Commandes privées

Appelé aussi «Importation privée»

Il est illégal de revendre du vin acheté en commande privée

Les achats de vin en commande privée deviennent de plus en plus populaires. C'est maintenant un marché de plus de 115 millions de dollars au Québec et de 6,4 millions de bouteilles. Ce système d'achat conçu surtout pour la restauration intéresse aussi les particuliers. Les agences spécialisées dans ce secteur improprement appellé importation privée ont fait le plein avec les restaurants et veulent depuis quelque temps atteindre directement les consommateurs.

Il y a toutefois un hic, c'est qu'il faut acheter à la caisse. Des agences invitent donc leurs clients à revendre des bouteilles de cette caisse. On dit ainsi «partagez avec des amis», regroupez-vous pour l'achat de la caisse. On le lit même dans des sites internet des agences. On incite des clients à acheter à la caisse et à revendre à l'unité.

Est-ce légal?
La Société des alcools (SAQ) nous répond que ce n'est pas légal. Est-ce qu'un particulier peut vendre du vin? «Ce n'est pas permis», nous écrit la SAQ.

Même réponse du côté de la Régie des Alcools. «Il est interdit pour un particulier de vendre du vin; seuls la SAQ et un titulaire de permis d'épicerie peuvent en faire la vente», nous répond Mme Joyce Tremblay, porte-parole de la Régie.

La SAQ est un monopole et seule elle et ses mandataires, les épiceries, ont le droit de vendre du vin.

Mais alors les agences qui incitent leurs clients à revendre des bouteilles incitent donc leurs clients à commettre un geste illégal? «Si c’est le cas, ils les incitent en effet à commettre un geste illégal», nous répond Mme Linda Bouchard, agente d'information de la SAQ.

La Loi, c'est la Loi
Interrogé à ce sujet, le président du regroupement des agences de commandes privées, le Raspipav, nous répond que «la Loi, c'est la Loi». Nous savons que c'est illégal, nous dit le président Pierre Birlichi. «Notre position est légaliste. Nous devons respecter la Loi, même nous les agents n'avons pas le droit de vendre directement du vin.»

Va-t-il alors demander à ses membres de cesser d'inciter leurs clients à commettre un geste illégal? Ce à quoi il répond que «l'association n'a pas pour rôle de jouer à la police.» M. Birlichi s'étonne aussi qu'au moment où on va légaliser la marijuana qu'il soit toujours aussi difficile de faire le commerce du vin au Québec. Il se demande aussi qu'elle est la sanction, la pénalité si un particulier se fait prendre à revendre du vin.

C'est un sujet assez étonnant. C'est une pratique qui se fait illégalement, mais ouvertement! À preuve, dans le site même de la SAQ, sous un article intitulé L'importation privée: simple, accessible et sécuritaire, la SAQ a mis un lien vers un article du journal La Presse écrivant que «la journaliste Ève Dumas a su résumer la marche à suivre dans l’article L’importation privée en trois étapes faciles. Dans lequel article cité, Mme Dumas rappelle qu'il faut acheter à la caisse; «trouvez-vous des amis pour partager!», ajoute-t-elle alors!

Cela dit, tout le monde est bien conscient que cette limitation d'achat à la caisse est un frein au développement de ce secteur dit des commandes privées. La SAQ a un projet de vente à l'unité de ces vins par internet. Le projet n'est pas encore au point. Il pourrait se réaliser dans les prochaines années, nous dit-on.

Le faire légalement
Il est toutefois possible se se regrouper pour faire une commande privée auprès de la SAQ. On passe alors par le Service de commandes privées, version «particuliers» de la SAQ et non par une agence. Le groupe peut commander des caisses et se les partager à l'unité. On y précise que «l’organisateur ne peut vendre les produits aux membres du groupe d’achat». Le chef du groupe doit fournir la liste des noms et des adresses des acheteurs et la quantité commandée par chacun. La SAQ émet alors une facture à chacun des membres du groupe indiquant que le prix des produits a été acquitté par le chef du groupe. (Voir Politique de commande privée PDF)

L'importation privée n'existe pas au Québec

L'importation privée de vin n'existe pas au Québec !

En fait, c'est illégal. «Au Québec, la loi indique que seule la Société des alcools du Québec (SAQ) est autorisée à importer des boissons alcooliques», nous dit la SAQ dans son site internet.

En effet, la société d'État a le monopole de l'importation de vin dans la province.

Mais alors pourquoi des gens et des agents disent qu'ils font de «l'importation privée» et qu'ils vendent des vins dits d'importation privée?

C'est la SAQ qui importe, transporte, entrepose, distribue et vend tous les vins importés en bouteille au Québec.
C'est la SAQ qui paie directement tous les fournisseurs, producteurs et vignerons. C'est la SAQ qui choisit les moyens de transport et qui fait venir ces caisses de vin. De plus, ce sont les gens de la SAQ qui fixent ou corrigent les prix.

Commandes privées
Mais alors qu'est-ce que ce système que certains appellent de «l'importation privée»?
C'est le système de «commandes privées de la SAQ».

C'est la SAQ qui a commencé à utiliser ce terme d'importation privée lorsqu'elle a autorisé, il y a quelques années, des particuliers à passer des commandes particulières auprès de son service d'importation.

Les gens de la SAQ utilisent de plus en plus maintenant le terme plus juste de commande privée au lieu d'importation privée comme le fait la société des alcools de l'Ontario, la LCBO.

Il n'y a donc pas d'importations privées, mais bien des commandes privées.

Ces commandes peuvent être faites par des particuliers, des restaurateurs et des agents promotionnels.
Il y aurait maintenant plus de 300 personnes qui sont enregistrées auprès de la SAQ comme agents promotionnels pour faire des commandes privées.

Ces personnes choisissent le vin, mais c'est la SAQ qui paie le vigneron, l'importe, l'entrepose et le distribue aux clients dans ses succursales désignées.

L'agent, lui, doit veiller à faire sortir le vin le plus vite de l'entrepôt et il se prend une commission.

Son rôle n'est pas d'importer le vin, mais plutôt «de trouver des acheteurs pour la totalité des produits commandés, avant la fin de la période d’entreposage», comme le dit la SAQ dans sa politique de commandes privées.

L'agent a 180 jours pour faire sortir le vin de l'entrepôt de la SAQ. Après ce temps, la SAQ se réserve le droit de saisir les caisses restantes.

Des employés de la SAQ sont chargés de contrôler les prix de ces vins. Ils exigent que le prix corresponde «au prix fournisseur des produits comparables au répertoire de la SAQ.»  De plus, «lorsque le prix déclaré par l’agent ne reflète pas la valeur marchande des produits, la SAQ effectue le paiement au fournisseur selon le prix déclaré et elle ajuste le calcul de son prix de vente au détail selon la valeur marchande des produits.» La valeur marchande est décidée par la SAQ.

La SAQ prend sa commission habituelle, plus des frais de commandes privées. L'agent se prend aussi une commission.

L'agent fixe la commission qu'il veut. On me rapporte qu'un agent facture une commission de 60 % qui s'ajoute au 135 % de majoration de la SAQ.
Ça commence à faire cher! En fait, nous observons qu'un vin en commande privée est de 10 à 15 % plus cher que le même vin lorsqu'il est par la suite vendu directement par la SAQ.

Commandes privées sur le site web de la SAQ
Il y a des discussions depuis plus de 4 ans afin de permettre l'écoulement de ces vins de commandes privées sur le site saq.com. Toutefois, les discussions achoppent, entre autres, sur la question de la commission de l'agent. En effet, comment s'assurer qu'il recevra sa commission, comment établir le montant. De plus, on se demande pourquoi donner une si forte commission si ce sont des employés de la SAQ qui font la plus grande partie du travail.

Donc, il n'y a pas d'importations privées de vin au Québec, mais plutôt des commandes privées. La principale différence est que le choix du vin est fait par un privé au lieu de l'être par un employé de la société d'État.

En 2016-2017, les commandes privées ont totalisé 6,4 millions de bouteilles pour 115 millions de dollars.

Voir Politique de commandes privées, version agents promotionnels, SAQ et Commandes privées, LCBO.

Voir aussi Qu'est ce que l'importation privée de vin au Québec.

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Ajout en septembre 2019
. Il y a toutefois, une forme d'importation privée au Québec. En effet, des embouteilleurs sont autorisés par la SAQ à faire l'importation de vin en vrac qui est revendu à la SAQ.

Importation privée et chère

Nous avons beaucoup parlé d'importation privée ces derniers jours en marge du Salon des importations privées qui se tenait à Montréal et à Québec.

Un lecteur nous a signalé un écart énorme de prix d'un vin distribué au Québec sous le système d'importation privée et le même vin dans les magasins du monopole de l'Ontario LCBO.

«Voici un écart de prix énorme pour un vin (Lopez de Haro reserva 2009 ) entre un importateur privé ici au Québec (Passion Gourmet) et la LCBO ($26,02 vs $15,95)».

En effet, la LCBO vend ce vin 17,95 $. Il est même en rabais à 15,95 $ jusqu'au 27 novembre.

Interrogé sur ce grand écart de prix, l'agent au Québec M. Jose Lopez de Passion Gourmet, nous répond que «le prix auquel vous référez est en importation privée comparativement à des achats de volume considérable avec la LCBO.»

Donc, si vous achetez 12 bouteilles de ce vin au Québec ce sera 312,24 $; alors que cette caisse vous coutera 191,40 $ en Ontario; une différence de 120,81 $.

De quoi vous permettre d'acheter en plus une caisse de vins à 10 $ à la LCBO!

«C'est un vin que j'apprécie en regard du prix et je me suis même déjà déplacé en Ontario pour en acheter, c'est ce qui a attiré mon regard», m'écrit le lecteur qui m'a signalé son étonnement face à cette différence de prix.

Dans ce cas si, il n'y a vraiment pas d'aubaine au Québec, même si on achète à la caisse!

Le site de l'agence Passion Gourmet donne une liste de vin. Il n'affiche pas les prix, mais les donne par courriel, comme dans l'image en haut à droite.

En Ontario et au Québec, ce vin est importé par les deux monopoles d'état.

Toutefois, au Québec, vu que c'est sous le chapitre «importation privée»,  c'est une agence qui choisit le vin, qui détermine le prix avec le producteur.

La SAQ paie le producteur, importe le vin, prend une bonne marge, le conserve dans son entrepôt. L'agent se charge de le faire vendre. Il agit comme intermédiaire de la SAQ. Cette dernière le livre dans une de ses succursales. Le consommateur paye la SAQ lorsqu'il va cherche la caisse, après avoir envoyé un chèque de commission à l'agence, comme l'explique l'étape 4 du site de l'agence Passion Gourmet.

Comme l'a constaté ce lecteur, il faut donc être vigilant et vérifier les prix. Ce qui est loin d'être facile.

C'est frustrant lorsque l'on constate que l'on paie presque le double de nos voisins de l'Ontario pour un même vin!

Ce n'est pas un cas isolé. Un ami sommelier nous donne dans Facebook deux autres exemples.

Nous comprenons maintenant la réticence des agences et de la SAQ à publier dans internet les prix des vins en importation privée.

Pour mieux comprendre ce système dit d'importation privée, lire vinquebec.com/importation-privee.

Plus de vins mousseux en importation privée

Il y a 500 vins mousseux à la SAQ, est-ce suffisant?
C'est près de 300 champagnes et un peu plus de 200 mousseux hors Champagne.

Ce sont surtout des vins de gros fabricants. La SAQ est peu intéressée par les petits producteurs.

C'est une offre que cherchent alors à compléter les agences de vin en importation privée. Elles essaient de dénicher des produits de petits producteurs qualitatifs. Ce qui permet entre autres aux restaurateurs d'offrir des bulles originales (hors SAQ) à leurs clients.

Elles sont maintenant 345 de ces agences, souvent petites, qui ont un permis d'importation privée de la SAQ. Plusieurs d'entre elles sont au sein du Raspipav, un regroupement d'agences.

D'ailleurs ce regroupement a organisé une dégustation de vin mousseux en importation privée. C'étaient 31 vins pour cet évènement appellé Jugement de Montréal qui en est à sa sixième édition. Un jury d'expert composé entre autres des réputés sommelières et sommeliers Véronique Rivest, Élyse Lambert, Pascal Patron et Guénaël Rével et de quelques chroniqueurs vin.

Voici la liste des gagnants
Top 3 des mousseux à moins de 25 $

  1. Cava 1312, Maison Mestres, 22,96 $  agence Symbiose
  2. Cava Reserva Economy Brut, Maison Valldolina, 23,88 $  agence Bacchus 76
  3. Cava Gran Reserva 2011, Maison Sumarrocca, 20,75 $   agence Rézin

Top 3 des mousseux entre 25 $ et 50 $

  1. Champagne Charles Collin Brut, 45 $ agence Benedictus
  2. Blanc de Blanc Brut Cave Spring Niagara, 34 $  agence Oeno
  3. Champagne Brut Charles de Vercy, H.  Blin, 45 $  agence Cellier des Cigales

Il est à noter la présence remarquée d'un mousseux canadien dans ce lot : de la maison Cave Spring, un mousseux bien sucré. Disponible à 29,95 $ à la LCBO.
 

Je tiens aussi à signaler quelques autres vins mousseux que j'ai beaucoup appréciés lors de ce Jugement de Montréal :

  1. Spumente Di Sipio, 40,85 $ agence Olea
  2. Blanquette de Limoux, Ch. Rives Blanques 30 $ agence Benedictus
  3. et hors concours un délicieux pétillant naturel Les Bulles du facteur, Fabien Brutout 38,71 $ agence Boires.

Vous pourrez gouter ces beaux vins mousseux et peut-être vous les procurer lors du Salon des vins d'importation privée à Montréal (29, 30,31 octobre) et à Québec (1er novembre).

Mais qu'est-ce que l'importation privée?

L'importation privée

Qu'est-ce que l'importation privée de vin au Québec?
(On devrait plutôt le nommer Commandes privées.)*

Il y a 345 personnes qui ont un permis de la Société des alcools du Québec (SAQ) pour faire de l'importation au Québec.
Chacune de ses personnes forme une agence seule ou avec des associés ou des employés. Il y a de petites, de très petites et de grosses agences. Certaines n'importent même que pour un seul restaurant.

Il y a environ 16 000 produits à l'année en importation privée. Actuellement, il y en a environ 3000 disponibles (100 000 caisses à l'entrepôt de la SAQ.) Ceci comparé à 11 500 produits à l'année à la SAQ et environ 9000 vins actuellement.

L'importation privée est constituée surtout de vins de petits producteurs, importés en petites quantités.

C'est la SAQ qui importe, pas le privé!
Elle est bien mal nommée, car l'importation n'est pas privée du tout. Elle est même illégale. «Au Québec, la loi indique que seule la Société des alcools du Québec (SAQ) est autorisée à importer des boissons alcooliques», comme l'explique en toutes lettres la SAQ dans son site. C'est en fait la SAQ qui importe. Ce qui est étrange, c'est que c'est le monopole lui-même qui a donné ce nom «importation privée» à ce secteur.
Ce qui est privé c'est le choix du vin qui est fait par un «privé» — un individu — et non par un employé de l'État. Cette personne choisit le vin à importer. C'est la SAQ qui l'importe, qui paie le producteur, qui va chercher le vin, le fait transporter et le fait livrer à son entrepôt et l'y conserve.

Le «privé» n'a pas le droit d'avoir des caisses de «son» produit dans sa place d'affaires. Tout doit passer par la SAQ qui se charge aussi de livrer le produit au client.

La SAQ prend sa marge habituelle, les taxes habituelles en plus d'une marge supplémentaire (environ 2 $ la bouteille). Par contre, c'est le «privé» qui doit se charger de faire écouler le vin. La SAQ se réserve le droit d'imposer des frais d'entreposage si le vin ne s'écoule pas assez vite. Elle peut même exiger le paiement total de la commande si le vin reste trop longtemps dans l'entrepôt. Par contre, si le vin devient très populaire, la SAQ peut le prendre pour le vendre dans ses propres succursales!

Le «privé» doit payer d'avance presque la totalité de ses premières commandes. Par après, la SAQ le finance jusqu'à un certain niveau.

Avantages et inconvénients

Le consommateur, le restaurateur — car ce sont surtout des restaurateurs qui achètent ces vins — peuvent ainsi obtenir des vins originaux, des vins de petits producteurs, des vins exclusifs. Il y a en importation privée un plus grand choix de vin bio et de vin nature. Un particulier ou un groupe d'amateurs peuvent aussi faire de «l'importation privée» (sic) en passant par le monopole public. Mais là il faut s'armer de patience et d'argent. (Voir Particuliers dans le site saq.com) C'est un avantage aussi pour la société d'État qui collecte plus d'argent sans avoir à s'occuper de la mise en marché de ces vins.

Par contre, le prix est plus élevé parce que la SAQ se prend une marge supplémentaire et que la commission de l'agent peut être de 10 à 60 %. La SAQ se prend aussi un frais de service de base; le même pour une caisse de 6 et de 12 bouteilles. Donc les vins en caisse de 6 sont majorés plus fortement. De plus, c'est du vin en petites quantités, le renouvellement de la commande est souvent lent. Il y a aussi, selon les agences, double facturation. Soit une facture pour la SAQ pour payer le prix du vin, les taxes et sa majoration et une deuxième facture pour payer la commission de l'agent. Le gros désavantage pour le consommateur c'est qu'il faut acheter à la caisse. Finalement, ce sont des produits difficiles à retracer puisqu'il n'y a pas encore de centrale de commande ou d'information sur ces produits dispersés auprès de 345 agences.

Il faut que les vins soient vendus rapidement, car la SAQ impose des frais d'entreposage. C'est 1 $ par caisse au 5e mois; 2 $ au bout au 6e mois. La SAQ saisit les caisses qui sont encore dans son entrepôt au 7e mois.

La SAQ peut décider, devant le succès de certains vins, de le renouveler elle-même et de le vendre dans ses succursales. Un vin de 25 $ en importation privée peut ainsi se retrouver à 18 $ en succursales. C'est dire la majoration que ces vins subissent.

C'est toutefois, un marché en croissance. Plus de 540 000 caisses ont ainsi été écoulées l'an dernier. C'est maintenant plus de 100 millions de dollars. Des agences privées, les plus grosses, essaient maintenant de rejoindre les consommateurs en plus des restaurateurs. Il y a aussi un projet — en discussion depuis plus de 4 ans — afin d'afficher ces produits dans un site internet, celui du monopole! On nous le promet pour dans 2 ans.

Donc, un marché à suivre qui peut évoluer, surtout si on finit par permettre au consommateur d'acheter à l'unité et non plus à la caisse et si on informe plus le public de la qualité et de la disponibilité de ces vins.

* Il serait plus correct de nommer ce secteur Commandes privées, plutôt qu'Importation privée, car c'est en réalité le monopole d'État qui importe. (Voir ici.)

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Voir aussi Importation privée et chère, novembre 2016
Au sujet de l'agent voir Le rôle de l'agent promotionnel dans un contexte de marché monopolistique, Réal Wolfe, 2013, PDF 39 pages.
Et Services aux particuliers, règles d'importation des commandes pricée SAQ.

L'importaion privée n'existe pas au Québec, mai 2017

Voir des vins d'importation privée commentés dans vinquebec.com : vinquebec.com/ip

Texte modifié le 25 novembre 2016  

Du si bon vin en importation privée

Du vin de soif chez Véronique Rivest !   
Nous avons participé à une dégustation étonnante organisée par l'Académie du vin de l'Outaouais en collaboration avec la réputée sommelière Véronique Rivest à son bar à vin de Gatineau Soif.

Une dégustation à l'aveugle de 9 vins. Des vins déroutants, certains ont semblé bizarres à plusieurs des 28 participants. Nous sortions des sentiers battus; impossible, ou presque de reconnaître les cépages. Des vins fins, digestes, pour la table nous dit la sommelière Véronique.

«Les gros vins, c'est pour prendre avant de manger. À table, on a souvent plus de plaisir avec les vins plus fins, plus acides.»

Des vins bio, en biodynamie et certains natures.

Alors, ça commence avec un vin blanc floral, assez rond, qui semble acide à certains, moins à d'autres et même un peu sucré pour quelques autres. Nous sommes conquis dès le départ. C'est un vin de cépage grüner vetliner, Nikolaihof Hefeabzug de Wachau 2013 (Autriche).

Puis un Leccia Biancu Gentile, Corse 2012 aux étonnantes saveurs rappelant les biscuits à l'avoine.

L'importation privée se régionalise

Les agences d'importation privée se concentrent à Montréal. Il y en a quelques-une à Québec, mais aucune en région. Ça commence à changer. Les importations privées se régionalisent. Il y a maintenant une agence d'importation privée en Outaouais. C'est la première dans la région.

Son nom: Importation l'Orée du Bois.
Depuis 2010, le propriétaire du restaurant L'Orée du Bois à Chelsea importe du vin pour son restaurant. Jean-Claude Chartrand, qui a fait ses études à Suze-la-Rousse, offre maintenant ses trouvailles aux restaurateurs et particuliers de la région et de la province.

Au début, l'importation privée, c'est risqué. Il faut tout payer à la commande. Puis lorsque la SAQ voit que l'importateur est sérieux et réussit à vendre les vins qu'il importe, elle lui donne une marge de crédit.

Jean-Claude est conseiller par un caviste de Paris pour la sélection des vignerons. Il a maintenant dans son portfolio une douzaine de vignerons de France.

Certains de ces vignerons sont aussi représentés par d'autres agences au Québec. Ce qui est nouveau à ma connaissance. Les agences exigeaient l'exclusivité, mais maintenant des producteurs exigent plus de services et plus d'agents pour les représenter au Québec.

Jean-Claude et Josée importent en caisse de 6 bouteilles, ce qui est plus pratique pour les particuliers.

Parmi leurs vins, il y a le premier zinfandel de France. Un vin magnifique fait par le Domaine de l'Arjolle. Plus fin et plus élégant que la plupart des zinfandels de Californie. Nous en avons parlé ici Zinfandel, Domaine de l'Arjolle 2011.

Parmi les vins proposés par Importation L'Orée du Bois notons le Cerdon du Bugey, Domaine du Clos de la Bierle, un mousseux rosé sucré peu alcoolisé avec un doux 8 degrés, méthode ancestrale, fait des cépages gamay et poulsard. Très fruité, d'un beau petit sucré aux belles saveurs de fraise et de canneberge. 25 $.

Un autre vin de cette région méconnue de nous, le Bugey, du Clos du Colombier de la Maison Duport & Dumas. Un chardonnay gras, rond, coulant, bien agréable. 22 $.

En rouge, un Marsannay 2010 du Domaine du Vieux Collège. Un pinot noir très costaud, épicé, aux arômes rappelant les pivoines, très beaux tanins, persistant, impressionnant.

Plus costaud encore, un Malbec du Domaine Mas des Étoiles Cahors 2010. Très expressif, corsé, beaucoup de tanins sur un fruité ample.  Délicieux.

Voilà de beaux vins à prix raisonnables. Il y en a d'autres.
On commande chez Jean-Claude et l'entrepôt de la SAQ livre dans la succursale désignée de la région pour recevoir les importations privée. En Outaouais, c'est celle du Plateau.

 www.oreeduboisrestaurant.com

On la dit guidoune!

On qualifie souvent les vins de syrah de vin guidoune.
Ce cépage peut donner des vins très expressifs, trop même.
Des vins dégoulinants de fruit.

C'est comme un excès de parfum.

Ce sont des vins difficiles à juger. Les plus expressifs peuvent devenir lassants; alors que les plus réservés peuvent se révéler délicieux après plusieurs gorgées.

Alors, imaginez s'il faut juger ces vins en n'en buvant qu'une gorgée!

La syrah peut être sérieuse, on l'appelle alors quelques fois Cornas; elle peut être sainte-nitouche, on la dira Saint-Joseph. Elle peut être collante, on la qualifiera de shiraz. Elle sera réservée, on la nommera Hermitage, elle sera frivole, on la dira Côte-Rôtie.

Des shiraz veulent ressembler à des côtes-rôties, des côtes-rôties veulent ressembler à des australiennes, des pays d'Oc se prennent pour des côtes-rôtiee, ainsi de suite.

Elle est épicée, souple, chaleureuse, coulante et pas astringente et n'a donc pas besoin de bois neuf.

On a de la syrah presque partout maintenant. Elle a quitté le Rhône pour le vaste monde. On en trouve même en Attique.

Cette semaine, 18 valeureux dégustateurs ont été convoqués pour juger 40 de ces désinvoltes. Une à deux gorgée par verre et puis voilà une note sur 100. Parmi les membres du jury, des noms réputés: Véronique Rivest, Élize Lambert, Nadia Fournier, Claude Langlois, Marc Chapleau, Pascal Patron, Guénaël Revel.

J'ai déjà parlé de la difficulté de se faire une idée d'un vin en une seule gorgée, notamment lors d'une dégustation de vin de Costières-de-Nime. Voir Premier en dégustation, dernier au repas; et vice versa.

C'est particulièrement difficile pour la syrah qui peut-être tellement exubérante. Quelques fois, seulement 20 % de syrah dans un assemblage suffit à en révéler la présence et à dominer le tout.

Donc, cette semaine au Jugement de Montréal syrah 2012, c'est une syrah canadienne qui l'a remportée parmi 38 syrahs du monde et deux intruses.

C'est la deuxième fois qu'un vin canadien remporte la première place à ce jury! (Jugement de Montréal 2011)
Est-ce que les dégustateurs québécois commencent à préférer les vins canadiens aux vins étrangers? Nous verrons si l'an prochain c'est un chardonnay canadien ou même québécois qui remporte le prochain concours.

Donc, un des deux vins canadiens présents l'a remporté. C'est la Syrah Equinoxe 2009, Le Vieux Pin avec la note de 88.
Six dégustateurs lui ont donné 90 et plus, dont quatre 95 et plus.

La deuxième place est allée à une syrah américaine; la troisième à une côte-rôtie, puis un cornas et en cinquième un pays d'oc. Ce sont des vins bien chers sauf le pays d'oc.

La pire note a été donnée à au Hermitage Farconnet 2007, JL Chave (pourtant coté 93-95 par l'illustre Robert Parker) et l'avant-dernière à un vin d'Afrique du Sud.

Il faut aussi dire qu'il y avait deux intrus dans cette série, un malbec et un blaufrankisch qui ont bien paru.

Cinq des sept cornas ont été reléguées aux 12 dernières places. Les deux hermitages ont mal paru 23e et 40e. Cependant, les cinq côtes-roties ont toutes été dans les 25 premières places. Étrangement, il n'y avait que deux shiraz d'Australie!

Qu'est-ce qui explique le succès de cette syrah canadienne? C'est peut-être son petit côté acidulé qui lui a donné une certaine fraîcheur parmi ces vins en général bien mous.

La disparité des notes est notable. Les dégustateurs ont donné entre 80 et 97 au grand gagnant.

Certains vins se sont vu donner des notes en bas de 70. Il y a même eu un 50 et quelques 57 et 58! Les deux plus haut coteurs, ont une moyenne de 86. L'écart des notes entre les dégustateurs va de 2,8 à 14,4 points.

Voici les résultats
Rang  Ordre      Vins                                                         

1    30    Syrah Equinoxe 2009, Le Vieux Pin       Ca     89 $         88  (Alain Bélanger)
2    24    Syrah Paso Robles 2009, Austin Hope    ÉU     46 $        87  (Séleste Levure)
3    5     Côte-Rôtie Rose Pourpre 2010, Gaillard    Fr    117 $       85  (Rézin)
4    7     Cornas 2008, Maxime Graillot                 Fr     58 $        85  (Réserve et Sélection)
5    9     Syrah Pays d'Oc 2011, Camplazens         Fr     17 $        84  (Sélection caviste)
6    28    Nardo IGT Toscana 2008, Montepeloso    It    140 $       84  (Vinealis)
7    11    St-Joseph Serines 2009, Cuilleron          Fr     66 $        84  (Maître de Chais)
8    35    Côte-Rôtie T. Sombres 2009, Cuilleron    Fr    105 $       84  (Maître de Chais)
9    6     Syrah IGT Toscana 2009, Villa Pillo         It     30 $        84  (Roucet)
10    25   Crozes-H Cuvée Gaby 2010, Colombier    Fr    38 $        83  (Roucet)
11    26   Syrah Paso Robles 2007, Niner              ÉU    35 $        83
12    17   Cahors La Pièce 2008, Mas del Périé       Fr    69 $        83
13    32   Syrah Okanagan 2009, Le Vieux Pin       Ca    59 $        83
14    1    Côte-Rôtie 2010, Gaillard                      Fr    63 $        83
15    14   Shiraz The Warrior 2006, Anvers           Au    52 $        83
16    36   L'Extrême IGP C.Catal. 2008,Clos Perdus Fr    48 $        83
17    12  Syrah 2009, Clos Montblanc              Es    25 $        83
18    13   Cornas Vires 2009, Cuilleron             Fr    98 $         82
19    29  Côte-Rôtie Viallière 2009, Clusel-Roch          Fr    93 $        82
20    23   Côte à Côte Paso Robles 2009,L'Aventure    ÉU    90 $       82
21    27   Bierzo Velvet 2008, Vega Montan               It    33 $        82
22    21    BlauFränkisch Reihburg 2008,  Schiefer    Aut    80 $        82
23    10    Hermitage 2008, Domaine du Colombier    Fr     92 $        82
24    22    Châteauneuf-du-Pape 2010, Ferrand       Fr     48 $        82
25    31    Côte-R. Les Grandes Places 2009, Pichat  Fr    110 $      82
26    3     Shiraz 2009, Frankland Estate               Au     39 $        81
27    34    St-Joseph 7 Lunes 2009, Delobre          Fr      38 $        81
28    40    Cornas Billes Noires 2009, D. du Coulet   Fr    108 $        81
29    4     Shiraz Ngeringa 2009, Klein                   Au     35 $        81
30    39    Cot. du Languedoc 2010, Clos du Prieur  Fr     35 $         80
31    16    Syrah Napa Valley 2009, Scribe             ÉU     62 $        80
32    8     Cornas T. du Serre 2009, D. du Coulet     Fr     71 $        80
33    15   Aragone IGT Toscana 2007, La Mozza      It     38 $        79
34    2    Cornas 2010, Domaine Gille                     Fr     71 $        79
35    37    Syrah Clos Adrien 2008, Empordà           Es     56 $        79
36    33    St-Joseph 2010, Vincent Paris               Fr     26 $        79
37    19    Cornas Brise Caillou 2010, D. du Coulet    Fr     59 $        78
38    38    Cornas Combe Chaillot 2010, G. Gille        Fr     54 $        77
39    18    Syrah Stellenbosch 2007, Marianne         ADS  56 $        73
40    20    Hermitage Farconnet 2007, JL Chave       Fr     57 $        71
                                                   Prix moyen  63 $     

Ce sont des vins disponibles en importation privée que vous pourrez peut-être goûter au Salon des importations privées les 3 et 4 novembre à Montréal et le 6 novembre à Québec.

En terminant, voici mes préférés de ces vins:
BlauFränkisch Reihburg 2008,  Schiefer  80 $ (un intrus)  22e
Hermitage 2008, Domaine du Colombier    92 $             23e
Cornas 2008, Maxime Graillot   58 $      4e rang du jury
Nardo IGT Toscana 2008, Montepeloso  140 $  6e
Côte-Rôtie T. Sombres 2009, Cuilleron   105 $  8e
L'Extrême IGP C. Catal. 2008, Clos Perdus 48 $  16e

  Ce concours a été organisé par le Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins (Raspipav).

Weingut Heitlinger et Burg Ravensburg

Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de déguster quelques vins d'importation privée de l'agence Benedictus.

La dégustation s'est faite en présence du vigneron allemand Claus Burmester qui a deux vignobles le Burg Ravensburg qui serait le plus vieux vignoble du monde (1251) et le domaine Heitlinger dans la région de Kraichgau, près de Baden.

Les vins blancs de Heitlinger (bio) et de Ravesnburg sont particulièrement délicieux.

Le Pinot gris 2012 Heitlinger trocken Baden (sec) (23 $) a de belles saveurs de melon frais et de pêche. Il est assez tendu pour un pinot gris. Ne le servez pas trop frois.

Le Riesling 2010 Heitlinger trocken Baden (sec) (23 $) est mon préféré compte tenu de son très bon rapport qualité-prix. Il est bien sec, fin, frais et délicieux. Il n'a pas de saveurs pétrolées.

D'ailleurs, en Allemagne on ne semble pas apprécier ces saveurs pétrolées dans les vins jeunes. On cueille les raisins avant qu'ils ne soient trop murs, nous dit le producteur Claus Burgmester. «Je veux que le vin goûte le raisin et non le pétrole. Si ça sent le pétrole en jeunesse, le vin ne vieillira mal», ajoute-t-il.

Son Riesling Hussarenkape Burg Ravesburg 2010 (47 $) est plus gras, plus ample, plus minéral et très long. Du grand vin.

Ces vins sont disponibles en importation privée auprès de l'agence Benedictus benlecavalier@sympatico.ca

La maison produit aussi un pinot noir le Grand Cru GG Lochle. J'ai goûté le 2007. C'est un pinot noir boisé et de belle texture. Le 2009 (non dégusté) est disponible à la SAQ (35 $).

Des vins du Nouveau Monde ont aussi été présentés à cette dégustation, dont un Shiraz 2010 élégant et pas trop sucré de la maison australienne Pfeiffer. Soupe, coulant et bien fait. (32 $)

De la Californie, le Zinfandel Peju (49 $), rond, gras, boisé et bien fruité. De la même maison le Cabernet sauvignon Rutherford (65 $) pourra plaire à plusieurs avec sa longue finale vanillée. Puis finalement, la Cuvée O Cabernet Sauvignon de Oakville Ranch (89 $) séduisant par sa richesse et sa classe.

Les rouges avant les blancs

Pourquoi est-il préférable de servir les rouges avant les blancs lors d'une dégustation?

À l'occasion de la dernière dégustation de l'Académie du vin de l'Outaouais, l'agent importateur invité proposa à la douzaine de participants de déguster les neuf vins rouges avant les quatre blancs.

Benoit Lecavalier de l'agence Benedictus expliqua que si on commence par les blancs, les rouges qui suivront paraîtront moins bons. Ainsi à cause de l'acidité des vins blancs, les deux premiers rouges seront désavantagés et l'acidité restant en bouche pourrait les faire paraître plus tanniques et moins rêches. Il ajouta que c'est ainsi qu'on procède dans les dégustations à Bordeaux.

On commença alors la dégustation par les rouges légers du Jura, de Bourgogne, puis suivirent trois beaujolais, un roussillon bien costaud, un provençal de Ste-Victoire et deux Corbières. Donc du moins tannique au plus tannique.
Puis lorsqu'arrivèrent les quatre vins blancs, ce fut un réel plaisir de fraicheur. On a pu ainsi bien apprécier treize vins sans vraiment avoir la bouche fatiguée.

Plusieurs participants étonnés au début par cette proposition de servir les rouges en premier ont finalement conclu que l'exercice était bien agréable.

On sert souvent les blancs en premier comme apéritifs au début du repas, mais c'est toute autre chose lors d'une dégustation sans nourriture.

Lors de dégustations précédentes où les blancs ouvraient le bal, j'avais souvent constaté que les premiers rouges qui suivaient étaient mal notés par les dégustateurs. Après de bons blancs, il faut que les rouges soient joliment bons pour être bien appréciés.

On procède souvent ainsi dans les dégustations professionnelles: les blancs en dernier, ou au milieu si on a plus de 30 vins.

Cependant, lors de repas, c'est plutôt le met qui dicte le choix du vin. Le choix de la couleur se fait donc en fonction du plat. On peut ainsi aller du blanc ou rouge et revenir au blanc. Le proverbe «blanc puis rouge, rien ne bouge, rouge puis blanc, tout fout le camp», n'a pas de justification sérieuse. En gastronomie, il y a des modes, mais de règles absolues. Aux repas, «dans la succession des vins, il ne faut pas s'arrêter à la couleur mais prendre en compte l'intensité et la sucrosité: vous servirez un vin léger avant un vin puissant, et un vin sec avant un vin doux.» (Vinatis)

 

Voici les vins présentés ce soir-là, tous en importation privée chez Benedictus:

Arbois Trousseau 2007 Jacques Tissot
 Bien discret, petite note de bouchon.
Pinot Noir Hautes Côtes de Nuits 2008, JR Nudant
 À la fois élégant et costaud. Séveux, très long. 26 $

Beaujolais-Fleurie Dom. de la Madone 2009
 Fruité jeune et frais. 25 $
Juliénas 2009, Clos de Haute Combe-Juliénas
 Bien jeune, un fruité gras, belle longue finale presque capiteuse. 24 $  
Cuvée Prestige 2005, Clos de Haute Combe-Juliénas
 Juteux, très agréable. Saveurs persistantes rappelant les framboises et les canneberges. 36 $  
Cuvée Jean Rière 2009, côte du Roussillon, Domaine Rière Cadène
 Mentholé, beaucoup d'extraction, opulent, style Nouveau-Monde. 23 $  

Ste-Victoire AOC rouge 2007, Domaine Jacourette
 Discret, fruité très épicé. Syrah et cabernet-sauvignon. 28 $  
Domaine Perdiguier 2008
 Jeune, riche et chaleureux. 22 $  
Cuvée en Auger 2009, Château de Perdiguier
 Belle présence tannique. Très long. 28 $ 

Arbois Savagnin Naturé 2009, Jacques Tissot
 Frais, léger, d'un bel équilibre. Élégant. 31 $  
Pinot gris 2010 Baden trocken, Heitlinger
 Belle vivacité sur un fruité gras et légèrement sucré. 23 $  
Riesling 2010 Baden trocken, Heitlinger
 Fruits exotiques, litchi, un riesling facile à boire. 23 $  
Riesling Grand cru Hussarenkappe 2009, Heitlinger
 Un bouquet superbe et invitant. Sucre, acidité et amertume d'un bel équilibre. Très longue finale. Le vin de la soirée! 47 $  

  Pous vous procurer ces vins d'importation privée, contactez Benoit Lecavalier benlecavalier@sympatico.ca

Le Jugement de Montréal 2011

Vous vous souvenez du Jugement de Paris, eh bien, l'Association des agences de vin en importation privée du Québec (Raspipav) a lancé un concours intitulé le Jugement de Montréal.

L'évènement se veut annuel et sert à mousser le Salon des vins d'importation privée. Pour la première année, le jugement porte sur les pinots noirs.

Donc, un concours pinots noirs de Bourgogne contre pinots noirs du reste du monde.

Vingt-et-un vins étaient en compétition et jugés par un jury de 17 journalistes, sommeliers et grands amateurs de vin (dont l'auteur de ce texte). L'évènement s'est tenu au restaurant Le Toqué à Montréal, le 5 octobre.

Disons tout de suite que la Bourgogne a été la grande gagnante, raflant les quatre premières places. Le grand vainqueur le Clos de la Roche Grand Cru 2008 de Lucie et Augiste Lignier a dépassé les autres de plusieurs têtes. Il a été choisi premier par 7 des 17 jurés.

Mais ce qui est le plus étonnant, c'est que le meilleur pinot hors Bourgogne de cette compétition est un vin canadien: le Norman Hardie Pinot Noir Cuvée L 2009 de l'Ontario!

Voici donc les dix gagnants dans l'ordre
1. Lucie et Auguste Lignier: Clos de la Roche Grand Cru 2008 (Agence Plan Vin) 315 points. 91,7
2. Jean-Jacques Girard: Corton Grand Cru En Charlemagne 2009 (Mon Caviste) 263. 87,7
3. François Lamarche: Clos Vougeot Grand Cru 2006 (Benedictus) 226. 87
4. Albert Morot: Beaune 1er Cru Teurons 2009 (Sélection Caviste) 224. 86
5. Norman Hardie: Pinot Noir Cuvée L 2009 Ontario, Canada, 69 $ (Vinealis) 221. 85

6. Brewer Clifton: Pinot Noir Cargasacchi 2009, Californie USA (Céleste Levure) 207 84
7. Domaine Trapet: Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Prieur 2008 (Réserve et Sélection) 198 84
8. Domaine des Rois Mages: Beaune 1er Cru Les Sceaux 2008 (Raisonnance) 198
9. Carlei: Green Vineyard Pinot Noir Yarra Valley 2005, Australie (Réserve et Sélection)  196
10. Burg Ravensburg: Baden Kraichgau 2008, Allemagne (Benedictus) 193 points

Ces vins sont tous bien sur des vins d'importation privée. Des vins souvent de petits domaines et produits en petites quantités. Le grand gagnant le Clos de la Roche provient de trois parcelles totalisant seulement un hectare.

Ce système des importations privées est de plus en plus populaire au Québec. Il connait une croissance annuelle de 8 %. Plus de 16 000 produits sont en importation privée au Québec, comparativement à 12 000 à la SAQ. C'est un marché de 70 millions de dollars. Ces vins sont disponibles à la caisse de 12 ou de 6 directement auprès des agences. Les principaux clients sont à 87 % des restaurateurs. Le reste est vendu aux diplomates, aux clubs de dégustation et aux particuliers.

Vous pourrez goûter ces vins et plusieurs autres au Salon des vins d'importation privée qui se tiendra à Montréal les 6 et 7 novembre et à Québec le 9 novembre.

Les juges
Champlain Charest. Philippe Lapeyrie, François Chartier, Nadia Fournier, William Zacharkiw, Claude Langlois, Jean Aubry, Pascal Patron, Marc André Gagnon, Marc Chapleau, Ghislain K. Laflamme, Guénaël Revel, Stéphane Leroux, Bertrand Eichel, Élyse Lambert, Ghislain Caron et Véronique Rivest.
    
Les vins en compétition
Bourgogne
Lucie et Auguste Lignier : Clos de la Roche Grand Cru 2008, Plan Vin 91
François Lamarche : Clos Vougeot Grand Cru 2006, Benedictus 81
François Lamarche: Grande Rue Grand Cru 2006, Benedictus 87
Rebourgeon-Mure: Pommard 1er Cru Charmots 2008, Vinealis  83
Thierry Mortet: Chambolle-Musigny 1er Cru Beaux Bruns 2008, Vinealis 83
Domaine Trapet: Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Prieur 2008, Réserve et Sélection  84
Pascal Marchand: Morey St-Denis 1er Cru Clos des Ormes, Réserve et Sélection 80
Domaine des Rois Mages: Beaune 1er Cru Les Sceaux 2008, Raisonnance 84
Albert Morot : Beaune 1er Cru Teurons 2009, Sélection Caviste 86
Jean-Jacques Girard : Corton Grand Cru En Charlemagne 2009, Mon Caviste 87
Marc Roy : Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Prieur 08, Rézin 83

Reste du Monde
Brewer Clifton: Pinot Noir Cargasacchi 2009, Californie USA, Céleste Levure 84
Beaux Frères: Willamette Beaux Frères Vineyard 2009, Oregon USA, Benedictus 82
Cooper Mountain: Pinot Noir Willamette Valley Mountain Reserve 2008, Oregon, Vinealis 83
Broadley Estate: Pinot Noir Réserve Oregon 2009, Sélection Caviste 80
Miner: Santa Lucia Highlands Pinot Noir Rosella’s 2009, Réserve et Sélection 82
Carlei: Green Vineyard Pinot Noir Yarra Valley2005, Australie, Réserve et Sélection 85
Schloss Halbturn: Neusiedlersee Pinot Noir 2008, Autriche, Sublime Vin 83
Burg Ravensburg: Baden Kraichgau 2008, Allemagne, Benedictus 83
Norman Hardie: Cuvée L 2009 Ontario, Canada, Vinealis  85
Tawse: Pinot Noir Twenty Mile Bench Niagara 2008, Canada, Pot de Vin 82

Les juges devaient noter les vins sur 100. Les notes ne sont pas très élevées. La note moyenne est de 84.

Les champagnes André et Jacques Beaufort

Une très belle découverte au salon Millésimes bio, les champagnes du domaine André et Jacques Beaufort.

Je ne suis pas un inconditionnel des pétillants. Plusieurs me semblent d'ailleurs trop pétillants. Leurs bulles sont souvent très agressives, l'acidité exacerbée et de trop nombreux champagnes goûtent la même chose, soit la pâtisserie, la brioche. Cette saveur serait due à une levure largement utilisée dans la région. Plusieurs aussi semblent goûter la liqueur d'expédition.

C'est avec ces appréhensions que j'ai abordé Jacques Beaufort au salon Millésime Bio fin janvier à Montpellier.

Il était derrière une petite table avec deux cuves de glace remplie de bouteilles. Le premier verre qu'il nous présente contient bien peu de bulles. C'est tout en finesse, élégant et léger. Bon, voilà nous avons goûté. Merci beaucoup. «Non, ce n'est pas tout, Je fais deux champagnes: le Polisy et l'Ambonnay.» Bon, goûtons l'autre. Encore meilleur, plus de bulles, mais toujours discrettes. Elles soutiennent le fruit au lieu de l'écraser. Puis a suivi un grand nombre d'autres bouteilles de champagne brut des deux domaines Polisy et du grand cru Ambonnay. Je lui dis merci et lui tends la main pour lui dire bonjour. Il me dit «vous ne voulez pas en goûter d'autres!?» Il y en a d'autres! Généreux, il nous fait alors goûter plusieurs millésimes de ses demi-secs des deux vignobles. Plus riches et plus costaud à cause du sucre. Tous très bons, je suis ébloui.

Du champagne bio, ce n'est pas très courant dans cette région bien chimique. Il n'y a pas si longtemps, on y étendait les déchets de Paris en guise d'engrais jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était toxique!

Jacques Beaufort est bio par nécessité. «À la suite d'allergies, en 1969, causées par l'emploi de produits chimiques de synthèse, nous avons dû rechercher d'autres traitements pour nos vignes en préservant notre santé. C'est pourquoi, depuis 1971, nous cultivons nos vignes en protégeant l'environnement dont nous faisons partie.»

«C'est pourquoi, depuis 1974, nous expérimentons les huiles essentielles qui limitent l'évolution des champignons parasites, et depuis 1980, nous explorons le domaine de l'homéopathie. Mais il faut bien avouer que dans certaines années difficiles au plan climatique, la nature se montre maître chez elle.»

M. Beaufort suggère de ne pas boire ses champagnes froids, «ne les frappez pas, "cela casse" la mousse et cache les bons bouquets de nos vins.» Il recommande plutôt de les servir comme les grands vins blancs à 10-12 degrés.

Les champagnes Ambonnay et Polisy du Domaine A&J Beaufort sont distribués en importation privée au Québec par l'agence Raisonnance.

Site du domaine champagnebeaufort.com

Domaine Faury

M. et Mme Faury du domaine éponyme ont fait une tournée du Québec en avril. Je les ai rencontrés en Outaouais où ils sont venus présenter quelques-uns de leurs vins.

Des vins qui ne sont pas encore disponibles à la SAQ, mais qui sont en importations privées à l'agence Benedictus.

Des vins splendides et de grandes classes, comme vous allez le voir.

Commençons par le meilleur de la série, le Côte-Rôtie 2007, Domaine Faury.

Le nez est fin et plutôt discret pour le moment. Il faut l'aérer. La bouche est riche, ample, somptueuse d'un fruité élégant. La finale est très longue sur des notes de violette. Du grand vin

Le producteur Philippe Faury dit que cet arôme de violette dans ce vin est dû au 15 % de viognier qu'il contient. En effet, en Côte-Rôtie il est de coutume d'ajouter du viognier à la syrah afin de donner plus d'élégance au vin. On a droit à 20 %, mais la plupart des producteurs en mettent 5 à 10 %.

Chez les Faury, le viognier est planté en rangée sur les mêmes parcelles que la syrah et arrive à maturité en même temps.

Le vin est parfaitement délicieux, bien équilibré et pas trop exubérant comme le sont quelquefois les côtes-rôties.

C'est une production de 8 000 à 10 000 bouteilles selon les années. Fermentation avec les levures naturelles du terroir. Élevé sous 25 % de fûts neufs.  92 $ 

La maison Faury fait deux saint-joseph. Un Saint-Joseph la Gloriette 2005 issue de vigne de 40 à 60 ans, au fruité gras, ample et massif. C'est profond, délicieux et très bon. Élevés 15 mois en demi-muids de 580 litres et en barriques (220 litres) dont 30 % neuves. À mettre en cave quelques années. 42 $ 

Puis un Saint-Joseph 2007 provenant de vignes plus jeunes de 10 à 35 ans. c'est très syrah. Un fruité bien épicé. Riche et bien plaisant à boire. 37 $ 

La maison produit aussi un vin de pays des collines rhodaniennes sur un terrain schisteux jouxtant le vignoble des Côtes-Rôties. C'est la Cuvée L'Art Zélé 2007, une pure syrah avec des arômes de café. C'est léger au fruité fin bien agréable. 37,75 $. 

Enfin, le Faury Condrieu 2007. Un vin blanc de viognier aromatique, costaud, bien marqué par l'alcool. Floral et chaleureux. Peu acide, un pH de 4. Riche en alcool. 

Le domaine Faury vend aussi des vins sous une étiquette différente aux États-Unis. Ce sont des assemblages suggérés par l'importateur Kermit Lynch.

Donc, le Domaine Faury, un vignoble de 17 hectares dont 3 en condrieu, situé à Chavannay, tout près de Condrieu. Dirigé maintenant par un des fils de la famille, Lionel, un autre fils est à Montréal, ce qui fait que les parents viennent de temps en temps au Québec. 

Ces vins peuvent être obtenus en importation privée auprès de l'agence Benedictus (450 671-5572 benlecavalier@sympatico.ca).

Pour en savoir plus sur les vins de cette région  www.cote-rotie.com et www.vins-rhone.com.

Lire aussi Un millésime exceptionnel pour le Rhône, d'une blogueuse québécoise en stage au Domaine Faury.

  Voir aussi l'article La cuvée Kermit Lynch.

Salon des importations privées

Vous allez au restaurant, ou au bar à vin, vous découvrez un bon vin, le lendemain vous voulez l'acheter à la SAQ, vous apprenez alors qu'il n'y en a dans aucune succursale: c'est un vin en «importation privée».

Les restaurateurs s'alimentent de plus en plus à ce réseau. C'est un circuit parallèle autorisé par la SAQ.

Des agences, des restaurateurs font venir des vins en petites quantités, souvent de petits producteurs. Ce sont quelquefois des vins bio, ou des vins qui contiennent peu de soufre. Ces vins sont bien sûr inspectés, analysés, taxés, transportés et entreposés par la SAQ.

Clos Centeilles, Garance, Pompois, poulsard et autres importations privées

On voit de plus en plus de ces vins en importation privée dans les restaurants.

Il s'agit de vins qui sont importés par des agences québécoises et distribués presque exclusivement dans le réseau des la restauration. Ces produits ne sont pas disponibles à la SAQ. Le public peut en acheter, mais à la caisse de 6 ou de 12.

Certaines agences se font un devoir de dénicher des vins originaux de petits producteurs, ou des cuvées produites en petites quantités.

J'ai pu assister la semaine dernière à une présentation d'un de ces agents, Alain Bélanger, qui soumettait plusieurs vins à des sommeliers et restaurateurs de la région de l'Outaouais.

Jean-Baptiste Adam et ses vins

Vous connaissez ses vins. Vous ne les avez pas achetés à la SAQ. Ils ne sont pas là. Vous les avez goûtés au restaurant, car ils ne sont disponibles qu’en importation privée.

Même si ses vins ne sont pas vendus par la SAQ, le producteur, comme plusieurs autres vignerons de grande qualité, a fait une tournée du Québec pour faire goûter ses bonnes bouteilles.

Il est allé à Québec, Montréal, Saint-Sauveur et à Gatineau. Il dit avoir beaucoup aimé sa visite à Québec où il a rencontré beaucoup de gens.

Jean-Baptiste Adam a complètement transformé la manière de faire son vin depuis une dizaine d’années.

Les vins de Lailey Vineyard - Niagara Peninsula

Récemment, j'ai eu l'occasion de goûter plusieurs vins d'un producteur du Niagara à peu près inconnu au Québec, Lailey Vineyard. Située à Niagara-on-the-Lake, cette maison produit une trentaine de vins à partir des cépages cabernet franc, cabernet sauvignon, chardonnay, gamay, gewurztraminer, maréchal Foch, merlot, muscat ottonel, pinot noir, riesling, sauvignon blanc, syrah, vidal et zweigelt (le cépage le plus planté en Autriche); des blancs, rosés, rouges et, évidemment, des icewines, de bonne qualité et généralement à prix raisonnable.

Les vins dégustés sont tous des VQA Niagara Peninsula

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