Livres

Bacchus en Canada

Le sous titre du livre : Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France.

C'est l'histoire de la consommation du vin et des alcools en Nouvelle-France.
Un document touffu, bourré de références sur la consommation de boissons alcooliques par nos ancêtres.

Il semble bien qu'ils buvaient beaucoup de vin, peut-être même plus que nous aujourd'hui.

Catherine Ferland nous explique que «les Canadiens perpétuent bel et bien les préférences de leurs parents et grands-parents d'origine française en matière de boissons alcooliques.»

Le marché de l’excellence: Les grands crus à l’épreuve de la mondialisation

De prime abord, le titre de cet ouvrage pourrait en inciter plusieurs à l’ignorer, sous prétexte qu’il s’agit là d’un énième bouquin sur la mondialisation du vin.

Pourtant, ce serait là une décision regrettable, car l’auteure, chercheuse à l’Institut national de la recherche agronomique à Ivry-sur-Seine, emprunte une perspective originale et fort stimulante afin d’interpréter les métamorphoses récentes du marché mondial du vin.

En effet, adoptant une approche ethnographique fortifiée par une lecture sociologique des lois du marché, M.-F. Garcia-Parpet voit dans la redéfinition même du sens du vin — de ce qu’il est comme produit de qualité, bien sûr, mais surtout, désormais, comme marqueur identitaire — une explication aux reconfigurations du marché mondial de ce produit.

Révolution culturelle

L’auteure ne soutient certes pas que cette dynamique n’a que des causes culturelles, mais elle considère que toute explication sérieuse de la recomposition du champ vitivinicole français et mondial doit réserver une place de choix aux facteurs que sont les valeurs et les perceptions, à commencer de celles et de ceux qui apprécient le vin. Posé autrement, le marché mondial du vin traverse une «véritable révolution culturelle» (p. 13, italique dans l’original).

Les dix chapitres de l’ouvrage se répartissent entre trois sections. La première décrit et analyse la conception traditionnelle du vin de qualité en France, une vision institutionnalisée (ou peut-être figée) par le système des «appellations d’origine contrôlées» (AOC).

Basé sur la valorisation de l’origine, de la tradition et du terroir, ce système a généré un certain obscurantisme auquel les vins du Nouveau Monde font écho. En effet, et c’est la problématique qu’explore la deuxième partie de l’ouvrage, ceux-ci ont pu s’imposer grâce à «une recomposition sociale de la demande allant de pair avec de nouveaux styles de vie et un nombre croissant d’œnophiles appartenant à des milieux sociaux ayant d’autres références culturelles [que françaises]» (p. 245)

France déclassée

Si la France a été déclassée dans l’espace vitivinicole mondial, c’est en raison du fixisme de son système des AOC, certes, mais aussi parce que le Nouveau Monde a saisi le malaise découlant de ce carcan et a su y proposer des alternatives (dont les fameux «vins de cépages», Chardonnay et Pinot noir étant sans aucun doute plus significatif pour Madame-et-Monsieur-tout-le-monde que Bougros ou La Grande Rue…).

Le paradoxe du Languedoc

La troisième partie explore l’expérience à la fois paradoxale et spectaculaire du Languedoc-Rousillon, une sorte de Nouveau Monde au sein même de l’Hexagone.

Espace traditionnellement méprisé par l’INAO, le Languedoc-Rousillon offre l’exemple de producteurs qui ont compris la nouvelle donne vitivinicole en place à la fin du siècle dernier, ont relativisé la valeur des AOC et ont misé sur l’excellence (bien souvent par le créneau des vins de pays).

L’analyse de Marie-France Garcia-Parpet est convaincante, éloquente voire incisive. Qui plus est, elle est d’actualité, en cela que son approche ethnoculturelle et sociologique s’inscrit dans un engouement plus vaste que génèrent depuis quelques années les considérations identitaires pour l’analyse de phénomènes, désormais planétaires.

Le marché de l’excellence: Les grands crus à l’épreuve de la mondialisation
Marie-France Garcia-Parpet
2009, Paris, Seuil, 271 pages
39,96 $, 20 €

Collaboration spéciale
Manon Tremblay
Professeure titulaire
École d'études politiques
Université d'Ottawa


Les 100 mots du vin

Un petit livre de la collection Que sais-je tout simplement appelé Les 100 mots du vin. L'auteur est Gérard Margeon, chef sommelier des restaurants d'Alain Ducasse.

On est très loin de la collection Que sais-je que j'ai fréquenté dans ma jeunesse. Des livres précis que je trouvais rigoureux et même austères.

C'est ici un livre ou l'auteur nous donne ses opinions sur le vin par l'entremise d'une centaine de mots ou d'expressions en 127 pages. Il veut «accompagner le lecteur pour qu'il devienne un amateur plus averti encore...»

Phaneuf 2010

Une 29e édition pour le Guide du vin de Michel Phaneuf.
Le guide est fait en collaboration avec Nadia Fournier.
Plus de 2000 vins classés par régions et par producteurs.
La plupart des vins sont notés 3 ou 4 étoiles. «Ce ne sont pas des scores mais plutôt une simple indication de qualité.»
Il y a peu de 2 étoiles, de rares une étoile (pour des vins du Québec et d'Australie).

Chaque vin est jugé dans sa catégorie. Malgré cela, il y a aussi très peu de 5 étoiles (une quinzaine) qui sont surtout concentrées dans les vins sucrés, les champagnes.

On comprend vite qu'on a qu'à se concentrer sur les vins qui obtiennent 4 étoiles.

Cidres du Québec

C'est la saison des guides, des guides de vin, mais il ne faudrait pas oublier de mentionner ce très beau guide des cidres du Québec.

Les auteurs Guillaume Leroux et Alexis Perron producteurs du vignoble et de la cidrerie Val Caudalies se sont fait aider par les sommeliers Guy Bourbonnière et Cory Ciona pour évaluer 100 cidres de la province.

Ils ont divisé le lot par type de produits : cidre effervescent, tranquille, de glace, de glace effervescent, aromatisé, apéritif et spiritueux de pomme.

Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $

Le guide Aubry des 100 meilleurs vins à moins de 25 $ en est à sa sixième édition.

Le livre est encore plus riche que celui de l'an dernier tout en étant au même prix.

«C'est encore en France que s'élaborent à mon avis les meilleurs vins de la planète! —, suivi par l'Italie, l'Espagne et l'Argentine», écrit Jean Aubry dans la présentation des meilleurs rouges à bon prix.

Où sont les vins ?

Frédéric Laurin passe huit ans en Europe. En plus d'obtenir un doctorat en économie en Belgique, il y découvre la quantité étonnante de vins disponibles dans les magasins du plat pays.

De retour au Québec, il se dit déçu de voir que notre monopole d'État n'offre que 6200 vins, alors qu'il avait un choix de plus de 16 000 vins en Belgique. La SAQ contrôle «avec un zèle digne d'un régime soviétique, les vins qui seront admis sur le marché.»

Là-bas n'importe qui ou presque peut ouvrir une boutique de vin, les supermarchés vendent des vins de qualité, les Belges peuvent acheter du vin de France et d'ailleurs par Internet. Pourquoi pas ici? Pourtant, nos deux marchés, nos deux sociétés ont beaucoup de similitudes.

Le sous-titre de son livre est : «Le problème de la distribution du vin au Québec.»

Pourquoi des employés de l'État sont-ils les seuls à décider quels vins seront disponibles aux consommateurs québécois. «Je revendique le droit de pouvoir acheter le vin que je veux...», dit-il.

Le Grand Guide des vins de France 2010

Bettane et Desseauve

Il porte bien son nom, Le Grand Guide, grand en format et en contenu.
50 000 vins dégustés, 7100 vins sélectionnés de 1500 domaines.

Le livre est divisé par régions, puis par domaines et enfin par vins.
Les domaines sont classés sur une note de 5, leurs vins sur 20.

Au début de chaque région, les auteurs résument le vignoble en quelques mots. Puis ils donnent l'actualité des millésimes; les vins préférés des lecteurs (très différentes de celle des auteurs); puis une sélection des meilleurs vins par catégorie.

Donc, ici c'est classé par domaine.

Des exemples de commentaires pour les domaines :
«Depuis son rachat... un directeur plus bourguignon que nature et une ethnologue engagée et intègre, fait du travail superbe.»
«... a conservé la moustache généreuse languedocienne du paysan mais a fait progresser son domaine.»
«Toute la production est d'inspiration moderne, avec une inégalité sur les 2008.»
«... a courageusement développé des principes de culture respectueux de l'environnement bien rares à Bordeaux.»
«...peu encore faire mieux.»
«Nous ne retrouvons plus la grande qualité des vins que le domaine a produits pendant des décennies.»

 Des commentaires de vins :
«dans un style puissant, mais sans extraction inadaptée, ce vin très mûr, profondément réglissé, montre un art consommé de l'élevage. Les tanins sont fins et ne situent pas cette cuvée dans les forts en gueule. Ils s'inscrivent simplement dans la générosité. 15,5/20»
«Gros potentiel de garde pour cette cuvée au nez puissant, mûr et de bonne complexité, à la bouche charmeuse, solidement tannique et au boisé encore présent, qui devra s'harmoniser. 15/20»

Le but des auteurs : «informer en tant qu'expert le public et lui apprendre à mieux déguster lui-même... ensuite dialoguer de façon constructive avec le producteur pour l'amélioration de sa qualité.»

Un site Internet www.bettanedesseauve.com complète la sélection.

Si vous voulez avoir une idée du travail énorme qu'il faut faire pour préparer ce guide, lisez une description de la campagne de dégustation d'un des collaborateurs du guide,Thierry Meyer, en Alsace sur son site oenoalsace.com

Donc, un guide des vins de France bien fait, par un groupe restreint de 10 personnes. On y apprend beaucoup sur les domaines, les producteurs et leurs vinificateurs. Les descriptions sont claires et les suggestions précises. Un index complet permet de s'y retrouver facilement.

Les meilleurs médoc 2006 de Bettane et Desseauve : Mouton-Rothschild, Léoville-Las Cases, Lafite-Rothschild, Pontet-Canet, Margaux, Cos d'Estournel et Calon-Ségur.

L'Alsace et Bordeaux raflent les meilleures notes. Alsace : 18 notes 19,5 et 20/20; Bordeaux : 7; Rhône : 5; Bourgogne et Champagne  2. 

Le Grand Prix 2010 dans la catégorie «Le bonheur tout de suite» : Gewurztraminer 2007 de Hugel.

Le guide est sorti en France en août, il sera disponible au Québec dès le 21 septembre.

Le Grand Guide des vins de France 2010
Bettane et Desseauve
Minerva
988 pages
145x285 mm
59,90 $
29,90 €

Goûter le vin, le manuel de la dégustation

Un manuel dense, précis, j'irais même jusqu'à dire complet!

Benoit Guy Allaire, un ami, docteur en science politique, passionné de vin, amoureux de la langue française et professeur dans l'âme et dans le geste, publie ce livre touffu pour mieux nous faire apprécier le vin.

L'auteur enseigne les rudiments de la dégustation et anime un club de dégustation — l'Académie du vin de l'Outaouais — depuis de nombreuses années.

Ce manuel est le résultat de ses recherches, de sa pratique et de ses années d'expérience dans le domaine.

Le livre est dense (266 pages), grand format (8 1/2 x 11), reliure spirale, ce qui rend plus facile sa consultation.

Ce n'est pas une énumération d'appellations, ni un catalogue de grands vins, mais vraiment un manuel qui permettra aux débutants et aux amateurs avertis d'en connaître beaucoup plus sur le monde si vaste du vin.

«Cette analyse (du vin) a ses lois, ses règles, ses codes et un vocabulaire qui lui sont propres. L'objectif des quelques chapitres qui suivent est de les faire connaître à tous.»

D'où viens le vin, son histoire, comment il est fait, ou plutôt comment ils sont faits; la vigne, la viticulture (climat. sol, millésime, etc.); la vinification (vendanges, fermentation, élevage, assemblage, etc)... tout y passe, tout y est bien expliqué.

Comprendre les appellations, comment se font les portos, le xérès, les champagnes, les vins doux naturels, les types de tanins... «Le tanin fait le vin.»

Les équivalences dans les principales langues du vin : pétillant, frizzante; mousseux, spumante; doux, abboccato, abocado, sweet, lieblich...

Un vrai prof. ce Benoit Guy, l'emploi du mot précis, du mot juste est une pratique courante chez lui. Il corrige d'ailleurs régulièrement et poliment ses amis. Il a donc pris un grand soin de bien développer le chapitre vocabulaire intitulé «Les mots de la dégustation» qui contient plus 170 entrées, chacune étant bien décrite sur un ou plusieurs paragraphes.

Il n'emploie pas les mots Corps, Corsé, Charnus, Équilibre à tort et à travers. Il leur donne un sens bien précis utile à la description du vin, et il s'y tient.

Par exemple, il fait une distinction intéressante entre longueur, après-goût, arrière-goût et persistance aromatique intense.

La partie centrale du livre est consacrée à la dégustation proprement dite, ses principes, l'analyse, les techniques, la structure des vins et les critères de qualité.

 Le vin, boisson noble entre toutes, ne doit pas être bu, il faut le déguster. Le plaisir du vin nous vient de la grande complexité de ce liquide capable de réjouir tous les sens. (...) Déguster, c'est porter attention à cette grande richesse pour découvrir avec ses yeux, son nez et sa bouche tout ce qu'un vin a à offrir. S'il sait y faire, s'il possède la technique, chacun peut ainsi décupler le plaisir qu'il aura...

Le livre est accompagné de deux fiches de dégustation. «La première a été conçue pour guider celui qui s'initie à la dégustation et la deuxième pour celui qui, après avoir pris de l'expérience, a appris à mieux maîtriser les concepts de l'analyse organoleptique.»

Voici donc un outil bien fait destiné à nous faire mieux comprendre et aimer ce merveilleux liquide qu'est le vin.
Il sera particulièrement utile à ceux qui donnent et qui suivent des cours de dégustation.

 

Déguster, c'est faire appel à nos sens.»
Comprendre un vin augmente le plaisir qu'on a à le boire.

 

Goûter le vin, le manuel de la dégustation
Benoit Guy Allaire
266 pages
Format 8 1/2 x 11
Reliure spirale
32,99 $
 ISBN 978-2-9811326-0-4
Site Internet : pages.videotron.com/deguster

Vieillir en jeunesse, un petit verre de vin à la main

Ce n'est pas un livre sur le vin, mais il contient un bon chapitre sur le sujet.

Le docteur Jean Drouin, fondateur de la Clinique d'andropause de Québec nous dit que le vieillissement est dû à trois facteurs : le stress oxydatif, l'immunité et les hormones.

Il énumère ensuite six clés qui permettraient de contrôler les effets du vieillissement : l'alimentation, le mouvement, le stress, la génétique, l'environnement et la spiritualité.

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