Mauvais vins

Pech Redon, l'Épervier 2011

Troisième arrivage, mai 2015.
Des arômes de cuir et de ferme. Une forte amertume bien persistante en bouche rend le vin presque imbuvable.

Pas représentatif de la production de ce beau domaine de La Clape.
J'y ai gouté de très beaux vins au printemps dernier.

Que s'est-il passé? L'action de levures Brettanomyces, des bactéries, l'oxydation un mauvais voyage?
Je lis les notes de deux dégustateurs québécois qui ont commenté des vins des deux autres arrivages et ils sont tombés sur de très belles bouteilles en novembre et en mars. Que s'est-il passé pour ce troisième arrivage de mai 2015? (Les deux autres arrivages étaient en juin et en octobre 2014.) Les cépages ne seraient pas les mêmes. Mes deux collègues mentionnent des parts presque égales de syrah et grenache. La bouteille que j'ai en main dit plutôt syrah, grenache, mourvèdre et carignan. C'est ce que dit aussi la fiche technique de l'agent importateur Roucet.

Comment expliquer l'amertume prononcée de ce vin et ses flaveurs de cuir et de ferme?
Oxydation, Brett, bactérie, bouchon défectueux, mauvais voyage...?
Je demande au vigneron.

Réponse du vigneron
«Merci pour votre message et de votre analyse.
Il s'agit sans doute d'un problème sur une bouteille, car j'ai dégusté la semaine dernière un Épervier 2011 qui se goûte très bien.
Il ne peut s'agir de bactéries ou de levures, car le vin a été filtré sur filtre stérile.
En ce qui concerne l'assemblage, c'est bien celui indiqué sur la bouteille.
L'assemblage syrah grenache concernait les précédents  millésimes et aussi le prochain!
Par contre pour expliquer ce problème, c'est beaucoup plus compliqué.
Il y a-t-il eu une contamination sur cette bouteille, cela peu arriver lors de la mise en bouteilles (4000 bouteilles/heure), une bouteille mal rincée, un excès d'azote (les bouteilles sont remplies à l'azote avant de les remplir de vin pour protéger de l'oxydation), un mauvais voyage, un mauvais stockage pour un carton?
Je vous livre le dernier commentaire de dégustation de l'épervier 2011 lors de notre dégustation de la semaine dernière: robe rouge sang, nez très intense de cassis et de fruits rouges, garrigues, laurier, bouche puissante, mais fraîche, on retrouve le cassis et la garrigue. Finale longue et ronde  sur le poivre et la réglisse, tanins fins.
Je vais redéguster une bouteille ce dimanche sur le même arrivage que la SAQ et ne manquerai pas de revenir vers vous.
Cordialement, Christophe Bousquet»

Deuxième bouteille
Je retourne donc acheter une deuxième bouteille de ce vin dans le même magasin.
Des arômes qui rappellent la garrigue. Mêmes arômes en bouche. Plus de fruits aussi. On n'y retrouve pas les odeurs de cuir et de ferme. Il y a tout de même une forte amertume qui est assez étonnante.
Moins mauvaise que la bouteille précédente, mais pas vraiment buvable.
Un petit amer rend les vins plus complexes, mais là c'est vraiment trop amer.
Je me demande si je devrais aller chercher une troisième bouteille dans un autre magasin.
 

J'ai goûté le 2012 de ce vin à Montpellier en avril et il était délicieux.

Finalement, le 16 août, je suis allé chercher une autre bouteille de ce vin dans une autre succursale, à 700 kilomètres de la première, soit à Rimouski. Là encore le vin n'a pas été buvable, la finale est amère avec une forte odeur de dissolvant de vernis à ongle.

Le millésime suivant, le 2012 dégusté au Québec en février 2016 est très bon. Rencontré en avril 2016 à Carcassonne, lors de l'opération Millésime Languedoc, Christophe Bousquet, aussi président de l'AOC La Clape, s'est assis à la table des journalistes québécois pour nous faire déguster de bons vins de son domaine et de son appellation.

Prix: 
22,85 $

Cuvée Marie, Jurançon sec 2013

Le vin est de couleur jaune bien foncé, dégage une odeur de foin coupé, de bambou, la bouche est dure, presque tannique et asséchante. Coloré par le liège ou oxydé? Un vin plutôt déplaisant.

0.5 étoiles
Prix: 
23,50 $

Canet Valette Saint-Chinian Une et Mille Nuits 2012

Des odeurs de cuir et d'écurie. Une bouche amère. Pas de fruit! Que s'est-il passé?
À retourner.
Le même vin dégusté à Montpellier le 22 avril dans le cadre de l'opération Terroirs et Millésimes en Languedoc a donné les mêmes défauts!

Prix: 
23,95 $

Isa 2012

Oxydé, amer, cuir, suret et écurie.
Bouchon de plastique.
On devrait indiquer lorsque bouchon de plastique, on n’achèterait peut-être pas.
Pourtant, dégusté en France en février 2014, il était bien bon.
À retourner.
Prix: 
17,85 $

Hatzidakis Assyrtiko Cuvée 15 2013

Une forte odeur de moufette se dégage de ce vin. Une odeur qui rappelle celle de certaines bières, telles les Heineken. Ça ressemble à ce qu'on appelle le goût de lumière. Cette odeur résiste à une longue aération.

Prix: 
35,00 $

La Vista 2011, Domaine Ribiera

La première bouteille m'a plu. J'ai demandé à un ami de m'en acheter.
La deuxième est brouillée, avec de fortes odeurs de ferme qui me font penser aux Brettanomyces. La bouche est âcre et amère. Imbuvable.
La troisième est un peu trouble, mais elle sent le solvant à vernis à ongles et la merde (encore Brettanomyces ?). La bouche est âcre et très amère. Imbuvable.
Sur l'étiquette ont lit «Seul apport de sulfites : 1,5 gr/hl à la mise.»
Cépage: cinsault.
Importation privée La QV.
Je crois que je n'ai jamais bu un si mauvais vin de ma vie! Pourtant, j'ai fait du vin il y a 30 ans, mais pas si mauvais que ça. Ceux qui disent que le vin rouge québécois est souvent mauvais: après ça vous allez adorer le vin foxé.

Ajout le 3 juin — Comment expliquer qu'un vin tourne si mal. Voici ce que m'écrit le vigneron Régis Pichon: «Nous faisons des vins en levures indigènes avec très peu voire pas de soufre du tout et non filtré. Cela les expose parfois (toujours avec des conditions de transport et de conservation particulières comme l’export par exemple) à de rares, mais possibles déviations, car les vins naturels doivent être conservés à une température de 14 ° Celsius maximum, ce qui est loin d’être toujours le cas. Ce qui peut alors prendre le dessus est l’acétate (vernis à ongles) et non les bretts car 2 analyses récentes nous ont confirmé 0 présence.

Je vous prie de croire que nos vins (en dehors de ces problèmes sur quelques bouteilles) donnent du plaisir et parfois même de l’émotion à nos clients. Mais le prix a payer en terme d’image est parfois lourd à porter quand ça goute mal et bien que m’étant obstiné jusqu'à présent dans cette voie, j’ai décidé depuis la vendange 2013 d’ajouter une dose minime de SO2 à la mise (2 gr/hl) et de filtrer légèrement, ce qui devrait nous éviter ces soucis ponctuels, mais pesants, car nous sommes encore un domaine fragile.»

Prix: 
25,00 $

Toutes les critiques sont positives

On entend dire quelquefois qu'il y a des critiques positives et des critiques négatives.

Pourtant, toutes les critiques honnêtes sont positives.

On peut critiquer en bien ou en mal, mais si c'est honnête c'est positif.
Le propos peut être négatif, mais la critique (honnête) est toujours positive. J'explique.

La critique s'adresse aux consommateurs. Si l'on dit qu'un produit, un vin, un film, un restaurant est mauvais, c'est positif. Positif pour le consommateur qui est ainsi mieux informé et peut économiser de l'argent et s'épargner une déception.

Ça peut sembler négatif pour le producteur. Cependant, le critique ne travaille pas pour le producteur, mais bien pour le consommateur. En fait, c'est positif aussi pour le producteur, car cela l'aide à améliorer son produit. Ça devient ainsi une critique constructive.

Le critique de vin n'est pas un bonimenteur ni un louangeur. Si c'est mauvais, défectueux, mal fait, mal entretenu, mal présenté, bouchonné, avarié, gâché, pourri, il doit en faire état.

J'entends dire que si un vin est bouchonné ou défectueux qu'il ne faut pas le mentionner, mais acheter encore pour trouver une bonne bouteille. Mais ce n'est pas honnête d'agir ainsi.

Un vin bouchonné, c'est la réalité. Ça existe, on ne doit pas l'occulter. Est-ce qu'on regoûte une deuxième bonne bouteille au cas où ce serait une exception?

Toutefois, si on le fait et on goûte une deuxième bouteille, on doit dire la vérité, dire que la précédente était bouchonnée ou défectueuse.

Le critique de vin doit agir comme le critique de restaurant, de cinéma, de théâtre, le livre... Il doit dire, écrire, décrire ce qu'il voit.

De toute manière, pourquoi mettre en marché un produit défectueux? On me répond que ce n'est pas la faute du vigneron, mais du bouchon. Mais qui a mis le bouchon sur la bouteille? Une opération du Saint-Esprit?

Des producteurs consciencieux mettent de l'eau dans le lot de bouchons; goûtent l'eau et si elle est mauvaise, jettent le lot de bouchons. D'autres producteurs s'en foutent et savent bien que la plupart des chroniqueurs vin seront complaisants.

Comment alors éliminer un problème, si personne n'en parle. C'est comme s'il n'existait pas.

On doit décrire ce que l'on a devant nous à ce moment-là. C'est comme un critique de restaurant qui a un mauvais repas un midi. Le personnel était peut-être de mauvaise humeur ou fatigué, ça sera peut-être mieux le lendemain, mais le critique décrit ce qu'il vit à ce moment-là.

La critique c'est une photo à un moment donné; un moment que pourra vivre aussi le consommateur.

Dans le monde du vin, de la critique du vin, contrairement aux autres domaines de la consommation, il y a souvent une attitude angélique face au vin et aux vignerons. On n'accepte pas la description de la réalité si elle n'est pas louangeuse. C'est méconnaître le travail du journaliste qui doit décrire ce qu'il découvre.

D'où vient cet angélisme très répandu dans le monde du vin. Angélisme qui n'existe pas ou peu dans les autres domaines de la critique. Est-ce une trop grande proximité avec les producteurs, une vue bucolique du monde viticole, un jovialisme exacerbé, un désir de se faire aimer du producteur, un manque de courage, une tradition ou autre? C'est un peu tout cela.

 «La critique est un examen raisonné, objectif, qui s'attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur.» (CNRTL)

Sujets connexes:

Clos de la Briderie 2013

Des odeurs et goût de pomme de terre en purée!

Prix: 
17,25 $

Le Vin Noir 2009, Brulhois

Très mauvais goût et odeur de liège.

Prix: 
18,65 $

VSP Sainte Pétronille brut nature

Ce n'est surement pas avec ce vin que l'on va fêter l'arrivée de plus d'alcool québécois sur les rayons de la SAQ.
Ce pétillant de l'île d'Orléans est vraiment mauvais.
Dur, fade et amer. Il semble oxydé!

Renato Ratti Barolo Marcenasco 2008

Il y en a qui mettent des alertes pour acheter un vin!
Moi, je mets une alerte pour retourner ce vin!

Un barolo végétal, pétrolé, quelqu'un a même dit qu'il sentait l'essence à briquet. En effet, on dirait du riesling rouge!
Les deux bouteilles achetées en Ontario étaient rebutantes. Il en reste dans 144 magasins.
Si vous l'avez acheté pour le mettre en cave, sentez-le et retournez-le à la LCBO.
 

Prix: 
52,95 $ à la LCBO

Château de Pennautier, Cabardès 2011

Végétal avec des senteurs de vieux tabac. Déjà vieux.
N'est pas du tout à la hauteur de son grand frère le Terrroirs d'Altitude.

Prix: 
14,60 $

Haut-Bages Libéral 2003

Un soir c'est «le vin de la soirée» (levindelasoiree.blogspot.ca); le lendemain, c'est mauvais.
Bourbeux et oxydé. Mauvais. Un problème de bouchon ou de bactérie? Où les deux.
C'est étonnant de voir que la qualité est si variable d'une bouteille à l'autre chez les grands producteurs de vin! Où est le contrôle de la qualité?

Faustino I Resereva 2000

Une bien mauvaise odeur de liège contamine ce vin.

Prix: 
32,00 $

Frappato 2012

Ça frappe, tellement que la mausaise odeur de liège est tenace et rend ce vin désagréable.

Prix: 
26,35 $

Château Bellevue La Forêt 2012

Senteur chimique. Déception.

Prix: 
16,25 $

Mastroberardino Radici Taurasi 2007

De beaux arômes boisés, mais saveurs dominantes de bois et texture asséchante.

Prix: 
40,75 $

Solaz 2010

Une odeur désagréable qui rappelle le soufre; une saveur de bois vernis et une texture pâteuse. Un vin déplaisant.

Prix: 
12,70 $ à la SAQ | 10,95 $ à la LCBO

Chianti San Felice 2008

Un vin fade qui dégage de mauvaises odeurs de chaussettes sales et de terre.

Prix: 
19,65 $

Blue Mountain Pinot noir 2010

Des arômes qui rappellent la syrah. Une finale sucrée. Un vin légèrement bouchonné.
Un producteur réputé de la Colombie-Britannique.
Acheté sur place.

Prix: 
24,90 $

Clos de Nouys demi-doux Vouvray 2011

Il est écrit demi-doux sur la contre-étiquette, mais j'y perçois peu de sucre.
Le vin a un goût qui rappelle les pommes de terre en purée.
La finale est dure. Pas agréable.

Prix: 
19,75 $

Volver 2009

Une première bouteille qui semble légèrement boisée, mais la deuxième bouteille dégustée le 22 août dans la région de Rimouski goûte le jus de madrier!

Prix: 
19,45 $

De mauvais vins

Un lecteur me suggère de mentionner les mauvais vins que je déguste.
«Il serait toutefois peut-être intéressant de lire vos commentaires généraux sur les vins que vous rejetez...»

À ma connaissance, il n'y a pas de chroniqueurs vin qui publient des notes sur les mauvais vins. Dans la profession, on se dit qu'on ne mentionne que les bons vins. Certains toutefois vont qualifier des vins de moyens, corrects ou passables. Ce sont les notes les plus basses. Mais aucun n'osent dire mauvais, pas bon, piquette ou à éviter...

Je crois que c'est une erreur. On devrait mentionner aussi à l'occasion les mauvais vins, les vins bouchonnés, les vins défectueux, les vins désagréables et dire pourquoi on les juge mauvais. On a des lunettes roses comme je l'ai déjà mentionné dans un autre article.

Je réponds à ce lecteur que je me donne la peine de mentionner à l'occasion de mauvais vins. Car, il y en a. Vous les trouverez à la section Mauvais vins.

Le lecteur ajoute «par région ou appellation ou cépage par exemple. Histoire de comprendre le moins bon côté d'un certain cépage, ou d'une certaine région. Peut-être aussi sur la proportion des vins qui obtiennent la note de passage...»

Pour ce qui est de la note de passage, oui, la note «correct»: soit une étoile ou une étoile et demie est quelquefois donnée. Vous en trouverez près de 300 ici. Mais si le vin coûte moins de 12 $, alors il peut bien être juste correct.

Pour ce qui est des cépages, je ne peux pas dire qu'il y a des cépages qui donnent plus de mauvais vins que d'autres, c'est possible, mais il faudrait faire une recherche plus poussée.

En ce qui concerne les régions qui produisent le plus de mauvais vins. Là aussi, il faudrait faire des recherches. Mais si on regarde la liste des derniers mauvais vins mentionnés, on en trouve d'un peu partout: Chili, Canada, Italie, Loire, Bordeaux, Hongrie, Argentine, Nouvelle-Zélande, Californie, Espagne, Liban, Bourgogne, Australie... 

En terminant, juste une remarque: si les chroniqueurs mentionnaient plus souvent les mauvais vins, même juste les vins bouchonnés, il est probable qu'à la longue on en trouverait moins sur notre marché. Mais le silence des critiques n'est pas menaçant pour ceux qui nous envoient de mauvais vins.

Naoussa Domaine Karydas 2007

Une grande déception!
Des odeurs nauséabondes de chaussettes sales dans les deux bouteilles.
Une bouche astringente et pâteuse.

Prix: 
24,95 $ à la LCBO

Carmenère/Cabernet-Sauvignon Cono Sur valle de Colchagua 2011

Un nez pas net, pas fruité, fermentaire. Une finale très amère sur des saveurs de caoutchouc brûlé. 
Il semble bien contaminé par les levures brettanomyces.

Prix: 
15,15 $

Clos Jordanne, Talon Ridge 2008

Un vin qui n'a pas fait l'unanimité à la dégustation. Il goûte un peu le liège. Beaucoup trop au goût de certains. Il a tout de même du fruit suave en bouche. Une certaine longueur, mais un après-goût de bois. Une belle capsule à vis aurait conservé plus de fraîcheur à ce vin de l'Ontario. 

Prix: 
38,00 $

Zinfandel L.A. Cetto, Valle de Guadalupe, Mexique 2008

Des arômes et des saveurs de tabac blond chaud.
Disponible en ligne et dans 106 succursales.

Prix: 
13,80 $

Château Petit Bidou 2008

Une odeur désagréable dans les deux bouteilles ouvertes!
 

Prix: 
15,90 $
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