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LE SALON DES ASSOIFFÉS

 

Salon des assoiffés, musée de l'histoire, Gatineau

La grande sommelière Véronique Rivest a organisé un salon des vins en Outaouais. Le salon des assoiffés qui en est à sa deuxième édition et qui se tenait au magnifique musée de l’histoire (Musée des civilisations) à Gatineau.

Véronique a choisi elle-même les exposants: que de bons vignerons et que de bonnes agences de vin. Évidemment à son gout, des vins bios, biodynamiques, nature et même en cosmoculture.

La grande surprise de ce salon, pour moi et pour plusieurs de mes amis a été la grande qualité des vins québécois présentés.

Mentionnons, le Vignoble Domaine du Fleuve avec en particulier son riesling et son saint pépin appelé Saint-Laurent. Puis les domaines du Nival, Les Pervenches, Vignoble Coteaux Rougemont et Domaine Bergeville pour ses mousseux de grande qualité.

Parmi les agences mentionnons Wino Import, Balthazard, Vins Origine, Ward, Rézin, Les Vieux Garçons, VinVrai, La QV et Vini-Vins. Pas tous très connues, il y en avait même dont je n'avais jamais entendu parlé. Des vins en commandes privés et quelques vins disponibles à la SAQ.

C’était une occasion magnifique de gouter des vins québécois et des vins dits nature de grande qualité.

Parmi les vins étonnants, mentionnons un très beau vin rouge de Serbie, les bulles de Bergeville, un Julienas pur jus nature, un rosé d’Ombrie fait de cilliegio de Montemelino et de rafraichissants saint-pépins du Québec.

Au final, de beaux vins nature bien propres, bien fruités, vivants, gouleyants et appétissants.

Pas de gros vins, pas de blockboosters, pas de gros merlots ou de massifs cab. Pas de 100 points Suckling-Parker. Que des vins de soif! Bravo Véro!

Ce sont des vins que l’on peut retrouver à l’occasion au bar à vin Soif.

Véronique Rivest

 

  Voir quelques photos de l'évènement dans Facebook.
 

Non au boycottage du vin australien

Des citoyens du Québec lancent un appel au boycottage du vin australien. Le journal LeDevoir publie ce matin une lettre d’opinion intitulée «Boycottons les vins australiens», signé par M. Jean-Pierre Martel.

M. Martel reproche à l’Australie de se plaindre à l’Organisation mondiale du commerce que le Canada ne respecte pas ses obligations internationales signées lors de l’accord du GATT. Cet appel au boycott est aussi lancé par plusieurs québécois dans les réseaux sociaux.

L’Australie voudrait avoir les mêmes droits que les producteurs du Québec, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique.

Le Canada a déjà accepté pour la Colombie-Britannique en signant deux traités avec l'Australie et les États-Unis. Les vins étrangers y auront les mêmes droits que les vins locaux. Mais il n’y a pas encore d’accord pour les autres provinces.

L’accord du GATT dit, entre autres, ceci:
« 1. Tous avantages, faveurs, privilèges ou immunités accordés par une partie contractante à un produit originaire ou à destination de tout autre pays seront, immédiatement et sans condition, étendus à tout produit similaire originaire ou à destination du territoire de toutes les autres parties contractantes.» (GATT III)

Les provinces canadiennes ne respecteraient pas cet accord selon l’Australie qui est appuyé par la plupart des pays producteurs de vins dont ceux de l’Union européenne.

Au Québec, par exemple, seuls les vins embouteillés dans la province peuvent être vendus dans les supermarchés, épiceries et dépanneurs.

De plus, les vins québécois ne paient pas la marge de la SAQ; alors que les autres y sont soumis.

L’Australie, l’Europe, le Chili, l'Argentine, les États-Unis et autres veulent la réciprocité. Le Canada a le droit de commercer librement son whisky canadien, son gin québécois, son sirop d’érable et autres dans ces pays; alors ces derniers veulent avoir le même droit.

Le Canada devra donc vraisemblablement répondre favorablement à cette demande ou faire un compromis et proposer quelque chose d’autre en échange.

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COMPRENDRE LE VIN

Le vin: le comprendre; le connaître; le déguster; le servir: le conserver; ses défauts; ses finances; son marché et la santé...

La notion d'équilibre dans le vin; le goût sucré des vins secs; l'importance du pH; le goût de bouchon; le bio; les sulfites; le vocabulaire du vin; la recherche du vin en succursale; le vin et la santé...

Connaître et comprendre le vin, c'est un processus progressif et continu. Chaque jour sa peine, comme on dit! Nous en apprenons tous les jours!

Voici une série de textes publiés dans vinquebec.com et regroupés par thèmes afin de vous aider à mettre à jour vos connaissances sur ce merveilleux monde du vin.

Il y a ici des articles pour tous les goûts et tous les niveaux. Prenez votre temps. Lisez-les un par jour ou tous à la suite ou dans le désordre... comme vous voulez... en dégustant un bon vin.

 

La dégustation
Connaissance du vin
Le marché du vin au Québec
Le service et la conservation du vin
Défauts et qualités
Santé
Finances (L'argent du vin)
Comprendre la SAQ
Bio
La vigne
Les régions du vin
Autres

 

Ces listes d'articles sont mises à jour régulièrement.


Le vin importé disponible en épicerie

Le vin local perd son monopole sur les rayons des épiceries de la Colombie-Britannique.

Suite à une plainte des États-Unis devant l'Organisation mondiale du Commerce, le Canada a accepté lors des dernières négociations pour l'Alena 2 de ne plus limiter la vente de vin dans les supermarchés de la Colombie-Britannique à des vins locaux.

Le Procureur général de la Colombie-Britannique a donc ordonné que cette nouvelle politique s'applique dès cette semaine.

Il dit qu'il reviendra à chaque épicerie de vendre ou non du vin importé.

Du côté du Québec, la vente de vin importé est toujours interdite en épicieries. Mais ça pourrait changer.

En effet, l'Organisation mondiale du commerce entendra pendant deux jours la semaine prochaine la plainte de l'Australie concernant l'interdiction de vendre du vin importé dans les épiceries de certaines provinces canadienne.

L'Australie dit que le Canada ne respecte pas plusieurs articles de l'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT de 1994: Art. III, III:1, III:2, III:4, XVII, XVII:1, XXIV:12)  Selon ces articles, les taxes, lois et règlements «ne devront pas être appliqués aux produits importés ou nationaux de manière à protéger la production nationale.»

L'Australie est appuyé dans sa demande par l'Argentine; le Chili; l'Union européenne; la Nouvelle-Zélande; l'Afrique du Sud; les États-Unis; l'Uruguay et plusieus autres.

Actuellement seul les vins produits au Québec peuvent être vendu dans les épiceries. Les vins importés en vrac et embouteillé ici sont considérés comme étant des produits canadiens puisqu'ils peuvent y être modifiés et mélangés.

De plus, les vins des vignerons québécois ont un accès particulier aux épiceries puisqu'ils peuvent leur être vendu sans payer la marge de plus de 100 % de la SAQ.

La décision de l'OMC pourrait intervenir dans quelques mois.

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CHRONIQUE VIN OU PUBLICITÉ (suite)

Je reviens aujourd'hui sur cette histoire de publicité caméléon sur le vin dans le quotidien en ligne leSoleil.

C'est une forme de publicité particulièrement adaptée à internet. Elle vise, entre autres, à éviter d'être cachée par les bloqueurs de publicité et à ressembler aux articles des journalistes et ainsi se fondre dans le décor. Le lecteur ne se rend pas toujours compte que c'est de la publicité.

Ce type de publicité est appelé publicité intégrée; publicité caméléon ou encore publicité native de l'anglais native advertising.

Publicité caméléon

«La publicité native est une méthode de marketing actuellement en vogue auprès des annonceurs», écrit l'Union des consommateurs. «Elle vise principalement à se fondre dans le décor», ajoute l'Union des consommateurs dans un rapport de recherche.

Le 5 novembre dernier, l'Union des consommateurs a publié une étude bien étoffée sur le sujet. «Publicité native : entre information et mirage.» Le résultat de recherche sur le terrain. 

«Diverses méthodes sont utilisées par les médias d’information pour distinguer les contenus publicitaires des contenus journalistiques ? La divulgation du caractère publicitaire devrait toujours être explicite, claire et sans ambigüité. Or, notre recherche terrain nous a amené à constater que les bonnes pratiques constituent l’exception plutôt que la règle. Le lecteur pourra donc être manipulé par l’utilisation d’un discours incitatif qui prend la forme d’un article journalistique. Mais il y a pire : c’est le droit constitutionnel du public à une information indépendante et de qualité, assise fondamentale de l’exercice démocratique, qui est menacé.»

Les chercheurs ont constaté que les médias canadiens n'étaient pas transparents.

Les pratiques de la grande majorité des quinze médias canadiens analysés ont été jugées répréhensibles.»

L'union des consommateurs fait des recommandations aux médias d'information et aux publicitaires, dont :

  • une divulgation du caractère publicitaire d’un contenu à toutes les étapes (hyperlien et contenu) par:
  • l’utilisation d’une mention explicite du caractère publicitaire d’un contenu, avec un terme clair:«publicité» ou «contenu publicitaire», apposé à proximité du contenu et du lien;
  • la différenciation visuelle entre les contenus publicitaires et les contenus journalistiques et celle des liens qui mènent vers ces contenus;
  • des emplacements distincts qui séparent la publicité de l’information;
  • l’identification de l’annonceur (par apposition du logo ou autre);
  • l’utilisation d’une combinaison de plusieurs méthodes de divulgation;
  • l’utilisation d’un avertissement clair et visible, à proximité du contenu, sur l’implication respective du média et de l’annonceur dans la rédaction du contenu;

À l'évidence, le journal leSoleil n'a suivi aucune de ces recommandations. 

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L'Union des consommateurs est un organisme à but non lucratif qui regroupe 13 groupes de défense des droits des consommateurs. Les Associations coopératives d’économie familiale (ACEF)

Publicité native : entre information et mirage (2018 - PDF 162 pages)
  Un résumé

CHRONIQUE VIN OU PUBLICITÉ

Est-ce une chronique vin ou une publicité ?

Une mention apparue dans la page Facebook du journal LeDroit a attiré mon attention ce matin.

On y lit que « Cette semaine, Sébastien Légasse, notre chef sommelier, vous présente...» des vins. En cliquant sur le lien, ça nous même à un article du journal leSoleil intitulé «Les précieux conseils d'Alfred» et c'est signé « Contenu partenaire Alfred + Groupe Capitales Médias» !

Le Alfred en question est une entreprise qui vend du vin (Voir www.alfred.vin). D'ailleurs, le même article apparait dans le blogue de ce vendeur. La firme Alfred agit comme agent de la SAQ. Tel me mentionné dans le site de la compagnie : «Alfred a l’autorisation de La Société des alcools du Québec (SAQ) afin d’agir à titre d’agent de la SAQ afin d’effectuer l’achat et la vente de vin entre ses membres et en assurer lui-même ou par le biais de partenaires...»

Et que veut dire «Contenu partenaire » ? De la publicité cachée ?


L'article commence par « Cette semaine, Sébastien Légasse, notre chef sommelier, vous présente... »

Le chef sommelier du journal leSoleil, ou plutôt le Chef de Service expertise produit de l'entreprise Alfred, comme il apparait dans la page Linkedin de M. Légasse. (*)

Au journal leSoleil, Monsieur Gilles Carignan, éditeur adjoint et vice-président information, me répond qu' «il n’y a rien de caché: l’appellation "Contenu commandité" qui présente l’article indique bien, selon nos règles habituelles, qu’il ne s’agit pas d’un contenu rédactionnel maison, mais d’un contenu produit par un partenaire, dans ce cas-ci Alfred, que nous relayons. Le titre ne saurait être plus clair.»

Pourtant, cette indication «Contenu commandité» n'apparait pas du tout dans l'article ni dans la page vin du journal. Elle est peut-être ailleurs, mais je ne l'ai pas trouvée!

Pourquoi ne pas indiquer clairement «Publicité» au lieu de «Contenu partenaire» ?
C'est présenté comme des suggestions d'un sommelier, alors que celui-ci travaille pour un vendeur de vin.
Qui paie qui ici ?

Cette publicité apparait aussi dans les quotidiens La Tribune; Le Quotidien; Le Nouvelliste et LeDroit qui y ajoute la signature de Caroline Chagnon! Elle apparait aussi dans les comptes Twitter de ces médias (Voir ici). Elle apparait aussi dans le moteur de recherche de Google, sans aucune mention de son caractère commercial publicitaire.

De plus, le lecteur est invité à partager cet article sur les réseaux sociaux comme pour les autres articles du journal !

Il n'y a donc pas ici de distinction nette entre l'information et la publicité !

Pourquoi agir ainsi ?

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* Le Soleil a remplacé dans l'article «notre chef sommelier» par «chef sommelier d'Alfred».

Eh non, ce ne sont pas les bons cépages !

Un retour sur mon article concernant les informations non fiables dans les fiches produits du site internet de la SAQ; L'information dans le site SAQ.com est-elle fiable ?

  On a finalement trouvé les bons cépages !

Un petit rappel de l'histoire: une lectrice m'écrit pour me signaler que je ne donnais pas les mêmes cépages de la SAQ pour un vin. Alors que saq.com indiquait 80 % nero d’avola, carricante et frappato, je donnais nero d’avola, syrah et cabernet sauvignon pour ce vin, tel qu'indiqué dans la fiche technique de l'agence Trialto.

Et je disais à la dame que depuis de nombreuses années, je ne donnais pas les cépages indiqués dans le site de la SAQ, mais plutôt ceux indiqués par les producteurs et leurs agents au Québec.  «Ah, ce n’est pas brillant, quand tu cherches par cépage», dit la dame qui voulait gouter du carricante et qui ajoutait  «Il me semble que pour le prix payé des vins, on devrait avoir mieux que ça, non ?»

Les cépages et la proportion des cépages dans saq.com ne sont pas mis à jour et ils ont peut-être été les bons pour un millésime, mais ne le sont plus nécessairement. Donc, ce n'est pas fiable.

La SAQ dit que c'est la responsabilité des agences de lui indiquer les bons cépages. Pourtant, c'est bien la SAQ qui publie ces données sans les vérifier. Il y a là une certaine forme de laxisme et on ne donne pas la bonne information aux consommateurs.

Eh bien, aujourd'hui, l'agence Trialto Québec qui entretemps a changé de nom pour Noble Sélection me répond :

«On a la réponse du producteur, la cuvée est élaborée à partir de Nero d'Avola, Syrah, Gaglioppo, Perricone, Merlot et Cabernet Sauvignon.».

Ainsi, ni la SAQ ni l'agence n'indiquaient les bons cépages !

Il y a donc là du travail à faire pour bien informer l'amateur de vin.

L'agence a très vite changé la liste des cépages dans sa fiche technique. Est-ce que la SAQ en fera autant dans sa fiche du produit ?

LE SCANDALE DES VINS EN VRAC À LA SAQ

Nos monopoles des alcools au Canada achètent une grande quantité de vin en vrac à bas prix qu'ils nous revendent à prix fort.

L'an dernier, le Canada a importé 109,7 millions de litres de vin au cout de 92,8 millions de dollars américains selon les chiffres publiés cette semaine par l'Association américaine des économistes du vin dans son compte Twitter. Ces chiffres proviennent de Comtrade.

C'est 0,85 $ américain le litre; ce qui donne 1,11 $ canadien le litre; soit l'équivalent de 0,84 $ la bouteille. Ce vin acheté 84 cents la bouteille nous est revendu de 10 à 15 dollars la bouteille. C'est toute une marge; tout un bénéfice !

La SAQ est un des gros acheteurs canadiens de vin en vrac. Ce vrac provient surtout de l'Australie, du Chili, de l'Espagne, des États-Unis et de la France, selon les données de Wine by Numbers du Corriere Vinicolo.

Ce vrac est embouteillé au Québec par l'une des usines d'embouteillages privées (Artera, Arista, Futailles...) puis acheté par la SAQ qui en vend une partie aux épiciers et une partie est écoulée dans les propres succursales de la SAQ.

Selon les chiffres de la SAQ, ces vins sont embouteillés sous un peu plus de 700 étiquettes; 700 marques.

De plus, tout le vin vendu par la SAQ aux épiciers provient de cet approvisionnement en vrac.

Au cours de la dernière année, la SAQ, selon son dernier rapport annuel, en a vendu 41,7 millions de litres aux épiciers pour un montant de 346,9 millions $. Ce qui donne 6,24 $ la bouteille.

Ce vin est revendu 10-15 $ la bouteille par ces épiciers (voir liste IGA). Spendido (15,19$); Wallaroo (13,19 $)...

La SAQ vend aussi en bouteille de ce vin importé en vrac. Mentionnons Cliff (10,10 $); Lindemans (11,60 $); Boussac; Antoine Bonet; RH Philips (13,20 $); Perón;  Jackson-Triggs; Monkey Bay (13,60 $); Settler's Cove; Beringer; Lulu B. (11,65 $); Murari; Nobella; Mazzi, Faciés et autres.

Toujours, selon les chiffres de la SAQ, les ventes brutes de vins en vrac et embouteillés au Québec totalisent 650,6 millions de dollars sur les 2,9 milliards $ de vins tranquilles vendus au Québec pour l'année 2018-2019. Ce qui représente selon la SAQ 22,4 % des ventes totales de vin au Québec. (Commission des Finances publiques, Études des crédits SAQ, avril 2019).

Une bouteille sur quatre
Ainsi, presque une bouteille de vin sur quatre vendue au Québec est du vin importé en vrac et qui n'a pas couté cher. D'ailleurs, les plus gros vendeurs en volume sont des vins d'épicerie.

47 cents la bouteille
84 cents, c'est le prix moyen du vin en vrac. Selon les chiffres de Wine by Numbers (WbN), pour le premier trimestre de 2019 (janvier-mars), le prix du vin en vrac exporté par l'Espagne et l'Afrique du Sud est de 47 cents par bouteille.

Le prix moyen du vin en vrac exporté par l'Argentine est de 66 cents;  79 cents de l'Italie;  93 cents de l'Australie; 1,03 $ du Chili et 1,22 $ pour le vin en vrac de la France.

Au cours du premier trimestre de 2019, le Canada a importé du vin en vrac surtout de l'Australie, soit 11 millions de litres; puis 6 millions d'Argentine; 4 du Chili; 3 d'Espagne; 2 d'Afrique du Sud et 1,4 million de litres de France et autant d'Italie, selon les chiffres de WbN.

Au premier trimestre de 2019, le prix moyen payé par les monopoles du Canada pour le vin importé en vrac a été de 1,05 $ le litre; soit l'équivalent de 0,79 $ la bouteille. Le prix moyen qu'elles ont payé pour une bouteille de vin importée embouteillée dans son pays d'origine a été de 5,81 $. (Selon Wine by Numbers, juin 2019).

Dans les deux cas, ces vins peuvent être vendus entre 8 et 16 $ dans les magasins d'État et dans les épiceries.

C'est tout un pactole: du vin acheté, en moyenne, moins d'un dollar la bouteille et revendu de 10 à 15 fois plus cher. Quel est le profit du vigneron là-dedans : quelques sous; quels sont les profits de l'embouteilleur, de la SAQ, de la LCBO et des épiciers : de nombreux dollars.

Le consommateur québécois paie très cher, du vin qui ne vaut pas cher !

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Sujets connexes

LES VINS LES PLUS POPULAIRES À LA SAQ

Voici les 10 vins les plus populaires dans les magasins de la Société des alcools du Québec. Ce sont les vins les plus vendus en volume.

Il y a trois vins d'Italie et trois vins de France parmi les vins les plus populaires. Il y a aussi deux vins de Moldavie dans ce palmarès; un d'Afrique du Sud ainsi qu'un de Nouvelle-Zélande.

Ces chiffres ne comprennent pas les vins vendus en épicerie dont certains sont encore plus populaires que ces 10 vins.

Il est à noter que six de ces dix champions sont des vins blancs!

Le vin le plus populaire dans les magasins de la société d'État est le Merlot de Donini à 9,45 $ le litre, ce qui revient à 7,09 $ la bouteille. Il est produit par Gruppo Italiano Vino, le plus gros producteur de vin d'Italie (GIV).

LES 10 VINS LES PLUS POPULAIRES AU QUÉBEC
Merlot Donini Italie 1 litre 9,45$
Crama Regala Cabernet Sauvignon
Moldavie 750ml 7,20$
Chardonnay Citra Terre di Chieti i.g.t.    Italie 1 litre 9,65$
Cabernet-Sauvignon/syrah Etienne Marceau * France 4 litres 43,75$
Bottero Di Cello Bianco Italie 1 litre 10,00$
Merlot Grand Sud France 1 litre 11,90$
Crama Regala Sauvignon blanc Moldavie 750ml 7,20$
Chenin blanc Robertson Afri Sud 750ml 9,75$
Sauvignon blanc Kim Crawford **
No-Zel 750ml 19,90$
Sauvignon bl. Fumées Blanches C de Gascogne France 750ml 14,15$
@vinquebec.com - Tableau compilé par @vinquébec d'après des chiffres de la SAQ

  * Le Marceau est importé en vrac et embouteillé au Québec.
  ** Le Crawford est le vin le plus vendu en dollars.

Tous ces vins, sauf le Crama blanc, sont aussi disponibles dans les succursales SAQ-Dépôts, donc 15 % moins cher si on achète 12 produits. Ces produits sont tous disponibles pour achat en ligne.

Le vin Merlot Donini est 10,50 $ à la LCBO de l'Ontario.

Pour les vins vendus en épiceries, voir les chiffres de l'année précédente.

Voir aussi les meilleurs vendeurs en valeur au Québec.

L'information dans le site SAQ.com est-elle fiable ?

Les amateurs de vin aiment bien connaitre la composition des vins. Essentiellement, ils veulent savoir de quels cépages ils sont faits et dans quelles proportions.

Est-ce que tel vin est plus merlot que cabernet sauvignon?  Est-ce que ce chianti est 100 % sangiovese?

Quelle est la proportion de sauvignon, de carignan, dans tel vin?  Est il fait de grenache ou de tempranillo et dans quelle proportion?

Des amateurs recherchent particulièrement certains cépages et font des recherches en ce sens dans le site de la SAQ.

Une lectrice m’écrit me disant qu’elle a noté que les cépages et proportions de cépages pour un vin n’étaient pas du tout les mêmes dans Vin Québec que dans le site de la SAQ.

Je donne nero d’avola, syrah et cabernet sauvignon à un vin; alors que la SAQ indique 80 % nero d’avola, carricante et frappato.

L’information des cépages et taux d’alcool dans le site de la SAQ est-elle fiable?
Je réponds NON.

En effet, je ne me fis pas du tout aux informations de cépage du site de la SAQ. Elles ne sont pas à jour et correspondent souvent à un ancien millésime. J’indique plutôt les informations provenant des fiches techniques des producteurs ou de leurs agents au Québec.

J’agis de même pour ce qui est du taux d’alcool. J’indique celui sur la bouteille et non celui de SAQ.com qui peut dater de plusieurs années.

Pourquoi, y a-t-il de telles différences? Je pose la question a la SAQ.

«Les fournisseurs, les gens du labo et nos experts produits contribuent aux informations inscrites sur les fiches. La mise à jour est en continu.  Pour le taux d’alcool, un écart de + ou – 1% est accepté, sans plus. Nous sommes conscients que des erreurs peuvent se glisser, mais nous nous appliquons à les corriger aussitôt qu’elles sont soulevées», nous dit Linda Bouchard, porte-parole de la SAQ.

Puis, après avoir signalé à la SAQ qu’il y avait de nombreux écarts sur de nombreux vins. La SAQ ajoute le surlendemain.

«Et pour l’info dans SAQ.com, ce sont les agents qui inscrivent les descriptions de produits. Nous pouvons difficilement cibler ce type d’erreur, car les cépages ne sont pas toujours indiqués sur les étiquettes. Cela devient la responsabilité de l’agent de soumettre correctement le produit qu’il représente.»

Donc, ce serait les agents qui ne fourniraient pas les informations à jour sur les nouveaux arrivages. Ce qui fait que les informations dans les fiches des produits de SAQ.com ne sont pas bonnes!

Pour ce qui est du taux d’alcool, une différence entre 12 et 14 degrés d’alcool me semble grande. J’indique alors le taux indiqué sur la bouteille.

Cela dit. Il peut arriver aussi que l’information apparaissant sur les fiches techniques des producteurs et des agents ne soit pas à jour non plus. Il en est ainsi aussi pour le taux d’alcool sur la bouteille; vu que la tolérance est de plus ou moins 1 degré.

Il ne faut donc pas prendre comme vérité absolue ces informations sur les cépages.

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Sujets connexes


Les vins blancs de plus en plus populaires au Québec

Les vins blancs continuent de gagner des parts de marché au Québec au détriment des vins rouges.

En 10 ans, les vins blancs ont gagné 12 points de parts de marché; alors que les rouges en ont perdu 13.

Les vins blancs ne représentaient que 23 % des ventes de vins dans les succursales de la SAQ en 2009, contre 73 % pour les vins rouges. Les chiffres sont maintenant de près de 35 % pour les blancs et de 60 % pour les rouges.

Les rosés sont, de leur côté, remontés de près d'un point à près de 5 % des parts de marché.

  Parts de marché - vin à la SAQ - selon les couleurs
  2006 2007
2009
2010
2012 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Blancs 23,9 22,6 23 23 24,5 26,9 28 29,6 31,6 33,2 34,8
Rouges 72,7 73,5 73 73 70,9 68,8 67,5 65,8 63,9 62,4 60,3
Rosés 3,4 3,9 4 4 4,6 4,5 4,5 4,6 4,5 4,4 4,9
Source : rapports annuels SAQ

La SAQ a près de 3000 vins blancs à son répertoire aujourd'hui; 6000 vins rouges et près de 300 vins rosés.

Voici quelques vins blancs classés selon le rapport qualité/prix,

Rolly-Gassmann, Moenchreben de Rorschwihr, Auxerrois 2007 Alsace 3,5 25,55$
Brochet Réserve, Bio, Sauvignon de la Loire 2018 Loire 3,0 19,80$
Calcari, Parès Baltà 2017 Espagne 3,0 20,35$
Spring, Vouvray, Vincent Carême 2017 Loire 3,0 20,35$
Feudo Disisa, Chara 2017 Italie 3,0 20,40$
Shaya, Rueda 2017 Espagne 3,0 20,65$
Antalis, Vernaccia di San Gimignano Riserva 2015 Italie 3,0 23,60$
Couly-Dutheil Les Chanteaux 2016 Loire 3,0 24,05$
Savennières, Chenin sec, Domaine des Deux Arcs 2015 Loire 3,0 24,80$
Spier, Chenin Blanc 2018 Afrique du Sud 2,5 13,95$
Stadt Krems, Grüner Veltliner 2017 Autriche 2,5 14,40$
Touraine, Sauvignon, Domaine Bellevue 2018 Loire 2,5 15,75$
Muscadet, Domaine de la Potardière 2017 Loire 2,5 17,35$
Methea 2017 Grèce 2,5 17,45$
Bourgogne, Émotions Minérales 2017 Bourgogne 2,5 18,95$
Vernaccia di San Gimignano, Fattoria San Donato 2017 Italie 2,5 19,45$
Rabl, Loss, Grüner Veltliner 2017 Autriche 2,5 19,80$
Alvarinho Vinho Verde, Morgadio da Torre 2017 Portugal 2,5 19,95$
Carrelot des Amants Blanc 2018 Sud-Ouest 2,0 10,45$
Paranga, Kir-Yianni 2018 Grèce 2,0 13,90$
Nyakas Aligvárom 2017 Hongrie 2,0 13,95$
Wakefield, Promised Land, Chardonnay 2017 Australie 2,0 14,55$
Château de Pocé, Touraine, Sauvignon blanc 2018 Loire 2,0 14,95$
Codice Espagne 2,0 15,20$

De bien basses notes pour les vins québécois

Le meilleur vin blanc québécois obtient une note de 84 % !

Achèteriez-vous un vin qui n'obtient même pas la note de 85 ?

Est-ce qu'un vigneron afficherait la note de 84 sur sa bouteille de vin ?

Le magazine de protection du consommateur Protégez-vous vient de publier les notes de 23 vins blancs québécois.

La meilleure note n'est que de 84 % et elle est attribuée au Versant blanc 2017 du Coteau Rougemont.

La pire note va au Vin Gris 2017 du Vignoble Coteau St-Paul qui obtient un 73 %.

Seuls 8 vins obtiennent une note supérieure à 80 %.  Mais aucun 85; aucun 87, aucun 88; aucun 89 et aucun 90.

Si l'on compare ces notes à celles données généralement pour les commentaires de vins internationaux, aucun n'obtient la note de passage qui se situe entre 87 et 90, selon les chroniqueurs de vins.

Protégez-vous écrit toutefois que «la qualité est au rendez-vous» et qu'«aucun des 23 produits testés ne s’est révélé exceptionnel, mais la grande majorité d’entre eux ont fait bonne figure et peuvent être qualifiés de "bons" et certains de «calibre international», comme le dit Marc Chapleau, cité dans l'article.

Il faut dire aussi que ces notes se comparent à celles données aux vins d'épiceries par Protégez-vous en 2016 alors que la plus haute était de 85 %.

De plus, le magazine donne rarement des notes de 90 comme le font maintenant la plupart des noteurs de vin. Son échelle est plus conforme aux notes scolaires qu'aux notes à la Parker-Suckling et autres. (Voir aussi le système de notation de Vin Québec et les équivalences.)

Donc, ces notes se comparent plus à celles données aux réfrigérateurs par le magazine qu'aux notes que donnent généralement les commentateurs de vin.

Les trois meilleurs vins de ce palmarès sont :

COTEAU ROUGEMONT VERSANT BLANC 2017 16 $,  84 %
«Meilleur produit du test. Bon rapport qualité-prix. Commentaires des juges: un nez engageant, une odeur d'herbe fraîchement coupée et de pomme verte. En bouche, un bon goût d'ananas frais et beaucoup d'acidité. Bel équilibre d'ensemble. »

VIGNOBLE DU MARATHONIEN SEYVAL BLANC 2017  15 $,  83 %

L'ORPAILLEUR BLANC 2017 16 $,  83 %

Les vins les plus chers n'obtiennent pas les meilleurs notes. Quatre vins à plus de 20 $ obtiennent des notes inférieures à 80 %.

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  23 vins blancs québécois au banc d'essai, Protégez-vous, en ligne 19 juin 2019.

Le nombre et la valeur des ventes de bouteilles de vin à moins de 20 $

Le nombre et la valeur des ventes de bouteilles de vin à moins de 20 $

Salaires et bonis des hauts dirigeants de la SAQ

Voici les salaires et les bonis des sept plus hauts dirigeants de la Société des alcools du Québec, tel que publié dans le dernier rapport annuel de la société d'État.

En plus de salaire de plus de 250 000 $, ces dirigeants du monopole se sont versé chacun des bonis de 48 000 à 78 000 $.

RÉMUNÉRATION DES PLUS HAUTS SALARIÉS ET MEMBRES DE LA DIRECTION
    Salaire annuel Boni (1)
Alain Brunet (4) Président 436 492 49 106
Catherine Dagenais (5) Présidente 419 704 48 428
Catherine Dagenais (5) Vice-présidente 300 822 20 826
Jean-François Bergeron (6) Vice-prédident 265 000 77 971
Madeleine Gagnon Vice-présidente 261 700 78 510
Édith Filion Vice-présidente 260 000 78 000
Jacques Farcy Vice-prédident 255 951 76 786

De plus, chacune de ces personnes a reçu de 8 500 à 19 800 $ sous le titre d'autres formes de rémunération imposable. (2)

(1) Bonis de l’exercice 2018-2019 versés en juin 2019.
(2) Avantages imposables liés aux achats de boissons alcooliques, à l’utilisation d’une automobile, aux cotisations professionnelles et aux assurances collectives sur la base de l’année civile 2018.
(3) Une allocation de fin de mandat a été octroyée conformément au décret (1204-2013) de nomination du gouvernement.
(4) À compter du 26 juin 2018, M.Brunet a été affecté à la mise en oeuvre de la SQDC conformément au décret 829-2018 du gouvernement. Son salaire a été facturé entièrement à la SQDC à compter de cette date.
(5) Nommée présidente et chef de la direction le 26 juin 2018, auparavant vice-présidente et chef de l’exploitation.
(6) À compter du 1er novembre 2018, M.Bergeron a été affecté à la mise en oeuvre de la SQDC. Son salaire a été facturé à la SQDC à compter de cette date.
Il a été nommé président et chef de la direction de la SQDC le 20 mars 2019, date à compter de laquelle son salaire a été versé directement par la SQDC.

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Source : Rapport annuel SAQ 2019

 

Prix d'une bouteille de vin à la SAQ en 2019

Voici comment se décompose le prix d'une bouteille de vin ordinaire achetée à environ 5,35 $ par la SAQ.

À un vin payé 5.35 $ (transport et commissions compris) la SAQ ajoute une majoration de 6,17 $, soit 115 %. Après les taxes, ce vin se vendra 15 $ dans les succursales de la SAQ.

C'est à plus ou moins un cent, le même prix que l'an dernier et qu'en 2017.

Ce vin type se vendait par contre 1,40 $ de plus en 2016. À la suite de la grogne générale et la baisse des ventes de vin en volume, la SAQ a réduit sa majoration sur les vins de ce niveau de prix. Ce qui fait qu'un vin acheté aujourd'hui au producteur à environ 5,35 $ se vend après taxes à 15 $ au lieu de 16,40 $ en 2016.

Prix d'une bouteille de vin à la SAQ
(vin importé en approvision continue)
  2016 2019
Prix du fournisseur
(incluant le transport, la commission de l'agent et les frais de promotions)
5,38 $ 5,35 $
Majoration de la SAQ (137 % en 2016  -  115 % en 2019) 7,36 $ 6,17 $
Taxes 2016   - 2019 :
  • spécifique du Québec : 1,05 $   -   1,05 $
  • Taxe fédérale, accise et douane : 1,19 $   -  1,13 $
  • Taxe provinciale Québec : 1,42 $   -    1,30 $
3,66 $ 3,48 $
  16,40 $ 15,00 $

La majoration de la SAQ varie en fonction du prix d'achat de la bouteille.
Chiffres tirés des exemples publiés dans les rapports annuels de la SAQ 2016 et 2019.

Forte chute des ventes de vin à la SAQ

Forte baisse des ventes de vin dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ) au cours de la dernière année!

La SAQ a vendu 5,2 millions de bouteilles de moins que l'année précédente dans ses 409 succursales.

En effet, les ventes en succursales totalisaient 170,1 millions de bouteilles pour l'exercice 2018-2019 contre 175,3 millions de bouteilles l'année précédente.

La SAQ avait pourtant commencé l'année 2018-2019 en hausse avec des ventes de 1,6 million de bouteilles de plus au premier trimestre. Mais dès le deuxième trimestre, les ventes ont baissé de 1,5 million de bouteilles; puis de près d'un million de bouteilles au trimestre de Noël et finalement de 4,4 millions de bouteilles de vin de moins vendues au dernier trimestre comparé au même trimestre de l'année précédente. Pour un total de 5,2 millions de bouteilles de moins.

Au cours des dernières années, les ventes de vin augmentaient de 1 à 5 millions de bouteilles par année, sauf en 2016-2017. De plus, il y avait eu une première baisse alarmante au deuxième trimestre de 2014. Ce qui avait incité la SAQ à baisser ses prix et à accroitre son offre de vin à petits prix.

Les ventes de vin aux épiceries n'ont pas suivi la même tangente que celle en succursales. Les ventes aux épiceries ont augmenté de l'équivalent de 530 000 bouteilles.

De plus, la SAQ a fortement augmenté ses ventes de boissons panachées soit 2 millions de bouteilles de plus (surtout au premier trimestre).  Elle a aussi augmenté ses ventes de spiritueux d'un peu plus d'un demi-million de bouteilles (essentiellement au premier et troisième trimestre).

Ventes à la SAQ
(millions de bouteilles)
  2018 2019  
 Vins succursales 175,3 170,1 - 5,2
 Vins épiceries 55  55,5 + 0,5
 Panachés 16  18 + 2,0
 Spiritueux 33,4  34 + 0,6

Malgré cela et grâce à des hausses de prix, la SAQ a tout de même fait 6,7 millions $ de plus sur ses ventes de vin. Mais la plus grande partie de la hausse du bénéfice vient des ventes de spiritueux qui ont donné 29,3 millions $ de plus à la SAQ ainsi que les ventes de boissons panachées: + 7 millions $. Finalement, les ventes aux épiciers ont rapporté à la SAQ 4,2 millions de dollars de plus que l'année précédente.

Les parts de marché du vin ont baissé de 79 % à 77,9 % en un an à la SAQ. Par contre, les parts de marché des spiritueux sont passées de 14,8 % à 15,3 %. Celles ces boissons panachées sont montées de 4,2 à 4,9 %.

La SAQ fait beaucoup plus d'argent sur une bouteille de spiritueux que sur une bouteille de vin. En effet, d'après les chiffres donnés par la société d'État, sur une bouteille de vin payée 5,35 $, elle fait 6,17 $ (majoration de 115 %). Par contre, la SAQ fait 13,21 $ sur une bouteille de spiritueux payée 4,72 $; une majoration de 280 %.

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Ces chiffres sont tirés du Rapport annuel 2019 de la SAQ. Les chiffres sont ici donnés en équivalent de bouteilles de 750 ml.
Voi aussi Le nombre et la valeur des ventes de bouteilles de vin à moins de 20 $.

Sujets connexes

SAVENNIÈRES

Savennières est l'une des plus belles appellations de la Loire. On n'y fait que du blanc, surtout sec, et très peu de moelleux.

C'est l'appellation d'un seul cépage : le chenin. Les vins y sont un peu particuliers. Différents des autres chenins de la Loire. Ils sont un peu plus costauds, plus minéraux, quelquefois légèrement taniques et d'une légère amertume en finale.

Ils sont souples et fruités en jeunesse et quelquefois austères et deviennent plus complexes en vieillissant, plus aromatiques et savoureux; plus serrés aussi et plus tendus. Plusieurs sont des vins de garde. Ce sont souvent des vins de caractère.

Ils sont bien différents des autres chenins de la Loire, qui en général sont plus ronds, plus miellés et plus coulants.


Coulée de Serrant

 

La différence serait due au sol particulier de cette petite appellation de 165 hectares. Un sol constitué surtout de schiste et de quelques parcelles de roches magmatiques: rhyolite, phtanite et spilites. Le climat aussi jouerait un rôle. Savenières étant à la jonction de deux plateaux. Le sol y est souvent en pente forte et dessinée par des coulées. Les récoltent doivent donc y être manuelles.

Une trentaine de domaines y font un peu moins de 500 000 bouteilles. Ces domaines ne sont pas tous sur l'appellation, certains logent en face sur la rive sud de la Loire.

Savennières est en Anjou, juste à l'est de l'aire d'appellation des muscadets et à l'ouest de la belle ville d'Angers.

Elle compte deux grands crus qui sont devenus des appellations : Roche-aux-Moines et Coulée de Serrant.

SAVENNIÈRES
(CHIFFRES DU MILLÉSIME 2016)
AOC Surface Volume Domaines
Savennières 141 4033 30
Roche-au-Moines 17 309 8
Coulée de Serrant 7 101 1

Cette dernière, Coulée de Serrant est un monopole, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'un seul domaine: le domaine de la Coulée de Serrant. Le domaine de Virgine et de Nicolas Joly le grand prêtre de la biodynamie.

J'ai eu l'opportunité d'y déguster des vins de près de vins domaines en avril dernier. * La plupart des millésimes récents. Et étonnamment, mon préféré n'a pas été le vin d'un cru ou d'un producteur très connu, mais un vin d'un producteur que je ne connaissais pas du tout. Le Château Pierre Bise Roche aux Moines 2016. Superbe, fruité, ample, complexe et savoureux.

Il y avait là aussi d'autres beaux vins de la Coulée de Serrant, du Domaine aux Moines, du Château Épiré, des domaines du Closel,  Fl, Baumard, Ogereau...

Autrefois, on faisait surtout du vin doux à Savennières. Maintenant, c'est presque entièrement sec. L'aire d'appellation fait 300 hectares, mais seulement 160 sont en vigne; c'était 124 en 2007 et seulement 50 il y a 35 ans.

Plusieurs producteurs sont en bio, certains en biodynamie. Les vins semblent bien se vendre, la production est petite et les prix sont assez élevés.

Ce sont des vins assez costauds en général qu'il ne faut pas servir trop froids. Ils sont à leur meilleur à 10-12 degrés.

Voici des vins de Savenières commentés dans Vin Québec:
 Savennières, Domaine Taillandier 2005
 Savennières, Chenin sec, Domaine des Deux Arcs 2015
 Savennières, Château de Varennes 2013
 Domaine aux Moines, Savennières, Roche aux Moines 2015

 Et d'autres

Il y a 17 savennières actuellement à la SAQ. Les prix vont de 24 $ à 93 $.
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   * Dégustation faite lors d'un voyage de presse à l'invitation du Comité interprofessionnel des vins de Loire -   Interloire, avril 2019
Site officiel des vins de Savennières  www.vins-savennieres.com

SAQ: les chefs sont trop payés

La haute direction de la Société des alcools du Québec c'est :

  1. Des salaires trop élevés
  2. Des indemnités de départs très élevées et secrètes
  3. Des primes d'embauche hors norme
  4. Manque de transparence

C'est ce que reproche à la SAQ la Vérificatrice générale du Québec qui a remis aujourd'hui son rapport, dont une partie porte sur les sociétés d'État à vocation commerciale.

Des salaires comparés à l'entreprise privée, alors que la SAQ n'est pas dans un environnement concurrentiel comme le sont les entreprises privées.

Des salaires plus de deux fois plus élevés que ceux des sous-ministres.

La présidente de la SAQ reçoit 482 000 $ et ses vice-présidents 342 000 $.

C'est trop selon la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, qui dit que leurs salaires devraient être calculés selon les normes de la fonction publique et non des entreprises concurrentielles inscrites en bourse.

Les sous-ministres gagnent 215 000 et dirigent plus de personnes et ont plus de responsabilités.

Plus de 2 millions de dollars de prime de départ à 6 dirigeants, dont un était resté moins de 2 ans et qui a reçu l'équivalent de 15 mois de salaire!

Des primes d'embauche ont été données à quatre dirigeants. «Bien que ce type de bonis ne soit pas prévu dans les politiques de rémunération de ces sociétés d’État».

La direction de la SAQ a répondu en disant qu'elle avait bien agi. Ce que réfute la vérificatrice générale.

Les désaccords soulevés principalement par Investissement Québec et la SAQ concernant ces constats illustrent bien le fossé qui s’est créé au fil du temps entre certaines sociétés d’État et le reste des entités du secteur public. Comme nous l’expliquons dans le chapitre 1, le défi d’attirer de la main-d’oeuvre compétente et en nombre suffisant n’est pas exclusif à ces sociétés d’État, et cet argument ne peut justifier toutes les actions que nous avons observées.»

Rapport du Vérificateur général du Québec à l'Assemblée nationale 2019.

Monopole et prix de l'alcool

Est-ce que les monopoles de l'alcool tendent à réduire les couts
ou tout au contraire tendent-ils à gonfler les prix ?

Est-ce que les monopoles obtiennent de meilleurs prix pour l'alcool?
Certains affirment que oui, puisqu'ils ont un plus grand pouvoir d'achat.
Mais encore faut-il l'utiliser pour cela. Et est-ce qu'un monopole de l'alcool est incité à utiliser son fort pouvoir d'achat s'il n'a pas de concurrence.

Les monopoles et leurs partisans affirment que les prix vont augmenter si on libère le commerce de l'alcool. Le Conseil canadien du commerce de détail a mené une étude sur le sujet. Il s'est concentré sur le cas du monopole de la bière en Ontario: le Beer Store.

C'est un monopole qui appartient à trois compagnies étrangères de bière: Molson-Coors des États-Unis; InBev (Labatt) de Belgique et Sapporo Brewery (Sleeman) du Japon.

L'étude démontre que le prix de la bière avant taxes est de 8,3 % plus élevé dans le monopole de la bière de l'Ontario qu'au Québec où le commerce de la bière est du domaine privé. (Prix moyen pour des caisses de 24 bières de 4 marques populaires.)

Et c'est encore pire après taxes, où c'est 18,9 % plus cher en Ontario.

En conclusion, le Conseil canadien du commerce de détail se demande si le monopole tend à réduire les couts ou au contraire tend à gonfler les prix?  La réponse de l'étude : en Ontario, le monopole gonfle les prix de la bière de plus de 8 %.

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Alcohol in Ontario: Choice & Convenience means Jobs & Growth, Retail Council of Canada/Conseil canadien du commerce de détail. (PDF 16 pages)
 

Ils travaillent 53 semaines par année

Les dirigeants de nos monopoles des alcools semblent très astucieux.

Malgré le fait que ce soit des monopoles, donc sans concurrence, ils trouvent moyen de se verser des bonus de performance.

L'an dernier, ce fut 10 millions de dollars à la Société des alcools du Québec.

Nos voisins du Nouveau-Brunswick ont aussi un monopole des alcools, appelé Alcool NB. Et là, il semble que les dirigeants de ce monopole travaillent 53 semaines par année.

En effet, le gouvernement de cette province a ordonné une enquête au sujet des bonis que se versent les dirigeants de ce monopole. Une mystérieuse 53e semaine a été ajouté à l'année financière de la société des alcools du Nouveau-Brunswick. Ce qui a ajouté une hausse du boni aux employés de 404 000 $. Étonnant !

L'année précédente, les ventes du monopole avaient diminué; ainsi que le bonus. Les dirigeants auraient alors baissé l'objectif de l'année suivante, puis ont annoncé une hausse des ventes. Mais c'était une triomphale hausse des ventes sur un objectif réduit.

Ces phénomènes étranges d'année de 53 semaines, de réduction des objectifs et de hausses records de bonus ont amené le gouvernement de la province à ordonner une enquête qui sera faite par le contrôleur de la province.

«Ils ne semblent suivre aucune règle», dit Matthew Wegener un professeur de comptabilité de l’Université du Nouveau-Brunswick à propos d’Alcool NB, cité par CBC News.

«La société a déclaré que les futurs rapports annuels détailleront le nombre réel de semaines afin d’éviter toute confusion», rapporte Acadie Nouvelle.

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Sources

Hausse de prix à la SAQ

La direction de la Société des alcools du Québec a haussé le prix de plus de 1200 de ses produits hier.

La première explication donnée par la SAQ au Journal de Québec pour justifier cette hausse est la hausse de la taxe d'accise.

«Les variations s’expliquent principalement par l’augmentation de la taxe d’accise du fédéral, par l’évolution des taux de change et par la négociation du prix d’achat de certains produits»

En effet, le gouvernement fédéral a haussé, le 1er avril, la taxe d'accise de 0,639 $ à 0,653 $ le litre de vin; ce qui donne un gros un cent (0,01 $) la bouteille de 750 ml.

La deuxième raison invoquée par la direction du monopole est l'évolution des taux de change. En réalité, le prix de l'euro a baissé passant de 1,56 $ au 31 décembre dernier à 1,49 $ hier. Le dollars américain est passé de 1,36 $ à 1,34 $ pendant cette période.

La troisième raison est la négociation du prix d'achat. Pourtant, cette hausse s'applique aux produits déjà payés et actuellement sur les rayons des magasins de l'État.

Malgré cela, la SAQ dit avoir appliqué une hausse moyenne de 25 cents par bouteille.

Au niveau des vins, ces hausses (5, 10, 15 cents) sont faites surtout sur les vins courants, les vins les moins chers. La direction du monopole d'État ne craint pas de se faire accuser de taxer les plus pauvres. Les spiritueux sont plus fortement touchés.

C'est maintenant du côté des spiritueux que la SAQ compte faire le plus de bénéfice dans l'avenir. En 2018, les ventes de vin ont augmenté de 5,7 % en volume, mais de seulement 2,9 % en dollars. Pendant ce temps, les ventes de spiritueux augmentaient de 5,9 % en volume et de 8,3 % en dollars. La SAQ continue de hausser légèrement son bénéfice grâce a des hausses de prix et à des hausses de vente en volume des spiritueux.

Sur un vin acheté 5 $; la SAQ se prend une commission de 6 $. Par contre sur un spiritueux acheté 5 $; la SAQ se prend une commission de près de 13 $. La majoration sur le prix d'un vin acheté par la SAQ à 5,36 $ est de 134 %; alors que la majoration de la SAQ sur le prix d'un spiritueux acheté à 4,77 $ est de 277 %.
 

La direction de la SAQ se vante de négocier les meilleurs prix, puis deux fois par année elle donne de l'argent supplémentaire à certains de ses fournisseurs!

Finalement, les prix de détails sont établis par les producteurs et non par le monopole qui fait le commerce de détail.

La SAQ compte maintenant hausser ses profits grâce aux spiritueux.

Texte modifié le 29 mai afin d'y ajouter des informations sur les spiritueux.

Fin des magasins SAQ Signature

La SAQ ferme son dernier magasin Signature à Québec.
C'est ce que nous apprend le Journal de Québec sous la signature de Pierre Couture.

«La SAQ soutient qu’elle n’ouvrira plus de magasins sous la bannière Signature.

Les succursales sous la bannière SAQ Signature offraient aux amateurs de vin et de spiritueux des produits dits hauts de gamme uniques au monde où les prix des bouteilles pouvaient parfois atteindre les milliers de dollars.

La SAQ propose désormais ces produits dans quelques succursales Sélection.»

La dernière succursale Signature du Boulevard Laurier à Québec affiche 5600 produits, dont 1500 produits dits Signature.

Actuellement, il y a 1375 vins sous cette bannière Signature dans l'ensemble du réseau. Des vins allant de 22 $ à 19,000 $; ainsi que 600 spiritueux dont certains à plus de 20 000 $. Un peu plus de 800 de ces produits sont disponibles en ligne.

Le magasin Signature de Montréal a été fermé en mars 2017. Le site saq.com n'affiche plus la bannière Signature, mais seulement les bannières Classique; Sélection; Express et Dépôts.

Ces produits Signature étaient depuis quelques temps dispersés dans plusieurs succursales de la SAQ et non plus réservés à la bannière Signature.

Malgré la fermeture des magasins affichant la bannière Signature, le site saq.com continuera d'afficher la liste des produits de cette catégorie. «L'offre demeure et est plus accessible», nous dit la porte-parole de la SAQ, Mme Linda Bouchard.

La société d'État avait inauguré sa première succursale de prestige sous le nom de Maison des vins en 1973 à Québec. Puis 3 autres ont suivi à Montréal (1975), à Hull (1977) et Trois-Rivières (1981). Elles ont été fermées puis remplacées par la bannière SAQ Signature en 1999 avec deux succursales à Québec (au Château Frontenac) et à Montréal.

Rabais avant la hausse

La Société des alcools du Québec fera une campagne de rabais vendredi, samedi et dimanche juste avant de hausser les prix le dimanche suivant.

En effet, la SAQ donnera 8000 points de sa carte Inspire par tranche d'achats de 75 $ au cours de ces trois jours. Ces 8000 points équivalent à un rabais de 8 dollars.

Puis, 7 jours plus tard, le dimanche 26 mai, ce sera une hausse de prix sur un certain nombre de produits.

La direction de la SAQ permet en effet — incite diront certains — ses fournisseurs à hausser leurs prix deux fois par année. Les producteurs peuvent ainsi hausser leurs prix sur des vins qui sont déjà achetés, payés et déjà même sur les rayons ou dans l'entrepôt de la SAQ. Incidemment, ils peuvent aussi les réduire.

La SAQ profite grandement de ces hausses, car sur chaque hausse de 5 cents demandée par le producteur, la SAQ ajoute une majoration de 6 cents (majoration de 115 %). À cela il faut ajouter 1 cent de taxes.  Ce qui donne 12 cents. Mais comme la SAQ arondi au 5 cents supérieur pour donner 5 cents de plus au producteur, le consommateur doit débourser 15 cents de plus.

La deuxième hausse de l'année sera le 10 novembre.

Consommation de vin par habitant au Canada

Le Québécois est celui qui consomme le plus de vin au Canada et de loin.

C'est 24,8 litres de vin par habitant de 15 ans et plus.

C'était 18 litres en 2005; 20 en 2007; 22 en 2010 et 23 litres en 2014.

Il est suivi par le Colombien de l'ouest avec 18,4 litres par habitant.

On consomme aussi beaucoup de bière au Québec — 80 litres par habitant — mais moins qu'à Terre-Neuves (89) et dans les territoires (94 l) et au Yukon (115 l).

Finalement, le Québécois consomme beaucoup moins de spiritueux que le Canadien.

Consommation d'alcool au Canada
en litres par habitant de 15 ans et plus
(2017-2018)
  Vin Bière Spiritueux
Québec 24,8 80 3,6
Colombie-Brit 18,4 71 6,4
Ontario 16,1 67 5,5
Alberta 13,3 74 7,8
Nouvelle-Écosse 12,3 72 6,1
Manitoba 11,2 70 6,8
Nouveau-Brunswick 10.7 71 4,6
Terre-Neuve 10   89 8,2
Saskatchewan 8,5 70 7,7
   Canada 13   72 5,6
Extrait de : Statistique Canada.  Tableau  10-10-0010-01   Ventes de boissons alcoolisées des régies des alcools et d’autres points de vente au détail, selon le volume.

Baisse des ventes de bière au pays

En 9 ans, les ventes de bière en volume ont diminué de 9 % au Québec.
Ce qui a entrainé une baisse de 2 % des ventes totales de boissons alcoolisées.

Les ventes de bière au Québec ont connu leur apogée en 2009 à 634 000 litres. Puis, ce fut une baisse régulière depuis ce temps.

Par contre, les ventes de vins et de spiritueux ont connu une hausse de 26 et 28 % pendant la même période.

Les ventes de vin sont constantes année après année. Toutefois, la hausse des ventes de spiritueux s'est surtout faite au cours des 4 dernières années, passant de 22 millions de litres en 2014 à 25 millions de litres l'an dernier.

Bénéfices alcool: l'Alberta beaucoup plus performante que la SAQ

La Commission des alcools de l'Alberta fait presque autant d'argent que la SAQ sur la vente d'alcool sans vendre d'alcool !

Ça peut sembler très étonnant, mais c'est la réalité. L'Alberta a privatisé son réseau de vente au détail de l'alcool en 1993. Toutefois, la vente d'alcool lui rapporte 866 millions de dollars par année.

La Commission des alcools de l'Alberta ne possède aucune succursale. Elle contrôle toutefois l'importation et a conservé une partie de sa marge sur l'alcool. La Société des alcools du Québec possède 407 succursales ce qui lui coute 602 millions de dollars par année. Par contre, les frais de la commission des alcools de l'Alberta ne sont que de 42 millions $.

Ainsi, l'Alberta fait 34 % de bénéfice sur les ventes d'alcool, tout comme le Québec, mais sans avoir à vendre de l'Alcool. Le ratio bénéfice/ventes pour l'Ontario est en gros le même, soit 35 %; et c'est 32 % pour la Colombie-Britannique.

L'Alberta vend 1 milliard de dollars de moins en alcool que le Québec; portant commission des alcools  récolte presque autant en bénéfice net.

Le phylloxéra a été une bonne chose pour la Loire

La destruction presque complète du vignoble a été un bien pour le vignoble de la Loire. Ça peut sembler très contradictoire! Dire que l'action de ce terrible puceron a été bénéfique.

En 1885, la récolte française de vin passe de 80 à 25 millions d’hectolitres. Le phylloxéra détruit en quelques années plus des deux tiers du vignoble de France.

La production vinique française était alors à son apogée. Le développement du chemin de fer ouvre aux vins de la Loire le marché national. Les vignerons de Loire concurrencent ceux du sud de la France en produisant de grandes quantités de vin à bas prix. Ils utilisent alors les cépages les plus productifs. Ce sont des cépages à forts rendements, mais aussi des cépages moins qualitatifs. Le vignoble s'étant dans les plaines.

Puis, arrive la tragédie, ce minuscule puceron jaune arrivé des États-Unis sème la destruction. De nombreux agriculteurs abandonnent la vigne. Puis on trouve un remède qui consiste à greffer les cépages français sur des porte-greffes américains résistants à cet insecte.

On recommence alors à replanter, mais pas n'importe où et pas n'importe quoi. On choisit les meilleurs cépages adaptés aux meilleurs sols. On abandonne les cépages très productifs, mais peu qualitatifs. Et on replante dans les secteurs les plus favorables à une production de qualité.

Voilà pourquoi le directeur général d'Interloire déclare que «le phylloxéra a été une bonne chose pour la viticulture dans la Loire parce que l'on a replanté de bons cépages plus adaptés à la région.»

Forte hausse des ventes des vins de la Loire au Québec

Les ventes de vins de la Loire ont augmenté de 24 % au cours de l'année 2017-2018 comparées à l'année précédente. C'est près de 2,4 millions de bouteilles.

En dollars, c'est 43 millions de dollars soit une hausse de 17 % par rapport à l'année précédente.

C'est une hausse continue depuis quelques années. En effet c'est près d'un million de bouteilles de plus comparées à 2010-2011. Soit une hausse de 67 %.

Sur sept ans, c'est 20 millions de dollars de plus: soit une hausse de 86 %.

Ventes de vins de Loire au Québec
  2010-2011 2016-2017 2017-2018   var.
dern. année
var.
depuis 2010
Quantité 1 418 371 1 910 464 2 374 694   24 % 67 %
Vente ($) 23 168 282 36 783 925 43 204 603   17 % 86 %
Quantité: bouteilles de 750 ml.         Source   SAQ

Voici de beaux vins de la Loire vinquebec.com/vins-loire

Popularité des vins embouteillés au Québec

Les vins importés en vrac et embouteillés au Québec totalisent 657 millions de dollars en ventes brutes ce qui représente le quart des ventes de vin au Québec. (1)

D'après les chiffres de la SAQ, il y a plus de 700 marques de vins importés en vrac et embouteillés ici. La plupart sont vendus dans les épiceries et quelques dizaines sont écoulés dans les succursales de la SAQ.

Ces vins disponibles dans les épiceries sont très populaires. En effet, en 2018-2019, cinq des dix meilleurs vendeurs en valeur sont des vins vendus en épiceries (Bù Splendido; Smoky Bay vin rouge; Wallaroo Trail lot 313 blanc; Wallaroo Trail Bin 212 rouge et Red Revolution Vin Rouge).

C'est encore plus marqué lorsque l'on regarde les ventes en volume (2). Pour l'année 2017-2018, nous constations que les quatre plus gros vendeurs en volumes sont tous des vins embouteillés ici et vendus en épicerie. Ils sont dans cet ordre Smoky Bay rouge; Wallaroo Trail Bin 212 rouge; Red Revolution et Wallaroo Trail lot 313 blanc.

Ceux vendus dans les succursales de la SAQ sont moins populaires, mais mentionnons tout de même parmi les vins importés en vrac et vendus dans les succursales de la société d'État les noms de certaines marques : Cliff; Lindemans; Boussac; Antoine Bonet; RH Philips; Perón; EXP; Jackson-Triggs; Monkey Bay; Settler's Cove; Beringer; Lulu B.; Murari; Nobella; Mazzi, Faciés...

 

  1. Ventes de vins valeurs 2018-2019;
  2. Ventes de vins en volume 2017-2018
  3. Comment est fait le vin en vrac

Biodynamie, Alsace et Adam

L'Alsace, les grands crus, la biodynamie, les bulles, le riesling, pinot gris... des mots qui sonnent doux à nos oreilles et à nos palais!

Le vigneron Jean-Baptiste Adam est venu présenter quelques-uns de ses vins en Outaouais; à l'Académie du vin de l'Outaouais.

Vigneron en Alsace, M. Adam s'est converti à la biodynamie après une dégustation chez un ami en Loire qui lui a fait gouter des vins. Ses préférés se sont révélés être des vins bios. Il a alors abouti chez Nicolas Joly, dit le pape de la biodynamie. La conversion a été totale. Depuis 2004, il soigne ses 20 hectares de vignes selon les préceptes de la biodynamie et il en est très fier.

Donc levures indigènes, vendanges manuelles, observation et soins intensifs de la vigne et exit les pesticides.

Ses vins sont droits, précis et succulents. De plus, Jean-Baptiste Adam n'a pas succombé à la mode des cuves en acier inoxydable. Il utilise toujours de vieux foudres pour élever ses blancs.

En biodynamie, ses raisins arrivent à maturité 8 jours avant les voisins, dit-il, tout en conservant une belle acidité.

Le défi d'aujourd'hui en Alsace c'est la date de récolte qui arrive de plus en plus tôt. Il fait très chaud en Alsace, le Soleil est abondant et les changements climatiques évidents.

La dégustation commence comme il se doit avec un crémant que M. Adam exige qu'il soit servi dans un grand verre et non une flute. «C'est avant tout un vin. Il est aromatique et vineux.» Ses bulles seront alors perçues en bouche et non à l'oeil. Le Crémant Brut Les natures (bio) est sec avec ses 7 grammes de sucre. Il a des saveurs de craie, de noix, de bonbon jaune. Encoe meilleur en se réchauffant dans le verre. Les raisins sont vendangés très tôt, vers le 20 août. C'est bien bon. 34,25 $ en commande privée.

Oui, les vins de Jean-Baptiste Adam ne sont plus disponibles à la SAQ. Allez donc savoir pourquoi.

Le deuxième vin est fait du cépage auxerrois, dit aussi pinot auxerrois. Cépage typique de l'Alsace. L'Auxerrois Vieilles Vignes 2017 (34 $) est très beau, sec, d'une texture serrée, vif, minéral, assez riche et très long. Original et bien agréable à boire.

Le troisième est le Grand Cru Kaefferkopf Riesling 2015. Cru réputé et facilement vendu, ses producteurs n'avaient jamais cru nécessaire de demander de le classer en grand cru. Ils se sont ravisés il y a quelques années, sous l'insistance de M. Adam, et Kaefferkopf a été ajouté à la liste des 50 grands crus d'Alsace. Il est donc le 51e. Ce 2015 est un grand vin absolument délicieux aux fins aromes de pétrole. C'est gras, fruité, légèrement sucré (4 g/l), citron confit, floral, bonbon jaune, note de noix. Superbe et pour la longue garde. (64,10 $)

Letzenberg Pinot gris 2016 est peu aromatique, mais d'une belle bouche sucrée (33,4 g/l), ample, assez fin et très persistant. Letzenberg est un lieu dit. À 61,85 $ c'est très bon, original et cher.

Le dessert est un somptueux vin moelleux, le Vendanges Tardives, Pinot Gris 2015. Sucre (66 g/l) et acide en bel équilibre. C'est ample, gras, sucré et très persistant. (70,30 $ en commande privée auprès de l'agence IVSP).

Donc, des vins de grande qualité, à découvrir, plutôt cher, en commande privée, à mettre en cave et à apprécier sur plusieurs années.

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