Pic Saint Loup, Domaine Zumbaum-Tomasi, Clos Maginiai 2008

Très aromatique fruits noirs, charbon. Bouche serrée, épicée et juteuse. Garrigue, violette, clou de girofle en finale.  Assez costaud. Belle texture tannique. Original. 
Très long. 
Cépages: 80 % syrah et 20 % grenache. Récolte manuelle.
Alc. 14 %.
En ligne et dans 24 magasins.
3 étoiles
Prix: 
25,65 $

San Felice Chianti-Classico 2011

Jusqu'en 1871, le chianti était un vin blanc. C'est le premier ministre baron Ricasoli qui ordonna qu'il soit dorénavant rouge. 
Il y a 61 chiantis classicos à la SAQ, tous à 19,90 $ et plus.
Ici, c'est un chianti classico relativement léger, doté d'une belle acidité, aux belles saveurs de fruits (cerise) légèrement acidulés, avec une note de noix. De beaux tanins assez fins. En finales, des nuances de thé ou de feuilles mortes.
Sangiovese, colorino et pugnitello.
Servez frais et aéré. 
Produit courant. En ligne et dans 166 magasins.
Alc 13,5 %.
2.5 étoiles
Prix: 
21,25 $

Aska Bolgheri 2012

Texture lisse. Beaux arômes de fruits chauds. Assez corsé. Tanins fins.
fruité assez persistant. peu acide.
De la maison Banfi.
En ligne et dans 57 magasins.
2 étoiles
Prix: 
26,20 $

Faire du vin sans sulfites

Comment faire du vin sans sulfites ou avec peu de sulfites ajoutés?
Les sulfites, appelés aussi soufre ou SO2 ont mauvaise réputation, surtout depuis qu'on est obligé d'en indiquer leur présence sur l'étiquette. Les vignerons veulent donc en réduire l'utilisation.

Lors de la vendange, les baies fraichement cueillies et le mout qui en résulte sont des cibles vivantes et chaudes qui peuvent facilement être polluées par des bactéries nuisibles qui spolient alors cette belle récolte.

C'est pourquoi on ajoute des sulfites pour tuer ces bactéries. Si on augmente encore plus la quantité de SO2 ont tue aussi les levures ce qui empêche le démarrage trop rapide de la fermentation. Dans ce dernier cas, on doit ajouter par la suite des levures sèches achetées dans le commerce pour démarrer la fermentation au moment voulu. C'est ainsi que procèdent la plupart des producteurs.

Mais il y a d'autres moyens d'empêcher la colonisation de la récolte par des bactéries indésirables. Le principe est simple: il s'agit de coloniser avec des microorganismes désirables qui en prenant toute la place empêchent les autres microbes de polluer la cuve.

Plusieurs techniques sont ainsi employés depuis trois ans. Le stade expérimental vient d'être dépassé par plusieurs et ces moyens commencent à se répandre dans les régions viticoles.

On a déjà parlé ici à Vin Québec, des vins de la série Naturae de Gérard Bertrand. Des vins sans soufre ajouté. M. Bertrand ne veut pas donner sa recette. Toutefois, d'autres donnent et même vendent leurs recettes.

Bioprotection
Ces techniques sont regroupés sous le nom de bioprotection.
Une de ces techniques consiste à ajouter des levures non-saccharomyces, des levures non fermenticides qui occupe la place désirée par les bactéries.

À Bordeaux, le groupe d'oenologues Eono-Team propose «d'occuper le milieu microbiologique avec des microorganismes connus (des levures ou des bactéries) qui permettent de contenir les populations indésirables. Ces microorganismes sélectionnés sont issus de la surface de raisins et ont été multipliés afin de pouvoir protéger la vendange», dit Eco-Team dans un communiqué de presse.

Ceci implique toutefois que la récolte soit saine. À la mise en bouteille, on fait tout de même un léger sulfitage. Château de Cérons à Graves utilise ce procédé.

Primafolia occupe le terrain
La maison oenoconseil Immélé propose, elle, un produit appelé Primafolia, c'est un mélange de levures, d’écorces de levures et de bactéries lactiques. «Très bonne occupation du terrain, limite le développement aux flores indésirables comme Brettanomyces ou les bactéries lactiques productrices d'amine biogène. Réduit l’oxydation des jus par captation d’oxygène.» (Fiche technique Primafolia)

Okay mange le SO2
D'autres proposent l'utilisation d'une levure consommatrice de SO2.
Les levures saccharomyces produisent elles-mêmes des sulfites, parfois en grande quantité (30 à 100 mg/l). Certaines levures reconsomment ces sulfites, d'autres non. Donc, il s'agit ici d'utiliser une levure qui consomme le SO2. C'est le cas de la Lalvin Icv Okay, développée par l’Icv, l'Inra, Sup'Agro et la firme de commercialisation de levures Lallemand.

Malo avant
Finalement, la maison CHR Hansen propose de faire la fermentation malolactique avant la fermentation alcoolique. On ajoute un produit appelé Nova lactobacillus plantarum dès l'arrivée au chai. «La FA s’enclenche (par levurage ou non), et au final, toutes les fermentations sont achevées au bout d’une dizaine de jours.» (Réussir Vigne)

Certains de ses procédés auraient aussi l'avantage de limiter la progression des levures Brettanomyces (qui donnent des odeurs d'écurie, de ferme) et de réduire la formation d'acidité volatile.

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Forte diminution des sulfites après 3 ans en bouteille

La Lune influence-t-elle le goût du vin?

Il y a de ces jours où les vins sont très bons et d'autres jours où ils sont moins bons.
 
La texture d'un même vin peut nous sembler différente d'un jour à l'autre.
 
Vendredi dernier, avec quelques amis, nous dégustions une vingtaine de vins en préparation d'un vins et fromages. Et sauf, peut-être deux ou trois, il n'y a pas eu vraiment de coups de coeur. Des vins que nous connaissons semblaient moins bons que d'habitude, surtout les rouges.
 
J'ai alors demandé à la blague si nous étions un jour racine!
 
D'après le calendrier lunaire, nous sommes jour feuille aujourd'hui, donc les vins ne se goûteraient pas bien!
 
J'ai écrit un article à ce sujet en 2009, lorsqu'on a appris que les deux plus grandes entreprises d'achats de vin de Grande-Bretagne dégustaient les vins en fonction du calendrier lunaire.
Je vous invite à le lire ici si vous n'êtes pas familier avec le sujet.
 
De nouvelles recherches
Est-ce qu'il y a du nouveau sur ce sujet depuis 2009?
Peu de choses publiées, sinon une expérience menée l'an dernier chez le réputé producteur François Lurton.
 
On y a testé l’influence du calendrier biodynamique sur la dégustation des vins de la maison.  Neuf dégustateurs, neuf séances, quatre rouges et quatre blancs. «La dégustation est réalisée sans connaître le cycle lunaire en cours. La notation des vins se fait selon une grille formalisée».
 
Les résultats
«Le  type de jour influence essentiellement l’intensité aromatique et la structure des vins.»
«Aromatiquement les vins ressortiront plus complexes en jours fruit.»
«Pour les vins rouges, il est préférable de boire le vin en jour fruit pour avoir un vin ouvert au nez et une bouche dense et équilibrée. En jour fleur, le vin sera également agréable surtout au nez.»
 
Donc, eux aussi disent qu'il faut déguster les vins les jours fruits. Mais quels sont-ils ces jours fruits. Les calendriers lunaires ne sont pas tous d'accord.
 
On trouve plusieurs de ces calendriers sur le web. Ils ne concordent pas tous! Il y a même une application iPhone vendue sur iTunes. When wine taste Best (vidéo

Les jours fruits, selon Jardiner avec la Lune, c'est lorsque «la lune passe devant les constellations du Verseau, des Gémeaux, et de la Balance» 

 
Les prochains salons
D'après un calendrier lunaire Le Passeur de vin, ce sera jours fleurs les 31 octobre et 1er novembre pour Montréal Passion Vin; jours fleurs et feuilles pour le Salon des vins d'importation privée (1-3 novembre); jour feuille aussi pour le Salon des vins d'Italie du 5 novembre; et jour fruit le 6 novembre, mais racine les 7 et 8 pour La grande dégustation de Montréal. Puis, à la fin du mois, ce sera jours fruits pour les deux derniers jours de la Fête des vins du Québec (28,29 et 30).
 
Selon le calendrier lunaire biodynamique, il n'y a que 6 à 8 jours fruits par mois.
 
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Hébergement novembre Montréal

Il y a plusieurs salons des vins à Montréal en novembre.

Montréal Passion Vin (31 octobre et 1er novembre); le Salon des vins d'importation privée (1-3 novembre);  le Salon des vins d'Italie (5 novembre); le salon de La grande dégustation de Montréal, les 6, 7 et 8 novembre et la Fête des vins du Québec les 29, 30 er 31.

Si vous avez besoin d'hébergement, l'auberge Le Pomerol, offre un forfait pour amateurs de vin (129 $). L'établissement de 27 chambres est situé près de la gare d'autocars et de la station de métro Berri-Uqam. Mentionnez le code «vinnovembre» pour bénéficier de ce rabais.

Bernard-Massard Cuvée de L'Écusson Brut

C'est vendredi!
Depuis quelques semaines, chaque vendredi j'ouvre une bouteille de mousseux.
Ça fait plaisir à toute la maisonnée!
C'est une tradition... à établir.
Cette semaine, c'est un mousseux du Luxembourg.
Eh quelle belle surprise!
Étonnant de fraîcheur avec son acidité contenue et ses bulles qui pétillent légèrement sur la langue et au palais. Le fruité est assez gras. C'est savoureux (pomme, amande, brioche fine, pêche et poire) et persistant. Agréable.
C'est pas trop cher pour un mousseux fait de la méthode champenoise (deuxième fermentation en bouteille), dite traditionnelle en dehors de la champagne.
Vous n'êtes pas obligé de le boire en une journée; bien bouché, il se conserve trois jours au frigo.
Alc. 12,5 %.
Pinots blancs, riesling, pinot noir et chardonnay
En ligne et dans 148 magasins.

3 étoiles
Prix: 
19,75 $

Château la Tour de l'Évêque rouge 2012

Pour juger un vin, il ne faut pas seulement en prendre une pincée, mais en boire! Eh bien! Celle-là, je l'ai bu! (avec deux autres personnes)
Elle me semble encore meilleure qu'au printemps!
De la belle syrah avec un 2 % de cabernet sauvignon.
C'est juteux, coulant et fin.
Les tanins sont élégants.
Ça se boit avec grand plaisir.
Vendanges manuelles.
Alc. 13,5 %.
En ligne et dans 66 magasins.

3.5 étoiles
Prix: 
21,70 $

Des Québécois vont magasiner à Ottawa

Cinq autobus vont quitter Québec le 1er novembre pour aller déposer 260 Québécois qui feront des achats dans le magasin de la LCBO au coin Rideau et King-Edouard à Ottawa.

Le voyage est organisé par un animateur radio de Québec, Sylvain Bouchard du FM93, qui veut dénoncer les prix abusifs de la SAQ. Interrogé par le Journal de Québec, il dit «On veut envoyer un message à la SAQ. On s’en va magasiner notre vin de façon tout à fait légale à la LCBO»

Il y aurait même une liste d'attente de 250 noms. Donc, plus de 500 citoyens de la région de Québec ont ainsi accepté de débourser 20 $ pour aller acheter une caisse de 12 vins en Ontario. Une caisse de 12, c'est la limite permise par la loi.

«Les économies réalisées peuvent parfois dépasser 3 $ par bouteille», écrit le journaliste Pierre Couture dans le Journal de Québec de ce matin. Il donne comme exemple le Dogajolo qui est 17,85 $ à la SAQ, mais 14,60 $ en Ontario. L'article cite aussi le réputé sommelier de Québec Philippe Lapeyrie qui suggère d'en profiter pour «acheter des vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique qui ont de "l'âme" et une "colonne vertébrale" On peut payer jusqu'à 5 $ de moins par bouteille», dit l'article.

Le journal dit que «la direction de la succursale LCBO de la rue Rideau d’Ottawa a été mise au courant de cette visite de clients québécois et s’attend de vendre plus de 3000 bouteilles lors de cette occasion.»

Et ajoute qu'«au cours des derniers mois, l’écart de prix entre les bouteilles de vin vendues à la SAQ et à la LCBO s’est d’ailleurs creusé.»

Le vin est en moyenne 8 % moins cher en Ontario qu'au Québec. C'est en Alberta qu'il y a les meilleures aubaines. Le vin y est près de 40 % moins cher, selon les chiffres que nous avons extraits des tableaux de Statistique Canada.

En juillet dernier, Vin Québec a compilé les prix de 25 vins populaires au Québec, tous moins chers en Ontario. la différence de prix varie de 8 et 24 %. (voir ici)

La LCBO a encore près de 200 vins à moins de 10 $, contre 24 seulement à la SAQ. On trouve même en Ontario des vins à moins de 8 $ et quelques vins à moins de 7 $.

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  Voyages organisés en partance de Québec pour acheter du vin en Ontario
, Pierre Couture, Journal de Québec, 22 octobre 2014

Permettre aux commerces d’alimentation de vendre l’ensemble des vins

La Fédération des chambres de commerce du Québec demande au gouvernement de permettre la vente des vins et spiritueux dans les commerces d'alimentation.

«Le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement», dit le mémoire présenté hier à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise et à la Commission de révision permanente des programmes.

Actuellement, les commerces d'alimentation ne peuvent vendre que le vin acheté en vrac et embouteillé dans les usines québécoises, ce qui empêche l'achat de produits de meilleure qualité.

«Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables», dit la fédération.  «En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs.»

Ce qui ferait en sorte que «les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire ferait plus d’argent», selon la fédération.

La fédération dit que «la SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite;» et propose «d’aller nettement plus loin dans cette voie.»

Voici l'extrait du mémoire de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui concerne la SAQ.

«Distribution de vins et spiritueux - Le commerce de l’alcool doit demeurer une source de financement pour l’État. Notre objectif : accroître les revenus pour le gouvernement sans pour autant augmenter le prix pour les consommateurs. Pour ce faire, il est possible de réaliser des économies sur le plan de la distribution au détail de vins et spiritueux. Pour ce faire, le gouvernement devrait permettre aux commerces d’alimentation de petite, moyenne et grande surface de vendre l’ensemble des vins et spiritueux, à leur discrétion, plutôt que d’être limités à une gamme de vins comme c’est le cas actuellement. Le coût de distribution au détail dans les commerces d’alimentation du secteur privé est significativement inférieur au coût du réseau de succursales de la SAQ, notamment en raison des conditions de travail hors normes dont bénéficie le personnel en succursale par rapport à la moyenne du commerce de détail. En Europe et dans plusieurs juridictions, les vins et spiritueux sont vendus dans les commerces d’alimentation sans pour autant engendrer de problème d’alcoolisme supérieur à celui du Québec. Cette ouverture de la distribution au détail amènerait la SAQ à rationaliser son réseau de succursales, d’où des économies appréciables. En même temps, le nombre de points de vente augmenterait, au bénéfice des consommateurs. Les consommateurs paieraient le même prix pour les vins et spiritueux, mais la SAQ et son actionnaire feraient plus d’argent. La SAQ expérimente déjà ce concept à une échelle réduite; la FCCQ est d’avis que, sur la base de l’évaluation de cette expérience, il y a probablement lieu d’aller nettement plus loin dans cette voie.

La SAQ conserverait la fonction d’acheteur quasi monopolistique afin de conserver son pouvoir d’achat. Elle conserverait aussi un monopole sur la fonction de distribution en gros. En conservant ce monopole sur le gros, la société d’État s’assurerait d’imposer sa majoration sur l’ensemble du volume de vins et spiritueux distribués au détail. Par ailleurs, elle pourrait aussi continuer de mettre en valeur les produits québécois.» (FCCQ)

Des Challières, Côtes du Rhône Grande Réserve 2012

Une nouveauté !
Vous connaissez le Ventoux de cette maison, eh bien, voici le côtes-du-rhône.
C'est juteux, fruité fin aux arômes de violette sur une note d'épices. C'est droit, net et assez tendu.
Une belle présence en bouche. Coulant tout en étant bien serré. Belle tenue. Vraiment beau et bien fait.
Longue finale avec une petite pointe chocolatée.
Cépages: grenache, syrah et mourvèdre.
De la maison Bonpas (groupe Boisset). Bonpas qui signifierait «bon passage sur la rivière Durance entre Rome et Avignon». 
Alc. 14  %
Dans 179 magasins.
3 étoiles
Prix: 
14,95 $ à la SAQ | Réduit de 1,50 $ à 13,45 $ jusqu'au 8 novembre.

Le vin de Corse

Le vin de Corse est peu connu au Québec.
C'est une petite production: 48 millions de bouteilles, dont seulement 20 % est exporté.
Les principaux clients sont les États-Unis et l'Allemagne avec respectivement 2,6 millions et 2 millions de bouteilles. Le Canada est le 7e client avec le Japon et la Chine avec seulement 133 000 bouteilles.

Il n'y a que 22 vins de Corse à la SAQ et très peu de chaque: quelques dizaines de caisses dans quelques dizaines de succursales.

 
La Corse produit du blanc, du rosé, du rouge et du muscat un vin doux muté.

On fait du vin en Corse depuis longtemps, mais on n'y fait du vin de qualité que depuis quelques années. En 2008, on a lancé le plan de relance de la viticulture corse.

La viticulture a passé proche de disparaître de l'île; du moins la viticulture commerciale, lors de la fin des subventions pour le transport sur le continent.  Dans les années 1960-1970, on cultivait 25 000 hectares, aujourd'hui c'est 5,800 (équivalent du Chablis, trois fois moins qu'en Alsace, vingt fois moins que Bordeaux). On a arraché les plants de vigne en plaine.

Le plan de redressement de 2008 était prévoyant. On y lit que «le marché est en pleine évolution, les consommateurs quotidiens d’un produit d’entrée de gamme disparaissent au profit de nouveaux consommateurs à la recherche de qualité, d’originalité, d’éclectisme, mais également soucieux de leur santé. Le prix du produit peut être élevé s'il correspond aux exigences de ces nouveaux consommateurs.» Les axes de développement étaient la recherche de la qualité, l’innovation, et l’originalité.

Les autorités viticoles ont donc fait des recherches et mis en place une charte des bonnes pratiques viticoles. «Puis les compétences de l’ensemble des techniciens de la filière ont été mobilisés pour les mettre en application dans le vignoble et former les vignerons.» L'accent a été mis sur «la maîtrise de pratiques respectueuses de l’environnement.»

Il y a 300 000 habitants seulement en Corse, à peine plus qu'à Gatineau. Toutefois, il y a 3 millions de touristes par année.

Il y a 110 caves particulières et 4 coopératives.
Il n'y a pas de grands domaines. Peu dépassent 30 hectares.

Le climat est méditerranéen avec influence montagnarde et maritime. Plusieurs vignobles en AOC sont à plus de 140 mètres d'altitude.
Les Corses sont très fiers de leurs vins. D'ailleurs, on en trouve dans toutes les épiceries et dans la tous les restaurants. Dans plusieurs restaurants, il n'y a même que du vin corse.
Le vin représente la première exportation insulaire en valeur.

J'ai passé 17 jours de vacances sur l'île de Beauté. J'ai pu y boire une quarantaine de vins, surtout des vins de la Haute-Corse.
Je vais vous donner ici mes impressions générales.

De beaux rouges
Les rouges m'ont semblé bien plus intéressants que les blancs. Des vins rouges avec de belles acidités, du fruité légèrement épicé, des tanins fins, pas de boisé apparent. Des vins pour accompagner les repas.
Ils sont faits de niellucciu (sangiovese), de sciaccarellu et certains sont complétés avec de la syrah et du grenache.

 
Muscat
Le meilleur vin que j'ai goûté en Corse est un vin du domaine Gentile, un vin sucré, la Cuvée Authentique,
Un muscat non muté, donc non AOC. Mais beaucoup plus fin que les Muscats AOC Cap de Corse, qui sont souvent très longs en bouche, mais donnent une sensation de brulure en finale. Il est difficile d'en prendre deux verres.

Les blancs sans saveurs
Il y a beaucoup de poisson et de fruits de mer dans la gastronomie corse.
Évitez toutefois les langoustes qui sont horriblement chères et ressemblent à des queues de homard trop cuites et hargneuses.
Les poissons sont frais et bien présentés, mais les vins blancs que j'y ai goûtés ne sont pas à la hauteur. Ils sont faits de vermentino et sont sans arômes et presque sans saveurs.

 
Les rosés sont souvent friands et bien agréables.
Une belle note pour le muscat pétillant de la maison Casanova qui fut un bel apéritif à plusieurs reprises.

Notons aussi les bières Pietra et Colomba qui sont bien désaltérantes, ainsi que l'eau gazeuse Orezza qui m'a permis de bien digérer les repas copieux servis dans les restaurants corses.

Du vin en bidons de plastique
Au Domaine Lazzarini, les clients se présentent avec leurs bidons de plastique et M. Lazzarini se fait un plaisir de les remplir à même des citernes de rouge, rosé et blanc à 2,50 euros le litre.

Donc, il y a de belles découvertes à faire en Corse. Et ça bouge, de nombreux jeunes ont pris en mains des vignobles à flanc de coteaux. Les productions sont petites, les prix un peu élevés dans certains cas (8 à 20 euros). Toutefois dans les restaurants, les prix des vins sont raisonnables et pas beaucoup plus chers que dans les magasins, de 20 à 30 euros.

Fait remarquable, dans les restaurants et même sur les terrasses le personnel a presque toujours pu nous parler avec grandes précisions des vins qu'ils ont à leurs cartes.
 

Des coups de coeur
Plusieurs coups de coeur. En particulier pour les vins du Domaine Gentile à Patrimonio. Des vins plus fins et plus élégants. Une belle gamme de vins de grande qualité.

Voici des vins d'autres domaines qui m'ont paru très bons et que l'on devrait retrouver sur notre marché au Québec.

Domaine de Gioielli Coteaux du Cap Corse  - Petit fruit fin, un pur délice aie-je noté.
Domaine Renucci  Calvi rouge 2011 - Très beaux tanins, très bon.
Clos Colombu rouge 2013  - Épicé, élégant, rappelle certaines syrahs. Bien meilleur que son blanc. Des vins de ce domaine sont disponibles ici.
Domaine Fiumicicoli, rouge Sartène 2013 - Très beaux tanins, fruité épicé, très bon, bio. D'ailleurs, la plupart des vins de Corse sont bio. Il fait si beau, c'est sec, il vente souvent, donc, ils n'ont pas besoin de produits chimiques pour combattre les champignons et autres maladies.

Clos Venturi 1769 rouge 2012  -  Année de naissance de Napoléon, une vedette du coin avec Tino Rossi; niellucciu, sciaccarellu et un peu de syrah.
Clos Venturi rouge 2011  -  Costaud et très bon.
Petra Bianca, Figari 2011  -  Très différent, plus fruité, chocolaté, tout en ayant une belle acidité.
Domaine Pieretti, rosé Cap Corse  -  Rosé gris élégant, fin et délicieux. Les rosés que j'ai goûtés en Corse, m'ont, sauf un, paru très agréables.
Orenga de Gaffory rosé - Un rosé corsé, bien fruité, plutôt costaud, qui a bien accompagné l'agneau.
Domaine Orenga de Gaffory , Muscat Cap Corse  -  Un muscat fin.
Clos Capitoro blanc  - Agréable et facile à boire.
Orenga de Gaffory blanc  - Bien.
Domaine Saparale, Sartène blanc  -  Correct
Clos Nicrosi blanc 2012  -  Presque sans saveurs.
Les vins de Lazzarini  -  correct
Les vins du Domaine de Piana  -  correct.
 
Les cépages corses
Niellucciu
À la base de la renommée des vins de Patrimonio, on le trouve aujourd’hui dans
de nombreuses autres appellations. Frère jumeau du sangiovese. Ce cépage noir est le cépage principal puisqu’il représente 35% des surfaces. Arômes épicés, de réglisse et de petits fruits rouges. Bien charpenté.
 
Sciaccarellu
Sciaccarellu veut dire croquant. Il représente 15% des surfaces, surtout dans l'Ouest. Souple, fin, bouquet poivré et de garrigue.
 
Vermentinu
Cépage blanc, malvoisie de Corse. 17 % des surfaces. Le cépage principal de toutes les AOC blancs de Corse. Donne des vins très secs et acidulés.
 
En Corse, le o et le ou deviennent souvent u; et de prononce ou. Ils escamotent souvent la dernière syllabe des mots. Le Corse est un dialecte originaire du nord de l'Italie. L`île a été gérée cinq siècles par les Génois, de 1284 à 1768.
 
Les appellations
Les trois principales AOC sont
Patromonio 907 ha, 19,491 hl et 35 caves particulières;
Ajaccio 242 ha, 8175 hl. 12 caves particulières;
Calvi 276 ha 8141 hl et 12 caves particulières.
Puis Sartène 163 ha 6590 hl et 10 caves;
Figari 130 ha 4585 hl et 6 caves.
Porto-Vecchio 89 h 3220 hl et 6 caves;
Coteaux du Cap Corse 34 ha 969 hl et 5 caves.
Une appellation régionale: Vins de Corse avec 1456 ha 69 000 hl 19 caves particulières et 4 coopératives.
Vin doux muté Muscat du cap Corse sur 98 ha une production moyenne de 2800 hl par 35 caves particulières. (source dossier de presse Civc 2014)

Des chiffres sur la viticulture en Corse
5800 hectares
663 ha certifiés bio et 52 ha en conversion (Agence bio)
360 000 hectolitres (2013)
dont 110 000 hl en AOC.
100 000 hl sont consommés sur place.

60 000 hl exporté.
Le reste en France.
AOC
9 AOC 35 % de la production; IGP 61 % et vin de table 5 %.
AOC 55 % rosé; 31 % rouge; 14 % blanc.
AOC 60 % consommé sur place; 10 % export et 30 % continent.

IGP 60 % rosé; 20 % rouge et 17 % blanc. Sur place: 18 %, continent 56 % et 26 % export.
110 caves; 350 producteurs, 4 coopératives.
 

 
Site web du Comité interprofessionnel des vins de Corse
www.vinsdecorse.com
 

Le Lapeyrie 2015

«Mon boulot consiste à trouver de bonnes fioles à bon prix», dit Philippe Lapeyrie dans son dernier livre sur le vin. Philippe a abandonné la formule agenda du vin qu'il a publié les trois dernières années, pour nous présenter cette fois-ci un beau guide de 375 vins à bon prix.

Les prix vont de 9,25 $ à 49,50 $; la grande majorité en bas de 20 $.

Philippe sait nous dénicher de belles fioles. Lui et le sommelier Guillaume Gingras ont dégusté environ 1200 vins. La règle est simple, dit-il, «quand le produit nous charme, nous prenons des notes de dégustation, échangeons nos impressions et étoffons notre appréciation personnelle.»

Deux pages par vin recommandé, les descriptions sont belles, précises et font souvent saliver. «Une gorgée en appelle une autre», en parlant d'un mousseux.

«Une bonne quille doit être excitante, invitante, caressante, et nous faire saliver !»

«Un vin de soif, c'est frais, coulant, digeste, glissant et axé sur le fruit. J'adore ce type de vin ! »

Quelques-uns des «tops vins» de Philippe Lapeyrie: Élyssia, mousseux, 19,95 $. Les Tours La Hitaire blanc Gascogne 9,95 $. Mas des Tourelles, Oc 9,95 $.

Un guide pratique, format léger qui vous permettra de partir à la découverte de «bonnes quilles».
Chapeau Philippe!

Le Lapeyrie 2015
375 vins à déguster sans vous ruiner
Par l'auteur Philippe Lapeyrie
Les Éditions de l'Homme
ISBN : 9782761941181
272 pages
19,95 $

Reportages promotionnels des journalistes du Soleil ?

Confusion au quotidien Le Soleil

Voici comment l'emploi abusif (ou erroné) des mots «journaliste», «équipe», «reportage», dans un quotidien de Québec, peut semer la confusion.

J'écrivais ce matin :

Que pensez de cette proposition du quotidien Le Soleil de Québec envoyée aux entreprises qui vendent du vin ou des accessoires de vin?

«Le Soleil vous invite à participer à la réalisation d’un tout nouveau dossier spécialement conçu pour les mordus de bon vin qui sera publié au cœur de notre quotidien le jeudi 20 novembre 2014.»

«Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).»

2995 $ pour une page; 1555 $ pour 1/2 page... 650 $ pour 1/5 de page...

«À découvrir dans ce dossier :
• L’ABC du vin et de l’alcool  • L’art de la dégustation • Les nouveautés sur le marché  • La cote des vins  • Les accords vins et mets   • Les pastilles de goût  • Les accessoires  • Et plus encore !»

Ce qui m'a fait tiquer c'est «et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe)

Donc, si je vends du vin ou des accessoires de vin et que j'achète de la publicité, l'équipe rédactionnelle du quotidien Le Soleil va me faire un joli reportage promotionnel ! Est-ce bien cela ?

Que veut dire «Réservez votre espace publicitaire avant le 7 novembre et bénéficiez d’un reportage promotionnel (réalisé par notre équipe).» ?

Voici la réponse du Soleil
«Suite à votre courriel, en effet, nous offrons aux annonceurs dans ce dossier la possibilité d’avoir une collaboration rédactionnelle dans ce nouvel environnement, en effet, chacun des intervenants présents dans le dossier seront contactés par un de nos journalistes; une belle opportunité pour appuyer les positionnements.»

Ceux qui achètent de la publicité seront contactés par les journalistes du Soleil. Le travail des journalistes sera donc subordonné aux acheteurs de publicité!

Confusion
Suite à la publication de cet article, M.Frédéric Morneau, Directeur des ventes, cahiers spéciaux du Soleil nous dit, en fin d'après-midi, qu'il y a eu confusion dans le libellé du courriel; qu'on n'aurait pas dû mentionner le mot journaliste, mais qu'il s'agira plutôt «de rédacteurs publicitaires ou de pigistes qui appelleront les commerçants pour écrire un article qui ne sera pas signé et de plus le client aura droit de regard sur la rédaction finale de l'article. C'est le client qui approuvera l'article.» M. Morneau ajoute que ce sera une première au Soleil. Il dit qu'il est conscient qu'il peut y avoir confusion dans ce genre de publication, que malgré le fait que le mot «promotion» sera imprimé dans le haut de chaque page, qu'il se peut que le lecteur ne voit pas nécessairement que c'est de la publicité.
Le directeur principal de l'information du Soleil, Gilles Carignan, tient à me dire, aussi en fin d'après-midi, qu'aucun journaliste de la salle des nouvelles ne participera à ce cahier. 

En effet, il y a confusion dans l'emploi des mots «journaliste», «notre équipe», «reportage» de la part du personnel du quotidien.

Information ou publicité
Cette histoire (cet imbroglio) m'amène (en début de soirée) à poser une autre question.
Au lieu de laisser ce travail aux gens de la publicité, pourquoi l'équipe du Soleil ne fait-elle pas un vrai cahier d'information sur le vin avec de vrais journalistes (ou chroniqueurs vin ou auteurs) qui feraient alors de vrais reportages pour les mordus de bons vins?

Kouroum, Petit Noir 2009

Le vin de la semaine !

C'est étonnant ce que l'on peut découvrir par hasard, si on n'a pas trop de préjugés et si on est un peu aventureux.
Ce vin du Liban est d'un beau fruité éclatant, c'est frais, rafraichissant, rond, coulant, le fruité est succulent. Ce n'est pas explosif,  mais tout simplement digeste et très bon. Et surtout à ce prix.
Un bel assemblage de cinsault 50 %, de carignan 25 %, de grenache 15 % et de syrah 10 %, cultivés à une altitude de 1000 pieds.
pH 3.51, acidité 3.36g/l, sucre 0.9 g/l.
Alc. 14 %.
Servez-le à 14 degrés.
Dans 108 magasins.

3 étoiles
Prix: 
12,55 $
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