Lambrusco, Monte delle Vigne 2013

Un mousseux rouge opaque!
Un mousseux bien tannique!
Oui, c'est surprenant, vous allez étonner vos amis et les faire sortir complètement de leur zone de confort. Certains vont même crier. 
Ne le servez pas trop froid, mais plutôt autour de 8-10 degrés, sinon il sera astringent, car il est d'une acidité bien vive qui accentue l'effet tannique. Certains producteurs recommandent même de servir le lambrusco entre 12 et 14 C.
C'est ample, très fruité (bleuet et jus de raisin frais), les bulles, le fruit et les tanins donnent une très belle présence en bouche. C'est sec, acidulé et mordant. La mousse est violette! Personne ne restera indifférent. Vous pouvez le servir dans une flute, un verre à vin ou encore un petit bol.
Cépage lambrusco, vendangé à la main. Méthode Charmat, cuve close. Région Émilie-Romagne.
En apéritif, avec les entrées, saucisses, jambons, porc.
Alc. 11,5 %
Dans seulement 18 magasins.
2.5 étoiles
Prix: 
18,05 $

Crémant d'Alsace rosé brut cave de Beblenheim

Un rosé costaud, très fruité aux bulles abondantes.
Cépage pinot noir.
Ne le servez pas trop froid.
Dans seulement 4 magasins pour le moment!
Alc. 12,5 %.

2.5 étoiles
Prix: 
19,50 $

La SAQ ne répond plus aux besoins des restaurants

De plus en plus de restaurateurs ne s'approvisionnent plus auprès de la Société des alcools du Québec.

Le phénomène est surtout visible dans les grands restaurants et bistrots de Montréal.

 
C'est la découverte surprenante que nous faisons à la lecture du livre Un sommelier à votre table.  
La sommelière Jessica Harnois y présente 50 sommeliers «incontournables» qui gèrent les cartes de vins de 50 «restos au cellier exceptionnel».
 
On y découvre que les cartes des vins de 43 de ces 50 restaurants sont composées très majoritairement de vins non achetés dans les magasins de la SAQ et non sélectionnés par les acheteurs de la SAQ! 
 
Seulement 6 des 50 sommeliers mentionnés dans le livre de Jessica Harnois s'approvisionnent surtout à la SAQ, 1 fait des achats moitié SAQ moitié importations privées; la plupart des autres ont une carte composée à plus de 80 % de vins hors SAQ et même plusieurs de ces restaurants ont une carte exclusivement de vins en importation privée.
 
Fini les achats à la SAQ
Pourquoi ces sommeliers n'achètent-ils plus ou presque plus à la SAQ qui a pourtant un répertoire de plus de 8000 vins? (L'offre en importation privée IP serait presque le double.)
 
Que cherchent ces sommeliers qui font les commandes de vins des plus réputés restaurants du Québec?
 
Bio, terroir, découverte...
Se distinguer, avoir une offre exclusive, plus de liberté dans les prix. Mais plus encore.
Voici ce qu'on lit dans le livre de Mme Harnois.
 
Marie-Josée Beaudoin et William Saulnier du restaurant Les 400 Coups (85 % en achat privé IP) «privilégient les petits producteurs qui travaillent dans le respect de la nature, que ce soit en agriculture raisonnée, biologique ou en biodynamie.» 
 
«Un penchant pour les vignobles qui expriment leur terroir», Jérôme Béloeil, Bu, 85 % IP.
«Satisfaire les nouvelles tendances», Simon Bergeron, Poivre Noir, 95 % IP.
«Recherche sans fin de nouveaux trésors», Isabelle Bordeleau, Maison Bolud, 80 % IP.
«Recherche de produits originaux, appellations nouvelles, vins digestes, sains, bio, biodynamie, qualité/prix.» Mario Brissoit, L'express, 85 % IP.
 
«Vins canadiens, vins respectueux de leur terroir». Jean-Michel Cartier, Auberge Saint-Gabriel, 87 % IP.
«Vins élégants, finesse, authentique, bio, biodynamie, nature». Nicolas Charron Boucher, Bouillon Bilk, 90 % IP.
 
«Découvertes à des prix raisonnables, vignerons artisans qui travaillent dans le respect de l'environnement». Èves Chateauvert, Le Continental Bistro, 80 % IP.
«Vins propres où rien n'a été ajouté», Hugo Duchesne, Laurie Raphaël. 95 % IP.
 
«De domaines familiaux, agriculture saine, pas utiliser de produits chimiques.»  Etheliya Hananova, Laurence. 95 % IP.
 
Friands de nouveautés, des vins de vignerons, petits rendements, de terroir, cépages indigènes, digestes, axés sur la fraicheur, moins puissants en alcool, respectueux du terroir, levures naturelles... Disent les autres.
 
Abandon de la SAQ
Les mots qui reviennent le plus dans les qualités recherchées pour être ajouté à leurs menus: bio, terroir, qualité/prix, sain, pas chimique, découverte, respect de l'environnement, artisans, nature...
 
Est-ce que la SAQ n'offre pas des vins qui répondent à ces critères souvent exprimés par la crème de la sommellerie québécoise?

Est-ce que les hauts fonctionnaires de la SAQ ont abandonné ce créneau des vins vendus dans la grande restauration? Vont-ils réagir, s'ouvrir à cette nouvelle réalité, répondre aux besoins de cette clientèle éclairée qui cherche de l'authentique, du vivant, du bio, du moins chimique, du neuf?
 
Ces vins demandés par les sommeliers devraient plaire à toute la population, pas seulement aux clients de ces restaurants. La population en général devrait elle aussi être en droit de s'approvisionner de ces vins que les sommeliers dénichent hors succursales. 
 
Le rapport annuel de la SAQ ne mentionne pas les importations privées! Ce serait plus de 5 millions de bouteilles. 
 

Il y a aussi un côté négatif à ce monde parallèle des importations privées comme le signalait le maître sommelier Jacques Orhon «Combien de vins de qualité que je connais, de producteurs floués aussi, resteront dans un marché marginal qui leur fera vendre quelques caisses de vins dont les amateurs n’entendront jamais parler?». (jacquesorhon.com)

Notons aussi que les vins en importation privée sont un peu plus chers puisque la SAQ se prend une cote supplémentaire de 10 %.

 
Un sommelier à votre table est un livre qui devrait plaire à ceux qui fréquentent ou qui veulent fréquenter les bons restaurants. On apprend à y connaître ces femmes, ces hommes et ces restos qui contribuent à bien nous alimenter de produits viniques de qualité. Le livre est plutôt montréalocentriste par le choix des restos et sommeliers, mais n'est-ce pas dans la métropole que sont concentrés les meilleurs restos du Québec?
 
Le monde du vin vu par des sommeliers, un angle original. Du beau travail de la sommelière Jessica Harnois et d'Alexandre Marchand, Édition Québec Amérique, 247 pages, 19,95 $.
 
Si vous voulez avoir une idée de l'offre de vin en importation privé, allez faire un tour au Salon des vins d'importation privée, organisé par le Raspipav, au marché Bonsecours, à Montréal, du 1er au 3 novembre.

Les meilleurs qualité-prix en blanc nous viennent du Portugal

Il est souvent difficile de trouver de très bons vins blancs à bon prix.
Plus difficile que les rouges, du moins ici au Québec dans le répertoire de la SAQ.
Il y a 2200 blancs contre 6400 rouges aujourd'hui dans ce répertoire.
Toutefois en cherchant bien et en en dégustant plusieurs, on finit par faire de belles découvertes.

Eh! Surprise! Les trois meilleurs rapports-qualité en vin blanc nous viennent du Portugal!
Il y a 199 vins du Portugal à la SAQ ces jours-ci, dont 38 blancs.
Alors, recherchez ces quintas. (Quinta veut dire domaine.)

Loureiro, Vinho Verde, Quinta do Minho 2013 Portugal 3,0 15,25$
Quinta da Ponte Pedrinha 2012 Portugal 3,0 15,30$
Quinta das Amoras Reserva 2012 Portugal 2,5 15,50$

Il reste peu du Minho (Migno), seulement dans 8 succursales. Toutefois, le Amoras est dans 48 succursales et le délicieux Pedrinha est dans 65 succursales.

D'autres vins blancs de bon rapport qualité-prix : vinquebec.com/vins-blancs-qualite

Offley, Late Bottled Vintage, Porto 2009

Foncé, aromatique, vineux, corsé, jeune, fruité ample, machu, de très beaux tanins. Un porto généreux.
35% touriga nacional, 30% touriga franca, 25% tinta roriz et 10% tinta cão 

Acidité: 5,46 g/l Sucre: 112 g/l.  pH: 3,31
.
Alc. 20,5 %.

En ligne et dans 205 magasins.

3.5 étoiles
Prix: 
19,95 $

Pasqua Sangivese, Puglia 2013

Fruité, assez aromatique. Capsule à vis, donc bien aérer après avoir dévissé. 
Oui, en effet, les capsules à vis sont très étanches, donc au début le vin peut avoir des arômes réduits.
Ce vin des Pouilles a de belles saveurs de petits fruits, salades de fruits, framboises et cerise, avec une petite note végétale. Très belles saveurs aussi en retour de bouche.
Juteux et léger.
Un très bon rapport qualité-prix.
Servir à 16 degrés.
Alc. 12,5 %.
Produit régulier en ligne et dans 222 magasins.
2 étoiles
Prix: 
11,40 $

Pic Saint Loup, Domaine Zumbaum-Tomasi, Clos Maginiai 2008

Très aromatique fruits noirs, charbon. Bouche serrée, épicée et juteuse. Garrigue, violette, clou de girofle en finale.  Assez costaud. Belle texture tannique. Original. 
Très long. 
Cépages: 80 % syrah et 20 % grenache. Récolte manuelle.
Alc. 14 %.
En ligne et dans 24 magasins.
3 étoiles
Prix: 
25,65 $

San Felice Chianti-Classico 2011

Jusqu'en 1871, le chianti était un vin blanc. C'est le premier ministre baron Ricasoli qui ordonna qu'il soit dorénavant rouge. 
Il y a 61 chiantis classicos à la SAQ, tous à 19,90 $ et plus.
Ici, c'est un chianti classico relativement léger, doté d'une belle acidité, aux belles saveurs de fruits (cerise) légèrement acidulés, avec une note de noix. De beaux tanins assez fins. En finales, des nuances de thé ou de feuilles mortes.
Sangiovese, colorino et pugnitello.
Servez frais et aéré. 
Produit courant. En ligne et dans 166 magasins.
Alc 13,5 %.
2.5 étoiles
Prix: 
21,25 $

Aska Bolgheri 2012

Texture lisse. Beaux arômes de fruits chauds. Assez corsé. Tanins fins.
fruité assez persistant. peu acide.
De la maison Banfi.
En ligne et dans 57 magasins.
2 étoiles
Prix: 
26,20 $

Faire du vin sans sulfites

Comment faire du vin sans sulfites ou avec peu de sulfites ajoutés?
Les sulfites, appelés aussi soufre ou SO2 ont mauvaise réputation, surtout depuis qu'on est obligé d'en indiquer leur présence sur l'étiquette. Les vignerons veulent donc en réduire l'utilisation.

Lors de la vendange, les baies fraichement cueillies et le mout qui en résulte sont des cibles vivantes et chaudes qui peuvent facilement être polluées par des bactéries nuisibles qui spolient alors cette belle récolte.

C'est pourquoi on ajoute des sulfites pour tuer ces bactéries. Si on augmente encore plus la quantité de SO2 ont tue aussi les levures ce qui empêche le démarrage trop rapide de la fermentation. Dans ce dernier cas, on doit ajouter par la suite des levures sèches achetées dans le commerce pour démarrer la fermentation au moment voulu. C'est ainsi que procèdent la plupart des producteurs.

Mais il y a d'autres moyens d'empêcher la colonisation de la récolte par des bactéries indésirables. Le principe est simple: il s'agit de coloniser avec des microorganismes désirables qui en prenant toute la place empêchent les autres microbes de polluer la cuve.

Plusieurs techniques sont ainsi employés depuis trois ans. Le stade expérimental vient d'être dépassé par plusieurs et ces moyens commencent à se répandre dans les régions viticoles.

On a déjà parlé ici à Vin Québec, des vins de la série Naturae de Gérard Bertrand. Des vins sans soufre ajouté. M. Bertrand ne veut pas donner sa recette. Toutefois, d'autres donnent et même vendent leurs recettes.

Bioprotection
Ces techniques sont regroupés sous le nom de bioprotection.
Une de ces techniques consiste à ajouter des levures non-saccharomyces, des levures non fermenticides qui occupe la place désirée par les bactéries.

À Bordeaux, le groupe d'oenologues Eono-Team propose «d'occuper le milieu microbiologique avec des microorganismes connus (des levures ou des bactéries) qui permettent de contenir les populations indésirables. Ces microorganismes sélectionnés sont issus de la surface de raisins et ont été multipliés afin de pouvoir protéger la vendange», dit Eco-Team dans un communiqué de presse.

Ceci implique toutefois que la récolte soit saine. À la mise en bouteille, on fait tout de même un léger sulfitage. Château de Cérons à Graves utilise ce procédé.

Primafolia occupe le terrain
La maison oenoconseil Immélé propose, elle, un produit appelé Primafolia, c'est un mélange de levures, d’écorces de levures et de bactéries lactiques. «Très bonne occupation du terrain, limite le développement aux flores indésirables comme Brettanomyces ou les bactéries lactiques productrices d'amine biogène. Réduit l’oxydation des jus par captation d’oxygène.» (Fiche technique Primafolia)

Okay mange le SO2
D'autres proposent l'utilisation d'une levure consommatrice de SO2.
Les levures saccharomyces produisent elles-mêmes des sulfites, parfois en grande quantité (30 à 100 mg/l). Certaines levures reconsomment ces sulfites, d'autres non. Donc, il s'agit ici d'utiliser une levure qui consomme le SO2. C'est le cas de la Lalvin Icv Okay, développée par l’Icv, l'Inra, Sup'Agro et la firme de commercialisation de levures Lallemand.

Malo avant
Finalement, la maison CHR Hansen propose de faire la fermentation malolactique avant la fermentation alcoolique. On ajoute un produit appelé Nova lactobacillus plantarum dès l'arrivée au chai. «La FA s’enclenche (par levurage ou non), et au final, toutes les fermentations sont achevées au bout d’une dizaine de jours.» (Réussir Vigne)

Certains de ses procédés auraient aussi l'avantage de limiter la progression des levures Brettanomyces (qui donnent des odeurs d'écurie, de ferme) et de réduire la formation d'acidité volatile.

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