C'est le Pakistanais qui vend le vin!

Une publicité du syndicat de la Société des alcools du Québec a semé tout un émoi dans la presse canadienne anglaise.

Dans sa vidéo anti privatisation de 14 minutes, le syndicat Semb-SAQ fait entendre un Albertain qui dit «ici en Alberta, c'est le Pakistanais, ou c'est l'Indien qui ne connait rien du vin qui ne boit même pas du vin qui vend le vin.»

Après les protestations des médias anglophones, la direction du syndicat a promis d'enlever ce segment de sa vidéo.

Il est intéressant de noter qu'aucun média écrit n'a mentionné que l'Albertain en question est un noir et qu'aucun média francophone n'a mentionné cette controverse (du moins dans ce qui est rapporté par Google Actualité).

Vous pouvez voir et entendre l'extrait censuré sur le site de la Gazette de Montréal.

Les titres de Google News concernant la SAQ:

Quebec liquor store union sorry for offensive video CBC.ca
Union apologizes for racist remark in video defending Quebec's liquor monopoly
bnn
Quebec union apologizes for racist comments targeting Alberta's private liquor ...
CTV News
Union apologizes for racist remark shown in video defending Quebec's liquor ...
CTV News 
Union edits 'Indians' and 'Pakistanis' comment out of SAQ video
CJAD 
'Racist' comment to be excised from liquor-store video
Montreal Gazette
Racist wine video sparks outrage 
The Drinks Business

 

Les prix sont bons au Québec, dit le président de la SAQ

«Les prix sont bons au Québec, les prix sont dans la bonne moyenne» a dit le président de la Société des alcools du Québec à une émission radiophonique locale à Montréal ce matin. 1
«On ne paie pas plus cher... Les prix sont dans la bonne moyenne en Amérique du Nord... on fait une bonne job», dit M. Alain Brunet
Il dit qu'un blogue rapporte «1 ou 2 % d'écart».

Pourtant si on regarde les chiffres, on n'a pas le même portrait du tout.
«Les spiritueux se vendent en moyenne 11 % plus cher au Québec que partout ailleurs dans cette recherche, alors que pour le vin, il s’agit d’une différence de plus de 23 %.» 2

C'est ce qu'on lit dans le document de recherche Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux présenté par Maxime Péloquin pour l'obtention de sa maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Le chercheur a étudié les prix de 50 vins et de 50 spiritueux disponibles dans trois monopoles et dans trois grands magasins privés en Amérique du Nord.

Les monopoles sont ceux du Québec, de l'Ontario et de la Pennsylvanie. Les grands marchands privés sont Bev-Mo (Californie), 67 Wine and Spirits (New York) et Crown Wine and Spirits (Floride).

On y lit qu' «au final, 85 % des produits, quels qu’ils soient, se retrouvent à des prix supérieurs sur les tablettes des deux monopoles canadiens.»

Le résultat, pour le vin seulement, c'est 23 % plus cher à la SAQ que dans les 5 autres commerces, taxes et taux de change compris.
Comparé à l'Ontario, le vin est 7,63 % plus cher au Québec.

Même le monopole de la Pennsylvanie fait mieux que la SAQ et la LCBO. «En fait, cette société d’État (américaine) est même plus compétitive au niveau des prix que certaines entreprises privées utilisées dans la base de données», note M. Péloquin dans son mémoire de maîtrise.

1. 98,5 fm, Paul Arcand interroge Alain Brunet, 6 novembre 2014

2. «Le monopole d’État versus l’entreprise privée dans la vente de vins et spiritueux», Maxime Péloquin, École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke, avril 2014, 72 pages.

Feudo Principi di Butera, Syrah, Sicile 2011

De beaux arômes de fruits frais. Bouche ample, bien fruitée et caressante.
Les tanins sont bien enrobés par ce fruit généreux.
Longue finale. De la belle syrah. 
Alc. 13,5 %.
Dans 52 magasins.
3 étoiles
Prix: 
19,05 $

Le vin — Bien dans son assiette


L'émission Bien dans son assiette de la radio de Radio-Canada nous présente chaque semaine des reportages sur le vin. Ça se fait avec les sommeliers Robert Plamondon, Véronique Rivest et Jean-François Demers, ainsi qu'avec des vignerons, des journalistes et d'autres spécialistes. Ça va du sauvignon au bio, en passant par le champagne, la chimie, la taille, le vin de glace et le terroir.

Ces reportages audio peuvent être écoutés en ligne. J'ai fouillé dans les archives de l'émission et je retranscris ici les titres et les textes de présentations de ces reportages sur le vin et ses produits connexes. Les reportages font environ 11 minutes.

Cette page est mise à jour régulièrement.
Bonne écoute!

La relation amour-haine des Québécois avec l'alcool
Entrevue avec l'auteur Normand Cazelais sur le livre Boire et déboires
6 novembre

Le processus d'achat des vins d'importation privée avec Robert Plamondon
30 octobre

Les huîtres : mode d'emploi  Accords huîtres, vins et bières
23 octobre

Cum Laude 2010

Un beau vin de Toscane à la texture assez serrée, sur un fruité légèrement chocolaté. Tendu, assez vif, fruité. Bien agréable. Bien long.
Alc 14,5 %, mais n'y parait pas. 
Igt de Toscane, supertoscan, maison Banfi.
Cabernet sauvignon (30%), merlot (30%), sangiovese (25%), syrah (15%).
En ligne et dans 46 magasins.
3 étoiles
Prix: 
30,25 $

Barton et Guestier, Côtes du Rhône, Les Galets 2013

L'étiquette affiche syrah et grenache.
Un nouveau produit.
Bien aromatique, petits fruits et épices fines, même chose en bouche.
Juteux, coulant, peu tannique, belle vivacité. Finale longue et élégante avec une note d'épices. 
Digeste.
Alc. 13 %.

Réduit à 14,36 $ jusqu'au 8 novembre. Apportez une cenne noire!
Étrangement, plusieurs produits sont réduits à des prix impairs cette semaine. Des vins à 9,18 $; 11,93 $; 15,03 $... Si vous voulez en profiter pour vous débarrasser de vos cennes noires. Sinon la SAQ me dit que le prix «sera arrondi à l’avantage du client.»

Un très bon vin, d'un très bon rapport qualité-prix.
Dans 180 magasins.

3 étoiles
Prix: 
15,95 $ à la SAQ | Réduit de 1,59 à 14,36 $ jusqu'au 8 novembre.

Poggibano 2010

Tenuta Perolla, de la région de Maremme en Toscane. Du groupe San Felice.
Arômes de fruits noirs. Attaque sur le fruit, puis belle présence tannique et une finale veloutée.  Du costaud.
Corsé, ample, il laisse une belle impression en bouche.
Il serait intéressant d'en mettre quelques bouteilles en cave et de voir ce que cela donnera d'ici trois à cinq ans.
Merlot à 60 % et cabernet sauvignon. Treize mois en barriques françaises.
Poggibano est un vignoble de 2,5 hectares sur le domaine Perolla.
Acidité 5,2 g/l. Sucre 2,4 g/l.
Alc. 13 %.
En ligne et dans 48 magasins.

3 étoiles
Prix: 
22,10 $

Comment la SAQ fait disparaître des vins de moins de 15 $

Le nombre de vins à moins de 15 $ ne représente plus que 6 % de l'offre de la SAQ, alors que c'était 15 % il y a 5 ans.

Comment en est-on rendu là?
Les gens des relations publiques de la société d'État disent que c'est à cause de l'inflation et des taxes. Pourtant, l'inflation est minime et les taxes n'ont été haussées que de quelques 25 cents. La chef des relations publiques de la SAQ a même déjà laissé entendre que c'était parce que les Québécois voulaient des vins plus chers!

Ce n'est pas suffisant pour expliquer la chute du nombre de vins de moins de 15 $ au répertoire de la SAQ. Rappelons-le, les «petits vins» c'est 6 % du répertoire qui rapportent 58 % des ventes de la SAQ.

Alors comment on fait pour éliminer les vins de moins de 15 $?
La réponse est simple: on fait comme on a fait pour éliminer les vins à moins de 10 $.

Objectifs plus élevés pour les petits
Plusieurs stratagèmes sont employés. Je vais en mentionner deux ici. Le premier consiste à fixer des objectifs de vente plus élevés pour les vins moins chers.

Vin Alberta Québec

On a beaucoup comparé les prix des vins en Alberta et au Québec au cours de cette année dans les médias québécois.
En mai dernier, un journaliste du Journal de Québec, Pierre Couture, va faire une tournée en Alberta et nous rapporte que le vin y est moins cher, quelquefois 50 % moins cher.

Lundi, c'est une employée de la SAQ qui va y faire un tour et nous dit que certains vins y sont plus chers et d'autres moins chers.

Mais pourquoi se comparer avec l'Alberta? Pourquoi pas le Dahomey, le New Hampshire ou la Belgique?

Si l'on regarde les chiffres de Statistique Canada, l'Albertain dépense en gros le même montant que le Québécois pour l'alcool. Mais il y a alcool et alcool. Pour la bière, on est pareil. Nous dépensons 330 $ par année en bière. Mais pour le vin c'est bien différent. Le Québécois y consacre 339 $; pendant que l'Albertain dépense 193 $. Par contre, ce dernier dépense le double du Québécois en spiritueux.

Ventes de boissons alcoolisées par habitant de 15 ans et plu
pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013
(millions de dollars)
  Bière Vin Spiritueux Total
Québec 337 339 104 780
Alberta 332 193 235 761

www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/140410/dq140410a-fra.htm

Maintenant, les prix
Si l'on étudie le tableau 183-0015 de Statistique Canada, intitulé Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools, des producteurs de vins et des brasseries, selon la valeur et le volume, exercices financiers se terminant le 31 mars, et qu'on y extrait les chiffres concernant les ventes de vin en volume et en valeur pour l'Alberta et le Québec, on obtient le tableau suivant.

Ventes vin
Millions litres et dollars (2013)
  Alberta Québec
Litres 58 159
Dollars 614 2320
Prix moyen au litre de vin
10,58$
14,59$

On constate qu'il se vent trois fois moins de vin en Alberta qu'au Québec: 58 millions de litres contre 159 millions au Québec. L'Albertain n'a pas la réputation de s'ouvrir un petit rosé de Provence le vendredi soir, mais plutôt de se prendre une bonne Bud! En dollars, c'est 614 millions en Alberta et 2,3 milliards au Québec.

Ce qui nous donne un prix moyen au litre de vin de 10,50 $ en Alberta et de 14,50 $ au Québec.
Donc, le vin est en moyenne 38 % plus cher au Québec qu'en Alberta.

Le document de l'employée de la SAQ, diffusé sur le site de la CSN, nous apprend toutefois que les prix sont plus élevés dans les localités touristiques de l'Alberta et que plusieurs employés ne connaissent pas beaucoup le vin.

Revenons maintenant à Statisque Canada qui nous apprend que les ventes de vins en Alberta en volume ont augmenté de 36 % de 2009 à 2013. Au Québec, ce fut 12 %; soit trois fois moins.

En terminant, dans la vidéo de la CSN-SAQ, ils nous disent que si nous perdons la SAQ, nous perdrons sa marge de profit de 1 milliard. Ce qui est totalement faux. En effet, ils omettent de mentionner que l'Alberta n'a pas abandonné sa majoration en privatisant sa société d'État et que la province fait maintenant plus d'argent qu'avant en ne vendant plus d'alcool! (Il y avait 208 succursales en 1993 qui rapportaient 400 millions $ au gouvernement; mainrtenant c'est 1340 magasins privées qui rapporte 729 millions à la province).

_____

De l'alcool à prix imbattable, Journal de Québec, Pierre Couture, 27 mai 2004
Rouges et blancs au pays de l'or noir, SEMB SAQ CSN Vidéo de 14 minutes, 3 novembre 2014
Contrôle et vente des boissons alcoolisées, pour l'exercice se terminant le 31 mars 2013, Statistique Canada, 10 avril 2014
Privatiser la SAQ ne servirait ni l’État ni ses citoyens, dit la CSN, Le Devoir, 4 novembre.

La proportion de vins à moins de 15 $ est passée de 15 % à 6 %

La proportion de vins à moins de 10 dollars diminue constamment sur les rayons de la Société des alcools du Québec.

En 2009, sur les 6920 vins de la SAQ, 1040, soit 15 % étaient à moins de 15 $.
En 2012, cette proportion est tombée à 10 %.
En 2013, ça baisse à 8 %.
Aujourd'hui, la proportion de vins à moins de 15 $ n'est plus que de 6 %.
En 5 ans, nous avons perdu la moitié des vins de bon prix. On est passé de 1040 à 522.
La proportion de vins à moins de 15 $ est tombée de 15 % à 6 % au répertoire de la SAQ.

Nombre de vins sur les rayons SAQ
(Vins tranquilles au format de 750 ml)

Mars 2009
Nov 2012
Nov 2013
Nov 2014
-15 $ 1040 902 641 522
15 $ et +
5920 7357 7319 7735
total 6960 8259 7960 8257
 % - 15 $ 15 %
10 %
8 %
6 %
  @vinquebec.com

Comment en est-on rendu là?
Pourtant, de l'aveu même du nouveau président de la SAQ, en commission parlementaire, ces vins de moins de 15 $ représentent 57 % des ventes de la SAQ.

Les dirigeants de la SAQ semblent toutefois entendre la critique et réagir.
Alors qu'en mars dernier, sur les 83 nouveaux vins, seulement 5 étaient à moins de 15 $, soit 6 % de l'arrivage.

Aujourd'hui, sur les 74 nouveautés 23 sont à moins de 15 $; soit 31 %. Ils sont dans la section des produits courants.

Il semble donc que les dirigeants du monopole veulent maintenant acquérir des vins moins chers, afin de ralentir cette chutte de l'offre de vins à prix raisonnable!

 

Des Québécois envahissent la LCBO

Sur l'heure du midi, il y aura beaucoup de Québécois à la succursale de la LCBO de la rue Rideau à Ottawa.

 

En effet, 250 amateurs de vin de la région de Québec débarqueront dans le stationnement de la succursale principale de la société des alcools de l'Ontario à Ottawa.

 

Un animateur de la station de radio FM93 à Québec a nolisé 5 autobus pour amener des Québécois magasiner à Ottawa en guide de protestation contre les hausses continuelles de prix des vins au Québec et la réduction graduelle des vins à bon prix à la SAQ.

 

L'animateur radiophonique Sylvain Bouchard a baptisé cette opération «les vendanges des cols rouges». Il dit qu'il a 500 candidats à ce voyage, mais seulement 5 autobus.

Terroir Grinou, tradition, sauvignon blanc sémillon 2013

Alc. 10 %.
Ce vin affiche un taux d'alcool de 10 %.
On peut craindre que ce soit un vin légèrement sucré, mais non, c'est bien indiqué «sec» sur l'étiquette.
Comment font-ils? Des oenologues m'ont dit qu'ils leur étaient maintenant impossible de faire du bon vin en bas de 13 % d'alcool.
Pourtant celui-ci est bien bon!
Il a de beaux arômes de sauvignon (pamplemousse) dans être trop végétal. C'est floral, invitant. En bouche, on a la vivacité du sauvignon et la rondeur du sémillon. C'est sec, fin et vif.
En plus, capsule à vis et bio.
Il a bien accompagné les huîtres. (Essayez les délicates Raspberry Point de l'île du Prince-Edouard.)
Assemblage sauvignon et sémillon.
Château Grinou, Dordogne.
L'étiquette de ce vin ne mentionne pas d'appellation. Le vignoble est pourtant dans l'aire d'appellation Bergerac, mais le cahier des charges exige que le vin fasse 10,5 degrés d'alcool au minimum.
Dans 43 magasins.

À propos des huîtres, écoutez le beau reportage de l'émission Bien dans son assiette de Radio-Canada Les huitres comment les choisir et comment les déguster.

2.5 étoiles
Prix: 
17,15 $

Lambrusco, Monte delle Vigne 2013

Un mousseux rouge opaque!
Un mousseux bien tannique!
Oui, c'est surprenant, vous allez étonner vos amis et les faire sortir complètement de leur zone de confort. Certains vont même crier. 
Ne le servez pas trop froid, mais plutôt autour de 8-10 degrés, sinon il sera astringent, car il est d'une acidité bien vive qui accentue l'effet tannique. Certains producteurs recommandent même de servir le lambrusco entre 12 et 14 C.
C'est ample, très fruité (bleuet et jus de raisin frais), les bulles, le fruit et les tanins donnent une très belle présence en bouche. C'est sec, acidulé et mordant. La mousse est violette! Personne ne restera indifférent. Vous pouvez le servir dans une flute, un verre à vin ou encore un petit bol.
Cépage lambrusco, vendangé à la main. Méthode Charmat, cuve close. Région Émilie-Romagne.
En apéritif, avec les entrées, saucisses, jambons, porc.
Alc. 11,5 %
Dans seulement 18 magasins.
2.5 étoiles
Prix: 
18,05 $

Crémant d'Alsace rosé brut cave de Beblenheim

Un rosé costaud, très fruité aux bulles abondantes.
Cépage pinot noir.
Ne le servez pas trop froid.
Dans seulement 4 magasins pour le moment!
Alc. 12,5 %.

2.5 étoiles
Prix: 
19,50 $

La SAQ ne répond plus aux besoins des restaurants

De plus en plus de restaurateurs ne s'approvisionnent plus auprès de la Société des alcools du Québec.

Le phénomène est surtout visible dans les grands restaurants et bistrots de Montréal.

 
C'est la découverte surprenante que nous faisons à la lecture du livre Un sommelier à votre table.  
La sommelière Jessica Harnois y présente 50 sommeliers «incontournables» qui gèrent les cartes de vins de 50 «restos au cellier exceptionnel».
 
On y découvre que les cartes des vins de 43 de ces 50 restaurants sont composées très majoritairement de vins non achetés dans les magasins de la SAQ et non sélectionnés par les acheteurs de la SAQ! 
 
Seulement 6 des 50 sommeliers mentionnés dans le livre de Jessica Harnois s'approvisionnent surtout à la SAQ, 1 fait des achats moitié SAQ moitié importations privées; la plupart des autres ont une carte composée à plus de 80 % de vins hors SAQ et même plusieurs de ces restaurants ont une carte exclusivement de vins en importation privée.
 
Fini les achats à la SAQ
Pourquoi ces sommeliers n'achètent-ils plus ou presque plus à la SAQ qui a pourtant un répertoire de plus de 8000 vins? (L'offre en importation privée IP serait presque le double.)
 
Que cherchent ces sommeliers qui font les commandes de vins des plus réputés restaurants du Québec?
 
Bio, terroir, découverte...
Se distinguer, avoir une offre exclusive, plus de liberté dans les prix. Mais plus encore.
Voici ce qu'on lit dans le livre de Mme Harnois.
 
Marie-Josée Beaudoin et William Saulnier du restaurant Les 400 Coups (85 % en achat privé IP) «privilégient les petits producteurs qui travaillent dans le respect de la nature, que ce soit en agriculture raisonnée, biologique ou en biodynamie.» 
 
«Un penchant pour les vignobles qui expriment leur terroir», Jérôme Béloeil, Bu, 85 % IP.
«Satisfaire les nouvelles tendances», Simon Bergeron, Poivre Noir, 95 % IP.
«Recherche sans fin de nouveaux trésors», Isabelle Bordeleau, Maison Bolud, 80 % IP.
«Recherche de produits originaux, appellations nouvelles, vins digestes, sains, bio, biodynamie, qualité/prix.» Mario Brissoit, L'express, 85 % IP.
 
«Vins canadiens, vins respectueux de leur terroir». Jean-Michel Cartier, Auberge Saint-Gabriel, 87 % IP.
«Vins élégants, finesse, authentique, bio, biodynamie, nature». Nicolas Charron Boucher, Bouillon Bilk, 90 % IP.
 
«Découvertes à des prix raisonnables, vignerons artisans qui travaillent dans le respect de l'environnement». Èves Chateauvert, Le Continental Bistro, 80 % IP.
«Vins propres où rien n'a été ajouté», Hugo Duchesne, Laurie Raphaël. 95 % IP.
 
«De domaines familiaux, agriculture saine, pas utiliser de produits chimiques.»  Etheliya Hananova, Laurence. 95 % IP.
 
Friands de nouveautés, des vins de vignerons, petits rendements, de terroir, cépages indigènes, digestes, axés sur la fraicheur, moins puissants en alcool, respectueux du terroir, levures naturelles... Disent les autres.
 
Abandon de la SAQ
Les mots qui reviennent le plus dans les qualités recherchées pour être ajouté à leurs menus: bio, terroir, qualité/prix, sain, pas chimique, découverte, respect de l'environnement, artisans, nature...
 
Est-ce que la SAQ n'offre pas des vins qui répondent à ces critères souvent exprimés par la crème de la sommellerie québécoise?

Est-ce que les hauts fonctionnaires de la SAQ ont abandonné ce créneau des vins vendus dans la grande restauration? Vont-ils réagir, s'ouvrir à cette nouvelle réalité, répondre aux besoins de cette clientèle éclairée qui cherche de l'authentique, du vivant, du bio, du moins chimique, du neuf?
 
Ces vins demandés par les sommeliers devraient plaire à toute la population, pas seulement aux clients de ces restaurants. La population en général devrait elle aussi être en droit de s'approvisionner de ces vins que les sommeliers dénichent hors succursales. 
 
Le rapport annuel de la SAQ ne mentionne pas les importations privées! Ce serait plus de 5 millions de bouteilles. 
 

Il y a aussi un côté négatif à ce monde parallèle des importations privées comme le signalait le maître sommelier Jacques Orhon «Combien de vins de qualité que je connais, de producteurs floués aussi, resteront dans un marché marginal qui leur fera vendre quelques caisses de vins dont les amateurs n’entendront jamais parler?». (jacquesorhon.com)

Notons aussi que les vins en importation privée sont un peu plus chers puisque la SAQ se prend une cote supplémentaire de 10 %.

 
Un sommelier à votre table est un livre qui devrait plaire à ceux qui fréquentent ou qui veulent fréquenter les bons restaurants. On apprend à y connaître ces femmes, ces hommes et ces restos qui contribuent à bien nous alimenter de produits viniques de qualité. Le livre est plutôt montréalocentriste par le choix des restos et sommeliers, mais n'est-ce pas dans la métropole que sont concentrés les meilleurs restos du Québec?
 
Le monde du vin vu par des sommeliers, un angle original. Du beau travail de la sommelière Jessica Harnois et d'Alexandre Marchand, Édition Québec Amérique, 247 pages, 19,95 $.
 
Si vous voulez avoir une idée de l'offre de vin en importation privé, allez faire un tour au Salon des vins d'importation privée, organisé par le Raspipav, au marché Bonsecours, à Montréal, du 1er au 3 novembre.

Les meilleurs qualité-prix en blanc nous viennent du Portugal

Il est souvent difficile de trouver de très bons vins blancs à bon prix.
Plus difficile que les rouges, du moins ici au Québec dans le répertoire de la SAQ.
Il y a 2200 blancs contre 6400 rouges aujourd'hui dans ce répertoire.
Toutefois en cherchant bien et en en dégustant plusieurs, on finit par faire de belles découvertes.

Eh! Surprise! Les trois meilleurs rapports-qualité en vin blanc nous viennent du Portugal!
Il y a 199 vins du Portugal à la SAQ ces jours-ci, dont 38 blancs.
Alors, recherchez ces quintas. (Quinta veut dire domaine.)

Loureiro, Vinho Verde, Quinta do Minho 2013 Portugal 3,0 15,25$
Quinta da Ponte Pedrinha 2012 Portugal 3,0 15,30$
Quinta das Amoras Reserva 2012 Portugal 2,5 15,50$

Il reste peu du Minho (Migno), seulement dans 8 succursales. Toutefois, le Amoras est dans 48 succursales et le délicieux Pedrinha est dans 65 succursales.

D'autres vins blancs de bon rapport qualité-prix : vinquebec.com/vins-blancs-qualite

Pasqua Sangivese, Puglia 2013

Fruité, assez aromatique. Capsule à vis, donc bien aérer après avoir dévissé. 
Oui, en effet, les capsules à vis sont très étanches, donc au début le vin peut avoir des arômes réduits.
Ce vin des Pouilles a de belles saveurs de petits fruits, salades de fruits, framboises et cerise, avec une petite note végétale. Très belles saveurs aussi en retour de bouche.
Juteux et léger.
Un très bon rapport qualité-prix.
Servir à 16 degrés.
Alc. 12,5 %.
Produit régulier en ligne et dans 222 magasins.
2 étoiles
Prix: 
11,40 $

Pic Saint Loup, Domaine Zumbaum-Tomasi, Clos Maginiai 2008

Très aromatique fruits noirs, charbon. Bouche serrée, épicée et juteuse. Garrigue, violette, clou de girofle en finale.  Assez costaud. Belle texture tannique. Original. 
Très long. 
Cépages: 80 % syrah et 20 % grenache. Récolte manuelle.
Alc. 14 %.
En ligne et dans 24 magasins.
3 étoiles
Prix: 
25,65 $

San Felice Chianti-Classico 2011

Jusqu'en 1871, le chianti était un vin blanc. C'est le premier ministre baron Ricasoli qui ordonna qu'il soit dorénavant rouge. 
Il y a 61 chiantis classicos à la SAQ, tous à 19,90 $ et plus.
Ici, c'est un chianti classico relativement léger, doté d'une belle acidité, aux belles saveurs de fruits (cerise) légèrement acidulés, avec une note de noix. De beaux tanins assez fins. En finales, des nuances de thé ou de feuilles mortes.
Sangiovese, colorino et pugnitello.
Servez frais et aéré. 
Produit courant. En ligne et dans 166 magasins.
Alc 13,5 %.
2.5 étoiles
Prix: 
21,25 $

Aska Bolgheri 2012

Texture lisse. Beaux arômes de fruits chauds. Assez corsé. Tanins fins.
fruité assez persistant. peu acide.
De la maison Banfi.
En ligne et dans 57 magasins.
2 étoiles
Prix: 
26,20 $

Faire du vin sans sulfites

Comment faire du vin sans sulfites ou avec peu de sulfites ajoutés?
Les sulfites, appelés aussi soufre ou SO2 ont mauvaise réputation, surtout depuis qu'on est obligé d'en indiquer leur présence sur l'étiquette. Les vignerons veulent donc en réduire l'utilisation.

Lors de la vendange, les baies fraichement cueillies et le mout qui en résulte sont des cibles vivantes et chaudes qui peuvent facilement être polluées par des bactéries nuisibles qui spolient alors cette belle récolte.

C'est pourquoi on ajoute des sulfites pour tuer ces bactéries. Si on augmente encore plus la quantité de SO2 ont tue aussi les levures ce qui empêche le démarrage trop rapide de la fermentation. Dans ce dernier cas, on doit ajouter par la suite des levures sèches achetées dans le commerce pour démarrer la fermentation au moment voulu. C'est ainsi que procèdent la plupart des producteurs.

Mais il y a d'autres moyens d'empêcher la colonisation de la récolte par des bactéries indésirables. Le principe est simple: il s'agit de coloniser avec des microorganismes désirables qui en prenant toute la place empêchent les autres microbes de polluer la cuve.

Plusieurs techniques sont ainsi employés depuis trois ans. Le stade expérimental vient d'être dépassé par plusieurs et ces moyens commencent à se répandre dans les régions viticoles.

On a déjà parlé ici à Vin Québec, des vins de la série Naturae de Gérard Bertrand. Des vins sans soufre ajouté. M. Bertrand ne veut pas donner sa recette. Toutefois, d'autres donnent et même vendent leurs recettes.

Bioprotection
Ces techniques sont regroupés sous le nom de bioprotection.
Une de ces techniques consiste à ajouter des levures non-saccharomyces, des levures non fermenticides qui occupe la place désirée par les bactéries.

À Bordeaux, le groupe d'oenologues Eono-Team propose «d'occuper le milieu microbiologique avec des microorganismes connus (des levures ou des bactéries) qui permettent de contenir les populations indésirables. Ces microorganismes sélectionnés sont issus de la surface de raisins et ont été multipliés afin de pouvoir protéger la vendange», dit Eco-Team dans un communiqué de presse.

Ceci implique toutefois que la récolte soit saine. À la mise en bouteille, on fait tout de même un léger sulfitage. Château de Cérons à Graves utilise ce procédé.

Primafolia occupe le terrain
La maison oenoconseil Immélé propose, elle, un produit appelé Primafolia, c'est un mélange de levures, d’écorces de levures et de bactéries lactiques. «Très bonne occupation du terrain, limite le développement aux flores indésirables comme Brettanomyces ou les bactéries lactiques productrices d'amine biogène. Réduit l’oxydation des jus par captation d’oxygène.» (Fiche technique Primafolia)

Okay mange le SO2
D'autres proposent l'utilisation d'une levure consommatrice de SO2.
Les levures saccharomyces produisent elles-mêmes des sulfites, parfois en grande quantité (30 à 100 mg/l). Certaines levures reconsomment ces sulfites, d'autres non. Donc, il s'agit ici d'utiliser une levure qui consomme le SO2. C'est le cas de la Lalvin Icv Okay, développée par l’Icv, l'Inra, Sup'Agro et la firme de commercialisation de levures Lallemand.

Malo avant
Finalement, la maison CHR Hansen propose de faire la fermentation malolactique avant la fermentation alcoolique. On ajoute un produit appelé Nova lactobacillus plantarum dès l'arrivée au chai. «La FA s’enclenche (par levurage ou non), et au final, toutes les fermentations sont achevées au bout d’une dizaine de jours.» (Réussir Vigne)

Certains de ses procédés auraient aussi l'avantage de limiter la progression des levures Brettanomyces (qui donnent des odeurs d'écurie, de ferme) et de réduire la formation d'acidité volatile.

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La Lune influence-t-elle le goût du vin?

Il y a de ces jours où les vins sont très bons et d'autres jours où ils sont moins bons.
 
La texture d'un même vin peut nous sembler différente d'un jour à l'autre.
 
Vendredi dernier, avec quelques amis, nous dégustions une vingtaine de vins en préparation d'un vins et fromages. Et sauf, peut-être deux ou trois, il n'y a pas eu vraiment de coups de coeur. Des vins que nous connaissons semblaient moins bons que d'habitude, surtout les rouges.
 
J'ai alors demandé à la blague si nous étions un jour racine!
 
D'après le calendrier lunaire, nous sommes jour feuille aujourd'hui, donc les vins ne se goûteraient pas bien!
 
J'ai écrit un article à ce sujet en 2009, lorsqu'on a appris que les deux plus grandes entreprises d'achats de vin de Grande-Bretagne dégustaient les vins en fonction du calendrier lunaire.
Je vous invite à le lire ici si vous n'êtes pas familier avec le sujet.
 
De nouvelles recherches
Est-ce qu'il y a du nouveau sur ce sujet depuis 2009?
Peu de choses publiées, sinon une expérience menée l'an dernier chez le réputé producteur François Lurton.
 
On y a testé l’influence du calendrier biodynamique sur la dégustation des vins de la maison.  Neuf dégustateurs, neuf séances, quatre rouges et quatre blancs. «La dégustation est réalisée sans connaître le cycle lunaire en cours. La notation des vins se fait selon une grille formalisée».
 
Les résultats
«Le  type de jour influence essentiellement l’intensité aromatique et la structure des vins.»
«Aromatiquement les vins ressortiront plus complexes en jours fruit.»
«Pour les vins rouges, il est préférable de boire le vin en jour fruit pour avoir un vin ouvert au nez et une bouche dense et équilibrée. En jour fleur, le vin sera également agréable surtout au nez.»
 
Donc, eux aussi disent qu'il faut déguster les vins les jours fruits. Mais quels sont-ils ces jours fruits. Les calendriers lunaires ne sont pas tous d'accord.
 
On trouve plusieurs de ces calendriers sur le web. Ils ne concordent pas tous! Il y a même une application iPhone vendue sur iTunes. When wine taste Best (vidéo

Les jours fruits, selon Jardiner avec la Lune, c'est lorsque «la lune passe devant les constellations du Verseau, des Gémeaux, et de la Balance» 

 
Les prochains salons
D'après un calendrier lunaire Le Passeur de vin, ce sera jours fleurs les 31 octobre et 1er novembre pour Montréal Passion Vin; jours fleurs et feuilles pour le Salon des vins d'importation privée (1-3 novembre); jour feuille aussi pour le Salon des vins d'Italie du 5 novembre; et jour fruit le 6 novembre, mais racine les 7 et 8 pour La grande dégustation de Montréal. Puis, à la fin du mois, ce sera jours fruits pour les deux derniers jours de la Fête des vins du Québec (28,29 et 30).
 
Selon le calendrier lunaire biodynamique, il n'y a que 6 à 8 jours fruits par mois.
 
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Hébergement novembre Montréal

Il y a plusieurs salons des vins à Montréal en novembre.

Montréal Passion Vin (31 octobre et 1er novembre); le Salon des vins d'importation privée (1-3 novembre);  le Salon des vins d'Italie (5 novembre); le salon de La grande dégustation de Montréal, les 6, 7 et 8 novembre et la Fête des vins du Québec les 29, 30 er 31.

Si vous avez besoin d'hébergement, l'auberge Le Pomerol, offre un forfait pour amateurs de vin (129 $). L'établissement de 27 chambres est situé près de la gare d'autocars et de la station de métro Berri-Uqam. Mentionnez le code «vinnovembre» pour bénéficier de ce rabais.

Château la Tour de l'Évêque rouge 2012

Pour juger un vin, il ne faut pas seulement en prendre une pincée, mais en boire! Eh bien! Celle-là, je l'ai bu! (avec deux autres personnes)
Elle me semble encore meilleure qu'au printemps!
De la belle syrah avec un 2 % de cabernet sauvignon.
C'est juteux, coulant et fin.
Les tanins sont élégants.
Ça se boit avec grand plaisir.
Vendanges manuelles.
Alc. 13,5 %.
En ligne et dans 66 magasins.

3.5 étoiles
Prix: 
21,70 $

Des Québécois vont magasiner à Ottawa

Cinq autobus vont quitter Québec le 1er novembre pour aller déposer 260 Québécois qui feront des achats dans le magasin de la LCBO au coin Rideau et King-Edouard à Ottawa.

Le voyage est organisé par un animateur radio de Québec, Sylvain Bouchard du FM93, qui veut dénoncer les prix abusifs de la SAQ. Interrogé par le Journal de Québec, il dit «On veut envoyer un message à la SAQ. On s’en va magasiner notre vin de façon tout à fait légale à la LCBO»

Il y aurait même une liste d'attente de 250 noms. Donc, plus de 500 citoyens de la région de Québec ont ainsi accepté de débourser 20 $ pour aller acheter une caisse de 12 vins en Ontario. Une caisse de 12, c'est la limite permise par la loi.

«Les économies réalisées peuvent parfois dépasser 3 $ par bouteille», écrit le journaliste Pierre Couture dans le Journal de Québec de ce matin. Il donne comme exemple le Dogajolo qui est 17,85 $ à la SAQ, mais 14,60 $ en Ontario. L'article cite aussi le réputé sommelier de Québec Philippe Lapeyrie qui suggère d'en profiter pour «acheter des vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique qui ont de "l'âme" et une "colonne vertébrale" On peut payer jusqu'à 5 $ de moins par bouteille», dit l'article.

Le journal dit que «la direction de la succursale LCBO de la rue Rideau d’Ottawa a été mise au courant de cette visite de clients québécois et s’attend de vendre plus de 3000 bouteilles lors de cette occasion.»

Et ajoute qu'«au cours des derniers mois, l’écart de prix entre les bouteilles de vin vendues à la SAQ et à la LCBO s’est d’ailleurs creusé.»

Le vin est en moyenne 8 % moins cher en Ontario qu'au Québec. C'est en Alberta qu'il y a les meilleures aubaines. Le vin y est près de 40 % moins cher, selon les chiffres que nous avons extraits des tableaux de Statistique Canada.

En juillet dernier, Vin Québec a compilé les prix de 25 vins populaires au Québec, tous moins chers en Ontario. la différence de prix varie de 8 et 24 %. (voir ici)

La LCBO a encore près de 200 vins à moins de 10 $, contre 24 seulement à la SAQ. On trouve même en Ontario des vins à moins de 8 $ et quelques vins à moins de 7 $.

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  Voyages organisés en partance de Québec pour acheter du vin en Ontario
, Pierre Couture, Journal de Québec, 22 octobre 2014

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