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Du prosecco australien contre le prosecco italien

L'Italie et l'Australie ont une petite querelle au sujet du prosecco.

Le prosecco est une appellation contrôlée en Europe, mais c'est aussi le nom d'un cépage planté en Vénétie depuis fort longtemps.

Il a commencé à être planté en Australie en 1999 par le vigneron Tony Battaglene.
Il s'y est. Les Australiens en font un mousseux comme en Italie.

En 2009, les vignerons de prosecco en Vénétie décident de changer le nom du cépage qu'ils utilisent. De prosecco il devient glera. Un des noms donnés au cépage prosecco dans cette région. Ils font aussi enregistrer le nom prosecco comme indication géographique protégée au niveau européen.

Mais voilà que l'Australie est en train de négocier un traité de libre-échange avec l'Europe et les représentants européens exigent que les Australiens n'affichent plus le nom prosecco sur leurs étiquettes puisque c'est maintenant une appellation protégée en Europe et dans plusieurs pays du monde.

Les Australiens refusent disant que c'est le nom du cépage et qu'ils ont le droit de le mettre sur l'étiquette. Les ventes de prosecco australien totalisent maintenant 60 millions de dollars dans ce pays et c'est un marché en pleine croissance, disent les producteurs australiens.

En 2013, l'Union européenne a essayé d'enregistrer le nom prosecco en Australie afin de le réserver aux vins de l'appellation prosecco en Vénétie et Frioul. Ce qui a été refusé par l'organisme règlementaire australien.

L'affaire devient grosse parce que le prosecco est maintenant très populaire. Il a même dépassé les ventes de champagne. Il s'est vendu 440 millions de bouteilles de prosecco dans le monde l'an dernier contre 307 de champagne.

Le prosecco coute beaucoup moins cher que le champagne, est plus léger et est souvent utilisé pour faire des cocktails spritz avec de l'apérol.

Des vignerons australiens disent avoir arraché des vignes de shiraz ces dernières années pour les remplacer par le cépage prosecco. Ils ne veulent pas céder et espèrent profiter de l'engouement pour le vin mousseux pas cher. Ils ont même renommé la King Valley en King Valley Prosecco.

Une bataille à suivre.

Au Canada, prosecco est une marque de commerce déposée depuis 2014 par le Consorzio di Tutela della Denominazione di Origine Controllata Prosecco.

En terminant, si vous voulez essayer un bon prosecco gouter le Prosecco Bio Terre di Marca Millesimato 2016  17,95 $ disponible à la SAQ.
 

Grand Cru et bilingue

Un documentaire sur le Québécois Pascal Marchand viticulteur en Bourgogne.

C'est 1 heure 19 minutes passées dans les vignes de Bourgogne.

M. Marchand et d'autres interviewés y parlent de temps en temps en anglais (avec sous-titres) et d'autres moments en français. Ça passe d'une langue à l'autre sans raison apparente.
Pourquoi? I don't know.

On y a apprend que le métier d'investisseur dans le vignoble de Bourgogne est stressant surtout à cause des conditions climatiques, particulièrement défavorables en 2016. Pascal Marchand est partenaire de la firme Marchand-Tawse d'un investisseur immobilier et propriétaire d'un vignoble (Tawse) en Ontario, Morey Tawse. Ils font une centaine d'étiquettes en Bourgogne.

Les images sont belles. Le personnage principal y devient sympathique. On y apprend un peu sur la vigne, le bio, la biodynamie, la viticulture et la vinification. Toutefois, par moment ça ressemble à un long documentaire publicitaire sur la firme Marchand-Tawse.

De plus, ces passages continuels du français à l'anglais deviennent lassants. Pourquoi? Why?

À cette question, le président de la maison de distribution K-Films Amérique, Monsieur Louis Dussault, nous répond que «la raison est simple, c’est DOC CHANNEL de Toronto qui a fourni la majorité des fonds pour produire ce film. La SODEC et TELEFILM sont passés à côté».

Documentary Channel appartient à CBC-Radio-Canada et à l'Office national du film. Selon Wikipédia, la chaine qui diffuse en anglais est disponible via les principaux câblodistributeurs du Canada.

Le film a été réalisé par David Eng et produit par Cat Bird Productions.

Il y a quatre vins de ce producteur à la SAQ de 24 $ à 110 $, aucun n'est indiqué bio!

La bande-annonce de Grand Cru.

Le documentaire Grand Cru est présenté au cours des prochains jours aux cinémas Beaubien de Monréal et Le Clape de Québec.

COMPRENDRE LE VIN

Le vin: le comprendre; le connaître; le déguster; le servir: le conserver; ses défauts; ses finances; son marché et la santé...

La notion d'équilibre dans le vin; le goût sucré des vins secs; l'importance du pH; le goût de bouchon; le bio; les sulfites; le vocabulaire du vin; la recherche du vin en succursale; le vin et la santé...

Connaître et comprendre le vin, c'est un processus progressif et continu. Chaque jour sa peine, comme on dit! Nous en apprenons tous les jours!

Voici une série de textes publiés dans vinquebec.com et regroupés par thèmes afin de vous aider à mettre à jour vos connaissances sur ce merveilleux monde du vin.

Il y a ici des articles pour tous les goûts et tous les niveaux. Prenez votre temps. Lisez-les un par jour ou tous à la suite ou dans le désordre... comme vous voulez... en dégustant un bon vin.

 

La dégustation
Connaissance du vin
Le marché du vin au Québec
Le service et la conservation du vin
Défauts et qualités
Santé
Finances (L'argent du vin)
Comprendre la SAQ
Bio
La vigne
Les régions du vin
Autres

 

Ces listes d'articles sont mises à jour régulièrement.


Un peu de vin pour vivre plus longtemps

Les personnes qui boivent un peu de vin vivent plus longtemps que les autres.

C'est ce qu'affirment des chercheurs californiens qui étudient le régime de vie de personnes de plus de 90 ans.

L'étude appelée The 90+ Study a commencé en 1981 auprès de 14 000 personnes qui vivent dans des logements pour retraitées en Californie. Les participants ont répondu à des questions sur leur santé, la prise de vitamines, de médicaments, leurs passetemps, leurs loisirs, les exercices physiques et leurs habitudes de consommation d'alcool entre autres. Un peu plus de 1600 de ces personnes ont atteint l'âge vénérable de 90 ans.

Les chercheurs ont découvert jusqu'à maintenant que ceux qui boivent un ou deux verres de vin ou de bière par jour vivent plus longtemps que ceux qui ne boivent pas.

Dès 2007, l'étude disait ceci «Les hommes et les femmes qui buvaient de l'alcool avaient moins de mortalité que les non-buveurs. Ceux qui buvaient deux verres ou plus par jour avaient un risque de décès réduit de 15%. Le risque réduit n'était pas limité à un type d'alcool. Les buveurs stables (ceux qui ont déclaré avoir bu à la fois au début de l'étude et au moment du suivi) avaient un risque de décès significativement plus faible que les non-buveurs stables. Ceux qui ont commencé à boire au moment du suivi avaient également un risque significativement plus faible. Les femmes qui cessent de boire courent un risque accru de décès.»

L'étude continue et en février dernier, Dre Claudia Kawas, professeure de neurologie et de neurobiologie à l'Université de Californie, a expliqué les derniers résultats de la recherche de son équipe sur la relation entre l'alcool et la longévité lors de la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science à Austin au Texas.

Elle dit maintenant que la consommation de deux verres d'alcool par jour est associée à une réduction de 18% du risque de décès prématuré par rapport aux abstentionnistes. De plus, les résultats de cette recherche démontrent que l'exercice régulier, les activités sociales, la pratique régulière de passetemps, de loisirs et la consommation modérée de café mènent également à des durées de vie plus longues.

Je n'ai aucune explication à cela, mais je crois fermement que la consommation modérée d'alcool est associée à la longévité», dit la Dre Kawas.

L'étude démontre aussi que les personnes qui ont un peu de surpoids depuis leurs 70 ans vivent plus longtemps que ceux qui ont un poids dit santé!

Par contre, d'autres personnes, sans avoir fait de recherches, contestent les résultats de cette recherche en affirmant que si ces personnes de 90 ans boivent du vin c'est qu'elles sont en santé; en ajoutant que ceux qui buvaient trop sont déjà mortes et que plusieurs de celles qui ne boivent pas le font parce qu'elles ne sont plus en santé.

Donc, selon certains ce n'est pas la consommation de vin qui conserve la santé; mais la santé qui permet de continuer à consommer du vin.

Quoi qu'il en soit, j'envie ces personnes qui à plus de 90 ans peuvent continuer à boire leur petit verre de vin de temps en temps avec leurs amis. Je lève mon verre à leur santé et je suggère qu'elles lèvent aussi de temps en temps un verre à notre santé nous les plus jeunes.

Longue vie en santé!
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Les vins de Guillaume Nudant

Les vins sont faits pour être bus, pour être partagés, avec les amis, avec la famille. Et cela va même pour les vins de Bourgogne qui à cause de leur rareté et de leurs prix sont trop souvent devenus des objets de collections ou des vins de buveurs d'étiquettes. C'est résumé à grands traits le propos de Guillaume Nudant qui a pris la relève de son père au Domaine Nudant à Ladoix-Serrigny.

Guillaume est venu partager sa passion et quelques-uns de ses vins avec des amateurs d'Ottawa et de Gatineau en présence de son agent au Québec, Benoit Lecavalier de l'Agence Benedictus. Ce fut le premier domaine commercialisé au Québec par M. Lecavalier.


Benoit Lecavalier et Guillaume Nudant

Il faut dire ici que Guillaime aime bien le Québec ayant épousé une Québécoise qui avait fait un stage au domaine.

La vie n'a pas été facile pour ce producteur de Bourgogne depuis qu'il a pris la relève de son père. Les conditions climatiques n'ont pas été favorables ces dernières années. Les récoltes ont été très petites et parfois presque nulles à cause du gel et de la grêle. Le moral semble toutefois encore bon pour ce vigneron qui conduit ses 17 hectares de vignes sans engrais chimiques. Il utilise aussi des levures indigènes afin de préserver le gout de terroir de chacune de ses parcelles. Les vendanges se font à la main par une équipe de 40 à 80 personnes selon les années. Guillaume est aidé et conseillé par son père Jean-René et son grand-père André.

C'est dans une bonne année 100 000 bouteilles sous 24 AOP. Guillaume Nudant essaie de maintenir les prix au plus bas possibles, car «le vin est fait pour être bu», insiste-t-il. Il vend dans une quinzaine de pays.

Son Bourgogne, Pinot Noir, La Chapelle Notre-Dame 2105 est particulièrement délicieux. C'est un vin ample aux tanins bien fermes sur un fruité abondant. C'est juteux et bien serré. Un vin de plaisir déjà bien prêt à boire. Guillaume dit que les bourgognes du très chaud millésime 2015, sont moins acides et moins de garde. Ils se boiront plus rapidement.

Le Ladoix 1er cru La Corvée 2014 est bien fait malgré ce millésime difficile. Il s'améliorera au cours des prochaines années.

Le Volnay, 1er cru Les Santenots 2015 est riche, plein, bien tanique pour un pinot. À la fois ferme et élégant (95 $).

Voir aussi mes commentaires pour un vin blanc du domaine le Bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuits 2016.

Un amateur de la région (l'ami Louis) a aussi partagé deux vins de ce domaine provenant de sa cave. Un Ladoix La Corvée 2007 et un Aloxe-Corton la Coutière 2002 encore en pleine forme, juteux sur de baux tanins. Nous démontrant ainsi que ces vins sont bien de garde et s'améliorent en 10-15 ans. Guillaume affirme qu'ils peuvent s'améliorer encore.

Donc, ça nous redonne le gout du Bourgogne.

En vrac maintenant
Au sujet des vins nature. «Il faut les boire dans la région du producteur, aux alentours du vignoble.» Ils voyagent bien mal selon Guillaume Nudant. «Un vin qui sent le pet, c'est un mauvais vin, même si on le dit naturel.»

Au sujet de l'oxydation prématurée des chardonnays de Bourgogne. «C'est encore un problème. On cherche toujours la cause.» On n'a pas trouvé les raisons du vieillissement prématuré de ces vins.

Vous trouverez quelques vins du domaine Nudant à la SAQ. D'autres en commande privée auprès de l'agence Benedictus. Ce sont des vins produits en petites quantités, certains à moins de 1000 bouteilles, donc des arrivages périodiques et courts. De plus la direction de la SAQ exige que les vins soient vendus très rapidement, d'un à cinq mois selon les produits. Elle impose même des amendes si les agents ne réussissent pas à écouler les vins dans ces courts laps de temps. Donc, ces vins de qualité sont importés en petites quantités et s'écoulent bien vite.

  Le site du domaine www.domaine-nudant.fr

Le cépage le plus répandu au monde est le kyoho

Il y aurait plus de 6000 cépages dans le monde pour la seule espèce Vitis vinifera. Toutefois, la plupart sont peu répandus. Par contre certains cépages sont devenus très populaires et accaparent les plus grandes surfaces de vigne cultivée. Certains sont utilisés pour faire du vin, d'autres comme raisins de table et quelques-uns servent aux deux usages.

Le cépage le plus répandu au monde est le kyoho. Il est planté sur 365 000 hectares. Il devance ainsi de peu le cabernet sauvignon qui couvre 341 000 hectares.

Le kyoho a été développé au Japon vers 1937. Il produit de très grosses baies. Il est utilisé comme raisin de table et comme raisin de cuve pour faire du vin. Au Japon, on n'en mange pas la peau. Il est surtout planté maintenant en Chine ou avec 325 000 hectares il accapare 44 % des surfaces de vigne devant le red globe et le cabernet sauvignon.

Le kyoho est aussi cultivé aux États-Unis, au Chili, en Australie et au Brésil. Il est rustique et très résistant aux maladies.

C'est la variété de vigne le plus cultivée au monde, mais 90 % des vignes de ce cépage sont en Chine nous dit un document de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

Cabernet sauvignon
Le deuxième cépage plus répandu est le cabernet sauvignon. Il est surtout cultivé en Chine (60 000 ha), France (48 000 ha), Chili, États-Unis (41 000 ha), Australie, Espagne (20 000 ha), Argentine (15 000 ha), Italie et en Afrique du Sud (12 000).

C'est le premier cépage du Chili avec 43 000 ha devant le sauvignon blanc (15 000 ha). C'est le deuxième cépage d'Australie (25 000 ha) après la syrah (40 000 ha).

Sultanina
Ce cépage de table, souvent séché, sert aussi à faire du vin. Il est le troisième en importance au monde avec 273 000 ha. Il est surtout cultivé aux États-Unis, au Moyen-Orient, au Chili, en Afrique du Sud et en Grèce. C'est aussi le premier cépage cultivé aux États-Unis sur 60 000 ha soit 13,5 % des surfaces de vignes. Il y devance le chardonnay (10 %) et le cabernet sauvignon (9 %).

Merlot
Le merlot est le quatrième cépage cultivé, le deuxième en importance comme vin de cuve (pour faire du vin). Il occupe 266 000 hectares. Il est le premier cépage cultivé en France avec 14 % des surfaces. Il est le cinquième cépage en importance en Italie.

Tempranillo
Ce cépage espagnol est au cinquième rang des variétés les plus cultivées dans le monde. Il est cultivé dans 18 pays, mais concentré à 88 % en Espagne. Il est deuxième cépage d'Espagne avec 21 % du vignoble derrière l'airen (22 %). Il est le premier cépage du Portugal avec 9,5 % du vignoble devant la touriga franca (7,5 %).

Airen
C'est le cépage blanc le plus répandu dans le monde avec 218 000 hectares. Il est quasiment totalement planté en Espagne où il est le premier cépage représentant 22 % du vignoble national. On en fait du vin blanc, un peu de rouge et de l'eau-de-vie (brandy). Il y a 20 ans c'était le cépage le plus planté au monde toutes couleurs confondues.

Chardonnay
En septième position arrive le Chardonnay avec 210 000 hectares. Il est implanté dans 41 pays. En France, il est au cinquième rand avec 51 000 ha et au huitième rand en Italie avec 3 % du vignoble. C'est le deuxième cépage en importance aux États-Unis après le Sultanina. Il représente 10 % du vignoble étatsunien. Il est aussi le troisième cépage d'Australie avec 14 % du vignoble.

Syrah
La syrah (190 000 ha) huitième cépage au monde est le principal cépage de l'Australie avec 40 000 ha. Elle y occupe 26 % des surfaces cultivées de vigne. Elle y est souvent appelée shiraz. Elle est le 4e cépage de France avec 64 000 hectares, soit 8 % des surfaces.

Grenache
Appelé garnacha en Espagne. Elle est peu internationalisée puisqu’elle est majoritairement cultivée en France et en Espagne. Ces deux pays représentent 87 % de la surface mondiale. C'est le troisième cépage de France (10 % du vignoble) après le merlot (14 %) et l'ugni blanc (10 %).

Red globe
Raisin de table, 91 % des superficies de cette variété se situent en Chine, mais on la retrouve aussi aux États-Unis, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Turquie, au Chili, en Argentine et en Afrique du Sud.

Sauvignon blanc
Cette variété est aujourd’hui très internationalisée (123 000 ha en 2015), étant présente dans tous les grands pays producteurs de vin. En Nouvelle Zélande, c’est le cépage le plus cultivé avec près de
20 500 ha. C'est deuxième cépage du Chili derrière le cabernet sauvignon.

Pinot noir
Cépage noble très répandu en Europe et dans le Nouveau Monde. Troisième cépage en Allemagne avec 12 % du vignoble; cinquième aux États-Unis (5,6 %); sixième en Australie (3,4 %) et neuvième en France sur 4 % du vignoble.

Ugni blanc
Appelé trebbiano toscano en Italie d'où il provient est utilisé pour le vin est les spiritueux. En France, est est surtout utilisé pour la distillation (Brandy). C'est le deuxième cépage de France où il occupe 10 % du vignoble. Il compose 3 % du vignoble italien.

Ces informations sont tirées du document Focus OIV 2017 publié en février 2018.
 

Focus OIV 2017
Distribution variétale du vignoble dans le monde. OIV, Février 2018.

Les vins de Toscane et le Garden Cocktail

Vous dégustez des vins de Toscane et souvent un participant mentionne l'odeur ou la saveur de sel de cèleri dans un ou des vins présentés. D'autres, dégustateurs diront que ça sent le Garden Cocktail, le V8 (jus de tomate et cèleri), le Clamato, le jus de tomate, le jus de tomate épicé, la feuille de tomate, le jus de légumes ou encore les tomates séchées.

Quelques fois, ça va plus loin, on mentionne les légumes bouillis, la soupe de légumes, les vieilles chaussettes et même le compost!

À quoi doit-on attribuer ces odeurs fétides dans des vins d'Italie, particulièrement de Toscane et de cépage sangiovese?

Va encore pour le sel de cèleri, on peut aimer, et dire que c'est le «terroir», mais ça semble être le précurseur d'odeurs moins agréables qui se développent quelques fois dans les vins de Toscane avancés en âge.

Cela a été le cas encore récemment avec le Riserva Grandi Annati 2007 de la maison Avignonesi (110 $) et le Do Ut Des 2004 de la maison Carpineto (65 $). Des odeurs tellement prononcées et rebutantes qui rendent ces vins imbuvables.

On dit que ce serait dû à l'oxydation. Des bouchons pas assez étanches. Donc l'oxygène qui modifierait des molécules contenues dans ces vins. Mais quelles sont ces molécules? Sont-ce des bactéries, des levures ou autres? Et pourquoi surtout dans les vins de Toscane?

La SAQ accroit ses ventes de vin en volume, mais très peu en dollars

Au cours des 40 premières semaines de l'année financière, la SAQ a augmenté ses ventes de vin en volume de 5,3 %. Cependant, cela n'a entrainé qu'une très faible hausse des ventes en valeur; soit 0,2 %.

En effet, la Société des alcools du Québec a vendu 5,9 millions de litres de vin de plus (soit l'équivalent de 7,8 millions de bouteilles) de plus de mars à décembre 2017 comparativement aux mêmes 40 semaines de l'année précédente (soit du 1er avril au 31 décembre). C'est une hausse de 5,3 %.

On se souvient qu'au début de l'année 2017 la société d'État a réduit de 1,40 $ le prix de 1600 de ses vins les plus vendus. Les ventes de vins stagnaient; n'ayant augmenté que de 0,3 million de litres de 2015 à 2016; elles ont augmenté de près de 6 millions de litres en 2017. Ces chiffres concernent les 40 premières semaines de ces 3 années.

 

Ventes vin en volume
Millions de litres
40 premières semaines
1er avril 31 décembre
   2015  2016 2017
 Succursales SAQ  97,8  98 103,9
 Épiceries  34,4  32,4 32,9

Par contre, les ventes de vin dans les 8000 épiceries stagnent. Les épiciers n'ont pas eu droit à la réduction de la SAQ qui l'a réservée à ses seules 406 succursales.

Cependant, les ventes en dollars augmentent très peu. Les chiffres de ventes pour les succursales de la SAQ sont de 1584,5 millions $ en 2015; 1612,3 millions $ en 2016 et 1615,9 millions $ en 2017 (toujours pour les 40 premières semaines de chaque année).

Donc, si la SAQ a vendu 5,9 millions de litres de plus en 2017, en dollars elle n'a récolté que 3,6 millions de dollars de plus. Une hausse en volume de 5,3 %, mais de seulement 0,2 % en valeur.

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Sources: les rapports annuels et trimestriels de la SAQ.

Comment revendre une bouteille de vin au Québec

C'est une question qui m'est souvent posée. Comment revendre une bouteille de vin au Québec?

On m'écrit avoir reçu en cadeau une bouteille de vin de grande valeur; ou bien avoir hérité d'une cave à vin... et vouloir la revendre. Comment faire?

La vente de vin au Québec est d'après la Loi réservée au seul monopole de la SAQ. D'ailleurs le site de la SAQ dit bien que «La vente d'alcool à la bouteille est réservée à la SAQ et à ses agences, de même qu'aux titulaires de permis d'épicerie et aux titulaires de permis de production artisanale. Personne d'autre n'est autorisé à le faire.» (Foire aux Questions SAQ)

J'écris donc vendredi au service de presse de la SAQ pour avoir des précisions. On me répond de communiquer avec le Centre de relations de la clientèle. À ce service, on me répond en me donnant plutôt la politique de remboursement. Ce qui ne répond pas du tout à la question!

Je repose alors ma question: Comment vendre une bouteille ou des bouteilles de grande valeur reçues en cadeau?

À ma question, on me répond finalement ce matin:

En réponse à votre courriel, vous pouvez vous adresser au groupe Alfred.  voici le lien :
https://alfredsommelier.com/fr/alfred-accueil_fr/
Sincères salutations,
Centre de relation clientèle

Le groupe Alfred ! On en parle ici dans ce forum www.fouduvin.ca où des utilisateurs font part de leurs expériences avec cette compagnie.

La folie du rosé semble toucher presque tout le monde sauf les Canadiens

La consommation mondiale des vins rosés tranquilles est en constante augmentation depuis
2003, et ce dans un contexte de stagnation de la consommation globale de vins. C'est ce que nous dit la dernière étude de l'Observatoire économique mondial des vins rosés.

La consommation de rosé dans le monde est en hausse de 32 % depuis 2002. Pendant ce temps, la consommation de vin tranquille est stable.

Toutefois, il faut tempérer ces chiffres. En effet, la consommation de rosé varie énormément d'un pays à l'autre.

Ce sont les Tunisiens qui sont les plus grands amateurs de rosé. En effet, sept bouteilles sur dix consommées dans ce pays sont du rosé (21 millions de bouteilles).
Ils sont suivis des gens de l'Uruguay avec une bouteille sur deux (54 millions de bouteilles).

Les Français consomment aussi une quantité phénoménale de rosé. C'est une bouteille sur trois qui est rosée sur leurs tables. En fait, les Français boivent à eux seuls plus du tiers du vin rosé produit dans le monde. C'est un milliard de bouteilles de rosé. Par habitant, c'est la France qui est le plus gros consommateur de rosé; soit 15,7 litres par habitant. La France est le plus gros producteur de vin rosé au monde ainsi que le principal importateur de ces vins.

Aux États-Unis, en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas le rosé représente 12 % de la consommation de vin tranquille. Au Royaume-Uni c'est 11 % (4 fois plus qu'en 2002) et en Espagne 10 % (en baisse). En Afrique du Sud, c'est 18 % et 16 % au Maroc.

Cette fièvre du rosé n'a pas atteint le Canada. En effet, le rosé ne représente que 3 % de la consommation de vin tranquille dans notre pays. Donc, seulement 3 bouteilles sur 100 achetées au Canada sont du rosé. C'est 20 millions de bouteilles.

Les Argentins non plus n'achètent pas beaucoup de rosé, soit comme nous 3 bouteilles sur 100. Les Chinois sont encore moins amateurs de rosé avec seulement une bouteille sur 100.

La production mondiale de vin rosé a été de 22,5 millions d'hectolitres en 2016, soit près de 3 milliards de bouteilles.

Source :  FranceAgriMer

Dans les magasins d'État de la province de Québec (SAQ), il n'y a que 198 rosés sur les 8500 vins actuellement offerts. La plupart (117) proviennent de France, dont 49 de Provence et 25 du Languedoc.

Si l'envie du rosé vous prend, consultez notre page des rosés de meilleurs rapport qualité/prix

Bordeaux boosté aux pesticides et au déni

Comment se fait-il qu'on utilise encore autant de pesticides cancérigènes pour faire du vin?

Les autorités continuent à autoriser la mise en marché de ces produits réputés dangereux!

Des vignerons sont de grands utilisateurs de ces produits que l'on dit maintenant cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) et perturbateurs endocriniens.

Une équipe de la télé France 2 est allée faire enquête dans les vignobles de Bordeaux. Après un premier dossier présenté en 2016, l'équipe de l'émission Cash Investigation a voulu voir si la situation s'était améliorée dans le vignoble pollueur de Bordeaux. C'est la région viticole qui avec la Champagne épand le plus de pesticides en France.

Les révélations de l'émission de février 2016 avaient ébranlées la communauté vinicole. Des autorités ont fait des promesses: plus de transparence et moins de pesticides.

La nouvelle émission d'une heure trente intitulée Cash Impact et présentée le 28 février fait le tour du sujet.

Des pesticides dangereux on en utilise encore beaucoup; de la transparence très peu et beaucoup de promesses.

Il est intéressant de voir la réaction des autorités de Bordeaux et du ministre de l'Agriculture. On est dans le déni. On dit faire des progrès, on dit que c'est la faute du gouvernement qui autorise ces produits. On promet de faire mieux, mais tout en restant vague. On réagit en chipotant sur des détails du dossier. Pour ce qui est de la transparence, on peut toujours rêver.

Pourtant, il y a des vignerons qui font sans ces produits, qui sont en bio, même à Bordeaux et on se demande pourquoi les autres persistent dans leurs habitudes nuisibles à la santé et à l'environnement.

Pesticides : notre santé en danger. Émission Cash Investigation, France 2, 1 heure 37. https://youtu.be/wMur3yzqOQM

 

Qu'est-ce qui fera évoluer ces producteurs pollueurs?
Il ne faut rien attendre des autorités viticoles, ni des gouvernements, ni de l'industrie chimique, ni des scientifiques trop associés à l'industrie. C'est plutôt la pression populaire et la peur de perte de réputation qui seront probablement les principaux moteurs de changements dans le monde vinique de Bordeaux au cours des prochaines années.

Doit-on donner une note aux vins?

  99-100
  96-98
  94-95 Excellent
  92-93
  90-91 Très bon
  88-89
  86-87  Bon
  84-85
  80-83 Correct

​Doit-on noter le vin?
Doit-on lui donner une note?
C'est un sujet qui revient souvent dans l'actualité vinique, surtout au Québec.
J'observe cinq choses concernant ce sujet:

  1. C'est un sujet récurrent;
  2. Il est la plupart du temps lancé par ceux qui ne notent pas;
  3. Les sommeliers en général ne notent pas;
  4. La note hiérarchise les vins;
  5. Chacun fait à sa guise.

Devrait-on noter les vins ? C'est la question que pose la réputée sommelière Véronique Rivest dans le journal en ligne La Presse (1). Véronique invoque plusieurs raisons pour ne pas donner une note au vin. «Ce qui m’agace le plus des notes, c’est que ça n’encourage pas le consommateur à penser par lui-même. Ce n’est pas parce qu’un vin reçoit une note de 95 qu’il plaira d’emblée à tous.» Puis, elle ajoute que «le problème est que lorsqu’il y a une note, très souvent les consommateurs ne lisent pas le commentaire!»

Il n'y a pas si longtemps, Philippe Lapeyrie a bien exprimé le point de vue des sommeliers dans un texte intitulé «Je ne suis pas un critique de vin». Il écrit dans le Journal de Québec «De nombreuses bouteilles nous ont fait faire la grimace... Bref, on essaie de filtrer la crème et de vous dénicher les meilleurs flacons. Philippe conclut «Je suis un marchand de bonheur.» (2)

Un sujet récurrent, en effet, car il y a près de 10 ans en janvier 2009, Jacques Benoit dans le même journal La Presse titrait «Faut-il noter les vins?» écrivait qu'«un débat est en cours parmi les membres de la presse vinicole québécoise sur la pertinence de la notation des vins.» Le journaliste y affirmait que le dégustateur «se doit de noter les vins, il se doit donc de se mouiller, quitte à se tromper! Il revient alors au lecteur ou à l'auditeur de juger de la pertinence de ses commentaires et des notes attribuées.» (3) Pour M. Benoit, une note c'est une opinion qu'un professionnel communique à son public.

M. Benoit n'a pas changé d'opinion aujourd'hui. «Le chroniqueur se doit de noter les vins — écrit-il dans son livre Le vin est une drogue, (4) publié demain. Parce que c'est précisément, l'un des buts de son travail... La note situe le vin dans l'échelle de la qualité...»

De son côté Marc Chapleau dit qu'il faut mettre ses culottes. «Accoler une note, un score. Histoire de me mouiller, de mettre mes culottes et de prendre position plus formellement.» Cellier SAQ (2011) (5)

Claude Langlois a écrit «Que ce soit avec des étoiles, des notes sur 20 ou sur 100, des pictogrammes, peu importe, l’idée est de donner au lecteur une appréciation de ce que vaut le vin.» Journal de Montréal (2015) (6).

En général, nous observons que les sommeliers ne donnent pas de note. Je vois mal comment il pourrait en être autrement. Les sommeliers sont souvent rétribués par l'industrie du vin. Il serait mal vu qu'un sommelier payé par une association de vignerons d'une région pour donner une conférence sur les vins de cette région, critique le lendemain un vin de cette région en lui donnant une bonne ou une moins bonne note qu'un autre vin d'une autre région. Il serait alors en apparence de conflit d'intérêts.

Donner une note au vin n'est donc pas le travail du sommelier, mais celui du critique de vin.

CRITIQUER, verbe trans.
La critique est un examen raisonné, objectif, qui s'attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur. (CNRTL)

Donner une note, c'est hiérarchiser. C'est dire qu'un vin est bon; l'autre très bon et l'autre juste correct ou même mauvais. Donner une note, c'est dire que celui-ci est meilleur que celui-là. La note complète les commentaires. Elle est un jugement global sur le vin.

De plus, comment juger du rapport qualité/prix du vin comparé à un autre s'il n'y a pas de note?

Bien sûr, il faut aussi justifier sa note. Puis, de toute manière, le jugement final sera fait par le consommateur.

Ne pas donner une note, c'est comme dans certaines écoles aujourd'hui, c'est faire passer tout le monde.

Le travail du critique de vin est de critiquer, de hiérarchiser. C'est du domaine de la critique. C'est différent du travail du sommelier qui est de suggérer des bons vins qu'il a aimés ce qui est du domaine de la promotion.

Je dirais même que la note en dit plus sur le vin que le commentaire. Elle est plus précise et plus reproductible. Car on a beau dire que le vin sent la framboise, est tanique et moyennement vif; des consommateurs le trouveront peut-être peu aromatique, non tanique et bien acide!

La note, le rang, le score est plus compréhensible pour le consommateur que la description organoleptique qui dépend du gout, de la température, de l'humeur du moment, de l'aération, des voisins, de l'ordre des verres, de la fatigue, du plat; donc d'une quantité énorme de variables qui ne seront probablement pas identiques lorsque le consommateur boira le vin commenté.

Le journaliste et critique de vin Antoine Gerbelle qui avait refusé de noter pendant 15 ans, dit que finalement 
«la note est une véritable prise de risque critique qui, au final, m’a fait, je crois, gagner en clarté.»

Après avoir mené une petite enquête sur ce sujet de la notation, Pierre Citerne écrit dans La Revue du vin de France «il est aussi difficile d’évoquer la qualité d’un vin avec une note que de faire revivre une saveur avec un descriptif aromatique. L’addition des deux procédés peut être considérée comme le moins mauvais des systèmes.» (7)

Finalement, citons le professeur de sommellerie Romain Gruson qui dit que «la question n’est donc pas tant de savoir si on peut noter un vin, mais si l’on souhaite, ou non, le faire malgré les difficultés que cela représente.» Le Clercle du vin (2017) (8).

En conclusion, disons que chacun fait comme il l'entend, selon ses capacités et son désir. C'est comme les vins, ils ne sont pas tous pareils, nous ne sont pas tous pareils. Et vive la différence!

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  1. Le courrier de la sommelière - De la pertinence des notes, Véronique Rivest, La Presse 24 février 2018
  2. Je ne suis pas un critique de vin, Philippe Lapeyrie, Le Journal de Québec, mars 2017
  3. Faut-il noter les vins? Jacques Benoit, La Presse, janvier 2009
  4. Le vin est une drogue, Jacques Benoit, Édition La Presse, février 2018
  5. Donner une note aux vins qu’on recommande : mettre ses culottes, Marc Chapleau, 2011, en cache Google.
  6. Noter les vins dans l’absolu ou par catégorie? Claude Langlois, Journal de Montréal, septembre 2015
  7. Débat : faut-il renoncer à noter les vins ? Par Pierre Citerne, La Revue du vin de France, 2012
  8. Comment mettre une note à un vin? Romain Gruson, Cercle du vin, septembre 2017
  9. Comment noter les vins, Les cinq du vin
  10. Critiquer le vin, Vin Québec.

L'Alberta suspend son boycottage des vins de la Colombie-Britannique

Le gouvernement de l'Alberta a décidé de suspendre son boycottage des vins de sa voisine à la suite de la décision du gouvernement de la Colombie-Britannique de porter l'affaire du pipeline devant les tribunaux.

L'Alberta veut tripler le débit du pipeline Kinder Morgan-Trans Mountain qui traverse sa voisine pour exporter vers l'Asie son pétrole issu des sables bitumineux.

La Colombie-Britannique refuse cette forte augmentation du transport du pétrole invoquant un risque pour l'environnement. Elle a demandé une étude d'impact. L'Alberta, en représailles, a alors décrété un embargo sur l'achat de vin de sa voisine.

La Colombie-Britannique a, cette semaine, porté l'affaire devant les tribunaux leur demandant de statuer sur son droit de faire une telle étude sur l'impact environnemental de triplement du pipeline.

L'Alberta suspend alors son boycottage en attendant que l'affaire soit entendue par un tribunal.

L'Alberta invoque son droit constitutionnel d'exporter son pétrole; alors que la Colombie-Britannique invoque son droit aussi constitutionnel de protéger son environnement.

Au début du mois, le gouvernement de l'Alberta avait interdit l'achat de vin de sa voisine.

Hausse des importations de vin français au Canada

Les importations de vin de France au Canada ont été en hausse de 6 % en volume en 2017.

L'an dernier, la hausse avait été de 3,5 %.

Cette année, nous avons importé 75 millions de bouteilles de vin de France.
Le Canada est le 7e client des vins de France en volume après l'Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la Belgique et les Pays-Bas. L'an dernier, nous étions en 8e place. Nous avons dépassé le Japon.

En argent, c'est 352 millions d'euros, soit environ 520 millions de dollars. Soit une hausse de 7,8 %. En valeur, le Canada est le 8e client des vignerons de France, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Chine, la Belgique, le Japon et Hong-Kong.

Au total, les exportations de vin de France dans le monde ont augmenté de 6 % en volume en 2017. C'est la première en cinq ans qu'il y a une hausse des exportations. «En  hausse  de  10%,  les  exportations  de  vins  en  valeur atteignent  un  niveau  historique  de  8,7 milliards  d’euros.  Cette  croissance  s’accompagne,  pour  la  première  fois  en  cinq  ans,  d’une augmentation des volumes (+6%). La très faible récolte 2017 risque néanmoins de peser à moyen terme sur la capacité des opérateurs à occuper les marchés», écrit la Fédération des exportations de vins et spiritueux de France.

Les exportations en volume de champagne ont été en hausse de 4 %; les autres mousseux de 11 %; les Bordeaux de 7 %; le Rhône de 5 %; la Provence de 35 %; le Languedoc de 4 %; le Pays d'Oc de 6 %; mais la Loire en baisse de -5 % et la Bourgogne de près de -1 %.

Voici une sélection de très bons vins de France d'un bon rapport qualité-prix.

En rouge

Domaine Milan Le Vallon 2010 Provence 3,5 25,00$
Claudie Jobard, Rully La Chaume 2015 Bourgogne 3,5 29,45$
Château Cambon La Pelouse 2014 Bordeaux 3,5 30,75$
Réserve des Challières, Ventoux 2015 Rhône 3,0 11,95$
Doudet-Naudin, Pinot noir 2016 Languedoc 3,0 15,10$
Jean Perrier, Vin de Savoie 2016 Savoie 3,0 17,85$
Château Maris, Vin biologique, Minervois 2016 Languedoc 3,0 18,35$
Marquis de Bordeaux 2015 Bordeaux 3,0 18,65$
Cheverny rouge, Domaine Maison 2014 Loire 3,0 18,65$
Côtes-du-Rhône rouge Guigal 2013 Rhône 3,0 19,25$
Carignan 2014, Élisabeth et François Jourdan Languedoc 3,0 19,80$
L'impromptu 2015 Auvergne 3,0 20,55$
Château Bonnet, Chénas, Vieilles vignes 2015 Beaujolais 3,0 20,70$

En blanc

Domaine des Huards, François 1er, Vieilles Vignes 2014 Loire 3,5 30,25$
L'Oeuvre de Perraud, Chardonnay, Mâcon Village 2015 Bourgogne 3,0 18,70$
Duché D'Uzées, Mathilde Chapoutier 2016 Rhône 3,0 18,95$
Arbois-Pupillin, Chardonnay Floral 2016 Jura 3,0 20,35$
Château la Tour de L'Évêque blanc 2016 Provence 3,0 22,45$
Château Coupe Roses, Schiste, Minervois Blanc 2016 Languedoc 3,0 23,20$
Château de Maligny, La Vigne de la Reine, Chablis 2016 Bourgogne 3,0 23,95$
Macon-Fuissé 2016, Domaine de Fussiacus Bourgogne 3,0 24,25$
Château-Thébaud, Muscadet 2012 Loire 3,0 24,90$
Chardonnay, Rijckaert, Arbois 2015 Jura 3,0 25,10$
Cami Salié, Jurançon sec 2015 Jurançon 3,0 25,30$
Chinon, Blanc Bec 2016 Loire 3,0 25,65$
Domaine des Rabichattes, Pouilly-Fumé 2015 Loire 3,0 26,50$
Sancerre, La Chatellenie, Joseph Mellot 2016 Loire 3,0 26,70$
Les Sarres, Savagnin, Côtes du Jura 2015, Rijckaert Jura 3,0 29,95$

Des bulles maintenant

Pol Roger Champagne Brut Champagne 3,5 61,50$
Veuve Clicquot 2008 Champagne 3,5 99,50$
Louis Bouillot, Perle Rare, 2014 Bourgogne 3 21,55$
Clos des Demoiselles, Tête de cuvée, Brut 2014 Languedoc 3 22,50$
Laurens, Clos Des Demoiselles, Tête De Cuvée 2014 Languedoc 3 22,50$
Crémant du Jura Brut, André et Mireille Tissot Jura 3 28,75$
Champagne Gardet Premier Cru Brut Champagne 3 41,75$
Paul Goerg, Blanc de blancs, Premier Cru Brut Champagne 3 45,75$
Champagne Jacquart, Brut Mosaïque Champagne 3 47,25$
Drappier Brut Nature, Pinot Noir Zéro Dosage Champagne 3 48,25$
Nicolas Feuillatte Brut Réserve Champagne 3 48,50$

L'Alberta interdit l'achat de vin de la Colombie-Britannique

Une chicane bien canadienne!
Une province interdit l'importation de vin d'une autre province!

Le gouvernement de l'Alberta interdit l'achat de vin de la province voisine parce que le gouvernement de cette dernière veut limiter le transit de pétrole sur son territoire et dans ses eaux afin de protéger l'environnement.

La Colombie-Britannique veut examiner de nouveau l'efficacité des mesures d'intervention et de décontamination en cas de déversement de pétrole.

Par mesure de rétorsion, le gouvernement de l'Alberta suspend toutes les importations de vins venant de la Colombie-Britannique.

La vente de vin au détail est privée en Alberta, mais l'importation controlé un monopole L'Alberta Gaming and Liquor Commission.

L'Alberta est le premier importateur de vin de la Colombie-Britannique. Un quart du vin de cette province est exporté en Alberta. De plus, 30 % du vin consommé en Alberta provient de la Colombie-Britannique pour une valeur de 160 millions de dollars. Le reste provient surtout des États-Unis (108 millions $), de l'Italie (44), de l'Australie (35) et de la France (30 millions $). (Global News et Stat. Can.)

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L'Alberta suspend les importations de vin de la Colombie-Britannique
radio-canada.ca/colombie-britannique

« Beaucoup de nos clients sont en Alberta », se désole un producteur de vin
radio-canada.ca/colombie-britannique

Embargo sur le vin : « frustrant » pour certains, salué par d'autres
radio-canada.ca/alberta

Canadian trade war: Alberta boycotts B.C. wine
Video de la CBC, 3 min 4

The Government of Alberta has directed the Alberta Gaming and Liquor Commission (AGLC) to put an immediate halt to the import of British Columbia wine to Alberta. AGLC, 6 février

Un peu de vin nettoie le cerveau

Un peu de vin nettoie le cerveau, éloigne la maladie d'Alzheimer et la démence!

Alors que quelques verres de vin peuvent aider à relaxer après une journée bien remplie, une nouvelle étude montre que cela peut aussi aider à nettoyer le cerveau.

Les résultats de cette recherche, publiée hier dans la revue Scientific Reports, montrent que la consommation d'un peu de vin atténue l'inflammation au cerveau et l'aide à éliminer les toxines, y compris celles associées à la maladie d'Alzheimer.

«Ces observations suggèrent que l'éthanol a un effet en forme de J (décroissance puis forte croissance soudaine) sur le système glymphatique par lequel de faibles doses d'éthanol augmentent la fonction glymphatique.»

Le système glymphatique nettoie notre cerveau durant notre sommeil.

L'étude a été menée sur des souris. Celles exposées à l'équivalent de deux verres et demi de vin par jour présentaient moins d'inflammation dans leur cerveau et leur système glymphatique était plus efficace pour éliminer les déchets.

Par contre, si on boit trop d'alcool sur une longue période c'est l'effet inverse qui est observé.

«Inversement, un apport chronique en éthanol de 1,5 g / kg induisait une gliose réactive et une fonction glymphatique perturbée, ce qui peut éventuellement contribuer au risque plus élevé de démence observé chez les gros buveurs.»

Un des auteurs,  Maiken Nedergaard, M.D., D.M.Sc., codirecteur du Center for Translational Neuromedicine au Medical Center de l'University de Rochester (État de New York), a déclaré au magazine Science Daly que «Les données sur les effets de l'alcool sur le système glymphatique semblent correspondre au modèle en J relatif aux effets de dose de l'alcool sur la santé et la mortalité générales, où de faibles doses d'alcool sont bénéfiques, tandis qu'une consommation excessive est préjudiciable à la santé globale. Des études ont montré que la consommation d'alcool faible à modérée est associée à un risque moindre de démence, tandis que la consommation excessive d'alcool pendant de nombreuses années confère un risque accru de déclin cognitif. Cette étude peut aider à expliquer pourquoi cela se produit. En particulier, de faibles doses d'alcool semblent améliorer la santé globale du cerveau.»

Cette étude montre comment le liquide céphalorachidien est pompé dans le tissu cérébral et évacue les déchets, y compris les protéines associées à la maladie d'Alzheimer (bêta amyloïdes et tau) et à d'autres formes de démence. Des recherches ultérieures ont montré que le système glymphatique est plus actif pendant que nous dormons et peut être endommagé par un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme, et il s'améliore avec l'exercice.

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Beneficial effects of low alcohol exposure, but adverse effects of high alcohol intake on glymphatic function.
Iben Lundgaard, Wei Wang, Allison Eberhardt, Hanna Sophia Vinitsky, Benjamin Cameron Reeves, Sisi Peng, Nanhong Lou, Rashad Hussain et Maiken Nedergaard. Reçue le 26 juin 2017; acceptée le 18 janvier 2018 et publiée le 2 février 2018

In Wine, There’s Health: Low Levels of Alcohol Good for the Brain, Rochrester University, 2 février 2018

Systhème glymphatique :  Scientists Discover Previously Unknown Cleansing System in Brain, 2012

Que se passe-t-il dans le cerveau des malades d’Alzheimer?  Sept. 2017, Figaro Santé

Champagne: le double de pesticides

Je reviens sur ce sujet de l'usage excessif de pesticides en Champagne parce que l'Association américaine des économistes du vin (American Association of Wine economics) publie ce matin une étude sur le sujet.

Les trois chercheurs français ont analysé les attitudes face aux risques des producteurs de raisins de cuve de 10 régions viticoles de France.

Ils ont compilé des chiffres sur l'utilisation des pesticides par hectare dans ces régions viticoles pour la période de 2005-2014 et présenté ces chiffres en moyenne annuelle. Ils présentent la Champagne à part étant donné les différences fort notables à tous les points de vue.

Le tableau suivant est édifiant. On y voit que les vignerons de Champagne utilisent presque deux fois plus de pesticides qu'ailleurs; quatre fois plus d'engrais; dépensent presque quatre fois plus pour la protection des vignes; quatre fois plus pour la main-d'oeuvre; récoltent deux fois plus de raisins pour la même superficie de terrain; produisent plus que le rendement autorisé et finalement ils ont des revenus six fois plus élevés à l'hectare que les autres vignerons des autres régions de France.

  Champagne Autres
Superficie moyenne des fermes (ha) 4 18
Rendements (kg/ha) 12130 6694
Rendements autorisés 10770 8333
Revenus (€/année/ha) 37529 5499
Cout protection des plantes 1907 570
Coût des engrais (€/année/ha) 954 199
Cout main-d'oeuvre (€/année/ha) 10759 2359
Pesticides (kg/ha) 66 39
Engrais 60 37
Main-d'oeuvre (heures/ha) 677 194
Traduction du tableau 2 de Risk attitudes in viticulture: the case of french winegrowers, www.wine-economics.org, janvier 2018

Les auteurs disent que «nous constatons que la demande de pesticides est inélastique et que tous les types de vignerons sont réticents au risque. Pour la majorité d'entre eux, l'aversion au risque décline avec le rendement attendu (DARA), mais pour la région Champagne, c'est le contraire. Le bénéfice escompté est beaucoup plus élevé que dans les autres régions et les vignerons sont plus réticents à prendre des risques lorsque le bénéfice escompté augmente (IARA).»

De plus, la viticulture «Étant une culture commerciale, elle implique des rendements élevés grâce à l'utilisation d'intrants chimiques.»

Au sujet de l'aversion au risque, elle est beaucoup plus forte en Champagne qu'ailleurs en France comme le démontre le tableau suivant.


ARA=absolute risk aversion; DRA=downside risk aversion; RRP=relative risk premium

«L'utilisation de pesticides tend à réduire l'incertitude de la production et la viticulture.»

En conclusion, «ces viticulteurs qui visent à maximiser le profit utiliseront les pesticides aussi longtemps que les couts marginaux de l'utilisation seront inférieurs aux avantages marginaux qu'ils obtiennent.»

Autrement dit, les vignerons auront tendance en général à utiliser moins de pesticides s'ils espèrent faire plus d'argent. Par contre, c'est le contraire en Champagne: plus ils escomptent faire de l'argent, plus ils utilisent de pesticides!

Ceci, selon moi, cela peut s'expliquer par trois facteurs:

  • En Champagne la grande majorité des viticulteurs ne font pas de vin, mais font du raisin qu'ils vendent à des négociants qui eux font et vendent le vin;
  • Le climat de la Champagne est moins propice à la culture du raisin de qualité que d'autres régions;
  • Le champagne se vend très bien. Les prix sont contrôlés et très élevés. On vise le marché du luxe.

Finalement, les auteurs disent aussi constater l'échec du plan Échophyto 2008 censé inciter les viticulteurs à diminuer l'utilisation de pesticides. «Nous ne pouvons pas non plus constater d'effet de push-pull règlementaire attendu après la mise en place en 2008 du plan Ecophyto, censé offrir de fortes incitations à diminuer utilisation de pesticides dans l'agriculture française.»

Cette forte et constante utilisation de pesticides en Champagne représente peut-être un nuage noir sur ce produit de luxe très valorisé par un brillant marketing.
Ajout le 2 février
Le Comité interprofessionnel des vins de Champagne n'a pas voulu donner son opinion sur cette étude. «Nous n’avons pas les éléments nous permettant de commenter cette étude car nous ne disposons pas des chiffres des autres régions», nous dit M. Thibaut Le Mailloux Directeur de la communication CIVC.

 

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RISK ATTITUDES IN VITICULTURE: THE CASE OF FRENCH WINEGROWERS
Joël Aka, Adeline Alonso Ugaglia (Bordeaux Sience Agro) et Jean-Marie Lescot (ISTEA France) www.wine-economics.org. Janvier 2018. PDF 38 pages.

Sujets connexes

Le président de la SAQ adore le vin d'épicerie

Le président de la Société des alcools du Québec a été interrogé hier soir par Benoit Dutrisac à l'émission des Francs Tireurs sur les ondes de Télé-Québec.

L'animateur lui a fait boire un vin d'épicerie. M. Alain Brunet a dit «moi j'en bois du vin de dépanneur.» Il a qualifié plus tard ce vin de très bon. Il a ajouté avec insistance qu' «il n'y a pas de piquette à l'épicerie.»

Il a même dit qu'il n'hésiterait pas à le servir à ses amis un jeudi soir.

Au sujet de son salaire de plus de 440 000 $, le PDG a laissé entendre qu'il gagnerait le double dans l'entreprise privée.

M. Brunet a dit qu'il offre ce que les clients veulent. Il offre des rabais parce que «le client en veut des rabais». Au sujet de la carte SAQ Inspire: «En fait, c'est une demande du client. Le client ce qu'il veut c'est être reconnu.» Et plus loins dans l'entrevue :«S'ils veulent du pot, ils vont en avoir.»

Le PDG du monopole est fier de la réduction de 9 % du prix des vins depuis un an. «Il faut être les meilleurs.» «Un monopole ça peut être efficace.» L'animateur lui a fait remarquer que c'était que «les prix des vins étaient peut-être 20 % trop élevés.»

Le PDG de la SAQ n'aime pas que l'on appelle sa société d'État un monopole. Il dit que «c'est un choix de société. Ça s'appelle un choix qui a été fait en 1921.» «Il y a des avantages. Il n'y a pas juste des inconvénients.»

M. Brunet s'est dit aussi être très fier d'avoir à vendre du cannabis. (S'il juge le cannabis comme le vin, ses chums sont mieux d'apporter leur propre cannabis jeudi soir.)

Alain Brunet quitte la SAQ à la fin décembre.

Un bon show de 15 minutes !

Vour pouvez voir et entendre cette entrevue de 15 minutes dans le site de l'émission Les Francs Tireurs.

Un cours sur le vin en ligne et gratuit

Vous désirez en apprendre un peu plus sur le merveilleux monde de vin.

Vous pouvez suivre un cours en ligne de chez vous, du métro ou du train, du travail (lors de vos temps libres) et cela gratuitement.

Ça s'appelle Fun Mooc. C'est un regroupement d'établissements d'enseignement supérieur et universitaires français qui offrent des cours dans plusieurs domaines.

Cette semaine commence celui sur le vin. Fun Mooc Vin. C'est cinq séances : introduction; biologie; viticulture; oenologie et économie.

«Cette première semaine est consacrée à la prise en main de la plateforme, à la découverte de l’organisation du mooc...»

On nous dit que c'est 3 heures d'effort par semaine. On peut le suivre à notre rythme en direct ou en différé. C'est en français ou en anglais.

C'est donné par quatre professeurs: deux professeurs de viticulture, l'un de Bordeaux Sciences Agro et l'autre de l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse; un oenologue de l’Institut des Hautes Études de la Vigne et du Vin et un spécialiste en analyse sensorielle au Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation.

Ça commençait mercredi matin. Il y a déjà 8300 inscrits de 119 pays. On peut s'inscrire jusqu'au 18 février.

Est-ce que ce sera bon? Je ne le sais pas. On nous dit que c'est de niveau supérieur ou universitaire. De toute manière c'est gratuit et on peut se désinscrire. Le premier cours est en ligne n'est toutefois qu'une présentation du cours, de son fonctionnement et de la plateforme Fun Mooc.

Vidéo – Le teaser du MOOC Vine & Wine

Pour en savoir plus sur ces Fun Mooc, voyez la vidéo ici.

Pour vous inscrire c'est ici Fun Mooc Vin

Malheureusement, les vidéos du cours sont en anglais, sous-titrées en français.

​Champagne non bio, mais durable

Mon article du 16 décembre intitulé «Le champagne c'est chimique» a fait réagir en Champagne.

J'y disais que la Champagne est une région viticole très chimique. La surface de vigne cultivée en bio n'est que de 646 hectares sur les 34 000 hectares de l'appellation.

Les 300 grands producteurs de champagne, les 140 coopératives et la plupart des 15 000 vignerons ne sont pas intéressés par l'agriculture biologique.

Alors, ils ont recours à toute la panoplie des aides chimiques: insecticides, fongicides et engrais chimiques.

M. Thibaut Le Mailloux, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de Champagne a tenu à me dire que si la Champagne n'est pas bio, elle vise toutefois a être durable.

«La certification Viticulture durable en Champagne représente une surface de 12,5% de l’aire d’appellation Champagne.»

M. Thibaut ajoute «ensuite et surtout, la stratégie de la Champagne est collective, c’est-à-dire qu’elle part du principe que le fait que 100% des acteurs soient en mouvement aura un impact largement plus fort que si nous encourageons uniquement la certification, qui séduit une proportion plus faible des exploitants...»

Le porte-parole de la Champagne viticole ajoute que les quantités de pesticides utilisées en Champagne ont chuté de 50% en 15 ans; ainsi que l'usage des engrais azotés.

Il y a donc du progrès, toutefois on est loin du bio et il semble bien que l'on ne s'y rapprochera jamais.

C'est que la plupart des vignerons champenois ne produisent pas de vin, mais vendent plutôt leurs raisins à de grandes marques.

En 2016, le reportage de l'émission Cash Investigation révélait que le département de l'Aube (Champagne) est celui où se vendent le plus de pesticides dangereux. (Vidéo 2h15)

Puis, l'Association Robin des Bois publiait la carte des départements de France où il se vend le plus de pesticide. «L'Aube et la Marne sont les premières régions de France où sont vendus des pesticides avec des substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques. / © Robin des Bois» (Cliquez sur la carte pour l'agrandir.)

L'Aube et la Marne ce sont les deux départements de la Champagne.

À la suite de ces révélations, des vignerons bios ont réclamé en 2016 l'interdiction totale des pesticides dans le cahier de charge de l'appellation Champagne. «Plus de 85 % des surfaces viticoles de Champagne sont ainsi touchées par l'utilisation d'herbicides. Les fortes précipitations de ces derniers jours incitent les vignerons à traiter à nouveau les vignes avec des produits chimiques.» (France 3)

Les dirigeants de la Champagne viticole ont alors refusé la proposition d'interdire les pesticides. Le vice-président de l'Association viticole champenoise, Jean-Louis Normand, a dit que «dans nos exploitations, il y a des problématiques très diverses. Il faut laisser le temps. C'est pour cela que la Champagne a mis en place la viticulture durable qui permet à chacun de faire son autodiagnostic...) (Voir la vidéo de France 3)

Champagne
34 000 hectares
15 000 exploitants
140 coopératives
300 maisons
15 000 salariés
grappe de raisin 6 €
312 millions de bouteilles
7,2 milliards $
Exportation 4 milliards $
civc

Pourtant, ça ne semble pas être une question d'argent, car selon des producteurs de vins bios en Champagne, il n'en couterait que de 10 à 30 centimes de plus la bouteille pour y faire du vin bio.

La Champagne est en retard dans ce domaine. Elle est la région de France où l'on achète le plus de pesticides; soit 788 tonnes dans le département de l'Aube et 710 tonnes dans celui de la Marne.

Au niveau de l'épandage du controversé glyphosate (Rounbup) l'Aube a le record avec 276 tonnes en 2011-2013. (Cité par France Info en octobre 2017)

Pourtant, la Champagne est riche. Le prix du raisin y est le plus élevé au monde, soit 6 euros le kilo.

Pourquoi alors cette réticence? L'explication se trouve peut-être dans le mode de commerce du raisin dans cette région. La plupart des vignerons ne font pas de vin, mais vendent leurs raisins à des négociations; le prix du raisin est très élevé; les vignerons ont des contrats à très long terme avec ces négociations ces grandes maisons de champagne... Rien pour inciter à la production de raisins plus sains.

Est-il encore aujourd’hui concevable, acceptable, imaginable que l’on trouve dans les caisses de vendanges des raisins qu’aucun être humain et aucun animal n’oserait même porter à sa bouche...

Ainsi, s'exprimait Pierre-Emmanuel Taittinger en décembre dernier (cité par L'Est Éclair). Le président de l'Association viticole champenoise ajoutait «On ne fait pas une bonne bouteille avec des raisins pourris.» Il poursuivait en disant «Il est temps d’être ferme et catégorique sur le sujet, à moins […] qu’on en vienne à différencier les prix du raisin en raison de leur état sanitaire au moment de la cueillette.»

En effet, le raisin n'est pas payé en fonction de sa qualité, mais selon un prix fixé par contrat d'approvisionnement long terme. Un peu comme dans les vieilles coopératives. Un système de grand confort qui n'encourage peut-être pas la qualité ni n'incite à travailler plus fort pour produire le plus écologiquement possible.

Forte croissance du vin bio en France

​La filière vin bio a triplé son chiffre d'affaires en six ans en France.

En 2010, 6 % du vignoble français était bio avec 3 898 viticulteurs bios.
En 2016, 9 % du vignoble français est bio; avec 5 258 viticulteurs bios.

Le vin biologique c'était 322 millions d’euros de chiffre d’affaires en France en 2010.
C'est 792 millions d’euros en 2016.

Les ventes de vins bios se font surtout en ventes directes en France. En effet, 41 % des ventes de vins bios se font directement entre le vigneron et le client; contre 23 % en magasins bios; 19 % chez les cavistes et 17 % dans les autres magasins.

L'exportation de vin biologique représentait 145 millions d’euros en 2010; c'est monté à 419 millions en 2016.
On constate ainsi que la majorité des vins bios vont à l'exportation!

De 2015 à 2016, la valeur des exportations de vin français a diminué de - 0,8 %.
Pendant ce temps, le chiffre d’affaires des vins bios français à l’export à augmenté de + 32 %.

La plupart des vins bios sont en AOC, soit 82 %.
Ils ne sont pas trop chers, puisque 43 % des vins bios en France sont entre 5 et 9,99 € et 26 % de 10 à 14 euros.

Les vins biologiques proviennent surtout du Languedoc et du Roussillon.

La France c'est 21 % du vignoble bio mondial. L'Espagne accapare 27 % et l'Italie 23 %.

L'Allemagne est le premier importateur mondial de vins bios. Le vin bio est très populaire aussi en Suède avec 17 % des volumes de ventes.

Selon l'organisme Sudvinbio, «les jeunes générations ont plus tendance que leurs ainés à consommer du bio. En France, les moins de 35 ans, plus sensibles aux enjeux de santé et d’environnement, représentent ainsi 15 % des consommateurs de vin, mais 21 % des consommateurs de vin bio, ce qui laisse supposer une augmentation mécanique de la part de marché des vins bios du simple fait du renouvèlement des générations.»

Au Québec, le monopole des vins a augmenté substantiellement son offre de vins bios la faisant passer de 500 à 700 en un an. De plus, les vins bios sont maintenant identifiés par un mica vert sur les rayons des magasins de la SAQ. Il est a noter aussi que ce ne sont pas tous les vins bios qui sont identifiés comme tels à la SAQ.

Étonnamment, la grande majorité des vins bios à la SAQ proviennent de France; soit 450. On n'y trouve que 90 vins bios d'Italie et 40 d'Espagne alors que ces deux pays produisent 50 % du vin bio au monde!

Vous pouvez consulter notre liste des meilleurs vins bios commentés ces derniers mois ici vinquebec.com/vins-bio-qualite; ainsi que la section des vins bios vinquebec.com/bio.
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Source : Millésime Bio et Société des alcools du Québec.

Vos vins 15 % moins chers

Vous avez dépensé beaucoup durant le temps des fêtes. Votre portefeuille est plus mince. Vous devez économiser, mais vous voulez aussi continuer à boire du bon vin.

Savez-vous que certains des vins que vous achetez régulièrement se vendent 15 % moins cher dans certains magasins de la SAQ.

En effet, un peu plus de 800 vins du répertoire de la société des alcools du Québec sont 15 % moins chers dans les 10 magasins SAQ-Dépôts de notre cher monopole.

On y trouve des champagnes, des barolos, des bordeaux, des chiantis, des portos, des amarones, des vins du Rhône et même un brunello.

En voici quelques-uns qui sont pour la plupart de bons rapports qualité/prix.

Les prix indiqués sont avant le rabais de 15 %, si vous achetez 12 de n'importe lesquels de ces vins.

Pouilly-Fuissé, Jean-Claude Boisset 2016 Bourgogne 3,5 25,25$
Cabral 10 Anos Porto 3,5 28,60$
Pol Roger Champagne Brut Champagne 3,5 62,25$
 
Réserve des Challières, Ventoux 2015 Rhône 3,0 11,95$
Paul Mas, Vignes de Nicole blanc 2016 Languedoc 3,0 14,55$
Blanquette de Limoux, Domaine de Fourn
Languedoc 3,0 16,75$
Pétale de Rose 2016   BIO Provence 3,0 19,65$
Côtes-du-Rhône rouge Guigal 2013 Rhône 3,0 19,70$
Beaujolais Villages 2015, Grandes Mises, Mommessin Beaujolais 3,0 19,50$
Louis Bouillot, Perle Rare, 2014 Bourgogne 3,0 21,60$
Taylor Fladgate LBV 2012 Porto 3,0 21,85$
Il Grigio, Chianti Classico Riserva 2013 Italie 3,0 26,30$
Crozes-Hermitage, Guigal 2013 Rhône 3,0 27,35$
Côtes Rocheuses, Saint-Émilion 2013 Bordeaux 3,0 27,95$
Faustino I Gran Reserva 2005 Espagne 3,0 28,45$
Batasiolo, Barolo 2013 Italie 3,0 28,55$
Paul Goerg Blanc de Blancs Champagne 3,0 46,25$
Nicolas Feuillatte Brut Réserve Champagne 3,0 48,50$
Laurent-Perrier Champagne Brut Champagne 3,0 64,00$
 
Cavit, Pinot Grigio 2016 Italie 2,5 11,75$
La Vieille Ferme, blanc 2016 Rhône 2,5 13,00$
Parès Balta, Cava Brut   BIO Espagne 2,5 16,55$
Willm Riesling Réserve 2015 Alsace 2,5 17,30$
Cosme Palacio 2014 Espagne 2,5 17,55$
San Felice, Chianti Classico 2015 Italie 2,5 18,55$
Kung Fu Girl 2015 Washington 2,5 18,75$
PETITS PRIX
Fonte di Nico 2016
Portugal 2,0  8,00$
Vila Regia 2016 Portugal 2,0  8,95$
Santi Nero, Pinot Nero 2016 Italie 2,0 10,60$
Borsao rosé 2016 Espagne 2,0 11,75$

Suivez ce lien pour savoir où sont situés ces magasins à rabais.

Une suggestion pour la direction de la SAQ:
Il serait bien aussi que la SAQ offre des rabais pour les achats en ligne.

Le goût des pesticides dans le vin

Vous sentez la fraise dans un vin. On vous a dit que ça venait de la fermentation du raisin. Mais si c'était plutôt l'odeur laissée par des traces de pesticides dans ce vin?

La même chose pour la pêche, la vanille, le bonbon anglais, le bonbon tagada, l'odeur de fumée et autres.

Vous avez une sensation d'astringence. On vous dit que ça vient des tanins et du bois. On vous apprend maintenant que ça peut aussi être l'oeuvre de certains fongicides.

Le vin est court, asséchant, la finale tombe vite, c'est amer ou piquant; ça pourrait être dû à l'action d'un restant d'herbicides dans le vin.

Est-ce que les pesticides ont un gout, une saveur, des aromes? C'est la question que se sont posée le biochimiste Gilles-Éric Séralini et son ami le chef cuisinier étoilé Jérôme Douzelet.

Une dégustation de pesticides
Pour répondre à cette question,  ils ont décidé de «gouter les pesticides dans l'eau aux doses où ils sont dans le vin. Ils ont fait mesurer les quantités de pesticides dans 32 vins de France et d'Italie. Puis, ils ont choisi les pesticides les plus répandus dans ces vins et les ont mélangés chacun dans les mêmes quantités dans de l'eau. Eau qu'ils ont fait gouter à des vignerons, oenologues, sommeliers et cuisiniers.

Ainsi, ils ont trouvé une moyenne de 10 parties par milliard (10 ppb) de glyphosate dans 4 vins et ont alors versé 10 ppb de glysophate (un fongicide) dans le l'eau et l'on fait gouté à des professionnels du vin.

Sur deux ans, ils ont donc fait gouter 11 pesticides à 36 professionnels du vin, pour un total de 195 tests.

La plupart des vins bio testés ne contenaient pas de pesticides; mais tous les vins dits conventionnels en contenaient.

Des résultats étonnants
Les résultats sont surprenants. «Il exprime un gout de bonbon chimique doucereux évoquant la fraise Tagada, voire le bonbon anglais très souvent décrit dans des dégustations de vins.» C'est ainsi que s'expriment des dégustateurs après avoir gouté un verre contenant du fenhexamide à 500 ppb. Un pesticide vendu sous les noms de Lazulie et de Teldor.

On nous dit dans ce livre «qu'il est possible d'apprendre à reconnaitre le gout des pesticides, pour ensuite éviter les produits qui en contiennent.»

On y apprend aussi qu'on y traite des tonneaux de bois avec des fongicides, ce qui a donné deux fois plus de traces de pesticides dans un vin.

Après avoir conté ces expériences, les auteurs présentent à la fin de leur livre 11 fiches décrivant les pesticides retrouvés le plus souvent dans ces vins; boscalide, cyprodinil, diméthomorphe, fenhexamide, folpet et phtalimide, glyphosate et AMPA, iprodione, iprovalicarbe, pyriméthanyl.

Des exemples, des extraits de ces fiches:

Les odeurs de carton ou de chiffon peuvent provenir du diméthomorphe.

Le folpet: alcool volatil, médicamenteux, amertume, assèche l'avant du palais...

Glyphosate: acide, âcre, calcaire, nez d'essence, menthol...

Iprodione: fumée, pneu brulé, bois, vanille...

Iprovalicarbe: médicament, noix...

Pyriméthanil: essence de pin, menthol...

Roundup: faible odeur d'essence, bois putréfié, amertume, picotements...

Cyprodinil: astringence, amertume...

Le fenhexamide est «le mieux détecté, avec une saveur de bonbon chimique, à la fraise, au caramel, de chocolat, de pêche, de vanille chlorée, voire de carton.»

Caractéristiques communes de spesticides: asséchants et donnant une sensation de bouche cassante.

Terrroir, levures et pesticides

Donc, il n'y a pas que le terroir, le cépage, la fermentation, les levures qui donnent un arome et une texture au vin. Les pesticides aussi «ont une influence sur le gout final du vin.»

L'industrie appelle ces produits des phytosanitaires ce qui signifie «qui soigne les plantes». En fait, ce sont des pesticides qui tuent comme dans homicide et suicide.

On trouve des «traces de pesticides» dans le vin à des doses 11 000 fois plus fortes que dans l'eau. Il n'y a pas de normes concernant le maximum permis dans le vin, mais seulement des limites maximales de résidus dans le raisin.

Les auteurs ont découvert que même de grands vins contiennent de bonnes quantités de pesticides, comme un grand pomerol 2009 (100 points Parker) à 400 euros qu'ils n'osent pas nommer.

 

Les doses limites des pesticides acceptables dans l'eau sont de 0,1 ppb, alors qu'on en trouve 2920 fois en moyenne dans les vins. «Ces doses rendent l'eau impropre à la consommation et pourtant ces bouteilles (de vin) sont partout en vente libre, il faudrait qu'on m'explique...» dit Jérôme Douzelet.

Et plus encore
Il y a bien d'autres choses dans ce petit livre de 142 pages. Je ne vous mentionne que ce qui m'a le plus étonné. On y parle aussi des métaux lourds dans le vin, de l'arsenic longtemps permis, des métabolites et des formulants encore plus dangereux que les molécules actives déclarés par les fabricants de ces pesticides. Il est particulièrement question du glyphosate qui cache la vraie toxicité des Roundups.

Utile et formateur
«Notre petit guide est salvateur pour la santé : si chacun découvre grâce à lui les goûts des pesticides indiqués par ses professionnels, il pourra les reconnaitre et éviter à long terme les mauvais produits qui en contiennent.»

Ce livre n'est pas une étude scientifique, selon les auteurs, «il se conçoit comme un outil original pour aider à découvrir et comprendre les goûts des ingrédients chimiques dont le milieu viticole n'est pas fier, ceux des pesticides.»

Donc, un petit livre-choc qui fera surement beaucoup parler. Rappelons que l'auteur principal, ce professeur de biologie à l'université de Caen, Gilles-Éric Séralini, est très controversé. C'est lui qui a publicisé en 2012 les dangers du Roundup de Monsanto. On a dit bien du mal de lui. Monsanto a fait écrire des articles par ses employés, mais signés par des scientifiques pour contrer les travaux de M. Séralini. Ce dernier a toutefois gagné ses 7 procès en diffamation. Voir à ce sujet l'enquête de deux journalistes du quotidien Le Monde «Informations génétiquement modifiées», octobre 2017.

Le goût des pesticides dans le vin
Et Petit guide pour reconnaitre le goût des pesticides
Jérôme Douzelet et Gilles-Éric Séralini
Éditions Actes Sud. 142 pages Janvier 2018.
14,80 euros, 10,99 euros en numérique.
Je l'ai téléchargé au format PDF chez Galimard Montréal, 19,99 $
Voir aussi le communiqué de presse d'Actes Sud.

Voir aussi une entrevue faite hier soir sur ARTE avec le professeur Séralini.
 

Le champagne c'est chimique

Avez-vous déjà essayé de trouver du champagne bio?
C'est rare, très rare!

Sur les 300 champagnes disponibles aujourd'hui au répertoire de la Société des alcools du Québec, il n'y en a que 13 qui sont bio. Dont 7 sont de la même maison : Fleury.

Les champagnes bio ne représentent même pas 5 % du répertoire de la SAQ. C'est très peu!

C'est que la Champagne est une région viticole très chimique. La surface de vigne cultivée en bio n'est que de 646 hectares sur les 34 000 hectares de l'appellation. Soit 1,9 %.

Il serait plus difficile de produire bio en Champagne que dans la plupart des autres régions viticoles de France. Le climat ferait en sorte que les risques de pourriture des raisins par les champignons seraient très élevés.

Il ne faut pas compter sur les 300 «grandes maisons de Champagne» pour cultiver des raisins bio. Car ces grandes maisons ne cultivent pas ou peu de raisin, elles l'achètent.

Il y a toutefois Roederer qui a un petit 10 hectares en bio, mais là aussi les millions de bouteilles proviennent d'achats à des vignerons qui sont au nombre de 15 000.

Ces vignerons n'acceptent pas de perdre 10-20 % de la récolte en raison des aléas climatiques. Alors, il ont recours à toute la panoplie des aides chimiques: insecticides, acaricides, fongicides et engrais chimiques.

Le site de l'Association des champagnes biologiques ne mentionne que 40 vignerons bio, en plus de 16 autres en conversion bio.

Toutefois, dans le site de l'Agence Bio de France, on retrouve 165 vignerons bio en Champagne.

Ce n'est guère mieux du côté des mousseux hors Champagne. On ne trouve que 12 vins indiqués bios sur les 222 mousseux blancs au répertoire de la SAQ. Dont 7 proviennent d'Espagne.

Il est donc bien difficile de s'abreuver bio avec des bulles.

Voici tout de même quelques noms : Parés Baltà; Barmès Buecher; Pureté de Silex; Cabelier; La Vida al Camp; Gramona; Fleury; Doquet et De Sousa.

Au sujet des pesticides en Champagne, écoutez ce producteur de la région Éric De Sousa qui nous dit que l'on peu faire du vin sans chimie et même en biodynamie en Champagne.

 


 (Entrevue ajoutée dans YouTube en décembre 2012 par Génaël Revel)

L'Australie déclare la guerre du vin au Canada

«Canada wine war launched»
Tel est le titre de la première page du 17 janvier du quotidien australien The Australian.

Le gouvernement australien accuse le Canada et ses provinces d'avoir des pratiques commerciales discriminatoires envers les vins des autres pays et de favoriser indument les vins canadiens au détriment des vins de l'Australie.

L'Australie a déposé une plainte formelle à ce sujet auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le journal The Australian cite le ministre du Commerce de l'Australie Steve Ciobo qui dit que "L'Australie a demandé des consultations formelles à l'OMC sur les mesures discriminatoires à l'encontre des importations australiennes de vin que nous considérons comme manifestement incompatibles avec les engagements pris par le Canada dans le cadre de l'OMC. Les mesures incompatibles du Canada comprennent des taxes supplémentaires, des frais et des majorations sur le vin importé, des canaux de distribution distincts réservés au vin canadien et limitant la vente de vin importé dans les épiceries».

De plus, le directeur général de l'association des producteurs de vin de l'Australie, Tony Battaglene, déclare que les restrictions imposées par le Canada ont une incidence sur les exportations australiennes.

Importation de vin d'Australie en bouteilles et en vrac en millions de litres et millions de dollars.
        bout.  vrac         $
2017   24    32     208
2016   28    32     223
2015   30    33     236
2014   30    28     226
2013   30    20     226
2012   33    15     239
2011   34    15     251
2010   36    17     259
2009   35    10     252
2008   39     4      286
2007   43     7      308
2006   41    12      291
2005   38     9      273
2004   34     4      234
Statistique Canada

«Les provinces canadiennes ont adopté des mesures non tarifaires qui favorisent les vins produits locaux.»
M. Battaglene ajoute qu'il y a des problèmes depuis longtemps sur l'égalité d'accès au marché canadien, mais que le niveau de protection a encore augmenté au cours des deux dernières années.

Ainsi, pendant que le Canada proteste contre des pratiques commerciales déloyales des États-Unis, d'autres pays protestent contre les pratiques commerciales déloyales du Canada.

C'est ainsi le cas de l'Australie qui proteste contre les pratiques commerciales discriminatoires du Canada dans le domaine du vin.

En octobre dernier, les États-Unis ont fait les mêmes plaintes particulièrement contre la Colombie-Britannique accusée de favoriser les vins de cette province.

Devant ces plaintes, le gouvernement fédéral a répondu, selon la CBC, que les règles de la distribution et de la vente de l'alcool relèvent des provinces.

Les gouvernements de Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Québec ont adopté l'an dernier des lois et des règlements qui favorisent les vins locaux au détriment des vins étrangers dans les épiceries.

Selon les règles de l'OMC, le Canada a 60 jours pour régler ce différend avec l'Australie. Par après, l'Australie pourrait demander à l'OMC de forcer le Canada à modifier ses lois. L'Australie pourrait aussi adopter des mesures de rétorsion et imposer des sanctions commerciales au Canada.

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Canada wine war launched through WTO, The Australian
Australia complains to WTO about Canadian rules on selling wine, CBC
Australia challenges Canadian provinces' wine sales at WTO, Globe & Mail
Vins: l'Australie porte plainte à l'OMC contre le Canada, La Presse Canadienne
L'Australie porte plainte à l'OMC contre les pratiques de vente du vin québécois, Radio-Canada
Le vin engendre un litige entre l’Australie et la Colombie-Britannique, Radio-Canada.

Forte hausse de la production de vin au Canada

La production de vin au Canada a été multipliée par 5 de 2003 à 2016.

C'est une hausse de 531 %.

En 2003, le Canada produisait 251,000 hectolitres de vin. En 2016, c'est 1 585 000 hectolitres de vin qui sortent des vignes du pays. Ce qui est l'équivalent de 210 805 000 de bouteilles de 750 millilitres.

La croissance de la production au pays s'est surtout fait sentir à partir de 2013 où elle a doublé en un an selon les chiffres colligés par le Il Corriere vinicolo.

Ce 1,5 million d'hectolitres place le Canada à la 19e place des pays producteurs de vin juste après l'Autriche et la Grèce.

Ce 1,5 million est toute de même encore bien loin des 43, 45 et 52 millions d'hectolitres de vin de l'Espagne, de la France et de l'Italie.

La production mondiale de vin est relativement stable dans le monde. Elle oscille entre 256 millions et 296 millions au cours des 14 dernières années.

Elle était de 264 millions d'hectolitres en 2003 et 271 millions en 2016.

Les 4 principaux pays producteurs (Italie, France, Espagne et États-Unis) produisent 70 % de ce vin; soit 189 des 271 millions de litres.

Consommation
Le Canada produit maintenant 28 % de sa consommation. En effet, la consommation de vin au Canada est passée de 3 millions d'hectolitres en 2002 à 5,7 millions d'hectolitres en 2016. Soir une hausse de la consommation de vin de 4,3 %.

Les Canadiens préfèrent les rouges.  C'est 3,1 millions hl en rouge; 2 millions en blanc et un peu de  rosé 158 000 hl. Pour le mousseux, c'est 182 000 hectolitres.

Les vins canadiens se vendent très peu au Québec. Sur les 8500 vins au répertoire de la SAQ, il y a 270 du Canada (y compris 114 du Québec).

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Source : Vino in Cifre, Unione Italiana Vini.

Ras le bouchon de liège !

Le bouchon de liège est le pire ennemi du vin et ce problème est loin d'être réglé.
Il y a quelquefois des coups de gueule, des protestations contre l'usage de ce morceau d'écorce d'arbre pour boucher le vin. C'est un produit non consistant et qui a de nombreux défauts.

Toutefois, le conservatisme des producteurs, vendeurs et même de certains consommateurs fait en sorte que de belles quilles sont encore bouchées avec ce vilain petit morceau de liège.

De temps en temps, le sujet refait surface dans l'actualité. Cette semaine, c'est la gang des Cinq du vin qui repart à la charge contre le vilain cylindre.

«Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !» titre le journaliste David Cobbold. «Je ne peux m’empêcher de pousser un nouveau coup de gueule contre ces abominables petits morceaux de liège qui abiment tant des bonnes...»

«Il est grand temps de tourner la page du bouchon de liège massif ...évitons de continuer à le laisser en contact avec nos vins.»

À lire, ainsi que les dizaines de commentaires. «Et vous trouvez cela normal ? Ras le bouchon de liège !»

Comment les minéraux entrent dans le vin

On entend beaucoup parler de la minéralité des vins. Mais comment ces minéraux du sol peuvent-ils entrer dans la vigne, dans le raisin puis se retrouver dans le vin?

Les minéraux sont insolubles donc non assimilables par les racines des vignes. Ce sont les microbes qui modifient ces minéraux afin de les rendre solubles dans l'eau et ainsi assimilables par les racines de la vigne.

C'est ce qu'affirme l'agronome Claude Bourguignon, éminent spécialiste des sols de la vigne.

Il a fait une présentation de ses dernières découvertes sur ce sujet à la 15e matinée des oenologues de Bordeaux en avril dernier.

Voici ce qu'il y a dit.

Quel est le rôle du sol dans la dégustation des vins?
Le lien entre le gout du vin et le lieu se situe à deux niveaux.

  • Au niveau de la nutrition de la vigne.
  • Au niveau du toucher en bouche qui permet de ressentir la texture du sol.
Les sols argileux donnent toujours un côté collant au vin. On a l'impression que ça colle entre le palais et la langue.
Les sols sableux donnent toujours un côté pétillant. On a l'impression que ça sautille entre la langue et le palais.
Et les limons vous donnent toujours un côté poudreux, parfois même poudre de chocolat.
Par contre, on n'a aucune donnée scientifique sur la faculté qu'a la texture du sol de modifier notre toucher de bouche.

Organique et minérale
Le gout du vin est lié à deux types de molécules: les molécules organiques, les aromes, les tanins, les alcools. Et les molécules minérales. Ces molécules vont interagir entre elles.
Le sodium, le potassium, le magnésium vont modifier votre perception des aromes, des alcools et des tanins.

La vigne se nourrit dans l'atmosphère et dans le sol. En fait, 94 % de la matière sèche provient de l'atmosphère. La vigne va y chercher du carbone, de l'oxygène et de l'hydrogène. C'est une alimentation en quantité, mais pas tellement en qualité. Les deux premiers vont donner le sucre. Les viticulteurs contrôlent cette alimentation par la taille des feuilles de la vigne.

La qualité du vin vient du sol
Le sol ne fournit que 6 % de la matière, mais elle provient de 24 atomes. La qualité vient donc du sol.

Ce sont les enzymes qui synthétisent les molécules aromatiques que nous percevons dans le vin. Il y a des milliers de ces enzymes.

Une plante est incapable de se nourrir dans le sol sans l'aide des microbes.
Car pour qu'un élément soit assimilable par la vigne, il faut qu'il soit soluble dans l'eau.
Les microbes transforment les minéraux du sol en les mettant sous forme anionique (d'ions négatifs).

Par exemple, l'azote est transformé en nitrite, puis en nitrates (NO3-) assimilables par la vigne. C'est aussi le cas pour le soufre transformé en sulfates et pour le phosphore transformé en phosphates.

Tous les autres éléments du sol ne sont pas solubles. Les microbes utilisent pour ces autres éléments la chélation (prononcé kélation). Les microbes vont prendre l'oligoélément — le fer, le sélénium, le zinc, le cobalt — et vont l'attacher à un acide organique. Ce chélate deviendra soluble dans l'eau, comme le nitrate de fer.

Pour cela il faut que le sol soit aéré. Aéré par la faune, par les microbes, par un sol vivant non compacté.

Dans un gramme de sol aéré, on peut trouver des centaines de millions de microbes (champignons, bactéries et autres). Ça donne 2 à 3 tonnes de microbes à l'hectare. Ils ont une énergie biochimique au poids 350 fois supérieur à celle de l'humain. Ainsi 1 kilo de bactéries a autant de force que 350 kilos d'être humain. C'est la plus grosse énergie biochimique de la planète, affirme monsieur Bourguignon.

De plus, la fermentation va accroitre le taux de minéralité dans le vin.
Par exemple, les sols de magnésium de l'Italie vont donner cette amertume commune à beaucoup de vin de ce pays.

Donc, M. Bourguignon explique ainsi comment ces minéraux théoriquement insolubles se retrouvent dans le vin grâce à l'action des microbes. Malheureusement, on tend souvent à remplacer cette force par des engrais. Engrais qui vont interférer entre les microbes et les racines de la vigne.

Une présentation étonnante que je vous invite à visionner ici.

La microflore du sol : une alliée de choix pour la nutrition qualitative de la vigne
15e Matinée des Oenologues de Bordeaux / "Les minéraux, du sol au palais"
, Claude Bourguignon, Vidéo de 15 minutes.
 

Le vin, vous le reniflez ou vous le buvez

La dégustation géosensorielle
Vous avez surement déjà vu de ces dégustateurs renifleurs qui passent de longues minutes à renifler le vin et à vous le décrire avec un catalogue d'aromes. On croirait qu'ils en inventent. Puis, ils le mettent en bouche et tout ce qu'ils peuvent vous en dire c'est «acidité médium plus; tanins médium plus.» Leur plus grand plaisir c'est de deviner le cépage.

«L’industrie du vin, qui a fait de ce dernier un produit agro-alimentaire, un vin technique, de cépage et de marque, a simplifié la dégustation.»

C'est ce que nous dit le vigneron bourguignon Jacky Rigaux dans son livre LA DÉGUSTATION GÉO-SENSORIELLE.

«Ce livre est destiné à ramener sur le devant de la scène (...) la dégustation qui privilégie le toucher de bouche, la texture, la consistance, la souplesse, la viscosité, la minéralité… autant de descripteurs qui permettent d’apprécier les vins de terroir, les "vins de lieu"».

La lisibilité des cépages est visible avec les vins de cépage, les vins industriels. Mais ce qu'il faut lire ce sont les terroirs, nous dit l'auteur.

Deux types de dégustation
On oppose les vins techniques de cépages aux vins de terroirs. La dégustation sensorielle à la dégustation géo-sensorielle. La première se concentre sur les aromes, la deuxième sur le touché de bouche.

«Dès que l’on introduit des levures industrielles en vinification, le terroir commence à disparaitre… surtout si on a commencé à l’affaiblir en détruisant la vie dans les sols avec les pesticides, herbicides et autres fongicides, associés aux engrais chimiques. Le vin est de plus en plus "fabriqué" au cellier, de moins en moins "accouché" naturellement par le vigneron!»
 

«D’un goût de lieu on passe à un goût fabriqué.»

Le bréviaire des aromes
«La primauté accordée au nez privilégie bien évidemment les vins techniques qui, à coups d’artifices technologiques et chimiques, rassurent le consommateur en quête de parfums vantés par les critiques et les sommeliers qui se plaisent à rivaliser d’audace en identifiant toujours plus d’odeurs dans leurs commentaires.»

«Les vins naturels de terroir sont ainsi pénalisés par l’analyse sensorielle au temps de leur jeunesse.»

Mais qu'en est-il de la minéralité, de la consistance, de la texture, de la viscosité, de la souplesse et de la vivacité?

«Avec la surenchère des critiques et sommeliers qui trouvent chaque jour de nouvelles odeurs dans le vin, il est de beaux jours pour l’analyse sensorielle!»


«Le vin n’était pas fait pour être reniflé, mais pour être bu.»

«Quand on a fait tout le travail nécessaire à la vigne, pour qu’elle accouche d’un raisin à la maturité physiologique optimale, que ce dernier a été cueilli avec soin, mis en cuve après un tri sévère, il convient alors de devenir paresseux, c’est-à-dire d’intervenir le moins possible pendant la vinification, pour que chaque climat livre naturellement toute sa complexité, en réalité sa vraie nature, son originalité, son caractère unique, inimitable.»

«C’est cette viticulture de virtuose, plus que de technicien, qui est l’avenir de la filière viticole européenne.»

Séduire avec l'industrie des aromes
«De plus en plus nombreux sont les amateurs qui renouent avec l’importance du "toucher de bouche" en dégustation. La bouche est beaucoup plus sensible et fidèle au "goût du lieu" que le nez que l’on peut facilement séduire et tromper avec les artifices de l’industrie des arômes. L’identité d’un vin de terroir s’exprime en effet principalement par la sapidité, c’est-à-dire par sa saveur singulière. Cette dernière est perçue par l’organe gustatif quand le vin entre en bouche. L’analyse sensorielle a réduit cette perception aux cinq saveurs classiques:
acide, amère, salée, sucrée et alcaline. La "dégustation géo-sensorielle du gourmet", sans ignorer ces descripteurs, valorise donc le "toucher de bouche", intimement associé au ressenti de la saveur».

Apprendre les arômes des vins relève de la quadrature du cercle
«Enfin, il faut ajouter que chaque dégustateur possède un appareil olfactif différent, que nous n’avons pas les mêmes seuils de perception. On l’aura compris, apprendre les arômes des vins relève de la quadrature du cercle».

Donc, abrégeons la description des aromes qui est particulière à chacun et concentrons-nous sur le toucher de bouche; de la texture du vin, de son étoffe; de la consistance du vin, de sa sève; de sa structure, de sa charpente, de son corps (charnu, compact, épais...); de la viscosité du vin; de sa souplesse, de son attaque; de sa vivacité; de sa signature; de sa minéralité; de sa longueur en bouche; de sa sensation tactile et de sa persistance aromatique et gustative.

«Un vin de terroir, qu’il soit blanc ou rouge, se doit d’offrir un toucher de bouche qui évoque la soie, le taffetas, le velours…»

«Un encerclement progressif et sincère, pour serrer de près l’insaisissable vérité.»

Un vocabulaire étranger
Au sujet de la description des vins, l'auteur cite Pierre Poubon.
«En matière de goût, il est impossible de parvenir à une précision définitive. Ainsi le dégustateur, qui analyse un vin, procède-t-il par approximations en se servant d’un vocabulaire curieusement étranger à son sujet. De ces approximations, parfois brillantes et imagées comme une improvisation poétique, le profane ne retient que le souvenir d’une élégante jonglerie verbale autour d’un verre. Mais il s’agit, en fait, d’un encerclement progressif et sincère, pour serrer de près l’insaisissable vérité». (Dégustations de toute une vie, 2001)

Donc, un petit livre très inspirant qui nous fait réfléchir sur notre manière d'apprécier le vin. Trop souvent, nos descriptions du vin mettent l'emphase sur ses odeurs. Pourtant, les odeurs sont très personnelles. On renifle le vin au lieu de le gouter. Ceci nous éloigne du consommateur qui lui boit le vin tout simplement.

LA DÉGUSTATION GÉO-SENSORIELLE DU GOURMET
Réveil des terroirs et réveil du goût
Jacky Rigaux, 51 pages.
ici dans internet www.zindhumbrecht.fr/wp-content/uploads/presse/LA_DEGUSTATION_GEO.pdf

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Pour vous aider à décrire la texture de vin, consultez le petit lexique Les mots du vin
 

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