que les dégustateurs ne focalisent pas un peu trop sur les odeurs du vin. Comme le dit si bien Benoit Guy Allaire dans son livre Goûter le vin «Toutes les odeurs du monde peuvent se retrouver dans le vin. Les identifier est un jeu qui passionne nombre de dégustateurs. Il y a cependant plus dans l’analyse des arômes que de seulement en dresser le catalogue. Le nez d’un vin peut aussi donner de précieuses indications sur son état de santé, son origine et, surtout, sa qualité.»

D'ailleurs, autrefois, les vignerons et les marchands de vin ne mentionnaient les odeurs que lorsqu'il était question de défauts. Si on lit bien les descriptions de vin de l'auteur Michel Phaneuf, il est peu fait mention d'odeurs et d'arômes. Il se concentre plus sur la structure et les saveurs en bouche du vin.

D'ailleurs mêmes en ce qui concerne les défauts olfactifs du vin, «beaucoup croient savoir et en fait se trompent», disent Gilles de Revel et Sophie Tempère de la Faculté d'œnologie de Bordeaux. (www.sudouest.fr)

Après les odeurs, les goûts

Que faire alors?
Autant pour le consommateur que pour le communicateur sur le vin, il faut se concentrer un peu plus sur la perception du vin en bouche. Sa texture, son toucher de bouche, l'impression qu'il laisse, son acidité, sa sucrosité, etc. Et là encore restons conscients de nos différences de goût.

  Lire aussi

    Article modifié le 30 juin 2011

Pour réconcilier les clients du restaurant avec le vin

En France et en Belgique, le client boit de moins en moins de vin au restaurant. Il commande plutôt de l'eau.

Dans un article de la revue In Vino Veritas, Kris Lismont, premier sommelier de Belgique (concours 2010), fait un constat de la situation et propose des solutions.

«Première question: pourquoi certains clients choisissent-ils de se passer de vin? Il y a plusieurs raisons à ça, et les clients n’ont pas forcément tort.»

Des restaurateurs ont trouvé des solutions originales ainsi «aux Pays-Bas, certains restaurants proposent des formules BOB grâce auxquelles le chauffeur peut goûter les vins en toute petite quantité.»

L'auteur suggère aux restaurateurs de chercher à bien connaître sa clientèle et surtout de lui servir des vins de qualité. «Comment peut-on servir un vin médiocre, ou même carrément mauvais, de nos jours, dans un restaurant?»

Après avoir aussi suggéré de mieux former les sommeliers. Kris Lismont, conclut qu'il est «convaincu que la situation du vin dans la restauration peut être améliorée, pour peu qu’on ne songe pas uniquement à la rentabilité immédiate (et à engranger des marges éhontées). Il faut raisonner à plus long terme, garder les yeux et oreilles ouverts pour écouter le client...»

La revue In Vino Veritas, éditée en Belgique, est disponible en version pdf par abonnement sur Internet à 40 euros par année pour six numéros.  www.invinoveritas.apic.be

Salon des vins de Montréal devient La Grande dégustation de Montréal

Table Millésime Bio Montpellier FranceNous vous avons parlé en décembre du défunt Salon des vins de Montréal, un événement bisannuel très populaire qui ne reviendra plus. (Fini le Salon des vins de Montréal?)

Il sera remplacé par La Grande dégustation de Montréal qui se tiendra annuellement en octobre. Pour la première année du nouveau format, c'est la France qui sera à l'honneur. L'évènement se déroulera du 27 au 29 octobre au Palais des congrès de Montréal.

On nous annonce plus de 300 producteurs de plusieurs pays.

La formule sera très différente. Il n'y aura pas de grands stands aux formats variés. Ce serait plutôt des petites tables toutes du même format. Une nappe blanche, un producteur, quelques bouteilles par table. Un concept adopté aussi par certains salons en Europe, comme celui de Millésime Bio (voir l'image).

Que du nouveau vin!
Les vins, d'après ce que j'en sais, ne seront pas disponibles à la SAQ, ni en importation privée. Que du nouveau! Chaque producteur apportera un certain nombre de caisses. Il n'y aurait pas de vente sur place.

Est-ce qu'on paiera par coupons? Ou, est-ce que sera un vrai salon? J'ai toujours trouvé étrange que les producteurs fassent payer pour présenter leurs vins!

Cette nouvelle formule pourrait être une belle occasion de découvrir de nouveaux produits et de converser avec les vignerons et vigneronnes.

En attendant, il y aura le Salon des vins de Québec qui se tiendra du 11 au 13 mars au Centre des Congrès. Il est présenté par la SAQ. On y attend 125 producteurs. À noter qu'il y aura plusieurs conférences données par des producteurs dont Patrick Brunel, Brigitte Jeanjean et Paul Rieflé.

(Ajout le 17 mars) Il est à noter que le regroupement des agences d'importation privée, le RASPIPAV, ne participera pas à la Grande dégustation de Montréal. Le RASPIPAV tiendra son propre salon les 6 et 7 novembre 2011 au Marché Bonsecours à Montréal et le 9 novembre 2011 à l’Espace Dalhousie à Québec.

LE VIN EN DEUX MOTS: SUCRÉ OU NON

Vous vous souvenez peut-être que je vous ai parlé à quelques reprises des vins de type A et de type B, sucré ou acide. Êtes-vous un buveur de vin de type A ou B?

Eh bien! Cette semaine, Eric Asimov, le chroniqueur vin du New York Times aborde le même sujet dans son article Wine in Two Words : Sweet/Savory.
Le vin en deux mots: sucré ou non.

Il nous dit que les descriptions de vins avec une myriade d'arômes ne nous aident pas à comprendre le vin ou à prévoir l'expérience qu'on aura à le boire. Les arômes évoluent dans le verre. Donc, décrire le vin par les arômes qu'il a à un moment donné ne nous est pas utile. C'est comme essayer de capturer des lucioles.

Le vrai caractère du vin serait plus facile à comprendre si on résumait le vocabulaire à deux mots: sweet or savory. Que je traduis pas sucré ou non sucré. Le dictionnaire du New York Times défini savory ainsi: «savory: Piquant, pungent, or salty to the taste; not sweet».

«These two simple words suggest the basic divide of all wines, the two grand categories that explain more about the essence of any bottle than the most florid, detailed analogies ever could.»

Ces deux mots en disent plus sur le type de vin que toutes autres analogies plus ou moins fleuries qu'on pourrait faire.

Ensuite, dans son article, M. Asimov décrit ce qu'il en entend par sucré. «Americans talk dry but drink sweet». La plupart des vins préférés des Américains, rouges comme blancs sont sucrés, doux.  Sucré fait référence aux fruits (excepté le citron, la pomme, l'olive) «bold and full of fruit» et savory «higher-acid, bitter cherry and spice flavors» à tout ce qui n'est pas fruit : herbes, épices, viandes, cuir, fumée...

Enfin, il conclut que tous les vins peuvent être classés dans une de ces deux catégories, selon les raisins et les types de vinifications. Toutefois, chaque vin devra être évalué individuellement car il peut y avoir de nombreuses exceptions. Il donne des exemples des deux catégories:

Sweet: Zinfandel, grenache, Amarone, commercial Beaujolais, California pinot noir, viognier, modern Barolo, Napa cabernet

Savory: Fino sherry, Muscadet, serious Beaujolais, white Burgundy, dry riesling, Rhone reds, old-school Barolo, extra-brut Champagne.

Personnellement, je nommerais plutôt les deux catégories: sucré ou acide, selon la saveur principale.

Vérinique Rivest traite d'un sujet connexe dans sa chronique d'aujourd'hui du quotidien LeDroit. «Il en est ainsi lorsqu'on parle de goûts, chacun a sa façon de les ressentir et de les décrire. Ça ajoute peut-être à la confusion, mais au plaisir (et aux débats!) aussi.»

Deux articles à lire: Wine in Two Words, Eric Asimov, New York Times, 22 février 2011; et De goût et de culture, Véronique Rivest, LeDroit, 24 février 2011.

Quelques nouvelles dans le monde du vin

Les Français peuvent bien être moroses depuis quelques années! Ils boivent maintenant moins de vin que d'eau. (Chroniques vineuses)

Qui dit qu'il y a crise dans le bouchon de liège? Les bénéfices d'Amorim ont quadruplé en 12 mois: 20 535 M€. (Vitisphère)

L'affaire Suckling a fait jaser au Québec: Jean Aubry parle des «deux de pique»; Bill Zacharkiw de «Tweet of the year» après Mathieu Turbide qui parlait de «colonialisme».

À lire aussi dans le magazine papier Vins et Vignobles, le commentaire décapant de Jacques Orhon sur les caricatures de sauvignon de la Nouvelle-Zélande et du Chili. «Un festival d'asperges vertes, de feuilles de tomate, et de marmelade de fruits de la passion, de goyaves, d'ananas et de mangues (...) quand la technologie prend le dessus sur les terroirs et les bonnes traditions, c'est souvent regrettables.» «Pire, je rencontre des amateurs pour qui ce type de vin devient la référence en matière de sauvignon.» «Pire encore (...) des producteurs français (...) tentant d'imiter ce qui se fait mal ailleurs.»

Diminution de la production de vin en France

La production du vin d'appellation contrôlée en France est inférieure en 2010 à ce qu'elle était en 1994.

En effet, en 1994, la France produisait 22,9 millions d'hectolitres de vins de catégorie VQPRD (AOP aujourd'hui)(*); puis en 2010, c'est 21,8 millions d'hectolitres. Il y a eu un creux en 2003 à 21 millions, puis un sommet en 1999 avec 28 millions.

Selon ces chiffres fournis par le Ministère de l'Agriculture français, la production de vin de qualité stagne dans la douce France. Toutefois, il faut noter dans cette catégorie la progression des champagnes dont la production est passée de 1,8 à 2.3 millions d'hectolitres pour la même période.

Enfin, la production des vins de pays et de table, appelés aujourd'hui vins IGP et sans IG régresse encore plus vite: de 21,7 millions d'hectolitres en 1994 à 15,6 millions 17 ans plus tard.

La production de vin pour le cognac est aussi en forte baisse de 9,9 à 8,1 millions d'hectolitres.
Ce qui fait que la production totale de vin en France (y compris distillé en cognac) est passée de 54 à 45 millions d'hectolitres en 17 ans.

(*) VQPRD Vin de qualité produit dans une région déterminée (AOC et VDQS);
     AOP Appellation d'origine protégée;
     IGP Indication géographique protégée.

Source: Agreste Data-Publica.

Ces outils qui prétendent conserver le vin

Il y a plusieurs de ces gadgets sur le marché qui prétendent conserver le vin une fois la bouteille ouverte.

La Revue du vin de France a testé «les meilleurs d'entre eux».

Elle en conclut qu'aucun ne permet de préserver les arômes des vins plus de quatre jours.

«Les outils fonctionnant sur le principe du vide d'air dans la bouteille ont tendance à éliminer les arômes les plus expressifs du vin...»

1er Préservino de Climadiff  89 €
 Au bout de quatre jours, les vins deviennent moins expressifs.
2e Qivino  184 €
 «Après quatre jours, les vins perdent en fraîcheur et en intensité»
3e AutoVac 25 €
 Encombrant, après cinq jours, les vins avaient perdu la plupart de leurs qualités.
4e Sowine  299 €
 Légère altération après deux jours.
5e Private Reserve  15 €
 Vins déstructurés après quatre jours.
Screwpull  13 €
 Copie du Vacuvin. «En deux jours, tous les vins pollués par l'odeur de caoutchouc étaient imbuvables.»

J'avais testé les deux derniers produits disponibles au Québec. Ma conclusion «d'une complète inefficacité et même nuisible.»

De toute manière, le vin se conserve de trois à cinq jours sans ses supposés «outils»!

Le mieux est de conserver son vin au réfrigérateur avec des bouchons sains en verre, ou de type lbv.

Si l'on veut conserver son vin plus longtemps, on le transvide dans des contenants plus petits, afin qu'il n'y ait pas d'air dans la bouteille.

Lire aussi:

La consommation de vin en pleine expansion au Canada

«En 10 ans, la consommation de vin aura augmenté 10 fois plus vite au Canada que la moyenne mondiale», c'est ce que prévoit Xavier de Eizaguirre, président de Vinexpo.

De 2005 à 2009, la consommation de vins au Canada a augmenté de 22 % et elle devrait s'accroitre de 19 % selon une étude de IWSR faite pour Vinexpo. «Une progression à deux chiffres tout à fait impressionnante “ dit M. de Eizaguirre.

Le Canada se place ainsi en troisième position derrière la Chine et les États-Unis pour la croissance de consommation en volume sur 10 ans.

La crise économique ne semble pas avoir frappé les consommateurs canadiens, du moins en ce qui concerne le vin.

Les Canadiens boivent du bon vin

  • Le Canada est en effet le 4e marché mondial pour la vente de vin à plus de 10 $, après les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
  • Le Canada est le 4e importateur de vin en valeur et le 5e en volume.
  • Le Canadien consommait 12 litres de vin en 2005; 14 litres en 2009; on prévoit que ce sera 16 en 2014.  (Le Québécois, lui, a déjà passé le cap du 20 litres.)


Les Canadiens achètent surtout du vin de :
France 5,6 millions de caisses; en baisse de 2 % depuis 2005;
Italie 5,6 millions de caisses; en hausse de 23 %;
Australie  4,5 millions de caisses;
USA 3,9 millions de caisses; en hausse de 42 %;
Chili 21,1; hausse de 33 %;
Afrique du Sud 0,9; hausse de 61 %;
Allemagne 0,5; hausse de 14 %.

Le président de Vinexpo est venu présenter cette semaine à Montréal les résultats de la dernière étude du cabinet britannique The IWSR sur la consommation mondiale du vin et les prévisions 2014. Je vous parlerai d'autres données de cette vaste étude au cours des prochains jours.

Ce n'est pas la faute du public

Mon article sur le prix du jury de Québec a suscité de nombreux commentaires.
Dans ce concours, les six premiers prix ont été donnés à six «gros vins bien simples», loin d'être les meilleurs. Je posais une série de questions, dont «comment peut-on en arriver à un tel choix?»

Le président du Salon des vins de Québec, René Lafontaine a demandé de répondre par écrit. Il dit qu'il y a eu malentendu et que l'exercice a été rigoureux.

Vous trouverez sa réponse ainsi que mon commentaire ici Le Jury de Québec préfère les bas de gamme.

Une fiche de dégustation simple

Voici la petite fiche de dégustation améliorée!

Mercredi dernier, j'ai publié une fiche de dégustation simple et utile. J'ai reçu plusieurs commentaires et suggestions qui me permettent de l'améliorer un peu, tout en la conservant bien simple.

Le but de l'opération est de vous fournir un outil facile permettant d'évaluer les vins que vous dégustez.

Il existe de nombreuses fiches de dégustations sur internet. La plupart ont un but pédagogique. Elles sont fort utiles, mais je me suis rendu compte qu'elles sont fastidieuses à remplir ce qui fait qu'on les abandonne vite.

Beaucoup de ces fiches sont dépassées. Elles donnent des points à la couleur du vin, ce qui est ridicule. Pire, elles avantagent souvent les gros vins en réservant beaucoup de points à l'intensité. Nous en voyons le résultat dans les concours.

Ici, c'est plus simple, on juge les saveurs, leur complexité et la texture du vin selon le plaisir qu'ils nous donnent.

Saveurs
Les saveurs, les arômes et les odeurs, au nez, en bouche et en rétro-olfaction. Il y a plusieurs centaines d'arômes qu'on peut percevoir dans le vin. N'oubliez pas que notre odorat est unique comme nos empreintes digitales, qu'on ne sent pas les mêmes choses dans le vin.

Complexité
Complexité des arômes, on parle alors de bouquet, des saveurs, complexité du vin. Plusieurs saveurs, plusieurs sensations. À chaque gorgée, on sent, on goûte des choses différentes. Le contraire de vin simple, unidimensionnel. Un grand vin est complexe.

Texture
La texture est l'élément essentiel trop souvent négligé par les critiques de vin qui se concentrent surtout sur les odeurs.
La texture, pensez aux tissus: soie, satin, lin, jute, cordurois, jeans, velours, etc.; au granulé, à la finesse, à la rudesse; à l'ampleur, au gras, à la fruidité, à la tension, à la rondeur, à la mâche, à l'acidité, au pâteux, à la fermeté, à l'élégance... Un vin rugueux n'est pas nécessairement moins bon qu'un vin soyeux, surtout si vous vous préparez à manger un plat costaud. On parle aussi de flaveur, la sensation gustative et olfactive provoquée conjointement par l'odeur et le goût perçu à l'intérieur du palais pendant la dégustation d'un alliment.

Voici la description de la texture du vin donnée par Martine Coutier dans son Dictionnaire de la langue du vin «Texture: [bouche (perceptions tactiles)] Décrit la struture du vin considérée sous l'angle des sensations tactiles (consistance, densité, douceur, dureté). Grain, structure, trame. Texture charnelle, charnue, crémeuse, délicate, dense, fine, fondue, grasse, lisse, onctueuse, polie, satinée, serrée, soyeuse, suave, veloutée.»

Laisse une belle bouche
Oui, non, ce vin vous laisse une bouche dans un bel état.

J'ai regroupé quatre images de cette fiche sur une même page que vous pouvez imprimer. (fiche-degustation-qualite-plaisir.pdf)

Le Jury de Québec préfère les bas de gamme

Les grands médaillés du Prix du Public Québec 2011– leSoleil sont des vins d'entrée de gamme!

Près de 400 vins ont été dégustés par 350 «dégustateurs amateurs» de Québec en marge du Salon des vins de Québec. Ils ont donné 102 médailles, dont 6 grandes médailles d'or.

Voici les vins déclarés les meilleurs, les six grandes médailles d'or : Cabernet Sauvignon Kendall-Jackson Vintner’s Reserve; Cidre de glace Domaine Pinnacle; Babich Sauvignon Blanc; Penfolds Koonunga Hill Shiraz Cabernet; Château Bouscassé Madiran et Reserve Mouton Cadet Saint-Émilion.

Donc, tous des bas de gamme! Quatre produits courants et deux de spécialité (selon les critères de la SAQ).

C'est donc ça les meilleurs vins des 400 présentés! Du gros vin bien simple. Des vins qu'on peu qualifié de corrects à bons (une à deux étoiles et demie), mais sans plus. Pas de très bons vins, encore moins de vins exceptionnels.

Comment peut-on en arriver à un tel choix? Est-ce dû au phénomène d'aplatissement des moyennes dans les jurys? À la faible qualité des vins présentés? Au type de fiche de dégustation utilisée? À la sélection des dégustateurs? À l'aide des «experts en vin» à chaque table?

Est-ce qu'on ne boit que du «petit vin» à Québec, dans les restaurants de Québec? Non.

Vous trouverez la liste des médaillés 2011 sur le site LLP Experts en vin.

La réplique du présisent du Salon des vins de Québec

Il faut respecter les choix des autres
Cher Monsieur Gagnon,
J’aimerais revenir sur votre commentaire du 8 février dernier au sujet des  
Prix du public 2011, car je crois qu'il y a malentendu. Les "Prix du public"  
met en compétition des produits de consommation courante disponibles à la  
SAQ et chez des producteurs québécois et dont le prix doit être de 20 $ et  
moins, sauf exception.

L’exercice est rigoureux, non-élitiste et produit, croyons-nous, des  
résultats pertinents. À preuve, nous avons trouvé, dans les résultats  
2011, des lauréats qui figurent parmi vos propres sélections Qualité-Prix.
Tous les vins sont dégustés à l'aveugle, avec une fiche de dégustation  
réalisée en collaboration avec les Citadelles du vin de Bordeaux, une des  
grandes compétitions de vins au monde. Les dégustateurs sont pour leur part  
représentatifs du consommateur moyen et sont assistés d’experts dont des sommeliers et membres de confréries bachiques. C’est dans ce contexte que  
les 350 dégustateurs des Prix du public 2011 ont choisi des gagnants qui  
correspondaient à leurs goûts et il m’apparaît qu’il faut respecter ce  
choix.
J’accepte que, selon vos critères de dégustation, vous contestiez  
certains choix de ces « dégustateurs d’un jour ». Toutefois, les termes  
choisis peuvent être offensants pour l'ensemble des acteurs (dégustateurs,  
agences, producteurs, organisateurs, etc.) impliqués dans cette activité  
qui sert à démocratiser le vin.  Enfin, je trouve superflue  
l’interrogation qui termine votre article et qui se lit ainsi : « Est-ce  
qu'on ne boit que du «petit vin» à Québec, dans les restaurants de  
Québec? ». La réponse, vous le savez, est NON.»

René Lafontaine, président
Salon international des vins et spiritueux de Québec

Ce n'est pas la faute du public
Que ce soit des dégustateurs du public ou expérimentés, les vins qui gagnent ce genre de concours sont toujours les plus gros, les plus confiturés. Un vin fin a peu de chance de l'emporter parce que les critères imposés aux dégustateurs favorisent les gros vins. Pour obtenir la grande médaille, un vin doit avoir 95 points. Dans ce concours, 12 points sont réservés à l'intensité. Un vin fin perdra ici facilement quelques points. De plus, 16 autres points vont à la franchise, 8 à la persistance et 15 à la couleur.
Ainsi les vins intensément et franchement confiturés surpasseront facilement les vins fins.
Il suffirait de modifier ces critères pour obtenir des résultats différents.

Sur le même sujet, lire Pourquoi les bons vins ne gagnent pas les meilleurs médailles?  Des médailles d'or par hasardUn débat sur les concours de vin.

Ce sujet est aussi débattu sur le forum Fou du vin.

On tente d'imiter les pinots noirs de Bourgogne

Les tentatives d'imitation sont quelquefois bonnes, mais souvent caricaturales.
De nombreux producteurs de par le monde essaient d'imiter les vins rouges de Bourgogne, ou tout au moins l'image qu'ils se font des vins de la Cote d'Or.

Les plus grands imitateurs et aussi les plus mauvais sont ceux de Nouvelle-Zélande.

Voici quelques caractéristiques des pinots noirs de Bourgogne avec leurs équivalences en Nouvelle-Zélande

Bourgogne

Fruit acidulé
Fumée
Viandeux
Minéral
Cuir fin
Crème
Vineux
Sec
Fruits des bois
Pinotte
Cher

Nouvelle-Zélande

Pastilles acidulées
Boucane
Faisandé
Métallique
Tabac chaud
Vanille
Alcooleux
Presque sec
Cannerberge
Zélande
Cher

Quelques belles découvertes au salon Millésime Bio 2011

Plus de 500 vignerons ont présenté leurs vins au salon Millésime Bio de Montpelier (France) en janvier. Ce salon qui en est à sa 18e édition prend de plus en plus d'ampleur. Il n'est pas ouvert au public, mais seulement aux acheteurs de par le monde qui viennent y faire des découvertes. Les journalistes aussi y sont admis.

La plupart des producteurs présents cette année sont de France, du Languedoc surtout; plus quelques italiens, espagnols, mais peu.

Une surprise, un producteur égyptien : Egybev

Une petite table, trois bouteilles, un rouge de deux millésimes et un blanc. Le premier rouge est bien rustique, le deuxième mieux, par contre le blanc est très agréable! Son nom : Jardin du Nil blanc 2010, dans une bouteille en forme de quille. Les cépages cultivés en blancs sont le vermentino, le chardonnay et le bannati; en rouge, cabernet sauvignon, syrah, merlot et petit-verdot.

Il y a trois producteurs de vins en Égypte me dit André Hadji-Thomas, d'origine libanaise et directeur général d'Egybev. C'est le seul producteur bio. Pourtant, ajoute-t-il, il est facile de faire bio dans ce pays très chaud et très sec. (Kouroum)

Domaine du Closel

Puis quelques tables plus loin, une productrice de Savennières. Son vin était connu au Québec. Le Domaine du Closel. Des savennières d'une grande richesse, moins sévères que plusieurs autres vins de l'appellation.  Évelyne de Pontbriand me dit Évelyne de Pontbriandqu'elle élève ses vins comme elle a élevé ses quatre enfants, soit le plus sainement et le plus naturellement possible. Bio bien sûr!

C'est dommage que ces vins ne sont plus au Québec, Clos du Papillon et Les caillardières. La vigneronne de caractère a eu un imbroglio avec la SAQ. Lire à ce sujet le texte Une productrice en colère contre la SAQ, septembre 2008. Je lui demande si elle est toujours en colère :«Oui, je suis toujours en colère.» Mais elle me dit cela avec un grand sourire. Elle est bien polie Mme de Pontbriand. (Closel)

Brocard à Chablis

Des chablis de belle qualité produits par la maison Jean-Marc Brocard qui utilise la capsule à vis sur une partie des bouteilles exportées. «Pas pour le marché français», nous dit-on. Le Français n'est pas prêt pour la capsule. Les avantages de la capsule à vis «La capsule à vis garantit le respect des arômes et la régularité de qualité. La capsule à vis évite les vieillissements prématurés; la dégradation du fruit des vins rouges; les défauts de pureté, d’amaigrissement et bien sûr l’apparition du fameux "goût de bouchon" » (Brocard)

Il n'y a pas que la capsule à vis, le bouchon de verre est aussi utilisé par certains producteurs bio, comme la maison Loacker qui fait des vins dans le Sud-Tyrol et en Toscane. Des vins amples et bien costauds. (Loacker)

Alsace bio

Il y avait 24 producteurs alsaciens à ce salon de vin bio. Un au hasard, André Stentz, en culture bio depuis 1984. On lit sur son site internet que «le sol n'est pas ce support inerte qu'il faut remplir d'engrais. Les sols sont des milieux complexes et vivants qu'il faut comprendre et stimuler.» (Stentz)

Ses vins sont savoureux et éclatants. Son pinot noir bien agréable. C'est rare qu'on a l'occasion de goûter un bon pinot noir d'Alsace. André Stentz nous dit que «depuis quelques années, on a appris à mieux travailler nos rouges. Le plus important en rouge, c'est la macération.» Est-ce que la Bourgogne aura un concurrent?

En parlant de Bourgogne, mentionnons les beaux chardonnays du Domaine Dominique Cornin. (Cornin)

Des médaillés

En marge du salon s'est tenu un concours du vin bio. Parmi les gagnants notons : Champagne André et Jacques Beaufort, Pierre Frick, Pech-Latt, Loacker, Château Couronneau, Albert i Noya, La Nerthe, Gérard Bertrand, Clot de l'Oum, Egybev, Château Romanin, Château de Caraguilhes et le Domaine du Closel.

Vous trouverez la liste des médaillés à cette adresse challenge-millesime-bio.com.

La viticulture bio progresse

La viticulture bio est en nette progression en France. En 1998, il y avait 498 exploitations déclarées bio, 20 ans plus tard en 2008 c'est 2301 exploitations qui se disent bio. Le boom s'est fait en 2007, 2008 et 2009 avec des hausses annuelles de surfaces bio de 20 et 25 %. Pour 2009, la conversion bio est en hausse de plus de 50 % en Midi-Pyrénées, en Languedoc-Roussillon et dans le Rhônes-Alpes. (1)

«Le marché mondial du bio est passé de 15 milliards de USD de chiffre d’affaires en 1999 à 50,9 milliards de USD en 2008» «L’Allemagne est le débouché historique des vins IAB français et européens (36% de l’export sur l’ensemble des exposants à Millésime Bio 2010)» (2)

Tout savoir sur le vin bio

Si vous vous demandez qu'est-ce que le vin bio? Lisez les informations sur ce site www.millesime-bio.com Qu'est-ce qu'un vin bio? La réglementation; La charte de vinification; Les règles de vinification en France et à l'étranger, etc.

La SAQ s'impliquera dans les réseaux sociaux internet

La Société des Alcools du Québec (SAQ) sera active sur Facebook, Twitter, YouTube et autres réseaux sociaux sur internet.

On lisait dans les médias internet ces derniers jours que les médias sociaux n'avaient pas beaucoup d'influence sur les ventes de vins aux États-Unis, en Angleterre et en France. Une autre étude disait le contraire. Toutefois, on y apprend que les gens s'informent beaucoup sur Internet avant d'acheter du vin.

Quoi qu'il en soit, le réseau internet est devenu incontournable. Les consommateurs l'utilisent pour préparer leurs achats.

On parle beaucoup du vin sur les réseaux sociaux, les forums, les blogues, Facebook, Twitter et autres.

Un blogueur de France vient de recenser 300 blogues francophones sur le vin. Dans les forums, la Société des alcools du Québec est souvent prise à partie, critiquée. Les adeptes des forums, la plupart anonymes, ont le clavier facile et la vérification rare. Ils y publient toute sorte de choses vraies, moins vraies et fausses.

Lorsqu'on fait une recherche rapide sur le forum Fou du vin avec Google, on trouve 1650 résultats contenant les trois lettres SAQ. Les derniers commentaires concernaient la lenteur du site internet de la société des alcools.

Une recherche sur les blogues, via Google toujours, nous donne 43 000 résultats pour les lettres SAQ.

Dans les sections Courriers du lecteur ou Opinions des journaux, la SAQ est souvent critiquée, mais ne réplique pas, comme ici dans La Presse où on l'accuse d'agir illégalement en annonçant «des produits hameçons».

De plus en plus d'entreprises sont actives sur les réseaux sociaux, y défendent leur réputation et y font de la promotion.

Dans le monde du vin, des producteurs, des vignerons, des importateurs alimentent régulièrement soit leur compte Facebook, les gazouillis de Twitter ou mieux des blogues de discussions.

On soupçonne aussi des entreprises d'être très actives dans des forums, mais sous des pseudonymes, en se faisant passer pour des consommateurs.

La SAQ est déjà sur Facebook, mais elle n'y est pas très active pour le moment: seulement deux post, quelques photos, trois amis, mais il est écrit «28 472 personnes aiment ça»!

Elle n'aurait pas de compte Twitter, ni de blogue. Toutefois, des employés et des cadres de la SAQ (me dit-on) sont actifs anonymement sur les forums.

Tout ça va bien changer. En effet, la société d'État est à la recherche de deux animateurs de réseaux sociaux sur le vin. Le contrat de trouver ces personnes a été confié à la firme Sid Lee. À la SAQ, on me dit que c'est une première incursion officielle dans les réseaux sociaux. «C'est une première, on verra ce que cela donnera», dit Linda Bouchard. Une des personnes d'occupera de la clientèle du magazine Cellier, l'autre de Tchin Tchin. Ces personnes signeront les billets de leurs noms.

La description du poste affiché sur les sites www.grenier.qc.ca/emplois et careers2.hiredesk.net se lit ainsi:

«L’animateur de communauté produit du contenu éditorial, suscite les conversations, gère les échanges et exécute des opérations de communication sur diverses plateformes de réseaux sociaux en matière de vins et d’actualité vinicole et gastronomique.

Ses tâches seront :
-Exécuter les communications dans les réseaux sociaux en fonction d’objectifs préalablement définis;
-Animer des actions de recrutement de nouveaux membres et assurer la fidélisation des membres;
-Animer un compte Twitter et Facebook : modérer les interventions de la communauté, engendrer une conversation et répondre aux questions pertinentes des membres;
-Faire rayonner la communauté gérée en intervenant et en créant des liens avec d’autres plateformes connexes;

-Produire et gérer quotidiennement des contenus éditoriaux s’assurer du respect des critères de publication;
-Participer et superviser (recherche, animation, montage) la production de vidéos;
-Effectuer une vigie des autres sites de même nature autant au Québec qu’à l’extérieur de la province et en agréer le contenu.»

Bonne chance! Beaucoup de travail en vue!

  À l'intention des réseaux sociaux: ne copiez pas ce texte. Il pourrait être modifié prochainement. Placez plutôt l'hyperlien : http://vinquebec.com/node/8029

Les plus mauvais vins sont argentins, chiliens et espagnols, selon le Wine Spectator

Les plus mauvais vins notés par le Wine Spectator proviennent de pays où l'on parle l'espagnol!

Dans les magazines papier et internet, il est souvent question des meilleurs vins, des tops 10, des tops 100, des vins qui obtiennent des notes sublimes de 100 sur 100, de 95 + ou des 90 points.

Aujourd'hui, nous allons parler des plus mauvais vins, c'est-à-dire de ceux qui n'obtiennent pas la note de 90, pire qui ne méritent même pas la note de 85 donnée par le magazine Wine Spectator.

En 2010, les dégustateurs de la célèbre revue américaine ont goûté 15083 échantillons de vin mis en marché au cours de l'année. Ils donnent des notes de 50 à 100 à chaque bouteille. En général, les producteurs leur envoient leurs meilleurs vins. Le prix moyen de ces bouteilles est assez élevé soit de 69 $.

Dans son édition de février, le magazine publie les statistiques de ses notes compilées par région, ça s'intitule Rating the year in wine.

Pour l'ensemble des vins, la note moyenne est celle-ci:
15 083 vins, prix moyen 69 $;  2% (95-100);  30 % (90-94);  50 % (85-89); 15 % (80-84) et 3 % (50-79 %).

Donc, les dégustateurs de la revue ont donné des notes de 95 à 100 à 2 % des 15 083 vins dégustés en 2010, et une note inférieure à 80 à 3 % des produits.

Nous allons ici nous concentrer sur les notes des deux catégories inférieures, c'est-à-dire les notes inférieures à 85.

En général, lorsqu'un producteur envoie un échantillon au magazine, il espère bien avoir une note de 90 et plus. Sur le site du WS on compte aujourd'hui 364 vins de 15 à 25 $ qui ont ces notes avantageuses. Un grand nombre de vins à moins de 15 $ obtiennent aussi 90.

Dans le tableau des résultats de cette année, l'on constate qu'il y a une grande disparité de note entre les régions.

Ceux qui obtiennent les plus mauvaises notes sont les pays de langue espagnole.
L'Argentine arrive en queue de peloton avec 41 % de ses vins qui ne méritent même pas la note de 85. Elle est suivie du Chili avec 36 % de recalés et de l'Espagne avec 35 %.

Les vins du Languedoc-Roussillon sont aussi mal notés avec 27 % de notes inférieures à 85, suivi de l'Afrique du Sud avec 25 % et de la Californie avec 20 %.

Voici un tableau résumant les mauvais résultats par régions viticoles:

  • Argentine  41 % de notes inférieures à 85
  • Chili       36 %
  • Espagne 35 %
  • Languedoc-Roussillon 27 %
  • Afrique du Sud 25 %
  • Californie 20 %
  • Portugal 18 %
  • Autriche 17 %
  • Italie     14 %
  • Alsace   13 %
  • Bordeaux 13 %
  • Australie  12 %
  • Loire       11 %
  • Nouvelle-Zélande 10 %
  • Bourgogne 8 %
  • Rhône       6 %
  • Allemagne  5 %
  • Oregon      5 %
  • Washington 4 %
  • Champagne 2 %

(18 % des 15 083 vins obtiennent une note inférieure à 85.)

Des chiffres assez étonnants qui reflètent les goûts des dégustateurs de cette revue américaine. Toutefois, ce qui m'intrigue le plus, c'est la faible performance des vins d'Espagne. Pourquoi le WS donne-t-il un si grand nombre de mauvaises notes aux vins de ce pays? C'est peut-être tout simplement dû au fait que le responsable de la section Espagne, Tim Matthews, est moins généreux. Une autre révélation pour moi : les vins de l'Oregon et de Washington sont bien mieux notés que ceux de Californie.


Source: Wine Spectator (Jan 31-Feb 28, 2011), Rating the year wine, p. 104.

Est-ce que le vin bio est meilleur?

Lab Natoli et CoeC'est une question qui m'est souvent posée lorsqu'on parle de vin bio.

Un vin bio est un vin qui est fait avec des raisins qui n'ont pas été contaminés par des produits chimiques. Des raisins qui proviennent de sols sains dont la faune microscopique n'a pas été détruite par de puissants pesticides, insecticides et autres phytosanitaires.

Est-ce que cela se reflète au niveau du goût?
Une chose est certaine, il y a des goûts, des saveurs, des arômes, des textures qu'on retrouve dans le vin bio et qui ne sont pas dans les vins issus de la viticulture chimique.

Comment expliquer cette différence?
Jean-Paul Mas, des Domaines Paul Mas, nous dit que «le vin bio n'est jamais semblable au vin conventionnel. Je ne sais pas trop pourquoi. Je suppose que c'est dû à la présence de minéraux que la vigne va chercher dans le sol non contaminé. Ces minéraux combinés à des enzymes qui s'y accrochent, s'y développent et donneraient des vins si différents.»

Toutefois, il ajoute que cela ne se fait pas en un jour. «Après des dizaines d'années de destruction par des produits chimiques qui tuent la vie sur et dans le sol, ça prend une bonne dizaine d'années de culture bio avant que le sol ne retrouve son état normal, sain et original.»

Alors, quoi de mieux pour vérifier si le vin bio est meilleur que d'aller en déguster.

Un dimanche, le 23 janvier, je me pointe en compagnie d'un groupe de collègues de Scandinavie et du Québec au laboratoire oenologique Natoli & Coe près de Montpellier (France). Il est formé d'une équipe d'oenologues qui conseillent les viticulteurs de la région et d'un peu plus loin. Ils ne conseillent pas que les vignerons bio. Ils nous ont préparé une dégustation de 40 vins bio du Languedoc et du Roussillon. Des vins qui sont exportés en Norvège, en Suède, en Finlande et au Québec, puisque nous étions un groupe de journalistes provenant de ces pays où la vente du vin est réservée à un monopole.

Le premier vin dégusté en ce dimanche matin me laisse une très belle impression. Il se nomme Pinot Noir Pur 2009 du Château de Brau, exportation privée au Québec, 22 $ (Syl-Vins), en Ontario et en Alberta. C'est jeune, bien fruité sur une note d'humus. C'est frais et original, je lui donne trois étoiles (très bien) ***.

Un autre vin de la même maison, le Fer Servadou 2009 21 $ (Québec IP Syl-Vins, Alberta) a un beau fruité que je qualifie d'original, riche, de texture lisse, il laisse une belle bouche fraiche. Très bien aussi ***.

L'an dernier, un vin de cette maison, le Cabernet Franc 2006 m'avait beaucoup impressionné.

Je continue avec le Saint Bart Vieilles vignes du Clot de l'Oum, Roussillon 2008, très foncé, rond, expressif, d'une belle bouche jeune, ample et assez élégante. (vini-vins) ***

Puis deux vins que je trouve insatisfaisants, le Canon du maréchal 2010 de Cazes, peut-être pas encore fait ainsi que le Pinot noir 2009 Les Chemins de Bassac. Par contre La Cuvée Marie Gabrielle Roussillon 2009 de Cazes (SAQ) est bien meilleure avec son fruité raffiné et sa structure assez fine **1/2; ainsi que l'élégante Cuvée Isa 2007 (17 $ Qc Ip Raisonnance) de Bassac ***.

Ensuite, une remontée en flèche avec Les Fontanilles, Corbières 2008 du Domaine des 2 Ânes, ample, riche, du corps, plus de tout, très long. Très bien (IP Planvin 20 $) ***1/2 (Norvège, Suède et Québec). L'Enclos 2008 de la même maison, d'un bel équilibre, séveux et plein ***1/2. Puis le Classique, Corbières 2009 du Château des Caraguilhes, disponible en Colombie-Britannique ***.

On redescant avec Le Roc des Mates, Pic Saint-Loup 2007 du Château Caseneuve, correct *. Par contre Les Calcaires 2008, de la même appellation et de la même maison nous séduit par sa belle longueur gustative. Il faut toutefois l'aérer longuement, il dégage au début des arômes un peu étranges. (Québec et Suède) **1/2

Les Garrigues 2008 du Domaine Clavel (Norvège, Suède et SAQ) est très bien, du fruit, du corps, une jolie finale **1/2. De la même maison, le Bonne Pioche 2009 (Québec, Suède, Norvège) AOC Pic-Saint-Loup est moins tannique, plus souple, d'un fruité bien agréable. **1/2

Dans un registre bien différant la Cuvée Laudun par Philippe Faure-Brac, Dom. Duseigneur Rhône 2007 (Québec Réserve et Sélection), souple et élégante ***.

Mentionnons aussi la Cuvée Plaisir 2009 du Domaine Monplesy (Québec, Suède) d'un riche fruité avec une sensation pétillante en bouche **1/2. Son rosé Plaisirs interdits 2010 est un beau vin de party **.

Parmi les 12 blancs, nous trouvons moins d'éclats, sauf pour le Cine Panetonne 2009 du Clot de l'Oum (Qc, On et CB), costaud, gouteux, cire, pêche, d'une belle personnalité *** et les mousseux du Domaine Delmas disponibles en Scandinavie. Son crémant de Limoux et surtout sa Blanquette ancestrale sont particulièrement bien réussis.

Le bio est-il meilleur?

Après la dégustation de 40 vins, peut-on finalement répondre à la question?
Oui, il y a de très bons vins bio. Il y en a aussi de moins bons. La proportion de bons vins et surtout de très bons vins l'emporte dans cet échantillonnage. Ce sont des vins encore jeunes, plaisants à boire, d'un fruité agréable. Il y a eu quelques mauvaises odeurs, mais pas trop, moins que dans les vins chimiques.

Donc, si les prix sont raisonnables, ces vins seront bien attirants, surtout qu'on aura encore plus l'impression de boire un produit sain, un breuvage santé.

Où trouver ces vins?
Ils sont ou seront disponibles au Québec, si indiqué, mais pas nécessairement à la SAQ, certains sont en importation privée, ce qui ne facilite pas la recherche. J'ai indiqué lorsque connus les liens vers la maison d'importation, sinon il faut aller voir sur les sites saq.com ou raspipav.com.

__
Cette visite au Laboratoire oenologique Natoli & Coe et la tournée de presse a été faite à l'invitation de l'AIVB-LR dans le cadre du salon Millésime Bio 2011.

Le vin moins cher au Québec qu'en Alberta!

On entend souvent dire que le vin est moins cher en Alberta qu'au Québec.
Dans cette province de l'Ouest canadien on a privatisé la distribution du vin il y a quelques année. Selon certains cela aurait permis une baisse des prix.

Mais si c'était le contraire?
Entre deux vols vers le Languedoc, un collègue me signale avoir noté dans un magazine canadien du vin que les prix indiqués pour le Québec sont souvent inférieurs à ceux des mêmes vins dans les autres provinces.
Il me remet la revue Wine Access de décembre et janvier.

En effet, sur les 13 vins dont on mentionne les prix à la fois pour l'Alberta et le Québec, 8 des vins sont moins chers au Québec et seulement 5 sont plus abordables en Alberta!

Ce n'est pas un grand échantillon, mais tout de même, ça permet de remettre en question un mythe.

Voici quelques exemples:
Louis Latour 2008 Chardonnay Bourgogne
  Qc 18 $; Ab 20 $; BC 21 $; On 16 $.

Fonseca Bin 27
  Qc 18 $; Ab 22 $; BC 23 $;On 16 $.

Tedeschi 2004 Amarone
  Qc 78 $; Ab 85 $; On 92 $.

Segura Viudas Brut
  Qc 14 $; Ab 16 $; On 16 $.

Caymus 2007 Cabernet sauvignon
  Qc 89 $; Ab 99$.

Source Wine Access, Dec/Jan. pages 17, 79, 80 et 81.

Forte hausse des ventes de vin bio au Québec

Même s'il n'est pas toujours facile de trouver du vin bio sur les tablettes de la SAQ, on doit constater qu'il y a tout de même hausse de la demande et de l'offre.

Les ventes de vins bio se sont accrues de 23 % au Québec au cours de la dernière année. Ce n'est pas rien. C'est 1,1 million de bouteilles vendues.

La porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard, nous dit «qu'on sent l'intérêt du consommateur. Car 23 %, c'est 4 fois plus que la croissance générale des ventes de la SAQ. D'ailleurs, 2 nouveaux produits seront ajoutés aux 14 de la section régulière en février.»

Il y a 174 produits bio actifs enregistrés, la plupart en roulement dans la section des spécialités.
C'est toutefois relativement peu comparé à l'ensemble de l'offre vin qui totalise plus de 7000 produits.

De plus, Mme Bouchard nous signale qu'il s'agit ici de vins bio déclarés. «De nombreux producteurs n'indiquent pas que leurs produits sont bio.» Combien? «On ne le sait pas, on ne peut pas l'évaluer.»

Il faut relativiser ici: une hausse de 23 % ça semble beaucoup, mais c'est une forte hausse sur une petite quantité. L'offre de vin bio reste quand même bien marginale.

Les vins déclarés bio sont indiqués par ce logo sur le site internet de la SAQ. Dans les succursales, ils doivent être signalés par une affichette. Par contre, dans la section des spécialités, il n'y a pas de signalisation particulière,  on doit plutôt chercher une indication sur l'étiquette ou sur la contre-étiquette.

Pour avoir la liste des vins bio actuellement disponibles, consultez le site de la SAQ à cette adresse : saq.com.
Pour voir les vins bio commentés sur vinquebec.com: vinquebec.com/bio

Pas facile de trouver du vin bio

Il n'est pas très facile de trouver des vins bio dans les magasins de la Société des Alcools du Québec.

Pourtant, lorsque l'on cherche des légumes et des fruits bio au supermarché, c'est souvent bien indiqué.

Mais lorsqu'on cherche un vin qui ne contiendrait pas de traces de pesticides c'est beaucoup plus difficile.

Ces bouteilles sont discrètes. Quelques-unes ont un petit logo AB imprimé sur l'étiquette.

Demande de l'aide

Il faut souvent demander l'aide d'un conseiller de la SAQ pour dénicher ces rares flacons issus de l'Agriculture biologique.

Aujourd'hui, j'en ai cherché dans une succursale près de chez moi et j'en ai trouvé très peu, moins de 10 sur plusieurs centaines de vins; et il m'a fallu l'aide un employé de la SAQ.

Ces produits ne seraient pas très populaires, me dit-on! Pourquoi?
Pourquoi recherche-t-on des légumes bio, des pâtes bio, de l'ail bio, mais pas des vins bio?

Vin et santé

Un de mes amis à qui j'ai fait part de mes interrogations à ce sujet me donne deux explications:
Primo, plusieurs consommateurs croient que le vin est santé par nature, donc on le suppose absolument sain et on ne cherche pas plus loin.
Secondo, d'autres craignent de devoir payer plus cher pour un vin bio, de payer une surprime comme c'est souvent le cas pour les produits maraichers, et évitent ainsi les vins étiquetés bio.

Vin et pesticides

Pourtant, on sait bien que la viticulture est grande utilisatrice de pesticides. Oui, par contre, on se fait répondre qu'il n'en reste que des traces dans la bouteille. Mais si on ne veut pas ingurgiter ces traces de pesticides, si on veut boire et manger sain, que faire?

Nous n'avons plus le droit de mettre de produits toxiques sur nos pelouses, pourtant, on ne mange pas la pelouse. On ne met plus de ces produits dans nos jardins, alors quoi? Pourquoi être si peu exigeant pour le vin? On le paie déjà assez cher ici au Québec, alors est-ce trop de demander qu'il y en ait un peu plus qui soit bio?

En France, une pétition adressée à la ministre de la Santé dit que «dans le vin on trouve 5000 fois plus de pesticides que dans l'eau du robinet. Si le vin était contrôlé comme l'est l'eau du robinet, il serait interdit à la vente». (www.mesopinions.com)

Tendance bio

Il est possible que la tendance bio atteigne le Québec, comme elle le fait en France. Évelyne Malnic souligne dans son tout récent site que «la bio attitude a conquis le monde du vin et le vin bio s’affirme comme une tendance de fond de la consommation de vins en France. L’avenir même de la viticulture française.» (www.plusbellelavignebio.com)

Produire bio, ce n'est pas toujours facile. Ceux qui ont un jardin et qui essaient de faire pousser des tomates, des haricots bio et d'empêcher les bibittes de les manger savent de quoi je parle. Alors, je lève mon verre aux producteurs bio et je leur dis bravo!

Les vins bio, de plus en plus populaires au Québec (?)

C'est en fait plus une question qu'une affirmation.
En effet, on peut se demander si les vins bio sont plus populaires maintenant ici?
Est-ce que l'engouement pour ces vins atteint aussi le Québec comme ça semble être le cas en France?

Dans ce dernier pays, la vente de vin bio a progressé de 65 % en 2009.
Le vignoble bio s'est étendu de 39 % de 2008 à 2009 en France. La croissance est aussi très forte en Italie et en Espagne, selon les chiffres de l'Agence bio repris par les organisateurs du Salon Millésime Bio de Montpelier.

Un vin bio, c'est un vin produit avec des raisins qui ne sont pas traités aux produits chimiques tels les insecticides, pesticides et fongicides.

Au Québec, il y avait 67 vins bio répertoriés à la section Vins issus de l'agriculture biologique sur le site de la Société des Alcools du Québec (SAQ) en février 2007. Ce nombre est en croissance constante depuis ce temps:

  • 73 en avril 2008;
  • 87 en février 2009;
  • 117 en novembre 2009;
  • 129 en mars 2010;
  • 142 en janvier 2011.    (Source: Répertoire SAQ)

Donc l'offre a plus que doublé. Toutefois, mentionnons ici encore que plusieurs producteurs de vins bio n'indiquent pas qu'ils sont bio, donc leurs vins ne font pas partie de ces statistiques.

Ce chiffre de 142 représente malgré tout une infime proportion de l'offre totale de vin au Québec. Il y a en effet 7416 vins listés sur le site de la SAQ.

En mars dernier, la SAQ a fermé sa section des vins bio. L'expérience du regroupement a été jugée non concluante. On a préféré remettre ces bouteilles dans leurs sections régionales respectives. (article 6740)

Puis, en juin, la société d'État a publié les résultats d'un sondage sur l'opinion des consommateurs du Québec face aux vins bio. À la question «Vous arrive-t-il d'acheter des vins agrobiologiques?»  les réponses ont été:

  • À l'occasion 42 %
  • Souvent 9 %
  • Rarement 34 %
  • Jamais 15 %

On a demandé aux Québécois s'ils étaient prêts à payer plus cher pour un vin bio: 26 % ont dit oui. Ils accepteraient même une hausse de 2 $ sur un vin de 15 $ pour obtenir un vin bio. (article 7110)

Sur les 142 vins bio actuellement disponibles à la SAQ, il y a 94 rouges et 46 blancs; 84 sont de France, 17 d'Italie et 13 d'Espagne.

Les prix vont de 12,60 $ à 261 $, la plupart sont sous les 25 $.

Finalement, est-ce que le vin bio est plus populaire au Québec? C'est à voir. J'attends des chiffres de la SAQ. En tout cas, je peux au moins dire que sur Vin Québec, la section bio est une des plus populaires.

Je me pose aussi une autre question: pourquoi a-t-on si peu de vins bio au Québec? Ou encore: pourquoi le cache-t-on?

Dans quelques jours il y a le Salon Millésime bio à Montpellier (France), j'y serai et j'essayerai de comprendre un peu plus ce monde bio.

Donc, vins bio, un dossier à suivre.

Le gros vin, le grand vin: une question de goût et d'opportunité

Le gros vin, le grand vin, le système de 100 points!
Pourquoi est-ce si utile?

Hier, je vous ai parlé du vin parfait selon l'équipe de Robert Parker.
Les vins riches, puissants et massifs obtiennent les meilleures notes, parfois même 100 points.

Il n'y a rien de mal à cela! C'est une question de goût, comme on peut préférer le coca-cola au thé, on peut préférer les vins riches aux vins fins.

Toutefois, ce n'est pas absolu. C'est aussi une question d'occasion.

Si vous préparez un plat costaud, le vin riche sera mieux adapté qu'un vin délicat.

Par contre, si vous suivez un tant soit peu le régime méditerranéen, alors ces gros vins déséquilibreront vos repas et sembleront encore plus balourds.

On parle souvent du goût américain lorsqu'il est question des notes de dégustation des gens de Robert Parker (Wine Advocate) et du Wine Spectator. On généralise trop. Ce ne sont pas tous les commentateurs américains qui ont ce penchant pour les vins massifs. Cependant, les autres sont peu connus.

Avantage pour

Il faut aussi ajouter une chose: en dégustation les gros vins sont avantagés. Ces dégustateurs ne prennent souvent qu'une gorgée de chaque vin lors de marathon de dégustation. Il est plus facile de donner une bonne note à un vin qui impressionne par sa concentration, son abondance de fruits, de tanins, d'alcool et de bois (selon les goûts) qu'à un vin fin, subtil et délicat. Il faut plus qu'une gorgée pour bien juger le vin fin. Ce dernier se fait aimer à la longue, alors que l'autre lasse.

Les vendeurs aiment les grosses notes

Mais pourquoi ces notes américaines de 90-100 points sont si populaires? Pourquoi les vendeurs, y compris la SAQ, leur donnent tant d'importance.

C'est que ces dégustateurs américains goûtent les vins avant tout le monde. Ils reçoivent des échantillons des producteurs avant la mise en marché. Les producteurs se servent d'ailleurs de ces notes pour fixer leurs prix. Un vin qui obtient 95 et plus se vendra plus facilement et plus cher qu'un autre qui n'a que 89. Car dans ce système de 100 points, la note de passage est maintenant de 90.

C'est un système aussi très simple. Très facile à comprendre pour le consommateur et très commode à utiliser pour le vendeur.

Certains dégustateurs sont devenus aussi très habiles à donner rapidement des notes sur 100 aux vins de ce monde, comme on peut le voir dans cette vidéo de James Suckling www.youtube.com/user/jamessucklingtv#p/a/u/2/2-1wK-7Ul_Q.

Le vin parfait selon Robert Parker

  (Texte modifié le 6 mars afin d'y ajouter les résulats de la recherche d'Olivier Collin)

Le vin parfait serait riche, intense, concentré et épicé; souvent massif et onctueux, mais plus rarement élégant et soyeux. Ce sont ces mots qui qualifient la plupart des vins auxquels Robert Parker et son équipe ont donné 100 points au cours des dernières années.

C'est du moins la compilation faite par Tom Wark qui a utilisé le moteur de recherche du site erobertparker pour y découvrir 221 vins qui se sont vu attribuer la note parfaite de 100 points.

Ces vins proviennent principalement de 4 régions : 60 du Rhône, 53 de Bordeaux, 45 de Californie et 20 d'Australie. Il y en a très peu de l'Espagne, de l'Alsace et de la Bourgogne et seulement 3 de toutes les régions d'Italie!

La plupart de ces vins sont jeunes et rouges.

M. Wark a dénombré les mots les plus utilisés dans erobertparker.com pour décrire ces vins «parfaits». Les mots qui reviennent le plus souvent sont : riche (101), intense (64), concentré (63), épicé (57) et long (50).

Les mots élégant (30), velouté (12) et soyeux (4) sont plus rares.

Que conclure de ces statistiques?
En fait, cela semble confirmer ce que plusieurs disent depuis un certain temps, c'est-à-dire que M. Parker et son équipe aiment particulièrement les gros vins, les vins massifs au détriment des vins fins.

Il semble à la lecture de ces notes que pour eux un vin massif, un gros vin sont synonymes de grand vin.

Longueur
Une chose étrange toutefois est le fait que la longueur ne semble pas être un critère essentiel pour obtenir la plus haute note Parker. Pourtant, la plupart des autres dégustateurs disent que la longueur, la persistance d'arômes agréables en bouche, est le caractère essentiel qualifiant les grands vins.

À ce sujet du peu de fréquences du terme longueur, un lecteur, Olivier Collin, m'écrit que cela l'a intrigué et qu'il a fait une recherche plus poussée «la méthode d'analyse du vocabulaire employée par Tom Wark semble finalement assez sommaire et ne semble pas tenir compte des synonymes au-delà des formes ayant une racine orthographique commune. Ceci a un impact important pour ce qui est de la qualité de longueur d'un vin dans les textes de Parker puisque celui-ci utilise les synonymes suivants : Long (57 mentions) Finish (75 mentions) Length (14 mentions)»

«Cela fait un total de 146 termes liés à la longueur d'un vin parmi les 100/100 Parker, donc nettement plus que l'utilisation des autres termes fréquents rich, intense, concentrated et leurs variantes.  Conclusion : la longueur en bouche est le critère le plus cité par  Parker pour déterminer un vin parfait à son palais.»

À lire: Profiling Robert Parker's 100 Point Wines, Tom Wark's Fermentation blog

Qu'est-ce qu'un grand vin?

Grand vin, grande joie!

Mais qu’est-ce donc qu’un grand vin? Cette brûlante question m’est souvent posée tant par le néophyte qui veut savoir que par l’expert parfois narquois qui ne peut résister au plaisir de tendre ses pièges.

La réponse me semble pourtant toute simple, trop simple peut-être? Un grand vin est d’abord et avant tout un vin qui donne un grand plaisir. C’est un peu court. J’en conviens. Alors, je m’en explique.

Se fait désirer

Tout d’abord, un grand vin n’est pas acheté à la sauvette, au hasard de ce que le présentoir de notre fournisseur habituel a à offrir au jour le jour. Non, un grand vin est minutieusement choisi après s’être bien renseigné. Il faut avoir dépouillé moult chroniques et épluché nombre de catalogues avant d’identifier la perle rare et de fixer son choix sur le cru qui fait rêver. Ensuite, il faut trouver où, dans quel établissement, il sera possible de mettre la main sur le flacon tant convoité. Parfois, il arrive aussi qu’il soit nécessaire de consulter son banquier pour réunir la somme nécessaire à cet achat d’exception.

La précieuse bouteille acquise, le plus grand plaisir qu’elle puisse alors offrir, c’est de se laisser désirer. Le vrai jouisseur sait faire durer le plaisir. Il déposera soigneusement son trophée en cave et l’attendra aussi longtemps que possible pour ne l’ouvrir que quand elle aura atteint l’âge triomphal de la plénitude. Le désir croît avec les années.

Après une longue attente, le grand jour arrive enfin. L’événement tant attendu a été préparé méticuleusement. Que le grand cru soit destiné à accompagner un plat de roi ou dégusté pour lui-même est moins important que les amis qui ont été choisis pour le partager. Un grand vin ne doit jamais être un plaisir solitaire. Toujours il doit réunir quelques élus triés sur le volet et qui sauront apprécier le moment exceptionnel qui s’annonce. Ainsi, le plaisir de celui qui ouvre une telle bouteille n’en sera que plus grand encore.

L'objet de la fête

C’est qu’un grand vin est plus qu’un prétexte à la fête, il est l’objet même de la fête.
Le vin est à la bonne température et, après que le maître de cérémonie ait, parfois quelque peu théâtralement retiré le bouchon, il est décanté avec soin. Puis, enfin, versé dans des verres faits pour en révéler toute la splendeur. Ce serait une grande faute de le ruiner en le servant dans des verres indignes de lui.

Enfin, c’est l’heure de la grand-messe. Religieusement, chacun se concentre sur le précieux liquide afin d’en découvrir tous les mystères.

Mature, complexe et profond

Chacun des communiants admirera d’abord la couleur du vin, la nuance et l’intensité de celle-ci. Chacun jugera aussi de la limpidité et de la densité du liquide. Enfin, tous se prononceront sur l’heureuse évolution d’un vin arrivé à maturité, mais qui après tant d’années en cave conserve toujours une belle robe vibrante.

Réjouis des promesses faites à l’œil, c’est maintenant avec le nez que les convives poursuivront leur quête du bonheur. L’intensité des arômes, la complexité, la profondeur du bouquet, la noblesse et la race de celui-ci les combleront de joie.

Pour faire durer ce bonheur, personne n’ose se précipiter pour porter maintenant le liquide en bouche. Après avoir humé le divin nectar une, deux, trois fois, chacun repose son verre et, moment essentiel, partage son enthousiasme avec ses voisins de table. Puis, l’on recommence. Suivre l’évolution des arômes d’un grand vin dans le verre est une jouissance dont l’amateur ne peut se passer.

Le vrai plaisir du bon vin, d’un vin noble, ce n’est pas seulement de le sentir et de le boire, c’est aussi, et cela est encore plus important, d’en parler avec ceux avec qui on le partage. Si le vin est une marque de civilité, un fait de civilisation même, c’est justement parce qu’il contient assez de magie pour provoquer une conservation intelligente. Parler du vin est le nec plus ultra de l’art de la table.

Il impressionne

Le moment grandiose du saint sacrifice bachique arrive enfin, celui de goûter le vin. En bouche, le grand vin impressionne tant par sa plénitude que par sa structure harmonieuse. Comble de bonheur, même une fois avalé, il persiste longuement et laisse pendant plusieurs secondes l’agréable souvenir de ses riches arômes de bouche.

Pour les convives, ne reste alors qu’une chose à faire, parler encore du grand moment que chacun vient de vivre et, pourquoi pas, rêver de la prochaine occasion, de la prochaine grande bouteille qu’on ouvrira bientôt.

Benoit Guy Allaire
de l’Académie du vin de l’Outaouais

Beaujolais nouveau, il en reste

Il reste du beaujolais nouveau sur les tablettes de la SAQ.

En France un supermarché (Internarché) voyant qu'il est difficile de vendre du beaujolais nouveau de l'année précédente a décidé d'offrir une bouteille gratuite à l'achat d'une achetée. (www.rayon-boissons.com)

Au Québec aussi, il y a encore quelques bouteilles de beaujolais nouveau 2010. Il n'y a pas de vente d'annoncée, mais au moins les prix (14,95 et 15,95 $) n'ont pas été haussés comme ce fut le cas pour les autres vins!

Il reste aussi du Vino Novello, par contre son prix a été augmenté de 10 cents.

Voir nos commentaires sur ces vins ici.

Un second qui bat les premiers

Que d'émotions dans le monde parisien du vin. Un second grand cru chapeaute les Premiers crus de Bordeaux!

Le relativement peu connu Château Lascombes, 2e grand cru arrive préféré devant les premiers crus classés de 1855.

Des dégustateurs éminents, dont Michel Bettane, jugent à l'aveugle 19 grands vins de Bordeaux. Un «petit deuxième» qui se vend 100 euros est jugé bien meilleur que des vins qui se détaillent plus de 1000 euros.

Le Lafite-Rothschild (2425 € à Paris) arrive 16e, le Latour (1513 €) 10e et le Margaux (1505 €) 12e. Le Léoville-Las-Cases est arrivé dernier, ses deux bouteilles étant jugées défectueuses.

Les trois préférés du jury sont Lascombes (104 €), Léoville-Poyferré (132 €) et Mouton-Rothschild (672 €).

Ce qui est bien surprenant, c'est qu'un «petit vin» comme le Dufort-Vivens à 47 € déclasse le Lafite-Rothschild 50 fois plus cher!

Pourquoi ce genre de concours? Parce qu'il y a encore des gens crédules qui croient que des vins jugés meilleurs en 1855 sont encore les meilleurs en 2005. Ils ne peuvent pas — ou ne veulent pas — admettre qu'en un siècle et demi un producteur puisse améliorer son vin et dépasser en qualité celui de ses voisins.

Il y a toutefois un petit hic à ce concours, c'est qu'il a été financé par celui qui la gagné. La compagnie Colony, propriétaire du Château Lacombes, a payé les frais de l'opération!

Il semble toutefois que le tout ait été fait dans les règles par François Mauss du Grand Jury européen (GJE). Malgré cela les «croyants» ne veulent pas croire que les premiers puissent être dépassés par des deuxièmes comme on le lit dans plusieurs forums et blogues.

Ce n'est pas la première fois que ce Lascombes 2005 déclasse les grands au GJE. En novembre 2008, il était arrivé deuxième sur 70 Bordeaux. Voici les résultats de cette dégustation à l'aveugle de vins de Bordeaux du millésime 2005 organisé par le GJE.

 

1   Château LASCOMBES                104 €
2   Château LEOVILLE-POYFERRE     132 €
3   Château MOUTON-ROTHSCHILD  672 €
4   Château COS-D'ESTOURNEL       283 €
5   Château RAUSAN-SEGLA           121 €
6   Château PICHON-LONGUEVILLE BARON     174 €
7   Château LEOVILLE-BARTON        168 €
8   Château MONTROSE                  147 €
9   Château DUCRU-BEAUCAILLOU     251 €
10 Château LATOUR                      1513 €
11 Château GRUAUD-LAROSE             85 €
12 Château MARGAUX                   1505 €
13 Château RAUZAN-GASSIES           52 €
14 Château BRANE-CANTENAC           69 €
15 Château DURFORT-VIVENS           47 €
16 Château LAFITE-ROTHSCHILD    2425 €
17 Château HAUT-BRION               1171 €
18 Château PICHON-LONGUEVILLE COMTESSE  142 €
19 Château LEOVILLE-LAS-CASES     292 €  (défauts)

  Session du GJE au Laurent, janvier 2011
  Commentaires sur le forum La passion du vin et sur le blogue d'Hervé Lalau.

Syndiquer le contenu