«Les dirigeants de la SAQ aveuglés par l'appât du gain ou incompétents», François Chartier

Dans une entrevue à l'émission Le Point de Radio-Canada, le 30 janvier, le sommelier et chroniqueur de vin, François Chartier a dit que les personnes embauchées depuis deux ans à la direction de la SAQ n'ont pas de connaissances du marché du vin.

Selon lui, ce marché est en pleine mutation au Monde et au Québec, mais les patrons actuels de la SAQ ne le voient pas.

M. Chartier dit que si ces gens avaient lu les dossiers accessibles à tous concernant les pertes de part de marché des producteurs français depuis deux ans, ils ne leur auraient pas proposé de maintenir leurs prix de gros artificiellement élevés. (1)

Bien sûr les producteurs ont refusé parce qu'ils ne veulent pas perdre encore plus de parts de marché.

« Il fallait être aveuglé par l'appât du gain ou incompétent pour ne pas avoir été à l'écoute du marché».

Plus de vins et moins de marketing
M. Chartier ajoute par contre que les gens de la SAQ sont peut-être compétents en marketing.

Toutefois, il critique fortement la dernière campagne de marketing du Little Penquin. On a conçu un produit de marketing dans un laboratoire, on a créé une marque en Australie et un beau design. Puis on a mis du mauvais vin dans la belle bouteille. Mais les Québécois qui ont développé le goût du bon vin ne se sont pas fait prendre deux fois.

Juste les gros vendeurs
Concernant le projet de la SAQ de réduire l'offre de produits dans les succursales, il dit que ce n'est pas ce que les Québécois veulent. Les Québécois veulent plus de produits, plus de vins et non pas plus de marketing.

En effet, il semblerait qu'on veut réduire à 500 le nombre de produits vendus dans la plupart des succursales.

François Chartier dit que la SAQ veut surtout de gros producteurs de vin avec de gros budgets de promotion et qu'elle impose des filtres à l'importation de nouveaux vins.

Des changements
Enfin, le célèbre chroniqueur dit que tout le monde du vin au Québec souhaite de gros changements à la direction de la SAQ. «La SAQ veut des profits, et elle est prête à tout faire pour y arriver sans penser au monde du vin, sans regarder ce qui se passe au Québec et à travers le Monde, donc elle a la tête dans le sable et là je pense qu'elle vient de frapper un mur, et souhaitons qu'il y aura des changements.»

L'entrevue avec François Chartier à l'émission Le Point [9 min];

Nouveaux concepts à l'étude à la SAQ Journal de Montréal, 30 janvier.

(1) M. Chartier fait référence au scandale de l'Euro. (Tentative d'escroquerie de la SAQ? décembre 2005; La SAQ recule et baisse le prix de certains vins, 21 janvier 2006)