Les Québécois favorables à la privatisation de la SAQ

La majorité des Québécois se disent favorables à la privatisation de la Société des alcools du Québec.
 
En effet, 42 % des Québécois interrogés par Léger Recherche pour le compte du quotidien Le Devoir répondent oui à la question Êtes-vous favorable ou non à la privatisation de la Société des alcools du Québec (SAQ)?
 
Par contre, 37 % disent ne pas être favorables; pendant que 20 % répondent ne pas savoir et 1 % préfère ne pas répondre.
 
Si on ne tient compte que de ceux qui ont une opinion, ça donne 53 % qui se disent favorables à la privation de cette société d'État contre 47 %. 
 
Ce sondage a été fait par internet auprès de 1038 répondants du 21 au 25 août 2014. Il porte surtout sur les intentions de vote des Québécois.
 
Privatisation ou libéralisation
On peut se demander si la question est bien posée et si tout le monde comprend bien ce que l'on veut dire ici par privatisation de la SAQ. En effet, plusieurs personnes peuvent comprendre que le monopole d'État serait privatisé au profit d'un monopole privé. Ou encore que les profits de notre société d'État seraient dorénavant accaparés par des sociétés privées.
 
Au lieu de parler de privatisation de la SAQ, l'on devrait plutôt utiliser l'expression privatisation du commerce du vin, ou encore libéralisation de la vente du vin. Car, il est bien certain que dans tous les cas le gouvernement du Québec n'acceptera pas de se départir des profits et taxes générés par la vente d'alcool. D'ailleurs, un gouvernement n'est pas obligé de vendre lui même un produit pour percevoir des taxes élevées. (Comme c'est le cas pour l'essence et le tabac). 
 
Deux milliards de dollars
Donc, même s'il y a privatisation ou libéralisation, les deux milliards de dollars collectés par les gouvernements du Québec et par celui d'Ottawa continueront d'être versés dans les coffres de l'État. 
Il s'agit d'un milliard de dollars de la marge bénéficiaire de la SAQ versée à Québec et d'un milliard de taxes transmis aux deux gouvernements de Québec et d'Ottawa.
 
D'autre part, il y a une multitude de situations mitoyennes possibles. On n'est pas obligé de tout privatiser. La SAQ pourrait conserver le monopole des spiritueux et des vins très chers.
La vente de vin pourrait être faite par le commerce privé, comme c'est le cas actuellement pour la bière.
 
Privatisation de la SAQ et allégeance politique
Le sondage de Léger nous montre aussi la répartition des réponses en fonction des allégeances politiques. Ce qui donne ceci:
  • PLQ: favorable 49 %, non 27 %, ne savent pas 23 %;
  • CAQ: favorable 52 %, non 34 % et 13 %; 
  • PQ: favorable 32 %, non 52 % et 16 %;
  • QS: favorable 21 %, non 61 % et 13 %;
  • Autres: favorable 60 %, non 29 % et 11 % ne savent pas. 
Bénéfices en baisse
Les ratios d'exploitation de la SAQ sont en baisse constante. Au dernier trimestre (avril, mai et juin), le bénéfice brut (en pourcentage des ventes) a été de 52,8 %, contre 53 % et plus pour le même trimestre les quatre années précédentes. Le résultat net stagne à 33,8 %, contre 35,3 % en 2012.

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