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La SAQ a-t-elle acheté le logiciel Phénix?

Vous avez surement entendu parler du nouveau logiciel de paye du gouvernement fédéral: le Phénix. Des milliers de fonctionnaires reçoivent des payes tronquées et variables alors que d'autres reçoivent des payes doubles.

Et bien, c'est à se demander si la Société ds alcools du Québec n'a pas acheté le même genre de logiciel.

En effet, il faut lire les plaintes nombreuses de restaurateurs et de sommeliers qui disent ne pas recevoir leurs commandes de vin.

Il faut voir le déferlement de plaintes et de commentaires sur les réseaux sociaux dont ici et ici. 
En voici quelques extraits.

«Toutes les livraisons de la semaine sont annulées...ils ne savent pas si ce sera rétabli pour la semaine prochaine, et c'est "débrouillez-vous à aller chercher vos produits en succursale.»

«Pas de livraison pour nous cette semaine... en début de semaine prochaine !!!???!!! Aucun avis, pas d'excuse, s'en foute... quel service..»

«j'ai finalement reçu ma commande hier avec 36 h de retard»
«J'ai beaucoup de clients avec des retards, des problèmes de facturation, belle merde!!!»

«j'ai passé par le bureau d'Alain Brunet, ça secrétaire m'a répondu en moins de deux et m'a transférée en ligne directe! Satut; aucune vanne n'est sortie hier, aujourd'hui et pas plus demain. 40 restos seront livrés samedi....»

« Et ça, c'est sans parler des commandes confirmées par les producteurs il y a 7 semaines et qui ne sont toujours pas passées...»

«C'est le gros bordel !!! La plupart de mes clients ont été livrés le lendemain, une chance ! Même leurs propres succursales n'ont pas été livrées... Et personne au bout du fil à part cette musique d'attente qui te rend fou...»
«quel mauvais timing pour implanter un si gros nouveau système informatique.»

«Same frustration different day. C'est ça une entreprise qui a le monopole.»

«Seems that there new computer software takes 3 times as long to get bottles stamped.»

«Restaurateurs pas livrés cette semaine, pensez-vous qu'il puisse s'agir d'une #grève qui ne dit pas son nom ?»

«No SAQ delivery this week! Setting up emergency plan to have wine for our clients this wkd!»

«C'est vraiment une joke monumentale. Si c'était une entreprise privée, ça serait déjà fermé»

La direction de la SAQ répond ce matin en disant que
«La SAQ éprouve effectivement des difficultés au niveau de la livraison des commandes aux titulaires de permis desservis par le CSM de Montréal (l'entrepôt) à la suite du déploiement de son nouveau système de gestion d’inventaire.

Il s’agit d’une situation qui est tout à fait exceptionnelle et les équipes mettent tout en œuvre pour s’assurer que le service revienne rapidement à la normale. Dans l’intervalle, des solutions alternatives ont été mises en place afin de continuer à offrir un service adéquat aux clients qui peuvent toujours s'approvisionner en succursale.

Les clients touchés ont été avisés par courriel de la situation et de la marche à suivre afin de se procurer les produits de leurs commandes.»

La SAQ a dépensé 9,9 millions de dollars pour le «nouveau système informationnel afin d’accroître l’efficience des activités opérationnelles des Centres de distribution», dit le rapport annuel de la société d'État.

Le gouvernement fédéral a dû ajouter 142 millions de dollars pour tenter de corriger les erreurs de son logiciel Phénix. Il reste maintenant à espérer que le nouveau logiciel de la SAQ ne coute pas trop cher aux restaurateurs et aux contribuables québécois.
 

Reprise des transferts entre succursales SAQ

La SAQ a en tout temps 8000 vins à son répertoire. Cependant, la plupart des succursales ont entre 1000 et 2000 de ces vins.

Toutefois, il y a maintenant 3500 vins disponibles pour achat en ligne. Surtout des nouveaux vins, des arrivages récents. Ce qui signifie qu'en tout temps entre 2500 et 3500 vins de la SAQ ne sont pas disponibles dans votre succursale.

Après avoir longtemps tergiversé, changer souvent de politique, puis interdire complètement les transferts entre succursales en janvier dernier, la direction de la SAQ change encore d'idée et adopte une nouvelle procédure. Payante, celle-ci.

On peut maintenant demander un transfert entre succursales moyennement 12 $ plus taxes par transfert.

Un vin peut être invendu dans une succursale et être en demande dans une autre. Ou un vin peut être longtemps, encore dans sa caisse, dans l'arrière-boutique d'une succursale pendant qu'il n'y en a plus dans d'autres succursales.

«La SAQ autorise effectivement les transferts entre succursales — sauf les SAQ Dépôt — pour les clients particuliers et les titulaires de permis», nous dit Renaud Dugas, responsable relations de presse et affaires publiques à la Société des alcools du Québec.

Voici les règles d’admissibilité, telles que communiquées par la SAQ.

  1. Le client qui demande un transfert de produit doit être un particulier ou un titulaire de permis;
  2. Le produit ne doit pas être disponible dans SAQ.com ou à la succursale de destination;
  3. Le client doit défrayer le transfert (12 $ +tx) par succursale sollicitée;
  4. La SAQ peut refuser la demande de transfert si le produit est en succursale depuis moins de 2 semaines.
    Par contre, le produit sera transféré s’il est en succursale depuis 2 semaines ou plus.

Le réchauffement climatique nous donne des vins moins équilibrés

Un reportage très intéressant de l'émission La semaine verte.
Le réchauffement climatique est perçu très nettement par les vignerons et les scientifiques dans plusieurs régions du monde ainsi qu'au Québec.

Au vignoble de l'Orpailleur, en 1982, il y avait 135 jours sans gels; aujourd'hui c'est 180 jours sans gels.
On fait pousser du chardonnay et même du pinot noir aujourd'hui au Québec.

Les conditions climatiques deviennent plus favorables dans les régions du Nord, mais plus difficiles dans les régions du Sud.

Les vendanges se faisaient fin octobre et début novembre il y a 25 ans à Bordeaux; aujourd'hui, c'est fin août et début septembre, dit Jean-Marie Nicot, du vignoble Nicot-Finet.

Il fait plus chaud et surtout les extrêmes sont encore plus élevés. La vigne est un excellent marqueur du changement climatique.

Trop de chaleur amène des vendanges hâtives ce qui compromet l'équilibre des vins entre l'alcool, l'acidité et le sucre. Le taux d'alcool augmente ainsi que la quantité de sucre, mais le taux d'acidité diminue. Ce qui donne des vins de moins bonne qualité, moins équilibrés et qui ne vieillissent pas.

On atteignait 11 ou 12 degrés d'alcool, il y a 25 ans, aujourd'hui c'est souvent 14 degrés. De plus, ces vins contiennent plus de sucre résiduel. Par contre, ils ont moins d'acidité.

Au Québec, on arrive même à faire du vin rouge à 13,5 degrés d'alcool; alors qu'autrefois on peinait à atteindre 11 degrés sans chaptaliser (ajouter du sucre).

Il devient même difficile de faire du vin de glace au Québec.

Comment s'adapter?
Plusieurs expériences sont en cours dans le monde.
Sélectionner des plants de vigne mieux adaptés à leur terroir. Planter des pépins et choisir les pieds de vigne naturellement adaptée au terroir, comme le fait un producteur de cava en Espagne.

Monter les vignes en altitude. En Espagne on perd un degré par 100 mètres d'altitude, dit Miguel Torrès.

Choisir des levures qui modifient le sucre sans trop accroitre le taux d'alcool. La firme Lallemand a mis au point une levure qui réduit le taux d'alcool de presque 1 degré et qui conserve une belle acidité.

Modifier le choix de cépage, comme planter plus de petit verdot comme on l'expérimente à Bordeaux. On songe à y remplacer le merlot par d'autres cépages moins hâtifs. On recherche du côté des cépages du Portugal.

C'est à voir, un reportage très intéressant signé Benoit Livernoche.
Adapter une culture millénaire  (21 min 20).  6 mai 2017. La semaine verte, Télévision Radio-Canada 

PLUS ON A D'INFORMATIONS SUR LE VIN, MEILLEUR IL EST !

Dans chaque magasin de la SAQ, il y a plusieurs centaines de vin. Le site de la SAQ en a plus de 8000 au répertoire.

Quelle information a-t-on sur la bouteille de vin? Le nom du vin; le nom du producteur; la région, l'appellation, le taux d'alcool et quelques fois le ou les cépages, rarement une courte inscription souvent vague sur la contre-étiquette.

Pourquoi nous donne-t-on si peu d'informations? Pourtant, il a été démontré que plus nous en savons sur le vin, meilleur il sera. C'est la démonstration que viennent de faire des chercheurs australiens.

Ils ont fait déguster 3 vins à deux reprises à 126 personnes amatrices de vins. Des personnes qui disent boire du vin au moins une fois par mois.

Lors de la première séance, on leur a servi un riesling, un chardonnay et un sauvignon à l'aveugle. On leur a demandé de noter ces vins. Puis une semaine plus tard, les mêmes vins, sans le dire aux participants, mais cette fois-ci après leur avoir fourni une courte description sur ces vins. Puis, en donnant une description plus élaborée sur la maison de production.

Résultats: les participants ont accordé de bien meilleures notes aux vins de cette deuxième dégustation et se sont dits prêts à payer plus cher pour ces vins affirmant qu'ils étaient meilleurs que les précédents.

Ils étaient disposés à payer 21 % de plus pour le sauvignon blanc, 29 % de plus pour le riesling et 37 % de plus pour le chardonnay présenté à la deuxième dégustation. Pourtant, c'était les mêmes vins que la semaine précédente.

En conclusion, les auteurs de l'étude affirment que «Les résultats ont montré que la présentation des descriptions de vins (basées uniquement sur des informations sensorielles définies objectivement) auprès des consommateurs lorsqu'ils ont goûté et évalué le vin, ont considérablement augmenté leur appréciation du vin, leur volonté de payer plus pour le vin et suscité plus d'émotions positives intenses et moins d'émotions négatives intenses par rapport à la dégustation aveugle.

En ajoutant des énoncés décrivant la qualité élevée du vin et de l'information favorable sur les vignobles, ainsi qu'une description plus vivante des caractéristiques sensorielles, les réponses positives ont encore été améliorées.»


 

Source
“I like the sound of that!” Wine descriptions influence consumers' expectations, liking, emotions and willingness to pay for Australian white wines. Lukas Dannera, Trent E. Johnsona, Renata Ristica,  Herbert L. Meiselmanc, Susan E.P. Bastian.
School of Agriculture, Food and Wine, Waite Research Institute, The University of Adelaide.

Barmès-Buecher

Des vins légers, agréables, bio, digestes...

Sophie Barmès est venue rencontrer des Québécois à Gatineau et à Montréal pour parler des vins de sa maison Barmès-Buecher. Du nom de deux familles qui se sont associées pour développer ce domaine de 17 hectares au sud de Cormar en Alsace.

Des vins, le plus nature que possible, bio et en biodynamie.
Les vins dégustés sont des vins secs. De plus, les rieslings n'ont pas des aromes pétrolées, du moins en jeunesse. Ils gagneraient ce caractère avec l'âge. Des vins frais, à boire jeune et pour certains d'entre eux, des vins de garde.

Les vins sont secs et c'est bien indiqué sur la contre-étiquette sur une échelle de sec à sucré. Il se peut que certaines années, les vins contiennent plus de sucre résiduel. Vu qu'on est en agriculture nature, on ne corrige pas. On respecte les millésimes, nous dit Sophie Barmès. Ça peut varier de 2 à 25 pour certains vins. Les Barmès-Bucher ont abandonné les trop irréguliers bouchons de liège naturels pour adopter les bouchons Diam fait de liège réduit en poussière et reconstituer.

Le Québec et les États-Unis sont les deux marchés importants pour Barmès-Buecher. Ils ont même fait une cuvée spécialement pour le Québec : la Trilogie 2015, un assemblage de 40 % de gewurztraminer, de 25 % de pinot gris, de 25 % de riesling et de 10 % pinot blanc, à 20 $.

Ils font une vingtaine de vins; 100 000 bouteilles au total, donc quelques milliers de chaque cuvée. 600 bouteilles de plusieurs sont souvent réservées pour le Québec. La SAQ a 8 de leurs cuvées aujourd'hui. La moins chère est le Crémant 2014 à 26,20 $. Un mousseux qui fait très peu de bulles, mais qui est floral, léger et délicieux. «Trop de bulles, c'est pour camoufler les défauts», nous dit David Pendon, son représentant à l'agence Oenopole. Ce crémant contient moins de 2 grammes de sucre.

Les rieslings sont secs et n'ont pas d'aromes d'hydrocarbure. Il faut absolument goûter au Riesling Grand Cru Steingrübler 2013 (51 $), du grand vin.

Le Pinot Gris Roseinberg 2014 (33,25 $) est d'une grande fraicheur, sec (2,7 grammes de sucre) et fruité fin. Le Gewurztraminer Roseinberg 2014 (33,25 $) est délicat, raffiné et élégant.

Ce sont des vins plutôt élégants qu'extravertis. Fins plutôt que gros. Des vins qui ne lassent pas, des vins pour la table, des vins digestes.
 


Sophie Barmès entourée d'amateurs de vin à la SAQ Casino-Gatineau.

Au sujet des bouchons Diam voir la vidéo préparée par la maison Hugel (3m46)
Site web de la maison Barmès-Buecher www.barmes-buecher.com

Il est à noter que les Alsaciens calculent quelquefois l'acidité en équivalence tartrique comme en Allemagne; alors que dans le reste de la France, on calcule en équivalence sulfurique. 4 grammes d'acidité sulfurique = 6 grammes tartrique.

Méfiez-vous de l'odeur de fraise dans les vins!

Un vin qui sent la fraise semblera plus sucré.

Une odeur peut modifier un goût, du moins la perception de celui-ci!

Nous savions déjà que la couleur modifie l'odeur. Un vin rouge sentira les fruits rouges; pendant qu'un vin blanc sentira les fruits blancs. Par contre, un vin blanc coloré en rouge sera décrit comme sentant les fruits rouges. C'est ce que nous ont démontré les études de Rose Pangborn dans les années 1960 et plus récemment de Gilles Morrot.

La couleur modifie la perception du vin et même sa qualité, comme l'ont démontré des études de dégustation en total aveugle. Ainsi, des vins dégustés en verre opaque noir obtiendront de moins bonnes notes des dégustateurs que ces mêmes vins dans des verres transparents. Ces notes seront aussi plus groupées.

Le dégustateur est influencé par ce qu'il voit. Le dégustateur, même expert est un «acteur traitant de l'information et non un instrument calibré destiné à produire des résultats sûrs et répétables», écrivent Wendy Parr et Dominique Valentin dans la Revue des Oenologues du mois d'avril.

Notre mémoire, notre histoire, notre culture et nos expériences modifient notre perception du vin, surtout au niveau olfactif.

Ainsi, un vin qui sentira la fraise sera perçu comme plus sucré. «Une boisson aromatisée à la fraise est jugée plus sucrée qu'une boisson ayant la même concentration de sucre, mais pas d'odeur», ajoutent Parr et Valentin.

Ce serait la mémoire du sucré de la fraise qui nous fait percevoir le vin plus sucré s'il a des odeurs de fraise. C'est l'expérience antérieure du goût sucré des fraises qui fait apparaitre le vin sentant la fraise comme étant plus sucré.

Ainsi, on peut supposer que si votre souvenir de la cerise est qu'elle a un goût peu sucré et plutôt acidulé; le vin qui sent la cerise sera jugé moins sucré que celui qui sent la fraise.

«Un stimulus, une fois détecté, active les connaissances déjà en tête... Ainsi les représentations subjectives que nous nous formons d'un vin sont dès le début modifiées par notre propre physiologie et notre histoire psychologique.»

«Nos représentations subjectives varient selon notre physiologie et nos expériences, surtout quand il est question de notre sens olfactif.»

La mémoire d'une odeur peut modifier nos émotions. Une odeur peut modifier notre humeur dépendant si l'odeur nous rappelle un souvenir heureux (parfum de maman, de notre amour, d'un lieu...) ou désagréable (caveau à patate, cave humide, moisissure, aliments détestés, litière de chat...)

Plus encore, on n'est pas obligé de s'en souvenir consciemment pour en être influencé. Le «changement de comportement en présence d'une odeur se produit même lorsque nous n'avons pas conscience de la présence de l'odorant.» Étonnant!

Les études de Brochet et Dubourdieu ont démontré que «l'expérience immédiate du dégustateur est très influencée par ce qu'il a déjà en tête.» (The color of Odors)

Il est donc presque impossible, comme nous le constatons souvent en dégustation de groupe, ou dans des concours, d'avoir un consensus sur les goûts des vins.

Plusieurs informations, si disponibles au dégustateur, modifient son jugement. C'est le cas du prix de la bouteille, du nom du producteur, du type de bouchon (liège ou capsule à vis), de l'appellation, de la typicité du vin, bio, pas bio, biodynamique, du poids de la bouteille, des commentaires des voisins, de la musique, du lieu de dégustation, du cépage en plus de la couleur et de l'odeur du vin.

«Il a été démontré qu'il existe davantage de différences interindividuelles pour les perceptions gustatives et olfactives, cruciales pour la dégustation des vins, que pour les perceptions visuelles, auditives ou trigéminales.

En terminant, nous pouvons nous demander s'il ne faudrait pas alors tenter de faire abstraction des odeurs et se concentrer uniquement sur les perceptions trigéminales, c'est-à-dire, les sensations perçues en bouche?

C'est un peu ce que proposait le dégusteur australien Max Allen en 2012 : Ne sentez pas le vin avant de le déguster.

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Source
Le sens du vin: Contribution de la psychologie cognitive à une meillure compréhension de la dégustation du vin et des dégustateurs, Wendy V. Parr et Dominique Valentin, Revues des oenologues, avril 2017.

Voir aussi

Dans la série Comprendre le vin : la dégustation  

Riesling, chardonnay et sauvignon

Riesling, chardonnay et sauvignon, trois cépages blancs parmi les plus aromatiques avec les muscats et gewurztraminers.

Trois cépages souvent très reconnaissables par certains aromes typiques.
Pour le riesling, ce sont les notes pétrolées.
Le chardonnay a souvent des flaveurs de beurre ou de caramel.
Finalement, le sauvignon est malheureusement souvent reconnaissable par ses flaveurs herbacées ou végétales.

Lors d'une dégustation à l'Académie du vin de l'Outaouais, Philippe Desrosiers et Marie-France Champagne (qui préparent leur examen de WSET 4) ont présenté 10 vins blancs à déguster à l'aveugle. Tout ce que l'on savait c'était qu'il y avait là 4 rieslings, 3 chardonnays et 3 sauvignons.

La plupart des 16 participants ont su identifier les cépages de chacun des vins. Toutefois, ce qui fut étonnant c'est que les vins préférés des participants ont été de loin 3 des 4 rieslings. Les vins parmi les moins chers de ceux présentés.

Voici de courts commentaires sur ces vins. Commençons par les préférés, les rieslings.

Grosset Springvale Riesling 2012, Australie, 38,50 $ SAQ
Très aromatique, exubérant, floral, avec des notes végétales et pétrolées. Un très beau riesling fruité et sec, bien tendu, texture serrée. Bel après-goût. Très agréable. Capsule à vis. Pour 5-6 ans de cave. Alc. 12,5 %. Sucre n.c.  ***+

Charles Baker Riesling Stratus 2013, Ontario  35,50 $ SAQ
Un riesling ontarien étonnant! Le nez est discret au début, puis s'ouvre lentement sur des notes florales, fruitées et finement pétrolées. C'est un vin élégant, sec, fin et raffiné. Il est floral avec de belles saveurs de jus de raisins blancs. La finale est très persistante sur des notes minérales. Un vin superbe.
Capsule à vis. Alc. 10,1 %. Sucre 15 g/l (SAQ); 18 g/l (LCBO). À mettre en cave pour 5-7 ans. ***+

Cuvée Frédéric Émile Trimbach Riesling 2007  Alsace 76 $
Très aromatique, hydrocarbure, ample, très savoureux, sec, texture minérale, tendue et serrée. Hyperconcentré. Très longue finale. Pour plusieurs années de cave encore. C'est le 2009 qui est à la SAQ actuellement.   ***+

Donnhoff Felsenberg Riesling 2013 Allemagne 79 $
Des aromes de fruits exotiques et de rhubarbe. C'est très expressif, sec, serré, fruité sucré. Très savoureux et très long.  ***+
C'est le 2015 qui est actuellement à la SAQ à 84 $.

Maintenant les chardonnays
Kumeu River Maté Chardonnay 2008  Nouvelle-Zélande  65 $
Doré, minéral, sec, ample, serrée, citron confit, texture huileuse, original et très bon. Capsule à vis. C'est le 2014 qui est actuellement à la SAQ.  ***+

Montelena Chardonnay 2007  Californie  91 $
Discret au début. Saveurs de beurre, de bonbons jaunes, de dates, de figues et d'amandes. Meilleur à 16-18 degrés. Alcool bien marqué.  Le 2013 est 71 $ à la SAQ.   ***

Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche, Drouhin 2002  130 $
Doré pâle. Belle bouche, ample, costaud, grasse, très beurrée. Fortes saveurs de caramel. Fruits en retrait. ***

Et finalement les sauvignons
Alphonse Mellot Génération XIX Sancerre 2011  Loire  75 $
Herbacé et arome de pelure de pomme de terre. Peu de fruit en bouche, saveur de patate. Court. Non agréable.  *

Didier Dagueneau, Cuvée Silex 2006  Pouilly-Fumé  148 $
Nez déplaisant de carton qui se dissipe au bout d'une heure trente. Herbacé en bouche, alcool très marqué. *

Pavillon blanc du Château Margaux 2007  Bordeaux  275 $
Discret, mince, fluet, presque élégant, peu de fruits, alcool marqué. *+

Il est intéressant de constater que les vins les moins chers ont été ici les meilleurs. Il est aussi étonnant de voir les prix élevés de certains vins qui nous ont très peu charmés. Rien ne vaut une belle dégustation à l'aveugle pour replacer en bonne place les bons vins et les autres vins prétentieux. L'étiquette fait le prix, mais la vraie valeur est dans le verre!

QU'EST-CE QU'UN BON VIN ?

Un mauvais vin, un vin correct, un bon vin, un très bon vin, un excellent vin, un grand vin... qu'est-ce qui fait la différence entre ces vins?

Quelle est la différence entre un vin passable et correct qui se mérite une étoile ou 83 points par les critiques de vin et un autre jugé bon (2 étoiles ou 88 points et un très bon (3 étoiles-90 points)?

La réponse est simple: c'est la quantité et la qualité de plaisir qu'ils procurent.

Si le vin vous donne un peu de plaisir, il est bon, s'il vous en donne beaucoup c'est qu'il est très bon. C'est aussi simple que ça.

Plusieurs choses peuvent donner du plaisir dans le vin.
Ça peut être
Des saveurs réconfortantes:
De la puissance, du fruité, des textures charnus;
De la finesse; de l'élégance; de la subtilité;
De la complexité des saveurs et sensations:
De la persistance aromatique et gustative agréable;
De l'originalité;
De la simplicité;
Des textures veloutées, caressantes ou séveuses, ou racées ou soyeuses ou denses ou corsées...
Des odeurs, aromes agréables, envoutants...

Pour certains, ce sera même le prix du vin, l'étiquette, la réputation du producteur ou du produit...

Songez-y. Lorsque vous dégustez un vin, demandez-vous s'il vous donne du plaisir et cherchez dans ce vin ce qui vous procure ce plaisir. Est-ce que ce sont les aromes perçus au nez; les saveurs en bouches; la texture; la finale... Est-ce que le vin vous laisse une belle bouche, une bouche fraiche, un granulé intéressant; une sensation agréable en bouche?

Plus le plaisir est intense, plus le vin est bon. Ne cherchez pas de midi à 14 heures; tout est là dans l'impression de plaisir, dans l'empreinte, la trace que laisse ce liquide dans votre bouche.

Certains amateurs de vin se concentreront surtout sur le plaisir aromatique; d'autres sur les plaisirs en bouche.

Ainsi si le vin n'a pas de mauvaises odeurs ni de mauvais goûts il sera correct. S'il n'est pas non plus trop acide ou trop rude, trop mou, trop boisé.  Si, en plus, il vous procure du plaisir, il sera bon. Si le plaisir est intense, le vin sera alors jugé très bon. Plus y donnera de plaisir et surtout des plaisirs variés, plus le vin sera dit excellent et peut-être que vous le qualifierez de grand vin.

Alors, je vous souhaite du plaisir!

Plaisir: du latin classique placere qui veut dire plaire.
Plaisir : bien-être, bon temps, bonheur, charme, contentement, délectation, délice, douceur, enthousiasme, euphorie, félicité, joie, jouissance, orgasme, passion, ravissement, réjouissance, régal, satisfaction, volupté.

 

 

Éduc'alcool: des chiffres à prendre avec un grain de sel

L'organisme Éduc'alcool publie des résultats d'un sondage de la maison CROP sur la consommation d'alcool au Québec.

Voici les faits saillants concernant le vin retenus par Éduc'alcool:

«Depuis 2002, le vin est la boisson qui est le plus régulièrement consommée contrairement aux années 1990 où c’était la bière qui détenait ce titre. Cette année encore, plus du tiers des Québécois de 15 ans et plus (31 %) consomme du vin une fois ou plus par semaine, ce qui représente une hausse considérable depuis 1991 (13 %).»

«Le taux de consommateurs selon les catégories de boissons se présente de la manière suivante : vin: 72 %; bière: 61 %; spiritueux: 47 % et autres boissons: 34 %.»

Éduc'alcool dit que, selon ce sondage, la consommation d'alcool hebdomadaire des Québécois a diminué. «En 2017, en effet, les Québécois consomment en moyenne 2,8 verres d’alcool par semaine contrairement à 3,3 verres par semaine en 2012.» Toutefois, l'organisme ne précise pas dans quel secteur (vin, bière ou spiritueux)!

Il faut prendre ces chiffres avec un grain de sel, car ils sont les résultats d'un sondage.

En effet, ces chiffres ne correspondent pas du tout avec ceux de la SAQ. Selon les rapports annuels 2011 et 2016 de la SAQ, la consommation de vin a augmenté en cinq ans de 148 millions de litres à 191 millions; celle des spiritueux a augmenté de 20,8 à 23 millions de litres. (Toutefois. la SAQ ne publie pas de chiffres sur la vente de bière au Québec.)

Il aurait alors fallu une immense baisse des ventes de bière ou une forte augmentation de la population pour que cette soi-disant diminution de la consommation d'alcool soit vraie. (La hausse de la population du Québec a été 4 % de 2011 à 2016.)

  Sources Éduc'alcool, rapports annuels SAQ et Institut de la statistique du Québec.

L'obésité et le vin

Est-ce que le vin fait engraisser?
Il est certain que le vin contient beaucoup de calories. Il y aurait en moyenne 85 calories dans un verre de vin. Alors, on peut se demander s'il y a une relation entre consommation de vin et obésité?

Pas selon le tableau distribué par l'association américaine des économistes du vin qui dit «Obesity Rates and wine consumption by state. Amazing negative correlation - even if it's not causal. R2=0.53.», dans un de ses gazouillis dans la twittosphère. Obésité et consommation du vin: une amusante corrélation négative.

En effet, lorsque l'on regarde les chiffres de l'obésité et de la consommation de vin dans chacun des États des États-Unis, l'on constate que les États les plus obèses sont ceux où l'on consomme le moins de vin (Virginie-Occidentale et Mississippi entre autres). Par contre, c'est dans les États où la consommation de vin est la plus élevée qu'il y a le moins d'obésité; soit le District de Colombia, le New Hampshire et le Massachusetts.


De l'American Association of Wine Economists
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


Juger un vin dans sa catégorie: de la poudre aux yeux?

En général, les vins sont jugés dans l'absolu. Un très bon vin, c'est un très bon vin, comme l'est un très bon film, un très bon restaurant...

Par contre, on entend quelquefois certains critiques de vin dirent qu'ils jugent le vin non pas dans l'absolu, mais dans sa catégorie. Cependant, on ne précise jamais qu'elle est la catégorie du vin.

Sont-ce des catégories en fonction de l'appellation, de la région, du taux d'alcool, des cépages, de son type (oxydatif, sucré, acide, bio, muté...) du pH ou du prix? Combien de catégories de vin? 5, 10, 50, 100, 1000 ou 10 000? Pouvez-vous nous les nommer? Un vin très bon à 19,95 $ sera-t-il jugé seulement passable si l'on monte son prix de 10 cents ou s'il perd son appellation. Combien de catégories dans Gigondas?

Bien sûr, avec ce système, presque tous les vins peuvent être dits très bons, ou se voir donner une note de 90. Ils ont presque tous alors 3 ou 4 étoiles ou 87-90. Est-ce un manque de courage de la part du critique? Ou une volonté de ne pas déplaire? De rester vague? Ou encore, un sens de la justice qui sort bien de l'ordinaire?

Un petit vin rustique du Chili ou de Turquie, pourtant moins bon, peut avoir un trois étoiles comme un très bon chateuneuf du pape ou un très bon montpeyroux. Ça permet donc d'être généreux avec tous les vins et tous les producteurs.

Si la catégorie est le prix, un vin de 15 $ est-il jugé dans la catégorie des 10-15 $ ou des 15-20 $? Où il pourrait obtenir une bonne note dans la première et une moins bonne dans la deuxième.

Le consommateur est-il ainsi berné si on ne lui dit pas à chaque fois dans quelle catégorie est le vin?

Comment alors juger un vin à l'aveugle et lui donner une note si on ne connait pas la catégorie?

Et qui détermine quelle est la catégorie de ce vin? Le producteur, les acheteurs, le chroniqueur vin? Ces catégories sont-elles les mêmes pour tous les critiques de vin?

Voilà beaucoup de questions auxquelles je n'ai pas de réponses!

Si on ne dit pas à chaque fois dans quelle catégorie est noté le vin, on donne un message tronqué, vague, totalement incomplet et inintelligible au consommateur.

Dire que l'on juge un vin dans sa catégorie est bien mystérieux et nébuleux pour moi et jusqu'à preuve du contraire ça me semble être de la poudre aux yeux.

Une dégustation de vins nature

Le vin nature est devenu à la mode. Et comme toutes les nouvelles modes, on en parle beaucoup, en bien et en mal dans la blogosphère et dans les magazines spécialisés dans le vin. C'est un peu comme le sujet de la minéralité dans le vin, certains disent que ça n'existe pas. Il y a les extrémistes, les négationnistes face aux propagandistes et aux prosélytismes. Puis, entre les deux, éberlués, il y a nous les consommateurs, les amateurs de vin, les découvreurs, les aventureux que nous sommes.

On nous dit que c'est ce qu'il y a de mieux pour la santé. Puis d'autres nous disent que c'est du mauvais vin!
Qui croirent? Mais personnes. Goutons-y.

Le vin nature est le vin fait le plus naturellement possible, donc sans ajouts, surtout sans ajouts de produits chimiques, sauf d'un peu de sulfites.

Il n'est donc pas corrigé, redressé, acidifié, tannifié, désacidifié, stabilisé, surfiltré, concentré, ni enzimé...

Il peut donc révéler une structure, des aromes, des textures différentes des vins auxquels on est habitué depuis 20-40 ans.

Je viens de lire un autre article qui dit encore bien du mal du vin nature. C'est dans la Revue du vin de France, un sommelier écrit «Vins "nature" : arrêtons de confondre terroir et gros défaut», Pierre Villa Palleja y écrit «Pour aider nos lecteurs à y voir plus clair, voici résumée la liste des aromes que l'on retrouve dans les vins "nature", ainsi que les défauts qu'ils révèlent, afin que même un néophyte puisse parfaitement les identifier.»

Voici donc ces cinq défauts aromatiques

  • gouache ou sueur, dus aux levures Brettanomyces;
  • pomme blette ou cire;
  • beurre rance ou croute de fromage;
  • dissolvant ou vernis;
  • noix et curry;
  • poil, urine, lactobacille, gout de souris;
  • allumette craquée, chou, oignon, oeuf pourri;
  • et sensation de perlant en bouche.

Le sommelier conclut «libre à chacun d'aimer certains goûts dans le vin. Mais de grâce, arrêter de parler de terroir lorsqu'il s'agit de défauts.»

Vous avez surement déjà rencontré certaines de ces odeurs dans le vin, même si vous n'avez jamais bu de vin dit nature. Ce sont des défauts qui, malgré ce que semble croire ce sommelier, peuvent se retrouver aussi dans les vins faits avec des raisins provenant de l'agriculture qui utilise des produits chimiques.

C'est avec ces odeurs en tête que je me suis rendu à une dégustation à l'aveugle organisée par l'Académie du vin de l'Outaouais et menée par la brillante sommelière Véronique Rivest dans son bar à vin Soif de la rue Montcalm, secteur Hull à Gatineau.

Le premier vin est un pétillant, le Franz Strohmeier Schilcher Frizzante. C'est fait en Autriche avec le cépage blauer wildbacher. Il est de couleur rosée pamplemousse. D'ailleurs, il goute aussi le pamplemousse, un peu la lime, mais surtout la rhubarbe. C'est très peu pétillant, léger, épicé et on perçoit très peu l'alcool. C'est très original et désaltérant. Alc. 11,2 %  26 $.

Le deuxième est le Matière à Discussion du Domaine du Nival. Un très bon vin blanc sec québécois. J'en ai parlé ici.

Puis, le Vino di Sasso, Robola de Céphalonie 2015, Un vin blanc doré avec des aromes et saveurs de bière flatte, de fromage, de sauge et de miel. C'est très expressif et bien original. Sensation tannique et minérale. Bien meilleur chaud que froid. C'est fait du cépage robola. Biodynamie. Sur l'île de Céphalonie à l'ouest de la Grèce. Vino di sasso veut dire vin de pierre en italien. (SAQ 12485877) 12,5 %. 26,95 $. En ligne et dans 62 magasins.

Un autre blanc, Les Bonnes Blanches d'Agrès et René Mosse 2012, Vin de France, Ajou, Loire. C'est doré foncé, au beau nez de fruits jaunes, de miel, de cardamome, de tourbe, de pomme blette. Il y a là beaucoup de fruits sur une belle acidité. C'est gras, complexe et très persistant. Un très beau vin. Bio.
12,5 %. 38 $ Commande privée auprès de l'agence Le vin dans les voiles.

En rouge maintenant, avec Pierre Frick et son Strangenberg Pinot Noir, Alsace 2013. Des flaveurs de petits fruits rouges sur une note terreuse. Fruits fins et légèrement acidulés sur de beaux petits tanins. Opturé d'une capsule de bière. Très bon. 12,5 % Biodynamie. Commande privée Primavin 33 $.

Du Chili, une belle surprise De Martino, Viejas Tiñajas Cinsault Itata 2014. Très aromatique sur les fruits rouges. Belle bouche fruitée, poivrée, élégante, ronde, facile, gouleyante. Finale sur le fruit et sur une petite note végétale que l'on retrouve souvent au Chili. 100 % cinsault. Très bon. Commande privée Balthazar 13 %.  29,50 $

Roagna Dolcetto d'Alba 2015  Très aromatique, fumée, cuir, végétal. Même chose en bouche. Belle attaque. Tanins fins, très sec, mais peu de fruit. Amer en finale. Pas un vin de dégustation, mais un vin de table. Assez bon. 12,5 %  Commande privée Vini Vins. 25 $

Cornas 2011 de Thierry Allemand. D'un rouge foncé et opaque. Aromes de cerises noires et de médicaments. Très belle bouche fruitée et chocolatée. Beaucoup d'extraction. Style bien moderne et bien fait. Carafé de nombreuses heures. (Ici, ce fut 5 heures car le vin était fermé et trop tannique.) Le vin évolue vite dans le verre. De la belle grosse syrah d'un domaine minuscule du Rhône. Sera peut-être meilleur dans de nombreuses années!
13,5 %. Commande privée Glou. Le prix : 135 douleurs.

Clos Saint-Jean, Cahors 2001
Opaque. Fruité avec une pointe de chou bouilli. Rustique, rugueux, et passablement oxydé. Beaucoup de tanins, le fruit est pas mal disparu, finale tout de même sur le chocolat. 13 %. Commande privée Aux bons crus 56 $

Conclusion
Une belle et intéressante dégustation de vins bio, biodynamiques (pas nécessairement certifiés). Des vins les plus nature possible. Des aromes, des saveurs et des textures différentes. Il y avait là certains des «défauts» mentionnés par M. Villa Palleja, mais rien pour écrire à sa mère. Ce sont tous de bons vins, certains même très bons. Ce ne sont peut-être pas des vins qui plairont à tous, mais il y en a pour tous les gouts. Finalement, ce sont de belles belles découvertes. La plupart de ces vins ne sont pas disponibles en magasin, mais doivent être commandés via le réseau des commandes privées.

Lire aussi les commentaires d'Alain Brault dans la page Facebook de l'Académie du vin de l'Outaouais.

Il est illégal de revendre du vin acheté en commande privée

Les achats de vin en commande privée deviennent de plus en plus populaires. C'est maintenant un marché de plus de 115 millions de dollars au Québec et de 6,4 millions de bouteilles. Ce système d'achat conçu surtout pour la restauration intéresse aussi les particuliers. Les agences spécialisées dans ce secteur improprement appellé importation privée ont fait le plein avec les restaurants et veulent depuis quelque temps atteindre directement les consommateurs.

Il y a toutefois un hic, c'est qu'il faut acheter à la caisse. Des agences invitent donc leurs clients à revendre des bouteilles de cette caisse. On dit ainsi «partagez avec des amis», regroupez-vous pour l'achat de la caisse. On le lit même dans des sites internet des agences. On incite des clients à acheter à la caisse et à revendre à l'unité.

Est-ce légal?
La Société des alcools (SAQ) nous répond que ce n'est pas légal. Est-ce qu'un particulier peut vendre du vin? «Ce n'est pas permis», nous écrit la SAQ.

Même réponse du côté de la Régie des Alcools. «Il est interdit pour un particulier de vendre du vin; seuls la SAQ et un titulaire de permis d'épicerie peuvent en faire la vente», nous répond Mme Joyce Tremblay, porte-parole de la Régie.

La SAQ est un monopole et seule elle et ses mandataires, les épiceries, ont le droit de vendre du vin.

Mais alors les agences qui incitent leurs clients à revendre des bouteilles incitent donc leurs clients à commettre un geste illégal? «Si c’est le cas, ils les incitent en effet à commettre un geste illégal», nous répond Mme Linda Bouchard, agente d'information de la SAQ.

La Loi, c'est la Loi
Interrogé à ce sujet, le président du regroupement des agences de commandes privées, le Raspipav, nous répond que «la Loi, c'est la Loi». Nous savons que c'est illégal, nous dit le président Pierre Birlichi. «Notre position est légaliste. Nous devons respecter la Loi, même nous les agents n'avons pas le droit de vendre directement du vin.»

Va-t-il alors demander à ses membres de cesser d'inciter leurs clients à commettre un geste illégal? Ce à quoi il répond que «l'association n'a pas pour rôle de jouer à la police.» M. Birlichi s'étonne aussi qu'au moment où on va légaliser la marijuana qu'il soit toujours aussi difficile de faire le commerce du vin au Québec. Il se demande aussi qu'elle est la sanction, la pénalité si un particulier se fait prendre à revendre du vin.

C'est un sujet assez étonnant. C'est une pratique qui se fait illégalement, mais ouvertement! À preuve, dans le site même de la SAQ, sous un article intitulé L'importation privée: simple, accessible et sécuritaire, la SAQ a mis un lien vers un article du journal La Presse écrivant que «la journaliste Ève Dumas a su résumer la marche à suivre dans l’article L’importation privée en trois étapes faciles. Dans lequel article cité, Mme Dumas rappelle qu'il faut acheter à la caisse; «trouvez-vous des amis pour partager!», ajoute-t-elle alors!

Cela dit, tout le monde est bien conscient que cette limitation d'achat à la caisse est un frein au développement de ce secteur dit des commandes privées. La SAQ a un projet de vente à l'unité de ces vins par internet. Le projet n'est pas encore au point. Il pourrait se réaliser dans les prochaines années, nous dit-on.

Le faire légalement
Il est toutefois possible se se regrouper pour faire une commande privée auprès de la SAQ. On passe alors par le Service de commandes privées, version «particuliers» de la SAQ et non par une agence. Le groupe peut commander des caisses et se les partager à l'unité. On y précise que «l’organisateur ne peut vendre les produits aux membres du groupe d’achat». Le chef du groupe doit fournir la liste des noms et des adresses des acheteurs et la quantité commandée par chacun. La SAQ émet alors une facture à chacun des membres du groupe indiquant que le prix des produits a été acquitté par le chef du groupe. (Voir Politique de commande privée PDF)

SAUMUR-CHAMPIGNY

Lors d'une dégustation de nombreux vins rouges de la Loire le 21 avril à l'abbaye de Fontevraud, j'ai été grandement impressionné par des vins de l'appellation Saumur-Champigny. Après des vins de Chinon pour la plupart rustique, les vins de Saumur-Champigny me sont apparus beaucoup plus frais, friands et agréables.

Saumur-Champigny n'est pas une AOC très connue au Québec. On l'a confond souvent avec Saumur.
On n'y fait que du rouge. L'aire d'appellation est située au sud-est de la ville de Saumur. C'est entre les villes d'Angers et de Tours; entre les AOC Saumur, Bourgueil (au nord) et Chinon à l'est.

Le cépage roi est le cabernet franc. Le cabernet sauvignon et le pinot d'Aunis sont aussi permis, mais semble très peu utilisés. Les vignerons de l'endroit préfèrent franchement le cabernet franc. Il faut dire qu'ils en obtiennent de très beaux résultats. De plus, l'utilisation du monocépage permet de mieux refléter le terroir.

C'est environ 100 producteurs; 10 millions de bouteilles; dans un climat océanique tempéré. On y produit des rouges légers et des plus costauds. Les légers sont même bus avec les poissons dans cette région!

Un peu plus de 30 vins du millésime 2016 étaient présentés à cette dégustation. C'était les vins qui ont participé au concours Concours des vins du Val de Loire du millésime 2016.

Voici mes coups de coeur en Saumur-Champigny
  Domaine La Paleine (bio) 9,10  
  Domaine Joulin, Vieille Vigne  7,20
  Domaine de la Guilloterie, Tradition  6,50

Voyez les prix sont très raisonnables.
Étonnamment, aucun de mes coups de coeur n'a obtenu de médaille au concours!

Il y avait aussi 4 vins de la totalement inconnue de AOC Saumur Puy-Notre-Dame, dont l'Éocène du Domaine de l'Épinay a été un coup de coeur. Il a lui obtenu une médaille d'or. Cette AOC créée en 2009 regroupe 17 vignerons sur la plus haute colline (puys) de 106 mètres de la région.

Comme pour les vins de Chinon, ceux de Saumur-Champigny sont surtout écoulés auprès des restaurateurs. Ils sont très peu exportés; soit moins de 800 000 bouteilles.

Terroir
Il y a très peu de pluie sur ce territoire (525 mm/an). C'est aussi le plus chaud de la région. «La spécificité du Saumur-Champigny repose sur la richesse argilo-calcaire de son terroir et la présence du tuffeau en sous-sol. Cette roche calcaire du crétacé supérieur absorbe les précipitations hivernales et restitue parcimonieusement une partie de cette eau durant les longues périodes de sécheresse. La vigne a ainsi sans excès une alimentation hydrique régulière nécessaire à la parfaite maturation des raisins.

Une autre qualité de ce terroir est sa forte capacité à emmagasiner la chaleur solaire le jour pour la restituer la nuit. Le nom Champigny provient d’ailleurs du latin "Campus Ignis" qui signifie "Champs de feu"» (www.producteurs-de-saumur-champigny.fr)

Saumur-Champigny au Québec
Il n'y a que 13 vins de Saumur-Champigny à la SAQ. Voici quelques noms à retenir: Château Yvonne; Terres Rouges; Varinelle; Louis Roche et Saint-Just.

Une expérience écologique
Les vignerons de Saumur-Champigny ont mené une expérience écologique très intéressante ces dernières années. Afin d'accroitre la biodiversité et de limiter l'utilisation d'insecticides, ils ont aménagé des haies entre les parcelles de vignes, plus de 20 kilomètres de zones écologiques composées de haies et de bosquets. J'en parle dans un article intitulé La biodiversité dans les vignes du magazine Le monde au naturel, édition de mai.

  Vérifiez vos connaissances sur le Saumur-Champigny

  Site de l'AOC Saumur-Champigny.
  Site d'Interloire. (Interloire regroupe presque toutes les appellations de la Loire, sauf Bourgueil et Montlouis ainsi que les AOC de l'est, (dites de Centre-Loire) telles Sancerre et Pouilly-Fumée.

LES MOUSSEUX DE LA LOIRE

La production vinicole de la Loire est composé à 15 % de mousseux.

Les deux principales régions sont l'Anjou-Saumur avec 22 % de bulles et 52 % de rosés;
ainsi que la Touraire avec 19 % de bulles et 43 % de blancs.

Dans la Loire, le monde des bulles est un peu compliqué. Il y a les crémants et les autres mousseux.

Crémants de Loire
1693 hectares en vendanges manuelles
320 producteurs
14 millions de bouteilles
Sur Touraine, Anjou et Saumur
Blanc et rosé
Cépages: chenin, sauvignon, chardonnay; cabernet franc, cabernet sauvignon, pineau d'aunis et pinot noir
Méthode champenoise. Élevage 12 mois sur latte.
Des producteurs: Langlois-Château, Bouvet-Ladubay, Guilloterie, Gratien et Meyer, Ackerman,
À la SAQ : 9 crémants de Loire (dont 2 rosés), mais dans peu de magasins. Baumard, Marquis de Gilbour, Langlois-Château, Pureté de Silex, Ackerman, Fresne, Gratien et Meyer.
  Cremant-de-loire

Saumur mousseux  Saumur Brut
Blanc et rosé sur 1390 hectares.
Monocépage ou assemblage Chenin, sauvignon, chardonnay; cabernet franc, cabernet sauvignon et pinot d'Aunis.
Élevage 9 mois sur lattes.
11 millions bouteilles; 145 producteurs.
Des producteurs: Ackerman, Bouvet Ladubay, Gratien et Meyer, Paleine, Guilloterie...
Il y a 2 saumurs bruts à la SAQ: Ackerman et Bouvet Ladubay
  Saumur-brut
  Saumur-mousseux-A.O.C

Vouvray mousseux et Vouvray pétillants
Région de Touraine
Monocépage Chenin méthode champenoise
Ils sont dits pétillants lorsque la pression dans la bouteille est inférieure à 2.5 bars et mousseux entre 3 et 6 bars.
Producteurs: Huet, Chidaine, Taille aux Loups, Carême,
Peu exporté: 10 % seulement.
5 à la SAQ.

Montlouis Mousseux
Région de Touraine
Chenin
Producteurs: Chidaine et Taille aux Loups.
2 à la SAQ
  marques_vin-mousseux-loire-montlouis.html

Touraine mousseux
Blanc et rosé
Chenin, chardonnay et tous les cépages rouges de la Loire.
1 à la SAQ.

Anjou mousseux
Blanc, chenin à 80 %; rosé avec les cépages rouges de la Loire.

Les cépages rouges de la Loire
Pour faire les rosés.
Le Gamay N, le Grolleau gris G, le Grolleau N, le Cabernet-Franc N, le Cabernet-Sauvignon N, le Pineau d'Aunis N.

Autres sources:
  www.vin-vigne.com/vignoble/vin-loire.html
  www.vinsvignesvignerons.com/Regions/Loire/ANJOU-SAUMUR
  Manuel de la sommellerie professionnelle, Pascal Patron, ITHQ
  Société des alcools du Québec, section Loire
 
Interloire


Isabelle Sureau, présidente de l'AOC saumur blanc; Antoine Leduc du domaine Leduc Frouin et Sylvie Plessis, présidente de l'AOC Savennières

Une incusion en Val de Loire

Deux jours et demi en Loire, quelques centaines de vins, des rencontres avec plusieurs vignerons, des dégustations, des visites, des repas, des paysages... Un premier voyage de presse en Loire avec une cinquantaine de journalistes de la presse française et internationale. Tout ça pour nous donner une idée de ce qu'est la production de vin dans cette grande région qu'est la Loire.

Le vignoble est situé de part et d'autre de ce long fleuve sur près de 1000 kilomètres.

C'est 52 appellations; 4 régions: Nantes, Ajour-Saumur, Touraine et Centre-Loire.

Des terroirs, des sols, des climats variés.
Près de 3000 vignerons; 200 négoces; 16 coopératives et 12 cépages sur  48 000 hectares.

C'est du blanc (47 %), du rouge (20 %), du rosé (24 %) et du mousseux (9 %).
Les principaux cépages sont le chenin, le cabernet franc, le sauvignon et le melon de Bourgogne (Muscadet).

Donc, vous voyez l'ampleur de la tâche. Ce n'est pas simple la Loire. C'est «le vignoble qui présente la plus grande diversité de vins au monde», dit Interloire, le regroupement principal des vignerons de la Loire.

La première journée est consacrée aux blancs. Muscadet, chenin et sauvignon. Je n'y ai pas vu de vins disponibles au Québec. Donc, je suis en pays inconnu. Ce sont des vins qui ont été présentés au concours Loire millésime 2016, donc pas vraiment de producteurs connus et réputés.

Dans l'ensemble des vins vifs et rafraichissants. Quelques coups de coeur. En muscadet: le Domaine des Clérambaults; Le Soleil Nantais de Guilbaud Frères; Domaine de la Pierre Blanche; ainsi que deux vins de la maison Girard: Tradition 2016 et Fleuron de La Rebourgère.

En soirée, de vieux millésimes et là un étonnant Muscadet de près de 10 ans: Jubilation Le Pallet 2007; B de Oisly Delobel 2015; Les Rogeries Richou Anjou 2010; Savennières Roches aux Moines Domaine aux Moines 1992. Puis en soirée dégustation de très beaux Savenières dont ceux du Domaine de Closel de Mme de Pontbriand. Les vins de cette dame sont toujours interdits au Québec à la suite d'une chicane épique avec des bureaucrates optus de la SAQ.

La Loire c'est aussi un monde de bulles. Il y a les Crémants de la Loire; les Anjou mousseux, les Saumur mousseux et les Vouvray Mousseux. Mentionnons ici les vins les maisons Ackerman et Langlois-Chateau. Il y a de belles découverte à y faire du côté des bulles. Il faudra donc y revenir.

En rouge, j'ai mentionné dans deux autres articles les vins de Chinon et de parlerai des deux de Saumur-Champigny cette semaine. Ajoutons aussi les légers et élégants vins de Saint-Nicolas de Bourgueil. Il ne faut pas oublier les vins de Saumur, dont celui du Domaine de la Paleine; ainsi que ceux des domaines des Hauts de Sanziers et Bonnelière.

La Loire viticole c'est 380 millions de bouteilles, dont 68 millions à l'exportation (2 millions au Québec).

L'offre de vins de Loire à la SAQ.
Il y a 283 vins de la Loire aujourd'hui à la SAQ. Les appellations les plus représentées sont Sancerre (51); Chinon (22); Muscadet (21) et Pouilly-Fumé (18).
Il n'y a que 19 mousseux de la Loire à la SAQ et seulement 10 vins de dessert.


  PDF icon cartedesvinsduvaldeloire.pdf

  Consultez la carte des AOC de la Loire dans le site d'Interloire.
  La section des vins de la Loire dans vinquebec.com

Sujest commexes

Le président de la SAQ gagne deux fois plus que le premier ministre

Le président de la Société des alcools du Québec gagne maintenant 410 067 $.

C'est plus de deux fois le salaire du premier ministre du Québec qui gagne 192,345 $.

L'année précédente, le salaire du président de la SAQ était de 390 540 $.
M. Alain Brunet a ainsi obtenu une hausse de salaire de 5 % en un an.

Les revenus de la société d'État ont été cette année de 1 071 000 $, a dit M. Brunet en commission parlementaire, soit seulement 3 millions de plus que l'année précédente. Une hausse de 0,3 %.

En 2014-2015, le salaire de M. Brunet était de 375 519 $.

En 2013-2014, c'était de 361 076 $.

En 2012-2013, l'ancien président de la SAQ, Philippe Duval, avait un salaire de 343 882 $.

Ainsi, en 4 années, le salaire du président de la SAQ a été haussé de 19,2 %.

Pendant ce temps, le résultat net de la SAQ est passé de 1,030 milliard $ en 2012-2013 à 1,071 milliard $ en 2016-2017; soit une augmentation de seulement 4 %.

La direction de la société d'État est en négociations avec son principal syndicat. Va-t-elle offrir une telle hausse de salaire à ses employés?

Marc André Gagnon et Karyne Duplessis-Piché    

Le meilleur chinon est blanc !

Ça peut sembler bien étrange, mais le meilleur vin de Chinon présenté lors d'une dégustation dans la Loire était un vin blanc. Pourtant Chinon est réputé pour ses vins rouges assez costauds. D'autant plus, que les blancs représentent moins de 2 % de l'appellation Chinon!

C'est pourtant ce qui s'est passé à l'abbaye de Fontefraud lorsque la presse internationale a dégusté les champions du concours des vins du Val de Loire 2017. Y était présenté des centaines de vins de plusieurs appellations de la Loire — des vins du millésime 2016 — du 20 au 22 avril.

Le meilleur vin de chinon était, selon moi, et plusieurs collègues, un vin fait de chenin, étiquetté «amphora» du Domaine de Noiré.

C'est un blanc élevé en amphore d'Italie nous dit le site internet du producteur. Il est fait de raisins en culture biodynamique. Un vin vendu 20 euros.

Il est gras, ample, presque somptueux. Il a un certain caractère et il plait.

Il y avait 7 blancs en dégustation le jeudi et une vingtaine de rouges le lendemain. La plupart des rouges m'ont semblé soit rustiques, soit trop végétaux, soit trop durs, sauf deux. À ma surprise lorsque je regarde le nom de ces deux vins, je m'aperçois qu'ils sont aussi du Domaine de Noiré.

Le Soif de tendresse et le Caractère

Le slogan de l'AOC Chinon est «il est rond, un peu enveloppé, mais quel beau corps.» Je n'ai pas constaté cela du tout dans la plupart des vins présentés à la dégustation du 21 avril à Fontefraud. Rabelais n'y aurait pas trouvé grand plaisir lui non plus. La substantifique moelle n'y était pas.

Il faut dire ici que les vins présentés étaient tous du millésime 2016 et que plusieurs producteurs parmi les meilleures ont refusé de présenter leurs vins disant qu'ils n'étaient pas près. Nous savons aussi que les meilleurs producteurs ne présentent généralement pas leurs vins dans les concours.

Donc, sauf pour ces trois vins du même producteur, je suis resté sur une bien mauvaise impression des vins de Chinon du millésime 2016.

Par contre, les vins de Saumur-Champigny présentés à cette dégustation m'ont paru beaucoup plus agréables et intéressants. J'en parlerai bientôt.

Les producteurs de Chinon exportent surtout aux États-Unis. Nous avons tout de même au Québec quelques bons exemplaires de cette appellation tel que Jourdan et Pichard; Alain Lorieux; Jean-Maurice Raffault; Renaud Desbourdes; Olga Raffault; Chatherine et Pierre Breton; La Grille et Couly-Dutheil.

L'AOC Chinon fête ses 80 ans. Elle a agrandi sa surface pour y inclure entre autres le vignoble de la famille de Rabelais. Chinon c'est 173 vignerons sur 2400 hectares; soit la moitié de Saint-Émilion et un peu moins que Chateauneuf du pape. C'est surtout du cabernet franc avec moins de 100 hectares en chenin blanc. Seulement 10 % de la production est exportée. Le chinon est surtout consommé sur place (26 %) ou vendu à la restauration (34 %). Seulement 1,3 million de bouteilles sont exportées, dont la moitié aux États-Unis. Au début de la guerre froide, une base militaire est installée par l'armée américaine près de Chinon. Près de 1500 soldats y séjournent de 1951 à 1967. Il semble qu'ils aient beaucoup apprécié le vin de Chinon, puisqu'aujourd'hui 40 000 Étatsuniens sont intronisés ambassadeurs de Chinon!

Chinon c'est 83 000 hectolitres de rouges; 12 000 hectolitres de rosé et 1700 hectolitres de blancs. Il y a aujourd'hui 22 vins de Chinon à la SAQ. Il y a en gros deux types de chinons rouges. Les costauds et les plus fins. Voir les commentaires sur des vins de Chinon dans Vin Québec.

Ces dégustations et ce voyage de presse ont été faits à l'invitation d'Interloire, le regroupement principal des vignerons de la Loire. Je parlerai dans les prochains jours de ce que j'y ai appris au cours de cette courte visite.

Du vin à 4,50 $ la bouteille !

La SAQ bat la LCBO et les épiciers pour le vin le moins cher !

Ce Don Simon est le vin le moins cher à la SAQ, au Québec et probablement aussi le moins cher au Canada !

6 $ le litre;
                soit l'équivalent de 4,50 $ la bouteille de 750 millilitres.

Ce joli contenant en carton, embouteillé en Espagne, est arrivé fin janvier sur les rayons de la Société des alcools du Québec.
Les 27 000 cartons — appelés bib en France — se sont vendus en quelques semaines au prix de 6,70 $ le litre.
Il est maintenant 6 $.
Il en reste une caisse de 6 probablement cachée dans l'arrière-boutique de la succursale de Dégelis; ainsi que 8 cartons dans la succursale de Témiscamingue.

La SAQ bat ainsi la LCBO dont son vin rouge le moins chers est à 6,95 $ le 750 ml.

La SAQ en a commandé presque le double soit 52 200 cartons de 1 litre qui devraient être sur les rayons en juin.

Il contient du vin d'Espagne. J'y ai goûté le 1er février dernier et je l'ai jugé plus que correct, buvable — dans un format pratique pour le camping — et bien meilleur que de nombreux vins que l'on trouve dans les épiceries. En espérant que le prochain arrivage sera de la même qualité ou meilleur.

Des Québécois en visite en Espagne me signalent (jeudi) qu'ils viennent d'acheter un litre de ce vin sur place au coût de 1,23 euro; soit 1,85 $.

  Voir le commentaire du 1er février.

L'importation privée n'existe pas au Québec

L'importation privée de vin n'existe pas au Québec !

En fait, c'est illégal. «Au Québec, la loi indique que seule la Société des alcools du Québec (SAQ) est autorisée à importer des boissons alcooliques», nous dit la SAQ dans son site internet.

En effet, la société d'État a le monopole de l'importation de vin dans la province.

Mais alors pourquoi des gens et des agents disent qu'ils font de «l'importation privée» et qu'ils vendent des vins dits d'importation privée?

C'est la SAQ qui importe, transporte, entrepose, distribue et vend tous les vins importés en bouteille au Québec.
C'est la SAQ qui paie directement tous les fournisseurs, producteurs et vignerons. C'est la SAQ qui choisit les moyens de transport et qui fait venir ces caisses de vin. De plus, ce sont les gens de la SAQ qui fixent ou corrigent les prix.

Commandes privées
Mais alors qu'est-ce que ce système que certains appellent de «l'importation privée»?
C'est le système de «commandes privées de la SAQ».

C'est la SAQ qui a commencé à utiliser ce terme d'importation privée lorsqu'elle a autorisé, il y a quelques années, des particuliers à passer des commandes particulières auprès de son service d'importation.

Les gens de la SAQ utilisent de plus en plus maintenant le terme plus juste de commande privée au lieu d'importation privée comme le fait la société des alcools de l'Ontario, la LCBO.

Il n'y a donc pas d'importations privées, mais bien des commandes privées.

Ces commandes peuvent être faites par des particuliers, des restaurateurs et des agents promotionnels.
Il y aurait maintenant plus de 300 personnes qui sont enregistrées auprès de la SAQ comme agents promotionnels pour faire des commandes privées.

Ces personnes choisissent le vin, mais c'est la SAQ qui paie le vigneron, l'importe, l'entrepose et le distribue aux clients dans ses succursales désignées.

L'agent, lui, doit veiller à faire sortir le vin le plus vite de l'entrepôt et il se prend une commission.

Son rôle n'est pas d'importer le vin, mais plutôt «de trouver des acheteurs pour la totalité des produits commandés, avant la fin de la période d’entreposage», comme le dit la SAQ dans sa politique de commandes privées.

L'agent a 180 jours pour faire sortir le vin de l'entrepôt de la SAQ. Après ce temps, la SAQ se réserve le droit de saisir les caisses restantes.

Des employés de la SAQ sont chargés de contrôler les prix de ces vins. Ils exigent que le prix corresponde «au prix fournisseur des produits comparables au répertoire de la SAQ.»  De plus, «lorsque le prix déclaré par l’agent ne reflète pas la valeur marchande des produits, la SAQ effectue le paiement au fournisseur selon le prix déclaré et elle ajuste le calcul de son prix de vente au détail selon la valeur marchande des produits.» La valeur marchande est décidée par la SAQ.

La SAQ prend sa commission habituelle, plus des frais de commandes privées. L'agent se prend aussi une commission.

L'agent fixe la commission qu'il veut. On me rapporte qu'un agent facture une commission de 60 % qui s'ajoute au 135 % de majoration de la SAQ.
Ça commence à faire cher! En fait, nous observons qu'un vin en commande privée est de 10 à 15 % plus cher que le même vin lorsqu'il est par la suite vendu directement par la SAQ.

Commandes privées sur le site web de la SAQ
Il y a des discussions depuis plus de 4 ans afin de permettre l'écoulement de ces vins de commandes privées sur le site saq.com. Toutefois, les discussions achoppent, entre autres, sur la question de la commission de l'agent. En effet, comment s'assurer qu'il recevra sa commission, comment établir le montant. De plus, on se demande pourquoi donner une si forte commission si ce sont des employés de la SAQ qui font la plus grande partie du travail.

Donc, il n'y a pas d'importations privées de vin au Québec, mais plutôt des commandes privées. La principale différence est que le choix du vin est fait par un privé au lieu de l'être par un employé de la société d'État.

En 2016-2017, les commandes privées ont totalisé 6,4 millions de bouteilles pour 115 millions de dollars.

Voir Politique de commandes privées, version agents promotionnels, SAQ et Commandes privées, LCBO.

Les vins bio mieux identifiés à la SAQ

Les vins bio sont maintenant mieux identifiés sur les rayons de la Société des alcools du Québec.

Les étiquettes des produits bio sont dorénavant vertes au lieu de blanches sur les rayons de la SAQ.

De plus, on y a apposé un carton de 4 pouces afin de mieux signaler leur présence.

Dans plusieurs succursales, les employés ont même regroupé des vins bio dans une même section. Ce qui facilite grandement la recherche.

Les vins bio deviennent de plus en plus recherchés au Québec. D'ailleurs, leurs ventes ont augmenté de 30 % au cours de la dernière année, précise la SAQ.

Il y a aujourd'hui 575 vins bio dans les magasins de la société des alcools, dont 7 champagnes et 10 autres mousseux. Ce n'est pas encore énorme, mais nous constatons une bonne progression de l'offre depuis 3 ans. Il y avait 160 vins bio sur les rayons de la SAQ en 2013; puis 230 en 2014; un peu plus de 300 en 2015; 360 en mai 2016 et près de 600 aujourd'hui.

Il y a des vins bio dans toutes les gammes de prix. On en trouve même 5 à moins de 12 $.

Parmi les vins tranquilles, la plupart des vins bio disponibles sont rouges (357), contre 167 blancs et 14 rosés.

Nous constatons que les vins bio sont souvent meilleurs que les vins non bio à prix équivalent.

Consultez notre liste de vins bio de bonne qualité.

Ainsi que la section bio, pour y voir les derniers commentaires.

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Les vins les plus vendus au Québec

Voici la liste des vins les plus vendus à la SAQ et dans les épiceries du Québec selon le montant brut des ventes.

Le produit le plus vendu est le Red Revolution Rouge. Il est au format de 1 litre au prix de 13,85 $ dans les épiceries. Une version de 750 ml est aussi dans les succursales de la SAQ.

Toutefois, en volume, le vin le plus vendu est probablement de Wallaroo Trail Rouge si on additionne les ventes aux formats de 1 et de 4 litres.

Ainsi, les deux vins les plus vendus au Québec le sont principalement dans les épiceries. D'ailleurs, plusieurs des plus gros vendeurs au Québec sont au format de 1 litre et sont surtout disponibles en épiceries.

Le vin le plus vendu (en valeur) dans les succursales de la SAQ est le Sauvignon blanc Kim Crawford.

Il y a de nouveaux venus dans ce palmarès des meilleurs vendeurs. L'un d'eux est le Smoky Bay rouge au format de 1 litre dans les épiceries. Là encore, la SAQ en vend aussi, mais au format de 750 ml.

D'autres surprises aussi : deux des vins de la sommellière Jessica Harnois se sont hissés dans ce palmarès en très peu de mois. Mme Harnois dit avoir vendu 1,7 million de bouteilles de ses trois vins de la marque .

Cinq des dix vins les plus populaires sont distribués dans le réseau des épiceries et dépanneurs. C'est là qu'est la croissance et non plus en succursales. Ils étaient deux l'an dernier.

Le Ménage à Trois continue sa descente, passant de la 14e place à la 32e; lui qui était en 1e place en volume et en valeur en 2012.

Il est à noter aussi la belle performance du rosé Le Pive qui est en 12e place alors qu'il n'était même pas parmi les 30 premiers l'an dernier.

Liste des 33 meilleurs vendeurs en valeur

1 Red Revolution Vin Rouge  1 L (Épicerie) 13,85 $
2 Sauvignon blanc Kim Crawford Marlborough  19,55 $
3 Wallaroo Trail Bin 212 rouge 1 L (Épicerie)  13,45 $
4 Sangiovese/Cab.-Sauv. Liano Umberto Cesari Rubicone  26,55 $
5 Wallaroo Trail lot 313 blanc  1 L (Épicerie) 13,45 $
6 Merlot Grand Sud pays d'Oc i.g.p.  1 L   11,60 $
7 White Revolution Vin Blanc  1 L  (Épicerie) 13,85 $
8 Chenin blanc Robertson Winery   9,30 $
9 Veuve Clicquot Ponsardin Brut Champagne  69,25 $
10 Smoky Bay vin rouge  1 L   12,70 $  (Épicerie seulement)

11 White Zinfandel Ernest & Julio Gallo Californie rosé  10,15 $
12 Le Pive Gris de Grande Camargue rosé 15,05 $
13 Apothic Red Californie   15,65 $
14 Sauvignon bl. Fumées Blanches Cotes de Gascog IGP  13,95 $
15 Shiraz/Cabernet Jacob's Creek South Eastern Australia 14,45 $
16 Brouilly Georges Duboeuf 18,55 $
17 Wallaroo Trail Bin 212 rouge  4 L 46 $  (Épicerie seulement)
18 Pinot grigio Barefoot California  9,95 $
19 Fumé blanc Errazuriz Valle de Aconcagua  13,55 $
20 Sauvignon blanc Oyster Bay Marlborough  18,60 $

21 Ruffino Chianti  14,95 $
22 Bù Splendido vin blanc Épicerie et SAQ  14,70 $
23 Bù Glissando vin rouge Épicerie seulement 14,70 $
24 Cabernet-Sauvignon Woodbridge Robert Mondavi Californie  13,45 $
25 Wallaroo Trail Bin 717 rouge  1 L (Épicerie seulement) 13,45 $

26 Merlot Donini Delle Venezie i.g.t. 1 L  9,10 $
27 Sangiovese Fantini Farnese  8,70 $ (Le seul négocié en euro)
28 Toro Loco rouge (Épicerie seulement) 1 L  12,15 $
29 Nicolas Laloux Le Gentlemen Bohème blanc (Épicerie seulement) 1 L 11,10 $
30 Gros Manseng/Sauvignon Brumont vin pays des Côtes de Gascogne 12,65 $

31 Modello Masi Delle Venezie i.g.t. 13,55 $
32 Ménage à Trois Folie à Deux Californie rouge 16,10 $
33 Chardonnay Grand Sud vin de France  1 L  12,40 $

Voir le palmarès de l'an dernier.

Hausse des ventes des vins de la Loire au Québec

Les vins de la Loire ont connu une hausse des ventes en volume de 7 % au Québec au cours de la dernière année.

Il s'est ainsi vendu 168 000 caisses, soit un peu plus de 2 millions de bouteilles.
En blanc c'est 1,8 million de bouteilles; en rouge 220 000 bouteilles.

En valeur, ce fut une hausse de 8 %, selon les chiffres fournis par la Société des alcools du Québec. Ce qui représente 39 millions de dollars. C'est 34,5 millions pour le blanc et 4,6 millions $ pour le rouge.

Il y a actuellement 278 vins de la vallée de la Loire sur les rayons des magasins de la SAQ. C'est 182 blancs, 92 rouges, 4 rosés, en plus des 19 mousseux.

Les principales appellations que l'on trouve au Québec sont : Sancerre; Chinon; Saumur; Saumur-Champigny; Pouilly-Fumé; Muscadet; Anjou; Touraine; Savennières, Vouvray: Menetou-Salon; Bourgueil et Cheverny.

En mousseux, il y a les Crémants de Loire; les Vouvrays; les Montlouis, les Saumur bruts et les Touraine.

Les principaux cépages de la Loire sont en blanc: chenin, sauvignon, melon de Bourgogne, chardonnay, pinot gris et la folle blanche. En rouge c'est : cabernet franc, gamay, grolleau, pinot noir, cabernet sauvignon, côt, pineau d'Aunis et négrette.

La Loire c'est 86 appellations et 7000 viticulteurs. C'est une route des vins de 1000 kilomètres. La production en AOP des membres d'Interloire est surtout en blanc à 35 %; rosé 30 %; rouge 20 % et bulles 15 %. C'est 250 millions de bouteilles en AOP, dont 40 millions à l'exportation. (5 % au Canada). Plus 25 millions de bouteilles en IGP, dont 3 millions exportées. (5 % au Canada).

Je vous parlerai un peu plus des vins de cette région bientôt.

Voyez nos derniers commentaires sur des vins de cette belle région. vinquebec.com/vins-loire


Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

Prix moyen d'une bouteille de vin à la SAQ : 15,78 $

Le prix moyen d'une bouteille de vin de 750 ml vendue dans les succursales de la SAQ a été de 15,78 $ en 2015-2016. Ce qui est 3 cents de moins que l'année précédente.

Les ventes de vins de la SAQ ont été de 2 000,9 millions $ en 2015-2016. Si l'on soustrait de cela ce que la SAQ a vendu aux épiceries soit 327,4 millions $, il s'est donc vendu pour 1972,6  millions $ dans les succursales de la SAQ. En volume, les ventes furent de 121,9 millions de litres en succursales. Ainsi 1972,6 millions $ divisé par 121,9 millions de litres donnent 16,18 $ le litre. 

C'est donc 16,18 $ le litre avant taxes.
Soit 12,14 $ la bouteille de 750 ml avant taxes.

Après taxes ce sera : 15,78 $
(12,14 $ + taxe d'accise fédérale de 0,48$ + taxe spécifique du Québec de 1,05$) x TPS 5% x TVQ 9,95% = 15,78 $.

L'année précédente, ce fut des ventes en succursales de 119,7 millions de litres pour 1941,6 millions $, soit 16,22 $ le litre. Ce qui donne 12,17 $ la bouteille avant taxes et 15,81 $ après taxes.

Ceci ne comprend pas les ventes dans les épiceries, mais les ventes dans les succursales, les importations dites privées et les ventes aux restaurants et bars.

Ces chiffres sont tirés des rapports annuels de la société d'État pour les années 2014-2015 et 2015-2016.

Le prix moyen va diminuer encore plus. En effet, la SAQ a réduit les prix de ses 1600 gros vendeurs de 1,05 $ la bouteille. De plus, elle a nettement amélioré son offre de vins à petits prix. Il est donc prévisible que ce prix moyen va diminuer encore plus pour l'année 2016-2017 qui vient de se terminer. Les chiffres de cette année seront disponibles dans quelques semaines.

Accord canadien de libre-échange, mais pas pour le vin

Les dirigeants des provinces canadiennes viennent finalement de signer un nouvel accord sur le libre-échange entre les provinces du pays. Cet accord remplace celui de 1995.

Ce nouvel accord n'élimine pas les barrières commerciales entre les provinces, mais prévoit plutôt des discussions futures sur le sujet.

Il semble plutôt viser à protéger les barrières et prérogatives provinciales avant l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec l'Europe.

En ce qui concerne le vin, cet accord prévoit aussi des discussions entre les provinces «afin d'identifier des possibilités particulières et de recommander des initiatives visant à accroître davantage le commerce de boissons alcooliques à l’intérieur du Canada, tout en tenant compte de la responsabilité sociale et des obligations internationales.»

On y lit aussi que l'on pourrait proposer «de nouvelles technologies et d’autres approches visant à offrir davantage de choix et une commodité accrue aux consommateurs dans le secteur des boissons alcooliques.»

On se souvient que les premiers ministres du Québec et de l'Ontario nous avaient promis, en juillet dernier, un service d'achat internet entre nos deux provinces dans les jours qui suivent. Mais, on n'en a plus entendu parler depuis.

L'annexe du dit accord de 2017 énumère les pouvoirs que se réservent les provinces. Ces annexes des exceptions au libre-échange entre les provinces font 148 pages des 359 du document. Le vin est expressément nommé pour presque toutes les provinces. Elles veulent garder leurs monopoles. Pour le Québec, on lit ceci « Le Québec régit et autorise l’importation, la distribution, l’approvisionnement, le transport, la vente et la commercialisation des boissons alcooliques et réalise ces activités y compris par l’intermédiaire de son monopole provincial, la Société des alcools du Québec.» Puis ceci «Le Québec peut exiger que les produits vendus par les titulaires de permis d’épicerie soient embouteillés au Québec.»

Pour ce qui est de la Saskatchewan, elle dit qu'elle «se réserve le droit d’adopter ou de maintenir toute mesure autorisant la vente directe aux consommateurs avec d’autres Parties sur une base réciproque.»

Un comité des représentants des provinces doit soumettre de nouvelles propositions d'ici juillet 2018.

  Accord de libre-échange canadien 2017.

  Voir aussi d'autres nouvelles sur cet accord entre les provinces.

 

Hausse de 30 % des ventes de vins bio

Les ventes de vins biologiques se sont accrues de 30 % au cours de la dernière année dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

La société d'État a donc décidé de monter dans le train en marche. Elle a fait faire une étude auprès de sa clientèle. Résultats: 69 % des répondants jugent que les produits biologiques ne sont pas assez mis en valeur à la SAQ.

La direction de la SAQ a donc décidé de mieux afficher les vins bio. Ces produits seront identifiés «par un mica vert sur l'étiquette tablette en succursale.»  De plus, «des affichettes de format 4 po x 4 po seront également fournies pour sensibiliser la clientèle à cette nouveauté.»

Finalement, la SAQ fera une promotion «10 fois les points» sur ces produits biologiques du 20 au 23 avril.

Il y a aujourd'hui 553 vins tranquilles bio sur les rayons de la SAQ. C'est 150 de plus que l'an dernier. La grande majorité de ces vins viennent de la France; soit 383 en plus de 69 de l'Italie et 35 de l'Espagne. Nous y trouvons aussi 14 vins mousseux bio.

Voici une belle sélection de vins bio commentés au cours des derniers mois.

  Région SAQ Cote Prixicone de tri
Ijalba, Genoli 2016 Espagne 2,0 13,90$
ALB de Petro Vaselo 2015 Roumanie 2,0 14,20$
Ijalba Solferino Rioja 2014 Espagne 2,5 15,05$
Château Suau 2014 Bordeaux 2,5 16,50$
Comenge Verdejo Rueda 2015 Espagne 2,0 17,30 $
Novas, Camenère Gran Reserva 2014 Chili 2,5 18,00 $
Clos de la Briderie 2014 Loire 3,0 16,90$
Domaine de l'Attilon Marselan 2014 Rhône 2,5 18,25$
Château Rigaud, Faugères 2014 Languedoc 3,0 18,65$
Finca Los Alijares Graciano 2009 Espagne 3,0 19,15$
Bonterra Cabernet Sauvignon 2014 Californie 2,5 18,55$
Pureté de Silex Brut, Crémand de Loire Loire 2,0 19,50$
Bonterra Viognier North Coast 2014 Californie 2,5 20,05$
Les Garrigues, Domaine Clavel 2014 Languedoc 3,5 20,70$
Ijalba Reserva 2012 Espagne 3,0 21,35$
Les Terres Rouges, Saumur-Champigny 2015 Loire 3,0 21,80$
Domaine Pothiers, Côte Roannaise 2015 Loire 3,0 21,90$
Ijalba Graciano 2014 Espagne 2,5 21,95$
Château la Tour de l'Évêque blanc 2015 Provence 2,5 22,30$
Raventos i Blanc, L'heureu 2014 Espagne 3,0 22,50$
Mas des Chimères, Terrasses du Larzac 2014 Languedoc 2,5 22,75$
Château La Tour de l'Évêque Rouge 2013 Provence 3,0 23,20$
Orthogneiss Domaine de l'Ecu 2014 Loire 2,5 23,40$
La Vida al Camp, Cava Brut Rosé 2013 Espagne 2,5 23,50$
Geyerhof, Rosensteig, Grüner Veltliner 2015 Autriche 2,5 23,90$
Domaine Gardiés, Les Glaciaires 2015 Roussillon 3,0 24,75$
Col d'Orcia, Rosso di Montalcino 2013   2,5 24,95$
Hatzidakis Santorini Assyrtiko 2015 Grèce 3,0 27,25$
Badia a Coltibuono, Chianti Classico 2014 Italie 3,0 27,30$
François Chidaine Brut Nature, Montlouis sur Loire Loire 3,0 29,35$
Mâcon Verzé, Nicollas Maillet 2014 Bourgogne 3,0 29,40$
Château Gaillard, St-Émilion Grand Cru 2013 Bordeaux 3,0 31,00$
Première de Figuière, Côtes de Provence 2013 Provence 3,5 33,75$
Raventos I Blanc, De la Finca 2013 Espagne 3,0 35,35$

  Lire aussi le texte de Jean-Michel Genois Gagnon, La SAQ mise sur les produits bio, Le Soleil, 7 avril.

Budget Québec: très faible croissance pour la SAQ

Le ministre des Finances du Québec ne s'attend pas à recevoir beaucoup plus d'argent de la Société des alcools dans les prochaines années.

Dans son budget déposé aujourd'hui, le ministre Carlos Leitao prévoit de très faibles hausses de revenu en provenance de la SAQ. Plus faibles que l'inflation.

Le gouvernement s'attend à recevoir 1,078 milliard cette année, mais seulement 11 millions de plus pour chacune des deux années suivantes.

La croissance des revenus de la SAQ a été très forte de 2004 à 2012, passant de 540 millions de dollars à 1,030 milliard; soit près de 500 millions de plus en 8 ans. Par contre, depuis 2012, les revenus de la SAQ n'ont augmenté que de 48 millions de dollars à 1,078 milliard. Le gouvernement prévoit qu'ils seront de 1,1 milliard en 2018-2019.

Le gouvernement prend note aussi de «la faible croissance des revenus de la taxe spécifique sur les boissons alcooliques». C'est une taxe de 1,40 $ le litre. Les ventes en volume augmentant peu, les revenus de cette taxe augmentent aussi très peu.

Le gouvernement tire 630 millions de cette taxe et il s'attend à seulement 5 millions de plus pour chacune des deux prochaines années.

Dans le budget de l'an dernier, le ministre avait dit qu'il voulait mesurer la performance de la SAQ. «Un exercice d’étalonnage sera réalisé avec des organismes comparables dans les autres provinces (ex. : Régie des alcools de l’Ontario), ainsi qu’avec des entreprises privées évoluant dans le commerce de détail.
À la suite de cet examen, le gouvernement déterminera les voies possibles à suivre pour optimiser davantage les activités de la société d’État.»

Il n'y a toutefois pas de suivi à ce sujet dans le budget de cette année, sauf la mention des trois baisses de prix de 1600 vins.

D'autre part, le budget prévoit 9,2 millions sur 5 ans pour principalement aider l'industrie de la distillation.

  Source Le plan économique du Québec, mars 2007.

55 % des Québécois favorables à la privatisation de la SAQ

Le journal La Presse publie aujourd'hui les résultats d'un sondage CROP qui dit que 55 % des Québécois sont favorable à la privatisation de la Société des alcools du Québec.

Le président de la firme de sondage CROP se dit très étonné des résultats de ce sondage. Il n'y croyait pas. Il pensait que c'était une erreur. « J'aurais cru que les Québécois étaient davantage attachés à la SAQ !», dit Alain Giguère.

Le patron de CROP visiblement contre la privatisation estime que le Québécois n'est pas assez bien informé,«le commun des mortels n'a pas assez d'informations à se mettre sous la dent pour se forger une opinion claire.»

La majorité en faveur est partout : 52 % en région; 56 % à Montréal et 64 % à Québec.

Dans le même journal, la journaliste Marie-Claude Lortie propose de son côté une solution mitoyenne entre la privatisation et le statu quo. Elle suggère de moderniser la SAQ «en cherchant à éliminer les aspects irritants». Elle y propose de permettre aux agences d'importation privée de faire de la vente directe aux consommateurs. «Permettre aux agences d'avoir des boutiques décoincerait grandement le marché.»

De plus, elle demande que la SAQ permette à plus d'épiceries de vendre ses vins et n'ont pas d'en choisir arbitrairement une seule par village. «Mais pourquoi exactement devrait-elle avoir ce droit de favoriser un commerce ou une enseigne en particulier? Quelle est la logique derrière cela?»

En août 2014, un sondage de la maison Léger pour le compte du Devoir donnait 53 % des Québécois favorables à la privatisation de la SAQ.

En janvier 2013, La Presse a posé cette question à ses lecteurs: Devrait-on mettre fin au monopole de la Société des alcools du Québec? Oui 61 %.

  SAQ: 55% des Québécois favorables à la privatisation, La Presse, Marie-Ève Fournier
  Moderniser la SAQ, La Presse, Chronique, Marie-Claude Lortie
  Les Québécois favorables à la privatisation, août 2014
  Devrait-on mettre fin au monopole de la Société des alcools du Québec? Quiz La Presse, janvier 2013

Vente de vin: la croissance se fait en épicerie

Ventes de vin au Québec: forte croissance en épicerie et faible croissance en succursales SAQ!

Depuis l'automne 2015, la croissance des ventes de vins se fait surtout en épicerie.
La croissance des ventes de vin a été presque deux fois plus forte en épicerie qu'en succursales en 2015.
Puis, en 2016, la croissance est dix fois plus forte en épicerie!

C'est un changement radical par rapport aux années précédentes. En effet, comme nous le montre le tableau suivant, tiré des rapports annuels de la SAQ, les ventes de vin en succursales étaient toujours beaucoup fortes en succursales. Les ventes croissaient de 3 à 4 millions de litres par année en succursales, mais de 0,3 à 2,1 millions de litres en épiceries.

Les ventes totales de vin (épiceries et succursales) sont passées de 132 millions de litres en 2008 à 160 millions en 2015.

En 2015, la croissance des hausses de ventes de vin a été 1,6 million de litres en épicerie et de 0,9 million de litres en succursales. Au cours des 40 premières semaines de l'année fiscale actuelle, la croissance a été de 2 millions de litres en épicerie, mais de seulement 200 000 litres en succursales.

Hausses des ventes annuelles de vin
(millions de litres)

2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
40 semaines
Succursales 4,1 3,7 4,7 4,9 4,8 1,5 3,5 0,9 0,2
Épiceries 1,8 1,4 0,6 1,1 2,1 0,6 0,3 1,6 2,0

Le revirement a été radical après l'automne 2015, alors que les deux réseaux ont accru leurs ventes de 1,2 million de litres. À Noël 2015, les ventes des succursales ont baissé de 3,2 millions de litres par rapport à Noël 2014. Ces ventes ont toutefois augmenté à Noël 2016, mais n'ont pas réussi à atteindre le niveau de 2014. Les ventes en succursales ont aussi baissé de près d'un million de litres au premier trimestre de 2016.

Ventes par trimestre
(millions de litre de vin)
  T1
2014 /2015 /2016
T2
2014 /2015 /2016
T3
2014 /2015 /2016
T4
2014 /2015/
Succursales 26,2 /27,5 /26,6 27,7 /28,9 /29,2 44,6 /41,4 /42,2 23 /23,6 /
Épiceries 9,6 /9,1 /10,1 7,9 /9,2 /9,5 13,1 / 14,1 /14,8 8,4 /8,6 /

Les succursales perdent des parts de marché au profit des épiceries. La croissance se fait maintenant surtout dans les épiceries, comme nous le montrent ses chiffres tirés des rapports annuels et trimestriels de la société d'État. Comment expliquer ce changement?

La SAQ a vendu pour 327 millions de dollars de vin aux épiciers en 2016. Du vin qu'elle a acheté 165 millions aux embouteilleurs. Donc pour un bénéfice brut de 165 millions, ce qui donne une marge bénéficiaire de 98 %.

La SAQ a commencé à réduire les prix de ses vins d'entrée de gamme en novembre 2016. Est-ce que cela va modifier le comportement des consommateurs qui vont acheter de plus en plus leurs vins en épicerie?

 

Le prix du champagne très élevé au Canada

Le prix du champagne est élevé. Encore plus dans certains pays.
C'est un produit de luxe et les responsables de son marketing entendent bien le faire payer au prix d'un produit de luxe. Les prix des champagnes sont élevés parce qu'il n'y a pas de concurrences entre les producteurs sur le prix des raisins. Les prix du raisin sont fixés chaque année par une entente entre l'association des vignerons et celle des fabricants metteurs en bouteille et en marché. Dans d'autres pays ce serait illégal. Mais en France, cette entente sur le prix est entérinée par un préfet qui est le représentant régional du ministre de l'Intérieur. Le but est de maintenir les prix élevés. Et ça marche, les gens payent. C'est comme un bijou de luxe, un costume de luxe, un soulier de luxe, une montre de luxe. On paie pour la marque; la marque Champagne. Son mode de fabrication est pourtant le même que pour les cavas d'Espagne et les crémants des régions de France. Toutefois, l'image, le marketing, le prestige demandent des prix plus élevés.

Ceci dit, il y a des pays où on accepte de payer plus cher que d'autres. C'est le cas du Canada où on le paye 48 dollars américains pour un Moet et Chandon Imperial alors qu'il est 26 $ en France et 23 $ en Espagne!

Le Canada est l'un des pays où l'on paye le plus cher les vins de Champagne comme le montre ce tableau de l'association américaine des économistes du vin (AAWE). Même en Suisse, en Australie et à Hong Kong, le champagne est moins cher qu'au Canada. C'est que nos monopoles canadiens jouent le jeu du marketing des fabricants de champagne et fixent des prix très élevés pour ces bulles.

Ici, les économistes du AAWE ont comparé les prix après taxes du très vendu Moet et Chandon.


Cliquez pour agrandir l'image

Ce Moet et Chandon est 64 dollars canadiens à la Société des alcools du Québec et 65 $ à la LCBO de l'Ontario. Ces deux monopoles se prennent une marge spéciale sur le champagne.
À la SAQ, il y a aujourd'hui 500 mousseux, dont 250 proviennent de Champagne. Le prix des champagnes va de 37 $ à 3400 $; celui des mousseux des autres régions va de 9 $ à 145 $.

Le champagne n'est pas toujours meilleur que le mousseux d'une autre région. Dans chaque cas, il faut y gouter et voir si c'est à votre goût et à votre bourse.

Voir ici une belle liste de mousseux de Champagne et d'ailleurs: https://vinquebec.com/meilleursmousseux

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