Livres

La SAQ ne répond plus aux besoins des restaurants

De plus en plus de restaurateurs ne s'approvisionnent plus auprès de la Société des alcools du Québec.

Le phénomène est surtout visible dans les grands restaurants et bistrots de Montréal.

 
C'est la découverte surprenante que nous faisons à la lecture du livre Un sommelier à votre table.  
La sommelière Jessica Harnois y présente 50 sommeliers «incontournables» qui gèrent les cartes de vins de 50 «restos au cellier exceptionnel».
 
On y découvre que les cartes des vins de 43 de ces 50 restaurants sont composées très majoritairement de vins non achetés dans les magasins de la SAQ et non sélectionnés par les acheteurs de la SAQ! 
 
Seulement 6 des 50 sommeliers mentionnés dans le livre de Jessica Harnois s'approvisionnent surtout à la SAQ, 1 fait des achats moitié SAQ moitié importations privées; la plupart des autres ont une carte composée à plus de 80 % de vins hors SAQ et même plusieurs de ces restaurants ont une carte exclusivement de vins en importation privée.
 
Fini les achats à la SAQ
Pourquoi ces sommeliers n'achètent-ils plus ou presque plus à la SAQ qui a pourtant un répertoire de plus de 8000 vins? (L'offre en importation privée IP serait presque le double.)
 
Que cherchent ces sommeliers qui font les commandes de vins des plus réputés restaurants du Québec?
 
Bio, terroir, découverte...
Se distinguer, avoir une offre exclusive, plus de liberté dans les prix. Mais plus encore.
Voici ce qu'on lit dans le livre de Mme Harnois.
 
Marie-Josée Beaudoin et William Saulnier du restaurant Les 400 Coups (85 % en achat privé IP) «privilégient les petits producteurs qui travaillent dans le respect de la nature, que ce soit en agriculture raisonnée, biologique ou en biodynamie.» 
 
«Un penchant pour les vignobles qui expriment leur terroir», Jérôme Béloeil, Bu, 85 % IP.
«Satisfaire les nouvelles tendances», Simon Bergeron, Poivre Noir, 95 % IP.
«Recherche sans fin de nouveaux trésors», Isabelle Bordeleau, Maison Bolud, 80 % IP.
«Recherche de produits originaux, appellations nouvelles, vins digestes, sains, bio, biodynamie, qualité/prix.» Mario Brissoit, L'express, 85 % IP.
 
«Vins canadiens, vins respectueux de leur terroir». Jean-Michel Cartier, Auberge Saint-Gabriel, 87 % IP.
«Vins élégants, finesse, authentique, bio, biodynamie, nature». Nicolas Charron Boucher, Bouillon Bilk, 90 % IP.
 
«Découvertes à des prix raisonnables, vignerons artisans qui travaillent dans le respect de l'environnement». Èves Chateauvert, Le Continental Bistro, 80 % IP.
«Vins propres où rien n'a été ajouté», Hugo Duchesne, Laurie Raphaël. 95 % IP.
 
«De domaines familiaux, agriculture saine, pas utiliser de produits chimiques.»  Etheliya Hananova, Laurence. 95 % IP.
 
Friands de nouveautés, des vins de vignerons, petits rendements, de terroir, cépages indigènes, digestes, axés sur la fraicheur, moins puissants en alcool, respectueux du terroir, levures naturelles... Disent les autres.
 
Abandon de la SAQ
Les mots qui reviennent le plus dans les qualités recherchées pour être ajouté à leurs menus: bio, terroir, qualité/prix, sain, pas chimique, découverte, respect de l'environnement, artisans, nature...
 
Est-ce que la SAQ n'offre pas des vins qui répondent à ces critères souvent exprimés par la crème de la sommellerie québécoise?

Est-ce que les hauts fonctionnaires de la SAQ ont abandonné ce créneau des vins vendus dans la grande restauration? Vont-ils réagir, s'ouvrir à cette nouvelle réalité, répondre aux besoins de cette clientèle éclairée qui cherche de l'authentique, du vivant, du bio, du moins chimique, du neuf?
 
Ces vins demandés par les sommeliers devraient plaire à toute la population, pas seulement aux clients de ces restaurants. La population en général devrait elle aussi être en droit de s'approvisionner de ces vins que les sommeliers dénichent hors succursales. 
 
Le rapport annuel de la SAQ ne mentionne pas les importations privées! Ce serait plus de 5 millions de bouteilles. 
 
Il y a aussi un côté négatif à ce monde parallèle des importations privées comme le signalait le maître sommelier Jacques Orhon «Combien de vins de qualité que je connais, de producteurs floués aussi, resteront dans un marché marginal qui leur fera vendre quelques caisses de vins dont les amateurs n’entendront jamais parler?». (jacquesorhon.com)
 
Un sommelier à votre table est un livre qui devrait plaire à ceux qui fréquentent ou qui veulent fréquenter les bons restaurants. On apprend à y connaître ces femmes, ces hommes et ces restos qui contribuent à bien nous alimenter de produits viniques de qualité. Le livre est plutôt montréalocentriste par le choix des restos et sommeliers, mais n'est-ce pas dans la métropole que sont concentrés les meilleurs restos du Québec?
 
Le monde du vin vu par des sommeliers, un angle original. Du beau travail de la sommelière Jessica Harnois et d'Alexandre Marchand, Édition Québec Amérique, 247 pages, 19,95 $.
 
Si vous voulez avoir une idée de l'offre de vin en importation privé, allez faire un tour au Salon des vins d'importation privée, organisé par le Raspipav, au marché Bonsecours, à Montréal, du 1er au 3 novembre.

Le Lapeyrie 2015

«Mon boulot consiste à trouver de bonnes fioles à bon prix», dit Philippe Lapeyrie dans son dernier livre sur le vin. Philippe a abandonné la formule agenda du vin qu'il a publié les trois dernières années, pour nous présenter cette fois-ci un beau guide de 375 vins à bon prix.

Les prix vont de 9,25 $ à 49,50 $; la grande majorité en bas de 20 $.

Philippe sait nous dénicher de belles fioles. Lui et le sommelier Guillaume Gingras ont dégusté environ 1200 vins. La règle est simple, dit-il, «quand le produit nous charme, nous prenons des notes de dégustation, échangeons nos impressions et étoffons notre appréciation personnelle.»

Deux pages par vin recommandé, les descriptions sont belles, précises et font souvent saliver. «Une gorgée en appelle une autre», en parlant d'un mousseux.

«Une bonne quille doit être excitante, invitante, caressante, et nous faire saliver !»

«Un vin de soif, c'est frais, coulant, digeste, glissant et axé sur le fruit. J'adore ce type de vin ! »

Quelques-uns des «tops vins» de Philippe Lapeyrie: Élyssia, mousseux, 19,95 $. Les Tours La Hitaire blanc Gascogne 9,95 $. Mas des Tourelles, Oc 9,95 $.

Un guide pratique, format léger qui vous permettra de partir à la découverte de «bonnes quilles».
Chapeau Philippe!

Le Lapeyrie 2015
375 vins à déguster sans vous ruiner
Par l'auteur Philippe Lapeyrie
Les Éditions de l'Homme
ISBN : 9782761941181
272 pages
19,95 $

Connaissance et travail du vin

Il y a de nombreux amateurs de vin qui apprennent par coeur les appellations, le nom des grands crus, les cépages autorisés dans chaque appellation, les règlementations, les crus de Bordeaux décernés en 1855 et ainsi de suite.

Pendant ce temps, notre connaissance de la fabrication du vin est plutôt limitée et bucolique. On a une idée assez angélique du processus de fabrication du vin.

Notre vision de la fabrication du vin, apprise dans les cours de dégustation ou dans des livres de base est pastorale et simpliste. Conséquences: nous croyons tout savoir, alors que nous ne savons strictement rien.

Il est vrai aussi que les vignerons eux-mêmes préfèrent en rester au plus simple lorsqu'ils nous parlent des modes de production de leurs vins.

Alors, pour en savoir plus, pour devenir moins innocent, il faut plonger dans l'oenologie, dans le monde technique, chimique, physique et biologique de la vinification, de l'élevage, de la stabilisation et du conditionnement du vin.

Il faut étudier ce qu'étudient justement ceux qui font le vin, c'est-à-dire l'oenologie.

Ce livre de Jacques Blouin qui en est rendu à sa cinquième édition nous aidera à comprendre ce qui se passe en cave de vinification, hors des visites des touristes et des journalistes. C'est technique, mais pas trop. Le consommateur de vin que nous sommes pourra s'y retrouver. C'est moins technique par exemple que le livre de Colette Navarre et de Françoise Langlade L'oenologie (7é), dont je parlerai un jour.

Dans Connaissance et travail du vin, on traite de terroir, de raisins, de l'azote des sols, de la fermentation, des levures, des vitamines, des carences, de la chimie des acides, la chimie du SO2 et de ses multiples utilisations; de la stabilisation biologique par la chaleur; des différents types de macérations à chaud à froid, de la thermovinification; de l'oxydation; du bois; des copeaux; des Brett; du carbamate d'éthyle; des amines biogènes; des collages; des filtres; de la stabilisation et du conditionnement du vin.

Le vin est naturel ou élaboré ou fabriqué
«Ces pratiques autorisées demeurent des palliatifs à diverses insuffisances des raisins, des vins. Elles soulèvent un problème très ancien : le vin est-il essentiellement un produit "agricole" ou "industriel" ? C'est surtout une question d'image du vin, mais chacun sait que l'image du vin...»

Leur mise en oeuvre mal maîtrisée éloigne le vin de la notion de "produit naturel" — qu'il n'est pas, c'est un produit "élaboré" — en orientation vers un produit "fabriqué"».

«Extraire le maximum de bons tanins, tel est l'objectif du vinificateur qui dispose pour se faire de nombreux outils.»

«Presque tous les chais ont intérêt à élaborer des cuvées initiales bien différenciées — plus fruitées, plus ou moins tanniques, plus ou moins acides —(...) L'assemblage permettra de se rapprocher au mieux du type(s) recherché(s).»

«L'assemblage des cuvées différentes, mais complémentaires reste la technique de choix pour produire régulièrement les meilleurs vins possible.»

«ex: (odeur de buis ou de "matou" du sauvignon mal mûr) sont en fait des déviations aromatiques à rejeter, ou appréciées dans certaines régions (du Nouveau Monde).»

«Le vin "sans ajout de SO2" est envisageable, mais exige un très haut niveau technique de la part du producteur-éleveur.»

Une dernière citation, tirée de la conclusion du livre: «la priorité unique : produire simplement les vins qui font plaisir à ceux qui les goûtent, les produire de façon aussi régulière que possible. Évitons l'erreur que décrivait E.A Poe, à propos des échecs : " La complexité est prise, erreur fort commune, pour de la profondeur."»

Connaissance et travail du vin
5e édition
Jacques Blouin et Émile Peynaud,
Dunod
399 pages  49 euros.

Pourquoi le vin coûte plus cher au Québec

Une publicité a attiré mon attention dans le quotidien La Presse ce matin.

On y annonce le livre de Gérald Fillion, chroniqueur économique de RDI et de Radio-Canada.

La publicité dit «Pourquoi le vin coûte-t-il plus cher au Québec?» Le livre s'intitule «Vos questions sur l'économie - 75 questions et 75 réponses».

La question sur le coût du vin est l'une de ces 75 questions.

Alors quelle est la réponse de M. Fillion?
«Comme tout monopole qui, par définition, n’a pas de
concurrent, la SAQ essaie de tirer le plus de revenus en chargeant le prix maximal en fonction du désir des consommateurs de se procurer du vin à ce prix.»

Mais quel est le prix maximum? M. Fillion explique que la SAQ le cherche «par essais et erreurs». Il donne un exemple. «Supposons que le prix actuel d’une bonne bouteille de Château Fillion (c’est un exemple fictif !) est de 50 $. La SAQ décide d’augmenter le prix de 10 % à 55 $. Si les ventes restaient constantes ou ne diminuaient pas trop, la SAQ saurait alors que son prix n’est pas trop élevé car la plupart des gens continueraient d’acheter du Château Fillion.
La SAQ continuerait d’augmenter son prix jusqu’à ce que les ventes du Château Fillion diminuent radicalement. Elle saurait alors que le prix maximum est atteint.»

Pourquoi la SAQ peut-elle hausser ses prix à volonté? «Elle n’a pas de concurrent sur son territoire qui la forcerait à garder ses prix plus bas.»

M. Fillion ajoute que la SAQ ne cache pas sa stratégie qui est de privilégier les vins de gamme moyenne en y maximisant ses profits.

D'ailleurs, nous pouvons voir à cette adresse (Rabais SAQ) des exemples de vin dont les prix ont été trop haussés et qu'on doit réduire.  Kaiken Mai the first Malbec 2007, réduit de 88 $ à 66 $; Domaine Henri Delagrange Volnay 2006, réduit de 75 $ à 56 $; Lidio Carraro Grande Vindima Tannat Brésil 2005, réduit de  79 $ à 55 $; Man O'War Dreadnought Syrah 2008, réduit de 51 $ à 38 $... Il y en a 138 aujourd'hui sur le site saq.com.

Le livre «Vos questions sur l'économie» a été écrit en collaboration avec l'économiste François Delorme, chroniqueur, consultant et enseignant.

Parmi les autres questions: Comment calculer son taux d’endettement? Auto : on loue ou on achète? Comment expliquer les variations du prix de l’essence? Qui empoche les intérêts payés sur la dette des pays? À qui le Québec vendrait-il son pétrole? (Vous pouvez voir les 75 questions ici.)

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Fillion, Gérald, «Vos questions sur l'économie» Les Éditions La Presse. ISBN 978-2-89705-216-4
Formats: papier (26,95 $), PDF et E-pub. 232 p.

Des cadeaux pour amateurs de vin

On n'offre pas que du vin aux amateurs et amatrices de vin, on peut aussi offrir des livres sur le vin ainsi que des verres.

Voici deux guides de vin fort bien faits. Le Guide Aubry 2014 Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $. Jean Aubry en est à sa dixième édition. Il fait toujours preuve de ténacité, de rigueur et d'humour. (371 p. 19,95 $.)

Le Guide du vin Phaneuf 2014, de Nadia Fournier, est plus volumineux, plus gros, plus lourd avec ses 549 pages et plus cher à 29,95 $, mais il est dense et contient une somme énorme d'informations sur les vins du monde. On y mentionne plus de 2000 vins.
Les descriptions des vins sont précises et rigoureuses.

Dans les deux cas, c'est le résultat d'un travail énorme. Il faut lever un verre à ces deux grands du vin. Bravo!

J'ai déjà mentionné aussi les beaux livres de Karyne Duplessis-Piché Vive le vin et de Tom Vigeant Dégustations entre amis. Des livres didactiques pour apprendre et mieux connaître ce fabuleux monde du vin.

C'est bien beau d'étudier le vin, mais il faut aussi le boire et dans de beaux verres.
Le verre à vin rouge Lehmann Ricardo (96 $ la boîte de six) est formidable. C'est dans ce verre que je déguste actuellement. Il amplifie les arômes et le plaisir.

Joyeux Noël!

Vive le vin!

Savoir le goûter, le choisir et l'apprécier

Le sous-titre résume parfaitement le livre de Karyne Duplessis-Pichée, une amie, une collègue journaliste et chroniqueuse vin au journal La Presse.

«Le meilleur moyen de s’initier au vin, c’est de le déguster. (...) Je vous encourage donc à tourner ces pages d’une main et à tenir un verre de l’autre.»

C'est exactement ce que nous faisons avec ce livre. Dans la première partie du guide, Karyne nous propose d'acheter dix vins de 11 à 21 $ et de les déguster avec elle en feuilletant ces pages. «Ces dix vins nous accompagneront tout au long du livre.»

Dix vins représentant une large palette d'arômes et de saveurs que l'auteur nous invite à découvrir, comprendre, analyser et décrire.

Le propos n'est pas prétentieux. Le vin «c'est tout d'abord du jus de raisin fermenté.»

«Soyez attentifs à vos préférences et à vos sensibilités (...) deux personnes qui dégustent le même vin ne reconnaissent pas toujours les mêmes odeurs», nous dit Karyne qui nous explique pourquoi.

Tous les goûts sont dans la nature. Un bel exemple: les «vins de castors».

Si vous avez aimé certains des 10 vins choisis, elle vous dit ensuite dans quelles sections, régions et appellations trouver des vins semblables.

L'auteure nous présente aussi 25 cépages et nous propose 25 vins représentatifs ce ces cépages afin de mieux les connaître et reconnaître.

La deuxième partie du livre nous aide à comprendre le vin, la vigne, le vignoble; le tout sous forme de questions-réponses: Est-ce que mousseux et pétillant désignent les mêmes vins? Pourquoi le champagne coûte-t-il si cher? Doit-on servir les vins sucrés avec les desserts? Les défauts du vin; le terroir, les sols, la vinification, la minéralité, les sulfites...

La section des accords vins et mets est particulièrement rafraîchissante. Il n'y a pas là de pseudo science, mais seulement le gros bon sens. «Les accords mets et vins ne sont pourtant pas si compliqués. Il suffit de connaître quelques trucs de base. Voici les miens!»

L'idée de base, si j'ai bien compris, était de faire un livre pour aider les jeunes à mieux découvrir le vin, mais je dois dire qu'il s'adresse à tout public. On y apprend beaucoup.

Spécialement conçue pour le marché québécois,
v
oici donc la plus belle introduction au vin!

Consultez sa table des matières et quelques pages du livre ici: www.livresquebecois.com/vive-le-vin!/duplessis-piche-karyne

Le livre peut aussi être acheté en édition numérique, format PDF, à 11 $ de moins que l'édition papier.

Vive le vin!
Savoir le goûter, le choisir et l'apprécier
Karyne Duplessis-Piché
Les Éditions La Presse
232 pages
16cm x 22cm
ISBN : 978-2-89705-193-8

32,95 $ en librairie
21,99 $ édition numérique www.livresquebecois.com

Dégustations entre amis

Découvrir, partager et comprendre le vin

Par Tom Vigeant, sommelier à la Cité collégiale à Ottawa.

«L'apprentissage du vin est un voyage fascinant qui n'a pas de destination finale.»

Le sous-titre «Découvrir, partager et comprendre le vin» décrit bien ce livre grand format. C'est en fait un manuel. Il ressemble d'ailleurs à un manuel scolaire. Il est destiné à guider l'apprentissage du monde du vin. «Un outil pratique (...) axées sur l'expérimentation (...) à l'aide de vingt dégustations thématiques», écrit l'auteur.

C'est bien fait. Les sections régionales sont instructives, les cartes précises, le vocabulaire est clair et sans fioritures. Les sections techniques sont modernes et mises à jour. On y propage peu de mythes, sauf celui de l'humidité de la cave à vin.

Les plus: la section vocabulaire; les dossiers régionaux; la présentation aérée; les accords mets-vins; les suggestions de dégustations comparatives et les vins suggérés sont disponibles au Québec.

Les moins: pas de biographie; pas de pistes pour aller plus loin; aucune citation; bien documenté, mais aucune source citée!

Tom Vigeant se spécialise dans l'organisation de dégustations de vin à domicile et en entreprise dans la région d'Ottawa-Gatineau.

L'auteur écrit que ce livre est «un véritable cours sur le vin, à domicile»

Voici donc un bon cahier d'apprentissage du vin. C'est bien fait. On y apprend plein de chose. Je vous le recommande.

Dégustations entre amis
Découvrir, partager et comprendre le vin
Tom Vigeant, sommelier (son site: www.sommeliertom.com)
Québec Amérique
Grand format (21 x 26 cm), 249 pages
ISBN : 978-2-7644-1119-3
34,95 $

  Feuilletez un extrait ici

Le guide Bettane et Desseauve des vins de France

Sélection 2014
Une sélection commentée de 7400 vins de France.
Toute une brique: 1024 pages.

Les deux auteurs et onze collaborateurs ont dégusté 50 000 vins au cours des derniers mois!
Ils nous en présentent 7400 dans ce guide.

Les vins sont classés par région et par producteurs. Les producteurs aussi sont notés pour l'ensemble de leur production actuelle.

En France, on peut trouver «au détour d'un même village deux producteurs voisins, mais radicalement opposés, l'un livrant une piquette banale, l'autre créant un petit chef-d'oeuvre...»

B et D, des auteurs qui n'ont pas la langue dans la poche. «Il est sûr que le caractère stéréotypé de certains vins "de luxe", noyés dans le bois neuf et l'exagération volontaire des saveurs et des odeurs ne vaut guère mieux que l'imprécision et les défauts des vins "nature" mal faits.»

Le vin un croisement exact entre le don de la nature et le savoir-faire humain.

Au sujet des taux élevés d'alcool est vins du Rhône. «Too much ?» ces vins fatiguent et s'excluent eux-mêmes. Une solution existe, mais «il faudrait violer les ayatollahs de l'I.N.A.O» et replanter des cépages blancs moins alcooleux: clairette, bourboulenc et picardan pour apporter de la fraîcheur aux rouges.

«Aucun autre vignoble ne peut se targuer d'une telle diversité de style et de goûts. Les prix sages...»
De quelle région s'agit-il? (page 545 du B.D.)

Le guide déjà disponible en France 24,9 euros, sort au Québec le 1er octobre au prix de 39,95 $­.

L'achat du livre ouvre la porte du site web et de ces milliers d'autres de vins commentés.
Feuillotez quelques pages du guide ici: Éditions de la Matinière

Le guide Bettane et Desseauve des vins de France
Sélection 2014
Michel Bettane, Thierry Desseauve
Éditions de la Matinière
9782732461045

Le vin au naturel

La viticulture au plus près du terroir
«Dans le vin "naturel", il y a une notion de "propre" de non toxique.»

Le vin nature, le vin naturel, on en parle beaucoup en Europe. Le phénomène n'est pas encore d'actualité ici au Canada. Les barrières de nos monopoles sont assez étanches.

Qu'est-ce que le vin au naturel? C'est le vin le plus naturel possible.

Après les dérives chimiques qui ont envahi la vigne ces 70 dernières années, plusieurs vignerons cherchent à produire des vins plus sains.

En Europe, les révélations du PAN en 2008 ont secoué le monde viticole et plusieurs consommateurs ont été fortement choqués de découvrir que le vin boisson qu'on disait saine contenant dans la plupart des cas un grand nombre de pesticides cancérigènes. Le Pesticides Action Network Europe nous a appris que beaucoup de vins contenaient 5800 fois plus de particules toxiques que ce qui était autorisé pour l'eau!

Donc, de plus en plus de vignerons ont revu leurs méthodes de travail pour produire du vin plus naturel.

C'est le propos du livre. Nous dire ce qu'est ce vin dit naturel. «Le vin naturel relève d'une démarche personnelle du vigneron, d'un projet, et non de principes et de règles fixes.»

Ce livre du rédacteur en chef de la revue Le Rouge et le Blanc nous compte justement les démarches de certains vignerons qui veulent «travailler à la qualité de la matière première» à la vigne plutôt que de fabriquer le vin en cave.

On dope trop souvent les vins, comme on dope les sportifs. C’est ce que ne veulent plus faire ces vignerons qui disent que l'on «confond beauté et chirurgie esthétique».

Ils ne veulent plus de vin «levurés, enzymés, chaptalisés/acidifiés, concentrés, sulfités, filtrés, collés...» «Des vins mort-nés, mais impeccables.» Pour eux, «toute modification d'ordre industriel ne constitue pas forcément un progrès.»

Les sujets abordés dans ce livre sont nombreux, mentionnons: l'agriculture raisonnée, la culture biologique, la biodynamie, le soufre, la macération carbonique, les Brett, les altérations du vin, le terroir, les techniques, les phytosanitaires, l'enherbement, le productivisme, les levures, la typicité, les vinifications, les rendements...

C'est très instructif pour les amateurs de vin qui veulent en savoir plus sur le produit qu'ils consomment régulièrement.

Faire du vin naturel, ça ne semble pas très facile. Ça demande plus de travail du viticulteur, plus de précision et plus de connaissances. On ne veut pas réparer, mais faire. Trouver les causes au lieu de camoufler les effets.

«Les vins "naturels", ce sont des vins de vignerons qui travaillent comme leurs grands-parents, mais pas d'une manière passéiste, pas d'une manière empirique, mais d'une manière intelligible, intelligente...»

«On s'est tellement habitué aux vins nets technologiques qu'on est davantage dérangés par certains goûts qui faisaient jadis partie de la complexité des vins.»

Le vin naturel sera le haut de la pyramide qualitative des vins!

Le vin au naturel
François Morel
Édition Le sang de la terre
Réédition 2013
240 pages
ISBN 978-2-86985-7

Nous cultivons l'espoir!

 Les vins de l'Amérique du Nord

«Au diable les bêtes de concours et les décoctions de parfums primitifs, dehors les mastodontes aux reflets d'encre et aux tanins agressifs. On veut du fruit, de l'élégance et de la finesse.»

Je n’ai pas terminé la lecture de ce livre Les vins du Nouveau Monde - Amérique du Nord, mais je vais vous en parler quand même, car je crois que ce sera un beau cadeau à vous faire pour Noël.

Les vins, les producteurs d'Amérique du Nord présentés par Jacques Orhon et Hélène Dion sans complaisance et dans un esprit critique rarement vu chez les chroniqueurs vin.

Nous habitons le Québec, le Canada même, l'Amérique du Nord et nous connaissons peu les vins de notre pays et de notre continent.

C'est un livre, c'est même un manuel bourré d'informations sur les producteurs près de chez nous.

«Sans lunettes roses», écrit Jacques Ohron. «Je ne vous cacherai pas, même si cela semble paradoxal puisque je vis sur cette terre d'Amérique, que l'exercice a été ardu.»

En Amérique, tout le monde veut faire de l'argent avec le vin... et l'on s'improvise vigneron même si la nature ne s'y prête pas...cuvée standardisée, sans caractère; vin ennuyeux; prix élevés; commerce; rentabilité, performance; spéculation...

Faiseur de vin, vendeurs de vin hors prix. «Il m'a fallu faire le tri, et ce fut tout un défi», dit M. Orhon.

Des dizaines de milliers de marques aux États-Unis. 500 propriétés viticoles au Canada. Dans cette mer de marques, le réputé sommelier a fait un échantillonnage représentatif pour chaque pays. Il y a du bon et des coups de chapeau.

C'est objectif et critique, c'est loin des louanges habituelles qu'on entend sur le monde du vin.

Nous Québécois avons souvent des préjugés envers les vins du Québec, du Canada, de l'Amérique. Préjugés fondés sur de mauvaises expériences. La lecture de ce livre ne nous fera peut-être pas changer d'idée, toutefois nous pourrons comprendre mieux ce qui se fait ici et découvrirons des producteurs qui font des efforts de qualité.

Saviez-vous qu'il faut payer pour inscrire Meritage sur une étiquette?
Le paradoxe américain: un gros cab. à 65 $ avec hamburger et hot-dog sous le Soleil de midi.
À propos des cépages hybrides: «des chiens ne sont pas des chats».
À propos de la Colombie-Britannique: «Est-ce vraiment au client, de financer, par ses achats, des installations extravagantes...»

15 cépages sur 12 hectares et 15 cuvées.

«L'être humain possède une des plus belles caractéristiques qui soient: il cultive l'espoir!»

Donc, un livre dense, bien intéressant, bien écrit.

Les vins du Nouveau Monde
Amérique du Nord - Canada, États-Unis, Mexique

Jacques Orhon
En collaboration avec Hélène Dion
Les Éditions de l'Homme
ISBN : 9782761931632
319 pages
29,95 $

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