Producteurs

Des vins de Charles Joguet

Dégustation avec Mme Anne-Charlotte Genet de la maison Charles Joguet qui exploite une quarantaine d’hectares, plantés de cabernet franc et d’un peu de chenin blanc, en culture biologique (en processus de conversion à la biodynamie), dans l’appellation Chinon en Touraine (Vallée de la Loire).

Premier vin : Silènes 2015 (ex- Cuvée Terroir), un assemblage parcellaire d’un superbe millésime. Vinifié en inox, avec macération pelliculaire, le vin est rubis, très aromatique, bien fruité (fruits noirs), épicé (poivre), pas très corsé, plutôt fin, avec une bonne acidité et une astringence assez marquée. La fin de bouche est un peu pointue, mais très fruitée.

Ensuite, une série de vins de 2014 (un autre très beau millésime de garde) commençant par Les Petites Roches (SAQ 13232679 à 25,25 $), qui passe habituellement 16 mois en cuve inox. Rubis plus foncé que le précédent, il est bien ouvert, bien typé cabernet franc, fruité, équilibré, avec une note florale, une fine astringence et beaucoup de fruit épicé en finale. Ce vin, fait pour être bu entre 3 et 5 ans est délicieux maintenant.

Suit la Cuvée de la Cure 2014, ayant également subi une macération pelliculaire, en plus de la malo en fûts de 5 vins et un élevage de 8 mois (parfois jusqu’à 12 mois) en fûts. Du même rubis que Les Petites Roches, ce vin est également bien ouvert, fruité, assez poivré, mais une belle note animale s’ajoute. Il est plus rond en bouche, plus soyeux, avec des tannins plus enrobés, et un très bel équilibre. La fin de bouche est juteuse et très fruitée. Tiendra encore quelques années.

Les Charmes 2014. Même macération cellulaire, même malo et élevage en barrique, même rubis, mais un nez plus discret, avec des fruits noirs bien mûrs. Il est moyennement corsé, assez vif, avec des tannins bien présents et un bon équilibre de jeunesse. Plutôt astringent en finale, il est un peu pointu, poivré et bien persistant.

On arrive aux vins de garde avec, d’abord, Les Varennes du Grand Clos 2014, issu de vieilles vignes de plus de 40 ans, sur une parcelle de 4,5 ha. Encore une fois, macération pelliculaire et malo et élevage en barrique (6 mois pour celui-ci, parfois jusqu’à 16 mois). Jusqu’à récemment, une partie des vignes (environ 1 ha) de cette parcelle étaient non greffées (franc de pied), mais ce n’est plus le cas; le phylloxéra a eu le dessus… pour le moment. La robe est rubis violacée, le nez intense, fruité (fruits rouges bien mûrs), très épicé, avec une légère note florale et un peu de bois. La bouche est grasse, ample, sur le fruit, bien fraîche, avec des tannins fins mais encore un peu asséchants, sans empêcher un très bel équilibre. La finale est bien sèche, légèrement astringente, fruitée et très longue. Prometteur, pour ceux qui auront la patience de l’attendre.

Le Clos du Chêne Vert est une parcelle pentue de 2 ha. Ce 2014 est rubis foncé, au nez plus discret (presque fermé), fruité, avec une note animale. La bouche est grasse, ronde, très fruitée et les tannins très fins, pour un équilibre impeccable. La fin de bouche est juteuse, bien fruitée, avec une belle astringence, du chocolat amer et une bonne persistance. À attendre au moins 5 ans, probablement le double. Le 2012 (13162261) est 61 $ à la SAQ Signature de Québec.

Le Clos de la Dioterie 2014 est également issu d’une petite parcelle (2,1 ha), mais de très vieilles vignes de plus de 80 ans. Il est vinifié et élevé comme le Chêne Vert, habituellement 25 mois, dont 18 en fût de chêne. Également rubis, mais plus clair que le Chêne Vert, il est aromatiquement un peu plus expressif, mais très semblable de style. Le corps est moyen, plus vif et plus fruité, mais aussi bien équilibré. La finale est juteuse et un peu plus fruitée. Même potentiel de garde. Le 2012 (13162279) est également disponible à la SAQ (64 $).

Suit un (rare) chinon blanc : le Clos de la Plante Martin 2013, fait à 100 % de chenin blanc. En Loire, 2013 est réputé être un très bon millésime, dont les vins blancs secs sont généralement encore jeunes, mais commencent à être accessibles. Cette parcelle de 3 ha, entièrement plantée de chenin blanc, sur un sol calcaire, vient tout juste d’être rattachée à l’AOC Chinon (en fait, ce 2013 porte toujours l’appellation Touraine). Le nez est intense, très fruité, citronné, minéral, avec de la cire d’abeille, du miel et une belle note florale : un chenin blanc classique. Il est gras en bouche (légèrement huileux), avec une acidité marquée (n’a pas fait la malo) et une finale très juteuse, bien sèche, très fruitée, un peu saline et très, très longue. Superbe! et encore bien jeune.

Trois vins matures ont suivi ; d’abord, Les Charmes 2009 (excellent millésime, qui devrait être à son apogée). Le vin est grenat avec encore des reflets rubis de jeunesse. D’intensité moyenne, il est surtout sur les fruits noirs; il est assez corsé, encore tannique, assez vif, très droit et équilibré. La finale est épicée et plutôt astringente. Décidément encore bien jeune.

Du millésime 2006 (très beau millésime, mais qui serait sur son déclin), d’abord le Clos du Chêne Vert. Grenat avec une couronne brique assez évoluée, il est bien expressif et complexe, encore fruité, très épicé, avec des notes florale, crémeuse, tertiaires. En bouche, il est fin, élégant, avec un très beau fruité, des tannins encore présents et un très bon équilibre. La fin de bouche est encore astringente, avec des fruits cuits et très persistante. Tout sauf sur son déclin.

Enfin, le Clos de la Dioterie 2006. grenat moins évolué que le Chêne Vert. Nez intense de fruits mûrs, de noix de coco (14 mois de vieux fûts), de chocolat amer, avec une légère note sauvage. Rond et gras en bouche, aux tannins soyeux, plus fondus; il est plus évolué (contrairement à la robe) que le Chêne Vert. Finale fumée, boisée, avec des herbes sèches. Un très beau cabernet franc à son apogée.

  Le site du producteur : www.charlesjoguet.com

  Les vins de Charles Joguet sont représentés au Québec par l'agence Roucet.

Les vins de Guillaume Nudant

Les vins sont faits pour être bus, pour être partagés, avec les amis, avec la famille. Et cela va même pour les vins de Bourgogne qui à cause de leur rareté et de leurs prix sont trop souvent devenus des objets de collections ou des vins de buveurs d'étiquettes. C'est résumé à grands traits le propos de Guillaume Nudant qui a pris la relève de son père au Domaine Nudant à Ladoix-Serrigny.

Guillaume est venu partager sa passion et quelques-uns de ses vins avec des amateurs d'Ottawa et de Gatineau en présence de son agent au Québec, Benoit Lecavalier de l'Agence Benedictus. Ce fut le premier domaine commercialisé au Québec par M. Lecavalier.


Benoit Lecavalier et Guillaume Nudant

Il faut dire ici que Guillaime aime bien le Québec ayant épousé une Québécoise qui avait fait un stage au domaine.

La vie n'a pas été facile pour ce producteur de Bourgogne depuis qu'il a pris la relève de son père. Les conditions climatiques n'ont pas été favorables ces dernières années. Les récoltes ont été très petites et parfois presque nulles à cause du gel et de la grêle. Le moral semble toutefois encore bon pour ce vigneron qui conduit ses 17 hectares de vignes sans engrais chimiques. Il utilise aussi des levures indigènes afin de préserver le gout de terroir de chacune de ses parcelles. Les vendanges se font à la main par une équipe de 40 à 80 personnes selon les années. Guillaume est aidé et conseillé par son père Jean-René et son grand-père André.

C'est dans une bonne année 100 000 bouteilles sous 24 AOP. Guillaume Nudant essaie de maintenir les prix au plus bas possibles, car «le vin est fait pour être bu», insiste-t-il. Il vend dans une quinzaine de pays.

Son Bourgogne, Pinot Noir, La Chapelle Notre-Dame 2105 est particulièrement délicieux. C'est un vin ample aux tanins bien fermes sur un fruité abondant. C'est juteux et bien serré. Un vin de plaisir déjà bien prêt à boire. Guillaume dit que les bourgognes du très chaud millésime 2015, sont moins acides et moins de garde. Ils se boiront plus rapidement.

Le Ladoix 1er cru La Corvée 2014 est bien fait malgré ce millésime difficile. Il s'améliorera au cours des prochaines années.

Le Volnay, 1er cru Les Santenots 2015 est riche, plein, bien tanique pour un pinot. À la fois ferme et élégant (95 $).

Voir aussi mes commentaires pour un vin blanc du domaine le Bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuits 2016.

Un amateur de la région (l'ami Louis) a aussi partagé deux vins de ce domaine provenant de sa cave. Un Ladoix La Corvée 2007 et un Aloxe-Corton la Coutière 2002 encore en pleine forme, juteux sur de baux tanins. Nous démontrant ainsi que ces vins sont bien de garde et s'améliorent en 10-15 ans. Guillaume affirme qu'ils peuvent s'améliorer encore.

Donc, ça nous redonne le gout du Bourgogne.

En vrac maintenant
Au sujet des vins nature. «Il faut les boire dans la région du producteur, aux alentours du vignoble.» Ils voyagent bien mal selon Guillaume Nudant. «Un vin qui sent le pet, c'est un mauvais vin, même si on le dit naturel.»

Au sujet de l'oxydation prématurée des chardonnays de Bourgogne. «C'est encore un problème. On cherche toujours la cause.» On n'a pas trouvé les raisons du vieillissement prématuré de ces vins.

Vous trouverez quelques vins du domaine Nudant à la SAQ. D'autres en commande privée auprès de l'agence Benedictus. Ce sont des vins produits en petites quantités, certains à moins de 1000 bouteilles, donc des arrivages périodiques et courts. De plus la direction de la SAQ exige que les vins soient vendus très rapidement, d'un à cinq mois selon les produits. Elle impose même des amendes si les agents ne réussissent pas à écouler les vins dans ces courts laps de temps. Donc, ces vins de qualité sont importés en petites quantités et s'écoulent bien vite.

  Le site du domaine www.domaine-nudant.fr

Barmès-Buecher

Des vins légers, agréables, bio, digestes...

Sophie Barmès est venue rencontrer des Québécois à Gatineau et à Montréal pour parler des vins de sa maison Barmès-Buecher. Du nom de deux familles qui se sont associées pour développer ce domaine de 17 hectares au sud de Cormar en Alsace.

Des vins, le plus nature que possible, bio et en biodynamie.
Les vins dégustés sont des vins secs. De plus, les rieslings n'ont pas des aromes pétrolées, du moins en jeunesse. Ils gagneraient ce caractère avec l'âge. Des vins frais, à boire jeune et pour certains d'entre eux, des vins de garde.

Les vins sont secs et c'est bien indiqué sur la contre-étiquette sur une échelle de sec à sucré. Il se peut que certaines années, les vins contiennent plus de sucre résiduel. Vu qu'on est en agriculture nature, on ne corrige pas. On respecte les millésimes, nous dit Sophie Barmès. Ça peut varier de 2 à 25 pour certains vins. Les Barmès-Bucher ont abandonné les trop irréguliers bouchons de liège naturels pour adopter les bouchons Diam fait de liège réduit en poussière et reconstituer.

Le Québec et les États-Unis sont les deux marchés importants pour Barmès-Buecher. Ils ont même fait une cuvée spécialement pour le Québec : la Trilogie 2015, un assemblage de 40 % de gewurztraminer, de 25 % de pinot gris, de 25 % de riesling et de 10 % pinot blanc, à 20 $.

Ils font une vingtaine de vins; 100 000 bouteilles au total, donc quelques milliers de chaque cuvée. 600 bouteilles de plusieurs sont souvent réservées pour le Québec. La SAQ a 8 de leurs cuvées aujourd'hui. La moins chère est le Crémant 2014 à 26,20 $. Un mousseux qui fait très peu de bulles, mais qui est floral, léger et délicieux. «Trop de bulles, c'est pour camoufler les défauts», nous dit David Pendon, son représentant à l'agence Oenopole. Ce crémant contient moins de 2 grammes de sucre.

Les rieslings sont secs et n'ont pas d'aromes d'hydrocarbure. Il faut absolument goûter au Riesling Grand Cru Steingrübler 2013 (51 $), du grand vin.

Le Pinot Gris Roseinberg 2014 (33,25 $) est d'une grande fraicheur, sec (2,7 grammes de sucre) et fruité fin. Le Gewurztraminer Roseinberg 2014 (33,25 $) est délicat, raffiné et élégant.

Ce sont des vins plutôt élégants qu'extravertis. Fins plutôt que gros. Des vins qui ne lassent pas, des vins pour la table, des vins digestes.
 


Sophie Barmès entourée d'amateurs de vin à la SAQ Casino-Gatineau.

Au sujet des bouchons Diam voir la vidéo préparée par la maison Hugel (3m46)
Site web de la maison Barmès-Buecher www.barmes-buecher.com

Il est à noter que les Alsaciens calculent quelquefois l'acidité en équivalence tartrique comme en Allemagne; alors que dans le reste de la France, on calcule en équivalence sulfurique. 4 grammes d'acidité sulfurique = 6 grammes tartrique.

Les 4 terroirs de Chateauneuf-du-pape

Qu'est-ce qui façonne le vin?
Est-ce le terroir?
Le vin a-t-il le goût, la texture du sol d'où il provient?
Les types de roches, de sables, de terre ont-il une grande influence sur le vin?
Certains disent que le sol est très important pendant que d'autres disent le contraire.

Il est difficile de trancher. Toutefois, un producteur nous permet de faire une expérience intéressante sur le sujet.

La maison Ogier en Châteauneuf-du-pape produit quatre vins qui sont faits de raisins provenant de quatre terroirs de Châteauneuf: les éclats calcaires; les safres (sable); les grès rouges; et les galets roulés.

Les quatre terroirs de Châteauneuf vus par Ogier

J'ai pu déguster ces quatre vins en compagnie de deux grands amateurs de vin. L'exercice s'est fait à l'aveugle. Les quatre vins sont élevés en cuve tronconique de bois de 110 hectolitres. Ils sont composés à 80 % de grenache. Les vinifications seraient en gros les mêmes. Trois sont du millésime 2011 et un de 2012.

Ils sont tous faits avec la même levure comme nous l'explique M. Édouard Guérin. «Les 4 vins sont fermentés avec une seule et même souche de levure. Le but est vraiment de limiter au maximum les paramètres pouvant influer sur la qualité du produit final. Nous voulons avoir un « extrait du terroir brut ». Nous imposons donc une souche de levure afin de s’assurer qu’une souche révélant plus telle ou telle caractéristique sur une cuve ne vienne pas « polluer » l’exercice que nous essayons de mener à bien.»

Voici les commentaires de dégustation

Grès Rouges 2011
Nez d'épices. Très belle bouche fruitée, agréable et facile à boire. Très beau.

Galets Roulés 2012
Nez de petits fruits des bois. Très beaux arômes. Très fruité en bouche, chaleureux et long. Préféré au précédent.

Éclats Calcaires 2011
Nez étrange de cuir et de vernis. Très aromatique. Puissant au nez. Bouche serrée décrite comme amère et acre par deux des dégustateurs. Le troisième a bien aimé.
Un vin défectueux selon deux des dégustateurs.

Safres 2011
Discret au début. Fruité fin, floral, très ouvert par la suite. Fruits frais et épices. Texture lisse. Qualifié d'élégant par deux dégustateurs et de mince par le troisième. Mon préféré.

Donc, des vins très différents. On en conclu à l'importance du sol dans les différents goûts et texture des vins. Toutefois, le troisième vin Éclats Calcaire pose problème. Selon deux dégustateurs, il est contaminé soit par une bactérie, soit pas une levure de type brettanomyces ou autre chose. Il a mal tourné! Ça ne vient probablement pas du sol. Le lendemain, dégusté de nouveau avec une quatrième dégustatrice qui le trouve horrible, pendant que je trouve moins mauvais que la veille!

Le vin provient des raisins de la vigne. Ces raisins sont fermentés en cuve. Lorsque l'on déguste des vins dans la cave d'un vigneron, nous constatons souvent que les vins des différentes cuves goûtent différemment même s'ils proviennent du même terroir.

Le vin se transforme donc diversement selon les cuves. Une cuve - un vin. Est-ce que la vie du vin en cuve a plus ou moins ou autant d'influence sur le produit final que la vie du raisin sur son terroir? Grande question!

Oui, le terroir contribue à faire le caractère du vin, mais il n'est pas le seul. Les levures transforment cette matière première et ces levures sont dans les cuves.

  Voir Expression de terroir Ogier.

Du vin sans soufre - Château le Puy

Du vin sans soufre qui voyage!
Du vin sans soufre qui ne craint pas la chaleur!
Du vin sans soufre qui s'améliore en vieillissant!
Du vin sans soufre qui est très bon!

On entend souvent dire que le vin nature, le vin sans soufre, doit toujours être conservé à moins de 14 degrés; qu'il ne voyage pas bien; qui doit se boire jeune... Ce qui semble vrai pour la plupart des vins nature.

Pourtant, nous avons bu cette semaine du vieux vin sans soufre qui a voyagé et qui n'a pas été conservé à 14 degrés! Et surtout, qui est très bon.

Des vins du Château le Puy 2014, 2012, 2011, 2010, 2001, 1990, 1964 et 1959. En rouge, rosé en blanc.

Jean-Pierre Amoreau du Château le Puy a fait le voyage de Bordeaux à Gatineau pour présenter ses vins aux habitués du bar à vin Soif de Véronique Rivest.

En pleine forme, le jeune homme de 77 ans nous explique avec enthousiasme comment lui et sa famille font le vin. C'est en culture en bio, en biodynamie, sans sulfites ajoutés, sans pesticides de synthèse, sans levures ajoutées.

Du très bon vin sans soufre ajouté, sans pesticides, sans levures ajoutées, c'est donc possible! Mais pourquoi alors des producteurs nous disent que c'est impossible ou trop difficile? «Si je peux le faire, tous peuvent le faire», nous répond Jean-Pierre Amoreau.

Avec son garçon, Pascal, les Amoreau en sont à la quatorzième génération sans chimique. «Mon grand-père était trop radin pour acheter du chimique lorsque les fabricants de bombes sont venus lui présenter leur nitrate et potasse après la Grande Guerre.»

Mont-Redon, la recherche de la pureté du fruit

Accroissement constant de la qualité!
Quand vous pensez que c'est bon, on peut encore faire mieux. C'est ce que semble se dire Jean Abeille. Ce vigneron de Chateauneuf du pape n'est jamais à court d'idées. Son cerveau travaille constamment, même la nuit à trouver des moyens d'améliorer son vin.
Régulièrement, il apporte des améliorations à son domaine Mont Redon.

Lors de notre dernière visite à son domaine, il nous a montré la dernière trieuse qu'il a fait installer. Hi tech et automatique. Un petit cerveau d'optique. Habituellement, les vignerons font le tri à la main sur une table de tri. Là inlassablement, plusieurs mains s'appliquent à enlever les feuilles, bibites, raisins non murs ou trop murs, branches et autres matières non désirables récoltées lors de la vendange.

Ça va vite, il en passe tout de même. Même lorsque la récolte est manuelle, la maturité des raisins est variable, même sur une grappe. Comment juger d'un coup  d'oeil rapide de la maturité d'un raisin parmi plusieurs centaines d'autres devant vous sur cette table de trie.

Le bon raisin
Alors interviennent la machine, la caméra et l'ordinateur de la nouvelle trieuse X Tri. Ça ressemble à une grande boite en métal, les raisins arrivent à gauche et sorte à droite. Au milieu, il y a un écran tactile.

Des Soave Pieropan : vins de garde

De magnifiques Soave 1989, 1992, 1995 et 1996.

Comment des vins blancs peuvent-ils vieillir si longtemps et devenir si beaux. Des vins de l'appellation Soave.

Pourtant, je lis sur Wikepedia que le soave «se conserve de deux à trois ans en cave.»
Dans le Nouveau guide des vins d'Italie de Jacques Orhon, nous lisons «durée de conservation de 1 à 4 ans.»

De 2015 à 1996 et même 1989, on est bien au-delà de ces limites!
Nous sommes donc ici en face de vins d'exception: de vins de la maison Pieropan.

Andrea Pieropan de la maison éponyme est venu en Outaouais présenter ses vins à des sommeliers de la région à l'invitation de la grande sommelière Véronique Rivest. Ça s'est passé au bar à vin de Véronique qui porte le nom de «Soif».

Pieropan est une maison de Soave qui existe depuis trois générations. Ils produisent des vins dans la zone de Soave Classico.

En blanc, ils ont le Soave Classico de basse, (dont je parlerai plus loin); puis deux vignobles très différents Calvarino et La Rocca; un rouge Valpolicelle nommé Ruberpan (dont j'ai déjà parlé et sur lequel je reviendrai); et un amarone que je mentionnerai à la fin de cet article.

Alois Lageder - Haut-Adige - des vins élégants

Alois Lageder est un producteur de vin du nord de l'Italie dans la région de l'Haut-Adige (Alto Adige). On y parle allemand et italien. Cette région qui était le Tyrol-du-Sud autrichien a été cédé à l'Italie après la guerre 1914-18.  C'est la région viticole la plus nordique de l'Italie. C'est au coeur des montagnes Dolomites aux pieds des Alpes. La région est bordée par l'Autriche au nord et par la Suisse à l'ouest.
 
Il y fait aussi chaud le jour qu'à Palerme, Naples ou Florence, mais les nuits y sont plus fraiches. Le sol du vignoble est composé principalement de calcaire dolomitique ce qui contribue au caractère minéral et fin des vins particulièrement des blancs. 
 
Les principaux cépages sont le pinot grigio, le gewurztraminer qui serait originaire de la région, le pinot bianco, le chardonnay et le sauvignon blanc. 
 
La maison Alois Lageder existe depuis 1823. C'est un domaine familial qui a en propre 50 hectares de vigne en biodynamie et fait des achats sur 120 hectares en partie en biodynamie. 
 
Alois Lageder a pris la relève de sa mère en 1974. Il prononce son nom la-gé-deur. De passage à Montréal, il nous explique l'importance de la culture bio et biodynamique pour lui «on doit être en symbiose avec la nature et non contré.». 
 
Il ajoute que «la plus grande difficulté en convertissant à la biodynamie est de convaincre le personnel.»
 
Par contre, «la vigne réagit vite et très bien! Elle devient plus résistante et moins stressée.»
La biodynamie donne des raisins qui maturent plus tôt, dit M. Lageder.
 
Enfin, il constate qu'avec la biodynamie, il y a beaucoup de vie dans le vignoble, donc plus de levures aussi, ce qui facilite le travail de fermentation et donne des vins plus originaux. 
 
Alois Lageder veut faire des vins élégants. Il nous a fait déguster 12 blancs et 2 rouges. Et la démonstration a été éloquente. 
 
Les vins commercialisés sous la marque Alois Lageder proviennent en partie de raisins achetés; tandis que ceux qui sont sous la marque Tenutae Lageder proviennent exclusivement des vignobles de la maison. 
 
 
 
 
  Site web du producteur www.aloislageder.eu


Borsao - Campo di Borja - Le pays du garnacha

Aragon, la capitale du garnacha, c'est de cette province d'Espagne que provient ce cépage qui s'est répandu en France sous le nom de grenache et en Italie ainsi qu'en Sardaigne sous le nom de cannonau.

«Le grenache c'est comme un homme: on peut en faire du bon et du mauvais», nous dit Iñigo Alberto Tamparillas un des directeurs de la Bodegas Borsao.
Aragon, c'est entre la Catalogne et la Rioja, traversées par le fleuve Èbre, Ebro en aragonais.

Tocado - Borsao - Tres Picos
Ce sont des noms assez bien connus au Québec. Ce sont des noms des vins de la maison Borsao de l'appellation Campo di Borja (plaine de Borja).

Bodegas Borsao c'est une entreprise qui regroupe trois coopératives de l'appellation. On y produit huit millions de bouteilles. C'est 620 vignerons qui sont les actionnaires de la compagnie. Ils cultivent surtout du grenache sur neuf types de sols sur des terres rocailleuses situées entre 350 et 800 mètres d'altitude.

Ces vignerons sont appuyés par trois agronomes qui parcourent régulièrement ce grand territoire de 2400 hectares. Il peut y faire chaud, c'est un climat méditerranéen l'été; mais l'hiver c'est l'influence de l'Atlantique qui s'y fait sentir. Le vent dominant est le Cierzo, et il vente fort!

Ces vignerons cultivent aussi de la syrah (11 %), du cabernet sauvignon (9 %), du tempranillo (8 %), du merlot (6 %), ainsi que du carinena, macabeo et autres.
La garnacha est l'un des cépages les plus plantés en Espagne après l'airén, le tempranillo et le bobal, mais avant le monastrell, le pardina, le macabeo et le palomino.

J'utilise souvent le nom de garnacha au lieu de grenache, car je crois que c'est comme deux parents séparés depuis plusieurs générations. Un peu comme la syrah et le shiraz.

Les vignes de Bodegas Borsao représentent 35 % de toute l'appellation Campo de Borja. Donc, c'est dire l'importance de la maison dans cette région près de la ville de Saragosse.

La bodega est surtout tournée vers l'extérieur. En effet, elle exporte 80 % de sa production. Ses principaux marchés sont les États-Unis, le Québec, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Nous recevons au Québec un peu plus d'un million de bouteilles (92 000 caisses l'an dernier).

Une particularité de la maison: on ne veut pas utiliser trop de bois. «Le chêne est utilisé modérément pour ajouter une certaine complexité au vin et non pour lui imposer sa présence», nous dit-on sur place.

Le leitmotiv de la maison: produire des vins qui seront considérés comme étant des bons achats qualité prix; «best value» qu'on dit en anglais.

Malgré la dimension de l'entreprise, la gamme des vins n'est pas étendue à l'extrême: soit une quinzaine de produits qui varient selon les pays d'expédition. Nous en avons huit au Québec.

Alto Moncayo
Borsao a aussi une participation dans le domaine Alto Moncayo. C'est un domaine de grandeur moyenne (62 hectares) planté de vieux garnacha sur un sol rouge d'argile et d'ardoise. Les plus vieux plants de vigne date de 1910 et les plus jeunes de 1967. Les vendanges s'y font en octobre avec un tri minutieux. La fermentation et la vinification y est plus classique espagnole en barriques neuves de chêne américain et français. Les vins ont pour noms: Veraton, Alto Moncayo et Aquilon.

Des vins commentés dernièrement:
Tocado 2012  9,45 $
Borsao Crianza 2010 15,25 $
Tres Picos 2011  22,15 $
Alto Moncayo 2010  43 $

 
Le site web de la maison bodegasborsao.com
Son représentant au Québec mdv.ca
Sept vins à la SAQ.

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Ce voyage de presse s'est fait à l'instigation de regroupements de producteurs. Il a été financé en partie par la Communauté européenne. D'ailleurs lors de notre visite dans les locaux de Borsao, deux fonctionnaires sont venus vérifier si la subvention était bien utilisée.

Raventos i Blanc — Cava un jour, Conca toujours

Connaissez-vous l'appellation Conca del Riu Anoia?

Ce n'est pas une appellation officialisée. Toutefois, c'est sous cette appellation que veut produire la maison Raventos i Blanc, près de Barcelone, dans le Penedès en Espagne.

Elle commercialisait ses vins sour la dénomination Cava jusqu'ici, mais elle rejette maintenant cette appellation.

Cava qui veut tout simplement dire «cave» en catalan et en espagnol est le nom qu'on donne aux mousseux espagnols produits dans plusieurs régions du pays de la Catalogne à la Rioja en passant par la Navarre.

La famille Raventos i Blanc dit qu'on produit de tout en cava, du bon et du moins bon. Elle réclame maintenant une appellation plus rigoureuse afin de produire et de garantir un mousseux de meilleure qualité sur un terroir mieux délimité.

Donc, la famille ne veut plus mettre le mot «Cava» sur ses étiquettes, mais plutôt «Conca del Riu Anoia» du nom de la région qui borde la rivière Anoia. Nous finirons par dire tout simplement Conca.

Manuel et son fils Pepe* ne veulent pas faire des imitations de champagne, mais des vins typiques de leur terroir, de leur cépage. De plus, ils font des vins millésimés. Ils ne veulent pas mélanger les millésimes comme en Champagne. Le millésime reflète le terroir d'une année, dit Manuel. (* Pepe n'est pas grand-père, mais est le diminutif de Joseph en Espagne.)

La région de Penedès est bien plus chaude que la champagne, alors les raisins sont plus sucrés, moins acides et on n'a pas besoin d'ajouter du sucre pour l'améliorer ou pour obtenir un bon taux d'alcool. De plus, les millésimes y sont de qualité plus régulière alors on n'a pas à accumuler de réserves pour relever les mauvaises années.

Rappelons aussi que la première bouteille de cava utilisant la méthode champenoise de prise de mousse en bouteille a été produite par Josep Raventós i Fatjó en 1879 au vignoble Codorníu.

Le domaine Raventos i Blanc
Aujourd'hui, la maison Raventos fait le cava (oups!) le conca, avec les cépages xarello, parellada, macabeu et monastrell. (On écrit zarello, xarel-lo et xarel·lo.)

Raventos ne met pas de liqueur d'expédition dans certains de ces concas. Ce qui donne des vins bien secs,  bien tendus, aux notes calcaires bien marquées, la mousse est fine et non agressive.

Raventos c'est 80 hectares, dont 60 de vignes.
La bodega est située juste en face de celle de Codorníu, des cousins.
Une partie des raisins est achetée chez des producteurs des environs.
La production totale est de 700 000 bouteilles.

Les vins
Les vignes sont très belles. On sent un effort certain pour préserver l'environnement dans le vignoble.
Le terroir est calcaire et ça se sent et se goûte dans les vins. La finale en bouche est souvent calcaire, on a une impression de craie et ceci n'est atténué par aucun sucre, créant même une certaine sensation de sécheresse. Ce qui en fait des vins plus de table que d'apéritif.

Le taux d'acidité très élevé — à un pH inférieur à 3 — fait que ces vins résistent admirablement bien à l'oxydation et s'améliorent après quelques années de cave. (voir Importance du pH)

Deux vins de la maison Raventos sont disponibles actuellement à la SAQ. Le de Nit 2010 rosé et L'Heureux. (Voir les commentaires plus bas.)

La maison Raventos i Blanc fait d'autres vins, dont le Silencis, non disponible au Québec, un vin tranquille pure xarel-lo, gras, parfumé et au fruité très persistant.

Il y a 346 mousseux et champagnes sur les rayons de la SAQ aujourd'hui, dont de 226 de France; 59 d'Italie et 21 d'Espagne.

  Site internet de Raventos i Blanc www.raventos.com

Sylvain Fadat, Domaine d'Aupilhac

Certains vins sont connus par le nom du domaine, d'autres par le nom du vigneron. Ici, je crois bien que Sylvain Fadat est plus connu que son domaine.

Il faut aller chez Sylvain Fadat, sa cave est au milieu du village de Montpeyroux. Ce qui est assez original, car en général, les caves sont loin à la campagne.

Il faut dire que Montpeyroux est un petit village. Devant la maison de Sylvain c'est la grand-rue, derrière c'est le vignoble. Au rez-de-chaussée, c'est boutique de vin.

La cave a été créée en 1989. Les premières cuves ont été des citernes de camion-citerne recyclées. La cave n'en était pas vraiment une puisqu'elle n'avait pas de toit.

Maintenant tout est bien rabouté et au frais. Il faut aller dans cette cave et goûter syrah, mourvèdre et carignan à même les barriques. De pures délices.

Domaine d'Aupilhac c'est Aupilhac et Cocalières.
Aupilhac, c'est 13 hectares à 100 mètres d'altitude orientée sud-ouest sous le château du Castellas (XIe siècle). C'est mourvèdre, carignan, syrah, grenache et cinsault.

Puis Cocalières, un plateau de 8 hectares achetés à 350 mètres d'altitude. Pas cultivée depuis deux siècles. Avec le réchauffement climatique, il faut monter la vigne pour conserver la fraîcheur et obtenir de belles acidités. Sur ce plateau, près de la bergerie, on a de la roussanne, de la marsanne, de la rolle (souvent appelé vermentino), du grenache blanc, du grenache noir et d'autre syrah et mourvèdre.

«Le but est de produire des vins qui auront, grâce à l‘altitude, des équilibres acidités/alcool plus élevés ainsi que des arômes plus frais sans que la profondeur et la sève du vin en soient diminuées.»

Mourvèdre et carignan sont les cépages principaux du domaine.
Les vendanges sont à la main, les levures sont indigènes, et le tout est bio.

«Nous mettons l'ensemble de nos vins en bouteilles par gravité, sans passer par un filtre. Les périodes choisies sont en fonction du cycle lunaire c'est-à-dire en lune décroissante, montante et période fruit.»

La maison fait gîte: deux appartements de deux chambres. C'est beau et bien entretenu. À 36 kilomètres de Montpellier.

Sur la place de Montpeyroux, il ne faut pas manquer la terrasse du Mimosa, sa cave à vin et son bistrot, où nous a mené un autre vigneron réputé du coin, Olivier Julien.  Entrez et voyez la sélection extraordinaire de vins de la région et d'ailleurs.

Domaine d'Aupilhac
Des vins dégustés sur place.

Lou Maset 2012
Fruité, souple et léger. 11096116  14,35 $

Montpeyroux 2010
Fruité épicé, Rude encore bien jeune. pH 3,45. Il faut carafer et attendre.
Le 2011 a des tanins plus fins, pH 3,6, à boire avant le 2010.  856070  20 $

Les Cocalières rouge 2010
Un bon cran au-dessus des précédents. Très bon.
Le 2011 encore plus fruité, épicé et très long.  11096108   28 $

Le Clos Aupilhac Montpeyroux 2009
Riche, beau fruit sur beaux tanins.
2010, grappes entières, carignan, mourvèdre et syrah. Costaud, riche et ample. Tanins magnifiques.  11990476   61,75 $

Les Servières 2012
Cinsault centenaire. Beau petit fruité, sec, long et original.

Le Carignan 2011
Une belle texture tannique sur une masse de beaux fruits. Un régal. Des vignes de 60-70 ans. Carignan, mourvèdre et syrah.

La Boda 2010
Serré, d'une belle astringence. Jeune. Mourvèdre et syrah.

Nous avons goûté de vieux millésimes chez Sylvain Fadat. Le 1994 encore très bon. Des vins pour la garde!

www.aupilhac.com

Gérard Gauby

On connait du Roussillon les vins rustiques et alcooleux. Mais cela est en train de changer. Plusieurs producteurs réussissent à faire des vins assez raffinés sous ces climats chauds et ces sols à petits rendements. C'est le cas de Gérard Gauby, sa femme Ghislaine et leur fils Lionel.

Les vins de Gérard Gauby étaient lourds et alcooleux, ce qui plaisait à certains.
Ça va changer, le père et le fils Lionel veulent des vins plus digestes.

Ces vins de dégustation qui ont fortement impressionné certains critiques de vins et consommateurs de vins costauds ou de religieux biodynamiques ces dernières années devraient devenir des vins de table plus fins, plus élégants, plus buvables.

Gérard Gauby dit ne plus travailler en biodynamie, mais il en suit les principaux principes. Il dit ne pas vouloir être restreint dans ses choix de culture.

Le domaine Gauby est situé près du hameau de Calce à 20 km au nord-ouest de Perpignan.

Gérard a reçu 5 hectares de son grand-père dans les années 80, c'est maintenant 45 hectares de vignes éparpillées et entourées par 40 hectares de garrigues et de forêts de chênes. Ce qui forme un ensemble de collines bucoliques bien loin des océans de vignes de certains «châteaux».  Ces arbres et ces garrigues qui entourent les vignes assurent une biodiversité bénéfique et un équilibre naturel. On sent la vie, il y a des insectes, des oiseaux, des animaux et aussi des sangliers qui aiment bien trop eux aussi les raisins. Gérard tente de les restreindre avec quelques clôtures électriques.

Le sous-sol est composé de strates verticales de schistes, de calcaires et de marnes. La verticalité de ces strates permet aux vignes parfois vieilles de 120 ans de s'enfoncer profondément dans le sol.

Gérard dit qu'il n'a pas l'intention d'agrandir. «Ces 45 hectares me donnent amplement de travail». Il se consacre maintenant à ce qu'il aime le plus: la vigne; laissant la vinification à son fils Lionel. La dame de la maison s'occupe des ventes. Gérard déteste l'avion; alors pour le rencontrer, il faut aller au fond de sa garrigue.

Dans le Roussillon, la Catalogne Nord
Les Gauby n'utilisent pas de produits chimiques, ni de produits de synthèse. Ils emploient des produits maison à base d'une vingtaine de plantes, du compost et des huiles essentielles.

La famille produit un grand nombre de vins, en blanc et en rouge que nous avons dégusté en cave. Tous des vins de caractère.

Gérard et Lionel font beaucoup d'expérimentations. Gérard nous dit qu'il ne faut pas faire à la vigne que ce qu'on apprend à l'école d'oenologie. «Il ne faut surtout pas écouter les oenologues. Il faut faire le contraire de ce qu'ils disent.»

Après la biodynamie, il découvre maintenant sa propre voie en bio.

Une particularité du domaine: il ne laisse plus pousser l'herbe naturelle entre les rangs de vigne. Il y sème des plantes et des fleurs; les laisse pousser un peu; puis les couche afin que cette végétation continue de végéter, sans mourir, mais sans être trop forte et sans consommer trop d'eau. Ces fleurs et plantes protègent le sol, l'engraissent et assurent une bonne biodiversité.
Puis tout autour, il y a des arbustes, des arbres.
Des fleurs, des couleurs, des insectes, des oiseaux dans ces vignes. C'est vivant!

Alors, une famille de vignerons à suivre.
Essayez leurs blancs. Ils sont étonnants de fraîcheur.

   Le site du producteur www.domainegauby.fr

Ce voyage a été fait à l'invitation de producteurs d'Espagne, du Roussillon et du Languedoc et financé en partie par l'Union européenne.

On cherche un riesling d'Alsace sec: on peut se fier à Hugel

Hugel c'est un nom bien connu au Québec.
Un Alsacien classique!

Étienne Hugel était de passage au Québec au début de mai pour faire déguster plusieurs vins de sa famille.

Il a appris une mauvaise nouvelle en arrivant au Québec le 1er mai. Son Riesling sera «délisté». «Il sera déclassé de la section des produits courants à celle de produits de spécialité», nous dit-il, dépité, lors d'une dégustation dans un gratte-ciel de Montréal. «Mon grand-père était là lorsque ce Riesling est arrivé à la SAQ!»

Ce qui signifie qu'il ne sera plus dans la liste des produits courants de toutes les succursales, mais dans la section des spécialités des succursales qui le voudront. Ce sera le même sort pour le Gewurztraminer.

Le Riesling 2011 est pur, net et bien sec avec seulement 3 grammes de sucre et une acidité bien élevée à 7 grammes (pH 3,07) 18,25 $ (42101). Disponible en ligne et dans 126 succursales.

Le Gewurztraminer 2011 est ample et fruité sur une belle note minérale. Légèrement sucré avec 8,6 grammes pour 4,5 d'acide (pH  3,51) à boire en apéritif, sur la cuisine épicée et les fromages.
(329235)  18,25 $. En ligne et dans 183 succursales.

Le Gentil 2011, lui, reste dans les produits courants. Il a de belles saveurs de fruits exotiques, c'est aromatique et bien savoureux. Très sec (sucre 0,8; acidité 7,74 pH 3,29).
C'est un gentil assemblage de cépages alsaciens: sylvaner & pinot blanc 48 %; pinot gris 18 %;  riesling 16 %; gewurztraminer 11 % et muscat 7 %. Pour accompagner les poissons grillés et fruits de mer.  (367284)  17,70 $ en ligne et dans 306 succursales. (14,95 $ dans 136 succursales en Ontario)

En rouge, la maison Hugel nous présente un Pinot noir 2009 (744748) 21,70 $ bien sec, juteux et agréable à boire. (ph 3,59). En ligne et dans 54 succursales. Le Pinot Noir Les Neveux 2009 (80 $ - non disponible) est encore meilleur.

La maison fait plusieurs autres vins non disponibles ici comme ce Pinot Gris 2010 (nouvelle étiquette) riche et assez gras. (20,50 $)

Le Riesling Jubilée 2007 sur sous-sol de schiste est un vin de garde. (49,75 $) Non disponible pour le moment.

Et que dire des douceurs que sont le Gewurztraminer Vendanges Tardives 2005 exubérant avec son beau fruité sucré. (49 $ en demi-bouteille en septembre prochain).

Mon préféré le Gewurztraminer Sélection de grains nobles 2007 onctueux (170 g de sucre (140 $).
Le préféré de plusieurs, le Riesling Sélection de grains nobles 2009 agréable et persistant. (150 $)

Hugel et Fils a beau être une maison classique, elle se met à la page sur Internet. Son nouveau site internet est bien informatif.     http://www.hugel.com

Voir Étienne, Marc et André Hugel qui nous parlent de leurs vins:


 

pH: mesure de l'acidité
Les vins ont en général un pH de 3,00 à 4,00. Plus le chiffre est élevé, moins c'est acide. Un écart de 0,1 pH correspond à une variation de 25,9 %.

Un vin qui a un pH de plus de 3,5 est souvent considéré comme peu acide; moins de 3,5, alors on note l'acidité. On ne perçoit pas l'acidité directement en bouche, mais plutôt le mélange acide et salive. La production salivaire varie en quantité de 1 à 15 selon les individus. C'est dire alors la différence de perception qu'il peut y avoir d'une personne à l'autre.

Pour un vin sec, plus le pH sera près de 3, plus il sera jugé acide.

L'eau pure à un pH de 7; le jus de citron de 2,4; le vinaigre de 2,9; les jus d'orange et de pomme de 3,5; le jus de tomate de 3,8; la bière 4,5; le lait de 6,5. La salive humaine a un pH de 6,5 à 7,4. L'acidité est équilibrée par le sucre. Alors, plus il y a de sucre résiduel moins le vin paraîtra acide.
Voir aussi : L'acidité dans le vin.

Gregory Patriat et Jean-Claude Boisset

Un vinificateur et une marque de prestige.

Vous connaissez sûrement le groupe Boisset présent en Bourgogne et en Beaujolais depuis 1961. La famille Boisset regroupe les domaines et marques Jaffelin, Vougeraie, Ropiteau, Bouchard Aîné et fils, J. Moreau et fils, Louis Bernard, Mommessin, Thorin, etc.

Dans cette famille, il y a aussi la maison Jean-Claude Boisset créée au début des années 2000 en l'honneur du père de la famille: Jeau-Claude.

Le but: faire des vins de grande classe. La famille embauche un jeune vinificateur Grégory Patriat et «lui donne les clefs de la Ferrari» et cartes blanches pour produire des vins d'exception. L'objectif n'est pas de faire de l'argent, l'affaire n'est pas rentable, mais de faire de grands vins, de faire du négoce haute couture. «On a d'autres gammes pour faire du business.» Jusque-là, Boisset produisait à 80 % du vin de table.

Gregory a commencé comme ouvrier vigneron dans les vignes des Hospices de Beaune en 1995, puis il a travaillé chez Lalou Bise-Leroy.

Lors de sa visite à Montréal la semaine dernière, nous lui avons demandé s'il était oenologue. Il répond qu'il n'est pas allé à l'école des vins, qu'il a appris sur le terrain et il ajoute «qu'il n'y a pas de bons vins faits par des oenologues». Je le mets en garde que je pourrais le citer là-dessus. Il répète «il n'y a pas de grands vins faits par des oenologues. Ils font des vins carrés et techniques.»  Voilà c'est lancé!

Gregory Patriat n'est pas un orthodoxe, pas un Français conservateur. Il déteste le bouchon de liège. Il dit que c'est une aberration de s'en servir pour boucher les bouteilles de vin. c'est un bouchon trop inconsistant, irrégulier et qui n'est pas qualitatif. Il préférerait utiliser la capsule à vis, plus régulière et qui donne une qualité constante aux vins. «On devrait interdire le liège dans les AOC.» Il dit que le bouchon de verre est trop étanche et la capsule à vis idéale parce qu'elle laisse respirer très légèrement le vin grâce à son joint.

Il faut dire qu'il fait une trentaine de cuvées, dont certaine à aussi peu que 900 bouteilles; alors il déteste avoir de ces vins détruits par ces lièges.

Donc, une trentaine de cuvée, 180 000 bouteilles faites par un non-eonologue.

Ainsi pas de levures ajoutées, pas d'enzymes, pas de tanins et autres produits oenologiques.

«Les levures ajoutées donnent les mêmes arômes à tous les vins.» D'ailleurs, ces vins jeunes, surtout les rouges ne sont pas très aromatiques. il dit que ce sont les levures ajoutées qui font les vins aromatiques. «Je recherche la finesse et l'élégance.»

Les 14 vins qu'il a fait déguster à la presse spécialisée jeudi à Montréal sont d'ailleurs justement plus sur la finesse que sur l'esbroufe. Des chardonnays non vanillés et pas trop gras; des pinots qui ne sentent pas la noix de coco, pas parfumés ni acidulés à la néozélandaire; ni faisandée, ni fumé comme trop de vins qui pinottent en jeunesse (comme les rieslings qui pétrolent en jeunesse). Des vins droits et sérieux.

«Je cherche la minéralité, l'énergie, la tension et la finesse
au risque que les vins soient austères en jeunesse.»

Ses blancs sont élevés en fûts de 450 litres au lieu des 228 litres habituels en Bourgogne. «Ça donne plus de fraîcheur et un boisé plus délicat aux blancs.» En effet, je n'ai pas senti de pain grillé, de mis de pain, de biscuit, de toast, de noix de coco, de vanille, de beurre rance, de plancher verni, de madrier dans ses blancs; ni dans ses rouges d'ailleurs.» Le bois est ainsi un outil et non un aromatiseur.

«Le 228 litres donne des vins blancs riches, gras et opulents; le 450 litres plus de fraîcheur et moins de contacts avec les lies.» Il ne fait d'ailleurs pas de bâtonnage. il ne recherche pas le gros gras.

Mais ces fûts ne donnent pas de bons résultats pour les rouges. Il utilise donc des fûts réguliers avec des bois neufs de 30 à 60 %.

Les millésimes récents
2009, une année chaleureuse.
2010, son préféré, plus minéral et d'une austérité supérieure.
2011, «on a eu peur, beaucoup de pluie, mais belle fin de saison, pas un vin de garde, un caractère fruité immédiat. Un vin de restaurant.»
2012, 45 % du volume normal. «Le pinot noir et le chardonnay adorent les années de petites récoltes qui donnent plus de concentration.»

La collection Jean-Claude Boisset ne possède pas de vignes. Les raisins sont achetés auprès de vignerons sous contrats qui ont des vignes de plus de 40 ans. «On ne peut pas faire de grands vins avec des vignes jeunes.»

Voici de courts commentaires sur les 14 vins dégustés jeudi dernier.
Dans l'ordre de dégustation.

LES BLANCS
Fermentation en levures indigènes très longues de 10 mois.
Sans débourbage pour conserver le maximum de lies.
Pas de bâtonnage pour accentuer la minéralité.
Collage à la bentonite.
Mise en bouteille par gravité. Filtration très légère.

Bourgoge Aligoté 2011
Toute une surprise pour un Aligoté. Étonnant, riche et minéral, une petite note de beurrée en finale. Très long. Très bon.

Pouilly-Fuissé 2011
Sera commenté le 23 mars.
(Plus ouvert, plus floral sur une texture plus grasse et de belles saveurs de pêches fraîches.
Pressurage doux en grappes entières. 25 % de fûts neufs. Pour quelques années de cave. 11675708 24,95 $.  Très bon.

Minéralité
On discoure beaucoup de minéralité ces jours-ci dans les sites internet du vin.
La minéralité, c'est plus une sensation, une impression qu'un goût comme tel.
On parle alors de tension en bouche, d'une bonne acidité. C'est quelques fois par opposition à confituré.

Auxey Duresses Les Crais 2010
Fruits jaunes, nez profond, belles saveurs, plus complexe, belle minéralité en milieu et fin de bouche. Très long, du caractère. S'ouvre lentement sur des saveurs de pêches et de poires. Juteux coulant. Pour la cave (un autre 5 ans), petite note de beurre en après-goût.Une production de 2000 bouteilles. (Importation privée 11889707 41,25)
Auxey Duresse une petite appellation de 150 ha sur sol calcaire.
Excellent.

Santenay 1er cru Beaurepaire 2010
Plus sec, droit et discret. Une certaine amertume en milieu de bouche. Jeune, sévère et austère. Difficile à juger. Un caractère certain. 1500 bouteilles. 50 $.  

Puligny Montrachet Le Trezin 2010
Belle bouche ample. Une certaine puissance. Riche et séveux. Pour la garde.
Déjà commenté le 14 février  Très bon +.
SAQ 1189803  64,75 $

Beaune 1er cru Vignes Franches 2011
Très aromatique, des odeurs étranges et difficiles à décrire. Certains ont dit du soufre. Le producteur a répondu qu'il venait d'être mis en bouteille.
En bouche, on a les mêmes saveurs. Au début, je n'ai pas, puis je le laisse s'aérer, et j'y reviens à la fin de la dégustation des rouges puis tout au long du repas. J'ai fini par aimer, j'ai tout bu le verre. À un moment donné il m'a rappelé un chardonnay de Stéphane Tissot avec ses saveurs d'oignons verts légèrement cuits. Un vin à la fois gras et bien acide (pH de 3,08). À revoir dans quelques mois.
Un bel exemple qu'il ne faut pas se fier à sa première impression!
52 $.
Une production de 1000 bouteilles. Excellent.

LES ROUGES
Vendanges manuelles en caissettes percées de 20 kg.
Fermentation en levures indigènes.
Aucun adjuvant oenologique tel que les enzymes ou tanins.
Mise en bouteilles par gravité

Bourgogne Pinot Noir 201, Les Ursulines
Très fruité, très jeune, sec et un peu austère, serré, beau fruit, assez minéral, un peu rustique et bien constitué. 20 000 bouteilles, capsule à vis.  Bien bon.
SAQ 11008121  24,95 $

Santenay 2011
Très belle attaque sur le fruit. Fin, léger, coulant, assez long, bien bon, un vin de soif.  Très bon.
3000 bouteilles.
Santenay, un vignoble de 400 ha. Taille de Cordon de Royat (Taille Guyot dominante en Bourgogne)

Gevrey Chambertin Les Murots 2011
Arômes de fruits noirs et poivre. Attaque serrée, texture ferme et bien serrée, beaucoup de bons tanins sur un fruité assez abondant et savoureux. Belle présence en bouche, jolie finale très longue, pour la garde (10 ans). Mon préféré en rouge. Fermentation en grappes entières.  1200 bouteilles.
Non collage, très légère filtration.  Excellent.
77,50 $

Chambolle Musigny 2011
un vin toute d'un pièce, rond, plein, encore bien jeune et austère.
Sans collage ni filtration.  Très bon.
68 $

Ladoix 1er cru hautes Mourottes 2011
Bouche assez grasse, terreuse sur un fruité légèrement sucré. Rond facile à boire. 900 bouteilles. Très bon.
49 $

Beaune 1er cru Les Grèves 2011
Nez discret, bouche sur une beau fruité gras, minéral. texture à la fois lisse et ample. On pourrait dire costaud. Un vin de caractère. 3000 bouteilles. Très bon +.
68 $

Clos de la Roche 2011
Morey-Saint-Denis
Encore plus costaud, bien différent, un beau fruité sur des tanins bien présents, donne un corps ferme. Belle structure tannique. Finale sur le fruit vif. Bien jeune. Pour la garde.  Très bon +.
Une production de 900 bouteilles.  207 $

Savigny les Beaune 2009
Plus souple à l'attaque, puis bien tannique et chaleureux. Semble déjà avoir un certain âge. (Bouchon plus poreux?) Bien sec, boisé perceptible.  Bon.
4300 bouteilles.
11850692  34 $ 

Conclusion:
En général, pas de bois apparent, acidité bien intégrée, de belles finales, oui un peu austère, jeune, pas trop d'extraction. J'ai préféré les blancs, déjà plus prêts à boire. Les rouges doivent faire un petit séjour en cave et deviendront sûrement encore meilleurs.

Le site du Groupe Boisset; de la marque Jean-Claude Boisset.

Michel Chapoutier: il ne faut pas gommer le millésime

Michel ChapoutierIl est partout ces jours-ci. Michel Chapoutier est à Londres, puis à New York, puis à Toronto, le lendemain à Montréal.

Il parle des vins du Rhône, d'Alsace, d'Australie, du Roussillon et même d'Angleterre.

«L'agriculteur doit être un combattant», nous dit-il lors de son passage à Montréal. «Vous ne pouvez pas raisonner la nature, elle vous écrasera.»

Le plus grand producteur de vin bio de France, nous dit que «faire des vins chers, c'est facile. Le plus dur c'est de faire des vins à 5 euros. On a plus de mal à trouver des vins de bonne qualité à bon prix.»

La grande cuisine a quitté les grands restaurants pour aller dans les bistrots. Des grands chefs quittent les grands restaurants pour se rapprocher du monde, des jeunes et faire de la belle cuisine dans les bistrots. C'est ce qu'il appelle la bistronomie. Le côté raisonnable de la cuisine. «C'est ce que nous devons faire dans le vin.» Faire de très bons vins, de grands vins à prix raisonnable. «On revient sur des vins faits pour être bus et non seulement vus.»

Le terroir, ce grand mot, c'est aussi la nature. Le terroir, c'est le sol, l'humain, mais aussi le climat. Il ne fait pas corriger et uniformiser les millésimes par le travail sur les cuves en cave. Si le climat est moins généreux une année et bien le vin sera différent et c'est ainsi. Il faut laisser faire. «On ne doit pas trop corriger, gommer le millésime. Le millésime est la photo du terroir cette année-là.»

Il y a cependant des techniques qu'on peut utiliser pour limiter les aléas de la nature, comme accroître la densité de la plantation. Une vigne en protège une autre. De plus, les racines vont ainsi aller rejoindre la roche-mère. «Les grands vins viennent des grands sols.»

Le sans soufre? «Je n'y crois pas. Le soufre est utile. Il permet de tuer des levures toxiques.»

«Le riesling pétrolé ce n'est pas normal dans les vins jeunes.»

Michel Chapoutier en nous présentant ses vins, entre autres son Condrieu Invitare 2009, nous dit qu'il s'intéresse plus à la longueur en bouche qu'aux arômes du vin. Ce 2009, remplacera bientôt le 2007 actuellement sur les tablettes. Un Condrieu délicieux. J'en parlerai lorsqu'il arrivera sur notre marché.

Michel Chapoutier est aussi le plus gros producteur sur l'appellation Hermitage. Son Monier de la Sizeranne 2007 a des arômes de suie, de cheminée froide, de graphite. Un vin qui a du tonus. Le Méal 2007 a encore plus ce bouquet de suie, c'est costaud et superbe.

Michel Chapoutier c'est 5 millions de bouteilles; 130 salariés; 260 hectares de vignes en France, en Australie et au Portugal. La moitié de sa production est exportée. Ses principaux marchés hors France sont l'Angleterre (20 % des exportations), le Japon et les États-Unis 8 % et le Canada 4 %.

Il y a 21 de ses vins à la SAQ, plusieurs étiquetés agrobiologiques. Une gamme de prix très étendue: de 14 à 261 $.
  Des vins de Chapoutier...

Les champagnes André et Jacques Beaufort

Une très belle découverte au salon Millésimes bio, les champagnes du domaine André et Jacques Beaufort.

Je ne suis pas un inconditionnel des pétillants. Plusieurs me semblent d'ailleurs trop pétillants. Leurs bulles sont souvent très agressives, l'acidité exacerbée et de trop nombreux champagnes goûtent la même chose, soit la pâtisserie, la brioche. Cette saveur serait due à une levure largement utilisée dans la région. Plusieurs aussi semblent goûter la liqueur d'expédition.

C'est avec ces appréhensions que j'ai abordé Jacques Beaufort au salon Millésime Bio fin janvier à Montpellier.

Il était derrière une petite table avec deux cuves de glace remplie de bouteilles. Le premier verre qu'il nous présente contient bien peu de bulles. C'est tout en finesse, élégant et léger. Bon, voilà nous avons goûté. Merci beaucoup. «Non, ce n'est pas tout, Je fais deux champagnes: le Polisy et l'Ambonnay.» Bon, goûtons l'autre. Encore meilleur, plus de bulles, mais toujours discrettes. Elles soutiennent le fruit au lieu de l'écraser. Puis a suivi un grand nombre d'autres bouteilles de champagne brut des deux domaines Polisy et du grand cru Ambonnay. Je lui dis merci et lui tends la main pour lui dire bonjour. Il me dit «vous ne voulez pas en goûter d'autres!?» Il y en a d'autres! Généreux, il nous fait alors goûter plusieurs millésimes de ses demi-secs des deux vignobles. Plus riches et plus costaud à cause du sucre. Tous très bons, je suis ébloui.

Du champagne bio, ce n'est pas très courant dans cette région bien chimique. Il n'y a pas si longtemps, on y étendait les déchets de Paris en guise d'engrais jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était toxique!

Jacques Beaufort est bio par nécessité. «À la suite d'allergies, en 1969, causées par l'emploi de produits chimiques de synthèse, nous avons dû rechercher d'autres traitements pour nos vignes en préservant notre santé. C'est pourquoi, depuis 1971, nous cultivons nos vignes en protégeant l'environnement dont nous faisons partie.»

«C'est pourquoi, depuis 1974, nous expérimentons les huiles essentielles qui limitent l'évolution des champignons parasites, et depuis 1980, nous explorons le domaine de l'homéopathie. Mais il faut bien avouer que dans certaines années difficiles au plan climatique, la nature se montre maître chez elle.»

M. Beaufort suggère de ne pas boire ses champagnes froids, «ne les frappez pas, "cela casse" la mousse et cache les bons bouquets de nos vins.» Il recommande plutôt de les servir comme les grands vins blancs à 10-12 degrés.

Les champagnes Ambonnay et Polisy du Domaine A&J Beaufort sont distribués en importation privée au Québec par l'agence Raisonnance.

Site du domaine champagnebeaufort.com

Une Québécoise vigneronne en Toscane

Nous étions quelques chroniqueurs vin belges, français, britanniques et québécois se dirigeant vers une grande table pour le repas du midi. Une pause, lors d'une dégustation de vins au Selezionne dei vini di Toscane, certains très bons, d'une belle acidité, d'autres attendris, adoucis par l'ajout de merlot au pur sangiovese.

Je causais avec un agent du Québec qui sort d'une immense salle où une centaine de vignerons, assis chacun à un petit bureau, attend les acheteurs. (Vidéo) L'image me rappelle des films noir et blanc où des centaines de bureaucrates gribouillent, ou bien des couturières à l'oeuvre, ou des rouleurs de cigare de La Havane, ou tout simplement le film «Laura» d'Otto Preminger.

L'agent est chargé de dénicher un bon vin pour la maison Benedictus. Une dame passe, tout en sourire s'exclame «Ah! l'accent québécois!» Québécoise, elle-même, nous engageons la conversation. La tribut se regroupe. Que faisait-elle là? Une agente? Non, une productrice, une vigneronne, une oenologue.

Je savais que des descendants et descendantes de Normands, Picards, Britanniques, Abénaquis et autres Micmacs se répandent dans le monde. Mais une Québécoise vigneronne en Toscane, je n'en connaissais pas!

Paula CookElle se nomme Paula Cook, de Saint-Bruno de Montarville, au sud de Montréal. Je l'invite à notre table franco-anglo-belge... Il y a déjà du vin sur notre table. Du vin d'une grande maison — Je n'ais pas écrit du grand vin d'une grande maison — mais tout simplement du vin d'une grande maison. Je l'invite donc à aller chercher de son vin. Après une certaine gène, elle se risque et rapporte presque en cachette deux bouteilles.

Le Miccine Chianti classico et Le Miccine Chianti classico riserva. Et c'est bon, très bon même, surtout le Riserva.

Qu'elle est son parcours?
Ces grands-parents paternels, les Papini, étaient de Toscane. «Je suis venu en Italie pour la première fois en 2000. J'y ai trouvé ma place et mes racines. La culture, la cuisine, les gens chaleureux, la langue musicale, les paysages magnifiques sont restés dans mon cœur.» Les gens de l'endroit l'ont tout de suite adoptée, me dit-elle. Elle s'est sentie chez elle. «J'ai commencé à apprendre l'italien.»

«Je suis resté au Québec pour finir mon baccalauréat en agriculture à l'université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue (2003-2006) et tous les ans durant l'été je retournais en Toscane pour suivre des cours d'italien à Florence.

En 2006, sur un bulletin j'ai retrouvé une description d'une maîtrise idéale pour satisfaire ma passion pour l'agriculture, les voyages et surtout les langues. C'était le Master VINTAGE (www.vintagemaster.com). Un cursus sur la viticulture, l'œnologie et le terroir qui se déroulait dans trois universités, à Angers en France; à Piacenza en Italie et à Valencia en Espagne). Je découvre alors que l'étude du vin regroupe toutes mes passions: l'agriculture, la science, les langues, les cultures et même l'art.»

Elle déménage donc en Europe en 2006 pour poursuivre ses études, puis s'installe en Italie en 2008 sur le domaine de ses grands-parents, Le Miccine, situé au sud de Radda in Chianti. Un domaine de 13 hectares, 7 de vignes; le reste en jardins, oliveraies et forêts comme c'est souvent le cas dans les domaines viticoles de Toscane.

Que fait-elle au Miccine? «Mon rôle couvre un peu de tout: gestion vigne et vin; oenologue, ventes; site web; relations publiques; agrotourisme, représentante, etc. Le soir venue, je dors très bien. C'est un travail très satisfaisant!»

En plus des deux chiantis, Le Micine produit un Rosso toscano merlot et un Bianco toscano vermentino. En tout 30 000 bouteilles. «Nous espérons monter à 42 000 en 2013.»

«Nos ventes se font principalement en Italie et aux États-Unis. En ce moment nous sommes en train de développer des contacts au Canada, en Allemagne et en Grande-Bretagne.»

Paula m'écrit il y a quelques jours qu'elle a déniché un agent pour l'Ontario Tre Amici Imports (www.treamiciwines.com) «On cherche encore un agent au Québec pour nous aider à rentrer à la SAQ.»

Pourquoi le vin de la Québécoise vigneronne de Toscane n'est pas encore à la SAQ? Personne chez nous ne l'avait encore découverte? Est-ce que nous nous fions trop aux goûts des autres pour choisir les vins à importer, aux goûts des Wine Spectator, des Parker des USA, des Gamberro Rosso et autres. Les producteurs d'origine américaine sont bien représentés sur le marché étatsunien.

Au plaisir de boire du chianti Le Miccine bientôt au Québec.
Bonne continuation à Paula Cook.

  Le site du domaine Le Miccine www.lemiccine.com

Domaine Faury

M. et Mme Faury du domaine éponyme ont fait une tournée du Québec en avril. Je les ai rencontrés en Outaouais où ils sont venus présenter quelques-uns de leurs vins.

Des vins qui ne sont pas encore disponibles à la SAQ, mais qui sont en importations privées à l'agence Benedictus.

Des vins splendides et de grandes classes, comme vous allez le voir.

Commençons par le meilleur de la série, le Côte-Rôtie 2007, Domaine Faury.

Le nez est fin et plutôt discret pour le moment. Il faut l'aérer. La bouche est riche, ample, somptueuse d'un fruité élégant. La finale est très longue sur des notes de violette. Du grand vin

Le producteur Philippe Faury dit que cet arôme de violette dans ce vin est dû au 15 % de viognier qu'il contient. En effet, en Côte-Rôtie il est de coutume d'ajouter du viognier à la syrah afin de donner plus d'élégance au vin. On a droit à 20 %, mais la plupart des producteurs en mettent 5 à 10 %.

Chez les Faury, le viognier est planté en rangée sur les mêmes parcelles que la syrah et arrive à maturité en même temps.

Le vin est parfaitement délicieux, bien équilibré et pas trop exubérant comme le sont quelquefois les côtes-rôties.

C'est une production de 8 000 à 10 000 bouteilles selon les années. Fermentation avec les levures naturelles du terroir. Élevé sous 25 % de fûts neufs.  92 $ 

La maison Faury fait deux saint-joseph. Un Saint-Joseph la Gloriette 2005 issue de vigne de 40 à 60 ans, au fruité gras, ample et massif. C'est profond, délicieux et très bon. Élevés 15 mois en demi-muids de 580 litres et en barriques (220 litres) dont 30 % neuves. À mettre en cave quelques années. 42 $ 

Puis un Saint-Joseph 2007 provenant de vignes plus jeunes de 10 à 35 ans. c'est très syrah. Un fruité bien épicé. Riche et bien plaisant à boire. 37 $ 

La maison produit aussi un vin de pays des collines rhodaniennes sur un terrain schisteux jouxtant le vignoble des Côtes-Rôties. C'est la Cuvée L'Art Zélé 2007, une pure syrah avec des arômes de café. C'est léger au fruité fin bien agréable. 37,75 $. 

Enfin, le Faury Condrieu 2007. Un vin blanc de viognier aromatique, costaud, bien marqué par l'alcool. Floral et chaleureux. Peu acide, un pH de 4. Riche en alcool. 

Le domaine Faury vend aussi des vins sous une étiquette différente aux États-Unis. Ce sont des assemblages suggérés par l'importateur Kermit Lynch.

Donc, le Domaine Faury, un vignoble de 17 hectares dont 3 en condrieu, situé à Chavannay, tout près de Condrieu. Dirigé maintenant par un des fils de la famille, Lionel, un autre fils est à Montréal, ce qui fait que les parents viennent de temps en temps au Québec. 

Ces vins peuvent être obtenus en importation privée auprès de l'agence Benedictus (450 671-5572 benlecavalier@sympatico.ca).

Pour en savoir plus sur les vins de cette région  www.cote-rotie.com et www.vins-rhone.com.

Lire aussi Un millésime exceptionnel pour le Rhône, d'une blogueuse québécoise en stage au Domaine Faury.

  Voir aussi l'article La cuvée Kermit Lynch.

Les vins de Marcel Deiss

Le Salon des Vins de Montréal regorge de trouvailles surtout depuis que l’on consacre la majeure partie des vins présentés à l’importation privée.  C’est le cas ici pour le Domaine Marcel Deiss situé à Bergheim en Alsace.

Grande maison, parmi les meilleurs en Alsace, malheureusement on ne retrouve pratiquement jamais ses vins sur les tablettes de la SAQ.  À l’exception de son vin générique d’entrée de gamme qui est présentement disponible dans 88 succursales SAQ du Québec vous pouvez vous procurer deux autres vins de la maison en importation privée en vous rendant sur le site www.vinsaoc.ca

Vous y verrez le pinot blanc Bergheim 2008 à 29,35$ et le 1er cru Engelgarten 2005 à 58.00$. Trois autres produits sont également disponibles présentement chez Vintages à Ottawa, le Grasberg 2004, # 122747, à 75 $, le Burg 2004, # 122754, à 75 $ et le Langenberg 2005, # 122739 à 58.95 $.  Il y a aussi le Beblenheim Pinot Gris 2005 à 39 $ disponible par achat en ligne à la LCBO.

Généralement méconnu du grand public au Québec à cause de la faible disponibilité de ses vins, il reste néanmoins que le Domaine Marcel Deiss est un des producteurs les plus respectés au monde.

Le Domaine exploite 27 hectares de vignes réparties sur 9 communes et comporte plus de 220 parcelles de vignes.  Adepte de la biodynamie le Domaine Marcel Deiss se distingue des autres par son système de complantation (art de mélanger les cépages dans un terroir).  En effet, depuis 2005 la législation n’oblige plus la mention des cépages sur les étiquettes.

Ainsi tous les Grands Crus et éventuellement tous les 1ers Crus du Domaine ne porteront plus la mention du cépage. À titre d’exemple, le Engelgarten 2005 déguster au Salon des Vins contient du Riesling, Pinot Gris, Beurot, Pinot noir et Muscat en complantation.

Selon Jean-Michel Deiss, «la complantation du terroir rend seul possible l’expression de toutes les nuances fines du terroir, son tempérament, ses tics, sa … folie ».

Si vous aimez les vins gras, fins, racés, et de grande élégance, vous aimerez les vins du Domaine Marcel Deiss dont ceux issus des terroirs Grands Crus et 1er Crus offre un potentiel de vieillissement hors du commun.

Marcel Deiss, Alsace 200710516490, 24,70 $   
Marcel Deiss, Pinot Blanc Bergheim 2008 (importation privée) 29,35$  
Marcel Deiss, Engelgarten 2005 (importation privée) 58 $  

  Le site de Marcel Deiss www.marceldeiss.com
 

LOUIS ROCHE

«Louis Roche», vous voyez ce nom sur près de 30 vins vendus au Québec.

Ce n'est pas un producteur, c'est une marque de commerce. À l'origine le nom appartenait à une maison de cognac. En 1981, la société française d'exportation Vin Conseil SARL achète la marque dans le but de s'en servir pour exporter des vins d'appellation contrôlée de France, principalement de Bourgogne, Loire, Alsace, Côtes-du-rhône, Bordeaux et du Sud-Ouest.

Le fondateur de Vin Conseil, Jean-Pierre Brunschwig, ingénieur agronome et fils de vigneron en Provence, est très tôt convaincu que des coopératives bien gérées peuvent produire des vins de qualité. Il fonde alors en 1977 une société d'exportation et commence à sélectionner des vins dans plusieurs régions de France. Vin Conseil devient aussi agent représentant en vin au Québec en 1978 pour faire la mise en marché des vins Louis Roche.

Ils n'achètent pas de vin en vrac. Tous les vins sont mis en bouteille sur les lieux de production. «Nous ne nous occupons ni de vins d’appellation transportés en vrac ou transitant par des chais de négociants ni de vins sans appellation.»

L'entreprise fait affaire avec un certain nombre de coopératives et des producteurs indépendants, généralement les mêmes d'une année à l'autre. «Nous travaillons avec nos vignerons depuis maintenant plusieurs années, ce qui nous permet de suivre et d'avoir le contrôle sur la qualité de nos vins année après année. Nous nous obligeons à les visiter régulièrement pour discuter du goût des Québécois afin de choisir des cuves qui respectent l’appellation et le choix de nos consommateurs.»

En 2006, le fondateur prend sa retraite et c'est maintenant trois de ses employés qui prennent la relève sous la direction de Carole Marois.

Leur produit qui est le plus connu ici est probablement la Blanquette de Limoux, Collection Louis Roche, du Domaine de Fourn. C'est le mousseux français le plus vendu au Québec.

La maison a 27 vins en spécialité sur les tablettes de la SAQ en plus de 23 autres en importation privée. Ces derniers sont un peu comme des candidats aux tablettes de la SAQ. Les gens de Vin Conseil espèrent que plusieurs d'entre eux deviendront assez populaires pour être acceptés comme produits vendus directement dans les magasins de la société d'État.

Montagny 1er Cru Louis Roche 2005
Un vin blanc au nez frais et floral.
Belle texture. Des saveurs de fruits blancs, de citron et d'olives vertes.
Bien sec.
Un fruité croquant sur une belle acidité.
Une finale sur de fines saveurs d'amandes, de caramel et de beurre salé.
Succulent.
Le vin est produit par la coopérative Cave de Buxy.
Alc. 13 %. 221242  

Louis Roche Bourgogne Aligoté 2008
Un produit populaire au Québec avec 36 000 bouteilles vendues par année.
Des arômes agréables de fruits jaunes.
Un bel aligoté fruité, fin et frais. Pas complexe, d'une pièce, mais bien fait.
Une finale aux belles saveurs de noisette.
Bouchon de silicone. Alc. 12 %.
 240382 16,25 $ 

Château Crusquet de Lagarcie 2005, Collection Louis Roche
De beaux tanins enveloppants dans ce bordeaux.
Assez ample, un fruité jeune, d'une longueur agréable.
Une finale de chocolat brun. Laisse une belle sensation en bouche.
Moyennement corsé.
Cru bourgeois. Alc. 13.5 %.
Un domaine de 20 ha. Merlot à 70 % et cabernet sauvignon.
Une production de 60 000 bouteilles.
Premières Côtes de Blaye. Louis Roche.
 914051   21,10 $


Les Pouches Saumur rouge 2008, Collection Louis Roche
Des arômes bien nets de cabernet franc, un peu de terre, de betterave et de poivron sur un fruit rouge.
Les mêmes saveurs reviennent en bouche sur une texture assez tannique.
Le vin a du caractère. Assez ferme. Bien bon.
Disponible dans plus de 140 succursales.
 10689681   15,35 $ 

(Voir aussi le commentaire sur le Saumur Champigny 2008)

Donc, une belle sélection de vins de plusieurs régions de France, des vins bien caractéristiques de leur appellation, à prix raisonnables.
Voir aussi d'autres vins de Louis Roche...

Jura, contrée où terroir n'est pas un vain mot

Jean Berthet-BondetVous connaissez Jura, Arbois, Chalon, l'Étoile?

Un tout petit peu! Pourtant, il y a dans cette petite région de l'est de la France, au sud de l'Alsace, entre la Bourgogne et la Suisse, de très beaux vins distinctifs.

Du chardonnay, du savagnin, du vin jaune, du vin de paille, du Macvin; en rouge du poulsard, du trousseau et du pinot noir. Des savagnins ouillés ou pas ouillés. Toute une variété.

Des vins frais, vifs, bons en jeunesses et qui vieillissent admirablement. Il y en a peu au Québec (19 produits), mais ça va changer. Des producteurs de cette région se sont regroupés pour conquérir le marché de l'Amérique française. Ils ont lancé une campagne de trois ans pour promouvoir leurs vins chez nous.

Des vins de Masi

Vous connaissez sûrement un ou plusieurs vins de la maison Masi.

Cette maison dirigée par la famille Boscaini depuis six générations est réputée pour la production d'amarone d'appasimento et de recioto. C'est Masi qui a  popularisé la technique du ripasso.

Voici le résultat d'une dégustation de dix produits de cette institution célèbre de la Vénétie.

Mezzanella Amandorlato Recioto 2004
C'est un recioto, un vin sucré. Mais ici le sucré est tellement délicieux et tellement délicat que c'est un réel plaisir. Amandorlato veut dire amande. En effet, le vin a une belle saveur d'amande et un fruité fin et somptueux qui se prolongent longuement en bouche.

La technique : «Vers la fin septembre, les meilleures grappes de raisin (vendangées à la main) sont mises à sécher sur des claies de bambou dans des lofts prévus à cet effet pour une période de trois à quatre mois. Ils perdent ainsi 35 à 40% de leur poids et gagnent en concentration de sucre.» Puis, on arrête la fermentation par le froid afin de conserver un certain sucre résiduel. Ici 34 g/l. Mais il y a une bonne dose d'acidité (7,65 g/l avec un pH élevé de 3,24) ce qui équilibre le sucre et le rend plus léger. Le taux d'alcool est de 15,18 %.

Servez-le frais à 15 °C dans de très grands verres et laissez-le respirer de long moment afin de permettre à ce très beau vin de vous révéler ses jolis arômes.

À servir avec des gâteaux aux fruits ou des biscottis.
La première bouteille était oxydée. Il a fallu en ouvrir une deuxième.
 65,75 $   10243727  

Masi Amarone 1988
Oui! C'est ici qu'on voit que ces amarones vieillissent très bien. Celui-ci est absolument suave avec ses belles saveurs de pruneaux, de noyaux de cerise et de sucre fin. Il est d'une grande finesse. Ces saveurs persistent très longtemps en bouche et laissent une belle impression. Il est légèrement capiteux. Ce vin rendu léger et délicat avec l'âge est à prendre avec des mets aussi délicats, ou à prendre seul tel quel. Un vin de méditation comme on dit!
  97,25 $   10543295  

Campolongo di Torbe Amarone 1999
Un vin ample aux saveurs à la fois sucrées et amères. Grand rond et très long.
  88 $  

Osar 2001
Nez de biscuits fins, de vanille et de bois chauffé. Une texture légèrement sucrée avec des saveurs qui rappellent un peu le goudron. Une petite amertume en finale. Un vin original.

Son cépage est le oseleta. «L’Oseleta possède la capacité particulière d’être laissée sur la vigne même après le temps normal de récolte. Cela permet un passerillage partiel sur pied de vigne ou vendanges tardives, avec comme résultat une grande concentration, une rondeur et un haut degré d’alcool. Les raisins égrappés sont fermentés sur peaux, avec des levures sélectionnées, pendant vingt-cinq jours à 26ºC. Puis, sans les peaux pour dix jours. Suit la fermentation malolactique.» 24 mois en fûts neuf de l'Allier «High Toast»

Ce cépage avait été abandonné. Il fut récupéré par Masi et multiplié à partir de seulement quatre pieds de vigne dans les années 1980.

Carafez et servir sur les viandes grillées aux fines herbes.
  59,50 $   580233  

Brolo di Campofiorin 2005
Un nez fin et plutôt discret. Le vin est bien tannique, d'ailleurs c'est le plus tannique du groupe. Il faut dire que les autres vins de Masi sont peu tanniques, alors lorsqu'on arrive à celui-ci on est bien surpris. Les tanins sont fermes et secs. Il y a un bel amer en finale.

«Un vin de type Valpolicella Classico subit une deuxième fermentation à la fin novembre avec l’ajout de 40 % de raisins partiellement séchés (appassimento).»
Cépages corvina à 80 % et rondinella.  Brolo veut dire clos.

C'est costaud. À servir à 18 °C avec des viandes saignantes ou des plats en sauce bien relevée. À mettre en cave.
  26,35 $  583369  

Toar 2005
Discret, presque fermé, le vin s'ouvre lentement. C'est un vin costaud, d'une belle rugosité, un peu austère et rustique. Ferme et bien fait.
Un assemblage de corvina (75 %) et d'oselata.
Pour accompagner les viandes rouges et les gigots.
Toar fait référence au sol volcanique de la région.
 23,15 $  10749736  

Campofiorin 2006
C'est le ripasso bien connu de la maison Masi. «Cette spécialité Masi, résultat d’une double fermentation d’un vin issu de raisins frais corvina de la région véronaise et d’un pourcentage de raisins semi-séchés du même cépage.» Autrefois (1964 et suivantes), on repassait sur des lits de marc d'amarone, mais ça donnait des vins souvent trop rudes.

Le vin a des arômes de cuir qui s'estompent à l'aération. La bouche est belle, grasse, équilibrée. Une belle finale sur le fruit acidulé.

Compagnon des pâtes à sauces riches, des côtes levées, champignons.
  19,75 $  155051 

Passo Doble 2007
Une odeur intense de fruits brûlés. Je n'ai pas aimé ce vin qui dégage une senteur qu'on retrouve plus souvent dans des vins chiliens. Oh horreur, si cela s'étend à l'Argentine!
Le 2004 était pourtant bien bon.
  16,65 $

Colbaraca soave 2008
Voici un vin blanc qui a du caractère. Trop au goût de certain, mais moi il me plaît vraiment. Il a des arômes de litchi, de fleurs, de pomme, de pamplemousse et de raisins verts. Un bouquet complexe qui change à chaque approche. Un bouquet d'ailleurs qui nous annonce un vin bien vivace. En effet, en bouche, c'est presque mordant, l'acidité est nette et vive sur une bonne dose de fruits. Ce n'est pas vraiment un vin d'apéritif. Il appelle le plat et vite!
Un assemblage de garganega (95 %) avec un peu de garganega rosa et de durello.
Servir à 9-10 °C avec les fruits de mer, hors d'oeuvre et risottos.
Sucre  5,8 g/l, acidité 5,75, pH 3,3.
   17,90 $  10706681 

Masianco 2008
Un vin blanc doré aux arômes de noix (bois). C'est gras, rond, simple et bien facile à boire. Moyennement long sur des saveurs d'amandes. Un après-goût de noix. Un vin qui plaît. Un assemblage de pinot gris (75 %) et de verduzzo. Sucre (4,5) et acide (5,9 - pH 3,2) bien en équilibre.

C'est un blanc appassimento. Les grappes de verduzzo sont mises à sécher pendant trois semaines.
Servir froid à 9 °C avec des plats sauces blanches, volailles et poissons grillés.
  16,95 $   10439404 

 

Il est toujours intéressant de goûter une large sélection des vins d'un seul producteur. On y trouve souvent des constantes. Ici le jeu, le combat même des saveurs sucrées, acides et amer des rouges est bien intéressant. En blanc, on voit un bel équilibre au niveau des acides.

La magie de Masi fonctionne toujours!

Le site de Masi www.masi.it

La maison Trimbach : l'Alsace classique

Lors d'une dégustation récente, organisée par la Société Vincor Québec, M. Hubert Trimbach a présenté neuf de ses vins.

L'objectif de la maison est de produire des vins d'un style qualifié de «classique», c'est-à-dire bien secs, avec une bonne acidité, sans fermentation malolactique (pour plus de fraîcheur et de vivacité), sans élevage en fûts et sans assemblage de cépages; tout cela afin de maximiser l'expression du caractère inhérent de chaque cépage alsacien et de proposer des vins racés, faits pour la table.

Alors, ne cherchez pas chez ce producteur ces vins d'Alsace au sucre résiduel marqué (sauf en Vendange tardive et en Sélection de grains nobles, évidemment) ni au caractère boisé ou au taux d'alcool élevé.

Aussi, Trimpach continue d'être une des rares maisons à refuser d'utiliser l'appellation Alsace Grand Cru crée en 1983 (dans l'intention de promouvoir les meilleurs terroirs de la région). Appellation récupérée en bonne partie — près de la moitié selon M. Trimbach — par les caves coopératives et utilisée même sur les étiquettes de vins bon marché vendus en grande surface. Rien pour aider les grands vins d'Alsace à se démarquer.

La maison préfère donc ignorer cette A.O.C. dite Grand Cru et s'attacher à cultiver sa propre image de marque, celle du nom Trimbach, lié au vin alsacien depuis le XVIIe siécle.

La maison produit, sauf dans les années exceptionnelles comme 2007, environ 1,2 million de bouteilles par année, dont 85 % vont à l'exportation. Elle s'enorgueillit d'être présente sur toutes les cartes des restaurants 3 étoiles de France.

Les neuf vins dégustés étaient les suivants (les millésimes affichés sur SAQ.com peuvent varier; à vérifier en magasin) :

1- Pinot blanc 2006, Code 89292, 17,35 $ (produit régulier)
Le Pinot blanc d'Alsace est la seule appellation "de cépage" alsacienne à avoir droit à deux cépages, le pinot blanc (appelé parfois pinot d'Alsace) qui lui apporte sa fraîcheur et le pinot auxerrois (ou auxerrois) pour le fruit et le volume. Ce 2006 est composé d'auxerrois à 70 %.

C'est un vin d'un jaune doré assez clair, au nez bien ouvert, bien alsacien, fruité (pêche), floral, avec un une touche de minéralité. En bouche, il est plutôt gras (pour un pinot blanc), sec, le fruit s'exprime bien et ça ne manque pas de vivacité. Un vin de bouffe. Très bon rapport qualité-prix.  (Le site de la SAQ indique le 2007 parce que dernier est arrivé en entrepôt)

2- Riesling Réserve 2005, Code 969709, 28,05 $ (spécialité)
Un vin plutôt clair, avec des reflets verdâtres de jeunesse. Un nez très expressif et bien typé (citronnelle, floral, bien pétrolé). Une bouche d'ampleur moyenne, mais bien vive, minérale; le fruit ressort mieux en bouche. Bonne longueur. Très bon. (Le 2005 est sur les tablettes, le site SAQ indique le 2007 qui sera disponible dans quelques jours)

3- Riesling Cuvée Frédéric Émile 2001, Code 713461, 57 $ (spécialité)
D'un beau doré assez riche, ce riesling présente des signes de maturité (note grillée, très léger rancio), complexe tout en restant bien typé riesling. La bouche est plus élégante que corsée, bien sèche, avec une bonne acidité, mais équilibrée et une finale fruitée, minérale et juteuse (qui fait saliver) et une bonne persistance aromatique. Un grand riesling. (2001 et 2004 sur les tablettes)

4- Riesling Clos Ste-Hune 2002, Code 10223603, 213,25 $ (spécialité)
En Alsace, le millésime 2002 est considéré comme un «bon millésime», mais ayant produit de très beaux rieslings, bien équilibrés, avec un grand potentiel de garde. Ce riesling semble confirmer la chose. Il s'agit d'un des vins blancs les plus recherchés de la planète, provenant d'un minuscule vignoble (1,67 ha) situé sur une pente, au pied de l'église fortifiée de Hunawihr. La production annuelle moyenne n'est que de 9000 bouteilles.

Or clair chatoyant. Très aromatique, fruité, floral, note herbacée, minéralité, pétrolé plus discret, très complexe avec peu de signes de maturité. De la rondeur en bouche, avec une texture soyeuse, délicate; bien sec et d'un équilibre impeccable. Savoureux avec une fine note de miel et très persistant. Un très grand riesling.   (Probablement  à maturité).

5- Pinot gris Réserve 2005, Code 962332, 24,25 $ (spécialité)
Comme dans bien des régions vinicoles d'Europe, l'année 2005 est considérée comme un millésime exceptionnel.

Nez assez ouvert, fruité (pêche, poire), floral; certains y ont détecté une note fumée et même un peu de truffe blanche. La bouche est bien grasse et ronde et l'acidité plus modeste de ce cépage laisse une légère impression de sucré en bouche, même si le vin ne contient que 7 g/l de sucre résiduel (pour comparaison, la Cuvée Frédéric Émile est à 5 g/l). La finale est quand même bien fraîche, avec un peu de chaleur. Très bon vin. 

Ce pinot gris, dégusté immédiatement après le magnifique Clos Ste-Hune, a certainement souffert de la comparaison.

6- Gewurztraminer 2006, Code 317917, 23,90 $ (spécialité)
Doré foncé pour un vin si jeune (à cause du millésime plus difficile ?). Nez puissant, fruité (litchi, mangue), bien typé et assez fin, délicat. Charpente moyenne, belle acidité, pas gros, mais très bel équilibre. Finale fruitée, bien sèche et bonne longueur. Un autre très bon rapport qualité-prix. (Commenté aussi en février)

7- Gewurztraminer Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre 2001, Code 715615, 44,25 $ (spécialité)
Or pâle. Nez exubérant, bien typé (litchi, floral, épicé), peu évolué pour un 2001, mais belle complexité. En bouche, c'est gras, un peu moins vif que le 2006, mais sans lourdeur et bien fruité. La finale légèrement grillée montre un peu son âge. De la richesse, mais beaucoup d'élégance. 

8- Gewurztraminer Vendange tardive 2003, Code 10926894, 68 $ (spécialité)
Rappelons-nous que l'été 2003 a été celui de la canicule (des jours à 42 ou 43 degrés C en Alsace) et que, dans beaucoup de vignobles, le mûrissement des raisins a été extraordinairement précoce, avec une acidité plus faible qu'à l'habitude. La sécheresse n'ayant pas favorisé l'apparition de pourriture noble, il n'y a donc pratiquement pas eu de Sélection de grains nobles (SGN) et les Vendanges tardives (VT)ne présentent pas d'arôme de botrytis.

Celui-ci, d'un jaune doré, a tout de même un nez très puissant, fruité (abricot), avec du miel, de l'alcool et une légère note médicamentée (menthol ?). Bien gras en bouche, sans amertume, pas trop sucré, soyeux, avec une acidité tout juste suffisante. Léger caramel en finale et beaucoup de persistance. Délicieux.

9- Gewurztraminer Vendange tardive 1999, Code 10810277 (375 ml), 28,35 $ (spécialité)
1999, un millésime «moyen», sans les conditions extrêmes de 2003, mais où Trimpach n'a pas produit de SGN non plus. Les raisins botrytisés sont donc tous allés dans cette VT. Selon le producteur, ce vin serait dans la même catégorie que l'exceptionnel 1989 et mériterait au moins cinq autres années de cave.

La robe est d'un doré très riche, légèrement ambré. Encore une fois, un nez très puissant, bien typé, floral, fruits confits,  avec du miel et une belle note de botrytis, ce qui donne un nez d'une grande complexité. Le vin est corsé tout en restant soyeux. Sans être vif, le vin ne présente aucune lourdeur; cette fois, une bonne acidité vient assurer un équilibre irréprochable. La finale n'est pas trop sucrée, très parfumée et très longue. Encore meilleur que le précédent, à cause de l'acidité. (Millésimes 1999 et 2000 sur les tablettes)

Les images proviennent du site de la maison Trimbach www.maison-trimbach.com

D'autres vins de Trimbach...

Clos Jordanne 2005 et 2006

Une maison ontarienne qui produit du pinot noir et du chardonnay de grande qualité.

J'ai eu l'occasion de goûter à 9 vins de ce domaine lors d'une dégustation à l'Académie du vin de l'Outaouais.

Ce sont des vins des millésimes 2006 et 2005. Ils m'ont semblé moins riches que ceux du 2004 qui étaient très bien réussis.

Les vins du millésime 2006 sont vraiment plus légers et moins fruités que ceux de 2005.

Mentionnons tout de suite une déception. Le grand vin de la maison, Le Grand Clos 2006 à 61 $ dégageait une très mauvaise odeur de carton mouillée.

Le Clos 2005
Un très beau nez de fruit et de poivre. Une attaque grasse, Un pinot noir qui a de l'ampleur, presque pulpeux. De la mâche. Une belle matière. Délicieux et très long.
Levures indigènes. Sucre 2 g/l. Acidité 6,3 g/l. pH 3,53. Alc. 13,5%.  3100 bouteilles.

Le Clos 2006
D'un rouge pâle. Un nez d'épice, de noyaux, de fumé. Bien fruité. Un fruit plus sucré. Une petite note végétale. Chaleureux. Agréable.  Acidité 6,7 g/l. pH 3,48, sucre 0,2 g/l. 6500 bouteilles.   10697420   43,75 $ 

Claystone 2005
Un nez discret de fruits acidulés. Une note métallique. Une belle matière. Bien tannique, même astringent. Le plus tannique du groupe. Le plus foncé aussi. Longue finale.  Sucre 2 g/l. Acidité 6,7 g/l. pH 3,53. Alc. 14 %.  Un peu moins de 6000 bouteilles.

La Petite 2006
Un nez discret, mais invitant. Une certaine profondeur. Un fruité assez gras. D'un bel équilibre. Très agréable. De la qualité.  10697374  46  $ 

Claystone 2006
Brillant. Un nez discret de fumée et de cendre. Des saveurs de framboise. Assez gras. Une belle texture soyeuse. Très bon.  10697358  42  $  

Village 2006
Le vin le plus pâle du groupe de rouge, mais peut-être le plus beau nez : des fruits des bois sur une note légèrement fumée. En bouche le fruité est très léger. Fluide. L'alcool est bien notable. La finale est un peu chaude.  Agriculture biologique.   10745487  26,25 $  

En blanc maintenant

Village Chardonnay 2006
Un boisé très marqué qui s'estompe progressivement à l'aération. La bouche est assez grasse, une note beurrée, un fruité souple. Coulant et assez agréable.     33936  30 $ en Ontario.

Claystone Chardonnay 2005
Nez frais de petits fruits et de fines herbes. C'est invitant. Une bouche assez grasse, chaleureuse et vineuse, l'alcool est bien présent. Le bois aussi. Une finale sur les notes de beurre frais. À l'aération, il se dégage un léger arôme de laisse mouillée comme on en rencontre de temps en temps dans les vins de pinot gris. Très bon.
C'est ce vin qui a gagné le Jugement de Montréal dans la section chardonnay. C'est le 2006 (non goûté) qui est
disponible au Québec et en Ontario.  Acidité 7,2 g/l. pH 3.13. Sucre 0,9 g/l. Alc. 14 %. 3200 bouteilles. 

 Donc des vins ontariens de belle qualité. On n'y trouve pas ces saveurs de vin maison trop communes aux vins du Niagara. Un travail de professionnels. Un domaine à suivre. Les premières vignes ont été plantées en 2000. Certifié bio Écocert en 2005. Appartient à la famille Boisset.
Le site du Clos Jordanne www.leclosjordanne.com
Une vidéo avec le vinificateur Thomas Bachelder (4 min 56).

  Voir les disponibilités à la SAQ et à la LCBO.

Alexandre Fouque - Domaine de la Tour Penedesses

Faugères et Côteaux du Languedoc

Les vins du Languedoc gagnent de plus en plus en réputation. Il est bien loin le temps du gros rouge! De nombreux jeunes producteurs se sont installés dans cette belle région ces dernières années dans le but de faire de bons et même de grands vins.

Alexandre FouqueC'est le cas d'Alexandre Fouque. Il a commencé sa carrière comme oenologue en Champagne et en Provence.

Plusieurs sommeliers québécois qui ont complété leur formation
à l'Université du vin de Suze-la-Rousse l'ont connu comme professeur.

En 2000, il achète un vignoble à Faugères. Son père lui fournit le 10 % nécessaire et le Crédit Agricole lui prête le reste.

Il a maintenant 43 hectares principalement de syrah, mourvèdre et grenache. Il exporte 20 % de sa production.

Il est venu présenté ses vins au Salon des vins de Québec puis il a prolongé sa visite en Outaouais pour rencontrer un des meilleurs restaurateurs de la région, un ancien de Suze-la-Rousse, Jean-Claude Chartrand propriétaire du restaurant L'Orée du Bois à Chelsea ainsi que des sommelières des meilleures tables de la région.

Des vins de feu, des vins de volcans

Voilà comment on pourrait qualifier les vins d'Alexandre Fouque. Il y a d'ailleurs trois anciens volcans dans le secteur. Le vigneron n'a pas peur de la concentration, du taux d'alcool élevé, de l'extraction. Il assume. Ses vins sont puissants, séveux et généreux.

Des vins de syrah et de mourvèdre chaleureux au nom de Raisins de la Colère, Montagne Noire et Les Volcans.

Les vins de Jean-Noël Bousquet

Château Grand Moulin, Corbières

Jean Noël Bousquet s'est fait vigneron dès l'âge de 17 ans.

Son père, négociant en porc, avait une petite vigne de trois hectares pour les besoins familiaux.

Encore adolescent, Jean Noël achète en 1973 un lopin de terre. Cinq ans plus tard, il loue quelques hectares sur le flanc d'une colline. En fermage, comme on dit. Au début, il apporte son vin à la coopérative. Tranquillement, il agrandit son domaine. Il emprunte et achète des parcelles dans le Corbières.

En 1988, il achète 24 hectares et aménage sa cave sur le site d'un ancien moulin sur le bord de la rivière Orbieu. D'où le nom : Château Grand Moulin.

Puis, en 1994, il se produit un évènement qui change sa vie. Il présente un vin au concours de la SAQ Sélections mondiales et emporte une médaille. Le vigneron et son vin fontt alors une entrée remarquée à la SAQ.

En visite au Québec, j'ai été accueilli comme un premier ministre. Je me suis alors ouvert au marché extérieur.

Tout ne fut pas facile. En 1999, une inondation détruit ses nouvelles installations et une partie de ses vignes. Regardez la vidéo d'un bulletin de nouvelles de l'époque et constatez comme l'homme réagit stoïquement face à cette catastrophe. Il s'en relève et rebâti le tout un peu plus haut et un peu plus loin du cours d'eau tumultueux.

Amoureux de la syrah, Jean-Noël Bousquet veut très tôt faire des vins de qualité. Il dit qu'il n'y a pas de tradition de vin de qualité en Corbières. «La tradition, on l'a fait actuellement.» Il veut faire des vins pour accompagner les repas, et non des vins de concours. «Je refuse d'ajouter des moûts concentrés pour faire des vins plus parkerisés

Aujourd'hui, avec six collaborateurs il gère un domaine de 110 hectares.

En visite dans l'Outaouais, il nous a fait goûté ses vins.

Le Domaine Bousquet 2007
Son vin d'entrée de gamme. Un assemblage de carignan à 80 % complété de syrah. C'est très plaisant. Fruité à souhait. Gouleyant. Très épicé. Les tanins sont fins. La structure est lisse. Une belle présence en bouche. Un régal. Très beau pour le prix.  Vin de pays d'Aude. 573410  9,50 $

Moulin Saint-Jean 2007
Plus foncé, plus fruité et plus gras. Un corbières bien structuré. Un granulé agréable en bouche. Des saveurs de petits fruits sur une note de cuir. Assez long. Syrah à 40 %, le reste à parts égales de mourvèdre, carignan et grenache.  523381 10,15 $  

La Tour Grand Moulin 2007
Nez différents avec des arômes de fruits noirs. Plus structuré et plus persistant. Des tanins fins et agréables. La syra semble plus présente. Bien fait. Une jolie finale sur le fruit. Syrah et carignan à 40 % chacun, grenache à 20 %. Vinification à 40 % semi-macération carbonique. 355255  14,25 $

Château Grand Moulin Vielles vignes 2005
Plus aromatique encore, bien gras, on monte d'un bon cran. Des tanins plus présents. Un vin plus volumineux. Il fait un séjour en barriques (1/3 neuves). Le boisé est bien apparent et ajoute une autre dimension au vin.
Assemblage : 50 % syrah, 20 % carignan, 20 % grenache.
Disponible en approvisionnement continu dans la section Spécialité, qu'on appelle maintenant section Cellier. 721043  16,80 $

Château Grand Moulin Vielles vignes 2000
Un bouquet de vin bien évolué. Invitant. Souple en bouche. De belles saveurs. Un peu d'olives. Assez fondu. Assez long. Pas de trace de bois. La preuve que ce vin de Corbières s'améliore bien après quelques années de cave.

Château Grand Moulin Terre Rouge 2005
Le haut de gamme de la maison. Une texture grasse au beau granulé. Ça roule bien en bouche. Le boisé est encore bien présent. Une belle persistance. 12 mois en fûts de chêne à 30 % neufs. Terre Rouge est le nom du premier vignoble acheté par Jean Noël lorsqu'il avait 17 ans. La syrah ici est majoritaire : 60 %, accompagnée de grenache à 30 % et de carignan à 10 %.  873653   23,60 $ 

La Tour Grand Moulin rosé 2008
Ce vin arrivera bientôt dans ce millésime. Un rosé pâle, saumoné. Très aromatique, floral. Gras avec une impression de fruit légèrement sucré, pourtant, il contient moins de 2 grammes de sucre. Un rosé de soif. Il coule bien. Facile et agréable sur une petite finale fruitée et salée.   721043  13,85 $ 

Tous ces vins sont de très bons rapports qualité-prix. Ils nous permettent de voir qu'un producteur peut faire des vins très différents aux caractères bien marqués selon les terroirs et les modes de vinification.

Site du producteur  www.chateau-grand-moulin.com

Jean-Noël Bousquet est représenté au Québec par la Société de Vins Fins.

Corbières est une appellation du Languedoc-Roussillon qui regroupe 2200 producteurs. Il y a 289 caves particulières et 33 caves coopératives. Pour en connaître plus sur cette appellation, voir le site www.aoc-corbieres.com

Les talibans du sangiovese

Connaissez-vous les vins de la Toscane ? Pouvez-vous nommer des appellations de Toscane ?  Il y en a 50. On connaît le chianti, on a entendu parler du brunello, mais montecucco, cortana et colline luchesi !

Nous sommes capables de nommer plusieurs appellations de Bourgogne — même les plus petites —, de Bordeaux et de la Loire, par contre pour ce qui est de la Toscane et même de l’Italie en général c’est souvent l’inconnue.

Le vin grec, un secret bien gardé

Μοσχοφίλερο (Moschofilero) que c'est bon!

Moschofilero?  Est-ce que c'est le juron préféré de Dyonisos?

Non, c'est tout simplement le nom d'un des cépages autochtones de la Grèce.

Ils sont nombreux ces cépages originaux. Ils ont pour nom en blanc: roditis, robola, assyrtiko, malagousia, et en rouge: agiorgitiko, mavrodaphne, xinomavro, ect.

Après un périple de 10 jours en Grèce, je dois dire que j'ai été agréabllement étonné de la qualité et de l'originalité des vins dégustés.

Une sommelière de Chicago rencontrée sur l'île de Santorin me dit que «le vin grec est un secret.» En effet, un secret. J’ajouterais: un secret bien gardé!

Nous connaissons au Québec quelques vins grecs, des vins d'entrée de gamme, ainsi que le fameux Muscat de Samos. Mais il y a vraiment plus à découvrir. Il y a dans ce pays des vins de grande qualité, dont plusieurs à bon prix.

Un secret bien gardé, car la consommation de vin grec à l'étranger semble être le fait d'expatriés. Il y a 11 millions de Grecs en Grèce. Il y en aurait autant à l'extérieur du pays. Il y a des milliers de restaurants grecs dans le monde, dont 8000 seulement en Allemagne.

Les vins exportés sont donc principalement consommés par ces Grecs installés plus ou moins en permanence ailleurs et pour une bonne part dans les restaurants grecs de tous les centres-villes des métropoles.

Jean-Baptiste Adam et ses vins

Vous connaissez ses vins. Vous ne les avez pas achetés à la SAQ. Ils ne sont pas là. Vous les avez goûtés au restaurant, car ils ne sont disponibles qu’en importation privée.

Même si ses vins ne sont pas vendus par la SAQ, le producteur, comme plusieurs autres vignerons de grande qualité, a fait une tournée du Québec pour faire goûter ses bonnes bouteilles.

Il est allé à Québec, Montréal, Saint-Sauveur et à Gatineau. Il dit avoir beaucoup aimé sa visite à Québec où il a rencontré beaucoup de gens.

Jean-Baptiste Adam a complètement transformé la manière de faire son vin depuis une dizaine d’années.

Montus et Bouscassé

Montus et Bouscassé, deux beaux vins faits de tannat en Madiran dans le sud-ouest de la France.

Deux vins réputés qu'on retrouve régulièrement sur le marché québécois.

Ils sont l'oeuvre d'Alain Brumont, le pape du Madiran.

En 1979, Alain Brumont quitte le domaine paternel de Château Bouscassé et achète le Château Montus. Il modifie complètement le vignoble (d'autres portes-greffes, des plants sélectionnés...) Inspiré du modèle bordelais, il fait vieillir ses vins en petites barriques de chêne neuf.

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