10. Conclusion

Aujourd'hui, depuis Peynaud devrions-nous dire, le vin, plus que jamais, est devenu une affaire d'hommes de science. L’œnologue, diplômé universitaire, devient indispensable. Le vin perd ainsi, et de plus en plus, son aura mystique et sacrée. Les producteurs, et les armées de spécialistes en marketing qui les entourent pour vendre au consommateur un produit issu « de la plus ancienne tradition enracinée dans le terroir », nous abusent.

La vérité, c'est que le vin que nous buvons aujourd'hui est devenu un produit de haute technologie : cuves inox à températures contrôlées par ordinateur, éprouvettes et formules chimiques compliquées sont désormais les outils habituels du vigneron du XXIe siècle. Celui-ci a découvert la flash pasteurisation, la macération pelliculaire, la cryoextraction sélective, la supra extraction, la stabulation, l’osmose inverse et bien d’autres petits secrets qui étonneraient bien des consommateurs. On n’arrête pas le progrès !

La vérité et, pour certains, paradoxe suprême, c'est aussi que le vin que nous buvons aujourd'hui est meilleur que jamais dans l'histoire de l'humanité.

Texte de Benoit Guy Allaire
Photos de Marc André Gagnon