8. La crise du phylloxera

Tout un siècle de progrès et de profits a failli être détruit par un ridicule et minuscule puceron, le phylloxera vastatrix, qui fait son apparition en 1869. Ce phylloxera dévastateur est venu d’Amérique. Il s’attaque aux racines des ceps et bientôt la vigne meurt. Il fera des ravages pires que ceux de la peste noire au Moyen Âge et ce sont les vignobles de toute l’Europe qui sont anéantis les uns après les autres. Après des années d'angoisse, les savants mobilisés trouvent enfin, en 1885, la solution à ce fléau, le porte-greffe américain.

Le phylloxera n’est pas le seul ravageur à détruire les vignes. Le XIXe siècle a connu bien d’autres maladies. De 1828 à 1840, c’est la pyrale, une chenille baptisée « ver coquin », qui dévaste les vignobles. La solution trouvée, ébouillanter les ceps en hiver.

En 1849, c’est l’oïdium, un champignon, qui apparaît. C’est Pasteur qui lui réglera son compte. Après le phylloxera, en 1895, c’est, coup sur coup, le mildiou et le black-rot qui sévissent.

Avec le recul, l'on peut cependant estimer que ces plaies auront été une vraie bénédiction. Avant la crise, le vignoble français s'était beaucoup déprécié du fait que, pour produire de plus en plus, l'on n'utilisait plus que des cépages à haut rendement et l'on plantait des vignes à peu près n'importe où, c'est-à-dire vraiment partout. Qu'importe la qualité, la seule chose qui comptait, c'était de « faire du degré », c'est-à-dire des profits faciles.

Après la crise, les producteurs doivent investir des fortunes pour replanter des millions de pieds de vigne. On se doit de rationaliser. On ne replantera donc, quand l’on en a les moyens, que sur les meilleurs sites, dans des régions plus adaptées à cette culture, et ce, avec de meilleurs cépages. C’est ainsi que le vin de Paris disparut.

Certaines régions, plus pauvres, sont malheureusement vite revenues à leurs mauvaises habitudes d’autrefois. Le midi de la France, le Languedoc en particulier, traînera longtemps ce boulet. Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, la vigne renaîtra en meilleure santé qu'elle n'était avant la maladie. Il faudra tout de même 50 ans pour tout replanter.