Éditorial

VIN NATURE — TOUS DES CACHOTIERS

Le vin dit nature devient à la mode et attire les gros producteurs ce qui enrage certains idolâtres de ce type de vin.

Dans un article d'opinion publié samedi dans le New York Times, la papesse américaine du vin nature, Alice Feiring, s'insurge contre le fait que de grands producteurs se lancent dans le vin nature.  «Le mouvement, construit sur l'honnêteté et la simplicité, est corrompu par des opportunistes», affirme-t-elle.

Selon elle, le vin naturel a atteint une grande notoriété et est maintenant menacé par les grandes entreprises.

Dans son article intitulé Is Natural Wine Dead? elle dit que «le vin naturel n'est pas mort, mais quelque chose a été perdu.»

Elle ajoute qu'«il n’existe pas de définition légale du vin "naturel"; j’ai mes normes et j’espère que d’autres les suivront, mais je ne suis pas législateur. Et sans définition légale, la porte est ouverte aux imitations. Nous devons sauvegarder la catégorie, mais la notion d'intervention gouvernementale semble répugnante à un mouvement né dans l'esprit de l'anarchie. Une liste des ingrédients requis fait l'objet de pressions dans l'Union européenne, mais cela n'empêchera pas l'utilisation de techniques non "naturelles" comme l'osmose inverse ou les centrifugeuses.»

Mme Feiring se plaint de trouver des vins dits nature faits avec des levures achetées dans le commerce; de voir des vins nature, mais qui ne sont pas bios...

Le problème est là. Il n'y a pas de définition de ce qu'est le vin naturel. Il n'y a pas de règlementation non plus. À la base, ce serait du vin fait sans aucun additif et à la limite sans interventions. Toutefois, plusieurs producteurs de ce type de vin disent ajouter un peu d'additif. Ce serait un vin sans sulfites, entre autres, mais plusieurs disent en ajouter seulement un petit peu, sans dire combien. De plus, ils ne disent pas ce qu'ils font et ce qu'ils ajoutent pour compenser le manque de sulfites. Ils ne veulent pas être contrôlés. Ils ne veulent pas que l'on vérifie si ce qu'ils disent est vrai.

Ce sont des cachoteries, de l'hypocrisie! Ils ne veulent pas afficher sur l'étiquette la liste des ingrédients ni des procédés. Ils disent qu'ils ne sont pas obligés et que les autres ne le font pas.

Comment alors s'y retrouver? — C'est du n'importe quoi! —  Comment mal informer le consommateur? Ça semble être la règle dans ce monde flou du vin dit naturel. Ces producteurs ne sont pas plus transparents que les autres. Ils disent qu'ils n'ajoutent pas de sulfites, mais ne disent pas tout ce qu'ils font pour que la fermentation de leurs vins produise le plus de sulfites possible. Faire du vin naturellement, c'est un processus très technique.

Certaines levures, tels les Saccharomyces bayanus Sacardo, produisent plus de sulfites que les autres. «Certaines souches de levures peuvent produire jusqu’à 300 mg/l de sulfites durant la fermentation.» (Werner) Il y a aussi toutes sortes de techniques permettant de faire du vin sans sulfites ou avec peu de dioxyde de soufre: l'hyperoxydation ou son contraire l'inertage; l'électrodialyse; contrôles thermiques; contrôle plus serré des fermentations; microfiltration; flashpasteurisation; contrôle des acidités; diminution du pH...  (Charrier. Davaux.) Et on poursuit les recherches et les expériences.

Donc, on voit que ça demande beaucoup d'interventions et de contrôles pour faire du vin dit naturel. Le vin ne se fait pas naturellement. C'est l'oeuvre de l'homme et de la femme.

Les producteurs de vin nature ne sont pas plus des saints que les autres. Il ne faut pas oublier qu'ils sont à la base des fabricants et des VENDEURS de vin.

D'autres parts, est-ce que l'on peut reprocher aux moyens et aux gros producteurs de faire des vins le plus naturels que possible? Ils vont peut-être mieux réussir que les petits.

En somme, tout ça, ce n'est pas une religion, c'est du marketing; de l'hommerie.

Finalement, ce sont tous des cachotiers qui refusent d'indiquer les ingrédients et procédés sur les bouteilles.
Marketing... Marketing... Marketing.

LE VIN CANADIEN N'EXISTE PAS

Connaissez-vous le vin canadien ?
Ce serait difficile, car il semble bien que le vin canadien n'existe pas !
Il y a du vin québécois, bien sûr; ainsi que du vin ontarien et du vin de Colombie-Britannique, mais du canadien... là pas certain.

Chacune des provinces productrices protège son marché et limite l'invasion ou l'intrusion du vin canadien dans son territoire de monopole.

Au Québec, la SAQ a 137 vins (tranquilles) des trois autres provinces. C'est 137 sur 10178 vins.*
En Ontario, la LCBO dans son répertoire de 12 800 vins, indique 1215 vins du Canada. Toutefois, ils sont presque tous de l'Ontario. Ils n'ont que 59 vins de Colombie-Britannique et 4 du Québec.

En Colombie-Britannique, la société d'État BC Liquor indique dans son répertoire de 2700 vins, 300 de la province et 11 vins de l'Ontario.

Il semble bien que si le vin canadien existe, il ne voyage pas.

À regarder ces chiffres, nous constatons que le monopole du Québec est plus ouvert aux vins du reste du pays que les autres monopoles des provinces productrices. Le Québec IMPORTE plus de vin canadien que les autres provinces !

C'est tout de même étonnant de constater que le vin canadien ne circule pas au pays !

Pourquoi?
Est-ce que ce sont les monopoles provinciaux qui bloquent les vins des autres régions?
Est-ce que les producteurs de chaque province ne sont pas intéressés à EXPORTER dans d'autres régions?
Est-ce que les consommateurs de chaque province ne veulent pas consommer les vins du reste du Canada?

À la SAQ, la porte-parole Linda Bouchard nous répond : «Actuellement, entre autres, la SAQ a des discussions et des rencontres avec des producteurs de l’Ontario. Nous souhaitons élargir l’offre, le tout doit se faire au rythme de ce que les producteurs peuvent nous fournir.»

En effet, sont-ils intéressés à vendre du vin aux Québécois? Et les Québécois sont-ils intéressés à acheter du vin ontarien ?

En effet, a-t-on besoin d'un autre chardonnay?

Le vin canadien est-il bon ?
Certains le disent de calibre international. Il aurait gagné des médailles à l'étranger! Pourtant, il ne circule même pas dans son propre pays!
Il faudrait qu'il fasse ses preuves.
Est-il concurrentiel ? Peut-il concurrencer les vins du Languedoc, du Portugal et d'Espagne à 15 $?

Les barrières artificielles entre les provinces semblent tellement infranchissables que les producteurs n'essaient même pas, sauf rares occasions, de faire connaitre leurs produits chez leurs voisins !

On nous dit qu'il y a du bon vin canadien. Toutefois, lorsque l'on regarde le prix des vins mentionnés, c'est 30 et 40 $. À ces prix-là, on a du très bon vin européen.

Est-ce que ces vins sont originaux ? Ils sont en grande majorité faits de cépages français: chardonnay, cabernets, sauvignon et merlot. Des tentatives d'imitation de vin français!

Si chacun reste dans son petit coin de pays, la viticulture canadienne va rester folklorique bien longtemps encore.

Alors, qu'est ce que c'est que du vin canadien, du vin ontarien, du vin britannocolombien ? On le cherche. Il n'a peut-être pas encore été inventé.

  (*) Il s'agit ici des vins tranquilles à l'exclusion des mousseux, des fortifiés et des vins de dessert.

PAYER POUR UN BEAU COMMENTAIRE

ÉDITORIAL

Les temps sont durs !
Si Vin Québec demandait aux vignerons de payer pour que nous dégustions et commentions leurs vins, qu'en penseriez-vous?

C'est ce que vient de décider un site web ontarien de commentaires sur le vin. En effet, WineAlign demande maintenant aux producteurs et à leurs agents de payer 35 $ par vin. Il faut bien vivre, dit-on. Il faut être payé pour le travail de dégustation.

De plus, le site va permettre aux vignerons et aux agents les représentant au pays d'effacer les commentaires qu'ils n'aiment pas.

On pousse loin le bouchon là!

Demander de l'argent aux vignerons pour parler de leurs vins, ce n'est pas nouveau. Rappelez-vous l'affaire de Jay Miller de l'équipe Robert Parker. M. Miller demandait de l'argent aux vignerons espagnols pour aller les visiter. Un magazine américain demande de l'argent aux producteurs et dit que ce n'est pas pour le commentaire sur le vin, mais pour l'étiquette qui accompagne le commentaire. Un chroniqueur vin australien demandait de l'argent pour évaluer les vins et disait que cela ne l'empêchait pas d'être critique. En fait, il donnait de très hautes notes.

On a même connu ça ici au Québec lorsque la SAQ a payé James Suckling pour donner des beaux 90 points à des vins.

Payer pour publier des commentaires sur son vin, ce n'est plus de la critique, c'est de la publicité.

C'est comme si le critique de restaurant demandait de l'argent au restaurateur pour parler de son restaurant ou si le critique de cinéma était payé par le cinéaste; ou encore si le conseiller financier demandait de l'argent aux compagnies pour promouvoir leurs actions en bourse auprès de ses lecteurs et clients.

La concurrence est forte dans le domaine de la communication sur le vin. Les influenceuses sur Instagram mangent une bonne partie du budget promotion des agences de vin. Les revues et magazines de vin organisent des concours et des salons et demandent de l'argent aux producteurs pour y figurer.

Un journaliste ne peut pas accepter de l'argent du sujet de son article.
Un critique ne peut pas accepter de l'argent de l'objet de sa critique. 

Les anglophones appellent cela Pay to Play que l'on pourrait traduire par payer pour être mentionné. L'expression vient de l'univers de la radio où les producteurs de disques payent pour faire jouer leurs pièces musicales en priorité.

C'est peut-être plus répandu que ce que l'on croit. Dans le milieu, on dit que des blogueurs, des commentateurs radio, des chroniqueurs de journaux et des istagrameuses demandent de l'argent pour louanger des vins.

C'est certain qu'en jouant à ce jeu, on doit s'attendre à de beaux commentaires sur les vins. Il faudra en effet donner de belles notes si on veut inciter plus de producteurs à payer pour faire parler de leurs vins.

Qui paye le commentaire, qui paye la note donnée au vin? Dans ce cas-ci, c'est le producteur de ce vin.

Avec ce virage, les gens de WineAlign ne travaillent plus pour les consommateurs, mais plutôt pour les vendeurs de vin.

D'autant plus que le fondateur du site, Bryan McCaw, écrit que son site déjà «don’t publish poorly scored wine», ne publie pas les vins qui obtiennent des notes basses.

On ne parle plus ici, de journalisme ou de critique, mais de promotion et de publicité. C'est du bu-si-ness.

Alors ce site web WineAlign me semble être bien mal aligné. Voir la lettre envoyée aux agences représentant les producteurs de vin.

L'affaire de WineAlign a été révélée aujourd'hui par le site web Wines in Niagara dans un article intitulé Asking wineries to pay for wine reviews a ‘fundamental change in wine writing in Canada’. C'est à lire.

Comment les propriétaires de la compagnie WineAlign justifient leur décision de demander de l'argent aux vendeurs: voir leur version ici Introducing Our New TASTINGS Service.

LE SCANDALE DES VINS EN VRAC À LA SAQ (suite)

Du vin acheté en vrac à 84 cents et revendu de 10 à 16 dollars! (Voir Le Scandale des vins en vrac à la SAQ.)

Comment est-ce possible ?

Un vin payé 5 dollars par la SAQ nous est revendu 15 dollars. La SAQ fonctionne par «cout majoré». C'est-à-dire qu'elle ajoute des montants et des pourcentages déterminés au prix coutant, puis les taxes. Donc, plus elle paie cher, plus elle fait d’argent. C'est une méthode très bureaucratique. Elle peut agir ainsi parce qu'il n'y a pas de concurrence.

Alors, comment peut-on passer de 84 cents à 15 $ ?
   
         — En ajoutant un intermédiaire.

La SAQ est un monopole. Elle seule a le droit d’importer de l’alcool selon la loi fédérale.


(Extrait de la loi)
Interdictions
    3 (1) Nonobstant toute autre loi, nul ne peut importer, envoyer, apporter ou transporter, ou faire importer, envoyer, apporter ou transporter dans une province de la boisson enivrante provenant d’un endroit situé au Canada ou à l’étranger, sauf si cette boisson a été achetée par ou pour Sa Majesté ou le gouvernement de la province où elle est importée, envoyée, apportée ou transportée, ou un fonctionnaire ou organisme du gouvernement qui, en vertu du droit de la province, est revêtu du droit de vendre de la boisson enivrante, et si la boisson lui est consignée. »
(Loi sur l’importation des boissons enivrantes)

De plus, la SAQ écrit dans son document Politique d'achat et de mise ne marché de la Société des alcools du Québec que

La SAQ transige directement avec ses fournisseurs et ne reconnaît aucun intermédiaire dans ses transactions commerciales.»

Toutefois, la SAQ fait une exception pour le vin en vrac. Sa Majesté demande à d’autres de l’importer sous sa permission, puis de l’embouteiller et elle l’achète d’eux, comme nous le dit sa porte-parole.

Pour respecter la disposition de la loi fédérale, la SAQ autorise, au Québec, chaque importation de vrac par les embouteilleurs»

Grace à ce stratagème, la SAQ paie ainsi ce même vin plus cher.

Car si la SAQ achetait elle-même ce vin en vrac à 84 cents, elle pourrait nous le revendre en vrac à 3 dollars. Ou encore, l’embouteiller et nous le revendre 4 dollars.

Mais non, elle préfère l’acheter plus cher d’un intermédiaire et le revendre 6 dollars aux épiciers et environ 12 dollars dans ses propres succursales!

Ainsi, elle fait plus d'argent et en fait faire plus à ses collaborateurs : les embouteilleurs.

Par contre, le consommateur, lui, n'est pas gagnant à ce jeu-là. Il paie 15 dollars un vin qui ne vaut que 84 cents.

Alors, lorsque vous achetez ce vin en épicerie ou à la SAQ soyez conscients que cette bouteille ne contient que 84 cents de vin !

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Vous trouverez à cette adresse la liste des 700 vins en vrac vendus emboiteillés au Québec.

Commission des Finances publiques. Études des crédits 2019-2010
Demandes de renseignements particuliers de l'opposition (PDF)

Ventes de vins en vrac et embouteillés au Québec 2018-2019
Pages 148 à 159.

La SAQ pousse le fort

Je reçois hier matin un courriel de la SAQ m'incitant à acheter des spiritueux.

 

Cette missive signée SAQ Inspire m'est adressée même si je ne suis pas un consommateur de fort. On y lit «jusqu'à 110 produits à prix réduits et une foule de points bonis». Puis, il y a la flèche «j'en profite» qui mène à une page montrant des verres remplis de liquides colorés à côté des mots «inspiré pour un apéro ensoleillé».
 

Je ressens un certain malaise. Notre société d'État qui pousse à la consommation de boissons fortes !

«Profitez de chaque rayon sur la terrasse et amusez-vous à concocter des cocktails colorés pour vos invités», insiste la SAQ.

Les cocktails colorés, visiblement cette publicité s'adresse principalement aux jeunes. Est-ce vraiment le rôle d'une société d'État d'inciter les jeunes à consommer des alcools forts.

De plus, une telle publicité apparait aussi aujourd'hui en première page du site internet de la SAQ.
 

 
Est-ce qu'il ne serait pas mieux de laisser ce rôle publicitaire aux fabricants. Les fabricants devraient faire la pub sur leurs alcools forts et non la société d'État.

Est-ce l'appât du gain qui pousse les dirigeants actuels de la SAQ a faire tant la promotion des spiritueux au détriment des vins.

La majoration de la SAQ sur les vins d'entrée de gamme est de 134 %; alors qu'elle est de 277 % sur les spiritueux d'entrée de gamme.

Nous avons toujours été fiers au Québec de consommer plus de vin — un alcool peu fort à 12-14 degrés — que des spiritueux — des alcools forts à 40 degrés.

Depuis quelque temps, les ventes de spiritueux augmentent plus vite que celles du vin au Québec: en valeur c'est une hausse de 8,3 % pour les spiritueux contre 2,9 % pour le vin de 2017 à 2018. Et cette année, c'est encore plus fort: des hausses de ventes des spiritueux de 18 % pour le seul troisième trimestre contre 4 % pour le vin.

N'y a-t-il pas un danger à inciter les jeunes consommateurs à consommer des alcools forts?

TRANSFORMER LE DIVIDENDE DE LA SAQ EN TAXE

La SAQ doit remettre chaque année plus d’un milliard de dollars au gouvernement.
C’est ce qui est appelé un dividende, mais un dividende exigé. Est-ce qu’une somme exigée peut vraiment être appelée dividende?

C’est plutôt une taxe théorique comme l’affirmait en 2016, le président du comité d’étude sur la Régie des alcools de l’Ontario, Ed Clark.

Ce dividende devrait être transformé en taxe, ce serait ainsi plus transparent. C'est une suggestion qui a été faite en 1971 par le juge Thinel et qui vient d'être reprise par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) dans son dernier livre «Du vin et des jeux».

La principale composante du prix de détail des produits à la SAQ est ce dividende; cette majoration qui rapporte plus d'un milliard de dollars.

Mais est-ce vraiment un dividende?
«Il ne fait aucun doute que les "bénéfices" de la Régie ne sont qu'une forme implicite de taxation». C'est ce que disait le juge Lucien Thinel en 1971.

Le gouvernement de Robert Bourassa avait demandé au juge Thinel de faire enquête sur les malversations à la Régie des alcools du Québec. Le juge a donc présidé la Commission d'enquête sur le commerce des boissons alcooliques.

Sa principale recommandation a été de scinder la Régie des alcools en deux entités distinctes: la Régie des alcools et la Société des alcools. Ce qui fut fait.

De plus, le juge a recommandé que le dividende de la SAQ soit transformé en taxe. Ce qui n'a pas encore été fait.

Taux de majoration globaux
Le juge Thinel notait que la Régie appliquait des taux de majorations globaux pour couvrir ses frais de fonctionnement et assurer des recettes fiscales pour le gouvernement. Il soutenait que la majoration fiscale devait être distincte de la majoration commerciale. «Pourtant, une telle dissociation apparait indispensable à la rationalisation de l'activité de l'État... la confusion qui règne actuellement n'est ni à l'avantage de la Régie ni à l'avantage de l'État.»

Donc, la société d'État applique une taxe sans que le Parlement n'ait à se prononcer sur cette taxe. Ce qui va à l'encontre du principe du «No taxation without representation». «C'est une anomalie qu'une distinction entre majoration fiscale et majoration commerciale corrigerait», insistait le juge Thinel.

Sans cette distinction, il est bien difficile de juger de la performance de la SAQ. C'est ce qui faisait dire aussi à M. Ed Clark qu'il ne pouvait déterminer si la LCBO était rentable.

Le juge Thinel ajoute, au sujet de la société d'État québécoise «à l'heure actuelle, il est difficile, sinon impossible, d'évaluer la qualité de l'administration: son dynamisme ou son relâchement sont tous deux noyés dans les taux globaux de majoration.»

Taxe fixée par l'État
Il conclut que «la majoration fiscale devrait être fixée par l'État à la manière des autres taxes à la consommation».

Voici donc la recommandation qu'il faisait à ce sujet en 1971.

Recommandation 46
Pour assurer une réforme efficace du régime de commercialisation des boissons alcooliques, on devrait au préalable établir deux majorations distinctes: l'une fiscale, l'autre commerciale. L'État fixerait, à la manière des taxes à la consommation, les taux de majoration fiscale applicable aux différents types de boissons alcooliques. Il définirait également les normes de la société d'État devrait suivre dans l'établissement de la majoration commerciale.

C'est ce qu'a fait l'Alberta en 1993 et selon l'IRIS elle perçoit sur l'alcool un montant par habitant similaire à celui du Québec.

Les dirigeants de la SAQ sont coincés entre leur rôle de collecteur de fonds pour l'État et celui de vendre du vin. Ce sont des employés qui décident de la taxe et non les députés. Ces employés taxent d'ailleurs plus les pauvres que les riches. Ce qui est à l'origine de bien des égarements dans leur système d'achats et de fixation des prix.

Si le Parlement du Québec appliquait finalement la recommandation de la Commission Thinel et fixait une taxe équivalente au milliard actuel, ceci assurerait plus de transparence et permettrait aux gens de la société d'État de se consacrer à la vente de vin et non à la collecte de fonds pour le gouvernement.

Cette taxe serait un pourcentage ajouté au prix de vente de détail des vins. Elle pourrait être haussée ou réduite selon les besoins et surtout selon la volonté des gens élus et responsables devant la population.

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PRIVATISER LA SAQ ?

Et ça recommence!
Le débat revient!

Est-ce que c'est moi qui a mal compris, ou bien ce sont les journalistes de la grande presse (ou les titreurs) qui ont mal interprété les propos des politiciens; ou bien est-ce que les politiciens se sont mal exprimés?

Voici ce que les politiciens ont dit d'après les citations de deux journaux.

Premièrement la CAQ
«On veut libéraliser le marché de l’alcool au Québec. Les Québécois sont prêts à cela. On doit augmenter l’offre et avoir une concurrence nouvelle», a déclaré François Bonardel au Journal de Québec.
 

Il n'est pas question de privatisation ici, mais tout simplement de libéralisation.

Puis, le Parti libéral
«On veut déterminer le modèle d'affaires le plus efficace. Est-ce que ce sera une privatisation totale, partielle ou pas du tout ? Il faudra d'abord faire ce travail-là. On va y aller dans l'ordre et après analyse», a dit le ministre Carlos Leitao au quotidien La Presse.

Donc, trouver le meilleur modèle d'affaires qui pourrait être une possible privatisation totale ou partielle ou autre chose.

Un parti, la CAQ, propose donc de libéraliser; l'autre, le PLQ, d'étudier une possible privatisation partielle ou totale. Les deux semblent aller dans la même direction quoique le parti libéral laisse entendre qu'il pourrait aller un peu plus loin ou un peu moins loin.

La SAQ et les secrets d'Alfred

La Société des alcools du Québec est loin d'être un modèle de transparence!
C'est plutôt une boite bien hermétique de grandes cachoteries.
Lorsque l'on veut cacher des choses, c'est que l'on a des choses à cacher!

La direction de la Société des alcools du Québec ne veut pas s'occuper de la revente de vin au Québec et elle a confié cette tâche à une entreprise privée.

En effet, lorsqu'un citoyen du Québec s'adresse à la SAQ pour revendre une bouteille de vin (cadeaux, héritage ou autres), le service à la clientèle lui demande de s'adresser à Alfred! «En réponse à votre courriel, vous pouvez vous adresser au groupe Alfred.». (https://vinquebec.com/node/14696)

1. Pourquoi la SAQ a-t-elle confié la revente de vin à Alfred?
«À propos d’Alfred, il s’agit d’un projet pilote qui nous a été soumis de façon spontanée», nous répond la SAQ.

2. Est-ce que c'est exclusif?
Ce n'est pas exclusif, nous dit la porte-parole de la SAQ, sans préciser qui seraient les autres s'il y en a.

3. Qu'elle est la commission qu'en retire la SAQ?
La SAQ refuse de donner la réponse.

4. Peut-on voir le contrat qui lie la société d'État à cette firme spontanée?
La SAQ refuse en nous suggérant de faire une demande en vertu de la Loi d'accès à l'information.

Pourquoi ce manque de transparence?

Et surtout pourquoi vouloir encore siphonner le consommateur?
Après tout, ces bouteilles ne sont pas la propriété de la SAQ. Elles ont été payées. Les taxes ont été acquittées. Pourquoi confier à un autre monopole ou oligopoles la revente de ces biens?

Signalons en terminant qu'il y a au Québec un marché noir de vente d'alcool sur Facebook et Instagram.

Du vrai vin ou du faux vin d'Israël

​Avez-vous suivi cette histoire rocambolesque de vins produits dans des colonies illégales en Palestine et étiquetés «Produits d'Israël»?  Peut-être si vous lisez Vin Québec ou la presse anglophone. Car la presse québécoise n'en a pas fait mention.

Je vous résume l'affaire vitement.

Il y a quelques mois, un résidant de Winnipeg David Kattenburg découvre que deux vins vendus au Canada comme étant des produits d'Israël, sont en fait produits en Palestine dans deux colonies de peuplement illégales.

Il porte plainte et finalement la Société canadienne d'inspections des aliments déclare illégaux ces vins et tous ceux qui sont produits en territoire occupé illégalement par l'armée israélienne.
 
Le monopole du vin de l'Ontario, la LCBO envoient donc une note à ses fournisseurs interdisant ces vins faussement étiquetés produits d'Israël.
 
Apprenant cela, un groupe d'activistes juifs au Canada B'nai Brith demande au gouvernement d'annuler cette directive. Ce que fait prestement le gouvernement canadien disant que le traité de libre-échange Canada-Israël permet ce genre de chose.
 
Une politique canadienne qui va nuire au vrai vin d'Israël

Est-ce vraiment une victoire pour le vin d'Israël?
Est-ce que cela ne va pas au contraire nuire à tous les vins vraiment produits en Israël?
 
Comment maintenant savoir si un vin étiqueté produit d'Israël a été vraiment produit en Israël ou plutôt dans les territoires volés aux Palestiniens?
 
Est-ce que les vins français produits sous l'occupation allemande de 1939 à 1945 peuvent être dits «Produits d'Allemagne»?
 
En achetant un vin israélien ne va-t-on pas avoir l'impression de cautionner la mainmise de l'armée et des extrémistes juifs sur des terres de Palestine? Est-ce qu'ainsi on va avoir l'impression d'encourager l'apartheid imposé par le gouvernement actuel d'Israël en Israël-Palestine?
 
L'action des activistes juifs et du gouvernement Trudeau va nuire à l'ensemble de la production véritablement israélienne.
 
La LCBO a 60 vins indiqués d'Israël à son répertoire. À la SAQ, c'est 19 vins. Est-ce que ces deux entreprises de commerce de vin peuvent nous assurer que ces vins ne sont pas produits avec des raisins cultivés dans les colonies illégales en Palestine ou sur le plateau du Golan?
 
La LCBO a répondu qu'elle se fie à la règlementation de l'Agence canadienne des aliments. La SAQ n'a pas encore répondu.
 
Pourquoi ne pas nous dire la vérité et étiqueter ces vins «produit d'Israël et de Palestine» ou tout simplement «Produit de Palestine», si c'est le cas?

Non à la marijuana à la SAQ

Certains proposent que l'on confie la vente de la marijuana à la Société des alcools du Québec.
Pourquoi?
Parce que la SAQ est une société d'État;
Parce que cela rapporterait plus d'argent au gouvernement;
Parce que c'est un organisme de confiance;
Parce que ses employés sont habitués à «carter» les jeunes.

La SAQ n'a-t-elle pas déjà assez de problèmes sans lui mettre le pot dans les pattes?

La SAQ a déjà assez de difficulté à distribuer correctement et à vendre le vin. Elle doit se concentrer sur la vente de vin, sur l'amélioration de son efficience, sur la diversification de ses produits et sur la satisfaction de toutes ses clientèles.

Les ventes de vin progressent très lentement en volume depuis deux ans. La direction de la SAQ a trop augmenté ses prix et mal réparti son offre. Elle est en train de tenter de corriger cela. Laissons-la faire.

Je vois mal des stands de dégustation de pot à la SAQ. Est-ce que les employés vont déguster le pot pour nous conseiller. Quels sont les conseils de consommation que pourront donner les employés de la SAQ aux consommateurs de pot?

On devrait aussi demander l'avis des clients actuels de la SAQ avant de faire un tel virage végétal.

Les commerces les plus habilités à vendre de la marijuana seraient plutôt les pharmacies.

Laissons la SAQ se concentrer sur l'amélioration de son service, de son efficacité à vendre du vin, à compléter son virage de vente en ligne; au lieu de la disperser dans un nouveau secteur totalement inconnu.

Ne mettons pas ce mégot brulant de pot entre les mains de la SAQ!

Le fuckaillage de Gaétan Frigon

Presque chaque fois que l'on parle dans les médias de la libéralisation de la Société des alcools du Québec, le journal La Presse publie un texte de l'ancien président controversé de la SAQ, Gaétan Frigon.
 
En novembre dernier, M. Frigon demandait à tous de laisser la SAQ tranquille pendant 5 ans. «Pourquoi alors ne pas proposer un moratoire de cinq ans sur toutes ces propositions automnales de privatiser la SAQ ?»

Cette fois-ci, M. Frigon nous dit que le privé est meilleur «dans tout, sauf dans le vin».
C'est gros et étonnant! C'est nier tout ce qui se fait dans presque tous les autres pays du monde où c'est le privé qui vend le vin. Il dit que «quand le privé a eu le droit de vendre de l'alcool, il a toujours "fuckaillé" ça.»

Il faudrait voir si les grands commerçants de vin du monde ont fuckaillé ça! Qu'en pensent messieurs Antinori, Guigal, Perrin, Rothschild, Torrès, Drouhin, Hugel, Magrez, Moueix, Castel, Arnault et Pinault.

En quoi un employé de l'État au Québec serait-il meilleur pour vendre du vin qu'un autre citoyen?

La SAQ bouge

La direction de la SAQ avait insatisfait les consommateurs par sa politique de prix élevé du vin.
Les critiques étaient nombreuses et continuelles.

Le gouvernement était aussi insatisfait de la performance de la SAQ et entendait bien les critiques du public.

Le ministre des Finances Carlos Leitao a dit et répété que le gouvernement allait revoir le modèle d'affaires de la SAQ. Le message est clair : améliorer votre fonctionnement sinon nous, le gouvernement, allons nous en occuper. Autrement dit : agissez, sinon nous allons agir.

La direction de la société d'État semble avoir compris le message qui est en fait un ordre. Elle a commencé à réduire ses dépenses et à améliorer son efficacité pour répondre aux attentes du gouvernement. Elle a ajouté de nouveaux vins à petit prix à son répertoire. Elle réduit aussi ses prix des vins les plus populaires pour satisfaire les consommateurs et tenter de réduire les critiques.

Dans tout business, il en faut pour tous les goûts, pour tous les prix. C'est la même chose dans le commerce du vin comme dans le domaine de l'automobile et du logement. Il faut des produits de tous les prix pour toutes les bourses.

La SAQ, en monopole, avait considérablement réduit son offre de vin à moins de 15 $, pour les remplacer par des vins plus chers; pensant ainsi faire beaucoup plus d'argent plus facilement.

Toutefois, des consommateurs sont de plus en plus bien informés. Certains médias font bien leur travail. Ce n'est pas parce que c'est plus cher que c'est nécessairement meilleur.

La direction de la SAQ s'est attiré ainsi les critiques du public et du gouvernement. Elle se devait d'agir. C'est ce qu'elle fait ces jours-ci en réduisant de 90 cents le prix de 1600 de ses 8000 vins.

Et elle dit qu'elle va continuer afin d'arriver au même niveau de prix que paient nos voisins de l'Ontario. Un vin acheté 5 $ nous est revendu 15 $. Il y a encore de la marge.

Les temps changent. Le vin était un produit de luxe au Québec, on acceptait donc qu'il soit surtaxé. Aujourd'hui, le vin est un produit de consommation courant, on accepte maintenant moins bien de le payer si cher.

RÉFORME DU MARCHÉ DU VIN AU QUÉBEC (2017)

En mars 2015, nous avons proposé dans ce site une réforme du commerce du vin au Québec. En 2014, nous avions aussi prévu que le plan se réaliserait en 2017.

En juin 2016, ce projet de réforme a été mis à jour. Deux des améliorations proposées ont été acceptées par le gouvernement du Québec et sont mises en place ces jours-ci. C'est la vente du vin québécois en épicerie et la levée de l'interdiction du nom des cépages sur les vins en épicerie. Ceci constitue la première phase du plan Action Vin.

Il reste encore du travail à faire pour améliorer le commerce du vin au Québec qui est sclérosé, parce qu'encadré de manière très bureaucratique par des règles désuètes.

Les ventes de vin connaissent une croissance anémique en volume depuis quatre ans au Québec. Le monopole peine à atteindre les cibles de revenu fixées par le ministre des Finances à tel point que le gouvernement a dû hausser à plusieurs reprises la taxe spécifique sur le vin.

De plus, la direction de la SAQ a été fortement critiquée pour son inefficacité par la Vérificatrice générale du Québec. Elle lui a reproché de ne pas chercher à obtenir les meilleurs prix possible. Le président de la société d'État a présenté un plan de redressement aux députés, mais c'est très limité.

Que faut-il donc faire pour relancer la vente de vin au Québec et augmenter les revenus de l'État provenant de la vente de ces vins?

Il n'est pas question de privatiser la SAQ. Elle a encore un rôle à jouer. Il faut toutefois décoincer le système actuel et le rendre plus efficace.

Les dirigeants de la SAQ sont coincés entre leur rôle de collecteur de fonds pour l'État et celui de vendre du vin. Ce qui est à l'origine de bien des égarements dans leur système d'achats et de fixation des prix.

1. Il faut tout d'abord transformer le dividende de 1 milliard de la SAQ en taxe.
Ceci assurera plus de transparence et permettra aux gens de la société d'État de se consacrer à la vente de vin et non à la collecte de fonds pour le gouvernement. Cette taxe serait un pourcentage ajouté au prix de vente de détail des vins.

Partout dans le monde, la majorité des gens achète leurs bouteilles de vin en faisant l'épicerie. Au Québec, c'est presque impossible, puisque les épiciers sont restreints aux vins de basse qualité. Ils ne peuvent acheter que des vins importés en vrac. Malgré cela, les ventes de vin en volume augmentent plus vite dans les épiceries que dans les succursales de la SAQ. Maintenant qu'on a réglé en partie la question des vins québécois et de l'étiquetage en épicerie, il faut améliorer la vente de vin dans ces épiceries et dépanneurs.

2. Il faut donc permettre aux épiciers de s'approvisionner auprès de la SAQ et du secteur des sélections privées.
Ceci donnerait un meilleur choix aux consommateurs et aux producteurs dans un ensemble de 8000 points de vente. Cela devrait entrainer une augmentation des ventes et ainsi des revenus de l'État.

Le secteur des sélections privées (le mal nommé importation privée) aurait atteint 150 millions de dollars en 2016. Sa croissance est pourtant bloquée par des limites bureaucratiques. Ils ne peuvent vendre qu'à la caisse. Ils disent pourtant avoir des milliers de vins à vendre. Les représentants de ces 400 sélectionneurs disent même avoir plus de choix à offrir que la SAQ.

3. Il faut permettre la vente à l'unité aux centaines de sélectionneurs privés.

Grâce à ces mesures, le commerce du vin au Québec pourrait ainsi devenir aussi efficace que celui de la bière artisanale.

Ceci donnerait plus de liberté et de choix aux consommateurs ainsi qu'aux marchands; en plus d'augmenter les ventes en volume et d'accroitre par conséquent les revenus de l'État.

La SAQ continuerait à vendre des vins dans ses magasins ainsi que dans les épiceries et dépanneurs. Elle développerait de plus une expertise de grossiste. Elle conserverait le monopole des spiritueux.

Voilà donc les grandes lignes d'un projet de réforme du marché du vin au Québec. Action vin permettra de donner plus de liberté de choix aux consommateurs; plus de liberté de commerce aux commerçants; d'accroitre les points de vente et d'augmenter régulièrement les revenus du gouvernement.

SAQ : Changer le dividende en taxe

On reproche bien des choses à notre monopole du vin.
Beaucoup des actions qu'on lui reproche et plusieurs des mauvais coups qu'elle a faits sont dus au mode de calcul de son dividende.
 
Ce dividende c'est le montant exigé au début de l'année par le gouvernement; c'est le milliard de dollars.
 
Les mauvais coups, les scandales de l'Uruguay, de l'Euro, les hausses répétées de prix, la perte d'un grand nombre de vins à petits prix, la perte de confiance de nombreux consommateurs, la stagnation des ventes de vin en volume, la majoration dégressive, la non-recherche du plus bas prix sont dus au carcan dans laquelle la société d'État est placée.
 
Elle doit faire toutes sortes de combines pour arriver au milliard de dollars exigé.
 
Est-ce qu'il n'y a pas une autre manière d'obtenir ce milliard?
 
Le gouvernement reçoit plus de 2 milliards de dollars de la vente de carburant et plus d'un milliard de la vente des cigarettes. Ça se fait sous forme de taxes. C'est 19 cents le litre d'essence. (caaquebec.com); de 30 $ la cartouche de cigarettes. (nsra-adnf.ca)
 
On devrait faire la même chose avec le vin et les spiritueux.
C'est déjà le cas pour la bière avec une taxe de 0,63 $ le litre.
Pour le vin, il y a même déjà une taxe spécifique de 1,40 $ le litre.
 
Il s'agirait alors de remplacer le dividende recherché par une taxe; soit une taxe au volume vendu; soit une taxe en pourcentage du prix de détail; soit un mélange des deux.
 
Je suggère la deuxième qui est plus juste pour tout le monde. Une taxe en pourcentage: si on achète plus, on paie plus de taxe.
 
Le consommateur paierait la taxe en fonction de ses achats; le gouvernement recevrait plus si les ventes augmentent en volume ou en valeur.
 
Ce serait ainsi plus transparent; ça enlèverait un fardeau énorme à la SAQ qui pourrait se consacrer à sa mission de distribuer du vin et des spiritueux. Les gens de la SAQ ne seraient plus des collecteurs de fonds, mais des distributeurs de boissons. Ce qu'ils savent mieux faire d'ailleurs.

Éduc'alcool s'attaque aux concurrents de la SAQ

Educ'alcool, organisme financé par la vente de vin et de spiritueux à la SAQ se plaint du faible prix de la bière dans les épiceries.
 
L'organisme dénonce ce qu'il appelle le contournement du prix plancher de la bière par certaines épiceries comme IGA qui offre des promotions en donnant des rabais d'essence lors d'achats de bières. 
 
«La loi est contournée en toute impunité», dit le directeur général d'Educ' alcool, Hubert Sacy, cité dans un article d'Amélie Daoust-Boisvert dans Le Devoir
 
Toutefois, c'est tout à fait légal selon la Régie des alcools «le rabais n'est pas appliqué directement sur la bière. Le prix plancher est donc respecté», écrit Le Devoir.
 
Éduc'alcool est formé principalement de dirigeants de la SAQ et de personnes en relations d'affaires avec la SAQ. Elle reçoit son financement de la SAQ en fonction de sommes prélevées sur la vente de vin et de spiritueux. Sa trésorière est la vice-présidente aux communications de la SAQ. Ses membres sont la SAQ, l'association des distillateurs, celles des vignerons, des cidriculteurs ainsi qu'une agence de représentants en vin. C'est donc tissé serré entre Éduc'alcool et la SAQ.
 
Dans l'article de Mme Daoust-Boisvert, monsieur Sacy se porte encore à la défense de la SAQ. «Plutôt que de se demander comment baisser les prix et privatiser, le gouvernement devrait se pencher sur la consommation excessive», s'indigne M. Sacy.
 
L'article cite aussi l'Institut national de la santé publique «quand les prix augmentent, la consommation et les problèmes qui y sont associés diminuent.»
 
Donc, aux yeux de ces gens il faut hausser le prix de la bière et autres alcools pour limiter l'alcoolisme. On doit donc punir tous les consommateurs pour quelques-uns qui abusent.
 
Doit-on faire la même chose avec la nourriture. Comme le fait remarquer judicieusement un lecteur du Devoir, Maxime Parisotto qui écrit «La nourriture est responsable de l'obésité. On va augmenter le prix de la nourriture pour que les gens mangent moins? (...) L'article mélange les considérations de santé publique et de morale.»
 
Dans la même veine, doit-on aussi augmenter le prix des médicaments et des services de santé pour contrer ceux qui en abusent?
 
En effet, punir tout le monde pour essayer d'empêcher certains d'abuser n'est ce pas un moyen trop simpliste et drastique? L'éducation serait peut-être plus appropriée ici. 
 
À vouloir absolument faire le bien de certains, doit-on faire mal à tous?
 
Educ'alcool se plaint du prix de la bière qui rappelons-le est vendu hors SAQ, mais Éduc'alcool ne se plaint pas des promos de la SAQ, des effets de la carte de fidélité, des prix inférieurs des spiritueux au Québec par rapport au reste du Canada. Elle pourrait demander à la SAQ de hausser les prix des spiritueux afin de réduire ceux des vins. Car avec quoi se soule-t-on, avec les Forts de Latour ou bien avec le fort?
 
  En passant, la SAQ donnera un rabais de 10 % sur tout achat de 100 $ et plus jeudi, vendredi et samedi et (30 juin, 1 et 2 juillet).
Santé!

 

 

RÉFORME DU MARCHÉ DU VIN AU QUÉBEC (2016)

En mars 2015, nous avons proposé dans ce site une réforme du commerce du vin au Québec. En 2014, nous avions aussi prévu que le plan se réaliserait en 2017.

Deux des améliorations proposées ont été acceptées par le gouvernement du Québec et seront mises en place probablement à l'automne. C'est la vente du vin québécois en épicerie et la levée de l'interdiction du nom des cépages sur les vins en épicerie. Ceci constitue la première phase du plan Action Vin.

Il reste encore du travail à faire pour améliorer le commerce du vin au Québec qui est sclérosé, parce qu'encadrer de manière très bureaucratique par des règles désuètes.

Les ventes de vin connaissent une croissance anémique en volume depuis trois ans. Le monopole peine à atteindre les cibles de revenu fixées par le ministre des Finances à tel point que le gouvernement a dû hausser à deux reprises la taxe spécifique sur le vin.

Rappelons les objectifs de la réforme proposée: relancer la vente de vin au Québec et augmenter les revenus de l'État provenant de la vente de ces vins.

Il ne sera pas question de privatiser la SAQ, mais plutôt de libéraliser le commerce du vin.

Il s'agit d'un ensemble de réformes qui peuvent être faites successivement.

La première phase étant faite, passons maintenant à la phase deux.

Maintenant qu'on a réglé en partie la question des vins québécois et de l'étiquetage en épicerie, il faut améliorer la vente de vin dans le système dit d'importation privé. Sa principale limite est une obligation imposée de vente à la caisse. Ce qui fait qu'il peine à rejoindre les consommateurs et se trouve limité aux restaurateurs. Ce système a bien progressé, mais il a atteint son point de saturation.

Le porte-parole d'Éduc'alcool se porte à la défense de la SAQ

Éduc'alcool se porte à la défense de la SAQ attaquée par un rapport dévastateur de la Vérificatrice générale du Québec.

Dans une lettre du lecteur publiée dans le site internet du journal Metro, sous le titre «La SAQ et la recherche du plus bas prix possible», M. Hubert Sacy dit qu'un des mandats de la SAQ vise «l'établissement de prix qui ne soient pas trop bas pour éviter les problèmes de consommation excessive.» Et il ajoute que «la SAQ a d'abord le mandat de nous protéger

Sommes-nous des arriérés alcooliques en puissance. Sommes-nous plus incontrôlables que les Français, Espagnols et Italiens qui ont accès à des prix beaucoup plus bas pour leurs vins?

Le vin est dangereux selon M Sacy qui ne fait pas de différence entre le fruit de la vigne et les spiritueux.

Pourtant, il y a bien plus dangereux : les armes à feu et les médicaments. Pourtant l'État ne vend pas ces produits. L'État peut réglementer la vente de produits dangereux sans avoir à les vendre lui-même.

Est-ce que le porte-parole d'Éduc' alcool ne devrait-il pas se tenir à un bras de la SAQ au lieu d'être son bras droit?

Qui finance Éduc'alcool, qui paie le salaire de M.Sacy?

Le dernier rapport de la Vérificatrice générale nous dit que la SAQ finance Éduc'alcool mais ne veut pas en révéler le montant! «Pour la SAQ ces frais sont confidentiels», écrit la Vérificatrice générale.(*) Qu'elle est ainsi la crédibilité de cet organisme financé par le vendeur d'alcool?

De plus, la trésorière d'Éduc'alcool est la vice-président aux communications de la SAQ et le conseil d'administration est composé essentiellement de dirigeants de la SAQ et d'organismes en relations d'affaires avec la SAQ.

  Le dernier paragraphe a été ajouté le 7 janvier.

(*) Pourtant, le rapport annuel 2015-2016 de la SAQ dit que la SAQ a «versé une somme de 3,2 millions de dollars à Éduc’alcool au cours de la dernière année»

Le vin québécois pas tout à fait québécois

Des députés du Québec ont entrepris hier l'étude du projet de loi 88 qui permettra de vendre du vin québécois dans les épiceries.

Ils ont commencé à écouter les demandes des gens du milieu en commission parlementaire.

Trois points ont retenu mon attention lors de cette journée d'audience.

Cépages
Premièrement, disons que tous se sont entendus hier pour lever l'interdiction d'indiquer le ou les cépages sur l'étiquette. Les vignerons, la SAQ comme les embouteilleurs demandent plus de transparence au nom des consommateurs.

Qu'est-ce qu’un vin québécois
Le projet de loi vise à permettre la vente de vin québécois dans les 8000 épiceries et dépanneurs de la province.

Mais qu'est-ce que du vin québécois? Il faut définir ce qu'est du vin québécois, car actuellement les vignerons ont le droit de mettre du vin de l'extérieur de la province dans leurs vins. Les représentants de l'association des vignerons du Québec demandent qu'on permette de mettre jusqu'à 15 % de vin étranger dans les vins qui seront vendus en épicerie.

L'Association des embouteilleurs demande par contre que le vin québécois soit fait à 100 % de raisin québécois comme serait fait le vin chilien qui est 100 % chilien, disent-ils. Je me demande toutefois s'ils peuvent garantir que le vin en vrac qu'ils importent de Californie ne contient pas lui un peu de vin chilien.

La SAQ vend même du vin québécois qui à ma connaissance ne contient pas ou peu de raisins québécois.(Voir ici)

Que diriez-vous d'acheter un cassot de bleuets du Lac-Saint-Jean qui contiendrait 15 % de bleuets du Chili?

Comment par la suite vendre notre vin dit québécois en Angleterre en disant qu'il peut contenir du vin de l'Ontario ou du Chili?

Alors, si le vin fabriqué au Québec contient aussi du vin de l'Ontario, ne devrait-on pas l'appeler vin du Canada? S'il contient du vin californien; alors ce sera du vin d'Amérique et s'il contient du raisin du Chili; ce sera un vin des Amériques.

Est-ce que le sirop d'érable du Québec contient du sirop du Vermont? Est-ce que le vin de Bourgogne contient du vin de Bordeaux? Non, alors le vin québécois doit être fait à 100 % de raisins québécois, sinon, c'est du vin canadien ou du vin sans mention de provenance.

Le transport du vin
Là c'est lourd. Les représentants des embouteilleurs ont demandé que le vin québécois soit uniquement transporté par des camions de la SAQ. Alors, imaginez un épicier de Magog qui veut se faire livrer du vin du vignoble Le Cep d'Argent à 5 kilomètres de là. Un camion de la SAQ devra partir de Montréal et faire 120 kilomètres pour transporter le vin sur 5 kilomètres! N'est-ce pas ridicule? On a peur que le vin soit trafiqué, dit-on. Alors comment se fait la livraison des confitures, des litres de lait, de l'huile d'olive et autres? Pourquoi alors ne pas confier ce travail aux camions blindés de Garda? On voudrait mettre des bâtons dans les roues?

Le projet de loi sera encore à l'étude la semaine prochaine. Durant deux jours, on entendra d'autres représentants de commerçants (cidrerie, brasseurs, dépanneurs et épiciers) ainsi que deux organismes de santé, mais aucun représentant de consommateurs!

Voir aussi
La SAQ ne s'oppose pas à la vente de vin québécois en épicerie
Les vignerons du Québec veulent continuer à vendre à la SAQ
Le vin québécois doit être 100 % québécois

Éduc'alcool ou Moral'alcool

La vertu cardinale de la modération !
Est-ce que l'organisme Éduc'alcool est en train de se transformer en Moral'alcool?

Ses campagnes publicitaires destinées à nous inciter à ne pas dépasser les 3 verres par jour deviennent répétitives et lancinantes. On nous demande maintenant de ne plus ajouter du vin dans les verres de nos convives. Est-ce que l'on frise l'infantilisme?

C'est ce que signale François Cardinal, chroniqueur au journal La Presse qui dans un texte intitulé «La modération a bien meilleur goût» se demande si Éduc'alcool ne devrait pas elle aussi usée de modération dans ses messages. «On n’est plus dans le message d’intérêt public, on est dans le sermon puritain. On n’informe plus, on prescrit des comportements. On ne recommande plus, on fixe de nouvelles normes sociales pour nos habitudes à la maison, entre quatre murs, entre adultes consentants.»

François Cardinal ajoute «En fait, on semble avoir éliminé tellement de comportements à risque qu’il faut maintenant en inventer.»

Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool répond le jour même dans son site internet par un texte intitulé «La rigueur a aussi meilleur goût». M. Sacy dit ceci «ce n’est pas "pour réduire les niveaux de consommation à faible risque" que nous faisons cette campagne, comme il nous le fait dire. C’est pour contribuer à réduire le nombre d’occasions où près de 40% des Québécois dépassent les limites recommandées.» M. Sacy s'attaque plus au messager qu'au message, c'est dommage!

Le responsable d'Éduc'alcool s'explique aussi à une émission locale montréalaise de la radio de Radio-Canada en disant qu'il ne fait pas de morale.

Nous pouvons tout de même nous poser la question: est-ce qu'Éduc'alcool ne va pas trop loin dans les messages répétitifs, dans ses tentatives de gérer nos comportements? Est-ce qu'Éduc'alcool ne devrait pas plutôt nous éduquer au lieu de tenter de nous conditionner.

Marteler le même message finit par lasser. Si Éduc'alcool quittait le fond du verre pour élever un peu son propos et retourner à l'information sur l'alcool.

Trois verres, oui nous avons compris, passons à autre chose monsieur Sacy.
Un peu d'humour : et si c'était trois litres comme le rapporte Mathieu Turbide dans ce texte concernant cet Espagnol mort à 107 après avoir consommé trois litres de vin par jour toute sa vie. Bon, il y a des exceptions dans tout!

Finalement, nous devons nous demander si seule la quantité ingurgitée compte. Est-ce que la qualité du vin consommé n'a pas aussi un certain effet sur notre santé?

On a peut-être atteint le fond du verre. Il faudrait alors changer le discours. Si l'on remplaçait «modération» par «information»?

L'information a bien meilleur goût !

Ramassez la SAQ, ils ont perdu le Nord

«Cliquez Achetez Ramassez»; «Magasinez en ligne», disent-ils dans la publicité et dans le site saq.com!

Pourtant, la plupart des vins qui ne sont pas dans ma région et que je veux me faire venir ne sont pas disponibles en ligne non plus!

Par contre, le Folie à Deux Ménage à Trois qui est dans toutes les 403 succursales de la SAQ est aussi livrable dans 265 succursales! Pourquoi je ferais livrer de la succursale X à la succursale Y un vin qui s'y trouve déjà?

Comprenez-vous cette folie?

Aussi, le Mouton Cadet qui est dans 402 succursales de la SAQ est aussi disponible pour achat en ligne! Pour livrer dans la 403e ?

Approuvez-vous ce travail de cadet?
Qui va s'amuser à commander en ligne et à faire livrer une bouteille de Mouton Cadet dans une succursale où il y en a déjà? Vous?

Le Fuzion qui est dans 393 des 402 succursales dans toutes les régions et villes du Québec est aussi livrable dans 265 succursales!

Est-ce que c'est la fusion des cerveaux au service du magasinage en ligne saq.com ?

Le Merlot Grand Sud qui est dans les 403 succursales de la SAQ est aussi livrable en ligne dans 265 de ces 403 succursales!
Est-ce qu'ils ont perdu le Nord à la SAQ?

Prenons un dernier exemple
Il y a 61 chablis au répertoire de la SAQ, dont seulement 16 sont disponibles pour achat en ligne et ce sont surtout des chablis qui sont déjà dans un grand nombre de succursales; pendant ce temps, les grands crus et les vins qui sont dans moins de régions ne sont pas disponibles pour achat en ligne!

Comprenez-vous la logique de ces gens-là?

C'est disponible partout, vous pouvez le faire livrer presque partout — On fait valser les bouteilles — Ce n’est pas disponible chez vous et bien tant pis pour vous !

À @SAQnouvelles on nous répond que «les quantités s’épuisent parfois plus rapidement dans cette succursale () que dans d’autres.»

Bravo, ça veut dire que le service est utile et utilisé.
Mais pourquoi ne réapprovisionnez-vous pas cette succursale saq.com au fur et à mesure qu'elle se vide?
Une suggestion : la direction de la succursale virtuelle saq.com devrait prendre connaissance du service «Cliquez — Achetez» et se faire livrer ces vins qui se vendent si vite dans internet.

 

Vins québécois et accords internationaux

Les vins québécois en épiceries contreviendraient aux accords internationaux.
C'est ce que nous dit ce matin un article du journal La Presse «Vins québécois: Québec contreviendrait à sept accords internationaux», Karyne Duplessis Piché.

Selon des avocats du gouvernement du Québec, le Québec n'aurait pas le droit d'imposer que «le vin québécois soit fabriqué avec des raisins cultivés à 85% dans la province», nous dit La Presse.

Le gouvernement veut modifier la loi de la SAQ et permettre la vente de vin dans les épiceries. Selon ces juristes, cela contreviendrait aux accords internationaux en donnant un traitement de faveur aux vins locaux, «car les vins embouteillés à l'étranger n'ont pas accès à ces points de vente.»

Le projet de loi serait prêt depuis un an, mais le bureau du ministre des Finances Carlos Leitao aurait confirmé à La Presse que «le respect des accords internationaux complique l'élaboration du projet de loi et retarde son dépôt à l'Assemblée nationale.»

Ces juristes «craignent que la loi ne soit contestée», par les gouvernements étrangers.

Est-ce qu'il y a vraiment risques de contestation?
La règle du 85 % est appliquée dans presque tous les pays producteurs de vin. Donc, ceux qui pourraient contester la loi québécoise sont ceux qui imposent déjà cette règle dans leurs pays. Le «Vin de France» est fait avec des raisins de France; alors pourquoi le «Vin certifié du Québec» ne pourrait-il pas être fait avec surtout du raisin du Québec?

Concernant la vente de vin québécois dans les épiceries. Il pourrait y avoir là un problème. Car il y aurait discrimination entre les vins locaux permis dans les épiceries et les vins étrangers interdits dans ces épiceries.

Toutefois, la pratique nous permet de constater qu'il n'y a pas eu de problème jusqu'à maintenant dans le reste du Canada. L'Ontario permet depuis longtemps la vente de vins locaux et seulement de vins locaux dans 470  magasins privés appartenant à des producteurs. De plus, la Colombie-Britannique vient de permettre, depuis avril,  la vente de vins locaux dans certains supermarchés, tout en y interdisant la vente de vins étrangers. Des producteurs de la Californie se sont opposés, mais sans succès jusqu'à maintenant.

Afin d'éviter tout risque de contestation de l'étranger, il serait préférable de permettre aussi la vente de vins étrangers dans nos épiceries. Pourquoi pas? Ça viendra.

De plus, le Québec ne transgresse-t-il pas déjà les règles internationales en subventionnant fortement les vins produits ici? En effet, les vignerons d'ici vendent leurs vins à bas prix à la SAQ (environ 6 $ la bouteille), mais reçoivent plusieurs dollars par bouteille d'une autre main du gouvernement. Cette ristourne a été augmentée à environ 4 $ par bouteille en 2013; pourtant ceci n'a jamais été contesté.

Le Canada est le quatrième importateur de vin au monde avec des achats totalisant 1,8 milliard de dollars américains (en 2013) derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Le Québec est le plus gros importateur de vin du pays.

NUISANCES AU COMMERCE DU VIN AU QUÉBEC

Les lois et règlements actuels sur les alcools au Québec nuisent au commerce du vin dans la Belle province.

Ces lois et règlements qui datent de près de 100 ans:

  • font obstacle à la liberté de commerce;
  • freinent le développement du vignoble québécois;
  • imposent des restrictions indues aux épiciers et importateurs;
  • limitent le choix des consommateurs;
  • et ralentissent le potentiel de croissance des revenus gouvernementaux promenant de la vente de vin.

En fait ces lois, ces règlements et l'application qu'en font les dirigeants actuels de la Société des alcools et de la Régie des alcools nuisent aux commerçants, aux consommateurs, aux vignerons, aux contribuables ainsi qu'aux revenus que pourraient en tirer le gouvernement du Québec.

L'application de ces lois cause maintenant plus de dommages et d'inconvénients que de bienfaits et protections voulus au moment de leurs créations lors de la Prohibition (1919) (1).

Trois constats dans le monde du vin au Québec depuis deux ans:
  1. le ralentissement de la croissance des ventes de vin en dollars;
  2. la stagnation des ventes de vin en volume;
  3. un ralentissement de la croissance des revenus de l'État.

 

DES SOLUTIONS CONCRÈTES

ÉPICERIES
Il y a 8000 épiceries et dépanneurs au Québec qui vendent du vin. Ils ne peuvent vendre que du vin embouteillé au Québec, sauf du vin québécois. Ils ne peuvent vendre du vin québécois seulement s'il a été mélangé par un fabricant de vin autorisé au Québec. Ils ne peuvent vendre les vins de la SAQ, sauf 8 vins, ils ne peuvent vendre du vin qui indique le cépage ou la région d'origine (sauf les 8 autorisés par la SAQ).

SAQ anticonstitutionnelle?

La Société des alcools du Québec (SAQ) est-elle anticonstitutionnelle?

121. Tous articles du crû, de la provenance ou manufacture d’aucune des provinces seront, à dater de l’union, admis en franchise dans chacune des autres provinces.

121. All Articles of the Growth, Produce, or Manufacture of any one of the Provinces shall, from and after the Union, be admitted free into each of the other Provinces.

Cet article de la constitution canadienne est au coeur d'un procès qui s'est tenu cette semaine au Nouveau-Brunswick.

Gérard Comeau de Tracadie y est accusé en vertu d'une loi provinciale (134 NB, datant de 1928) d'avoir acheté de l'alcool illégalement au Québec. M. Comeau défendu par une équipe d'avocats canadiens soutient que la Constitution du pays lui permet d'acheter de l'alcool dans la province voisine et que les restrictions sur le commerce de l'alcool entre les provinces sont inconstitutionnelles.

La cause a été entendue pendant 4 jours devant le juge Ronald LeBlanc à Campbellton au Nouveau-Brunswick.

Appelé comme témoin de la Couronne, le premier vice-président d’Alcool NB, Richard Smith, a laissé entendre que l’abolition de l’article 134 pourrait mettre en péril le modèle d’entreprise de cette corporation ainsi que les  165 millions de dollars qu’elle verse annuellement à la province.

Les défenseurs de M. Comeau ont répondu qu'on ne pouvait ignorer la constitution du pays sous prétexte que cela permettrait de faire de l'argent.

De plus, l'avocat de la défense a souligné, données de Statistique Canada à l'appui, que les revenus dus à l'alcool au Manitoba avaient augmenté de 9 % deux ans après la levée des barrières dans cette province. Le Manitoba est la seule province qui a levé entièrement les barrières au commerce interprovincial du vin, de la bière et des spiritueux.

Un spécialiste de la constitution, Andrew Smith de l'Université de Liverpool, en Grande-Bretagne, est venu témoigner que les Pères de la Confédération voulaient que le commerce se fasse librement d'une province à l'autre. «Les Pères de la Confédération auraient dit que les barrières économiques interprovinciales vont totalement à l'encontre des raisons qui ont mené à la création de la Confédération canadienne», dit-il.

Puis, un dirigeant de la brasserie Moussehead a dit que chaque province appliquait des règles commerciales différentes et que chacune avantageait les brasseries locales au détriment du commerce libre. Il aurait même dit qu'au Québec il devait vendre sa bière à la SAQ et la lui racheter (twitter.com/bridgetyard), payant ainsi 8,56 $ sur chaque caisse; alors que les brasseurs du Québec n'ont pas eux à passer par la SAQ et vendent librement et directement aux détaillants.

Les avocats vont soumettre leurs plairoieries par écrit et on ne s'attend pas à un jugement avant le printemps.

La Fondation canadienne pour la Constitution apporte son soutien juridique à M. Comeau. Elle a d'ailleurs lancé une campagne de financement pour l'aider à assurer sa défense.

Quels que soient les résultats du procès, les avocats s'attendent à ce que cette cause se retrouve en Cour Suprême, comme le dit Pierre Foucher, professeur de droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa. (Voir vidéo)

Quelques faits:
Au Nouveau-Brunswick, tout le commerce de l'alcool est géré par le gouvernement. La marge sur la bière est de 98 %.

Au Québec, le monopole SAQ a juridiction exclusive sur le vin et les spiritueux, mais pas sur la bière. La marge de la SAQ rapporte 1 milliard de dollars. La marge sur les spiritueux est la plus faible au Canada. Le commerce de la bière est privé et libre au Québec. Il y a concurrence sur la bière qui y est ainsi moins chère que dans les provinces voisines.

En Ontario, la société d'État LCBO a le monopole sur le vin et les spiritueux. Une compagnie privée y détient le monopole sur la bière.

En Alberta, le commerce de l'alcool est libéralisé. Toutefois, l'importation de l'alcool est controlé par une compagnie du Texas mandatée par le gouvernement de l'Alberta.

SAQ centre-ville ou banlieue: le cas de Rimouski

Un problème de marketing ou d'urbanisme? Ou tout simplement de société?
Les centres-ville se sont vidés... et maintenant, ils ressuscitent.
Un phénomène des années 2010!

Les magasins de la société des vins et des spiritueux (SAQ) ont quitté progressivement les centres-ville pour s'installer dans les «power-center», les centres commerciaux d'océan d'asphalte. C'est temporaire, une erreur, une décision bureaucratique, une bonne ou une mauvaise chose? C'est selon!

Nous avons connu la saga de Trois-Rivières; et maintenant, c'est Rimouski.

Les deux succursales de la SAQ du chef-lieu du Bas-Saint-Laurent avaientquitté le centre-ville pour s'établir: une en banlieue de l'autre côté du pont à Nazareth, et l'autre dans le parc industriel. Je me souviens encore de la Commission des liqueurs en plein centre-ville! Un comptoir, des grillages, des bouteilles cachées...

Mais voilà que la SAQ doit rénover sa succursale décentrée de Nazareth et s'installe temporairement au centre-ville. Oh! Des gens y trouvent du plaisir!

Il faut dire qu'elle s'est bien placée, devant Les Halles qui regroupent des commerces alimentaires de qualité (boulangerie, poissonnerie, chocolaterie, fromagerie...); et près des Jean-Coutu, Aubainerie, librairie, cafés et autres commerces de proximité.

J'ai fait trois séjours cet été à Rimouski et j'ai aimé cette nouvelle localisation.

Il semble que je n'ai pas été le seul! Une dame de Rimouski a décidé de lancer une pétition pour demander que la SAQ reste au centre-ville. Un centre-ville qui s'est embelli beaucoup. Après avoir connu les affres de la désertification vers le soi-disant «Carrefour» excentré, puis maintenant le parc industriel Léonidas, le centre-ville vit de nouveau. Bravo!

Qui décide de votre environnement? Les spéculateurs, les commerçants, les fonctionnaires, les bureaucrates, les promoteurs, les marketeurs, les constructeurs, les politiciens...? Un peu tout ce beau monde, et vous, les citoyens, consommateurs, contribuables, clients... peut-être?

Allez voir l'article du journal du coin L'Avantage «Une citoyenne demande un service permanent de la SAQ au centre-ville de Rimouski» ainsi que le propos et la pétition de Mme Annie Caouyette dans le site change.org.

En passant, bravo aux citoyens et édiles de Rimouski d'avoir su faire revivre Rimouski.

Notre ville ce n'est pas sa banlieue, c'est son centre-ville! (même si nous habitons en banlieue!)


L'image du centre-ville de Rimouski des années '60 provient des Archives nationales. L'image récente est tirée du site de la municipalité.

L'austérité! Pas pour les boss de la SAQ

Les dirigeants du monopole de l'alcool du Québec se donnent des primes de 9 millions $!

Il est inadmissible que des employés d'un monopole d'État puissent obtenir des bonis de performance. On parle ici de la gestion d'un monopole d'État. Tous les Québécois sont forcés de faire affaire avec la SAQ pour se procurer de l'alcool. Il est donc illogique que les cadres et dirigeants puissent obtenir des bonis, à même l'argent des contribuables, pour avoir réussi à leur vendre ce qu'ils sont obligés d'acheter à la SAQ! C'est le gros bon sens» (François Bonardel, député de la Coalition Avenir Québec.)

En période d'austérité, les dirigeants de la SAQ se paient des primes pour avoir réussi à nous vendre ce qu'on est obligé d'acheter chez eux et seulement chez eux. C'est bien dit! Ils sont forts!

Le Journal de Montréal rapporte que les bonis coulent à flots au monopole des vins et spiritueux.
En période dite d'austérité, ses dirigeants s'octroient en juillet 9,2 millions de dollars juste à temps pour les vacances. Le Journal rapporte que les employés des magasins eux n'ont pas eu droit à ces primes.

Pour justifier ces primes, le porte-parole de la SAQ dit au Journal «Nous avons atteint et dépassé les objectifs fixés par le gouvernement du Québec l’an dernier». La SAQ a donné 13 millions de dollars de plus que ce qu'attendait, semble-t-il, le gouvernement l'an dernier et on en donne maintenant 9,2 millions aux cadres! Ils sont forts! (*)

Le député de Granby et critique des Finances à la CAQ, François Bonardel, demande donc l'abolition des bonis à la SAQ.

Le journaliste Pierre Couture nous dit qu'au printemps dernier «le gouvernement Couillard avait décidé de ramener les importants bonis de performance réservés aux gestionnaires de grandes sociétés d’État à vocations commerciales comme la SAQ et Hydro-Québec.» En période d'austérité! Ils sont forts généreux!

Les huit vice-présidents de la SAQ gagnent entre 215 000 et 277 000 $ avant primes et autres avantages. Le président touche 375 000 $ avant primes et autres avantages.

Des bonis aux dirigeants d'un monopole! En vertu de quelle logique? Des bonis pour stimuler des gens très bien payés pour vendre un produit en situation de monopole. Difficile? Et surtout en période d'austérité! Est-ce de la bonne gestion, de la rigueur budgétaire?

C'est 9 millions de dollars qui ne seront pas remis dans les coffres de l'État. Il n'y aurait pas eu un beau projet à faire avec cette somme au lieu de la voir accaparer par des gens déjà très bien payés?

Que font les membres du conseil d'administration? Ils dorment au gaz! Ils sont impuissants?

(*) Rappelons ici que la SAQ n'a pas publié son rapport annuel. Ses dirigeants ne l'ont pas remis à temps avant la fin de la session parlementaire en juin.

LES SÉNATEURS DE LA SAQ

ÉDITORIAL    

Les employés de la SAQ donnent un rabais de 40 % aux employés de la SAQ!

Lorqu'un employé de la SAQ ou un retraité se présente à la caisse d'un magasin de la SAQ son collègue lui accorde une réduction de 40 % sur ses achats.

C'est un sujet délicat que celui des rabais dans les entreprises d'État.
En effet, lorsqu'un concessionnaire automobile (ou autre commerçant) donne un rabais à ses employés, c'est son argent, pas le nôtre.

Toutefois, lorsqu'un fonctionnaire, un employé de l'État ou d'une société d'État, donne un rabais à un de ses collègues, là c'est plus délicat. Car ce n'est pas son argent qu'il donne, mais celui de l'ensemble des contribuables, des citoyens du Québec. De l'argent qu'il donne au seul membre de son groupe.

Regardons les faits
Lorsqu'un employé ou un retraité de la SAQ se présente à la caisse de la SAQ avec une bouteille de vin de 16,80 $, son collègue caissier lui donne un rabais de 6,72 $. C'est l'exemple que donne ce matin le journaliste spécialisé dans les sociétés d'État, Pierre Couture, dans le Journal de Montréal.(1)
Un conseiller en vin a ainsi droit à un rabais maximum de 810 $ par année; pour un gestionnaire c'est 700 $; un caissier 650 $ et 300 $ pour un retraité.

Le Journal de Montréal nous dit que «la Société des alcools du Québec (SAQ) a offert l’an dernier 4 millions $ de rabais à ses employés lors de l’achat de bouteilles de vin et de spiritueux.» 8300 employés et retraités auraient bénéficié de ce rabais.

Donc, c'est 4 millions de dollars de dollars de moins dans les coffres de l'État? Vraiment? Pas tout à fait? Vous verrez.

La raison invoquée pour justifier ce 40 %
Le porte-parole de la SAQ, Renaud Dugas, cité par le journal dit que «le programme d’escompte est un avantage social (sic) dont le but est de favoriser la découverte et l’approfondissement des connaissances des produits par nos employés».

La découverte et l'approfondissement des connaissances des employés et des retraités!
Quatre millions de dollars pour découvrir! Donc un programme de formation, de perfectionnement. Est-ce qu'il n'y aurait pas un moyen plus efficace de dépenser ces 4 millions en perfectionnement?

Combien de fois demandons-nous à un employé de la SAQ de nous dire ce que goûte ce vin, pour nous faire répondre qu'il n'y a jamais goûté.
La SAQ veut faire la promotion des rosés ou des rouges de BBQ, les employés utilisent leur 40 % pour acheter du rhum!
Prenons l'exemple de nos voisins, les Ontariens de la LCBO. Chaque mois, tous les conseillers des succursales d'Ottawa sont réunissent dans une salle de dégustation en présence des nouveaux vins du mois. Munis d'un verre et d'un crachoir, ils ont toute la journée pour déguster et prendre des notes. Ça, c'est de «la découverte et de l'approfondissement».

Alors, suggestions aux patrons de la SAQ
Dépensez ces 4 millions de dollars sur des séances de dégustation des nouveaux produits.

Sinon, tout au moins, ciblez les dépenses en disant «la semaine prochaine, on pousse les rosés, alors vous avez 40 % de rabais sur l'achat des rosés. La semaine suivante, ce sera les rouges de BBQ, et ainsi de suite. Ils auront ainsi vraiment approfondi leurs connaissances pour informer le client sur les nouveaux produits.

Qui paie les 4 millions? Vous
Actuellement, ce rabais à tout va, c'est 4 millions de dollars de moins par année pour l'État. Au cours des deux dernières années, la direction de la SAQ n'a pas atteint ses objectifs de revenus exigés par le ministre des Finances qui a dû, pour compenser le manque à gagner, imposer alors à deux reprises des taxes spécifiques sur les bouteilles de vin et de spiritueux. On en est rendu à 1,05 $ de taxes dites spécifiques par bouteille de vin.(2)

Sénateurs de la SAQ
On a l'impression qu'il y a de plus de gens qui se servent allègrement dans les caisses publiques. On a vu l'exemple de la lieutenante-gouverneure, puis des sénateurs. Ces gens invoquent toute sorte de raisons pour justifier leur générosité envers eux-mêmes.  Pendant ce temps, le gouvernement nous serine les oreilles avec ses programmes d'austérité qu'il nomme «rigueur budgétaire».  La générosité c'est une qualité, toutefois la générosité avec l'argent du public par et pour un groupe d'employés de l'État c'est autre chose. Ce n'est certainement pas de la rigueur budgétaire.

N'y a-t-il pas là dans ce système de prime facile de 40 % à la SAQ un problème d'éthique? On dit que le conseil d'administration a accepté ce programme. Qui alors se préoccupe de l'étique à ce conseil d'administration?
On est bien généreux avec votre argent!
_______
(1) Des millions de dollars de rabais pour les employés de la SAQ, Pierre Couture
(2) Le prix d'une bouteille de vin au Québec

Privatiser la SAQ : un débat futile

Et c'est reparti! On parle encore de privatiser la SAQ!
Mais qui veut vraiment privatiser la SAQ ? 
Pas les amateurs de vin en tout cas.
Ce que veulent les amateurs de vin du Québec c'est LIBÉRALISER LE COMMERCE DU VIN.
C'est autre chose.
Ce débat pourrait s'appeler : Ce soir on fait peur au monde. Vous allez perdre votre SAQ et le milliard de $ qui vient avec. De méchants entrepreneurs vont le prendre! Boubou!

C'est de la diversion, ça nous éloigne du vrai débat, des vrais enjeux qui sont plutôt de déconstiper le commerce du vin dans la Belle province!

Des règles rigides, sclérosantes, un carcan, des normes bureaucratiques qui empêchent les vignerons de vendre librement leurs vins, les dépanneurs de vendre librement du bon vin, les commerçants de commercer librement, les acheteurs d'acheter librement...

Résultats: la consommation de vin stagne au Québec; les revenus viniques du gouvernement baissent; les consommateurs sont insatisfaits et perdent confiance...

Là est le travail à faire : améliorer le système !

Sur le sujet

La SAQ attaquée! C'est dommage!

Éditorial    
La SAQ s'est sentie beaucoup attaquée ces derniers jours.
Elle a répondu en tentant de nuire à un journaliste.
Elle a publié ses échanges de courriel avant même que le journaliste (occupé à un autre dossier) ait publié son ou ses reportages sur le sujet.
Tactiques dignes des compagnies forestières et minières du siècle dernier,
C'est dommage!
 
C'est toujours la même tactique: sanctionner l'un pour l'intimider et faire peur aux autres.
On donne des faveurs à certains et on tente de punir les autres.
C'est dommage! 
 
Sur les réseaux sociaux, des individus ont emboité le pas à la SAQ et attaqué le journaliste. On sentait la haine et la vengeance! C'est incompréhensible.
Ils attaquent ainsi le messager.
C'est dommage!
 
Le rôle du journaliste c'est de donner de l'information. C'est souvent difficile lorsqu'on a affaire à des monopoles fermés.
 
Sur les réseaux sociaux
Les réactions des gens sur les réseaux sociaux et dans les commentaires à la suite des articles traitant de la SAQ sont souvent étonnantes. Certains font des crises d'urticaire lorsqu'ils voient une nouvelle qui leur semble défavorable à la SAQ.
C'est comme s'ils se sentaient attaqués personnellement! Le syndrome de Stockholm, peut-être? Ces gens semblent allergiques à toute nouvelle qui n'est pas positive concernant le vin ou la société d'État. Comme s'ils craignaient qu'elle allât fermer. Ils s'attaquent aussi aux messagers, souvent en se cachant derrière l'anonymat. C'est dommage!
 
Des dommages collatéraux
Le taux de satisfaction de la SAQ est très élevé. La cote d'amour de la SAQ est encore très bonne. C'est un service de proximité qui donne du plaisir. La plupart des gens qui y travaillent sont des passionnés. Ils nous rendent de grands services dans les succursales. Ce sont eux qui font face au public quotidiennement et qui subissent quelquefois les sarcasmes de quelques clients. C'est dommage, car les travailleurs de la SAQ subissent comme nous les décisions des patrons de la grosse compagnie.
 
Lorsque mis en cause sur la place publique, la direction de la SAQ se défend toujours en envoyant au front le petit nouveau, le dernier arrivé. C'est dommage, car la SAQ a plein de personnel expérimenté et respecté qui pourrait répondre de manière éclairante aux journalistes et au public. 
 
Nous vivons depuis quelque temps des transformations énormes dans le monde des médias et des communications. C'est l'instantané, le rapide, chacun tire plus vite que son ombre. Ce serait dommage si ces communications ne se faisaient pas dans le respect mutuel.
 
On a beau avoir des opinions bien tranchées, un esprit critique bien aiguisé, une volonté acharnée de défendre son patron. Nous pouvons exprimer fortement nos opinions, nos convictions, nos informations; mais de grâce, faisons-le dans le respect des personnes.

De la piquette à la SAQ ! ?

La nouvelle du Journal de Montréal, du Journal de Québec et de TVA disant que la SAQ vend du vin de dépanneur, donc du vin embouteillé au Québec a suscité beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux.

Les gens se sont sentis trompés par la SAQ. Les réactions sont à fleur de peau. «Irrespectueux, désolant, dégueulasse», s'est éclaté le député de Granby, François Bonnardel. «C'est un manque de respect complet envers la clientèle québécoise», ajoute-t-il. François Legault, le chef du parti Coalition Avenir Québec dit «je ne peux pas croire que le ministre va rester silencieux», face au refus du ministre Carlos Leitao de commenté ce dossier. (TVA)

Les commentaires sur internet sont tout aussi virulents «La devise de la SAQ :  L'important c $$$$$ , le reste on s'en SAQ.» «Honteux, mais je ne suis pas surpris», écrit un autre, «un problème d'éthique».

Des défenseurs de la SAQ ont bien tenté de tempérer le débat en écrivant que c'était le commerce normal, rien de particulier au Québec et en accusant le journaliste d'avoir choisi peu d'exemples; ça n'a pas empêché les détracteurs de la SAQ d'attaquer encore le monopole du vin sur les radios. (Dutrisac et Paul Arcan)

Ce qui m'a le plus étonné, s'est de constater que les gens ne savaient pas que la société d'État vend des vins importés en vrac. En fait, les gens sont surtout choqués d'apprendre qu'on leur cache quelque chose! Il est temps que la grande presse s'intéresse à ce que fait la SAQ, car la presse spécialisée du vin, sauf quelques exceptions, parle peu de l'aspect économique du vin.

Un journaliste de la télévision m'a dit aujourd'hui que c'est une nouvelle négative. Je l'ai repris en disant que non c'est plutôt positif. Plus les gens en savent, plus ils sont informés et plus ils pourront tenter d'améliorer le système.

On est encore devant une admiration béate du vin. Le vin c'est de la chimie et du commerce, et pas seulement du plaisir.

Comment faire pour ne pas se faire avoir?
C'est la question posée aujourd'hui. La réponse n'est pas facile. Même ceux qui fréquentent le vin tous les jours ne s'y retrouvent pas toujours!

Il faudrait plus d'informations et plus de transparence de la société d'État. Pourquoi ne pas le dire tout simplement que tel vin est importé en vrac, qu'un autre a x quantité de sulfite, qu'un autre a 5-10-15 grammes de sucre résiduel, que son pH est de 3,3 ou de 3,7, soit quatre fois moins acides.

La SAQ a republié aujourd'hui une liste des produits embouteillés au Québec qu'elle vend. Elle en a oublié, pourquoi?

Pourquoi ne pas l'indiquer sur la bouteille et sur son site. Un oenologue me dit aujourd'hui qu'il faut bien lire les étiquettes et contre-étiquettes. J'essaie, mais ce n'est pas toujours évident; en fait c'est rarement évident. Quelquefois si nous regardons attentivement nous pouvons les déceler, comme ici «Produit de l'Australie... Montréal, Québec, Canada» ou là «Australie-Méridionnale... Constellation Brands Québec.»

Les gens des communications de la SAQ ont beau répondre qu'ils suivent toutes les règles, que tout est conforme à la Loi; il semble que les consommateurs du Québec s'attendent à plus de leur société d'État!

Un quart du vin importé au Canada l'est en vrac, il faut bien qu'on le retrouve quelque part. Les bénéfices sur ces vins achetés 1 à 2 dollars le litre et revendus 11 à 18 $ la bouteille sont énormes, c'est tentant.

Ce ne sont pas nécessairement de mauvais vins, mais c'est un peu comme le Cheese Whiz face au Pied de vent, il y a tout de même une bonne différence.

Trop de restaurants ou pas assez de clients?

Le point de vue de l'amateur de vin

Après des restaurateurs de Québec, c'est au tour de restaurateurs de Montréal de demander de limiter le nombre de nouveaux restaurants.
Ils disent qu'on ouvre trop de nouveaux restaurants et que cela leur fait trop de concurrence.
 
Ils prétendent qu'il y a trop de restaurants. Donc, ils demandent qu'on en réduise le nombre.
Mais est-ce vraiment là le problème? Quelle est la cause? Est-ce que ce ne serait pas plutôt qu'il n'y a pas assez de clients pour le nombre de restos? Une baisse de la clientèle?
Donc, si la cause est la baisse de la clientèle, il faut chercher pourquoi. Puis essayer de faire revenir la clientèle.
 
Le point de vue de l'amateur de vin
Je vais moins souvent au restaurant depuis quelques années et je constate que c'est le cas de plusieurs de mes connaissances. Pourquoi? À cause du vin.
 
Lorsque l'on choisit d'aller au restaurant, c'est souvent pour une expérience gastronomique et pour passer une belle soirée. On veut y manger ce que l'on ne se fait pas à la maison, faire des découvertes. On veut manger mieux qu'à la maison.  Donc, on accepte de payer 25 ou même 35 $ pour un plat. On voudrait aussi avoir un meilleur vin qu'à la maison. Mais c'est là que ça accroche. Le moindre petit vin est deux fois plus cher que le plat. Pour une occasion spéciale, on veut se payer un vin aussi spécial, mais le vin de 25 $ SAQ est 75 $ au resto. Le vin de 30 $ SAQ est 90 $. On se voit donc forcé de boire moins bien qu'à la maison et de commander un petit vin à 50 $ (15,80 $ SAQ).
 
Les amateurs de vin sont aussi amateurs de bonne bouffe. Les restaurateurs éloignent ces gens et se privent ainsi d'une bonne clientèle.
 
Est-ce que nous acceptons de payer une prime de 50 $ pour un vin de 25 $? 
Ainsi, plusieurs amateurs de vin choisissent d'aller dans les restaurants apportez votre vin, ou de rester à la maison près de sa cave à vin, de son cellier.
 
S'il n'y a pas assez de clients, ce n'est pas la faute des clients ou des autres restaurants.
 
Alors, comment faire pour attirer de nouveau les amateurs de vin au restaurant?
Réduire le prix des vins. Un taux fixe de 5 à 10 $ par bouteille serait plus juste. Ceci implique de hausser le prix des plats. Les AVV réussissent. Il y aurait ainsi un meilleur équilibre des prix mets/vins.
 
Il y a bien d'autres facteurs qui expliquent aussi la baisse de la clientèle. Les gens font mieux à manger maintenant; les hommes font la cuisine les fins de semaine; les consommateurs sont mieux informés; pendant que des restaurateurs offrent encore des mets surcuits, trop salés, peu de légumes...
 
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