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Un employé de la SAQ reçoit la Médaille du Mérite agricole de France

Le journal interne le Blitz Express de la SAQ rapporte que Denis Marsan, directeur de la recherche et du développement de produits haut de gamme de la société d'État, a été nommé Chevalier de l’Ordre du mérite agricole de France.

La médaille lui a été remise par le ministre de l’Agriculture de France, Bruno Le Maire. «L’Ordre du Mérite agricole est un ordre honorifique institué en France en 1883 par le ministre de l’Agriculture pour récompenser les services rendus dans ce domaine. Denis rejoint donc les rangs de Louis Pasteur et de Catherine Deneuve qui ont déjà reçu cette récompense.»

Denis Marsan a commencé sa carrière comme commis au Service des postes de la SAQ en 1973. Il a commencé à s'intéresser au monde du vin en rangeant les bouteilles en entrepôt. Puis, il a été conseillé en vin et a gravi tous les échelons pour devenir un des acheteurs de vins haut de gamme pour le Courrier vinicole et les magasins Signature de la SAQ.

M. Marsan a récemment pris sa retraite et travaillera comme consultant à la SAQ.

POURQUOI LE QUÉBÉCOIS AIME-T-IL TANT LE VIN DE CAHORS?

Pascal Verhaeghe, Château du CèdreLe Québécois est le plus gros consommateur de vin de Cahors hors France!

En effet, le Québec achète 43 % des exportations de vins de Cahors, 48 % en valeur; très loin devant les États-Unis, la Grande-Bretagne et les autres pays!

C'est une donnée étonnante que j'ai découverte en préparant un voyage de presse dans cette région viticole du Sud-Ouest de la France.

Pourquoi sommes-nous leurs meilleurs clients? J'avais hâte d'arriver là-bas pour le savoir. Mais à Cahors, de nombreux producteurs m'ont demandé pourquoi on est leur meilleur client.

Où pourrais-je trouver la réponse? Là-bas et ici.

En guise de réponse, j'émettrai plutôt une hypothèse.
Il y a quatre facteurs qui peuvent expliquer ce goût des Québécois pour les vins de Cahors. Disons-le tout de suite, ce n'est pas un goût passager, il s'accentue plutôt. La consommation de vins de Cahors a presque doublé au Québec en seulement cinq ans.

Nous achetons 1 235 665 bouteilles de vin de Cahors par année pour un total de 19,4 millions de dollars (Chiffres SAQ 2009-2010).

Il y a 79 vins de cette région référencés à la SAQ. Soit 11 en produits courants et 68 en spécialités.

Les facteurs expliquant cet amour Québec-Cahors sont :

  1.   le climat
  2.   la nourriture
  3.   le prix et le ratio qualité-prix
  4.   la constance et l'évolution

Climat et nourriture

Les vins de Cahors étant des vins chaleureux, bien tanniques, tendus d'une belle acidité et costauds sont très adaptés à notre climat froid, à nos hivers et à notre nourriture riche et calorifique.

La composante essentielle des vins de cahors est leur acidité. Elle est sous-jacente, presque constante, discrète, mais bien tendue, elle accentue les tanins et le fruit. Le vin n'est jamais mou, ni sucré comme tant de rouges. Cette acidité bien enrobée fait que le vin devient encore meilleur avec la nourriture.

Il accompagne très bien les viandes rôties, grillées, braisées ou mijotées; l'agneau, le boeuf, le canard, le gibier, les terrines; sauces aux champignons, au vin rouge, au poivre ou aux fruits sauvages.

Les prix

Sur les 47 vins de Cahors actuellement disponible sur nos tablettes, 25 se vendent à moins de 20 $ et 33 moins de 30 $.

Le moins cher, le Comte André de Monpezat, de la coopérative est régulièrement à 13 $. Il est même en vente à 10,95 $ ces jours-ci. Le deuxième meilleur vendeur le Ch. St-Didier-Parnac, généreux et bien tannique, présent ici depuis fort longtemps est à 14,75 $. Puis nous avons Les Comtes de Cahors à 13,90 $, le Clos de la Coutale 14,85 $ et le Chatons du Cèdre à 13,30 $.

Ce qui est encore plus étonnant, c'est qu'il y a deux vins de la section spécialité parmi les dix meilleurs vendeurs de cette région, soit le Ch. de Gaudou et le Ch. Lamartine.

Qualité-prix

Vous constaterez aussi qu'en général vous en obtenez pour votre argent. Au dessus de 20 $, le type de vin change carrément en richesse et en finesse, puis à plus de 33 $, vous touchez aux grands vins de cette région.
Ces prix ne se sont pas gonflés artificiellement comme en Italie et aux États-Unis.

La constance et l'évolution

Les effets de mode ont très peu joué jusqu'à maintenant dans cette région paisible du nord-ouest de Toulouse. Le vin de Cahors reste toujours le vin de Cahors. Ceci étant dit, il y a eu tout de même une lente et nette évolution au cours des dernières années.

Ces vins étaient souvent très rugueux, très rustiques. Nous ne nous en plaignons pas du tout, ceci allait très bien avec notre nourriture elle aussi peu délicate. Progressivement, la gastronomie du Québécois se raffine, le vin de Cahors a suivi, comme par hasard, le même chemin.

Donc, ce vin s'est maintenu en adéquation avec nos habitudes alimentaires.

En résumé, un vin riche, réconfortant, d'un bon rapport qualité-prix, accessible en grande quantité dans toutes les succursales depuis longtemps et qui accompagne très bien plusieurs de nos plats.

Ceci étant établi, il faut aussi préciser qu'il y a tout de même une grande variété de style parmi les vins de cette région. Ça va des très fruités, bien souples, aux plus tanniques. Des costauds aux raffinés. On trouve même maintenant des vins assez boisés.

J'ai découvert là-bas des vins fantastiques, certains disponibles ici d'autres pas.
Je vais vous en parler plus à fond dans le cadre d'un autre article, mais mentionnons quelques producteurs de grands talents : Clos Triguedina, Château du Cèdre, Lamartine; d'autres non disponibles ici, mais qui devraient l'être vu la grande qualité de leurs vins : Croisille, Mas del Périé, Tour de Miraval, Plat Faisant, Cenac, Clos du Chêne, Garinet... Certains aussi sont ici trop rarement comme Haut-Montplaisir.

Le vignoble de Cahors se transforme. Je vous parlerai dans quelques jours de bio, de culture raisonnée, de malbec, côt et auxerrois, de grands crus, de vins blancs de cette région, de producteurs innovateurs, de l'opération Malbec, et bien sûr de quelques vins à découvrir...

Sur la première photo, nous voyons Pascal Verhaeghe versant le vin de sa cuvée Grand Cèdre.

Pour en savoir plus sur les vins de Cahors, consultez le site www.vindecahors.fr

Des rabais! Vraiment?

La SAQ annonce dans sa dernière circulaire des rabais sur plusieurs produits, des rabais de 1 à 2,50 $.
Mais est-ce que ce sont vraiment des rabais?

Lorsque j'étais aux études au secondaire, j'ai travaillé dans un 5-10-15 du nom de Peoples. Une de mes tâches consistait à étiqueter les produits. Le premier jour, je reçois une cargaison de pantalons. Le gérant descend à l'entrepôt et tire un pantalon d'une boîte et m'ordonne d'indiquer un prix plus élevé que celui suggéré sur les documents. Il me dit aussi d'inscrire ce produit pour la vente d'automne.

On haussait donc le prix d'un produit pour le réduire au prix régulier plus tard et prétendre ainsi consentir un rabais aux consommateurs.

À ma connaissance, c'est un peu de qui se fait lors des ventes de la SAQ.

En fait, si je ne me trompe pas, ce n'est pas la SAQ qui offre le rabais, mais plutôt le producteur. On demande aux producteurs de prévoir ce genre de rabais de 1 ou 2 dollars sur quelques-uns de leurs vins. Les fabricants doivent donc hausser leurs prix pour pouvoir les réduire ultérieurement.

Ça se ferait couramment dans le commerce de détail.

Parmi ces vins en rabais dans la dernière circulaire, on retrouve les Yellow Tail, Kim Crawford, Segura Viudas, Mouton rosé, JP Chenet, Bolla, Perequita, Arrogant Frog, Sieur D'Arques (le vendeur de faux pinot noir) et Lulu B.

Quoi qu'il en soit, dans ce lot, nous pouvons tout de même trouver des vins intéressants et encore plus abordables après le rabais comme ce Chablis Champs Royaux 2008 de William Fèvre 2008, réduit de 2 $ à 18,90 $

Baisses de prix de certains vins européens en mai

La SAQ a procédé à la mofication des prix de plusieurs de ses produits le 26 mai.
Presque 1000 produits ont changé de prix : 77 à la hausse, 920 à la baisse.
La société d'État fait ce genre de modification plusieurs fois par année.
L'euro valait 1,57 $ le 25 mai 2009, il est maintenant à 1,30 $.
Voici des vins de très bon rapport qualité-prix dont les prix ont été réduits.

Finca Flichman Malbec 2009  Argentine  **1/2   8,15  →  8 00 $
Château La Lieue 2009  Provence  **1/2         13,00  →  12,65 $
La Vendimia 2008    Italie  ***                   16,20 →  15 70  $
La Brune, Beaumes de Venise 2008 Rhône  **1/2   16,20  →  15 80 $
La Vespa 2007
   Italie   **1/2                       16,80  → 16 40 $
   (La Vespa était 17,60 $ en février.)
Château Nénine 2005  Bordeaux    **1/2         17,15 →   16 75 $

Château de Francs 2006       Bordeaux     ***       17,70 →  17,25 $
Ch. du Grand Caumont, Impatience, Corbières 2007    **1/2   18,55  →  18,10 $

En haut de 20 $, les réductions de prix sont beaucoup plus rares! Il est vrai qu'à ce niveau, le prix fait partie de la stratégie de marketing et l'effet de Veblen (consommation ostentatoire) joue à fond.

Vieux Ch. Champs de Mars 2006   Bordeaux  ***  21,60  → 21 $
La Tota 2007       Italie           ***1/2                     23,80  →  23 10 $
Condado de Haza 2006       Espagne        ***1/2       24,65 →  23,95 $

Pibarnon 2005       Provence        ****       43,00   → 37,50 $
Vieux Lazaret Cuvée exceptionnelle 2005     Chateauneuf   ****   51,75 →  46,25 $
Château Simard 1990       Bordeaux   ****      54,75  → 50 75 $

En blanc, les réductions semblent beaucoup moins nombreuses, et il y a même eu plusieurs augmentations!
C'est le début de l'été.
Voici quelques vins blancs dont les prix ont été réduits.

Pfaffenheim pinot gris 2008   Alsace    ***      16,10  → 15 70 $
Thema Pavlidis 2008       Grèce           **1/2      21,10 →  19 60 $
Gewurztraminer Cuvée Bacchus Pfaffenheim 2008  Alsace   ***    21,10  → 19,45 $
Poggio della Costa 2007       Italie        ***      22,90 →  20,35 $
Montagny 2005, Faiveley    Bourgogne     ***    23,60 $ →  20,40 $

Cependant les prix de certains vins populaires ont été haussés :
Héritages Ogier, Côtes du Rhône 2007   14,20   14,55 $
Saumur Champigny 2008 Louis Roche  16,00    16,75 $
Devois des Agneaux rouge 2007     19,95   20,45 $

Voir la baisse des prix d'avril et celle de mars.

De grands bordeaux 2009 à boire en 2010

Lorsqu'on vous dit que les vins sont maintenant fabriqués pour être bus très jeunes, ce serait aussi le cas des bordeaux du beau millésime 2009.

Dans ses commentaires de dégustations des bordeaux 2009 publiés sur le site Vintages de la LCBO, Robert Parker écrit que plusieurs bordeaux du millésime 2009 sont à boire dès 2010!

C'est quand même formidable pour des vins qui ne sont même pas encore en bouteille et qui seront livrés à l'été 2012.

Le Hosanna 2009 «Boire entre 2010 et 2040. Note –  98-100. (RP)»; La Croix de Gay 2009 «Boire entre 2010 et 2035. Note –  91-93*. (RP)»; Magdelaine 2009 «Boire entre 2010 et 2035. Note –  92-94+. (RP)»...

Il faudra aussi faire vite et de pas s'endormir en comptant les moutons avec celui-ci Croix-Mouton 2009 «Boire entre 2010 et 2015. Note –  89-91. (RP)»

Il y en a même un qu'il faudra avoir bu avant sa livraison : Arnauton 2009  «Boire entre 2010 et 2012. Note –  90-92. (RP)». Une erreur de frappe dans ce dernier cas?

Source : www.vintages.com

Crachez le vin, même au restaurant

Crachez le vin, même au restaurant?
En général, lorsqu'on déguste des vins on les recrache. Sinon, rendu au cinquième, on ne les goûte plus vraiment.

Lorsqu'on visite des vignerons, on recrache aussi leurs vins. Toutefois, certains se sentent gênés et n'osent pas cracher craignant d'offusquer le vigneron.

Pourtant, les vignerons préfèrent qu'on crache leurs vins. Ils savent bien que nous serons mieux en mesure de les apprécier ainsi. Puis, ce sera moins dangereux sur la route.

Un vigneron va même plus loin, il propose qu'on crache aussi au restaurant. M. Philippe Gimel dit «vous me ferez plaisir en crachant mes vins», au restaurant «vous mettrez en valeur le vin en le crachant.»

La disposition des vins sur les tablettes de la SAQ

Comment sont disposés les vins sur les tablettes des produits courants de la SAQ? (Ici, on ne parle pas des vins de spécialité qui longent un ou deux murs.)

Ce n'est pas au hasard. Ce n'est pas non plus laissé totalement à la discrétion des directeurs des succursales.

Il y a des règles générales établies par le siège social. C'est ce qu'on appelle la planographie.

Premièrement, il y a des produits qui sont obligatoires : les 600 meilleurs vendeurs en dollars et les 600 meilleurs vendeurs en volume (bouteilles). Il y a plusieurs produits qui sont dans ces deux groupes ce qui donne 692 produits. C'est ce qu'on appelle le tronc commun. Ces bouteilles doivent être disponibles dans la soixantaine de grandes succursales. Les autres succursales, il y en a 413 au total, doivent s'approvisionner dans ce tronc commun.

Deuxièmement les vins sont regroupés par pastilles de goût, des plus légers aux plus corsés.

Troisièment, dans chaque section, les vins sont classés par prix :

  • le leader de la catégorie est positionné sur la meilleure tablette;
  • les prix les plus élevés sont sur les meilleures tablettes;
  • les prix se déclinent de gauche à droite du plus petit au plus grand.

Exception

«Dans la catégorie Divers pays, nous favorisons la Nouvelle-Zélande sur la meilleure tablette». À la SAQ, on nous dit que les vins de ce pays sont en forte demande et connaissent la plus forte croissance.

Spiritueux :  avantage pinte impériale

«Les spiritueux sont positionnés selon les divers formats d’une famille de haut en bas en favorisant le produit de format 1.14 l sur la meilleure tablette.»

Bio

Il est à noter aussi que les vins bio quittent la section où ils étaient regroupés pour retourner dans leurs régions. «Les vins agrobiologiques sont positionnés dans leur catégorie de provenance avec un indicateur sur la tablette pour informer le client.» (voir Fin de la section bio à la SAQ)

Flexibilité

Les directeurs de succursales peuvent choisir les produits qui iront dans les espaces appelés «flex». «Les succursales feront leurs choix en fonction des opportunités d’affaires qui s’offriront, en respectant l’objectif d’offrir une variété de produits répondant aux besoins de leur clientèle respective et en recherchant de bonnes performances de ventes.»

Retraits et nouveautés

Chaque année des produits sont retirés. Environ 100 des 1000 produits courants quittent les tablettes pour être remplacés par 100 nouveautés.  Il y a trois opérations d'introduction de nouveautés par année. Certains vins subissent un retrait complet (La Chevalière sauvignon, Côte du Rhône Duboeuf, Chardonnay Colio, Cabernet Franc Colio); d'autres sont envoyés dans la section des vins de spécialité (Moussière Sancerre, Merlot Zenato). Il faut ajouter aussi que quelquefois, certains vins très populaires et disponibles en quantité suffisante sont transférés de la section spécialité à celle des vins courants.

Les prix

La SAQ modifie les prix en fonction des variations des taux de change. Ça peut se faire 11 fois par année lorsque les taux de change varient de plus de 3 %.
Les agences peuvent aussi demander des modifications de prix. Actuellement, seulement 600 des 10 000 produits de la SAQ sont négociés en euros ou en dollars américains.
Les prochains changements auront lieu le 26 mai. Le taux de change de l'euro est fixé à 1,3616.

  Sources : Règles générales de la planographie 2010-2011 (groupes 5, 6 et 7)Planographie, gestion des produits flex; Retraits produits courants 2009-2010; Changement de prix, liste de taux de change, SAQ  

 Texte modifié le 12 mai.

Comparaisons de prix SAQ, États-Unis et France

Voici quelques produits et les comparaisons de prix entre ceux de la SAQ et ceux de commerces aux États-Unis et en France.
Les prix sont en dollars canadiens. Les prix SAQ proviennent du site saq.com et ceux des États-Unis et de la France ont été relevés dans l'outil de recherche www.wine-searcher.com

Commençons par des champagnes

Produits SAQ États-Unis France
Drappier Carte D'Or Brut   42 32 à 55 $ 19 à 33 $
Delamotte Brut 47 36 à 52 23 à 39
Lanson Black Label Brut 55 29 à 53 25 à 41
Pol Roger Brut 60 33 à 55 29
Taittinger Brut Réserve 63 37 à 62 30 à 35
Laurent-Perrier Brut 63 32 à 41 33
Roederer Brut Premier 65 31 à 39 33 à 39
Veuve Clicquot Ponsardin Brut 67 36 à 52 39
Gosset Grande Réserve Brut 71 51 à 72 39
R Ruinart Brut 74 46 à 64 35 à 38
Nicolas Feuillatte Brut 2004 66 43 à 49 41
Duval-Leroy Brut 1996 64 50 à 68 54
Bruno Paillard Brut 1999 92 92 à 116 38 à 65
Deutz Brut 2004 83 91 à 96 47 à 60
Krug Grande Cuvée Brut 272 119 à 156 112 à 130 $

 

Quelques mousseux

Cava Brut Reserva, Segura Viudas 13 7 à 24 8
Codorniu Clasico Brut Cava 13 8 à 13 $  

Quelques vins rouges

Mouton Cadet 2007 16 7 à 11 9 à 14
Coudoulet de Beaucastel 2007 29 24 à 37 13 à 16
Château d'Angludet  1996 36 31 à 42 36 à 45
Guigal Châteauneuf-du-Pape 2004 58 29 à 46 31 à 45
Château Sociando-Mallet 2006 67 35 à 62 33 à 39 $

Du très bon beaujolais, qui l'eût cru?

Je m'en vais à Montréal pour déguster des vins du Beaujolais. Un de mes amis me dit incrédule et étonné : «tu fais des heures de route pour déguster du beaujolais!»

Eh Oui! Le beaujolais a encore mauvaise réputation dans une bonne partie de la population. Cet ami ajoute qu'il y a une vingtaine d'années, il mettait du beaujolais en cave, des crus, avec un certain succès, mais qu'il a cessé par après. «Est-ce mes goûts qui ont changé, ou est-ce que la qualité de ces vins a baissé?» demande-t-il.

Un producteur me dit que la situation n'était pas rose dans sa région depuis quelques années. Des producteurs se sont remis en question et ont travaillé très fort pour améliorer la qualité. Les consommateurs sont de plus en plus exigeants et infidèles surtout.

Je constate en effet que le Beaujolais viticole a fait de grands progrès ces dernières années. On n'a moins souvent ces saveurs fermentaires et de bonbons acidulés pour retrouver maintenant des fruités nets vraiment plus plaisants dans ces vins faits du cépage gamay. Je vous ai déjà parlé des vins de Château de Pierreux et de Monternot, tous deux sous le chapeau de la maison Mommessin. De très beaux vins, des régals.

Progression des ventes d'alcool au Canada

Le commerce du vin, de la bière et des spiritueux progresse bien au Canada.
Statistique Canada nous apprend aujourd'hui que les ventes de ces produits se sont accrues de 3,7 % de janvier à février. Un total des ventes de 1,5 milliard de dollars.

C'est le secteur qui avec les vêtements (+5,5 %) et les autos neuves (+3,8 %) qui a connu les plus belles hausses.

Ce qui est de beaucoup supérieur à la moyenne de +0,5 % pour l'ensemble du commerce de détail.

Sur une base annuelle, les magasins d'alcool ont connu une hausse de 6,2 % de leurs ventes de détail de février 2009 à février 2010 (17,6 milliards de dollars). La moyenne est de 6,4 %, poussée vers le haut par une forte hausse de 15 % des ventes des stations-service.

   Sources : Statistique Canada, Ventes au détail, par industrie et Ventes au détail, par industrie (mensuel).

Producteurs, dites-nous la vérité

Dans sa série d'articles intitulés Manifesto 2010, dans le magazine Wine Spectator, Matt Kramer demande aux producteurs de vin de nous dire toute la vérité. «Tell us the truth.»

Il dit que les producteurs devraient informer les consommateurs des procédures qu'ils utilisent pour fabriquer les vins.

Si on a ajouté de l'eau au vin, on doit l'écrire sur la bouteille. «Vous seriez choqué de découvrir le nombre de producteurs californiens, surtout parmi les plus chers, qui récoltent des raisins en surmaturité et qui doivent ajouter de l'eau par la suite pour réduire le taux d'alcool», dit-il. C'est une procédure permise aux États-Unis.

M. Kramer exige aussi qu'on indique sur l'étiquette si on a retiré de l'eau du moût de raisin. On utilise des procédures mécaniques, ou on fait des saignées pour concentrer le moût lorsqu'on a trop irrigué, lorsqu'il a trop plu, ou lorsque la récolte est trop abondante et diluée.

On devrait aussi savoir si de l'alcool a été retiré du vin par des procédés mécaniques comme les cônes ou l'osmose inversée.

Il faudrait aussi indiquer si on ajouté des concentrés pour améliorer la couleur ou les arômes du vin.

La même chose pour l'acidité ajoutée. Les baies récoltées en surmaturité contiennent peu d'acide. On doit donc ajouter pour compenser de l'acide citrique, malique et/ou tartrique. «Ce n'est pas une mauvaise pratique, mais ça vous dit quelque chose au sujet des grappes.»

De plus, pour les mêmes raisons, M. Kramer exige qu'on indique tanins ajoutés, si on en a effectivement ajouté.

Finalement, il demande que toutes les étiquettes contiennent des informations spécifiques et précises concernant la quantité réelle de sucre résiduel, l'utilisation des agents d'affinage tels que la caséine (protéine du lait), les blancs d'oeufs et autres.

Dans deux de ces articles, le chroniqueur de vin exige qu'on indique le taux réel d'alcool. En effet, aux États-Unis, il y a une grande latitude permise aux producteurs. Pour les vins qui ont moins de 14 %, on peut indiquer 1,5 de plus ou de moins. Les vins qui ont plus de 14 %, on peut mentir de 1 point.

Matt Kramer est critique de vin depuis 1976, il collabore à la revue Wine Spectator depuis 1985. Il écrit aussi pour le Oregon Live et il est l'auteur de nombreux livres sur le vin, dont la série Making sense of wine.

Six pour cent des vins jeunes sont défectueux

Six pour cent des vins (tout type de bouchon) présentés au plus grand concours de vin du monde sont défectueux.

C'est un chiffre relativement élevé. En réalité ce chiffre pourrait être encore plus grand. Donc 6 bouteilles sur 100, dont deux seraient bouchonnées.

En effet, 6 % des vins présentés au concours International Wine Challenge ont été rejetés pour cause de défaut. Ceci comprend les bouteilles obturées avec le liège, les agglomérés, les plastiques, les capsules à vis et autres.

Le International Wine Challenge est le plus grand concours de vin au monde avec plus de 10 000 vins présentés.

Jamie Goode et Sam Harrop y ont démarré une étude sur les défauts du vin. Ils analysent les vins rejetés chaque année de ce concours depuis 2006. L'étude n'est pas terminée, mais en trois ans, ils ont noté 6 % de rejets.

La procédure

Chaque vin rejeté par les jurés de ce concours est redirigé vers un autre jury qui a la tâche d'identifier les défauts rencontrés. «Ceux-ci sont classés dans les catégories suivantes : moisi/goût de bouchon, phénols volatils, réduction (odeurs soufrées), SO2, acidité volatile, oxydation, pourri.»

Selon l'information fournie par Jamie Goode lors de l'évènement Lallemand Tour 2009, les défauts de ces vins se regroupent en quatre catégories :

  • goût de bouchon 30 %;
  • réduction 30 %;
  • oxydation 20 %;
  • brettanomyces 10 à 15 %.

«Ce qui signifie que la moitié des défauts identifiés sont dus à des problèmes d’oxydoréduction, et ceci avec une relative constance d’une année sur l’autre depuis 2006», affirme M. Goode.

Les mauvais élèves

«La France fait figure de mauvais élève concernant ces 2 défauts (oxydation et réduction), aux côtés de l’Espagne pour les Brettanomyces et de l’Australie pour les odeurs soufrées.»

La capsule à vis

M. Goode note que le nombre de vins présentant des goûts de bouchon tend à diminuer. «L’usage des capsules à vis pour le bouchage des vins risque en revanche d’augmenter les odeurs soufrées dans les vins, s’ajoutant ainsi à celles issues de la vinification.»

6 %, un minimum

Nous pouvons supposer que ce taux de 6 % est un minimum et que dans la vraie vie il est bien plus élevé.

En effet, ce chiffre provient d'un concours où les producteurs présentent leurs propres vins. Ils ont sûrement vérifié leurs bouteilles avant de les envoyer, au moins pour détecter des odeurs de bouchon.

De plus, comme il a été démontré ailleurs, une bonne proportion des producteurs (20 % selon une enquête de la brigade des fraudes de France) préparent des échantillons spécialement destinés aux concours.

Finalement, il s'agit ici de vin jeune, et comme on le sait, les défauts s'accentuent avec l'âge.

Donc, une étude bien intéressante et à suivre.

LA CUVÉE KERMIT LYNCH

Un même nom? Oui. Un même vin? Non.

Pourquoi le Château XYZ ne goûte-t-il pas la même chose au Québec qu'aux États-Unis?

Parce que même s'il porte le même nom, ce n'est pas toujours le même jus dans la bouteille vendue outre frontière.

On a entendu parler de la Cuvée Parker, aujourd'hui, je vais vous parler de la Cuvée Lynch.

Sur un forum, je lisais dernièrement que des gens se demandaient s'il fallait se fier aux notes de Wine Spectator, de Wine Advocate, de Jacques Benoit ou de Decanter.

Je réponds les deux premiers si vous achetez sur le marché américain, le dernier si vous achetez en Angleterre. Par contre, si vous achetez votre vin à la SAQ, êtes-vous certains que le vin est le même que celui commenté par les chroniqueurs étrangers?

Des cuvées pour le marché américain

M. Kermit Lynch est un grand connaisseur de vin français. C'est aussi un très grand importateur de vin de ce pays sur le sol américain. Il sillonne la France pour dénicher des producteurs de qualité. (Méo-Camuzet, D'aupilhac, Baudry, Joguet, d'Épiré, Gros-Noré, Dupéré-Barrera, Vieux Télégraphe et plusieurs autres.)

Il connait bien son marché. Il connaît bien le goût de ses clients et il choisit les vins qui plairont à ses consommateurs. Il lui arrive même de choisir les cuvées, les cuves, les barriques, les assemblages qui iront dans les bouteilles qu'il écoulera.

Donnons un exemple. M. Lynch va rencontrer chaque année Phillipe Faury, un producteur de très bon vin de Côte-Rotie, de Saint-Joseph et de Condrieu à Chavanay. Il y déguste les vins de différentes barriques et choisit celles qu'il préfère. Il fait faire ses assemblages. Ainsi les vins qui seront expédiés pour M. Lynch aux États-Unis porteront les mêmes noms que les vins vendus à d'autres acheteurs, mais ce ne seront pas les mêmes vins.

Il peut même arriver que l'importateur demande d'avoir une étiquette différente pour son marché.

Il y a quelques années, M. Faury a rajeuni ses étiquettes. M. Lynch les trouve trop modernes pour son marché. Il a demandé et obtenu qu'on mette les anciennes étiquettes sur les vins expédiés aux États-Unis.

Il n'y a rien là de répréhensible. C'est bien normal. C'est du marketing. Les goûts sont différents d'un pays à l'autre. Les Américains en général aiment les vins plus fruités, plus sucrés, moins acides.

Même nom oui! Même vin non!

Cela pose toutefois un problème aux consommateurs qui lisent les commentaires, des critiques et des notes sur ces vins.

Pour avoir un bel exemple, allez lire sur le site Cellar Traker, les commentaires sur ce vin : 2006 Domaine Faury St-Joseph. Ils sont fort différents. Il y en a même un qui parle de «new world style» pendant que d'autres mentionnent la minéralité. Allez maintenant voir les deux étiquettes envoyés par ces participants, vous comprendrez. Il semble bien qu'ils n'ont pas bu le même vin. Même nom oui! Même vin Non!

Château Quatrevindisse

Il arrive aussi dans quelques trop rares cas où le consommateur puisse avoir une indication (pas très claire) qu'il est face à une cuvée distincte comme ici : Guy Breton(Kermit Lynch Import) Morgon et Guy Breton Morgon. D'autres fois, c'est un peu plus précis Domaine Durban Vdp de Vaucluse 'Kermit Lynch Blend' et ici Beaujolais-Dupeuble Kermit Lynch (Monsieur Dupeuble écrit Château des Pertonnières sur son beaujolais vendu ailleurs).

Les mêmes ambiguïtés se retrouvent sur les sites et les magazines professionnels. Ainsi comment savoir si le Château Quatrevindisse dégusté par les gens de Robert Parker et de Wine Spectator est le même que celui noté dans les médias hors États-Unis?

Il ne faut pas oublier aussi le phénomène «échantillons». En effet, les chroniqueurs américains (français aussi) reçoivent des échantillons directement de producteurs.

Conclusion

Ainsi notre Château Quatrevindisse qui a reçu un bon 90 d'un chroniqueur américain ne sera pas nécessairement le même Château Quatrevindisse acheté au Québec ou en Ontario. Même nom oui! Même vin non!

  Lire aussi : Peut-on comparer les notes des journalistes de différents pays?

Salon des vins d'abbayes

L’Association des vins d’abbayes, vous connaissez?

Pour ma part, je n’en avais jamais entendu parler, jusqu’à ce que je me rende à la 4e édition du Salon des vins d’abbayes, tenue le dimanche 18 avril 2010.

Organisée au Centre Georges-Pompidou, une telle activité n’aurait assurément pas eu la même portée que sous les voûtes du magnifique Collège des Bernardins (Paris, 5e), où l’effet était solennel.

Créée en 2008, l’Association a pour objectif « de promouvoir les vins d’abbayes par la mise en valeur de leur patrimoine historique, culturel et œnologique ».

Le Québécois consacre 294 $ au vin, 370 $ à la bière et 92 $ aux spiritueux

Le Québécois est celui qui dépense le plus pour le vin au Canada, soit 294 $ par consommateur de 15 ans et plus. L'Ontarien ne dépense que 176 $ à ce chapitre.

Le Québécois dépense 370 $ pour la bière; l'Ontarien 277 $. Par contre, le consommateur de l'Ontario achète plus de spiritueux : 174 $ contre 92 $ au Québec. C'est ce qu'on apprend à la lecture des chiffres publiés par Statistique Canada cette semaine. (1)

La Société des Alcools du Québec a fait un bénéfice net de 973 millions de dollars en 2009, en hausse de 5,7 % sur l'année précédente.
La LCBO a fait le double 1,8 milliard, une hausse de 1,6 %.

Dans l'ensemble du pays, les Canadiens ont acheté pour 5,7 milliards de dollars de vin au cours de l'exercice se terminant le 31 mars 2009, soit 4,6 % de plus que l'an dernier.

La consommation de boissons au Canada

Les Canadiens ont modifié énormément leur consommation de boissons au cours des années 1998-2008.

Il y a des liquides en perte en popularité, d'autres attirent de plus en plus les consommateurs de notre pays.

Le groupe des boissons gazeuses est celui qui a connu le plus la défaveur du public au cours de ces 10 ans. Leur consommation est passée de 117 litres en 1998 pour baisser à 86 litres par habitant en 2008.

Le vin, par contre, a vu sa popularité augmentée de 9 litres à 13 litres pendant la même période. Si l'on ne tient compte que de la population de 15 ans et plus, c'est une hausse de 11 à 16 litres.

(Au Québec, la consommation est plus élevée, soit 17 litres par habitant ou 20 par consommateur de 15 ans et plus.)

La consommation de bière au Canada par contre reste stable, soit une faible hausse de 1 litre en dix ans, qui la porte à 69 litres par habitant.

Le thé de son côté est de plus en plus populaire. On en consommait 62 litres il y a dix ans, c'est maintenant 93 litres de cette boisson qu'on ingurgite par année.

Le café n'a pas connu une si forte hausse, mais reste toujours très populaire : 95 litres  en 1998 contre 102 aujourd'hui.

Le jus d'orange passe de 13 à 12.
Le jus de pomme est stable à 7 litres.
Les breuvages alcoolisés passent de 5 à 6 litres.

Le jus de raisin se maintient autour de 4 litres.
Le jus de tomate est stable à 1,25 litre.

Le jus d'ananas, lui, est en hausse de .6 à 1 litre.
Le jus de pamplemousse est en baisse de .7 à .4 litre.
Finalement, le jus de citron voit sa consommation doublée de .3 litre à .6 litre.

  Sources : Offre et utilisation des BOISSONS et de JUS - Canada. Statistiques sur les aliments au Canada 2009. Statistique Canada.

60 % du vin ontarien est mélangé avec du vin étranger

Les autorités ontariennes veulent limiter la vente de vin peu cher et encourager celle des vins faits à 100 % de raisins cultivés en Ontario.

À cet effet, les vins dits Cellared in Canada vendu dans les 300 magasins appartenant à des compagnies vinicoles seront frappés d'une nouvelle taxe de 10 %. Plusieurs de ces vins se vendent si peu que 8 $.

Les 12 millions de dollars ainsi récoltés serviront à aider les petites entreprises dites boutique wineries.

Cellared in Canada

Les Ontariens sont très friands de ces vins à bas prix qui se vendent souvent en grands formats. Des vins étiquetés maintenant Cellared in Canada, (assemblé au Canada), contiennent en fait 70 % de vin étranger et seulement 30 % de vin ontarien.

Ces vins proviendraient surtout du Chili, de l'Australie et de l'Afrique du Sud (Hansard Parlement Canada).

De 60 à 70 % des Ontariens achètent des vins de moins de 10 $.

Le vin acheté en vrac sur le marché mondial actuellement en surproduction coûte souvent autour de 1 dollar le litre, transport compris. Mélangé avec un peu de vin ontarien à 2 dollars le litre, il permet ainsi aux gros fabricants, tel Vincor, de mettre sur le marché des bouteilles à très bas prix.

Goût distinctif ontarien

«La grande différence de prix est due au fait que les pays chauds ont une productivité deux fois plus grande que dans les climats froids comme l'Ontario, où les raisins contiennent moins de sucre et plus d'acidité. Ce qui donne au vin canadien un goût distinctif,» écrit Martin Mittelstaedt dans le Globe and Mail de Toronto.

Le ministère de l'Agriculture de l'Ontario veut encourager la vente de vins étiquetés Vintners Quality Alliance, une appellation canadienne recouvrant les vins 100 % raisins de la province.

Les autorités invoquent des raisons de protection de l'environnement pour encourager le 100 % local.

Pas toujours meilleur, mais toujours plus cher

Ce label VQA ne garantit pas que le vin est meilleur ou même qu'il a meilleur goût que celui fait de mélanges, mais seulement qu'il est fait avec des raisins récoltés dans la province.

Les VQA se vendent, selon le Globe and Mail en moyenne 14 $. Le journal ajoute que leurs ventes ont augmenté de 17 % l'an dernier.

Le marché ontarien du vin est dominé par quatre grosses entreprises, dont Vincor qui appartient à l'internationale Constellation.

Les petits producteurs entre les deux

«En raison des changements fiscaux et de la future perte financière, plusieurs grands établissements vinicoles disent ne pas pouvoir renouveler leurs contrats d'achat auprès de petits producteurs,» lit-on dans un journal local du sud de l'Ontario, le Standard de St-Catharines. Andrew Peller Ltd (Hillebrand, Trius, Calona) dit qu'il réduira ses achats de raisin de 15 % auprès des petits producteurs de l'Ontario.

Les dirigeants des grosses entreprises s'opposent à cette nouvelle taxe, d'autant plus que ces nouveaux fonds serviront à aider leurs concurrents : les moyens et petites vignerons. «Çe n'est pas raisonnable de taxer une vinerie pour donner aux autres,» écrit Vincor à ses producteurs qui lui vendent des raisins ou du vin.

Ce n'est pas le point de vue des petits producteurs comme Donna Lailey, de Lailey Vineyard à Niagara-on-the-lake qui dit que si la production agricole n'est pas plus profitable, on finira par construire des maisons sur ces terres.

Cette affaire renvoie dos à dos les grosses entreprises viticoles, les 100 boutiques wineries (caves de vinification) et les viticulteurs qui vendent leurs raisins ou leur vin en vrac.

  Sources :
New tax on cheap wine puts Ontario vintners in a sour mood, Globe and Mail
Champion needed for wine and grape industry, Niagara Falls Review
Large wineries continue fight against tax, Standard Ste Catharines
 

Des baisses de prix

Les prix de quelques vins ont été réduits ce mois-ci.
Pour six d'entre eux, c'est la deuxième réduction en autant de mois.
Voici des vins qui sont ainsi encore plus de bons rapports qualité-prix.


Héritages Ogier, Côtes du Rhône 2007  535849     **1/2     14,55 $  → 14,20
La Vendimia 2008     Espagne     10360317     ***    16,40 $   → 16,20 $
Condesa de Leganca Reserva 1998   Espagne  10758317     ***   16,50 $  → 15,40
  Il ne reste qu'une douzaines de bouteilles dans le réseau.

La Brune, Beaumes de Venise 2008  Rhône  637892  **1/2  16,55 $  → 16,20
 Elle était 16,95 $ en février.

Dom. Haut St-Georges, Corbières 2007  Languedoc  853796   **1/2    16,70 $  → 16,30

La Vespa 2007  Italie  11184976   **1/2     17,20 $  → 16,80 $
   Elle était 17,60 en février.

Château Nénine 2005  Bordeaux   640177     **1/2    17,55 $  → 17,15

La Tota 2007  Italie   978692    ***1/2      24,40 $   → 23,80

Condado de Haza 2006    Espagne  978866   ***1/2     25,30 $   → 24,65
  Il est ainsi 3,30 $ moins cher qu'en Ontario!

Follia, Barolo 2004  Italie  10966845   ***1/2    30,25 $ → 29,05
 Était  32,25  en février.

En blanc
Quinta das Amoras 2008  Portugal  10540537   ***   11,05 $  →  10,80
  Était 11,35 $ en février.

Muscat de Limnos 2008  Grèce   11036914   **   11,45 $ → 10,80

Pfaffenheim pinot gris 2008  Alsace   456244   *** 16,45 $   → 16,10
  Était 16,80 $ en février.

Dom. des Aubuisières, Silex, Vouvray 2008  Loire  858886 ***1/2  17,65 $   → 17,25
   Était 18,10 $ en février.
 

Une hausse
Pinot noir Fonty's Pool  Australie  10947804  **1/2    18,05 $  18,80

L'euro valait 1,69 $ au 2 janvier 2009, mais 1,36 $ au 14 avril 2010; soit une baisse de 24 % (Banque du Canada).

Gérard Basset du Royaume-Uni devient le meilleur sommelier du monde

Gérard Basset gagne le concours du meilleur sommelier du monde.
M. Basset qui est Master of Wine et Master Sommelier représente le Royaume-Uni.
Il est né et a fait ses études en France. C'est la sixième fois qu'il participe à ce concours.

Il a devancé en finale le Français David Biraud et le Suisse Paolo Basso.

Nos deux championnes québécoises Élyse Lambert et Véronique Rivest se sont rendues rendues en demi-finale. Elles sont ainsi parmi les douze meilleurs sommeliers du monde.

Voici le commentaire d'Élyse Lambert, tiré de son blogue. «J’ai bien eu le cœur serré lorsque j’ai appris que mon aventure à ce concours s’interrompait avant de passer en finale. Mais la logique était respectée : Basset, bête de concours qui se présente devant ce jury depuis près de 20 ans, Basso, le Suisse cumule 10 ans de préparation pour cette  compétition internationale et Biraud de France, un théoricien hors-norme. Bref, les 3 B d’Europe accédaient à la dernière étape du concours. L’Histoire de la première femme à passer en finale du concours Meilleur sommelier du monde s’écrirait dans une autre édition. La prochaine… J’espère.»

Véronique Rivest «a remporté le Peter Lehman Wines Shiraz World Sommelier Award, qui venait avec entre autres une bourse considérable de 10 000 euros. C'est plus intéressant que sa position de vice-championne du monde de l'eau de 2007!!! En plus, c’est de bon augure, puisque le dernier à l’avoir remporté, Gérard Basset, est devenu cette année meilleur sommelier du monde. Watch out dans 3 ans au Japon!!!!!! Banzai :-)» (Dominique Maury, conjoint de Véronique, Facebook)

Véronique écrit sur Facebook que «le concours shiraz porte sur le cépage shiraz/syrah dans le monde entier, et comporte une épreuve écrite et une épreuve de dégustation, de même niveau que le Mondial.»

Dernière modification à ce texte : 17 avril

Un vin de pays d'Oc, produit des États-Unis

Est-ce que c'est le scandale du faux pinot qui atteint le Québec?

Il est arrivé il y a quelques jours sur les tablettes du Québec ce vin étiqueté d'une manière fort étrange.

On y lit «BERINGER VIN DE PAYS D'OC PINOT NOIR»

Est-ce que la firme américaine fait du vin en France dans le Languedoc?

Sur la contre-étiquette, par contre, on lit «PRODUIT DES E.-U.»

Donc, un pinot noir, vin de pays d'Oc, produit aux États-Unis!

C'est fort étonnant, en effet!

Qu'est ce que c'est? Est-ce un vin de France ou des États-Unis?

Sur le site Internet de la SAQ, il est écrit :
Pinot noir Beringer Founders' Estate Californie 2007  Pays : États-Unis  Région : Californie 903245  19,95 $
On y voit aussi une photo de la bouteille.

Les 1920 bouteilles ont commencé à être distribuées vers le 24 mars. Elles ont été placées dans la section des vins américains et non dans celle des vins du Languedoc. Puis se rendant compte de l'erreur d'étiquette, la SAQ a ordonné son retrait le 12 avril.

Ce matin, le site Internet de la SAQ indiquait qu'il était toujours disponible en ligne et dans 61 succursales. Toutefois, il peut s'agir dans quelques cas du millésime précédent.

À la SAQ, on nous dit que le vin sera retourné au fournisseur ou détruit à ses frais. Mme Linda Bouchard nous assure que ce vin n'a rien à voir avec le scandale du faux pinot noir du Laguedoc. «Le laboratoire était aux aguets afin d'empêcher l'entrée de ces produits frauduleux. Les gens du laboratoire dégustent les vins afin de s'assurer qu'ils sont conformes à ce que dit l'étiquette.»

La coopérative Sieurs d'Argues a expédié aux États-Unis pendant quelques années du vin en vrac en inscrivant sur les registres qu'il s'agissait de pinot noir du pays d'OC, alors qu'en fait il s'agissait de merlot et de syrah beaucoup moins chers. Il y a eu procès et des dirigeants de la coopérative ont été condamnés à des amendes.

Une employée de la maison Forster, propriétaire de la marque Beringer, nous dit que c'est une erreur d'envoi. Ce produit n'aurait pas dû être expédié au Québec. «Il n'était pas destiné au marché québécois, mais plutôt au marché américain.» Selon la dame, qui n'a pas voulu donner son nom, «aux États-Unis, on a le droit d'indiquer vin de pays d'Oc sous une marque américaine. En effet, sur le site de la maison Beringer, on lit 2007 Beringer Founders' Estate Pinot Noir, Vin de Pays d'Oc, France. L'employée de Forster ajoute que ce vin sera remplacé par le produit qu'on reçoit habituellement, soit un Beringer Pinot Noir, Napa Valley.

On y goûte. Le vin est pâle, il a de beaux arômes de petits fruits et de fumée. Toutefois, en bouche, il est asséchant, il laisse une impression pâteuse. Tout au plus correct.

Compétition pour le titre de meilleur sommelier du monde

C'est commencé ce matin à Santiago du Chili.

Il y a 54 candidats au titre tant convoité de meilleur sommelier du monde.
Deux candidates du Canada sont en lice : Élyse Lambert et Véronique Rivest.

Selon une source bien informée sur place (le conjoint de Véronique), c'est bien parti!
La compétition a commencé à 9 h avec l'examen théorique, «ils ont fait tirer au sort les numéros pour l'ordre de passage aux épreuves pratiques et Véro a le numéro 6 sur 54! Génial car elle n'aura pas d'attente interminable.»

Marci soir, on annoncera les demi-finalistes. Les 12 meilleurs scores des quarts de finale. «Ils iront jusqu’à 15, si c’est serré.»

Ensuite, demi-finales mercredi. Jeudi, à 15 h, ils annoncent les trois qui iront en finale à ce moment-là.

C'est la treizième édition de ce concours depuis 1969. Les champions des derniers concours sont le suédois Andreas Larsson (2007), l'italien Enrico Bernardo (2004) et le français Olivier Poussier (2000).

Millésimes 2008 et 2009 en Languedoc

Préparation des vinsPendant que plusieurs nous parlent des primeurs de Bordeaux, moi je vais vous parler des primeurs du Languedoc.

Premièrement, c'est moins cher, puis on n'est pas obligé de payer d'avance, on en a plus pour son argent et surtout on va les avoir plus vite.

J'ai été invité en mars à participer à une semaine de dégustation de vins du Languedoc des millésimes 2008 et 2009. (Pas de vin du Roussillon.) Ça se déroulait dans deux abbayes près de Narbonne, Fontfroide et Valmagne.

Est-ce que vous avez déjà dégusté des vins qui ont été faits il y a moins de 6 mois? C'est difficile. Ils sont souvent encore rugueux, dégageant quelquefois des odeurs fermentaires, certains ont encore un peu de gaz carbonique.

Vin Québec fête ses 13 ans avec ses 158 000 visiteurs

Vin Québec fête ses 13 ans ces jours-ci.
Espérons que ce sera une année chanceuse.
Le site semble toujours bien utile.

Je ne sais pas combien de lecteurs sont venus sur le site depuis le 14 mars 1997, mais je sais que vous avez été 158 000 personnes à consulter ce site au cours de la dernière année.

L'outil Google Analytics donne en effet «158 240 visiteurs uniques absolus», 353 000 visites du 15 mars 2009 au 15 mars 2010. Chacun de vous consultez en moyenne trois pages par visite. Le nombre de visites quotidiennes varie de 700 à 1500.

5 230 articles ont été consultés 1 097 661 de fois

Les sections les plus visitées, en plus des deux premières pages sont celles des vins de bon rapport Qualité-Prix, l'outil de recherche, la page des grands vins, celle des vins à mettre en cave, les arrivages de la SAQ, les listes d'achats, la sélection des bons vins de 12 à 20 $.

353 659 visites, provenant de 149 pays

La plupart des visiteurs sont bien sûr du Canada à 85 %, puis de la France 9 %, de la Belgique, des États-Unis et de la Suisse.

La majorité des visiteurs, soit 58 %, arrivent ici via un outil de recherche, la plupart des autres (34 %) en tapant directement l'adresse vinquebec.com et près de 7 % sont référés par d'autres sites.

Au total, la recherche a généré 207 750 visites via 68 906 mots clés

Les principaux mots clés tapés dans les moteurs de recherche et menant ici sont : vin quebec, vinquebec, vin québec, vin, saq, amarone, cellier à vin, vins québec, sulfites dans le vin, vin.

Les moteurs de recherche que vous utilisez le plus sont Google à 93 %, Yahoo et Bing à 2 % chacun. Les autres totalisent moins de 1 % chacun.

Mobile

Depuis novembre 2009, il y a de plus en plus de visiteurs qui utilisent iPhone, iPod et BlackBerry.

Utile

Vin Québec c'est tout simple. Ce n'est qu'un outil permettant de mieux s'y retrouver dans la large sélection de 10 000 vins de la Société des Alcools du Québec.

Treize ans c'est le début de l'adolescence. Continuons donc de nous amuser en découvrant de bons vins et en partageant notre passion avec vous.

Merci à tous les collaborateurs et à tous les lecteurs.

La femme est l’avenir de l’homme… du vin !

Par Jacques ORHON

C’est en pensant à Aragon et à cette chanson du regretté Jean Ferrat que j’ai rédigé le titre de cette chronique, pour la bonne raison que ce sont deux femmes qui représenteront le Canada au concours du Meilleur sommelier du monde qui se déroulera pour la première fois en Amérique du Sud.

Cette 13e édition qui aura lieu à Santiago du Chili du 10 au 16 avril va attirer un grand nombre de candidats puisque 50 pays seront en lice. Soutenu par la maison Moët & Chandon, cet événement organisé par L’ASI (Association de la sommellerie internationale) sera clôturé par un dîner de gala après trois jours intenses de tests théoriques difficiles, des épreuves de service, d’harmonie mets et vins et de dégustation.

Présentés officiellement par l’Association canadienne des sommeliers professionnels (l’ACSP a été créée à Sainte-Adèle en 1988) les candidats québécois ont participé aux concours de Paris (1989), Rio de Janeiro (1992), Tokyo (1995), Vienne (1998), Montréal (2000), Athènes (2004) et Rhodes (2007).

Cette fois-ci, non seulement le Canada a droit à deux candidats, mais il s’agit de deux candidates, en l’occurrence deux Québécoises. La première, présentée par l’ACSP, est Véronique Rivest. Quant à Élyse Lambert, elle a été officiellement sélectionnée lorsqu’elle a gagné le Trophée des Amériques, en mai 2009 à Buenos Aires.

Véronique Rivest

Véronique RivestVéronique Rivest est une spécialiste aguerrie. Elle a remporté le Concours du Meilleur Sommelier du Québec en mai 2006 et celui de Meilleur Sommelier du Canada en septembre de la même année.

Elle s’est présentée au Concours du Meilleur Sommelier du Monde à Rhodes (Grèce) en mai 2007, et s’est classée dans le top dix. En juin 2007, elle a remporté le prestigieux concours Wine Woman Awards à Paris et a été nommée Femme du Vin 2007.

Puis en 2009, elle a remporté la deuxième place au Concours du Meilleur Sommelier des Amériques. Chroniqueuse vin à la radio de Radio-Canada (Ottawa/Gatineau) et au journal Le Droit(Ottawa/Gatineau), Véronique s’est d’abord formée en Alsace pendant sept ans.

Elle possède plus de vingt ans d’expérience en restauration, en enseignement et en conseil aux particuliers et aux entreprises. Elle œuvre actuellement en tant que sommelière au restaurant Les Fougères, à Chelsea.

Élyse Lambert

Élyse LambertDepuis ses débuts, Élyse Lambert, qui est aussi porte-parole du Salon des Vins et Spiritueux de Montréal depuis 2008, a occupé plusieurs postes dans des établissements de renom au Québec.

Son parcours l’a menée au restaurant L’Eau à la Bouche, à Sainte-Adèle, et au Manoir Hovey, à North Hatley. De 2005 à 2008, elle joint les rangs du XO, restaurant de l’Hôtel Le St-James à Montréal.

Maintenant, pour avoir le plaisir de la croiser, il faut se déplacer dans le Vieux-Montréal au restaurant Le Local ou elle partage sa passion et ses connaissances du monde vinicole.

Élyse, qui fut lauréate du concours Meilleur Sommelier du Québec 2004, a aussi remporté la 3e position du concours du Meilleur Sommelier du Canada en 2006. Cette qualification lui a permis de participer au concours Meilleur Sommelier des Amériques qui se tenait à Buenos Aires en mai 2009, compétition qu’elle a brillamment remportée.

Véronique, que je rencontre régulièrement dans les dégustations, est une femme simple, conviviale qui n’a de cesse de vouloir partager avec d’autres le plaisir du vin. Quant à Élyse, que j’ai eu le plaisir de former à l’École hôtelière des Laurentides à Sainte-Adèle en 1999, est une fonceuse et une travailleuse acharnée, comme Véronique.

Je serai à leurs côtés à Santiago pendant ces journées cruciales qui seront l’aboutissement d’années de travail et d’abnégation pour se rendre à ce niveau. Je rendrai compte à mon retour des résultats et de leur performance, mais d’ores et déjà, je sais qu’elles ont gagné leur pari, celui de se surpasser.

(Extrait de la chronique de Jacques Orhon publiée dans le numéro du mensuel TRACES du mois d'avril 2010, avec l'aimable autorisation de l'auteur.)

Le vignoble de Canberra, des déceptions et une belle découverte

En mars 2010, j’ai eu l’occasion de visiter quelques vignobles autour de Canberra. La capitale de l’Australie baigne dans un climat du type continental: en été (de novembre à février), les journées sont chaudes (autour de 23 ºC) et plutôt sèches, mais les nuits peuvent être étonnement fraîches.

Les Snowy Mountains, à proximité, contribuent aussi à cette fraîcheur. Le paysage est fait de collines (autour de 500-800 mètres), la végétation est pauvre et s’étale par touffes irrégulières, le paysage évoque la sécheresse — l’irrigation s’impose.

Le vignoble de Canberra compte une trentaine d’entreprises vitivinicoles, de petites tailles, qui produisent essentiellement pour le marché australien, voire local. Bien que de taille modeste, quelques producteurs impressionnent par la magnificence des équipements — je pense notamment à Lerida Estate Wines, où le spectacle des barriques bourguignonnes alignées à la manière militaire ne manque pas de séduire l’œil.

Les principaux cépages cultivés dans le Canberra District sont, en rouge, le shiraz, le merlot, le cabernet sauvignon et le pinot noir et, en blanc, le riesling, le chardonnay et le sauvignon blanc. Pour ce qui est des cépages secondaires, le vignoble accueille des plants de barbera, pinot gris, sémillon, traminer, verdelho et viognier.

Dans un pays où le shiraz fait partie de l’identité nationale (je blague à peine…), cultiver d’autres cépages relève au mieux de la hardiesse, au pire de la folie. Pourtant, l’industrie vitivinicole australienne se porte très mal, en raison d’une surproduction, certes, mais aussi parce que le marché mondial se réoriente : les vins de climat frais, rafraîchissant et clinquant, plaisent de plus en plus. C’est pour cette raison qu’en dépit de quelques déceptions, je reste convaincu que l’avenir peut sourire à la région de Canberra. Toutefois, il faudra améliorer le produit.

J’ai d’abord dégusté des pinots noirs, parce que c’est ce qui me plaît. Je n’ai pas poursuivi mon exploration au-delà du quatrième échantillon, une acidité nerveuse qu’un fruité trop peu affirmé ne pouvait redresser ayant raison de ma passion. En revanche, un trait m’a plu de ces pinots: un nez d’anis et d’eucalyptus très affirmé, peut-être même trop car occupant l’essentiel de l’espace aromatique.

La curiosité étant un prérequis aux découvertes, j’ai dégusté un barbera, un traminer, un verdelho, pour conclure que la quête du savoir passait aussi par des déceptions : aucun des vins dégustés issus de ces cépages n’a généré chez moi le sentiment d’aller au-delà de l’ordinaire, à plus forte raison au regard de leur prix ($20 pour un barbera exhalant la banane beaujolaise…).

Néanmoins, un producteur m’a fait très forte impression: Helm Wines, situé à Murrumbateman dans le secteur ouest du vignoble de Canberra. C’est le seul riesling que j’ai bu au cours de mon séjour au pays des kangourous à ne pas m’avoir fait regretter leurs vis-à-vis allemands. Il faut dire que Ken Helm est d’origine germanique et que ses rieslings ont remporté les plus nobles honneurs au 2010 Royal Sydney Wine Show (voir www.helmwines.com.au). J’ai dégusté le Premium Riesling 2009 et le Riesling Classic Dry 2008.

Dans l’un et l’autre cas, les vins étaient brillants voire cristallins, vifs et ils offraient des arômes d’agrumes et de pommes vertes avec, et c’est là le plus important pour moi, cette pointe de pétrole si agréable à l’olfaction. Le Premium était moins expressif que son aîné, le Classic Dry, les années devant remédier à cette réserve. J’ai pris une bouteille, que j’espère ne retrouver dans mon cellier que dans une décennie.

Pour en savoir davantage :
Australian Government (Australian Wine and Brandy Company), à www.wineaustralia.com (page consultée en mars 2010).
Canberra District Wine Region, à www.canberrawines.com.au (page consultée en mars 2010)

Collaboration spéciale
Manon Tremblay
Professeure titulaire
École d'études politiques
Université d'Ottawa

Diminution des exportations et de la consommation mondiale de vin

Les échanges internationaux de vins connaissent leur plus importante baisse depuis 2000.

De plus, la consommation mondiale de vin, affectée par la crise économique, poursuit sa décroissance en 2009. Cependant, la production mondiale de vin reste presque similaire à celle de 2008.

C'est de que révèle les chiffres publiés aujourd'hui par l'Organisation internationale du vin et de la vigne (OIV).

La consommation mondiale de vin a baissé de 6,8 millions d'hectolitres, soit 850 millions de bouteilles en un an.

Pire, les échanges mondiaux de vin ont connu une chute de 3,6 %, soit près de 11 milliards de bouteilles de moins.

Les plus touchés par la baisse des exportations sont l’Argentine, les États-Unis, l’Espagne et la France.

Par contre, l'Italie a réussi malgré la crise à hausser ses exportations de 223 millions de bouteilles. Ce pays maintient ainsi sa position de premier exportateur mondial.

Le Chili et l'Australie ont aussi augmenté leurs ventes, surtout de vin en vrac, dans les deux cas à des niveaux records.

Trois bouteilles et demie sur dix sont toujours consommées en dehors de pays de production, nous dit l'OIV.

La surface cultivée en Europe a diminué de 2,5 %, suite aux campagnes d'arrachage et de conversion. En cinq ans, c'est l'Espagne qui a le plus réduit ses surfaces cultivées, soit -5,2 %.

Pendant ce temps, la Nouvelle-Zélande a accru son vignoble de 33 %, la Russie de 17 %, le Brésil de 10 % et la Chine de 6,5 %.

La production de vin

La baisse de production a surtout été notable en Espagne (- 9%) et en Allemagne (-8 %). «En revanche, la France réalise la plus importante augmentation en matière de production vinicole en 2009.»

L'Autriche a vu sa production de vin diminuer de 21 % l'an dernier, le Brésil de 19 % et l'Argentine de 17 %.

Les hausses de productions le plus fortes ont été enregistrées en Bulgarie (23 %) et au Chili (13 %). «On notera par ailleurs que le récent tremblement de terre au Chili n’a pas compromis la vendange 2010, mais a provoqué des pertes de stocks évaluées à près d’1,25 Miohl !»

C'est stable en Suisse et en Nouvelle-Zélande.

La consommation

Les Espagnols ont consommé 11 % moins de vin l'an denier. C'est une baisse de 17 % sur cinq ans. En Grèce c'est - 9 %, et -19 % sur cinq ans. L'Italie et le Royaume-Uni consomment 6 % moins.

Même les Français boivent moins de vin, soit - 3 % l'an dernier, et presque -11 % depuis 2005.

Les parts de marché mondial s'établissent ainsi en 2009 : Italie (22 %), Espagne (17 %), France (15 %), Amérique du Sud (11%) et Océanie (10 %).

BU, très buvable

Il y a deux ans, j'ai écrit un article sur ce bar à vin de la rue Saint-Laurent à Montréal que j'avais intitulé, Bu ou imBUvable.

En octobre 2007, on m'y avait servi des vins que j'avais trouvés de piètre qualité. Quatre des cinq vins étaient très acides et le dernier contenait une bonne quantité de brettanomyces.

J'y suis retourné vendredi avec quelques amis au sortir du Salon des vins.
J'ai commandé la sélection de vins blancs à 25 $ qui consiste en trois verres de vin de 60 ml.

Deux des trois sont de producteurs réputés, Maligny et Bott Geyl, le troisième d'un producteur qui m'est inconnu. Les trois vins étaient cette fois très bons, même le bourgogne qui semblait légèrement oxydé, mais qui avait tout de même un beau fruité.

Un ami a choisi la sélection la moins cher des vins blancs et s'est dit très satisfait, un autre a été impressionné par la qualité des trois vins rouges qu'il a dégustés.

Il y a eu aussi une forte amélioration de la qualité du pain, fort délicieux. De plus, l'huile d'olive est très fine et servie à volonté.

Les plats étaient très bons, les bruschettas délicieuses, le poisson était par contre vraiment trop poivré.

Le service y est de grande qualité, souriant et avenant, et les jeunes dames peuvent nous décrire assez bien leurs vins.

Donc, un bar à vin bien fréquentable, Chez Bu, bar à vin situé au 5245 rue Saint-Laurent, à Montréal. www.bu-mtl.com

Salon des vins de Montréal, un salon des importations privées

De belles rencontres et de belles découvertes au Salon des vins de Montréal!

Un grand nombre de producteurs bien sympathiques et enthousiastes à partager leurs vins.

De belles découvertes, des vins de plusieurs régions. La plupart des vins qu'on nous a présentés étaient des importations privées, je dirais de 75 à 80 %.

J'ai vu une dame qui faisait le tour d'un très grand stand demandant à déguster des vins disponibles à la SAQ, et se faire répondre : non, nous n'en avons pas; ou dans quelques cas, un ou deux vins sur une dizaine.

Parmi les très belles découvertes, un pinot noir Campo Romano du Piémont et une Barbera-d'Alba Costa Bruna de Tino Colla, de la Poderi Colla. Un monsieur fort sympathique, très généreux qui faisait goûter ses vins avec un plaisir apparent.

Du côté des mousseux, de beaux champagnes de la maison Devaux, en particulier La Cuvée Collection D (IP) et leur entrée de gamme, Devaux Blanc noir Brut Champagne, très accessible à 51 $ et lui disponible à la SAQ. Des champagnes non agressifs et bien équilibrés.

Les vins de Garofoli, en blanc et en rouge. De nombreux vins du Portugal, là aussi en rouge et de beaux blancs. On ne voit pas suffisamment de blancs du Portugal. On semble pourtant y faire de bons blancs. Le Portugal, un pays très prometteur et à surveiller. C'est probablement de là que nous proviendrons les bons rapports qualité-prix des prochaines années.

Une rareté, La Vigne de ma Mère, un superbe blanc de la maison Gourgazaud. Il est difficile de faire du bon vin blanc me dit-on en Languedoc. Il y fait très chaud. La fenêtre des récoltes est très petite. Si on cueille trop tard nous dit la représentante de la maison Gourgazaud, les raisins manqueront d'acidité et le vin ne sera pas très bon. Mais je constate que lorsqu'on réussit à faire du blanc, il peut être très bon.  De la même maison la cuvée Quintus, du corpulent costaud.

Plus délicat, comme ce chardonnay du Domaine du Château de Val de Mercy. Très original comme le Bastardo du Portugal. Un cousin du trousseau du Jura.

De beaux vins d'Alsace présentée par le jeune Paul Rieflé du Domaine Rieflé. De la classe, pas trop de sucre. De toute manière, il y a une échelle indiquant le taux de sucre sur la contre-étiquette des vins de cette maison. Un très bon service à rendre aux consommateurs et qui devrait être suivi par toutes les maisons d'Alsace et d'Allemagne.

Des vins étranges aussi, comme ce sangiovese français dénommé Yo du Domaine de Gournier. Un vin bien rude.

Pour finir en beauté

Ils étaient quatre au même stand, côte à côte, très accueillants, Bérénice Lurton du Château Climens, Laure Planty du Château Guiraud, Aline Baly du Château Coutet et Pierre Montégut du Château Suduiraut. Des sauternes et barsac 2005 et 2006 absolument superbes.

Des producteurs généreux je vous ai dit. On me rapporte même que certains d'entre eux se sont faits réprimandés par leurs agents pour ne pas avoir réclamé de coupons. Et une productrice de répondre : «je suis habitué à faire goûter mon vin, pas à recueillir des coupons.»

Un très beau salon!

Le vrai concurrent de la France

Le monde du vin de France se plaint souvent de la concurrence des pays étrangers qui envahissent les marchés longtemps dominés par les vins français.

Les vignerons et marchands de vin de l'hexagone craignent la concurrence de l'Australie, du Chili et de l'Afrique du Sud. Ils pestent contre ces vins dits industriels qui leur feraient une concurrence déloyale. Ces Châteaux Mc World, ces wineries qui mettent en péril le chef-d'oeuvre du vin français, comme le dit Alexandre Rougé dans son dernier livre.

Mais le vrai concurrent des producteurs de vin de France n'est pas si loin d'eux. Il est même tout proche. C'est l'Italie.

Il y a bien sûr des modes temporaires qui font que les consommateurs du Québec, des États-Unis et du Royaume-Uni essaient des vins de nouvelles provenances. Toutefois ça ne dure que quelques saisons.

Ce fut le Chili, puis l'Argentine, puis l'Australie. La mode des vins australiens passe comme les précédentes. Elle sera peut-être remplacée par celle des vins d'Afrique-du-Sud ou plus tard des pays de l'Est.

Qualité et prix

Pendant ce temps, il y en a qui travaillent fort et patiemment. Des producteurs qui améliorent constamment la qualité de leurs vins, ce sont les Italiens.

Surtout, ils maintiennent les prix à un niveau raisonnable. Dans d'autres régions du monde, en France en particulier, à Bordeaux et en Languedoc, on améliore la qualité, mais on a tendance à hausser fortement les prix. On bloque ainsi sa croissance. On atteint vite un plafond.

Cette concurrence de l'Italie, on la sent très bien ces jours-ci en Angleterre. Les parts de marché des vins italiens viennent d'y dépasser les 17 %, s'approchant de l'Australie qui a 20 %. La revue Decanter prévoit même que l'Italie dépassera l'Australie sur le marché britannique d'ici douze mois.

Ceci au niveau des volumes de vin, par contre en valeur l'Italie dépasse déjà de beaucoup l'Australie sur ce marché, avec des hausses de ventes de 32 % en un an.

Au Québec, le concurrent de la France est aussi l'Italie. Sur dix bouteilles, nous en achetons trois de France, deux d'Italie et une d'Argentine. (août 2009)

Sur une liste de 17 vins rouges de 13 à 40 $ représentant un très bon rapport qualité-prix que j'ai établie la semaine dernière, l'Italie et la France en ont chacun 5. En blanc, par contre, la France est encore en avant. Les prix des vins blancs augmentent moins vite que ceux des rouges.

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