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SAQ : Révision du processus pour les appels d’offres

Finalement la direction de la Société des alcools du Québec modifie son système d'appel d'offres.

La SAQ écrit que «dans son récent rapport, le Vérificateur général a analysé le processus d’acquisition des produits par la Société des alcools du Québec (SAQ) et a émis des recommandations afin que la SAQ s’assure d’obtenir les conditions d’achat les plus avantageuses.»

La Vérificatrice générale reprochait à la SAQ d'indiquer le prix qu'elle voulait payer pour ses vins. Les appels d'offres donnaient en effet le prix de détail voulu. La SAQ fournissait une calculette aux producteurs avec laquelle ils pouvaient trouver le prix de gros recherché par la SAQ. Ce qui, selon Mme Guylaine Leclerc, revenait à dire quel prix les acheteurs de la société d'État voulaient payer. Il n'y avait donc pas de tentative d'obtenir le plus bas prix possible. Elle a donc demandé à la SAQ de changer de façon de procéder afin de tenter d'obtenir le plus bas prix possible.

La SAQ dit donc qu' «un engagement a donc été pris pour émettre nos appels d’offres avec mention du prix d’achat, et ce, à partir de l’appel d’offres mis en ligne aujourd’hui, le 15 décembre.»

Donc, la SAQ n'affiche plus le prix de détail souhaité, mais le prix d'achat souhaité. Exemple «Un vin blanc de repas, France Sud. Prix d’achat bouteille maximum : 4,34 $ CAD».

La direction de la SAQ dit que «cette nouvelle façon de procéder permettra aux produits ayant le meilleur rapport qualité/prix de se démarquer et d’être sélectionnés dans le cadre des appels d’offres.»

La SAQ a ainsi lancé une série d'appels d'offres en indiquant «Prix d'achat maximum par bouteille». Ce qui donne ceci: Vin Canada 5,15$;  Vin Canada monocépage 8,03 $; Vin blanc Val de Loire 4,36 $; Vin blanc Nouvelle-Zélande 5,68 $; Vin rouge États-Unis, Washington, Oregon 8,48 $.

Une chose est étrange dans ces prix! Pourquoi des prix maximums du genre 8,03 $ ? Pourquoi pas 8 $ tout simplement?  Ou 5,68 $; 4,36 $ ? Est-ce que cela n'est pas tout simplement la même calculette, mais à l'envers. D'ailleurs, les nouveaux appels d'offres mentionnent encore cette fameuse calculette décriée par la Vérificatrice générale.

On lit dans l'appel d'offres du 15 décembre que «la calculette ne tient pas compte des baisses de prix de la SAQ.  Du résultat affiché, la SAQ retranchera 0,50 $ pour refléter la baisse de prix annoncée en novembre 2016.»

De plus, on lit ceci : «Le chargé de compte va valider les montants d'investissement avec l'agent avant la confirmation du produit.»

Est-ce que le bureau de la Vérificatrice générale serait satisfait de cette soi-disant nouvelle façon de procédé?
Va-t-on obtenir le meilleur prix possible en indiquant le prix qu'on est prêt à payer?

N'est-ce pas tout simplement dire 4 trente sous au lieu d'une piastre?

Sujets connexes

Dans la série COMPRENDRE LA SAQ    

Du vin québécois chez Metro

Finalement, 408 ans après la fondation de Québec, les Québécois auront le droit d'acheter du vin du Québec dans leurs épiceries!

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il était interdit aux épiciers québécois de vendre du vin québécois. Que de chemin fait très lentement au pays du froid depuis la venue de Samuel de Champlain.

Le réseau des épiceries Metro annonce que l'on pourra acheter du vin du Québec, à côté du vin d'Italie, de Californie et d'ailleurs dans plusieurs de ses 208 supermarchés.

Des vins des Domaine de Lavoie, du Domaine du Ridge, du Coteau Rougemont, du Domaine Côtes d’Ardoise, du Vignoble Gagliano et autres auront leur place sur les rayons de l'épicerie. De plus, il ne sera plus illégal d'afficher les cépages. Oui, c'était interdit!

Au moment où on légalise la vente du pot, on légalise la vente du vin de chez nous.

«Nous avions donc très hâte de pouvoir appliquer ce principe aux vins du Québec et de faire découvrir à nos clients de nouveaux produits d’ici», déclare Marie-Claude Bacon, directrice principale, service des affaires de Metro. « Nous nous y préparions depuis longtemps et avons multiplié les rencontres avec les vignerons du Québec afin d’offrir à nos clients un maximum de produits et certaines exclusivités.»

«Un parcours simplifié pour le consommateur, qui pourra planifier et accorder repas et vins du Québec lors d’une seule visite à l’épicerie».

Elle vendait jusqu'à maintenant des vins importés en vrac et embouteillés au Québec.

Les épiciers du Québec peuvent maintenant se procurer du vin d'ici sans passer par la SAQ et en négociant librement avec les vignerons de la province.

Metro est la seule grande entreprise canadienne de distribution alimentaire à avoir son siège social au Québec. Elle a 600 magasins sous la bannière Metro et Super C. La maison fondée en 1947 à un chiffre d'affaires de 12 milliards de dollars.

L'Europe subventionne ses vignerons

On entend quelquefois dire qu'il est difficile de concurrencer le vin européen parce qu'il est subventionné par les gouvernements européens.
 
Tout le monde admet que c'est vrai, mais jusqu'à quelle hauteur?
Il n'y avait jusqu'à aujourd'hui aucun chiffre précis d'avancé.
 
C'est ce à quoi se sont attaqués deux économistes Kym Anderson d'Afrique du Sud et Hans G. Jensen du Danemark.
 
Ils affirment, chiffres à l'appui, que l'Europe donne en moyenne 700 euros par hectare à ses producteurs de vin ou 0,15 € par litre. (Le prix moyen du vin français exporté est de 3,40 € le litre.)
 
La France à elle seule aurait donné plus de 840 millions d'euros à ses vignerons en 2012. La contribution de l'Italie serait d'un peu plus de 500 millions et celle de l'Espagne est évaluée à 400 millions d'euros.
 
Par hectare, c'est toutefois l'Autriche qui serait la plus généreuse avec une aide de 2400 euros par hectare. La France et l'Allemagne donneraient 1100 euros par hectare.
 
Par hectolitre, les auteurs estiment les subventions à 370 € en Autriche, plus de 150 € en France et au Portugal et plus de 100 € en Grèce, en Allemagne, en Espagne et en Italie.
Ils affirment que «cela dépasse certainement le soutien fourni par tous les autres gouvernements de grands pays.»

Cette aide est donnée principalement (40 %) sous forme d'aide au marketing et à la promotion. Les auteurs estiment que l'Europe y a consacré 522 millions € pour la période de 2008 à 2012.

Anderson et Jensen terminent en disant qu' «il n'est pas étonnant que des producteurs non européens s'inquiètent de leur capacité à concurrencer sur la scène internationale ces producteurs européens bien appuyés par leurs pays.»
 

 

Ces chiffres sont publiés dans une étude intitulée How Much Government Assistance Do European Wine Producers Receive? et publié aujourd'hui dans le Journal of Wine Economics (Volume 11, No 2, 2016, Pages 289–305).
Kym Anderson, School of Economics, Université d'Adelaide, Australie
Hans G. Jensen, Institute of Food and Resource Economics, Université de Copenhage.

Rambo Gauthier... sommelier

Un peu d'humour... Qu'est-il arrivé aux pastilles de goût de la SAQ, demande Mme Bombardier. Les vins sont pas tous bons lui répond le nouveau sommelier Rambo Gauthier à Laflaque.


Il y a donc maintenant une pastille de goût de Brett !
 

Ventes de vin : plus forte croissance en épicerie

Les ventes de vin croissent beaucoup plus vite en épiceries qu'en succursales de la Société des alcools du Québec.

Au cours des 12 derniers mois se terminant le 10 septembre dernier, les épiciers ont vendu 1,6 million de litres de vin de plus que lors de la même période de l'année précédente.

Pendant ce temps, les succursales de la SAQ, les agences de la SAQ dans les épiceries, les ventes dans les restaurants et en importation privée n'ont augmenté que de 900 000 litres.

La croissance des ventes a donc été de 3,9 % en épiceries et de 0,7 % dans les succursales de la SAQ.

Ventes de vin
(millions de litres)
  2014
2015
2015
2016
+
%
Épicerie 40,7 42,3 1,6 3,9
Succursales 120,4 121,3 0,9 0,7
Total
161,1 163,6 2,5 1,5
Sources : Rapports trimestriels SAQ
2014 T3+T4+2015 T1+T2  / 2015 T3+T4+2016 T1+T2

Les ventes de vin au Québec se sont accrues de 1,5 % au cours de la dernière année. C'est 2,5 millions de litres de plus et c'est surtout dû aux ventes dans les épiceries. Ces dernières ont accru leurs ventes de 1,6 million de litres.

Qu'est-ce qui explique ces succès dans les épiceries?
Qu'est-ce qui explique que les Chartier, Harnois et Ricardo sont de plus en plus dans les épiceries?

Malgré la carte Inspire et ses points bonis, malgré les nombreux rabais dans les seules succursales, ces dernières n'ont pas été aussi performantes que les épiceries!

Est-ce une question de prix, d'offres, de choix, de services, ou autres raisons?
Pourquoi les ventes de vin dans les épiceries augmentent-elles presque deux fois plus en volume que dans les succursales?

  Un vigneron d'ici me signale que dans presque tous les pays du monde on achète le vin en faisant l'épicerie.

   Voir ausssi Plus de croissance en épiceries qu'en succursales.


La SAQ recherche des pastilles de goût au lieu de négocier les prix

La vérificatrice générale du Québec a fortement critiqué le système d'appel d'offres de la Société des alcools qui ne permet pas d'acheter les vins au meilleur prix.

Ses appels d'offres précisaient le prix de détail voulu. La SAQ disait ainsi à ses fournisseurs le prix qu'elle était prête à payer. Il n'y avait donc pas de négociations. La vérificatrice reprochait ainsi à la SAQ de ne pas rechercher le meilleur prix.

Le président de la société d'État a donc dû promettre à la Commission d'administration publique du Parlement de modifier son système d'appel d'offres.

Les nouveaux appels d'offres viennent d'être publiés le 1er décembre. À première vue, ils semblent différents.

Prenons l'exemple de l'appel d'offres pour 2 vins rouges de Bordeaux. On y lit : «Profils recherchés en priorité: arômatique et charnu ou arômatique et souple» (sic). Ces termes correspondent à des pastilles de goût de la SAQ.

On n'y mentionne plus de prix de détail recherché. On lit plutôt «Vins de Châteaux et Domaines de coeur de gamme». Dans d'autres cas, on dit «Entrée et coeur de gamme recherché pour l'Argentine»
«Coeur de gamme priorisé pour le Chili.» Puis «premium avec les vins de l'état de Washington et Oregon».

On n'indique plus de cible de prix — comme l'indiquait le tableau plan d'introductions de l'ancien système (ci-dessous) — mais des mots: entrée de gamme, coeur de gamme, premium.

Cependant, la SAQ y inclut toujours les mêmes tableaux qu'il y avait dans les anciens appels d'offres. Dans ces tableaux (voir à droite), le producteur y verra bien le prix des entrées de gamme, ceux du coeur de gamme et celui du premium (20,00$). On y voit même un prix minimum pour l'entrée de gamme (12,00$).

De plus, les tableaux contiennent des indices de ventes qui permettront aux vendeurs de voir dans quelle catégorie de prix ils devront présenter leurs soumissions!

Finalement, dans plusieurs appels d'offres, la SAQ indique que «les transferts de répertoire seront priorisés». Est-ce dire transfert de la catégorie des vins de spécialité, donc des vins plus chers?

Mis à part l'ajout des pastilles de goût, ce nouveau système d'appel d'offres est-il vraiment différent du précédent? Les pastilles sont-elles un maquillage?

Qu'elle est la différence entre dire que l'on cherche un vin dont le prix de détail sera de 15 à 17,45 $ ou de dire que l'on cherche un vin de «coeur de gamme» en montrant un tableau, dont le «coeur» est de 15 à 17,45 $ ?

Autre exemple: la SAQ veut avoir un vin blanc d'Espagne ou du Portugal. Elle ne dit plus qu'elle cherche un vin entre 12 et 15 $, mais «Renforcer l'offre en coeur de gamme» et montre un tableau ou la catégorie du milieu est de 12 à 15 $ ! (voir Vin blanc.pdf)
Est-ce que la vérificatrice du Québec serait impressionnée?
Comment pense-t-on obtenir le prix le plus bas possible avec cela?

Les acheteurs de la SAQ semblent incapables de rénover leur mode d'achat. Si les acheteurs de la SAQ veulent ajouter 2 nouveaux vins du Rhône, par exemple, ne serait-t-il pas mieux qu'ils aillent dans le vignoble choisir 2 beaux vins et négocier le prix au lieu d'attendre derrière leur ordinateur dans leur bureau du siège social que de grosses compagnies leur fassent des offres à prix déterminés?

Ce soi-disant nouveau système d'appel d'offres ne ressemble-t-il pas au précédent comme quatre trente sous égalent une piastre?

Sujets connexes :
La SAQ va finalement négocier ses prix de gros;
Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié;
La SAQ veut payer cher (rapport de la Vérificatrice générale);
Comment inciter un producteur à nous vendre son vin cher;
La SAQ n'utilise pas son fort pouvoir d'achat;
Vins retirés remplacés par des plus chers;
Les monopoles canadiens ne veulent pas acheter à meilleur prix;
Comment la SAQ fait disparaître des vins de moins de 15 $.

Dans la série Comprendre la SAQ 
 

SAQ: plus de croissance en épiceries qu'en succursales

Malgré tous ses efforts, la SAQ n'a réussi qu'à augmenter de 300 000 litres ses ventes de vin en succursales au cours de l'été. Ce qui représente une hausse de 1%.

Pendant ce temps, les épiciers ont réussi eux aussi à augmenter leurs ventes de vin de 300 000 litres, soit une hausse de 3,3 %.

Si l'on regarde, la situation des deux derniers trimestres, soit le printemps et l'été, la différence est beaucoup plus marquée. Comme nous le montre le deuxième tableau, pendant que les ventes de vin en volume diminuent de 600 000 litres en succursales (- 1 %), elles augmentent de 1 300 000 litres dans les épiceries (+ 7 %).

Ventes de vin en volume trimestre d'été
(millions litres)

  2015 2016  
Épiceries 9,2 9,5 3,3 %
Succursales 28,9 29,2 1 %
  38,1 38,7 1,6 %
Printemps et été
  2015 2016  
Épiceries 18,3 19,6 7 %
Succursales 56,4 55,8 -1 %
  74,7 75,4  1 %

 

Au cours de l'été dernier, il s'est vendu 9,5 millions de litres de vin dans les épiceries et 29,2 millions de litres en succursales de la SAQ.  Une bouteille sur 4 vendue au Québec l'est donc en épicerie.

Pour l'été dernier, la SAQ a acheté pour 39 millions de dollars de vin aux usines d'embouteilleurs de vin importé en vrac pour le revendre 79 millions de dollars aux épiciers. Ce qui donne 8,31 $ le litre ou 11,06 $ la bouteille. Les épiciers revendent ce vin avec un profit plus taxes.

Rappelons ici que la SAQ agit comme grossiste auprès des épiciers.

Si l'on regarde maintenant les chiffres en dollars, nous constatons que même si la SAQ n'a haussé ses ventes de vin en volume que de 1 %, elle les a haussé en valeur de plus de 3 %.

Ventes de vin en $ trimeste d'été
(millions $)
  2015 2016  
Épiceries 75,1 79 5,2 %
Succursales 453,7 468.7 3,3 %

Il est à noter aussi que les ventes de spiritueux ont connu une croissance de 300 000 litres.

Grâce à ces hausses de ventes, à la diminution de la rénumération du personnel de 1,3 millions $; à la réduction de 1,7 millions $ de frais immobilier et de 1,6 millions $ de coûts de publicité et d'honoraires professionnels (-16%); la SAQ a pu accroitre son bénéfice net de 7,5 % au cours de l'été dernier.

______
Sources : Les rapports trimestriels de la SAQ.

   Voir aussi  Ventes de vin : plus forte croissance en épicerie (2014-2016)

  Voir les chiffres du printemps. Vin : croissance en épicerie; décroissance en succursale SAQ
 

Le commerce de l'alcool en Cour Suprême

La Cour Suprême est appelé à se pencher sur le commerce de l'alcool au Canada.

Actuellement des provinces imposent des limites au commerce des vins, bières et spiritueux entre les provinces.

Ce serait inconstitutionnel selon un jugement récent de la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick.

La Direction des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick a demandé hier à la Cour Suprême la permission d'en appeler de ce jugement.

En avril dernier, le juge Ronald Leblanc a acquitté Gérard Comeau accusé d'avoir rapporté au Nouveau-Brunswick de l'alcool acheté dans la province voisine, le Québec.

Le juge Leblanc a statué que l'interdiction provinciale de rapporter de l'alcool acheté dans une autre province du pays constitue une barrière commerciale ce qui contrevient à la l'article 121 de la Constitution du Canada.

L'article 121 de la Constitution dit ceci

121. Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.

121. All Articles of the Growth, Produce, or Manufacture of any one of the Provinces shall, from and after the Union, be admitted free into each of the other Provinces.
(LOIS CONSTITUTIONNELLES DE 1867 à 1982)

Le juge Leblanc conclut qu'il était ainsi clair que les Pères de la Confédération canadienne visaient le libre échange entre les provinces lorsqu'ils ont adopté la constitution en 1867.

Le Canada a été fondé lorsque les États-Unis ont décidé de mettre fin au libre échange puisqu'il soupçonnait les colonies britanniques d'avoir appuyé les sudistes lors de la guerre de Sécession. Ces colonies (future Québec et Ontario et autres) ont alors décidé de former une union de libre-échange. (Voir JugementNB-Gerard-Comeau_Ronald-Leblanc.html en français ici)

Depuis un jugement de la Cour Suprême de 1921 (Gold Seal Ltd. v. Alberta (Attorney-General)), la constitution était interprétée dans le sens que les provinces pouvaient limiter le commerce. Le gouvernement fédéral avait d'ailleurs par la suite interdit le commerce interprovincial des alcools. Il a depuis aboli cette loi en 2012. Toutefois, les provinces ont continué à limiter ce commerce.

Si la Cour Suprême interprète la constitution comme l'a fait le juge Leblanc, ceci donnera plus de liberté aux commerçants et aux consommateurs du Canada. Le gouvernement fédéral est en faveur de cette liberté, mais pas les gouvernements de la plupart des provinces.

L'avocat Mikaël Bernard qui défend Gérard Comeau a déclaré au journal Acadie Nouvelle qu' «avec la montée du protectionniste chez nos voisins du sud (États-Unis), et ailleurs dans le monde, je crois que c’est plus pertinent que jamais que les provinces abaissent leurs barrières et travaillent ensemble plutôt que de chercher à se nuire».

Sur le même sujet

Voir aussi le reportage de Radio-Canada Nouveau-Brunswick.

Jugement Leblanc-Comeau
R c Comeau, 2016 NBCP 3 (CanLII)
SA MAJESTÉ LA REINE c. GÉRARD COMEAU. Le juge Ronald LeBlanc. Campbellton (N.-B.). DATES DES AUDIENCES :  les 25, 26, 27 et 28 août 2016. DATE DE LA DÉCISION :  le 29 avril 2016.

De la complexité des vins de Bourgogne

Les vins de Bourgogne!
Vous connaissez ?
Pas moi !

Ça semble simple, c'est du pinot et du chardonnay. Du blanc et du rouge, même pas de rosé, ni de jaune, ni d'orange. Mais en réalité c'est très complexe et très varié.
C'est du vin de climat, climat au pluriel: climats!

Les Bourguignons peuvent nous nommer 640 climats, 640 terroirs ou groupes de parcelles. Nommez-les. Ils sont tous ici sur une belle carte. Ça va de Sur la rigole, le plus méridional au Le Chapître, le plus septentrional. Ceci en passant par Meix-Bas, En songe, En Palud, Clos de Bèze, Jouise, Les Amoureuses, Aux Fourches, Aux Tuyaux, Les Sizies, Les Languettes, Les Fèves, Les Renardes, Les Aubuzes, Les Charmes Dessus, Ez Connardises, La Vache, La Gogotte et autres.

Ils sont maintenant classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, et je n'en connais même pas la moitié; que dis-je, le tiers du quart de la moitié!

C'est drole qu'il y en ait 640, car selon Wikipédia «la première mention d'un lieu-dit viticole remonte à 640, concernant le clos de Bèze à Gevrey-Chambertin.» La magie des chiffres!

Déjà que le nombre d'appellations pour cette région est déjà bien élevé. J'en compte 100.

Donc, on n'est pas sorti de l'auberge, de la Bourgogne!

Fort heureusement, il y a des gens qui veulent nous aider à nous y retrouver. C'est le cas de Véronique Rivest qui nous a donné hier une belle introduction sur les climats de cette région au bar à vin Soif. Ce fut 2 heures 30 bien intéressantes, mais j'ai encore l'impression que je n'en connais qu'un tout petit peu.

J'ai noté le le Trias, le Jurassique, le Crétacé et le Quaternaire. Il faudrait que je revoie ma Géologie. J'ai noté aussi que la France était sous une mer tropicale peu profonde, donc tous ces beaux sols calcaires qu'elle a laissés.

Toutefois, ce qui a plus de chance de s'imprégner dans ma molle mémoire, ce sont les vins dégustés par ce bel après-midi. Ils étaient au nombre de huit. Des blancs et des rouges. J'ai préféré les blancs. Ce qui est étrange avec les vins de Bourgogne, c'est que parfois je préfère les blancs, d'autres fois, je préfère les rouges.

Était-ce parce que nous étions en Jour Feuille selon When Wine, les blancs me sont apparus plus savoureux, plus expressifs et plus gras en bouche?

Le Pouilly-Fuissé, La Roche 2014 des frères Bret était très vivace, calcaire et floral. (Importation privée Trialto  60,05$)

Le Mercurey 1er cru Les Veleys 2013, François Raquillet plus simple, plus unidimentionnel avec ses saveurs de maïs. (12337006 37,25 $)

Le Meursault 1er cru Les Charmes 2012 Xavier Monnot, était gros, gras, exhibitionniste avec ses flaveurs de fruits tropicaux, de laine mouillée et de noix grillée. C'est puissant et enjôleur. J'aime! (11010781  96 $)

Voilà pour les blancs.
Les rouges me sont apparus plus fermés, moins expressifs, plus cachotiers.
St-Aubin 1er cru Les Pitangerets 2014, Jacques Carillon, simple d'un fruité acidulé; assez bien­. (IP Maître de Chais 42,45$)

Givry 1er cru A Vigne Rouge 2013 François Lumpp, ample, boisé, d'une belle texture granuleuse et assez généreux. (IP Réserve et Sélection 56,75$)

Aloxe-Corton 1er cru Les Valozières 2012 Jean-Claude Boisste, gelée de fruits, beaux tanins, pas complexe, agréable. (12481411   75 $)

Gevrey-Chambertin 1er cru Au Closeau 2012, peu expressif, petites notes d'anis et d'épices, mais d'une belle texture.  (11817673  82 $)

Le huitième, Chassagbe-Montrachet 1er cru Morgeot 2012 était sévère, renfrogné, il s’ouvrira plus tard peut-être. (11491802  50 $)

Donc, les blancs ont gagné ce coup-ci.

On nous fait très peur avec les bourgognes depuis quelques semaines. On nous dit que la récolte n'a pas été bonne et qu'on nous le fera payer encore plus cher, dixit Le Figaro.

Déjà que ce n'est pas donné!
Sur les 1200 vins de Bourgogne disponibles aujourd'hui à la SAQ — Oui 1200 sur 8000 vins viennent de cette seule petite région! — 900 sont à plus de 40 $. Le prix médian est à 85 $. Alors s'ils nous montent les prix qui pourra se les payer?
Un peu plus de 800 sont rouges et un peu moins de 400 sont blancs.
Il y en a 524 de la Côte de Nuit et 414 de celle de Beaune.
Deux sont exclusifs à la SAQ-Dépôt et 453 dans les 3 magasins Signature.

Bon, quelques petites informations en terminant.

Seulement 29 % des vins de Bourgogne sont rouges;
Les cépages: chardonnay 49 %; pinot noir 35 %; gamay 8 %, aligoté 6 % et 2 % autres dont du pinot gris.

  • 1,3 % est en grand cru, 33 AOC (Clos de Tart, Chambertin...) 57 % rouges;
  • 9,9 % en 1er cru (les 640 climats) 56 % blancs;
  • 37 % en Villages (Pouilly-Fuissé, Mercurey...) et 51 % en régionale (Mâcon, Crémant...)

Vous les trouverez tous ici : toutes-les-appellations-de-bourgogne

Finalement, 50 % sont exportés. Il n'en reste que la moitié aux Français!

Pour en savoir plus — si vous avez l'âge légal — vous pouvez consulter le site www.vins-bourgogne.fr

Après les baisses de prix, les hausses à la SAQ

LA SAQ a diminué de 50 cents les 1600 vins courants le 9 novembre. Ce sont des vins pour la plupart à moins de 20 dollars. Toutefois, depuis un an, elle a haussé le prix de plusieurs vins en haut de 20 dollars.

Voici une liste de vins qui ont connu de bonnes hausses de prix au cours de la seule dernière année.
Ils proviennent d'une recherche rapide dans la base de données des vins commentés au cours des 365 derniers jours et des prix affichés le 27 novembre dans le site saq.com.

Hausses de prix au cours des 365 derniers jours
  Depuis
28-11-15
27-11-16
Sigalas Asirtiko Athiri 19,55$ 23,65$
Domaine André Et Mireille Tissot Brut 24,60$ 28,30$
Chablis, J-M Brocard, VV de St-Claire
25,85$ 29,95$
Argyros Santorini, Assyrtiko
22,15$ 25,25$
Arbois, Chardonnay Jacques Tissot 22,45$ 25,00$
Condado de Haza 25,90$ 26,85$
Dom. des Roches Neuves, Saumur Champigny
20,65$ 22,70$
Saint-Bris, Sauvignon 2013, J-F&P-L Bersan 20,85$ 22,85$
Baldíos Crianza 2009 20,90$ 22,10$
L'Hereu, Raventos i Blanc, Conca del Riu
21,10$ 22,50$
Ch. du Brézé, Clos du Midi, Saumur blanc
21,45$ 22,60$
Juvé y Camps, Reserva de la Familia
21,45$ 22,70$
Ch. de Vaurenard, Baron de Richemont 21,30$ 22,05$
Château Revelette 21,95$ 23,30$
Épaulé Jeté, Cuvée Trinch 2014 22,10$ 23,55$
Les Terres Rouges, Saumur-Champigny 20,60$ 21,80$
Cuvée Flor, Baud, Jura, Chardonnay 2015 20,00$ 21,00$
Granite, Muscadet, Domaine de l'Écu
22,30$ 23,55$
Poggio Della Costa
22,30$ 23,50$
Alsace Rouge, Marcel Deiss 26,35$ 28,05$
Hatzidakis Assyrtiko Cuvée 15 35,00$ 38,75$
Méthode : Comparaison entre les prix de la liste de l'année et les prix sur saq.com au 27 nov. 2016

Certains vins ont même connu de fortes hausses depuis deux ans. Le Marchese Antinori, Chianti-Classico Riserva  était 28,75 $ en 2014. Il a monté à 35 $ en juin 2015; puis 38 $ en mars 2016 et 39,75 $ aujourd'hui.

Il ne faut pas en déduire que la plupart des vins de 20 $ et plus ont été haussés, mais plutôt qu'on a haussé le prix de certains d'entre eux.

La Saskatchewan privatise la moitié de ses magasins d'alcool

La Saskatchewan privatise 31 des 75 succursales de sa société des alcools, la Saskatchewan Liquor and Gaming Authority (SLGA)

De plus, le gouvernement vient d'accorder des permis pour 11 nouveaux magasins privés d'alcool.

Certains de ces magasins seront en coopérative, 6 seront exploités par des employés de la SLGA; 6 autres pas la chaine Sobeys; 3 par la chaine Metro et les autres seront exploités par des entrepreneurs.

La société avait envoyé un avis de licenciement à 170 de ses employés en août dernier. Certains de ses employés ont d'ailleurs acquis des licences pour ces magasins.

Il y a déjà depuis quelques années des magasins privés d'alcool en Saskatchewan, mais ils étaient surtout situés en zone rurale.

Ces magasins privés seront à Regina, Saskatoon, Moose Jaw et dans 11 localités de la province. Il ne restera que 36 magasins d'alcool exploités par la société d'État.

Il y aura donc ainsi 50 nouveaux magasins privés d'alcool dans cette province.

Répondant aux critiques qui disent que le gouvernement dilapide des magasins profitables, le ministre responsable de la SLGA, Jeremy Harrison dit que «tous ces promoteurs retenus auront des entreprises dans la province, employeront des gens de la Saskatchewan et payeront des impôts ici dans la province».

Les ventes d'alcool de SLGA ont été de 641 millions $ en 2015-2016 et les revenus tirés de l'alcool ont totalisé 258 millions $.
7,7 millions de litres de spiritueux, 17,8 millions de litres de vins (et coolers) ainsi que 72 millions de litres de bière.
15,6 litres de vin par habitant.
Les magasins d'État avaient cette année-là 2700 produits; les magasins privés et franchisés 3000 autres produits. (Rapport annuel SLGA 2015-2016)

Le président du syndicat dit que 190 personnes perdent ainsi un emploi payant et que les seuls gagnants sont les acheteurs de ces magasins.

Le gouvernement réplique que cela se fera à coût nul pour le gouvernement et que la plus grande partie du revenu provincial provenant de l'alcool est généré par les ventes en gros et non par les magasins de détail.

La Saskatchewan se conserve donc l'importation et la vente de gros, comme le fait la Colombie-Britannique et l'Ontario. En Alberta c'est un monopole privé qui a le contrôle de l'importation et de la vente en gros et qui collecte l'argent pour le gouvernement.

Rappelons que sa voisine l'Alberta a privatisé tous ses magasins d'alcool en 1994, la Colombie-Britannique a un régime mixte de magasins d'État et de magasins privés de vin et l'Ontario vient de permettre aussi l'ouverture de nouveaux magasins privés de vin.

En novembre 2014, le gouvernement de la Saskatchewan a mené un sondage en ligne sur son site internet demandant l'opinion des citoyens sur la vente d'alcool dans la province. Plus de 6600 personnes ont répondu et laissé plus de 3000 commentaires. Résultats: 56 % ont dit vouloir laisser plus de place aux commerces privés d'alcool.

D'autres baisses de prix à la SAQ

Le nombre de vins à moins de 15 dollars augmente sur les tablettes de la SAQ.
Il atteint même le niveau de février 2014.

La direction de la SAQ a fait réduire le prix de certains vins depuis le début du mois.
En effet, en plus de la réduction de 0,50 $ de la marge de la SAQ, le prix de certains vins a même été réduit de 2 et 3 dollars.

Ces deux derniers vins sont des vins importés en vrac et embouteillés au Québec par la firme Constellation.

Ce sont ceux que nous avons trouvés. Il y en a probablement d'autres. Ce qui fait que depuis le 8 novembre :

  • Le nombre de vins à moins de 10 $ passe de 33 à 49;
  • Le nombre de vins à moins de 12 $ passe de 196 à 223;
  • Le nombre de vins à moins de 15 $ passe de 574 à 634.

Le nombre de vins à moins de 15 $ rejoint ainsi celui de l'année 2014.

Nombre de vins à moins de 15 $ à la SAQ
Nov
2013
Mars
2014
Nov
2014
Nov
2015
Mars
2016
8 nov
2016
9 nov
2016
23 nov
2016
902 638 510 572 534 574 622 631

Interrogée sur ces baisses, la porte-parole de la SAQ, Mme Linda Bouchard dit ne pas vouloir commenter chaque changement de prix, mais affirme que «la SAQ négocie davantage et autrement et elle s’assure d’obtenir le meilleur prix à chaque occasion« et que ses «fournisseurs s’adaptent et réajustent leur prix pour demeurer compétitif, et cela, en lien avec nos réajustements.»

La direction de la société d'État a donc décidé de vraiment passer de la parole aux actes. C'est-à-dire de modifier sa marge de profit et de négocier de meilleurs prix avec des fournisseurs.

La SAQ devra améliorer son efficacité sinon les consommateurs paieront plus cher!

La SAQ n'a pas amélioré sa productivité depuis 30 ans.

Si elle continue comme ça, le consommateur paiera son vin encore plus cher!

Ce n'est pas très encourageant comme perspective!
C'est pourtant ce qu'affirment des chercheurs des Hautes études commerciales (HEC Montréal).

«Les prochaines années seront déterminantes pour la SAQ. En ne pouvant miser indéfiniment sur la croissance du volume de ses ventes pour atteindre ses objectifs en matière de dividendes, la SAQ devra inévitablement améliorer son efficacité sans quoi, ce seront les consommateurs qui paieront la facture en payant plus cher pour leur alcool.»

C'est la dernière phrase d'un document de 4 chercheurs du Centre de la productivité et de la prospérité de l'école des Hautes études économiques (HEC) de Montréal.
 
Les chercheurs ont étudié la productivité de la SAQ de 1989 à nos jours et ils en concluent que la SAQ n'a pas augmenté sa productivité.
 
«Depuis la fin des années 80, la SAQ a largement augmenté les dividendes qu’elle verse annuellement
au gouvernement, mais sa productivité n’a pas progressé. Autrement dit, aucun gain d’efficacité n’a
été réalisé, de sorte que le gouvernement n’a pas maximisé le rendement dégagé des activités de la
SAQ.»
 
Les chercheurs disent qu'il ne faut pas que regarder le dividende de la SAQ, mais sa productivité et «Le constat est donc sans appel : tant que les exigences du gouvernement à l’égard de la SAQ ne se
limiteront qu’à l’évaluation du dividende versé, la société d’État n’aura aucun incitatif à améliorer
l’efficacité avec laquelle elle assure son mandat. De fait, il apparait nécessaire de développer des
indicateurs pour évaluer concrètement l’efficacité de la société d’État.»
 
Ils constatent que malgré sa situation de monopole sans concurrence, la SAQ n'est pas plus profitable que l'entreprise privée en situation de concurrence. «Malgré des marges nettement plus élevées que la moyenne de l’industrie et un contrôle quasi-total sur le marché, la SAQ n’a pas été en mesure de dégager davantage de richesse de ses activités que la moyenne de l’industrie.»
 
Malgré la hausse des ventes en volume et en valeur; malgré la hausse des prix, du nombre de succursales, du nombre d'employés, la performance de la SAQ est au même niveau aujourd'hui qu'en 1989.
 
Les auteurs proposent des indices qui permettraient à l'avenir d'évaluer la performance de cette société d'État.
 
Donc la SAQ n'a pas rapporté autant qu'elle aurait dû malgré tout ce qu'elle nous fait payer. Et si ça continue comme ça, le consommateur devra payer encore plus cher. Ce n'est pas une perspective très réjouissante!
 
Réponse de la SAQ
La direction de la société d'État a répondu qu'elle s’est engagée dans une démarche d’amélioration en continu.
Elle donne l'exemple de la dernière baisse de prix de 50 cents. Elle ajoute qu'elle va modifier sa majoration au cours des prochaines années et que «dans le cadre de cette démarche d’optimisation, la SAQ a entrepris des initiatives permettant des économies d’une trentaine de millions de dollars pour l’exercice en cours.»
 
De son côté les syndicats des employés disent que depuis 2008 la SAQ a suivi toutes les recommandations de firmes externes pour améliorer la productivité des salariés», mais que «trop souvent, c’est sur le dos des salarié-es que ces gains ont été réalisés.» De plus, les dirigeants syndicaux jugent déplorable que la SAQ ne se défende pas avec plus de vigueur.
______________
La productivité de la SAQ stagne depuis plus de 30 ans
Productivité dans le secteur public québécois. Jonatham Deslauriers, Robert Gagné, Claude Laurin, Johathan Paré.
HEC Montréal

Les changements à la SAQ : bon ou non pour le consommateur?

Est-ce que les changements annoncés à la SAQ vont être à l'avantage des consommateurs?
 
  • Premièrement, la SAQ va changer la manière de négocier les prix avec les producteurs de vin.
  • Deuxièmement, elle va aussi changer le calcul de sa majoration.
Ce sont les deux plus grands changements qui ont été dévoilés au début du mois à un groupe de députés.
Ça fait partie du plan de redressement de la SAQ à la suite du rapport de la Vérificatrice générale du Québec.
 
Cette dernière reprochait à la direction de la SAQ de ne pas négocier les meilleurs prix de gros possible.
La direction de la SAQ a répondu qu'elle essaiera dorénavant d'obtenir des prix plus bas, mais que pour compenser son manque à gagner elle essaiera d'obtenir plus de budgets de promotion de la part des producteurs de vin.
 
Donc, elle va chercher à faire baisser les prix des vignerons, mais elle va leur demander plus d'argent en frais de promotion dans les publicités et en vendant des espaces tablette.
 
Ça semble assez contradictoire. En effet, pour payer plus de ristournes en publicité et frais de marketing à la SAQ, les producteurs devront plutôt vendre leurs vins plus chers.
 
Actuellement, la SAQ paie ses produits 1,3 milliard $ et récolte seulement 63 millions $ en revenus publicitaires payés par les producteurs.
 
Si elle réussit à réduire les prix de gros de 10 %, cela représentera 130 millions de dollars. Pour compenser, elle devrait alors faire payer 130 millions de dollars de plus aux fournisseurs en frais publicitaire ce qui est trois fois plus qu'actuellement!
 
De toute manière, est-ce que le prix de détail qui va en découler sera plus bas? C'est difficile à croire.
Si on enlève un dollar à l'achat pour l'ajouter en frais de publicité payable par le producteur de vin, ça revient au même en fin de compte. C'est échanger quatre trente-sous pour une piastre!
 
Il ne semble donc pas que cette tactique va réduire les prix de détail. Il n'y aurait donc pas plus de vin à meilleur marché. De plus, le président de la SAQ a dit qu'il n'était pas question d'augmenter le nombre de vins à petit prix. Il dit que 155 vins à moins de 12 $ c'est largement suffisant. «Alors, l'équilibre à 155 produits, comme c'est le cas actuellement, est trouvé.»
 
La deuxième mesure proposée par le président de la SAQ est d'adopter une majoration semblable à celle de la LCBO en Ontario. Une majoration qu'il appelle linéaire. Soit le même pourcentage de bénéfice pour tous les produits. Actuellement, la SAQ se prend une plus grande marge sur les vins moins chers et une plus petite sur les vins plus chers.
 
Ce qui fait qu'après taxes ça donne une majoration de 260 % pour un vin à 14 $, mais 160 % pour un vin à 26 $ (Voir La SAQ taxe plus les pauvres http://vinquebec.com/node/12759)
 
«Notre scénario de croissance, il se fait avec des produits qualitatifs et avec des produits comme la spécialité, des produits un peu plus pointus, différents, innovants, et c'est là qu'il faut investir,» a affirmé M. Alain Brunet à la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale au début de novembre.
 
Comme me le disait avec déception un ami en fin de semaine, on va dorénavant soutirer plus d'argent  des grands amateurs de vin.
 
Ainsi après avoir mécontenté ceux qui veulent des vins moins chers, la SAQ va décevoir ceux qui achètent des vins de plus de 20 $. Ceux qu'elle appelle les connaisseurs.
 
Est-ce que c'est une bonne stratégie?

Les meilleurs vins de l'année

Quels ont été les vins qui ont obtenu les meilleures notes?
Quels sont les vins les moins chers?
Quels sont les vins qui ont obtenu les pires notes?

Réponse à ces questions dans la liste des vins commentés et publiés au cours des 12 derniers mois.
Vous trouverez en suivant le lien suivant

vinquebec.com/annee

De gros changements à la SAQ!

Le dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec a été tout un électrochoc pour la direction de la SAQ.

Le président de la société d'État dit avoir eu trois mois pour présenter un plan d'action.

En voici les grandes lignes.

  1. La SAQ négociera finalement les prix de gros avec ses fournisseurs afin d'obtenir de plus bas prix;
  2. Elle ne fixera pas le prix de détail à atteindre lors de ses appels d'offres;
  3. En compensation, elle essayera d'aller chercher plus d'argent des fournisseurs en frais de marketing, de positionnement de produit;
  4. Elle modifiera le calcul régressif de sa majoration qui désavantage actuellement les vins à petits prix pour s'aligner sur une marge linéaire comme en Ontario;
  5. Elle baissera progressivement les prix de ses vins courants afin de les amener au même niveau que ceux de la LCBO de l'Ontario;
  6. Elle maintiendra le nombre de vins à petit prix à 155;
  7. Elle offrira des vins à 8 $.
  8. Elle éliminera plus rapidement les vins qui se vendent peu;
  9. Elle maximisera ses ventes via le web;
  10. Elle réduira la surface totale de ses magasins de 10 % tout en les maintenant au nombre de 400-410;
  11. Elle négociera avec ses employés des horaires en fonction de l'achalandage.

Le président Alain Brunet a présenté un plan de redressement qui contient 37 actions réalisables en 3 ans. Ceci afin de corriger les lacunes dénoncées par la Vérificatrice générale du Québec.
Ce plan a été dévoilé à la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale au début de novembre.

Nous expliquons plus en détail ces points principaux dans les textes suivants:

Le bois mort de la SAQ

  — On va mieux gérer et sortir le bois mort.

C'est ce que promet le président de la Société des alcools du Québec.
Par bois mort, il entend les bouteilles qui prennent de la poussière sur les tablettes.

M. Alain Brunet veut augmenter le taux de roulement des produits et éliminer plus vite ceux qui ne se vendent pas bien.

Il entend d'ailleurs utiliser internet pour faire rouler les vins plus vite. Il appelle ça «la mobilité transactionnelle». Ça concerne surtout les vins dits de spécialité. Ce sont les 10 000 vins en plus petite quantité, quelquefois des vins de niche.

«C'est que tous ces produits-là de spécialité sont difficiles à distribuer. Et s'ils prennent de la poussière sur les tablettes, ils prennent de l'espace, c'est du pied carré. Il ne faut plus qu'ils soient sur les tablettes à prendre de la poussière.»

«Alors, maintenant, on les garde dans l'entrepôt de la SAQ.com, puis, quand on les pousse en magasin, c'est parce qu'ils sont vendus, parce qu'ils ont été tirés par le Web. Dans notre jargon du commerce de détail, on appelle ça le «long tail» : tu gardes l'inventaire virtuel en entrepôt, tu deviens beaucoup plus efficace en matière de gestion des stocks et tu peux accélérer sur l'offre de produits.»

Ils seront poussés et distribuées par le système d'achat en ligne appelé Cliquez, achetez, ramassez. De plus, grâce au Web, la direction de la SAQ compte ainsi réduire de 10 % la surface totale de ses magasins tout en les maintenant au nombre de 400-410.

Ce système d'achat en ligne semble très profitable selon le président Brunet. Il vise aussi à accroitre l'achalandage en magasin. Les clients passent en magasin ramasser leur caisse et dans 30 % des cas, le client achète aussi autre chose.

D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que la SAQ propose en ligne, depuis peu, tous ces nouveaux vins deux semaines avant qu'il ne soit en magasin.  (Voir à ce sujet Réservez des vins qui arriveront dans deux semaines.)

La SAQ va modifier sa majoration

La direction de la Société des alcools du Québec a décidé de modifier le calcul de sa majoration sur les vins.

Longtemps accusée de surtaxer les pauvres, la SAQ a décidé de réagir aux critiques et de modifier cette majoration tant décriée.

 

La majoration actuelle est régressive, c'est-à-dire qu'elle est plus élevée pour les vins à petits prix. Ainsi, après les taxes, un vin acheté par la SAQ 4 $ est vendu 14 $ aux Québécois, soit une majoration de 260 %; pendant qu'un vin acheté 50 $ est vendu 100 $; soit une majoration de 99 %. (La SAQ taxe plus les pauvres)

(Le système actuel de majoration est expliqué plus en détail ici : La majoration de la SAQ.)

Le président de la société d'État a annoncé à un groupe de députés qu'il allait chercher à modifier la majoration de façon à ce qu'elle soit linéaire.

 

«Mais on a une structure qui est régressive ou dégressive, là, qui... dans le fond qui maximisait l'impact en pourcentage sur les petits prix. Mais, comme le volume est là, ça rapportait des grosses sommes. Et ce qu'on veut, c'est réduire le pourcentage pour amener une structure qui est beaucoup plus linéaire.

Alors, nous, ce qu'on veut, c'est rendre notre structure linéaire (comme en Ontario).»

 

En Ontario, la majoration de la LCBO est constante et transparente soit à 71 % pour tous les niveaux de prix.

 

À une question et suggestion du député Nicolas Marceau (PQ), M. Alain Brunet a répondu que «tout est ouvert, même une majoration progressive.» C'est-à-dire qu'il n'écarte pas la possibilité de taxer plus les vins chers que les vins moins chers.

 

Toutefois, M. Brunet a dit que ça ne se fera pas en un jour. «C'est un processus qui va être un long travail exigeant, qui va requérir plusieurs étapes et qui requiert des ressources financières.» Ça pourrait donc prendre 3 ans.

 

De plus le président Brunet dit qu'il ne prendra plus de marge sur les frais fixes tels que les sommes versées à Éduc'alcool et celles réservées à l'environnement. En effet, pour donner 10 cents à Educ'alcool, la SAQ prélevait 30 cents, se gardant ainsi un 20 cents supplémentaire de profit!

Des vins qui arriveront le 29 novembre

Des vins qui arriveront dans deux semaines et que vous pouvez commander aujourd'hui!

C'est une nouvelle méthode de mise en marché adoptée par la SAQ il y a déjà quelques semaines. Le président de la SAQ appelle cela «la mobilité transactionnelle».

Près d'une centaine de vins sont alors affichés en ligne entre mercredi midi et vendredi matin de chaque semaine.

La société d'État veut ainsi faire rouler les stocks plus vite et réduire le nombre de bouteilles qui prennent de la poussière sur les rayons.

M. Alain Vrunet dit que «tous ces produits-là de spécialité sont difficiles à distribuer. Et s'ils prennent de la poussière sur les tablettes, ils prennent de l'espace, c'est du pied carré. Il ne faut plus qu'ils soient sur les tablettes à prendre de la poussière. Alors, maintenant, on les garde dans l'entrepôt de la SAQ.com, puis, quand on les pousse en magasin, c'est parce qu'ils sont vendus (en partie) et parce qu'ils ont été tirés par le Web. Dans notre jargon du commerce de détail, on appelle ça le long tail : tu gardes l'inventaire virtuel en entrepôt, tu deviens beaucoup plus efficace en matière de gestion des stocks et tu peux accélérer l'offre de produits.»
 

Cette semaine, c'est 86 vins, la plupart (53) de France. De 200 à 400 bouteilles de chacun de ces vins sont réservées pour commande en ligne dès aujourd'hui.

En voici quelques-uns qu'il serait intéressant d'essayer.

Domaine Fernand Engel Riesling Réserve 2013  BIO 18,80$

Lyrarakis Kotsifali 2014 14,05$
Nyakas Sauvignon Blanc 2015 15,95$
Domaine Labbé Abymes 2015   16,95$

Domaine De Fenouillet Faugères Combe Rouge 2014   18,75$
Domaine de l'Idylle Mondeuse 2015   19,25$
Clos d'Albizzi Cassis 2015   21,85$

Marchese di Barolo Ruvei Barbera d'Alba 2014  21,95$
Château Sainte-Eulalie La Cantilène 2013   22,80$
Borgogno Barbera-d'Alba Superiore 2014   23$

Bouchard Père & Fils Bourgogne Les Coteaux des Moines 2014   23,95$
Domaine Louis Moreau Chablis 2015   25,25$
Château du Cèdre Cahors 2013   27,15 $

Clos Triguedina 2011   28,85$
Badia a Passignano Chianti-Classico Gran Selezione 2010   43$
Domaine Bott-Geyl Sonnenglanz Grand Cru Pinot Gris 2009   44,50$

Louis Roche La Rose Pauillac 2012 45,75$
Poderi Colla Roncaglie 2012   47,50$

La SAQ va finalement négocier ses prix

De gros changements à la SAQ!
À l'aube de son centenaire,
la Société des alcools du Québec
va finalement négocier les prix de gros
avec ses fournisseurs de vin!

Nous l'avons expliqué ici à plusieurs reprises. La SAQ ne cherchait pas à obtenir les meilleurs prix. Tout au contraire: elle voulait payer cher pour vendre cher.

Son système était simple et bancal. Elle fixait et communiquait à ses fournisseurs le prix de détail recherché. Puis leur donnait une calculette pour qu'ils sachent à quel prix de gros vendre le vin à la SAQ afin qu'il atteigne le prix de détail recherché après l'ajout de la marge de la SAQ et des taxes. (Voir Encore une preuve que la SAQ ne veut pas payer les vins le moins cher possible.)

C'est fini cela «nous déployons actuellement de nouvelles façons de faire», dit le président de la SAQ. «Avant, on mettait le prix de détail pour indiquer un peu ce qu'on recherchait dans les appels d'offres et on ne fait plus ça. Maintenant, on travaille vraiment à partir de la base de la négociation des coûtants.»

Alain Brunet ajoute «un exemple : on a changé la pratique de telle sorte que quand on va en appels d'offres maintenant, on identifie, dans les catégories de produits qu'on cherche, quelle devrait être la base à appuyer, à accoter, là, pour le fournisseur en termes de coûtant maintenant. On ne parle plus de prix de détail.»

Pour chaque appel d'offres pour un vin nouveau, la SAQ dit recevoir de 20 à 30 soumissions, mais ne négociait pas le prix à la baisse; puisque le prix de détail était déjà affiché. De plus, elle n'avait pas intérêt à faire baisser les prix puisque sa majoration étant en proportion du prix coutant elle aurait réduit ses bénéfices.

Mais tout ça va changer. La SAQ va aussi modifier la manière de calculer sa majoration.

Ça partait d'une bonne intention
La direction de la SAQ dit qu'elle agissait de bonne foi. «Ça fait que, quand on a un besoin qui est spécifique sur une strate de prix, on le mettait; ça partait d'une bonne intention.» Tout était orienté sur le prix de détail recherché. Ce système était vicié. (Le système d'achat de gros de la SAQ est vicié)

On arrête ça
La vérificatrice générale du Québec a fortement reproché à la direction de la SAQ d'agir ainsi, de ne pas utiliser son fort pouvoir d'achat et de ne pas chercher à obtenir le meilleur prix. Ce rapport de Mme Guylaine Leclerc a été un électrochoc pour la direction du monopole. (La SAQ veut payer cher)

«Mais ce que le rapport dit (le rapport de la VG), c'est que, ça, ça amène un vice, un peu. C'est-à-dire que ça détermine tout de suite le prix que vous voulez payer, parce qu'à rebours vous pouvez arriver au coûtant. Dans notre monde, c'est comme ça que ça marche un peu. Vrai. C'est pour ça qu'on change. On a arrêté...»

C'est ce qu'a dit le président Brunet à un groupe de députés. «On a arrêté déjà cette pratique-là, O.K. On ne mettra plus le prix de détail, même si c'est bien important, mais on va le gérer autrement dans notre processus.»

C'est déjà en marche, dit M. Brunet «Oui. Mais on l'a déjà testé, on a fait déjà un appel d'offres comme ça, puis là, c'est pour ça qu'on a résolu de continuer.»

On ne gérait pas les prix
«On regarde dans le rétroviseur. On ne gérait pas le commerce de l'alcool selon les normes commerciales, les meilleures pratiques du marché, là, en général, on appelait ça la courroie de transmission. On ne gérait pas les prix, hein? Le prix rentrait, et même il y avait des banques de listing pour des agents, tout ça. On ne gérait pas les prix», finit par avouer le président directeur général de la société fondée en 1921.

Alors, comment négocier les prix?
«Il y a des choses qui émergent, il y a des choses qu'on voit, qu'on va voir, qu'on voit déjà, et on va pouvoir commencer à dresser le fondement, le principe de la structure de la majoration. Ça va émerger, ça va arriver.»

La nouvelle méthode semble un peu floue, mais le président Brunet explique qu'il veut faire plus d'argent du côté du marketing. Donc, faire payer plus cher pour le positionnement des produits, les «displays», les dégustations, les tablettes, les frigos... «Les fournisseurs, ils paient pour ça. On va beaucoup mieux gérer la négociation, pas juste des coûtants, mais du prix net. Et c'est vers ça qu'on veut aller.»

Vendre des expaces tablettes, faire payer le fournisseur pour mieux positionner son produit rapporte des dizaines de millions de dollars à la SAQ. Le président Brunet qui n'a pas voulu donner un chiffre plus précis veut intensifier cette action.

Les circulaires seront à travers le web et les réseaux sociaux, ajoute le président qui compte bien les faire payer encore plus par les fournisseurs. C'est ce qu'il appelle des «Promo Punch».

On va aller chercher des revenus supplémentaires sur les dépenses publicitaires de plus de 70 % des produits; essentiellement sur les produits courant, affirme M. Brunet.

Pourquoi ne pas l'avoir fait avant?
«En fait, pourquoi, là... encore une fois, là, on regarde dans le rétroviseur, tu sais, moi... ça fait presque 100 ans que la SAQ existe, mais on a bâti là-dessus, puis, après, faire un virage puis aller vers autre chose, bien, ça nécessite d'avoir des ressources puis de se donner une marge de manoeuvre pour le faire. C'est ambitieux, puis peut-être que ça n'a jamais été fait avant parce qu'on n'a jamais eu les bonnes conditions pour le faire.»

Le président de la SAQ a fait ces révélations lors d'une séance de la Commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale, en présence de la Vérificatrice générale du Québec, le 3 novembre dernier.

  Source : Journal des débats de la Commission de l'administration publique

Voir aussi
Auditions des sous-ministres et des dirigeants d’organismes publics sur leur gestion administrative – Observations, conclusions et recommandations – 35e rapport – Décembre 2016, Chapitre 3

Dans la série COMPRENDRE LA SAQ  

Du vin à 8 dollars à la SAQ

Changement de cap à la SAQ!
Après avoir presque complètement éliminé l'offre de vin à moins de 10 $, la SAQ offre des vins à 8 $.

En effet, le président de la SAQ révèle avoir lancé un appel d'offres pour des vins à ces prix en juillet dernier. (Du 30 juin au 21 juillet) «Ce qui manquait aussi dans l'offre», dit M. Alain Brunet. «On en rentre cinq nouveaux en janvier.»

Certains de ces vins seront en Tetra Pak ou PET. D'autres seront même au format de 1 litre. L'appel d'offres pour ces vins de spécialité mentionnait le «Prix de détail suggéré : Moins de 8,00 $CA».

«Dans le cadre de son effort à rejoindre tous les segments de ses clients, La Société des alcools du Québec lance un avis de recherche intitulé "Éditions limitées - Petits prix"».

On ajoutait que «la SAQ prendra en charge la mise en valeur des produits dans ses véhicules promotionnels et assurera le marchandisage en succursales. Ainsi, aucun frais promotionnel ne sera facturé aux agents/fournisseurs.» (SAQ Petits-prix 2017) (Du vin à 7,95 $)

Il y a aujourd'hui 9 vins à 8 $ et quelques sous à la SAQ.

Ce qui ramène le nombre de vins à moins de 10 $ à 50, comparé à 33 au début de novembre. Ce nombre était tombé à son plus bas, soit 23 en mars dernier.

Rappelons aussi que le nombre de vins à moins de 10 $ était de 67 en décembre 2013; de 90 en novembre 2013 et de 183 en 2009.

La SAQ essaie de se rattraper un peu et de récupérer des clients qui avaient quitté le joli monde de la consommation de vin parce que des prix trop élevés.

Si l'on compare avec sa voisine: la LCBO a un vaste choix de vins à 8 dollars. Sa gamme de prix commence d'ailleurs à 6,40 $; alors que le vin le moins cher à la SAQ est à 8,20 $.

Rappelons aussi que la SAQ a réduit de 50 cents près de 1600 vins au début du mois. Ce ne serait qu'un début selon le président du monopole.

Les journalistes de la SAQ

Le saviez-vous?
Les chroniqueurs de vin, les sommeliers chroniqueurs de vin font partie de l'écosystème de la SAQ!

Voici la retranscription des propos tenus par un député en présence du président de la Société des alcools du Québec.

M. Jean-Denis Girard, député libéral de Trois-Rivières
«Je vais retourner vers Trois-Rivières. Tout à l'heure je vais écouter la radio, et je risque d'avoir un sommelier qui va me parler d'un vin qu'il va déguster avec les animateurs de radio. Demain matin, je vais me lever, je vais ouvrir la télévision à un poste que je ne nommerai pas, mais je vais avoir une chronique vin, et qui va recommander certains vins. Curieusement, ce vin-là, je vais à la SAQ, il est sur la tablette en avant et il va se vendre comme ça ne se peut pas durant tout le week-end. Est-ce que…
Mais est-ce que ces gens-là travaillent avec vous? Est-ce qu'il y a des ententes de commercialisation, de marketing?

M. Brunet (Alain) : Non. Pas d'entente. On les laisse libres.

M. Girard : Comment ça fonctionne à ce moment-là?

M. Brunet (Alain) : On appelle ça l'écosystème SAQ. La SAQ, ce n'est pas en vase clos.
Mais c'est bien qu'on soit lié puis qu'on ait un bon réseau. C'est ça, l'écosystème.
Puis l'écosystème, c'est l'ITHQ, c'est la sommellerie, c'est les chroniqueurs en vin. Alors, oui, on leur fait des dégustations, oui, on travaille avec eux.»

(3 novembre 2016 dans un local de l'Assemblée nationale)

Et 50 cents de moins

Les dirigeants du monopole du vin au Québec ont réduit de 50 cents le prix de 1600 vins ce matin!
Comme promit par le président Brunet.

Quel est vraiment le but de cette opération de deux trente- sous?
Est-ce qu'il y aura un impact sur les ventes?
Car c'est ce qu'il y a de plus important. Au-delà de l'image, il y a le résultat.

Un des effets notables constatés ce matin est que le nombre de vins à moins de 12 $ passe ainsi de 196 (hier, tableau de gauche) à 215 (aujourd'hui, tableau de droite) et celui des vins de de 12 à 15 $ augmente de 378 à 407.

Donc, le consommateur a plus de choix en bas de 15 $ (622 au lieu de 574); soit 48 vins de plus. Cette situation devrait durée jusqu'en avril prochain, car la direction de la société d'État a annulé les 3 prochaines hausses prévues.

Ce nombre de 574 vins à moins de 15 $ nous ramène presque au niveau de février 2014.

Nombre de vins à moins de 15 $ à la SAQ
de mars 2009 à novembre 2016
mars 09
jan 13
mars 13
fév 14
mars 14
8 nov 16
9 nov 16
1040
895
641
638
546
474
622
@vinquebec.com  

Le nombre de vins à moins de 10 $ est passé de 33 hier à 51 aujourd'hui.

Le président de la SAQ, Alain Brunet, dit vouloir atteindre les prix pratiqués en Ontario d'ici 3 ans.

Importation privée et chère

Nous avons beaucoup parlé d'importation privée ces derniers jours en marge du Salon des importations privées qui se tenait à Montréal et à Québec.

Un lecteur nous a signalé un écart énorme de prix d'un vin distribué au Québec sous le système d'importation privée et le même vin dans les magasins du monopole de l'Ontario LCBO.

«Voici un écart de prix énorme pour un vin (Lopez de Haro reserva 2009 ) entre un importateur privé ici au Québec (Passion Gourmet) et la LCBO ($26,02 vs $15,95)».

En effet, la LCBO vend ce vin 17,95 $. Il est même en rabais à 15,95 $ jusqu'au 27 novembre.

Interrogé sur ce grand écart de prix, l'agent au Québec M. Jose Lopez de Passion Gourmet, nous répond que «le prix auquel vous référez est en importation privée comparativement à des achats de volume considérable avec la LCBO.»

Donc, si vous achetez 12 bouteilles de ce vin au Québec ce sera 312,24 $; alors que cette caisse vous coutera 191,40 $ en Ontario; une différence de 120,81 $.

De quoi vous permettre d'acheter en plus une caisse de vins à 10 $ à la LCBO!

«C'est un vin que j'apprécie en regard du prix et je me suis même déjà déplacé en Ontario pour en acheter, c'est ce qui a attiré mon regard», m'écrit le lecteur qui m'a signalé son étonnement face à cette différence de prix.

Dans ce cas si, il n'y a vraiment pas d'aubaine au Québec, même si on achète à la caisse!

Le site de l'agence Passion Gourmet donne une liste de vin. Il n'affiche pas les prix, mais les donne par courriel, comme dans l'image en haut à droite.

En Ontario et au Québec, ce vin est importé par les deux monopoles d'état.

Toutefois, au Québec, vu que c'est sous le chapitre «importation privée»,  c'est une agence qui choisit le vin, qui détermine le prix avec le producteur.

La SAQ paie le producteur, importe le vin, prend une bonne marge, le conserve dans son entrepôt. L'agent se charge de le faire vendre. Il agit comme intermédiaire de la SAQ. Cette dernière le livre dans une de ses succursales. Le consommateur paye la SAQ lorsqu'il va cherche la caisse, après avoir envoyé un chèque de commission à l'agence, comme l'explique l'étape 4 du site de l'agence Passion Gourmet.

Comme l'a constaté ce lecteur, il faut donc être vigilant et vérifier les prix. Ce qui est loin d'être facile.

C'est frustrant lorsque l'on constate que l'on paie presque le double de nos voisins de l'Ontario pour un même vin!

Ce n'est pas un cas isolé. Un ami sommelier nous donne dans Facebook deux autres exemples.

Nous comprenons maintenant la réticence des agences et de la SAQ à publier dans internet les prix des vins en importation privée.

Pour mieux comprendre ce système dit d'importation privée, lire vinquebec.com/importation-privee.

La SAQ ne veut plus de hausses de prix

La direction du monopole québécois des vins avertit ses fournisseurs qu'elle ne veut plus de hausse de prix d'ici la fin de son année financière, soit d'ici le 31 mars 2017.

C'est tout un changement. Car la SAQ permettait — certains diront incitait — ses fournisseurs à hausser les prix de leurs vins — des vins d'ailleurs déjà payés et déjà sur les tablettes. Ces permissions-incitations intervenaient 7 fois par année.

Toutefois, aujourd'hui, la direction de la SAQ a décrété qu'elle n'accepterait pas de hausse de prix sur les vins.

Elle annule donc ses trois prochaines fenêtres du 9 novembre, 1 février et 29 mars où des hausses étaient permises ou encouragées.

Le président de la SAQ a annoncé la semaine dernière qu'il allait ordonner une baisse de prix de 50 cents sur 1600 vins au répertoire. Il lui faut donc interdire les hausses qui auraient miné son objectif.

Le président de la SAQ, Alain Brunet, veut ramener le prix de ses vins de moins de 20 dollars au même niveau que ceux du monopole ontarien (LCBO) d'ici 3 ans. L'écart actuel est souvent de 2 dollars.

Je ne veux pas décourager le président Brunet, mais il a encore pas mal de chemin à faire avant d'accoter la LCBO. Car juste aujourd'hui cette dernière annonce l'arrivée d'un certain nombre de bons vins pour sa section Vintages du 12 novembre. Malgré le fait que la SAQ soit le plus gros importateur de vin du Canada, la LCBO affiche des prix bien inférieurs.

  LCBO SAQ
Conde de Valdemar Reserva 2009 19,95$ 23,25$
Miraval rosé 2015 22,95$ 24,95$
Wolfberger Alsace Brut 18,95$ 20,95$
Cathedral Cella Shiraz 2014 16,95$ 18,95$
Porcupine sauvignon 16,95$ 18,10$
Guicciarda Ricasoli 24,95$ 28,35$
Otazu Premium 2012 17,95$ 19,95$

 

    Voir aussi Pourquoi la SAQ baisse ses prix.

Dans la série Comprendre la SAQ    

Pourquoi la SAQ baisse ses prix? Analyse et réflexion

La Société des alcools du Québec (SAQ) va réduire de 50 cents le prix de 1600 vins le 9 novembre.
La direction de la SAQ dit vouloir ainsi se rapprocher des prix de la LCBO de l'Ontario. Le communiqué de la SAQ affirme qu'il «s’agit d’une première étape pour réduire les prix des vins – une demande exprimée par la clientèle – qui s’inscrit dans un plan plus large visant à réviser la majoration sur les vins.»

Actuellement, pour les vins de moins de 20 $, il y a souvent une différence de 2 $ entre ceux vendus à la SAQ et les mêmes vins vendus à la LCBO.  La SAQ se donne trois ans pour atteindre la parité avec l'Ontario.

Après avoir nié une différence de prix; puis avoir dit que les prix étaient plus élevés au Québec parce que les Québécois avaient accepté de payer plus pour donner plus d'argent au gouvernement; puis avoir dit que les prix montaient à cause de l'euro; puis avoir dit que les consommateurs voulaient des vins de meilleure qualité – ce que la SAQ traduisait par des vins plus chers, la direction du monopole change de cap et décide de réduire certains prix.

Pourquoi la direction du monopole du vin agit-elle ainsi?

Après avoir réduit fortement et systématiquement son offre de vins à moins de 15 $ depuis 2009 – ce qui a entrainé une quasi-stagnation des ventes – puis après avoir réintroduit quelques vins dits à petits prix –   la SAQ annonce finalement une baisse de prix de 50 cents!

Une série de raisons peuvent expliquer ce retournement:

  1. Les pressions des consommateurs: la SAQ dit d'ailleurs que «c'est une demande exprimée par la clientèle.»
  2. Les articles de presse de certains médias.
  3. Les pressions des politiciens. La SAQ était d'ailleurs accusée de taxer plus les pauvres que les riches.
  4. Plusieurs consommateurs n'ont plus confiance et ont vraiment l'impression que la SAQ a exagéré les prix. Ces consommateurs se sentent exploités.
  5. Conséquence: les ventes en volume n'augmentent plus aussi vite depuis deux ans. Il y a même eu une baisse en 2014 - du jamais vue sauf lors de de deux grèves.
  6. La crainte des conséquences du jugement Leblanc.
  7. La peur de la privatisation
  8. La crainte de la libéralisation.

La SAQ a vu sa réputation descendre d'un cran à la suite du rapport de la Commission Robillard qui recommandait la libéralisation de la vente du vin et encore plus lors de la publication du dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec qui a mis en relief la mauvaise gestion des prix de la SAQ.

Est-ce la peur de la privatisation? Est-ce la crainte de la libéralisation demandée par plusieurs?

Est-ce le résultat du jugement Leblanc au Nouveau-Brunswick qui pourrait mener à la libre circulation des alcools d'une province à l'autre lorsque la Cour Suprême se prononcera sur cette affaire. En effet, le juge Ronald Leblanc de la Cour provincial du Nouveau-Brunswick a déclaré inconstitutionnelle la loi provinciale interdisant le libre commerce de l'alcool d'une province à l'autre.

C'est probablement un peu pour toutes ces raisons que la SAQ annonce cette semaine cette petite baisse de prix.

Mais comment va-t-elle faire?

Une baisse de 50 cents pour 1600 vins qui représente 80 % des ventes en volume de la SAQ, c'est 100 millions de bouteilles, donc 50 millions de dollars de moins dans les tiroirs-caisses du monopole.

La SAQ doit remettre 1 milliard 71 millions de dollars cette année au ministre des Finances. Elle pourrait récupérer une partie des achats des Quécécois effectuées en Ontario, achats évalués à 90 millions de dollars. (en 2014)

La direction de la SAQ s'apprête à commencer les négociations avec ses 5500 employés syndiqués pour renouveler la convention collective qui se termine en mars 2017. Va-t-elle essayer de récupérer une partie de ce 50 millions $ auprès de ses employés?

Va-t-elle finalement mieux négocier les prix avec ses fournisseurs? Espère-t-elle que cette annonce de baisse va entrainer une hausse des ventes en volume ce qui compenserait le manque à gagner?

Est-ce que le ministre des Finances va réduire ses exigences de rendement? Qu'arrivera-t-il de la taxe spécifique de 1,05$?

Le président de la SAQ dit avoir la marge nécessaire pour réduire les prix. Alain Brunet dit que «depuis les 10 dernières années, nous avons réduit nos coûts et augmenté notre efficacité, dans les succursales».

La majoration de la SAQ

Actuellement, la SAQ applique sa majoration en ajoutant un montant de 27 $ par caisse de vin qui arrive à Montréal. Puis elle ajoute des frais de service de 5 $ par caisse. Puis une majoration de 118 % soit 23,60$. (1)

Ainsi une caisse de 12 bouteilles de vin payé 3,33 $ la bouteille, soit 40 $ la caisse est majoré de 50 $. À cela s'ajoutent les frais de transport de 4 $ la caisse; les taxes d'accises de 6 $; les prélèvements pour Educ'Alcool de 0,12 $ et pour l'environnement de 0,24 $.

Ces mêmes chiffres s'appliquent aussi aux vins qui seront vendus plus de 20 $. Ainsi une caisse de vin payée 100 $ (8,33 $ la bouteille; détail 25 $) sera aussi majoré aussi des mêmes 50 $.

Nous constatons ainsi que les vins les moins chers sont fortement pénalisés par ce système de majoration.

Ce système désavantage les consommateurs qui achètent les vins à moins de 20 $.

Au final, avec les taxes qui s'ajoutent à ces montants, le prix consommateur revient à 3 fois le prix producteur pour les vins de 10-15 $ et deux fois pour les vins de plus de 50$. C'est-à-dire qu'un vin que le vigneron nous vend 5 $ sera 15 $; alors que celui de 50 $ sera 100 $.

Le monopole ontarien de la LCBO utilise une majoration fort différente. C'est une majoration uniforme en pourcentage qui s'applique à toutes les caisses, quel que soit le prix de base. C'est actuellement de 71 %. Donc, mis à part les frais de transport et la taxe d'accise, les vins à petit prix vendu à la LCBO ne sont pas pénalisés comme c'est le cas au Québec.

La SAQ s'est fait demander par des députés en commission parlementaire le printemps dernier de corriger cette situation défavorable aux consommateurs moins fortunés. Le président de la SAQ, Alain Brunet, a alors promis de corriger cela pourvu que ce soit à coût nul.

C'est probablement ce qu'il tente de faire actuellement.

Alors que signifie tout cela ?
Une toute simple opération de relation publique?

Plus que cela: une opération visant à plaire au gouvernement qui lui a demandé de se bouger le cul et de modifier ses façons de faire.

Le gouvernement veut d'ailleurs modifier le modèle d'affaires de la SAQ comme l'a répété à plusieurs reprises le ministre Leitão et la direction de la société d'État veut ainsi se montrer proactive.

Finalement, mentionnons qu'étrangement cette baisse la SAQ ne l'appliquera pas aux vins qu'elle vend aux épiciers et dépanneurs, ni aux restaurateurs! (700 millions $)

Donc en résumé, ce 50 cents c'est :

  1. Opération de relation publique
  2. Action pour plaire au gouvernement
  3. Opération marketing
  4. Vise à contrer la libéralisation
  5. Réaction au jugement Leblanc sur la liberté de commerce entre provinces.

(1) Ces prix datent de 2006. Ils peuvent avoir été augmentés, mais le modèle est toujours le même aujourd'hui.
__________
Références


Dans la série Comprendre la SAQ

Plus de vins mousseux en importation privée

Il y a 500 vins mousseux à la SAQ, est-ce suffisant?
C'est près de 300 champagnes et un peu plus de 200 mousseux hors Champagne.

Ce sont surtout des vins de gros fabricants. La SAQ est peu intéressée par les petits producteurs.

C'est une offre que cherchent alors à compléter les agences de vin en importation privée. Elles essaient de dénicher des produits de petits producteurs qualitatifs. Ce qui permet entre autres aux restaurateurs d'offrir des bulles originales (hors SAQ) à leurs clients.

Elles sont maintenant 345 de ces agences, souvent petites, qui ont un permis d'importation privée de la SAQ. Plusieurs d'entre elles sont au sein du Raspipav, un regroupement d'agences.

D'ailleurs ce regroupement a organisé une dégustation de vin mousseux en importation privée. C'étaient 31 vins pour cet évènement appellé Jugement de Montréal qui en est à sa sixième édition. Un jury d'expert composé entre autres des réputés sommelières et sommeliers Véronique Rivest, Élyse Lambert, Pascal Patron et Guénaël Rével et de quelques chroniqueurs vin.

Voici la liste des gagnants
Top 3 des mousseux à moins de 25 $

  1. Cava 1312, Maison Mestres, 22,96 $  agence Symbiose
  2. Cava Reserva Economy Brut, Maison Valldolina, 23,88 $  agence Bacchus 76
  3. Cava Gran Reserva 2011, Maison Sumarrocca, 20,75 $   agence Rézin

Top 3 des mousseux entre 25 $ et 50 $

  1. Champagne Charles Collin Brut, 45 $ agence Benedictus
  2. Blanc de Blanc Brut Cave Spring Niagara, 34 $  agence Oeno
  3. Champagne Brut Charles de Vercy, H.  Blin, 45 $  agence Cellier des Cigales

Il est à noter la présence remarquée d'un mousseux canadien dans ce lot : de la maison Cave Spring, un mousseux bien sucré. Disponible à 29,95 $ à la LCBO.
 

Je tiens aussi à signaler quelques autres vins mousseux que j'ai beaucoup appréciés lors de ce Jugement de Montréal :

  1. Spumente Di Sipio, 40,85 $ agence Olea
  2. Blanquette de Limoux, Ch. Rives Blanques 30 $ agence Benedictus
  3. et hors concours un délicieux pétillant naturel Les Bulles du facteur, Fabien Brutout 38,71 $ agence Boires.

Vous pourrez gouter ces beaux vins mousseux et peut-être vous les procurer lors du Salon des vins d'importation privée à Montréal (29, 30,31 octobre) et à Québec (1er novembre).

Mais qu'est-ce que l'importation privée?

L'importation privée

Qu'est-ce que l'importation privée de vin au Québec?
(On devrait plutôt le nommer Commandes privées.)*

Il y a 345 personnes qui ont un permis de la Société des alcools du Québec (SAQ) pour faire de l'importation au Québec.
Chacune de ses personnes forme une agence seule ou avec des associés ou des employés. Il y a de petites, de très petites et de grosses agences. Certaines n'importent même que pour un seul restaurant.

Il y a environ 16 000 produits à l'année en importation privée. Actuellement, il y en a environ 3000 disponibles (100 000 caisses à l'entrepôt de la SAQ.) Ceci comparé à 11 500 produits à l'année à la SAQ et environ 9000 vins actuellement.

L'importation privée est constituée surtout de vins de petits producteurs, importés en petites quantités.

C'est la SAQ qui importe, pas le privé!
Elle est bien mal nommée, car l'importation n'est pas privée du tout. Elle est même illégale. «Au Québec, la loi indique que seule la Société des alcools du Québec (SAQ) est autorisée à importer des boissons alcooliques», comme l'explique en toutes lettres la SAQ dans son site. C'est en fait la SAQ qui importe. Ce qui est étrange, c'est que c'est le monopole lui-même qui a donné ce nom «importation privée» à ce secteur.
Ce qui est privé c'est le choix du vin qui est fait par un «privé» — un individu — et non par un employé de l'État. Cette personne choisit le vin à importer. C'est la SAQ qui l'importe, qui paie le producteur, qui va chercher le vin, le fait transporter et le fait livrer à son entrepôt et l'y conserve.

Le «privé» n'a pas le droit d'avoir des caisses de «son» produit dans sa place d'affaires. Tout doit passer par la SAQ qui se charge aussi de livrer le produit au client.

La SAQ prend sa marge habituelle, les taxes habituelles en plus d'une marge supplémentaire (environ 2 $ la bouteille). Par contre, c'est le «privé» qui doit se charger de faire écouler le vin. La SAQ se réserve le droit d'imposer des frais d'entreposage si le vin ne s'écoule pas assez vite. Elle peut même exiger le paiement total de la commande si le vin reste trop longtemps dans l'entrepôt. Par contre, si le vin devient très populaire, la SAQ peut le prendre pour le vendre dans ses propres succursales!

Le «privé» doit payer d'avance presque la totalité de ses premières commandes. Par après, la SAQ le finance jusqu'à un certain niveau.

Avantages et inconvénients

Le consommateur, le restaurateur — car ce sont surtout des restaurateurs qui achètent ces vins — peuvent ainsi obtenir des vins originaux, des vins de petits producteurs, des vins exclusifs. Il y a en importation privée un plus grand choix de vin bio et de vin nature. Un particulier ou un groupe d'amateurs peuvent aussi faire de «l'importation privée» (sic) en passant par le monopole public. Mais là il faut s'armer de patience et d'argent. (Voir Particuliers dans le site saq.com) C'est un avantage aussi pour la société d'État qui collecte plus d'argent sans avoir à s'occuper de la mise en marché de ces vins.

Par contre, le prix est plus élevé parce que la SAQ se prend une marge supplémentaire et que la commission de l'agent peut être de 10 à 60 %. La SAQ se prend aussi un frais de service de base; le même pour une caisse de 6 et de 12 bouteilles. Donc les vins en caisse de 6 sont majorés plus fortement. De plus, c'est du vin en petites quantités, le renouvellement de la commande est souvent lent. Il y a aussi, selon les agences, double facturation. Soit une facture pour la SAQ pour payer le prix du vin, les taxes et sa majoration et une deuxième facture pour payer la commission de l'agent. Le gros désavantage pour le consommateur c'est qu'il faut acheter à la caisse. Finalement, ce sont des produits difficiles à retracer puisqu'il n'y a pas encore de centrale de commande ou d'information sur ces produits dispersés auprès de 345 agences.

Il faut que les vins soient vendus rapidement, car la SAQ impose des frais d'entreposage. C'est 1 $ par caisse au 5e mois; 2 $ au bout au 6e mois. La SAQ saisit les caisses qui sont encore dans son entrepôt au 7e mois.

La SAQ peut décider, devant le succès de certains vins, de le renouveler elle-même et de le vendre dans ses succursales. Un vin de 25 $ en importation privée peut ainsi se retrouver à 18 $ en succursales. C'est dire la majoration que ces vins subissent.

C'est toutefois, un marché en croissance. Plus de 540 000 caisses ont ainsi été écoulées l'an dernier. C'est maintenant plus de 100 millions de dollars. Des agences privées, les plus grosses, essaient maintenant de rejoindre les consommateurs en plus des restaurateurs. Il y a aussi un projet — en discussion depuis plus de 4 ans — afin d'afficher ces produits dans un site internet, celui du monopole! On nous le promet pour dans 2 ans.

Donc, un marché à suivre qui peut évoluer, surtout si on finit par permettre au consommateur d'acheter à l'unité et non plus à la caisse et si on informe plus le public de la qualité et de la disponibilité de ces vins.

* Il serait plus correct de nommer ce secteur Commandes privées, plutôt qu'Importation privée, car c'est en réalité le monopole d'État qui importe. (Voir ici.)

____________
Voir aussi Importation privée et chère, novembre 2016
Au sujet de l'agent voir Le rôle de l'agent promotionnel dans un contexte de marché monopolistique, Réal Wolfe, 2013, PDF 39 pages.
Et Services aux particuliers, règles d'importation des commandes pricée SAQ.

Voir des vins d'importation privée commentés dans vinquebec.com : vinquebec.com/ip

Texte modifié le 25 novembre 2016  

Le dolceto peut donc être un vin de garde

Une verticale de Bricco del Drago
On dit généralement du dolcetto qu’il donne des vins légers, fruités, pas très acides et moyennement tanniques, ce qui leur confère un potentiel de vieillissement plutôt limité (3 à 5 ans); mais est-ce toujours le cas?

Ce n’est certainement pas ce que la maison piémontaise Poderi Colla tente de faire, avec son vin d’appellation Langhe, Bricco del Drago. Lors d’une récente dégustation en compagnie de M. Tino Colla, nous avons pu le vérifier en dégustant huit millésimes de ce vin, allant du 2009 au 1970.

Ce vin est produit depuis 1969. Il portait alors la mention denominazione di origine semplice qui a été abandonnée autour de 1980 pour être remplacée par vino da tavola. Depuis 1994, il a droit à la DOC Langhe

Bricco del Drago est un vin composé principalement de dolcetto (85 %) et complété de nebbiolo, vinifiés séparément. Après assemblage,  le vin est élevé en foudres de chêne de Slavonie pendant une à deux années, selon le millésime.

Les millésimes dégustés sont les 2009 (29,90 $ SAQ 927590), 2006, 2005, 2003, 1999, 1996, 1987 et 1970.

Le vin est rubis foncé avec des reflets pourpres et sa robe évolue très lentement; ce n’est qu’à partir du millésime 1996 qu’on pouvait noter un peu d’évolution. Évidemment, le 1970 était plus pâle et plus tuilé.

Le nez est toujours très expressif, avec des arômes de fruits noirs (mûre, cerise) que l’on retrouve même dans les plus vieux millésimes, des notes épicées, parfois fumées; avec le temps, du cuir, du céleri. Somme toute, une belle complexité à laquelle s’ajoute une agréable pointe d’oxydation après une vingtaine d’années. Bien que l’assemblage soit toujours le même (85 % dolcetto et 15 % nebbiolo), le caractère aromatique du nebbiolo ressortait plus dans le millésime 2005. Autre particularité, le 1999 rappelait le style d'un bordeaux mature.

C’est un vin assez corsé, plus ou moins acide ou tannique selon le millésime, mais toujours solide, avec une belle rondeur. Le 1996 était encore astringent, mais les plus vieux millésimes avaient une texture soyeuse, plus délicate. Malgré les variations dues aux différents millésimes, le vin conserve un bel équilibre et une persistance très agréable. Seul bémol : une note chauffée dans le 2003, due sans doute aux conditions climatiques exceptionnelles de cet été-là.

On peut donc en conclure que le dolcetto n’est pas condamné à être un petit vin à boire jeune et frais, mais que, vinifié de façon appropriée, il peut constituer un vin de garde et acquérir une belle complexité avec l’âge.
 

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