Livres

Entre les vignes

«...tous ces instants privilégiés imprimés pour la vie.»

Jacques Orhon, sommelier, professeur de sommellerie, auteur, écrivain du vin a parcouru le monde et il nous conte quelques-unes de ses expériences, rencontres et découvertes.

«Comme j'étais décidé à gagner ma croûte en me mettant au service du vin, mon métier de sommelier s'est transformé presque illico en un feu sacré. Il m'a amené à vivre tant d'expériences sous toutes les latitudes que je me devais de les partager, de la même façon que l'on ouvre une bonne bouteille avec des amis pour la simple satisfaction d'échanger.»

Avec son amour de la langue française, du mot juste, son empathie, il nous mène du Japon à l'Argentine, en passant par la Russie, le Portugal, la Nouvelle-Zélande, la Loire, l'Alsace, la Croatie et tant d'autres contrées vinicoles.

On sent l'humanisme dans les propos du personnage, mais aussi la droiture et le dégout du snobisme. Malgré toutes ses connaissances, Jacques Orhon n'a pas la grosse tête; mais toujours poli, il n'hésite pas à critiquer les fâcheux.

«Au risque de me répéter, dans ce monde du vin qui n'est pas épargné par le snobisme, la mode et la poudre aux yeux...»

Après avoir dégusté et bus les plus grands vins et des moins grands, il dit «j'adresse ce petit message à tous les sectaires de la dive bouteille, les fanatiques des crus les plus rares, les dogmatiques du jus de la treille, les ayatollahs de la concentration et les oeno-spéculateurs de tout poil; c'est avec un des "pinards" les plus modestes de la terre que j'ai vécu une des plus belles journées de ma vie d'homme du vin.»

Donc, 21 chapitres, 21 voyages, la plupart complétés d'un tableau résumant l'histoire, la géographie, les cépages... de la région. Instructif et divertissant!

On y apprend que le terme baragouiner vient du breton baragouin, de bara (pain) et gwin (vin), que les pèlerins bretons disaient en demandant l'hospitalité.

Le vin «un produit apparenté au monde du luxe (...) la divine boisson qui, ne l'oublions pas, n'est, au départ, que du jus de raisin...»

«Car il s'agit bien d'un vin qui défie les années, inspire la patience et fait partie de ces énigmes oenologiques si particulières qu'il est nécessaire de prendre le temps de l'apprivoiser. En un mot: il est unique! (...) Ce n'est pas parce qu'il a pris le voile qu'il ne s'exprime plus et tombe dans l'oubli.»

Un livre à lire...

Entre les vignes
Récits, rencontres et réflexions autour du vin
Jacques Orhon
Éditions de l'Homme
252 pages
ISBN    9782761929707
26,95 $
  Lire le quatrième de couverture.
 

Nationale 74, road-book des vignobles de Bourgogne

Le guide qui tient la route des vins!
Si vous prévoyez un voyage en Bourgogne bientôt, ce guide au format pratique — papier solide, reliure spirale — pourrait vous être utile.

Il explore la route qui traverse la Côte de Beaune et la Côte de Nuits. Des noms à faire rêver: Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, Aloxe-Corton, Beaune, Pommard, Volnay, Vougeot, Chassagne-Montrachet ...

Nationale 74, c'est l'ancien nom de ce qui s'appelle maintenant la Départementale 974.

C'est 27 étapes dans les villages de ces appellations prestigieuses. Pour chacune des 27 étapes, il y a une carte des crus, du village; une description du type de vin, du vignoble; une sélection d'endroits pour déguster, des suggestions de balades. Il y a aussi de courtes descriptions de restaurants et d'auberges, de chambres d'hôtes, toutefois, il y a pas d'indication de prix. Il y cependant les adresses de sites internet.

Voir des extraits www.divine-comedie.com

Nationale 74, le road-book de la Divine Comédie
212 pages. Reliure spirale.
13,90 euros
ISBN 978-2-9537609-0-3
www.divine-comedie.com

Les meilleurs livres sur le vin du World Cookbook Awards 2010

La remise des prix du World Cookbook Awards 2010 s'est faite hier soir à Paris.

Des auteurs quévécois y remportent des prix.

Jacques Ohron avec son livre Entre les vignes remporte le premier prix du meilleur livre de littérature sur le vin.

Catherine Ferland gagne le quatrième prix du meilleur livre d'histoire sur le vin avec Bacchus en Canada.

J'ai déjà commenté ce dernier livre ici et je suis en train de lire celui de Jacques Orhon, très intéressant, que je commenterai bientôt.

Notons aussi que François Chartier remporte le quatrième prix du meilleur ouvrage du vin traduit pour Taste Buds and Molecules (traduction de Papilles et Molécules).

Parmi les livres en français, notons 100 Bouteilles Extraordinaires, de Michel-Jack Chasseuil, premier prix toutes catégories; Crus Classés du Médoc, Pierre Le Hong, Eric Bernardin; Le Grand Larousse du Vin; Les Plus Grand Vins D´Europe, Deborah Rudetzki; Atlas Mondial des Vins, Raphaël Schirmer, Hélène Velasco; La Belgique, le Vin, René Sépul, Cici Olsson; Vignes et Vins, Sandrine Duclos, Cécile Gallineau (pour les photos) et un roman Pourriture Noble et Vengeance Tardive, Jean-Marc Carité.

Vous trouverez la liste des gagnants sur le site du www.cookbookfair.com

Entre les vignes

En lecture

Entre les vignes
Jacques Orhon
Récits, rencontres et réflexions autour du vin
Éditions de l'Homme.
www.editions-homme.com
26,95 $
256 pages
22 X 15 cm

ISBN:   9782761929707

La guerre et le vin. Comment les vignerons français ont sauvé leurs trésors des nazis

Guerre et vin: le second terme de l’équation aménage une approche tout à fait rafraîchissante (dans la mesure où cela est possible) au premier. En effet, cet ouvrage d’histoire porte moins sur ceux qui, pour un temps du moins, ont dominé la Deuxième Guerre mondiale que sur ses victimes, et notamment les stratégies qu’elles déployèrent afin de résister à l’envahisseur avec l’objectif de préserver leurs précieuses fioles dionysiaques.

Écrit sous forme romancée, cet ouvrage compte onze chapitres qui se présentent selon un ordre chronologique. Au terme de sa lecture, j’en tire un constat: le vin inspire l’espoir et garde en vie, d’autant plus dans ces moments les plus sombres de l’Histoire où la mort jette une ombre sur chaque seconde de l’existence. Voici deux illustrations de ce constat.

La première concerne les Weinführers, étiquette donnée par les Français à ces négociants allemands dépêchés à l’Hexagone pour y «acheter autant de grands vins que possible afin de les envoyer en Allemagne où ils seraient aussitôt revendus sur le marché international avec un gros profit, contribuant à financer les campagnes du Reich.» (p. 60) Or, soutiennent Don et Petie Kladstrup, l’erreur que commirent les Allemands est d’avoir désigné des négociants en vins qui non seulement étaient francophiles, mais qui avant le déclenchement des hostilités avaient tissé des liens d’amitié avec les producteurs français. Comment leur demander alors de décimer sans retenue aucune leurs grands crus hier pourtant vénérés?

L’autre illustration réside dans l’élévation d’un mur au restaurant La Tour d’Argent, pour y dissimuler derrière les trésors bachiques. À la lecture de ces pages, je me suis dit que seuls le désespoir et l’adoration du vin avaient ainsi pu insuffler l’énergie nécessaire à la réalisation de ce mur en si peu de temps. Et puis que dire de ce vigneron fait prisonnier et qui, pour garder espoir, récitait le classement de 1855.

De grands noms du vin français sont évoqués dans ce récit: les de Rothschild, de Vogüé, Drouhin, Huet, Hugel, n’en sont qu’un échantillon.

À lire pour qui recherche une approche novatrice du vin… et de la Deuxième Guerre mondiale.

La guerre et le vin. Comment les vignerons français ont sauvé leurs trésors des nazis
Don et Petie Kladstrup
Éditions Perrin, Paris,
Parutions : 2002 et 2005
ISBN : 978-2-262-02406-2
Pages : 256
Prix : 19,95 $;  8 €
 

Manon Tremblay
Université d’Ottawa
Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec

Guide Phaneuf 2011

C'est la 30e édition du ce fameux guide de Michel Phaneuf qui est maintenant secondé par Nadia Fournier.
Un guide de grande ampleur qui note 2000 vins.

Des notes, des descriptions, des suggestions et des conseils, comme ceux-ci au sujet des AOC : «la réputation du vigneron demeure la meilleure garantie.» «L'appellation Alsace Grand Cru n'indique pas nécessairement une qualité supérieure.» «Le caractère fruité est la première qualité de tout bon Bourgogne rouge». Il est donc préférable de le boire trop jeune que trop tard.

Le Sud de la France «un rayon à aubaines pour l'amateur de bons vins généreux.» Plus loin, «il est toutefois parfaitement possible de bien boire au quotidien, sans se ruiner.» La Ribera del Duero «le meilleur côtoie le quelconque». Au sujet d'un vin de cette région «un peu convenu, mais satisfaisant.» Au sujet de la Californie «La technologie prend encore souvent le dessus». Australie «on ajoute de l'acide tartrique».

«Attention aux rosés fatigués». Les 2008 qui passent une année chaude sur les tablettes de la SAQ.
Vérification faite sur le site de la société d'État, il en reste encore 17; pire sept du millésime 2007; encore pire deux 2006.

Des commentaires tranchés. Sur un vin du Sud-Ouest «Méfiez-vous des colosses (...) l'équilibre ne s'acquiert pas avec le temps.» D'un toscan «issus du même moule que la plupart des supertoscans destinés à séduire une clientèle fortunée». D'un abruzzes «ce vin tapageur».

Dans la section des Importations privées, on découvre qu'on peut même importer du vin canadien!

Peu de cinq étoiles, j'en ai compté six.
Même à cinq étoiles, des descriptions simples et éclairantes : «Mélange exquis de vinosité, d'intensité et de plénitude, le tout joué de façon discrète. Précision et pureté éclatantes. Cher, mais on goûte à la quintessence du Chablis.»

Les deux auteurs se concentrent sur les impressions en bouche et ne font pas d'énumération d'arômes.
«intense et parfaitement digeste»; «suave, velouté, séveux»; «donne l'impression de croquer le raisin»; «juste ce qu'il faut de corps et de poigne tannique mais aucune rudesse»; «un grain mûr et une finale tonique».

«Particulièrement friand et ouvert, le fruit s'exprime avec vitalité et le tout est encadré par une charpente tannique bien dosée qui laisse en bouche une impression irrésistiblement fraîche. Beaucoup de sève et de caractère pour le prix. Également offert en format de 500 ml. ****»

Également quatre étoiles pour ce magnifique guide qui sera sûrement bien apprécié comme cadeau de Noël.

Guide du vin 2011
Michel Phaneuf et Nadia Fournier
Éditions de l'Homme
22.9 X 12.7 cm
563 pages
ISBN 9782761929769 (2761929764)
29,95 $  

Guide Aubry 2011 — Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $

Guide Aubry 2011  «Mais attention ! Si tout un chacun peut avoir une opinion, reste qu'il y a une éthique qui doit demeurer intouchable, au-delà de ces semblants de publireportages qui inondent la presse. Il en va non seulement de l'intégrité du métier de critique, mais aussi du droit du public d'avoir une information claire, pertinente et professionnelle.»

Bien voilà! C'est bien lancé! Jean Aubry nous présente son guide 2011.

«Il n'y a pas de ..."vérité" ! En effet, tout n'est qu'affaire de décors, de situations, de contextes. Retirez le vin de son contexte, de sa culture ou de son environnement gastronomique et le voilà bien seul, le pauvre, en proie aux analyses cliniques de critiques qui tentent à leur tour de justifier ce qui est injustifiable. Pourquoi ? Parce que tout est relatif.»

«Un seul critère retient mon attention : celui de l'équilibre. Une notion qui coiffe toutes les autres.»

«Ce qui donne la chance à tous les coureurs, même si certains d'entre eux ont peu d'affinités avec mes goûts personnels.»

Un guide où il est facile de s'y retrouver avec ses Top 10. Top 10 des vins de cépages, des vins bios, des vins d'épicerie, des vins à bouchon dévissable... Le Top 10 des apéros, avec 2 belles bières.

Des rouges, des blancs, des rosés, classés par prix. Le moins cher à 8,35 $. Faites votre choix et apportez-le dans un des dix restos «apportez votre vin» suggérés par l'auteur.

Du sérieux, du bien fait, du bien écrit, du Jean Aubry. «À savourer pleinement on s'exprime aisément.»

Évidemment, le Guide Aubry est à moins de 25 $.

Guide Aubry 2011
Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $

Jean Aubry
Les éditions Transcontinentale
291 pages
11 x 20 cm
ISBN 978-2-89472-451-4
19,95 $

Le bon vin entre terroir, savoir-faire et savoir-boire. Actualité de la pensée de Roger Dion

L’année 2009 marque le 50e anniversaire de la parution de l’ouvrage précurseur de Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle (réimprimé en 2010 par CNRS Éditions).

Afin de souligner cet événement, une trentaine de spécialistes du vin (agronomes, géographes et géologues, journalistes, historiens, œnologues et vignerons) se sont réunis dans le cadre d’un colloque organisé à Paris, les 29, 30, 31 janvier et 1er février 2009.

Le bon vin entre terroir, savoir-faire et savoir-boire. Actualité de la pensée de Roger Dion est le fruit de ces débats et réflexions; il réunit quelque vingt-cinq communications alors présentées et publiées sous la direction de Jean-Robert Pitte, professeur à l’Université Paris-Sorbonne et autre grand érudit de l’univers vitivinicole (il est l’auteur, entre autres, de Le vin et le divin, Fayard, 2004, Bordeaux-Bourgogne. Les passions rivales, Hachette, 2005, Le désir du vin à la conquête du monde, Fayard, 2009). Le principal apport de Le bon vin, dont les textes sont de contribution fort inégale, est de constituer un guide critique afin d’apprécier pleinement l’œuvre de Roger Dion.

Les textes sont répartis entre trois sections. La première, intitulée « La pensée de Roger Dion, réception et diffusion », nous transporte jusqu’au Japon, où est mise en application la thèse de Dion quant au rôle des conditions historico-politiques ainsi que des transports dans la constitution d’un terroir, afin de rendre compte de la formation d’une géographie du saké. La deuxième section, « La pensée de Roger Dion appliquée à divers vignobles », embrasse certes une approche géographique, mais également symbolique. Par exemple, les auteur/e/s du texte « Le terroir, une cause à faire valoir » s’interrogent sur ce que peut bien recouvrir la notion de « vin de terroir » dans un contexte où cette notion cache mal certains dérapages opportunistes.

La dernière partie, « L’anthropisation des terroirs », regroupe des textes à saveur peut-être plus novatrice. En tant que politologue, l’un m’a particulièrement captivée, soit « Le vignoble d’Île-de-France fut-il à l’origine de la Révolution française? ». Voilà une problématique extrêmement pertinente, mais que l’Histoire officielle tend à ignorer, voire à repousser à la marge du loufoque. Et pourtant, que cela plaise ou non, la faim et la soif sont mères des grandes révolutions fondatrices de la modernité démocratique.

Pitte, Jean-Robert (sous la direction) (2010), Le bon vin entre terroir, savoir-faire et savoir-boire. Actualité de la pensée de Roger Dion
Paris, CNRS Éditions, 363 pages.


Manon Tremblay
Université d’Ottawa et Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec  

Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle

En 1959, Roger Dion (1896-1981), alors professeur au prestigieux Collège de France, publie, à compte d’auteur, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, une œuvre d’une grande érudition, à saveur historique et géographique, sur les vignobles de l’Hexagone.

Un demi-siècle plus tard, l’intérêt de cet ouvrage réside dans l’actualité de la pensée de son auteur : au moment même où l’Europe, et notamment la France, mise sur la notion de terroir afin de distinguer ses vins sur un marché vitivinicole mondial extrêmement compétitif, Dion soutient que le terroir, moins qu’un fait géologique, est un fait historique, social, économique et politique, bref un fait humain.

Posé autrement, la magie des grands vignobles français tiendrait moins à une conjoncture alliant facteurs géologiques et climatiques, au sens large, qu’à l’existence d’infrastructures permettant le transport du vin vers les marchés où l’attendent ses amateurs.

Dixit, donc, cette lecture à mon sens quasi folklorique du terroir qui, aujourd’hui, y voit des espaces gâtés par l’Environnement ou encore, à une époque où celui-ci n’avait pas atteint le statut de religion, par Dieu lui-même.

De prime abord, il y a tout lieu de regretter que le bouquin de R. Dion ait été réédité sans aucune mise à niveau, c’est-à-dire sans qu’une préface ne le présente au lectorat actuel.

Dion, Roger ([1959] 2010), Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, Paris, CNRS Éditions, 768 pages

Manon Tremblay
Université d’Ottawa et Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec

Le chemin des vignes, Vallée de la Loire

Chinon, muscadet, sancerre, savennières, vouvray, bourgueil, saumur... que de vignobles le long des 1000 kilomètres de la Loire.

Le livre nous fait découvrir ces régions, ces appellations, ces vignobles, certains de ses producteurs et plusieurs de leurs vins.

Il est l'oeuvre de l'équipe de la revue Le Rouge et le Blanc.

Le point de vue des gens de la revue est très claire, très critique et bien expliqué sur leur site. Ils sont contre les «traitements chimiques de la vigne, clones productifs, gros rendements, vendanges à la machine, levurage, enzymage, chaptalisation, filtration et sulfitage abusifs, etc. Et, à l’inverse, à s’intéresser à tout ce qui relève d’une démarche qualitative, notamment la culture biologique et la biodynamie...»

Alors, dans ce livre qui se veut un guide des régions et des bons producteurs de la Loire, il est bien sûr surtout fait mention «de vignerons respectueux de l'environnement et adeptes de la biodiversité.»

Il contient plusieurs entrevues de ces producteurs qui font leurs marques dans les différentes appellations de la Loire, surtout des producteurs bio. On n'y retrouve pas les producteurs de vin technologique et chimique.

On y apprend beaucoup. Saviez-vous qu'on peut sucrer les vins sucrés en Loire. Plusieurs appellations permettent de chaptaliser leurs vins sucrés, comme les coteaux-du-layon. Une pratique jugée déloyale ailleurs. «Nous sommes tombés très bas tant en qualité qu'en notoriété», dit le vigneron Patrick Baudouin.

Plusieurs appellations fixent aussi un maximum d'alcool, comme muscadet-sèvre-et-maine 12 %, bourgueil et chinon 13 % après ajout de sucre (chaptalisation, dit «enrichissement»).

Les producteurs préférés des auteurs : «Ceux qui font le choix du refus de vendanger à la machine des vignes à haut rendement désherbées chimiquement, d'ensemencer leur vin de levures et de bactéries "sélectionnées", de chaptaliser, d'osmoser, de thermovinifier, d'acidifier, d'enzymer, etc,... qui répondent à l'idée première et fondamentale des pionniers des notions de "controlées" d'APPELLATION ET D'ORIGINE"...»

Quelques-uns des 300 domaines et vignerons mentionnés dans le livre : Yanik Amirault, Bernard Baudry, Jacky Blot, Nicolas Joly, Damien Laureau, Flaurent Baumard, Jo Pithon, Richard Leroy, Guy Bossard, Thierry Germain, Denis Vacheron, Philippe Peulet, Jean-Marie et Thierry Puzelat.

«Pas de levurage, pas de filtration, exactement comme j'ai toujours fait. C'est pas compliqué de faire du von vin!», dit Paul Cotat.

Donc, un très bon livre, un très bon guide de la production vinicole écologique de la Loire vue par l'équipe du magazine Le Rouge et le Blanc.

Le chemin des vignes, Vallée de la Loire
Le Rouge et le Blanc
Éditions Sang de la Terre
15 X 22 cm
240 pages
18.90 €
Prix au Canada (à venir)

Le Grand Guide des vins de France 2011

«Il n'est plus question d'attendre de longues années...

Plus le millésime est mûr, plus on peut boire les vins jeunes, même s'ils sont très puissants et concentrés, mais dans les millésimes moins favorables, il faut attendre un peu plus, ce qui est contraire à ce que font de très nombreux amateurs. Ils pensent en effet à tort qu'il faut faire vieillir plus longtemps les millésimes réputés. Beaucoup de critiques bornées ne les aident pas et continuent à concevoir la hiérarchie des millésimes comme autrefois (...) Cela ne correspond plus à la réalité. (...) Aujourd'hui, le contrôle des volumes de production, de l'état sanitaire des raisins, et plus que tout le tri méticuleux du raisin change complètement notre vision des millésimes. (...) Les différences entre les années ne concernent plus que le caractère des vins, plus ou moins corsé ou délicat. On choisira donc l'année pour son style et selon son propre goût...»

C'est ainsi que commence Le Grand guide des vins de France 2011 de messieurs Bettane et Desseauve.

Guide pratique de marketing et promotion du vin sur Internet

Le livre est destiné surtout aux producteurs de vins. Il présente simplement les manières de promouvoir son vin sur Internet.

Il s’adresse donc aux vignerons, aux caves coopératives, aux interprofessions, aux étudiants et aux professionnels du vin.

Le petit guide pose et répond à plusieurs questions. Pourquoi faut-il avoir un site web? Comment choisir son nom de domaine? La construction du site, son budget, se trouver un prestataire...

Même le choix du code couleur y est abordé. Saviez-vous que le rouge, signe d’aristocratie en France, le danger aux États-Unis, mais la joie en Chine; que le vert représente la sécurité aux États-Unis, la criminalité en France et la jeunesse au Japon; le jaune c’est la lâcheté aux États-Unis, la joie en France, la noblesse au Japon...

Doit-on utiliser la technologie Flash? Avoir une version anglaise de son site? Comment se faire référencer? Pourquoi avoir un blogue? À quelle fréquence y faire des mises à jour? Trois fois par semaine, nous dit l’auteure Évelyne Resnick.

Le formulaire de contact, le courriel, y répondre? Dans les 24 heures. «Tout délai supérieur à 24 heures trahit un manque de professionnalisme et de respect de l’interlocuteur.»

L'important, c'est que l'on parle de vous

L’auteure y explique le fonctionnement des moteurs de recherche, des portails sur le vin et même des forums... «Même une remarque négative peut être retournée à l’avantage du vigneron.» «L’important, c’est que l’on parle de vous.»

Il faut que votre domaine, votre cave, vos vins soient référencés sur Google. Cherchez votre vin dans Google. Il faut qu’il apparaisse dans la première page des résultats. J'ajouterais ici de cherchee dans les Googles : Google.ca (afin de voir si on parle de votre vin dans les sites canadiens;  Google.fr; Google.com...

Des outils réseau

«Tous ces outils font maintenant partie de la panoplie du parfait petit vigneron en ligne. Le professionnel du vin a un site Web, une page Facebook, un compte Twitter, est membre de Linkedln et d’OWC, écrit sur son blog et commente sur ceux des autres sans oublier sa participation à divers forums.»

Vous voulez savoir quand on parle de vous ou de vos vins sur Internet, utilisez les Alertes Google. Très efficace. En marketing, l’important est que l’on parle de votre produit.

Donc, un petit guide bien simple qui vous en fera connaître un peu plus sur ce monde du web et qui aidera à mieux faire connaître votre vin.

L’auteure, Évelyne Resnick, anime le blogue Tendances vin Branding, Innovation, Web Marketing, International, www.tendancevin.com

Guide pratique de marketing et promotion du vin sur Internet
Évelyne Resnick
Dunod
2010
140 x 220 mm
180 pages
ISBN 9782100540365
25 euros
www.dunod.com

La Bataille du vin et de l'amour — Comment j'ai sauvé le monde de la parkerisation

Comment Alice a sauvé le monde de la parkerisation?
En fait, on devrait plutôt lire comment Alice sauvera le monde de la parkerisation.

Un livre étonnant et passionnant écrit par une Newyorkaise amoureuse du vin. «Le vin est pour moi un objet sentimental», écrit-elle.

Qu'est-ce-que la parkerisation du vin? C'est la tendance des producteurs à faire des vins qui plaisont au gourou américain Robert Parker. Des vins opulents, riches, épais, tanniques et bien boisés. Des vins bling-bling.

Des vignerons utilisent toute sorte de techniques pour produire les vins qui obtiendront des notes de 90 et plus au Wine Advocate et au Wine Spectator.

Vin et République 1907-2007

Comme son titre le laisse entendre, cet ouvrage explore les rapports complexes entre le vin (compris dans son sens large) et la/e politique, notamment sous le régime républicain français.

La route des vins, Brome-Missisquoi

C'est de temps des vacances!
C'est le temps de parcourir les routes du Québec, et pourquoi pas l'une des routes des vins du Québec.

Janine Saine, nous propose la route des vins de Brome-Missisquoi, dans les Cantons de l'Est.

Allez à la rencontre de 17 vignerons et vigneronnes qui veulent partager leur passion du vin.

Le guide de format pratique (10 X 23 cm) décrit chacun des 17 vignobles de la région, nous parles de ces propriétaires, de leurs méthodes de culture et de vinification, ainsi que de leurs vins.

Toutefois «les notes de dégustation publiées dans le guide sont inspirées par les descriptions des vins fournis par chacun des domaines et ne font l'objet d'aucune critique», nous dit l'auteure en avant-propos.

Quoi qu'il en soit, on en apprend beaucoup à la lecture de ce guide oenotouristique.

Ces 17 vignerons (il y en aurait maintenant 100 au Québec) produiraient environ 60 % du vin québécois.

Partez donc à la découverte des cépages frontenac, saint-pépin, seyval, vidal, de chaunac, marquette et tant d'autres.

«La viticulture au Québec est encore au stade de la recherche et du développement.»

Apprenez pourquoi on laisse pousser l'herbe entre les vignes. Qui fait du vin de paille? Pourquoi on utilise des copeaux?  Différentes méthodes de faire du vin de glace. «Alfonso est convaincu qu'on peut faire du bon vin rouge au Québec.» «Produire un vin rouge n'est pas facile (...) La qualité des raisins compte pour 69 % du résultat et le talent de l'oenologue, pour 40 %.» Qui fut le premier vignoble québécois? «Il a vu le jour en 1980.»

Qui cultive du gewurztraminer et fait des expériences avec du savagnin? «Grâce à la présence des chevaux, des poules et d'une outarde...» Qui est bio? Qui utilise la plus grosse machine à vendanger? Comment se protégez du gel : buttage, toile géotextile, foin, éolienne...

«Chaque plant est traité manuellement. Ils sont heureux,» dit un vigneron. Quel est le vignoble le plus méridional du Québec?

«Les pluies d'automne nuisent plus au vignoble que le froid hivernal.»

Il n'y a pas que du vin dans ce guide touristique : Où élève-t-on du boeuf Salers? Les restaurants apportez-votre-vin, des fromages, des produits locaux, de l'hébergement, une carte bien pratique.

Donc, quelques bonnes fins de semaine de plaisir dans le décor bucolique de Brome-Missisquoi!

La Route des vins parcourue par Janine Saine
Région Brome-Missisquoi
Les Éditions La Presse
10cm x 23cm
160 pages
ISBN : 978-2-923681-31-3

29,95 $

LE GUIDE PATRON des vins bio

«Les vins bio sont à la fois plus authentiques et meilleurs que leurs cousins conventionnels.»

C'est bien lancé par Pascal Patron, diplômé de la faculté d'oenologie de Bordeaux et enseignant à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.

C'est le deuxième guide des vins bio publié par M. Patron. Le premier intitulé tout simplement Guide des vins bio en 2007 a connu un franc succès.

Ce deuxième bouquin est un peu plus ambitieux. Pascal Patron en a fait des kilomètres pour déguster 1000 vins. Il en a gardé 708 pour ce guide.

«Le vin bio, s'il a été un moment un phénomène de mode, est devenu aujourd'hui une réalité avec laquelle il faut désormais composer.»

«D'un point de vue gustatif, en général les vins bio apportent un plus parce qu'ils ont su garder leurs levures indigènes et toute la typicité du terroir et du millésime.»

«Non seulement le vin bio est plus gustatif, mais il est meilleur pour la santé.»

«Ces vignerons, respectueux de leur environnement, essaient de retrouver le savoir-faire d'autrefois.»

Une mise en garde : «certains vins bio non filtrés peuvent présenter une légère turbidité qui sera préférable à un vin trop brillant ayant perdu son équilibre et ses arômes.»

Le bio c'est seulement 1,6 % du vignoble mondial, mais en forte progression ces dernières années. Une hausse de 50 % en deux ans en France, selon l'auteur. Après les marginaux, «aujourd'hui, c'est l'élite qui se tourne vers ce mode de culture.»

Même le bordelais, très chimique et très tractoriste, là «où le vin existait avant la vigne», se met au bio avec 311 producteurs, dont 11 mentionnés dans ce guide.

Le Rhône (32 producteurs), Languedoc (22) et la Loire avec 20 producteurs bio ont la belle part du guide. (Un seul de Cahors!)

Il y a plus de vins bio que le laisse supposé le site de la SAQ qui n'en énumère que 128.

Quelques noms : Alphonse Mellot, Roches Neuves, l'Écu, Huards, Beaucastel, La Nerthe, Tour de l'Évêque, De la Procure, Ilarria, Bott-Geyl, Deiss, Ostertag, Le Puy, De la Pinte, Tissot, Perrin, Cazes, Pervenches (Québec), Ijalba, Torres, Parès Balta, Punset, Castorani, Alois Lageder et Bonterra.

Les vins sont classés par région, puis par producteurs (au nombre de 183), puis par vins. Surtout des vins de France. On n'y mentionne que 38 producteurs hors France.

Chaque région a droit à une brève description de deux pages; chaque domaine, une demi-page; puis chaque vin est commenté de quelques phrases et noté sur 20. Les descriptions des régions et domaines sont bien faites et bien condensées. M. Patron a un esprit de synthèse bien développé.

Le vocabulaire employé pour commenter les vins est précis, évocateur et limpide.
Un guide de grande qualité, le résultat d'un travail intense et qui tombe à point.

LE GUIDE PATRON des vins bio

Pascal Patron
Montréal
Amérik Média
2010, 448 p.
29,95 $
ISBN : 978-2-923543-17-8
www.amerik-media.com

Boire mieux pour vivre vieux

Exit le resvératrol, voici les procyanidines.

On a longtemps dit que le resvératrol contenu dans le vin était l'élément qui expliquait le paradoxe français.

Le professeur Roger Corder dit que c'était une erreur. Il ajoute d'ailleurs, comme de nombreuses études l'ont démontré, qu'il faudrait boire énormément de vin, soit cinq litres par jour, pour absorber la quantité nécessaire de resvératrol.

L'élément essentiel du vin et qui permet de protéger de l'arthérosclérose et de vivre plus longtemps est, selon le Pr Corder, un autre polyphénol : le procyanidine.

«Nos recherches ont conclu que les procyanidines alimentaires jouaient un rôle-clé dans la modification du fonctionnement vasculaire. Nous avons également découvert que les vins produits dans les régions où la population vivait plus longtemps que la moyenne contenaient des taux de procyanidines beaucoup plus élevées que les vins traditionnels d'autres régions.»

Ces régions étudiées par le Pr Corder sont la Sardaigne (province de Nuoro), la Crète et le Gers. C'est dans cette dernière région, où on produit le Madiran, qu'il y a deux fois plus d'hommes de 90 ans et plus que la moyenne française.

«Les procyanidines sont les polyphénols les plus abondants dans les vins rouges jeunes», selon Roger Cordier, professeur de médecine expérimentale à Queen Mary’s School of Medicine de Londres.

On en trouve aussi dans les pommes, le cacao, les grenades, les noix, les fruits à coques.

Selon le docteur Corder, les populations étudiées qui vivent longtemps consomment de 300 à 500 mg de procyanidines par jour. Certains vins en contiennent tellement, qu'il suffit de deux verres pour avoir sa dose quotidienne.

Cépages tanniques

Dans le raisin, ils proviennent des pépins. On en trouve surtout dans les vins rouges jeunes, tanniques, provenant de vieilles vignes, en altitude, aux petits rendements, aux petites baies et à macération longue. Certains cépages en contiennent plus que d'autres. Les cépages tanniques justement : tannat, malbec, mondeuse, sagrantino et cabernet sauvignon.

Les vins à longue macération, au long contact jus et pépin en contiennent plus.

La filtration, le collage, la surmaturité et le vieillissement du vin réduisent la quantité de procyanidines. L'auteur dit craindre aussi que les procédés modernes de fabrication du vin réduisent les taux de procyanidines.

Le bon docteur a analysé une grande quantité de vin et en suggère certains qui contiennent le plus de procyanidines. Il donne même des notes de 1 à 5 coeurs selon que le vin renferme de 30 à 120 mg de procyanidines par verre de 125 ml. Des vins de Madiran, Saint-Mont, Fronton et Iroulegy ont la note maximale.

Les cahors, Clos Triguedina, Le Cèdre et Haut-Montplaisir ont 4 coeurs. Des nebbiolos et sagrantinos obtiennent le maximum.

L'auteur suggère qu'on indique sur les étiquettes ou dans la fiche technique la quantité de procyanidines contenus dans la bouteille.

Certains le font déjà, comme le Domaine Saint-Guilhem, qui indique 2443 mg/L de OPC pour sa Renaissance 2006.

L'auteur nous dit qu'il ne faut pas avoir peur des vins tanniques, ce sont les meilleurs pour santé et de toute manière, il faut les boire en mangeant. «Les vins tanniques sont généralement plus agréables à boire en mangeant. ce qui est la façon la plus saine de consommer le vin.»

«C'est un fait : dans l'ensemble, les personnes qui boivent du vin sont en meilleure santé que les abstinents, et elles vivent souvent plus longtemps.»

Jacques Cartier sauvé

À l'hiver de 1534-1535, l'équipage de Jacques Cartier a été presque décimé par le scorbut à Québec. Les marins ont été sauvés par des Amérindiens de la tribu des Micmacs qui leur ont fait boire une infusion d'aiguilles et d'écorce de pin qui contiennent une bonne concentration de procyanidines.

Donc, un livre captivant, agréable à lire surtout avec un bon verre de vin rouge jeune et bien tannique pour nous racler et curer les artères.

La procyanidine est appelé aussi oligo-proanthocyanidines (OPC).

Roger Corder avait publié le résumé de ses premières expériences sur le sujet dans la revue Nature en 2006 Red wine procyanidins and vascular health.

Vous pouvez lire aussi une transcription d'une entrevue avec le Pr Corder pour le magazine Nature.
 

Boire mieux pour vivre vieux
Pr Roger Corder
2009
Éditions Thierry Souccar
Traduction de The Wine Diet 2007
314 pages
20,90 €
34,95 $
ISBN    2916878424, 9782916878423

LA SCIENCE DU VIN

THE SCIENCE OF WINE
Le livre est en anglais. Cette section Livres est consacrée aux ouvrages en français sur le vin, mais dans ce cas-ci, il est impossible de passer ce livre sous silence.

C'est le livre le plus instructif que j'ai lu sur le vin depuis fort longtemps, depuis les livres d'Émile Peynaud.

C'est en anglais, mais on devrait le traduire.

The Science of wine, un livre scientifique écrit pour des non scientifiques par un homme de science.

Jamie Goode, un britannique, est docteur en biologie et grand amateur de vin. Il a laissé l'écriture sur les sciences pour se consacrer à l'écriture sur le vin. Vous le connaissez peut-être pour son site Internet Wine Anorak.

C'est un bouquin qui devrait intéresser tous les grands amateurs de vin, les passionnés. Ils sont nombreux, particulièrement au Québec.

Une lecture obligatoire pour tous ceux qui veulent communiquer sur le vin, les chroniqueurs, les journalistes, les conseillers en vin, les profs de dégustations, les gérants de forum, les sommeliers.

«The wine world is still burdened by too much received wisdom, folklore, and pratice, base on tradition and anecdotal observation.»

On ne lit pas ce livre d'une traite. Ça m'a pris plusieurs semaines. On lit les chapitres qui nous intéressent, dans l'ordre qu'il nous plait. J'ai commencé par celui sur les brettanomyces.

Vous voulez en savoir plus sur les sulfites, l'osmose inversée, la lutte raisonnée, les supposées allergies au vin, la biodynamie, l'utilité de la barrique, les odeurs de réduction, la microoxygénation, les levures, la chimie des flaveurs, la perception des saveurs, les types de bouchon, le goût de bouchon, les TCA, les TBA, les OGM, etc.

Une affaire de goût

«Les critiques de vin en disent autant sur eux que sur le vin, et il est difficile de séparer les deux.» «Le quart de la population ne perçoit pas l'amertume.» «Ce qu'on appelle le goût, la flaveur (saveurs), c'est un mélange de trois éléments : goût — odeur — texture.»

C'est bien expliqués, bien documenté. Lorsqu'il y a des études, des résultats de recherches contradictoires, l'auteur fait mention des différentes versions.

Le livre date déjà de 2005, mais il est tout de même plus à jour que celui d'Émile Peynaud et de Jacques Blouin Le goût du vin écrit en 1980 (réédités plusieurs fois) et qui est encore la bible de plusieurs amateurs de vin.

Jamie Goode termine son livre en disant qu'il y a un besoin pressant de faire plus de recherches de qualité sur les sujets abordés.

Il est en effet étonnant de constater que dans cette industrie du vin — une industrie de plusieurs milliards de dollars — qu'il reste tant de points d'ombre, d'inconnus, d'inexpliqués et même de non explorés.

«focusing on the scientific data rather than the strongly held opinions and anecdotes that currently form the bulk of ...»

Je remercie un prof du vin, Raymond Chalifoux, de m'avoir fait découvrir ce livre.

The Science of wine
From wine to glass
Jamie Goode
University of California Press
2005
216 pages
ISBN 0520248007 978-0-520-24800-7

Quelques pages de ce livre sur Google livres

Le vin français, un chef-d'oeuvre en péril

Un brûlot, un pamphlet, un livre polémique.

Sur la page couverture on voit une bouteille de vin avec l'étiquette «Château Mc World, Boisson alcoolisée artificielle issue de raisins toxiques. Mixed product of California, India and Australia»

Alexandre Rougé y va d'une charge à fond de train contre les vins chimiques, les vins industriels, les vins du Nouveau Monde. Les viticulteurs du Nouveau Monde «saturent leur vin de produits chimiques (levures y compris OGM, arômes artificiels, additifs et conservateurs divers et variés) qui ... présentent des risques inconsidérés en termes de santé publique.»

La viticulture conventionnelle que l'auteur nomme aussi «intensive» ou «chimique», a, selon lui, massacré les sols, épuisé la vigne, dénaturé les raisins. Elle produit un vin dangereux pour la santé «car il est plus ou moins, selon les régions, chargé en résidus toxiques, neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et/ou cancérigères.»

Les ennemis du bon vin ont pour complice la Commission européenne, l'INAO et le ministère de l'Agriculture de France qui veulent écouler «leur vinasse chimique et technologique».

«En copiant le modèle vitivinicole anglo-saxon, nous faisons passer le message que nous renonçons à notre modèle qualitatif, pointu et exigent.»

Levures et sulfites

«Dès lors que l'on fait pisser la vigne, il faut une pression phytosanitaire maximale - ou en cave - puisque, avec des raisins aussi minables, il faut balancer un maximum de levures pour faire démarrer la fermentation, un maximum de sulfite pour éradiquer les bactéries, ainsi que quelques levures aromatiques pour donner un goût de cerise ou de poire selon les envies suscitées par les campagnes marketing.»

On y apprend aussi que le vin américain dit bio n'est pas vraiment bio. «Dire la vérité sur ce que nous mangeons et buvons? Ce serait révolutionnaire».

«Le problème de la viticulture chimique c'est que les traitements systémiques, qui agissent directement dans la sève, perturbent la photosynthèse et entraînent donc la chute potentielle aromatique des vins. Et pour essayer de rendre du goût au vin, on utilise des levures artificielles.» Plus «des enzymes d'extraction aromatique.»

L'oenologue

«Certains oenologues eux-mêmes reconnaissent que si les raisins étaient sains, ils n'auraient pas de boulot... L'oenologie est apparue en réaction à la débilité du raisin issu de la viticulture conventionnelle.»

Comment faire un bon vin?

Les vins naturels, bio et biodynamiques sont l'avenir du vin selon M. Rougé. Il donne l'exemple d'un producteur près de Pommard qui a augmenté la hauteur de ses vignes pour que les gens puissent travailler debout «et discuter entre eux d'un rang à l'autre. Comme ça l'ambiance est meilleure et la vigne s'en ressent.»

Les propos de l'auteur font 136 pages des 240 du livre. Il est complété de plusieurs annexes dont un long texte de Patrick Beaudouin, ainsi que la traduction française complète de l'Étude vin Pan Europe, étude sur la présence de résidus de pesticides dans le vin. Une des annexes s'intitule «L'arroseur à rosé». Il s'agit de l'affaire du rosi qu'on a voulu appelé rosé.

Dans une de ces annexes, il énumère une partie des 300 produits chimiques qui sont autorisés en vinification. Dont le sel de cuivre, le sulfate de potasse, le sel de plomb, le ferrocyanure de potassium, le chlorure de baryum, le violet de méthyle...

Donc toute une attaque contre la viticulture chimique et un encouragement à boire plus sain, plus bio.


Le vin français, un chef-d'oeuvre en péril
Alexandre Rougé
Respublica Éditeur
ISBN : 978-2-35810-007-6
18,90 €  

Hébergements de charme chez les vignerons français

Deux dames Martine Leblanc et Florence Taïx-Bertrand sillonnent la France pendant huit mois à la recherche de beaux logements dans le vignoble. Elles ont visité 120 établissements et en ont choisi 70.

Elles nous présentent dans ce beau livre ces chambres d'hôtes chez les vignerons. Ce sont pour la plupart des chambres assez luxueuses. Les prix vont de 60 à plusieurs centaines d'euros. Il y a là aussi quelques gîtes.

Le guide couvre dix régions de France. Les gîtes les moins chers sont en Alsace.

C'est un peu plus qu'un guide d'hébergement, car chaque région a droit à une bonne description de son histoire, de son vignoble et des endroits à visiter.

La description de chaque domaine couvre deux pages et dans chaque cas, le sommelier Jacques Orhon décrit les vins de la maison.

Plusieurs domaines sont dirigés par des femmes. Il y a même un domaine bio, totalement bio, même les oreillers.

C'est un guide intéressant qui peut permettre de bien préparer son séjour en France afin d'y loger chez le vigneron et quelquefois même dans un petit château.

Consultez les 20 premières pages ici en format pdf.

Hébergements de charme chez les vignerons français
Martine Leblanc, Florence Bertrand et Jacques Orhon
ISBN 13 :  9782761927178
Mars 2010
248 pages
Format: 22.9 X 12.7 cm
29.95 $

Syndiquer le contenu