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Est-ce que les meilleurs millésimes produisent les meilleurs vins?

Est-ce que les cartes de millésime disent toute la vérité?

J’ai goûté plusieurs barolos au dernier salon des vins italiens de Montréal. Dans plusieurs cas, j’ai préféré ceux du millésime 2005. Les 2004 et 2006 m’ont semblé rudes, très tanniques. Bien sûr plus costaud, plus ample. Ils ont plus de matière, mais sont moins agréables à boire.

Pourtant, on lit que les grands millésimes de cette région sont les 2004 et 2006. J’ai été surpris et j’en ai parlé à quelques-uns. Un agent, une collègue et un producteur de barolo m’ont répondu que eux aussi préféraient les 2005!

Un lecteur me demande ce matin de lui indiquer quels sont les grands millésimes dans une autre région d’Italie : le Brunello.  Il m’écrit : «Comme vous parlez de Brunello ce matin, et que le millésime y fait parfois pour beaucoup dans le plaisir de déguster un vin, est-ce qu’il vous est possible de m’indiquer les meilleurs millésimes pour certains Brunello car depuis 2001, je crains qu’il n’y ait pas eu de très bons crus.»

Mais qu’est-ce qu’un grand millésime?

Le consortium du Brunello dit que les meilleurs millésimes récents sont 2004, 2006 et 2007.  (www.consorziobrunellodimontalcino.it)

On lit la même chose au sujet du barolo sur des sites internet : 2004 et 2006 seraient bien meilleurs que 2005. (www.intowine.com)

Mais, alors pourquoi ai-je préféré les 2005?

Il faut s’entendre sur ce que veux dire bon millésime.
Le site vinsdegarde.com nous dit qu’«un grand millésime est tout d’abord défini par un fort potentiel de garde.»

Il a fait beau cet été-là et ces belles conditions climatiques ont permis aux producteurs de faire des vins non dilués, concentrés, bien tanniques, bourrés de fruit et bien charnus; des vins de garde. Ou du moins que l’on croit qu’ils vont se garder longtemps et surtout s’améliorer en cave.

Donc des vins concentrés, riches,  pleins de tout, quelquefois opulents. Mais si vous vous préférez les vins fins, élégants et digestes?

Si à ce moment-là vous préparez un repas assez léger, des mets fins; vous ne voudrez pas noyer le tout par un gros tannique.

Il faut donc tenir compte de son goût et surtout de l’occasion. Le vin c’est bien en dégustation, mais aussi à table.

Il se peut que les 2004 et 2006 de la Toscane et du Piémont deviennent bien meilleurs dans cinq ou dix ans. Mais ce qui compte, c’est de boire ce qui est le meilleur actuellement. Ce qui nous donne «le plaisir» comme nous l’écrit notre lecteur grand amateur de brunello.

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