Des primes de 40 % pour des cadres de la SAQ

On en apprend tous les jours depuis quelque temps sur le scandale à la direction de la Société des Alcools du Québec.

Selon les journalistes Denis Lessard et Maxime Bergeron du quotidien La Presse, des cadres de la société d'État reçoivent des primes très élevés:

« En maintenant les prix élevés, les dirigeants de la SAQ s'assuraient du maintien du chiffre d'affaires de la société, qui dicte la hauteur des primes annuelles qui peuvent atteindre 40 % de leur salaire. Cette pratique avait été mise en place sous Gaétan Frigon... »

Le conseil d'administration

Les deux journalistes ajoutent que les membres du conseil d'administration était au courant de cette collusion avec certains fournisseurs parce qu'une

« allusion explicite à cette pratique controversée qui consiste à ne pas refiler automatiquement la baisse du taux de change aux consommateurs apparaîtrait même aux procès-verbaux du conseil d'administration de la SAQ. »

Ristournes

D'autres membres du conseil d'administration auraient dit ne pas être au courant de cette pratique, par contre ils ont admis connaître l'histoire de la ristourne cachée de 2,5 %. Une ristourne qui va directement à la SAQ et non aux consommateurs. Elle permet aussi de ne pas réduire les taxes, donc autre désavantage pour le consommateur.

Enquête et transparence

Enfin, il semble que ce soit le ministre des Finances de la province, Michel Audet, qui a exigé la tenue d'une enquête. La direction de la SAQ continuait de nier les faits.

À la suite de cette article de La Presse, la direction de la SAQ a émis un communiqué le vendredi 27 janvier:

« Soucieuse d'agir avec transparence et de faire toute la lumière sur le processus de négociations avec ses fournisseurs en décembre dernier, la SAQ rappelle aujourd'hui que le comité de vérification interne de la SAQ poursuit son travail avec ardeur et que Sylvain Toutant, président-directeur général de la société d'Etat, dévoilera le résultat de cette vérification dans les meilleurs délais. »

Commission parlementaire

Pendant ce temps, le Parti québécois et l'ADQ demandent la comparution du patron de la SAQ devant une commission parlementaire. Les représentants des partis d'opposition ont dit à la Presse Canadienne que la SAQ doit se montrer transparente et donner toutes les explications sur cette affaire douteuse.

Marc Picard député adéquiste dit que

« cette problématique trouve sa source dans le fait que le gouvernement du Québec met constamment des pressions sur ses Sociétés d'État afin de rendre celles-ci à des seuils maximaux de profitabilités et ce, au détriment des citoyens du Québec qui sont en droit de payer un juste prix. »

Le ministre des Finances a répliqué qu'il préférait attendre la fin de l'enquête interne de la SAQ.

Article mis à jour le samedi 28 janvier 2006