Livres

Le Grand Guide des vins de France 2011

«Il n'est plus question d'attendre de longues années...

Plus le millésime est mûr, plus on peut boire les vins jeunes, même s'ils sont très puissants et concentrés, mais dans les millésimes moins favorables, il faut attendre un peu plus, ce qui est contraire à ce que font de très nombreux amateurs. Ils pensent en effet à tort qu'il faut faire vieillir plus longtemps les millésimes réputés. Beaucoup de critiques bornées ne les aident pas et continuent à concevoir la hiérarchie des millésimes comme autrefois (...) Cela ne correspond plus à la réalité. (...) Aujourd'hui, le contrôle des volumes de production, de l'état sanitaire des raisins, et plus que tout le tri méticuleux du raisin change complètement notre vision des millésimes. (...) Les différences entre les années ne concernent plus que le caractère des vins, plus ou moins corsé ou délicat. On choisira donc l'année pour son style et selon son propre goût...»

C'est ainsi que commence Le Grand guide des vins de France 2011 de messieurs Bettane et Desseauve.

Un guide allégé, plus moderne et moins cher (- 5 €, - 20 $), mais qui contient tout de même une masse impressionnante de vins et de producteurs bien classés (6700 vins commentés de 2300 domaines de France) sur 1000 pages.

De plus, l'achat du guide donne droit de consulter le site internet qui contient des notes sur plus de 30 000 vins.

Pour chaque région, les auteurs ont établi des palmarès : meilleurs chardonays, meilleurs rouges, meilleurs vins à moins de 10 euros, meilleurs vins à boire tout de suite, meilleurs blancs effervescents, meilleurs blancs demi-secs...

Un palmarès aussi des meilleurs vins de producteurs bio. (17 producteurs, seulement 7 de ces producteurs sont présents à la SAQ.)

Les producteurs sont notés de 1 à 5 BD, les vins sur 20.

La France, une référence, car «les Français ont simplement la chance d'avoir une plus grande diversité de sols et de climats qui a donné naissance à une plus large palette de saveurs et de couleurs.»

Un travail colossal fait par Michel Bettane et Thierry Desseauve aidés de huit collaborateurs. Ils ne sont pas amateurs de vins bling-bling, de vins spectaculaires, de vins jugés rapidement en petits quantités sur leur impact immédiat.

Ils disent refuser les excès, la performance et préfèrent les vins équilibrés qui ne contiennent «rien de trop». Les exigences fondamentales pour qu'un vin figure dans ce guide : «le respect de l'origine, la recherche de l'équilibre et la buvabilité.»

Le guide sortira au Québec le 1er octobre à 20 $ de moins que l'an dernier.

Le Grand Guide des vins de France 2011
Bettane et Desseauve
Éditions de La Martinière
1024 pages
145 mm (largeur) x 225 mm (hauteur)
EAN13 : 9782732442822
24,90 €
39,90 $

Guide pratique de marketing et promotion du vin sur Internet

Le livre est destiné surtout aux producteurs de vins. Il présente simplement les manières de promouvoir son vin sur Internet.

Il s’adresse donc aux vignerons, aux caves coopératives, aux interprofessions, aux étudiants et aux professionnels du vin.

Le petit guide pose et répond à plusieurs questions. Pourquoi faut-il avoir un site web? Comment choisir son nom de domaine? La construction du site, son budget, se trouver un prestataire...

Même le choix du code couleur y est abordé. Saviez-vous que le rouge, signe d’aristocratie en France, le danger aux États-Unis, mais la joie en Chine; que le vert représente la sécurité aux États-Unis, la criminalité en France et la jeunesse au Japon; le jaune c’est la lâcheté aux États-Unis, la joie en France, la noblesse au Japon...

Doit-on utiliser la technologie Flash? Avoir une version anglaise de son site? Comment se faire référencer? Pourquoi avoir un blogue? À quelle fréquence y faire des mises à jour? Trois fois par semaine, nous dit l’auteure Évelyne Resnick.

Le formulaire de contact, le courriel, y répondre? Dans les 24 heures. «Tout délai supérieur à 24 heures trahit un manque de professionnalisme et de respect de l’interlocuteur.»

L'important, c'est que l'on parle de vous

L’auteure y explique le fonctionnement des moteurs de recherche, des portails sur le vin et même des forums... «Même une remarque négative peut être retournée à l’avantage du vigneron.» «L’important, c’est que l’on parle de vous.»

Il faut que votre domaine, votre cave, vos vins soient référencés sur Google. Cherchez votre vin dans Google. Il faut qu’il apparaisse dans la première page des résultats. J'ajouterais ici de cherchee dans les Googles : Google.ca (afin de voir si on parle de votre vin dans les sites canadiens;  Google.fr; Google.com...

Des outils réseau

«Tous ces outils font maintenant partie de la panoplie du parfait petit vigneron en ligne. Le professionnel du vin a un site Web, une page Facebook, un compte Twitter, est membre de Linkedln et d’OWC, écrit sur son blog et commente sur ceux des autres sans oublier sa participation à divers forums.»

Vous voulez savoir quand on parle de vous ou de vos vins sur Internet, utilisez les Alertes Google. Très efficace. En marketing, l’important est que l’on parle de votre produit.

Donc, un petit guide bien simple qui vous en fera connaître un peu plus sur ce monde du web et qui aidera à mieux faire connaître votre vin.

L’auteure, Évelyne Resnick, anime le blogue Tendances vin Branding, Innovation, Web Marketing, International, www.tendancevin.com

Guide pratique de marketing et promotion du vin sur Internet
Évelyne Resnick
Dunod
2010
140 x 220 mm
180 pages
ISBN 9782100540365
25 euros
www.dunod.com

La Bataille du vin et de l'amour — Comment j'ai sauvé le monde de la parkerisation

Comment Alice a sauvé le monde de la parkerisation?
En fait, on devrait plutôt lire comment Alice sauvera le monde de la parkerisation.

Un livre étonnant et passionnant écrit par une Newyorkaise amoureuse du vin. «Le vin est pour moi un objet sentimental», écrit-elle.

Qu'est-ce-que la parkerisation du vin? C'est la tendance des producteurs à faire des vins qui plaisont au gourou américain Robert Parker. Des vins opulents, riches, épais, tanniques et bien boisés. Des vins bling-bling.

Des vignerons utilisent toute sorte de techniques pour produire les vins qui obtiendront des notes de 90 et plus au Wine Advocate et au Wine Spectator.

Vin et République 1907-2007

Comme son titre le laisse entendre, cet ouvrage explore les rapports complexes entre le vin (compris dans son sens large) et la/e politique, notamment sous le régime républicain français.

La route des vins, Brome-Missisquoi

C'est de temps des vacances!
C'est le temps de parcourir les routes du Québec, et pourquoi pas l'une des routes des vins du Québec.

Janine Saine, nous propose la route des vins de Brome-Missisquoi, dans les Cantons de l'Est.

Allez à la rencontre de 17 vignerons et vigneronnes qui veulent partager leur passion du vin.

Le guide de format pratique (10 X 23 cm) décrit chacun des 17 vignobles de la région, nous parles de ces propriétaires, de leurs méthodes de culture et de vinification, ainsi que de leurs vins.

Toutefois «les notes de dégustation publiées dans le guide sont inspirées par les descriptions des vins fournis par chacun des domaines et ne font l'objet d'aucune critique», nous dit l'auteure en avant-propos.

Quoi qu'il en soit, on en apprend beaucoup à la lecture de ce guide oenotouristique.

Ces 17 vignerons (il y en aurait maintenant 100 au Québec) produiraient environ 60 % du vin québécois.

Partez donc à la découverte des cépages frontenac, saint-pépin, seyval, vidal, de chaunac, marquette et tant d'autres.

«La viticulture au Québec est encore au stade de la recherche et du développement.»

Apprenez pourquoi on laisse pousser l'herbe entre les vignes. Qui fait du vin de paille? Pourquoi on utilise des copeaux?  Différentes méthodes de faire du vin de glace. «Alfonso est convaincu qu'on peut faire du bon vin rouge au Québec.» «Produire un vin rouge n'est pas facile (...) La qualité des raisins compte pour 69 % du résultat et le talent de l'oenologue, pour 40 %.» Qui fut le premier vignoble québécois? «Il a vu le jour en 1980.»

Qui cultive du gewurztraminer et fait des expériences avec du savagnin? «Grâce à la présence des chevaux, des poules et d'une outarde...» Qui est bio? Qui utilise la plus grosse machine à vendanger? Comment se protégez du gel : buttage, toile géotextile, foin, éolienne...

«Chaque plant est traité manuellement. Ils sont heureux,» dit un vigneron. Quel est le vignoble le plus méridional du Québec?

«Les pluies d'automne nuisent plus au vignoble que le froid hivernal.»

Il n'y a pas que du vin dans ce guide touristique : Où élève-t-on du boeuf Salers? Les restaurants apportez-votre-vin, des fromages, des produits locaux, de l'hébergement, une carte bien pratique.

Donc, quelques bonnes fins de semaine de plaisir dans le décor bucolique de Brome-Missisquoi!

La Route des vins parcourue par Janine Saine
Région Brome-Missisquoi
Les Éditions La Presse
10cm x 23cm
160 pages
ISBN : 978-2-923681-31-3

29,95 $

LE GUIDE PATRON des vins bio

«Les vins bio sont à la fois plus authentiques et meilleurs que leurs cousins conventionnels.»

C'est bien lancé par Pascal Patron, diplômé de la faculté d'oenologie de Bordeaux et enseignant à Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.

C'est le deuxième guide des vins bio publié par M. Patron. Le premier intitulé tout simplement Guide des vins bio en 2007 a connu un franc succès.

Ce deuxième bouquin est un peu plus ambitieux. Pascal Patron en a fait des kilomètres pour déguster 1000 vins. Il en a gardé 708 pour ce guide.

«Le vin bio, s'il a été un moment un phénomène de mode, est devenu aujourd'hui une réalité avec laquelle il faut désormais composer.»

«D'un point de vue gustatif, en général les vins bio apportent un plus parce qu'ils ont su garder leurs levures indigènes et toute la typicité du terroir et du millésime.»

«Non seulement le vin bio est plus gustatif, mais il est meilleur pour la santé.»

«Ces vignerons, respectueux de leur environnement, essaient de retrouver le savoir-faire d'autrefois.»

Une mise en garde : «certains vins bio non filtrés peuvent présenter une légère turbidité qui sera préférable à un vin trop brillant ayant perdu son équilibre et ses arômes.»

Le bio c'est seulement 1,6 % du vignoble mondial, mais en forte progression ces dernières années. Une hausse de 50 % en deux ans en France, selon l'auteur. Après les marginaux, «aujourd'hui, c'est l'élite qui se tourne vers ce mode de culture.»

Même le bordelais, très chimique et très tractoriste, là «où le vin existait avant la vigne», se met au bio avec 311 producteurs, dont 11 mentionnés dans ce guide.

Le Rhône (32 producteurs), Languedoc (22) et la Loire avec 20 producteurs bio ont la belle part du guide. (Un seul de Cahors!)

Il y a plus de vins bio que le laisse supposé le site de la SAQ qui n'en énumère que 128.

Quelques noms : Alphonse Mellot, Roches Neuves, l'Écu, Huards, Beaucastel, La Nerthe, Tour de l'Évêque, De la Procure, Ilarria, Bott-Geyl, Deiss, Ostertag, Le Puy, De la Pinte, Tissot, Perrin, Cazes, Pervenches (Québec), Ijalba, Torres, Parès Balta, Punset, Castorani, Alois Lageder et Bonterra.

Les vins sont classés par région, puis par producteurs (au nombre de 183), puis par vins. Surtout des vins de France. On n'y mentionne que 38 producteurs hors France.

Chaque région a droit à une brève description de deux pages; chaque domaine, une demi-page; puis chaque vin est commenté de quelques phrases et noté sur 20. Les descriptions des régions et domaines sont bien faites et bien condensées. M. Patron a un esprit de synthèse bien développé.

Le vocabulaire employé pour commenter les vins est précis, évocateur et limpide.
Un guide de grande qualité, le résultat d'un travail intense et qui tombe à point.

LE GUIDE PATRON des vins bio

Pascal Patron
Montréal
Amérik Média
2010, 448 p.
29,95 $
ISBN : 978-2-923543-17-8
www.amerik-media.com

Boire mieux pour vivre vieux

Exit le resvératrol, voici les procyanidines.

On a longtemps dit que le resvératrol contenu dans le vin était l'élément qui expliquait le paradoxe français.

Le professeur Roger Corder dit que c'était une erreur. Il ajoute d'ailleurs, comme de nombreuses études l'ont démontré, qu'il faudrait boire énormément de vin, soit cinq litres par jour, pour absorber la quantité nécessaire de resvératrol.

L'élément essentiel du vin et qui permet de protéger de l'arthérosclérose et de vivre plus longtemps est, selon le Pr Corder, un autre polyphénol : le procyanidine.

«Nos recherches ont conclu que les procyanidines alimentaires jouaient un rôle-clé dans la modification du fonctionnement vasculaire. Nous avons également découvert que les vins produits dans les régions où la population vivait plus longtemps que la moyenne contenaient des taux de procyanidines beaucoup plus élevées que les vins traditionnels d'autres régions.»

Ces régions étudiées par le Pr Corder sont la Sardaigne (province de Nuoro), la Crète et le Gers. C'est dans cette dernière région, où on produit le Madiran, qu'il y a deux fois plus d'hommes de 90 ans et plus que la moyenne française.

«Les procyanidines sont les polyphénols les plus abondants dans les vins rouges jeunes», selon Roger Cordier, professeur de médecine expérimentale à Queen Mary’s School of Medicine de Londres.

On en trouve aussi dans les pommes, le cacao, les grenades, les noix, les fruits à coques.

Selon le docteur Corder, les populations étudiées qui vivent longtemps consomment de 300 à 500 mg de procyanidines par jour. Certains vins en contiennent tellement, qu'il suffit de deux verres pour avoir sa dose quotidienne.

Cépages tanniques

Dans le raisin, ils proviennent des pépins. On en trouve surtout dans les vins rouges jeunes, tanniques, provenant de vieilles vignes, en altitude, aux petits rendements, aux petites baies et à macération longue. Certains cépages en contiennent plus que d'autres. Les cépages tanniques justement : tannat, malbec, mondeuse, sagrantino et cabernet sauvignon.

Les vins à longue macération, au long contact jus et pépin en contiennent plus.

La filtration, le collage, la surmaturité et le vieillissement du vin réduisent la quantité de procyanidines. L'auteur dit craindre aussi que les procédés modernes de fabrication du vin réduisent les taux de procyanidines.

Le bon docteur a analysé une grande quantité de vin et en suggère certains qui contiennent le plus de procyanidines. Il donne même des notes de 1 à 5 coeurs selon que le vin renferme de 30 à 120 mg de procyanidines par verre de 125 ml. Des vins de Madiran, Saint-Mont, Fronton et Iroulegy ont la note maximale.

Les cahors, Clos Triguedina, Le Cèdre et Haut-Montplaisir ont 4 coeurs. Des nebbiolos et sagrantinos obtiennent le maximum.

L'auteur suggère qu'on indique sur les étiquettes ou dans la fiche technique la quantité de procyanidines contenus dans la bouteille.

Certains le font déjà, comme le Domaine Saint-Guilhem, qui indique 2443 mg/L de OPC pour sa Renaissance 2006.

L'auteur nous dit qu'il ne faut pas avoir peur des vins tanniques, ce sont les meilleurs pour santé et de toute manière, il faut les boire en mangeant. «Les vins tanniques sont généralement plus agréables à boire en mangeant. ce qui est la façon la plus saine de consommer le vin.»

«C'est un fait : dans l'ensemble, les personnes qui boivent du vin sont en meilleure santé que les abstinents, et elles vivent souvent plus longtemps.»

Jacques Cartier sauvé

À l'hiver de 1534-1535, l'équipage de Jacques Cartier a été presque décimé par le scorbut à Québec. Les marins ont été sauvés par des Amérindiens de la tribu des Micmacs qui leur ont fait boire une infusion d'aiguilles et d'écorce de pin qui contiennent une bonne concentration de procyanidines.

Donc, un livre captivant, agréable à lire surtout avec un bon verre de vin rouge jeune et bien tannique pour nous racler et curer les artères.

La procyanidine est appelé aussi oligo-proanthocyanidines (OPC).

Roger Corder avait publié le résumé de ses premières expériences sur le sujet dans la revue Nature en 2006 Red wine procyanidins and vascular health.

Vous pouvez lire aussi une transcription d'une entrevue avec le Pr Corder pour le magazine Nature.
 

Boire mieux pour vivre vieux
Pr Roger Corder
2009
Éditions Thierry Souccar
Traduction de The Wine Diet 2007
314 pages
20,90 €
34,95 $
ISBN    2916878424, 9782916878423

LA SCIENCE DU VIN

THE SCIENCE OF WINE
Le livre est en anglais. Cette section Livres est consacrée aux ouvrages en français sur le vin, mais dans ce cas-ci, il est impossible de passer ce livre sous silence.

C'est le livre le plus instructif que j'ai lu sur le vin depuis fort longtemps, depuis les livres d'Émile Peynaud.

C'est en anglais, mais on devrait le traduire.

The Science of wine, un livre scientifique écrit pour des non scientifiques par un homme de science.

Jamie Goode, un britannique, est docteur en biologie et grand amateur de vin. Il a laissé l'écriture sur les sciences pour se consacrer à l'écriture sur le vin. Vous le connaissez peut-être pour son site Internet Wine Anorak.

C'est un bouquin qui devrait intéresser tous les grands amateurs de vin, les passionnés. Ils sont nombreux, particulièrement au Québec.

Une lecture obligatoire pour tous ceux qui veulent communiquer sur le vin, les chroniqueurs, les journalistes, les conseillers en vin, les profs de dégustations, les gérants de forum, les sommeliers.

«The wine world is still burdened by too much received wisdom, folklore, and pratice, base on tradition and anecdotal observation.»

On ne lit pas ce livre d'une traite. Ça m'a pris plusieurs semaines. On lit les chapitres qui nous intéressent, dans l'ordre qu'il nous plait. J'ai commencé par celui sur les brettanomyces.

Vous voulez en savoir plus sur les sulfites, l'osmose inversée, la lutte raisonnée, les supposées allergies au vin, la biodynamie, l'utilité de la barrique, les odeurs de réduction, la microoxygénation, les levures, la chimie des flaveurs, la perception des saveurs, les types de bouchon, le goût de bouchon, les TCA, les TBA, les OGM, etc.

Une affaire de goût

«Les critiques de vin en disent autant sur eux que sur le vin, et il est difficile de séparer les deux.» «Le quart de la population ne perçoit pas l'amertume.» «Ce qu'on appelle le goût, la flaveur (saveurs), c'est un mélange de trois éléments : goût — odeur — texture.»

C'est bien expliqués, bien documenté. Lorsqu'il y a des études, des résultats de recherches contradictoires, l'auteur fait mention des différentes versions.

Le livre date déjà de 2005, mais il est tout de même plus à jour que celui d'Émile Peynaud et de Jacques Blouin Le goût du vin écrit en 1980 (réédités plusieurs fois) et qui est encore la bible de plusieurs amateurs de vin.

Jamie Goode termine son livre en disant qu'il y a un besoin pressant de faire plus de recherches de qualité sur les sujets abordés.

Il est en effet étonnant de constater que dans cette industrie du vin — une industrie de plusieurs milliards de dollars — qu'il reste tant de points d'ombre, d'inconnus, d'inexpliqués et même de non explorés.

«focusing on the scientific data rather than the strongly held opinions and anecdotes that currently form the bulk of ...»

Je remercie un prof du vin, Raymond Chalifoux, de m'avoir fait découvrir ce livre.

The Science of wine
From wine to glass
Jamie Goode
University of California Press
2005
216 pages
ISBN 0520248007 978-0-520-24800-7

Quelques pages de ce livre sur Google livres

Le vin français, un chef-d'oeuvre en péril

Un brûlot, un pamphlet, un livre polémique.

Sur la page couverture on voit une bouteille de vin avec l'étiquette «Château Mc World, Boisson alcoolisée artificielle issue de raisins toxiques. Mixed product of California, India and Australia»

Alexandre Rougé y va d'une charge à fond de train contre les vins chimiques, les vins industriels, les vins du Nouveau Monde. Les viticulteurs du Nouveau Monde «saturent leur vin de produits chimiques (levures y compris OGM, arômes artificiels, additifs et conservateurs divers et variés) qui ... présentent des risques inconsidérés en termes de santé publique.»

La viticulture conventionnelle que l'auteur nomme aussi «intensive» ou «chimique», a, selon lui, massacré les sols, épuisé la vigne, dénaturé les raisins. Elle produit un vin dangereux pour la santé «car il est plus ou moins, selon les régions, chargé en résidus toxiques, neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et/ou cancérigères.»

Les ennemis du bon vin ont pour complice la Commission européenne, l'INAO et le ministère de l'Agriculture de France qui veulent écouler «leur vinasse chimique et technologique».

«En copiant le modèle vitivinicole anglo-saxon, nous faisons passer le message que nous renonçons à notre modèle qualitatif, pointu et exigent.»

Levures et sulfites

«Dès lors que l'on fait pisser la vigne, il faut une pression phytosanitaire maximale - ou en cave - puisque, avec des raisins aussi minables, il faut balancer un maximum de levures pour faire démarrer la fermentation, un maximum de sulfite pour éradiquer les bactéries, ainsi que quelques levures aromatiques pour donner un goût de cerise ou de poire selon les envies suscitées par les campagnes marketing.»

On y apprend aussi que le vin américain dit bio n'est pas vraiment bio. «Dire la vérité sur ce que nous mangeons et buvons? Ce serait révolutionnaire».

«Le problème de la viticulture chimique c'est que les traitements systémiques, qui agissent directement dans la sève, perturbent la photosynthèse et entraînent donc la chute potentielle aromatique des vins. Et pour essayer de rendre du goût au vin, on utilise des levures artificielles.» Plus «des enzymes d'extraction aromatique.»

L'oenologue

«Certains oenologues eux-mêmes reconnaissent que si les raisins étaient sains, ils n'auraient pas de boulot... L'oenologie est apparue en réaction à la débilité du raisin issu de la viticulture conventionnelle.»

Comment faire un bon vin?

Les vins naturels, bio et biodynamiques sont l'avenir du vin selon M. Rougé. Il donne l'exemple d'un producteur près de Pommard qui a augmenté la hauteur de ses vignes pour que les gens puissent travailler debout «et discuter entre eux d'un rang à l'autre. Comme ça l'ambiance est meilleure et la vigne s'en ressent.»

Les propos de l'auteur font 136 pages des 240 du livre. Il est complété de plusieurs annexes dont un long texte de Patrick Beaudouin, ainsi que la traduction française complète de l'Étude vin Pan Europe, étude sur la présence de résidus de pesticides dans le vin. Une des annexes s'intitule «L'arroseur à rosé». Il s'agit de l'affaire du rosi qu'on a voulu appelé rosé.

Dans une de ces annexes, il énumère une partie des 300 produits chimiques qui sont autorisés en vinification. Dont le sel de cuivre, le sulfate de potasse, le sel de plomb, le ferrocyanure de potassium, le chlorure de baryum, le violet de méthyle...

Donc toute une attaque contre la viticulture chimique et un encouragement à boire plus sain, plus bio.


Le vin français, un chef-d'oeuvre en péril
Alexandre Rougé
Respublica Éditeur
ISBN : 978-2-35810-007-6
18,90 €  

Hébergements de charme chez les vignerons français

Deux dames Martine Leblanc et Florence Taïx-Bertrand sillonnent la France pendant huit mois à la recherche de beaux logements dans le vignoble. Elles ont visité 120 établissements et en ont choisi 70.

Elles nous présentent dans ce beau livre ces chambres d'hôtes chez les vignerons. Ce sont pour la plupart des chambres assez luxueuses. Les prix vont de 60 à plusieurs centaines d'euros. Il y a là aussi quelques gîtes.

Le guide couvre dix régions de France. Les gîtes les moins chers sont en Alsace.

C'est un peu plus qu'un guide d'hébergement, car chaque région a droit à une bonne description de son histoire, de son vignoble et des endroits à visiter.

La description de chaque domaine couvre deux pages et dans chaque cas, le sommelier Jacques Orhon décrit les vins de la maison.

Plusieurs domaines sont dirigés par des femmes. Il y a même un domaine bio, totalement bio, même les oreillers.

C'est un guide intéressant qui peut permettre de bien préparer son séjour en France afin d'y loger chez le vigneron et quelquefois même dans un petit château.

Consultez les 20 premières pages ici en format pdf.

Hébergements de charme chez les vignerons français
Martine Leblanc, Florence Bertrand et Jacques Orhon
ISBN 13 :  9782761927178
Mars 2010
248 pages
Format: 22.9 X 12.7 cm
29.95 $

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